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 Juste quelques mots à te dire

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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyLun 22 Jan - 4:21


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Marjolaine et Denys du Lierre-Réal

Juste quelques mots à te dire

Et peut-être même quelques secrets



• Date : 4 janvier 1003
• Météo (optionnel) : //
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Dans quelques jours, Denys partira pour Lorgol suite à la lettre qu'il a reçu de Mélusine. Préoccupé par cette affaire, il va discuter avec son épouse pour se changer un peu les idées.
• Recensement :
Code:
• [b]4 janvier 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3269-juste-quelques-mots-a-te-dire#121364]Juste quelques mots à te dire[/url] - [i]Marjolaine et Denys du Lierre-Réal[/i]
Dans quelques jours, Denys partira pour Lorgol suite à la lettre qu'il a reçu de Mélusine. Préoccupé par cette affaire, il va discuter avec son épouse pour se changer un peu les idées.





Dernière édition par Denys du Lierre-Réal le Lun 22 Jan - 4:55, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyLun 22 Jan - 4:22

Cette lettre, reçue quelques jours plus tôt, éveillait encore bien des questions dans l’esprit du duc de Lagrance. Il avait beau la lire et relire un grand nombre de fois, en perdre même le compte, il ne savait s’il pouvait ou non faire confiance à ce qui était écrit sur ce papier. Mélusine qui lui écrivait, c’était une chose. Mélusine qui lui écrivait pour lui demander un service, voire même de l’aide, c’en était une autre, bien plus préoccupante. Devait-il d’ailleurs s’y intéresser réellement ? Devait-il vraiment venir en aide à cette femme qui n’était plus rien pour lui et qui l’avait traité depuis toutes ces années comme le pire des goujats ? Bien sûr, leur relation passée s’était terriblement mal terminée, cela Denys ne l’oubliait pas. Mais tout de même, il était passé à autre chose, là où elle avait continué à le détester farouchement, tout en ne dépassant jamais les limites de la bienséance. Si seulement elle avait bien voulu l’écouter autrefois, elle se serait rendu compte qu’il n’avait jamais été dans ses intentions de lui faire du mal, bien au contraire. Mais la seule réaction de Mélusine à ses agissements tardifs, à l’époque, avait été de lui hurler dessus sans accorder le moindre crédit à ses paroles. Soit, il comprenait qu’elle avait été blessée et trahie. Elle était pourtant loin d’être la seule à l’avoir été. Depuis le temps évidemment, de l’eau avait coulé sous les ponts. Beaucoup même, le concernant tout du moins. Et depuis la disparition du rosier diapré, il s’était attendu à ne plus avoir de nouvelle de la marquise de Sinsarelle.

Pourtant, le voilà bien en possession de cette lettre, clairement adressée à sa personne. Il s’est méfié évidemment, les premiers jours. Puis il avait été forcé de constater que tout ceci n’était pas une vaste blague et que jamais Mélusine n’aurait agi de la sorte. L’appel à l’aide était sincère. Peut-être trop. Et si ce n’était certainement pas ça qui l’avait poussé à rédiger une réponse à son intention, il ne pouvait nier le semblant d’empathie qui l’étreignait à cette idée. Qu’est-ce qui pouvait à ce point emplir de désespoir Mélusine pour qu’elle lui demande à lui, son pire ennemi, de l’aide ? La curiosité lui mangeait l’esprit, et c’était pour cela qu’il se rendait à Lorgol dans moins d’une semaine.

Cela étant, il en avait convenu d’en parler à Marjolaine. Depuis leur réconciliation – et plus encore depuis les événements de la trame alternée – il se confiait un peu plus à son épouse sur les affaires qui le poussaient à se déplacer hors du duché. Il y a quelques années pourtant, il n’aurait jamais touché mot à celle-ci de ce qu’il faisait à Lorgol. Peut-être parce que là-bas aussi, il la trompait à tour de bras sans le moindre scrupule. Aujourd’hui, la chose était un peu plus délicate, au grand damne de son propre esprit et de sa propre raison. Il se fustigeait souvent, intérieurement, d’avoir laissé une trop grande place à ses sentiments vis-à-vis de Marjolaine, lui rappelant de bien sombres souvenirs. Souvenirs qui étaient liés intimement à Mélusine, d’ailleurs. Mais plus il s’échinait à les repousser, plus il avait la sensation de faire du mal à son épouse, ce qui le gênait. Voire même le dérangeait clairement.

On ne pouvait prétendre le contraire, sa tendre et douce épouse l’avait changé. De manière infime, certes, mais suffisamment pour que Denys s’en rende compte, sans pouvoir totalement tout repousser. Oh bien sûr, il restait cet esprit fin et complexe, froid et observateur, capable de prendre de lourdes décisions sans être particulièrement touché… Mais elle l’avait changé. C’était ce à quoi il songeait d’ailleurs, sombrement, alors qu’il la rejoignait dans la serre intérieure attenante au palais. S’il allait la voir pour parler de son court voyage, c’était bien parce qu’il y avait quelque chose de différent entre eux, au contraire de toutes ces années de mariage.

« Ah, Marjolaine ! »

Il l’appela, alors qu’il la voyait un peu plus loin sur le chemin, à observer un bosquet de fleurs. Sous le toit de verre qui couvrait ce petit jardin intérieur, il faisait certes frais, mais pas suffisamment pour tuer les merveilleuses essences qui poussaient là. Ici, il avait donné rendez-vous à son épouse pour converser sans trop ressentir les pressions de leurs devoirs, bien qu’avec la trêve hivernale, de grosses tensions disparaissaient.

« J’espère que je ne t’ai pas trop fait attendre. Je devais terminer quelques courriers en hâte. Ta journée se passe bien ? »

Simple question de politesse, pourtant trahie d’une vraie curiosité. Denys aimait bien à savoir ce que faisait sa duchesse, les tâches qu’elle effectuait… Et sans forcément en désirer tout le contrôle, il appréciait au moins connaître les détails, au cas où.


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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyVen 26 Jan - 18:00

La trêve hivernal avait apporté une période de repos bien méritée pour Marjolaine.  La guerre s'était déclarée alors qu'elle était enceinte et les œuvres de charité auxquelles elle avait contribué pour les réfugiés et les Lagrans touchés par les conflits avaient demandé beaucoup d'énergie alors que sa taille s'épaississait de nouveau.  La naissance de Raiponce s'était bien passé, mais elle avait forcé son retour dans les affaires du peuple un peu plus tôt qu'elle n'aurait dû le faire, mais la situation était urgente, avec l'épidémie magique qui touchait les mages et la percée des Ibéens, les portant jusqu'aux portes d'Edenia.  Elle avait eu peur la douce duchesse, pour sa famille, pour son peuple.  Elle avait prié pour eux et s'il était regrettable que la paix soit due à une trêve temporaire afin d'honorer un temps pour le deuil de l'empereur Ibéen, elle en remerciait infiniment les dieux.  Elle gardait bon espoir que les choses prendraient rapidement une nouvelle tournure.  Il ne pouvait en aller autrement, ils avaient de plus grands dangers à affronter désormais avec la Chasse Sauvage qui parcourait le continent.  L'heure n'était plus à la guerre entre les peuples, mais il fallait plutôt s'unir.  S'unir pour mettre fin à ce fléau, faire tomber les dernières barrières imposées par la Rose Écarlate.  Marjolaine n'avait jamais vraiment songé à la Rose en tant que telle.  C'était une organisation ancienne qui certainement oeuvrait pour sa vision du bien, mais sa position par rapport à la magie du sang, elle qui était née d'une famille portant cette magie, il était difficile d'adhérer complètement à leurs idéaux pour elle.  Mais maintenant qu'elle était dissoute, elle éprouvait une certaine forme d'inquiétude.  Arriveraient-il un jour à débarrasser le continent de son nouveau fléau et sauver des vies?  Elle gardait espoir, il brillait au fond de ses yeux bleus.  Notamment quand elle était dans les serres du palais, là où malgré le froid hivernal, les fleurs continuaient de fleurir.  La vie l'emporterait sur la mort et les Faës comme les Ibéens arriveraient à voir de nouveau la lumière.

Contemplant tranquillement les fleurs depuis quelques instants déjà, elle attendait Denys qui lui avait donné rendez-vous.  Elle était curieuse de ce dont il désirait l'entretenir, mais elle n'était pas pressée et savourait ce petit moment de paix tranquille, ces quelques minutes qu'elle pouvait s'accorder à elle-même.  Janvier.  Une moitié d'année encore avant la saison des lys.  Fleuriraient-ils à Blanc-Lys l'été prochain.  Elle était attachée aux jardins qui l'avait vu grandir et à ces fleurs si nobles, emblème de sa famille.  Que de tourments de savoir le manoir familial aux prises de l'ennemi.  Et les terres de Denys.  Cela la rendait d'humeur grise et elle préféra songer à autre chose en humant le doux parfum des fleurs.  Elle était penchée sur une espèce croisée au parfum particulièrement capiteux quand elle entendis la voix de son époux l'appeler.  Elle redressa, un sourire aux lèvres en se tournant vers lui.

« Denys, » souffla-t-elle, tout simplement parce qu'elle aimait à prononcer son nom.

Elle parcourut les quelques pas qui les séparaient pour s'appuyer contre son bras afin qu'ils puissent déambuler ensemble dans entre les différents massifs fleuris.  Ils pouvaient joindre l'utile à l'agréable et Marjolaine aimait à se promener ainsi, même s'ils devaient apporter des sujets sérieux.

« Je viens à peine d'arriver moi aussi, ou s'il y a longtemps les plantes me l'ont fait oublier, » répondit-elle.  Elle n'arrivait pas vraiment à se souvenir depuis exactement combien de temps elle était là.  Elle s'était promenée seule perdue entre les jolies vues et ses pensées parfois sombres, mais teintée d'une lueur d'espoir.

Elle raconta à Denys quelques dispositions prises à l'égard des réfugiés qui n'étaient pas rentrés sur leurs terres.  La trêve et le retrait des troupes ibéennes ne le leur permettaient tout de même pas encore.  Il y aurait de la reconstruction à faire et il faisait trop froid pour les renvoyer.  D'autant que dès que les conflits reprendraient, rien ne garantirait les habitants d'une nouvelle percée ennemie.  Elle parla rationnement.  Elle parla distribution de vêtements chauds.  De mages guérisseurs soignant les malades.  D'autres femmes de la noblesse se liant avec elle dans ses efforts.  Elle aimait à parler du peuple, des dispositions qu'on prenait pour lui et son visage s'illuminait quand elle évoquait le sujet.  Marjolaine aimait les Lagrans comme s'ils étaient les membres de sa famille.

« La trêve est vraiment bénéfique, même si elle ne pourra pas durer éternellement.  Nos gens peuvent enfin avoir quelque répit.  Et nous aussi, » ajouta-t-elle en jetant un regard au visage de son époux qu'elle avait vu, peut-être malgré lui, bien souvent soucieux au cours des derniers mois.  Être le duc ne présentait pas que des avantages comme ceux de vivre dans un palais et d'avoir accès à beaucoup de ressources dont les gens des classes inférieures ne pouvaient que rêver.  Cela impliquait aussi de lourdes responsabilités à porter, encore plus par temps de guerre.

Elle resserra ses doigts sur le bras de son époux dans un geste affectueux, se souvenant vaguement que quelques mois plus tôt, un soucis de plus s'était posé sur eux dans leur cœur de père et de mère.  Le cadeau de Raiponce.  Elle regrettait cette dispute entre eux, mais elle se réjouissait de leur réconciliation.  N'était-ce pas à la base d'un couple fonctionnel?

« Tu me parais fort songeur.  Avons-nous reçu quelques nouvelles dont il faudrait s'inquiéter? » demanda-t-elle à son tour.  Marjolaine s'intéressait aux devoirs de Denys, mais posait rarement de questions à ce sujet et le laissait lui dire ce qu'il souhaitait lui communiquer.  Et lorsqu'elle le questionnait, elle se préoccupait beaucoup plus de son état à lui que de ses politiques : elle le savait assez intelligent et raisonné pour prendre les bonnes décisions pour Lagrance, n'émettant son opinion que là où elle savait mieux comprendre certains aspects de la situation.  Il lui tenait à cœur d'être une bonne duchesse, mais tout autant d'être une bonne épouse et une bonne mère.  Si pendant elle avait été déçue de voir Denys rester aussi fermé à elle, elle était soulagée de le voir plus ouvert à lui parler, même si ce n'était pas de tout.  Elle s'en sentait valorisée et y voyait une preuve de confiance que jamais elle n'irait trahir.





Marjolaine parle en mistyrose
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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyLun 26 Fév - 4:21

Elle est bien joyeuse, sa Marjolaine. Toujours aussi radieuse, toujours un sourire sur les lèvres pour illuminer les cœurs de ceux qui s’adressaient à elle. Elle respirait d’un espoir fou, parfois naïf, mais qui avait le don d’apaiser des douleurs et des peines parfois invisibles. Sans doute n’avait-elle pas conscience de cet état de fait, mais Denys était persuadé que c’était cela, cette bonté d’âme qui faisait sa force, qui rendait le peuple lagran fier et aimant de leur duchesse. Elle n’était pas adulée sans raison et elle méritait sans aucun doute tout cet amour que les habitants du duché lui vouaient. Il n’avait même pas besoin de s’appuyer sur les dires de son épouse, ses actes et ses sourires donnaient aux gens une force insoupçonnée. Il avait bien de la chance de l’avoir, sa Marjolaine, son épouse. Car là où lui était les ténèbres glaciales et pragmatiques, elle était la lumière chaude et bienveillante. Ils se complétaient parfaitement bien dans leur désir de rendre Lagrance prospère et son peuple heureux, quand bien même était-elle la seule à recevoir beaucoup plus de la part des gens. Et s’il s’en était autrefois un peu offusqué, gavé d’une certaine jalousie, il n’en était plus rien aujourd’hui.

Déambulant sans destination particulière, le duc écoutait sa duchesse qui à son bras lui expliqua sa journée, toute aussi remplie que la sienne par des activités pourtant bien différente. Il eut un sourire plusieurs fois, la félicita même de ses réussites et fut heureux d’apprendre que malgré les difficultés rencontrées ces derniers mois, le peuple ne s’en portait pas si mal et que bientôt, il pourrait retourner chez lui une fois l’hiver passé. Quant-à la trêve actuellement, Marjolaine avait raison, même si ses derniers mots rembrunir un peu l’humeur de Denys. Hélas, quelqu’un comme lui ne pouvait réellement prétendre avoir un peu de répit. Toute situation était une occasion à ne pas rater, et laisser un instant de trop sa vigilance se faner était une grave erreur à ses yeux. Non, il n’avait guère de répit, mais depuis le temps, il s’en était accommodé.

« Il nous faut profiter au mieux de cette trêve, nous verrons bien ce qu’il en sera par la suite. »

Espérait-il que la guerre reprenne ou que celle-ci se calme définitivement ? Denys était partagé à ce propos, craignant que l’apaisement des combats ne ralentisse voire ne fasse disparaître le retour de ce pourquoi il se battait depuis longtemps déjà. Le retour des Magies et Savoirs perdus… Il n’était certes pas belliqueux, mais au plus profond de lui, si la guerre devait permettre la liberté de ce passé et des gens qui en étaient les dépositaires, alors il était prêt à soutenir la guerre. De cela cependant, il ne s’en était jamais entretenu avec son épouse et ne tenait pas particulièrement à le faire. En un sens, il doutait qu’elle comprenne réellement, même s’il savait sa position vis-à-vis des magies scellées et plus particulièrement celle du Sang.

La question de son épouse le surprend et détourne une seconde la machinerie de ses pensées, la forçant à retourner sur le sujet qui l’avait préoccupé en arrivant pour cette petite entrevue pourtant si tranquille. Le sourire forcé qu’il offrit à Marjolaine, il le savait, n’avait rien de très convainquant et il haussa les épaules.

« En effet, j’ai reçu une lettre qui me travaille quelque peu. Cela ne concerne pas Lagrance, si cela peut te rassurer. » C’était une chose positive en soi car aucune mauvaise nouvelle à déplorer. Cependant, il ne s’arrêta pas là et reprit. « Mais je vais devoir partir pour Lorgol dans quelques jours. » Cela faisait longtemps oui qu’il n’y était pas allé. Et la dernière fois… oh la dernière fois, cela ravivait de sombres souvenirs dans cette trame alternée. Il préféra ne pas y songer. « Cette lettre que j’ai reçu m’a été envoyé par une personne qui me demande de l’aide. Il s’agit de Mélusine. » Mélusine… cette Mélusine qui depuis un mois était connue comme le dernier écrin du Fou Noir de la Rose Ecarlate. Cette même Rose qui avait œuvré pour tenter de faire disparaître la Chasse Sauvage. Mais si Marjolaine connaissait Mélusine, c’était certainement plus en tant qu’ancienne maîtresse de Denys et femme qu’elle avait sans le vouloir écarté, attisant une haine sans précédent entre cette dame et son époux. Cette Mélusine qui à l’époque n’avait pas laissé indifférent Denys et qui aujourd’hui encore avait une place particulière dans son cœur cerné d’épine, entre colère froide et affection mélancolique. « Elle me préoccupe car je ne sais pas vraiment comment y réagir. Je ne croyais pas Mélusine capable de me demander mon soutien. »


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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptySam 10 Mar - 5:58

Si Denys était un homme parfois secret sur ses pensées, près de dix ans de mariage avaient suffi à Marjolaine pour savoir reconnaître quand quelque chose contrariait ou du moins causait réflexion à son époux.  Un simple tressaillement du visage ou un sourire un peu trop forcé comme celui qu'il lui offrait alors pouvaient la rendre songeuse.  La Lagrane n'était pas du genre à pousser trop loin les questionnements, même envers son propre époux.  Elle savait que parfois, elle ne voulait pas entendre les réponses.  Et à ces moments-là, elle ne posait pas de questions.  Toutefois, comme en cette journée, elle ne croyait pas découvrir de secrets qui la rendraient malheureuse et si elle se sentait soulagée en raison de la trêve, peut-être son époux avait-il d'autres soucis auxquels elle n'avait pas pensé.  Elle le regardait, quelque peu inquiète.  S'il avait reçu de mauvaises nouvelles, il lui aurait dit plus tôt, n'est-ce pas.  Elle ne pouvait toutefois s'empêcher de se faire du soucis, malgré les premiers mots qu'il lui adressa à ce sujet.  Ils étaient réconfortants, mais pas assez pour la soulager complètement de toute incertitude.  L'annonce de ce voyage subit à Lorgol l'estomaqua et ne la rassura pas.  Denys avait déjà eu à s'y rendre, mais elle pressentait quelque chose.  Ce voyage lui nouait le ventre.  Rester seule en Lagrance ne la gênait pas, mais elle aurait préféré qu'il n'aie pas à s'absenter.  Pas maintenant, même si la trêve était signée.  Si les combats recommençaient plus tôt, elle ne saurait pas comment gérer sans l'avoir à ses côtés.  Elle avait un mauvais pressentiment à propos de tout ça.

Celui-ci se confirma lorsqu'elle entendit de qui venait la lettre : Mélusine.  Marjolaine savait très bien qu'elle n'avait pas à éprouver de jalousie à l'égard de la Cielsombroise, c'était elle que Denys avait choisie, mais elle ne pouvait s'empêcher de l'envier.  Elle avait été là avant elle.  On ne pouvait pas lui reprocher de ressentir un pincement au cœur en entendant parler d'une des anciennes amantes de son époux.  Surtout si elle l'appelait par lettre à Lorgol.  Elle avait entendu dire qu'elle s'était mariée depuis, mais c'était une Cielsombroise et Marjolaine ne se sentait pas particulièrement confiante à l'idée que Denys aille la rejoindre.  Elle tenta tant bien que mal de le cacher.  Il n'avait pas besoin qu'elle lui pique une petite crise de jalousie, bien qu'elle le conseille et le soutienne dans ses décisions.  Elle inspira profondément pour cacher ses propres sentiments.  Elle savait être compréhensive.

« Je dois t'avouer que… je suis plutôt surprise moi aussi.  Je sais qu'elle ne te porte pas particulièrement dans son cœur, » commença-t-elle avec prudence.  Elle avait manqué de laisser échapper que c'était peut-être de sa faute.  Parfois, quand elle se sentait seule, elle s'était demandé si Denys aurait été plus heureux avec la flamboyante marquise qu'avec elle.  Cette pensée lui effleura l'esprit un instant, comme il parlait d'elle.  Elle l'éloigna dans un recoin de son esprit, tâchant de ne plus y penser.

« T'a-t-elle dit les raisons pour lesquelles elle t'appelle jusqu'à Lorgol?  La trêve ne permet pas une rencontre ici, ni en Sombreciel, ça je le sais, mais pourquoi requiert-elle ton aide? »

Marjolaine s'efforçait de ne pas faire parler sa jalousie.  Il l'avait choisie, elle. Pas Mélusine.  Cela ferait bientôt dix ans qu'ils partageaient leur vie commune et oeuvrait en choeur pour Lagrance.  Tout ce qui restait de leur relation était loin dans le passé.  Force était toutefois de constater que c'était tout de même étrange.  Elle lui avait battu froid, le traitant comme un monstre sans cœur, des années durant et désormais elle implorait son aide.  Pour qu'il aie décidé de s'y rendre sans la consulter d'abord, ce devait être important.

Elle se rapprocha de lui, se serrant plus près contre son bras, songeuse.  Un voyage à Lorgol.  Elle aurait préféré qu'il n'y aille pas.  Peut-être était-elle égoïste, mais elle  redoutait ce départ.  Elle était inquiète que la Cielsombroise lui tende un piège.  Après tout, n'était-elle pas la sœur, ou tout comme, de Castiel de Sombreflamme?  Ne tenterait-elle pas de poursuivre l'oeuvre de ce cadet d'adoption?  Sa gorge se serra.

« Dois-tu vraiment y aller? » articula-t-elle avec difficulté, ayant du mal à déglutir tant elle était angoissée par les scénarios qu'elle se faisait toute seule.

Elle avait envie de lui demander de ne pas partir, de rester auprès d'elle et d'ignorer cet appel à l'aide.  Peu importe pour quelles raisons, Marjolaine considérait qu'elle aurait toujours plus besoin de Denys que Mélusine.  Toutefois, elle taisait ses inquiétudes en-dehors de sa prise sur son bras un peu plus serrée et elle gardait la tête baissée pour l'empêcher de lire ses émotions sur son visage.  N'était-il pas marié à elle dans cette autre réalité?  Elle qui lui avait donné quatre enfants et des fils, ce que Marjolaine n'arrivait pas encore à faire.





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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyLun 26 Mar - 20:14

Au delà de la surprise perceptible au fond des prunelles de Marjolaine, Denys y nota aussi un soupçon de jalousie qui n’était pas anodin. Après tout, Mélusine était connue comme l’une de ses anciennes amantes et même si aujourd’hui ils se détestaient tous deux, ils avaient vécu beaucoup de choses que son épouse ne pouvait qu’imaginer. Il n’avait parlé à personne – si ce n’était Mayeul – de l’intensité de sa relation avec Mélusine et combien il avait été douloureux de l’éconduire et de développer contre elle une froide rancœur. Si aujourd’hui, les souvenirs du passé n’étaient plus que des échos de la mémoire, ils éveillaient quelques vagues de mélancolies indisciplinées qui perçaient encore son esprit. Comme lorsqu’il avait sauvé la vie de la cielsombroise en se débarrassant définitivement du rosier diapré qui n’était plus qu’un vestige de leur relation de jadis. Même Marjolaine ignorait tout de ce plant qui n’était aujourd’hui plus. Et c’était encore le cas, maintenant qu’il avait reçu cette étrange lettre, pleine de questions et d’incertitudes. Il savait ce qu’il avait à faire, mais cela n’enlevait rien à ce passif qui demeurerait gravé à jamais entre lui et Mélusine.

« Je dirais même qu’elle me hait. » Ne pas le porter dans son cœur… les mots étaient doux, la réalité était bien plus violente. Même s’ils ne s’étaient jamais revus ni disputé en face à face depuis ce temps là, comme oublier les regards de haine échangés, les mots crachés dans le dos de l’autres et tout le fiel déversé avec les années ? Si Denys s’était calmé avec le temps, les sentiments navrants de Mélusine à son égard n’avaient que peu changé. En tout cas le croyait-il jusqu’à ce qu’il lise les mots couchés sur le parchemin. « Hm. » Il eut un instant l’hésitation de dire à Marjolaine le pourquoi de cette rencontre. N’était-il pas venu avec cette intention en premier lieu après tout ? Sans mentionner tous les détails, il pouvait peut-être en dire un peu plus. Il songea à ses propos avant de finalement répondre à son épouse : « Elle espère que je lui apporte des informations sur les derniers événements qui sont arrivés à Lorgol et plus précisément à l’Académie. » Le sous entendu était clair, à demi mot il évoquait la Chasse Sauvage qui ravageait désormais le continent la nuit venu, mais aussi la disparition de la Rose Ecarlate, révélant ainsi les derniers écrins de ceux-ci, dont Mélusine faisait partie. Ce n’était certes pas un secret et il se doutait qu’en bonne lagrane, son épouse s’était tenue au courant des derniers événements pour le moins lourds de conséquences.

Songeur, il accueillit l’approche de Marjolaine en relevant les yeux vers elle, incapable pourtant de croiser son regard. Lui qui commençait à bien la connaître après près de dix ans de mariage, il devinait qu’elle souhaitait lui cacher quelque chose, certainement une inquiétude pourtant palpable dans le ton difficilement articulé de ses mots. Devait-il vraiment aller à Lorgol ? Il n’avait certes aucune obligation à s’y rendre, ni même de compte à rendre à Mélusine, mais il percevait de l’importance derrière la demande de la marquise et l’ignorer n’était pas dans ses principes. Avec le temps, il était devenu doué pour flairer les affaires qui pouvaient lui apporter bien des choses et il savait que prendre des risques parfois donnait de bonnes récompenses. Si cela pouvait avoir avec l’Ordre et le retour de ce pourquoi il se battait en secret, alors ce petit séjour à Lorgol, en face à face avec Mélusine n’était peut-être qu’un moindre mal.

« Je n’y suis pas obligé, non. »
Commença-t-il doucement, posant une main sur la joue de son épouse, l’obligeant tendrement à regarder vers lui. « Mais tu sais que ce n’est pas dans mes habitudes d’ignorer ce genre d’occasion. Voir Mélusine ne me fait pas plaisir, mais savoir précisément ce qu’elle me veut m’intéresse. » Tel était le pragmatisme froid et calculateur de Denys, qui avait d’ores et déjà pesé le pour et le contre de cette rencontre, mesuré ce qui pouvait ou non lui apporter ou l’intéresser. Ce n’était peut-être pas ce qui rassurerait son épouse cela dit, et il tenta de lui adresser quelques paroles un peu plus réconfortantes. « Tu n’as pas à t’inquiéter tu sais. Je prendrais toutes les précautions qu’il faut là bas. Je doute que Mélusine me fasse du mal. » Il rit doucement sur ces mots. Oh il la pensait bien capable de lui envoyer des objets à la figure, vases et assiettes, mais ce n’aurait certainement pas été dans l’intérêt de la marquise. « Et je reviendrais vite. » Assura-t-il en dernier lieu.


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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyVen 6 Avr - 20:41

Des informations sur ce qui s'est passé à l'Académie.  Marjolaine pondéra l'information un instant.  Elle savait que Denys avait des secrets qu'il ne partageait pas avec elle et elle n'avait jamais cherché à les percer considérant que si elle devait s'en soucier, il la tiendrait au courant.  Néanmoins, elle comprenait mal comment il pouvait en savoir plus que d'autres à propos des derniers événements, notamment ceux qui s'étaient produits à l'Académie.  Ils n'étaient pas là-bas ni l'un ni l'autre quand la Chasse Sauvage avait été libérée.  Elle ne posa pas de questions, mais la situation ne lui plaisait pas particulièrement.  Que Denys en sache à propos de la catastrophe du dernier Jour des Anciens supposait qu'il y était lié et Marjolaine se refusait à le croire.  Elle savait que son époux travaillait à atteindre ses propres objectifs, mais elle ne le croyait pas capable de nuire volontairement et aussi cruellement aux autres.  Ce n'était pas le plus parfait des hommes, mais elle avait foi en lui et ces demi révélations la rendaient perplexe.  Il était d'ailleurs évident qu'elle aurait aimé avoir quelques explications en plus, mais elle sentait le moment mal choisi.  D'autant qu'elle ne pourrait pas l'empêcher de partir.  Ce voyage, ne lui inspirait pas confiance.  De nombreux bruits circulaient à travers le continent et ce n'était pas rassurant.  Si sa famille pouvait être mêlée aussi peu que possible de ces histoires, elle se sentait moins anxieuse.  Elle avait déjà tenté de le faire rester, mais il semblait déjà décidé.  Il ne lui restait plus qu'à accepter sa décision et espérer que les choses se passent sans heurts.  Et qu'il la tienne mieux informée.  Malgré toute la bonne volonté de la Lagrane, il y avait quand même quelque chose de vexant à savoir que votre époux partageait des informations dont il ne vous entretenait pas avec une autre femme.  Elle lui en toucherait un mot éventuellement.  Elle respectait ses secrets, mais dans une situation comme ça, elle estimait avoir le droit de savoir.

Même ses mots destinés à la rassurer ne le pouvait pas.  Elle savait Denys être un homme calculateur et prudent.  S'il pressentait le moindre danger à se rendre à Lorgol, il n'irait pas, elle le savait.  Pourtant, elle restait soucieuse.  L'idée continuait de la tracasser.

« Je ne vais pas te cacher que l'idée ne me plaît pas du tout.  Je vois que tu as déjà pris ta décision et je n'essaierai pas de te faire changer d'avis.  Je n'aime néanmoins pas cela.  Je ne crois pas qu'elle ne te veuille du mal, et même si elle en avait l'envie, ce ne serait pas judicieux de sa part de tenter quoi que ce soit en ce sens, mais je préférerais que tu n'aies rien à voir avec les derniers événements. »

Elle s'arrêta de marcher un instant, cherchant à remettre de l'ordre dans ses pensées.  Que Denys aie ses secrets était une chose.  Qu'il rejoigne Mélusine une autre.  Mais ce qu'elle demandait rendait Marjolaine nerveuse.  Elle savait que son mari n'était pas blanc immaculé, des années de vie commune passées à l'observer lui avait laissé deviner certaines choses qu'elle n'avait pas évoquées parce qu'il ne ressentait apparemment pas le besoin de le faire et qu'elle lui faisait confiance.  Elle souhaitait que ces secrets n'étaient pas aussi noir que cette invitation ne le lui laissait imaginer.

Sa main libre se posa sur les doigts de Denys, qu'elle caressa un instant l'air un peu pensive, le temps de trier ses idées et de formuler son opinion.  Il partirait, mais elle voulait au moins savoir pourquoi, en quoi se trouvait-il lié à ces événements et quelles raisons avait la Cielsombroises de le croire.

« Si tu y vas, c'est parce que tu sais que tu as peut-être des réponses à lui apporter ou simplement par curiosité? » demanda-t-elle finalement.  C'était la première partie de la question qui l'intéressait plus.  Elle espérait, sans trop se faire d'illusions, qu'il nierait savoir quoi que ce soit des derniers événements.  Tout au moins, avant qu'ils ne se produisent et que tout ce qu'il pouvait en dire venait de ce qu'il aurait pu apprendre par la suite.  Effrayée de recevoir une réponse qui ne lui plairait pas, elle fixait son regard sur leurs mains jointes par son geste et tentait de calmer ses craintes intérieures.





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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyJeu 12 Avr - 11:43

Peut-être en avait-il trop dit. Et peut-être avait-il cherché aussi à laisser à sa femme quelques indices et pistes de réflexions. Ce qu’il avait mentionné, ce n’était qu’un événement, mais sans doute Marjolaine parviendrait-elle à quelques conclusions. Suffisamment peut-être pour ne pas chercher à en savoir plus et se contenter de ce qu’il sous entendait. Car en dire plus n’était pas dans les projets de Denys. S’il n’avait jamais confié à sa femme être de l’Ordre, elle devait certainement s’en douter, mais le révéler n’avait pas d’intérêt. C’était au contraire plutôt dangereux, à plus forte raison quand comme lui on connaissait certains travers de l’Ordre des plus déplaisants. A ce jour, ce qu’Arven avait comme image de cette organisation, ce n’était qu’un groupuscule extrémiste et dangereux. Et même s’il ne partageait pas ces dernières vagues de violence, il ne voulait point quitter l’Ordre. Mais dire qu’il en faisait parti n’était pas la chose à faire pour l’instant, tout du moins pas tant que la vision des gens sur celui-ci serait trompée. Hélas pour Marjolaine, elle faisait elle aussi partie de ces personnes qui n’étaient pas dans le secret du duc. Mais n’était-ce pas le cas de tous les couples que d’entretenir des mystères ? Denys s’était toujours montré secret sur bien des choses le concernant, et même s’il s’était très clairement rapproché de son épouse cette dernière année, il n’était pas encore prêt à la mêler à toutes ses affaires. Et sans doute ne le ferait-il jamais, pour la propre sécurité de celle-ci. Elle avait beau croire en lui, il savait qu’il avait fait parfois des choses bien répréhensibles, pour le bien de Lagrance et de son peuple.

Et si l’idée qu’il parte à Lorgol à propos de ces affaires dont elle ignorait tout ne lui plaise pas n’y changeait rien. Parce que derrière la curiosité que soulevait cette mystérieuse lettre envoyée par Mélusine, il y flairait un intérêt qu’il ne valait mieux pas laisser échapper. Et il se savait assez bon parleur et négociateur pour ne pas y risquer trop sa peau ou ses informations face à la marquise. Même si, bien entendu, tout dépendrait de la discussion qu’ils auraient ensemble.

« Je savais que ça ne te plairait pas. Mais oui, c’est déjà décidé. »

C’est là la seule réponse du duc, évitant de rebondir alors sur ce sous entendu clair qui résonne dans les derniers mots de Marjolaine. En toute vérité, il pourrait ne pas se cacher et dire sincèrement qu’il n’avait rien à voir avec les événements du Jour des Anciens. Mais s’il n’avait pas été acteur, il ne pouvait prétendre ne pas être au courant. Parmi les plus hauts gradés, l’information avait été partagée : ce but de libérer la Chasse et surtout, trouver un moyen de se débarrasser de la Rose. S’il s’inquiétait encore pour ce premier, il ne pouvait point dire que le démantèlement de la Rose le touchait vraiment. Une épine de moins pour mener à bien leur mission.

Lorsque Marjolaine s’arrêta pour réfléchir et poser sa main dans la sienne, le duc tourna son regard vers elle, les yeux éclairés d’une expression indéchiffrable. Il attendit qu’elle parle, puisque de toute évidence, elle avait quelque chose à lui dire, tout en cherchant les mots les plus appropriés. Sans doute voulait-elle en savoir plus, pénétrer lentement dans ses secrets… S’il ne ferma pas complètement la porte des mystères, il ne laissa paraître qu’un léger entrebâillement.

« Je dirais un peu des deux. Je ne nierais pas savoir certaines choses sur ce qu’il s’est passé lors du Jour des Anciens à l’Académie. Mais j’ignore exactement ce dont Mélusine veut me parler, si ce n’est que ça à un rapport. » S’inquiète-t-elle de l’y savoir lié de près ou de loin ? Il connaissait suffisamment son épouse pour deviner que oui. Mais il avait fait, une fois encore, en sorte de rester vague. Et en toute vérité, ce qu’il disait était une supposition vis-à-vis de la demande de Mélusine, même si les derniers événements qui la concernait de très près n’étaient sans doute pas étranger à l’envoi de cette lettre. « Cela étant je suis navré, mais je ne peux t’en dire d’avantage. » Malgré les mots, Denys n’eut pas l’air tant désolé que ça, mais adressa malgré tout un petit sourire à son épouse, serrant à nouveau sa main dans la sienne. « Je voulais simplement te prévenir que je serais absent quelques jours. Cela me semblait important. » Avant pourtant, il n’avait pas toujours pris la peine d’en faire autant avec elle, ne manquant pas de disparaître quand cela lui chantait à Lorgol ou même ailleurs pour voir des gens – souvent des maîtresses. Mais il avait changé, quelque peu du moins, et tentait de lui prouver, même si cela pouvait apporter quelques déplaisirs et contraintes à tous deux.


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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyJeu 19 Avr - 0:16

Marjolaine savait qu'une fois que Denys avait décidé quelque chose, il était difficile de le faire changer d'avis.  Même si elle désapprouvait.  Cependant, elle avait confiance en lui.  S'il insistait pour et jugeait important de faire le déplacement à Lorgol, c'était qu'il avait certainement des raisons solides de le faire.  Elle ne se laissait pas aveugler par le fait qu'il s'agissait d'une ancienne amante de son mari, elle savait l'animosité qu'elle éprouvait à son égard, et aussi qu'il l'avait choisi elle, plutôt que cette femme qui avait été là avant.  Les temps étaient troublés, beaucoup de choses étranges s'étaient passées au courant de la dernière année et elle ne pouvait tout simplement pas le laisser partir le cœur serein.  Même si elle ne l'empêcherait pas, ni n'essaierait de l'en dissuader à nouveau.  C'était l'une des nombreuses preuve d'amour qu'elle pouvait lui accorder, la liberté de suivre son propre instinct et ses intérêts.  Même si pour cela il devait lui cacher des choses et ainsi devenir la source d'inquiétude pour elle.  Angoisses qu'elle enfouissait au fond de son cœur en silence pour ne pas l'importuner, pour que lui-même reste plus léger d'esprit qu'elle-même ne l'était.  Elle s'occuperait de veiller sur le domaine et les enfants en son absence, comme toutes ces autres fois où il avait eu à se déplacer sans juger nécessaire qu'elle ne l'accompagne.  Par ailleurs, elle ne l'aurait pas désiré, Lorgol était associée à tant de mauvais souvenirs qu'elle ne désirait pas y remettre jamais les pieds.  Elle l'attendrait et prierait les dieux pour qu'il lui revienne sain et sauf.  Heureusement, les risques étaient moins grands qu'ils auraient pu l'être et si Mélusine elle-même l'appelait, peut-être éviterait-elle de lui balancer au visage des objets.  Elle-même était mariée et elle devait certainement comprendre les inquiétudes et les incertitudes que soulèvent l'absence d'un être aimé ainsi que le soulagement de le voir revenir sain et sauf.  Rien ne lui arriverait.  Elle tâchait de s'en convaincre, même si ce qu'elle apprenait ne l'apaisait pas entièrement.

Marjolaine n'était pas de ces femmes sottes qui ne comprennent rien d'autre que les dentelles et les tissus.  Gauvain son père avait veillé à ce qu'elle reçoive une excellente éducation et celle-ci liée avec un esprit déjà fin naturellement l'avait rendu particulièrement observatrice après quelques années passées à tâcher de ne pas se mettre de l'avant et à garder des secrets elle-même.  Des idéaux de Denys, elle ne savait pas tout, de ses allégeances non plus, mais dans son esprit de grands doutes planaient et lui laissaient entrevoir ce qu'il ne lui avait jamais avoué.  Supposant qu'il avait des raisons de taire cela, elle n'avait jamais rien demandé.  Ses propos lui confirmaient ce qu'elle avait deviné, du moins en partie.  Elle n'était pas rassurée, mais ressentait tout de même un certain soulagement de savoir qu'au moins, il n'était pas un acteur de ce qui s'était passé.  Elle ne se voilait pas la face sur le caractère de son époux, pas entièrement, et savait que parfois pour atteindre ses objectifs il pouvait perdre le titre du plus doux des hommes.

Elle lui adressa un mince sourire.

« J'ai confiance en toi, je ne te poserai pas plus de questions.  Seulement sois prudent.  Je n'aime pas cette ville, elle a quelque chose de… »  Elle n'arrivait pas exactement à formuler son idée comme elle le désirait.  Y avait-il vraiment quelque chose pour décrire ce qu'elle ressentait à l'approche de la Ville aux Mille Tours?  Elle passa son bras dans celui Denys, l'invitant ainsi à reprendre cette promenade.  Elle aimait la proximité de cette activité, bien que les jardins en hiver ne soient pas aussi beau qu'au printemps ou en été.  « Si en te voyant Mélusine de Sylvamir devait être prise de l'envie de jeter au visage quelque objet, prends bien soin de l'éviter, car je ne serai pas là pour veiller au bon rétablissement des blessures qui pourraient en résulter. »  Elle esquissa un demi sourire amusé.  Il fallait qu'elle songe à autre chose et qu'elle oublie les dangers qu'elle imaginait elle-même se produire pendant ce voyage qui ne devrait durer que quelques jours.  « Merci de m'avoir prévenue, » souffla-t-elle, tout de même reconnaissante qu'il en prenne la peine.  Pendant des années, il était allé et venu comme bon lui semblait, il partageait ses draps avec nombre d'autres femmes, mais un vent de changement avait passé sur le palais ducal de Lagrance et il avait apporté dans son sillage beaucoup de petits bonheurs pour la duchesse.

Elle leva son charmant minois vers son époux, ayant soudainement une petite idée en tête.  Peut-être pourrait-elle mettre à profit l'absence de Denys.  Une lueur passa dans son regard et son cœur se gonfla de tendresse.  « J'aimerais à mon tour te parler de quelque chose, mais si tu es demandé ailleurs pour préparer ton absence, cela peut attendre ton retour. »





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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyLun 7 Mai - 13:55

Elle était inquiète, mais Denys espérait l’avoir rassuré sur certains points. Bien entendu, le mystère demeurait, même pour lui d’ailleurs, et ne rien dire de plus n’aidait certainement pas à adoucir les craintes de son épouse, mais ces quelques confidences étaient tout ce qu’il pouvait lui donner. Et même si cela devait embêter sa Marjolaine, il ne pouvait pas, cette fois-ci, se permettre quelques écarts. Il en avait déjà trop dit. Quand bien même avait-il grandement changé pour elle, tout ne pouvait être différent dans le caractère fort et complexe du duc de Lagrance. Si pour elle il avait ouvert son cœur, il ne pouvait décemment pas partager les profondeurs sinueuses et tortueuses de ses pensées. Qu’elle reste baignée de lumière avec ses doutes, cela convenait parfaitement, et il ne l’en aimerait pas moins pour autant.

« Je te promet d’être prudent. Je ne serais pas absent très longtemps. »

Cette promesse, il pouvait le lui faire sans le moindre mensonge et tromperie, car même s’il ne déplaisait pas au duc de retourner à Lorgol après tout ce temps, rien n’arrivait à la cheville de son duché natal qui disposait d’une place prépondérante dans son cœur. Oui, il promettait sans mal qu’il reviendrait vite auprès d’elle, sans même que son esprit esquisse quelques envies de revoir d’anciennes amantes. Peut-être était-il véritablement passé à autre chose. Reprenant avec elle sa promenade, guidé par le bras doux et aimant de son épouse, le duc se fendit d’un sourire à la remarque à demi amusée de sa duchesse, tentant de détourner à sa manière les nombreuses craintes qu’il devinait dans son cœur.

« Comme je serais malheureux de ne pas t’avoir pour soigner mes blessures. Je vais devoir être très attentif aux attaques de Mélusine. »

Il est un peu moqueur dans ses paroles, mais pas moins tendre à l’encontre de son épouse. Et en toute sincérité, il doute que la marquise de Sinsarelle prenne le risque de lui envoyer un objet contendant à la figure, alors même qu’elle l’invitait pour avoir des réponses. Il craignait plus les mots de celle-ci que les vases posés sur un buffet. Et avec un peu de chance, l’époux consciencieux de Mélusine saurait lui retirer ces armes dangereuses. Le sourire du duc se maintient, lorsque le murmure soufflé par Marjolaine arrive à ses oreilles. Il n’a pas grand chose à dire, mais le rictus s’adoucit alors qu’il sent dans le ton de sa duchesse une sincère reconnaissance à cette confidence. Cela lui apportait pourtant bien des tourments, mais le duc se rendait compte qu’elle préférait être au moins un peu au courant que dans l’ignorance totale de ses actions. Il ne pouvait tout lui dire et continuerait d’être évasif sur bien des sujets. Mais cette proximité nouvelle allégeait bien des choses dans son cœur resté longtemps solitaire.

Dans cette marche un instant silencieuse, alors que ses yeux sont attirés par les quelques fleurs timides naissantes au cœur de l’hiver, il s’en détourne bien vite quand, à nouveau, Marjolaine attire son attention. Quel doux regard lance-t-elle, il pourrait se perdre pour de longue seconde dans ces yeux si clairs et cette chaleur bienveillante. L’envie lui prend de l’embrasser, de goûter ces douces lèvres dont il ne se lasse plus, mais les mots titillent sa curiosité et il s’empresse alors d’y répondre.

« Mais je suis tout à toi. Tu peux me dire tout ce que tu veux. Tu as quelque chose à me demander peut-être ? » Taquin, il renvoie un regard amusé à sa tendre épouse, elle qui est pourtant loin d'être exigeante et il le sait.


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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyJeu 24 Mai - 6:20

Marjolaine savourait cette petite félicité avec beaucoup de sérénité.  Cette complicité plus approfondie avec son époux la comblait et elle commençait à sentir que toutes ces années de dévouement et de tendresse lui étaient enfin rendues.  Le bonheur d'être au bras de Denys, d'avoir le droit à être mise au courant de ses projets et déplacements, bien qu'il restait quelques zones grises, était gratifiant et elle en éprouvait une joie immense.  Quand on songeait que dix ans plus tôt, elle croyait ne jamais se marier, hériter de Blanc-Lys et le transmettre aux enfants de ses cadets quand elle serait trop vieille pour continuer à administrer le domaine.  Jamais alors elle n'aurait cru épouser son duc et encore moins pouvoir un jour avoir des enfants.  Non, même si sa vie n'avait pas toujours été facile, s'il y avait eu des obstacles, considérant le bonheur actuel auquel elle avait droit, elle éprouvait plus de reconnaissance pour les dieux que de rancœur à leur égard, persuadée que c'était leur bienveillance à son égard qui lui accordait cette vie.  Jamais elle n'oubliait de les prier, qu'elle aie besoin de leur aide et soutien immédiats ou non.  La douce Marjolaine savait reconnaître ses bonheurs et les savourer à leur juste valeur, petits ou grands.  Cette promenade entre époux était l'un d'eux, bien qu'il lui eut annoncé une nouvelle qui lui déplaisait un peu.  Elle se sentait beaucoup plus légère, plus libre de lui dire ce qu'elle pensait réellement sur tous les sujets, ou presque.  Tout comme il avait encore pour elle des secrets, elle protégeait les siens.  Au nombre de deux, ils étaient soigneusement gardés.  Pour toujours.

Elle ne put s'empêcher de sourire amusée.  Elle devinait très bien la taquinerie et pourtant, c'était bien parce qu'elle avait quelque chose à lui demander.  Pas tout à fait, mais ça allait dans le sens.

« Oui, disons que c'est un peu cela, sans ton aide, je n'ai aucun moyen d'obtenir ce que je désire, » répondit-elle avec un léger rire coulant comme l'eau d'une rivière.  Elle avait bon espoir de voir sa demande agrée et pour cette raison elle n'était pas pressée d'exposer sa requête d'un coup.  Elle irait tranquillement, tandis qu'ils allaient entre les bourgeons qui commençaient à sortir.

« Comme tu le sais, ce sera mon anniversaire en mai et j'en serai à ma trentième année d'existence, » commença-t-elle en posant son regard sur les jardins qui s'éveillaient de leur long sommeil d'hiver, tout comme le printemps s'était mis à refleurir dans sa propre vie malgré l'adversité.  « Rose s'est jointe à nous plutôt tardivement et il a fallu de longues années avant que Raiponce ne vienne agrandir la famille.  Je suis comblée par nos filles, mais… »  Elle leva vers Denys un regard serein.  Il devait bien commencer à deviner sur quoi elle désirait en venir.

Marjolaine avait longuement réfléchi à la question.  Deux filles c'était très bien.  Elle oubliait la déception de ne pas avoir mis au monde un garçon : si Maari ne le lui avait pas accordé, c'était pour de bonnes raisons elle n'en doutait pas un seul instant.  Elle était heureuse de voir grandir ses deux filles, mais dans son cœur, il y avait le manque de ne pas avoir de fils.  Elle l'avait tellement espéré en croyant que cela réparerait tout ce que cela avait créé un vide dans son cœur, une place qui avait besoin d'être prise par un être cher de plus.  Si elle répugnait un peu à l'idée de se servir à nouveau de la magie du sang, forte de savoir que quelque part, quelqu'un en payait le prix pour elle, elle était tout de même prête à y avoir recours à nouveau.  Elle porterait seule le poids de la faute.

« J'aimerais avoir un autre bébé.  Avant d'être trop vieille pour… » Elle s'arrêta, mal à l'aise.  Trop vieille pour quoi?  Elle ne devait déjà pas pouvoir enfanter.  Quand serait-elle trop vieille pour cesser d'avoir ce droit qu'elle n'avait jamais eu dès le départ?  « Pas nécessairement tout de suite, Raiponce est encore toute petite, mais j'aimerais voir notre famille s'agrandir encore un peu et bientôt. »  Elle avait repris son aplomb, habituée de garder le secret, ce lourd secret qui ne faisait que s'apesantir avec les années.





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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyJeu 7 Juin - 3:43

Qu’est-ce que Marjolaine avait donc tant besoin de lui dire ? Il ne niait pas, Denys, d’être fort curieux de la demande. Car il était rare que son épouse, relativement humble, vienne ainsi espérer quelque chose de sa part, et même, en l’occurrence, son aide. Cela étant, il se doutait qu’il n’avait pas de quoi s’en faire, et il attendit patiemment que sa duchesse en vienne aux faits, même si son rire léger et le sourire qui l’accompagnait étaient d’une douce chaleur qu’il n’avait point envie de voir s’éclipser.

« Allons, dis moi tout. »
Répondit-il d’un air taquin, sans pour autant forcer la confidence ni exiger quelques réponses immédiates. Il devinait de toute façon dans l’attitude de Marjolaine un désir de mettre quelques formes, voire même de ménager un certain suspense. La connaissant ceci dit, il savait que cela ne durerait pas et le regard plongé dans celui de son épouse, il attendit qu’elle trouve ses mots. Ceux-ci ne tardèrent point et bien rapidement, il eut quelques idées sur la demande que lui faisait miroiter son épouse. Il fallait dire que le ton et les paroles ne pouvaient que peu laisser du doute. Et peu à peu, avant même qu’elle ne termine ou n’exprime très clairement ses désirs, un sourire tendre, lumineux même, vint se dessiner sur les lèvres du duc de Lagrance. Une perspective des plus plaisante, pour un avenir tendrement chéri et enviable. Agrandir leur famille, n’était-ce pas une part complète de leur bonheur ? Ménageant encore un peu les mots de son épouse, il fit mine de renchérir, comme s’il ne voyait pas où elle voulait en venir : « … mais ? » Bien qu’en réalité, le rictus qui animait ses traits était d’une telle sincérité qu’il ne cachait point ses pensées. Difficile de croire ainsi à son ignorance, car il n’était que tendresse.

Et enfin, l’expression de ses pensées vient, d’une demande à peine sous-entendu, un désir palpable qu’il ne manque pas de déterminer dans le regard de son épouse. Comment lui refuser, alors que lui même n’était pas le moins du monde contre agrandir ce qui faisait tant sa fierté ? Ah comme il les aimait, ses petites princesses, héritières légitimes de tout ce pour quoi il avait vécu toutes ces années, futures dépositaires de l’immense héritage qui leur léguerait. Rose et Raiponce étaient sans le moindre doute les êtres les plus importants à ses yeux. Peut-être même – tristement – plus que Marjolaine, bien qu’il devait en être de même dans le cœur de son épouse. Alors avoir un autre enfant ? Oh il ne dirait jamais non. Ni n’espérait dans cette manœuvre avoir un fils, là où Marjolaine l’avait tant voulu. Comme bien d’autres hommes, Denys s’était découvert père protecteur et désireux de petites princesses à choyer. Un fils ? Oui il en aurait été très heureux, et aurait sans doute éveillé une autre part de lui même dans l’éducation de ses enfants. Mais c’était loin d’être un désir à combler.

Pour autant, s’il avait vu venir à cet instant la demande de son épouse, le devinant dans ses mots et son regard, il ne s’attendait pas à ce qu’elle espère, aussi vite après la naissance de Raiponce, un nouvel enfant. Il était vrai qu’en bientôt dix ans de mariage, ils n’avaient eu que deux merveilleuses petites filles, elles même un peu éloignées en âge. Des questions qui avaient parfois bien taraudées l’esprit du duc avant qu’il ne les relègue dans un coin de son esprit.

« Tu sais, nous ne choisissons pas vraiment quand cela doit arriver. » Ah si seulement il savait tout ce que Marjolaine pouvait bien lui cacher à ce propos. Bien sûr, il y avait parfois des méthodes et moyens pour parvenir à procréer plus facilement, mais de son expérience avec son épouse et la naissance de leurs deux filles, il n’était pas persuadé que cela soit si rapide. Ah oui, si seulement il savait. « Mais rien ne me rendrait plus heureux que d’agrandir notre famille avec toi. Une petite princesse encore, ce serait merveilleux non ? » Répondit-il avec une légère taquinerie. Une troisième fille, pour donner raison à l’adage qui ne disait « jamais deux sans trois. » Et surtout parce qu’au fond de lui, il savait qu’il serait un père à petites filles, victorieuses par leurs regardes larmoyants !


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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyDim 17 Juin - 4:24

Marjolaine hocha de la tête.  Pour la plupart des femmes, c'était bien le cas, elles ne pouvait pas choisir quand elles enfanteraient, mais pour la Lagrane c'était un peu différent.  Elle n'avait pas le loisir de pouvoir attendre que les choses arrivent d'elles-mêmes.  Si elle n'entreprenait pas les démarches nécessaires, jamais elle ne connaîtrait de nouveau les joies d'être mère.  Elle savait que cette démarche trahirait peut-être un peu de son secret, mais déjà parents de deux enfants, peut-être bientôt – elle l'espérait – est-ce que cela ne consolidait pas leur union?  Elle tremblait Marjolaine d'être découverte.  Leur mariage ne semblait que commencer maintenant à fleurir et si cet énorme mensonge qu'elle avait gardé caché pendant toutes ces années venaient à être découvert…  Elle craignait qu'il ne puisse pas le lui pardonner.  Pourtant, même si c'était l'apparence hâtive de sa démarche qui pouvait la compromettre, elle y était plutôt soumise involontairement.  Elle avait 29 ans, un jour elle en aurait trente et elle ne serait plus en âge de supporter les difficultés d'une grossesse.  Si ses enfants étaient au centre de son univers, elle désirait toutefois en faire partie.  Les voir grandir et un jour se marier.  Elle ne pouvait se risquer de perdre la vie en tentant d'enfanter alors qu'elle était trop vieille.  C'était un risque qu'elle prenait à chaque fois, c'était certain, mais ses filles ensoleillaient tellement sa vie, elles lui semblaient être la source de tout le bonheur qui lui échouait et elle sentait que c'était similaire pour Denys.  Agrandir ce petit bonheur semblait une cause logique et elle voulait surtout… tâter le terrain.  Peut-être que deux enfants comblaient suffisamment Denys.

Le soulagement fut visible sur son visage quand elle comprit que son désir était le même que le sien.  Elle laissa échapper une petite moue à la mention d'une princesse, mais c'était une expression tout de même joyeuse.  D'eux deux, c'était elle seule qui avait éprouvé quelques déceptions de ne pas avoir un fils.  Elle ne l'espérait plus désormais, du moins pas pour les mêmes raisons.  Elle savait qu'elle n'en avait pas besoin pour attacher Denys à elle et qu'il serait tout aussi heureux d'une princesse.  Maintenant si elle désirait un fils, c'était pour voir en lui tous les mêmes que chez son père.  Elle lui adressa un sourire timide.

« Je sais bien que ce n'est pas quelque chose sur quoi nous sommes supposés avoir du pouvoir et donc que même si je souhaite…  Peut-être faudra-t-il du temps oui, » acquiesça-t-elle, bien consciente qu'elle pouvait influer sur la longueur qu'il faudrait pour que cela arrive.  Mais si elle en parlait maintenant et qu'ils… elle n'arrivait pas à formuler la pensée sans rougir, mais elle espérait que si l'objectif de leurs ébats n'était pas que le plaisir de se retrouver, il trouverait peut-être moins singulier que cette fois elle puisse tomber enceinte aussi rapidement.  Elle était égoïste peut-être, mais elle espérait garder ce secret jusqu'à la mort.  Ce qu'il ne savait pas ne pouvait pas lui faire de mal.

« Mais j'aimerais bien avoir un petit garçon.  Il te ressemblerait et je pourrais le choyer à outrance. »  Son regard se fit rêveur un instant, s'imaginant avec un fils entre les bras et elle rougit de plaisir.  Peut-être Denys songeait-il qu'elle gâtait déjà beaucoup trop Rose et Raiponce et que l'idée d'un petit garçon gâté donc à outrance risquait d'en faire un enfant capricieux et beaucoup trop chéri de sa mère, mais elle ne pouvait s'en empêcher.





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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyLun 2 Juil - 20:43

Visible comme le nez au milieu de la figure, le soulagement apparu dans le regard de Marjolaine n’échappa guère à Denys. Doutait-elle qu’il soit heureux d’une telle demande, alors que sa famille était certainement ce qui comptait le plus pour lui, quand bien même était-ce cette seule faiblesse visible dont il ne pouvait se garder ? Bien sûr, le duc était déjà très satisfait des deux héritières qu’il avait et qu’il aimait sans la moindre conditions. Ce n’était point l’une de ses priorités d’avoir d’autres enfants, aussi n’y songeait-il guère. Et pourtant, la proposition de Marjolaine était loin de le repousser et au contraire, il aimait l’idée de voir à nouveau son épouse enceinte, entourée de cette félicité de femme et mère qui seyait si bien à Marjolaine. En réalité, il n’avait aucun mal à deviner que retomber enceinte à nouveau était là l’un des plus chers désirs de son épouse, lequel il pouvait le lui accorder, si les dieux eux même y consentaient. Cela serait certes au bon vouloir de Maari, mais si telle était l’envie de Marjolaine, alors ils pourraient s’adonner à ces étreintes qui faisaient naître le fruit de l’amour.  

Ah le sujet du petit garçon. Quelque chose de récurent dans la bouche de Marjolaine et ce depuis sa précédente grossesse. Pouvait-il lui en vouloir de désirer un petit homme dans ses enfants ? Bien au contraire, Denys pouvait le comprendre, même si ses propres désirs à ce propos ne changeraient guère. Maari déciderait pour eux, et peu importe le sexe de l’enfant aux yeux du père, il n’aurait pas moins aimé celui-ci. Il savait qu’il en allait de même pour son épouse, même si à la naissance de Raiponce n’avait pas manqué de marquer le visage si doux de la duchesse. Il eut un léger sourire en repensant à tout cela, ainsi qu’à cette remarque rêveuse qui correspondait tant à Marjolaine.

« Le choyer à outrance ? Tu veux dire plus que nos filles actuellement ? » Il se moquait gentiment de son épouse, faisant référence à ce caractère tendre et aimant qui était le sien lorsqu’elle était en compagnie de leurs filles. Plus encore Rose qui avait compris toutes les machinations d’un caprice et qui savait comment en user face à sa mère, trop sensible pour lui refuser s’il ne s’agissait pas de grand chose. Comme souvent, elle était cette partie douce et caressante, là où il représentait peut-être un peu plus la dureté et l’autorité. Il ne pouvait nier ceci dit être parfois trop coulant avec son ainée, maitresse dans l’art du regard larmoyant et du ton chevrotant. Par les dieux, comme Rose pouvait ressembler à son père au même âge... « Je me sentirais délaissé s’il me ressemble et que tu ne t’occupe que de lui. » Un peu plus taquin, le ton reste de cette douce légèreté en comparaison de leur précédente discussion. Puis il se reprit, continuant plus calmement.

« Je n’espère pas de fils tu sais. Nos deux filles sont de merveilleux joyaux, tout à fait parfaites. » Ce discours là était celui d’un père aimant et plein d’affection pour ses deux filles. « Je sais que tu tiens depuis longtemps à avoir un fils, mais ne soit pas déçue si ce n’est pas le cas. Car si c’est encore une fille, elle serait toute aussi aimée et choyée. » Comment douter de ce fait ? Il n’avait simplement pas l’envie que Marjolaine fournisse tant d’efforts et d’espoirs à l’idée d’avoir encore un fils, et que finalement, ses prières ne trouvent pas réponses.


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Message Sujet: Re: Juste quelques mots à te dire   Juste quelques mots à te dire EmptyMer 15 Aoû - 6:03

Marjolaine rougit légèrement.  Elle savait qu'elle gâtait beaucoup ses filles, peut-être un peu trop.  Elle ne pouvait pas s'en empêcher, c'était ses filles chéries et si Denys n'était pas au courant des sacrifices qu'elle avait dû faire pour les avoir, elle, elle savait et elle était reconnaissante aux dieux d'avoir eu le droit de donner le jour à deux enfants aussi ravissantes.  Elles étaient jolies et pleine de santé, elles avaient tout pour exacerbé l'affection débordante de leur mère qui les choyait autant qu'elle le pouvait.  Il lui semblait que rien n'était trop beau pour ses deux petites princesses.  Elle les aimait tendrement, d'un amour maternel peut-être un peu exagéré même parfois.  Seulement, elle avait passé un peu plus de la moitié de sa vie à croire qu'elle ne pourrait jamais connaître les joies de la maternité, que jamais Maari ne la bénirait d'un enfant.  Alors elle avait triché, elle avait utilisé d'autres moyens, elle était passée par la magie pour qu'une vie sommeille dans ses entrailles.  La déesse lui en voulait-elle?  Elle ne pouvait pas le savoir et elle compensait cette tromperie avec de nombreuses prières et offrandes.  On n'aurait pu trouver dans le continent de meilleure dévotion à Maari, protectrice des mères.  Ses prières se tournaient souvent vers la déesse, régulièrement elle tressait des couronnes de fleurs pour les lui offrir, incluant des lys, son signe personnel à elle.  Oh elle savait bien combien elle ne pouvait se montrer ferme quand il était question de ses filles et qu'il était certainement injuste de laisser la tâche incomber à Denys, mais elle était tout aussi persuadée que lui-même ne s'empêchait pas ça et là de céder à certains des caprices de leur aînée.  Qui aurait pu d'ailleurs résister à ses airs d'ange sans malice?

Elle ne put s'empêcher un sourire timide quand il mentionna pouvoir être jaloux des attentions qu'elle pourrait accorder à un potentiel fils.  Elle-même ne pouvait imaginer pouvoir remplacer Denys par un enfant, fut-il le sien, peu importe combien il lui ressemblerait.  Plutôt, elle n'aimerait que davantage cet homme pour l'avoir comblée d'un bonheur supplémentaire, celui de le voir étant enfant à travers un fils.  Parfois Marjolaine s'interrogeait : était-ce justement parce qu'elle n'avait aucun droit d'enfanter qu'elle ne donnait naissance qu'à des filles?  Si elle avait été normale, aurait-elle eu un garçon?  Elle s'empêcha de s'égarer plus longtemps sur ce chemin dangereux : si Denys la remarquait pensive, elle ne saurait expliquer pourquoi elle était si songeuse.  Elle esquissa un sourire malicieux, bien que fort timide.

« Mais je compterais sur toi pour lui ravir mon attention et me rappeler de qui je suis l'épouse. »

Elle baissa les yeux, ses joues ayant pris une charmante teinte rosée.  Peut-être que quelques pensées peu sages avaient traversé son esprit, mais elle ne s'en ouvrirait pas.  Elle préférait puiser de la confiance dans les propos de son mari, tout de même heureuse de savoir que peu importait le sexe de l'enfant, jamais elle n'en porterait le blâme et il les aimerait tout autant.  Elle et les petits.  Cela lui faisait plaisir et lui donnait de l'énergie pour redoubler d'efforts afin de l'assister dans ses devoirs de souverain autant qu'elle le pourrait.

« Je ne serai pas déçue, pas cette fois.  J'ai des regrets d'avoir laissé mon cœur pousser un soupir quand j'ai pris Raiponce pour la première fois entre mes bras.  C'est l'enfant que j'ai porté en mon sein de longs mois, c'est ta fille et j'aurais déjà dû savoir que cela devrait me suffire.  Je n'abandonnerai pas l'espoir d'un garçon, mais s'il ne vient jamais, je serai heureuse et contentée de voir grandir nos filles. »

Elle avait mûri Marjolaine, elle avait compris que pour le garder près d'elle, elle n'avait pas besoin d'artifices et de manigances.  C'était en étant fidèle à elle-même qu'elle avait finalement réussi à se l'attacher.  Il avait fallu du temps, mais c'était arrivé et comblée par sa famille, elle ne demandait rien de plus.  Elle avait encore beaucoup de rêves et d'espoirs qu'elle nourrissait dans son cœur, mais qu'ils se réalisent ou non n'était déjà plus important pour elle.

Elle resserra doucement sa prise sur le bras de son époux, dans un geste qui exprimait sa tendresse, avant de poser son regard sur les jardins.  Ils n'avaient plus la beauté de l'été, mais elle leur trouvait un certain charme tout de même.  Peut-être était-ce aussi parce qu'elle se trouvait en la compagnie qu'elle appréciait le plus.  « Marchons encore un peu avant de rentrer.  Le temps est encore bon.  Il fera plus froid à Lorgol, je donnerai des instructions pour que les domestiques s'assurent que tes habits seront suffisamment chauds pour ton voyage, plus tard.  Mais pour le moment, je veux simplement profiter de ce moment avec toi. »

Il partirait et elle l'attendrait avec les deux petites princesses.  L'attente serait longue, même pour un si court séjour et il lui manquerait.  Ils avaient tous des devoirs auxquels il fallait retourner, mais égoïstement, pour une fois, Marjolaine voulait retenir son mari auprès d'elle, juste quelques minutes encore jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus retarder la fin de cette promenade.  Elle avait encore des doutes et des craintes, elle n'était pas complètement rassurée et de lourds secrets pesaient encore sur son cœur.  Néanmoins, pour encore un instant, elle pouvait tout oublier et faire comme si rien en-dehors d'eux deux n'existait.





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