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 Toute fleur finit par se faner

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La Noblesse
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Denys du Lierre-Réal
Denys du Lierre-Réal

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J'ai : 34 ans
Je suis : le duc de Lagrance, marquis du Lierre-Réal

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J'ai fait allégeance à : Lagrance avant tout, à l'Ordre du Jugement et dans une moindre mesure à l'empire de Faërie
Mes autres visages: Hiémain ◊ Anthim ◊ Rackham ◊ Shahryar ◊ Nicolas
Message Sujet: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptyMar 22 Mai - 21:53


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Maelys Aigrépine et Denys du Lierre-Réal

Toute fleur finit par se faner

Mais rien ne dit qu'elle ne peut renaître



• Date : 16 janvier 1003
• Météo (optionnel) : //
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Peu après son retour de Lorgol, Denys apprend que l'ancienne championne de Lagrance, Maelys, a décidé de changer de vol et de quitter le duché. Il l'invite à venir le voir une dernière fois et discuter peut-être des derniers événements qui n'ont pas épargnés la jeune femme.
• Recensement :
Code:
• [b]16 janvier 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3708-toute-fleur-finit-par-se-faner#139216]Toute fleur finit par se faner[/url] - [i]Maelys Aigrépine et Denys du Lierre-Réal[/i]
Peu après son retour de Lorgol, Denys apprend que l'ancienne championne de Lagrance, Maelys, a décidé de changer de vol et de quitter le duché. Il l'invite à venir le voir une dernière fois et discuter peut-être des derniers événements qui n'ont pas épargnés la jeune femme.



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Message Sujet: Re: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptyLun 28 Mai - 17:31

Il faut parfois bien peu de temps pour que les choses changent, sans même pouvoir en apercevoir les contours de celui-ci. Denys n’était parti que quelques jours à Lorgol et pourtant, il percevait les prémices de quelques vents nouveaux, dans sa vie et ses aspirations comme sur ces terres qu’il protégeait avidement. Et puis, une nouvelle était finalement venue jusqu’à lui, colportée par le murmure des serpents ou des oiseaux chanteurs. Elle s’était d’abord faite rumeur à ses oreilles, puis vérité lorsqu’il avait cherché un peu plus d’informations : Maelys partait de Lagrance. Triste nouvelle, quoiqu’en réalité prévisible, peut-être même attendue. La jeune femme n’était-elle pas, après tout, une pièce de la Rose, découverte à la disparition de celle-ci ? Sur un territoire comme Lagrance qui accueillait les Mages du Sang de toutes horizons et hébergeait un puissant foyer lié à l’Ordre du Jugement, il n’était pas surprenant que la Chevaucheuse se sente, peu à peu, regardée comme une paria, voire un danger. Lui même, en apprenant sa traitrise vis-à-vis de l’Ordre, avait quelque peu changé ses ambitions la concernant. Mais à dire vrai, Maelys avait toujours été, dans l’esprit de son duc, un élément couvert de surprise et difficilement contrôlable ou malléable. Les plans avaient changés, mais n’étaient pas pour autant détruits. Sur l’échiquier des possibles, le petit pion était simplement sorti du plateau,  pour un temps peut-être.

Ces pensées là, froides et pragmatiques, étaient celles de l’esprit du duc. Mais il n’était pas qu’un automate bon à songer de manière tranchée et glaciale. Car sous la déception et la machination, il ne pouvait nier l’affection qui s’était développé pour la jeune femme et son tempérament de feu. Un lien malin s’était tissé entre eux, difficile à comprendre mais sincère malgré tout. C’est pour cela qu’avant qu’elle ne quitte définitivement son duché, Denys l’avait invité à le rencontrer, une dernière fois peut-être. En tant que son duc en tout cas, certainement. Il n’avait pas besoin d’en deviner plus sur les intentions et les raisons qui poussaient l’ancienne Championne de Lagrance à partir, mais il avait l’envie de lui faire part de son avis néanmoins. Et peut-être aussi, la remercier de ce qu’elle avait fait, moins pour ses affaires dans l’Ordre que pour Lagrance qu’elle avait vaillamment protégé et représenté.

Ce jardin où il l’attend, il semble bien différent de celui où ils se sont rencontrés la première fois, en compagnie d’Agnès d’Aurebois. L’hiver posait sur la nature un voile presque irréel, aux yeux de certains fade, mais surtout mystérieux. Oui, ce jardin semblait bien différent… et pourtant c’était le même, avec ces buissons d’épines endormis et ces arbres dénués de feuilles qui, au printemps venu débordait de couleurs et de vie. Il ne faisait, en ce jour, pas trop froid malgré la neige fraichement tombée qui recouvrait le sol d’un tapis silencieux. Dans ce décor, livre à la main, Denys attendait la jeune femme, un lourd manteau posé sur les épaules. Les crissements de pas dans la poudreuse trahirent enfin la venue de Maelys, annoncée quelques instants plus tôt par un serviteur.

« On m’a dit que vous partirez bientôt pour Ansemer, Maelys. Je prends les devants, mais j’espère que vous n’aviez pas l’intention de vous en aller sans me dire au revoir ! » Avant même qu’elle ne soit vraiment tout à fait à côté de lui, il s’adresse à elle, taquin comme souvent, un léger sourire sur les lèvres alors que d’un geste sec, il ferme son livre qui pose sur le bord en pierre d’un muret. Enfin daigne-t-il l’observer, et si son regard semble joueur et léger, un soupçon de sérieux domine la profondeur du bleu de ses prunelles. « Ansemer est loin, bien différent de nous, mais cela devrait vous correspondre. J’ose espérer néanmoins que vous ne nous oublierez pas. » Etait-ce une crainte du duc ? Pas réellement, mais il aurait peut-être été vexé qu’elle préfère tirer un trait définitif sur tout ce qu’elle avait vécu ici. Un peu de fierté. « J'imagine que cela fait un moment que vous songez à cela ? » Depuis le Jour des Anciens peut-être, ou peut-être même avant ?


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Message Sujet: Re: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptySam 30 Juin - 19:35

Quitter Lagrance était un déchirement, et la nouvelle n’avait pas été bien accueillie, que ce soit de Cassiopée et de Thomas, ou encore de Tristan, mon capitaine. Ils l’avaient tous acceptés avec une cruelle fatalité, et l’avaient interprété comme un abandon. Etait-ce vraiment le cas ? Je ne savais pas. Je ne me sentais plus à ma place depuis des mois, et les toutes récentes révélations sur les pièces de la Rose Ecarlate n’avaient pas aidées. Mes choix m’avaient conduite autant sur la voie de l’Ordre que de la Rose Ecarlate, suivant le premier sous l’impulsion de Gustave, le second sous celui d’Aïfa. Et maintenant, je perdais pied. Mes idéaux restaient intacts, mais je me retrouvais seule pour accomplir quelque chose qui me dépassait totalement. Je n’avais que peu d’alliés, en Lagrance, et quantité d’ennemis. Je ne reconnaissais plus mon duché qui avait pris, peu à peu, le chemin de l’Ordre et des mages du Sang. Ceux-là même que j’avais été prête à éradiquer sur cette île maudite, si on m’avait laissé faire.

Je les défiai du regard, tous ceux qui trouvaient bon de me juger. J’avais même affirmée ma présence de la façon la plus puérile qui soit, en délaissant la masse du Pion Noir en plein centre d’une grande place d’Edenia, visible pour tous. J’en avais surpris plus d’un qui avait tenté de la retirer de terre, en vain, jusqu’à ce que je finisse par la récupérer une semaine plus tard, la reposant nonchalamment sur mon épaule comme si elle ne pesait rien. Qu’ils sachent à qui ils avaient affaire. Je ne comptais pas me laisser faire, ni courber l’échine. J’étais l’héritage vivant d’Aïfa, la duchesse conquérante d’Erebor, et même si sa voix s’était tue dans mon esprit, je savais ce qu’elle aurait dit ou fait. Nous avions passé trop de temps ensemble pour que je l’ignore.

Mais au-delà de mes amis et de mon capitaine, il y avait une autre personne que je risquais de décevoir. Quand Denys m’avait invité à le rencontrer, une appréhension grandissante s’était emparée de moi. Je n’avais pas su trouver les mots justes avec les autres, alors avec lui ? Ce n’était pas seulement mon duc. Un lien étrange nous unissait depuis mes premiers jours en Lagrance. Il avait toléré nombre d’écarts de ma part, et à chaque fois, je lui en avais été reconnaissante en redoublant d’efficacité. Je ne lui avais jamais dissimulé mon aversion pour les mages du Sang, et mon zèle ne lui avait toujours tiré que des sourires. J’avais longtemps joué les gardes du corps pour son compte, soi-disant pour me discipliner, et j’avais beaucoup appris à la cour de Lagrance. Pas tellement de la réserve, comme mon capitaine l’espérait, mais à savoir davantage dissimuler la vérité et jouer de faux-semblants quand c’était nécessaire. Et il y avait eu, bien entendu, cet épisode dans les égouts de Lorgol… D’une vérité éclatante, alors que nous étions tous les deux amnésiques, débarrassés de l’entrave du grade ou de toute retenue attendue. J’avais appris à apprécier mon duc comme un homme à part, qui était pareil à de l’eau. Je ne devrais sans doute pas autant redouter cette entrevue, car il prenait toujours tout si bien, même quand ça l’ennuyait un peu. Et puis… Nous ne nous étions que peu côtoyés ces derniers temps. Je me serais presque attendue à ce qu’il m’ait oublié, à vrai dire. Qu’étais-je pour lui au fond ? Mes aspirations n’auraient pas dû lui importer.

Je me demandais si ce serait la dernière fois que je parcourais ces jardins. L’ambiance avait ce quelque chose d’un peu tragique, avec ces branches dénudées qui imploraient les cieux, sans le chant d’un oiseau pour ponctuer mes pas feutrés dans la neige. Aucune cachette, aucune échappatoire. La poudreuse avertie de ma présence, aperçue bien à l’avance par l’absence de feuillages. Je projetai un petit nuage de chaleur, sans prononcer un mot, alors que je me stoppai à hauteur de mon duc. Il lisait. Comment pouvait-on lire, dans un jardin, en plein cœur de l’hiver ? Ca ne semblait pas le déranger outre-mesure, lui.

Je détournai le regard, sans trop savoir quoi lui répondre. Serais-je réellement partie sans lui dire au revoir ? « Je ne pensais pas que ça vous importait vraiment, mon duc. » Je marquai un silence, à fixer ce regard bleu, ce sourire faussement léger. « Je rends mes fonctions le vingt, soit dans quatre jours. Mais je pense que vous ne m’avez pas convoqué pour connaître la date, vous le saviez déjà. » Ses mots ressemblaient presque à un souhait de bonne continuation. Il n’était pas le premier à me souffler qu’Ansemer était un bon choix, qu’elle saurait me convenir mieux que Lagrance. « J’espère de tout cœur que ce sera le cas. » Je souris doucement, presque tristement. « Comment pourrais-je oublier, mon duc, tout ce que nous avons vécus ensemble ? J’ai beaucoup appris, en Lagrance, et votre duché fleuri aura toujours une place important dans mon cœur. » Même si sa politique actuelle me déplaît, et qu’il en ait le principal responsable. Je devrais peut-être l’appeler simplement Denys maintenant, quitte à malmener un peu l’étiquette. Après tout, ce n’était pas le duc que j’estimais réellement, mais l’homme derrière ce masque.

J’hochai lentement la tête, tandis qu’il me demandait des éclaircissements. « Je songe depuis de très longs mois à cette éventualité, et pas seulement à cause de ce qui s’est passé au Jour des Anciens. Ça n’a fait que précipiter ma décision. » Je pris une longue inspiration. « On peut dire que, quelque part, ce n’était qu’une suite logique après la révélation des magies et savoirs oubliés. Ce que j’ai vu, et vécu, sur cette île, ainsi que mon statut de Pion Noir, ont influencé toutes les décisions qui ont suivies. Je voulais d’une Faërie forte, mon duc, et c’est pour cette raison que je vous ai soutenu autant que j’ai soutenu Gustave de Faërie. Mais je voulais d’une Faërie forte et en paix. »
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Message Sujet: Re: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptyMar 17 Juil - 20:39

« Après tout ce que nous avons vécu, cela me semblait pourtant important. » Ou peut-être avait-elle raison, ça n’avait pas grande importance. Mais si tel était le cas, il n’aurait certainement pas pris la peine de l’inviter une dernière fois à le rencontrer. N’était-il pas connu, lui, le duc de Lagrance, pour ne pas agir inconsidérément ? Peut-être l’entretien cacherait-il quelques idées dont il était le seul maître. Ou peut-être serait-ce, à la grande surprise, un véritable au revoir sincère. « En effet, je le savais déjà. » Il n’était pas homme à ignorer ce genre de détails, même s’ils lui importaient peu en l’instant. Même s’il en avait le pouvoir, il n’irait pas donner des ordres pour retarder ce départ qui serait, quoiqu’il arrive, inchangé. Il n’était pas dans son intérêt ni utile de brimer une décision qu’il devinait murement réfléchi.

C’est d’un sourire compréhensif, reflétant peut-être même légèrement cette tristesse qu’il percevait dans le regard de Maelys, que Denys répondit aux paroles de celle-ci sur Lagrance, ce duché qui l’avait vu grandir et devenir cette Chevaucheuse talentueuse et un peu dangereuse qu’elle était aujourd’hui. Elle était différente sur bien des points des Lagrans, elle était vive et peut-être trop franche, prête à se battre ouvertement pour ce qu’elle voulait. Mais il y avait quelque chose de touchant et de vrai dans ce qu’elle disait, cette affection qu’elle donnait à Lagrance malgré la dissonance qui existait désormais. Ainsi devait-il en être. Denys avait toujours su que cette politique dans laquelle il s’était engagé vis-à-vis des mages du Sang et des Magies bannies ne plairait pas à tout le monde. Il était prêt à l’accepter, sans y consentir la moindre culpabilité.

« D’une certaine manière, je pense que Lagrance ne vous oubliera pas non plus. Vous avez su, après tout, vous démarquer plus que tout autre. »

En bien ou en mal, chacun pouvait avoir sa vision de la jeune femme. Opposante à l’impératrice Chimène lors de son couronnement. Championne émérite de Lagrance au Tournoi des Trois Opales. Chevaucheuse engagée lors de la guerre avec Ibélène. Dernier Pion Noir de la Rose Ecarlate. Ce ne serait pas en mal en tout cas que le duc de Lagrance garderait souvenir de la jeune femme, quand bien même ne pouvaient-ils plus partager la même vision. Au fond, ils n’avaient jamais vu les choses de la même manière de toute façon, mais cela ne les avait pas empêché de collaborer ensemble. Ni de vivre des aventures particulièrement surprenantes ensemble, comme cette fois là, dans les souterrains de Lorgol.

La question qu’il avait posée ne demandait pas réellement les raisons qui avaient poussé Maelys à finalement quitter Lagrance, mais peut-être était-elle sous entendu entre les lignes. Oh il devinait sans mal certaines des raisons qui l’invitait à quitter le duché des jardins, mais il constatait que cela durait depuis bien plus longtemps qu’il ne l’avait imaginé. Il ne savait guère depuis combien de temps l’esprit du Pion Noir s’était installé dans celui de Maelys. Peut-être était-ce depuis ce temps que les choses avaient changé pour elle. Il ne put s’empêcher, un instant, de songer que les esprits de la Rose n’avaient cessé de mentir et pervertir les écrins qu’ils avaient envahi. Mais il savait que c’était là une façon idiote et irréfléchie de songer. Quand bien même n’appréciait-il guère les Pièces de la Rose qu’il convenait que leurs choix passés n’étaient pas tous mauvais. Ou tout du moins pas tous condamnables aux vues de leur situation à l’époque. Ce que pensait Maelys aujourd’hui était le propre fruit de ses convictions et avis, et non pas ceux d’un être du passé.

Un soupir l’arracha de son silence, après quelques instants de réflexion. Le sourire avait quitté son visage et une mine plus grave s’afficha sur celui-ci lorsqu’enfin il répondit :

« La guerre n’est pas éternelle, Maelys. Tout comme cette paix qui devait tôt ou tard prendre fin. » Les tensions depuis longtemps s’élevaient entre les empires, avant même que l’Ordre ne vienne y mettre son grain de sel. Et même si des combats avaient dû s’engager pour libérer les trésors du passé, Denys ne le regrettait pas. « Toute chose n’est pas immuable. » Dit-il finalement d’un ton plus songeur. La paix ne l’était pas, contrairement à ce qu’avait voulu imposer la Rose, au détriment d’une existence s’appauvrissant, d’un avenir qui s’avilissait pour un jour s’éteindre. Mais là n’était pas le sujet et le duc reprit, levant son regard vers Maelys. « Vous avez fait ce que vous avez pu pour que les choses restent comme vous l’espériez. Lagrance suivra sa route et je n’ai pas de regrets sur les décisions que j’ai prises. Tout comme vous vous n’en avez pas, je l’espère, sur celle de finalement prendre un nouveau chemin. Nous sommes libres de nos convictions après tout. » Cela, il l’avait toujours cru et le lui avait déjà dit autrefois fois, lorsqu’ils s’étaient vus après le couronnement de Chimène. Cela semblait remonter à une éternité, après tout ce qu’il s’était passé… « Je n’espère pas vous faire changer d’avis, ni même essayer. Je suis heureux que nous ayons pu œuvrer ensemble, pour que ce duché et l’empire soient forts, en paix ou non. Et je voulais vous en remercier. C’est pour cela que je vous ai fait venir, Maelys. » Sans doute avait-elle attendu de son côté une raison à cette invitation, et la voilà enfin qui venait. Sans mensonges ni faux semblants. Ou peut-être un peu, caché sous un masque qui n’avait plus l’habitude de faire preuve de toute sincérité.


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Message Sujet: Re: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptyMer 22 Aoû - 18:00

Ce que nous avions vécu ? C’était important pour moi, oui. Je n’aurais pas cru que ça l’était pour lui aussi, que rien ne semblait jamais affecter. Et puis… Il était duc. Je n’étais qu’une Chevaucheuse parmi tant d’autres. Ce qui m’avait distingué dans mon parcours n’avait rien de bien reluisant à ses yeux, en dehors de l’éclat rougeoyant de cette Opale remise à Lagrance, mais quand on savait que j’avais mis tant de hargne à la récupérer avant tout pour me racheter… Je me tordis les doigts, sans parvenir à le fixer trop longtemps. Que devrais-je dire ? Quitter Lagrance était autant un pincement au cœur qu’un véritable soulagement. Ne plus le servir, lui, mon duc, en était tout autant. « Non, je voulais dire… Je pensais que vous en seriez satisfait. »

Ses paroles m’arrachèrent une grimace, alors que je devinais sans mal ce qu’il sous-entendait par là. Je me souvenais encore très bien, à mes débuts, quand il avait tenté de contenir un peu de ma véhémence en m’infligeant la cour durant quelques mois. Jouer les gardes du corps pour son compte ne m’avait pas dérangé outre mesure – et j’avais pris ce rôle très au sérieux – mais je me serais bien passée des commérages et des piaillements de la cour lagrane. Ca ne m’avait pas vraiment arrangé le caractère. J’avais seulement agi, par la suite, moins ouvertement. Mais maintenant, c’est comme si tout était étalé au grand-jour… Impossible de nier mon appartenance à la Rose Ecarlate, ma trahison à l’Ordre. Je me doutais qu’il avait aussi eu vent de ce point-là. Le duc lagran n’ignorait pas grand-chose.

Il avait perdu ce sourire, dans un soupir que je m’étais préparée à entendre. Pour une raison étrange, je n’avais pas imaginé une autre réaction de sa part. De la déception, mais contenue. Comme ils devaient bien s’entendre, avec mon capitaine ! Je secouai négativement la tête, à ses paroles. « Arven paraît malade, touchée par un mal que la Rose Ecarlate lui avait épargné pendant près de mille ans. La guerre n’en est qu’un des symptômes. Il y a eu également les coups d’état, tellement de morts… La Rose s’est éteinte en laissant l’un des plus grands fléaux de ce monde galoper dans les cieux à sa place. »

Je lui rendis un sourire triste. Pouvait-il le comprendre ? Peut-être. Mais lui et moi ne partagions plus les mêmes convictions. Ou devrais-je plutôt dire que nous ne les avions jamais partagées. Seulement, Denys du Lierre-Réal était un homme fort que beaucoup sous-estimait. Il était capable de toujours renverser la situation à son avantage, et sa propre politique prenait lentement le dessus sur Faërie, tandis que la Rose Ecarlate n’avait connu qu’un dernier sursaut avant d’être écrasée et écartée du pied, gênante pour les ambitions de conquête de la plupart. Elle n’avait pas perdu toute sa force contre la Chasse Sauvage. En vérité, la Rose Ecarlate l’avait déjà perdu, et rien de ce que je pourrais faire ne saurait la ramener. « J’ai fait ce que j’ai pu, oui, mais ça n’a rien changé. Je n’ai pas de regrets sur les décisions que j’ai prises, mon duc, car je l’ai toujours fait en mon âme et conscience. Je ne peux que regretter de ne rien avoir pu faire de plus. »

Je ne voyais pas où il voulait en venir. Aurait-il des reproches à formuler ? Non, ce fut tout le contraire. J’écarquillai les yeux sous le coup de la surprise. « Me… Me remercier ? Mais de quoi ? » Ca, c’était plutôt inattendu.
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Message Sujet: Re: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptyVen 5 Oct - 16:20

De quoi devait-il être satisfait ? Du départ de Maelys ? Pensait-elle être un frein, une plaie, une épine même dans sa main pour penser pareille chose ? Il n’irait pas nier, Denys, que le petit pion qu’elle avait représenté fut-un temps était devenu bien difficile à maîtriser, mais de là à se réjouir d’un départ de la sorte… Non ce n’était pas le cas, même s’il n’en ressentait pas non plus d’affliction. Il s’était douté qu’un jour prochain, leurs routes seraient amenées à se séparer. Le duc n’était pas du genre à regretter le temps passé, et s’il pouvait faire de cet instant présent un doux souvenir, alors il en serait ainsi.

Ce n’était pas tant la déception qui guidait le soupir de Denys qu’une certaine lassitude vis-à-vis de la situation. En tous les cas, ça n’était pas tourné vers Maelys. Celle-ci n’était en rien coupable de ces milles ans de paix imposés par la Rose. La seule déception qu’il eut peut-être fut de constater que leurs idées n’iraient finalement jamais dans le même sens. Mais aux yeux du duc, ce n’était même pas une surprise et il respectait le point de vue de la Chevaucheuse, cet ancien Pion Noir, même s’il ne pourrait jamais approuver. Selon lui, le regard de la jeune femme était encore aveuglé par l’utopie proposée par la Rose Ecarlate, trouvant dans leurs actes un côté héroïque et salvateur que Denys ne partageait aucunement. Les souverains anciens avaient mérités leur châtiment en tentant d’outrepasser l’autorité de Sithis et en figeant à jamais les Rêves du Tisserand. Arven n’était pas malade depuis peu, cela faisait bien mille ans que leur continent se mourrait à petit feu. Mais cela, pouvait-elle le comprendre ? Pouvait-elle accepter que ce mal qu’elle percevait découle des actes de la Rose qui avait empoisonné le monde par ses actes ? Accepterait-elle que l’Ordre n’était pas l’ennemi et avait tenté d’épargner cela ?

Peut-être pas encore aujourd’hui. Il était trop tôt et la blessure encore trop vive. Il ne servirait à rien d’argumenter avec elle en l’instant, et un sourire triste en réponse fait écho à celui qui s’affiche sur les lèvres de la jeune femme. Un jour peut-être, pourraient-ils observer dans la même direction.

« Le mal nait toujours de quelque chose. » L’inverse était tout aussi vrai, et l’équilibre ainsi se faisait, sans laisser place aux idées manichéennes qui ne portaient pas le poids de la réflexion. Oui la Chasse Sauvage est aujourd’hui à craindre et représente un fléau. Mais c’est dans le sang et les sacrifices perpétrés par la Rose que celle-ci s’était créée et corrompue. On pouvait reprocher à l’Ordre de l’avoir libéré – Denys parfois le déplorait – mais d’un autre côté, la révélation de la Chasse avait enfin brisé les chaines que la Rose avait posé sur Arven. « Je ne puis partager vos opinions, même si j’entends bien que le sang et les morts nourrissent ces derniers temps un peu trop la terre. Mais nous n’avons jamais réellement pu partager les mêmes opinions. » Ce n’est pas là un reproche et le regard du duc, lorsqu’il croise celui de Maelys, n’a rien d’agressif, de coupable ou scrutateur. Pas même juge. Il y a une simple vérité que tous deux connaissent. Elle sait qu’il ne cherchera pas à comprendre son point de vue, tout comme il sait qu’il en sera de même pour elle. « Mais n’ayez pas de regrets Maelys. Si vous n’avez rien pu faire dans le passé, il reste toujours l’avenir. Vous avez toujours moyen de vous impliquer pour changer des choses. » Comme elle l’avait toujours fait, elle, petite Chevaucheuse. Même sans la Rose, il restait toujours le futur, et le duc aurait même pensé que sans elle, celui-ci pouvait désormais évoluer, cesser de stagner. Il n’était pas un idéaliste fou, Denys, mais il ne croyait pas la situation désespérée pour autant avec la Chasse Sauvage dans les cieux. Et il espérait que Maelys elle non plus ne s’apitoierait pas sur la seule disparition de la Rose Ecarlate. Il y avait désormais bien plus à jouer dans un univers débarrassé de celle-ci.

Il y a un sourire amusé qui se dessine sur les lèvres de Denys, répondant ainsi à la surprise de la jeune femme. A n’en pas douter, elle ne s’y attendait pas. Mais pouvait-on le lui reprocher ? Elle semblait croire n’être qu’une banale Chevaucheuse – et d’une certaine manière, oui elle n’était rien de plus – mais plus que d’autres, elle s’était impliquée. Impliquée dans des affaires dont avait eu vent le duc. Et parfois même dans des affaires où il était concerné. Pour bien des raisons, elle méritait des remerciements. D’avoir été un pion agréable, certes, mais cela, jamais il ne le lui dirait. Et d’avoir été une protectrice intrépide et méritante, même en cherchant le pardon.

« Vous semblez surprise, mais il me semble que vous les méritez quand même ces remerciements, non ? » Oh sans doute penserait-elle le contraire, et il ne laissa pas vraiment le temps à celle-ci de répliquer. « Je sais que vous allez me dire qu’il s’agissait de votre devoir, mais tous les Chevaucheurs de mon duché n’ont pas toujours agi comme vous. Et tous n’ont pas l’affection de leur duc comme vous, alors acceptez simplement. » Affection ? Etait-ce bien le bon mot ? C’était en tout cas celui choisi par Denys, moins spontané qu’il ne l’aurait voulu, toujours bien trop réfléchi. Il se souvenait de l’une de ces discussions qu’ils avaient eu tous deux, il y a plus d’un an maintenant, où elle lui avait dit apprécier sa spontanéité. Cette fois pourtant, il n’y en aurait peut-être pas. « J’ai un petit cadeau pour vous d’ailleurs. Ce n’est pas grand chose mais… » Mais il ne terminerait pas cette phrase cette fois, et il détourna un instant son regard pour détacher de sa boutonnière la rose qui s’y trouvait, comme presque toujours. « Fraichement cueillie de mes jardins privés en cet hiver un peu rigoureux. Je pensais vous offrir quelque chose de plus matériel mais… je crois que les bijoux ne sont pas vraiment votre fort. » Il rit doucement à cette petite remarque en observant la jeune femme. Non qu’elle manqua de beauté, au contraire, mais elle était de ces fleurs sauvages qui s’embellissent par leur seule nature. « Et nous ne sommes pas vraiment doué en Lagrance avec les armes. Alors j’ai pensé à quelque chose de plus personnel. Elle est enchantée et ne fanera pas avant un long moment. » Pour beaucoup, ça n’était qu’une simple rose aux pétales écarlates, un bouton encore bien jeune qui prendrait son temps pour fleurir et s’épanouir. Un symbole, celui de Lagrance d’une part, de son duc d’une autre, et peut-être même un peu elle même… bien que sa rose à elle ne soit plus, et que les épines n’y poussent plus.


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Message Sujet: Re: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptyVen 9 Nov - 11:47

Denys du Lierre-Réal s’était fait subitement très énigmatique, m’arrachant une moue dubitative en réponse. Le mal nait toujours de quelque chose… Que voulait-il dire par là ? Je savais que la Chasse Sauvage était le penchant néfaste de la Rose Ecarlate. Nous devions l’éliminer en rendant les armes, en laissant les esprits repartirent… Mais le Pion Blanc avait tout gâché. La Chasse Sauvage parcourait toujours le ciel noir, fauchant toujours plus de vies. Et nous, nous étions devenus bien démunis pour l’affronter. Si nous voulions rompre avec ce fléau, le seul choix qui m’était offert était de me lancer à la poursuite du Pion Blanc pour tordre le cou de son Erebienne d’écrin. Mais tout ne serait pas fini. L’Ordre, lui, perdurait. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne répandant un nouveau fléau en Arven, leurs motivations toujours plus floues à mes yeux.

Le duc de Lagrance choisit prudemment ses mots, me laissant comprendre qu’il ne partageait pas mes opinions, et ne le ferait sans doute jamais. Un triste sourire étira mes lèvres en réponse. « Je sais, oui. » Il ne servait à rien d’argumenter, c’était une vérité établie entre nous de longues dates, depuis ce jour en Arc-en-Fleur où je lui avais promis de faire arrêter les mages du Sang qui pouvaient nuire en Lagrance. Il m’avait répondu avec ce même ton, serein sur l’issue de mes recherches. Et aujourd’hui, je partais. Ce n’était pas une victoire pour lui. Nous avions toujours su composer malgré nos divergences d’opinion. J’avais une grande estime pour l’homme qu’il était. Sous des airs plus fragiles qui endormaient la méfiance de ses ennemis, il était le plus dangereux de tous. Implacable, à sa façon très insidieuse. D’une certaine façon, il allait me manquer.

J’avais fait mon deuil de l’esprit d’Aïfa. Je ne savais pas ce que l’avenir me réservait, mais je n’étais pas prête à baisser les bras. J’étais l’héritage de la volonté de la conquérante erebienne. Les ennemis que nous avions à combattre étaient peut-être inatteignables à l’heure actuelle, mais je trouverais bien un moyen de m’en défaire. Il me fallait uniquement du temps pour me reconstruire, pour prendre ce nouveau départ. Trouver de nouveaux alliés… Et purifier Arven de cette corruption par le feu. « Vous me connaissez, mon duc. Je n’aime pas avoir des regrets, et ma seule puissance ne tenait pas à l’esprit du Pion Noir. J’ai beaucoup appris en Lagrance. Je n’oublierais pas vos enseignements. »

Je n’en dis pas davantage. Il posa une question qui n’attendait pas réellement de réponses, ou plutôt une réponse qu’il connaissait déjà… Mais ce n’était pas tout à fait exact. J’avais fait mon devoir, oui, mais je n’aurais pas agi avec une telle conviction pour n’importe qui. Je ne savais pas faire les choses à moitié, et inutile de nier l’attachement sincère que je nourrissais pour mon duc. Je me tordis les doigts, plus incertaine, avant qu’il ne me confie son… Son affection. Je relevai un regard intrigué vers lui, prête à prendre la parole. Mais quelque chose m’arrêta. Qu’aurais-je pu lui dire ? Que c’était réciproque ? Ce n’était pas exactement le mot que j’aurais employé en retour, mais il y avait des vérités qu’il valait mieux taire à jamais. Je l’avais appris de lui aussi. Tout avait toujours été tellement ambigu le concernant… Un mélange de sentiments contradictoires qui me poussaient en avant autant qu’ils me retenaient de fauter. Non, la vérité était peut-être qu’aucun mot n’aurait pu décrire cette sensation étrange qu’il laissait et qui perdurait.

Je lui rendis un regard interrogateur, quand il reprit la parole. « Un… Un cadeau ? » Une rose, simple et sublime à la fois. Une rose écarlate. Je refermai doucement mes mains sur sa tige, évitant ses épines encore jeunes, captivée par son éclat. Ce n’était qu’une rose, mais rien n’aurait pu mieux nous représenter tous les deux, ainsi que ce qui nous unissait. Un sourire fleuri sur mon visage, quand je croisai son regard d’un bleu profond. « Merci, Denys. » Je l’enlaçai avec spontanéité, et peut-être avec un peu tendresse. Ce n’était sans doute pas très conventionnel, mais ça n’avait pas la moindre importance à mes yeux. Je ne lui imposai mon contact que brièvement, reprenant ma place ensuite, la rose toujours en main. Je regardai autour de nous, quelque peu incertaine avant de revenir à lui. « Est-ce que… On se reverra ? »
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La Noblesse
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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptySam 22 Déc - 18:59

Le trouble est perceptible, dans le regard de Maelys. Une surprise qui se dessine petit à petit, mais une surprise innocente, presque ingénue et gênée, inattendue. Là était sans doute l’effet recherché par Denys, et il savoura avec un amusement léger et sincère cette réaction si typique de cette jeune Chevaucheuse qu’il avait apprit à connaître. Et pourtant, il pouvait sans l’ombre d’un doute affirmer que saisir tous les contours du caractère de Maelys n’était pas une mince affaire, car elle recelait de nombreuses ressources pour surprendre les autres à leur tour. En cet instant, notamment, alors qu’il offrait son présent à la jeune femme et que dans un remerciement spontané, elle l’enlace sans crier gare. Inattendu mais franc, témoin d’un sentiment fugace et furtif mais néanmoins éclatant, Denys hésita une seconde à rendre l’étreinte, prit par la surprise, mais il laissa cependant ses bras entourer la Chevaucheuse. Juste un fragment d’instant, avant que ce geste ne prenne fin, et que les convenances malmenées ne retrouvent leur juste place. Le duc ne se départit pas de son sourire, mais en celui-ci, un autre sentiment, moins calculé et plus sincère, comme si une fois encore, par ses mots et ses actes, Maelys était parvenue à fendre quelque peu sa barrière.

Cette question… Multiples étaient les réponses qu’il pouvait donner à ce propos, toutes sans réelles certitudes compte tenu de la situation dans laquelle ils évoluaient. En vérité, il lui suffisait de peu de choses pour la revoir, un ordre ou deux ici et là et les choses se seraient faites facilement. Mais c’était là forcer le destin sans raisons réelles, et il était inutile à ses yeux de le faire pour l’instant. Alors pour réponse, il posa l’une de ses mains sur celles de Maelys qui tenaient encore la jeune rose qu’il venait de lui offrir, puis se pencha un peu vers elle avec ce même sourire :

« Je ne doute pas que nos chemins soient amenés à se recroiser de nouveau, Maelys. »

Qui sait quand, où et comment, mais c’était là une simple conviction en laquelle il voulait croire. Car même si le duc froid et calculateur se retrouvait sans un élément intéressant de ses plans, l’homme lui n’oubliait pas les chemins de l’avenir qui se dessinaient sous leurs pas à chaque décision entreprise. Se redressant, il remarqua alors que la neige commençait à tomber en de légers flocons, tapissant le sol déjà froid et blanc des jardins. Le ciel gris au dessus d’eux annonçait une longue journée enneigée. Comme un signe qu’il était temps de se séparer.

« Nous voilà de nouveau aux au revoir, Maelys. Je vous souhaite le meilleur pour l’avenir. Et vous me manquerez. »

Simple mais vrai, peut-être un peu préparé à l’avance car les mots semblaient assurés, mais Denys n’avait jamais été très doué avec les adieux, surtout lorsqu’ils impliquaient une part d’affection pour une personne qui n’aurait jamais dû être plus qu’une connaissance. Mais le destin avait lié les routes plus surement qu’autre chose et même si elles se séparaient aujourd’hui, nuls doutes qu’un jour, elles se recroiseraient. Il recula de quelques pas, observa la jeune femme avant de faire demi tour, adressant un ultime sourire alors que le bruit de ses pas mourait dans l’épaisseur de la neige. Non vraiment, il n’était pas adroit avec les au revoir qui le touchaient plus qu’il ne voulait l’accepter.


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Message Sujet: Re: Toute fleur finit par se faner   Toute fleur finit par se faner EmptyDim 6 Jan - 18:06

J’avais senti ses bras se refermer sur moi, même brièvement, ce qui me combla sans doute bien plus que je n’aurais osé lui avouer. Je lui souris doucement en retour, sans commenter ce qu’il venait de se produire. J’emporterais cette rose avec moi, et avec elle, la sensation de cette brève étreinte et ce sourire-là que je lui voyais pour la première fois.

Sa main tiède se posa sur la mienne, captant à nouveau mon regard, alors qu’il me confirma que nous nous reverrons bien assez tôt. En vérité, Denys n’avait aucune idée d’où, quand et comment, mais le Destin nous avait toujours placé sur le chemin de l’autre, et c’était grâce à lui que ce lien si particulier s’était tissé avec mon duc. Alors je ne doutais pas qu’il dise vrai, que nous finirions par nous recroiser, dans des circonstances parfois bien étranges et rarement recherchées.

Je levai les yeux en même temps que lui alors que le ciel nous gratifiait de quelques flocons de neige, scellant nos échanges dans ce jardin d’hiver. Je n’avais aucun regret et lui non plus, ses paroles étaient plus convenues que les gestes qu’il venait d’avoir envers moi, mais ces trois mots résonnèrent différemment dans mon esprit. « Vous me manquerez aussi, Denys. » Son nom m’avait échappée, mais il ne rendait mes paroles que plus intenses et sincères encore. Quelle importance avait encore son grade ? Je n’étais plus sa protectrice, comme longtemps je l’avais été, mais j’admirais toujours l’homme qu’il était et resterait.

Mon sourire était incertain, en réponse au sien, quand il se détourna finalement. J’en fis de même, empruntant un chemin différent du sien, car il en serait ainsi désormais. Même si, entre ciel et mer, j’emporterais le souvenir d’une rose.
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