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 Tu as trahi ma confiance [Alméïde]

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La Noblesse
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Message Sujet: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Ven 15 Juil 2016 - 12:21


Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Alméïde d'Erebor & Anthim d'Erebor

Tu as trahi ma confiance

Espères-tu un jour la retrouver ?




• Date : 16 juillet 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après quelques jours de repos suite à son retour d'Alfaë, Anthim tient à avoir une discussion avec sa soeur Alméïde au sujet des frasques de Castiel de Sombreflamme à son encontre. Elles ne semblent pas anodines, ce qui l'irrite sensiblement...

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Message Sujet: Re: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Ven 15 Juil 2016 - 13:49

Cela faisait quelques jours qu’ils avaient enfin quitté Alfaë et ses maudits problèmes. Le mal qui l’avait rongé dès son arrivée s’était doucement calmé et il n’avait pas tardé à claquer la porte au nez des Faës pour retourner en Erebor, là où il avait la quasi certitude que rien n’allait lui arriver. Mais ce n’était pas tant la maladie que les bêtises du duc de Sombreciel qui avaient rendu ce voyage et ces événements détestables. Sa simple présence lui faisait horreur, c’était une chose, mais le temps avait apprit à Anthim à l’accepter. Et tant qu’il ne croisait pas plus de quelques secondes celui-ci, il le supportait tant bien que mal pour l’oublier quelques minutes après. Cependant, les choses avaient été très différentes lors du couronnement. Et pas seulement parce que Castiel était un imbécile notoire et qu’il avait prit un risque inconsidéré en venant s’asseoir sciemment à côté de la délégation erebienne. Non, c’est parce qu’il était venu s’asseoir à côté d’Alméïde en proférant des paroles scandaleuses, certes entendues à demi-mots, qui sous-entendaient clairement hélas une proximité particulières entre eux. Comment la chose était-elle possible, Anthim n’en avait pas la moindre idée, mais la pensée que ce crétin cielsombrois ait approché sa sœur bien aimée n’avait cessé de le tourmenter malgré la fièvre et les maux de ventre interminables. Les dieux lui en soient témoins qu’il en avait même cauchemardé à plusieurs reprises. Ce qui le rendait encore plus malade cependant, c’était l’idée qu’Alméïde ait cherché elle même la présence de Castiel. S’il était venu à ses côtés pour lui parler ce jour là – malgré son air tout à fait défoncé…– sans doute était-ce parce qu’en d’autres circonstances, elle l’avait accepté. Et ça, il ne pouvait le supporter…

Mais Anthim n’était pas homme à juger sans savoir. Et si la colère commençait doucement à poindre, il la bridait d’une main solide pour garder à l’esprit toute sa raison et sa réflexion. Sa jalousie était tenace, d’une vivacité instable, mais il ne pouvait se laisser emporter aussi facilement sans avoir écouté Alméïde avant toute chose. Elle était sa sœur, elle avait sa confiance, la juger sans l’écouter aurait été indigne de lui et surtout cruel pour elle. Il l’aimait et son cœur était persuadé en tout point qu’elle avait une raison à donner sur tous ces événements. Des raisons qu’il espérait censées et qui démentiraient tous liens avec Castiel de Sombreflamme, prouvant une fois de plus que celui-ci n’était qu’un sombre crétin. La journée était bien entamée quand il fit demander sa sœur auprès de lui, dans son bureau personnel aux étagères couvertes de livres et manuscrits, des meubles où s’entassaient documents et parchemins noircis. Mais surtout une pièce éclairée par de grandes ouvertures, une baie immense donnant sur le désert à l’horizon et sur la ville en contrebat du palais. Une chaleur étouffante régnait au dehors, mais l’intérieur du palais était d’une fraicheur clémente grâce aux pierres et au vent frais qui s’engouffrait un peu partout. Bon sang, ces lieux lui avaient manqué avec force durant ces dix jours passés à Alfaë… il ne regrettait certainement pas la capitale de Faërie, marquée à ses yeux de souvenirs désagréables. Il y songe encore, à toutes ces choses détestables, quand il entend les légères portes de son bureau être poussées pour laisser entrée Alméïde. Assit à son bureau, il relève les yeux de ses papiers pour porter toute son attention sur sa sœur, se levant doucement pour l’accueillir. D’ordinaire, il aurait ponctué son salut d’un large sourire tendre, d’un regard vivace de joie. Mais en ce jour ne s’affiche qu’un doute profond, une colère soutenue dans son cœur… Et si l’affection peut malgré tout se lire au fond de ses prunelles d’une clarté céleste, elle est contrebalancée par ces sentiments si contradictoires qui le hantent.

« Alméïde, approche s’il te plais. Assieds-toi. »


Il le voit bien, qu’elle était restée en retrait. Et cela ne semblait guère lui indiquer de bonnes choses. Des secrets à avouer peut-être ? Le ton d’Anthim resta néanmoins d’un grand calme et ne sembla aucunement agresser sa sœur. Il s’était promit de l’écouter et comprendre, de ne pas laisser la jalousie l’emporter et le faire supposer à tort des balivernes qu’il ne voulait pas croire. Alors qu’elle vient prendre place sur le siège en face de lui, il contourna le bureau pour s’approcher, s’asseyant sur son bord juste à côté d’elle, instaurant une intime proximité favorable aux aveux.

« Nous nous sommes toujours tout dit Alméïde, n’est-ce pas ? Tu sais que tu as toute ma confiance. » Terrible et cruel de commencer d’une telle manière. Il aurait voulu ne pas paraître aussi mesquin, user d’une manière plus directe, moins détournée… mais le doute était là, ancré. Et il y avait Castiel – misérable Castiel… – dans la balance, en équilibre avec sa sœur bien aimé. Il était si difficile pour Anthim de pondérer sa colère ressentie alors ce jour là. Il avait osé les humilier… Et Alméïde si proche… ces paroles ambiguë… Elle seule pouvait démentir sur tout ce que son esprit croyait. Tout comme elle pouvait confirmer… « Ce qu’il s’est passé au couronnement, avec le duc de Sombreciel, a fait naitre un doute en moi. Je n’ose croire et supposer, mais je ne peux laisser l’incertitude demeurer. » Son regard limpide, ses prunelles tranchantes comme deux joyaux, animé d’une détermination solide croisa celui de sa sœur, essayant d’y déceler quelque chose. Peur ? Surprise ? Honte ? Colère ? « Aurais-tu quelque chose à me dire à ce sujet peut-être ? »
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Message Sujet: Re: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Ven 15 Juil 2016 - 18:41

« Princesse ? Votre frère désire vous parler.
- Dites-lui que j'arrive dans un instant. »

Alméïde suit des yeux la silhouette de la jeune domestique qui quitte la pièce d'un pas pressé. Elle se doute de ce qui l'attend la princesse et son estomac se noue à cette perspective. Voilà des jours qu'elle appréhende la réaction de son frère, des jours qu'elle veille à ce qu'il soit totalement remis sur pieds après son séjour à Alfaë sans oser aborder le sujet, de peur que ses maux ne soient pas totalement guéris. Des jours où elle encaisse le regard soupçonneux et empli de reproches avec toute la dignité dont elle est encore capable, se concentrant avant tout sur sa tâche et sur les soins prodigués, attendant le bon moment pour aborder le sujet épineux du duc de Sombreciel. Il faut croire que ce moment est finalement arrivé.

Elle quitte le harem où elle s'était rendue afin de s'entretenir avec l'une des concubines. Elle parcourt les couloirs sans se presser, comme pour repousser la sentence, mais elle tente de garder la tête haute. Il ne lui faut pas longtemps avant d'atteindre la porte de son bureau et elle s'y arrête un instant, fixant le battant, une brève hésitation dans le regard. Non loin, les gardes qui surveillent la pièce lui jettent un regard compatissant. Décidément, les rumeurs vont vite dans ce palais. Alméïde prend une grande inspiration, prie Aïda de lui donner le courage nécessaire puis ouvre la porte en douceur.

« Tu as demandé à me voir ?
- Alméïde, approche s’il te plaît. Assieds-toi. »

Elle s'exécute, non sans une certaine appréhension. Avec calme, elle s'avance dans la pièce brillamment éclairée et prend place sur le siège qui lui fait face, silencieuse. Elle croise le regard de son frère quand il approche et parvient tout de même à lui adresser un mince sourire, plus timide qu'à l'ordinaire, comme incertain. Ses mains, posées sur ses cuisses, s'entortillent frénétiquement avant qu'elle ne réalise ce qu'elle est en train de faire et ne s'efforce à les maintenir immobiles.

« Nous nous sommes toujours tout dit Alméïde, n’est-ce pas ? Tu sais que tu as toute ma confiance. » Presque immédiatement, ses joues se parent d'une douce teinte écarlate et sa gorge se noue. Elle acquiesce, tente de soutenir son regard mais, comme une enfant prise en faute, elle finit par le baisser sur ses mains jointes. La revoilà, cette amère culpabilité qui la ronge depuis quelques temps. Elle l'étreint, lui enserre le cœur et peuple ses rêves de quelques angoisses qu'elle ne peut totalement repousser au réveil. Bien sûr qu'ils ont une entière confiance l'un en l'autre, il n'y a aucune raison d'en douter. Du moins, jusqu'à maintenant.

« Ce qu’il s’est passé au couronnement, avec le duc de Sombreciel, a fait naître un doute en moi. Je n’ose croire et supposer, mais je ne peux laisser l’incertitude demeurer. » Alméïde relève les yeux, honteuse, peut-être légèrement inquiète face à ce regard pénétrant qui ne la lâche plus. Elle a déjà eu l'occasion de voir la colère d'Anthim éclater par le passé et, bien que celle-ci ne lui ait pas été destinée, elle n'était alors pas très rassurée la princesse. Elle sait combien il peut être froid, le duc du sable et de la roche. Froid et implacable. Elle a toujours été privilégiée, recevant douceur et tendresse de sa part. Cette fois-ci, elle doute que son indulgence soit aussi grande.

« Aurais-tu quelque chose à me dire à ce sujet peut-être ?
- Eh bien... » Elle a un bref moment d'hésitation, ne sachant réellement par où commencer. Elle s'efforce de retrouver son regard, cherche les bons mots afin d'apaiser la colère qui ne tardera pas à éclater. « Il y a plusieurs jours que je voulais t'en parler, mais il y avait le couronnement puis tu es tombé malade. » Elle s'interrompt, consciente de ne donner que de piètres excuses et de ne pas tout à fait répondre à ses questions. Très bien, il est temps de se jeter à l'eau.

« Le duc de Sombreciel m'a invitée à passer quelques jours à Euphoria afin de découvrir la capitale, en remerciement de lui avoir fait visiter le palais lors de son dernier séjour à Vivedune et je... j'ai accepté. » Sa voix se fait soudain presque inaudible et elle évite soigneusement de croiser son regard à cet instant. « C'est là que je suis allée la semaine avant le couronnement. J'ai... je te demande pardon Anthim, j'aurais dû t'en parler avant... » Elle aurait dû et pourtant, elle a gardé ce secret, espérant qu'elle pourrait en discuter avec lui tranquillement à son retour. Mais les événements survenus à Alfaë ont quelque peu contrecarré ses plans, sans parler de l'attitude de Castiel qui l'a mise dans une position plus que délicate. Alméïde garde les yeux baissés, incapable d'affronter son regard plein de jugement et attend la sentence.

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Message Sujet: Re: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Mer 20 Juil 2016 - 10:26

Dès l’instant où elle avait passé la porte, Anthim n’avait cessé de porter son regard sur sa sœur, observant chacune de ses réactions, les moindres détails pouvant troubler son naturel si calme. Il la connaissait bien, sa douce sœur, il savait qu’elle n’était pourtant pas menteuse et qu’elle avait grand mal à cacher parfois ses émotions. Aussi n’est-il guère rassuré quand il voit les joues s’empourprer prestement à ses premiers mots, quand il voit ses yeux se baisser et esquiver son regard… Est-ce de la gêne ? De la honte ? Les deux sont probables, mais l’un d’eux dérange néanmoins terriblement le duc. Si elle avait honte, alors elle avait des choses à se reprocher. Et il espérait bien savoir quoi, même si peu à peu, une lancinante perspective se dessinait à l’esprit du duc. Il savait qu’il n’aimerait pas ça. Pourtant, il continua sur sa lancée, calme et à l’écoute, bien décidé à ne pas s’énerver ni juger trop hâtivement les révélations qu’Alméïde aurait à faire.

Si seulement il s’était attendu à l’ampleur du mensonge…

Les premiers mots sont hésitants, mais pendu à ses lèvres, Anthim attendit avec patience qu’elle parle. Et de toute évidence, elle avait un poids sur le cœur qui devait être retiré. L’excuse donnée paraît d’abord sincère. Elle l’est, s’il en juge au ton et à l’expression de sa sœur. Elle l’est beaucoup moins quand il comprend qu’il y a plus que « quelques jours » derrière ces non-dits. Elle tombe telle une explosion, la révélation de la princesse. Il faut toute la retenue du duc pour ne pas le laisser céder à un hurlement de rage et de colère. Et pourtant celle-ci est bien présente, là, visible dans ses prunelles d’une clarté en l’instant insondable. Son poing machinalement se resserre, durement, avec violence. Il se lève pour faire les cents pas, calmer l’irritation et l’emportement qui embrase déjà son cœur. Il ne peut le croire… il ne peut tout bonnement pas le croire. Et pourtant, l’évidence est là, Alméïde n’avait pas de raison de mentir sur ce point, ce n’était pas dans son intérêt… Mais avoir menti ? Menti à son frère qui n’était pourtant pas avare en générosité, qui avait toujours répondu aux demandes de sa sœur bien aimée par seul souci de lui faire plaisir ? Il tombe de haut. Et la trahison fait mal. Oui trahison, c’est le mot qui lui vient distinctement à l’esprit.

« Oui, tu aurais dû. » Si froide, cette voix qui s’adresse à une sœur tant aimée. Cassante, tranchante même, elle n’induit aucune forme de sympathie, juste une colère qui doucement remonte. Une part de lui, celle qui le pousse au calme voudrait adresser plus d’indulgence. Mais il n’y parvient pas. C’est la faute de Castiel… « Tu… tu prétends que tu voulais m’en parler depuis quelques jours ? Est-ce là ta seule excuse Alméïde ? Vraiment ?! Pourtant, si je calcule bien, la dernière visite du duc de Sombreciel remonte à décembre dernier. Dois-je expliciter le nombre de mois qui sépare cette date à ce jour ? Le dois-je vraiment, Alméïde ? »

Aucune pitié car l’embrasement du désert vient percer la carapace de la haute stature des montagnes. Et il s’en voudra sans doute, plus tard, de repenser à ces mots qu’il a dit avec violence, de ne pas avoir écouté plus la raison. Il n’y avait que cet imbécile de Sombreflamme qui était capable de le faire abandonner la réflexion. Triste constat que cela retombe sur sa sœur bien aimée, qui n’était certes pas qu’une victime dans cette affaire. Elle était bien coupable. Coupable d’un mensonge… c’était ça, le plus terrible.

« Ai-je été cruel avec toi Alméïde ? T’ai-je déjà refusé quelque chose  ou ne me suis-je jamais montré généreux ? »

Elle reprend, cette voix trahissant l’émotion. Il en a des questions, le duc d’Erebor. Il pourrait croire en effet qu’il n’a jamais été assez gentil avec elle, qu’il était peut être trop peu généreux… mais il savait que ce n’était pas le cas. La seule chose qu’il constate en vérité, c’est que sa sœur n’a pas eu assez confiance en lui. Pourquoi, il l’ignore, mais ce point ne parvient pas à faire redescendre la colère. Il revient vers elle, prenant avec un certain ménagement le menton de sa sœur avant de le relever vers lui, l’obligeant à le regarder. Droit dans les yeux.

« Pourquoi ? Pourquoi m’as-tu menti et pourquoi m’avoir caché une telle chose ? N’as-tu pas confiance en moi Alméïde ? »

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Message Sujet: Re: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Jeu 21 Juil 2016 - 3:14

« Oui, tu aurais dû. » Ses mots sont si froids, son regard si dur. Elle sent la colère qui gronde en lui, prête à éclater. Alméïde ose à peine lever les yeux vers lui, tant la honte et la culpabilité sont fortes à cet instant. Elle s'en veut la princesse. Non pas d'avoir voulu tendre la main à leur duché voisin dans un naïf espoir de réconciliation future, mais de n'avoir pas eu le courage de lui en parler avant. La gorge et l'estomac noués, elle se fait toute petite sur son siège. Jamais elle n'a menti à son frère. Jamais. En d'autres circonstances, cette idée lui aurait même semblé absurde, impossible. Elle lui doit tant à Anthim, son duc, son frère. Lui qui est si généreux, si dévoué. Qu'elle admire depuis tant d'années et en qui elle a une pleine et entière confiance. Elle a peur soudain, terriblement peur d'avoir brisé ce lien qui les unit depuis toujours, inébranlable, incassable. Et tout ça pourquoi ? Pour que le duc de Sombreciel lui manque totalement de respect lors du couronnement ? Elle se sent bien stupide la princesse à l'optimisme si grand qu'il frise la candeur. Elle qui avait pensé qu'un premier pas envers leur voisin ne pourrait qu'être bénéfique sur le long terme. Au final, elle n'aura eu pour remerciement qu'une humiliation publique et la colère d'Anthim à son égard. Un beau résultat pour une décision tout à fait stupide.

« Tu… tu prétends que tu voulais m’en parler depuis quelques jours ? Est-ce là ta seule excuse Alméïde ? Vraiment ?! Pourtant, si je calcule bien, la dernière visite du duc de Sombreciel remonte à décembre dernier. Dois-je expliciter le nombre de mois qui sépare cette date à ce jour ? Le dois-je vraiment, Alméïde ? » Elle ouvre la bouche, comme pour répondre, mais la referme presque aussitôt. Ses yeux suivent les mouvements de son frère qui fait les cent pas dans la pièce lumineuse et elle garde le silence, encaissant les reproches, résignée. Si l'invitation envoyée par Castiel datait de quelques semaines à peine, l'idée avait été émise des mois plus tôt et elle n'avait aucune, absolument aucune excuse quant au fait de le lui avoir dissimulé. Ses lèvres restent scellées, c'est à peine si elle ose faire un geste de peur de déclencher la tempête qui menace d'éclater.

« Ai-je été cruel avec toi Alméïde ? T’ai-je déjà refusé quelque chose ou ne me suis-je jamais montré généreux ? » Elle secoue la tête, les larmes aux yeux. « N-non... je... » Elle ne trouve pas les mots Alméïde. Elle n'a pas vraiment le temps de les chercher. Anthim l'incite à se relever, son regard limpide plongé dans le sien, luisant d'une colère contenue et d'incompréhension. « Pourquoi ? Pourquoi m’as-tu menti et pourquoi m’avoir caché une telle chose ? N’as-tu pas confiance en moi Alméïde ? » « B-bien sûr que si... » Sa voix tremble légèrement, son regard est empli d'une culpabilité qu'elle ne peut dissimuler. « J'ai pas osé... J'avais peur de ta réaction. » Comme elle en a peur encore maintenant. Peur qu'il lui en veuille, peur qu'il la rejette. C'est soudain confus dans son esprit mais elle tente de s'expliquer au mieux. « Il suffit de voir comment tu réagis lorsque quelqu'un prononce les mots Sombreciel ou Castiel devant toi, Anthim. J-je ne savais pas comment aborder le sujet... » Elle respire calmement, espère qu'il pourra comprendre, à défaut de lui pardonner. Combien de fois l'a-t-elle vu perdre son sang-froid lorsque le duché voisin était mentionné ? Combien de fois a-t-il laissé éclater sa colère face au duc de Sombreciel alors qu'il peut être le plus mesuré des hommes en d'autres circonstances ? Lors de leur dernière rencontre, des plats ont traversé la salle à manger et les insultes n'ont cessé de pleuvoir. Qui sait quelle aurait été sa réaction si elle lui en avait parlé ? Aurait-il autorisé une telle visite ? L'en aurait-il dissuadée ? Ou pire, le lui aurait-il simplement interdit ? Peut-être ne le saura-t-elle jamais.

« Je voulais juste... apprendre à le connaître un peu plus. Savoir qui il était derrière les préjugés, les insultes, les enfantillages. Ce conflit entre nos duché est stupide. J'espérais... Je ne sais pas ce que j'espérais. » conclue-t-elle d'une voix éteinte. De toute manière, ça n'a servi à rien. Elle avait cru percer un peu le mystère de Castiel de Sombreflamme, rien qu'un tout petit peu. Elle est désormais déçue et blessée.

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Message Sujet: Re: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Ven 22 Juil 2016 - 1:27

Elle parle peu. Elle ne parle à vrai dire pas, quand il l’interroge avec hargne. Mais Anthim n’attend pas vraiment de réponse. Ce regard fuyant est assez parlant. Et s’il connaît parfaitement sa sœur, il ne parvient plus à s’attendrir et se désoler des larmes qui menacent de couler de ce beau regard. Il lui impose sans ménagement de le regarder dans les yeux, lui parler sincèrement, mais les prunelles si clairs observent avec tranchant, froideur. Elle est toujours là, cette petite voix qui l’incite au calme, mais il est trop tard pour espérer éteindre le brasier qui coule dans ses veines, la colère qui monte enflammer son esprit, l’empêchant de penser correctement, même s’il s’agissait de sa bien chère sœur. Il avait espéré vainement qu’elle n’était elle aussi qu’une victime, que les mensonges étaient presque nécessaires et qu’une excuse viendrait éveiller l’indulgence d’Anthim. Mais rien qui ne trouve grâce aux yeux du duc d’Erebor. Certes, il est vrai que l’implication de Castie dans l’affaire aidait à attiser les flammes de sa colère. Mais c’était véritablement la trahison de sa sœur qui perçait son cœur d’une lame solide.

Peur de sa réaction ? Il était sans doute bien trop enfoncé dans sa rage pour se rendre compte qu’elle avait parfaitement raison de s’effrayer de ses réactions quand il s’agissait du duc de Sombreciel. Même à l’ordinaire, il reconnaissait agir de manière puéril quand il était dans son champ de vision ou qu’il était simplement question de son existence. En l’instant, Anthim n’était pas vraiment en état de comprendre ou ne serait-ce qu’écouter vraiment. Il trouva cela stupide, et sa voix énervée ne tarda pas à répliquer.

« Mais mes réactions sont-elles injustifiées ?! Il suffit d’observer son attitude pour comprendre qu’il ne mérite aucunement le respect. Regarde le couronnement ! » Il s’emporte, le duc d’Erebor, sa voix tonne et son ton gronde de toute la fureur relâchée. Il aurait été d’un naturel plus violent qu’il aurait laissé s’emporter sa rage sans le moindre état d’âme. Mais elle est là, sa sœur bien aimée. Là devant lui, malgré toute la fureur qu’il porte sur elle. Là et elle est effrayée, seule et si fragile. Elle s’est trompée, lourdement même, il le sait bien, sa raison supplie encore au fond de lui de donner une chance. Hélas, l’emportement, quand il explose, ravage souvent tout. « Qu’importe la manière de l’annoncer Alméïde, cela valait toujours mieux que le mensonge. »

Et de nouveau il se lève, esquissant quelques pas en attendant qu’elle continue et avoue les raisons de ses mensonges, du pourquoi elle n’avait pas eu confiance en lui. La confiance… par tous les dieux, qu’elle ait douté de lui blessait cruellement son cœur, mais l’esprit n’arrivait pas à une autre conclusion. Il se poste devant la grande fenêtre lumineuse, attendant et attentif. Cette voix éteinte, résignée… il serait à deux doigts de laisser retomber la colère… mais l’incrédulité se peint sur ses traits, le faisant se retourner vers sa sœur avec une certaine vivacité.

« Tu ne sais pas ce que tu espérais… tu… » Il ne sait pas quoi dire, les mots se perdent, les pensées se chevauchent et se bousculent dans son esprit. Il pensait sa sœur plus intelligente, plus maligne et surtout plus sage. Sa réponse était indescriptible et creusait l’incompréhension d’Anthim vis-à-vis de cette décision. Il n’arrivait décidément pas à comprendre. « Et ce que tu as découvert t’a plu Alméïde ? Est-il digne de l’intérêt que tu lui portes, est-il si différent des préjugés qu’on lui donne ici en Erebor ? Ah elle est belle, cette dévotion, il est charmant cet espoir. Je vois qu’il a su très bien te le rendre. » Elle est cynique cette voix, mais elle ne rit pas. Oh non elle gronde comme la fureur bestiale, cette flamme du désert qui s’éveil au simple souvenir de ces événements passés quelques semaines plus tôt. Cette humiliation face à la Cour, cette maladie l’indisposant, cette arrogance peinte dans le regard de Castiel…

« Je te pensais plus sage et j’imaginais que tu montrerais plus de gratitude envers tout ce que j’ai fait pour toi Alméïde. Car sans moi tu serais toujours cette bâtarde du harem. Je pensais que ma sœur avait confiance en moi. Je me suis fourvoyé. » Il siffle avec cruauté. Il ne l’était pourtant pas, et il regrettait déjà ces mots qu’il venait de prononcer. Mais il était trop fier et trop énervé pour songer à s’excuser maintenant et à calmer sa rage. Celle-ci diminua doucement pourtant, sans pour autant se faner. La flamme et le brasier avaient laissé place au tranchant d’une glace implacable. Un couperet qui tombe définitivement, comme dernier jugement. « Jamais je ne t’ai menti ni trompé. Tu m’as déçu et je ne peux plus te faire confiance Alméïde. »

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Message Sujet: Re: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Ven 22 Juil 2016 - 23:45

Elle ose à peine parler. Elle ose à peine le regarder. Elle aurait voulu se faire toute petite, disparaître totalement, se fondre dans le mobilier de la pièce et se faire oublier, tant elle redoute la colère et la déception de son frère. Pas un jour ne passe depuis qu'il l'a recueillie où elle ne se sent pas redevable de ce geste plein de générosité. Elle l'aime son frère, elle l'admire et elle lui est entièrement dévouée et ce, depuis toujours. La honte incendie ses joues, lui brûle le cœur. Elle n'aurait jamais imaginé que les événements s'envenimeraient ainsi. Peut-être, au fond, avait-elle espéré que le duc de Sombreciel soit différent de tout ce qu'on lui avait dit et, durant ces quelques jours en sa compagnie, elle y a vraiment cru. Peut-être espérait-elle revenir auprès de son frère avec une vision nouvelle de leur voisin, quelque chose qui, contre toute attente, l'inciterait à faire un effort, même minime. Peut-être espérait-elle pouvoir faire la différence dans ce conflit sans fin qui gronde entre les deux duchés et dont la flamme jamais ne s'éteint. Elle réalise désormais à quel point elle s'est fourvoyée, que ce mensonge n'en valait pas la peine, que tout cela n'avait été qu'une grossière erreur de jugement. Elle est déçue, Alméïde. Déçue et profondément meurtrie suite au comportement de Castiel qui, le croyait-elle, semblait digne de confiance. Comme elle a été naïve, la princesse sans couronne. Une naïveté qu'elle paie désormais sous les éclats de voix de son frère, angoissée à l'idée qu'il ne puisse jamais lui pardonner.

« Mais mes réactions sont-elles injustifiées ?! Il suffit d’observer son attitude pour comprendre qu’il ne mérite aucunement le respect. Regarde le couronnement ! » Elle ne peut nier, alors elle se tait. Que peut-elle faire d'autre qu'encaisser son courroux parfaitement justifié ? Quelque part, au fond, les souvenirs de ses quelques jours en Sombreciel remontent à sa mémoire et elle ne comprend pas comment le même homme a pu l'humilier de la sorte à un tel événement. Serait-ce la présence d'Anthim qui l'a incité à agir en plus des substances qu'il a absorbées ce jour-là ? Ou s'est-il moqué d'elle depuis le début ? Alméïde se sent alors bien stupide, comme une enfant affrontant les remontrances d'un adulte après avoir commis une grave bêtise. « Qu’importe la manière de l’annoncer Alméïde, cela valait toujours mieux que le mensonge. » Elle acquiesce timidement tandis qu'il s'éloigne un instant et qu'elle tente de s'expliquer au mieux. Mais ses mots sont maladroits, son trouble est grand. Elle s'exprime mal et Anthim ne semble nullement accepter ses explications confuses.

« Tu ne sais pas ce que tu espérais… tu… Et ce que tu as découvert t’a plu Alméïde ? Est-il digne de l’intérêt que tu lui portes, est-il si différent des préjugés qu’on lui donne ici en Erebor ? Ah elle est belle, cette dévotion, il est charmant cet espoir. Je vois qu’il a su très bien te le rendre. » Ses joues se parent d'un rouge soutenu. Elle pourrait s'offusquer d'une telle remarque, mais le fait est que Castiel n'a aucunement dissimulé ses intentions à son égard. Les paroles prononcées durant le couronnement... Elle s'efforce de les oublier, tant l'embarras semble s'emparer d'elle dès qu'elle y songe. « Je te pensais plus sage et j’imaginais que tu montrerais plus de gratitude envers tout ce que j’ai fait pour toi Alméïde. Car sans moi tu serais toujours cette bâtarde du harem. Je pensais que ma sœur avait confiance en moi. Je me suis fourvoyé. » Et cette fois, elle fait mal, cette voix glacée. Elle frappe en plein cœur, lui glace le sang. « Anthim... » Comme il lui paraît brisé et suppliant, ce nom qu'elle parvient à peine à prononcer. Et comme elle lui semble froide cette pièce pourtant illuminée de soleil.

« Jamais je ne t’ai menti ni trompé. Tu m’as déçu et je ne peux plus te faire confiance Alméïde. » Elle le sent qui se brise, ce lien qu'elle s'efforce de retenir entre ses doigts, mais il lui échappe. Elle essuie discrètement sa joue humide d'un revers de main, « Je suis désolée Anthim, tellement tellement désolée... » Elle puise dans tout ce qui lui reste de courage pour parvenir à affronter le regard de son duc, elle tente de rester digne malgré la blessure profonde qu'il vient de lui infliger. « Je n'avais aucune intention de te blesser ou te faire honte, de quelque manière que ce soit, tu le sais. Je... j'ai toujours tout fait pour servir au mieux Erebor. Pour te servir toi. Pour te faire honneur... » Sa gestion du harem, son écoute attentive et d'une patience proverbiale, ses conseils avisés, même son assiduité dans ses études de médecine qui est à la fois une passion et un moyen de se montrer utile au sein du palais. Jamais elle n'a failli à sa tâche. Jamais elle ne l'a laissé tomber. Jusqu'à présent. « J'ai cru pouvoir... faire un premier pas. Pour changer les choses tu comprends ? C'est... Je me suis trompée. » Ses derniers mots sont à peine audibles lorsqu'ils parviennent à franchir sa gorge nouée. Mais ses yeux retrouvent ceux de son frère sans faillir, malgré l'envie irrépressible de fuir ce regard. « Pardonne-moi, je t'en prie. »

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Message Sujet: Re: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Mar 2 Aoû 2016 - 22:14

Le pardon. Une chose souvent difficile à obtenir réellement. Anthim pourtant n’avait jamais eu à le refuser aux personnes qui lui étaient proches. Aux personnes qu’il aimait sincèrement. Parce que jusqu’ici, aucune d’elle n’avait jamais réellement mérité un reproche qui ne soit pas pardonnable. Diplomate et réfléchit, il était prompt à l’accorder quand il savait que la faute, souvent avouée sans qu’il n’eut à intervenir, était sincèrement regretté et bien souvent réparée d’un sourire et d’un rire. Dans les pires des cas, il grognait un peu, ronchonnait mais ne partait pas dans des colères semblables à celle qui tempêtait sur Alméïde à cet instant. La faute qui lui était attribuée avait été celle de mentir. Le mensonge, c’était une chose qu’Anthim avait en horreur. Homme franc et sincère, il attendait de ceux qui lui étaient proches une totale confiance et sa sœur, en ce jour, avait brisé cette confiance. Mais son erreur, si tant est que c’en fût une, fut de mentir pour Castiel de Sombreflamme. La jalousie jouait un grand rôle dans cette affaire, attisant rage et rancœur vis-à-vis de cet ennemi séculaire qui avait sur attirer le regard de sa sœur bien aimée, quitte à la faire plonger dans cette déchéance scandaleuse. Tout cela, c’était sa faute à lui. Mais le fait qu’elle ait menti pour aller le voir, CA NON ! Il ne le supportait pas. Il n’y arrivait tout simplement pas. Et les larmes, les tremblements, les sanglots pleurés à demi mot… rien ne parvenait à émouvoir le feu barbare qui brulait dans le cœur d’Anthim. Elle n’avait aucune excuse, aucun moyen de s’expliquer. Et en eut-elle un qu’il n’aurait sans doute pas cherché à écouter. Plus maintenant que la colère s’était embrasée.

Il va le regretter. Oh oui sincèrement. C’est déjà le cas en vérité. A peine les mots franchissent-ils le seuil de ses lèvres qu’il voudrait se mordre d’avoir osé les prononcer. Sa sœur si douce et gentille, si bienveillante et sage… il venait de lui recracher au visage son passé et son statut d’origine, alors qu’il n’en pensait pas un mot. Rien de ce qu’il disait n’était vrai au fond, mais la fierté était tenace, l’orgueil collant. Il ne s’excuserait pas de sa cruauté envers elle. Il ne s’excuserait pas de la colère qui parle pour lui. Pas aujourd’hui. Et il lui tourne le dos, Anthim, pour ne pas voir sa douce Alméïde en face, voutée et effondrée de ce lien qui s’est craquelé sous ses yeux, presque brisé. Quand il se retourne, son regard accroche immédiatement celui de sa sœur. Et un instant, c’est lui qui manque de vaciller, roque immuable et solide, quand il voit ce visage rougi et les larmes qui menacent encore. Il l’affronte, ce regard, mais pas sans respect. Elle essaie encore de le convaincre, mais son poing se serre au duc d’Erebor, il bride encore la colère qui voudrait tout ravager. Sa voix, froide, répond. Quelques mots coupés et hachés.

« Me faire honneur. »
Il le sent venir, ce couperet qu’il ne peut arrêter. Cruel que tu es, duc d’Erebor, tu ne t’attendris pas. « Tu as échoué cette fois Alméïde. »

Et il ne flanche pas, quand ce regard affronte encore le sien, s’accompagnant d’un murmure à peine audible, coincé dans une gorge serrée par un sanglot. Et encore une fois elle tremble, les montagnes d’Erebor ; encore une fois il vibre, le désert infini, quand Anthim la voit, cette douce sœur. Elle est là, bien ancrée en lui, cette part de son esprit qui voudrait tant lui pardonnée, occulté par la colère et la fierté.

« Pars, sors d’ici. Je ne veux plus te voir. Et jusqu’à nouvel ordre, je ne veux plus te parler. »

Son regard toisa avec hauteur la jeune femme, imperturbable, mais au fond de lui, son cœur, son âme même hurlait de tristesse et de désolation. Autant pour ce mensonge détestable que pour cette décision cruelle.

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Message Sujet: Re: Tu as trahi ma confiance [Alméïde]   Mer 3 Aoû 2016 - 13:45

« Tu as échoué cette fois Alméïde. » Oh, elle le sait. Elle en a tout à fait conscience Alméïde. Et pourtant, ça ne diminue en rien la douleur ressentie lorsque les mots sont prononcés par son frère avec toute la froideur dont il est capable, malgré le brasier qui luit dans son regard. Son cœur meurtri se serre à nouveau et sa gorge nouée retient avec peine les sanglots qui menacent de s'échapper. Elle a échoué. Elle a irrémédiablement échoué. Elle a trahi la confiance de son frère pour une idée naïve qui n'a abouti à rien, si ce n'est à briser ce lien puissant qui les unit depuis toujours. Elle a toujours vu leur relation comme les monts inébranlables qui entourent leur duché, aussi solide que le roc, aussi éternelle que la neige qui les recouvre. La princesse réalise peu à peu qu'elle n'était que sable, fragile, à la merci du moindre coup de vent. Il s'effrite entre ses doigts, cet amour fraternel qu'elle chérit depuis sa plus tendre enfance. Il semble s'envoler alors qu'elle s'escrime à le récupérer sans succès. Alméïde est rongée par les regrets, abîmée par le chagrin. Devant elle, ce n'est plus le frère qui l'observe, c'est son duc qui la juge et la condamne. Elle parvient pourtant à puiser dans ses dernières réserves de courage afin de soutenir le regard étincelant, bien que voilé de colère. Mais le ton est sans appel.

« Pars, sors d’ici. Je ne veux plus te voir. Et jusqu'à nouvel ordre, je ne veux plus te parler. » Interdite, elle reste un instant immobile devant lui, incapable de réagir. Puis sa silhouette se redresse, aussi droite et fière que possible, cherchant dans la dignité une façon de ne pas s'effondrer devant lui. Ses yeux luisant de larmes se baissent devant les siens et Alméïde s'incline avec toute la déférence dont elle est capable.

« Bien, votre Grâce. » répond-elle avant de lui tourner le dos et de quitter la pièce sans un mot, refermant la porte derrière elle. Elle essuie rapidement ses joues humides, ne s'attarde pas dans le couloir, évitant au mieux le regard des gardes qui la voient passer précipitamment. Alméïde rejoint sa chambre où elle finit enfin par craquer, laissant ses larmes couler le long de ses joues, secouée par des sanglots silencieux jusqu'à ce que ses yeux se tarissent, laissant dans son cœur un désert aussi aride que celui qui recouvre Erebor.

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