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 Encore des paroles, que tu sèmes au vent

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La Noblesse
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Message Sujet: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Sam 1 Oct - 23:48


Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Alméïde d'Erebor & Castiel de Sombreflamme

Encore des paroles, que tu sèmes au vent

Ou, peut-être enfin, l'honnêteté



• Date : Le 15 octobre 1001
• Météo : À la brunante, l'air est doux et chargé des parfums agréables de la Ville Haute.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Aucune limite, aucune peur, dans ce peut-être ultime rendez-vous, peut-être le point final de cette histoire qui ose à peine s'esquisser entre la princesse des dunes et le duc de l'esprit. À la tour de Sombreflamme se joue l'amour et la haine, la valse du pardon et de la peine.
• Recensement :
Code:
• [b]15 octobre 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1315-encore-des-paroles-que-tu-semes-au-vent]Encore des paroles, que tu sèmes au vent[/url] - [i]Alméïde d'Erebor & Castiel de Sombreflamme[/i]
Aucune limite, aucune peur, dans ce peut-être ultime rendez-vous, peut-être le point final de cette histoire qui ose à peine s'esquisser entre la princesse des dunes et le duc de l'esprit. À la tour de Sombreflamme se joue l'amour et la haine, la valse du pardon et de la peine.


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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Dim 2 Oct - 0:56

Le 3 octobre 1001

« NON ! » Une chaise éclate contre le mur le plus proche, avant d’être reprise en main pour être mieux désartibulée. Pour que chaque morceau puisse ensuite voler dans une table, dans un autre mur, dans un fauteuil. « JE REFUSE, une lampe, D’ÊTRE MARIÉ, des bouteilles vides, À MADELEINE ! » Vole ensuite la table, des verres, des tasses et une théière, le tout sous le regard impassible de Maximilien. Cette scène n’est pas nouvelle, non, et pour les Séverac, elle a même quelque chose de bien déjà vu. Dans le boudoir, tu hurles de toute la force de tes poumons alors que tu détruis tout ce qui tombe à portée de ta main et frappe tout objet trop lourd pour être lancé, pris d’une rage incontrôlable. Il est même surprenant que la pièce ne prenne pas immédiatement feu, mais c’est sans compter sur les jardins qui, eux, flambent bel et bien depuis plusieurs minutes. Lorsqu’enfin, épuisé d’avoir crié, insulté, ragé et même encore pleuré, tu cesses de gesticuler, c’est pour t’écrouler dans un fauteuil éventré par tes bons soins.

« Et Madeleine ? Elle est d’accord ?, demandes-tu d’une voix de morgue. Madeleine serait sans doute très heureuse d’avoir un époux qui lui accorde plus de valeur qu’à un cheval et qui irait même jusqu’à la considérer comme son égale, ce dont je ne doute pas que tu feras, Castiel. Madeleine est une charmante jeune femme, très cultivée et dotée d’un surprenant caractère, et elle saura tout à fait s’épanouir en Sombreciel. Mais bien sûr. Comme la princesse Diane de Bellifère, il y a plus ou moins quatre cent ans, par exemple ? Dois-tu rappeler à ton conseiller que le divorce a été instauré en Sombreciel justement suite à une union entre une princesse belliférienne et un héritier cielsombrois ? Je laisse à sa Grâce Ermengarde le soin de l’entretenir de cette option, donc en effet, j’ignore si elle est courant et son avis sur la question. »

C’est Maximilien, que tu as bien envie de faire flamber. Tu ne peux pas croire qu’il ait ainsi comploté contre toi ! Qu’il ne soit pas venu au Tournoi des Trois Opales, uniquement pour ensuite mieux te révéler que la duchesse de Bellifère et lui t’offrent la main de la princesse Madeleine. Mais tu n’en veux pas, de sa main ! Tu as même gracieusement offert qu’ils se foutent sa main où tu le penses et qu’ils ne t’en parlent plus jamais. Ce n’est pas de cette princesse, dont tu veux, ce n’est pas de celle-ci, dont tu rêves, de celle-là dont tu te meurs depuis des mois, te jouant de tous les ordres et de tous les interdits, risquant ta vie autant que ta couronne. Tu ouvres la bouche, pour émettre une énième protestation, mais ton conseiller est plus rapide et sa voix sévère te coupe dans toute ta véhémence : « Castiel, ne me force pas à transformer ce choix en une obligation. Réfléchis-y sérieusement, s’il te plaît. »

*

Le 12 octobre 1001

« Crois-tu que son frère lui parlera de la lettre ? Grincement mécanique. En effet, il vaudra mieux lui dire que j’ai envoyé cette lettre, en espérant que cette plume sera efficace. Grincement mécanique. Non, évidemment, je ne vais pas m’introduire à l’Académie. Pas si elle se présente au rendez-vous. Sinon… une dizaine de gardes, je suppose que ça peut aisément se déjouer, si on y réfléchit un peu. Je ne ferai pas un Martial de moi-même. » Grincement mécanique.

La porte du bureau, où tu es affalé depuis une heure, pris dans une réflexion des plus importantes, s’ouvre sur ton majordome. « Césaire, ne vois-tu pas que tu m’interromps ? » Celui-ci jette un coup d’œil assez long sur le guerrier mécanique qui, pour la peine, s’incline une nouvelle fois devant toi, mais il n’émet aucun commentaire sur cette scène surréaliste et pourtant pas complètement incongrue en ces lieux. « Votre père demande à vous voir, Votre Grâce, à propos de la cérémonie qui prendra place en Outrevent lors de la Samhain. Ugh, est ta réponse exaspérée. Tu ne peux pas croire que tu vas rater le Festival du Seuil pour ça ! Ta gratitude est un réel cadeau, grince Hypérion en ton esprit. Dis-lui que j’irai et qu’il profite du Festival du Seuil. Ensuite, prépare nos bagages et trouve-nous un mage des portails. Nous quittons pour Lorgol dès ce soir. » Pour aller voir Mélisende, officiellement, et le mensonge est en fait une vérité : tu comptes bien aller câliner ta sœur, au cœur de la tour de Chamaar, et du même voyage ramener Joséphine à la Ville aux Mille Tours. Seulement, ce n’est pas le seul but de ton voyage à Lorgol. Loin de là.

*

Le 15 octobre 1001

À la porte de la tour de Sombreflamme, quelques coups légers te font ouvrir la porte à la volée. Sur le ciel bleu de la brunante se découpe la silhouette de la princesse d’Erebor, que tu presses d’entrer aussitôt, qu’elle ne reste pas plus longtemps à la vue de tous. Tu es si nerveux, si excité, tu te sens frémir à seulement l’effleurer. Ses voiles erebiens s’abaissent et son doux visage se révèle, à la lueur des cristaux. Les domestiques sont soigneusement cachés, terrés dans leurs quartiers, et seul Césaire patiente non loin, attendant de vous conduire dans un endroit certainement plus confortable que l’entrée de ta tour. « Vous êtes là. » Incrédule, ravi. Tu n’y crois pas tout à fait. Ton cœur se tord, ton estomac tout autant, et la chaleur te monte à la tête, le rouge aux joues.
Ton majordome s’assure que toutes les fenêtres et tous les vitraux sont soigneusement voilés, avant de vous conduire, la princesse Alméïde et toi, au cœur d’un salon certainement des plus feutrés. Au cœur des globes d’or et d’argent et des instruments de chimie autant que de navigation, des cartes et des livres, des inventions plus ou moins achevées exposées, dans ce silence intimidant, Césaire vous laisse seuls. Seuls, debout, perdus, maladroits, pauvres enfants qui ne savent que faire, subitement. Tu as sorti du vin, deux coupes, mais tu hésites à vous servir. Tu hésites et déjà, tes mots se perdent, avant même qu’ils soient énoncés. « Merci », dis-tu, un sourire timide aux lèvres. Le plus important. Merci d’être venue, merci d’être là.

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Ven 28 Juil - 19:43, édité 4 fois
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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 3 Oct - 1:39

Elle relit la lettre, pour ce qui lui semble être la centième fois. Le papier est déjà froissé entre ses doigts et elle est en proie à une grande agitation. L'hésitation la tiraille et elle s'efforce d'aborder la situation de façon pragmatique. Si elle n'y va pas, il prendra le risque de venir de lui-même, d'être confronté aux gardes engagés par Anthim et d'effriter un peu plus les liens diplomatiques déjà bien fragiles entre Sombreciel et Erebor. Mais si elle y va, ne prend-elle pas les mêmes risques ? Et comment faire pour s'éclipser sans être vue alors qu'ils sont chargés de la suivre dès qu'elle met un pas en dehors de l'Académie ? La réponse s'est déjà formée dans son esprit, elle se refuse simplement à l'admettre.

Alméïde replie la lettre et se relève, poussant un soupir résigné. Arpentant la chambre qui lui a été attribuée à l'Académie, elle déniche dans ses affaires un manteau qu'elle enfile, jetant un regard par la fenêtre où elle peut apercevoir le soleil qui décline. L'appréhension lui noue l'estomac mais elle quitte sa chambre et traverse couloirs et escaliers pour parvenir aux portes de l'Académie. Relevant la capuche par dessus sa tête, elle attend quelques instants et se mêle à un groupe d'élèves qui quitte les lieux afin de flâner en ville. La princesse des dunes n'aperçoit que deux des gardes en livrée erebienne, les autres attendant certainement d'être appelés puisqu'elle doit les prévenir à chaque fois qu'elle met un pied en dehors de l'enceinte de l'Académie. Pas cette fois, cependant. Discrète, aussi silencieuse qu'une ombre, elle avance d'un pas mesuré en compagnie d'hommes et de femmes qu'elle ne connaît pas, regardant droit devant elle sans s'arrêter. Elle retient son souffle, s'attendant à tout moment à entendre son nom prononcé, mais il n'en est rien ; elle continue son chemin et s'éloigne du petit groupe lorsqu'elle est hors de vue des portes du grillage qui marquent l'entrée du domaine du Savoir et de la Magie.

Il ne lui faut pas longtemps avant de trouver ce qu'elle cherche. La tour de Sombreflamme s'élève au-dessus de sa tête, haute et élégante, à peine penchée. Figée devant la porte, elle met quelques secondes à se décider puis elle frappe quelques coups discrets. Immédiatement, le battant s'ouvre sur la silhouette du duc de Sombreciel qui la fait entrer précipitamment. Les sons de la rue sont soudain étouffés, le silence des lieux lui parait presque pesant. « Vous êtes là. » Alméïde se dérobe à son regard, incapable de croiser ces yeux sombres posés sur elle. Au lieu de ça, elle suit sans un mot Césaire qui les conduit dans un salon élégant mais encombré qu'elle se met à observer, sa curiosité soudain éveillée. Légèrement mal à l'aise, elle tortille ses doigts, regardant un peu partout sauf dans la direction de Castiel, y compris lorsque son domestique les laisse seul. Surtout à ce moment-là.

« Merci » Enfin, elle parvient à relever les yeux vers lui, vers son visage, ses joues rougissant à sa simple vue à ses côtés. Elle s'efforce de ne pas songer aux dernières occasions où ils se sont retrouvés seul à seul et elle esquisse un sourire timide, presque effacé. « Ne me remerciez pas. On ne m'a pas vraiment laissé le choix. » répond-elle doucement, le reproche perçant quelque peu sa voix malgré un manque d'assurance flagrant. Alméïde tente de se resaisir néanmoins, gardant la tête haute sous les yeux du duc. Prenant une grande inspiration, elle continue d'une voix calme. « Je ne suis venue que par nécessité, pour éviter de nouveaux problèmes. Mais croyez bien que je n'apprécie pas qu'on me force la main. Je... » Elle s'interrompt, comme perturbée. Elle avait préparé dans son esprit les paroles qu'elle désirait prononcer, mais voilà qu'elle parvient à peine à parler sans balbutier, la gorge soudain serrée. « Je vous remercie d'avoir envoyé une lettre à mon frère, mais j'aimerais que vous cessiez d-de me contacter ainsi. Ce n'est pas un jeu et... » Nouvelle pause. Elle cherche ses mots, évite à nouveau son regard un instant. Un soupir quitte ses lèvres, ses yeux retrouvent les siens. « Vous vouliez me parler, je crois ? Dans ce cas, je vous écoute. » conclue-t-elle d'une voix résignée. Si ça peut lui permettre de repartir rapidement et de le convaincre d'arrêter, autant se jeter à l'eau dès maintenant.

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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Mar 15 Nov - 12:23, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 3 Oct - 18:25

« Ne me remerciez pas. On ne m'a pas vraiment laissé le choix. » Le reproche est entendu, mais tu ne t’excuses pas pour autant. Tu n’es pas désolé de la plus ou moins subtile menace que tu as glissé dans ta lettre à son intention, espérant qu’elle viendrait par elle-même à la tour de Sombreflamme et que tu n’aies pas à t’adonner à quelques… trivialités, disons, de catégorie enlèvement, ce qui aurait été d’un goût douteux. Puis, ne sourit-elle pas ? Ne rougit-elle pas ? Cela ne peut pas être entièrement négatif, n’est-ce pas ? « Je ne suis venue que par nécessité, pour éviter de nouveaux problèmes. Mais croyez bien que je n'apprécie pas qu'on me force la main. Je... » Tu peux sentir son appréhension, son trouble, que tu partages, et à entendre sa voix soudainement balbutier, hésiter… c’est à toi d’hésiter. À toi de te reprocher encore et toujours ton impulsivité et ton obsession. Tu aurais dû te tenir à la demande formulée dans sa lettre et ne plus jamais la contacter. Laisser tomber et unir ta vie à Madeleine de Bellifère, sans penser au feu qui te dévore.

Tu en es incapable.

« Je vous remercie d'avoir envoyé une lettre à mon frère, mais j'aimerais que vous cessiez d-de me contacter ainsi. Ce n'est pas un jeu et... » Tu veux protester, déjà, mais tu ne veux pas l’interrompre, alors tu attends qu’elle te donne la permission de parler. Jusqu’à ce que tu n’aies plus de voix. Tu attends que son regard revienne au tien, si sombre et si beau. « Vous vouliez me parler, je crois ? Dans ce cas, je vous écoute. » Tu te veux éloquent, tu te veux brillant, tu te veux ce duc de Sombreciel dont on vante les mots habiles et la langue acérée, et non pas ce jeune homme si démuni que tu sais être, plus que jamais à ce moment. Tu as remarqué ses joues roses, mais les tiennes le sont tout autant, ta tête envahie des mêmes souvenirs de tête à tête à la fois agréables… et embarrassants. Tu es même incapable de lui proposer de s’asseoir sur le canapé. Tu le devrais. Ainsi, tu n’aurais pas le souvenir de vos baisers. Celui de son peignoir et de ses cheveux mouillés. L’envie folle, déjà, de l’embrasser. « Je ne joue pas, Alméïde. » Ta voix est douce, empreinte du même calme qu’elle a donné à la sienne. Tu joues souvent, tu joues tout le temps, même, mais pas avec elle. Pas… pas pour ça. Pas alors que tu oses l’appeler de son prénom, sans titre pour en briser l’intimité. « J’ai suivi vos conseils pour m’excuser auprès d’Erebor et de tout Ibélène, mais surtout auprès de vous. » De ton père, aussi, et de Mélusine. Pour que les échos de tes actes résonnent, serait-ce un peu, à leurs oreilles blessées et déçues et peut-être jusque dans leurs cœurs meurtris.

« Lors du couronnement de Sa Grâce Chimène… Je pensais uniquement à la prochaine occasion de vous revoir et de vous parler. Jamais je n’ai eu l’idée de me moquer de vous, de vous embarrasser, ou même de fâcher votre frère. Ce qui était probablement une première fois. Tu ris, un petit éclat amusé. La drogue m’a fait prendre un risque inconsidéré et j’en paie encore aujourd’hui les conséquences. Anthim a probablement fait des gorges chaudes du doux titre de honte d’Ibélène, que j’ai repris après un temps sans avoir eu à le porter. » Ton sourire affirme certainement de l’amertume, alors que tu sais que les mots d’Augustus ont fait le tour de l’empire et même du continent, autant que ses menaces. Menaces ? Promesses, plutôt. Que tu as enfreint assez galamment, au Tournoi des Trois Opales. Tu sais que personne ne croit vraiment les excuses données, mais que tous préfèrent y croire malgré tout.
L’assurance et le calme de ta voix se brisent, ne laissent qu’une sincère tristesse dans tes mots : « Je risque… tant de choses. Uniquement pour enfin vous dire de vive voix que je suis désolé et vous supplier de me pardonner. Je vous ai blessé alors que c’est la dernière chose que je voulais faire en ce monde. Mélusine l’a dit et a raison… je casse tout ce que je touche, tout ce que je j’aime et… »

Et est-il trop tard pour reculer ? Trop tard pour retenir ce que tu as dit au couronnement, à l’oreille de ta sœur (Je crois que je suis amoureux) et ce que tu as sifflé à Anthim lors du Tournoi des Trois Opales (qu’un autre que vous puisse l’aimer) ? Trop tard pour retenir ces sentiments qui se font de plus en plus assurés, évidents ?

« Je vous aime, Alméïde. »

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 3 Oct - 21:35

« Je ne joue pas, Alméïde. » Il lui est difficile, à cet instant, de rester impassible, face à ce ton posé et ce regard sérieux. Est-ce la mention de son prénom qu'il prononce comme s'il ne s'était rien passé depuis leur visite aux Murmures ? Ou le simple fait d'être à nouveau seule, face à lui, dans sa tour sans personne pour les interrompre ? Alméïde se tient droite au milieu de la pièce silencieuse mais elle n'en mène pas large malgré les apparences qu'elle s'efforce de maintenir, comme si chacune des résolutions prises avant de venir s'effritaient lentement sous ses yeux pour la laisser complètement démunie, vulnérable. Son regard semble scruter le visage du duc, cherchant peut-être à y démêler mensonge et vérité. Est-il seulement sincère ou doit-elle s'attendre à une autre manigance de sa part ? Anthim aurait eu un avis tranché sur la question et c'est sa voix qu'elle croit entendre au fond d'elle, lui demandant de quitter les lieux immédiatement. Et elle est presque tentée de le faire, la princesse des dunes, trop longtemps confrontée aux discours rageurs sur la puérilité de son homologue cielsombrois. Mais elle ne peut pas s'y résoudre pourtant. Elle veut écouter ce qu'il a à dire, lui laisser une véritable chance de s'expliquer. Ainsi, peut-être, cessera-t-il de lui écrire. Ou n'est-ce qu'une excuse qu'elle se donne à elle-même ?

« J’ai suivi vos conseils pour m’excuser auprès d’Erebor et de tout Ibélène, mais surtout auprès de vous. » Elle reste silencieuse, encore surprise de le voir suivre sa demande alors qu'elle pensait déjà qu'il l'ignorerait complètement. Il a donc écrit à son frère, mais également à leur empereur ? La princesse se demande encore pourquoi il l'écouterait elle, plus que tout autre, et s'il n'est pas simplement en train de se payer sa tête. « Lors du couronnement de Sa Grâce Chimène… Je pensais uniquement à la prochaine occasion de vous revoir et de vous parler. Jamais je n’ai eu l’idée de me moquer de vous, de vous embarrasser, ou même de fâcher votre frère. Ce qui était probablement une première fois. » Malgré elle, l'ombre d'un sourire, entre amusement et amertume. Les souvenirs du couronnement, bien que lointains, sont encore douloureux et elle ne se rappelle que trop bien la honte cuisante qui accentue le rouge sur ses joues. « La drogue m’a fait prendre un risque inconsidéré et j’en paie encore aujourd'hui les conséquences. Anthim a probablement fait des gorges chaudes du doux titre de honte d’Ibélène, que j’ai repris après un temps sans avoir eu à le porter. » En effet. Mais elle ne répond pas, elle patiente. Tout cela, elle l'a lu dans ses lettres et encore une fois, elle se retient de tout balayer d'un revers de la main, d'excuser ses actes par indulgence ou compassion, ce qu'elle aurait certainement fait si elle n'avait pas été tant blessée.

« Je risque… tant de choses. Uniquement pour enfin vous dire de vive voix que je suis désolé et vous supplier de me pardonner. Je vous ai blessé alors que c’est la dernière chose que je voulais faire en ce monde. Mélusine l’a dit et a raison… je casse tout ce que je touche, tout ce que je j’aime et… » Son cœur se serre à ces mots. Mélusine lui a-t-elle vraiment dit cela ? La mince barrière érigée par la princesse se défait doucement face à cette détresse apparente. Elle ne sait que répondre. À vrai dire, elle n'en a même pas le temps.

« Je vous aime, Alméïde. » Ah... Ah ? Il... quoi ? Sur son visage se dessine une réelle surprise et ce qui pourrait s'apparenter à de l'incompréhension. Le comportement de Castiel aurait pourtant dû lui paraître clair, autant que ses paroles, que les mots couchés sur le papier. Au fond, il était plus facile de nier l'évidence et de ne pas s'y attarder, songeant qu'il finirait par passer à autre chose après tous ces mois écoulés. Force est de constater qu'elle a fait preuve d'une grande naïveté, la princesse – pour changer. Les secondes s'égrènent et elle reste muette, interdite. Le rouge s'étend de ses joues à tout son visage – c'est en tout cas ce qui lui semble tant elle a l'impression de brûler. « Je... Castiel, vous... Votre Grâce, c'est... » Silence. Elle reprend une nouvelle inspiration, retrouve le fil de ses pensées, ne serait-ce qu'un peu. « V-vous me connaissez à peine. » répond-elle enfin, sans savoir quoi ajouter d'autre. À la fois incrédule et complètement déboussolée, la tête pleine des souvenirs de son bref séjour à Euphoria qui refont surface, teintés de rires et de joie. Et de ces baisers... Alméïde se secoue mentalement. « Et les autres... Je veux dire, il y en a sûrement qui voudraient, qui... avec vous... Et je... M-mon frère... C'est... » Elle bredouille, incapable de terminer une phrase de manière cohérente. Confuse et les joues plus rouges que jamais, elle finit par saisir la seule alternative qui lui reste. « J-je... Je devrais retourner... » Elle fait un geste vague vers la porte, esquisse un pas en arrière, mais elle est incapable de se retourner pour de bon. Et dire qu'elle voulait simplement lui demander d'arrêter de la contacter...

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Mar 4 Oct - 6:51

Tu vois son visage changer, passer de cette patience silencieuse à la surprise. Sincère. Ainsi, elle ne l’avait pas deviné ? Tu n’as pas été bon menteur, pourtant, tu n’as pas caché la chose, tu n’as pas dissimulé tous ces sentiments chaque jour plus forts, plus obsédants, tu les as glissé dans chacun de tes mots, dans chacune de tes lettres, puis jusque dans chacun de tes rêves. Surprise, mais pas dégoûtée. Pas fâchée. Pas… rien de trop négatif, si ce n’est cette confusion évidente et cette gêne qui étend le rouge de ses joues jusqu’à l’intégralité de son visage. Oh, et tu n’as pas meilleure allure ! Aux taches cramoisies de tes joues se joignent des plaques écarlates, descendant sur ton cou pâle. La gêne est partagée, bien trop. Ta propre expression est incertaine, mi-figue, mi-raisin. Bien qu’un sourire ose monter sur tes lèvres, alors que tu réalises doucement ce qui s’est passé à l’instant. Que tu le réalises pleinement.

Tu as osé le dire.
Tu l’aimes.

Tu as envie de le répéter, encore, d’en faire le plus beau des poèmes, de le chanter, de le savourer. Tu sais que tu ne te lasseras jamais de les entendre. Je vous aime, Alméïde, que tu as dit, que ta propre voix répète dans ta tête. « Je... Castiel, vous... Votre Grâce, c'est... » Inattendu ? Oh oui, certainement, même pour toi. Délicieux ? Encore plus ! Autant que l’entendre prononcer ton prénom, prise au dépourvu, suffisamment pour que ton titre soit secondaire. « V-vous me connaissez à peine. » Quelle importance ? Ce que tu connais te suffit amplement ! Vous avez toute votre vie pour apprendre à vous connaître chaque jour un peu plus. Il y eu des enlèvements (consentis) bien plus expéditifs que cela, celui d’Ismalia par Maximilien, comme exemple. « Et les autres... Je veux dire, il y en a sûrement qui voudraient, qui... avec vous... Et je... M-mon frère... C'est... » Peu important ! Ridicule ! Des détails !

« J-je... Je devrais retourner... » D’un pas, elle se recule et toi, tu t’avances, alarmé. Ta main se tend, pour la retenir, mais tu l’effleures à peine que tu ramènes ton bras vers toi. Tu ne dois pas la retenir. Pas ainsi. « Non ! Non. Restez. » L’enthousiasme qui commençait déjà à déferler en toi est brusquement freiné, alors que tu crains qu’elle parte. Si elle doit te repousser, te refuser cet amour que tu es prêt à lui donner sans compter, qu’elle le fasse maintenant. Clairement. Qu’elle te le dise et ne te laisse pas te morfondre jusqu’à ce que tu dépérisses. Tu t’en sais capable, tu te sais fils d’un homme qui a abandonné toute raison pour une femme et qui a donné sa vie pour la rejoindre dans la mort. « Restez, Alméïde. S’il vous plaît. »

Tu as attendu des mois pour cette rencontre.
Tu as attendu longtemps, pour dire tout cela.

Tu frémissais, plus tôt. Tu trembles maintenant tout à fait. « Je me fous des… des autres, il n’y a pas d’autres, et je… je me fous de votre frère. » Quelles autres, de toute façon ? Madeleine ? Elle n’est même pas dans les limites de ce qui peut t’intéresser. Louison Aubenacre, encore plus timide qu’Alméïde ? Fort agréable à l’œil, certes, et dotée d’un caractère bien aimable et même surprenant, mais ce que tu peux éprouver à l’égard de la Chevaucheuse d’Ansemer n’a rien de pareil à ce qui te tord lorsque tu penses à la princesse d’Erebor. Quant à tes autres fréquentations féminines et masculines… tu n’as toujours pas le droit d’épouser ta fratrie, Joséphine a refusé ta dernière demande en mariage, Denys est déjà marié et tu n’irais pas proposer de telles choses à Liselotte, autant amis puissiez-vous être. Il n’y a qu’elle.
Puis, Anthim… ce rat des sables oserait-il empêcher votre amour, s’il advenait que sa sœur éprouve les mêmes sentiments à ton égard ? Transformerait-il cette histoire en un drame, ou laisserait-il son propre cœur s’ouvrir ? Tu ne sais pas. Tu veux croire à de bons sentiments, mais il n’y a rien de moins prévisible, lorsque tu es impliqué.
Un pas en avant. « Je sais que vous avez de la patience, de l’esprit et du cœur. Tu repousses une mèche noire de sa joue, la glissant derrière son oreille, le contact de sa peau, de ses cheveux, t’électrisant. Vous êtes… curieuse. Ouverte. Sensible. Très probablement aussi… érudite. Un brin audacieuse. Ton regard s’allume d’une étincelle. Ton sourire revient, timide, et peut-être, en vérité, un brin joueur. L’une des plus belles femmes d’Arven. » Comme tu l’as déjà dit, dans de terribles circonstances. Une des plus belles femmes, que tu as toujours plus envie d’embrasser, de serrer entre tes bras, d’emporter dans les plaisirs dont les enfants de Mirta sont si friands. Il n’y a certainement pas moment plus inapproprié pour que tes pensées dérivent vers cela, bien que tu ne puisses t’en empêcher. Il y des mois, déjà qu’Alméïde d’Erebor enflamme ton esprit jusqu’au point de non-retour.

Ta main repose sur son épaule, tes doigts près de son cou. Tu pourrais… juste… « Je ne prévoyais pas vous dire tout cela. Tu ris un peu, devant le ridicule de ta propre personne. Vous m’inspirez, définitivement. Vous devez être protégée d’Aïda, Alméïde. D’un homme qui désire votre pardon, à genoux s’il le faut... » ... elle tire une déclaration d'amour.


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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Mer 5 Oct - 15:47

« Non ! Non. Restez. » Alméïde s'immobilise soudain, électrisée par le bref contact de sa main, interdite. Elle devrait s'en aller, balayer cette histoire d'un revers de main, piétiner ses espoirs afin que les choses redeviennent comme avant ; pas d'histoires compliquées, pas de menaces de guerre imminente, pas de sentiments troublés qu'elle ne parvient plus à démêler. Simplement la certitude qu'il est le duc de Sombreciel, qu'elle est la princesse d'Erebor et que les deux sont tout simplement incompatibles. Oui mais... en est-elle seulement capable ? Elle lève ses yeux sur ceux de Castiel et elle doute encore un peu plus. Confuse, elle reste immobile, silencieuse. Et ses résolutions ne sont plus qu'un souvenir emporté par le vent.

« Restez, Alméïde. S’il vous plaît. » Et elle reste. Elle ne sait pour quelle raison, mais elle se tient là, devant lui, osant à peine soutenir son regard sombre sans rougir un peu plus à chaque instant. « Je me fous des… des autres, il n’y a pas d’autres, et je… je me fous de votre frère. » Il ne s'en moquerait pas ainsi s'il savait ce qu'il était advenu du dernier homme à l'avoir blessée. Ou peut-être le sait-il et agit-il en connaissance de cause ? D'audacieux, il deviendrait alors téméraire et irréfléchi. Elle s'étonne pourtant lorsqu'il affirme qu'il n'y a personne d'autre. Le duc de Sombreciel n'est-il point connu pour avoir de nombreux amants et de nombreuses amantes ? Hommes et femmes de passage ou histoires plus longues, peu importe, que sait-elle des mœurs cielsombroises après tout ? Elle qui ose à peine songer à l'intimité de deux corps sans se sentir irrémédiablement embarrassée. Mais s'il est vrai qu'il ne se refuse jamais aux plaisirs de la chair, pourquoi elle, dans ce cas ? Pourquoi la soeur d'Anthim qui ne lui a offert que quelques baisers, suivis de longs mois de silence. Elle ne comprend pas, Alméïde. Et pourtant, elle a envie de le croire sincère. Peut-être, malgré elle.

« Je sais que vous avez de la patience, de l’esprit et du cœur. » Elle retient son souffle lorsqu'il s'approche. Elle frissonne lorsqu'il repousse une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Ses yeux se lèvent vers les siens, timides, interrogateurs. « Vous êtes… curieuse. Ouverte. Sensible. Très probablement aussi… érudite. Un brin audacieuse. » De gêne, elle se mord la lèvre, détournant le regard un instant. « L’une des plus belles femmes d’Arven. » Elle n'ose relever la tête vers lui immédiatement, sentant soudain sa main posée sur son épaule, frémissant de plus belle.

« Je ne prévoyais pas vous dire tout cela. Vous m’inspirez, définitivement. Vous devez être protégée d’Aïda, Alméïde. D’un homme qui désire votre pardon, à genoux s’il le faut... » Hésitante, elle retrouve son regard, les lèvres esquissant un sourire presque imperceptible. Son cœur s'emballe, non, il s'affole. Ses doigts se posent sur ceux de Castiel, eux-mêmes placés sur son épaule et elle met de nombreuses secondes à rassembler ses pensées. Elle cherche la raison dans un domaine où celle-ci n'a pas sa place. Elle puise dans ses ressources afin de ne pas être totalement démunie. Mais c'est comme vouloir bâtir une maison de paille sur le sable du désert ; aussi absurde qu'inutile. « J-j'aimerais tant vous croire sincère. J'aimerais... Je vous avais donné ma confiance et j'ai été si déçue... » Sa voix est douce mais teintée d'émotion. De ses lettres, de ses paroles, elle n'en retient que les regrets d'un homme qui a fait une erreur et qui s'en veut réellement. Mais ça n'en rend pas moins son acte douloureux. Car Alméïde, il lui faut du temps, mais c'est entièrement et sans retenue qu'elle offre son amitié, qu'elle s'ouvre aux autres. Et elle s'est ouvert à lui, plus qu'elle ne l'aurait cru possible, le cœur à vif et vulnérable entre ses mains. Geste qu'elle n'ose réitérer, appréhendant une nouvelle blessure, une nouvelle déception.

« C'est... ce ne serait pas judicieux. Nos deux duchés... Et j-je ne suis qu'une bâtarde, une enfant de harem. Vous êtes duc de Sombreciel, vous pourriez sans doute trouver mieux que... que la sœur d'Anthim, que vous détestez tant. » Faire parler la raison, encore. Garder intactes les dernières barrières qui semblent s'effriter sous le regard sombre et fascinant. Ignorer, toujours, l'évidence qui se trouve sous ses yeux. Qui fait battre son cœur à un rythme erratique. Il lui fait perdre tous ses moyens et elle est bien incapable de l'admettre, la princesse des dunes.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Ven 7 Oct - 5:03

Son sourire, si infime, pourrait te couper le souffle, si le contact de ses doigts sur les tiens ne le faisait pas déjà. Tu te souviens, aux Murmures, de vos mains enlacées, des lucioles volant autour de vous comme des milliers d’étoiles. Tu crois, parfois, avoir rêvé cet instant.

« J-j'aimerais tant vous croire sincère. J'aimerais... Je vous avais donné ma confiance et j'ai été si déçue... » Tu baisses les yeux, gêné, le temps de quelques secondes. Ta main descend de son épaule, entraînant la sienne, mimétisme de ce souvenir idyllique que ton esprit a entrevu quelques secondes plus tôt. Ton propre cœur à vif est chaque fois meurtri de plus belle, à la pensée de tes actes. Sans toi, ta sœur est heureuse, se marie, est enceinte, et toi, tu te morfonds uniquement, tentant de réparer ce que tu as cassé. Tu ne sais pas si un jour, le monde saura te pardonner de cet ultime écart, que tu voudrais le dernier. De cet échappatoire qui a été celui de trop. Quand oseras-tu demander de l’aide, Castiel ? Tu as eu la pieuse pensée de t’épancher auprès de Mélisende, mais tu préfères que ta sœur se repose encore un peu de tous ces événements troublants. Alors tu enterres ta peine, ou est-ce elle qui t’enterre ?, et ton cœur se rue vers ce qui le tiraille ailleurs. « C'est... ce ne serait pas judicieux. Nos deux duchés... Et j-je ne suis qu'une bâtarde, une enfant de harem. Vous êtes duc de Sombreciel, vous pourriez sans doute trouver mieux que... que la sœur d'Anthim, que vous détestez tant. »

Tu veux croire à ses mots. Tu veux croire à la raison, aux mots de la princesse, si identiques à ceux que pourrait prononcer ton père. Sa voix qui énonce une réalité à laquelle tu veux tant adhérer, par simplicité, pour te sauver, pour échapper à ce qui pourrait encore plus te blesser.

Dans ta main, il y a celle d’Alméïde.

« Je saurai sans doute vous décevoir encore bien trop souvent et à chaque fois, mon cœur sera aussi meurtri que le vôtre. » Tu es protégé d’Erelf et tu portes le feu jusque dans ton nom, tu ne connais ni la mesure, ni la retenue, et ta maladresse a le pouvoir de déclencher la guerre. « Pendant tous ces ces mois d’insomnie, de tracas, de désespoir, de colère… Je me disais aussi que ce serait plus facile de vous oublier. Que vous n’étiez pas faite pour moi et que mon béguin s’éteindrait de lui-même. Une pause. Un instant, tu sembles répondre à la raison, oui, à la logique, mais d’un sourire, subitement revenu, tu détrompes l’Erebienne. J’ai été naïf. » Oh, si naïf ! Même, si touchant ! Tu es un homme de passion, celle-ci te domine plus que tout, et il n’est pas rare que tes idées tournent à l’obsession. Elle en est une, bien tenace, bien séduisante, et toute ta raison s’est envolée. Ta main serre la sienne, l’autre se place sur sa taille. La tenant proche, bien proche, mais jamais assez. « Vous m’enflammez, Alméïde, et chaque jour loin de vous n’a fait que raviver ce feu. A chaque… pensée, à chaque souvenir, à chaque fois que j’ose me rappeler nos moments ensembles et imaginer ceux qui pourraient venir. À imaginer… trop de choses. Bien trop. Bien trop indécentes, également. » Ce n’est pas un secret. Près d’elle, tu vibres de tout ton être, et tes sous-entendus et taquineries n’ont jamais rien eu de mensonges. Cette femme, tu la désires, de cœur, de corps et d’âme.

Tu te rapproches, encore, vos corps se frôlant cette fois. Si proche, tu pourrais l’embrasser, te pencher juste un peu plus et poser tes lèvres sur les siennes, que ses réponses jamais ne naissent et ne te blessent. Tu ne le fais pas, pourtant, bien que tu le désires tant et tellement. Tu te contentes de chuchoter, presque de ronronner, de ta voix grave et sérieuse : « Je vous aime. Je vous veux. »


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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 10 Oct - 18:22

« Je saurai sans doute vous décevoir encore bien trop souvent et à chaque fois, mon cœur sera aussi meurtri que le vôtre. » Des mots teintés de peine et de regrets. Des mots qu'elle juge sincères, la princesse, et qui semblent lui serrer le cœur. Silencieuse, elle lève les yeux et observe les traits soucieux de ce visage qu'elle s'étonne encore de voir rougir. Elle en oublie presque que sa main est encore dans la sienne, qu'il s'est rapproché d'elle, qu'elle voulait partir quelques secondes plus tôt. Désormais elle reste immobile, interdite. Troublée.

« Pendant tous ces ces mois d’insomnie, de tracas, de désespoir, de colère… Je me disais aussi que ce serait plus facile de vous oublier. Que vous n’étiez pas faite pour moi et que mon béguin s’éteindrait de lui-même. » Serait-ce là un semblant de raison qui perce ses propos ? Elle ne sait si elle doit en ressentir un certain soulagement ou non, de le voir ainsi résigné. Puis elle aperçoit son sourire, l'étincelle qui illumine à nouveau son regard. « J’ai été naïf. » Oh. Son visage, qui avait progressivement perdu de ses couleurs, se teinte à nouveau d'écarlate lorsqu'il pose sa main sur sa taille.

« Vous m’enflammez, Alméïde, et chaque jour loin de vous n’a fait que raviver ce feu. A chaque… pensée, à chaque souvenir, à chaque fois que j’ose me rappeler nos moments ensembles et imaginer ceux qui pourraient venir. À imaginer… trop de choses. Bien trop. Bien trop indécentes, également. » Des choses... indécentes ? Oui, le rouge a définitivement repris ses droits sur son visage et Alméïde sent son cœur s'affoler lorsqu'il s'approche un peu plus. Le souffle court, l'estomac noué, c'est à peine si elle parvient encore à respirer devant ces yeux noirs qui l'observent avec une telle intensité. Elle déglutit difficilement et peine à retrouver le fil de ses pensées. Il est si proche, beaucoup trop proche.

« Je vous aime. Je vous veux. » Elle est sans voix. Comme paralysée, électrisée par cette soudaine proximité qui fait remonter en elle des souvenirs tendres, troublants. Des journées passées en sa compagnie, des rires et des danses. Des baisers à la faveur de la nuit. En venant ici, elle avait espéré mettre un terme à toute cette histoire, absurde, compliquée, impossible. Convaincue d'avoir fait une erreur de jugement, elle désirait simplement faire cesser des tentatives qui ne parviendraient qu'à mettre un peu plus à mal les relations entre Sombreciel et Erebor. À présent, pourtant, elle n'est plus tout à fait certaine de ce qu'elle veut réellement.

« Je... j'ai dû être bien naïve, moi aussi, en pensant que je saurais faire entendre raison au duc de Sombreciel. » Un sourire, résigné. Amusé peut-être, aussi, malgré elle. Naïve, elle l'a été oui. De bien des manières. Et peut-être est-elle en train de faire une énorme bêtise à l'instant, en ne se détachant pas de son étreinte, en ne prenant pas la direction de la sortie. Elle croit déjà entendre la voix d'Anthim, rugissante, couvrant son homologue des insultes les plus fleuries de son répertoire. Et à nouveau, un doute semble s'emparer d'elle. La déception de son frère, sa confiance brisée, sa colère sont autant de souvenirs douloureux et bien présents dans son esprit.

Puis son regard retrouve le sien.

« Et j-je dois être plus naïve encore de vouloir vous accorder mon pardon. » reprend-elle sur un ton qui n'est bientôt plus que murmure. Son regard ne quitte plus le sien, semblant le sonder, semblant vouloir y déceler la farce ou le mensonge. Inquiète à l'idée de faire une nouvelle erreur, de mettre à nouveau son cœur à nu et de le voir se faire malmener parce qu'elle a osé accorder sa confiance à la mauvaise personne. Et peut-être – mais elle n'ose y songer – plus encore que sa confiance.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 10 Oct - 21:16

Sans mot, la princesse erebienne. Sans mot et si rouge que tu sens de la chaleur émaner de son visage. Est-ce la pensée de ces choses indécentes qui te hantent depuis des mois ? Ou cette proximité qui mime de tendres instants passés ? Pour toi, c’est sans nul doute l’alliance de tout cela, couplée à ces mots si fragiles que tu as osé lui déclarer. Tu te confies étonnamment peu, pour un homme si expansif et bavard, et ton amour brûlant pour Alméïde, tu t’es forcé à le retenir, à ne pas t’en épancher. À ne pas en parler à ta famille, qui voit d’un œil bien sombre ce qui leur apparaît comme un caprice. Un caprice bien dangereux. Tu es pendu à ses lèvres, à son sourire : « Je... j'ai dû être bien naïve, moi aussi, en pensant que je saurais faire entendre raison au duc de Sombreciel. » Tu ris. Elle n’est pas la première à s’y casser les dents non plus… Tu te fais timide, quelques instants, gêné de ton propre entêtement, de ton âme sensible et réfractaire à toute rationalité, lorsque les sentiments sont de la partie. Timide, mais pas désolé.
N’est-ce que pas que tout cela vaut la peine ? La vision d’Alméïde au cœur de ta tour, sa main dans la tienne, son souffle saccadé que tu peux sentir sur ton visage. Ce murmure qui renferme tout ce que tu espérais et même plus encore : « Et j-je dois être plus naïve encore de vouloir vous accorder mon pardon. »

Tu t’éclaires, Castiel.

La lumière semble venir de l’intérieur même de ton corps. Elle adoucit tes traits, la tension de tes muscles, et donne à tes yeux et ton sourire une sincérité encore plus grande. Il y a deux hommes, en toi, même trois, et à cet instant, c’est vers la clarté que tu tends, dans celle-ci que tu baignes. Depuis des mois, l’ombre te dévore petit à petit, gruge et ronge, et te transforme en la pire version de toi-même. Et là… Levor soit loué, sa sincérité et son honneur tout autant, tu baiserais jusqu’à ses pieds de vouloir t’accorder son pardon.
La main posée sur son épaule se glisse jusque sur sa nuque, sous ses cheveux sombres, et avec la retenue d’un jeune amant, tu combles les derniers centimètres entre vos visages et tu l’embrasses. Retenue, certes, mais point chasteté, dans ce baiser dont tu rêves depuis les derniers jours de juin. Où le désir prend place sur l’hésitation première, rapidement oubliée.

Elle veut te pardonner.
N’est-ce point cela, le plus beau des poèmes ?

Le baiser s’achève, de vos respirations irrégulières. De ce sourire que tu ne peux retenir, qui prend toute la place sur ton visage. Tu ris contre ses lèvres, ravi et soulagé. Dans le discret cliquetis des coucous et des oiseaux mécaniques assemblés dans les armoires, tu entends même un lourd ronronnement. Qui te fait sourire, te fait sourire, les battements de ton cœur ayant cessé d’être assourdissant. « Laissez-moi regagner votre confiance. Je ferai… n’importe quoi. » La lettre d’excuses à Anthim, assortie d’actes de bonne foi, est certainement une preuve de ce que tu avances. Tu l’embrasses, une nouvelle fois. Tu sais que tu ne pourras pas en avoir assez, tu sais que si tu continues, tu en voudras plus. Et tu ne sais pas si Alméïde… Elle a remis ton amour en question, a souligné avec justesse son imprudence, mais elle n’a jamais dit qu’elle ne t’aimait pas. Pourrait-elle partager les mêmes sentiments que toi ? Tu n’as pas besoin de drogue, pour faire tomber tes inhibitions. « Et j’aimerais, même… oh, princesse… si je vous demandais… quelque chose de complètement fou, quelque chose demandant votre pleine confiance en moi, est-ce que vous pourriez accepter ? Voit-elle où tu en viens ? Où ton esprit exalté s’égare ? Comme… voudriez-vous m'épouser ? »

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Mer 12 Oct - 0:38

Son rire lui réchauffe le cœur, écho de ceux échangés lors d'un séjour qui reste gravé en sa mémoire. Le soudain éclat dans son regard trouve son reflet dans le sien et un sourire plus doux se dessine sur les lèvres de la princesse. Peut-être n'a-t-elle donc pas rêvé cet homme qui l'a accueillie au sein de sa demeure, se comportant en hôte agréable, enjoué, charmeur. Elle retrouve dans ses yeux noirs la lueur qui l'illuminait alors et elle croit – non elle sait – qu'elle vient de retrouver le Castiel qui lui a tenu compagnie durant plusieurs jours, celui qui a su la mettre à l'aise, la faire rire, attiser sa curiosité et, il est vrai, la troubler. Alors elle n'esquisse pas le moindre mouvement de recul lorsqu'il comble les derniers centimètres qui les séparent, recueillant son baiser avec l'appréhension d'une jouvencelle, son cœur battant de façon totalement erratique. Il n'est plus question de reculer désormais. Ses doigts accrochent son bras en douceur et la chaleur ne quitte plus ses joues, semble même l'envelopper toute entière.

Le souffle court, elle esquisse pourtant un sourire à son tour, écho de celui de Castiel qui semble complètement métamorphosé sous ses yeux. « Laissez-moi regagner votre confiance. Je ferai… n’importe quoi. » Elle le regarde, perplexe, incertaine. Elle peine encore à réaliser à quel point il est sérieux dans ses propos, comme elle a eu du mal à croire qu'il ait pu envoyer une lettre d'excuses en Erebor. Interdite, elle ne sait quoi dire, n'en a même pas véritablement le temps. Leurs lèvres se retrouvent et ses pensées se troublent, se font confuses. Alméïde est lentement emportée sans savoir véritablement où elle va, perdant le contrôle de ses sens, ainsi pressée contre lui. Ce n'est que lorsque le baiser prend fin qu'elle reprend peu à peu ses esprits, encore étourdie de cet instant inattendu et pourtant si tendre.

« Et j’aimerais, même… oh, princesse… si je vous demandais… quelque chose de complètement fou, quelque chose demandant votre pleine confiance en moi, est-ce que vous pourriez accepter ? » Quelque chose de fou ? Elle fronce les sourcils, la princesse, ne sachant que répondre. Mais il l'éclaire très rapidement. « Comme… voudriez-vous m'épouser ? » Nouvelle surprise sur ses traits. Est-ce une plaisanterie ? Doit-elle rire ? Alméïde se pose réellement la question durant un instant avant de réaliser qu'il semble tout à fait sérieux.

« Mais Castiel... Vous... C'est un peu... précipité, v-vous ne croyez pas ? » Un peu. Beaucoup. Et complètement fou, il avait raison. « J'ai... je ne peux vous répondre... comme ça. C'est... déjà bien assez compliqué. » Elle était venue pour faire cesser toute communication entre eux – naïvement, certes – et elle s'est laissée emportée par le cours des événements. Mais cette proposition... Elle aura déjà assez de mal à parler à Anthim de ce qu'il s'est passé sans y ajouter en plus une demande en mariage ! Alors son regard retrouve le sien, cherchant les mots justes, la gorge soudain très sèche et le cœur battant. « J'ai besoin de... de temps. D'être... certaine. Vous comprenez ? » demande-t-elle, confuse. Sa main se glisse dans la sienne et la serre en douceur, hésitante. Si son cœur voulait bien cesser sa course folle, peut-être pourrait-elle réfléchir de manière un peu plus cohérente. « Et j'aimerais... Oui, j'aimerais que vous respectiez mes décisions et que v-vous ne me forciez pas la main à l'avenir. Je dois décider seule... » Il demandait ce qu'elle désirait pour qu'il puisse regagner sa confiance. Voilà peut-être un premier pas. Elle esquisse un sourire timide néanmoins, entremêlant ses doigts aux siens sans rien ajouter, encore troublée par sa demande.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Mer 12 Oct - 5:28

Ma foi, c’est que ton enthousiasme n’est pas partagé à la mesure de ce que tu attendais. Ou plutôt, si : l’émotion a tout à faire dans la réponse de la princesse des dunes. « Mais Castiel... Vous... C'est un peu... précipité, v-vous ne croyez pas ? » Un peu. Juste un peu. Enfin, maintenant que les mots ont passé tes lèvres… tu ne peux plus les retenir, les effacer. Ta timidité revient et tu fuis son regard. Elle va refuser. Tu as été trop rapide, Castiel, irréfléchi. Tu as naïvement crû être capable, à l’image de ton père et de Maximilien, de charmer et d’épouser en une nuit une femme faite pour toi. « J'ai... je ne peux vous répondre... comme ça. C'est... déjà bien assez compliqué. Vous avez raison. Je suis… impulsif. C’est un mot bien sage. Mais pas moins sincère. » Tu as rougi jusqu’à ton front, remontant lentement tes yeux sombres jusqu’aux siens, et ta voix n’a été qu’un murmure, celui de cet homme certes emporté, certes rapide en affaires, mais dont les sentiments vibrent avec une force qu’il ne sait mesurer. Tu es déjà prêt à entendre son non poli, mais ferme, en regard de toutes ces complications qui vous séparent et auxquelles tu portes encore et toujours ce dédain irresponsable.

« J'ai besoin de... de temps. D'être... certaine. Vous comprenez ? » De temps. D’être certaine ? Ce n’est donc pas un refus net ? Ton menton se relève, légèrement, et tu te fais plus attentif. Sa main dans la tienne te rassure sur ses intentions et confirment, autant que ses mots, qu’elle ne refuse pas en bloc la folie que tu lui proposes, cette tendre folie à deux. « Et j'aimerais... Oui, j'aimerais que vous respectiez mes décisions et que v-vous ne me forciez pas la main à l'avenir. Je dois décider seule... »

Mm.
Tu décèles une légère référence à la menace aucunement subtile que tu as glissé dans ta dernière missive à son intention. Tu t’en sentirais presque coupable, si le but visé par cette menace n’avait pas été atteint, et tu décides alors de ne pas t’excuser. Tu ne recommenceras pas, tu te le promets, mais t’excuser pour cela ? Ce ne serait pas honnête. Tu es bien trop satisfait pour cela. Tu portes sa main à tes lèvres pour l’embrasser, baisemain léger. « Prenez le temps qu’il vous faudra, Alméïde. J’aimerais néanmoins que lors du Mémorial des Disparus, si vous êtes des nôtres, que vous me disiez si cette idée, ou au moins, l’idée de me… fréquenter ?, vous apparaît agréable. » Que tu puisses éloigner à tout jamais Madeleine des plans de ton conseiller. Que tu puisses dormir la nuit, car tu sais que pour la prochaine quinzaine, tu seras trop excité pour fermer l’œil, survolté à l’idée qu’elle puisse accepter ta folle proposition.
Fréquenter Alméïde d’Erebor. La courtiser en bonne et due forme, en vue de gagner sa main et son cœur. En voilà, une idée qui fait battre ton cœur de plus belle et te fais glousser, pouffer, comme un enfant pris en flagrant délit de mauvais coup. N’est-ce pas délicieux, comme idée, comme pensée ? « Puis-je alors vous proposer une coupe de vin ? C’est un brin moins exalté. Tu esquisses un sourire malicieux. Vous pourrez ensuite quitter, ou rester, aussi longtemps que vous le désirerez. » Tu désires plus que tout qu’elle reste. Ce soir, encore un peu. Cette nuit, tout à fait.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Jeu 13 Oct - 15:55

« Vous avez raison. Je suis… impulsif. Mais pas moins sincère. » Un sourire doux, attendri, prend place sur ses lèvres. Le rouge de ses joues reste bien visible pourtant et son cœur cherche encore à retrouver un rythme normal malgré cette proximité troublante. Il lui semble sentir encore ses lèvres contre les siennes, contact fantôme qui la rend fébrile. Elle retrouve avec surprise les sensations éveillées lors de cette nuit aux Murmures et elle tente au mieux de ramener son esprit qui s'égare. La raison se rappelle à elle, lui murmure qu'il s'agit du duc de Sombreciel face à elle et que la situation n'est pas à prendre à la légère. Alméïde n'est pas une femme irréfléchie, ni de celles qui suivent aveuglément leurs instincts ou se laissent déborder par leurs émotions, malgré un cœur parfois bien trop sensible. Alors elle doute, elle s'interroge, certainement beaucoup trop. Et sous les yeux noirs de Castiel, elle perd le fil et parvient difficilement à remettre de l'ordre dans ses pensées qui tournoient à un rythme effréné. C'est une sensation perturbante, mais pas désagréable non plus.

Un vague amusement se peint sur ses traits lorsqu'il embrasse sa main du bout des lèvres, geste qui semble soudain bien chaste, bien raisonnable, suite aux baisers échangés. « Prenez le temps qu’il vous faudra, Alméïde. J’aimerais néanmoins que lors du Mémorial des Disparus, si vous êtes des nôtres, que vous me disiez si cette idée, ou au moins, l’idée de me… fréquenter ?, vous apparaît agréable. » L'embarras s'empare d'elle à cette idée. Elle n'y avait jamais réellement songé jusqu'à présent, repoussant chaque pensée le concernant dans un coin de son esprit, se persuadant que toute cette histoire finirait par s'essouffler d'elle-même, avec le temps. Désormais, ça lui semble bien concret, bien réel, et elle est incapable de formuler une pensée cohérente à ce sujet. Alors elle se contente d'acquiescer, acceptant la proposition, le coeur battant d'appréhension à l'idée de le revoir durant cette occasion solennelle. Ce qui ressemblait fortement à un songe prend soudain l'aspect de la réalité et sa gorge se noue, son estomac se tord. Et ses doigts frémissent contre les siens.

« Puis-je alors vous proposer une coupe de vin ? C’est un brin moins exalté. Vous pourrez ensuite quitter, ou rester, aussi longtemps que vous le désirerez. » Son sourire répond au sien et elle hoche doucement la tête. « Je veux bien oui. Mais je... je ne devrais pas tarder. Si les gardes d'Anthim s'aperçoivent de mon absence, j'aurai des ennuis. » Moitié amusée, moitié inquiète, elle suit Castiel jusqu'au canapé où elle s'assoit à ses côtés, joignant ses mains, comme intimidée. Elle n'ose imaginer la réaction de son frère s'il apprend qu'elle a disparu et qu'on la retrouve au sein de la tour de Sombreflamme. Ni même les conséquences que ça pourrait avoir sur les relations entre les deux duchés. Il faudra qu'elle lui en parle, bien entendu, mais pas avant d'avoir pris une décision. Décision qu'elle repousse à plus tard de toute manière, encore troublée par ce qu'il vient de se passer.

Alméïde le remercie pour le vin, soulevant la coupe afin de trinquer, un sourire timide sur les lèvres qu'elle trempe à peine dans son verre, appréciant la note fruitée. Un vin lagran, très certainement. Légèrement empruntée, la princesse détourne le regard pour détailler un peu plus la pièce et les objets qui s'y trouvent. Elle ressent la présence de Castiel à ses côtés, troublante, mais sa curiosité s'éveille à nouveau devant certains objets qu'elle ne connaît pas. « Ce sont les inventions dont vous m'aviez parlé ? Celles que vous confectionnez avec votre frère ? » demande-t-elle d'une voix encore légèrement mal assurée, osant à peine retrouver son regard sans sentir ses joues se parer d'une léger voile rose. Elle se rappelle leurs longues discussions lors de balades dans Euphoria ou dans le palais. Ou encore lors des repas. Il lui a si souvent mentionné son frère et leurs inventions diverses, si enthousiaste, si fier de leurs idées et de leurs frasques. Peut-être pourra-t-elle enfin en voir une à l'oeuvre.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Sam 15 Oct - 7:14

« Je veux bien oui. Mais je... je ne devrais pas tarder. Si les gardes d'Anthim s'aperçoivent de mon absence, j'aurai des ennuis. » Petite joueuse, semble dire ton sourire. C’est presque un défi supplémentaire, mais tu sais qu’à ce jeu, les conséquences peuvent être terribles. Tu t’empresses donc de laisser ses mains, sa peau, et précèdes Alméïde jusqu’au canapé, où elle s’assit bien heureusement à tes côtés. Sa proximité t’affole. Vos coupes sont rapidement remplies et vous trinquez sans mots, bien que dans ce silence, tu portes ce verre à sa présence en ces lieux. À sa beauté, à sa douceur, à cette histoire que tu espères longue. Tu bois chaque gorgée à sa grâce et à la lumière que tu vois en elle, au moins égale à sa timidité.
Tu hésites quelques secondes, puis passes ton bras autour de ses épaules. Elle évite ton regard, c’est évident, mais tu as besoin de la regarder, de la toucher, et tu savais que d’un baiser, tu serais perdu. Tes doigts caressent ses cheveux soyeux et ta bouche s’égare jusqu’à sa joue, jusqu’à son cou, parsemant la peau de baisers légers. Presque hésitants. Tu ne veux pas l’effaroucher, tu ne veux pas l’effrayer, mais par Mirta… tu rêves seulement d’arracher ces voiles un à un, que la déesse en soit témoin ! « Ce sont les inventions dont vous m'aviez parlé ? Celles que vous confectionnez avec votre frère ?, demande la voix un peu chevrotante d’Alméïde. Tu hoches la tête, fier, relevant ladite tête pour regarder autour de vous. Les rideaux sont tirés et seuls cristaux et chandelles permettent de deviner ce qui se cache derrière le verre des armoires, ce qui crée les légers bruits que vous pouvez entendre. « Oui ! Quelques-unes appartiennent à Melbren, mais nous en avons construit plusieurs ensembles. Les plus jolies sont à Euphoria. Néanmoins… Tu te lèves du canapé pour ouvrir une des armoires et en sors une délicate fleur mécanique, dont les pétales se replient et se déplient, formant à chaque fois une corolle différente aux couleurs chatoyantes, passant de rose à lys à tulipe en quelques minutes. Tu la déposes dans la main d’Alméïde, après en avoir remonté les délicats rouages. … cela m’amuse. » Ça n’a rien des créations de Lancelot l’Adroit, ce génie des automates – qui provient d’ailleurs de ton duché – dont la réputation est connue un peu partout en Arven, mais c’est un loisir infiniment plus sain que la contrefaçon, ou le crochetage de serrures, sans aucun doute. Ça te rappelle l’origami, auquel Hypérion t’a initié, au cœur de tes nuits sans sommeil.

Puis, tu auras tout le temps de lui montrer les maquettes de labyrinthe, les systèmes solaires planant au-dessus de vos têtes, les dispositifs enflammés et autres curiosités plus ou moins fiables qui se cachent dans chacun de tes repères.

Debout, tu retires ton manteau et desserre ta cravate, la chaleur te montant à la tête bien plus rapidement que le vin. Un chat persan au luxuriant pelage vient rôder près des chevilles de la princesse d’Erebor, se dérobant dès qu’elle avance la main vers lui. Sans pour autant cesser de ronronner avec force. Tu ris, complice, et tu gratifies l’animal d’une caresse. D’un rire d’enfant. « Il vous aime bien », commentes-tu d’un chat qui refuse tout contact autre que le tien, toute approche, d’un chat dont le ronronnement transperce presque les murs par sa profondeur. Lui diras-tu un jour ce qu’il en est vraiment, Castiel ? Tu ignores son grave questionnement, dans ton esprit, pendant que lui joue au chat et toi au maître. À ce moment, tu penses seulement qu’Alméïde en a eu… assez. De révélations.
Tu reprends place aux côtés de la jeune femme et cette fois, tu l’attires tout à fait à toi. Tu veux sentir son corps contre le tien. « J’ai un cadeau pour vous », dis-tu sur le ton le plus naturel qu’il soit, comme si ça n’avait rien de surprenant, ou d’inattendu. Comme si tu ne te coupais pas toi-même la parole d’un baiser fougueux, empressé. De caresses sur son cou et ses épaules, sa taille et ses hanches, sans pourtant que tu oses dénouer serait-ce un coin de ses vêtements, en remonter serait-ce un pan. Tu as déjà oublié ce que tu voulais lui donner, lui montrer : le désir t'affole.


Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Dim 23 Oct - 6:21, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Sam 15 Oct - 17:47

De sa simple présence, il la trouble. D'un geste de la main, il la fait frémir. D'un baiser contre son cou, il provoque des frissons. Alméïde retient son souffle, l'esprit embrouillé par ces attentions délicates qui semblent la faire vibrer. Elle n'ose toujours pas tourner les yeux vers lui, elle observe les lieux, cherchant à calmer son cœur qui ne cesse de s'emballer et c'est la curiosité, autant que le désir de s'accorder un moment de réflexion, qui la pousse à le questionner sur les divers objets qui recouvrent pratiquement chaque meuble, chaque parcelle de cette pièce aux fenêtres voilées.

« Oui ! Quelques-unes appartiennent à Melbren, mais nous en avons construit plusieurs ensembles. Les plus jolies sont à Euphoria. Néanmoins… » Elle le suit du regard, intriguée, légèrement impatiente tout à coup, comme une enfant à qui l'on présenterait un nouveau jouet. Ses yeux tentent de détailler l'objet qu'il tient en main et, quand il s'approche, elle repose son verre de vin sur la table basse, recueillant la fleur mécanique entre ses doigts. « … cela m’amuse. » Il lui en faut peu, à la princesse, mais elle est émerveillée devant le mécanisme qui s'active sous ses yeux, observant chaque détail des fleurs qui se transforment ainsi dans un cliquetis ténu dans la pièce silencieuse. « C'est superbe. » fait-elle remarquer d'une voix douce.

Un ronronnement vient alors la tirer de sa contemplation. À ses pieds, le chat de Castiel, qu'elle a déjà aperçu lors de son séjour à Euphoria. Le félin rôde près de ses chevilles et elle s'étonne de ce comportement, elle qui pensait qu'il évitait tout étranger. Alors elle tend la main, précautionneusement, s'attendant déjà à sentir sa fourrure duveteuse entre ses doigts, mais il lui échappe nonchalamment, retournant auprès de son maître.

« Il vous aime bien » Oh ? Elle esquisse un mince sourire en les observant tour à tour, un peu surprise par cette déclaration. « J'ai cru qu'il m'évitait, au contraire. » répond-elle distraitement, son regard retournant vers la fleur entre ses doigts qui a ralenti sa course et qui finit par stopper tout mouvement. Elle la garde pourtant, encore intriguée par l'objet, curieuse de savoir comment ils l'ont fait fonctionner puisqu'elle ne connaît rien à la mécanique. Elle s'apprête d'ailleurs à interroger Castiel lorsqu'il s'assoit à nouveau près d'elle, prenant la parole avant qu'elle n'en ait le temps, l'attirant si près de lui qu'elle en a le souffle coupé.

« J’ai un cadeau pour vous » « V-vraiment ? » Ses lèvres viennent cueillir les siennes avec tant de fougue qu'il lui semble que son cœur a définitivement renoncé à l'idée de retrouver un rythme normal. Ce baiser a un goût d'interdit, il l'enveloppe de sa chaleur et chaque geste de sa part lui fait perdre tous ses moyens. Sa main libre, posée au creux de son cou, se referme sur le tissu de la chemise, semblant s'y accrocher pour ne pas perdre pied tandis que l'autre tient fermement la fleur mécanique comme s'il s'était agi d'une bouée de sauvetage. Il lui faut bien plusieurs secondes avant de revenir à la réalité et Alméïde met doucement fin au baiser, le souffle court, le visage brûlant. « Castiel... » sa voix n'est qu'un murmure et le reste de ses paroles se perd au fond de sa gorge. Tout va si vite, elle n'ose pas lâcher prise, pas encore, pas vraiment. Mais ce ne sont pas ces mots qu'elle prononce. Timide, elle retrouve ses yeux noirs. « V-vous avez dit avoir un cadeau... pour moi ? » demande-t-elle, gênée. Ce n'est certainement pas son genre de réclamer mais elle est si troublée à cet instant. Elle repose délicatement l'objet sur la table, ses doigts retrouvent les siens. Et à l'orée de son esprit, toujours un doute ; ne devrait-elle pas partir, réfléchir à tout cela de façon plus posée avant de faire quelque chose qu'elle pourrait regretter ? Ce serait sage, raisonnable. Tout le contraire des décisions prises jusqu'à présent, sans aucun doute.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Dim 16 Oct - 6:57

« Castiel... » Tu veux encore entendre ton nom ainsi, murmuré, étouffé, tu veux qu’elle te le susurre mille fois, le crie, te supplie. Tu t’accroches à ses vêtements comme elle à ta chemise et ton regard noir semble l’avaler, tes pupilles ayant mangé tout de tes iris. Pas besoin de drogues, pas besoin d’alcool, c’est d’elle dont tu veux t’intoxique, te soûler, de ses lèvres dont tu n’as déjà pas assez, de sa peau dont tu te meurs sans même l’avoir touchée. « V-vous avez dit avoir un cadeau... pour moi ? » Tu souris. Vrai. Tu l’as mentionné, mais aussitôt, ça t’est… sorti de la tête. Tu regardes la fleur mécanique, dont la transformation s’est achevée sur un pétunia aux pétales bleutés, puis attrape ses deux mains pour en embrasser chaque doigt. Ses paumes. Ses poignets. La peau se dévoile, à mesure que les voiles se retroussent. Aussi douce que tu le pressentais. Autant que tu peux deviner chaque partie de son corps faite de cette même chaleur veloutée et même plus encore, aux endroits les plus intimes et les plus cachés. « Mm, que tu grognes contre sa peau, vous avez raison », que tu admets avant un dernier baiser.

Tu perds pied.
Tu es ton propre danger.

Alors tu t’interromps, tu cesses, tu ris, un peu, tu souris, et tu te lèves et vas chercher la toile soigneusement roulée, posée sur un bureau encombré. Dois-tu la lui donner maintenant ? Ou attendre sa décision ? Tu sais bien que peu importe l’issue de sa réflexion, tu lui offriras, alors autant le faire maintenant. Elle est lourde, entre tes mains, lourde de sa signification autant que de son poids. Puis, la lumière n’est pas idéale, pour un tel cadeau, mais puisque c’est à la faveur de la nuit que vos mots ont su s’épanouir, que votre histoire se vit, telle la fleur mécanique… c’est un présage, non ? « J’espère qu’elle vous plaira. »

La toile est déroulée sur le tapis. Grandeur nature, grandeur humaine, que ce tableau effectué par un véritable maître, que cette toile dont le cœur est une femme, découpée sur un ciel moucheté d’étoiles. Il suffit de quelques secondes, à peine, pour reconnaître la femme, néanmoins. C’est Alméïde. Son visage est admirable de fidélité, autant que sa silhouette dont tu es prêt à parier que les proportions sont exactes, qu’importe que Raphaël n’ait pas approché la princesse plus que nécessaire, selon tes instructions. C’est elle, sa chevelure noire nouée en une longue tresse sur son épaule. Alméïde, corps et visage voilés, à l’erebienne autant qu’à la cielsombroise, voilée de rouge, de violet, de noir, voiles reproduisant montagnes et dunes. Alméïde, une expression digne et impénétrable sur ses traits, ses yeux noirs qui semblent vivants, réels, dans les coups de pinceau. Dans sa main gauche, une fiole, et dans la droite, un bouquet d’herbes. Alméïde, déesse, tableau impie, Callia des dunes et du roc, plus belle représentation jamais faite de la Guérisseuse.

Et toi, tu es encore plus timide que précédemment. Debout devant le délit déroulé au sol, debout devant cette commande plus que particulière et plus que secrète, debout devant un aveu qui se fait aussi vibrant que tes mots. Que tes gestes, que ton regard, que ton corps. Tu es rose, Castiel, tu as chaud, et tu attends le verdict avec incertitude, ta voix grave trébuchant un peu : « Vous… vous l’aimez ? »

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 17 Oct - 0:02

Sa soudaine ferveur la laisse pantoise, les baisers dont il parsème sa peau la font sourire, presque malgré elle, masquant une appréhension tout aussi réelle qui lui tord le ventre au même titre que ce regard qui accapare le sien. Sa réputation le précède, il n'y a pas lieu d'en douter et elle comprend mieux pourquoi, désormais, on lui prête bien des amants et des amantes. Une douce chaleur l'enveloppe toute entière, elle redécouvre en sa compagnie des sensations qui lui sont bien trop souvent étrangères et quelque part, ça lui fait peur, à la princesse des dunes. Noyée dans le noir de ses yeux, enveloppée par ses caresses, envoûtée par ses baisers mais toujours, la raison enrobe ses pensées, éveillant les douloureux souvenirs du couronnement ainsi que leurs conséquences, laissant à nouveau la place au doute, aux questionnements. Les enjeux sont bien plus grands qu'une confiance brisée ou des sentiments bafoués. Il a contourné les règles, encore une fois et contrairement à ce qu'il s'est passé durant le tournoi, elle s'est rendue complice de ce jeu puéril. Castiel fait montre d'une affection sans précédent pourtant et elle le retrouve, comme elle l'a aperçu à Euphoria, enjoué, emporté, passionné. Impulsif également, certes, mais le regard brillant de cette lueur intense et, quelque part, plus fragile. Il est loin de cette image terrible qu'on a pu lui dépeindre durant tant d'années. Il s'exprime et agit sans filtres, comme une marquise de sa connaissance, se laisse emporter par ses envies, peut-être un peu trop. Assez en tout cas, pour la déstabiliser.

« Mm, vous avez raison » Un mince sourire suit cette remarque et elle le suit du regard tandis qu'il s'empare de quelque chose, posé sur le bureau. Intriguée, Alméïde se redresse légèrement sur le canapé. « J’espère qu’elle vous plaira. » Elle observe attentivement la toile qui se déroule sous ses yeux et se lève même, avançant jusqu'à ses côtés pour l'apercevoir en son entier. Interdite, elle voit peu à peu les traits du personnage se révéler sous ses yeux et l'ébahissement prend place sur son visage. Elle est sans voix, la princesse, face au portrait qui la représente en son entier, portant les attributs de Callia. La peinture est d'une beauté et d'une précision à couper le souffle ; l'artiste a même reproduit avec justesse le collier d'or qui orne son cou, au symbole d'Erebor, dissimulé à cet instant sous ses vêtements. Instinctivement, Alméïde porte la main à son cœur, à hauteur du pendentif, détaillant le reste de l'oeuvre, bouche bée.

« Vous… vous l’aimez ? » Sans même relever les yeux, elle acquiesce doucement, flattée, émue même, qu'il ait pu penser à lui offrir un tableau d'une telle splendeur. « C'est... un superbe travail. » Artiste occasionnelle, elle ne peut qu'apprécier le coup de pinceau de l'artiste, la méticulosité de chaque élément, les détails incorporés à l'oeuvre. Celui qui a fait ça doit être particulièrement doué. « Merci. » murmure-t-elle avant de se tourner vers lui et, timidement, de l'embrasser au coin des lèvres, les joues rougies sous l'impulsion. « Mais comment... quand ? Qui l'a peint ? » demande-t-elle, encore surprise par ce cadeau qu'elle détaille à nouveau sans comprendre comment il a pu être réalisé. Elle se souviendrait avoir posé, après tout. Et elle n'est certainement pas le genre à vouloir se montrer ainsi, loin d'être vaniteuse. Au contraire, elle préfère elle-même coucher les traits de ses proches sur le papier et les immortaliser dans ses précieux carnets qu'elle garde jalousement.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 17 Oct - 6:00

Tu as peur que cela ne lui plaise pas. Qu’elle trouve peut-être le cadeau trop grand, ou déplacé. Tu l’as bien demandé en mariage, il y a quelques minutes, et tu es loin de te calmer, de retenir tes attentions, en lui offrant cette majestueuse toile. « C'est... un superbe travail. » Tu respires définitivement mieux, mais la chaleur de ton visage, de ton corps, ne s’abaisse pas d’un seul degré alors que la princesse sans couronne t’embrasse au coin des lèvres. « Merci. »
Ton Familier ronronne de plus belle. Tu ne pourrais pas non plus jurer que le même ronronnement sourd ne s’échappe pas de ta propre poitrine, tant vos émotions sont au diapason, vibrent à l’unisson.

Tu entoures la jeune femme de ton bras et d’un œil fier, tu observes la toile étendue sur le tapis. Tu ne l’as pas fait encadrer, bien que donner un cadeau de cette trempe sans cette touche de finition t’ait coûté, ait demandé beaucoup de ton amour pour les belles choses. Tu t’es dit que ce serait nettement plus facile à dissimuler ainsi, pour la princesse d’Erebor. Tu ne sais même pas si un jour, elle pourra afficher ce cadeau risqué, qui est loin des nus scandaleusement superbes offerts à Chimène de Faërie. Il y a bien plus. « Mais comment... quand ? Qui l'a peint ?  Je ne peux tout de même pas vous dévoiler chacun de mes secrets. Tu lui adresses un clin d’œil. Disons que lors de votre visite à Euphoria… quelqu’un de ma cour a eu la tâche ô combien plaisante de vous observer et de réaliser cette œuvre. » Tes doigts glissent sur sa gorge, sous son menton, le relevant légèrement pour que tu puisses en embrasser les lèvres. Ta main descend ensuite le long de son buste, l’effleurant à peine, puis se pose enfin sur sa hanche. « Cette personne a… certainement l’œil. » Y a-t-il besoin de préciser à quel sujet ?

À l’épaule gauche d’Alméïde, tu distingues la broche qui retient les plis de son sari. Tu as vu tant de fois Mélusine mettre et enlever les siens, lors de tes visites à Sinsarelle, s’envelopper de ces voiles parfois si riches et si beaux, parfois translucides et fragiles. Tu hésites quelques secondes, puis tu dégrafes la broche et fais glisser le tissu, qui se détend et s’ouvre, transformant la princesse en une fleur bien semblable à celle posée sur la table. Quel judicieux choix d’invention bénigne à lui montrer, n’est-il pas ? Elle est rouge, l’Erebienne, si timide, et toi tu as le sang chaud, celui de ton père et de ta mère, le feu de Sombreciel et la passion des dunes tout à la fois. La broche tombe au sol, le tissu étouffe sa chute dans un bruissement discret. Tu aimerais te prétendre en contrôle, si calme, mais ton souffle est court. Autant que le sien. « Restez avec moi cette nuit, Alméïde », chuchote ta voix à son oreille. Personne ne s’apercevra de son absence, alors que la brunante s’est lentement muée en une nuit douce. Personne ne la verra même sortir de la tour, s’il le faut, s’il te faut payer qu’importe quel mage de l’Automne pour que l’illusion soit totale. Tu embrasses son cou, puis ses épaules, toute parcelle de cette peau dorée nouvellement révélée. Si belle sous tes mains pâles. « Je rêve de vous depuis notre rencontre à Vivedune. J’ai envie de vous, tant et tellement… j’en ai mal. Tu en perds le sommeil. Ton corps et ton cœur se mêlent de cela, à proportion égale. Mais je ne veux pas vous presser. » Ce n’est pas toi. Tu n’as pas été élevé ainsi, dans l’adoration des jupons de Mirta et le respect de tout ce qu’elle représente. Ce n’est pas toi, même si tu veux tellement, même si chacun de ses gestes, de ses mots, attise ton désir. Ta ferveur.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 17 Oct - 18:54

« Je ne peux tout de même pas vous dévoiler chacun de mes secrets. » Elle relève les yeux, l'air légèrement suspicieux, esquissant un semblant de sourire, entre amusement et désapprobation. « Disons que lors de votre visite à Euphoria… quelqu'un de ma cour a eu la tâche ô combien plaisante de vous observer et de réaliser cette œuvre. » Sur ses traits se dessine une nouvelle surprise. Quelqu'un à Euphoria ? En train de l'observer ? Elle sent soudain l'embarras l'envahir à l'idée qu'on ait ainsi pu l'épier sans qu'elle ne le remarque et déjà, elle fouille dans sa mémoire à la recherche de celui ou celle à l'origine de cette oeuvre quand il s'empare à nouveau de ses lèvres dans un baiser tendre. Elle retient son souffle lorsque sa main retrouve sa place sur sa hanche, frémissant encore de cette proximité à laquelle elle ne parvient pas à s'habituer.

« Cette personne a… certainement l’œil. » Elle baisse les yeux, embarrassée, les joues retrouvant leurs couleurs. Mais ce n'est rien comparé aux teintes qui s'emparent de son visage un instant plus tard. De ses doigts, il décroche son sari et elle voit, interdite, le tissu retomber sur le sol, avant même qu'elle ne puisse réagir. Elle n'est évidemment pas nue sous la riche étoffe qui vient de tomber à ses pieds mais elle aurait tout aussi bien pu l'être, tant elle se sent démunie, le cœur battant à tout rompre. Son regard évite celui de Castiel, ses frémissements deviennent tremblements qu'elle dissimule tant bien que mal – plutôt mal – et sa gorge se noue. Ses protestations se meurent au bord des lèvres, elle frissonne de le sentir aussi proche.

« Restez avec moi cette nuit, Alméïde » Immobilité. Une inspiration. Un frisson. L'audace de la demande la fige sur place. « Castiel, je... » Interrompue par ses lèvres contre son cou, Alméïde laisse échapper un hoquet de surprise. Sa respiration se fait plus saccadée encore, à la merci des baisers et des caresses de cet homme qui ne semble pas enclin à la laisser filer, qui prend le contrôle de l'instant. « Je rêve de vous depuis notre rencontre à Vivedune. J’ai envie de vous, tant et tellement… j’en ai mal. Mais je ne veux pas vous presser. » C'est un regard timide et désemparé qu'elle relève vers lui, la princesse. Comment le croire quand ses mots disent une chose et que son corps entier semble penser le contraire ? Elle déglutit, avec difficulté, cherchant à raffermir sa résolution.

« J-je... je ne peux pas. » répond-elle d'une voix douce, tremblante, fragile. « C'est trop... trop... » Trop tôt. Trop précipité. Trop déstabilisant. Trop, tout simplement. « Je vous ai dit que... j'avais besoin de temps. Je vous ai promis une réponse, je m'engage à la tenir. » Elle prend doucement ses mains dans les siennes, les éloignant par la même occasion de ses hanches, de sa peau, de tout ce qu'il serait à nouveau tenté de toucher malgré ses paroles. Elle ne le repousse pas pour autant, Alméïde, et sous l'écarlate de son visage, ses traits s'adoucissent tandis qu'elle tente d'insuffler de la fermeté à ses mots. « P-pour l'instant, je n'ai à vous offrir qu'une discussion autour d'un verre de vin avant de repartir. Et je retournerai dans ma chambre, à l'Académie. Seule. » juge-t-elle bon de préciser avec une imperceptible pointe de malice au fond des yeux. Elle se mord légèrement la lèvre Alméïde, en relâchant ses mains, reculant d'un pas avant de ramasser le tissu tombé à ses pieds. Puis elle se retourne, timide, afin de le remettre, comme si, de ce simple geste, elle espérait se soustraire à ce regard posé sur elle.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Lun 17 Oct - 23:37

Ce regard, par tous les dieux, que ceux-ci t’accordent la grâce de pouvoir l’admirer encore longtemps, peut-être même à chaque jour. Tu aimerais y lire un désir égal au tien, mais tu y lis l’hésitation. Et même… la peur ? Non. Ce n’est pas ça. Ce n’est pas ce que tu veux. « J-je... je ne peux pas. C'est trop... trop... Elle détache tes mains de son corps et les prend entre les siennes. Je vous ai dit que... j'avais besoin de temps. Je vous ai promis une réponse, je m'engage à la tenir. Je suis désolé. Je suis… je n’apprends pas, n’est-ce pas ? » Tu l’es vraiment, de désolé, et tu acceptes la distance entre vous. C’est plus sage, en vérité, et la presser ainsi ne t’apportera rien. Tu en veux pas qu’elle te craigne. « P-pour l'instant, je n'ai à vous offrir qu'une discussion autour d'un verre de vin avant de repartir. Et je retournerai dans ma chambre, à l'Académie. Seule. Seule. La précision étire sur tes lèvres un sourire joueur. Ça me convient très bien. » Personne n’est dupe que bien d’autres choses te conviendraient bien plus, mais ce n’est plus sujet à discussion. À tentation. Bien qu’évidemment, s’il advenait qu’Alméïde change d’avis au cours de la soirée et décide de passer la nuit à tes côtés… bien, tu serais tout à fait ouvert à un changement de programme. Soyons honnête.

Impossible pour toi de détourner le regard alors qu’elle se retourne, un petit soupir passant tes lèvres. Tu détailles son dos étroit, la peau exposée, jusqu’à ce que tes yeux soient attirés par le bas de son dos, où une balance admirablement dessinée est tatouée, l’encre noire tranchant sur la peau brune. Tu n’as jamais compris l’attrait des Erebiens pour les tatouages, qu’importe les douces explications de ta mère et de tes sœurs au fil des années, mais tu n’en trouves pas moins le tatouage… bien joli. Bien joliment placé, également.

Par les jupons de Mirta, en seras-tu seulement capable ?

Prestement, tu vas t’asseoir dans le canapé, prenant ta coupe entre tes mains pour les occuper. Te retenant de carrément t’asseoir sur tes mains, pour les empêcher de trembler, pour te retenir de fondre sur Alméïde pour la prendre entre tes bras. Tu te dois pourtant de les utiliser pour remplir un peu plus sa coupe, ainsi que la tienne. Lorsqu’elle revient au canapé, le sari replacé pratiquement à l’identique, comme si rien ne s’était passé, tu lui tends son verre, dans lequel brille le vin lagran à la robe presque bleutée. Appuyé contre elle, tu laisses ta main libre tracer distraitement des arabesques sur son genou, sur sa cuisse, remontant jusqu’aux hanches. « Je n’ai même pas pris la peine de vous demander comment vous vous portiez, depuis votre départ d’Hacheclair. Je suis un vrai goujat, rigoles-tu. J’ai su que Sa Grâce Ermengarde vous avait fait un grand cadeau, suite au Tournoi des Trois Opales. Digne de la souveraine qu’elle est et qui nous manquera beaucoup, lorsque la nouvelle année arrivera… »
Tu veux parler de tout et de rien, tu veux être léger, un peu amusant, amusé. Tu veux ignorer la proximité de son corps, vos cuisses l’une contre l’autre, son parfum. Tu veux qu’elle reste ici pour un verre, même deux, tu veux qu’elle te parle d’elle, qu’elle rigole, tu veux te baigner dans sa chaleur et sa lumière jusqu’à son départ obligé, tu veux graver chaque seconde dans ta mémoire. Tu veux que le temps se suspende, juste pour cet instant.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Mar 18 Oct - 22:32

« Je suis désolé. Je suis… je n’apprends pas, n’est-ce pas ? » C'est un sourire indulgent qui étire ses lèvres devant l'air soudain déconfit de Castiel. Peut-être ne réalise-t-il pas à quel point il la trouble, ni les doutes qui continuent à la tirailler malgré tout. A-t-il seulement conscience des enjeux pour la princesse qui redoute tant de perdre à jamais l'amour et la confiance de son frère dans un risque qui pourrait s'avérer inconsidéré ? Il semble pourtant saisir sa demande cette fois-ci et son sourire, qui répond au sien, paraît le lui confirmer. « Ça me convient très bien. » Bien. Elle est quelque peu rassurée, Alméïde, malgré ses gestes fébriles au moment de replacer la riche étoffe tombée à ses pieds. La broche est à nouveau fermement accrochée et elle reprend place timidement à ses côtés, s'emparant de la coupe de vin qu'il lui tend, nouvellement remplie.

« Je n’ai même pas pris la peine de vous demander comment vous vous portiez, depuis votre départ d’Hacheclair. Je suis un vrai goujat » Pour toute réponse, un léger sourire et ses lèvres goûtent à nouveau au vin offert, délicieux. Les gestes de Castiel semblent ne plus la troubler autant ; ses joues encore roses attestent néanmoins du contraire. Sa proximité reste déroutante. « J’ai su que Sa Grâce Ermengarde vous avait fait un grand cadeau, suite au Tournoi des Trois Opales. Digne de la souveraine qu’elle est et qui nous manquera beaucoup, lorsque la nouvelle année arrivera… » « Elle nous manquera oui. » répond-elle avec douceur et sincérité. Elle a peu échangé avec la duchesse de Bellifère et pourtant, elle a pour elle une grande admiration et un grand respect. « J'ai été très surprise par cette annonce, pour ne rien vous cacher. Ca m'a beaucoup touché et j'espère avoir l'occasion de la remercier de vive voix très prochainement. » Peut-être sera-t-elle au Mémorial, qui sait ? Elle lui a d'ores et déjà envoyé une lettre qu'elle a dû réécrire plusieurs fois, peinant à trouver les mots justes pour exprimer sa gratitude, mais elle préférerait cent fois, mille fois, pouvoir le lui dire en face. « Bellifère gagnerait à avoir des dirigeants de sa trempe. C'était un duché très tolérant autrefois, saviez-vous ? Quel dommage qu'il ait évolué ainsi. » Et elle n'est certainement pas la seule à penser ainsi.

Sans vraiment y réfléchir, sa main s'empare doucement, timidement de ses doigts, les entrelaçant aux siens. Elle se sent plus détendue désormais et elle retrouve cette complicité qui s'est épanouie et qu'ils ont partagé lors de son séjour à Euphoria. Entre discussions et rires. Entre confidences et découvertes.

« J'ai d'ailleurs cru comprendre que Mélisende avait échappé de justesse à l'une de leurs traditions les plus... raffinées. » ajoute-t-elle, espiègle. La déconvenue du dauphin a été grande semble-t-il et Alméïde s'imagine avec amusement sa réaction lorsque la baronne a été récupérée. Nul doute qu'il n'a pas beaucoup apprécié l'humiliation, le futur duc, et qu'il saura le faire savoir. Qu'il doive être celui qui succédera à Ermengarde est plus qu'inquiétant.

Son pouce caresse distraitement sa peau et son regard s'attarde sur le sien. « Et vous Castiel ? Vos... vos nuits sont-elles toujours aussi difficiles ? Pardonnez mon indiscrétion, mais j'étais inquiète à la lecture de vos lettres. » Et l'inquiétude, elle se lit dans son regard qui semble le sonder, brillant de douceur. Elle repose un instant son verre sur la table, son autre main encore unie à la sienne.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Ven 21 Oct - 7:54

Tu approuves en silence les mots d’Alméïde, toute sa gratitude envers Ermengarde. Tu n’as même plus envie de parler. Juste de l’écouter. Tu n’as plus envie d’oublier sa voix. Tu te prends même à fermer les yeux, quelques secondes, alors qu’elle t’entretient de la tolérance perdue de Bellifère. Tu t’informeras auprès d’Hypérion à ce sujet, histoire d’en savoir plus. Ou de connaître ses hypothèses sur un tel changement de mentalité. Tu rouvres les yeux lorsque tu sens la main d’Alméïde se glisser dans la tienne, vos doigts s’enlaçant avec douceur. « J'ai d'ailleurs cru comprendre que Mélisende avait échappé de justesse à l'une de leurs traditions les plus... raffinées. » Tu grognes, comme première réponse. Ce n’est pas un sujet de discussion joyeux et tu n’as pas envie d’en rire, pour le moment. Ta sœur aurait pu se retrouver mariée à cet imbécile de Martial, tout de même. Heureusement, le pire a été évité, grâce à l’intervention musclée d’à peu près tout le monde. « Disons qu’il ne s’y reprendra pas une deuxième fois avec une Séverac. » Ce qui te satisfait. Beaucoup. Bien que tu saches pertinemment que le prince de Bellifère n’a pas apprécié l’humiliation et qu’il attend probablement juste l’occasion idéale pour prendre sa revanche.

« Et vous Castiel ? Vos... vos nuits sont-elles toujours aussi difficiles ? Pardonnez mon indiscrétion, mais j'étais inquiète à la lecture de vos lettres. » Peux-tu mentir à ces yeux ? Tu en as l’habitude. De tout dissimuler, cacher, de mentir, de faire comme si de rien n’était. Tu détournes le regard, après quelques secondes, pour mieux regarder vos mains jointes. Elle a de jolies mains d’artiste. « Vous vous êtes inquiétée pour moi », que tu murmures, émerveillé. Tu imagines bien le ruban doré noué autour de vos poignets. Une vie avec elle. Tu ne serais plus seul. Tu bois une gorgée de ta coupe, mais tu ne la déposes pas, fixant le vin presque bleu danser dans le fin cristal cielsombrois. Tu en as besoin, pour garder ta contenance. Aprèes quelques autres secondes de réflexion, tu articules avec retenue : « Je fais… beaucoup de cauchemars. » Ceux que ton esprit invente depuis que tu es petit, à la seule pensée de l’eau. Ceux de la Marie Sanglante, ceux ramenés à chaque fois que tu sens la cicatrice qui traverse ta main gauche. Ceux de Mélusine, de ses mots, hurlant dans ta tête à l’infini. Ceux d’Ibelin, de ces années de sevrage, enfermé. Ceux du Tournoi des Trois Opales, d’Ordalie tranchant de tous les côtés, de la cicatrice sur tes côtes et celle sur ton visage, du côté d’Alméïde. De ta Mélisende. Ta poitrine se soulève, subitement, comme un sanglot refoulé, repoussé, que tu ignores aussitôt. Tu secoues la tête, légèrement, tes cheveux noirs dansant devant tes yeux. « Ce n’est pas important. » Tu en as toujours eu, depuis que tu es tout petit. Tu… un jour, tu trouveras le sommeil. Tu le retrouveras. À moi-voix, tu concèdes néanmoins une confidence : « L’alcool m’aide. Parfois. » La drogue, aussi. Ça, par contre… tu ne peux pas. Tu ne peux pas dire qu’une fois, deux fois, tu en as repris. Tu as complètement perdu la tête et seul Césaire tient le secret de ce que tu as pu dire, faire, avant de t’effondrer dans un sommeil proche du coma.

Tu poses tes lèvres contre sa tempe, pour l’embrasser et y chuchoter : « Après, cette nuit… après, vous… je vais mieux dormir. Une pause, brève, et le baiser se mue en sourire. J’ai rêvé de vous, aussi. » Quelques nuits terribles, et d’autres… délicieuses. Les prochaines le seront bien plus.

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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Sam 22 Oct - 23:05

« Disons qu’il ne s’y reprendra pas une deuxième fois avec une Séverac. » Alméïde ne peut retenir un sourire d'apparaître sur ses lèvres, imaginant tout à fait la réaction des Séverac et celle du prince lorsqu'il a compris qu'il ne pourrait s'en approcher à nouveau sans recevoir les foudres de toute la famille. La coutume est certes barbare, misogyne, détestable et il n'y a pas à en rire. Mais à la simple pensée qu'il a voulu faire une tentative avec l'une des plus vieilles familles d'Arven, ses traits se font amusés. Elle connaît assez bien les jumelles pour savoir qu'il ne parviendrait jamais à asseoir sa supposée supériorité virile sur l'une d'entre elles. Il finirait certainement émasculé avant même d'arriver au mariage dont il a tant rêvé. Pauvre prince brimé. Elle préfère ne pas savoir quelle sera l'ampleur de sa colère à l'égard de Sombreciel après un tel affront.

Mais tout cela n'a qu'une importance minime aux yeux de la princesse sans couronne. Elle sait Mélisende en sécurité et si elle est inquiète, ce n'est pas vraiment pour elle. Les lettres de Castiel ont laissé entendre des nuits difficiles, des vieux démons à combattre, des cauchemars causant de terribles insomnies. Il ne le laissait entendre que par bribes, l'a mentionné quelques fois, s'est confié à elle sans savoir si elle lisait ses mots ou même si elle s'en souciait. Et elle s'en est soucié oui, plus qu'il ne pourrait le penser, plus qu'elle ne l'aurait cru. Il semble même incrédule à cette simple idée. « Vous vous êtes inquiétée pour moi » Ses traits affichent une moue timide, un peu gênée, mais elle ne détourne pas le regard, contrairement à lui. Son silence est plus éloquent que des mots. Sa détresse plus visible que s'il la criait à s'en casser la voix. Alors elle ne brise pas l'instant, n'interrompt pas le fil de ses réflexions. Sa main se resserre doucement sur la sienne et ses yeux détaillent le visage pâle du duc de Sombreciel, ses traits fins, une cicatrice à peine visible à la lueur des globes, presque entièrement masquée par ses cheveux noirs. Elle reste silencieuse et le laisse faire sortir les mots comme l'on aspirerait un poison hors du corps. « Je fais… beaucoup de cauchemars. » Son cœur se serre à cette idée. Durant des semaines, les nuits de la princesse ont été peuplées d'anges de pierre et désormais, elle en est débarrassée. Elle n'ose imagine un quotidien fait de rêves aussi sombres.

« Ce n’est pas important. » Ses lèvres se pincent et elle est affligée de voir à quel point il semble sincèrement y croire. Pas important. Comment peut-il penser une chose pareille ? Elle aimerait pouvoir trouver les mots pour le rassurer, pour l'apaiser peut-être un peu, mais elle a peur de ne pas trouver les paroles justes. « L’alcool m’aide. Parfois. » L'alcool. Et cette poudre prise durant le couronnement. De quoi, peut-être, chasser un instant les ombres qui peuplent ses rêves. Elle pourrait désapprouver Alméïde, mais elle ne peut juger, touchée par cette soudaine fragilité qu'elle n'avait pas encore aperçue, si ce n'est dans les mots couchés sur le papier.

Elle baisse un instant les yeux, sans savoir quoi lui dire, puis sent ses lèvres sur sa tempe, faisant naître un sourire sur ses lèvres. « Après, cette nuit… après, vous… je vais mieux dormir. » La chaleur s'empare de ses joues. Puisse Trelor lui accorder un peu de repos et lui tisser des rêves plus doux. « J’ai rêvé de vous, aussi. » Sourire timide, pression légère sur sa main. Elle relève alors doucement les yeux vers les siens et soutient ce regard noir, vulnérable. De sa main libre, elle caresse maladroitement sa joue et son sourire se veut tendre, apaisant. « J'aimerais... j'aurais aimé être capable de vous venir en aide. » murmure-t-elle, sincère, avant d'embrasser doucement ses lèvres. Le baiser est tendre, hésitant, tout d'abord. Ses doigts glissent de sa joue à sa nuque et il se fait alors plus profond, plus brûlant. Le monde autour d'elle est écarté, le temps de ces souffles qui se mêlent. Puis elle y met fin, doucement, les joues encore rouges et le regard timide.

« Racontez-moi comment vous est venue l'idée de cette fleur mécanique. » demande-t-elle d'un simple murmure contre ses lèvres, cherchant à occuper son esprit d'autre chose que ses insomnies et ses cauchemars.

La bouteille de vin se vide à mesure que leur discussion continue et elle doit éloigner son verre un instant de sa main si habile à le remplir, d'un geste automatique. Il en rit, elle ne s'en offusque pas. Et à aucun moment sa main ne relâche la sienne, jusqu'à ce que la nuit soit bien entamée et qu'elle déclare, presque à contrecœur : « Il faut que je reparte. »

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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Dim 18 Déc - 9:59, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Encore des paroles, que tu sèmes au vent   Dim 23 Oct - 0:36

Tu peux te perdre dans ses yeux sombres, dans ce sourire doux, dans ces caresses aussi maladroites que sincères, que vraies. Tu en as tant besoin… de douceur. « J'aimerais... j'aurais aimé être capable de vous venir en aide. » Vous le faites déjà, que tu penses, mais tu ne dis rien. Tu savoures le baiser qu’elle initie, d’abord timide, puis profond. Passionné. Quelques instants, le sable se suspend dans le sablier du Destin et tout te semble une délicieuse éternité. L’éternité dans ces souffles mêlés, courts, rompus. « Racontez-moi comment vous est venue l'idée de cette fleur mécanique. »

Alors, tu racontes.
Tu racontes et tu ris, Castiel. Tu racontes les enseignements de Melbren à l’Académie et ce qu’il te rapportait à chaque visite à Séverac, puis à Euphoria, toutes vos expériences et vos échecs. Tu reprends la fleur dans ta main, tu en oublies même de boire le vin, pour lui indiquer les délicats rouages, ceux qui t’ont trop souvent explosé au visage. Vous parlez, longtemps, et même, tu ne te vois pas remplir son verre sans y penser, d’un geste habitué qui te fait éclater de rire lorsqu’elle te le fait remarquer, soupçonnant une ruse pour que jamais son verre se finisse, pour que jamais elle ne quitte. Tu parlerais toute la nuit, collé contre elle, entre deux baisers, entre deux silences, et tu l’écouterais encore plus longtemps, même. « Il faut que je reparte. Oh. » Tu savais que ce moment viendrait, bien que tu aies tenté de le repousser, de tous ces rires, de toutes ces conversations. Qu’elle exprime si peu d’enthousiasme à l’idée de partir te ravit, mais… tu n’en es pas plus heureux, non. Tu te lèves le premier, pour lui tendre la main et l’aider à sortir du canapé, dans lequel vous vous êtes de plus en plus enfoncés. Tu ne veux pas qu’elle parte, mais tu as promis de respecter son rythme, ses décisions. Tu ne peux la forcer à quoi que ce soit et tu ne le veux pas.
Tu l’aimes, n’est-ce pas ?

La toile offerte est toujours exposée sur le tapis du salon et tu t’empresses donc de la rouler à nouveau, et sans rien pour l’attacher, tu défais ta lavallière et t’en sers de ruban, son tissu sombre et satiné noué autour du lourd rouleau. Hors de la pièce attend Césaire, qui s’occupe de transporter la toile jusqu’au pas de la porte de ta tour. Il te laisse t’occuper de la princesse d’Erebor, lui offrir ton bras pour la conduire jusqu’à cette simple porte qui bientôt vous séparera. Tu l’observes en silence remettre son manteau et rabattre le capuchon sur son visage, mais avant qu’elle prenne la toile et la route vers l’Académie, tu serres Alméïde entre tes bras. Fort, oui, et au cœur de cette étreinte chaude, un baiser, puis un autre. Tu sais que Césaire, obligeant, s’est détourné, attendant d’être à nouveau demandé. Tu ne sais pas qu’il ne perd pas une miette de ce qui se joue dans cette tour penchée et que les oreilles du Fils des Ombres se régaleront des mots qui lui seront portés. Enfin tu consens à cesser tes attentions et tu lui offres toi-même la toile roulée. Tu es aussi rouge qu’elle, aussi heureux. Tu as eu ce que tu désirais et plus encore. « Je vous attendrai, Alméïde. Tu attendras sa réponse, qu’importe celle-ci. La porte s’ouvre, une ouverture juste assez grande pour que l’Erebienne se glisse au dehors, ombre parmi les ombres. Mirta vous garde. » Qu’elle garde celle que tu aimes.

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