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 La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]

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Les Chevaucheurs
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Je suis : Chevaucheuse de la dragonne Royale, reine du vol de Rubis et mage de l'été (destruction)

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Message Sujet: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 6 Juin - 22:06


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Séverine de Bellifère & Abigaïl  l'Embrasée

La revanche des cheveux

Ou comment Séverine renvoie la pareille



• Date : 10 février de l'an 1002
• Météo : venteux et froid
• Statut du RP : privé
• Résumé : Séverine et Abigaïl se retrouvent nez à nez pour la première fois depuis longtemps. La Cielsombroise la tient peut-être, sa vengeance.
• Recensement :
Code:
• [b]10 février de l'an 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2249-la-revanche-des-cheveuxseverine-et-abigail#68510]La revanche de cheveux[/url] - [i]Séverine de Bellifère & Abigaïl l'Embrasée[/i]
Séverine et Abigaïl se retrouvent nez à nez pour la première fois depuis longtemps. La Cielsombroise la tient peut-être, sa vengeance.


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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 6 Juin - 22:17

Février de l'an 1002. Le temps est froid, la bise glaciale et Abi frissonne sous sa cape qu'elle resserre autour d'elle. Il fait froid, dans les Terres du Nord à cette époque de l'année. Et l'océan à proximité n'arrange rien aux conditions climatiques. Ses bottes martèlent le sol pavé de la Ville Haute. Des coups durs mais catégoriques, comme la promesse de ne jamais se retourner. Abigaïl avance à grands pas, laissant derrière elle l'Académie, dont les tours sont désormais invisibles dans la nuit. Il n'est pas tard pourtant. Mais ici, l'hiver bat son plein et le soleil se meurt plus rapidement que l'été, plongeant le pays dans une nuit longue, rendant à Lida et Sithis leur royaume. Pour l'occasion, Abigaïl a préféré laisser Titou à la Caserne, en Cibella, avec Royale. Elle a pris un portail jusqu'à Lorgol, atterrissant directement à l'Académie, où elle s'est entretenue avec Diane de la Fère, pour une affaire importante. La guerre a éclaté entre Faërie et Ibélène. L'heure est grave et les Chevaucheurs doivent, plus que jamais, restés soudés. Les petites zizanies entre duchés doivent cesser pour le bénéfice de Faërie. Pour le moment, ils ont l’avantage, mais jusqu'à quand ? Abigaïl n'est pas la plus enjouée à l'idée de guerroyer, même si elle prêche la bonne explosion plutôt qu'un joli discours. Mais cette guerre dissimule quelque chose de bien plus sombre. C'est une conspiration. De personnes qui profitent de cette diversion pour assouvir des desseins bien plus obscures. Elle le ressent, Abigaïl. C'est comme un murmure, un pressentiment qui anime chacun de ses pas. Elle sait que Diane pense pareil. La Maréchale de la Flamme voit plus loin que ce qu'elle laisse penser. Quelque chose de sombre se prépare. C'est une des raisons de sa venue. Demain, elle retourne s'entretenir avec Diane puis repartira à sa Caserne. Faërie a besoin d'elle.

Pour l'occasion, la chevaucheuse loge dans une petite auberge à la frontière de la Ville Haute et de la Ville Basse. Les tarifs ne sont pas excessifs et elle bénéficie d'une meilleure proximité. Elle y est aussi plus à l'aise. Même si elle y a passé plusieurs années, il n'est jamais bon de s'aventurer dans la Ville Basse la nuit. La nuit s'étire, le froid s'immisce entre les petites ouvertures de sa tenue.
Froid sournois.
Aussi sournois que les voleurs de la Cour des Miracles.
Pressant plus le pas, Abigaïl baisse la tête. Le vent commence à se faire plus violent. Pour un peu, elle se croirait à Souffleciel. Le souvenir de sa terre natale lui arrache une grimace. Il ne manque plus que ça. Se retrouver à la merci de la Cour des Miracles et d'un vent outreventois. Il suffit juste d'une poignée de Bellifériens pour l'enlever, ou d'un Cielsombrois qui lui proposerait de finir sa bouteille. Rien n'est plus sournois qu'un Cielsombrois. Et elle en a rencontré une panoplie.
Finalement, l'auberge finit par se dresser entre quelques éclairages. La jolie rousse parcourt les derniers mètres qui la sépare et finit par entrer séant, époussetant sa cape une fois à l'intérieur. La chaleur ravive les couleurs de son visage et dessine un léger sourire heureux. Abigaïl ne se sent bien que dans cette ambiance chaude et éclairé. C'est comme si le soleil et l'été ont été spécialement créés pour elle. Ses pas la conduisent au comptoir :

-Un verre de vin, de l'eau et le plat du jour, commande-t-elle d'une voix ferme.

La serveuse hoche la tête et part passer commande, tandis que la chevaucheuse avise une table libre pour s'y asseoir. Quelques minutes plus tard, son repas est servi et Abi a échangé quelques pièces en plus pour sa serveuse. La soupe est chaude et finit de la réchauffer, la plongeant dans une douce torpeur. La journée a été rude et Abi rêve de plonger sous les couvertures épaisses de l'auberge et de dormir jusqu'au lendemain. Malheureusement pour elle, le Destin en a décidé autrement. La porte s'ouvre de nouveau et l'air froid pénètre dans la pièce le temps d'une seconde. Abi frissonne. C'est le premier signe.
Le deuxième arrive sous une voix féminine qui s'élève un peu plus loin, sûrement vers la serveuse, qui lui répond. Au début, la rouquine ne s'en apperçoit.
Qu'elle connaît cette voix.
Ce n'est que la deuxième fois, qu'elle plisse les yeux, relève la tête et s'extirpe de sa torpeur. Elle se tourne brusquement sur sa chaise, son regard se portant sur la nouvelle venue. Même de dos, elle reconnaît cette silhouette entre milles. Cette posture hautaine. Cette voix arrogante. Cette chevelure...

-Séverine...

Elle ne se rend même pas compte qu'elle a parlé à voix haute, même si elle a plus craché son nom qu'elle ne l'a susurré.
Séverine.
Beurk.

HRP:
 

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Je suis : astronome et dirige l'Observatoire de Voile-du-ciel dans la baronnie de Mauve en Sombreciel. J'étais autrefois héritière de la baronnie de Mauve jusqu'à ce que mon cousin Castiel de Sombreflamme, le duc de Sombreciel ne me dépouille de mes titres en l'an 1000.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mer 7 Juin - 13:15

Trois jours déjà que Séverine avait trouvé à sa porte les gardes à la livrée de Sombreciel.  Trois jours qu'elle changeait d'auberge tous les soirs pour éviter qu'ils ne la retrouvent : elle n'avait aucune idée de ce que le duc de Sombreflamme pouvait bien lui vouloir et la question ne l'intéressait nullement, tant qu'elle pourrait l'éviter.  Elle savait que tôt ou tard, on la retrouverait, mais elle n'était point pressée que cela n'arrive.  Le meilleur moyen pour ne pas être retrouvée, songeait-elle, c'était d'aller là où on ne croirait pas la trouver et c'est ainsi qu'elle avait décidé de déniché une auberge près de la Ville Basse pour passer la nuit.  Elle n'osait pas s'aventurer de nouveaux dans les bas quartiers de la ville, pas après ses mauvaises expériences là-bas.  S'y rendre de nuit, c'était comme de demander à être détrousser.  Elle l'avait vite appris à ses dépens : personne ne vous aiderait dans ces rues puantes et humides, et si jamais une âme charitable s'avançait, on pouvait être certain d'en payer le prix à son insu.  Elle-même en avait fait les frais et perdu ainsi l'un de ses meilleurs jupons.  Certes, la Ville Basse était de loin l'endroit où on ne la chercherait point parmi tous, mais elle n'y avait pas assez d'amis pour s'y réfugier.  Ainsi, l'option qui restait n'était nulle autre que celle de se tapir dans les rues encore fréquentables de la frontière entre Ville Haute et Ville Basse.  La chose était tout de même difficile à appréhender pour la pauvre noble déchue, puisqu'on n'y retrouvait pas beaucoup d'endroits particulièrement propres, du moins pas selon les critères d'une fille de baron légèrement hautaine.  Si elle n'exprimait pas son mépris à voix haute et tentait de le comprimer, celui-ci transparaissait toujours pourtant un peu.  Et c'était encore une fois le cas lorsqu'elle poussa cette porte, l'endroit qui lui semblait le plus approprié en fonction de ses besoins pour la nuit.

Elle interpella une serveuse avec qui elle discuta le prix pour une nuit : elle ne roulait pas sur les fleurons, sa bourse était maigre puisqu'elle avait laissé une partie de ceux-ci dans l'autre auberge où elle logeait auparavant, endroit où elle avait déjà régler les charges pour sa chambre pour encore quelques jours.  Dépense inutile et outrageante pour la jeune femme sans ressources.  Mais elle n'avait pas d'autre choix, alors elle serrait les dents et endurait mille tourments.  Comme la discussion ne semblait pas porter à fruits pour le moment, la bonne était trop sotte pour entretenir une conversation avec l'invitée de marque qu'elle était, elle demanda à ce qu'on lui porte à manger en attendant que quelqu'un d'un peu plus éclairé ne vienne prendre la relève.

Et c'est alors qu'elle l'entendit.

Une voix familière.

Une voix tant détestée.

Et elle sourit.  L'heure de la vengeance avait sonné.

Elle parcouru la salle d'un regard et la trouva facilement : toujours cette même crinière rousse.  Elle était impossible à manquer.  Armée de son sourire le plus mielleux, elle se dirigea vers la table de son ennemie d'adolescence après avoir indiquée qu'on devait lui porter ses victuailles à celle-ci.

« Tiens, tiens.  Abigaïl, » déclara-t-elle sur un ton un peu grinçant.  Elle déposa avec élégance son derrière sur la chaise qu'elle avait tirée du pied.  Assise tout au bord, droit comme une piquet, elle contempla un instant celle qui lorsqu'elle avait quinze ans avait ruiné sa chevelure.  Elle avait mis des mois avant de pouvoir en faire quelque chose.  Heureusement, elle avait pu compter sur ses chapeaux et voiles de Cielsombroise pour masquer les dégâts, elle avait même lancé l'espace d'un moment une mode des cheveux courts, mais elle en voulait toujours autant à la jeune femme.  Même dix ans plus tard, elle n'avait toujours pas enterré la hache de guerre.

« Mais quel plaisir de te retrouver, ma tendre amie, » ajouta-t-elle sur un ton moqueur.

Bien évidemment que cela lui faisait plaisir.  Toutes ces années à l'Académie, elle n'avait pu obtenir vengeance, puis leur route s'était séparée, l'une d'entre elle allant en contrée faë et l'autre en terre ibéenne.  Avec la guerre qui sévissait, elle ne croyait pas la trouver de sitôt.  Ou plutôt, avec les événements concernant la trahison et la mort de ses parents, elle avait plutôt relégué au plus bas de ses priorités se venger des offenses qu'elle avait subies adolescente.  C'était la voix de la Chevaucheuse crachant son nom qui lui avait ramené à la mémoire ce déplorable incident.  Dommage pour elle, parce que Séverine avait déjà un plan pour l'embêter.  Il n'était plus question de négocier le prix de la chambre, elle s'imposerait dans celle d'Abigaïl tout simplement.  Elle avait un bon pressentiment.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mer 7 Juin - 17:35

ien elle qui s'approche. Les traits plus ridés, plus adultes. Une vieille, en somme. En toute objectivité, bien évidemment. Ou alors c'est la fatigue de son visage. Mais peu importe, Abi n'a pas envie de la voir ici. Séverine Belastre. Comme si un astre peut être beau. C'est plutôt une saleté, une chose répugnante, une insulte à la vie humaine. Séverine ressemble plus à ce genre de descriptions qu'un astre lumineux. Rien que de la voir, elle se retient de lui vomir dessus. Juste pour la remettre à sa place : au fond d'un caniveau.
Sa voix non plus, ne l'a pas manqué. Grinçante, dégoulinante d'hypocrisie. Rien que de l'entendre, elle est déjà à deux doigts de lui exploser un bras. Elle a grandi, Abigaïl, depuis leur dernière rencontre. Sa magie est au beau fixe, elle n'éprouvera aucune difficulté à lui exploser un doigt. Les humains ont des molécules plus complexes mais un doigt, c'est largement dans le domaine de ses compétences sans trop puiser dans ses réserves. Elle peut faire doigt par doigt et savourer ses cris de douleurs. L'unique chose agréable qui sort de sa bouche.

Séverine s'assoit à sa table. Mais je t'en prie, installes-toi, fais comme chez toi. Elles se regardent longuement, d'un regard assassin, comme si l'une s'apprête à sauter sur l'autre. Son visage est défiguré par un rictus mauvais et ses yeux pétillent dangereusement. Abi ressent un très mauvais sentiment. Il ne manque plus qu'elle dans cette journée désastreuse. Elle qui parlait de Cielsombrois quelques instants plus tôt... pourquoi donc s'acharne-t-elle à jouer ainsi avec le Destin ? Déjà qu'elle se trimballe une satané malédiction. Mais elle préfère mourir noyée plutôt que de laisser Séverine piétiner sa dignité. Sa bouche esquisse un sourire railleur, fidèle reflet de son interlocutrice. C'est qu'elles ont grandi, Abigaïl et Séverine. Elles ont eu le temps de laisser l'eau couler sous les ponts, s'agiter, remuer, pour attendre le moment idéal de se déverser avec perte et fracas, entraînant tout sur leur passage. La jolie rousse la dévisage, le regard dur, glacial. Furieux.
Elle n'a pas envie de la voir mais ne partira certainement pas la première.

-Séverine, mon amie de toujours. Très jolie perruque.

L'allusion acerbe à la mésaventure de ses cheveux lui arrache un sourire encore plus goguenard. Ce n'est pas spécialement dans la nature d'Abi d'être ainsi vénéneuse avec les gens, mais Séverine est la pire des vipères en ce monde. Elle mérite tout le venin d'Arven et si Abi était couturière, elle se fera un plaisir de lui coudre la bouche avec l'épingle la moins pointue qui existe. Parce que moins c'est tranchant, plus ça fait mal. Voilà à peu près le genre de pensées qui lui traversent l'esprit chaque fois qu'elle croise sa route. Et, heureusement, c'est une chose qui n'arrive que toute les décennies. Heureusement pour Arvent, également, sinon le monde sombrerait dans le chaos depuis longtemps déjà.

-J'ai été aussi enchantée de te revoir... Maintenant si tu veux bien dégager de ma table, j'ai autre chose à faire que d'écouter tes inepties.

Ne jamais faire confiance à un Cielsombrois. Ils sont vicieux et retords. Séverine en est un pur produit et Abi préfère ne pas l'avoir dans son sillon. De plus, elle a besoin de prendre une bonne nuit de sommeil, réfléchir à sa journée et repartir en forme, demain, pour aller voir la Maréchale. Avant de repartir pour Cibella où elle n'aura plus à pensée à Séverine, sa perruque et son sourire mièvre.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Jeu 8 Juin - 17:07

La gente dame ne releva pas le commentaire sur la perruque, bien qu'il la fit bouillir instantanément.  Un rappel de leur esclandre fatidique dans le hall d'entrée de l'Académie.  Néanmoins, aussi furieuse soit-elle de l'impudence de la rouquine, la jeune fille de quinze qui montait sur ses grands chevaux et grimpait dans les rideaux à la vitesse de l'éclair avait mûri : elle ne se laisserait plus prendre à ce petit jeu, Abigaïl pouvait la provoquer autant qu'elle le désirerait, elle ne s'en mordrait qu'encore plus les doigts plus tard.  Séverine s'en fit la promesse et elle n'avait pas besoin des valeurs du duché de l'honneur pour la tenir.  Loin de là.  Ses motivations étaient bien différentes et beaucoup trop perverses pour que l'on puisse y voir jamais quelque chose d'honorable.  Un juste retour des choses si on considérait que lors de leur escarmouche à toutes les deux, c'était elle qui en avait payé le plus cher prix, se retrouvant en petite tenue devant tout le monde, perdant complètement une robe neuve et se retrouvant avec la moitié du crâne chauve.  Ne pas chercher à se venger aurait été un affront à Lida et si elle ne pratiquait pas son culte, elle ne désirait pas non s'attirer ses mauvaises grâces.  Il s'agissait bien là d'une déesse qu'il valait mieux ne pas offusquer.  Peu importait le grandeur ou la petitesse de l'acte.

Lorsqu'elle est invitée avec toute l'élégance de la jeune femme assise en face d'elle à prendre congé, un large sourire sournois se peignit sur son visage : oh, mais si elle croyait que ce serait si aisé de se débarrasser d'elle maintenant qu'elle avait ravivé avec un doigté parfait les flemmes de la haine, elle se leurrait profondément.  Séverine n'avait le moindre désir de se lever et d'aller s'installer ailleurs.  Loin de là, elle comptait bien profiter de l'hospitalité d'une bonne vieille camarade de classe.  Qu'elle la lui offre de bon cœur ou non.  Si adolescente, elle n'était que pédanterie et orgueil, elle avait gagné en finesse avec l'âge et comptait désormais parmi les meilleures manipulatrices que comptait le continent.  Ne s'était-elle pas déjà mise quelques victimes dans sa poche, pauvres êtres qui lui avait mangé dans la main.  Elle ressentait aucune forme de pitié à l'égard de qui ce soit et n'hésitais à rien pour atteindre ses buts.  Et ce jour-là, l'objectif était obtenir une vengeance longuement due et économiser quelques fleurons à sa pauvre bourse déjà bien maigre.

« Quelle froideur envers une ancienne camarade de classe! s'exclama-t-elle faussement choquée, Mais quelle honte! »  Elle accentuait chaque syllabe, élevant la voix pour que l'on entende autour d'elles.  Cette fois, ce ne serait point elle qui passerait sous l'opprobre des autres.  Et encore, elle était généreuse puisqu'elle était bien persuadée que son ennemie de toujours n'était que de passage dans cette auberge, tout comme ces gens présents le seraient dans sa vie.

« Pourtant, Abi, tu permets n'est-ce pas puisque nous sommes si proches – nous avons même joué à la coiffeuse ensemble – il faudra bien les écouter.  Je sais que tu en meurs d'envie, n'est-ce pas? »  Un sourire carnassier dévora l'espace d'un instant son visage et se remplaça rapidement par un aimable sourire lorsqu'une bonne vint poser la nourriture devant elle.  Elle tend quelques fleurons à la demoiselle tout en disant : « Voyez l'énorme surprise!  Je retrouve une vieille amie en ces murs!  Et elle refuse que je prenne une chambre et insiste pour me garder près d'elle!  N'est-ce pas charmant! »  Elle s'exclamait, animait ses propos d'une candeur enfantine qui n'était que feinte.  Et la soubrette s'effaça après avoir acquiescé d'un ton plus ou moins désintéressé aux remarques de la cliente capricieuse.

Le regard de l'astronome se posa sur Abigaïl un instant.  « Mais qu'as-tu?  Tu ne manges plus?  Allons, ne fais pas cette tête et continue ton repas, très chère, » l'enjoignit-elle en appuyant fortement sur les mots tendres, y mettant toute l'ironie dont elle était capable.  Elle s'attaqua à son plat elle-même, faisant fi de sa voisine d'en face.  Ce n'était pas savoureux, mais elle avait connu pire dans les rues de Lorgol et ses tavernes plus ou moins mal famées.

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Les Chevaucheurs
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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Dim 11 Juin - 13:49

Elle n'a pas besoin de le voir pour savoir que sa réplique a piqué au vif son humiliation. L'imaginer grimacer intérieurement suffit à lui arracher un sourire de satisfaction. Elles ont bien changé, les deux rivales de l'Académie. Plus mûres, plus aguerries, éprouvées par le temps et leurs aventures mutuelles. Mais la petite Abigaïl n'a jamais fait semblant et ne le fera jamais. Sa haine envers celle qui a été d'une rudesse injurieuse envers elle, ne s'est jamais tarie et elle ne laissera jamais croire autre chose. Son petit numéro de fausse amie vexée et attristée de se voir ainsi rabrouée par une ancienne camarde ne lui faisait ni chaud ni froid. En d'autres circonstances, Abi répliquerait et l'enverrait balader, fermant sa porte à clé et la laissant se débrouiller. La Séverine semble avoir grand besoin d'aide et l'imaginer dans la détresse lui procure un grand plaisir. Une mendiante. Le Destin l'a ramené à sa condition humaine la plus en phase avec sa personnalité.
Mais voilà. Le soucis qui se pose c'est que Abi est maudite par Cérès depuis plusieurs jours déjà. Une malédiction qui l'oblige, malheureusement, à accepter ce qu'on lui demande.
Sans exception.
Le Destin se moque bien d'elle, également, en mettant Séverine sur son chemin le jour où elle est maudite. Elle devine très bien les petites manigances de Séverine. Elle sait de quel côté son venin va l'empoisonner. Même si la serveuse n'en a cure, tout ce qui compte c'est d'être payée. Mais si la Cielsombroise s'aventure sur ce terrain, la Chevaucheuse ne pourra plus se dérober. Il sera trop tard.
Fichue malédiction.
Mettre le feu à l'auberge et à la gourgandine de service n'est pas non plus une excellente idée. Fini le temps de l'Académie où une Abigaïl de seize ans brûlait les robes et les cheveux. En tant que Chevaucheuse, elle ne peut pas non plus se permettre de brûler une Cielsombroise qu'elle déteste. C'est contre son honneur et le code des Chevaucheurs. Le seul crime de cette vipère c'est d'être détestable, arrogante et superficielle. De quoi lui coller une bonne droite mais pas de l'incendier sur place.

-A quoi tu joues ? fulmine-t-elle agacée. Si tu viens mendier, y a la rue pour ça. C'est mieux de laisser les bêtes dans leur habitat naturel.

Sa voix a également haussé d'un ton, agrémenté d'un sourire railleur. Elle ne se préoccupe guère des regards ou des jugements des autres. Ville Haute ou Ville Basse, le premier qui l'ouvre, elle le rosse jusqu'à ce qu'il soit obligé de manger mixé. Son regard se tourne vers la serveuse qui passe servir une table non loin.

-S'il vous plaît, j'aimerai que vous mettiez cette souillon à la porte. Je pensais pas que l'auberge acceptait les mendiants. Vous voulez que j'en réfère au propriétaire ?

La serveuse hésite. Son regard passe de Séverine à Abigaïl et de l'Outreventoise à la Cielsombroise. L'une a de quoi payer, l'autre non. Mais l'aplomb des manipulations de l'astronome la perturbe et elle n'ose pas bouger immédiatement. Voyant son hésitation niaise, la Chevaucheuse commence à s'agacer. C'est quoi cette serveuse figée ? Un glacier peut-être ? Elle veut qu'elle lui mette le feu aux fesses pour voir si ça fond ?

-Qu'est-ce que vous avez à rester planter là ?

La serveuse sursaute et hoche la tête, servant son client puis venant les retrouver.

-M'dame... euh... Enfin... vous pouvez pas rester là quoi... j'crois hein. Faut payer.

Levant les yeux au soleil, Abigaïl se retient de la claquer. Oui parce que c'est un discours tellement convaincant... Sûre que Séverine va partir avec ce genre de rhétorique efficace. On est jamais mieux servi que par soi-même.

-Tu mettras pas un pied dans ma chambre. Vu ta corpulence, tu vas prendre toute la place. Et ça fait combien de temps que tu t'es pas douchée ? Tu empestes. Dégage.

Si elle retient ses pulsions incendiaires, ses propos se sont aiguisés au fil des années et la politesse n'est pas non plus une de ces priorités. Surtout avec une coureuse de rempart.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Dim 11 Juin - 15:57

Séverine découvrit ses dents dans un sourire carnassier. Oh, elle ne savait pas dans quelle situation elle venait de se mettre. L'état naturel de Séverine? Mais c'était bien celui d'un prédateur, et Abigaïl se mordrait les doigts d'en être la proie ce soir-là. Il en faudrait beaucoup plus pour faire fuir Séverine que des paroles mauvaises. Et elle ne monterait point dans les rideaux comme elle l'aurait fait dix ans plus tôt. Elle se contenta de manger en silence, ne savourant pas ces victuailles, mais au moins son ventre se remplissait. Le meilleur moyen de satisfaire son ennemie était de céder à ses provocations et l'astronome comptait bien la faire enrager bien comme il faut avant de la quitter. De préférence le lendemain matin, car il serait honteux de laisser ses précieux fleurons entre les mains de personnes d'aussi basse naissance. Après tout, elle y avait touché et ils venaient de la vente du manoir familial. Il y avait de quoi offenser les ancêtres en laissant l'héritage familial passer en la possession de vilains. Lorsqu'elle interpella la jeune servante, la Cielsombroise écouta leur échange de façon très sereine. Oh, si elle croyait qu'il serait aussi facile que cela de se débarrasser d'elle. Elle sourit une nouvelle fois, mielleuse en s'adressant à la pauvrette qui ne savait plus sur quel pied danser.

« Mais vous aurez la monnaie pour le repas, êtes-vous sotte au point de pas reconnaître des vêtements de bonne facture? Une dame de mon rang ne devrait même pas poser le pied sur les planches de votre établissement. Désirez-vous mettre en colère votre patron en perdant une cliente supplémentaire pour un repas du soir et un autre au matin, demain? »

Elle toisa Abigaïl avec condescendance un instant. Puis ajouta à l'intention de la soubrette : « Que faites-vous encore là? Dois-je ouvrir ma bourse pour vous montrer tout ce qu'elle contient avant que vous ne nous laissiez? » La froideur des propos de la noble déchue semblèrent faire effet et chassèrent la pauvre adolescente qui espérait bien ne plus avoir à faire à ces deux clientes étranges et priait pour que la prochaine fois que le besoin s'en ferait sentir, quelqu'un d'autre s'occuperait d'elles deux.

Elle se tourna finalement vers la Chevaucheuse, une fois débarrassée de l'inopportune. Celle-ci semblait bien décidée à pousser l'insolence au plus au point et plus elle le faisait, plus Séverine se voyait confirmée dans son idée de reprendre sa vengeance. Elle n'hésiterait pas un seul instant à faire regretter tout ce qu'elle venait de dire à l'impertinente.

« Tout d'abord, tu vas t'excuser de tes propos inappropriés pour la bouche d'une jeune femme, » déclara-t-elle sur un ton neutre et autoritaire qui n'admettait pas la discussion. Elle fixa la rouquine avec intensité. « Ensuite, tu vas me faire le plaisir de manger en silence, un large sourire aux lèvres comme si tu étais ravie de me retrouver, ce que tes insultes adorables me poussent à croire. On dirait un bébé dragonnet qui fume et croit être capable de cracher du feu. Comme quoi les années ne t'ont pas améliorée, ma pauvre, ajouta-t-elle avec toute la condescendance dont elle était capable, Quant à moi, je vais aussi savourer ce repas de mendiant, ce en ta compagnie, et nous tenteront de rendre ce moment agréable. »

Elle détourna le regard pour se concentrer sur son pâté en croûte et déguster son hydromel, la boisson la plus raffinée de cette taverne, loin de plaire parfaitement à son fin palais. Elle qui fronçait le nez à la moindre odeur nauséabonde.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 13 Juin - 12:02

Le Destin a parlé, son sort est fixé. Abi sait que sa fierté a signé sa perte. Elle devrait se taire, jouer l'indifférence, ne pas se concentrer sur la présence indésirable de la Cielsombroise. Elle devrait finir de manger, se lever et, sans un mot, regagner sa chambre. Ne dit-on pas que l'indifférence est mère de souffrance ? Rien de pire pour piquer l'orgueil de quelqu'un que de ne lui témoigner aucun intérêt. Mais les faux-semblants et les manipulations subtiles de la Cielsombroise ne sont guère applicables à la Chevaucheuse en feu. Sa franchise, son honnêteté ont toujours été ses points forts. Pas de mensonges. Pas de détours sournois. Rester droite et honnête, exprimer ce qu'elle pense. Ses points forts mais sa plus grande faiblesse. Les personnes trop honnêtes se font souvent dévorer par les vils manipulations d'êtres plus sombres et sournois. Comme maintenant. Avec un flegme très Séverinien, la peste de service renvoie la serveuse au loin. Son aplomb finit par triompher alors que Abigaïl sent son échec se profiler à l'horizon.
Il ne se fait guère attendre plus longtemps.
Comme elle l'a craint, la Cielsombroise lance ses ordres avec une fermeté sans appel. Abi sans la malédiction prendre le dessus sur sa raison, indépendamment de sa volonté. Les mots enflammés qu'elle veut prononcer à son égard reste bloqués dans sa gorge. Une puissance bien supérieure à la sienne s'écrase sur elle, oppressante. Ses jambes flageolent alors que la Chevauseuse lutte dans un combat mental.
Peine perdue.
Le vainqueur se dévoile rapidement et, les traits crispés par la fureur et la haine brûlante qu'elle ressent pour cette vipère, Abigaïl se laisse tomber sur sa chaise.

-Je suis désolée, mes propos étaient vraiment déplacés.

Les excuses se déversent de sa bouche sans qu'elle puisse avoir le moindre contrôle dessus. Bien malgré elle, ses traits se détendent et un doux sourire anime ses traits alors qu'elle se remet à manger. Intérieurement, cependant, il en est tout autre. Abigaïl bouillonne, son feu à deux doigts de brûler chacun de ses organes. Elle peut se faire exploser. En explosant elle défigurera à jamais le visage hideux de cette monstruosité de la nature. Les traits de son visage sont peut-être fins et délicats, mais la noirceur de son âme la rend laide.
Atrocement laide.
Le silence suit ses directives, obligeant Abi a respecter le moindre de ses propos. Même si elle sent l'esprit de Royale se fondre dans le sien, personne ne peut la tirer de là. Il faut juste attendre que la malédiction s'arrête d'elle-même. Son esprit s'enflamme d'injures et de propos peu courtois qu'elle rêve d'adresser à la Cielsombroise mais sa bouche reste hermétiquement fermée. Les ordres directs ne peuvent être contournés. Il ne reste qu'à lui obéir. Dans une rage silencieuse. Rage qu'elle entretient pas un brasier impatient, tel le cratère d'un volcan qui n'attend que d'entrer en éruption. Le Destin a décidé que ce jour appartient à Séverine. Mais Abigaïl se jure de se venger. Elle lui fera payer cet affront, cette journée où, maudite, elle n'aura pas été capable de lui tenir tête, ne serait-ce qu'une fois. Oh oui, elle lui fera payer. La prochaine fois, elle lâchera Royale sur elle. Et elle la regarda courir comme le misérable insecte qu'elle est. L'unique pensée réconfortante, c'est que Abi sait qu'elle n'a pas besoin de malédiction pour prendre le dessus sur ce cafard.
Mais en attendant, elle va devoir faire une chose dont elle n'a pas l'habitude : patienter.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Ven 16 Juin - 14:22

Une joie exubérante s'empara de la belle lorsque les mots d'excuses sortirent de la bouche d'Abigaïl.  Elle pouvait sentir qu'elle n'y avait pas le cœur, mais elle s'était exécutée docilement, ce qui avait mis le en fête le cœur de la Cielsombroise.  Oui!  Elle la tenait enfin cette vengeance!  Puis elle continuait à manger en silence, sans piper le moindre mot.  Séverine ne s'expliquait point pourquoi la Chevaucheuse obéissait à ses ordres, mais pour que deux d'entre eux le soit et sans réelle protestation, elle devait alors en profiter un maximum.  Et l'idée de s'emparer de la chambre de la jeune femme lui trottait toujours en tête. Certes, c'était vile et indigne d'une dame, mais elle était un peu acculée au pied du mur, n'ayant pas accès à toutes ses ressources, toujours à l'autre auberge…  On pouvait toujours essayer.  Elle sourit avec un air triomphant alors qu'elle continuait elle également à avaler son repas.  Répugnant certes, mais comestible au moins.  À peine la moitié avalée, elle se retrouvera dans l'état où elle était incapable de porter une bouchée de plus à sa bouche sans risquer de ne se rendre malade.  Non point parce qu'elle aurait trop mangé, mais bien parce que les aliments lui soulevaient le cœur.

Elle repoussa l'assiette devant et elle posa ses yeux sombres sur la rouquine.  Il était temps de tester à nouveau ce  nouveau pouvoir sur son ennemie jurée, celle de lui faire faire tout ce qu'elle désirait.  Cela avait marché par deux fois, pourquoi cela ne pourrait-il pas fonctionner une seconde fois?  Ses lèvres s'étirèrent en un sourire carnassier.  Elle lui montrerait ce qui arrivait aux gens qui osaient se moquer d'elle.  Pendant des mois, elle n'avait pas pu sortir de la maison sans porter un chapeau ou un voile couvrant toute sa tête dépourvue d'une abondante chevelure.  Pour une jeune adolescente coquette et de bonne famille, il n'y avait rien de plus honteux que de ne point avoir de cheveux pour accompagner sa beauté naturelle.  Surtout que, à la base, Séverine n'avait rien fait de mal.  Si l'apprentie mage avait fait attention à où elle posait les pieds, rien de tout cela ne serait arrivé.  Et puis, encore, carboniser la coiffure de quelqu'un seulement parce qu'il y avait eu collision c'était ridiculement réagir par-dessus la nécessité.

« Je suis fatiguée maintenant que j'ai mangé.  Amène moi à ta chambre, » ordonna-t-elle.  Il fallait que ça marche, il fallait que ça marche.  Puis, si jamais ça ne fonctionnait pas, elle la suivrait.  Elle avait à se venger, la prochaine rencontre avec l'impudente ne serait peut-être pas pour bientôt, elle qui était si occupée.  Elle était si près du but.  Il lui en restait tant à faire pour se venger de Castiel, obtenir réparation pour une vieille dette du passé la rendrait plus optimiste à propos de ses projets.  Elle réussirait ce premier pas, puis le second.

« Je tombe de fatigue, nous serons plus confortable pour converser en lieu privé, tu ne trouves pas? »  insista-t-elle alors qu'un plan commençait à se former dans sa tête.  Il y avait de quoi exploiter le caractère coincé d'une Outreventoise.  Oui ce serait une joie de se servir de ses charmes Cielsombrois pour obtenir sa vengeance.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Ven 23 Juin - 15:15

Le silence c'est installé dans la pièce principale de l'auberge, maintenant tranquille. Néanmoins, la jeune Chevaucheuse bouillonne de l'intérieur. Le visage de Séverine devant elle... Qu'est-ce qu'elle a envie de la frapper cette femme. De la faire souffrir. Profondément. Jusqu'à ce qu'elle la supplie d'épargner ses souffrances. Elle aimerait tellement le faire. La Cielsombroise est de plus haute naissance qu'elle mais jamais Abi ne s'abaissera à obéir aux ordres d'une telle vipère. Elle le pensait fortement, en tout cas. Jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui et la malédiction. Elle se retrouve donc face à son ennemie jurée, à obéir à ses ordres, voyant la vengeance de la Cielsombroise se profiler à l'horizon sans pouvoir faire quoique ce soit contre.

La Chevaucheuse commence à en avoir assez. Elle mange lentement, chaque geste précédant le même dans un automatisme presque mécanique, à croire qu'elle est devenue une poupée. Finalement, au bout d'un temps qui lui paraît interminable, la nasillarde de Séverine surgit à nouveau dans son esprit. Comme poussée par une force qui la dépasse, alors que sa rage ne cesse d'augmenter, Abigaïl se lève, toujours sans un mot, et se tourne vers l'escalier pour y monter les marches menant à sa chambre. Elle cherche une faille dans les propos de la Cielsombroise, une fissure par laquelle elle pourra passer pour ne plus subir cette humiliation. Cette vipère la conduit droit dans un piège finement tissé. La malédiction l'empêche de faire quoique ce soit d'autre. Une véritable horreur.
Les phrases mesquines et faussement innocentes de la Cielsombroise lui soulève le cœur à chaque mot. Elle n'a qu'une envie, lui vomir dessus. Au moins, elle ressemblera plus à ce qu'elle est véritablement au plus profond d'elle-même.

-Je pense que je vais t'arracher les yeux, quand tout ça sera fini,
gronde-t-elle d'une voix menaçante.

Pourtant, sa main attrape une clé dans sa poche pour l'enfoncer dans sa serrure et la porte s'ouvrit sur une petite chambre sobre mais confortable. Un lit matelassé, une coiffeuse et un tapis moelleux au sol. Rien de phénoménal mais c'est tout de même plus luxueux que le sol ou certaines tavernes qu'elle a rencontré. Elle s'écarte pour laisser Séverine passer devant elle et ferme la porte, les laissant toutes les deux dans la chambre. Seules. Si jamais elle la tue maintenant et fait disparaître le corps, personne n'en saura jamais rien. La tentation est grande, surtout qu'elle a assouvi toutes les demandes de sa tortionnaire du jour. Elle l'a amené à sa chambre, il n'y a plus d'ordres qu'elle doit suivre. Son corps se délie, son cerveau reprend commande. D'un pas ferme et d'une main implacable, la gifle s'abat sur la joue pâle et délicate de son ennemie. Un claquement sourd retentit. Ses yeux flamboient, son aura brûle au fond d'elle, Abi sent son feu bouillir, ronronner, n'attendant que d'exploser. Et elle va exploser. Doucement. Comme une éruption. Un éclat de fureur. Elle va lui brûler le visage. La déformer. Lui crever les yeux et lui couper sa langue de vipère. Elle va tout faire. Elle se concentre, recentre son pouvoir, prête à frapper une nouvelle fois. Elle n'aurait pas du lui cramer la robe, la dernière fois. C'était elle qui devrait cramer !

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Aujourd'hui à 15:16

Oh, elle pouvait bien parler la petite rousse enflammée, Séverine ne la craignait pas.  Elle n'était plus l'adolescente innocente et naïve : elle serait partie bien avant qu'Abigaïl ne puisse lui faire quelque mal que ce soit.  Elle n'avait pas besoin de beaucoup de sommeil, seulement un toit pour abriter sa noble tête bouclée et ne pas passer la nuit dehors.  Après tout, elle savait bien comment occuper les longues heures dans le noir obscur seulement troublé par les faibles lueurs des deux lunes.  Et l'idée de mettre cela en application sur son ennemie jurée – enfin façon de parler, elle préférait de loin la Chevaucheuse fougueuse à Castiel et ne lui souhaitait pas le même sort désastreux et douloureux – était particulièrement tentante.  Surtout que c'était une coincée d'Outreventoise qui n'avait probablement jamais vu d'homme torse nu.  Encore moins sans pantalon.  De toute façon, qui aurait voulu les descendre devant elle?  La Cielsombroise ricanait doucement en imaginant la scène, un homme dénudant son arme suprême devant cette puritaine qui lui mettrait fort probablement le feu aux parties génitales.  Il aurait fallu être fou pour désirer Abigaïl, c'était tout ce qu'elle avait comme opinion sur la question.  Néanmoins, si on oubliait son mauvais caractère infléchissable, elle qui était si sûre de son bon droit même dans son tort, il était vrai qu'elle n'était pas vilaine.  La courbe de ses hanches invitait à l'intrusion et l'astronome songea qu'elle pourrait peut-être, cruellement et mesquinement, lui en apprendre un peu plus sur les septièmes cieux.  Elle ne put se retenir de pouffer.

Et c'est là que la gifle fusa.  La douleur fut stridente.  Elle était plus forte que lorsqu'elles étaient jeunes, ça c'était certain.  Une marque rouge apparut doucement sur la joue droite de Séverine qui porta distraitement ses doigts, rendue perplexe l'espace d'un instant.  Puis, oubliant l'élancement dans sa chair si souple, ses lèvres s'étirèrent et formèrent un sourire qui se transforma en éclats de rire.  Et la colère si visible sur le visage de sa rivale ne faisait qu'élargir la grimace malveillante qu'elle arborait.

« Encore une enfant à ce que je vois, incapable d'utiliser son intelligence pour se venger, ma pauvre Abigaïl, tu me plonges dans l'affliction de te voir avoir autant régressé.  Bon, bon!  Il me semble qu'il va falloir aussi que je t'ordonne de ne point lever la main sur moi, ni d'utiliser ta magie.  Tout acte violent est désormais proscrit dans cette pièce.  Tu ne voudrais tout de même pas vivre un cauchemar même dans tes rêves, n'est-ce pas? »

Maintenant qu'elles étaient en privée, Séverine ne ressentait plus le besoin d'être mielleuse.  D'autant plus, qu'elle venait d'être violentée sans aucune raison.  Après tout, elle n'avait servie aucune insulte à sa compagne et elle ne lui avait pas forcé la main pour l'emmener dans cette pièce : elle avait décidé d'obéir d'elle-même, Séverine n'était point en cause.

« Ah oui, bien sûr, il est évidemment exclus de m’occire pendant mon sommeil.  Tu n'es tout de même pas aussi lâche pour tuer quelqu'un impunément simplement parce que tu es jalouse de son joli visage? »

Elle s'assit dignement sur le lit après avoir jeté un coup d'oeil à sa pauvre chair martyrisée par le coup et soupira théâtralement.  « Il va falloir que je me réconforte un peu, » lâcha-t-elle.  Elle sortit une petite pochette de soie de son corset et l'ouvrit, laissant découvrir de petites confiseries violettes.  À base de muse des peintres, naturellement.  Elle en croqua une et tendit le sachet à Abigaïl : « Allez, prends en une. »  Une ombre machiavélique passa sur son visage : elle pouvait consommer beaucoup de drogues sans en ressentir lourdement les effets, qu'en serait-il pour une jeune femme qui n'avait jamais eu dans le corps autant de stupéfiants à la fois?  Oh oui, c'était fort.

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