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 La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]

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Les Chevaucheurs
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Je suis : Chevaucheuse de la dragonne Royale, reine du vol de Rubis et mage de l'été (destruction)

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Message Sujet: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 6 Juin - 22:06


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Séverine de Bellifère & Abigaïl  l'Embrasée

La revanche des cheveux

Ou comment Séverine renvoie la pareille



• Date : 10 février de l'an 1002
• Météo : venteux et froid
• Statut du RP : privé
• Résumé : Séverine et Abigaïl se retrouvent nez à nez pour la première fois depuis longtemps. La Cielsombroise la tient peut-être, sa vengeance.
• Recensement :
Code:
• [b]10 février de l'an 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2249-la-revanche-des-cheveuxseverine-et-abigail#68510]La revanche de cheveux[/url] - [i]Séverine de Bellifère & Abigaïl l'Embrasée[/i]
Séverine et Abigaïl se retrouvent nez à nez pour la première fois depuis longtemps. La Cielsombroise la tient peut-être, sa vengeance.


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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 6 Juin - 22:17

Février de l'an 1002. Le temps est froid, la bise glaciale et Abi frissonne sous sa cape qu'elle resserre autour d'elle. Il fait froid, dans les Terres du Nord à cette époque de l'année. Et l'océan à proximité n'arrange rien aux conditions climatiques. Ses bottes martèlent le sol pavé de la Ville Haute. Des coups durs mais catégoriques, comme la promesse de ne jamais se retourner. Abigaïl avance à grands pas, laissant derrière elle l'Académie, dont les tours sont désormais invisibles dans la nuit. Il n'est pas tard pourtant. Mais ici, l'hiver bat son plein et le soleil se meurt plus rapidement que l'été, plongeant le pays dans une nuit longue, rendant à Lida et Sithis leur royaume. Pour l'occasion, Abigaïl a préféré laisser Titou à la Caserne, en Cibella, avec Royale. Elle a pris un portail jusqu'à Lorgol, atterrissant directement à l'Académie, où elle s'est entretenue avec Diane de la Fère, pour une affaire importante. La guerre a éclaté entre Faërie et Ibélène. L'heure est grave et les Chevaucheurs doivent, plus que jamais, restés soudés. Les petites zizanies entre duchés doivent cesser pour le bénéfice de Faërie. Pour le moment, ils ont l’avantage, mais jusqu'à quand ? Abigaïl n'est pas la plus enjouée à l'idée de guerroyer, même si elle prêche la bonne explosion plutôt qu'un joli discours. Mais cette guerre dissimule quelque chose de bien plus sombre. C'est une conspiration. De personnes qui profitent de cette diversion pour assouvir des desseins bien plus obscures. Elle le ressent, Abigaïl. C'est comme un murmure, un pressentiment qui anime chacun de ses pas. Elle sait que Diane pense pareil. La Maréchale de la Flamme voit plus loin que ce qu'elle laisse penser. Quelque chose de sombre se prépare. C'est une des raisons de sa venue. Demain, elle retourne s'entretenir avec Diane puis repartira à sa Caserne. Faërie a besoin d'elle.

Pour l'occasion, la chevaucheuse loge dans une petite auberge à la frontière de la Ville Haute et de la Ville Basse. Les tarifs ne sont pas excessifs et elle bénéficie d'une meilleure proximité. Elle y est aussi plus à l'aise. Même si elle y a passé plusieurs années, il n'est jamais bon de s'aventurer dans la Ville Basse la nuit. La nuit s'étire, le froid s'immisce entre les petites ouvertures de sa tenue.
Froid sournois.
Aussi sournois que les voleurs de la Cour des Miracles.
Pressant plus le pas, Abigaïl baisse la tête. Le vent commence à se faire plus violent. Pour un peu, elle se croirait à Souffleciel. Le souvenir de sa terre natale lui arrache une grimace. Il ne manque plus que ça. Se retrouver à la merci de la Cour des Miracles et d'un vent outreventois. Il suffit juste d'une poignée de Bellifériens pour l'enlever, ou d'un Cielsombrois qui lui proposerait de finir sa bouteille. Rien n'est plus sournois qu'un Cielsombrois. Et elle en a rencontré une panoplie.
Finalement, l'auberge finit par se dresser entre quelques éclairages. La jolie rousse parcourt les derniers mètres qui la sépare et finit par entrer séant, époussetant sa cape une fois à l'intérieur. La chaleur ravive les couleurs de son visage et dessine un léger sourire heureux. Abigaïl ne se sent bien que dans cette ambiance chaude et éclairé. C'est comme si le soleil et l'été ont été spécialement créés pour elle. Ses pas la conduisent au comptoir :

-Un verre de vin, de l'eau et le plat du jour, commande-t-elle d'une voix ferme.

La serveuse hoche la tête et part passer commande, tandis que la chevaucheuse avise une table libre pour s'y asseoir. Quelques minutes plus tard, son repas est servi et Abi a échangé quelques pièces en plus pour sa serveuse. La soupe est chaude et finit de la réchauffer, la plongeant dans une douce torpeur. La journée a été rude et Abi rêve de plonger sous les couvertures épaisses de l'auberge et de dormir jusqu'au lendemain. Malheureusement pour elle, le Destin en a décidé autrement. La porte s'ouvre de nouveau et l'air froid pénètre dans la pièce le temps d'une seconde. Abi frissonne. C'est le premier signe.
Le deuxième arrive sous une voix féminine qui s'élève un peu plus loin, sûrement vers la serveuse, qui lui répond. Au début, la rouquine ne s'en apperçoit.
Qu'elle connaît cette voix.
Ce n'est que la deuxième fois, qu'elle plisse les yeux, relève la tête et s'extirpe de sa torpeur. Elle se tourne brusquement sur sa chaise, son regard se portant sur la nouvelle venue. Même de dos, elle reconnaît cette silhouette entre milles. Cette posture hautaine. Cette voix arrogante. Cette chevelure...

-Séverine...

Elle ne se rend même pas compte qu'elle a parlé à voix haute, même si elle a plus craché son nom qu'elle ne l'a susurré.
Séverine.
Beurk.

HRP:
 

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mer 7 Juin - 13:15

Trois jours déjà que Séverine avait trouvé à sa porte les gardes à la livrée de Sombreciel.  Trois jours qu'elle changeait d'auberge tous les soirs pour éviter qu'ils ne la retrouvent : elle n'avait aucune idée de ce que le duc de Sombreflamme pouvait bien lui vouloir et la question ne l'intéressait nullement, tant qu'elle pourrait l'éviter.  Elle savait que tôt ou tard, on la retrouverait, mais elle n'était point pressée que cela n'arrive.  Le meilleur moyen pour ne pas être retrouvée, songeait-elle, c'était d'aller là où on ne croirait pas la trouver et c'est ainsi qu'elle avait décidé de déniché une auberge près de la Ville Basse pour passer la nuit.  Elle n'osait pas s'aventurer de nouveaux dans les bas quartiers de la ville, pas après ses mauvaises expériences là-bas.  S'y rendre de nuit, c'était comme de demander à être détrousser.  Elle l'avait vite appris à ses dépens : personne ne vous aiderait dans ces rues puantes et humides, et si jamais une âme charitable s'avançait, on pouvait être certain d'en payer le prix à son insu.  Elle-même en avait fait les frais et perdu ainsi l'un de ses meilleurs jupons.  Certes, la Ville Basse était de loin l'endroit où on ne la chercherait point parmi tous, mais elle n'y avait pas assez d'amis pour s'y réfugier.  Ainsi, l'option qui restait n'était nulle autre que celle de se tapir dans les rues encore fréquentables de la frontière entre Ville Haute et Ville Basse.  La chose était tout de même difficile à appréhender pour la pauvre noble déchue, puisqu'on n'y retrouvait pas beaucoup d'endroits particulièrement propres, du moins pas selon les critères d'une fille de baron légèrement hautaine.  Si elle n'exprimait pas son mépris à voix haute et tentait de le comprimer, celui-ci transparaissait toujours pourtant un peu.  Et c'était encore une fois le cas lorsqu'elle poussa cette porte, l'endroit qui lui semblait le plus approprié en fonction de ses besoins pour la nuit.

Elle interpella une serveuse avec qui elle discuta le prix pour une nuit : elle ne roulait pas sur les fleurons, sa bourse était maigre puisqu'elle avait laissé une partie de ceux-ci dans l'autre auberge où elle logeait auparavant, endroit où elle avait déjà régler les charges pour sa chambre pour encore quelques jours.  Dépense inutile et outrageante pour la jeune femme sans ressources.  Mais elle n'avait pas d'autre choix, alors elle serrait les dents et endurait mille tourments.  Comme la discussion ne semblait pas porter à fruits pour le moment, la bonne était trop sotte pour entretenir une conversation avec l'invitée de marque qu'elle était, elle demanda à ce qu'on lui porte à manger en attendant que quelqu'un d'un peu plus éclairé ne vienne prendre la relève.

Et c'est alors qu'elle l'entendit.

Une voix familière.

Une voix tant détestée.

Et elle sourit.  L'heure de la vengeance avait sonné.

Elle parcouru la salle d'un regard et la trouva facilement : toujours cette même crinière rousse.  Elle était impossible à manquer.  Armée de son sourire le plus mielleux, elle se dirigea vers la table de son ennemie d'adolescence après avoir indiquée qu'on devait lui porter ses victuailles à celle-ci.

« Tiens, tiens.  Abigaïl, » déclara-t-elle sur un ton un peu grinçant.  Elle déposa avec élégance son derrière sur la chaise qu'elle avait tirée du pied.  Assise tout au bord, droit comme une piquet, elle contempla un instant celle qui lorsqu'elle avait quinze ans avait ruiné sa chevelure.  Elle avait mis des mois avant de pouvoir en faire quelque chose.  Heureusement, elle avait pu compter sur ses chapeaux et voiles de Cielsombroise pour masquer les dégâts, elle avait même lancé l'espace d'un moment une mode des cheveux courts, mais elle en voulait toujours autant à la jeune femme.  Même dix ans plus tard, elle n'avait toujours pas enterré la hache de guerre.

« Mais quel plaisir de te retrouver, ma tendre amie, » ajouta-t-elle sur un ton moqueur.

Bien évidemment que cela lui faisait plaisir.  Toutes ces années à l'Académie, elle n'avait pu obtenir vengeance, puis leur route s'était séparée, l'une d'entre elle allant en contrée faë et l'autre en terre ibéenne.  Avec la guerre qui sévissait, elle ne croyait pas la trouver de sitôt.  Ou plutôt, avec les événements concernant la trahison et la mort de ses parents, elle avait plutôt relégué au plus bas de ses priorités se venger des offenses qu'elle avait subies adolescente.  C'était la voix de la Chevaucheuse crachant son nom qui lui avait ramené à la mémoire ce déplorable incident.  Dommage pour elle, parce que Séverine avait déjà un plan pour l'embêter.  Il n'était plus question de négocier le prix de la chambre, elle s'imposerait dans celle d'Abigaïl tout simplement.  Elle avait un bon pressentiment.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mer 7 Juin - 17:35

ien elle qui s'approche. Les traits plus ridés, plus adultes. Une vieille, en somme. En toute objectivité, bien évidemment. Ou alors c'est la fatigue de son visage. Mais peu importe, Abi n'a pas envie de la voir ici. Séverine Belastre. Comme si un astre peut être beau. C'est plutôt une saleté, une chose répugnante, une insulte à la vie humaine. Séverine ressemble plus à ce genre de descriptions qu'un astre lumineux. Rien que de la voir, elle se retient de lui vomir dessus. Juste pour la remettre à sa place : au fond d'un caniveau.
Sa voix non plus, ne l'a pas manqué. Grinçante, dégoulinante d'hypocrisie. Rien que de l'entendre, elle est déjà à deux doigts de lui exploser un bras. Elle a grandi, Abigaïl, depuis leur dernière rencontre. Sa magie est au beau fixe, elle n'éprouvera aucune difficulté à lui exploser un doigt. Les humains ont des molécules plus complexes mais un doigt, c'est largement dans le domaine de ses compétences sans trop puiser dans ses réserves. Elle peut faire doigt par doigt et savourer ses cris de douleurs. L'unique chose agréable qui sort de sa bouche.

Séverine s'assoit à sa table. Mais je t'en prie, installes-toi, fais comme chez toi. Elles se regardent longuement, d'un regard assassin, comme si l'une s'apprête à sauter sur l'autre. Son visage est défiguré par un rictus mauvais et ses yeux pétillent dangereusement. Abi ressent un très mauvais sentiment. Il ne manque plus qu'elle dans cette journée désastreuse. Elle qui parlait de Cielsombrois quelques instants plus tôt... pourquoi donc s'acharne-t-elle à jouer ainsi avec le Destin ? Déjà qu'elle se trimballe une satané malédiction. Mais elle préfère mourir noyée plutôt que de laisser Séverine piétiner sa dignité. Sa bouche esquisse un sourire railleur, fidèle reflet de son interlocutrice. C'est qu'elles ont grandi, Abigaïl et Séverine. Elles ont eu le temps de laisser l'eau couler sous les ponts, s'agiter, remuer, pour attendre le moment idéal de se déverser avec perte et fracas, entraînant tout sur leur passage. La jolie rousse la dévisage, le regard dur, glacial. Furieux.
Elle n'a pas envie de la voir mais ne partira certainement pas la première.

-Séverine, mon amie de toujours. Très jolie perruque.

L'allusion acerbe à la mésaventure de ses cheveux lui arrache un sourire encore plus goguenard. Ce n'est pas spécialement dans la nature d'Abi d'être ainsi vénéneuse avec les gens, mais Séverine est la pire des vipères en ce monde. Elle mérite tout le venin d'Arven et si Abi était couturière, elle se fera un plaisir de lui coudre la bouche avec l'épingle la moins pointue qui existe. Parce que moins c'est tranchant, plus ça fait mal. Voilà à peu près le genre de pensées qui lui traversent l'esprit chaque fois qu'elle croise sa route. Et, heureusement, c'est une chose qui n'arrive que toute les décennies. Heureusement pour Arvent, également, sinon le monde sombrerait dans le chaos depuis longtemps déjà.

-J'ai été aussi enchantée de te revoir... Maintenant si tu veux bien dégager de ma table, j'ai autre chose à faire que d'écouter tes inepties.

Ne jamais faire confiance à un Cielsombrois. Ils sont vicieux et retords. Séverine en est un pur produit et Abi préfère ne pas l'avoir dans son sillon. De plus, elle a besoin de prendre une bonne nuit de sommeil, réfléchir à sa journée et repartir en forme, demain, pour aller voir la Maréchale. Avant de repartir pour Cibella où elle n'aura plus à pensée à Séverine, sa perruque et son sourire mièvre.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Jeu 8 Juin - 17:07

La gente dame ne releva pas le commentaire sur la perruque, bien qu'il la fit bouillir instantanément.  Un rappel de leur esclandre fatidique dans le hall d'entrée de l'Académie.  Néanmoins, aussi furieuse soit-elle de l'impudence de la rouquine, la jeune fille de quinze qui montait sur ses grands chevaux et grimpait dans les rideaux à la vitesse de l'éclair avait mûri : elle ne se laisserait plus prendre à ce petit jeu, Abigaïl pouvait la provoquer autant qu'elle le désirerait, elle ne s'en mordrait qu'encore plus les doigts plus tard.  Séverine s'en fit la promesse et elle n'avait pas besoin des valeurs du duché de l'honneur pour la tenir.  Loin de là.  Ses motivations étaient bien différentes et beaucoup trop perverses pour que l'on puisse y voir jamais quelque chose d'honorable.  Un juste retour des choses si on considérait que lors de leur escarmouche à toutes les deux, c'était elle qui en avait payé le plus cher prix, se retrouvant en petite tenue devant tout le monde, perdant complètement une robe neuve et se retrouvant avec la moitié du crâne chauve.  Ne pas chercher à se venger aurait été un affront à Lida et si elle ne pratiquait pas son culte, elle ne désirait pas non s'attirer ses mauvaises grâces.  Il s'agissait bien là d'une déesse qu'il valait mieux ne pas offusquer.  Peu importait le grandeur ou la petitesse de l'acte.

Lorsqu'elle est invitée avec toute l'élégance de la jeune femme assise en face d'elle à prendre congé, un large sourire sournois se peignit sur son visage : oh, mais si elle croyait que ce serait si aisé de se débarrasser d'elle maintenant qu'elle avait ravivé avec un doigté parfait les flemmes de la haine, elle se leurrait profondément.  Séverine n'avait le moindre désir de se lever et d'aller s'installer ailleurs.  Loin de là, elle comptait bien profiter de l'hospitalité d'une bonne vieille camarade de classe.  Qu'elle la lui offre de bon cœur ou non.  Si adolescente, elle n'était que pédanterie et orgueil, elle avait gagné en finesse avec l'âge et comptait désormais parmi les meilleures manipulatrices que comptait le continent.  Ne s'était-elle pas déjà mise quelques victimes dans sa poche, pauvres êtres qui lui avait mangé dans la main.  Elle ressentait aucune forme de pitié à l'égard de qui ce soit et n'hésitais à rien pour atteindre ses buts.  Et ce jour-là, l'objectif était obtenir une vengeance longuement due et économiser quelques fleurons à sa pauvre bourse déjà bien maigre.

« Quelle froideur envers une ancienne camarade de classe! s'exclama-t-elle faussement choquée, Mais quelle honte! »  Elle accentuait chaque syllabe, élevant la voix pour que l'on entende autour d'elles.  Cette fois, ce ne serait point elle qui passerait sous l'opprobre des autres.  Et encore, elle était généreuse puisqu'elle était bien persuadée que son ennemie de toujours n'était que de passage dans cette auberge, tout comme ces gens présents le seraient dans sa vie.

« Pourtant, Abi, tu permets n'est-ce pas puisque nous sommes si proches – nous avons même joué à la coiffeuse ensemble – il faudra bien les écouter.  Je sais que tu en meurs d'envie, n'est-ce pas? »  Un sourire carnassier dévora l'espace d'un instant son visage et se remplaça rapidement par un aimable sourire lorsqu'une bonne vint poser la nourriture devant elle.  Elle tend quelques fleurons à la demoiselle tout en disant : « Voyez l'énorme surprise!  Je retrouve une vieille amie en ces murs!  Et elle refuse que je prenne une chambre et insiste pour me garder près d'elle!  N'est-ce pas charmant! »  Elle s'exclamait, animait ses propos d'une candeur enfantine qui n'était que feinte.  Et la soubrette s'effaça après avoir acquiescé d'un ton plus ou moins désintéressé aux remarques de la cliente capricieuse.

Le regard de l'astronome se posa sur Abigaïl un instant.  « Mais qu'as-tu?  Tu ne manges plus?  Allons, ne fais pas cette tête et continue ton repas, très chère, » l'enjoignit-elle en appuyant fortement sur les mots tendres, y mettant toute l'ironie dont elle était capable.  Elle s'attaqua à son plat elle-même, faisant fi de sa voisine d'en face.  Ce n'était pas savoureux, mais elle avait connu pire dans les rues de Lorgol et ses tavernes plus ou moins mal famées.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Dim 11 Juin - 13:49

Elle n'a pas besoin de le voir pour savoir que sa réplique a piqué au vif son humiliation. L'imaginer grimacer intérieurement suffit à lui arracher un sourire de satisfaction. Elles ont bien changé, les deux rivales de l'Académie. Plus mûres, plus aguerries, éprouvées par le temps et leurs aventures mutuelles. Mais la petite Abigaïl n'a jamais fait semblant et ne le fera jamais. Sa haine envers celle qui a été d'une rudesse injurieuse envers elle, ne s'est jamais tarie et elle ne laissera jamais croire autre chose. Son petit numéro de fausse amie vexée et attristée de se voir ainsi rabrouée par une ancienne camarde ne lui faisait ni chaud ni froid. En d'autres circonstances, Abi répliquerait et l'enverrait balader, fermant sa porte à clé et la laissant se débrouiller. La Séverine semble avoir grand besoin d'aide et l'imaginer dans la détresse lui procure un grand plaisir. Une mendiante. Le Destin l'a ramené à sa condition humaine la plus en phase avec sa personnalité.
Mais voilà. Le soucis qui se pose c'est que Abi est maudite par Cérès depuis plusieurs jours déjà. Une malédiction qui l'oblige, malheureusement, à accepter ce qu'on lui demande.
Sans exception.
Le Destin se moque bien d'elle, également, en mettant Séverine sur son chemin le jour où elle est maudite. Elle devine très bien les petites manigances de Séverine. Elle sait de quel côté son venin va l'empoisonner. Même si la serveuse n'en a cure, tout ce qui compte c'est d'être payée. Mais si la Cielsombroise s'aventure sur ce terrain, la Chevaucheuse ne pourra plus se dérober. Il sera trop tard.
Fichue malédiction.
Mettre le feu à l'auberge et à la gourgandine de service n'est pas non plus une excellente idée. Fini le temps de l'Académie où une Abigaïl de seize ans brûlait les robes et les cheveux. En tant que Chevaucheuse, elle ne peut pas non plus se permettre de brûler une Cielsombroise qu'elle déteste. C'est contre son honneur et le code des Chevaucheurs. Le seul crime de cette vipère c'est d'être détestable, arrogante et superficielle. De quoi lui coller une bonne droite mais pas de l'incendier sur place.

-A quoi tu joues ? fulmine-t-elle agacée. Si tu viens mendier, y a la rue pour ça. C'est mieux de laisser les bêtes dans leur habitat naturel.

Sa voix a également haussé d'un ton, agrémenté d'un sourire railleur. Elle ne se préoccupe guère des regards ou des jugements des autres. Ville Haute ou Ville Basse, le premier qui l'ouvre, elle le rosse jusqu'à ce qu'il soit obligé de manger mixé. Son regard se tourne vers la serveuse qui passe servir une table non loin.

-S'il vous plaît, j'aimerai que vous mettiez cette souillon à la porte. Je pensais pas que l'auberge acceptait les mendiants. Vous voulez que j'en réfère au propriétaire ?

La serveuse hésite. Son regard passe de Séverine à Abigaïl et de l'Outreventoise à la Cielsombroise. L'une a de quoi payer, l'autre non. Mais l'aplomb des manipulations de l'astronome la perturbe et elle n'ose pas bouger immédiatement. Voyant son hésitation niaise, la Chevaucheuse commence à s'agacer. C'est quoi cette serveuse figée ? Un glacier peut-être ? Elle veut qu'elle lui mette le feu aux fesses pour voir si ça fond ?

-Qu'est-ce que vous avez à rester planter là ?

La serveuse sursaute et hoche la tête, servant son client puis venant les retrouver.

-M'dame... euh... Enfin... vous pouvez pas rester là quoi... j'crois hein. Faut payer.

Levant les yeux au soleil, Abigaïl se retient de la claquer. Oui parce que c'est un discours tellement convaincant... Sûre que Séverine va partir avec ce genre de rhétorique efficace. On est jamais mieux servi que par soi-même.

-Tu mettras pas un pied dans ma chambre. Vu ta corpulence, tu vas prendre toute la place. Et ça fait combien de temps que tu t'es pas douchée ? Tu empestes. Dégage.

Si elle retient ses pulsions incendiaires, ses propos se sont aiguisés au fil des années et la politesse n'est pas non plus une de ces priorités. Surtout avec une coureuse de rempart.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Dim 11 Juin - 15:57

Séverine découvrit ses dents dans un sourire carnassier. Oh, elle ne savait pas dans quelle situation elle venait de se mettre. L'état naturel de Séverine? Mais c'était bien celui d'un prédateur, et Abigaïl se mordrait les doigts d'en être la proie ce soir-là. Il en faudrait beaucoup plus pour faire fuir Séverine que des paroles mauvaises. Et elle ne monterait point dans les rideaux comme elle l'aurait fait dix ans plus tôt. Elle se contenta de manger en silence, ne savourant pas ces victuailles, mais au moins son ventre se remplissait. Le meilleur moyen de satisfaire son ennemie était de céder à ses provocations et l'astronome comptait bien la faire enrager bien comme il faut avant de la quitter. De préférence le lendemain matin, car il serait honteux de laisser ses précieux fleurons entre les mains de personnes d'aussi basse naissance. Après tout, elle y avait touché et ils venaient de la vente du manoir familial. Il y avait de quoi offenser les ancêtres en laissant l'héritage familial passer en la possession de vilains. Lorsqu'elle interpella la jeune servante, la Cielsombroise écouta leur échange de façon très sereine. Oh, si elle croyait qu'il serait aussi facile que cela de se débarrasser d'elle. Elle sourit une nouvelle fois, mielleuse en s'adressant à la pauvrette qui ne savait plus sur quel pied danser.

« Mais vous aurez la monnaie pour le repas, êtes-vous sotte au point de pas reconnaître des vêtements de bonne facture? Une dame de mon rang ne devrait même pas poser le pied sur les planches de votre établissement. Désirez-vous mettre en colère votre patron en perdant une cliente supplémentaire pour un repas du soir et un autre au matin, demain? »

Elle toisa Abigaïl avec condescendance un instant. Puis ajouta à l'intention de la soubrette : « Que faites-vous encore là? Dois-je ouvrir ma bourse pour vous montrer tout ce qu'elle contient avant que vous ne nous laissiez? » La froideur des propos de la noble déchue semblèrent faire effet et chassèrent la pauvre adolescente qui espérait bien ne plus avoir à faire à ces deux clientes étranges et priait pour que la prochaine fois que le besoin s'en ferait sentir, quelqu'un d'autre s'occuperait d'elles deux.

Elle se tourna finalement vers la Chevaucheuse, une fois débarrassée de l'inopportune. Celle-ci semblait bien décidée à pousser l'insolence au plus au point et plus elle le faisait, plus Séverine se voyait confirmée dans son idée de reprendre sa vengeance. Elle n'hésiterait pas un seul instant à faire regretter tout ce qu'elle venait de dire à l'impertinente.

« Tout d'abord, tu vas t'excuser de tes propos inappropriés pour la bouche d'une jeune femme, » déclara-t-elle sur un ton neutre et autoritaire qui n'admettait pas la discussion. Elle fixa la rouquine avec intensité. « Ensuite, tu vas me faire le plaisir de manger en silence, un large sourire aux lèvres comme si tu étais ravie de me retrouver, ce que tes insultes adorables me poussent à croire. On dirait un bébé dragonnet qui fume et croit être capable de cracher du feu. Comme quoi les années ne t'ont pas améliorée, ma pauvre, ajouta-t-elle avec toute la condescendance dont elle était capable, Quant à moi, je vais aussi savourer ce repas de mendiant, ce en ta compagnie, et nous tenteront de rendre ce moment agréable. »

Elle détourna le regard pour se concentrer sur son pâté en croûte et déguster son hydromel, la boisson la plus raffinée de cette taverne, loin de plaire parfaitement à son fin palais. Elle qui fronçait le nez à la moindre odeur nauséabonde.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 13 Juin - 12:02

Le Destin a parlé, son sort est fixé. Abi sait que sa fierté a signé sa perte. Elle devrait se taire, jouer l'indifférence, ne pas se concentrer sur la présence indésirable de la Cielsombroise. Elle devrait finir de manger, se lever et, sans un mot, regagner sa chambre. Ne dit-on pas que l'indifférence est mère de souffrance ? Rien de pire pour piquer l'orgueil de quelqu'un que de ne lui témoigner aucun intérêt. Mais les faux-semblants et les manipulations subtiles de la Cielsombroise ne sont guère applicables à la Chevaucheuse en feu. Sa franchise, son honnêteté ont toujours été ses points forts. Pas de mensonges. Pas de détours sournois. Rester droite et honnête, exprimer ce qu'elle pense. Ses points forts mais sa plus grande faiblesse. Les personnes trop honnêtes se font souvent dévorer par les vils manipulations d'êtres plus sombres et sournois. Comme maintenant. Avec un flegme très Séverinien, la peste de service renvoie la serveuse au loin. Son aplomb finit par triompher alors que Abigaïl sent son échec se profiler à l'horizon.
Il ne se fait guère attendre plus longtemps.
Comme elle l'a craint, la Cielsombroise lance ses ordres avec une fermeté sans appel. Abi sans la malédiction prendre le dessus sur sa raison, indépendamment de sa volonté. Les mots enflammés qu'elle veut prononcer à son égard reste bloqués dans sa gorge. Une puissance bien supérieure à la sienne s'écrase sur elle, oppressante. Ses jambes flageolent alors que la Chevauseuse lutte dans un combat mental.
Peine perdue.
Le vainqueur se dévoile rapidement et, les traits crispés par la fureur et la haine brûlante qu'elle ressent pour cette vipère, Abigaïl se laisse tomber sur sa chaise.

-Je suis désolée, mes propos étaient vraiment déplacés.

Les excuses se déversent de sa bouche sans qu'elle puisse avoir le moindre contrôle dessus. Bien malgré elle, ses traits se détendent et un doux sourire anime ses traits alors qu'elle se remet à manger. Intérieurement, cependant, il en est tout autre. Abigaïl bouillonne, son feu à deux doigts de brûler chacun de ses organes. Elle peut se faire exploser. En explosant elle défigurera à jamais le visage hideux de cette monstruosité de la nature. Les traits de son visage sont peut-être fins et délicats, mais la noirceur de son âme la rend laide.
Atrocement laide.
Le silence suit ses directives, obligeant Abi a respecter le moindre de ses propos. Même si elle sent l'esprit de Royale se fondre dans le sien, personne ne peut la tirer de là. Il faut juste attendre que la malédiction s'arrête d'elle-même. Son esprit s'enflamme d'injures et de propos peu courtois qu'elle rêve d'adresser à la Cielsombroise mais sa bouche reste hermétiquement fermée. Les ordres directs ne peuvent être contournés. Il ne reste qu'à lui obéir. Dans une rage silencieuse. Rage qu'elle entretient pas un brasier impatient, tel le cratère d'un volcan qui n'attend que d'entrer en éruption. Le Destin a décidé que ce jour appartient à Séverine. Mais Abigaïl se jure de se venger. Elle lui fera payer cet affront, cette journée où, maudite, elle n'aura pas été capable de lui tenir tête, ne serait-ce qu'une fois. Oh oui, elle lui fera payer. La prochaine fois, elle lâchera Royale sur elle. Et elle la regarda courir comme le misérable insecte qu'elle est. L'unique pensée réconfortante, c'est que Abi sait qu'elle n'a pas besoin de malédiction pour prendre le dessus sur ce cafard.
Mais en attendant, elle va devoir faire une chose dont elle n'a pas l'habitude : patienter.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Ven 16 Juin - 14:22

Une joie exubérante s'empara de la belle lorsque les mots d'excuses sortirent de la bouche d'Abigaïl.  Elle pouvait sentir qu'elle n'y avait pas le cœur, mais elle s'était exécutée docilement, ce qui avait mis le en fête le cœur de la Cielsombroise.  Oui!  Elle la tenait enfin cette vengeance!  Puis elle continuait à manger en silence, sans piper le moindre mot.  Séverine ne s'expliquait point pourquoi la Chevaucheuse obéissait à ses ordres, mais pour que deux d'entre eux le soit et sans réelle protestation, elle devait alors en profiter un maximum.  Et l'idée de s'emparer de la chambre de la jeune femme lui trottait toujours en tête. Certes, c'était vile et indigne d'une dame, mais elle était un peu acculée au pied du mur, n'ayant pas accès à toutes ses ressources, toujours à l'autre auberge…  On pouvait toujours essayer.  Elle sourit avec un air triomphant alors qu'elle continuait elle également à avaler son repas.  Répugnant certes, mais comestible au moins.  À peine la moitié avalée, elle se retrouvera dans l'état où elle était incapable de porter une bouchée de plus à sa bouche sans risquer de ne se rendre malade.  Non point parce qu'elle aurait trop mangé, mais bien parce que les aliments lui soulevaient le cœur.

Elle repoussa l'assiette devant et elle posa ses yeux sombres sur la rouquine.  Il était temps de tester à nouveau ce  nouveau pouvoir sur son ennemie jurée, celle de lui faire faire tout ce qu'elle désirait.  Cela avait marché par deux fois, pourquoi cela ne pourrait-il pas fonctionner une seconde fois?  Ses lèvres s'étirèrent en un sourire carnassier.  Elle lui montrerait ce qui arrivait aux gens qui osaient se moquer d'elle.  Pendant des mois, elle n'avait pas pu sortir de la maison sans porter un chapeau ou un voile couvrant toute sa tête dépourvue d'une abondante chevelure.  Pour une jeune adolescente coquette et de bonne famille, il n'y avait rien de plus honteux que de ne point avoir de cheveux pour accompagner sa beauté naturelle.  Surtout que, à la base, Séverine n'avait rien fait de mal.  Si l'apprentie mage avait fait attention à où elle posait les pieds, rien de tout cela ne serait arrivé.  Et puis, encore, carboniser la coiffure de quelqu'un seulement parce qu'il y avait eu collision c'était ridiculement réagir par-dessus la nécessité.

« Je suis fatiguée maintenant que j'ai mangé.  Amène moi à ta chambre, » ordonna-t-elle.  Il fallait que ça marche, il fallait que ça marche.  Puis, si jamais ça ne fonctionnait pas, elle la suivrait.  Elle avait à se venger, la prochaine rencontre avec l'impudente ne serait peut-être pas pour bientôt, elle qui était si occupée.  Elle était si près du but.  Il lui en restait tant à faire pour se venger de Castiel, obtenir réparation pour une vieille dette du passé la rendrait plus optimiste à propos de ses projets.  Elle réussirait ce premier pas, puis le second.

« Je tombe de fatigue, nous serons plus confortable pour converser en lieu privé, tu ne trouves pas? »  insista-t-elle alors qu'un plan commençait à se former dans sa tête.  Il y avait de quoi exploiter le caractère coincé d'une Outreventoise.  Oui ce serait une joie de se servir de ses charmes Cielsombrois pour obtenir sa vengeance.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Ven 23 Juin - 15:15

Le silence c'est installé dans la pièce principale de l'auberge, maintenant tranquille. Néanmoins, la jeune Chevaucheuse bouillonne de l'intérieur. Le visage de Séverine devant elle... Qu'est-ce qu'elle a envie de la frapper cette femme. De la faire souffrir. Profondément. Jusqu'à ce qu'elle la supplie d'épargner ses souffrances. Elle aimerait tellement le faire. La Cielsombroise est de plus haute naissance qu'elle mais jamais Abi ne s'abaissera à obéir aux ordres d'une telle vipère. Elle le pensait fortement, en tout cas. Jusqu'à aujourd'hui. Aujourd'hui et la malédiction. Elle se retrouve donc face à son ennemie jurée, à obéir à ses ordres, voyant la vengeance de la Cielsombroise se profiler à l'horizon sans pouvoir faire quoique ce soit contre.

La Chevaucheuse commence à en avoir assez. Elle mange lentement, chaque geste précédant le même dans un automatisme presque mécanique, à croire qu'elle est devenue une poupée. Finalement, au bout d'un temps qui lui paraît interminable, la nasillarde de Séverine surgit à nouveau dans son esprit. Comme poussée par une force qui la dépasse, alors que sa rage ne cesse d'augmenter, Abigaïl se lève, toujours sans un mot, et se tourne vers l'escalier pour y monter les marches menant à sa chambre. Elle cherche une faille dans les propos de la Cielsombroise, une fissure par laquelle elle pourra passer pour ne plus subir cette humiliation. Cette vipère la conduit droit dans un piège finement tissé. La malédiction l'empêche de faire quoique ce soit d'autre. Une véritable horreur.
Les phrases mesquines et faussement innocentes de la Cielsombroise lui soulève le cœur à chaque mot. Elle n'a qu'une envie, lui vomir dessus. Au moins, elle ressemblera plus à ce qu'elle est véritablement au plus profond d'elle-même.

-Je pense que je vais t'arracher les yeux, quand tout ça sera fini,
gronde-t-elle d'une voix menaçante.

Pourtant, sa main attrape une clé dans sa poche pour l'enfoncer dans sa serrure et la porte s'ouvrit sur une petite chambre sobre mais confortable. Un lit matelassé, une coiffeuse et un tapis moelleux au sol. Rien de phénoménal mais c'est tout de même plus luxueux que le sol ou certaines tavernes qu'elle a rencontré. Elle s'écarte pour laisser Séverine passer devant elle et ferme la porte, les laissant toutes les deux dans la chambre. Seules. Si jamais elle la tue maintenant et fait disparaître le corps, personne n'en saura jamais rien. La tentation est grande, surtout qu'elle a assouvi toutes les demandes de sa tortionnaire du jour. Elle l'a amené à sa chambre, il n'y a plus d'ordres qu'elle doit suivre. Son corps se délie, son cerveau reprend commande. D'un pas ferme et d'une main implacable, la gifle s'abat sur la joue pâle et délicate de son ennemie. Un claquement sourd retentit. Ses yeux flamboient, son aura brûle au fond d'elle, Abi sent son feu bouillir, ronronner, n'attendant que d'exploser. Et elle va exploser. Doucement. Comme une éruption. Un éclat de fureur. Elle va lui brûler le visage. La déformer. Lui crever les yeux et lui couper sa langue de vipère. Elle va tout faire. Elle se concentre, recentre son pouvoir, prête à frapper une nouvelle fois. Elle n'aurait pas du lui cramer la robe, la dernière fois. C'était elle qui devrait cramer !

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Lun 26 Juin - 15:16

Oh, elle pouvait bien parler la petite rousse enflammée, Séverine ne la craignait pas.  Elle n'était plus l'adolescente innocente et naïve : elle serait partie bien avant qu'Abigaïl ne puisse lui faire quelque mal que ce soit.  Elle n'avait pas besoin de beaucoup de sommeil, seulement un toit pour abriter sa noble tête bouclée et ne pas passer la nuit dehors.  Après tout, elle savait bien comment occuper les longues heures dans le noir obscur seulement troublé par les faibles lueurs des deux lunes.  Et l'idée de mettre cela en application sur son ennemie jurée – enfin façon de parler, elle préférait de loin la Chevaucheuse fougueuse à Castiel et ne lui souhaitait pas le même sort désastreux et douloureux – était particulièrement tentante.  Surtout que c'était une coincée d'Outreventoise qui n'avait probablement jamais vu d'homme torse nu.  Encore moins sans pantalon.  De toute façon, qui aurait voulu les descendre devant elle?  La Cielsombroise ricanait doucement en imaginant la scène, un homme dénudant son arme suprême devant cette puritaine qui lui mettrait fort probablement le feu aux parties génitales.  Il aurait fallu être fou pour désirer Abigaïl, c'était tout ce qu'elle avait comme opinion sur la question.  Néanmoins, si on oubliait son mauvais caractère infléchissable, elle qui était si sûre de son bon droit même dans son tort, il était vrai qu'elle n'était pas vilaine.  La courbe de ses hanches invitait à l'intrusion et l'astronome songea qu'elle pourrait peut-être, cruellement et mesquinement, lui en apprendre un peu plus sur les septièmes cieux.  Elle ne put se retenir de pouffer.

Et c'est là que la gifle fusa.  La douleur fut stridente.  Elle était plus forte que lorsqu'elles étaient jeunes, ça c'était certain.  Une marque rouge apparut doucement sur la joue droite de Séverine qui porta distraitement ses doigts, rendue perplexe l'espace d'un instant.  Puis, oubliant l'élancement dans sa chair si souple, ses lèvres s'étirèrent et formèrent un sourire qui se transforma en éclats de rire.  Et la colère si visible sur le visage de sa rivale ne faisait qu'élargir la grimace malveillante qu'elle arborait.

« Encore une enfant à ce que je vois, incapable d'utiliser son intelligence pour se venger, ma pauvre Abigaïl, tu me plonges dans l'affliction de te voir avoir autant régressé.  Bon, bon!  Il me semble qu'il va falloir aussi que je t'ordonne de ne point lever la main sur moi, ni d'utiliser ta magie.  Tout acte violent est désormais proscrit dans cette pièce.  Tu ne voudrais tout de même pas vivre un cauchemar même dans tes rêves, n'est-ce pas? »

Maintenant qu'elles étaient en privée, Séverine ne ressentait plus le besoin d'être mielleuse.  D'autant plus, qu'elle venait d'être violentée sans aucune raison.  Après tout, elle n'avait servie aucune insulte à sa compagne et elle ne lui avait pas forcé la main pour l'emmener dans cette pièce : elle avait décidé d'obéir d'elle-même, Séverine n'était point en cause.

« Ah oui, bien sûr, il est évidemment exclus de m’occire pendant mon sommeil.  Tu n'es tout de même pas aussi lâche pour tuer quelqu'un impunément simplement parce que tu es jalouse de son joli visage? »

Elle s'assit dignement sur le lit après avoir jeté un coup d'oeil à sa pauvre chair martyrisée par le coup et soupira théâtralement.  « Il va falloir que je me réconforte un peu, » lâcha-t-elle.  Elle sortit une petite pochette de soie de son corset et l'ouvrit, laissant découvrir de petites confiseries violettes.  À base de muse des peintres, naturellement.  Elle en croqua une et tendit le sachet à Abigaïl : « Allez, prends en une. »  Une ombre machiavélique passa sur son visage : elle pouvait consommer beaucoup de drogues sans en ressentir lourdement les effets, qu'en serait-il pour une jeune femme qui n'avait jamais eu dans le corps autant de stupéfiants à la fois?  Oh oui, c'était fort.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Lun 3 Juil - 10:31

Elle est prise au piège, Abi et elle le sait. La gifle monumentale qu'elle vient d'administrer à son ennemie l'a empli d'une petite satisfaction mais elle a su, dès cet instant, qu'elle n'a fait que creuser plus encore le trou de sa propre tombe. Mais jamais la Chevaucheuse ne se laissera intimidée par les manières subtiles et sournoises des Cielsombrois, et encore moins de Séverine, qu'elle ne traite absolument pas comme le devrait son rang. Comme elle l'a imaginé, la réaction de la noble ne se fait guère attendre. Déjà, la voilà qui enchaîne un tas d'ordres directs sur son interdiction totale de lui nuire de quelques façons que ce soit. Serrant son poing, elle ne fait aucun commentaire sur la provocation vénéneuse de Séverine. Abigaïl est bien loin d'être une gamine et si elle mettait un peu plus de force dans ses coups, Séverine serait dans les pommes à ce moment et Abi serait tranquille. La prochaine fois, elle ne se retiendra pas. En tout cas, le fait de se retrouver seul a eu le mérite de lui faire perdre ses manières hypocrites et suaves. Elle s'exprime avec ces tonalités si arrogantes et orgueilleuses qui habitent le mauvais souvenir que provoque sa vue.

C'est avec horreur que la jolie rousse la voit prendre possession de SON lit, mettre les mains dans son corset sans gêne aucune de la pudeur que certains peuvent ressentir et en sortir un petit bonbon, à l'aspect aussi délicieux que fallacieux. Abigaïl est assez au courant de certaines traditions des duchés pour savoir que ce n'est pas juste un bonbon sucré que Séverine lui propose. Enfin, lui ordonne de manger.
C'est de la drogue.
Abigaïl écarquille les yeux et contemple la douceur avec horreur. Elle n'a jamais consommé une telle substance. La drogue et la Guilde des Chevaucheurs ne font pas bon ménage. Et ce n'est pas une pratique qui l'a attiré. Mais Abi sait à quel point les Cielsombrois en sont friands. Aussitôt elle se contracte, en proie à une véritable lutte intérieur alors que tout son être réfute totalement de l'attraper et de la manger. Mais déjà son corps s'avance. Comme auparavant dans la salle à manger de l'auberge, la malédiction est plus forte et l'emporte sur sa raison. Elle voit sa main se tendre pour attraper la douceur et le lever à la hauteur de ses yeux comme pour l'examiner. Ses traits sont déformés par la rage alors que son regard fuit l'objet de l'inconnu à venir comme la peste. Elle sent une vague de panique s'emparer d'elle alors que sa main amène le bonbon vers sa bouche qui s'ouvre pour accueillir cette calomnie. Et voilà qu'un goût sucré et agréable se répand sur sa langue, vient enrichir son palais et adoucir une partie de son cerveau.
C'est bon.
C'est une tentation malsaine qui la prend en traître. Si le goût est bon, les effets seront dévastateurs par la suite. Elle risque de faire des choses qu'elle va regretter. Elle risque de se faire virer de la Caserne si ça s'apprend ! Par Aura ! Que le Destin lui ouvre la voie ! Mais ce dernier semble décider que c'est la chose à faire, actuellement. Peut-être la punit-elle d'avoir été si insultante et agressive envers une noble ? Après tout, elle lui a brûlé les cheveux et sa robe ! Enfin, elle l'a bien cherché aussi. Une attitude aussi déplaisante ne doit pas rester impunie. Elle a eu ce qu'elle méritait. Et au tour d'Abi de récolter ce qu'elle a semé.

Le bonbon fond dans sa bouche et si la Chevaucheuse n'est pas aussi paniquée à l'idée de consommer une drogue, elle pourrait savourer la douceur de cette sucrerie. Ses yeux se ferment, son corps se tend, comme si cette attitude pourra atténuer les effets à venir. C'est ridicule, elle le sait. Mais ce genre de substance est un gouffre inconnu pour la Chevaucheuse qui ne lui plaît guère. Son regard se tourne de nouveau vers Séverine, possédé par une fureur sans nom.

-Comment oses-tu me droguer, sale vipère !

La voix est plus stridente qu'elle ne le voulait au départ. Une pointe de panique s'y mêle et Abi foudroie la Cielsombroise du regard. Tout ça c'est de sa faute. C'est elle, la responsable ! Elle lui fera payer ! Car si pour l'instant les effets ne se font pas sentir, nul doute que d'ici une petite demie-heure, Abi risque de ne même plus se souvenir de son nom et Aura seule sait ce qu'elle fera. Abigaïl n'a jamais été drogué. Idril, protège-moi.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Ven 7 Juil - 8:11

Séverine renifla, emplie d'un profond dégoût pour la réaction de sa camarade.  Pour une fois qu'elle essayait de se montrer un peu gentille, voilà comment on la remerciait.  De la muse des peintres, elle n'en avait plus beaucoup, cela faisait déjà plusieurs mois qu'elle était à Lorgol et la guerre nuisait à ce qu'elle puisse obtenir de nouvelles réserves de ce produit pur et délicat.  La spécialité de sa maison.  Et cette vile rousse la traitait comme si c'était du poison.  Il y avait de quoi irriter Séverine, elle qui tirait grande fierté de sa baronnie et de ce qu'elle produisait.  Certes, on ne pouvait dire que les intentions de la jolie brune était complètement dénuée de mauvaise volonté, elle avait ses petites idées derrière la tête, bien sûr, mais tout de même.  Ne savait-elle pas les merveilles qu'elle verrait une fois la drogue ayant pénétré son corps, s'insinuant jusqu'à son esprit.  La Cielsombroise consentit donc à lui donner une seconde chance.

« Tout d'abord, tu aurais pu refuser d'en prendre une.  C'est toi qui as mise ta main dans le sachet, toi qui l'as portée à ta bouche par la suite.  Je ne t'ai faite qu'une invitation cordiale à partager une délicatesse, » assena-t-elle, très calme, imperturbable.  Elle s'empara d'une nouvelle confiserie qu'elle fit fondre sous sa langue.  Comme c'était délicieux.

« Tu vas voir, ça te fera du bien.  Tu es beaucoup trop coincée.  Tu aurais bien besoin qu'on retire ce manche à balais qui te traîne dans le derrière.  Je suis navrée de la crudité de mes propos, mais il n'y a pas d'autres moyens d'en parler. »

Elle haussa les épaules et se débarrassa de son voile, maintenant qu'elles étaient en privé, il n'était plus nécessaire de le conserver.  Elle s'étira doucement avant de se lever pour le poser sur le porte manteau, ainsi que sa cape dont elle se défit d'un geste habile et expert.  Quand il était question de débarrasser des vêtements, on pouvait dire qu'elle avait son talent.  Elle pouvait le faire en un tournemain comme y passer une période de temps extrêmement longue.  Tout cela dépendait de la durée des plaisirs.

« Arrête de tirer cette horrible grimace qui te déforme le visage.  Tu n'es déjà pas particulièrement jolie, même si tu n'es pas vilaine, mais si tes traits prennent une forme aussi hideuse, il me faudra beaucoup plus qu'un petit peu de muse des peintres pour te rendre agréable à l'oeil.  Détends-toi un peu et regarde autour de toi comme le monde est beau.  Ça devrait déjà commencer à faire effet. »

Elle sourit d'un sourire mi-inquiétant, mi-chaleureux.  Peut-être était-ce là pourquoi il ne fallait pas s'y fier une seule seconde.  Quant à elle, elle était parfaitement détendue et elle laissait la drogue faire son travail : elle en avait bien besoin pour trouver une chambre aussi miteuse et exiguë agréable.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 11 Juil - 17:00

Le reniflement dédaigneux qui accueille ses propos a au moins le mérite d'arracher une pointe de satisfaction à Abi. Si elle l'a blessé en profanant sa précieuse drogue de bas étage tant mieux. Néanmoins sa satisfaction est de courte durée. Fulminante, bouillonnante, elle le pointe d'un doigt accusateur. Comment ose-t-elle ?

-Je constate que t'es encore moins maline qu'avant ! Tu crois vraiment que si j'avais eu le choix on serait là toutes les deux ? J'en ai rien à foutre de ce qu'on peut dire de moi, je t'aurais abandonné dans la rue et t'aurais laissé crevé sous la pluie sans aucun remord ! J'aurais même poussé ton corps dans le caniveau. Et j'aurais encore moins touché à ce que tu m'aurais donné. Je...

Sa tête lui tourne un instant. Les contours de Séverine deviennent flous. Les propos de la Cielsombroise ne sont plus qu'un ronronnement lointain. Paniquée Abigaïl secoue la tête, augmentant de ce fait sa douleur. Elle parvient toutefois à reprendre un peu le contrôle.

-Je suis maudite, bafouille-t-elle, la bouche soudain pâteuse. J'ai été maudite, c'est pour ça qu'on en est là. Le Destin m'a puni.

Qu'est-ce qui lui arrive ? C'est comme si elle mange de la mousse. Des mots sortent mais elle ne sait déjà plus trop ce qu'elle dit. Séverine a soudain l'air d'une onde, telle les vagues de la mer et leurs jolies rondeurs. Ui, elle a de jolis rondeurs Séverine. D'ailleurs ça fait rire Séverine. Ah non. Peut-être pas. C'est elle qui rit en réalit. Surprise, Abi s'arrête et porte la main à ses lèvres. Elle les touche un moment, comme pour vérifier que c'est bien les siennes. Elles aussi elles sont en mousses. Et ça chatouille quand elle les touche. Elle pouffe. Abi ? Petite, tu vas bien ?

-Royale !

Abi s'exclame à voix haute, cherchant des yeux sa dragonne. Mais il n'y a pas grand chose hormis Séverine qui ondule, assise sur un grand rocher dans une clairière.

-Royale chui empoisonnée ! Dépêches-toi ! Y a le feu !

Puis elle rigole à sa propre blague. Abi, où es... De nouveau, Abi est sourde. Ou plutôt, elle n'arrive pas à réfléchir. Ça devient compliqué tout ça. Parler dans sa tête. Comme si la drogue fait barrage à toutes ses capacités. En même temps, un sentiment de bien-être l'envahit. Une sorte de songe éveillée. Elle a l'impression de marcher sur de la barbe à papa, guidée par Rya la Délicieuse. C'est sûrement ça, elle est plongée dans les délices de Rya et la déesse elle-même la récompense en la plongeant dans un pain de délices sucrées. Abi s'affale alors sur ce parterre de douceurs moelleuses.

-Rya Suprême Merci ! Pousse-t-elle dans un soupir.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Jeu 3 Aoû - 19:28

Oh! Donc la petite Abigaïl serait maudite!  Séverine en tressaillit de joie, tandis qu'elle entendait cette merveilleuse nouvelle.  Les dieux étaient finalement cléments à son égard, après des mois et des mois de douleur.  Quelle jouissance de savoir que la puissance divine était à la source toute cette vengeance qu'elle pouvait enfin accomplir, des années après avoir été offensée.  Elle n'avait pas attendu son heure en vain.  Les raisons qui lui permettaient de s'en prendre à la Chevaucheuse lui importait peu du moment que cela servait ses propres intérêts.  Elle n'éprouvait aucune compassion pour la rouquine insolente en face d'elle, outrée d'avoir été droguée contre sa volonté.  Séverine ricana de façon méchante.

« Si les Dieux sont contre toi, tu ne peux pas me faire porter le blâme, » renifla-t-elle avec une hauteur qui exprimait à quel point elle se sentait supérieure à l'autre femme.  Combien elle la regardait de haut.  Elle voyait bien les effets de la drogue se propager dans ses veines.  Ses yeux devenaient doucement vitreux.  Bientôt, le monde ne serait qu'une euphorie pour elle.  Elle ne devrait pas s'en plaindre.  Elle devrait se voir, si heureuse!  Elle qui commençait à pouffer.  Que le bonheur t'envahisse, vieille peau!  Je n'en ai pas fini avec toi, ce n'est que le commencement.  Le monde devient soudainement de plus en plus beau, même aux yeux de Séverine.  C'est avec confort qu'elle retrouve la sensation que lui procure la muse des peintres, le sentiment d'allégresse et cette légèreté.  Comme elle était bien!

Alors que l'Outreventoise s'affaissait au sol, dans la posture la moins frigide de toute son existence fort probablement, Séverine se souleva, aussi aérienne qu'une fée.  Elle s'accroupit près de son ennemie des temps infinies et pencha son visage vers le sien.  Elle l'entend appeler Rya dans un souffle et le sourire de la Cielsombroise s'élargit.  D'un geste doux de la main, elle effleura d'un geste imitant la tendresse la joue d'Abigaïl.

« Comme tu sembles détendue, tu vois que ce n'est pas plus mal.  Tu ne te sens pas mieux maintenant que ton balais t'es retiré du derrière?  Et si on continuait sur la même route?  Ça ne te ferait pas du bien un peu? » susurra l'astronome dans une voix basse, rendue encore plus doucereuse par l'effet des drogues.

Elle se pencha plus avant vers le visage de la jeune femme et y posa ses lèvres.  Les substances qu'elle venait de prendre l'aidait à passer par-dessus son dégoût d'entrer en contact intime avec une femme qu'elle haïssait depuis l'adolescence, mais quel meilleur moyen y avait-il de se venger d'un Outreventoise dont l'honneur comptait plus que tout?  Séverine était prête à parier qu'Abigaïl n'avait jamais embrassé personne et encore moins une fille.  La victoire lui était assurée.  Elle glissa doucement ses doigts le long de ses côtes.

« Je ne te veux que tu bien Abigaïl, » murmura-t-elle d'une voix envoûtante.  Elle savait que la muse des peintres amplifierait l'effet de sa séduction.  Peut-être la mage résisterait-elle un peu, mais Séverine se savait gagnante de cette bataille.  Elle était confiante.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Sam 9 Sep - 15:59

Le parterre est moelleux et agréable. Les odeurs légèrement sucrées lui font perdre le peu de raison qu'il lui restait. Le monde semble empli de couleurs vives et Abigaïl regarde, émerveillée, cet environnement qu'elle a l'impression de vraiment regarder pour la première fois. Jamais elle n'a remarqué que l'herbe brille avec autant d'intensité, que le soleil est si étincelant ou que le ciel est d'un si bleu clair. Même Séverine, et tout ce qu'elle représente, même si ce qu'elle représente lui paraît bien dérisoire maintenant. Même Séverine semble scintiller. Abi se rend compte, avec étonnement, qu'elle est vraiment belle. Délicate, ses lèvres fines et rosées paraissent si douces, ses cheveux foncés contrastent merveilleusement bien avec sa peau nacrée. Son assurance et sa confiance la rendent resplendissante. Un sourire béat vient se dessiner sur les lèvres de la Chevaucheuse alors qu'elle contemple la Cielsombroise s'approcher d'elle et lui parler. Sa voix carillonne telle une petite clochette se balançant dans le vent. Elle ne comprend pas très bien ce qu'elle lui dit mais Abi ne doute pas que c'est forcément super et la Chevaucheuse se contente donc de hocher la tête, son sourire toujours aussi niais collé au visage.

Elle est tellement près d'elle, maintenant, Séverine. Elle sent bon. Cela surprend encore Abigaïl. Pourquoi donc elle n'aime pas Séverine déjà ? Oh, elle ne sait plus et cela ne doit pas être très important. Comment peut-on résister à pareille splendeur ? Et son parfum... son parfum frais et délicat qui enivre encore plus ses sens.
Elle est tellement près, Séverine. Si proche. Elle arrive même à compter ses cils. Ils sont beaux ses cils. Ils se courbent bien et ornent à merveille la profondeur de ses yeux. D'ailleurs Abi se perd dans ses yeux. Puis elle sent le contact de la main de Séverine sur sa joue. Quel contact. Quelle... douceur. Son coeur fond et ses yeux s'agrandissent. Que se passe-t-il ? Que lui arrive-t-il déjà ?

La drogue.

Quelque part, au fond d'elle, une voix furibonde s'insurge, grimace, gronde, semble sur le point d'exploser de rage. Oh mais pourquoi donc tant de colère alors que le monde est si beau ? Et que Séverine est si proche et sa main si douce ? Abigaïl la fait taire d'un geste rassurant mais ferme. Ce moment n'a pas besoin d'être tâché par de mauvaises émotions. Elle aura le temps d'être en colère plus tard. Mais pourquoi devrait-elle être en colère, d'ailleurs ? Il n'y a pas de raison.
Puis elle sent quelque chose de chaud sur sa bouche, Abigaïl. Et elle se rend compte que ce sont les lèvres de Séverine. Ses yeux s'écarquillent tellement et lorsque la Cielsombroise s'écarte, Abi la contemple, la bouche grande ouverte, totalement sidérée. Doucement, ses mains se portent à ses lèvres et elle les touche comme pour vérifier que ce sont bien les siennes. Elle n'a jamais embrassé personne, Abi. Encore moins une femme. Pourquoi alors que c'est tellement agréable. Parce que oui, il faut le reconnaître, c'est agréable. C'est chaud, c'est doux et ça fait des petits guilis dans le ventre.
Mais ce n'est pas bien tout de même, elle en est consciente Abigaïl. Cela ne se fait pas. Raison de plus pour recommencer. Si c'est interdit c'est amusant de le refaire. Elle éclate de rire. D'un petit rire excité en se disant qu'elles font des choses pas bien toutes les deux. Puis c'est comme si la foudre la frappe sur place et ses yeux s'écarquillent d'horreur. Dans un bref élan de lucidité, son rire se mue en un long cri muet. La Abigaïl de d'habitude, prisonnière des drogues sournoises fait surface un bref instant. Le temps de quelques secondes. Quelques brèves secondes sitôt étouffées par la drogue. Et, une nouvelle fois, le monde lui paraît si beau.

-C'est gentil, dit-elle en hochant encore la tête. C'était bien ça, ajoute-elle en posant les doigts sur ses lèvres avec un sourire léger. Mais ça se fait pas, alors faut pas recommencer.

Non, ça va s'arrêter là en fait. Elle ne veut pas trop recommencer Abigaïl. Oh ce n'est pas qu'elle n'a pas aimé, au contraire, cependant elle sait que ce ne sont pas des choses qui se font. Ce sont encore moins des choses qu'elle, elle fait. Elle essaye de se lever. Parce que c'est si beau ici, elle veut se promener. Ses quelques tentatives se terminent en échec. Ses jambes sont tout de mêmes lourdes alors qu'elle se sent si légère. L'Outreventoise tourne la tête de droite à gauche et avise un petits amas d'herbes verdoyantes à l'aspect tellement agréable. Elle a envie de s'y allonger. Pour dormir un peu en écoutant le chant des oiseaux. Alors, au prix d'un gros effort, elle parvient à se dresser sur ses deux pieds et entamer une petite marche maladroite vers l'espèce de lit de fleurs et d'herbe, où elle se laisse tomber dessus avec un soupir de satisfaction.

-Regarde Séverine, comme le soleil brille ! rit-elle, telle une enfant. Il brille si fort et il fait tellement bon... on pourrait vivre ici !

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Dim 10 Sep - 9:38

Il lui faut toute sa force d'âme pour ne pas se mettre à rire méchamment. Les effets de la drogue sont là et si elle ne sait pas exactement à quelle douce illusion se berçait sa prisonnière, Séverine ne doutait pas un seul instant qu'elles étaient magnifiques.  Elle-même ne voyait que les couleurs légèrement plus vives, plus chaudes.  Il lui en fallait beaucoup plus que cela pour se retrouver dans le même état qu'Abigaïl.  Surtout que probablement qu'une part des effets qu'elle ressentait n'étaient seulement dû qu'à sa propre imagination.  La Muse des peintres n'était pas une drogue qui causaient de lourdes hallucinations comme semblaient en avoir sa compagne.  Enfin, peut-être cela allait-il pour quelqu'un qui n'avait jamais touché à ces substances.  En tout cas, il était plus que satisfaisant de voir son ennemie de toujours tenter de se dépêtrer dans un méandre invisible de toiles d'araignées.  Et ce baiser volé, cette petite chose de rien du tout…  Elle ne pouvait pas avoir eu de meilleure idée que celle-là.  Elle imaginait déjà très bien la tête que tirerait la rouquine quand lui reviendrait tout ce qui s'était passé la veille, avec un bon mal de tête par-dessus le marché.  Elle s'en délectait.  Mais tout cela ne faisait que commencer, songeait-elle alors qu'elle regardait la Chevaucheuse s'écraser comme une pierre sur le lit, à regarder elle ne savait trop quoi.  Le ciel apparemment.  Elle se retint de la contredire à ce sujet et de lui préciser qu'elle était dans une auberge de bas-étage et que même si elle avait eu le bonheur de se retrouver dehors, elles auraient pu observer les étoiles plutôt que le soleil.

Elle rejoint Abigaïl au lit et se laissa tomber sur le dos à côté d'elle, se joignant à elle dans l'observation de ce qu'elle-même ne pouvait point voir.  À son avis, le soleil brillant dans les yeux de sa rivale ne pouvait être nulle autre qu'une grosse tache de moisi au plafond qui plissa ses lèvres en une grimace de dégoût marqué.  Détournant le regard de cette horreur, elle glissa doucement l'une de ses mains dans celles abîmées de la Chevaucheuse, y entrelaçant ses doigts avec juste la bonne dose d'assurance.

« C'est vrai qu'on est bien ici, » murmura-t-elle en mettant dans sa voix toute la séduction et toute la douceur qu'elle le pouvait.  Peut-être avec une femme plus jolie et mieux élevée, elle aurait pu être encore plus ravageuse, mais elle ne pouvait jouer complètement le jeu avec cette femme qu'elle haïssait pour mourir.  Elle se tourna de façon à être étendue sur son flanc et de pouvoir regarder la maîtresse de cette chevelure flamboyante étendue sur les draps.  De sa main libre, elle caressa l'arête de sa mâche d'un geste qui se voulait tendre.

« Mais c'est toi qui est la plus jolie Abi…  Tu es lumineuse, » souffla-t-elle d'une voix lente et un cran plus grave qu'à l'ordinaire.

Elle se rapprocha encore un peu, de sorte à appuyer sa poitrine contre le bras de la jeune femme, la pressant dessus sans aucune gêne.  Il suffisait que l'Outreventoise ait seulement un peu de désir pour les femmes et cela fonctionnerait infailliblement.  Son genou s'avança pour s'accoter légèrement contre la cuisse de sa compagne.  Plus tard, peut-être oserait-elle l'avancer plus loin, mais pour le moment, cette caresse coquine suffirait.  Elle attrapa de sa main libre une fois ses doigts ayant tracer tout le pourtour de son visage et tourna délicatement la tête embrasée vers elle, forçant leur yeux à se rencontrer.

« Pourquoi tu dis que c'est mal si je t'embrasse?  Tu n'as pas aimé ça? » fit-elle d'une voix plaintive et blessée.  Elle retint un frisson de dégoût à l'idée de reposer ses lèvres sur celles tant honnies de son adversaire, mais elle était prête à beaucoup pour arriver à la victoire.  Elle approcha son visage jusqu'à ce que leur deux souffles puissent se mélanger, affichant une mine emplie d'envie, laissant sa bouche flotter comme un nuage près du bouton de rose qui lui faisait face.  Elle cherchait à attirer vilainement sa proie.

D'un geste faussement timide, elle laissa glisser sa main le long du corps d'Abigaïl, frôlant sa poitrine avec un peu plus d'attardement qu'elle ne l'aurait dû, jusqu'à atteindre ses hanches afin de la tirer un peu plus contre elle.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Ven 15 Sep - 12:15

Abigaïl n'a jamais pris de drogue de sa vie. Elle n'a même jamais bu. Pourtant c'est tellement agréable. L'euphorie dans laquelle la drogue la plonge est un pur délice. Et ses yeux voit le monde tel qu'il est réellement. Beau et scintillant. Pourquoi donc a-t-elle tant de colère en elle alors que ses problèmes paraissent bien dérisoires en cet instant. Elle a donc été aveugle tout ce temps ? Alors qu'il lui suffisait de prendre un peu de cette drogue pour se sentir repue d'une plénitude des plus agréable. Séverine est à ses côtés. Elle n'a jamais remarqué à quel point elle est belle non plus. Elle a les cheveux brillants et les yeux qui pétillent. Elle dégage une odeur des plus agréable, qui semble envoûter plus encore ses sens.

Elle la sent si proche. Abi en est troublée. Dans d'autres circonstances, elle creuserait certainement le problème pour trouver ce qu'il cache mais la drogue l'en empêche. Elle savoure juste le moment. La voix de Séverine la caresse, lui arrachant de doux frissons. Elle tourne la tête vers elle, la bouche ouverte pour lui dire quelque chose mais les mots meurent dans sa gorge. Elle est tellement proche. La Chevaucheuse déglutit péniblement et tourne la tête. Les caresses de Séverine lui amène des sensations étranges qu'elle ne connaissait pas. C'est un sentiment qu'elle ne parvient pas à expliquer. Elle sent sa poitrine contre son bras. Son cœur s'affole. Que lui arrive-t-il ? Elle est tellement proche maintenant qu'elle peut entendre les battements paniqués de son cœur. Sa bouche est si près. Elle ne peut en détacher ses yeux. Elle l'hypnotise.

Mais non. Non ce n'est pas bien. Abigaïl a passé sa vie à renier ses origines tant honnies mais l'évidence est là et elle ne peut défaire le passé. Elle est Outreventoise. Certes, elle possède plus un caractère Cybellan mais il y a une chose qui ne démord pas. Les plaisirs de la chaire. Jusqu'à aujourd'hui, l'unique chose qui s'en rapprochait, c'était le mariage. Mais en parfaite fille d'Idril, la jolie rousse ne s'est jamais intéressée à cet aspect qui semble pourtant plaire à nombreuses personnes. De plus, les hommes l’écœurent. Depuis son mariage arrangée, elle ne peut pas leur faire confiance. Et puis, il n'y a qu'à les regarder. Ils sont vulgaires, arrogants, impulsifs et violents. Ils se complaisent dans des remarques grossières et grasses en regardant d'un œil lubrique totalement éhonté les femmes qui passent devant eux. Pourtant, ici et maintenant, Abigaïl ressent des sensations qu'elle n'a jamais connu auparavant. Et cela la troublerait sûrement si elle n'étais pas sous l'effet des drogues. Pour le moment, c'est juste une certaine gêne, un embarras. Elle ressent de l'ennui, une pointe de frustration mais elle ne parvient pas à faire le point sur ses émotions mêlées. Surtout qu'elle n'en a pas spécialement envie non plus. Mais la présence de Séverine la trouble c'est indéniable. Néanmoins, elle est Outreventoise. En Outrevent les femmes ne vont pas avec les femmes. Et les hommes ne se mettent pas avec les hommes. C'est... c'est contre nature. Alors elle se lève et s'éloigne du lit. Mais son regard dérive sur la silhouette si désirable et tentatrice de Séverine. Ses yeux ne parviennent pas à se détacher des courbes de son corps, s'attardant sur sa poitrine plus que de raison. Elle finit par avoir un petit hoquet et détourne précipitamment les yeux, fixant le mur. Depuis quand il y a un mur ici ? En plus, elle est censée détester Séverine. Pourquoi ? Et bien parce qu'elle est arrogante, mal élevée, c'est une petite peste pédante et condescendante qui prend tout le monde de haut. Pourtant, elle est si gentille en ce moment. Peut-être qu'il y a quelque chose d'autre.

-Les femmes ne vont pas avec les femmes, bredouille-t-elle, embarrassée.

Elle a chaud Abigaïl. Très chaud. Elle n'a pas remarqué qu'il faisait aussi chaud ici. Mais malgré tout, c'est nom. La drogue ne peut changer totalement la nature de quelqu'un. Et malgré l'euphorie, ça va à l'encontre de ses sentiments. Par Idril ! Les dieux l'ont donc laissé tomber ? Idril ne semble guère se préoccuper de protéger la vertu de sa fille. Le Destin se rit d'elle en lui mettant sa pire ennemie sur la route alors qu'elle est maudite et Iridia pare ses yeux de couleurs chatoyantes, la plongeant dans un monde plus merveilleux qu'il ne l'est. Quant à Aura... Aura n'est guère intéressée par cette histoire et préfère ne pas s'en mêler. Elle est donc seule, Abigaïl. Seule avec l'euphorie, la drogue... et Séverine.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 19 Sep - 4:31

Le jeu semble faire tout à fait ses effets.  Séverine pouvait presque lire comme dans un livre ouvert ce qui se passait dans la tête de la Chevaucheuse.  Elle avait bien fait de miser sur ses origines pour la tourmenter.  Ce qui était plus amusant encore, c'était que son petit jeu de charme, d'abord destiné à l'agacer semblait désormais atrocement la troubler.  Aurait-elle toucher juste sans même le prévoir?  La Cielsombroise laissa son âme se parer d'une mine extrêmement réjouie.  Oh, comme il était amusant de voir l'Outreventoise se débattre sans savoir exactement de quoi elle désirait se sauver.  Oui, il était clair que s'il était possible pour un homme de causer l'émoi chez la frigide rouquine, une femme en était tout à fait capable aussi.  Même une vipère autant honnie qu'elle-même l'était aux yeux d'Abigaïl.  Tandis qu'elle prenait à nouveau la parole, Séverine se leva du lit à son tour et s'approcha doucement de son ennemie.  Une fois à proximité, elle passa ses bras autour de sa taille dans un geste tendre et affectueux.  Elle appuya son front contre l'épaule de l'autre jeune fille et garda le silence encore un moment. Juste un petit moment.  Elle ne ressentait nul désir pour celle qui lui avait ruiné ses longs cheveux soyeux à l'adolescence, mais elle pouvait lui faire croire qu'elle en ressentait.  La drogue ne changeait pas la nature d'une personne.  Et tout aussi réluctante qu'elle l'était à se laisser séduire, son balais d'Ouventoise coincée l'empêchant de se laisser aller, l'astronome en savait assez sur les voies de Mirta pour savoir ce qui agitait sa petite victime.  Cette vengeance serait totale.

« Il n'y a pas de règles qui régissent les désirs Abi, » susurra-t-elle tel  un serpent à l'oreille de celle qu'elle haïssait.  Elle se fondait dans le miel des désirs, se transformait en une séductrice sans inhibition.  Elle lui montrerait, si elle lui laissait, semblait dire son corps frêle pressé contre le sien dans une étreinte douce, encore très sage.  Elle appuya avec un peu plus d'insistance son bas ventre contre elle, comme si de rien n'était, comme si on ne venait pas de lui reprocher de vouloir mettre une femme dans son lit.  Parce que c'était inconvenant.

« Mirta a donné l'amour aux hommes comme aux femmes sans distinction pour qu'ils le partagent entre eux et l'honorent, » expliqua-t-elle d'une voix douce, hypnotisante.  Abigaïl devait être plutôt affectée par la drogue et manquer de contrôle sur la situation.  Bientôt, peut-être tomberait-elle dans le sommeil, épuisée par toutes ces sensations nouvelles.  La dose était forte.

Bien qu'elle était plus frêle que la Chevaucheuse dont les muscles avaient été travaillés par les heures à voler à dos de dragon, elle retourna cette dernière vers elle pour que leurs yeux se rencontrent.  Elle posa une main dans le bas du dos de l'Outreventoise et laissa l'autre, timidement, glisser le long de la courbe de ses hanches, tracer ensuite le galbe de sa poitrine avant de terminer cette valse légère sur son épaule.

« Ne crains rien, je vais te montrer.  N'aie pas peur Abi, laisse-toi guider, laisse-toi faire, » lui dit-elle en prenant bien soin d'user d'impératif.  Peut-être que la malédiction fonctionnait toujours et que la rouquine ne pourrait qu'obéir.  Il ne resterait qu'à espérer que les brumes de la drogues lui fassent croire qu'elle acceptait d'elle-même.

Elle prit de sa main libre celle d'Abigaïl et lui montra le chemin jusqu'à sa propre poitrine à elle.  Comme toute Cielsombroise, Séverine était fine, gracieuse, et ses atours prenaient une petite forme rebondie grâce au corset qui lui ceignait la taille.  Elle guida d'abord ses mouvements, l'invitant à la toucher, à l'explorer.  Elle lui souriait d'un air d'ange.  Son autre main migra tranquillement vers les fesses de la jeune femme, dans une douce caresse.  Elle s'étira et posa à nouveau ses lèvres sur celles de la Chevaucheuse avant de se reculer sans presse.

« Tu ressens la foudre traverser ton corps?  Ce n'est pas la colère des dieux, c'est ton désir Abi.  Sens-le au fond de toi, sens le venir te prendre le bas du ventre ce feu brûlant.  Et laisse-le t'emporter.  Touche-moi encore, embrasse-moi.  Laisse-toi envahir par la passion et sois sans crainte.  Mirta veille sur nous. »

Elle avait un peu honte d'utiliser le nom de la déesse pour venir à bout de son ennemie, ce n'était pas digne d'elle.  Elle se promit de lui faire des offrandes plus tard pour demander pardon.  Mais peut-être faisait-elle aussi la bonne chose en se vengeant ainsi, ouvrant la Chevaucheuse à plus d'amour encore que jamais.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Lun 25 Sep - 22:58

Elle tremble Abi, alors qu'elle se tient, face à un mur. Un mur physique et le mur de ce qu'elle n'ose s'avouer. Il est là, semblant inébranlable, pourtant elle peut presque distinguer une fissure. En est-ce vraiment une ? Elle tremble, Abi. De peur, d'appréhension et de désir. Un désir qui l'effraie plus encore parce qu'il est la cause de cette fissure sur son mur. Et elle là, droite, tournant le dois à une Cielsombroise en priant pour que, quand elle se retournera, elle constatera qu'elle est seule. L'euphorie des premiers instants paraît bien lointain maintenant. Elle est encore un peu euphorique, si. Elle le sent, ce sentiment de plénitude. Mais la peur prend le dessus. L'appréhension. Comme si toutes ces hésitations, refoulées par l'euphorie, se font de plus en plus pressantes pour qu'elle les analyse. Une sorte d'anxiété croissante prend ainsi le dessus. Ses yeux se ferment alors qu'elle essaye de ralentir les battements enfiévrés de son cœur torturé. Elle souhaite, prie, implore de se retrouver seule. Elle ne veut plus de Séverine. Elle veut être seule et oublier tout ça. Et surtout, elle veut dormir. Dormir d'un sommeil sans rêve et se réveiller en ayant plus aucun souvenir de ce qu'il s'est passé.

Mais les dieux en ont décidé autrement et les pas de la Cielsombroise s'élèvent derrière la rouquine et son cœur reprend son rythme effréné. Des bras menus et doux passent autour de sa taille et les formes gracieuses de Séverine se plaquent sur son corps tout tremblant, comme si elles cherchent à fusionner avec. Abigaïl en oublie de respirer. Puis sa voix susurre, tel le venin tentateur du serpent sournois avant qu'il n'emprisonne sa proie. Avant qu'elle l'amène droit dans sa toile où elle ne pourra plus se retirer.
Doucement, Séverine la retourne. Abigaïl ne cherche même pas à résister. Elle se laisse faire, une poupée de chiffon, vide de toutes pensées. Ses yeux s'accrochent à ceux de Séverine et ne parviennent pas à les quitter. Elle a l'impression soudaine que tout est décuplée. Sa voix, son odeur... et ses caresses. Cette main au creux de son dos. Et cette autre... cette autre qui effleure ses formes, porteuse de milles promesses. Lorsqu'elle vient se porter sur ses seins, sa bouche s’entrouvre et son souffle s'accélère. Elle ne parvient pas à faire le moindre geste, le moindre mouvement. Elle ne parvient plus à respirer, à penser correctement. Comme dans une autre réalité, elle laisse Séverine la guider vers sa propre chaire, vers ses propres seins. C'est rond, bien dessiné, bien... Doux et tellement enivrant. Son regard ne peut se détacher de sa main. De sa main sur les seins de Séverine. Alors qu'elle sent la propre main de la Cielsombroise quitter son dos pour une douce caresse vers ses fesses rebondies et musclées par ses heures de vol. Puis de nouveau la douceur de ses lèvres rencontre les siennes. Et de nouveau Abigaïl sent son cœur s'emballer. Elle ne répond pas au baiser. Elle est tétanisée. Pétrifiée. Mais elle sent le goût sucré de ses lèvres. L'odeur fruité de sa gorge. Elle déglutit difficilement alors que la Cielsombroise continue d'injecter son venin. Continue de l'empoisonner avec ses mots. Des mots qui semblent tout droit venir de Mirta elle-même. Elle la connaît mal, Mirta. Mais si elle existe....

-Par Idril, murmure-t-elle, désespérée. Sauve-moi...

Mais Idril n'est pas là. Seule Séverine reste. Et ses mots. Mue par une force qu'elle ne reconnaît pas, ses gestes obéissent mécaniquement à la Cielsombroise. Malédiction, drogue ou envie ? Un peu des trois, même si la dernière reste la plus terrible. Alors ses mains touchent son corps, suivant le même chemin que Séverine. La première continue de souligner le galbe parfait de sa poitrine alors que l'autre entreprend une exploration maladroite de son dos. Ses yeux, eux, dévorent, chaque partie de son corps, ne parvenant pas à s'y arracher. Même sa bouche ne souhaite pas rester tranquille et vient doucement effleurer la peau à la naissance de son cou, avant de retrouver sa place, totalement effrayée par ce qu'elle vient de faire. Mais la Chevaucheuse a l'impression que tous ses membres fonctionnent indépendamment des uns et des autres. Et, surtout, de sa volonté. Mais qu'est-ce qu'elle veut au juste ? Elle ne le sait même plus.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Lun 2 Oct - 5:56

Un instant, Séverine crut que c'en était fini : la Chevaucheuse ne se laisserait pas aller à ce jeu.  Pourtant, elle semblait y prendre un certain plaisir, la Cielsombroise pouvait le deviner.  Elle n'aurait su dire ce qui motiva la rouquine à poursuivre son exploration, mais déjà une de ses mains se dirigeait vers son dos, tandis que l'autre continuait de taquiner sa poitrine.  L'enfant de Mirta se montra cajoleuse alors, rassurante.  Elle laissait à l'Outreventoise le temps de découvrir, de voir qu'il n'y avait rien de mal qui arriverait ce soir-là.  Doucement, Séverine se mit à baiser le peu de peau dévoilée entre le collet de la robe et la poitrine de celle qui lui faisait face.  Sans geste brusque, elle s'affairait doucement à la tâche, prenant amplement le temps de couvrir chaque parcelle dénudée.  Elle guide ses lèvres vers le cou de la jeune femme, cherche les endroits sensibles.  Ses mains glissent sur ses fesses, ses hanches, sa taille.  Elle se presse contre la maudite des dieux et redouble de caresses à son égard.  Elle lui montre la voie, lui enseigne les gestes à faire.  Elle-même frissonne sous les attouchements maladroits de celle qui n'a jamais connu les plaisirs de la chair.  Malgré elle-même.  Séverine réagit plus par son désir charnel que par attraction.  Elle ne peut ignorer les sensations que même des mains aussi malhabiles savent susciter en elle.  Quitte à devoir aller jusqu'au bout de la chose.  Elle savait qu'elle pourrait y prendre son pied et qu'Abigaïl en serait rouge de colère.  Et peut-être de honte.  Elle n'avait pas pensé qu'aussi peu de drogues suffiraient à détruire toute inhibition chez son ennemie.

« Abi, est-ce que tu n'as pas un peu chaud?  Le feu est si bon dans la cheminée, » lâcha-t-elle.  Elle n'était point innocente dans cette déclaration, elle avait ses idées derrière la tête naturellement.  Elle fit glisser ses doigts fins jusqu'aux lacets qui retenaient la tenue de la Chevaucheuse en place.  Délicatement, elle tira dessus pour en défaire le nœud.  Elle jeta un regard innocent à Abigaïl, retenant un sourire triomphant.  « Je peux?  On serait si bien sans ces vêtements, tu ne trouves pas? »  Elle délaça un peu plus l'habit avant de s'arrêter.  Prendre son temps, ne pas la brusquer.  Elle laissa retomber ses main et enlaça la taille dessinée par l'exercice physique et enfouie son visage dans la poitrine opulente de la jeune femme.  Tranquillement, elle força une ouverture pour sa jambe entre celles de la Chevaucheuse et se pressa contre elle en soupirant.

« Touche ma peau Abi, est-ce qu'elle n'est pas douce comme la soie?  Tu vois tous ces rubans comme ils sont encombrants, tu ne veux pas les dénouer?  Délivrer ma poitrine, la toucher à nue?  Ce sera très agréable, » susurre-t-elle.  Doucereusement, elle dilue son poison.  Elle invite la jeune femme à sa perdition.  Elle se presse encore un peu plus contre ce corps si féminin, comme si elle cherchait à les joindre ensemble.  Délivant son visage, elle lève celui-ci en direction de son ennemie et tend ses lèvres roses vers les siennes, quémandant un baiser de plus.  Lui faisant la promesse du goût de miel qui baignait sur elle.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mar 10 Oct - 20:48

Abi est à deux doigts de gémir. De plaisir ou de crainte, elle ne sait pas très bien. Sa conscience s'envole. Elle s'envole tellement qu'elle en a mal à la tête. Elle sent Séverine frissonner et répondre à ses caresses. Elle la sent guider ses gestes, lui montrer des repères, lui apprendre comment faire.
Par Idril ! Elle a tellement chaud. Sa tête va exploser. Elle va exploser comme Abi sait faire exploser les choses. Puis sans trop comprendre comment ni pourquoi, elle assiste d'un air hébété Séverine lui détacher les lacets de sa tenue. Elle lui parle alors mais la Chevaucheuse est incapable de lui répondre et se contente de la regarder, choquée, perdue. Quelques secondes plus tard, la Cielsombroise plonge sa tête dans la poitrine de l'Outreventoise, force la porte de ses jambes pour se presser plus contre elle et Abigaïl est bien incapable d'expliquer comment elle en est arrivée là.

Mais elle n'a pas le temps d'y réfléchir plus longuement parce que Séverine continue de lui distiller son poison si envoûtant, l'invitant pour un énième baiser. Mais peut-être est-ce là le déclic, alors qu'Abigaïl se penche une nouvelle fois pour goûter à ses lèvres si tentatrices, pleines de promesses. Que sa bouche se mêle à la sienne. Qu'elle sent l'odeur enivrante de son parfum. Sa tête semble céder totalement à la pression, comme si son cerveau explose de lui-même. Incapable de se retenir plus longtemps, priant pour le salut de son âme, de son cœur et de son corps, la Chevaucheuse repousse sauvagement la Cielsombroise. La force du geste la fait reculer, les mains tirant ses cheveux comme s'ils sont les seuls responsables de ces maux et qu'en les retirant, la douleur s'estompera. Il n'en est rien. La douleur est là, bien intense et la fatigue... ses yeux sont lourds. Si lourds. Aussi pesant que sa tête. Au final, elle ressent qu'elle n'a plus qu'une envie. Dormir. Sombrer dans le sommeil, droit dans les bras de Niobé.

-Séverine, gémit-elle, plaintive. Séverine je suis si... fatiguée.

Elle avance d'une démarche chevrotante jusqu'à ce que ses genoux heurtent le bord du lit, lui arrachant un cri de douleur et de surprise. Cri très bref et vite éteint car la rouquine s'affale aussitôt sur le lit, n'attendant pas la Cielsombroise pour s'extirper de ses vêtements. Bientôt, elle se retrouve en petit dessous, le reste de ses affaires jonchant le sol, les cheveux étalés sur l'oreiller et les yeux fixant le plafond qui tourne, tourne et tourne au-dessus de sa tête. La chaleur paraît lui brûler les joues et pourtant, elle est bien habituée à la chaleur, Abigaïl.

-Je suis tellement fatiguée, reprend-t-elle dans un murmure. Tellement fatiguée...

Ses paupières se font lourdes. De plus en plus lourdes. Mais Niobé ne veut pas d'elle. Pas tout de suite. Elle attend. Mais elle attend quoi au juste ?

-Sé... Séverine ? demande-t-elle dans un balbutiement, comme une réponse à sa propre question.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Mer 11 Oct - 14:25

Elle ne s'attendait visiblement pas à se faire repousser avec autant de force : il y avait quelque chose qui résistait très fort au fond de sa prisonnière pour se défaire de ses liens.  Cela contrariait un peu Séverine qui s'était imaginée avoir gagné déjà.  C'était une bataille de perdue, mais pas la guerre.  Et il était hors de question pour la Cielsombroise de perdre celle-ci.  Pas après avoir été aussi mortellement humiliée devant toute l'Académie.  Oh, avec ses grands airs, elle avait prétendu que cela ne l'avait pas gênée, mais quelle mortification que de se voir déshabillée devant plein d'inconnus.  Et ses pauvres cheveux avaient été les victimes collatérales de cette prise de tête dans les couloirs.  Elle avait toujours cru qu'il était interdit par les règles strictes de l'école pour un apprenti mage d'utiliser ses dons contre les pauvres étudiants dénués de toute magie.  Pourtant, il ne lui semblait pas que l'Outreventoise eu été punie pour ses méfaits, ou en tout cas pas assez pour satisfaire les désirs de vengeance de la brunette.  L'heure était enfin venue pour elle de lui faire payer et elle était prête à briser toute sa volonté pour y arriver.  Quitte à devoir y passer la nuit entière.

Ce qui serait peut-être plus aisé qu'elle ne le croyait finalement.  Elle commençait à croire que la drogue ne rendrait jamais somnolente Abigaïl et qu'il lui faudrait vraiment la toucher et la caresser.  Séverine ne comptait pas coucher avec son ennemie, à moins d'y être acculée.  Non, il suffisait de lui laisser croire que c'était arrivé pour la faire bouillir de rage.

« Oh Abi… Déjà? » bredouilla-t-elle, mimant la déception.  Elle s'approcha du lit et commença à dénouer un à un chacun des rubans et lacets qui retenaient sa tenue.  Elle prenait son temps, laissait chaque parcelle de peau se découvrir un petit morceau à la fois.  Il s'agissait presque d'une danse tellement chacun de ses gestes était mesuré, voir rythmé.  Le tissu tombait autour d'elle en un petit tas.  Elle serait frippée cette robe quand elle la réenfilerait, mais elle comptait partir assez tôt pour que personne ne le remarque.

« Tout ira bien Abi, ferme les yeux, là comme ça. »

De ses doigts blancs et fins, Séverine ferma avec douceur les paupières de la Chevaucheuse alors qu'elle s'était débarrasser du dernier ruban, la laissant avec pour seul apparat un corset affriolant et des dessus de dentelles qui laissaient entrevoir sa peau blanche.  Elle grimpa sur le lit et enfourcha le corps déjà étendu, posant ses mains de chaque côté de la tête d'Abigaïl et posa son front contre le tien.

« Je peux t'aider à trouver le sommeil.  Tu dormiras mieux que tu ne l'as jamais fait de toute ton existence Abi.  Mais il faut que tu me dises si je peux.  Veux-tu essayer?  Le veux-tu? »

Ce n'était pas vraiment un choix.  Elle devrait donner son accord, même si elle n'en avait pas envie.  Elle le lui forcerait.  Et lui ferait croire que c'était elle qui l'avait voulu, depuis le tout début.  Elle restait là sans bouger, attendant la réaction de la Chevaucheuse pour prendre les prochaines actions.  Elle devait se montrer délicate. Après tout, elle avait réussi à la repousser un peu plus tôt et elle ne voulait pas être jetée en-dehors du lit.  Peut-être devrait-elle glisser une dragée de plus entre ces lèvres bien pulpeuses?  Dommage que tout en Abigaïl suscitait le dégoût chez Séverine.  Elle aurait pris plaisir à les croquer ces lèvres si elles ne lui appartenaient pas.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Jeu 19 Oct - 21:46

Elle ne va pas bien. Oula non. Elle ne va pas bien du tout. La tête lui tourne. Ses yeux veulent se fermer. Et elle a mal au crâne. Tellement qu'elle pourrait en vomir. D'ailleurs, elle en est pas loin. Il fait tellement chaud dans cette pièce.
Elle sent un poids. Un drôle de poids qui s'affale sur elle. Entre deux moments d'égarement, Abi reconnaît la fine silhouette de Séverine qui la chevauche en tenue très affriolante. Abi le remarquerait certainement si elle n'a pas les yeux à demi fermés. Mais la drogue commence à montrer le verso de la pièce et la Chevaucheuse ne remarque plus grand chose. Même Séverine, pourtant si fine, lui paraît peser un poids énorme. Aussi énorme que si une vache a élu domicile sur elle. Puis elle ne comprend plus rien, Abigaïl. Séverine lui parle, sa voix est un doux murmure, un appel au stupre lui-même. Quelques minutes plus tôt, le Phénix a été deux doigts d'y succomber. Maintenant... maintenant il est trop tard. Hébétée, délirante ses mains caressent les cuisses de Séverine sans avoir même conscience de tout ça. Sa bouche s'ouvre et se ferme, la chaleur est insupportable, sa migraine plus encore. Elle acquiesce à Séverine, lui répond « oui, oui » mais ne sait même pas qu'elle lui répond ou à quoi elle consent. La Cielsombroise a la tête collée à la sienne, augmentant considérablement la chaleur de son propre front. Elle a l'impression de ne voir que ses lèvres. Sa bouche. Qui parle. Qui susurre. Qui l'appelle... alors elle se redresse tant bien que mal, Abigaïl, prête à les sceller de nouveau. D'y goûter encore et encore.
Mais elle a tellement mal à la tête. La tête qui tourne. Les nausées... les lèvres de Séverine. Elle est sur le point de les toucher.

Soudain, poussée par une force qu'elle ne soupçonne pas dans un tel état, Abigaïl se redresse d'un coup, Séverine toujours au-dessus d'elle, manquant de lui administrer un coup de tête magistral. Et, submergée par une envie incontrôlable, elle ne parvient qu'à se pencher sur le bord du lit où elle répand joyeusement son repas de ce soir, droit sur la robe de Séverine. Nauséeuse, la bouche emplie du goût de son vomi, elle finit par se laisser lourdement tomber sur le lit, à nouveau. Le mal de tête est toujours présent mais...

-Mieux, grogne-t-elle péniblement mais avec un réel soulagement.

Elle pousse un profond soupir, ferme les yeux et se laisse doucement emportée, trop fatiguée pour supporter plus. Sa tête est lourde, tellement lourde. Et sa tête paraît sur le point d'exploser. Au final, Séverine ne compte déjà presque plus. En réalité, elle a même totalement oublié sa présence. La drogue, aussi douce et faible soit-elle avec un Cielsombrois, est une véritable plaie pour une jeune femme qui ne se drogue pas, ne boit pas et n'a connu que le sérieux et l'étude depuis presque sa naissance. Des années folâtres, elle en a eu. Après tout, chez elle, elle était considérée comme une petite rebelle. Une enfant, et un ado, qui n'écoutait pas ses parents, se battait parfois avec les enfants et n'en faisait qu'à sa tête.
Oh elle n'est pas coincée. Le fait de ne pas se comporter comme une gourgandine ne fait pas d'elle quelqu'un de coincé. Abigaïl veille juste à faire ce qu'elle a envie, parce qu'elle en a envie, et non pour faire plaisir à quelqu'un d'autres ou pour se fondre dans un groupe. C'est sur cette pensée qu'elle finit par sombrer.

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Message Sujet: Re: La revanche des cheveux[Séverine et Abigaïl]   Lun 23 Oct - 15:53

Un consentement délirant restait un consentement et Séverine découvrit ses dents dans un sourire diabolique.  Cela allait par ailleurs parfaitement bien avec les magnifiques cornes qui avaient poussés sur son crâne sans qu'elle ne le réalise.  Elle laissa glisser ses mains sur le corps d'Abigaïl, poussant même l'audace jusqu'à rendre visite sous ses jupons.  Leurs lèvres étaient sur le point de se toucher quand la rousse se releva brusquement, manquant d'offrir par l'occasion, en plus des cornes crochues, un gros bleu sur le front de la Cielsombroise.  Séverine poussa un hoquet de surprise et puis de dégoût en entendant l'Outreventoise régurgiter l'entièreté de son repas.  Elle ne remarqua pas tout de suite qui de la moquette ou du plancher avait été la pauvre victime de ce reflux gastrique.  Elle préférait d'ailleurs ne pas le savoir – bien qu'elle ne savait pas encore pourquoi.  Maintenant, avec l'haleine de chacal que devait avoir la Chevaucheuse, il n'était plus question de continuer ce jeu : c'était beaucoup trop répugnant.  Elle n'était pas prête à avoir un goût de vomi dans la bouche rien que pour le plaisir de se jouer de son ennemie jurée.  Il ne restait plus qu'à espérer qu'elle ne s'endorme et qu'elle ne s'étouffe avec les restants de ses hauts le cœur.  Pour ce qui était de vomir à nouveau, Séverine, ne pouvait en être certaine pour le moment, mais la respiration de plus en plus lente et rythmée lui confirma qu'elle ne se trompait pas sur l'envie de retrouver les bras de Niobé de sa pauvre, pauvre Abigaïl.

Elle quitta le lit, indisposée par l'odeur des entrailles renversées au sol.  Pour découvrir avec horreur et dégoût profond que ni la moquette, ni le plancher n'avait subi les affres du manque de tenue de l'Outreventoise.  Non!  Évidemment!  Cette sale garce ne pouvait faire mieux que de lui ruiner à nouveau l'une de ses robes!  C'était une marque de commerce chez elle ou quoi?  Séverine était complètement indignée et révoltée.  Heureuseument qu'il ne s'agissait que d'une vieille robe à laquelle elle ne tenait pas trop cette fois : après tout, elle n'avait plus les moyens de s'acheter toutes les tenues dont elle désirait désormais.  Elle qui pensait laisser les choses là pour sa vengeance…  Non, elle irait plus loin!  Elle laverait l'outrage qu'on avait à nouveau commis contre elle.

Elle fouilla dans son sac à main pour en tirer son Petit Mirta abrégé et se mit à rédiger furieusement des notes à l'intérieur à côté de certaines positions.  Pas assez flexible pour celle-là, on a dû essayer trois fois, sans succès.  Elle tourna les pages.  Beaucoup de plaisir, position optimale pour aller en profondeur.  Elle en tourna encore et encore.  Couvrant les pages de son écriture régulière et fine.  La moitié de la nuit avait passé quand elle eut terminé et une bougie était sur le point de rendre l'âme.

Réprimant son dégoût, elle se dirigea vers la Chevaucheuse qui dormait toujours d'un sommeil de plomb et entrepris de lui retirer tous ses vêtements.  Elle les jetait au hasard par-dessus son épaule dans la pièce, y laissant l'apparence d'une nuit torride entre elles deux.  Bien que cela la répugnait, elle couvrit le coup de la démone de marque rouges et rondes.  Elle ne pourrait plus exposer sa peau blanche celle-là, avec son balais d'Outreventoise bien installé.  Elle ricana en procédant à la chose.  Oh et puis, pourquoi ne pas laisser aussi quelques marques de griffures sur sa chair?  Question de faire un tableau complet.

Quand son œuvre eut été terminée, elle fouilla dans les affaires d'Abigaïl et enfila une de ses tenues.  Beaucoup trop grande pour elle et d'un commun si banal et quelconque!  Elle avait honte de s'accoutrer ainsi, de nippes d'une gueuses, mais elle n'allait tout de même pas porter sa robe de la veille, toute souillée qu'elle était.  Elle attrapa un parchemin et y traça ce charmant mémo :

Chère Abigaïl,
Je n'aurais jamais cru trouver en vous autant de passion sauvage!  Vous m'avez agréablement surprise ma toute douce et je n'oublierai jamais cette nuit ardente entre vos bras.  Vous me pardonnerez de vous avoir emprunté de vos habits, vous avez malheureusement une fâcheuse tendance à détruire les miens.

Avec toute mon affection,
Séverine


Sans plus tarder, craignant de voir Abigaïl s'éveiller, elle s'éclipsa rapidement.  Si elle ne s'étonna pas de la terreur qu'elle inspirait aux gens, elle et ses cornes noires de démon, ce fut simplement parce qu'elle imputait leur dégoût à sa tenue dégradante.  Une fois celle-ci changée, tout irait pour le mieux.

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