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 Le Façonneur de rêves

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Gabrielle de Faërie

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Je suis : Princesse impériale, mage du Printemps ; baronne du Ru-d'Argent

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Message Sujet: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyLun 17 Juil - 3:42


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Gabrielle de la Volte & Lionel de Rivepierre

Le Façonneur de Rêves

ou La jeune femme à la perle



• Date : 5 juillet 1002
• Météo (optionnel) : Une matinée étouffante, pour ne pas dire caniculaire
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Lionel est en visite galante au Ru d'Argent. Alors que Gabrielle s'efforce de ne pas se laisser impressionner par les débuts d'une romance qu'elle sait pourtant fausse, le chevaucheur se présente à elle pour lui offrir un bien incroyable présent.
• Recensement :
Code:
• [b]5 juillet 1002:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2435-le-faconneur-de-reves#73694]Le Façonneur de rêves[/url] - [i]Gabrielle de la Volte & Lionel de Rivepierre[/i]
Lionel est en visite galante au Ru d'Argent. Alors que Gabrielle s'efforce de ne pas se laisser impressionner par les débuts d'une romance qu'elle sait pourtant fausse, le chevaucheur se présente à elle pour lui offrir un bien incroyable présent.

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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyLun 17 Juil - 3:43

Il n’était aucunement question d’un rendez-vous galant. Du moins, Gabrielle tentait de s’en convaincre depuis désormais.ais deux jours afin d’apaiser la nervosité qui s’emparait de son malheureux petit coeur. Elle ne recevait pas seulement le Comte de Rivepierre, ni le Capitaine du vol d’Outrevent, ni même l’ami fidèle du Duc Liam, non. De tous ces titres, elle ne retenait que Lionel, le prétendant. Le Façonneur de rêves. Le Donneur de vivenef. Il l’avait surprise par sa volonté à entrer dans cette danse effrénée. Sa toute jeune suivante n’avait de cesse de lui décrire les dernières rumeurs et murmures concernant cet imprévisible chevaucheur aux bouclettes réputées. Tous étaient intrigués d’un pareil parti; plusieurs rêvaient pour elle ces présents d’exception et quelques rares et étranges oiseaux chantaient qu’il cachait là quelque chose de tragique. Elle secouait la tête, les yeux au ciel et le sourire amusé, bien que quelque part au fond d’elle, elle se demandait si une maladie fulgurante ne le pressait pas d’avoir une soudaine descendance. Lionel et Gabrielle. Non, non… La petite princesse souriait, mutine, pour mieux corriger sa demoiselle de compagnie. Gabrielle et Lionel. Peut-être.

Il avait annoncé sa venue avec mille courtoisie et civilités qui la charmaient tout autant qu’elles l’amusaient. Deux enfants timides et maladroits, dissimulés derrière les règles de l’amour courtois, voilà ce qu’ils étaient. Ils s’entêtaient à jouer le jeu de l’amour afin d’en simuler les prémices fragiles d’un sentiment naissant qu’ils savaient pourtant faux. Mariage de raison. Mais après chacune de leur rencontre, toujours trop brèves, toujours trop loin d’un semblant d’intimité, ils se promettaient des retrouvailles prochaines. Il n’avait jamais manqué à sa parole, enfant de l’honneur.

On avait rehaussé son interminable chevelure en un chignon complexe et stylisé afin qu’elle ne souffre pas trop de la chaleur accablante. Gabrielle souffrait atrocement. Comment se faisait-il que malgré sa vie entière en Cibella, elle ne soit aucunement en mesure de s’habituer à la chaleur étouffante de l’été ou encore à la morsure de l’hiver? Il lui semblait que Gaëtane, elle, supportait mieux… Son invité serait sans doute mal à l’aise de cette chaleur, tout autant que de ses robes légères qu’elle portait souvent pour supporter la belle saison. Une robe décente, voilà ce qu’elle allait porter pour lui, en ce fameux jour de leur rencontre. Une robe décente en pleine vague de chaleur. Voyez combien votre présence m’est importante, Lionel.

Elle avait trouvé refuge dans ses jardins; il aurait été inconvenant de le recevoir dans le petit ou le grand salon avec une si jolie journée! Ici, comme partout en Cibella, la nature se pliait aux exigences et caprices de l’homme. Les arbres très haut semblaient n’être présents que pour magnifier le paysage ou encore apporter des spectres d’ombre sur les quelques bancs dispersés, la fontaine était disposée précisément au centre d’un jeu de symétrie de haies et de fleurs, les plantes et arbustes avaient sans doute été choisis avec soin pour que leurs couleurs s’harmonisent. C’était un joli jardin, et, en son centre, sous un pavillon élancé, Gabrielle y patientait. Non loin, un élémentaire de vent tourbillonnait. Elle avait cédé. Chaleur accablante n’allait certainement pas la faire recevoir en nage l’un de ses prétendants…! Elle ne survivrait pas à un regard moqueur, si peu assurée qu’elle était.

La Cibellane se redressa à son approche sous le bruissement léger des volants de sa robe de soie, lorsqu’on l'introduisit auprès d’elle. Après s’être inclinée légèrement devant lui, elle fit un signe discret de la main pour presser le départ sa suivante qui traînait un peu trop le pas. Sans doute souhaitait-elle capter quelques éclats de cette conversation à venir. Une lueur d’amusement dans les yeux, Gabrielle les fit gros tout en trahissant son attachement profond pour la jeunette. Cette dernière inclina le visage pour cacher son sourire puis fuya à petits pas pressés. Enfin..! Enfin, elle posa son regard céruléen sur lui, sur ce soudain prétendant, sur le Façonneur de rêves, et lui offrit un sourire des plus charmants ainsi que sa main à baiser.

- Votre voyage fut sans encombre, j’ose l’espérer? Me voilà bien chagrine, moi qui espérais douceur et fraîcheur pour notre rendez-vous.

Devait-elle glisser sa main à son bras? Oui. Non… Oui. Elle eut une pensée pour la discrétion légendaire des Outreventois, quant à ce genre de délicatesse, alors que son instinct tout entier lui intimait de le faire, de ne pas trahir ses sentiments et ses envies. À force d'hésitation, les quelques secondes passèrent. Le moment s’étiola. Elle regretta. Elle aurait dû..!

- Une amie a eu la délicatesse de nous rafraîchir de quelques sorbets lagrans. Peut-être préfériez-vous un peu de vin, Lionel?

Malgré ses doutes et ses indécisions, elle était sincèrement heureuse de le voir là, devant elle. Le visage levé vers lui - si grand… Si grand! - elle lui offrit un nouveau sourire empreint de sincérité. D’un geste de la main, Gabrielle lui proposa de prendre place autour de la table où deux chaises voisines les attendaient. Au moins, elle n’aurait pas à hésiter sur le choix des sièges, ayant préalablement réglé ce petit problème logistique.
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Lionel de Rivepierre

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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptySam 22 Juil - 6:43

Il n’a pas pu attendre les jours d’août, les six mois fêtant sa demande en mariage à la princesse de Cibella. Un mois, moins que cela, même. Dès que Rackham, par le biais d’un Outreparleur, lui a annoncé avoir reçu sa commande, directement de l’Archipel, il a pris le premier portail vers Port-Liberté afin de le rencontrer. Il n’a pas posé de question, quant aux méthodes employées afin de faire parvenir le cadeau jusqu’au continent, l’amertume des amitiés particulières de son ami refusant de tout à fait quitter son esprit. Il s’est contenté de le remercier, du fond de son cœur.

Le cadeau est justement lové tout juste contre son cœur, à l’intérieur de l’élégante veste passée par-dessus sa chemise. Le coffret de bois, tapissé de velours, cachant son secret. Lionel sait qu’il aura définitivement trop chaud, au Ru-d’Argent, mais il n’en a guère cure, alors qu’il rejoint le portail qui le fait passer de son domaine jusqu’à celui de la princesse Gabrielle, accompagné d’un domestique. Sait-on jamais !

À la demeure maîtresse de la baronnie, on le reçoit avec les honneurs et on l’introduit bien rapidement à celle qui règne sur les lieux, heureusement dans les superbes jardins. Ce duché est hostile. Pas même de grotte fraîche où se cacher. Tu risques d’y fondre. Tes boucles de s'affaisser. Les râlements de son Familier et de son dragon contribuent à sa bonne humeur, c’est certain. Il suit la suivante curieuse du regard, en attente qu’elle les laisse seuls. Regard amusé qu’il repose ensuite sur la Cibellane, avant de bien obligeamment prendre sa main pour la baiser. Peut-être une seconde de trop, même. Il est heureux, il doit l’avouer, de pouvoir avoir une certaine intimité, avec la princesse. Une bienséante intimité, n’en doutez point, qui satisfait sa pudeur et son désir de tranquillité. Réitérer l’expérience étourdissante et très publique de sa demande en mariage ne lui fait pas très envie et le Ru-d’Argent propose tout le calme qu’il désire. Sans même de parent pour chaperonner. « Votre voyage fut sans encombre, j’ose l’espérer ? Me voilà bien chagrine, moi qui espérais douceur et fraîcheur pour notre rendez-vous. Bien agréable, je vous remercie. La prochaine fois, Gabrielle, il vous faudra venir à Rivepierre. Je vous y promets toute la fraîcheur que vous désirez. » En un pas, il a quitté la fraîcheur d’Outrevent pour l’écrasante chaleur de Cibella, mais c’est presque avec humour, qu’il aborde la chose. La proposition, cela dit, est sincère.

« Une amie a eu la délicatesse de nous rafraîchir de quelques sorbets lagrans. Peut-être préfériez-vous un peu de vin, Lionel ? » Il la suit jusqu’à leurs chaises voisines, où un élémentaire d’air s’occupe d’ores et déjà de les rafraîchir d’une brise. Il ne croyait jamais être heureux d’avoir les cheveux courts, à ce moment, et même comprend l’insistance de son frère, après son mariage, à conserver cette coupe. « Il semble que les grandes idées se rencontrent, répond le Chevaucheur, avec un petit rire. J’ai pris soin de nous apporter une liqueur, de Lagrance, qui accompagnera très bien ces sorbets. J’espère que ce nectar vous plaira. » Jamais sans une attention, sans un cadeau, le Lionel, à chacune de ses visites. Attentif dans les moindres détails de sa cour, appliqué dans le charme comme il l’est dans son travail. Il y trouve même un plaisir certain, dans l’attente de ces sages rendez-vous qui signifient des retrouvailles toujours plus agréables. Il doit l’avouer, il a même chaque fois un peu plus hâte de la revoir.

Son domestique s’empresse de leur apporter de délicates coupes, dans lesquelles la liqueur glacée se déverse dès qu’elle est débouchée. Une robe rouge, presque rose, comme celle des petits fruits qui la composent et en font une boisson si délicieuse et rafraîchissante. L’homme s’éclipse aussitôt, conservant presque à la perfection ce faux-semblant de solitude qu’ils entretiennent, eux autant que tout le personnel de la demeure. « Vous êtes resplendissante, Gabrielle, qu’il lui avoue, un peu rose de ce qui lui semble toujours comme de l’audace. Cette robe vous sied à ravir, si je puis me permettre le compliment. » Légère, la soie vole dans le vent, sans se révéler indécente, compliment à la silhouette de Gabrielle et à son teint, à son doux visage. Une jolie princesse, qu’il a déjà dit, et qu’il pense toujours.





One side stone, one side fire.

Dialogues de Lionel en whitesmoke ◊ Dialogues de Braise en firebrick ◊ Dialogues de Harald en maroon

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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptySam 19 Aoû - 1:06

Il avait chaud, le fier prétendant, et Gabrielle ne put s’empêcher de lui offrir un demi-sourire, un sourire de miel, entre l’empathie sincère et l’amusement doux. Il n’avait pas même besoin de le verbaliser que la jeune femme le devinait. Sans grande surprise, Lionel de Rivepierre n’était pas un amateur des étés cibellans. Comment lui en vouloir, alors qu’elle-même peinait à garder bonne figure? C’est à son rire que Gabrielle haussa les sourcils. Pendant un instant, pendant un éclat de rire, il lui avait réellement rappelé Livien. Évidemment, frères identiques, tout chez Lionel devait lui rappeler le regretté défunt, mais assis là, amusé, léger, avec ses cheveux courts… Elle eut une pensée fugace pour Gaëtane et le vide qui devait régner dans sa vie et son coeur, depuis déjà quelques années. Et lui aussi, devait souffrir de ce manque. Gabrielle se laissa toutefois distraire par son invitation à le visiter en Outrevent, à Rivepierre, et l'idée la charma. On disait tant de jolies choses, quant au paysage unique et sauvage de ce duché. Elle qui se sentait souvent prise au piège, peut-être… Peut-être était-ce Rivepierre, qu’il lui fallait, pour se sentir libérée? Portée par la douceur des propos, par le badinage de leur conversation, Gabrielle se permit un commentaire pour défendre sa baronnie, non sans une touche de légèreté.

- Nous avons la chance que Ru d’Argent dispose d’une vaste bassine d’eau fraîche…

Les mots planaient avec ambiguïté, portés par l’incertitude de la maîtresse des lieux. Elle regardait sa coupelle se remplir d’une liqueur fraîche qu’elle devinait fruitée et sucrée. Elle ne le regardait plus, si ce n’était d’un regard timide au-delà de sa coupe, alors qu’elle la levait pour mieux admirer l’aspect sirupeux et l'éclat ambré de son breuvage. Un petit air espiègle se profilait sur son minois. Elle n’insisterait pas davantage, alors qu’il lui semblait presque entendre les reproches de son aînée. Pourquoi donc s’évertuer à parler de bassine d’eau fraîche en sachant pertinemment que son invité était le fier représentant du duché le plus prude de Faërie? Ce n’était pas très délicat, très peu digne de la princesse qu’elle devait être. Mais… Mais elle était ainsi faite. Elle aimait rire et sourire sans qu’on la remarque, elle affectionnait les petits mots plein de malice gentille, et, surtout, elle rêvait, Gabrielle, d’une relation tissée de complicité, à défaut d’un amour romantique bien improbable. Mais la complicité ne se forçait pas, et déjà, la Cibellane sentait ses joues rougir de sa propre audace d’avoir mentionné cette bassine. Entre la princesse sensible et la baronne réfléchie, son coeur hésitait en présence de Lionel.

- Votre attention est tout-à-fait charmante, Lionel. Il vous faudrait très certainement m'introduire à vos petits secrets. Comment arrivez-vous à avoir suffisamment de temps pour non seulement guerroyer, chevaucher, administrer un comté, mais en plus me couvrir d’attentions plus délicates les unes que les autres?

Elle le regardait avec mille paillettes dans les yeux, le sourire contagieux et une bonne humeur qui ne tarissait pas en dépit de sa question maladroite. Ses pensées s’égarèrent vers les Autres. Ils étaient un petit nombre, déjà, à chanter leur amour ou leur intérêt, mais il était vrai… Oh!.. Il était vrai que Lionel avait cette qualité rare de la faire se dévoiler, de lui donner envie d’être elle, nue et sans artifice. Elle était bien heureuse d’être là, enfin, seule en sa compagnie, sur ses terres. Être elle-même. Un peu plus. Et s’il n’était pas prêt? Elle chassa sa rêverie pour complimenter son invité quant au délicieux breuvage, alors qu’on leur servait les bols frais de sorbets colorés. La princesse inclina la tête pour remercier le service puis contempla les jolies teintes. Orangé comme Cibella. Rose comme leurs joues, devant la timidité qu’ils s’efforçaient de combattre, l’un et l’autre.

- Ça se mariera parfaitement, j’en suis convaincue.

La mine pleine de fébrilité pour cette collation rafraîchissante, la princesse s’arrêta, la cuillère légèrement relevée. Elle tâcha d’amenuiser son air embarrassé pour reprendre, bien calmement, comme si de rien, les sourcils tout de même froncés pour souligner la nuance :

- Le sorbet et la liqueur.

Pour le mariage, le leur… L’indécision était encore au rendez-vous.
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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyDim 27 Aoû - 7:44

La baronne n’est pas en reste, pour défendre les attraits de son domaine et à la fraîcheur d’Outrevent, elle oppose un tout autre genre de fraîcheur : « Nous avons la chance que Ru d’Argent dispose d’une vaste bassine d’eau fraîche… » Il rougit un peu plus encore, le noble comte, à la pensée de ce bassin, où la baignade serait certainement agréable et en effet vivifiante, divertissement idéal pour l’été cibellan. Ce serait inconvenant, de se baigner avec une demoiselle qu’il courtise - encore plus la princesse. Le terreau le plus fertile pour mille rumeurs à venir. Être moins prude, moins coincé, peut-être pourrait-il répondre avec coquinerie, avec malice - de ces piques charmeuses qu’il imagine d’autres plus aventureux se risquer. Pas lui.
Puis, depuis son plongeon involontaire dans l’eau glacée du lac souterrain en Erebor, il y a quelque chose qui le rend profondément inconfortable dans chacun des bains qu’il prend.
Comme si du fond d’un baquet pouvaient surgir des tentacules sombres et froids qui l’ont entraîné vers les abysses.
Sa main, pensivement, dans un réflexe qu’il ne contrôle pas, se pose sur sa nuque, sur les cheveux courts qu’il a hérité de cet épisode. Encore inconfortable avec cette coupe, malgré les mois qui ont passé. Près d’une demi-année, sans qu’il s’habitue encore à son reflet. Sans qu’il y voit un autre, qu’importe l’insigne piqué de rubis.

Son premier présent semble plaire à la demoiselle, et il en est fort aise. Il tâtonne, dans les choses de l’amour et de la cour, et il espère toujours ne pas faire de faux pas. Il aimerait que son parrain soit là pour le conseiller. Lui raconter encore et encore sa cour à Giselle de la Volte, le sourire jusque dans les yeux. Un peu comme Gabrielle, à cet instant, qui sourit de toutes ses mignonnes fossettes. « Votre attention est tout-à-fait charmante, Lionel. Il vous faudrait très certainement m'introduire à vos petits secrets. Comment arrivez-vous à avoir suffisamment de temps pour non seulement guerroyer, chevaucher, administrer un comté, mais en plus me couvrir d’attentions plus délicates les unes que les autres? Une heureuse santé, et bien peu de sommeil », qu’il répond, mi-sérieux, mi-rieur, en chassant la pensée amère que la seule fièvre qui a réussi à terrasser son frère Livien l’a fait pour de bon. Lionel pense plutôt à l’écrin qui repose à l’intérieur de sa veste. Au bon moment pour l’offrir.

Après le sorbet.
Lorsqu’il aura un peu moins chaud. Il se force à attendre posément que boisson et sorbet soient servis, puis que la princesse ait effectué le premier geste en direction des rafraîchissements, pour s’autoriser à en faire de même. « Ça se mariera parfaitement, j’en suis convaincue. » Ses yeux sombres s’arrêtent sur le dessert, se relèvent, captent la mine un peu embêtée de la mage. Se marier ? Elle… elle ne mentionne sans doute pas cela avec tant de désinvolture. « Le sorbet et la liqueur. Voilà. Il se disait bien. Un sourire gêné. Bien certainement, Gabrielle. » Ils ne parlent de rien d’autre, voyons.
La collation est délicieuse, et au moment de tremper ses lèvres pour la première fois dans la froide liqueur, il lève silencieusement son verre à la princesse. Toast intérieur, à cette heureuse rencontre, à un moment isolé de la guerre et de ses responsabilités, bien que pas du tout de ses choix. Il aimerait se dire détendu, mais le Chevaucheur sait que la détente n’est absolument pas dans ses aptitudes. Et pourtant, d’autres ont essayé avec ardeur. Le rose est revenu à ses joues, au sous-entendu équivoque d’Harald, et il chasse sa propre gêne en reprenant la conversation avec la princesse : « Votre été se passe-t-il sans trop de désagréments ? J’espère que la guerre reste aussi loin de votre esprit qu’elle l’est du Ru-d’Argent, que vos gens soient en paix, et que votre seul problème est cette chaleur et l’impossibilité de vous baigner à toute heure du jour et de la nuit afin d’y remédier. » La remarque est inattendue, de lui, et il espère qu’elle n’est pas inconvenante dans sa malice (comme il aimerait avoir le bagou de Liam, pour ces choses, cette assurance qu’il dégage sans même le chercher). Le voeu est sincère, cela dit.





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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyMer 13 Sep - 16:18

Il se disait souffrant de bien peu de sommeil mais habité d’une grande vigueur. Gabrielle perdit de son sourire, en l’entendant, et sans qu’elle ne prononce encore le moindre mot, l’inquiétude se lisait sur ses traits. Les sourcils légèrement froncés, le regard plus affirmé, un peu plus sérieux, aussi, qui cherchait à croiser le sien pour s’y attarder. N’avait-il pas un intendant, quelqu’un, un homme pour se délester du poids de son titre de comte, et même après, en tant que capitaine du Vol d’Outrevent? Certainement… Certainement. Gabrielle elle-même délaissait volontier ses affaires à une femme d’expérience, lorsqu’elle voyageait. Il lui semblait un peu brutal de questionner directement le comte de Rivepierre sur sa gestion et ses petits secrets, alors que le sorbet était encore glacé et que la coupelle de liqueur était intacte. Elle se laissa apaiser par son air mi-sérieux et mi-rieur, lui accordant, enfin, un sourire nouveau. Il ne semblait pas éreinté, après tout. Seulement embarrassé, au moins un peu, tout comme elle l’était. Au moins un peu.

Lionel de Rivepierre. Si délicat, si attentionné, que sa haute stature semblait soudainement trompeuse. S’il avait un corps dédié à guerroyer et à chevaucher, il était vrai que chacun de ses gestes dénotaient beaucoup d’élégance à l’endroit de Gabrielle. Sensible à ses petites attentions, elle avait levé à son tour son verre pour souligner le moment agréable, pour marquer l’instant, car bientôt, il ne serait plus. L’instant parfait qu’ils pourraient croire figé s’étiolerait et la réalité reviendrait. Le comte partirait vers ses affaires les plus urgentes, vers ses terres, vers son dragon, vers la guerre et bien d’autres choses encore. La princesse retournerait parader dans un carcan de faussetés, au plus grand plaisir de sa soeur de duchesse, puis s’occuperait à couver ses gens et suivre son groupe de mages d’un bout à l’autre de Faërie.

Un appétit d’oiseau. C’était prévisible. Elle avait goûté à chacune des saveurs, du bout de sa cuillère, plus par gourmandise que par réel appétit. Il était vrai, toutefois, que seul le sorbet à la rose s’était volatilisé comme par enchantement. La chaleur si oppressante y était pour quelque chose, tout comme sa nervosité à recevoir Lionel à l’intérieur même de son nid. C’est à sa question sur la douceur de son été qu’elle reposa enfin sa cuillère pour jouer distraitement avec le pied de sa coupe, vaguement embarrassée de lui offrir une réponse franche et non pas légère, comme l’était leur conversation, jusqu’à présent.

- Il m’est délicat de ne pas songer un instant à mon frère… Il chevauche, tout comme vous, et je crains pour lui, à chaque instant. Oh! Il serait si agréable que le spectre de cette guerre soit aussi loin de mon esprit que de ces terres..!

Elle lui avait souri, comme pour l’encourager à ne pas s’en vouloir et ne pas regretter sa question. Comment oublier Gabin de la Volte? Comment oublier qu’il était passionné de dragon, un dévoué chevaucheur? Alors la baronne dénia du chef petitement, sans se départir de sa mine avenante. Elle ne lui en voulait pas, loin de là. C’était un moyen de verbaliser ce qui l’inquiétait depuis des mois, à présent, et qu’elle n’osait pas toujours confier. Encore moins auprès de Gaëtane. Parler de sa crainte de perdre son frère rendait la guerre d’autant plus réelle et encore plus près de Cibella qu’elle ne le souhaitait.

- Mais Ru-d’Argent connaît la paix, vous voyez avec justesse, et mes gens sont en sécurité grâce aux efforts des chevaucheurs. Je vous en suis hautement reconnaissante, à vous tous.

Les mots étaient sincères, malgré la rougeur qui s’emparait peu à peu de ses pommettes. Lionel de Rivepierre venait de lui souhaiter de se rafraîchir dans cette fameuse bassine à toute heure du jour et de la nuit. Elle avait soigneusement évité d’y répondre, précisant plutôt les détails quant à Gabin, mais elle n’en demeurait pas moins surprise qu’il se prête au jeu avec un peu de retard. Alors elle avait poussé un petit rire, après les remerciements pour cette protection, et avait déposé sa main sur l’une de ses joues toujours bien roses, comme si le contact récent de sa coupelle fraîche sur son derme puisse apaiser ses rougeurs.

- Cette chaleur…

Oui. C’était bien cela. C’était la chaleur, qui la faisait rougir et la mettait dans tous ses états. Alors elle avait déposé le revers de sa main sur ses lèvres pour dissimuler son amusement, puis se permit un regard oblique à Lionel, comme pour s’assurer qu’il ne la jugeait pas trop. Ou bien qu’il s’amusait un tantinet, lui aussi, de la situation. Elle éloigna le sujet de sa petite personne et de l’eau fraîche sur sa peau pour rapatrier son attention sur lui, le prétendant. Ne venait-il pas de l’inviter à Rivepierre?

- Et votre comté, Lionel? Comment se porte-t-il, suite aux récents événements? Je voyage beaucoup, comme vous le savez, mais je n’ai encore jamais eu la chance de visiter Rivepierre. Auriez-vous cette délicatesse que de me décrire sa beauté sauvage? Notre prochaine rencontre y sera, et je vous remercie de votre promesse de fraîcheur, mais il me serait si agréable d’imaginer vos terres en patientant cette visite.

La liste des sujets à aborder semblait infinie, pour la Cibellane. Il y avait tant à dire quant au probable mariage et aux conditions de Gaëtane, tant à découvrir de ce prétendant favori…! Que c’était plaisant, de le découvrir réellement, loin des artifices d’un bal, au palais ducal de la Volte. Devant toutes ces petites choses, ces petits sujets épineux à aborder, Gabrielle voulait avant tout voir et comprendre l’amour que Lionel portait à ses gens et ses terres, car bientôt, peut-être, il serait de son devoir de les aimer tout autant.
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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyDim 24 Sep - 7:23

Quel tendre cœur possède Gabrielle ! Au cœur de la guerre, ses pensées se dirigent vers son frère, le prince Gabin, et Lionel ne peut que comprendre son sentiment. Il ne sait pas si Gaëtane éprouve la même chose. Les mêmes inquiétudes. Ou si, pragmatique, adepte du plus grand bien, elle pense plutôt à la sécurité de son duché en entier, contre quelques sacrifices qu’elle ne rechigne pas à faire. Poser la question, c’est y répondre. Une seconde, son regard dévie, comme pour chasser cette pensée ridiculement amère – Gaëtane aussi a un cœur. Il est le mieux placé, à ce jour, pour le savoir. « Mais Ru-d’Argent connaît la paix, vous voyez avec justesse, et mes gens sont en sécurité grâce aux efforts des chevaucheurs. Je vous en suis hautement reconnaissante, à vous tous. Notre devoir, et mon honneur. » De servir, et de protéger. Un engagement qu’il ne prend pas à la légère, et qu’il ne prendra jamais ainsi.

La conversation s’est alourdie, un instant, et heureusement, son tardif trait de malice a su ramener un peu de légèreté, justement, au tout – assez pour leur ramener un sourire sincère, à tous les deux. Les sorbets sont délicieux, merveilleusement rafraîchissants, et Lionel dans un coin de son esprit de demander aux cuisines où il peut demander à importer ces délices. Puis, vraiment, la liqueur – il a de quoi se féliciter pour son instinct, sur ce coup ! Pitié, et bientôt tu n’auras même plus besoin de moi pour voler, avec la tête enflée qu’elle te fait. « Et votre comté, Lionel? Comment se porte-t-il, suite aux récents événements? Je voyage beaucoup, comme vous le savez, mais je n’ai encore jamais eu la chance de visiter Rivepierre. Auriez-vous cette délicatesse que de me décrire sa beauté sauvage? Notre prochaine rencontre y sera, et je vous remercie de votre promesse de fraîcheur, mais il me serait si agréable d’imaginer vos terres en patientant cette visite. Oh, vous prenez un risque en me demandant de vous décrire Rivepierre, Gabrielle. Je risque de monopoliser entièrement la conversation. » Il en rit, mais il ne ment pas. Il est dévoué à son duc, à son duché, à son domaine, et lorsqu’il le faudra, il devra un jour délaisser toutes es activités de Chevaucheur afin de se consacrer aux affaires du comté. Lionel redoute cette idée, la chasse toujours du mieux qu’il le peut, mais elle refuse entièrement de disparaître – de la même façon qu’elle doit hanter Tristan d’Amar, en Lagrance, ou Melsant de Séverac, en Sombreciel. Le poids de responsabilités qui parfois se font trop lourdes, trop grandes, pour ce désir sauvage de liberté qui s’épanouit à chaque moment avec Braise.

Il prend une petite bouchée d’un des sorbets, pour se rafraîchir la gorge avant de se lancer. Il ne voudrait pas manquer de voix en chemin, le digne homme. Ce ne serait pas faire honneur à Rivepierre, dont les paysages sont si aisés à voir dans son esprit. Il vient à peine de les quitter, après tout. « Rivepierre est un des plus anciens domaines d’Outrevent, notre famille a des racines qui remontent à avant même la Trêve. Les chèvres qui peuplent mes terres sont celles qui figurent sur les divers emblèmes de notre duché, et certains iraient argumenter que les Outreventois ont certainement le même caractère. Ses yeux sombres pétillent, à ce trait d’autodérision – qu’il ne permettrait certainement pas venant de qui que ce soit d’autre que lui-même. C’est un comté… immense. Notre maison est située non loin de la côte, où nous pouvons contempler la mer et humer ses embruns, et dévaler les falaises de craie jusqu’au port situé en contrebas, que ce soit pour pêcher, ou simplement marcher sur la grève. Et ensuite… tout n’est que plaines, collines et vallons, à perte de vue. On dit que le paysage est souvent brumeux, mais le regard porte enfin si loin qu’il conçoit difficilement tout ce qu’il peut y contempler, le mariage de ces couleurs, de ces odeurs. Vous l’avez dit, il y a une beauté sauvage, à nos paysages, quelque chose qui, nous le savons, est présent depuis très longtemps. Nous sommes un peuple attaché à nos traditions, aux marques du passé, et nous respectons nos terres à la hauteur de cet attachement. » Un peuple parfois trop rigide, lui-même peut le concevoir, mais il y a un soucis réel de conserver la richesse de ce passé si marqué sur les terres de l’Honneur. Cibella a peut-être le privilège de siéger sur les flux magiques les plus riches, mais Outrevent porte en son sein mille secrets, mille traces infimes de magies anciennes, oubliées, de créatures inconnues, qui toujours vivront, entre autres de par leurs choix. « Et je monopolise définitivement ce qui n’est plus une conversation, mais un monologue. » Il mérite bien une gorgée de liqueur, pour une nouvelle fois hydrater sa gorge malmenée par son récit passionné.





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Gabrielle de Faërie

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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyVen 13 Oct - 2:22

Son nez se plissa sous l’amusement, car il était amusant, Lionel de Rivepierre. Pendant un instant, l’envie lui prit de le dissimuler, ainsi que son sourire éclatant, de sa main, mais il serait bien peu convenable de glousser comme une adolescente devant un parti aussi intéressant. Sa main, sa pauvre main, s’éleva malgré tout, puis, prise d’un doute, d’une incertitude d’une seconde, à peine, vint plutôt quérir la coupe rafraîchissante. Si sa gestuelle trahissait son manque d’assurance, son intérêt, lui, était bien entier et dévoué au visiteur d’un après-midi. Ainsi donc, elle prenait un risque en le laissant parler de son amour pour Rivepierre? Risque accepté, car déjà, elle écarquillait les yeux sous la description enchanteresse qu’il lui dépeignait.

Il provenait d’une famille ancienne aux racines profondes. Elle comprenait combien Livien était destiné à Gaëtane. L’un comme l'autre, issu d’une lignée remontant le temps et les siècles. C’était terriblement romantique, et la Cibellane se laissait charmer par cette idée, le menton lové dans le creux de la paume de sa main, son regard céruléen posé sur le grand Outreventois. La description qui s'ensuivit la laissait rêveuse. Elle aurait aimé appartenir à une lande aussi riche d’histoires et de mystères, elle aussi, et sentir les terres palpiter jusque dans les battements de son coeur. En Cibella, tout était magie, magnifiquement modelé par la main de l’homme. Le lien était aussi fort, aussi prenant, mais l’aspect sauvage et farouche était manquant, et ici, rien ne reflétait cette même impression de liberté. Ses gens, les habitants du Ru-d’Argent, travaillaient à la sueur de leur front pour discipliner les terres, les conquérir et régner sur elle en maîtres. Ils étaient braves et loyaux. Ici, la nature se soumettait à ce labeur. C’était les gens qu’on admirait, plus qu’une lande qui nous rappelait combien l’homme était petit.

- La description que vous m’en faites… Je peux comprendre votre affection, Lionel. Je suis conquise par le peuple cibellan un peu plus à chaque aube qu’il m’est permis de voir. C’est par amour pour notre patrie, pour nos gens, pour ces paysages, que nous acceptons d’endosser autant de responsabilités et de sacrifices. C’est pour eux.

Les yeux un peu humides, Gabrielle cligna les paupières dans l’espoir de chasser les preuves de son émotivité. Sensible, comme trop souvent, elle s’efforçait de se reprendre d’une gorgée de liqueur. Sucrée, fraiche. Parfaite. Elle prit un moment de silence pour songer à ce comté qu’avait Lionel, et à leur affection et loyauté respectives pour leurs terres.

- Pardonnez-moi… Et si vous me décriviez la perception de vos gens, quant à l’arrivée d’une comtesse étrangère? Croyez-vous qu’elle serait acceptée? Je… J’ai quelques affections pour la duchesse de Lagrance. Elle mérite l’amour de son peuple, et elle le possède, entre ses mains. Mais il me semble bien plus aisé pour une Lagrane d’être aimée des Lagrans, que pour une Cibellane d’être appréciée des Outreventois. Cela ne vous inquiète pas?

Ses sourcils se froncèrent quelque peu, alors qu’elle abordait un sujet plus délicat qui ouvrait la porte à tant d’autres petits détails et grandes questions. Elle y avait songé longuement, Gabrielle, à l’accueil qu’on lui réserverait à ainsi se glisser dans cette demeure de pierre, à Rivepierre. Si elle espérait loyauté et affection, elle était suffisamment intelligente pour se douter que rien n’irait aussi rondement. Elle n’avait pas le charisme discret qu’avait eu Livien, dans l’ombre de Gaëtane, ni le calme et l’abnégation de Marjolaine. Tout au plus, Gabrielle avait une émotivité qui serait sans doute mal perçue, et une loyauté pour Cibella qu’il lui faudrait amoindrir afin d’affectionner ce possible duché d’accueil. Lionel n’abandonnerait pas ses occupations pour administrer ses terres. Son rôle était d’une importance immense, pour Faërie, et Gabrielle le savait pertinemment. Ce serait à elle de s’occuper de Rivepierre, durant l’absence de son époux.

Mais… Si Rivepierre ne voulait pas d’elle?
...Et si elle arrivait à apprivoiser Rivepierre, allait-elle perdre cette affection en offrant sa progéniture à la duchesse de Cibella?

La lourdeur de ses pensées et la chaleur accaparante eurent tout à fait raison de son sourire. Alors elle semblait bien sérieuse, la princesse, et un peu triste, aussi.
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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyVen 20 Oct - 19:52

S’il a craint d’ennuyer la belle Gabrielle avec la description de ses terres, il n’a pas pu rater son regard attentif, sa moue rêveuse, alors que les paysages outreventois prenaient vie à chacun de ses mots. Et pourtant, chacun d’entre eux lui semble si peu fidèle à la vérité, qu’importe qu’il tente de la peindre avec les plus belles intentions, les plus belles expressions. Outrevent a une part de mystère qui demeure intouchée, intouchable, qui échappe et s’échappe, qui file entre ses doigts comme le sable dans le sablier du Destin. Elle semble même sincèrement émue, dès l’instant où elle ouvre la bouche et partage sa propre affection pour son peuple. Il croirait voir ses cils briller de quelques larmes ambitieuses, prestement chassées par la princesse d’une gorgée de liqueur. Lionel détourne pudiquement les yeux, afin de ne pas être surpris à la dévisager avec si peu de retenue.

« Pardonnez-moi… Et si vous me décriviez la perception de vos gens, quant à l’arrivée d’une comtesse étrangère ? Croyez-vous qu’elle serait acceptée ? » Le Chevaucheur est quelque peu surpris, de cette question, et il veut y répondre d’un non bien simple, bien rassurant, mais la princesse poursuit sur sa lancée : « Je… J’ai quelques affections pour la duchesse de Lagrance. Elle mérite l’amour de son peuple, et elle le possède, entre ses mains. Mais il me semble bien plus aisé pour une Lagrane d’être aimée des Lagrans, que pour une Cibellane d’être appréciée des Outreventois. Cela ne vous inquiète pas ? » Si cela ne l’inquiète pas, lui, il n’est pas sorcier de remarquer que ça inquiète bien plus la Cibellane. Elle en a perdu son doux sourire, cette légèreté apparente qui était sienne depuis son arrivée au Ru-d’Argent, et il n’y a désormais qu’un triste sérieux sur ses traits.

Il relève le menton de la demoiselle, doucement, d’une caresse légère de sa main – geste un peu osé, pour le si réservé capitaine, mais qu’il n’apprécie pas moins. Sa peau a un velouté agréable et il lui faut se retenir d’en toucher plus, de glisser sa main sur sa joue, jusque sur sa nuque. Retenir sa curiosité et ses doigts calleux de toucher plus, plus loin. Lui-même peu adepte des contacts physiques non sollicités, l'homme ne désire pas la brusquer. Il vient plutôt cueillir sa main libre dans la sienne, en baise le bout des doigts, du bout des lèvres, baisemain le plus petit et le plus léger qui ait existé. « La duchesse Giselle d’Outrevent était une princesse cibellane, lui rappelle-t-il d’abord, avec un sourire tendre. Il a très peu de souvenirs, voire aucun, de cette femme que son parrain a tant aimé, lui a parlé avec toutes les étoiles de Valda dans le regard, mais on lui a tout dit. Votre tante a été une duchesse très appréciée de ses sujets, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus de ce monde. Les relations entre nos duchés sont depuis longtemps cordiales, et puis… » Lionel rapproche son fauteuil, afin qu’elle seule puisse entendre ses mots. Ils sont seuls, en théorie, mais il sait que ce n’est qu’une apparence, que tous sont aux aguets et surveillent cette rencontre si sage. Si convenable. Leurs mains encore sont liées. Il a un peu plus chaud. « Vous êtes une femme de tête et de cœur. Capable, j’en suis certain, d’influencer le plus malin des hommes, sans même en avoir l’air. Studieuse, patiente, travailleuse, et j’en passe, en témoigne votre dévotion à votre magie et à son apprentissage complexe. Attentive aux besoins de vos gens. Et bien d’autres compliments encore, qu’il doit retenir afin de ne pas faire une élégie dithyrambique à Gabrielle aussi longue que celle faite à propos de Rivepierre. Qu’y aurait-il pour des Outreventois à ne pas apprécier, Gabrielle ? » Lui, certainement y trouver tout à apprécier – et un jour, à aimer, il en est persuadé.

Si le choix de la princesse de la Volte lui a été présenté d’abord par Liam, Lionel y a longuement réfléchi et s’est plié à cette judicieuse suggestion, et à chaque rencontre, chaque moment avec elle, il ressort plus convaincu. Ce sera elle, son épouse, la partenaire de sa vie, capable de l’épauler, de le soutenir, de le conseiller, de se faire une place au creux de son cœur. Seulement là, l’Outreventois accepte de laisser la main de la jeune femme, pour sortir de l’intérieur de sa veste une toute petite boîte. Il la lui offre, presque timidement, la fait glisser sur cette paume encore ouverte. « J’espère que mon présent saura remettre un sourire sur vos lèvres, et cette mignonne fossette à votre joue. »





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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyLun 13 Nov - 22:46

Les yeux clos, elle avait savouré cette main audacieuse sur sa joue, sa chaleur contre la sienne, l’espace de quelques secondes. Déjà, les paroles rassurantes du chevaucheurs la ramenaient à l’ordre d’une bien douce manière. Il cueillit sa main, de la sienne, pour effleurer ses doigts du bout de ses lèvres, et la princesse retrouva son sourire comme par enchantement. Il était charmant, son prétendant. Elle aurait bien peiné à ne pas le croire sincère, alors que son regard sombre s’attachait au sien et qu’il lui narrait une histoire qu’elle connaissait et appréciait. Gisèle d’Outrevent. On lui avait raconté, bien sûr, ce lien entre les deux duchés. Gaëtane n’était pas la première, ni ne serait la dernière.

Sans quitter sa main de la sienne, le comte de Rivepierre se rapprocha un peu plus d’elle. Désormais, son bras frôlait le sien, et lorsqu’il s’inclina sur elle pour lui murmurer quelques mots, Gabrielle sentit plus fortement encore la chaleur étouffante de la belle saison. Cette lourdeur, dans l’air, semblait rendre leur rapprochement plus intime encore, leurs murmures plus secrets. La princesse se fit violence pour ne pas bouger, pour ne pas chercher un peu plus la brise de l’élémentaire d’air, posé non loin. Elle sentait les quelques mèches rebelles se torsader un peu plus, victimes, elles aussi, de la chaleur. Malgré tout, elle se sentait plus rassurée auprès de Lionel. Il avait eut les mots pour la calmer, jusqu’à présent. Des compliments. Une pluie de jolis mots qui la faisait rosir et sourire un peu plus.

- Qu’y aurait-il pour des Outreventois à ne pas apprécier, Gabrielle ?
- Et… Et pour cet enfant, Lionel? Je sais qu’il ne sera pas le mien, qu’il ne m’appartiendra pas. Il sera à Cibella. Il sera… Il sera à ma soeur. Elle inspira profondément en sentant une vague de tristesse l'inonder, peu à peu. Je ne vous remercierai jamais assez pour votre franchise. Car la duchesse ne lui avait rien dit. Croyez-vous que vos gens me pardonneront de délaisser notre enfant à un duché voisin?

Notre enfant. Nos enfants. Combien devra-t-elle en perdre, encore, pour rassasier l’appétit féroce de cette duchesse qu’était Gaëtane de la Volte? Sa main quitta la sienne. Était-ce trop tôt pour en parler? Oui. Elle n’avait pas accepté sa proposition, pas encore. Non. Non, le but absolu d’un mariage était d’assurer la descendance d’un nom, d’un titre, d’une richesse et d’une terre. C’était là l’élément le plus important, peut-être bien, le noyau de toute cette cour assidue. Si elle ne parvenait qu’à lui faire un seul enfant destiné à Cibella, à l’instar de sa chère Marjolaine, sera-t-elle détestée de n’avoir rien à offrir à Rivepierre? Les sourcils froncés et la mine sérieuse, elle allait présenter ses excuses de cette avancée en matière bien abrupte. C’est en relevant le minois qu’elle avait vu la petite boîte en approche. Il la déposa entre ses doigts. Un boîtier contenant une autre merveille - un bijou, peut-être bien? - n’attendait que d’être ouvert. Alors qu’elle hésitait, qu’elle se démenait avec ses pensées et ses incertitudes, lui, Lionel de Rivepierre, brillait par son assurance et son calme.

Il brillait tant qu’elle consentit à laisser entendre un rire léger de soulagement. Elle était bien sotte ou trop sage de s’inquiéter de l’avenir. Déjà, ils devaient apprendre à se connaître et se respecter. À s’apprivoiser. À s’apprécier. Ensuite… Ensuite viendraient les épreuves. Elles seront nombreuses, Gabrielle le savait d’instinct.

- Pardonnez-moi, Lionel. Votre compagnie est un réel charme, comme toujours. Je me trouve bien étourdie de ne pas profiter de chaque instant que vous m’accordez, et bien égoïste de ne pas vous divertir alors que vous vous éloignez enfin de cette guerre...

Elle patienta qu’il lui offre un sourire ou un léger signe de la tête pour l’encourager à découvrir ce nouveau présent. Avec une  curiosité contenue mais un regard bien pétillant qui ne manquait pas de trahir son intérêt, la Cibellane ouvrit le contenant pour laisser place à…

- Une perle. ...Est-ce l’une de ces perles d’aurore dont vous m’avez tant parlé?

Gabrielle de la Volte ne souriait plus. Elle n’en était plus là. Plutôt, la princesse, étonnée et charmée, cherchait les mots les plus justes pour souligner son bonheur devant un présent aussi somptueux et rare. Le miroir la faisait rêver, à chaque soir, depuis qu’il le lui avait offert. Et désormais, cette perle de légende. Déchirée entre la bienséance qu’elle devait à un comte et le tourbillon de gratitude et de joie qui l’habitait, Gabrielle hésita à lui voler un baiser. Un baiser léger, délicat, semblable à ce qu’il lui avait offert, sur le bout de ses doigts, quelques instants plus tôt, à la commissure de ses lèvres. Elle n’en fit rien, paralysée par le doute, les pommettes rosées à cette simple idée.

- C’est un présent somptueux. Je… Merci, Lionel.

Elle cherchait son regard, du sien, pour lui offrir plus qu’un sourire croqué de sincérité et de timidité. Elle désirait lui prouver, le temps d’un regard appuyé, combien son sérieux dans sa cour était apprécié et désiré.






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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyMar 21 Nov - 3:50

Il espérait la calmer, la charmer, la faire sourire - il avait réussi, certainement, à voir le rose de ses joues. Il n’irait jamais mentir, Lionel, surtout pas sur quelque chose de si vrai. Comment mentir au visage d’une femme qui n’inspire que sincérité, que douceur ? « Et… Et pour cet enfant, Lionel? Je sais qu’il ne sera pas le mien, qu’il ne m’appartiendra pas. Il sera à Cibella. Il sera… Il sera à ma soeur. » L’enfant. Une épine fichée dans ce qui n’est pas encore. Son regard sombre soutient celui de Gabrielle, mais cette fois, il n’a rien à dire. Il sait ce qu’il a promis à Gaëtane, il sait ce qu’il a signé, et il a tout révélé à celle qu’il courtise, par soucis d’honnêteté. C’est trop grand, trop grave, pour être tû. « Je ne vous remercierai jamais assez pour votre franchise. C’est naturel, Gabrielle. Il n’aurait pas été apte à lui dissimuler cela. Croyez-vous que vos gens me pardonneront de délaisser notre enfant à un duché voisin? »

Il n’a pas de réponse, à cela.
Il espère que les gens sauront comprendre. Les affaires de la noblesse n’en sont pas toujours de gré et de coeur, et il espère que les Outreventois sauront comprendre le sacrifice que fait son fils, en offrant un - peut-être même deux - enfant à Cibella. Il espère que cet accord, s’il prend forme, saura rendre Faërie plus forte encore. Il sait que si la demoiselle ne lui donne aucun enfant, le ventre aussi sec et vide que celui de son aînée, il aura le coeur aussi tendre que celui de son frère. Ne l’aura jamais assez fort, assez cruel, assez froid, pour rompre leur union.
Il espère que Gabrielle ne le détestera pas.

Aucune réponse, juste un silence et cette tentative maladroite de la faire sourire à nouveau. Il est peut-être trop rude, trop brusque, pour cette fleur de Cibella. « Pardonnez-moi, Lionel. Votre compagnie est un réel charme, comme toujours. Je me trouve bien étourdie de ne pas profiter de chaque instant que vous m’accordez, et bien égoïste de ne pas vous divertir alors que vous vous éloignez enfin de cette guerre... Votre compagnie est douce, je vous assure. » Elle n’est pas un amuseur de cour, tout de même ! Il voit bien qu’elle attend un assentiment de sa part et il le lui donne, d’un petit signe de tête, et l’observe ouvrir le coffret de bois fort simplement ouvragé. « Une perle. ...Est-ce l’une de ces perles d’aurore dont vous m’avez tant parlé ? Telle que promise. » Il est lui-même resté muet, devant la beauté de la perle d’aurore aux reflets chamarrés, à l’image de ce ciel matinal dont elle porte si bien le nom. Il a remercié Rackham et ses amis (il sait de quels amis il parlait à demi-mots, maintenant, et il aurait préféré être encore dans cette bienheureuse ignorance de jadis) et a ignoré cette envie parfois irrationnelle que les hommes ont, parfois, de posséder ce qui ne leur appartient pas. Cette perle n’a jamais été pour lui. Il est heureux de l’offrir à Gabrielle, en ce chaud jour de juillet. Heureux de tenir sa parole. Heureux, plus encore, de voir son expression hautement charmée, au-delà de tout ce qu’il a pu voir d’elle, depuis ces derniers mois, et même au cours des années précédentes. « C’est un présent somptueux. Je… Merci, Lionel. » Et s’il était plus aventureux, dans sa coeur, doté d’un bagout qui lui est plus qu’étranger, oui, il se pencherait encore un peu plus pour l’embrasser. Subtilement, discrètement, tant et tellement que les observateurs silencieux de la scène pourront croire à un secret glissé à son oreille, murmuré d’encore plus proche pour que leurs oreilles curieuses ne puissent l’ouïr. Si rapidement que tout lui semblerait irréel, jamais arrivé. Pensée qu’ils partagent et qui vibrent entre eux, le temps de quelques secondes où une tension étrange, inconnue, se dessine.

Il pense aux voiles de Joséphine. Gabrielle est encore plus petite et menue, encore plus délicate, sans les artifices cielsombrois pour cacher sa chevelure ondulée par la chaleur ambiante, ou dissimuler son visage aux fossettes mignonnes. Ses yeux bleus d’une clarté remarquable, dans son visage de poupée dont il a à peine effleuré l’épiderme satiné. Il lui faut quelques secondes pour se rendre compte qu’il est perdu dans une contemplation silencieuse de la princesse, et sortir de cet état statique. Un petit râclement de gorge, afin de reprendre un peu possession de lui-même. Son visage semble brûler. « C’est… c’est un plaisir pour moi, Gabrielle. Qu’importe l’issue de votre réflexion, à propos de vos fiançailles, sachez que ces présents ne seront en rien regrettés, et que je chérirai ces instants passés à vos côtés. Vous me faites une fleur, en m’autorisant à ainsi vous courtiser loin des regards. Vous connaissez mon goût pour la discrétion. » Il s’est suffisamment donné en spectacle lors de sa demande en fiançailles, à son avis, mais il sait qu’en Cibella, plus une dame est courtisée, mieux c’est. Et Gabrielle est certainement le parti le plus prisé de tout le duché de la Magie. « Peut-être pourrions-nous chercher un second époux à votre soeur ? Afin de concentrer toutes ses énergies sur ses propres enfants à venir, ou au moins aux essais nécessaires à leur conception. » Suggestion comme une blague, un peu malicieuse, et il rougit encore davantage à la mention (très peu honorable, mais très drôle) de ces essais. Lui sait que la duchesse est infertile, mais il ignore si sa cadette le sait. Il a de toute façon promis de ne jamais en parler. Autant jouer le jeu, jusqu’au bout.

Et penser encore aux yeux si clairs de Gabrielle, et à sa peau si douce.





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Dernière édition par Lionel de Rivepierre le Lun 25 Déc - 7:05, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyJeu 14 Déc - 17:18

Il était fort, Lionel de Rivepierre. Et droit. Et honnête. Et responsable. Elle ne le méritait pas, car déjà, elle sentait son coeur se déchirer ne serait-ce qu’à la simple idée de se départir de ce petit être qu’elle porterait trois saisons durant. Comment pouvait-on abandonner un enfant encore pur de toute malice, blanc comme neige, même pour une cause plus grande que soi? Même pour Faërie? On la disait princesse de sagesse et Gabrielle savait qu’elle n’aurait pas le luxe incroyable de préserver ses enfants auprès d’elle. Un autre titre qui l’entravait. Lionel semblait si sérieux, si dévoué dans sa promesse faite à cette soeur de haine, que la Cibellane en venait presque à s’en vouloir de cet élan maternel qui la faisait souffrir avant même que son ventre ne soit gonflé.

Parler de la perle d’aurore était un pur délice. Changer de sujet. Sourire. S’émerveiller. Puis ce flottement, entre eux. Elle crut qu’il allait s’incliner vers elle, son regard accroché au sien, qu’il allait répondre à son invitation silencieuse, à ce désir fugace qui lui avait traversé l’esprit pour mieux faire rougir ses joues. Ses lèvres sur les siennes, légères comme la brise. Mais le comte de Rivepierre était droit, honnête et responsable. Gabrielle abaissa le minois, troublée par ce qui aurait pu être mais qui n’avait pas été. Un Outreventois n’embrassait pas ainsi une princesse  cibellane. Il n’y avait rien, entre eux. Qu’une union politiquement avantageuse pour leurs terres et leurs titres. Elle ne devait pas oublier.

En rapatriant son attention sur son prétendant, Gabrielle le surprit à la dévisager. Avait-elle dit ou fait quelque chose pouvant lui déplaire? Le trouble de l’Outreventois était évident, et déjà, elle s’inclinait plus en avant pour démontrer son entière attention quant à ses explications.

- C’est… c’est un plaisir pour moi, Gabrielle. Qu’importe l’issue de votre réflexion, à propos de vos fiançailles, sachez que ces présents ne seront en rien regrettés, et que je chérirai ces instants passés à vos côtés. Vous me faites une fleur, en m’autorisant à ainsi vous courtiser loin des regards. Vous connaissez mon goût pour la discrétion.
- C’est un plaisir partagé. Nos rencontres me sont précieuses, Lionel… Et je ne suis pas férue d’attention. C’est un charme de vous présenter Ru-d’Argent. Malgré la chaleur...

Elle lui souriait toujours, lorsqu’il avançait sa proposition des plus amusantes. L’idée était loufoque, mais de l’entendre de la bouche de Lionel de Rivepierre semblait d’autant plus amusant. Gabrielle avait laissé entendre un éclat de rire, le nez relevé, devant ce plan bien audacieux. Et quel plan! L’idée d’imaginer son aînée pratiquer ces tentatives la faisait rougir, bien sûr, mais faisait aussi briller ses yeux d’une pointe de malice. Elle n’était pas certaine, elle n’en avait pas les preuves irréfutables, mais un mariage aussi long sans descendance ne laissait que bien peu de place à une autre conclusion que la stérilité. Et cette volonté d’obtenir l’enfant de sa cadette… Gabrielle calma son gloussement pour le troquer contre un sourire doux et bienveillant. Elle acquiescait sa proposition. Le but n’était pas tant d’obtenir un héritier - cela était probablement impossible - mais de gonfler le coeur blessé de son aînée par autre chose que de la tristesse. La douce folie des premiers instants. C’était ce qu’elle souhaitait à cette soeur aînée distante.

Il la faisait rire là où elle avait cru verser une larme. Il avait fait naître un émerveillement presque enfantin alors que les pensées sombres l’assaillaient. Il n’en avait vraisemblablement pas conscience, mais Lionel de Rivepierre était son favori, jusqu’à présent, dans cette course de prétendant. Alors… Elle se permit un geste qu’elle n’aurait peut-être jamais osé. L’hésitation avait été grande à effleurer son bras. Le moment était passé. L’hésitation avait été encore plus grande à embrasser la commissure de ses lèvres. L’instant s’était évaporé. Gabrielle ne souhaitait pas l’embarrasser; malgré la tranquillité des lieux, elle se doutait bien qu’ils n’étaient pas seuls. Pas vraiment.

Sa main libre effleura la sienne. Ce fut discret, dissimulé par la table ouvragée avec élégance, comme une adolescente. Ce fut bref, car déjà elle hésitait et doutait de sa propre audace.

- Ma suivante, Demoiselle Anaïs, vous surnomme le Façonneur de rêves, en raison de l’émoi que vous avez causé depuis votre déclaration, l’hiver dernier. C’est un titre amplement mérité… Non seulement vous me faites rêver de merveilles, ainsi que les Cibellans, mais vous avez réellement chassé un éclat de rêve pour m’en faire cadeau.

Elle avait soulevé sa main, celle retenant le présent, pour qu’ils puissent admirer la perle chatoyante qui logeait dans sa paume. Des reflets chauds étaient perceptibles et irréels, sous cette lumière d’été. Quoi qu’il advienne, entre eux, Gabrielle se fit la promesse de ne jamais oublier ce moment de quiétude partagé, ce moment féérique où ils n’avaient rien d’autre à faire que d’admirer une perle mythique.

Les bassins. Les jardins soigneusement garnis sous la main des hommes. Les oiseaux! Les oiseaux, oui! Gabrielle allait lui montrer comment Ru-d’Argent était sublime, l’été venu, combien il pouvait être charmé par ce refuge en Cibella qui, peut-être, deviendrait sien.






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Lionel de Rivepierre

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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyLun 25 Déc - 7:54

Il aime son rire, son éclat si spontané face à sa proposition audacieuse, et cette façon qu’elle a de relever le nez en riant. Ses fossettes se creusent davantage et donnent à son visage un relief nouveau. Il est fier, le Lionel, de réussir à la faire rire ! À chasser les nuages dans ses yeux, la tristesse sur ses lèvres, et à y remettre un véritable sourire, quelque chose de sincère. Puis, lorsqu’elle reprend quelque contenance… Il ne rêve pas l’effleurement discret de sa main sur la sienne, geste dissimulé loin des regards curieux. Quelques picotements gourds subsistent là où elle a à peine touché sa chair, là où il sent encore le doux de la pulpe de ses doigts. Sa main ne se déplace pas, ne se sauve pas, comme un espoir pour un autre contact. Quelque chose de plus. Une suite, à tout cela. « Ma suivante, Demoiselle Anaïs, vous surnomme le Façonneur de rêves, en raison de l’émoi que vous avez causé depuis votre déclaration, l’hiver dernier. C’est un titre amplement mérité… Non seulement vous me faites rêver de merveilles, ainsi que les Cibellans, mais vous avez réellement chassé un éclat de rêve pour m’en faire cadeau. »
Le Façonneur de rêves.
Le titre fait rêver, oui, et Lionel se sent bien indigne de celui-ci. Il y aspire, mais a-t-il vraiment la trempe d’un homme à faire rêver une femme ? À lui faire espérer monts et merveilles ? À avoir une princesse de la Magie ? Ses yeux sombres observent la perle aux mille reflets nacré, sans jamais y capter le sien. Il y voit le lever du soleil et devine ceux de l’Archipel, son ciel enflammé au matin. « Vous me flattez », est sa simple réponse. Gabrielle le flatte et sa suivante encore plus, avec ce surnom qui laisse deviner qu’au sein de la cour cibellane, sa réputation est des plus flatteuses. Des plus positives.

C’est à lui de cueillir le moment. Il a perdu celui du baiser, de cette embrassade discrète qui lui a traversé l’esprit et qu’il n’a pas osé mettre en oeuvre, et il ne tient pas à interrompre un autre instant qui pourrait lui être bénéfique. Ou qui saurait rendre heureuse la princesse, dans ses attentions qui n’ont absolument rien d’osées, mais qui défient hautement toute son outreventoise pudeur. Il prend la main de la princesse dans la sienne, sans se cacher. Sans chercher à dissimuler le geste sous la table, sous de basses messes qui ne feraient que le gêner encore plus. « Me feriez-vous visiter votre domaine, Gabrielle ? Vous m’avez dit grand bien de vos jardins et la chaleur ne n’empêchera pas d’en admirer les couleurs. Nous saurons bien y trouver un peu d’ombre, ou la fraîcheur d’un bassin, afin de poursuivre notre dégustation de cette bouteille. » Quelque chose d’un pique-nique champêtre, sous un arbre aux branches parfaitement taillées et aux feuilles retombant dans une harmonie tout aussi parfaite. Quelque chose d’un peu de spontanéité, pour un homme qui aime tant planifier et contrôler tout ce qui est à sa portée, capitaine terre-à-terre aux habitudes bien rangées. Il prend même l’initiative de remettre le bouchon sur la bouteille, de sa main libre, et d’attraper celle-ci, et son verre, dans cette même main. L’autre n’a pas quitté celle de la princesse. « Vous êtes ma guide, Gabrielle. Je vous ai suffisamment conté les merveilles de Rivepierre, j’espère que vous aurez autant de plaisir à me montrer un peu de celles du Ru-d’Argent. »





One side stone, one side fire.

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Gabrielle de Faërie

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Message Sujet: Re: Le Façonneur de rêves   Le Façonneur de rêves EmptyLun 29 Jan - 4:24

Il demandait, alors elle s’exécutait de bon coeur. Sa main sur sa main, sa chaleur contre la sienne, Gabrielle avait empoigné sa coupelle, elle aussi. Drapée de légèreté, elle l’avait suivi dans cette envie empreinte de douce folie non sans amusement. Il avait la main solide et cette faculté de la faire sentir en sécurité par sa simple présence, par son simple contact. Malgré ses joues rosées, malgré l’audace dont ils faisaient preuve, Gabrielle gardait la tête haute et son sourire croqué. Elle se doutait bien qu’on parlerait, qu’on chuchoterait de leurs mains liées, de leur promenade, mais la demande si charmante de Lionel lui semblait bien irrésistible. Et légitime. Peut-être serait-il le baron de ces terres, un jour? Peut-être partagerait-il son affection sans limite pour ces jardins, pour cette demeure tout en hauteur? ...Peut-être même arriverait-il, par caprice du Destin, à percevoir dans la finesse de l’architecture un foyer aussi précieux et salvateur qu’il pouvait l’être pour Gabrielle. Il ne savait rien de ce que Ru-d’Argent signifiait, pour elle. De la froideur de Gaëtane, du carcan des faux-semblants que lui intimait sa proximité: un refuge.

Elle lui avait raconté, la joliette, combien elle appréciait sa quiétude loin de la cours de la Volte, depuis ses terres, combien la vie lui semblait plus douce ici qu’ailleurs, combien le Ru-d’Argent sublimait chacune des saisons. La douceur et les fleurs du printemps. Le chant perpétuel des oiseaux des étés caniculaires. Les sculptures de glace lors des grands gels. Les couleurs spectaculaires de l’automne. Gabrielle en rêvait à mi-voix, le regard brillant et le sourire plein de promesses.

La visite s’était faite en douceur. Le bassin était joli. Elle n’avait pas menti. Les oiseaux, majoritairement des mésanges bleues, s’étaient regroupés aux abords de l’eau en un piaillement joyeux comme pour souhaiter la bienvenue à ce comte en visite. La dame des lieux les avait longtemps contemplés, au bras de son visiteur, avant de parcourir les jardins du domaine. Ici, elle lui montrait le cour d’eau limpide dont les remous avaient inspiré le nom de cette baronnie. Là-bas, elle désignait l’horizon vallonné annonciateur d’un duché voisin. Puis là, non loin des eaux, un saule tristement épanché.

Puis un sourire coquin, un peu espiègle, et la princesse entraînait le capitaine à sa suite derrière les feuilles tombantes et les branches enlacées. Dissimulés partiellement des regards curieux, ils profitèrent de la fraicheur de l’ombre d’un arbre centenaire. Il n’y avait rien à envier à l’impétuosité des paysages d’Outrevent, mais le domaine savait plaire par son charme discret et l’habileté de l’homme à sublimer la nature. Là, en retrait de la guerre et des obligations, ils avaient savouré la liqueur lagrane. Ils s’étaient embrassés avec une certaine chasteté, celle-là même qui se veut sournoise et invite à rêvasser de ce qui pourrait être. Ils s’étaient enlacés puis, dans cette intimité nouvelle, s’étaient confiés.

Il y avait eu la mort de Livien. La peur de la guerre. Les exigences de Gaëtane. Les idées folles de Gabin. Des fou-rires, aussi. Le comte était si drôle, si charmant.

- J’espère… Oh! J’espère, Lionel, que le Ru-d’Argent vous charmera tout autant qu'il a su me séduire.






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