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 C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler

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Les Chevaucheurs
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Message Sujet: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 17 Mai - 0:39


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Bastien Aigrépine & Maelys Aigrépine

C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler




• Date : 05/12/1002
• Météo (optionnel) : Il pleut, d’imposants nuages gris s’amoncèlent en cette fin d’après-midi. La vision est mauvaise, les conditions pires encore.
• Statut du RP : Fermé.
• Résumé : La trêve hivernale sera bientôt déclarée, mais les combats font encore rage la veille, alors que les Faës font le nécessaire pour rétablir leurs frontières initiales. En Lagrance, beaucoup de territoires ont dû être reconquis, et Maelys est sur le devant de la scène, sans encore se rendre compte qu’il en est de même pour son frère, face à elle, se battant pour Sombreciel.
• Recensement :
Code:
• [b]05/12/1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3692-cest-le-sang-qui-nous-lie-celui-qui-coule-dans-nos-veines-celui-que-nous-faisons-couler] C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler [/url] - [i]Bastien Aigrépine & Maelys Aigrépine[/i]
La trêve hivernale sera bientôt déclarée, mais les combats font encore rage la veille, alors que les Faës font le nécessaire pour rétablir leurs frontières initiales. En Lagrance, beaucoup de territoires ont dû être reconquis, et Maelys est sur le devant de la scène, sans encore se rendre compte qu’il en est de même pour son frère, face à elle, se battant pour Sombreciel.

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Dans le doute, fous le feu


Dernière édition par Maelys Aigrépine le Sam 19 Mai - 23:21, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 17 Mai - 0:43

« C’est le Pion Noir ! » Je râlai, exaspérée. Je n’avais même pas ma masse pour en attester, trop encombrante, et difficilement maniable en l’état… Mais il fallait croire qu’avec ou sans ce signe distinctif, notre petit éclat à Lorgol datant d’à peine une semaine avait marqué les esprits. Ta nouvelle réputation est plutôt ennuyeuse, sur un champ de bataille, ma petite. Sérieusement, ils étaient combien ? Deux, quatre… Six ?! On est fichu. Mais non, ça va aller. Comment Mirage faisait-il pour le prendre avec autant de flegme, constamment ? Je m’accrochai à lui, aussi solidement que je le pouvais.

Je voulais m’abandonner à lui, comme autrefois, comme avant qu’Aïfa n’appose sa marque sur mon esprit. Je croyais encore l’entendre parfois, l’esprit millénaire qui avait si longtemps guidé ma lame. Avec la duchesse d’Erebor à mes côtés, je m’étais sentie invincible sur le champ de bataille, sa soif de sang annihilant toute peur en moi. Je renouais désagréablement avec elle, en cet instant précis. Et, tragique ironie ! Tous m’identifiaient désormais comme le Pion Noir, alors même que je ne l’étais plus, qu’elle n’était plus une partie intégrante de moi.

Pas le temps de s’apitoyer, ma petite. Toi et moi, nous faisons une prodigieuse équipe, depuis bientôt une décennie maintenant, et nous allons continuer. Il me rassurait, et comme autrefois, je puisais ma force en Mirage. Lui qui avait enduré la morsure de ses propres flammes pour m’extirper du piège de ces figures de proue animées. Lui qui rentrait toujours dans une rage folle, au point d’en perdre la parole, dès qu’il m’arrivait le moindre malheur. Lui, logé dans mon esprit depuis le début, bien avant Vesper, Aïfa ou même Malfurie. Lui, le dragon d’Emeraude au pied sûr. Lui, le Mirage insaisissable, encore maintenant. Tu sais que je te confierais ma vie, aveuglément.

Et nous virevoltions dans les cieux noirs chargés d’eaux. La pluie agissait comme un effet de réverbération sur ses écailles luisantes, comme un millier d’éclats. Il avait une teinte plus proche du vert-de-gris que du vert-bleu en l’instant, et Mirage jouait de l’un de ses meilleurs atouts. Pas sa force, ni sa vitesse. Pas son courage, ni sa sagesse. Il feintait l’ennemi, le vieux dragon malin. Il se rapprochait du sol à une vitesse vertigineuse, dans l’espoir de les semer. Nous étions bien partis, même si la frontière lagrane était devenue aussi connue pour nous que pour nos propres ennemis. Et surtout, les griffons étaient souples et habiles, aptes à s’engouffrer dans les moindres interstices avec bien plus de facilités qu’un dragon.

Je fulminai. Nous perdions de la vitesse et il me fallait agir. Maintenant si loin, si isolé des autres troupes, le choix ne nous était pas vraiment laissé si nous comptions survivre. Je n’escomptais pas devenir un beau trophée à rapporter à leur Maréchal de Serre. Il n’en restait plus que deux en lice, les autres ayant dû se lasser de cette course-poursuite, certainement pris en chasse par mes camarades. Ceux-là, j’en faisais mon affaire.

Le bouclier se détacha de mon dos avec aisance, ses lames rétractables comme des griffes sorties. Il tournoyait à toute vitesse sous la pression de ma magie de lévitation, comme une toupie mortelle dont le tranchant des lames était brouillé par la vitesse. Le premier Voltigeur l’esquiva avec aisance, tout comme le second… Mais sans doute ne s’était-il pas attendu au retour, qui le prit par surprise. Son griffon s’inclina légèrement sur le côté pour parer à la trajectoire imprévisible du projectile… Mais trop tard. Un cri strident me certifia que l’aile était atteinte, et qu’ils chutaient tout deux vers le sol. Il n’en restait qu’un. Mirage, demi-tour. On le prend en tenaille avec tes flammes ! L’Emeraude ne se fit pas prier, même si la manœuvre demandée était difficile. Le griffon d’ébène était plus rapide, plus imprévisible… Si bien que quand les flammes de Mirage naquirent dans sa gueule, il était déjà sur nous.

J’eus le souffle coupé, à le voir passer tout proche. J’aurais presque pu le toucher… Mon regard croisa celui de Bastien, interdite. Mirage, NON ! Une seconde. Juste une, qui changea tout. La pression de ma magie contre l’aile gauche de Mirage, pour le forcer à virer de bord, pour laisser le griffon passer sans dommages. Le grondement surpris de Mirage, alors que je venais de le déstabiliser en plein assaut.

Et nous chutions.
J’hurlai ma terreur, sans pouvoir le retenir.

Le choc, violent, me coupa le souffle. Je fus arrachée de selle, malgré les lanières, et dévalait la pente à flanc de montagne. J’entrevis les cieux, la terre… Roc-Epine au loin. Nous avions reconquis tous nos territoires, n’est-ce pas ? Je pris une violente inspiration, mes poumons vidés d’air. J’étais sonnée, le dos et les membres écorchés, mais encore en un morceau. Mirage… ? Le silence. Mirage, je t’en prie, réponds moi ! Ce même silence, oppressant cette fois. Non, non, non, non… Je me souvenais parfaitement de cette douleur, celle d’Octavius, qu’il avait dans la voix, quand il m’avait parlé de son griffon. Mort, par sa faute. Non, c’était impossible. Ca ne pouvait pas se passer comme ça ! J’hurlai, me fichant bien de me faire repérer : « Mirage ! MIRAGE ! » Je gravis en boitant, courant à moitié, la roche que je venais de dévaler pour revenir à mon point de chute.

Il était là, presque immobile.
Je m’avançai, à pas prudents, les larmes coulant sans que je ne puisse les retenir, choquée par ma propre réaction. Il bougea avec peine. Une de ses ailes était pliée dans un angle étrange, mais il était bel et bien vivant. Je me précipitai à ses côtés, à réciter ce même refrain, aussi soulagée que coupable. « Je suis désolée. Je suis tellement désolée… J’aurais pas dû… Je suis désolée. » J’avais menacé la vie de mon dragon, et en une fraction de seconde, tout aurait pu basculer. J’avais menacé sa vie, pour protéger celle de mon frère. Ce n’était que pure folie.

Ma petite… ? Oui, Mirage ? Je me figeai, attendant la sentence. Je venais de trahir la confiance immuable qui existait entre nous, sur une impulsion naïve. Nous devrions trouver une cavité où nous réfugier. Je ne pourrais pas reprendre mon envol. Je restais interdite, à le fixer, droit dans ses yeux reptiliens. Aucune animosité. Aucune haine. Rien, pas le moindre sentiment de trahison à mon égard. Je sentis les larmes me monter à nouveau aux yeux. Nous devons faire vite. Oui, oui ! Je m’activai à ses côtés, une main posée sur son épaule, tandis qu’il avançait d’une démarche bien moins pataude qu’escomptée. Il était dans son domaine, dans ces montagnes, comme chez lui. Mirage ne prit pas longtemps à repérer une cavité qui ferait l’affaire, même pour son imposante stature, cachant partiellement sa présence aux Voltigeurs que nous apercevions encore au loin dans le ciel. Son regard vigilant restait fixé au dehors, méfiant, tandis que je vérifiais l’état de son aile. Nous allons devoir passer la nuit ici. Ca ne fait rien, viens là. Je me rapprochais de son imposante tête, presque timidement après ce qu’il venait de se produire… Il m’attira de sa patte, me faisant basculer contre son poitrail de dragon. Je restais là, lovée contre lui, dans cette incertitude croissante…

Mirage était en vie. C’était tout ce qui comptait.
… Et Bastien également.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 17 Mai - 19:25

Je fronce les sourcils, laissant échapper un claquement de langue agacé quand Ortie me renvoie une nouvelle image qui me déstabilise. Je sais que je ne suis pas assez concentré, que je devrais être totalement à ce que je fais et je n’ai absolument aucune excuse. Mais, à force de patrouiller sans qu’il ne se passe rien, j’ai fini par laisser mon esprit un peu divaguer. Probablement la pire idée du monde, je veux bien le reconnaître. Je m’essuie le visage, espérant sans grande conviction que j’arriverais à y voir plus clair au travers de la pluie et de ces nuages de plus en plus épais. Je ne sais pas ce qui va nous tomber dessus mais je le crains presque autant que les Chevaucheurs que je devine non loin.

Et puis, d’un coup, voilà que cela commence. Des ailes immenses qui louvoient par-delà cette frontières qui a tellement changé que j’ai fini par ne plus vraiment savoir où elle est réellement à la longue. Pas besoin de mots, pas besoin d’ordre. Voilà que nous piquons à quatre, à l’unisson, telle une mécanique parfaitement huilée. Je me laisse envahir par les sentiments, les images qui se bousculent dans mon esprit à mesure que nous prenons de la vitesse et j’en oublie tout le reste, savourant cette petite pointe d’adrénaline qui ne manque jamais d’arriver lorsque je voltige. Un sourire satisfait illumine mes traits alors que je prends le relai de mon binôme dont je connais par coeur le moindre mouvement. Pour qui nous observerait de loin, il aurait presque l’impression de voir un ballet aérien alors que nous tournoyons, de plus en plus vite, pour atteindre notre cible.

Sauf qu’elle est coriace celle-là. Et que le dragon plonge vers le sol. Si l’autre duo ne se sent pas de le suivre, nous sommes trop loin de notre point de patrouille, de notre côté, hors de question de s’arrêter là et de faire demi-tour. Je n’ai même pas eu besoin de souffler l’idée à l’autre Voltigeur qu’il est déjà mes côtés et je plisse des yeux pour essayer de deviner ce qui se passe autour de nous. Le dragon perd de la vitesse, c’est évident et je me penche plus en avant sur Ortie, prêt à augmenter encore la cadence. Elle en est capable cette petite harpie volante. Elle va vite. Très très vite même. Et m’autorise même parfois à m’en vanter. Sauf que cette fois, je suis bien trop concentré pour y songer. D’une pression de la jambe, je la pousse à aller au-delà de ses propres limites.

J’esquive sans problème le bouclier qui virevolte jusqu’à moi, lâchant Ortie pour me retrouver tête en bas l’espace d’un instant. Et je remonte à ma place sans peine, prêt à me jeter sur ma cible. Avant de me figer en sentant une violente douleur m’envahir. Et la peur. Celle de la chute, longue. Douloureuse. Inévitable. Ortie s’agite et pour un peu, j’aurais presque le sentiment de perdre le contrôle de la situation mais la douleur me prend littéralement à la gorge. Elle se mêle à la colère alors que vois le dragon faire demi-tour et j’inspire longuement, prêt, tout comme mon griffon, à lui faire payer par tous les moyens possible. Et je tournoie, changeant constamment de trajectoire pour l’empêcher de me coincer.

Jusqu’à me retrouver à quelques mètres à peine de son Chevaucheur.

Elle. Maelys.

J’écarquille les yeux alors que son regard croise le mien, me demandant si ma sœur sera la dernière personne que je verrais avant que l’inévitable se produise. J’ai l’impression d’être incapable de penser à autre chose mais en une seconde à peine, tout bascule. Et je la vois chuter à son tour, totalement figé, comme si le temps avait décidé de suspendre son vol,

Et Ortie me fait soudain ressentir la douleur, la peine engendrée par une telle chute. Mais pour me parler de celle de qui ? Du Voltigeur ? De la Chevaucheuse ? Les deux ? La violence me coupe la respiration et, pendant un instant, je ne sais pas si je tremble à cause de lui ou à l’idée qu’il arrive la même chose à ma cadette.

Sans réfléchir, j’enjoins le griffon d’une simple pression à piquer en direction de la terre ferme. Elle rechigne à peine quelques secondes, avant de descendre à toute vitesse. C’est à peine si je vois le sol arriver qu’elle est posée au milieu de nulle part. Enfin non, je devine Roc-Epine non loin mais, à part ça, il n’y a rien. Je descends prestement, me détachant d’Ortie qui piaffe et me pousse du bec alors qu’un tas d’images se bousculent dans tous les sens. Des images de mort, de douleur, mêlées à son inquiétude et à son agacement de me voir au sol. Et, d’un coup, ressort une nouvelle fois l’image de Maelys en train de crier, de me dire que je ne suis plus son frère, il y a quelques jours à peine. Je murmure alors, d’un ton agacé. « Je sais tout ça, d’accord ? Mais… il faut… que je sache. Tu comprends ? » Parce que nous savons déjà tous les deux ce qui est arrivé à notre camarade. La douleur s’est faite plus lancinante, plus diffuse, alors que leur lien s’est forcément rompu, comme dans les souvenirs d’Ortie. Difficile de dire si l’un d’eux a survécu ou pas mais, au vu de la chute, c’est peu probable. Et elle me met un coup de tête affectueux, me faisant vaciller alors que j’ai un sourire à son attention. « … merci. »

J’entends alors une voix crier au loin et je me fige, essayant de ne pas me persuader que c’est Maelys. Elle ne serais pas stupide au point de crier comme ça au beau milieu de nulle part, dans une zone de guerre tout de même ? Les images qu’Ortie me lance alors me feraient penser que ce serait un trait de famille qui ne l’étonne guère et je grogne avant de marcher en direction du cri. Mon griffon me suit d’un pas tranquille, comme si elle était en balade, les ailes repliées. Mais je sais qu’elle est aux aguets, tout comme moi. A mesure que je marche, je vois du sang sur un rocher et je fronce les sourcils. Celui du dragon ? De … sa chevaucheuse ? De quelqu’un d’autre ? Difficile à dire. D’autant que la nuit ne va pas tarder à tomber et que je me rends compte de plus en de plus de la stupidité d’avoir mis un pied à terre. Je vois Ortie opiner du chef alors qu’elle m’a dépassé et je lève les yeux au ciel avant de lâcher, sans pouvoir m’en empêcher. « Mais... bon sang… MAELYS ? Répond-moi ! » Et, bien entendu, j’ai le droit à une vision peu flatteuse de moi-même en train de faire quelque chose de particulièrement stupide. A croire qu’elle doit en avoir un paquet en stock. Mais je m’en moque. Faites qu’elle soit en vie, on avisera pour la pertinence de mes actes plus tard.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Dim 27 Mai - 21:51

La visibilité est mauvaise. C’est une chance pour nous. J’hochai lentement la tête, répondant par l’affirmative. Mon regard était rivé au dehors, bras croisés et jambes repliées. J’étais restée adossée à l’épaule de Mirage qui avait étendu son long cou pour se reposer ces prochaines heures. Je n’osais pas vraiment toucher à son aile pour tenter de la remettre en place. Je n’avais aucune idée de comment nous allions pouvoir nous en sortir, dans ces conditions. Il faudrait un miracle… Que Thomas me retrouve, sans que les Voltigeurs ne le puissent. On ne pouvait pas rester cachés et se rendre visible à la fois. Une impasse.

Et c’était par ma faute que nous étions fourrés dans une situation aussi inextricable. Je fixai le dehors, d’un air rageur, à regarder la pluie tomber. J’avais retiré ma veste pour la laisser sécher et ne m’était pas résolue à laisser Mirage le temps de retrouver mon bouclier. Je l’avais bêtement laissée tomber le temps d’user de ma magie pour faire dévier Mirage. Je m’en voulais deux fois plus maintenant… C’était un cadeau inestimable d’Octavius. Je n’imaginais même pas combien il avait dû investir là-dedans, une vraie petite fortune. Il y avait même des chances qu’il ait coûté plus cher que la maison pour laquelle on économisait.

La luminosité déclinait doucement. Les nuages gris et chargés laissaient croire que la nuit arrivait encore plus vite que d’habitude. Roc-Epine doit être à une journée de marche d’ici. Je peux aller chercher de l’aide là-bas, les dragons d’Onyx… C’est une très mauvaise idée, ma petite. Je ne serais pas là pour te protéger, et tu as perdu ton bouclier. J’allais rétorquer, furibonde. Merci de me le rappeler. Je ne pouvais pas le laisser dans cet état ! Mais l’emmener avec moi ? Non… Les combats faisaient encore rage, au dehors. Nous serions des cibles faciles. Mirage avait beau s’appeler Mirage, on se ferait repérer bien vite. Ecoute, je ne peux pas rester ici à rien faire et… Un cri dans la nuit naissante me figea. Je reconnaissais sans mal cette voix, si familière.

Bastien ?!

Un grondement désapprobateur répondit aussitôt, et avant même que je ne pus l’en empêcher, le dragon d’émeraude se leva pour se diriger à l’extérieur. « Mirage, attends ! » Il était souple et leste dans les montagnes qui l’avaient vu grandir, si bien que je peinais à le rattraper sans tricher un peu, déployant ma magie sur les semelles de mes bottes pour me propulser en avant. « Attends ! » Il ne m’écoutait plus. Il avait déjà bondi en avant, ses griffes se plantant avec hargne dans la roche pour se stabiliser, des flammèches se formant dans sa gueule. Je m’interposai juste à temps, posant une main sur sa gueule pleine de crocs pour l’empêcher de déverser son feu sur nos ennemis. Laisse-moi en finir, ma petite. Non, Mirage ! C’est mon… Un traître. C’est mon frère ! Ce n’est pas ce que tu disais, la dernière fois. J’étais en colère. Sa pupille fendue me fixait avec insistance. Il attendait certainement de meilleures explications, lui qui avait manqué de mourir dans un conflit fraternel. Je sentais les larmes me monter aux yeux, sous le coup de l’émotion. Je ne peux pas, Mirage… Je ne peux pas. Je ne pourrais pas vivre avec l’idée d’avoir eu son sang sur les mains, peu importe qu’il m’ait trahi. Tu comprends ? Il restait tendu, à l’affût, mais un semblant de souffle chargé d’une forte odeur de souffre -  comme un soupir draconique – m’informa qu’il capitulait.

Je repérai mon frère et sa griffonne avec un temps de retard, me retournant vers eux, ma dague encore en main. J’étais détrempée, le corps meurtri par ma chute, mais avec cette étrange lucidité que conférait l’adrénaline. « Qu’est-ce que tu fais ici, Bastien ? Tu devrais partir, immédiatement. » Et nous aussi. Je guettais le ciel chargé, plissant les yeux pour voir au travers des gouttes de pluie. Je réalisais, vaguement hébétée, sans même vraiment y croire. « Tu es… Seul ? »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Mer 30 Mai - 19:35

Je sais. Je devais reprendre mon envol avec Ortie. Mieux encore, je devrais contacter les autres Voltigeurs. Après tout, j’ai Maelys des quatre vents, un écrin, non loin, probablement blessée et qui serait une cible de choix. J’aurais probablement même des félicitations des plus hauts gradés ou peu s’en faut. Mieux encore, je pourrais même avoir une promotion si je la ramenais.

Alors pourquoi suis-je encore en train de errer, à la nuit tombante ? Pourquoi est-ce que je ne suis pas la voix de la raison… sa voie même ? Parce que je ne suis qu’un idiot. Ou, alors, parce que je veux… je veux quoi au juste ? Il faut que j’arrête de me leurrer et que j’accepte le fait que je veux juste savoir si elle est en vie. Rien de plus. Non pas pour la capturer, non pas pour la libérer. Juste pour m’assurer qu’il n’y a toujours pas de monde sans Maelys. Sinon, qui pourrais-je mépriser ? Qui pourrait porter sur ses épaules toute la responsabilité de mes relations désastreuses avec ma famille ? Elle est l’excuse parfaite depuis toujours ou presque. Alors j’ai besoin d’elle pour tout cela. Et rien d’autre. Je fronce les sourcils, agacé par le propre cheminement de mes pensées, alors que je continue de marcher et que le rideau de pluie rend la visibilité quasi nulle.

Ortie secoue ses ailes, avec un piaillement impatient, n’appréciant clairement pas le traitement qu’elle en train de subir à un point tel que je titube devant le flot d’images qu’elle m’envoie en boucle durant quelques instants. Un mélange de vieux souvenirs que j’ai partagés avec elle concernant ma famille et plus particulièrement Maelys, les premiers instants à Sombreciel, où j’ai enfin réussi à me sentir parfaitement à ma place, sans que je n’arrive vraiment à saisir le but de tout cela. Hormis me déstabiliser ce qui, après tout, c’est peut-être que son seul objectif. Alors, je souffle, d’un ton agacé. « Si tu as un truc à me dire, fais le clairement. Ce n’est pas le moment de chercher à me pourrir la vie, tu fais cela très bien tous les jours. » Le coup de bec que je me prends à l’arrière du crâne est tout sauf issu de mon imagination ou d’un souvenir, même cela aurait pu tout à fait au vu du nombre de fois ou c’est arrivé. Je me frotte la tête, lui jetant un regard mauvais, avant de me figer quand j’entends enfin la voix de Maelys. Comme quoi, ce n’était pas une si mauvaise idée.

Ou pas, d’accord. Parce que je me fige quand je la vois à quelques mètres de moi à peine, incapable de savoir quoi faire. Pire encore, je vois son dragon, mon regard croisant un instant le sien alors que je sens la peur me nouer les entrailles l’espace d’un instant. Évidemment, hors de question de le reconnaître, même maintenant. Surtout pas maintenant. Alors je relève la tête et j’inspire longuement, tandis que je sens Ortie se tendre à côté de moi. Je serre mon arbalète entre mes doigts et mon regard accroche celui de ma sœur. C’est comme si le temps était suspendu l’espace d’un instant. Comme si tout pouvait basculer. Après tout, je suis devant l’ennemi non ? Et je devrais agir. Je dois agir. A sa question, je souffle, sans même m’en rendre compte, d’un ton presque absent. « Je te cherchais... »

Quant à moi, je ne bouge pas d’un pouce, mon regard toujours ancré dans le sien. Je ne cille pas et je ne réalise même pas qu’Ortie est en train de bouger, tellement elle est discrète et rapide quand elle le veut. Jusqu’à ce qu’elle soit à quelques centimètres à peine d’elle, la reniflant avec cette mine dédaigneuse qui est bien souvent la sienne. Je déglutis, soufflant un « non... » à peine audible, brusquement inquiet alors que je tends une main dans leur direction… tout ça pour voir ma griffonne pencher la tête sur le coté et lui asséner un petit coup affectueux, son bec effleurant l’épaule de la jeune femme avant qu’elle ne recule d’un pas, non sans être accompagnée par le grondement sourd du dragon juste derrière elle. Je soupire de soulagement, avant de reprendre, à mi-voix, sans bien savoir comment ma cadette va réagir à tout ça. « La pluie ne va pas aller en s’arrangeant. On ne peut pas rester là. » Je fais un pas vers elle, un peu hésitant, n’osant pas vraiment me rapprocher de son dragon. Mais je baisse mon arbalète avant de reprendre, avec un mouvement du menton. « Tu es blessée. Il faut que je regarde ça. Et il faut vous mettre à l’abri avant qu’on vous trouve. » Je cille avant d’ajouter, comme si de rien était, d’un ton aussi neutre que possible. « Je suis seul. Ortie nous préviendra en cas de danger. »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Sam 30 Juin - 21:59

Ma main se crispa sur le pommeau de ma dague, à le voir faire de même, en parfait miroir, sur le manche de son arbalète. Allons-nous devoir en découdre, là maintenant ? Ne devrait-il bientôt rester qu’un seul Aigrépine ? Etrange fatalité, qu’il avait lui-même provoqué. J’étais toujours en colère, et mon regard trahissait une certaine défiance quand Bastien chercha à l’accrocher. Je vendrais chère ma peau, quoi qu’il se passe.

Je l’incitai à partir, mais il n’en fit rien. Il me cherchait ? Je n’étais pas vraiment surprise, même s’il aurait été plus prudent pour lui de m’ignorer, de faire comme si je n’existais pas. Mais c’était impossible pour Bastien. Il devait s’assurer que je sois vivante ou morte. Et ensuite ? Que ferait-il ? Je retins ma respiration, sans le quitter du regard. Un grondement sourd et draconique balaya ma chevelure d’ébène. Mirage était si proche que son souffle me réchauffait, séchant mes vêtements trempés de pluie. Il l’a vit aussi bien que moi, approcher si vite que ni lui ni moi n’eûmes le temps de réagir.

J’eus un hoquet de surpris, et un mouvement violent de recul. La roche humide sous mes pieds me fit aussitôt trébucher, et je me maudissais de ma maladresse alors que cette griffonne allait probablement bientôt me déchiqueter… Non. Elle n’en fit rien. Je regardais, abasourdie, la griffonne reculer d’un pas après m’avoir gratifié d’un coup de tête affectueux. Mirage avait déjà ouvert une mâchoire pleine de crocs, ne voulant pas la laisser repartir sans qu’elle y laisse quelques plumes, mais il se contenta de tendre sa lourde tête au-dessus de moi dans une attitude fortement protectrice. « Ca va, Mirage. Tout va bien. Elle venait seulement me… Me saluer ? » Je ne savais pas vraiment. Elle n’avait pas cherché à parler d’esprit à esprit, et visiblement pas davantage avec son propre voltigeur, car Bastien restait coi devant la scène, une main tendue en avant comme s’il avait cherché à la retenir. Un sourire étrange me vint à cette vision, si spontanée, d’un frère redevenu protecteur.

Il avait pris sa décision, ou l’avait-elle prise pour lui ? Il fit un pas dans notre direction, mais le regard sévère de Mirage le cloua ensuite au sol. Je me relevai en m’appuyant sur la patte écailleuse du dragon, et enroulait son museau dans mes bras pour le forcer à contenir son feu, à ne rien faire de stupide ou de déplacer. Mais moi-même, je ne savais pas bien comment réagir, quand j’orientai à nouveau un regard aussi intrigué que méfiant vers mon frère de sang. « Tu… Tu vas vraiment nous aider ? » Je le regardai, incrédule, tandis qu’il continuait de parler avec un pragmatisme sans faille. Ce n’était que maintenant qu’il me soufflait la réponse tant attendue. Il était bien seul. Il ne l’aurait pas dit plus tôt, n’est-ce pas ? Sans doute parce qu’il… « Tu comptais venir me tuer, avoue-le. » Ma voix tremblait, sans que je ne puisse l’en empêcher. « Pourquoi tu as changé subitement d’avis ? » Je ne comprenais pas. Je n’étais pas sûre de devoir lui faire confiance, pas après tout ce qu’il avait fait. Il m’avait pris en chasse ! « Tu savais que c’était moi ? Parce que… Moi, je ne le savais pas. » J’avais mal partout. Je sentis les larmes me monter à nouveau aux yeux, sans pouvoir les contenir. « C’est à cause de moi, si Mirage est blessé. C’est à cause de toi aussi. » Je reniflai bruyamment, et rajoutai sur un ton plus penaud. « J’ai perdu mon bouclier. Je ne peux pas repartir sans, c’est Octavius qui me l’avait offert. »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Lun 2 Juil - 20:00

A la voir comme ça, perdue au milieu de nulle et aussi trempée que pourrait l’être un chaton rescapé d’un naufrage, quand bien même j’ai du mal à comprendre comment j’ai pu songer à cet animal en regardant ma teigne de sœur, je suis partagé entre l’envie d’éclater de rire devant l’ironie de la situation et de l’aider. Quand bien même aucune des raisons que je tente d’avancer intérieurement n’arrive à me satisfaire sur les réels motifs qui me poussent à rester là en la fixant de la sorte. Et c’est encore pire alors que je songe à notre dernière rencontre, toujours autant marquée dans mon esprit. Non pas parce qu’elle m’a blessé, il m’en faudrait bien davantage, surtout avec une petite peste comme elle, mais parce qu’elle n’a fait que creuser un fossé déjà bien trop large qui nous séparait déjà. Comme un point de non retour qu’elle a franchi sans même sourciller.

Sauf que dans l’immédiat, j’ai d’autres problèmes que cette petite sœur qui ne veut plus avoir rien à faire de moi. Comme ce dragon qui pourrait ne faire qu’une bouchée de moi si l’envie lui en prenait. Et, bien évidemment, Ortie n’en fait qu’à sa tête. J’ai un soupir de soulagement quand elle revient vers moi et fait claquer ses serres à mes pieds avant qu’elle ne redresse le bec pour observer les cieux avec application. « Elle… oui. Elle voulait simplement te saluer. Te confirmer que nous ne venons pas en ennemis. Tout du moins, je le suppose, elle est un peu… difficile à comprendre parfois. » Et voilà qu’elle lève une patte et pose ses serres sur mon épaule, me rappelant qu’elle aussi pourrait me broyer aisément. Je lève les yeux au ciel alors qu’elle m’assène nombre d’images où elle déchiquette des petites proies avant de rétorquer, non sans une ombre de sourire. « Regarde en l’air au lieu de me menacer toi. »

Je commets pourtant l’erreur de faire un pas en direction de ma soeur. Pour me figer sous le regard du dragon. Je retiens mon souffle, indécis, me demandant à quel point le Destin pousserait l’ironie à me faire flamber là, tout de suite, par le dragon de ma propre sœur. Mais il n’en fait rien et j’inspire longuement avant de lever les yeux au ciel. « Bon sang Maelys, si je voulais vous tuer, ce serait déjà fait. Il m’aurait suffit de rester sur le dos d’Ortie, tu étais une cible facile à atteindre, même pour un incapable comme moi. Vous êtes à peu près aussi discrets qu’un dragon dans un magasin de porcelaine. » A quel point je pousse ma chance là ? Difficile à dire. D’autant que le reste de ses propos m’arrache un haussement d’épaules. « J’en sais rien d’accord ? Je n’aime pas l’idée de te savoir mourir ici. Personne ne devrait mourir seul et encore moins dans cet endroit. Même si c’est toi. » Je me suis fais plus sec que je ne le voudrais mais impossible de faire autrement avec elle. Elle me hérisse toujours autant et j’ai envie de la secouer mais, dans l’immédiat, j’aimerais le faire en étant assuré qu’il ne lui arrive rien.

J’ai un regard en direction d’Ortie à sa question avant de secouer la tête. « Je ne savais pas non plus. J’ai une mission à remplir. Tout comme toi. Et cette satanée pluie n’aide pas à savoir où est la frontière. Pour autant que je sache, on peut être dans ton camp comme dans le mien et autant dire que ça n’a pas la moindre importance dans l’immédiat. » Je fronce les sourcils quand je vois les larmes lui monter aux yeux. Elle ne va pas me faire le coup de pleurer quand même, si ? Voilà bien quelque chose qui m’agace encore davantage que le reste. Les larmes. Comme si j’allais me laisser attendrir par… ça. Je croise alors les bras, arquant un sourcil dubitatif quand elle continue. « A cause de moi ? C’est la guerre petite sœur, je fais mon travail, tout comme toi. » Est-ce que je l’aurais fait avec autant d’application si j’avais su que c’était elle à dos de dragon ? Ai-je vraiment envie de répondre à cette question. Et voilà qu’elle renifle maintenant. Par réflexe, je sors un mouchoir d’une de mes poches avant d’aviser qu’il est totalement trempé. Je secoue la tête avant de le ranger avec une grimace et je tique enfin sur ses propos. « Un bouclier ? Octavius ? C'est qui ça ? » Ortie a penché la tête sur le côté, curieuse, alors que dans ma tête se bousculent brusquement des images de griffons en train de danser ensemble dans les airs dans une parade nuptiale. Et elle me glisse des images de mes nuits agités en Sombreciel. J’ai un ricanement en réponse et je hausse les épaules. « Aucune idée Ortie. Difficile de croire que mon adorable sœur a réussi à se faire mettre le grappin dessus. » Et je n’hésite qu’un instant avant de reprendre, plus sérieusement. « Tu te souviens de la dernière fois où tu l’avais ? Ortie peut aller le chercher, il faut juste que tu le décrives. » Alors que je parle, elle se rapproche de nouveau de Maelys et semble se concentrer sur elle alors qu’elle continue de penser à ces couples de griffons qui dansent dans les airs. Quant à moi, je lève les yeux au ciel avant de regarder autour de nous. « Il faut vraiment qu’on trouver un abri Maelys. Le temps ne fait qu’empirer. » Et je ne pensais vraiment pas la chose possible.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Dim 19 Aoû - 17:36

Les griffons m’avaient toujours terrifiée. Ils étaient l’ennemi. Ils étaient l’inconnu. Je les avais vus, de mes propres yeux, déchiqueter mes semblables avec une hargne vengeresse et implacable quand on s’en prenait à l’un des leurs. Ils étaient pareils à une nuée farouche et hostile, et n’avaient rien en commun avec les dragons, hormis leurs capacités à chevaucher les cieux.

Cette griffonne-là, je ne la connaissais pas. Mais elle était étroitement liée à mon frère, comme je l’étais à Mirage, comme Octavius l’avait été à son propre griffon. Un lien indéfectible et puissant, qui vous changeait à jamais. Et, étrangement, son attitude à mon égard s’était révélée plus spontanée et sincère que celle de mon propre frère. « Je la trouve plus simple à suivre que toi, au contraire. » Je ne comprenais pas l’échange silencieux qui s’établissait entre eux, lançant un regard de biais vers Mirage qui me le rendit, tout aussi perplexe et incertain quant à la marche à suivre. Il était plus prudent et mesuré que moi, mais dans d’autres circonstances, il l’aurait carbonisé avant même qu’elle ne pose une serre sur moi. Si tu ne m’avais pas arrêté plus tôt, oui. Tu prends des risques inconsidérés, seulement parce que c’est ton frère. Ca va nous coûter la vie, pas seulement une aile. Je fermai les yeux et pris une longue inspiration. Je savais qu’il avait raison. Il m’avait déjà renvoyé en plein visage que je le considérais encore comme mon frère. Ce traitre, ce paria. J’avais choisi de le protéger, alors qu’il ne le méritait pas. Et il devait penser la même chose de moi. Quelle ironie !

Je soufflai, mauvaise. « Mirage t’aurait déjà cramé, si je ne l’avais pas empêché. Alors arrête de frimer ! » Comment Bastien s’y prenait-il pour m’énerver toujours à ce point ? J’aurais eu mon bouclier sous la main que je l’aurais envoyé valser contre son petit crâne pour lui remettre les idées en place. J’écarquillai les yeux, surprise. « Je ne suis pas seule. » Le vieux dragon poussa mon bras du museau, et je lui flattai les naseaux en retour. Non, mourir ne me faisait pas vraiment peur, si Mirage était à mes côtés. Avec lui, je me sentais capable de tout. « Et puis qu’est-ce que ça peut te faire, la façon dont je peux mourir ? J’ai choisi d’être là. » J’avais choisi d’être Chevaucheuse. J’avais choisi de me battre. J’avais ôté tellement de vies, parmi ses frères d’armes… Il le savait pertinemment, non ?

Oui, il le savait. Lui aussi avait fait ce choix, et il le clamait avec bien plus de férocité que moi. Parce que c’était la guerre. « Et ça te paraît normal ? Alors termine ce que tu as commencé, si c’est le cas ! » Mais Bastien ne le ferait pas. Il avait déjà raté plusieurs occasions d’en découdre. « Pourquoi tu te bats, Bastien ? » Le savait-il seulement lui-même ?

J’étais méfiante, à le dévisager comme si une mouche venait de le piquer. Il me proposait sérieusement son aide ? Et… C’était un mouchoir, qu’il venait de sortir de sa poche ? Je le dévisageai, subitement confuse, quand la griffonne s’approcha à nouveau de moi pour m’insinuer quelques images évocatrices… Je lâchai un hoquet de stupeur, puis plaquai une main sur ma bouche alors que le rouge me montait aux joues. « Oui, c’est mon… Compagnon. » Je détournai le regard, subitement gênée. Ma vie amoureuse était bien la dernière chose que je souhaitais évoquer avec mon frère. Je changeai de sujet, craignant de rester mortifiée sur place. « Il est serti d’émeraudes, avec des lames rétractables. Inimitable. » Je rangeai ma lame dans son fourreau et refermai mes bras sous ma poitrine, tandis que Mirage déployait son aile valide au-dessus de ma tête pour me protéger de la pluie. Retournons à la grotte, pour le moment. J’emboîtai le pas du dragon d’émeraude qui abondait dans le sens de Bastien. Je risquais quelques regards vers mon frère, sans savoir quelle conduite tenir avec lui. « T’as pas besoin de faire ça, tu sais. Rien ne t’empêche de simplement repartir… »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 23 Aoû - 21:19

Dire que l’ambiance est atypique serait un doux euphémisme. Je n’ai pas souvenir d’avoir jamais été aussi tendu de mon existence alors qu’Ortie fait comme si tout allait bien. Il faut dire que le dragon de ma sœur ne m’a pas encore brûlé vif, je suppose que je dois voir cela comme un signe de… de quoi au juste ? De paix ? N’exagérons rien. Parlons d’une trêve temporaire, le temps de comprendre ce qui se passe. Et ma griffonne qui continue son petit jeu. Je ne peux pourtant pas m’empêcher de sourire à la remarque de ma cadette, précieux petit rayon de soleil dans cette journée morne. Ou quelque chose dans ce goût-là.  Sauf qu’il fait nuit. Enfin, qu’importe. Je souffle, effleurant les plumes d’Ortie, soudain songeur. « C’est un terme qui ne lui va pas du tout. Elle est tout sauf simple. » Je ne cherche même pas à cacher l’affection qui me vient spontanément alors qu’elle relève le bec fièrement.

Quand ma chère sœur adorée reprend, je lève les yeux au ciel avant de hausser les épaules. « Reconnais quand tu es en difficulté tout de même. Il aurait pu me cramer comme tu le dis si bien. J’aurais pu te viser et tirer avec mon arbalète il y a quelques minutes à peine. La visibilité est déplorable mais je suis doué. » Contrairement à ce qu’elle pourrait penser. Enfin, qu’elle pense sûrement plutôt. Peu importe, je n’ai pas de comptes à lui rendre. Heureusement d’ailleurs. Je soupire longuement alors qu’elle continue. « C’était une figure de style petite sœur, pas la peine de prendre la mouche. Enfin de la prendre davantage. Encore que, c’est possible ça ? » Je penche la tête vers elle, me faisant curieux, comme si j’examinais une performance artistique des plus incongrues. Avant de grincer des dents au reste de ses propos. « J’ai aussi choisi d’être là. Il va falloir t’y faire sinon la discussion risque de devenir particulièrement agaçante. »

Mon regard se plisse et je laisse filer un silence avant de reprendre, brusquement plus sérieux. « Est-ce la guerre me semble normale ? Non. C’est une aberration. Mais elle est là et il nous faut faire avec. Et avec les armes en notre possession. Je ne suis pas dans la tête de nos dirigeants pour comprendre le pourquoi du comment. Je fais ce qu’on me dit. » Sauf que nous savons tous les deux que je ne lui ferais rien. Pourquoi ? J’ai environ un million de raisons toutes aussi bancales les unes que les autres, inutile de m’appesantir de nouveau sur le sujet non. Je suis là et je ne pourrais jamais lui faire de mal, point. A sa question, j’ai un sourire sans joie et je la toise un instant avant de rétorquer, amusé. « Tu veux vraiment une réponse ? Ou c’est uniquement pour pointer de nouveau du doigt ce que tu appelles trahison ou je ne sais pas quoi dans le même genre. Enfin... » Je soupire avant de reprendre. « Si ça t’intéresse, je me bats pour ceux qui m’importent. Pour ceux qui m’ont accepté et qui ne me regardent pas avec hargne ou déception. Pour un duché plus tolérant et accueillant qu’aucun autre endroit que j’ai pu voir jusque-là et… enfin… on s’en moque non ? Ce n’est pas comme si toi tu allais me dire pourquoi toi, tu te bats. »

Je secoue la tête, comme pour évacuer ces pensées un rien dérangeantes qui me traversent l’esprit, tout aussi idiotes que mon idée de lui donner un mouchoir trempé pour sécher des larmes qui me laissent passablement perplexe. Et un rien désemparé, autant l’avouer. Mais je ne peux pas m’empêcher de tousser un rire quand elle rougit et qu’elle détourne le regard. « Et oui Ortie, tu as visé dans le mille. » Elle cille, continuant de la fixer, curieuse. « Je suis épaté que tu trouves quelqu’un à supporter et que tu trouves assez bien pour toi. Mais grand bien te fasse va. En émeraude et avec des lames rétractables ? Et bien, il ne s’est pas moqué de toi on dirait. » Un claquement de langue en direction d’Ortie qui hoche la tête et s’envole avec une rapidité impressionnante, surtout au vu des conditions climatiques. Et je soupire de nouveau quand elle darde un regard vers moi. « Et rien ne m’empêche de rester. Sauf si tu le refuses expressément. Vous avez besoin de souffler, d’un peu de repos. Et si des voltigeurs patrouillent dans le coin, je le saurais. Je pourrais trouver des excuses pour vous faire gagner du temps. Et par tous les dieux, ne me demande pas pourquoi je fais ça, sinon je vais avoir envie d’encastrer ta petite tête contre la paroi de la grotte. » J’avance d’un bon pas, regardant autour de moi, l’arbalète de nouveau entre les mains, arborant un visage plus sérieux et attentif que celui qu’elle a jamais pu connaître. Et je souffle, alors que nous nous rapprochons de la grotte. « Tu comptes me laisser t’examiner ? Ou là encore, je vais devoir mener une bataille acharnée pour m’assurer que tu ne vas pas te vider de ton sang ? En plus de finir noyée par cette pluie battante bien entendu... » Je me retiens d’une nouvelle pique sur son … Compagnon donc. J’espère qu’elle notera l’effort.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Lun 27 Aoû - 23:11

La complicité entre eux deux était visible, déroutante même. Bastien, faire des compliments ? Ou même seulement faire preuve d’affection envers quelqu’un d’autre ? C’était l’amour fou, même. Je l’envierais presque. Quoi ? Je lançai un regard sidéré au dragon, mais mon frère redevint rapidement le même crétin que j’avais l’habitude de côtoyer. Je soufflai entre mes lèvres, dédaigneuse, alors qu’il me demandait de reconnaître qu’il m’avait mise en difficulté… Moi, vivante, jamais de la vie !

J’avais envie de l’étrangler. Je ne trouvais aucune raison valable qui me pousse à supporter sa présence plus longtemps… Mais je préférais ne pas répondre pour ne pas lui donner raison quant à ma prétendue susceptibilité. Bien, très bien. S’il n’était pas prêt à revenir sur ses positions, moi non plus ! Je ne comprenais toujours pas ce qui avait pu le pousser à rejoindre le camp adverse, en sachant pertinemment que nous pourrions nous retrouver dans une situation pareille, et devenir aussitôt traître à nos deux camps si nous ne cherchions pas à nous entretuer comme il convenait de le faire. Et voilà qui me sortait son laïus sur… La guerre, c’est la guerre. Je lâchai d’un ton ironique : « Quel bon petit soldat tu fais, Bastien. J’aurais dû me douter que tu ne réfléchirais pas plus loin. » La guerre n’était pas une aberration, elle était une simple conséquence indésirable, suite à la libération des magies et savoirs perdus, du retour de l’Ordre et… Ah, il ne m’écouterait pas de toute façon. Je me passais une main sur le visage, en agitant lentement la tête.

Puis je me figeai, alors qu’il cessait de faire preuve de mauvaise foi ou d’un manque d’esprit flagrant, m’exposant réellement ses raisons. Ils se battaient… Pour ceux qui l’avaient accepté ? « Tu cherchais ta place ? Je pensais qu’elle était toute trouvée, vu comment tu te comportais comme le pire des idiots avec moi, à me rabâcher sans arrêt que je devais aider la famille… » Je me retournai, le pointant d’un doigt accusateur. « Non mais vraiment, tu t’es regardé ? T’étais bien placé pour me faire la morale ! Celui que tu cherchais le plus à convaincre, c’était surtout toi ! » Je n’avouerais pas à quel point je pouvais comprendre le sentiment qui avait dû l’étreindre, parce que vu à quoi ressemblait mon duché d’accueil maintenant… Ca me faisait mal d’y penser. Je ne m’étais pas attendue à ce qu’il me retourne la question. J’étais encore bien trop sur la défensive pour lui sortir une réponse sincère. Je soufflai, agressive : « Je suis le dernier écrin du Pion Noir. Ca ne te suffit pas ? » Mais ma colère dissimulait mal ma propre peine, ma propre confusion. « Je me battais pour un idéal aussi illusoire que la paix. J’ai pris tant de vies avec Aïfa, pour une cause maintenant perdue. » Mais autrefois, ma petite, tu te battais avant tout pour la considération, pour l’ambition. Un temps qui me paraissait si lointain… Et des motivations pas si éloignées de celles de Bastien. Je lançai un regard troublé au dragon, puis à mon frère, vers qui il avait étendu sa pensée.

Sauf qu’il ne lui fallut pas longtemps pour se montrer à nouveau insupportable… Je me retournai vers lui, furieuse, tranchant subitement avec toute tentative de moquerie. « On l’appelle l’Increvable, et pas sans raison. Personne ne peut le vaincre, même pas moi. Et toi, il prend ta tête dans sa main et la broie d’un coup. Compris ? » Bon, je n’étais pas certaine qu’il sache en faire autant, mais j’allais lui rentrer dedans s’il persistait… Mais voilà qu’il jouait subitement les frères protecteurs ! J’ouvris la bouche pour répondre, mais il coupa net à toutes protestations. Je le dévisageai, avec l’impression subite d’être repartie des années en arrière.

Je marchai d’un bon rythme, une main posée sur l’épaule écailleuse de Mirage. Le dragon louvoyait entre les rochers comme un véritable serpent, en territoire connu. Lui parfois si pataud au sol se révélait très gracieux dans ces montagnes qui constituaient son terrain de jeu depuis des siècles. Nous n’eûmes aucune peine à retrouver la cavité qu’il avait quittée un peu plus tôt, et l’Emeraude se glissa en rond à l’intérieur, étendant son aile valide au-dessus de nos terres, l’autre repliée dans un angle étrange. Je secouai la tête, quand Bastien me demanda de m’examiner. « Arrête, je ne suis pas en sucre. » Je fis le tour de Mirage, m’arrêtant près de son aile tordue pour l’examiner, sous son regard vigilant. « C’est cassé, on dirait, Mirage. Je n’ai rien pour te faire une attelle ici, mais on pourra aller à Roc-Epine demain, avant l’aube, d’accord ? » Il acquiesça, de sa lourde tête, sans un mot. Je caressai son museau, le regard brillant. « Je suis… » Ne t’en fais pas, ma petite. J’ai compris que tu tenais à lui. « Mais si seulement je n’avais pas cherché à te faire dévier… T-tu aurais pu finir comme le griffon d’Octavius. » N’y pense plus. Mirage coula son regard vers mon frère, d’une lueur intense. Veille sur elle. Puis il replia ses ailes et ferma ses lourdes paupières, exténué par sa blessure, poussant un profond soupir draconique, à l’odeur habituelle de souffre. Je me pressai contre lui dans une dernière étreinte avant de le laisser se reposer. Un nouveau reniflement pitoyable ponctua mon retour auprès de Bastien, enserrant mes jambes de mes bras, sans vraiment oser le regarder.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Mer 29 Aoû - 11:12

Très franchement, je me moque bien de ce que Maelys peut penser de ma relation avec Ortie. Je ne cherche ni à la cacher ni à la travestir pour éviter de lui montrer à quel point cette carne de griffon est devenue importante pour moi. Qu’elle fasse bien ce qu’elle veut de cette information, Ortie est trop précieuse pour que je joue avec elle. Evidemment, cela ne dure pas et elle se fait encore et toujours plus agaçante à mesure que passent les secondes. Je me demande si elle est comme ça avec tout le monde ou si j’ai juste droit à un traitement privilégié.

Enfin, qu’importe. Je me fends d’un sourire à sa répartie ironique avant de souffler, sur le même ton qu’elle. « Et toi, tu es comme tout le monde, tu te contentes de la réponse toute faite sans chercher plus loin. Tu ne veux pas savoir ce que je pense de tout ça en vrai, alors ne fais pas mine d’être offusquée parce que j’ai sorti quelques phrases toutes faites. » Et je soupire avant de lui jeter un regard en coin. En fait, toute notre relation est basée sur ça. Sur cette incompréhension et ce refus de chercher plus loin. Oh, je suis tout autant en tort qu’elle, ça je veux bien le reconnaître. Tout comme j’aurais probablement pu inverser la donne lorsqu’il était encore temps. Mais elle ne m’aide en rien à se faire aussi arrogante et sûre d’elle. Sans bien savoir ce qu’il en est réellement de mon côté. Autant dire que c’est passablement agaçant.

Je ne devrais probablement pas en dire autant d’ailleurs. Et je pique du nez à sa réaction, les mâchoires serrées. « Tu penses beaucoup trop Maelys, c’est bien le problème. Enfin, l’un des problèmes. Tu ne t’es jamais demandé pourquoi je rabâchais autant tout cela ? » Je louche sur son doigt, stoïque, sachant pertinemment que, dans le fond, elle a raison. Et j’ai un sourire amusé. « Et donc ? Ça change quoi de toute façon ? Tu ne m’as jamais écouté et tu n’en as toujours fait qu’à ta tête. Je n’ai jamais réussi à trouver ma place dans cette foutue famille et je l’ai trouvée ailleurs. Que ça te plaise ou non il y a des gens qui semblent m’apprécier. Oui, je sais, c’est surprenant. » Et que je les apprécie tout autant en retour aussi, mais c’est un détail que je n’ai pas envie de soulever dans l’immédiat. Mon sourire se fait plus large alors qu’elle reprend et me donne un semblant de réponse. « Oh, bien évidemment. La grande Maelys et ses causes justes. Tu es encore un meilleur soldat que moi en fait et… » Je m’arrête lorsque j’entends la pensée de son dragon, arquant un sourcil alors que mon regard passe de l’un à l’autre. « Pour de la considération ? Vraiment ? Tu n’en avais pas assez à la maison ? Et qu’est-ce qui t’a fait passer de l’ambition à la cause perdue ? » Je suis curieux, j’avoue, même si je gage que je ne vais pas tarder à me prendre un coup en réponse.

Et parler de son compagnon est nettement plus amusant. Je laisse filer un ricanement à sa réaction avant de souffler, d’un ton léger. « Je dois avoir peur ? Non parce qu’il doit m’écraser la tête, qu’il fasse la queue, il n’est ni le premier ni le dernier à m’en vouloir. Après tout, les gens importants ont beaucoup d’ennemis, ou quelque chose dans le genre. » Imbus de moi-même ? Pas du tout. Mais je sais qu’elle va s’agacer davantage et c’est amusant. Autant s’occuper avec ce temps affreux non ? D’autant que je ne lui laisse pas vraiment l’occasion de protester alors que nous prenons la route, Ortie m’envoyant de temps à autre des images de ce qu’elle voit. Autant dire pas grand-chose, ce qui n’est pas pour me rassurer de la voir voler par un temps pareil.

Arrivé devant la grotte, je reste en retrait alors que le dragon s’installe et je soupire de plus belle à sa réaction. « Si tu étais en sucre, tu aurais fondu sur le chemin et j’aurais enfin la paix. Même si Ortie se serait surement roulée dans tes restes et j’aurais passé plusieurs jours à nettoyer ses plumes. Donc laisse-moi regarder. Je ne suis pas totalement incompétent. » Je croise les bras alors qu’elle s’occuper de Mirage, fronçant les sourcils aux paroles du dragon. Tenir à moi ? La bonne blague. Pourtant, je ne dis rien et je me contente de la regarder quand elle revient s’assoir vers moi. Je finis par détourner les yeux et par souffler, sans bien savoir à qui je parle, si c’est à elle ou à son dragon. « Je ne sais pas ce que je ferais s’il arrivait quelque chose à Ortie. Ce lien-là, c’est juste… » Je me tais, à court de mots, alors que ma griffonne a l’air de sentir mieux que moi mes propres sentiments et qu’elle m’envoie des images de nous deux en train de voler par un temps radieux. J’ai une ombre de sourire avant qu’elle ne m’envoie une nouvelle image. « Elle a retrouvé ton bouclier. Ou un truc super brillant qui ira très bien dans ma chambre. »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 6 Sep - 22:50

Voilà qu’il se donnait à nouveau des grands airs, alors qu’il n’avait jamais été capable de fournir une réflexion réellement approfondie, cet idiot. Il se contentait toujours de faire ce qu’on lui disait, si bien que sa rébellion était étonnante. Il était réellement parti de son plein gré du cocon familial, en claquant la porte, peu de temps après moi. De ma part, ça n’avait étonné personne… Mais lui ? Au final, rien n’avait vraiment changé. « Arrête de faire croire ce que tu n’es pas, Bastien. Je t’ai posé une question, et comme toujours, tu fais des réponses toutes faites. Ne fais pas comme si ce n’était pas habituel chez toi. Ca a toujours été plus simple à tes yeux de rentrer dans le moule, de faire comme on attend de toi. » Qu’il était arrogant et sûr de lui, pour quelqu’un qui se contentait de foncer droit dans le mur… Je devais lui donner combien de temps d’espérance de vie dans cette guerre ? En même temps, la mauvaise herbe était toujours la plus compliquée à déraciner, non ?

Et il continuait en plus ! C’était possible de s’entêter à ce point, quand on savait à quel point on agissait comme un crétin ? Mais comment faisait-il pour se supporter lui-même en fait ? Je roulai des yeux, sidérée par son discours. Il me sortait maintenant le parfait couplet sur le manque de reconnaissance… « Je sais très bien pourquoi tu rabâchais tout ça. Tu voulais une famille fonctionnelle. Tu as échoué, et maintenant, tu reproduis le même schéma ailleurs avec d'autres… Tu feras tout pour eux, même prendre les armes contre ta propre sœur, si seulement ça peut t’assurer d’être regardé, admiré. » Il ne m’a jamais aimé, sans doute parce que je ne le regardais pas en l’idolâtrant comme les petites sœurs le font généralement avec leur grand frère. Il n’a pas cessé de vouloir me changer, pour que je colle à l’image qu’il se faisait de moi, que toute la famille voulait se faire de moi.

J’aurais dû me douter qu’il se moquerait des idées que je défendais. Et si d’habitude, je n’aurais eu aucun mal à lui trouver une réplique bien sentie en réponse, il ne me restait maintenant plus que l’absence cruelle d’Aïfa dans mon esprit et tant de questions laissées en suspens. « Vous vouliez simplement faire de moi ce que je n’ai jamais été. Je trace ma propre route maintenant. » Je le fixai subitement, le regard brillant, élevant la voix sans même y penser. « Et peu importe si je fonce dans le mur, au moins j’avance ! » Je savais ce que je voulais, et ce que je ne voulais plus. Et Bastien faisait partie de ce que je ne voulais plus. J’avais rejeté avec tellement de hargne cette famille, cet avenir morose qu’on me dessinait, pour suivre mes rêves de grandeur… La magie n’avait fait que me donner raison, quand elle s’était révélée à moi. Je valais mieux que ça. Je valais mieux qu’eux, et que lui.

Je soufflai avec dédain quand il se moqua subitement de mes menaces. Il ferait moins le malin, face à Octavius. Il devait bien le dépasser de deux bonnes têtes et faire deux fois son poids en muscle. Bastien était taillé comme Mayeul… Un Voltigeur que je pouvais envoyer dans le ciel par la pensée, si l’envie me prenait de voir à quel point ils savaient voltiger. Ils étaient fins, légers. Taillés pour le vol, dans tous les sens du terme.

« Tu veux bien arrêter de dire n’importe quoi ? » J’étais sûre qu’il se croyait drôle en plus, à extrapoler mes paroles. Il arrivait seulement à se montrer encore plus agaçant que d’habitude. Qu’il regarde mes blessures, si ça l’amuse… Mais je n’étais plus une gamine. J’avais mal partout, mais je survivrais. « C’est rien. Ce sera jamais pire que quand on m’a coupée tous les doigts de la main… Ou pire, quand on les a fait repousser. La douleur, je supporte. » Et il était totalement incompétent. Ca m’étonnerait qu’il ait fait des études de médecine sur son temps libre. Je le dévisageai donc avec scepticisme, encore plus quand il se fendit de quelques paroles quant au lien que nous partagions en tant que chevaucheurs des cieux. Comprenait-il seulement ce que j’avais mis en péril, juste pour le sauver, lui ? J’avais déjà une vague idée de ce que serait l’existence sans ce lien, avec Octavius. Mais lui… Il était incroyablement fort. Moi, je n’étais pas sûre de me relever d’une telle perte.

Je me redressai subitement, quand Bastien m’avertit que sa griffonne avait retrouvé mon bouclier. « Sérieusement ? Où ça ? Je vais le chercher ! »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Mar 11 Sep - 13:38

Je me fends d’un sourire à ses propos, comme si ce qu’elle disait ne me touchait pas le moins du monde. Et j’arrive à me persuader que c’est le cas. Après tout, elle a déserté la maison, en quoi son jugement aurait-il la moindre valeur à mes yeux ? « Tu n’écoutes pas quand je fais de vraies réponses petite sœur. Pourquoi devrais-je me fatiguer à essayer de casser cette image que tu as de moi ? Qu’aurais-je à y gagner ? Tu serais toujours aussi méprisante et insupportable. Quant à rentrer dans le moule… » Je lève les yeux au ciel, non sans parvenir à cacher mon agacement. « Crois ce que tu veux. Comme toujours. Tu ne sais de ma vie que ce que je veux bien te raconter et tu tires des conclusions sans réfléchir. » En vérité, nous avons dépassé depuis longtemps le stade de l’incompréhension. Je pourrais dire que je ne sais pas lequel des deux déteste le plus l’autre mais, à voir son regard furibond j’ai une réponse qui me vient assez facilement.

Mais elle arrive tout de même à m’agacer et cette petite peste me porte décidemment de plus en plus sur les nerfs. J’inspire longuement à sa réplique, retenant les propos peu amicaux qui me viennent. Je me contente de souffler, d’une partagée entre la colère et la lassitude. « Evidemment, j’ai pris les armes uniquement pour te contrarier. Sans compter sur le fait que c’est forcément ta cause qui est juste. Pas une autre. Oublie ce que j’ai dit quand j’ai affirmé que tu réfléchissais trop… en vérité, tu devrais plutôt apprendre à réfléchir avant de parler. Ou alors, j’espère que ce n’est qu’avec moi. » Petite idiote.

Et je me contente d’agiter une main en l’air quand elle me parle de tracer sa propre route. Grand bien lui fasse, tant qu’elle arrête de croire que je construis la mienne uniquement pour la contrarier. Qu’elle se croit plus brillante ou qu’elle se persuade que ses idéaux valent mieux que les miens. En vérité je m’en moque. J’essaie surtout de me concentrer pour éviter de lui retourner une gifle parfaitement méritée mais qui me vaudrait probablement de me faire dévorer en deux coups de crocs par son animal de compagnie géant. Mais j’esquisse tout de même un sourire quand elle se contente de se faire dédaigneuse à mes moqueries sur son compagnon. Que je plains soit-dit en passant. Mais il parait qu’il en faut pour tous les goûts.

« Je me mets à ton niveau petite sœur. Tu dis n’importe quoi, j’en fais de même. Et grand bien te fasse de supporter la douleur. Si tu meurs de la nuit parce que tu as une hémorragie ou quelque chose dans ce goût-là, préviens au moins ton dragon que je me décline de toute responsabilité parce que tu es trop bornée pour me laisser regarder. » Je lève les yeux au ciel. Je ne suis certes pas médecin mais j’ai pris suffisamment de coups pour savoir quand une côte est fêlée ou brisée, quand des os sont déplacés ou quand il y a des chocs. Mais qu’elle continue à n’en faire qu’à sa guise, elle me fatigue trop pour que j’aie envie de lutter encore. Je la toise quand même un instant avant de reprendre. « C’était juste pour m’impressionner ton histoire de doigts coupés ? Ou pour me rappeler à quel point la magie est supérieure à la science, blablabla… »

Le pire ? C’est qu’elle serait presque attendrissante dans sa relation avec son dragon. Et qu’elle me renvoie à mon propre lien avec Ortie. Que je n’aime pas savoir sous cette tempête, à chercher un fichu bouclier dont je me moque comme de mes premiers souliers. J’aurais mieux fait de la laisser se perdre sous la pluie. Pourtant, ma griffonne m’avertir qu’elle a atteint son but. Mais je lève une main en direction de Maelys quand elle se relève brusquement « Non. Tu ne sors pas de là. Elle s’est déjà mise en danger pour te rendre service, hors de question d’en rajouter en te précipitant vers elle. Il y a de l’agitation sans que nous arrivions à savoir pourquoi. Alors, pour une fois dans ta vie, tu m’écoutes et tu attends. Elle ne va pas tarder. » La sécurité d’Ortie est déjà mise à mal parce que je lui ai demandé d’aller chercher ce bouclier et j’espère que ça, Maelys en est consciente à défaut du reste. Et je m’assois à l’entrée de la grotte, scrutant l’horizon alors que j’essaie de ne pas me montrer trop inquiet pour ma griffonne. Je sens pourtant mes mâchoires qui se contractent, quand bien même sa présence est toujours aussi vivace.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 13 Sep - 22:32

Méprisante et insupportable. Je fulminai, de rage. Et comme d’habitude, il se défilait en se faisant passer pour meilleur que moi, blanche colombe qu’il n’était pas. C’était sa technique de repli habituel quand il manquait d’arguments pour étayer ses accusations. Et c’était moi qui n’écoutais pas ? J’aurais dû lui rompre le cou quand l’occasion m’avait été laissée ! Tu as encore changé d’avis ? Je maugréai des propos incompréhensibles, sans répondre à ce Mirage malicieux qui s’amusait tout autant avec mes sentiments. Il ne perdait rien pour attendre, lui non plus.

Et Bastien ne s’arrêta pas là, reprenant d’un ton las, en me traitant à demi-mots d’ignorante imbécile. Et subitement, je n’y tins plus à l’entendre. Je me relevai d’un bond, furibonde, et dans un cri d’une fureur meurtrière, le gratifiait d’un petit tour de magie qui arriverait peut-être à lui remettre les idées en place… La tête à l’envers ! Je maintenais ma magie de lévitation que sur une seule de ses chevilles pour lui laisser tout le loisir de se débattre – et de se tourner en ridicule – a à peine un mètre du sol. Je croisai les bras, relevant le menton avec une moue boudeuse. Il avait intérêt à s’excuser ! Je fis semblant de tendre l’oreille, à la moindre protestation. « Tu as quelque chose à me dire ? Oh… J’oubliais ! » Je partis d’un rire moqueur, en ouvrant les mains. « Je n’écoute pas. Je tire les conclusions que je veux ! »

Je m’écartai de lui, le laissant pendre dans le vide. Je retournai entre les pattes de mon dragon pour lui darder un regard méfiant et mauvais, sous le grondement rauque – un rire semblait-il – du dragon d’Emeraude. Tu ferais mieux de descendre d’un ton, mon petit, si tu veux espérer descendre tout court. Son museau me poussa dans le dos, comme pour m’inciter à sortir de son giron. Laisse-le, ma petite. Tu ne t’es pas donnée tout ce mal pour rien, non ? Et s’il peut se rendre utile… Lui aussi, s’y mettait ? C’était juste parce que Bastien venait de sous-entendre à demi-mots que je pouvais être salement blessée, et que ce gros lézard s’inquiétait inutilement. « Oh, ça va… » Qu’il s’occupe de son aile plutôt ! Je n’avais pas la moindre idée de comment nous allions pouvoir nous sortir de ce faux-pas. Si seulement je pouvais contacter Thomas…

Je n’allais pas sortir. Je ne comptais pas nous mettre inutilement en danger, alors que Mirage était dans un sale état… Et que je m’étais donnée tant de mal à garder cet abruti suffisant en vie. Je chancelai en avant et me laissai retomber lourdement au sol. La fatigue, rien de plus. J’avais connu pire… Je ne l’avais pas dit pour me vanter ! J’étais certainement encore capable de le maintenir dans cette position inconfortable jusqu’à obtenir ce que je voulais vraiment entendre. Dans le cas contraire, il aurait de bonnes raisons de me traiter d'insupportable et bornée.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 27 Sep - 14:40

Mais sérieusement, que m’est-il passé par la tête quand j’ai décidé d’aller voir si elle allait bien ? J’aurais pu la laisser moisir toute seule au milieu de nulle part, vu son caractère cela lui aurait probablement fait les pieds. Elle m’insupporte comme jamais personne ne l’a jamais fait, d’aussi loin que je me souvienne. Et pourtant, j’ai eu besoin de m’assurer qu’elle était en vie, qu’elle allait bien. Probablement pour avoir encore quelqu’un qui soit la cible de mon agacement, je ne vois pas d’autre explication. J’essaie d’occulter le fait que ce n’est pas la première fois que je m’inquiète de ce qu’elle devient et de savoir si elle va bien, tout agacé que je suis à la voir maugréer des paroles auxquelles je ne comprends rien. « Sois plus audible si tu veux que j’entende quelque chose. Sinon ne te plains pas si je comprends les choses de travers. »

Bon, en vérité, elle ne s’est plainte de rien du tout. Et pourtant, plus elle aborde une mine furibonde, plus je souris. Parce que je sais que c’est quelque chose qui l’agace encore davantage que le reste, que ma simple présence. Qui pourtant doit passablement lui porter sur les nerfs. Et je suis sur le point d’en rajouter une couche quand je sens le sol se dérober sous mes pieds. J’écarquille les yeux alors que mon arbalète tombe dans un bruit assourdissant et je laisse échapper une bordée de jurons alors qu’elle éclate de rire.

Quelle sale petite teigne. Je croise les bras, la tête en bas, lui assénant un regard furieux. « Ah je confirme, tu tires vraiment les conclusions que tu veux. Et tu n’as tellement pas d’arguments que tu te réfugies derrière ta magie. Bravo, vraiment très mature comme attitude… Et tu ne fais que me donner raison comme ça. » Je secoue la tête, ignorant l’afflux de sang qui ne manquera pas d’arriver si je passe trop de temps de la sorte. Mais c’est sans compter les entrainements et les positions les plus improbables dans lesquelles je me suis déjà retrouvé. Et en plus, voilà qu’elle se réfugie vers son dragon, comme pour s’assurer qu’elle est hors de portée de possibles représailles.

Aux paroles dudit dragon, je me contente de soupirer longuement. « Comme si je pouvais espérer quoi que ce soit avec cette tête de pioche. Elle fera bien ce qu’elle veut, quoi que je dise. Juste pour prouver qu’elle est la plus … je ne sais quoi de nous deux. Grand bien lui fasse. Je ne cèderai pas face à une attitude aussi stupide. » Utiliser la magie pour prendre l’ascendant, voilà bien la seule chose qui pouvait faire disparaitre mon sourire en tout cas. Je continue de lui lancer un regard mauvais alors qu’elle se laisse tomber au sol. Qu’elle s’évanouisse tient, ce sera bien fait pour elle. Je renifle, agacé, alors que j’entends un bruissement d’ailes familier. Et je relève la tête, grimaçant et me contorsionnant pour essayer d’apercevoir quelque chose. « … sérieu…sement ! Tu vas … vraiment me … laisser… comme… ça ? » Je continue de bouger dans tous les sens alors qu’Ortie entre dans la grotte, les plumes trempées comme jamais. Elle laisse tomber lourdement le bouclier aux pieds de Maelys avant de pencher la tête sur le côté en apercevant ma position, sans bien savoir si elle doit voir ça comme une agression ou pas.

Son regard glisse sur ma cadette, à qui elle envoie des images des exercices de voltige auxquels je me suis déjà essayé. Elle est curieuse, tout simplement, se demandant clairement si je suis en train de faire de même, mais sans griffon. Sans vraiment attendre de réponse, elle s’avance vers moi, ses serres faisant un bruit de cliquetis sur la roche alors qu’elle m’assène un coup de tête affectueux. Je m’accroche un instant à son cou, tant pour réussir à remonter un peu que pour profiter de sa présence. Et je souffle à son attention. « Repose-toi ma belle, tu as été des plus efficaces. Si nous sortons de là, tu auras droit à un seau complet de pommes. » Elle relève le bec, envoyant à Maelys une image où elle me renvoie une pomme en pleine tête avant d’aller s’assoir non loin d’elle, ses grands yeux bleus continuant de la fixer avec curiosité. Elle se fend tout de même d’un regard en direction du dragon, s’attardant sur son aile cassée alors qu’elle semble plongée dans ses souvenirs, les images de griffons blessés se succédant les unes aux autres, comme si elle cherchait une solution. Avant que tout ne se fige totalement. « S’passe quoi Ortie ? »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 11 Oct - 19:14

Je lui avais coupé l’herbe sous le pied, au sens propre du terme. Je n’essayais même pas de dissimuler cet air satisfait, à lui avoir proprement coupé le sifflet. Bastien me dévisageait la tête en bas, son expression furieuse étant la meilleure récompense que je pouvais espérer. Il avait l’air tellement idiot dans cette posture que je ne pus pas m’empêcher d’en rire !

J’haussai un sourcil, l’air désinvolte, à l’entendre râler et me traiter d’immature. Il n’avait rien de plus croustillant en stock ? J’étais presque déçue. « J’espérais te remettre les idées en place, la tête à l’envers… Mais c’est peine perdue avec toi. » Je poussai un soupir suffisant, en détournant ostensiblement la tête. Je relâchai la pression une microseconde, juste assez suffisante pour lui cogner la tête contre le sol rocailleux. « Tête de pioche toi-même ! »

Je pouvais tenir longtemps, avec son poids de Voltigeur… Et lui ? Il allait finir rouge comme une tomate, à rester la tête en bas. Je n’avais même pas honte de moi. La griffonne choisit ce moment pour revenir. Je restais sur mes gardes, à me demander si elle allait fondre sur moi pour libérer son coéquipier de mon emprise… Mais elle n’en fit rien. Le bouclier d’Octavius tomba lourdement au sol et je m’exclamai d’un ton joyeux en la rejoignant : « Mon bouclier ! » J’étais tellement heureuse de le retrouver que j’enroulai mes bras autour de son cou, noyant mes mains dans son plumage. « Merci ! Merci infiniment ! » Et loin d’être en colère, la griffonne s’amusait plutôt de la situation, à se demander ce que mon crétin de frère pouvait fabriquer. J’étouffai un rire moqueur derrière ma main, sans lui répondre.

Les minutes passèrent, et Bastien me semblait avoir compris la leçon. Je n’eus bientôt plus à entendre ses interminables protestations, remplacées par un message véhiculé par Outreparole. Chevaucheurs de Lagrance ! Les conflits sont temporairement interrompus et la trêve hivernale est déclarée, ordre de l’Empereur, Gustave de Faërie. J’eus un sursaut de stupeur, relâchant brutalement la pression magique exercée sur mon frère, sans même m’en rendre compte. Le message se poursuivait. Les frontières initiales sont rétablies et les franchir est désormais interdit. Faites retraite immédiatement pour rejoindre les avant-postes les plus proches. Je restais abasourdie, le souffle court, avant de me rappeler subitement à la réalité.

« La Trêve… La Trêve est déclarée ! » Je portai deux mains devant ma bouche, les yeux embués de larmes, le soulagement se disputant à l’euphorie. Dans mon dos, les naseaux de Mirage soufflèrent, le grand dragon laissant retomber sa lourde tête contre ses pattes, plus vraiment tracassé. Les combats allaient s’arrêter ! Et mon frère… « On n’a… On n’a plus besoin de se battre ! On va pouvoir rentrer chez nous ! » Je me retournais vers Bastien, interdite, avant de me jeter à son cou sans crier gare, dans un cri de joie. Même si ce chez nous n'avait plus la même signification pour nous deux.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Lun 22 Oct - 15:27

Je pourrais dire que je suis agacé. Mais ce serait tellement éloigné de la réalité que cela ne vaut même pas la peine d’utiliser ce terme. Quelle sale petite teigne incontrôlable. Et on se demande ce qui m’énerve chez elle ? Vraiment ? Elle n’écoute rien, se moque de tout et elle est persuadée d’avoir toujours raison. Le pire des mélanges, surtout avec cette arrogance dont elle est capable. D’aucun soufflerait que c’est de famille, comme la liste de tous les défauts que j’énumère mentalement alors que j’ai la tête à l’envers. Mais je préfère ignorer cette idée comme le reste, tout occupé que je suis à pester contre elle. « Parle pour toi ! Je n’ai nullement besoin qu’on me remette les idées en place ! C’est à toi d’admettre que tu as une réaction totalement idiote ! » Je sais, je n’arrange en rien mon cas, mais je m’en moque. Ce n’est pas comme si elle allait changer d’avis parce que je lui demande.

Je laisse échapper une bordée de jurons quand ma tête touche le sol, me frottant le crâne avant de l’applaudir. « Oh quelle répartie pleine de maturité, je suis impressionné, vraiment. » Et je me demande vaguement combien de temps vais-je pouvoir tenir de la sorte. Un certain temps, certes, mais lequel de nous se fatiguera en premier ? Difficile à dire, nous sommes aussi obstinés l’un que l’autre. Même si elle est bien pire, à n’en pas douter. Je la toise, les bras croisés. Et autant dire qu’au vu de ma position, je ne dois pas vraiment lui faire l’effet escompté ce qui ne fait que m’irriter davantage. Mais j’ai tout de même un haussement de sourcils surpris devant la joie dont elle fait preuve, à serrer Ortie dans ses bras. Pour un peu, je la trouverais presque sympathique. Presque. Elle reste mon insupportable petite sœur évidemment. Toujours est-il qu’Ortie lui rend son étreinte à sa façon, attrapant une mèche de cheveux dans son bec avant de lui asséner une bourrade aussi douce que possible et de revenir vers moi. Je suis soulagé de la savoir en un seul morceau, même si Maelys continue de me suspendre dans les airs, sans se lasser.

Je finis par me taire, continuant de bouillir intérieurement, quand l’attitude d’Ortie capte mon attention. Elle me relaie des messages de paix, de fin de combat. Un message où elle vole joyeusement, sans qu’il y ait de bataille et où je suis tranquillement en train de manger – et de boire – dans une auberge. Je fronce les sourcils, passablement perplexe. Avant d’entendre Maelys. Et j’écarquille les yeux, ne réalisant qu’elle m’a lâché qu’au moment de toucher le sol avec une absence d’élégance que je me passerais bien de détailler. Je me relève et je fixe ma cadette, un rien hébété, sans vraiment comprendre ce qu’elle est en train de me dire.

Une trêve ? Vraiment ? Je ne me rends même pas compte que j’esquisse un sourire incrédule et qu’elle s’est jetée à mon cou. Je me fige quelques secondes, avant de souffler, dans un murmure. « C’est pas moi qui viens de prendre plusieurs coups sur la tête ? » Mais, sans réfléchir davantage, je passe un bras autour d’elle pour la serrer contre moi. Après tout, si nos deux royaumes peuvent faire une Trêve, même un instant, cela peut éventuellement fonctionner pour nous non ? Même si cela ne durera probablement que peu de temps. « Rentrer chez nous… en voilà une bonne idée. » Et j’ai un regard interrogatif en direction du dragon, me demandant s’il sera en état de reprendre la route rapidement ou pas.

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Dernière édition par Bastien Aigrépine le Dim 18 Nov - 17:40, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Mar 6 Nov - 19:21

En d’autres circonstances, je me serais certainement moquée de son air de merlan frit tout comme de son sourire idiot. Mais là, de suite, l’euphorie balayait toute envie de me montrer acerbe et désagréable avec mon grand frère. J’étais tellement heureuse que mon regard d’un noir profond s’était mis à luire comme deux cristaux d’onyx. Je me rendis compte, avec un temps de retard, que c’était bien mon frère que j’enserrais là de toutes mes forces. Lui ne manqua pas de me le signaler. Je grondai, râlant aussitôt : « Oh, tais-toi ! » C’était mieux, quand il se taisait. Vraiment.

Je sautillai presque sur place, quand il me rendit mon étreinte. Je défis la mienne après un temps, satisfaite, pour me ruer au cou de mon gros dragon cette fois. J’entendis un profond soupir me répondre. Quel râleur, celui-là aussi ! Et on médisait de moi après ? Je vais pouvoir dormir quelques jours ici, si je comprends bien. « Quoi ? Non, pas question ! On doit aller à Roc-Epine maintenant, tu pourras te faire soigner là-bas. Si le message est bien passé dans les deux camps, il y aura pas de problèmes… Non ? » Un nouveau soupir, charriant l'odeur du souffre, me répondit. Je me retournais vers mon frère et sa griffonne, comme attendant une confirmation de leur part. Je réalisais encore à peine ce qui venait de se produire cette nuit… La guerre était finie ! Et j’avais manqué de tuer mon frère quelques heures auparavant, le Destin avait vraiment le sens de l’ironie.

« Tu… Tu nous accompagnes ? » On aurait dit que l’idée avait fait son tour, dans sa tête de pioche aussi. J’esquissai un sourire presque triste, à l’entendre reprendre mes paroles. « C’est où, chez toi, maintenant ? » Je savais que ces mots n’avaient plus vraiment la même signification pour lui et moi. Je ne pensais pas que ce simple constat me ferait un tel pincement au cœur. Je m’étais tellement efforcée de le haïr et de le mépriser que je ne m’étais pas rendue compte à quel point cette colère n’était que le reflet de ma propre tristesse, celle de l’avoir perdue.

Je pris une longue inspiration, secouant la tête vivement pour me remettre les idées en place. Je n’avais pas envie de faire preuve de davantage de sentimentalisme devant lui, Bastien serait capable de s’en servir contre moi. Ennemi ou pas, il restait ce grand frère insupportable qu’il avait été. Je récupérai mes affaires en toute hâte, vérifiant rapidement que les lames rétractables de mon bouclier fonctionnaient encore. Je rendis un sourire de circonstance à mon frère, qui devait être ravi de me voir jouer avec une arme bien plus mortelle qu’elle n’en donnait l’air au premier abord, puis l’accrocha ensuite dans mon dos comme si de rien. « Bastien… Je sais que la Trêve ne va pas tout résoudre. Mais il y a un espoir, pas vrai ? J’ai seulement besoin d’emmener Mirage en sécurité, pour qu’il se fasse soigner, et… Et tu pourras repartir, comme si de rien n’était. »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Dim 18 Nov - 17:40

C’est fou de voir comme tout peut basculer en quelques mots, en quelques instants. Il suffit d’un rien pour que le monde semble enfin retrouver la raison alors que nous étions tous les deux cachés dans cette grotte humide à ne pas vraiment savoir quoi faire. Comme s’il avait fallu que nous nous retrouvions dans une situation totalement improbable pour pouvoir prendre l’entière mesure de ce qui vient de se passer. Ou alors, c’est juste moi. Le fait d’apprendre qu’il y a enfin une Trêve alors que je suis avec ma sœur a quelque chose de totalement surréaliste en vérité. Tout autant que le fait qu’elle soit en train de me serrer dans ses bras. Ou que je sois en train de lui rendre cette étreinte. La première depuis des années. Je ne peux m’empêcher de sourire largement quand elle râle et qu’elle m’invective, me contentant de me pencher et de l’embrasser sur le sommet du crâne en réponse.

Et je la regarde sauter au cou de son dragon, sentant le souffle d’Ortie dont le bec se pose sur mon épaule. Je l’effleure avec douceur, grimaçant tout de même aux échanges entre ma sœur et la bestiole géante. Avant de répondre, avec précaution. « … je ne sais pas Maelys. Peut-être que certains voudront faire du zèle et être les derniers à faire tomber un ennemi. Vous êtes célèbres et vous ramener, morts ou vifs, serait particulièrement bien vu pour certains. Laisser passer un ou deux jours serait peut-être plus raisonnable. Mais si vous préférez partir tout de suite, je peux vous escorter pour éviter des risques supplémentaires. Si vous le voulez bien. » Je n’ai pas envie de la laisser ici et de ne pas savoir qu’elle sera en sécurité. Je sais, c’est idiot, elle est plus que capable de se défendre toute seule, elle me l’a déjà prouvé à plusieurs reprises. Mais je peux difficilement me défaire de cette mauvaise habitude. Même des années à ne plus lui parler et me battre contre elle n’y a rien changé.

Je fronce les sourcils au reste de ses propos, laissant filer un silence à sa question. « Chez moi ? C’est... » Et je tousse un rire avant de hausser une épaule. « Je n’en ai pas la moindre idée Maelys. Euphoria probablement, là où sont mes proches. Là où est Ortie la majeure partie du temps. Mais je n’ai pas de maison ou quoi que ce soit dans ce goût-là. » Pour un peut, cela sonnerait presque pathétique. Mais j’aime cette vie que je mène depuis que j’ai quitté le giron familial, quand bien même cela n’a fait qu’accentuer le gouffre qui nous séparait déjà tous les deux. « Et toi, c’est où chez toi ? Avec ton compagnon ? » Je n’arrive même pas à être ironique dans ma question. Je suis vraiment curieux, même si je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur moment pour cela.

Je la regarde alors s’affairer, laissant échapper un sifflement admiratif quand elle joue avec son bouclier. « Impressionnant petite soeur. Et tu as encore tous tes doigts malgré tout. Tu es plus douée que je l’aurais cru. » Mais, à ses questions, je retrouve mon sérieux alors qu’Ortie s’approche doucement d’elle et frotte son bec contre son épaule avant de trottiner vers l’extérieur. J’esquisse un sourire avant de souffler, avec un sourire même si mon regard se fait brillant. « Tu parles pour nous deux ou pour le continent tout entier ? Pour ce qui est du continent… on ne sait pas d’où vient cette Trêve ni ce qu’elle implique. J’ai envie de croire que les choses reviendront à la normale, que la situation pourra être résolue sans que d’autres y perdent la vie. Et on peut dire que si nous avons réussi à passer la nuit sans nous entre-tuer, c’est plutôt bon signe non ? » J’avise Mirage un instant avant de continuer, d’un ton bougon. « Je ne pourrais pas repartir comme si de rien était. Tu pourras toi ? » Je sais, je tends le bâton pour me faire battre. Elle pourrait très bien me dire que oui, qu’elle préfère oublier cette espèce de trêve avant la Trêve que nous avons vécu tous les deux. Ou pas. Et je ne saurais même pas dire ce qui serait le plus simple à vivre au final.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Dim 25 Nov - 16:35

Mon frère, ce rabat-joie. Peut-être, mais il a raison. On pourrait se faire tuer bêtement… Dis plutôt que tu as la flemme de marcher. J’ai eu assez d’émotions dans la journée. Je ne suis pas à une dizaine d’années près comme toi. Je peux bien attendre un peu que ça se décante. Mirage reposa sa lourde tête contre le sol, entre ses deux pattes. Après un puissant souffle, ses lourdes paupières s’abaissèrent. J’avais envie de pousser ce gros tas qui trouvait le moment bien choisi pour piquer un somme, m’ignorant dans toute sa superbe. Je lâchai un grognement de frustration pour toute réponse. « Je n’ai pas envie de pourrir ici. » Je me laissai retomber au sol, bien vite rattrapée par ma fatigue. J’étais courbaturée de partout, écorchée par les pierres lors de ma chute et, pour couronner le tout, une migraine persistante ne me lâchait plus depuis que j’avais usé de ma magie sur Bastien.

Un soupir retentissant passa mes lèvres. Je devais me rendre à l’évidence. Ca ne servait à rien d’insister, ni auprès de mon dragon, ni auprès de Bastien. Je fouillai dans ma besace, vérifiant l’état de mes rations. J’avais encore une part de pain magique, de quoi tenir une bonne semaine avec ça. Le goût était toujours infect, mais il n’existait rien de mieux au monde pour tenir au corps. J’en arrachai un morceau de mes dents, m’acharnant dessus tellement la mie était dure. « On peut attendre un jour ou deux, même si Thomas va commencer par me chercher… Et puis, toi, il te faudra bien repartir aussi. » Il ne comptait pas rester là avec nous, si ? Pitié. Je n’étais pas certaine de supporter mon frère pendant quarante-huit heures d’affilée. C’était un peu trop me demander.

Heureusement, il était moins insupportable que la dernière heure passée. Bastien semblait presque un peu perdu, comme si une question aussi simple pouvait se révéler si complexe. Où était son foyer ? Je grimaçai un sourire. A Euphoria, évidemment, et non plus à Lorgol. Lui et moi ne vivions plus la même vie depuis bien longtemps. « J’espère que t’es pas devenu un drogué. J’ai passé que quelques jours là-bas, lors du festival sur le seuil, et ils l’étaient tous ! » Voilà à quoi se limitait mes connaissances sur Euphoria. La guerre m’avait donnée un autre aperçu, me laissant croire que leur armée n’était qu’un ramassis de voleurs qui rivalisaient d’ingéniosité quand il s’agissait de faire des coups bas. Finalement, je comprenais mieux pourquoi Bastien s’entendait bien avec eux.

Je fronçai le nez quand il me retournait la question. Il y a quelques temps, j’aurais sans doute dit Edenia sans même y penser. Mais maintenant… Tout avait tellement changé. C’était ironique, que tous ne me voient plus qu’en tant que Pion Noir, alors même que je ne l’étais plus. J’étais en décalage avec la politique lagrane. Pion noir, mouton noir. « On… On va avoir une maison. On n’a pas encore décidé où. Lui et moi, on est un peu… Disons qu’on fait un peu tâche dans le décor. » Octavius me suivrait, là où je déciderais d’aller. Et si mon cœur était avec lui, il n’était plus vraiment en Lagrance.

Je tressaillis, quand Bastien me glissa que j’avais encore tous mes doigts, après avoir joué avec mon bouclier. Je lui rendis un sourire, un peu plus pâle, le souvenir persistant du tournoi des trois Opales encore en tête. Je glissai un regard au dehors, la nuit touchait bien à sa fin. L’aurore était visible au loin, la première qui verrait ce cessez-le-feu. Je ressentis un soulagement si intense à cette pensée que j’en eus des vertiges. Je me calai contre la patte imposante aux écailles d’émeraude de Mirage. Mes épaules s’affaissèrent. « J’aimerais que ça continue. J’en ai assez de me battre… Je n’ai plus vraiment de raison de le faire. » Je relevai le regard vers lui. « Et je ne veux plus jamais avoir à me battre contre toi. »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Lun 3 Déc - 10:43

Je lève les yeux au ciel en voyant que ma réaction l’agace. Pour autant, elle sait bien que j’ai raison et son dragon également. Ils sont nombreux encore ceux qui pourraient faire la sourde oreille et profiter d’une dernière occasion, d’un peu de relâchement pour frapper fort. Tuer Maelys ou la capture serait une aubaine pour certains, alors je préfère qu’elle pourrisse un peu ici, qu’elle le veuille ou non. Heureusement, Mirage partage mon point de vue et je ne peux m’empêcher de tousser un rire à la voir s’écrouler au sol. « Evite de donner à certains le plaisir d’être une cible facile. Ce serait stupide. Et tu dois te reposer de toute façon. » Qu’elle essaie de le nier, elle ne serait pas crédible de toute façon.

Je la regarde fouiller dans ses affaires pour trouver visiblement quelque chose à manger et je darde un regard en direction d’Ortie qui surveille mon propre sac. « Je dois avoir quelques trucs un peu plus… frais à manger. Si tu veux partager. Promis, ce n’est pas empoisonné. Ou alors je suis passablement résistant. » Je regarde dans sa direction sans vraiment la voir, les yeux perdus dans le vide l’espace d’un instant. Avant de souffler, la mine interrogative. « Thomas ? Encore un prétendant ? Tu les collectionnes ? Et un jour ou deux suffiront. Plus personne n’aura l’excuse de ne pas avoir été informé et la route sera largement dégagée. Sans compter le fait que ton dragon aura eu le temps de récupérer suffisamment pour que le trajet ne lui soit pas trop pénible. » Pendant que je parle, Ortie a enfoui sa tête dans ma besace et en ressort une pomme qu’elle lance en direction de Maelys avec son absence de délicatesse habituelle. Je l’attrape au vol pour la renvoyer plus délicatement vers ma cadette avant de hocher la tête. « Pas d’inquiétudes petite sœur, je vais bientôt te laisser en paix. »

Sauf que sa question me laisse quelque peu au dépourvu. Chez moi. Pourquoi pense-t-elle à ce genre de choses ? C’est idiot et peu constructif. Je suppose. Même si, au final, j’ai une réponse qui me vient. Pas aussi facilement que je le voudrais, ou avec autant de détachement qu’il serait nécessaire face à elle, mais qu’importe. Je ne peux m’empêcher de me fendre d’un sourire amusé à sa réaction quand j’évoque Euphoria et je hausse une épaule. « Les festivités en Sombreciel sont très… particulières. Les gens aiment perdre le contrôle, arrêter de tout maîtriser durant quelques heures ou quelques jours. Ce n’est pas si désagréable que cela, même si ce n’est pas dans mes habitudes. » Je ne suis pas sûr que ma réponse lui convienne réellement mais, dans le fond, ce n’est pas vraiment important. « Et cela ne se limite pas qu’à cela. Il y a bien des choses en Sombreciel qui pourraient te plaire petite sœur. » Une ombre de sourire alors qu’elle fronce le nez quand je lui retourne la question.

Je pourrais me moquer, en rajouter une couche mais, dans l’immédiat, j’avoue ne pas en avoir vraiment envie. Et je me contente de froncer les sourcils, pensif. « Faire tâche dans le décor ? Je ne pensais pas que Maelys des quatre vents pourrait ne pas avoir sa place quelque part. » Difficile de ne pas retrouver mes travers mais je reprends, d’un ton plus aimable, moins ironique. « C’est bien. De trouver une maison pour vous deux. De vous construire quelque chose. Un endroit où tu seras heureuse. » J’ai vraiment dit cela à haute voix ? Je m’épate moi-même là. Mais c’est probablement le manque de sommeil, les émotions de cette nuit où le coup que j’ai pris sur la tête. Parlant de ça, je prends une pomme de volée en plein sur la tempe, grommelant en direction d’Ortie qui continue de fouiner dans mes affaires. « Cette griffonne ne sait pas se tenir. » Je croque distraitement dans la pomme, non sans me frotter la tempe avant de laisser filer un silence et de lui rendre son sourire sans même y réfléchir.

Mon regard suit alors le sien et je fixe l’horizon, me demandant de quoi demain pourra bien être fait désormais, ce qui ne manquera pas de changer dans nos existences respectives. Et, pour la première fois depuis longtemps, je n’ai pas envie de plaisanter, de me moquer ou de chercher à la pousser dans ses retranchements. Je garde ma main posée sur le bec d’Ortie et je regarde longuement ma petite sœur, avant de sourire de nouveau. « Je n’ai jamais eu envie de me battre contre toi Maelys. Et je n’ai pas envie que ça change. » Je laisse filer un soupir, le regard de nouveau perdu dans le vide. « Je ne sais pas si ça va durer, s’ils vont retrouver la raison. Mais je ne veux plus être ton ennemi. » Même si j’ai toujours envie de lui asséner un taquet à l’arrière du crâne et qu’elle reste mon insupportable petite sœur. Mais, en cet instant, cela ne me semble plus si incompatible que cela.

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