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 C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler

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Les Chevaucheurs
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Message Sujet: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 17 Mai - 0:39


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Bastien Aigrépine & Maelys Aigrépine

C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler




• Date : 05/12/1002
• Météo (optionnel) : Il pleut, d’imposants nuages gris s’amoncèlent en cette fin d’après-midi. La vision est mauvaise, les conditions pires encore.
• Statut du RP : Fermé.
• Résumé : La trêve hivernale sera bientôt déclarée, mais les combats font encore rage la veille, alors que les Faës font le nécessaire pour rétablir leurs frontières initiales. En Lagrance, beaucoup de territoires ont dû être reconquis, et Maelys est sur le devant de la scène, sans encore se rendre compte qu’il en est de même pour son frère, face à elle, se battant pour Sombreciel.
• Recensement :
Code:
• [b]05/12/1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3692-cest-le-sang-qui-nous-lie-celui-qui-coule-dans-nos-veines-celui-que-nous-faisons-couler] C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler [/url] - [i]Bastien Aigrépine & Maelys Aigrépine[/i]
La trêve hivernale sera bientôt déclarée, mais les combats font encore rage la veille, alors que les Faës font le nécessaire pour rétablir leurs frontières initiales. En Lagrance, beaucoup de territoires ont dû être reconquis, et Maelys est sur le devant de la scène, sans encore se rendre compte qu’il en est de même pour son frère, face à elle, se battant pour Sombreciel.

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Dans le doute, fous le feu


Dernière édition par Maelys Aigrépine le Sam 19 Mai - 23:21, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 17 Mai - 0:43

« C’est le Pion Noir ! » Je râlai, exaspérée. Je n’avais même pas ma masse pour en attester, trop encombrante, et difficilement maniable en l’état… Mais il fallait croire qu’avec ou sans ce signe distinctif, notre petit éclat à Lorgol datant d’à peine une semaine avait marqué les esprits. Ta nouvelle réputation est plutôt ennuyeuse, sur un champ de bataille, ma petite. Sérieusement, ils étaient combien ? Deux, quatre… Six ?! On est fichu. Mais non, ça va aller. Comment Mirage faisait-il pour le prendre avec autant de flegme, constamment ? Je m’accrochai à lui, aussi solidement que je le pouvais.

Je voulais m’abandonner à lui, comme autrefois, comme avant qu’Aïfa n’appose sa marque sur mon esprit. Je croyais encore l’entendre parfois, l’esprit millénaire qui avait si longtemps guidé ma lame. Avec la duchesse d’Erebor à mes côtés, je m’étais sentie invincible sur le champ de bataille, sa soif de sang annihilant toute peur en moi. Je renouais désagréablement avec elle, en cet instant précis. Et, tragique ironie ! Tous m’identifiaient désormais comme le Pion Noir, alors même que je ne l’étais plus, qu’elle n’était plus une partie intégrante de moi.

Pas le temps de s’apitoyer, ma petite. Toi et moi, nous faisons une prodigieuse équipe, depuis bientôt une décennie maintenant, et nous allons continuer. Il me rassurait, et comme autrefois, je puisais ma force en Mirage. Lui qui avait enduré la morsure de ses propres flammes pour m’extirper du piège de ces figures de proue animées. Lui qui rentrait toujours dans une rage folle, au point d’en perdre la parole, dès qu’il m’arrivait le moindre malheur. Lui, logé dans mon esprit depuis le début, bien avant Vesper, Aïfa ou même Malfurie. Lui, le dragon d’Emeraude au pied sûr. Lui, le Mirage insaisissable, encore maintenant. Tu sais que je te confierais ma vie, aveuglément.

Et nous virevoltions dans les cieux noirs chargés d’eaux. La pluie agissait comme un effet de réverbération sur ses écailles luisantes, comme un millier d’éclats. Il avait une teinte plus proche du vert-de-gris que du vert-bleu en l’instant, et Mirage jouait de l’un de ses meilleurs atouts. Pas sa force, ni sa vitesse. Pas son courage, ni sa sagesse. Il feintait l’ennemi, le vieux dragon malin. Il se rapprochait du sol à une vitesse vertigineuse, dans l’espoir de les semer. Nous étions bien partis, même si la frontière lagrane était devenue aussi connue pour nous que pour nos propres ennemis. Et surtout, les griffons étaient souples et habiles, aptes à s’engouffrer dans les moindres interstices avec bien plus de facilités qu’un dragon.

Je fulminai. Nous perdions de la vitesse et il me fallait agir. Maintenant si loin, si isolé des autres troupes, le choix ne nous était pas vraiment laissé si nous comptions survivre. Je n’escomptais pas devenir un beau trophée à rapporter à leur Maréchal de Serre. Il n’en restait plus que deux en lice, les autres ayant dû se lasser de cette course-poursuite, certainement pris en chasse par mes camarades. Ceux-là, j’en faisais mon affaire.

Le bouclier se détacha de mon dos avec aisance, ses lames rétractables comme des griffes sorties. Il tournoyait à toute vitesse sous la pression de ma magie de lévitation, comme une toupie mortelle dont le tranchant des lames était brouillé par la vitesse. Le premier Voltigeur l’esquiva avec aisance, tout comme le second… Mais sans doute ne s’était-il pas attendu au retour, qui le prit par surprise. Son griffon s’inclina légèrement sur le côté pour parer à la trajectoire imprévisible du projectile… Mais trop tard. Un cri strident me certifia que l’aile était atteinte, et qu’ils chutaient tout deux vers le sol. Il n’en restait qu’un. Mirage, demi-tour. On le prend en tenaille avec tes flammes ! L’Emeraude ne se fit pas prier, même si la manœuvre demandée était difficile. Le griffon d’ébène était plus rapide, plus imprévisible… Si bien que quand les flammes de Mirage naquirent dans sa gueule, il était déjà sur nous.

J’eus le souffle coupé, à le voir passer tout proche. J’aurais presque pu le toucher… Mon regard croisa celui de Bastien, interdite. Mirage, NON ! Une seconde. Juste une, qui changea tout. La pression de ma magie contre l’aile gauche de Mirage, pour le forcer à virer de bord, pour laisser le griffon passer sans dommages. Le grondement surpris de Mirage, alors que je venais de le déstabiliser en plein assaut.

Et nous chutions.
J’hurlai ma terreur, sans pouvoir le retenir.

Le choc, violent, me coupa le souffle. Je fus arrachée de selle, malgré les lanières, et dévalait la pente à flanc de montagne. J’entrevis les cieux, la terre… Roc-Epine au loin. Nous avions reconquis tous nos territoires, n’est-ce pas ? Je pris une violente inspiration, mes poumons vidés d’air. J’étais sonnée, le dos et les membres écorchés, mais encore en un morceau. Mirage… ? Le silence. Mirage, je t’en prie, réponds moi ! Ce même silence, oppressant cette fois. Non, non, non, non… Je me souvenais parfaitement de cette douleur, celle d’Octavius, qu’il avait dans la voix, quand il m’avait parlé de son griffon. Mort, par sa faute. Non, c’était impossible. Ca ne pouvait pas se passer comme ça ! J’hurlai, me fichant bien de me faire repérer : « Mirage ! MIRAGE ! » Je gravis en boitant, courant à moitié, la roche que je venais de dévaler pour revenir à mon point de chute.

Il était là, presque immobile.
Je m’avançai, à pas prudents, les larmes coulant sans que je ne puisse les retenir, choquée par ma propre réaction. Il bougea avec peine. Une de ses ailes était pliée dans un angle étrange, mais il était bel et bien vivant. Je me précipitai à ses côtés, à réciter ce même refrain, aussi soulagée que coupable. « Je suis désolée. Je suis tellement désolée… J’aurais pas dû… Je suis désolée. » J’avais menacé la vie de mon dragon, et en une fraction de seconde, tout aurait pu basculer. J’avais menacé sa vie, pour protéger celle de mon frère. Ce n’était que pure folie.

Ma petite… ? Oui, Mirage ? Je me figeai, attendant la sentence. Je venais de trahir la confiance immuable qui existait entre nous, sur une impulsion naïve. Nous devrions trouver une cavité où nous réfugier. Je ne pourrais pas reprendre mon envol. Je restais interdite, à le fixer, droit dans ses yeux reptiliens. Aucune animosité. Aucune haine. Rien, pas le moindre sentiment de trahison à mon égard. Je sentis les larmes me monter à nouveau aux yeux. Nous devons faire vite. Oui, oui ! Je m’activai à ses côtés, une main posée sur son épaule, tandis qu’il avançait d’une démarche bien moins pataude qu’escomptée. Il était dans son domaine, dans ces montagnes, comme chez lui. Mirage ne prit pas longtemps à repérer une cavité qui ferait l’affaire, même pour son imposante stature, cachant partiellement sa présence aux Voltigeurs que nous apercevions encore au loin dans le ciel. Son regard vigilant restait fixé au dehors, méfiant, tandis que je vérifiais l’état de son aile. Nous allons devoir passer la nuit ici. Ca ne fait rien, viens là. Je me rapprochais de son imposante tête, presque timidement après ce qu’il venait de se produire… Il m’attira de sa patte, me faisant basculer contre son poitrail de dragon. Je restais là, lovée contre lui, dans cette incertitude croissante…

Mirage était en vie. C’était tout ce qui comptait.
… Et Bastien également.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Jeu 17 Mai - 19:25

Je fronce les sourcils, laissant échapper un claquement de langue agacé quand Ortie me renvoie une nouvelle image qui me déstabilise. Je sais que je ne suis pas assez concentré, que je devrais être totalement à ce que je fais et je n’ai absolument aucune excuse. Mais, à force de patrouiller sans qu’il ne se passe rien, j’ai fini par laisser mon esprit un peu divaguer. Probablement la pire idée du monde, je veux bien le reconnaître. Je m’essuie le visage, espérant sans grande conviction que j’arriverais à y voir plus clair au travers de la pluie et de ces nuages de plus en plus épais. Je ne sais pas ce qui va nous tomber dessus mais je le crains presque autant que les Chevaucheurs que je devine non loin.

Et puis, d’un coup, voilà que cela commence. Des ailes immenses qui louvoient par-delà cette frontières qui a tellement changé que j’ai fini par ne plus vraiment savoir où elle est réellement à la longue. Pas besoin de mots, pas besoin d’ordre. Voilà que nous piquons à quatre, à l’unisson, telle une mécanique parfaitement huilée. Je me laisse envahir par les sentiments, les images qui se bousculent dans mon esprit à mesure que nous prenons de la vitesse et j’en oublie tout le reste, savourant cette petite pointe d’adrénaline qui ne manque jamais d’arriver lorsque je voltige. Un sourire satisfait illumine mes traits alors que je prends le relai de mon binôme dont je connais par coeur le moindre mouvement. Pour qui nous observerait de loin, il aurait presque l’impression de voir un ballet aérien alors que nous tournoyons, de plus en plus vite, pour atteindre notre cible.

Sauf qu’elle est coriace celle-là. Et que le dragon plonge vers le sol. Si l’autre duo ne se sent pas de le suivre, nous sommes trop loin de notre point de patrouille, de notre côté, hors de question de s’arrêter là et de faire demi-tour. Je n’ai même pas eu besoin de souffler l’idée à l’autre Voltigeur qu’il est déjà mes côtés et je plisse des yeux pour essayer de deviner ce qui se passe autour de nous. Le dragon perd de la vitesse, c’est évident et je me penche plus en avant sur Ortie, prêt à augmenter encore la cadence. Elle en est capable cette petite harpie volante. Elle va vite. Très très vite même. Et m’autorise même parfois à m’en vanter. Sauf que cette fois, je suis bien trop concentré pour y songer. D’une pression de la jambe, je la pousse à aller au-delà de ses propres limites.

J’esquive sans problème le bouclier qui virevolte jusqu’à moi, lâchant Ortie pour me retrouver tête en bas l’espace d’un instant. Et je remonte à ma place sans peine, prêt à me jeter sur ma cible. Avant de me figer en sentant une violente douleur m’envahir. Et la peur. Celle de la chute, longue. Douloureuse. Inévitable. Ortie s’agite et pour un peu, j’aurais presque le sentiment de perdre le contrôle de la situation mais la douleur me prend littéralement à la gorge. Elle se mêle à la colère alors que vois le dragon faire demi-tour et j’inspire longuement, prêt, tout comme mon griffon, à lui faire payer par tous les moyens possible. Et je tournoie, changeant constamment de trajectoire pour l’empêcher de me coincer.

Jusqu’à me retrouver à quelques mètres à peine de son Chevaucheur.

Elle. Maelys.

J’écarquille les yeux alors que son regard croise le mien, me demandant si ma sœur sera la dernière personne que je verrais avant que l’inévitable se produise. J’ai l’impression d’être incapable de penser à autre chose mais en une seconde à peine, tout bascule. Et je la vois chuter à son tour, totalement figé, comme si le temps avait décidé de suspendre son vol,

Et Ortie me fait soudain ressentir la douleur, la peine engendrée par une telle chute. Mais pour me parler de celle de qui ? Du Voltigeur ? De la Chevaucheuse ? Les deux ? La violence me coupe la respiration et, pendant un instant, je ne sais pas si je tremble à cause de lui ou à l’idée qu’il arrive la même chose à ma cadette.

Sans réfléchir, j’enjoins le griffon d’une simple pression à piquer en direction de la terre ferme. Elle rechigne à peine quelques secondes, avant de descendre à toute vitesse. C’est à peine si je vois le sol arriver qu’elle est posée au milieu de nulle part. Enfin non, je devine Roc-Epine non loin mais, à part ça, il n’y a rien. Je descends prestement, me détachant d’Ortie qui piaffe et me pousse du bec alors qu’un tas d’images se bousculent dans tous les sens. Des images de mort, de douleur, mêlées à son inquiétude et à son agacement de me voir au sol. Et, d’un coup, ressort une nouvelle fois l’image de Maelys en train de crier, de me dire que je ne suis plus son frère, il y a quelques jours à peine. Je murmure alors, d’un ton agacé. « Je sais tout ça, d’accord ? Mais… il faut… que je sache. Tu comprends ? » Parce que nous savons déjà tous les deux ce qui est arrivé à notre camarade. La douleur s’est faite plus lancinante, plus diffuse, alors que leur lien s’est forcément rompu, comme dans les souvenirs d’Ortie. Difficile de dire si l’un d’eux a survécu ou pas mais, au vu de la chute, c’est peu probable. Et elle me met un coup de tête affectueux, me faisant vaciller alors que j’ai un sourire à son attention. « … merci. »

J’entends alors une voix crier au loin et je me fige, essayant de ne pas me persuader que c’est Maelys. Elle ne serais pas stupide au point de crier comme ça au beau milieu de nulle part, dans une zone de guerre tout de même ? Les images qu’Ortie me lance alors me feraient penser que ce serait un trait de famille qui ne l’étonne guère et je grogne avant de marcher en direction du cri. Mon griffon me suit d’un pas tranquille, comme si elle était en balade, les ailes repliées. Mais je sais qu’elle est aux aguets, tout comme moi. A mesure que je marche, je vois du sang sur un rocher et je fronce les sourcils. Celui du dragon ? De … sa chevaucheuse ? De quelqu’un d’autre ? Difficile à dire. D’autant que la nuit ne va pas tarder à tomber et que je me rends compte de plus en de plus de la stupidité d’avoir mis un pied à terre. Je vois Ortie opiner du chef alors qu’elle m’a dépassé et je lève les yeux au ciel avant de lâcher, sans pouvoir m’en empêcher. « Mais... bon sang… MAELYS ? Répond-moi ! » Et, bien entendu, j’ai le droit à une vision peu flatteuse de moi-même en train de faire quelque chose de particulièrement stupide. A croire qu’elle doit en avoir un paquet en stock. Mais je m’en moque. Faites qu’elle soit en vie, on avisera pour la pertinence de mes actes plus tard.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Dim 27 Mai - 21:51

La visibilité est mauvaise. C’est une chance pour nous. J’hochai lentement la tête, répondant par l’affirmative. Mon regard était rivé au dehors, bras croisés et jambes repliées. J’étais restée adossée à l’épaule de Mirage qui avait étendu son long cou pour se reposer ces prochaines heures. Je n’osais pas vraiment toucher à son aile pour tenter de la remettre en place. Je n’avais aucune idée de comment nous allions pouvoir nous en sortir, dans ces conditions. Il faudrait un miracle… Que Thomas me retrouve, sans que les Voltigeurs ne le puissent. On ne pouvait pas rester cachés et se rendre visible à la fois. Une impasse.

Et c’était par ma faute que nous étions fourrés dans une situation aussi inextricable. Je fixai le dehors, d’un air rageur, à regarder la pluie tomber. J’avais retiré ma veste pour la laisser sécher et ne m’était pas résolue à laisser Mirage le temps de retrouver mon bouclier. Je l’avais bêtement laissée tomber le temps d’user de ma magie pour faire dévier Mirage. Je m’en voulais deux fois plus maintenant… C’était un cadeau inestimable d’Octavius. Je n’imaginais même pas combien il avait dû investir là-dedans, une vraie petite fortune. Il y avait même des chances qu’il ait coûté plus cher que la maison pour laquelle on économisait.

La luminosité déclinait doucement. Les nuages gris et chargés laissaient croire que la nuit arrivait encore plus vite que d’habitude. Roc-Epine doit être à une journée de marche d’ici. Je peux aller chercher de l’aide là-bas, les dragons d’Onyx… C’est une très mauvaise idée, ma petite. Je ne serais pas là pour te protéger, et tu as perdu ton bouclier. J’allais rétorquer, furibonde. Merci de me le rappeler. Je ne pouvais pas le laisser dans cet état ! Mais l’emmener avec moi ? Non… Les combats faisaient encore rage, au dehors. Nous serions des cibles faciles. Mirage avait beau s’appeler Mirage, on se ferait repérer bien vite. Ecoute, je ne peux pas rester ici à rien faire et… Un cri dans la nuit naissante me figea. Je reconnaissais sans mal cette voix, si familière.

Bastien ?!

Un grondement désapprobateur répondit aussitôt, et avant même que je ne pus l’en empêcher, le dragon d’émeraude se leva pour se diriger à l’extérieur. « Mirage, attends ! » Il était souple et leste dans les montagnes qui l’avaient vu grandir, si bien que je peinais à le rattraper sans tricher un peu, déployant ma magie sur les semelles de mes bottes pour me propulser en avant. « Attends ! » Il ne m’écoutait plus. Il avait déjà bondi en avant, ses griffes se plantant avec hargne dans la roche pour se stabiliser, des flammèches se formant dans sa gueule. Je m’interposai juste à temps, posant une main sur sa gueule pleine de crocs pour l’empêcher de déverser son feu sur nos ennemis. Laisse-moi en finir, ma petite. Non, Mirage ! C’est mon… Un traître. C’est mon frère ! Ce n’est pas ce que tu disais, la dernière fois. J’étais en colère. Sa pupille fendue me fixait avec insistance. Il attendait certainement de meilleures explications, lui qui avait manqué de mourir dans un conflit fraternel. Je sentais les larmes me monter aux yeux, sous le coup de l’émotion. Je ne peux pas, Mirage… Je ne peux pas. Je ne pourrais pas vivre avec l’idée d’avoir eu son sang sur les mains, peu importe qu’il m’ait trahi. Tu comprends ? Il restait tendu, à l’affût, mais un semblant de souffle chargé d’une forte odeur de souffre -  comme un soupir draconique – m’informa qu’il capitulait.

Je repérai mon frère et sa griffonne avec un temps de retard, me retournant vers eux, ma dague encore en main. J’étais détrempée, le corps meurtri par ma chute, mais avec cette étrange lucidité que conférait l’adrénaline. « Qu’est-ce que tu fais ici, Bastien ? Tu devrais partir, immédiatement. » Et nous aussi. Je guettais le ciel chargé, plissant les yeux pour voir au travers des gouttes de pluie. Je réalisais, vaguement hébétée, sans même vraiment y croire. « Tu es… Seul ? »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Mer 30 Mai - 19:35

Je sais. Je devais reprendre mon envol avec Ortie. Mieux encore, je devrais contacter les autres Voltigeurs. Après tout, j’ai Maelys des quatre vents, un écrin, non loin, probablement blessée et qui serait une cible de choix. J’aurais probablement même des félicitations des plus hauts gradés ou peu s’en faut. Mieux encore, je pourrais même avoir une promotion si je la ramenais.

Alors pourquoi suis-je encore en train de errer, à la nuit tombante ? Pourquoi est-ce que je ne suis pas la voix de la raison… sa voie même ? Parce que je ne suis qu’un idiot. Ou, alors, parce que je veux… je veux quoi au juste ? Il faut que j’arrête de me leurrer et que j’accepte le fait que je veux juste savoir si elle est en vie. Rien de plus. Non pas pour la capturer, non pas pour la libérer. Juste pour m’assurer qu’il n’y a toujours pas de monde sans Maelys. Sinon, qui pourrais-je mépriser ? Qui pourrait porter sur ses épaules toute la responsabilité de mes relations désastreuses avec ma famille ? Elle est l’excuse parfaite depuis toujours ou presque. Alors j’ai besoin d’elle pour tout cela. Et rien d’autre. Je fronce les sourcils, agacé par le propre cheminement de mes pensées, alors que je continue de marcher et que le rideau de pluie rend la visibilité quasi nulle.

Ortie secoue ses ailes, avec un piaillement impatient, n’appréciant clairement pas le traitement qu’elle en train de subir à un point tel que je titube devant le flot d’images qu’elle m’envoie en boucle durant quelques instants. Un mélange de vieux souvenirs que j’ai partagés avec elle concernant ma famille et plus particulièrement Maelys, les premiers instants à Sombreciel, où j’ai enfin réussi à me sentir parfaitement à ma place, sans que je n’arrive vraiment à saisir le but de tout cela. Hormis me déstabiliser ce qui, après tout, c’est peut-être que son seul objectif. Alors, je souffle, d’un ton agacé. « Si tu as un truc à me dire, fais le clairement. Ce n’est pas le moment de chercher à me pourrir la vie, tu fais cela très bien tous les jours. » Le coup de bec que je me prends à l’arrière du crâne est tout sauf issu de mon imagination ou d’un souvenir, même cela aurait pu tout à fait au vu du nombre de fois ou c’est arrivé. Je me frotte la tête, lui jetant un regard mauvais, avant de me figer quand j’entends enfin la voix de Maelys. Comme quoi, ce n’était pas une si mauvaise idée.

Ou pas, d’accord. Parce que je me fige quand je la vois à quelques mètres de moi à peine, incapable de savoir quoi faire. Pire encore, je vois son dragon, mon regard croisant un instant le sien alors que je sens la peur me nouer les entrailles l’espace d’un instant. Évidemment, hors de question de le reconnaître, même maintenant. Surtout pas maintenant. Alors je relève la tête et j’inspire longuement, tandis que je sens Ortie se tendre à côté de moi. Je serre mon arbalète entre mes doigts et mon regard accroche celui de ma sœur. C’est comme si le temps était suspendu l’espace d’un instant. Comme si tout pouvait basculer. Après tout, je suis devant l’ennemi non ? Et je devrais agir. Je dois agir. A sa question, je souffle, sans même m’en rendre compte, d’un ton presque absent. « Je te cherchais... »

Quant à moi, je ne bouge pas d’un pouce, mon regard toujours ancré dans le sien. Je ne cille pas et je ne réalise même pas qu’Ortie est en train de bouger, tellement elle est discrète et rapide quand elle le veut. Jusqu’à ce qu’elle soit à quelques centimètres à peine d’elle, la reniflant avec cette mine dédaigneuse qui est bien souvent la sienne. Je déglutis, soufflant un « non... » à peine audible, brusquement inquiet alors que je tends une main dans leur direction… tout ça pour voir ma griffonne pencher la tête sur le coté et lui asséner un petit coup affectueux, son bec effleurant l’épaule de la jeune femme avant qu’elle ne recule d’un pas, non sans être accompagnée par le grondement sourd du dragon juste derrière elle. Je soupire de soulagement, avant de reprendre, à mi-voix, sans bien savoir comment ma cadette va réagir à tout ça. « La pluie ne va pas aller en s’arrangeant. On ne peut pas rester là. » Je fais un pas vers elle, un peu hésitant, n’osant pas vraiment me rapprocher de son dragon. Mais je baisse mon arbalète avant de reprendre, avec un mouvement du menton. « Tu es blessée. Il faut que je regarde ça. Et il faut vous mettre à l’abri avant qu’on vous trouve. » Je cille avant d’ajouter, comme si de rien était, d’un ton aussi neutre que possible. « Je suis seul. Ortie nous préviendra en cas de danger. »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Sam 30 Juin - 21:59

Ma main se crispa sur le pommeau de ma dague, à le voir faire de même, en parfait miroir, sur le manche de son arbalète. Allons-nous devoir en découdre, là maintenant ? Ne devrait-il bientôt rester qu’un seul Aigrépine ? Etrange fatalité, qu’il avait lui-même provoqué. J’étais toujours en colère, et mon regard trahissait une certaine défiance quand Bastien chercha à l’accrocher. Je vendrais chère ma peau, quoi qu’il se passe.

Je l’incitai à partir, mais il n’en fit rien. Il me cherchait ? Je n’étais pas vraiment surprise, même s’il aurait été plus prudent pour lui de m’ignorer, de faire comme si je n’existais pas. Mais c’était impossible pour Bastien. Il devait s’assurer que je sois vivante ou morte. Et ensuite ? Que ferait-il ? Je retins ma respiration, sans le quitter du regard. Un grondement sourd et draconique balaya ma chevelure d’ébène. Mirage était si proche que son souffle me réchauffait, séchant mes vêtements trempés de pluie. Il l’a vit aussi bien que moi, approcher si vite que ni lui ni moi n’eûmes le temps de réagir.

J’eus un hoquet de surpris, et un mouvement violent de recul. La roche humide sous mes pieds me fit aussitôt trébucher, et je me maudissais de ma maladresse alors que cette griffonne allait probablement bientôt me déchiqueter… Non. Elle n’en fit rien. Je regardais, abasourdie, la griffonne reculer d’un pas après m’avoir gratifié d’un coup de tête affectueux. Mirage avait déjà ouvert une mâchoire pleine de crocs, ne voulant pas la laisser repartir sans qu’elle y laisse quelques plumes, mais il se contenta de tendre sa lourde tête au-dessus de moi dans une attitude fortement protectrice. « Ca va, Mirage. Tout va bien. Elle venait seulement me… Me saluer ? » Je ne savais pas vraiment. Elle n’avait pas cherché à parler d’esprit à esprit, et visiblement pas davantage avec son propre voltigeur, car Bastien restait coi devant la scène, une main tendue en avant comme s’il avait cherché à la retenir. Un sourire étrange me vint à cette vision, si spontanée, d’un frère redevenu protecteur.

Il avait pris sa décision, ou l’avait-elle prise pour lui ? Il fit un pas dans notre direction, mais le regard sévère de Mirage le cloua ensuite au sol. Je me relevai en m’appuyant sur la patte écailleuse du dragon, et enroulait son museau dans mes bras pour le forcer à contenir son feu, à ne rien faire de stupide ou de déplacer. Mais moi-même, je ne savais pas bien comment réagir, quand j’orientai à nouveau un regard aussi intrigué que méfiant vers mon frère de sang. « Tu… Tu vas vraiment nous aider ? » Je le regardai, incrédule, tandis qu’il continuait de parler avec un pragmatisme sans faille. Ce n’était que maintenant qu’il me soufflait la réponse tant attendue. Il était bien seul. Il ne l’aurait pas dit plus tôt, n’est-ce pas ? Sans doute parce qu’il… « Tu comptais venir me tuer, avoue-le. » Ma voix tremblait, sans que je ne puisse l’en empêcher. « Pourquoi tu as changé subitement d’avis ? » Je ne comprenais pas. Je n’étais pas sûre de devoir lui faire confiance, pas après tout ce qu’il avait fait. Il m’avait pris en chasse ! « Tu savais que c’était moi ? Parce que… Moi, je ne le savais pas. » J’avais mal partout. Je sentis les larmes me monter à nouveau aux yeux, sans pouvoir les contenir. « C’est à cause de moi, si Mirage est blessé. C’est à cause de toi aussi. » Je reniflai bruyamment, et rajoutai sur un ton plus penaud. « J’ai perdu mon bouclier. Je ne peux pas repartir sans, c’est Octavius qui me l’avait offert. »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Lun 2 Juil - 20:00

A la voir comme ça, perdue au milieu de nulle et aussi trempée que pourrait l’être un chaton rescapé d’un naufrage, quand bien même j’ai du mal à comprendre comment j’ai pu songer à cet animal en regardant ma teigne de sœur, je suis partagé entre l’envie d’éclater de rire devant l’ironie de la situation et de l’aider. Quand bien même aucune des raisons que je tente d’avancer intérieurement n’arrive à me satisfaire sur les réels motifs qui me poussent à rester là en la fixant de la sorte. Et c’est encore pire alors que je songe à notre dernière rencontre, toujours autant marquée dans mon esprit. Non pas parce qu’elle m’a blessé, il m’en faudrait bien davantage, surtout avec une petite peste comme elle, mais parce qu’elle n’a fait que creuser un fossé déjà bien trop large qui nous séparait déjà. Comme un point de non retour qu’elle a franchi sans même sourciller.

Sauf que dans l’immédiat, j’ai d’autres problèmes que cette petite sœur qui ne veut plus avoir rien à faire de moi. Comme ce dragon qui pourrait ne faire qu’une bouchée de moi si l’envie lui en prenait. Et, bien évidemment, Ortie n’en fait qu’à sa tête. J’ai un soupir de soulagement quand elle revient vers moi et fait claquer ses serres à mes pieds avant qu’elle ne redresse le bec pour observer les cieux avec application. « Elle… oui. Elle voulait simplement te saluer. Te confirmer que nous ne venons pas en ennemis. Tout du moins, je le suppose, elle est un peu… difficile à comprendre parfois. » Et voilà qu’elle lève une patte et pose ses serres sur mon épaule, me rappelant qu’elle aussi pourrait me broyer aisément. Je lève les yeux au ciel alors qu’elle m’assène nombre d’images où elle déchiquette des petites proies avant de rétorquer, non sans une ombre de sourire. « Regarde en l’air au lieu de me menacer toi. »

Je commets pourtant l’erreur de faire un pas en direction de ma soeur. Pour me figer sous le regard du dragon. Je retiens mon souffle, indécis, me demandant à quel point le Destin pousserait l’ironie à me faire flamber là, tout de suite, par le dragon de ma propre sœur. Mais il n’en fait rien et j’inspire longuement avant de lever les yeux au ciel. « Bon sang Maelys, si je voulais vous tuer, ce serait déjà fait. Il m’aurait suffit de rester sur le dos d’Ortie, tu étais une cible facile à atteindre, même pour un incapable comme moi. Vous êtes à peu près aussi discrets qu’un dragon dans un magasin de porcelaine. » A quel point je pousse ma chance là ? Difficile à dire. D’autant que le reste de ses propos m’arrache un haussement d’épaules. « J’en sais rien d’accord ? Je n’aime pas l’idée de te savoir mourir ici. Personne ne devrait mourir seul et encore moins dans cet endroit. Même si c’est toi. » Je me suis fais plus sec que je ne le voudrais mais impossible de faire autrement avec elle. Elle me hérisse toujours autant et j’ai envie de la secouer mais, dans l’immédiat, j’aimerais le faire en étant assuré qu’il ne lui arrive rien.

J’ai un regard en direction d’Ortie à sa question avant de secouer la tête. « Je ne savais pas non plus. J’ai une mission à remplir. Tout comme toi. Et cette satanée pluie n’aide pas à savoir où est la frontière. Pour autant que je sache, on peut être dans ton camp comme dans le mien et autant dire que ça n’a pas la moindre importance dans l’immédiat. » Je fronce les sourcils quand je vois les larmes lui monter aux yeux. Elle ne va pas me faire le coup de pleurer quand même, si ? Voilà bien quelque chose qui m’agace encore davantage que le reste. Les larmes. Comme si j’allais me laisser attendrir par… ça. Je croise alors les bras, arquant un sourcil dubitatif quand elle continue. « A cause de moi ? C’est la guerre petite sœur, je fais mon travail, tout comme toi. » Est-ce que je l’aurais fait avec autant d’application si j’avais su que c’était elle à dos de dragon ? Ai-je vraiment envie de répondre à cette question. Et voilà qu’elle renifle maintenant. Par réflexe, je sors un mouchoir d’une de mes poches avant d’aviser qu’il est totalement trempé. Je secoue la tête avant de le ranger avec une grimace et je tique enfin sur ses propos. « Un bouclier ? Octavius ? C'est qui ça ? » Ortie a penché la tête sur le côté, curieuse, alors que dans ma tête se bousculent brusquement des images de griffons en train de danser ensemble dans les airs dans une parade nuptiale. Et elle me glisse des images de mes nuits agités en Sombreciel. J’ai un ricanement en réponse et je hausse les épaules. « Aucune idée Ortie. Difficile de croire que mon adorable sœur a réussi à se faire mettre le grappin dessus. » Et je n’hésite qu’un instant avant de reprendre, plus sérieusement. « Tu te souviens de la dernière fois où tu l’avais ? Ortie peut aller le chercher, il faut juste que tu le décrives. » Alors que je parle, elle se rapproche de nouveau de Maelys et semble se concentrer sur elle alors qu’elle continue de penser à ces couples de griffons qui dansent dans les airs. Quant à moi, je lève les yeux au ciel avant de regarder autour de nous. « Il faut vraiment qu’on trouver un abri Maelys. Le temps ne fait qu’empirer. » Et je ne pensais vraiment pas la chose possible.

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   Dim 19 Aoû - 17:36

Les griffons m’avaient toujours terrifiée. Ils étaient l’ennemi. Ils étaient l’inconnu. Je les avais vus, de mes propres yeux, déchiqueter mes semblables avec une hargne vengeresse et implacable quand on s’en prenait à l’un des leurs. Ils étaient pareils à une nuée farouche et hostile, et n’avaient rien en commun avec les dragons, hormis leurs capacités à chevaucher les cieux.

Cette griffonne-là, je ne la connaissais pas. Mais elle était étroitement liée à mon frère, comme je l’étais à Mirage, comme Octavius l’avait été à son propre griffon. Un lien indéfectible et puissant, qui vous changeait à jamais. Et, étrangement, son attitude à mon égard s’était révélée plus spontanée et sincère que celle de mon propre frère. « Je la trouve plus simple à suivre que toi, au contraire. » Je ne comprenais pas l’échange silencieux qui s’établissait entre eux, lançant un regard de biais vers Mirage qui me le rendit, tout aussi perplexe et incertain quant à la marche à suivre. Il était plus prudent et mesuré que moi, mais dans d’autres circonstances, il l’aurait carbonisé avant même qu’elle ne pose une serre sur moi. Si tu ne m’avais pas arrêté plus tôt, oui. Tu prends des risques inconsidérés, seulement parce que c’est ton frère. Ca va nous coûter la vie, pas seulement une aile. Je fermai les yeux et pris une longue inspiration. Je savais qu’il avait raison. Il m’avait déjà renvoyé en plein visage que je le considérais encore comme mon frère. Ce traitre, ce paria. J’avais choisi de le protéger, alors qu’il ne le méritait pas. Et il devait penser la même chose de moi. Quelle ironie !

Je soufflai, mauvaise. « Mirage t’aurait déjà cramé, si je ne l’avais pas empêché. Alors arrête de frimer ! » Comment Bastien s’y prenait-il pour m’énerver toujours à ce point ? J’aurais eu mon bouclier sous la main que je l’aurais envoyé valser contre son petit crâne pour lui remettre les idées en place. J’écarquillai les yeux, surprise. « Je ne suis pas seule. » Le vieux dragon poussa mon bras du museau, et je lui flattai les naseaux en retour. Non, mourir ne me faisait pas vraiment peur, si Mirage était à mes côtés. Avec lui, je me sentais capable de tout. « Et puis qu’est-ce que ça peut te faire, la façon dont je peux mourir ? J’ai choisi d’être là. » J’avais choisi d’être Chevaucheuse. J’avais choisi de me battre. J’avais ôté tellement de vies, parmi ses frères d’armes… Il le savait pertinemment, non ?

Oui, il le savait. Lui aussi avait fait ce choix, et il le clamait avec bien plus de férocité que moi. Parce que c’était la guerre. « Et ça te paraît normal ? Alors termine ce que tu as commencé, si c’est le cas ! » Mais Bastien ne le ferait pas. Il avait déjà raté plusieurs occasions d’en découdre. « Pourquoi tu te bats, Bastien ? » Le savait-il seulement lui-même ?

J’étais méfiante, à le dévisager comme si une mouche venait de le piquer. Il me proposait sérieusement son aide ? Et… C’était un mouchoir, qu’il venait de sortir de sa poche ? Je le dévisageai, subitement confuse, quand la griffonne s’approcha à nouveau de moi pour m’insinuer quelques images évocatrices… Je lâchai un hoquet de stupeur, puis plaquai une main sur ma bouche alors que le rouge me montait aux joues. « Oui, c’est mon… Compagnon. » Je détournai le regard, subitement gênée. Ma vie amoureuse était bien la dernière chose que je souhaitais évoquer avec mon frère. Je changeai de sujet, craignant de rester mortifiée sur place. « Il est serti d’émeraudes, avec des lames rétractables. Inimitable. » Je rangeai ma lame dans son fourreau et refermai mes bras sous ma poitrine, tandis que Mirage déployait son aile valide au-dessus de ma tête pour me protéger de la pluie. Retournons à la grotte, pour le moment. J’emboîtai le pas du dragon d’émeraude qui abondait dans le sens de Bastien. Je risquais quelques regards vers mon frère, sans savoir quelle conduite tenir avec lui. « T’as pas besoin de faire ça, tu sais. Rien ne t’empêche de simplement repartir… »

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Message Sujet: Re: C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler   

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C’est le sang qui nous lie, celui qui coule dans nos veines, celui que nous faisons couler
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