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 Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.

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Message Sujet: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptySam 9 Juin - 23:12


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Narcisse de Croquelune & Astarté des Sables

Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.

"Les bons souvenirs sont des bijoux perdus" - Paul Valéry



• Date : 29 août 1002
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Suite au décès de son frère, Narcisse souhaiterait se procurer un nouveau bijou en son souvenir. Et de souvenirs, tant qu'à faire, se débarrasser de certains d'entre eux ayant appartenu à sa mère. Dans ce but, Astarté a été conviée à Porte-Brume afin qu'ils puissent en discuter.
• Recensement :
Code:
• [b]29 août 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3813-certains-portent-le-deuil-d-autres-des-bijoux]Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.[/url] - [i]Narcisse de Croquelune & Astarté des Sables[/i]
Suite au décès de son frère, Narcisse souhaiterait se procurer un nouveau bijou en son souvenir. Et de souvenirs, tant qu'à faire, se débarrasser de certains d'entre eux ayant appartenu à sa mère. Dans ce but, Astarté a été conviée à Porte-Brume afin qu'ils puissent en discuter.



Dernière édition par Narcisse de Croquelune le Dim 10 Juin - 15:12, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptyDim 10 Juin - 0:02

Et si son père en son temps avait eu raison ? Et s’il était indigne des siens, de sa famille, de sa noblesse ? Quelques nouvelles bouffées tirées sur sa pipe, y dragonnant sans trop de retenue. L’humeur n’y est pas en ce jour, alors que son Sombre Passager tire les ficelles de son moral par trop changeant. La guerre et ses conséquences y prenaient une part importante, certes. Les forces lagranes de son cousin Denys avaient pris Croquelune, mais surtout la vie de son frère. Cela l’avait touché bien sûr, mais pas de larmes versées. Un vide en son cœur qui se creuse de plus en plus, oui, bien sûr. Mais rien de suffisant pour exprimer la perte d’un être cher. Aussi, Nithaël n’avait profité que d’un deuil d’apparat du côté de Porte-Brume.

Par contre, Narcisse avait été là pour son ami. Pour Servius, intendant de sa baronnie frontalière à Valkyrion, dont le père fut le capitaine de la garde de Croquelune, tombé en même temps que le castel marquisal et que son frère à sa tête. Aussi, sous les ordres de Narcisse, ils s’étaient offerts quelques jours d’une déchéance bien méritée, et en laquelle le baron baignait de toute façon depuis bien assez longtemps. Sans doute qu’un prétexte de plus pour se noyer, tenter d’atteindre le fond pour mieux y reprendre pied. Mais il avait l’impression qu’il n’y avait là que sombres abysses en lesquelles il ne ferait que couler jusqu’à la fin des temps…

Son présent tourment avait une autre source encore, bien sûr. Plus récente. Il lui avait été donné de voir deux mois durant une autre réalité. Un monde parallèle à celui en lequel il vivait. Et où sa précieuse Vigdis, défunte épouse à jamais aimée, demeurait en vie, élevant leur fils. Et Narcisse, quelque part au fond de lui, s’en voulait. S’en voulait de trouver là bien plus de peine qu’en le trépas de son propre sang. De trouver même que ce monde n’avait plus aucun sens à ses yeux, et d’implorer les Dieux de l’y renvoyer sans pourtant qu’ils lui offrent une once de réponse, sinon que le laisser là face à lui-même. Lui et ses incertitudes. Lui et sa souffrance. Lui et son fidèle Sombre Passager, ce dernier à l’affût, prêt à prendre le contrôle dès lors que Narcisse lui en laisserait l’occasion.

Quant à la visite qu’il attendait ce jour… Cela lui donnait l’impression d’une farce à présent, même si l’idée originelle faisait sens. Afin de se remémorer son frère, il souhaitait se procurer un bijou qui le lui rappellerait sans faillir. Il en ricane désormais, le regard vague, les yeux rougis par ces drogues qu’il fumait à outrance. Réduit à devoir s’acheter un astucieux mélange de métaux et pierres précieuses afin de se souvenir de son frère, comme s’il n’en était capable par lui-même. Et quelque part, le plus triste sans doute, c’est que cela s’avérait. Ses pensées étaient ailleurs tout simplement. Même pas portées sur cette réalité. Alors oui, il aurait bien besoin d’un aide-mémoire quelconque.

Pour le reste… il avait également prévu de faire évaluer quelques bijoux de Rosalie. Nithaël avait refusé de venir en Porte-Brume se mettre à l’abri lorsqu’il avait appris que les mages de Lagrance avançaient vers Croquelune, mais il avait par contre eu la présence d’esprit de préserver les plus précieux et irremplaçables trésors en sa possession. Les joailleries de la mère de Narcisse en avait fait partie. Bon, Nithaël, naît d’une autre mère, n’avait sans doute pas eu de mal à s’en débarrasser. Ce n’était là que logique. Quant à Narcisse… « Fils indigne ». Oui, cette voix qu’il entend dans sa tête et qui n’est jamais que la sienne après tout le lui répète assez souvent. Il préserverait ceux dont il avait le plus grand souvenir. Ceux que Rosalie avait le plus porté à son sens, qu’elle avait le plus aimé. Mais pour tout le reste… Un jour, Croquelune serait reprise. Un jour, il en deviendrait le marquis, et il faudrait en réparer les dégâts. S’il pouvait d’ici là faire gonfler un peu sa manne financière d’une manière ou d’une autre… Alors, le « fils indigne » en ferait ainsi, pour une fois dirigé par la raison plutôt que par l’affect. Mais n’était-ce pas là après tout qu’une manière de se voiler la face ? Chercher à oublier, comme si les bijoux perdus pouvaient être autant de souvenirs abandonnés…
- Baron ? Une certaine Astarté souhaiterait vous voir. Elle prétend être attendue.
L’interruption n’a rien d’étonnant. L’ordre est clair parmi ses pages : si sa porte est ouverte, alors il est inutile de lui faire perdre du temps en convenances. Aller à l’essentiel, sans s’encombrer de frapper à une porte ouverte pour attendre d’y être convié… Pfff, inutile rond de jambe à son sens. S’il ne souhaitait pas être dérangé, la porte était close, et en ce cas qu’on lui foute simplement la paix. Bien plus simple ainsi. Enfin soit…
- Oui, je l’attends en effet. Fais la venir. Et demande à Servius qu’il me fasse porter les bijoux. Il saura de quoi je veux parler.
Pour autant, il resta à sa fenêtre. Entr’ouverte, elle lui offrait un peu d’air frais en cette fin d’été. Servius fut le premier à le rejoindre, déposant un coffret sur la table avant de s’adresser à lui.
- Vous devriez vous vêtir un peu plus, Narcisse. Je ne suis pas convaincu que cette chemise de lin à l’échancrure prononcée soit la plus à même de convenir à une entrevue commerciale.
Un soupir de Narcisse, qui n’aimait pas trop que l’on lui dise que faire, même si son cher ami était bien le seul à qui il le permettait plus ou moins.
- Mettez au moins cette tunique, s’il-vous-plaît.
Se retournant alors enfin, un nouveau soupir irrité, il répond froidement.
- Et s’il ne me plaît point ?
Toutefois, il s’avance. Saisit sèchement la tunique noire brodée d’argent, aux couleurs familiales. Enfile les manches, mais n’ira pas jusqu’à la boutonner, et qu’importe la faible décence de cette chemise blanche ouverte jusqu’au torse.
- Tu peux disposer Servius !
Son premier conseiller pince les lèvres, mais opine. Il n’avait pris qu’une demi-victoire, mais voyait bien que toute insistance à ce point serait vaine et contre-productive. Le Belliférien d’origine s’éloigne alors, quitte la pièce, saluant la femme au teint halé en la croisant comme elle était menée en le salon de réception où Narcisse l’attendait, prenant d’autres larges bouffées âcres sur sa pipe d’écume...
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Astarté des Sables

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Message Sujet: Re: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptyLun 18 Juin - 20:56

Dire qu’elle avait apprécié sa visite en Sombreciel, jusqu’à présent, aurait été très certainement exagérer de beaucoup la réalité. Elle n’avait pas détesté, la gitane, malgré ses appréhensions et sa méfiance pour ces gens insouciants, mais son désert de sable lui manquait. Pour la princesse d’Erebor, Astarté avait visité les sentiers fins qui serpentaient certaines forêts sombres à la recherche de ces fameuses lucioles. Elle avait compris en voyant leurs lueurs, dans la nuit, combien il était facile de se laisser bercer par leur beauté et croyait voir ce qu’Alméïde avait vu, elle aussi, bien avant elle. La gitane avait croqué plusieurs dessins dans son carnet en cherchant à capturer l’ambiance de ces créatures uniques à Sombreciel. Son périple avait perduré encore un long moment, jusqu’à retrouver la baronnie de Porte-Brume, plus loin sur les terres cerclant Valkyrion. Il ne lui restait qu’à remplir sa mission de la guilde et rebrousser chemin afin de revenir en Erebor. Son voyage prenait fin, tout doucement.

Elle s’était présentée dans une langue commune soigneusement maîtrisée où un petit accent rappelait le chant ancestral des enfants des dunes. La gitane s’était faite belle, pour cette rencontre. C’était dans ce but ultime qu’elle s’était risquée à transporter plusieurs ornements sur les routes, elle qui était d’ordinaire si prudente. Elle n’était pas seule, heureusement, et le protecteur se devait de veiller à ce qu’il ne lui arrive rien. On ne l’attendait pas. Du moins, ce fut l’impression qu’avait eu la gitane, depuis le vestibule. Dans l’attente qu’on prévienne le maître des lieux, le guerrier et la joaillière avaient échangé un regard long, bien plus communicatif que leur silence.

Astarté avait été menée à lui, le maître des lieux, en empruntant un labyrinthe couloirs qui emmêlait ses repères. L’homme massif qu’elle avait engagé par le biais de la guilde des Guerriers devaient l’attendre au vestibule, très certainement, là où ils s’étaient séparés. Sa place n’était pas dans l’un des salons de la demeure. Elle évitait de sortir de son duché sans protecteur, désormais. Même au sein du désert, on avait cherché à l’enlever à maintes reprises. En Bellifère également. Elle jugeait Sombreciel suffisamment étrange pour se méfier et s’y promener escortée.

- Sa Grâce Narcisse de Croquelune. Astarté des Sables, représentante de la Guilde des Joyaux.

Elle s’était inclinée bassement devant lui, sachant pertinemment combien la noblesse était farouchement défendue dans ce duché si particulier. Astarté se redressa après un moment marqué, dans une cascade de bracelets entrechoqués. Nombreux, ils étaient, d’or massif et gravés avec précision par ses propres soins. Peut-être était-ce par souci de plaire au noble Cielsombrois, ou alors parce que selon les plus âgés de la Guilde des Joyaux, cette pierre préservait l’équilibre de l’âme, mais chacun des ornements mettaient en valeur l’améthyste. Même sa tenue, un sari de soie, rappelait cette teinte violette propre à Sombreciel, en parfaite harmonie avec ses ornements. Si la folie était contagieuse, Astarté avait fait en sorte de ne pas être contaminée.

Ses prunelles de chat, d’un vert perçant, s’arrêtèrent sur lui. Narcisse de Croquelune. Sa tenue présageait une rencontre peu agréable, un peu trop décontractée, avec sa chemise largement ouverte, mais la gitane esquissa néanmoins un sourire fin, un peu timide ou intimidée, sous son voile. Leur duché ne s’aimaient pas, c’était un fait, mais elle représentait la Guilde et devait se montrer professionnelle et digne de la confiance qu’on lui accordait Les bijoux demeuraient une oeuvre d’art, qu’importe leurs origines, et la joaillière était bien déterminée à faire briller sa réputation déjà étincelante.

- Votre Grâce, mes hommages. C'est un honneur pour moi d'être ici.

Ne pas s’assoir avant d’y être conviée. Ne pas dévisager son torse à la peau pâle. Ne pas croiser son regard clair trop souvent. Surtout, surtout, ne rien dérober. La gitane croisa alors ses mains sous son ventre, dans une posture docile et humble, et patienta qu’on l’invite à prendre ses aises.

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Dernière édition par Astarté des Sables le Dim 15 Juil - 22:51, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptySam 30 Juin - 4:34

Ses herbes parvinrent à l’apaiser quelque peu. Narcisse en demeurait d’une humeur sombre quoi qu’il en fut, mais au moins ainsi serait-il du moins assez détendu que pour ne pas paraître trop froid et sec. Ce serait malvenu, bien entendu. L’un des conseils transmis de son père à son frère, et à lui ensuite par ce dernier : aucun accord intéressant ne se faisait dans la mésentente. Et si la bonne humeur pouvait être contagieuse, l’inverse se trouvait souvent vrai également. Autant donc tenter de se mettre dans de bonnes dispositions, malgré le marché qu’il allait passer et qui, bien qu’il était décidé, le tourmentait encore.

Et dans un nuage de fumée, la métisse fit son entrée. Narcisse était alors à fouiller le coffret. S’y trouvait donc la sélection de bijoux dont il fallait estimer la valeur, et qu’il remuait du doigt sans conviction. Une manière de s’assurer qu’il ne se débarrassait pas de trop de souvenirs malgré tout. Ou bien qu’il cherchait de quoi changer son avis. Il était trop tard quoi qu’il en soit. Aussi, à l’entrée de la jeune femme, le futur marquis redressait la tête, la détaillant brièvement de ses yeux verts. Rien d’indécent, mais c’est dans l’habitude du statuaire que de jauger les corps, d’attribuer son attention à l’observation la plus pure. Parfois, il lui arrivait bien d’être plus joueur, mais ce n’était pas du tout le cas en ce moment, et cela devait autant se voir que se sentir, sans doute.

L’artiste remarqua alors bien entendu l’effort qu’elle avait mis dans sa toilette, arborant couleurs usuellement prisée en Sombreciel. Toutefois… « Narcisse de Porte-Brume » se laissa-t-il à penser durant l’introduction. Le baron ne s’était pas encore tout à fait mis dans le crâne qu’il allait à nouveau porter le nom du domaine de son père. Ce marquisat… bien des souvenirs mauvais et désagréables, qu’il préférerait laisser pourrir là-bas, quelque part au fond de lui. Mais quel affront ce serait à la mémoire de sa famille que de refuser cet héritage prochain, dès lors que l’avancée des forces de l’empire en serait parvenue à la frontière. De ce qu’il en sait, cela ne tarderait plus trop… Mais soit. Il se lève donc pour l’accueillir. D’un signe de la main, lui indique le siège face à lui.
- L’honneur est partagé, Astarté des Sables ! Prenez place je vous prie. Souhaitez-vous que l’on vous fasse servir un peu de vin ?
Il lança un regard à un serviteur, appuyé d’un petit signe de tête. Ce qui voulait très clairement dire que lui en tout cas, il en prendrait. Restait à voir si ce serait une coupe ou deux qui serait menée en plus de la carafe.
- Quoi qu’il en soit, j’espère que votre voyage ne fut pas trop pénible. Je vous remercie de vous être déplacée, et bien entendu, je m’assurerez que vous puissiez profiter de mon hospitalité le temps que vous désirerez afin de vous reposer. Porte-Brume compte en ses murs de nombreux artistes ainsi que leurs œuvres. À titre personnel, je trouve ce cadre assez agréable, et j’ose croire et imaginer qu’en tant que joaillière vous-même, vous saurez l’apprécier vous aussi !
Comme toujours lorsqu’il s’adressait à quelqu’un, Narcisse la regardait dans les yeux. Pour lui c’était facile, la brume de ses drogues lui offrant comme un rempart face à ce monde auquel il n’estimait plus vraiment appartenir. N’en était qu’un passager, et dont il ne pourrait que modestement influencé sur la direction des choses, au final. Le Destin ne partage pas…
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Astarté des Sables

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Message Sujet: Re: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptyMar 17 Juil - 1:07

Au geste du maître des lieux, elle s’était posée avec délicatesse, la gitane, malgré le chant perpétuel de ses ornements à chacun de ses mouvements. Il lui proposa du vin. Un peu. Elle hésita un bref instant puis refusa d’un hochement de tête qui se voulait courtois. Elle n’était pas ici par pur plaisir ou par intérêt diplomatique. Sa présence était due à son travail de joaillière, uniquement, et il était certainement préférable de limiter les distractions. Qui plus est, il était difficile de faire entièrement confiance aux Cielsombrois quant aux substances à ingurgiter. C’était ainsi. Le serviteur partit en saisissant les réponses silencieuses, la laissant ainsi seule face au marquis.

Le silence fut bref et déjà Narcisse l’interrogeait sur son voyage et la remerciait d’avoir répondu à l’appel. Sourire fin et inclinement de tête bien humble, de la part de la gitane. Il poursuivait, enchaînant les mots avec l’habitude de celui qui parlait sans se faire interrompre, et bien trop heureuse de ne pas devoir parler, de ne pas avoir à se prononcer, Astarté l’écouta jusqu’au bout avec une attention aussi grande que le respect qu’elle devait à la noblesse. Son regard qui cherchait le sien sans relâche empruntait des nuances d’aigue-marine cerclées de pourpre et elle s’y accrochait, sensible à cet éclat bien rare chez les enfants des dunes.

- Mon voyage fut paisible et me voilà déjà à mon dernier séjour. Plusieurs m’ont parlé de Porte-Brume avant mon départ, et tous vantaient la générosité de son baron pour les enfants d’Asma. Votre hospitalité est généreuse et je ne peux que vous en remercier.

Elle abaissa le regard, en disant ses mots, habitée par la pudeur alors qu’elle glorifiait le marquis sous son propre toit. Il n’y avait eu que son vieux maître pour lui parler de Porte-Brume. Si la générosité de Narcisse n’était plus à faire pour les artistes, le vieil homme l’avait néanmoins mise en garde de la nature particulière des Cielsombrois. La joaillière avait juré d’être prudente, tant sur les routes que sur les terres. Peut-être se laisserait-elle tenté par quelques journées paisibles, sur cette baronnie. Son protecteur pourrait également en profiter, et le temps de repos lui permettrait de peaufiner ses croquis. Un silence fila, bref, et la gitane, autant timide que taciturne, se fit violence pour reprendre parole. Un regard discret fut dédié à la pièce, instinctivement, afin d’y repérer les issus possibles en plus de la porte lui faisant dos.

- La Guilde m’a parlé de deux contrats distincts. L’évaluation d’un lot d’ornements et la création d’un bijou unique.

Astarté avançait ses mots avec douceur et prudence, une note interrogative néanmoins présente dans sa voix, ne sachant trop s’il était préférable d’entrer directement dans la raison de sa présence ou si les civilités étaient encore désirées. Comme si le Destin portait une attention toute particulière sur elle, le serviteur fit son entrée, les mains chargées de la requête de son maître. Elle se cantonna alors au silence, son vieil ami si confortable, et laissa le domestique servir comme il se devait le maître des lieux. Désormais, le fardeau de poursuivre l’échange reposait sur Narcisse. Lui seul pouvait choisir sur quel terrain il préférait continuer la conversation.

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Dernière édition par Astarté des Sables le Jeu 23 Aoû - 22:28, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptySam 4 Aoû - 6:40

Narcisse cessa son manège lorsqu’elle prit la parole, arrêtant de touiller inutilement dans les vestiges précieux de sa défunte mère. Posa même sa pipe, comme s’il tentait de se vider les mains, n’avoir rien à tortiller nerveusement, sinon ses doigts. De cette manière, il tâchait de préserver son attention sur la jeune femme, sentant ses esprits parasités, encore et toujours, par les vagues de remords qui ne manquaient pas de l’assaillir. Ce serait sans doute insultant qu’il se mette à chipoter à tout ce qui lui était à portée des mains alors qu’elle lui adressait la parole. En temps normal, le Croquelune ne se souciait pas vraiment de ce que l’on pouvait penser de lui mais… il n’était pas tout à fait dans son état normal après tout. Ne pas se montrer insultant d’aucune manière, quitte à être particulièrement prévenant, voilà son plan pour cette entrevue. Sa mauvaise humeur lui passait, mais toujours cette culpabilité rongeait son cœur...
- Oh, c’est gentil de votre part, mais il n’y a pas là matière à me remercier. Je serais un fils bien ingrat de ne pas accueillir les miens qui seraient dans le besoin.
Un peu de double sens sans doute. Par « fils », il faisait à la fois référence à Asma ainsi qu’à sa véritable mère, ce qui fut comme retourner le couteau dans la plaie compte-tenu de ce qu’il s’apprêtait à faire. C’était sa mère qui avait pressé son père suite à leur mariage pour adopter cette idée de mécénat. Elle qui lui avait transmis sa passion pour les arts. L’avait poussé à faire ses premiers pas dans la sculpture, bien que sur bois, alors qu’il s’était par la suite pris d’amour pour le marbre. Et aujourd’hui, une part de lui ne manquait pas de lui souffler qu’il allait la trahir. Sa main se tend pour saisir sa pipe, mais il se rétracte. Toujours cette question de lui accorder le respect qu’il n’accordait pas à la mémoire des siens…
- C’est exactement ça, oui… Je pense que nous pourrions débuter par l’évaluation.
Tourne le coffre dans sa direction, et le pousse légèrement vers elle. Comme cela, c’est fait. Il arrache la croûte sur la plaie, s’en débarrasse. Ses mâchoires se contractent, faisant pulser ses muscles sous sa barbe. Une longue inspiration avant de reprendre la parole.
- Comme vous le verrez, il y a là un peu de tout. Il m’a été informé que vous ne procédiez pas aux achats, mais si d’aventure vous connaîtriez quiconque pourrait être intéressé par une pièce ou l’autre voir même le lot… L’information me serait grandement utile, et je ne manquerai pas de la rémunérer comme il se doit. A… heum...
Une hésitation. Ce qui ne lui ressemblait pas. Le statuaire de se mordiller la lippe, le regard fuyant, avant d’en revenir à elle.
- Mes excuses. Je… J’ai pour habitude d’appeler les gens par leur prénom, mais je ne voudrais en aucun cas vous manquer de respect. Me permettriez-vous de vous appeler Astarté, ou préférez-vous que je m’en tienne au stricte « madame » ? Bien sûr, je n’ai pas d’objection à ce que vous m’appeliez simplement Narcisse. Cela a même ma faveur, mais une fois encore, ne craignez pas de me faire part de votre préférence et je m’y tiendrai.
Il s’éclaircit un peu la gorge, avant de boire un peu de vin. Sans trop d’empressement, juste y tremper les lèvres. Autant pour l’évaluation que pour les civilités, la balle était désormais dans le camp de la gitane.
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Message Sujet: Re: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptyVen 24 Aoû - 15:32

Il parlait et parlait encore, et plus les mots défilaient de ses lèvres fines, dissimulées quelque part sous sa barbe hirsute, plus la gitane sentait un poids se retirer de ses épaules. Les rôles prenaient place : le noble Cielsombrois endossait celui du client loquace, la Sertie de Merveilles se contentait d’écouter les demandes et de créer. Ou encore d’estimer, puisque c’était ce qu’on attendait d’elle, ici-même. C’est d’ailleurs ce qu’il proposa, dans un premier temps, en glissant vers elle le coffre.

- Appelez-moi Astarté. Il n’y a nulle offense à m’appeler par mon nom... Naricsse.

Sa voix était délicate, un peu distraite, et il y avait eu un sourire timide, sur ses lèvres pleines, alors que son regard évitait le sien et caressait les ornements reposant dans leur coffret. Son attention peinait à suivre les paroles du noble Cielsombrois, désormais destinée à cet art qui lui parlait plus encore. De l’or. De l’argent. Elle y voyait, entre autres, des rubis gros comme une première phalange, un diamant enchâssé qu’il lui tardait de soulever et d’évaluer. Sa couleur, sa pureté. Y verrait-elle une inclusion, si elle l’inspectait plus attentivement? Le travail était respectable, à vue d’oeil, sur plusieurs pièces, et remarquable sur quelques unes. Elle reconnaissait même la touche erebienne sur l’un des ornements, si particulier dans le style. Qu’on lui coupe une main si ce bracelet d’or n’était pas l’oeuvre d’un enfant des dunes. Mesurée et prudente, pour ne pas dire excessive dans son respect pour cet art, la gitane souleva l’ornement pour mieux le détailler. Des torsades fines entouraient une pierre de lune soigneusement taillée. Enfin, elle revenait à Narcisse, l’ornement dans le creux de ses mains.

- Ce bracelet. Il provient du désert, n’est-ce pas?

Car il se démarquait par sa superbe, du moins, aux yeux de la gitane. La collection n’avait rien de régulier : quelques touches délicates et fleuries, à la mode lagrane, des pendeloques plus exubérantes comme les appréciaient souvent les Cielsombroises, et ce bracelet, seul et délaissé, brillant par sa beauté farouche. Elle se garda bien de le dire, mais il lui semblait inconcevable de quitter ces terres en laissant derrière elle un ornement créé de la main d’un des siens. Astarté le ramènerait dans ses bagages.

- Il me faudrait un moment afin d’étudier certaines pièces. Le diamant, plus particulièrement. Quant à l’achat, tout prix varie selon la qualité de l’ornement, mais également selon l’empressement de vendre.

Elle allait en rester là et retourner à son admiration silencieuse, si les convenances ne lui intimaient pas de s’épancher un peu plus en explication. De cette timidité qui la drapait toujours, la gitane avançait une question qui lui avait traversé l’esprit, en voyant l’étrange collection.

- Est-ce… en raison de la guerre, que vous désirez vous départir de ces bijoux? C’est une collection bien étoffée que vous avez là… Ils ne sont pas tous de Lagrance. J’y vois des talents de partout.  ...Je connais certains collectionneurs qui apprécient la finesse des ornements lagrans. Je vous ferai parvenir leurs noms, ou je vanterais vos bijoux en votre nom, si vous me le permettez.

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Message Sujet: Re: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptyMer 24 Oct - 23:16

Les civilités s'en tiendraient donc à l'usage des prénoms, comme il le préférait. Déjà un premier accord donc, en espérant que d'autres suivraient comme la discussion se poursuivrait. Une fois ce point établi, il laissa la jeune femme inspecter la collection à son aise, sans l'interrompre. Sirotant sa coupe de vin de ci de là, en regardant la métisse faire son office, faire passer entre ses mains une vie de bijoux. Quelques belles pièces en effet, même s'il en manquait une partie, réservée de côté pour préserver ainsi quelques souvenirs marquant de sa mère. Narcisse ne sortirait de son silence que pour répondre aux questions de la gitane.
- Hmm, cela est possible, en effet. Ma mère aimait l'art, ce qui est beau, quelle que soit la provenance. Aussi il n'est pas étonnant de trouver une certaine diversité quant aux origines des bijoux qu'elle a pu posséder. Après, votre œil en la matière est certainement bien plus aiguisé que le mien, comme vous le voyez je ne porte pas de joaillerie pour ma part. Aussi, si vous me dites qu'il s'agit là d'une pièce érébienne, je vous crois volontiers.
Un léger sourire quelque peu artificiel pour ponctuer cette déclaration. En effet, le style était différent des autres pièces, qui devaient pour le plus gros provenir de Lagrance et de Sombreciel, soit les duchés d'origine et d'adoption de celle qui avait donné le jour à Narcisse. Elle poursuit son étude, et derechef le Croquelune arbore un silence de circonstance, jusqu'à ce qu'un de ses commentaires nécessite réplique.
- Eh bien… lorsque vous mentionnez un moment… de combien de temps pensez-vous avoir besoin ?
De sa réponse dépendrait une partie de la suite de l'entrevue. Quelques heures, quelques jours ? Bien sûr que ça engendrerait une gestion différente quant à la manière de tenir cette évaluation. Néanmoins, il répondit déjà quant à son autre précision.
- Pour ce qui est de l'empressement… Je vous prierais d'évaluer ces bijoux pour ce qu'ils valent réellement. Je verrais ensuite à quel point je me devrais de les brader pour qu'ils soient vendus. Si j'ai certes quelques impératifs qui nécessiteront une manne financière notable, je ne suis pas dans le besoin au point de liquider cette collection pour un prix dérisoire. Je prendrai du temps si cela est nécessaire, et tenterai donc de trouver un compromis intéressant entre empressement et juste prix.
Si le commerce n'était pas la toute première qualité de Narcisse, son cher Servius lui en avait assez inculqué pour qu'il puisse négocier lui-même la vente de ses statues, sans parler de la négociation des termes des mécénats pour lesquels Porte-Brume était connu. Il se devrait donc honorablement se débrouiller quant au fait d'obtenir un prix correct de cette bijouterie.

Puis la dernière question, qui lui fait pincer des lèvres un instant. Une longue inspiration, suivie d'une dernière gorgée de vin, asséchant sa coupe avant de lui rétorquer :
- En effet. Les deux raisons de votre venue sont directement liées au conflit opposant les deux empires. Ma famille possède les terres de Croquelune, marquisat en frontière de Lagrance. Mon frère y régnait, jusqu'à… eh bien, jusqu'à ce que les Lagrans l'emportent… Il avait pris garde de m'envoyer quelques trésors familiaux auparavant, dont la bijouterie de ma mère – mon aîné était né d'un précédent mariage. Et désormais… eh bien… je me retrouve marquis, et mes terres ont été victimes de dégâts qu'il me faudrait faire réparer dans les plus brefs délais. Me séparer d'une part des souvenirs de ma chère mère permettra donc à cette terre de se relever plus vite encore du malheur qui l'a frappé. Quant au bijou que j'aimerais commander… j'aimerais porter quelque chose en guise de souvenir de ma perte récente… pour mon frère.
« Certains portent le deuil, d'autres des bijoux » se cracha-t-il intérieurement, habité d'un brin d'amertume.
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Astarté des Sables

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Message Sujet: Re: Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.   Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. EmptyVen 9 Nov - 18:28

Enfin, la petite gitane reposait le dernier ornement dans son coffret avec la douceur qu'on accordait d'ordinaire à une mère pour son enfant. Des perles nacrées enjolivaient des pendeloques coquettes et, si les arabesques ciselées lui rappelaient la signature de l'un de ses confrères de la guilde des Gemmes, Astarté était bien incapable de se souvenir avec précision de qui il s'agissait. Pour le moment. La question du délai, bien légitime, rapatria l’attention de la paisible Erebienne sur lui, le maître des lieux. Combien de temps allait-elle profiter de son hospitalité? Combien de jour de travail aurait-elle à lui facturer? Et surtout, quand rentrerait-elle chez-elle, dans son désert brûlant et doré? Elle prit quelques instants pour évaluer la collection d’un dernier regard, avant de lui offrir une réponse.

- Quelques jours suffiront. Vous m’offriez généreusement de séjourner sur vos terres… Je prendrai ce temps pour évaluer votre collection, Narcisse. Ma trousse me suffira pour ce travail.

Des pinces de différentes tailles, des pinceaux assez souples pour ne pas endommager les plus précieux bijoux, un carnet et un nécessaire d’écriture pour ses notes, un ruban à mesurer, un baguier d’argent, une paire de cisaille et, surtout, son étrange prototype de lunette grossissante. Ses confrères de la guilde des Gemmes lui jalousaient cette invention particulièrement utile autant qu’ils dénigraient son excentricité. Il s’agissait de toutes petite longue-vues fixées sur une monture qui lui permettait de déceler les moindres imperfections d’une ciselure. Tout son barda avait été difficile à transporter sur les routes d’Arven, mais l’effort en valait la peine. Quelques jours et son travail serait complété.

Le sujet du décès de ses proches s’imposa bien tristement. Les morts étaient sacrés, sur les terres du Sable et du Roc. Les corps quittaient les dunes sous les bijoux les plus étincelants, couverts d’huile et de parfum onéreux, afin de terminer leur voyage dans les grottes cerclant le désert. Enfants des Sables scellés dans le Roc pour l’éternité. L’entièreté des bijoux de la défunte l’auraient accompagnée pour ce dernier voyage et l’affaire aurait été rapidement terminé. Pour les Cielsombrois… Son vieux maître lui avait raconté combien la douleur était vive, pour ces gens se nourrissant d’émotions et de tourments. Le Marquis de Croquelune, sous sa chemise échancrée et sa barbe touffue, incarnait ce mal-être cielsombrois. La gitane s’en désola, plus encore puisqu’il s’agissait de la noblesse, mais sa compassion était sincère.

- Je suis navrée d’apprendre votre perte. Le deuil est lourd, pour les vivants, qu’importe nos origines.

Des mots creux, pour certains, mais étrangement sentis pour la jeune joaillière. Deux parents perdus. Un clan perdu. Une enfance perdue. Erebor et tous ses morts, suite à cette guerre meurtrière. Elle s’y connaissait en malheur et en souffrance, depuis ses premiers souvenirs ; elle pouvait reconnaître la détresse d’un orphelin lorsqu’elle la croisait. Un silence passa, entre eux, comme si leurs souvenirs respectifs revenaient hanter leur échange. Ce fut elle, du haut de sa timidité, qui reprit parole, balayant le coffret d’un geste de la main.

- Si vous choisissiez une ou deux pièces de cette collection, il me serait possible de fondre l’or et de façonner un ornement nouveau et unique, en l’honneur de votre frère. Il serait possible de garder souvenir de votre famille perdue en une seule oeuvre.

Elle y voyait déjà une aigue-marine pour souligner l’éclat glacial de son regard. Elle y voyait de l’or, pour la noble désinvolture qu’il arborait, même devant l’une des représentantes d’une guilde aussi prestigieuse. Elle y voyait un ornement massif, maculin, mais aucunement ostentatoire.

- Un médaillon, peut-être, où les armes de Croquelune et de Porte-Brume seraient gravées..?

Ne rien imposer. Le laisser rêver.

Certains portent le deuil, d'autres des bijoux. Divide10

Et il avait rêvé, le noble marquis. La joaillière lui avait offert un nombre fascinant de croquis, d’ébauches, d’idées et de merveilles, du bout d’un fusain aiguisé. Bien peu bavarde, elle laissait son art s’exprimer et lui faire comprendre la délicatesse des ornements là où les mots semblaient lui manquer. Ils avaient convenu ensemble que certains pendentifs les moins significatifs seraient refondus, et que l’or et les pierreries serviraient à créer une oeuvre nouvelle. Un médaillon d’argent portant les armes du marquisat, dernier honneur fait à son très regretté frère. Elle avait quitté plus tôt qu’il ne l’aurait souhaité, peut-être, mais la gitane se protégea derrière la nécessité de retrouver son atelier, au coeur des dunes. Avec les ornements erebiens, évidemment.

L’oeuvre lui serait envoyée dans les plus brefs délais, respectant en tout point leur entente.

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Certains portent le deuil, d'autres des bijoux.
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