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 Il y eut un soir, il y eut un matin

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Dragonnet en Chef • Livre I
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Message Sujet: Il y eut un soir, il y eut un matin    Sam 18 Juin - 19:11


Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Alméïde d'Erebor & Mélusine de Séverac

Il y eut un soir, il y eut un matin

Ce fut le second jour



• Date : 6 juin 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après un premier jour éprouvant, le séjour de la princesse Alméïde à Sinsarelle se poursuit, aux bons soins de Mélusine.


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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Sam 18 Juin - 19:13


Il y eut un soir, il y eut un matin
Ce fut le second jour
Alméïde & Mélusine • 6 juin 1001


J’ai à peine fermé l’œil de la nuit. Les événements d’hier ont tourné et retourné sans arrêt dans mon esprit enfiévré, dansant une folle sarabande confuse, emplissant mes pensées d’une cacophonie chaotique. J’ai remis Alméïde aux mains des servantes, m’enfuyant dans ma chambre – mais mon sang bout trop encore, et j’ai quitté les lieux une heure après, pieds nus dans mon sari, errant dans le salon vidé des débris comme une âme en peine. J’entends presque encore l’écho du tapage infernal résonner entre les quatre murs. Je revois vaguement mon amie chère réfugiée dans un coin, entourée par un arc de cercle relativement intact, l’anarchie régnant tout autour d’elle. Je revois ce rosier diapré sur les pages de son carnet – rien qu’à cette pensée, tout mon épiderme se révulse, et la jalousie gronde en moi. Un sentiment profond, entier, irrévocable, une détestation solennelle et éternelle : la rage du soleil qui brûle sans pitié au zénith, la rage froide, glaciale et hautaine des lunes si lointaines à l’horizon, la fureur des étoiles qui toisent l’humanité depuis le firmament.

Troublée, je sors dans les jardins : il est très tard, ou même très tôt, et peu d’âmes sont encore éveillées en dehors des sentinelles sur les remparts. Machinalement, mes pas me ramènent vers mon bassin préféré, et je retire mon sari pour m’asseoir sur le bord, trempant mes jambes dans l’eau agréablement tiède. Je ne suis pas à l’aise lorsqu’il s’agit de gérer les émois du cœur : je suis une petite fée trop agitée, et j’envie le calme proverbial de ma jumelle. Chère, très chère Mélisende : dès mon retour à Lorgol, je viendrai épancher mes tourments sur ton épaule compréhensive, et je sais que cela ira bien.

Les heures passent – je finis par rentrer dans mes appartements, sari sous le bras, opérant un détour par les cuisines pour chaparder quelques dattes dans une corbeille en osier. De retour chez moi, je dépose ma robe dans un fauteuil, et m’étends sur le lit, désespérant de parvenir à trouver le sommeil. Je finis par m’assoupir, toutefois – quand je m’éveille à nouveau, les étoiles commencent à pâlir à l’horizon, annonçant l’aube qui se prépare. Je prends une demi-heure pour écrire à Castiel, lui contant les péripéties d’hier et quémandant quelques meubles pour remplacer ceux tombés pour la cause, lui partageant quelques bribes de ma vie. Il me manque, ce jeune chiot fou toujours à cavaler partout ; je me retrouve beaucoup en lui, et je suis fière de l’homme qu’il est en train de devenir. J’envoie quelques pensées affectueuses à toute ma tribu éparpillée aux quatre vents ; et lorsque l’aurore finit par s’installer, je souffle la bougie qui éclairait mon écritoire, résolue à aller trouver mon amie pour lui présenter des excuses détaillées.

C’est d’un pas décidé que je me précipite dans le couloir – avant de faire demi-tour et de revenir dans ma chambre comme une bourrasque, enfilant une chemise pour couvrir mon corps et préserver la pudeur de ma princesse. Elle n’est tenue que par des bretelles, mais elle est longue, suffisamment pour caresser mes chevilles à chacun de mes pas tandis que je rejoins l’appartement des invités.

Elle dort encore. Je me faufile dans la chambre comme un souffle de vent, approchant sur la pointe des pieds du grand lit moelleux où les servantes l’ont couchée. Elle dort ; et je n’ai pas le cœur de la réveiller, la pauvre malheureuse, pas après les excès que je lui ai infligés hier. Prudemment, avec des gestes excessivement calculés pour ne pas la réveiller, je grimpe sur le lit pour la rejoindre, me coulant doucement contre les coussins. J’ai prévu d’attendre tranquillement qu’elle s’éveille ; mais la fatigue de la nuit soudain a raison de moi, et je m’endors comme une masse, roulée en boule autour d’un coussin de soie.


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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Dim 19 Juin - 20:42

Elle s'est endormie. Bercée par les chants erebiens, de ceux que sa mère fredonnait autrefois, mêlés au souffle du vent qui caressait doucement son visage, Alméïde a trouvé le sommeil, épuisée par la journée éprouvante. Après la peur, l'inquiétude et la culpabilité, c'est le soulagement qui a fini de drainer toute son énergie quand le poids sur ses épaules s'est retiré. Dans la douce étreinte d'une amie, contre la chaleur de son corps, au son mélodieux de sa voix. C'est comme une enfant qu'elle a lâché prise entre ses bras et que Niobé l'a emportée au loin. Elle n'a pas senti les bras qui l'emportaient jusqu'à sa chambre, n'a pas entendu la légère agitation à ses côtés lorsqu'on lui a apporté de quoi se sustenter. Son sommeil est profond et réparateur. Lovée dans les draps, c'est à peine si elle esquisse le moindre mouvement durant la nuit.

Au petit matin, lorsqu'elle ouvre les yeux, il lui faut plusieurs secondes avant de réaliser où elle se trouve. Les draps froissés ne sont pas les siens, ses vêtements lui ont été retirés pour la parer d'une robe de nuit en soie blanche, parfaitement adaptées à la chaleur du duché de sable et de roche, ses cheveux détachés sont emmêlés sur l'oreiller. Le soleil qui filtre à travers les voiles qui masquent la fenêtre l'aveugle momentanément et Alméïde se retourne dans son lit pour se retrouver face à la silhouette endormie de Mélusine. Attendrie, la princesse esquisse un sourire, immobile et silencieuse face à sa douce amie. Les souvenirs de la veille viennent se bousculer en masse dans son esprit, elle décide de n'en retenir que les derniers instants de sérénité, en haut de cette tour, dans la nuit qui a veillé sur elles. Doucement, elle porte ses doigts au visage de son amie, repoussant une mèche de cheveux derrière elle pour dégager ses traits détendus, presque fragiles. Elle se fige alors, en la voyant remuer légèrement, serrant les dents dans l'espoir de ne pas l'avoir réveillée. Quelques mots inintelligibles s'échappent de ses lèvres, quelques syllabes sans queue ni tête, avant que le silence ne retombe dans les appartements déserts.

Elle aimerait rester là Alméïde, à l'observer silencieusement jusqu'à ce qu'elle se réveille, enveloppée dans les draps si confortables, mais son ventre émet une plainte difficile à ignorer. Sur son visage, une légère grimace se dessine et elle se tourne à nouveau avec des gestes précautionneux afin de sortir du lit sans déranger le sommeil de Mélusine. Elle aperçoit alors le plateau de nourriture, déposé là à son intention sur un guéridon, près de la fenêtre. Une main sur son ventre pour en apaiser les revendications, elle s'en approche et s'installe sur le fauteuil qui se trouve à côté, non sans l'avoir d'abord retourné afin qu'il soit face au lit et non plus à la fenêtre, veillant ainsi sur son amie d'un regard aiguisé.

Les minutes passent dans le silence du matin, le plateau à moitié vide est délaissé et la princesse est assise en tailleur sur le fauteuil, son carnet de dessins entre les mains, un morceau de fuseau glissant sur le papier. Jamais elle n'avait vue son amie aussi calme – et surtout immobile. Il y a bien quelques instants où elle remue légèrement, où quelques mots sont marmonnés sans qu'elle n'en comprenne réellement le sens, mais ce n'est rien par rapport à son activité incessante lorsqu'elle est éveillée. Alors elle en profite, la jeune femme, reportant ses traits paisibles, sa silhouette fine, dans ce carnet qu'elle emporte si souvent dans ses voyages. En Lagrance, elle dessinait les plus belles des fleurs qui croisaient sa route. Elle ne voit pas pourquoi elle n'en ferait pas de même en Erebor.

Son esquisse prend forme sous ses doigts quand les mouvements des draps se font un peu plus insistants. Elle relève les yeux, remarque ceux de son amie qui s'ouvrent lentement, clignent à la lumière du jour. Un sourire en coin vient se dessiner sur ses lèvres. « Bien le bonjour. » Le ton est amusé, son regard se reporte sur la feuille tandis qu'elle complète le dessin, retouchant quelques traits ici et là. Sur le même ton, elle continue. « Sais-tu que tu parles dans ton sommeil ? Oh, les choses que tu racontes, ma douce amie. J'aurais dû les noter. » Elle est de bonne humeur Alméïde, d'humeur taquine même. Et son regard brille de cette complicité qui les lie depuis des années.

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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Lun 20 Juin - 17:45


Il y eut un soir, il y eut un matin
Ce fut le second jour
Alméïde & Mélusine • 6 juin 1001


Les rêves m’emportent loin et je dérive paisiblement sous leur emprise, lâchant prise avec la réalité et me faisant le jouet de mon esprit fatigué. Je rêve de Séverac, je crois ; c’est presque comme si je pouvais sentir les poiriers à l’automne, ce parfum sucré des poires tardives, juteuses et délicieuses à croquer, dont on fait la meilleur liqueur du continent. Il y avait dans ce rêve une sensation de… sérénité. Un calme absolu, bien peu en rapport avec la réalité de mes souvenirs familiaux, marqués de divers trous dans les murs paternels et sacrifices de rosiers maternels. Melbren et Castiel ont émaillé mon adolescence d’une activité turbulente, et il y avait bien rarement à Séverac ce calme solennel qui emplit mes songes. Peut-être est-ce simplement que je m’y sens parfaitement en sécurité, tout bonnement ? Jamais en danger, jamais menacée. A Sinsarelle, c’est… différent. C’est Mère qui l’a apporté dans la famille, et même si j’en suis la tenante depuis presque vingt ans à présent, je reste la Cielsombroise qui a volé un marquisat erebien, pour certains. Pourtant, je me sens erebienne : j’aime la mer des dunes qui s’étale à l’infini en bas de ma montagne, j’aime la fraîcheur des couloirs de ma mine, j’aime la poésie barbare des contes erebiens, j’aime la fierté sauvage des gitans des sables.

Et j’aime sa princesse.

Elle est le premier détail de mon environnement que j’aperçois en ouvrant les yeux, et je dois battre des cils plusieurs fois pour que ma vision s’accommode, tant cette vision me laisse perplexe. Que fait la jolie dame des dunes dans ma chambre, fusain en main ? Un peu perdue, je m’assieds péniblement, coussin entre les bras. C’est là que je prends conscience du reste de la pièce : des meubles élégants, mais pas ceux que j’avais choisi pour mon appartement privé ; un lit confortable, mais pas identique à celui sur lequel je passe d’ordinaire mes nuits. « Mmh. » Je me souviens vaguement d’une nuit d’insomnie, d’un trempage de pied dans le bassin de la Lune, et d’un grimpage dans le lit d’Alméïde ; ce qui explique probablement la chemise de soie dont j’ai pris la peine de me vêtir.

Son commentaire me glace le sang. Je parle en dormant, certes, mais qu’ai-je bien pu dire de si compromettant ? A-t-elle eu un aperçu de cette vie secrète que je cache à tous, y compris ma famille ? A-t-elle entendu le nom de la Cour des Miracles tomber de mes lèvres ? A-t-elle glané des détails sur mes réguliers passages dans le lit de son frère il y a des années ? Un peu paniquée, je reste figée là, sur les draps de soie du lit de mon amie, serrant le coussin contre moi comme s’il s’agissait d’une protection impénétrable. Les rouages de mon esprit sont encore embrumés par le sommeil tardif qui m’a saisie, et je ne sais pas trop si ma princesse plaisante ; ou si elle a effectivement tiré des informations confidentielles de mes marmonnements endormis. Je suis encore trop assoupie pour vraiment disserter sur le sujet, alors je choisis la voie la plus directe pour en avoir confirmation. « Ah… Ah bon ? »

Bon, peut-être pas la voie la plus explicite, mais je ne peux guère en dire plus : un bâillement irrépressible m’échappe, et cachant ma bouche derrière une main polie, j’étire mon autre bras à fond pour tenter de secouer plus vigoureusement les brumes du sommeil qui pèsent encore sur moi. Je jette un regard par la fenêtre, mesurant la luminosité : le soleil a l’air levé depuis deux bonnes heures au moins, et je passe une main légère dans mes cheveux ébouriffés, tentant de leur redonner un semblant de dignité – sans succès, je le pressens, à l’air amusé de mon amie, que je contemple d’un air toujours un peu égaré.

Oh, par Dauwdauw l’Endormi – quel réveil difficile !


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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Mar 21 Juin - 3:05

C'est un moment paisible qu'elle savoure sans modération, à la douceur des rayons matinaux. Elle est sereine Alméïde, concentrée dans cet instant privilégié de plénitude. On dit que la nuit porte conseil et c'est peut-être ce qui la rend de si bonne humeur. Son sommeil profond l'a soulagée du poids des événements de la veille. Elle ne les oublie pas, n'en diminue pas la portée, mais elle décide de n'en retenir que l'important. Mélusine lui a dit de prendre son temps, de bien réfléchir à la profondeur de ses sentiments, sans pression aucune de sa part et elle lui en est reconnaissante. Parce qu'on fond, elle reste toute chamboulée la princesse, un peu remuée dans son cœur et dans son âme par des paroles aussi inattendues que troublantes. Mais avec les années, elle est devenue douée pour ce qui est d'enfermer le tout dans un petit écrin qu'elle garde enfoui profondément et qu'elle n'ouvre que lorsqu'elle se sait totalement seule, à l'abri des regards et des jugements. Il y a tant de choses qu'elle garde pour elle, tant de mystères bien gardés. Et elle ne veut rien précipiter la princesse, elle veut prendre le temps qui lui est accordé pour soupeser ces sentiments tendres qu'elle éprouve depuis toujours pour son amie mais qui, à la lumière de ses paroles, viennent secouer les fondations de tout ce qu'elle pensait savoir. Des réflexions troublantes, soigneusement enveloppées et rangées dans un coin de son esprit en attendant le moment opportun pour en ressortir.

Il y a du mouvement dans le lit, devant elle, et Alméïde éprouve un amusement certain face à l'incompréhension de son amie. Elle arbore cet air hagard de celui encore retenu par ses songes qui la rend si attendrissante et ses yeux semblent mettre du temps à s'ajuster à cette soudaine clarté. Taquine, la princesse profite de cet instant éphémère où elle est celle qui peut se jouer de son exubérante hôtesse, badinant d'un ton léger sur les marmonnements inintelligibles prononcés plus tôt. Mélusine affiche cet air d'enfant pris la main dans le sac, attendant de savoir à quel point il est dans le pétrin et si, oui ou non, il doit se trouver des excuses. C'est avec une grande peine qu'elle se retient de rire d'ailleurs, la jeune Erebienne. « Je crois bien t'avoir entendu prononcer le mot poire. Aurais-tu assisté à un quelconque festin dans tes songes ? » La malice brille dans les yeux de la princesse qui termine d'esquisser quelques traits avant de refermer son carnet et de le poser près du plateau de nourriture, le morceau de fusain en équilibre par dessus. Elle se relève de son fauteuil et s'approche à nouveau du lit, remontant dessus avec allégresse, heureuse qu'elle est de se trouver ici en compagnie de son amie de toujours.

À genoux aux côtés de Mélusine, elle sourit d'une oreille à l'autre, comme un enfant qui découvrirait ses cadeaux le jour de son anniversaire. « Alors dis-moi, qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui ? Tu m'as tant vanté les mérites de ton domaine, je veux tout voir, tout connaître ! » Elle en sautillerait presque sur place, si insouciante maintenant que la nuit l'a soulagée de ses appréhensions. Et il lui tarde de faire le tour du propriétaire.

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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Ven 1 Juil - 0:54


Il y eut un soir, il y eut un matin
Ce fut le second jour
Alméïde & Mélusine • 6 juin 1001


Je n’ai pas assez dormi, je le sens bien ; la fatigue pèse sur mes membres et j’hésite à me rallonger pour me rouler en boule et me rendormir. A Lorgol, j’ai pris l’habitude de vivre la nuit pour remplir mes fonctions à la Cour des Miracles : me lever en fin d’après-midi, et me fondre parmi les ombres de la capitale pour accomplir mes missions. C’est toujours un décalage quand je reviens passer quelques jours à Sinsarelle : la chaleur intense de la journée, et la lumière. Oh, Isil, cette lumière du désert si éclatante, qui repousse la pénombre sans pitié ! J’aime cette éclatante clarté, et le soleil dans le ciel ravive toujours mes forces. Ce matin, pourtant, j’aurais aimé qu’il me laisse errer dans les brumes du sommeil encore un peu. C’est que la journée d’hier a été fertile en événements de toute sorte, et je sens la fatigue engourdir mon corps et mes sens.

Alméïde grimpe sur le lit, et son enthousiasme réjoui me tire un sourire attendri. « Nous irons où tu le voudras. Il y a quantité de merveilleux paysages à dessiner depuis les hauteurs de la citadelle ; ou nous pouvons aussi profiter du bassin du Soleil et nous y baigner un moment. Le fond est intégralement en verre enchanté : l’on voit l’infinité du désert sous l’eau, j’aime énormément à m’y détendre. » Je roule sur le dos, évoquant mentalement le décor de l’endroit – je suis certaine qu’elle aurait plaisir à le dessiner. « Il y a des petits poissons multicolores, qui t’effleurent en nageant et tournent autour de toi et se cachent parmi les rochers des parois, et des fleurs d'eau – des papillons s’y posent à l’aube et au crépuscule, et sous les rayons du soleil leur embrasement est sublime… »

J’aime cet endroit. Sinsarelle est le lieu parfait pour le repos et la paix, je suis heureuse que ma princesse puisse en profiter. Un grondement soudain me rappelle que mon estomac est vide – un rire gêné m’échappe. « Je voudrais juste manger un peu avant, d’accord ? » Je meurs de faim en réalité, et je pille le plateau posé à proximité, engloutissant quelques pâtisseries outrancièrement sucrées dont je raffole depuis que j’y ai goûté à l’âge de sept ans. Je suis gourmande, c’est mon péché mignon ; et je savoure les délicatesses toutes erebiennes de Sinsarelle avec un immense plaisir à chacune de mes visites. Toute la domesticité a rapidement compris mon attirance pour les douceurs dégoulinantes de miel et de sucre ; et des plateaux sont disposés chaque jour aux quatre coins de ma demeure, pour proposer à portée de ma main leur contenu scandaleusement délicieux. Je dois bien admettre que je m’enrobe toujours un peu pendant mes séjours dans le désert ; je retrouve rapidement ma silhouette fine à Lorgol, mais je me laisse un peu aller quand je suis en vacances dans mon bac à sable personnel. Les Cielsombroises sont minces et élancées, mais j’ai toujours regretté de ne pas être de ces femmes aux formes plus moelleuses, comme ma mère – alors, sans remords aucun, je lèche consciencieusement chacun de mes doigts, avant de nettoyer le plateau lui-même de quelques coups de langue.

Reposant l’ustensile à sa place pour qu'un domestique le rapporte en cuisine, j’intercepte le regard curieux de mon amie, sûrement peu habituée à constater un comportement manquant autant d'élégance dans son entourage. Je lui adresse un clin d’œil malicieux, et me penche vers elle pour l’enlacer à bras-le-corps dans une étreinte affectueuse, déposant un baiser un peu collant et sûrement affreusement sucré sur sa joue hâlée.

Voilà. Moelleuse, comme les filles d'Erebor - comme ma princesse des dunes.


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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Dim 3 Juil - 2:05

Elle décrit les lieux merveilleux de son domaine avec tant de détails, avec une telle intensité. Alméïde a déjà l'impression d'y être, imaginant sans peine le bassin dont elle lui parle et qui la fait rêver. La chaleur de ce duché de sable et de roc est propice à quelque moment de détente dans des eaux claires à la fraîcheur bienvenue et si la vue y est aussi belle qu'elle le dit... pourquoi pas après tout ? La princesse ne répond pas, elle la laisse à ses rêveries, elle-même peignant dans son esprit le décor si bien planté par la marquise. Car Mélusine sait parfaitement s'exprimer ; enfant de Sombreciel où la poésie est reine, elle manie les mots et les fait chanter de manière si douce aux oreilles de l'Erebienne, grande amatrice de contes et d'histoires en tout genre. Quand Anthim lui parle de l'histoire de leur duché, de leur empire ou même du continent, elle ne se lasse pas de l'écouter, tant il y a de récits qui méritent qu'on leur prête l'oreille. Avec Mélusine, elle sait qu'elle pourrait passer un temps considérable à l'écouter, tant elle a à raconter, son extravagante amie qui vit de palpitantes aventures et fait d'incroyables rencontres. Il ne s'agit pourtant que d'une vague description d'un bassin de son domaine cette fois-ci, mais les lèvres d'Alméïde se parent d'un doux sourire rêveur à cette simple perspective.

« Ca semble être l'endroit idéal pour se laisser aller à ses pensées. » fait-elle remarquer avant que l'estomac de la marquise ne se manifeste en un grondement affamé. Elle se retient de rire, la princesse, sourire en coin, le regard rieur. Elle n'a pas dû manger grand chose non plus depuis la veille, si elle en croit cette plainte sourde.

« Je voudrais juste manger un peu avant, d’accord ? » Elle acquiesce, la laisse se sustenter à sa guise – après tout, elle est chez elle. Les pâtisseries se volatilisent bien vite sous ses yeux, des douceurs qu'elle pourrait savourer sans s'arrêter, tant elles ravissent son palais. Mais Alméïde a déjà assez mangé ce matin, souriant à la vue de la gourmandise de son amie tandis qu'elle-même s'installe au bord du lit pour lui faire face. Elle apprécie ce moment tranquille en cette douce matinée. La chaleur pénètre peu à peu dans la chambre mais le soleil n'est pas encore assez haut dans le ciel pour que les températures erebiennes ne se montrent réellement sous leur jour habituel. À cette altitude, Sinsarelle jouit également de la fraîcheur d'un vent plus agréable qu'au cœur des dunes, sans parler des paysages incroyables qui peuvent être admirés par les fenêtres de la demeure.

Elle lève les yeux vers son amie quand celle-ci termine de dévorer le plateau – presque littéralement. Un peu surprise par cette spontanéité inhabituelle chez une femme d'un tel rang, elle l'observe avec amusement, se retenant de rire à nouveau. Mélusine la rejoint vers le lit avant qu'elle n'ait pu faire un commentaire, la prenant dans ses bras sans se poser de questions, posant sur sa joue un baiser collant et sucré. Elle sursaute la princesse, au contact de ses mains sur ses hanches, grimaçant légèrement sous la surprise et la légère douleur soudain éveillée. Elle couine doucement mais elle balaie bien vite l'étonnement qui se lit sur ses traits, ne voulant pas que Mélusine interprète mal sa réaction, lâchant un : « Mais Mélusiiine, t'es toute collante ! » Elle fait mine de bouder, la princesse, et elle se frotte la joue de manière exagérée, comme une enfant vexée. Avant de lui adresser un sourire complice puis de prendre la main dans la sienne.

« Dis, est-ce que ton bassin est profond ? Parce que j'aimerais beaucoup en profiter avant le dîner, mais... tu sais bien. Je nage à peu près aussi bien qu'une pierre. » Elle coule tout aussi bien également. Non pas qu'elle n'apprécie pas les bassins du palais de Vivedune, mais elle n'y a jamais porté un intérêt plus grand que nécessaire et n'a donc en conséquences jamais appris à nager. « Sinon je me contenterai d'y tremper les pieds. Peut-être que je dessinerai un peu plus tard aussi. Qu'est-ce que tu en dis ? » Elle resserre un instant sa main dans la sienne et se relève, portant à nouveau la main sur sa joue par réflexe, là où elle sent encore le miel sur sa peau. Douce Mélusine. Incorrigible Mélusine. Même à moitié endormie, elle est encore si imprévisible. « De toute manière ça m'est égal. Je suis venue pour passer ces quelques jours en ta compagnie ; ce qu'on fera m'importe peu. » Tant qu'elle est à ses côtés.

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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Lun 11 Juil - 13:48


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Alméïde & Mélusine • 6 juin 1001


Doucement, je resserre les bras autour de sa taille, veillant à ne pas la brusquer. J’ai bien senti son geste de recul – elle s’est rattrapée d’un rire et d’une plaisanterie, mais j’ai quand même reconnu un réflexe de rejet, et ça fait mal, un peu, tout à l’intérieur. Je la garde contre moi, un instant, juste le temps de quelques battements de cœur – le parfum de ses cheveux, la douceur de sa peau, rien qu’un moment, puis je la lâche et souris en la voyant se frotter la joue comme une enfant. Quand j’étais gamine, j’ai souvent eu ce geste-là : à voler des sucreries ou des confitures dans les cuisines, rapportant mon trésor dans mon jupon à ma sœur, qui prenait le soin de laver mon visage et mes mains ensuite, pour que je sois présentable. Chère, chère Mélisende. Il faudra que je lui parle d’Alméïde. Encore que, elle a peut-être déjà compris. Intelligente, ma jumelle – plus clairvoyante que moi.

Le sourire de ma princesse ma réchauffe le cœur, et je serre ses doigts entre les miens lorsqu’elle vient me prendre la main. J’aime la voir de bonne humeur, détendue – j’espère qu’elle aime Sinsarelle. Je voudrais… Je voudrais tout lui montrer. Lui faire voir chaque pierre, chaque dalle, lui raconter leur histoire ; lui narrer les épopées du désert qui ont façonné mon domaine au fil des siècles, les raids des pillards du désert, les invasions des sauvages des montagnes, le va-et-vient constant d’allégeance pendant la dernière guerre entre Erebor et Sombreciel, les harmonies musicales qui résonnent et s’entrelacent au plus profond des mines de cristaux. Je voudrais lui montrer chaque bassin, chaque fleur, chaque papillon ; lui faire observer l’horizon de chaque terrasse, chaque toit, chaque balcon ; lui faire emprunter chaque couloir, chaque passerelle, chaque chemin dérobé. Il y en a, des passages secrets, à Sinsarelle ; je me rappelle le temps que j’ai passé adolescente à tenter de tous les trouver. Je n’y arriverai sûrement jamais d’ailleurs, tant certains doivent être astucieusement dissimulés…

Heureusement, elle semble savoir déjà par où commencer : les bassins. Merveilleuse idée ! « Il y a le bassins des Orchidées. Il n’est pas très profond : j’y ai pied partout, l’eau m’arrive au menton à l’endroit le plus profond. La pente est douce : tu pourras rester près du bord, et puis je peux t’apprendre à nager, aussi. Ce n’est pas très compliqué ! » Pas très dur, non. Un frisson sinistre court quand même le long de mon dos, lorsque je me souviens à quelle occasion j’ai appris, moi. J’étais si jeune encore – au large des côtes de Sombreciel, après le naufrage du navire qui nous portait vers le nord. A moitié noyée dans l’eau salée, alourdie par mes vêtements… Melsant, surgi de la tourmente avec Mélisende accrochée à son épaule, qui m’avait attrapée et indiqué comment procéder pour ne pas couler – et qui nous avait forcées, ensuite, à apprendre à nager. Avait-il compris que c’était le seul moyen de guérir notre frayeur de l’eau ? En tout cas, j’ai su nager jeune – et je me trouve à l’aise dans cet élément. Je parle peu de Meldred. Je me rappelle à peine de lui, j’étais si jeune ; mais je me souviens du chagrin de Mère, du regard hanté de Père. L’histoire du naufrage a terrifié Castiel quand il nous a rejoints, des années plus tard ; et sa phobie vient peut-être de là.

« Castiel a une peur panique de l’eau, le savais-tu ? Nous n’avons jamais réussi à lui apprendre à nager, quelle que soit l’approche tentée. Le pauvre, c’est dommage quand même : c’est si agréable de se laisser porter par le courant. Viens ! Je vais te montrer ! Tu pourras même te débarbouiller de tout ce miel. »

Sans lâcher sa main, je saute du lit et l’entraîne à ma suite, d’une seule traite, jusqu’au bassin des Orchidées qui surplombe le désert, dans un nid de verdure. C’est là seulement que je la lâche – avant de me souvenir d’un léger détail. Elle est pudique, ma princesse. Un peu trop pour mon goût, mais bon – chaque chose en son temps. « Normalement, on se baigne nu ici… mais tu peux garder ta chemise, si tu veux. Moi, j’enlève la mienne : fais comme tu préfères ! » Joignant le geste à la parole, je retire le tissu blanc, et prends mon élan pour sauter dans le bassin là où il est le plus profond, dans une grande gerbe d’éclaboussures et un rire enchanté. « Allez, viens, Mémé ! On y est bien ! » Elle semble hésiter – alors, revenant vers le bord, toute dégoulinante, je chasse les cheveux de mes yeux et sors à moitié de l’eau jusqu’à la taille, lui tendant la main. « Viens, donne-moi la main, je vais rester près de toi le temps que tu t’habitues, d’accord ? » Pour ne pas qu’elle prenne peur, ma précieuse princesse.


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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Mar 12 Juil - 2:12

Bénis soient ces doux moments où seule une douce complicité emplit l'atmosphère et où rien ne semble pouvoir les déranger. Quand elle glisse sa main dans la sienne, c'est sans crainte aucune, c'est sans réfléchir, c'est sans un doute dans son esprit. C'est... tout simplement naturel, comme elle l'a déjà fait des centaines de fois auparavant. Car avec Mélusine, elle n'a jamais eu à se soucier du protocole ou de l'étiquette, elle peut se montrer telle qu'elle est, avec toute la spontanéité dont elle est capable et sa douceur habituelle. La princesse n'est pas de ces personnes qui approchent facilement des inconnus ou qui se livrent rapidement à ceux qui la côtoient, avec une aisance toute naturelle. Mais une fois la confiance gagnée, Alméïde apprécie la tendresse et les gestes simples. Bien trop souvent solitaire, très certainement pudique, mais pas nécessairement contre une étreinte qui réchauffe le cœur. Elle a trouvé cette complicité-là avec Mélusine, bien que les événements de la veille aient donné un autre sens à ces quelques gestes a priori anodins. Mais la princesse décide de ne pas changer ses habitudes pour quelques doutes. Elle les aime, ces quelques gestes affectueux qui scellent leur amitié sans avoir à y apposer des mots et elle n'a aucun désir de briser ce lien.

« Il y a le bassins des Orchidées. Il n’est pas très profond : j’y ai pied partout, l’eau m’arrive au menton à l’endroit le plus profond. La pente est douce : tu pourras rester près du bord, et puis je peux t’apprendre à nager, aussi. Ce n’est pas très compliqué ! » Oh, bien. Soulagement et joie sincère prennent place sur ses traits et elle hoche positivement la tête suite à cette proposition. Mélusine est tout aussi grande qu'elle, ça ne devrait donc poser aucun problème. Et pourquoi pas la laisser lui apprendre après tout ? On ne sait jamais quand une telle aptitude pourrait être nécessaire.

« Castiel a une peur panique de l’eau, le savais-tu ? Nous n’avons jamais réussi à lui apprendre à nager, quelle que soit l’approche tentée. Le pauvre, c’est dommage quand même : c’est si agréable de se laisser porter par le courant. Viens ! Je vais te montrer ! Tu pourras même te débarbouiller de tout ce miel. » Elle a à peine le temps d'absorber pleinement les paroles qu'elle vient de prononcer. Castiel, ayant une peur panique de l'eau ? Non, elle n'en avait aucune idée et elle note l'information dans un coin de sa tête afin d'éviter toute bourde à ce sujet lorsqu'elle sera en sa présence dans quelques jours à peine. Une nouvelle appréhension naît lorsqu'elle y songe, un peu inquiète à l'idée de se rendre seule à Euphoria en compagnie de ce duc que son frère hait tant – tandis que ce dernier la croit chez une connaissance à elle. Non vraiment, ce n'est pas son genre de faire une chose pareille et elle n'a aucune idée de ce qui l'attend une fois sur place. Elle n'a cependant pas le temps d'y réfléchir plus avant car elle parvient au bassin avec Mélusine, le soleil caressant déjà de ses rayons leur peau à découvert. Alméïde admire l'endroit avec le regard curieux et ravi de l'enfant qui découvre le monde. Elle aime poser les yeux sur l'inconnu pour la première fois, c'est toujours une belle surprise pour elle.

« Normalement, on se baigne nu ici… mais tu peux garder ta chemise, si tu veux. Moi, j’enlève la mienne : fais comme tu préfères ! » Quoi ? Elle reporte son regard sur Mélusine au moment où elle retire sa chemise de nuit et le détourne presque aussitôt, le rouge lui montant à nouveau aux joues. Décidément, elle ne s'habituera jamais vraiment aux mœurs libérées de son amie dont elle commence, malgré elle, à bien connaître les formes.

Au bord du bassin, la princesse hésite. Non pas à se jeter à l'eau, mais à la façon de le faire. Elle n'est pas très à l'aise à l'idée de retirer la chemise mais il lui semble que ce soit plus approprié pour le moment. « Allez, viens, Mémé ! On y est bien !  Viens, donne-moi la main, je vais rester près de toi le temps que tu t’habitues, d’accord ? » Elle lui adresse un mince sourire et acquiesce. « D'accord, j'arrive. » Elle s'assoit au bord du bassin puis, attrapant la main de Mélusine, faisant fi du fait qu'elle est à nouveau totalement dévêtue – il faudra bien qu'elle finisse par s'y habituer –  elle se laisse glisser dans l'eau fraîche qui la fait un instant frissonner. Mais son amie a raison, c'est agréable. L'eau ne lui arrive qu'à la poitrine à cet endroit du bassin et elle est rassurée de sentir le sol ferme sous ses pieds. « C'est parfait. » déclare-t-elle, les yeux levés vers le ciel, le soleil caressant doucement son visage.

Elle en profite cette fois pour essuyer sa joue sucrée et réalise uniquement à cet instant que nager avec une chemise de nuit immaculée n'est pas plus idéal que de se baigner sans. Le vêtement lui colle à la peau, rendu transparent par l'eau qui le submerge totalement et Alméïde relève presque immédiatement les bras, les croisant au niveau de la poitrine, les joues plus rouges que jamais. Très bien, ce n'est pas grave, il lui suffit de changer de sujet. Juste quelques mots. N'importe quoi. « Et... et donc euh... Tu disais... Castiel a peur de l'eau ? » Voilà. C'est certainement mieux que rien. Probablement.

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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Lun 1 Aoû - 3:35


Il y eut un soir, il y eut un matin
Ce fut le second jour
Alméïde & Mélusine • 6 juin 1001


Oh, la voilà rouge à nouveau ! Que c’est charmant, décidément. La couleur sur ses jours est absolument adorable, et sa confusion la rend terriblement attachante – je ne sais pas si elle en a conscience, ou si personne ne le lui a jamais dit. Elle change de sujet, la maligne, mais je ne suis pas dupe et la contourne de quelques mouvements souples, rendus fluides par l’habitude, profitant du spectacle. « Mémé, ma douce, je suis au regret de t’informer que tu n’as pas assez de bras pour te cacher toute entière. » Des deux mains, je l’arrose malicieusement, l’éclaboussant de quelques gouttelettes. Elle semble affreusement gênée, et je peine à concevoir cette attitude chez un oiseau de harem qui a grandi dans la nudité. J’ai passé quelques mois en Erebor, après tout, je sais comment fonctionne le harem ducal ; je sais également comment fonctionne Anthim, et j’ai une idée assez nette des habitudes prises par sa légion de femmes qui tentent de s’attirer sa faveur, dans une compétition renouvelée à chaque nouvelle arrivée.

Je complète mon tour, et me place devant elle, à distance respectable toutefois – loin de moi l’envie de la menacer, pauvre mignonne. Délicatement, je saisis ses mains cramponnées à ses bras, les décroche, et les serre doucement entre mes doigts. « Viens ; je vais t’apprendre à nager. » Ca lui changera les idées – et ça me permettra, à moi, de la regarder tout mon soûl. Et je m’y applique, de mon mieux. A la regarder, certes, mais aussi à lui apprendre à nager. Elle essaie aussi – les bras, les jambes, mais le tissu entrave ses mouvements, et lorsqu’elle remonte à la surface après avoir bu la tasse une énième fois, je prends le dragon par la barbiche. « Ma douce, ta chemise va te gêner. Sois courageuse : je te l’enlève. » Je lève les mains hors de l’eau quelques secondes, les agite dans les airs – regarde, ma précieuse, je ne suis pas armée – et m’efforce ensuite de lui retirer ce vêtement pratique pour dormir, mais absolument pas étudié pour nager. Aussitôt dit, aussitôt fait : je dénoue le lien de soie qui le retenait autour de son cou, et le tissu gorgé d’eau coule au fond du bassin. « On te fournira de quoi te vêtir au moment de sortir, rassure-toi. » Du bout des doigts, j’effleure sa joue encore un peu collante, la courbe de son épaule, et un sourire un peu triste étire brièvement mes lèvres. Elle se comporte avec moi comme si j’étais l’Ennemi, une terrible puissance dont il faudrait se méfier et avoir peur, et je suis blessée au fond de moi par son attitude repliée. Nous nous connaissons depuis des années, comment sa confiance peut-elle avoir changé radicalement en une seule nuit ?

« De quoi as-tu peur, ma perle des dunes ? Nous sommes seules ici, regarde : personne d’autre que moi ne peut te voir. Explique-moi ce qui t’inquiète autant. Suis-je donc si néfaste ? Pourquoi est-ce que tu as peur de moi ? Je ne vais pas te faire de mal, tu le sais… n’est-ce pas ? »

J’ai mal, un peu. Je tolère mal le rejet. Et je peine à comprendre. Pourquoi reste-t-elle, si elle se méfie tant de moi ? Pourquoi n’est-elle pas rentrée chez elle, dans ce palais doré où chacun de ses pas est vénéré par une légion de sigisbées ?



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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Lun 1 Aoû - 5:33

« Mémé, ma douce, je suis au regret de t’informer que tu n’as pas assez de bras pour te cacher toute entière. » Oh. Comme elle est embarrassée la princesse. Elle aurait dû y songer avant, prévoir de quoi se baigner et non sauter dans l'eau sans réfléchir. Mais elle n'y a pas pensé un seul instant. À vrai dire, quand elle se trouve en compagnie de Mélusine, elle se laisse emporter par son engouement et sa spontanéité. La réflexion laisse place à une insouciance dont elle fait rarement preuve, elle qui prend souvent le temps d'évaluer les choses, de peser le pour et le contre. Mais pas avec elle. Pas avec la marquise en qui elle a une confiance aveugle. Pas avec cette exubérante amie qui l'entraîne sur des terrains qui lui sont inconnus, où elle se sent parfois mal assurée mais qui laissent dans sa mémoire des souvenirs tendres et indélébiles. Elle la sort de sa zone de confort, la malicieuse Mélusine. Elle la pousse à tester ses limites, à les franchir parfois et, contre toute attente, il arrive que ça marche. Alméïde est bien trop solitaire, bien trop pudique et bien trop timide pour oser se mettre en avant de sa propre initiative. Elle se sent bien, isolée et livrée à elle-même. Et si elle sait montrer un visage sociable et agréable lorsqu'elle se rend à un événement en compagnie de son frère, elle n'en ressent pas moins un certain soulagement lorsqu'elle peut retrouver un instant de calme et de silence. Elle est ainsi faite et sa timidité enfantine peut surprendre lorsque l'on sait qu'elle régit le harem ducal d'Erebor. Mais apercevoir les concubines à moitié dévêtues n'est en rien comparable à devoir montrer son propre corps.

Elle fait pourtant l'effort de surmonter sa terrible gêne, riant doucement lorsque Mélusine l'éclabousse, s'avançant lorsqu'elle lui montre comment s'y prendre pour nager. Et elle essaie, elle essaie sans se démonter, encore et encore, riant de sa maladresse, éludant au mieux l'embarras qui s'empare parfois d'elle quand elle sent le regard de Mélusine se poser sur elle. Elle est persévérante la princesse, mais son amie semble déceler le problème qu'elle se refusait d'admettre. Sa chemise de nuit est l'obstacle de son apprentissage. Un peu penaude, un peu hésitante aussi, elle finit par la laisser détacher le nœud qui retient le vêtement auquel elle se raccrochait, malgré son inutilité évidente. Et ses bras levés pour dissimuler au mieux ses formes, elle lève timidement les yeux lorsque Mélusine s'approche d'elle. La main effleure sa peau, fait naître un frisson le long de sa nuque. Mais il lui faudra un peu plus de temps pour qu'elle s'apaise totalement, elle qui jamais ne se montre ainsi devant qui que ce soit. Et son amie la sent bien, cette soudaine crispation, le corps qui se tend.

« De quoi as-tu peur, ma perle des dunes ? Nous sommes seules ici, regarde : personne d’autre que moi ne peut te voir. Explique-moi ce qui t’inquiète autant. Suis-je donc si néfaste ? Pourquoi est-ce que tu as peur de moi ? Je ne vais pas te faire de mal, tu le sais… n’est-ce pas ? » Alméïde la regarde sans comprendre, clignant des yeux, un peu surprise par ses paroles. Elle secoue doucement la tête. « Bien sûr que je le sais, c'est... ce n'est pas toi. » Comment peut-elle encore croire qu'elle a peur d'elle ? Qu'elle ne lui fait pas confiance ? C'est absurde, impensable. Le problème ne vient pas de Mélusine. « Je n'ai pas l'habitude... Je ne suis pas à l'aise avec... quand je suis... Tu comprends ? » Elle ne sait pas elle-même s'expliquer cette pudeur qui dicte ainsi ses gestes, mais elle n'est pas de ces femmes qui savent se montrer avec assurance, voire fierté. Son corps, elle le dissimule, elle ne le révèle que dans l'intimité. Et si Mélusine est une amie chère à son cœur, jamais elle ne s'est dévoilée ainsi devant elle. Peut-elle seulement la comprendre, elle qui n'a aucun mal à offrir à la vue ses courbes élégantes et sa peau dorée au soleil d'Erebor ? Peut-elle saisir cet état d'esprit que la princesse ne peut changer à volonté, en un simple claquement de doigts ? Elle essaie pourtant, elle sait que Mélusine ne juge pas, qu'elle a pour elle un profond respect – tout à fait réciproque – mais comment effacer des années d'habitudes ancrées ?

Elle ne veut plus revoir cette ombre de tristesse dans les yeux de son amie. Alors elle inspire. Elle expire. Et elle reprend : « Montre-moi, d'accord ? Montre-moi comment nager, je vais y arriver cette fois. » Elle fait un pas timide vers elle, se détourne très légèrement avant d'abaisser ses bras et fait montre d'un grand effort pour ne pas les relever immédiatement. Elles ne sont que les deux, il n'y a aucune raison d'être embarrassée. Absolument aucune.

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Message Sujet: Re: Il y eut un soir, il y eut un matin    Dim 7 Aoû - 0:24


Il y eut un soir, il y eut un matin
Ce fut le second jour
Alméïde & Mélusine • 6 juin 1001


Je ne sais plus vraiment comment agir avec elle pour ne pas la brusquer. A-t-elle perçu ma détresse ? En tout cas, elle y met du sien, et je m’efforce de ne pas la dévisager, pour ne pas la mettre plus mal à l’aise qu’elle ne l’est déjà. Pendant un bon moment, elle s’astreint à nager de son mieux ; et petit à petit, elle progresse, à ma grande fierté. « C’est bien mieux, Mémé : si tu tombes à l’eau, tu ne devrais plus couler ! » C’est vrai qu’il y a de grandes chances de tomber à l’eau en Erebor ; mais sait-on jamais ? Un gros orage, une oasis en crue, et hop ! Une princesse à la mer ! Ou presque.

La journée passe lentement. Le soleil caresse l’horizon de ses rayons, et dans l’après-midi la chaleur est trop intense pour rester à cuire sous son regard brûlant. Je pourrais contempler la silhouette d’Alméïde pendant des heures, c’est certain, profitant de ce privilège bien rare et gravant dans ma mémoire chaque détail, chaque ligne, chaque courbe ; mais je la sais gênée et je ne tiens pas à lui infliger cet inconfort. C’est donc ostensiblement que je me détourne lorsqu’une domestique lui présente une tunique ample à la sortie du bassin, et tandis qu’elle s’habille je reste dans l’eau, à l’autre bout de l’immense vasque, à contempler le désert couronné de lumière. Que j’aime cette beauté sauvage des dunes ! Toujours changeantes, toujours mouvantes, mais éternelles et immuables. Pensive, je m’accoude au rebord, laissant mon regard errer sur la mer de sable, sous le bassin perché contre les murailles de Sinsarelle, suspendu au-dessus du désert. J’aime cet endroit, tellement – ma maison. Mon domaine. Espérons que mon invitée apprécie, elle aussi, la splendeur de mon nid d’aigle…

Sortant à mon tour du bassin, je m’enveloppe d’un voile écarlate brodé d’or, prête à m’en aller esquiver la chaleur ambiante en dormant quelques heures, moi aussi.

Peut-être Alméïde me laissera-t-elle partager ses coussins ?

Spoiler:
 

- SUJET TERMINÉ -



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