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 Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\

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Message Sujet: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /! Scènes violentes /!   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyMer 7 Juin - 0:37


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Ljöta d'Evalkyr & Abigaïl l'Embrasée

Au plus noir de la nuit

Embrasée l'étreinte de Lida



• Date : 7 juin de l'an 1002
• Météo : lourd et pluvieux
• Statut du RP : privé
• Résumé : Abigaïl venge Rhapsodie en tuant de sang froid son agresseur. C'est Ljöta, Adepte de la Lame, qui vient la trouver.
• Recensement :
Code:
• [b]7 juin de l'an 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2251-au-plus-noir-de-la-nuit-ljota-abi#68536]Au plus noir de la nuit[/url] - [i]Ljöta d'Evalkyr & Abigaïl l'Embrasée[/i]
Abigaïl venge Rhapsodie en tuant de sang froid son agresseur. C'est Ljöta, Adepte de la Lame, qui vient la trouver.

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Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyMer 7 Juin - 0:40

Il fait froid. Sombre. Humide.
La pluie ? Non. Peut-être. Elle ne sait pas. Elle oublie tout. L'eau ruisselle sur son corps grelottant. Trempée jusqu'aux os. Tout ce qu'elle déteste.
Il fait froid.

-Pitié... pitié...

Le corps rampe sous ses yeux. Tellement... misérable. Petit. Écœurant. Une botte boueuse se pose sur son dos, l’aplatissant au sol. La silhouette se débat, gigote. Sa proie veut s'échapper. Mais la chasseresse prend son temps. Elle le regarde se tortiller. Son regard est froid. Aussi froid que le temps. Glacial. Comme les hauts sommets des montagnes de Valkyrion. Elle pose un coude sur son genou. Celui qui maintient l'homme au sol. Son air se fait presque ennuyé. Étonné. Non...
Fasciné.
Cet homme la fascine. Pas lui. Il est écœurant. Mais ce désespoir qui le raccroche éperdument au peu de temps qu'il lui reste à vivre. Toute cette vie... qui sera fini dans quelques minutes.

-Je vous en prie...

-Pardon ?

Elle se penche vers lui. A genoux sur les pavés, elle attrape ses cheveux d'une main. Le sang se mélange à l'eau. Son autre main tient un couteau posé sur sa gorge.

-Tu as eu de la pitié pour elle ? Elle a dû supplié comme toi. As-tu arrêté pour autant ?

D'un geste brusque, sa poigne tenant toujours fermement les cheveux, elle envoya sa tête valser contre les pavés. Un hurlement strident retentit, suivit de quelques jurons haineux, entrecoupés de pleurs. Pathétique. Elle lui crache dessus. Tout son mépris. Son dégoût. D'un mouvement écœuré, son pied le ramène sur le dos. Elle le regarde. Le nez ensanglanté, sa jambe gauche formant un arc étrange. Elle le toise de tout sa superbe. Cet homme. Ce rustre. Il a osé la souiller. Poser ses mains sur elle. La faire sienne alors qu'elle se débattait. Emprisonne sa bouche. Ça a dû l'exciter de la voir ainsi à sa merci. Il a dû prendre du plaisir. Oh oui. Il a pris son pied. Lorsqu'elle bougeait trop, il l'a cogné un peu. Pas trop. Il voulait qu'elle continue. Il a aimé ça, qu'elle se débatte.
Elle l'enjambe et s'accroupit au dessus de son ventre. La lame de son poignard vient caresser sa chemise trempée et salie par la boue et le sang. Elle la descend plus bas.Encore plus bas. Jusqu'à la partie la plus importante et repoussante de son misérable corps.

-Tu as pris ton pied ? murmure-t-elle alors que la pointe de sa lame se pose dessus.

L'homme tressaille. Il ne bouge plus. N'ose plus respirer.

-De quoi vous parlez... je ne sais pas... pitié...

Les supplices se font plus faibles, plus implorantes.

-J'espère pour toi. C'était la dernière fois.

Le murmure est presque une caresse. La pointe s'enfonce. L'homme hurle. Pas pour longtemps. La lame quitte rapidement la zone de torture pour se foncer droit vers le cœur de la victime. Elle approche doucement ses lèvres de son oreille.

-Pour Rhaps.

Ce sont les dernières paroles qu'il entendit. Telle une caresse, la promesse d'une autre vie hantée à jamais. Un don pour Sithis.

Elle reste là encore quelques minutes, au-dessus de la carcasse de cet homme méprisable, qui se vide de son sang. Puis, d'un coup, la lame quitte sa main, ses jambes se tendent et s'éloigne du corps abandonné dans la ruelle sombre. Sans un regard en arrière, ses larmes se mélangeant à la pluie, Abigaïl s'en retourne chez elle. C'est fini.

**

Abi, je... Mais la jolie rousse détourne le regard. Son visage est triste, empreint d'une souffrance lancinante. Titou préfère ne pas insister. Il sait qu'elle ne veut pas en parler. Parler de l'acte qu'elle a commis la veille. C'est dans un état second qu'elle a quitté la Caserne. Un état qui ressemble à celui qui l'a poussé à quitter son mariage. Le même état. Elle a aussi pris un portail. Droit vers Lorgol. Lorsqu'elle est revenue, elle était trempée. En sang. Le regard éteint. L'air hagard. Mais une détermination farouche animait ses traits. Elle a dormi. Longtemps. Puis elle a vaqué à ses occupations. Et lorsqu'elle est revenue, un parchemin l'attendait sous son oreiller. Le parchemin de la Main Noire. Titou a su que quelque chose clochait chez Abigaïl. Il l'a deviné. L'a senti dans son esprit. Mais le parchemin a confirmé. Même Royale n'ose lui parler. Renfermée, coincée dans des souvenirs brumeux, Abigaïl laisse ses larmes internes tarirent le brasier qui la consume. Petit à petit.

La rousse ne l'a pas prévu. Tout a commencé avec le réveil. Lorsqu'elle a repris conscience dans une autre réalité, à Lorgol, au côté d'une Mae différente. Une Mae fanatique qui s'est mise à lui expliquer une histoire rocambolesque à propos d'une Étrangleuse Sauve, Adepte des Cordes qui venait de la prendre comme apprentie. Une histoire farfelue qui l'a fait rire au premier abord avant de comprendre que cette Mae ne ressemblait en rien à la Mae qu'elle connaît. C'est une Mae fanatique, éprise de sang qui lui expliquait que, elle, Abi, était également une assassine aguerrie. Puis, quelques heures plus tard, Maelys a disparu et Abi s'est réveillée dans sa Caserne en Cibella. Et elle a passé des heures à rédiger des lettres à Maelys pour lui relater cette histoire. Elle a pensé à un mauvais rêve... jusqu'à ce qu'elle apprenne que ses comparses ont vécu la même chose et que nombre d'entre eux s'en souvenaient. Puis qu'elle fasse le lien avec la manipulation du temps effectuée par l'Ordre. Abigaïl a donc vécu une vie parallèle en tant qu'Adepte. Une assassin. Reconnue.
L’Étrangleuse Suave.
L'idée même qu'elle a tué pour l'argent, même dans une autre vie, l'a bouleversée. Elle s'est dit que ce n'est qu'une vie alternée, une réalité qui n'est pas la sienne. Et puis il y a eu Rhapsodie. Rhapsodie, son amie de toujours. Née le même jour, la même année. Même magie. Même classe. Abigaïl l'a quittée plus rapidement mais jamais elles ne se sont perdues de vue. Des âmes-sœurs dans l'amitié.
Elle a retrouvé une amie brisée. Bafouée. Souillée. Sa pureté, balayée par un homme peu recommandable, trop humilié et qui pense encore que les femmes ne sont que des objets dénués de sentiments. Abandonnée par la Guilde des Guerriers alors qu'elle devait s'occuper de son escorte. Personne n'est venue. Et Rhapsodie a vécu le plus grand traumatisme de sa vie. La rage a balayé tout le reste. Ses pensées se sont enfermées dans une obscurité bénie par Lida. Son cœur s'est noircie, éteignant la flamme de sa passion, plongeant tout son être dans les coins les plus noirs de son âme. Abigaïl n'a pas réfléchi. Elle l'a retrouvé, l'homme. Ce n'était pas compliqué, Rhaps sait qui c'est. Elle l'a guetté, l'a suivi. Elle a voulu le castrer, lui faire prendre conscience de l'abomination qu'il a commise. Mais non. Il a fallu plus. Ce n'était pas assez. Le sang a appelé le sang. Abigaïl n'a pas pu. Elle a succombé, tout son être animé par une fureur au-delà des mots. Elle lui a craché sa haine au visage. Et c'est dans un état second, qu'elle a attrapé la fine lame de sa botte pour lui ôter la vie.
Proprement.
Sans magie. Pour le faire souffrir autant qu'il l'a fait souffrir.

Et, ce soir, alors que la pluie continue de frapper les carreaux de la fenêtre sa chambre, une voix retentit dans l'obscurité qu'elle a laissé s'installer. Sur son lit, le parchemin de la Main Noire trône, attendant son maître. Elle sent la pensée de Royale, la présence de Titou. Mais rien ne peut y faire. Ses émotions restent hermétiquement fermées. Elle a sombré. Droit dans les bras de la Sombre Mère.
Pour Rhapsodie.
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Ljöta de Hvergelmir
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Mes autres visages: Mélusine ♦ Quitterie ♦ Chasteté ♦ Rejwaïde ♦ Faustine ♦ Pénélope ♦ Shéhérazade
Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyLun 12 Juin - 0:35

La nuit est mon domaine.
Que j’aime ces heures tranquilles, dans le silence solennel présidé par les lunes jumelles ! Que j’aime l’air paisible de Lorgol lorsque ses habitants dorment et que l’engeance de la Ville Basse règne sur les ruelles et les canaux. La nuit, tout est plus sincère, plus vrai, sans les faux-semblants derrière chacun se dissimule lorsque la lumière du jour caresse les têtes. Sans les masques qui recouvrent chaque visage… La nuit est mon domaine, à moi l’Écoutante de la Lame ; du coucher au lever du soleil, la Tour Noire est sous mon autorité, et c’est la nuit que s’exécutent la plupart des missions. Le crépuscule vient de tomber ; je suis accoudée à la balustrade qui longe le balcon de mes appartements privés, au sommet de la Tour Noire, lorsqu’un frémissement dans l’air éveille mon attention. Cette présence intense, si puissante, cette vibration qui résonne au creux de mes veines… La Sombre Mère est avec moi, et un amour filial envahit mon cœur. Mon enfant, ai-je l'impression d'entendre dans la brise du soir, une Lame potentielle s’est éveillée pour toi. J’ai la sensation que les voiles de Lida me frôlent, et elle me remet un nom : Abigaïl, Chevaucheuse de Cibella.

« Ô Mère bien-aimée, j’irai chercher ma sœur en personne, et lui ouvrirai notre famille si elle souhaite y entrer. » Je n’ai toujours pas d’Adepte : je me charge en personne de rencontrer les clients et les apprentis. Je dors peu, c’est une chance ; mais avec l’augmentation des contrats en temps de guerre, je devrai peut-être trouver quelqu’un pour me décharger de ce poids… D’une partie, du moins. Je me passerai sans trop de peine des négociations avec les clients de la Confrérie, mais je tiens à rencontrer personnellement les postulants. Question de… ressenti. Lida me raconte ce qu’elle sait de la candidate, de sa vengeance transcendante, de sa passion dévorante pour la souffrance de sa victime, et le potentiel de la jeune femme qu’elle me décrit me plaît. Le temps de percevoir des doigts fantomatiques effleurer ma joue, et notre Sombre Mère n’est plus là. J’ai tôt fait de contacter notre collège de mages personnels, ces fils et filles de Sithis détenteurs d’un diplôme de la Confrérie, et je pars en portail pour La Volte. Je n’ai pas de difficulté à enfiler la tenue toute simple de Lia, vendeuse de fleurs, et me faire ouvrir la chambre personnelle de ma cible sous prétexte de livrer présent d’un admirateur. Glisser le parchemin portant l’empreinte de ma main sous son oreiller est d’une simplicité déconcertante, et je passe la journée à l’observer de loin, une fois qu’elle l’a trouvé. Elle a un Familier semble-t-il, un tatou – créature peu commune en Cibella, signalant un tempérament original. Elle est appariée à une Reine, par ailleurs, et une Reine du Rubis qui plus est : ô, caractère de flamme, ô femme de passion ! J’espère du plus profond de mon être que la jeunette va consentir – je sens que j’aurai plaisir à évoluer à ses côtés, un jour. Enfin, jeunette, c’est vite dit – je crois que je ne suis son aînée que d’une poignée d’années.

Le soir venu, j’ai laissé à l’auberge ma robe champêtre et défait la lourde tresse qui ceignait mon crâne. C’est dans mes cuirs sombres d’assassin que je me présenterai, j’ai dissimulé mes mèches blondes sous l’ample capuchon de ma cape de laine, et placé sur mon visage le masque des assassins. Fixé au corset solide qui maintient ma poitrine, lové entre mes seins, le poignard rituel de la Confrérie tressaute légèrement au rythme des battements de mon cœur à chacun de mes pas, et une sombre joie a envahi mon âme. Que je les chéris, ces premiers instants, où d’un regard je peux capter l’essence d’une vie, la promesse tapie au fond de prunelles encore novices, l’appel du sang qui murmure dans les veines d’un futur agent de la Confrérie ! Discrètement, je me faufile dans les jardin de la caserne, dissimulée par le sombre manteau de la nuit, avant d’escalader la façade, étage après étage, m’aidant de la treille soutenant un lierre touffu. La pluie a confinés chez eux les promeneurs, et c’est dans la plus grande tranquillité que je pousse la fenêtre de ma Potentielle. Entrebâillée, la fenêtre – elle m’attendait. Sage enfant. Le parchemin pouvait signifier deux choses : un contrat sur sa tête, ou une offre de recrutement.

Elle ne refuse visiblement aucun des deux.

Dans la chambre où seule une bougie éclaire la pénombre, les gouttes d’eau qui imbibent ma cape tombent au sol dans un clapotis irrégulier. J’observe la dénommée Abigaïl de plus près : son regard clair qui ne flanche pas, la teinte incroyablement rousse de ses mèches courtes, son port de tête digne. Une vraie femme de tête, une future dirigeante, à n’en point douter – oh, comme la Confrérie aurait à gagner d’une telle recrue dans ses rangs, j’en suis convaincue. Rompant le silence, je m’incline légèrement devant elle, sans la quitter des yeux. « Je suis Lia, Écoutante de la Lame, fille de Lida, fille de Sithis. Tu es Abigaïl, celle qu’on appelle l’Embrasée, et nous savons, Potentielle, ce que tu as fait. Je suis venue t’ouvrir les rangs de notre famille, si tu consens à placer ta vie sous le signe de la Lame. Tu peux faire de la vengeance et du sang ton destin, Potentielle : il te suffit de prendre ma main. »

Paume ouverte, je tends le bras vers elle, à demi. Prudemment, pour ne pas l’effaroucher ; avec cette grâce et cette prestance que mon éducation de princesse m’a données. Choisira-t-elle la Main Noire, et la punition de crimes pour lesquels il n’y a pas de pardon ?





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Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyJeu 15 Juin - 10:45

Au plus noir de la nuit, les ombres s'éveillent. Elles se fondent et se confondent, flânant, se faufilant, êtres sournois, adorateurs de Lida et Sithis, maîtres de la manipulation. La présence du parchemin de la Main Noire a été l'évidence même. La promesse d'une nouvelle vie qui l'attend. Une porte ouverte sur les secrets les plus noirs de la Confrérie. Et quand ça représentante arrive face à elle, lui ouvrant les bras à cette vie si... tentante, Abigaïl sent son cœur sombrer plus encore dans la noirceur. Elle ressent la présence de Royale, quelque part, au loin dans son esprit.
Indignation. Colère. Révolte.

Mais son esprit s'éloigne du sien, s'embrouille dans la rapidité des récents événements. Passé, présent, futur. Tout se confond, comme si son esprit lui-même est victime des Sabliers du Temps. Un bruissement se fait entendre au loin et elle aperçoit vaguement Titou se rapprocher d'elle. Lui, est apeuré. C'est étrange. Elle a l'impression de se voir à l''extérieur de son corps, Titou et Royale manifestant leur colère par une fenêtre qu'ils ne peuvent ouvrir. Elle assiste à cette scène impuissante, comme si elle représente la dernière parcelle d'humanité qu'il lui reste, alors que son âme plonge de plus en plus dans la noirceur de son cœur. Les paroles de l’Écoutante sont une caresse, un murmure passionné. Un souffle tentateur. Le temps reste figé et Abigaïl assiste, impuissante, aux mouvements incontrôlés de son corps. Sa tête s'arrache de la fenêtre dans un long silence et se tourne lentement vers l’Écoutante. Elle est surprise de la haine qui enflamme ses yeux, de ses traits marqués par la souffrance. Une souffrance brûlante. Cette femme, quelle qu'elle soit, elle la comprend. Abi le ressent au plus profond d'elle. Se jeter dans ses bras c'est embraser sa part de sombre. C'est subir l'étreinte d'un monde qui comprend toute cette douleur, toute cette frustration. Elle le lit dans les yeux de cette Lia, unique parcelle de son visage visible à son regard. Elle lit toutes ces promesses.
Elle fait un pas, Abi. Un seul. Son esprit laisse toujours les protestations apeurées de Royale. Elle aimerait lui dire de ne pas s'inquiéter. Que tout va s'arranger. Mais les mots restent bloqués, quelque part. Elle ne sait pas où.
Elle n'arrive plus à réfléchir.
Qui est-elle vraiment ? La Chevaucheuse ? Ou bien est-ce encore une réalité alternée dans laquelle Royale et Titou n'existent pas, où elle tue pour le compte de la Confrérie Noire ? Quelle est cette réalité ? Laquelle est la bonne ? Que croire ? Que penser ?

Une odeur vient titiller ses sens. Une odeur sucrée, agréable. Le parfum d'une nouvelle vie ? Non. Des fleurs. Elle n'a jamais aimé les fleurs. Pourtant elle trône dans sa chambre, belles et enivrantes, laissant paraître un côté délicat et fragile. Le côté insoupçonné qui cache plus qu'il n'y paraît. C'est étrange. Elle n'a jamais aimé les fleurs. Pourtant, en cet instant, elles ajoutent à sa confusion. Rhaps adore les fleurs. Tellement.
Les mots finissent par sortir de sa bouche sans qu'elle puisse les arrêter. Ils coulent, limpidement, comme si, au final, c'est ce qu'elle a toujours voulu. Au plus profond d'elle-même.

-Si je viens, murmure-t-elle dans un souffle presque inaudible. Si je viens... la souffrance s'arrêtera ?

C'est presque une supplice. Sa noirceur se penche sur Lida, embrase l'étreinte de Sithis. Bien évidemment qu'ils sont au courant. Elle a tué. Elle a offert son don à Lida et Sithis et la Sombre Mère a reçu son don, découvrant son potentiel, lui envoyant son enfant pour les rejoindre. Elle n'a qu'une main à tendre. Vers elle.
Juste un pas. Et la souffrance s'arrêtera peut-être.
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Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyVen 16 Juin - 1:49

La douleur limpide qui murmure son chant désolé au fond des yeux de la rouquine, comme un trille de larmes cristallines, comme un torrent de soupirs endeuillés, résonne en une bien triste supplique au fond du cœur de l’assassin attentive. Elle réveille le sombre souvenir d’une image désolée, au visage ravagé par le chagrin infligé, captée dans un miroir sitôt brisé il y a déjà bien des années. Était-elle aussi désespérée qu’Abigaïl le paraît, lorsque Ljära lui a été si brutalement arrachée ? Est-ce qu’elle aussi portait la blessure comme une offrande au creux de ses mains tendues vers l’avant, est-ce qu’elle quêtait également dans la douleur des autres un violent apaisement ?

L’air vibre, dans la pièce silencieuse, et Ljöta sent sur son épaule une main qui n’existe pas, tandis qu’à son oreille chuchote une voix qui n’est pas là. Vengeance, pour ceux qui sont brisés. L’étreinte des ténèbres, comme un baume sur une plaie… Sur leurs plaies. L’Écoutante comprend, oh si bien ! A quel point prendre une vie peut combattre le chagrin ! La Chevaucheuse a tué pour venger, la princesse a tué pour faire justice ; l’une et l’autre ont réparé un grand mal causé. Une même motivation, une même volonté, l’impuissance terrible sublimée en revanche sanglante, impitoyable et froide – la flamme brûlante de la Cibellane, le feu glacial de la Kyréenne. Un sang enflammé du courroux le plus sacré, des veines charriant le gel de la haine la plus farouche. Le brasier déchaîné, la banquise impitoyable – oh, comme elle se reconnaît, dans le regard perdu, dans la prière épuisée.

Quittant sa posture altière, elle laisse la dignité de l’Écoutante de côté. Cette Potentielle n’a nul besoin de discours inspiré – elle a besoin de certitude, de changement. D’être écoutée. Mais il n’est pas dans le pouvoir de Ljöta de la rassurer – elle ne pourra promettre que des vérités, car telle est la loi de Lida : ceux qui s’engagent doivent le faire de leur plein gré, sans tromperie, sans trahison, sans que rien ne soit déformé. « Chaque goutte de sang versé, chaque vie fauchée, chaque contrat accompli contribuera à défendre d’autres innocents, à venger d’autres victimes. Nous ne sommes pas des juges, nous ne sommes pas non plus des bourreaux, Potentielle : nous sommes le Sombre Voile, la Confrérie Noire, la rétribution qui frappe au cœur de la nuit. Nous sommes le dernier recours, nous sommes l’espoir solitaire qui demeure lorsque tout le reste s’est envolé. Nous sommes les instruments d’un lendemain moins laid, moins vain. Tel est notre serment. Ta souffrance ne disparaîtra jamais. Ce qui a été accompli ne saurait être défait. Je ne peux t’offrir d’effacer le passé : je peux juste te promettre que chaque sanglot et chaque larme, deviendra ta force – deviendra ton arme. »

Elle a parlé à mi-voix, sans emphase, sans effets ; avec juste la passion tranquille de ceux qui respirent leur vocation à chaque instant, ceux qui ont trouvé leur voie et l’arpentent sans regret, librement. « Si tu viens avec moi, tu apprendras à tuer pour châtier les coupables. Tu ne seras pas méprisée. Tu ne seras jamais jugée. Et tu seras aimée, toujours, par tes frères et sœurs de la Nuit. Nous serons ta famille, tu seras notre sœur ; et la Sombre Mère t’accueillera en son giron comme sa fille. » Doucement, Ljöta penche la tête sur son épaule, scrutant attentivement les expressions fugitives sur le visage de sa Potentielle, tâchant d’éveiller l’étincelle dans ce regard hanté qui lui serre le cœur à l’en broyer. « Abigaïl, je sais ta douleur ; je connais ta souffrance. La voie de la Nuit n’est pas une déchéance : elle noircit ton âme, mais elle te permet d’offrir aux innocents la vengeance. Tu vas tuer ta lumière, pour leur acheter l’espérance… »

Battant des cils, elle lutte un instant contre le fantôme d’une larme qui voudrait s’échapper au coin de sa paupière. Délicatement, elle lève sa main tendue, effleurant la joue de la rouquine du bout des doigts, achevant dans un murmure étranglé.  « Si tu veux être ma sœur, je te promets que tes êtres chers seront protégés… et que tu garderas ton honneur. »





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Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyLun 19 Juin - 0:53

Les paroles de l’Écoutante sont un poignard en plein cœur. Une symphonie douce et tentatrice, pleine d'espoir. Fascinée, totalement pétrifiée par sa mélodie envoûtante, Abi ne peut se détacher d'elle. Ses oreilles deviennent hermétiques à tout autre bruit autre que ses propos enivrants. Une famille. Une colère assouvie à chaque vie misérable ôtée. Elle n'a qu'un pas à faire, une main à tendre, et elle sera accueillie comme une sœur, comme une vraie fille de Lida. Elle qui n'a jamais eu de mère, elle qui a voué son enfance à chercher à satisfaire des parents qui ont hontes d'elle... Elle qui n'a jamais eu personne jusqu'à ce que son chemin croise celui de Rhapsodie. Elle n'a qu'un geste à faire pour cueillir une nouvelle vie. Un seul petit mouvement de sa part et tout est fini. Tout recommence. Telle une renaissance.
Tel un phénix.

La jambe tressaille. Le pas s'amorce. Le corps se penche légèrement, près à avancer, près a se tendre vers la promesse d'une renaissance. Elle est sur le point de le faire. D'embraser cette nouvelle vie. Une vie sans souffrance. Sans jugement. Une famille. Tout ce qu'elle a jamais eu. Pour toujours... dans les bras de la Sombre Mère.

ABIGAIL !!!

La voix qui rugit soudainement dans son esprit est pleine de souffrance. Une voix à en faire trembler les parois de son esprit. Emplie d'une telle souffrance que la jeune femme se met à trembler. Ses yeux se voilent de larmes, ses traits blêmissent.

-Royale...

C'est un murmure, un souffle presque inaudible, suivit d'un gémissement plaintif. Son regard passe sur l’Écoutante, se perde dans l'esprit de sa dragonne alors que son corps est soumis au choix le plus difficile de toute sa vie. Un choix de raison, un choix de cœur. Guidée par sa vengeance, ancrée à son amour. A son feu ardent. Royale. Lida. Royale. Elle la ressent, la peur de sa dragonne. C'est comme une déchirure, comme si son âme elle-même se scinde en deux. Elle sait alors. Elle comprend qu'une partie de son âme est morte. Une infime partie. Elle s'est déchirée lorsqu'elle a failli basculer. Elle a ressenti la frayeur de sa dragonne, sa vulnérabilité. Haine. Fureur. Mais peur surtout.
Royale n'a jamais peur. Jamais. Pourtant, aujourd'hui, elle a failli. Elle perçoit l'émotion grandissante qui lui remplit l'esprit. Cette envie passionnée de rester près d'elle, des images de leurs vols, de leur lien. Des émotions bouleversantes, passionnées. Une vulnérabilité qu'elle ne lui a jamais reconnu. La Chevaucheuse arrête sa jambe, reprend sa position. Elle est tentée. Elle a envie. Elle en a très envie. Que la souffrance s'apaise, que son envie de vengeance se justifie par les meurtres qu'elle effectuera pour le compte de la Sombre Mère. Elle est tellement... tentée.
Mais...

-Royale, explique Abigaïl dans un dernier souffle. Je ne... peux pas, abandonner Royale.

Les derniers mots sonnent comme le glas. Elle sent une porte se fermer dans son cœur. L'un comme l'autre, quelque soit son choix, il est douloureux. Elle choisi celui qui lui fera le moins mal. Celui guidée par son amour. Se séparer de Royale s'est se perdre elle-même. Refuser l'entrée de la Confrérie c'est refouler la totalité de ce qu'elle peut-être. Que ce soit le premier choix ou le second, elle est perdante. Elle est gagnante. Elle a assouvi une vengeance. Une vengeance qui a poignardé son âme, saigner son cœur. Elle a voulu penser à cette nouvelle vie, s'imaginer dans un univers qui ne lui demande plus de compte. Mais il y a Royale. Elle ne peut juste pas se séparer de Royale.

-Je suis désolée, souffle-t-elle. J'en ai envie. Je peux rester Chevaucheuse aussi ? Je ne peux pas me séparer de Royale.
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Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyVen 30 Juin - 23:33

Royale.

C’est là la réponse que lui fait la Potentielle. Bien sûr, Ljöta sait de qui il est question : de cette créature écarlate, arrogante et orgueilleuse, qui s’arroge le droit de propriété sur un être humain ; comme si ses écailles l’autorisaient à se prétendre supérieure. Sous le masque, les blonds sourcils se froncent, la bouche prend un pli sévère : la princesse des glaces accepte mal l’idée qu’un écailleux puisse être préféré à la Sombre Mère lorsqu’elle prend la peine de tendre la main vers un cœur orphelin. Mais l’est-il vraiment, celui de la rouquine qui hésite si terriblement devant elle ? Elle a visiblement déjà décidé que sa dragonne le détenait, et la déception est intense dans l’âme de Ljöta. Elle y a cru, à cette flamme de vengeance qui aurait pu tout dévorer, à ce brasier infernal qui aurait, peut-être, su réchauffer la Tour Noire de son éclat dévastateur. Chacun est libre de son choix, Écoutante. J’ai respecté le tien jadis, ne l’oublie pas…

Vrai. Ljöta se rappelle, ce matin où elle a abattu en personne la princesse d’Outrevent, Lisbeth de Brunante, pour lui faire payer le crime de son frère couronné. Elle se souvient très bien avoir refusé de lever la main sur son fils – Aymeric. Innocent, de corps et d’âme encore ; enfançon béni, qui n’aurait pas dû avoir à porter le crime de son oncle. Elle a refusé, ce jour-là, elle a désobéi ; et alors que la Confrérie attendant que la Sombre Mère apparaisse à l’un des Écoutants pour en faire le nouvel Oracle, c’est à Ljöta qu’elle s’est montrée. Juste sa silhouette, et ces mots chuchotés. Tu as bien fait. Mais la princesse n’en a jamais parlé – nul ne sait qu’elle aurait pu endosser le manteau du tout-puissant chef de la Confrérie Noire. Elle ne le voulait pas. Elle préférait sa Lame, ses assassins. Et Lida a consenti – Lida a compris.

Elle lui a laissé le choix.

Un soupir échappe à Ljöta. Certes. Il va bien falloir laisser le même choix à la Potentielle qui visiblement n’en est plus vraiment une. Un instant elle se demande pourquoi la dénommée Royale a tant prise sur l’âme de son humaine – qu’est-ce qui peut justifier de s’inféoder aussi à une créature qui n’est même pas humaine ? Elle a du mal à comprendre, ne le pourra peut-être jamais, et tente tant bien que mal de ravaler sa déception. Oui, chacun est libre de ses choix parmi les enfants de Lida, et Abigaïl elle aussi a la liberté de décider de quoi son destin sera tissé. Doucement, la princesse laisse retomber sa main tendue, perdue dans les plis de sa cape trempée. Elle se redresse, quitte sa posture penchée, toisant la Chevaucheuse, auréolée de la sombre puissance conférée par la Main de la Nuit. Elle se sent tellement plus âgée, en cet instant, que la rouquine qui n’est pourtant sa cadette que de trois ans à peine ! Tellement plus… ancienne. Le sang et la mort ont cette faculté de faire mûrir les âmes plus rapidement, et Ljöta y a trempé la sienne depuis presque quinze ans déjà – la moitié de sa vie… Peut-elle vraiment en vouloir à la Cibellane, dont la seule faute est de négliger le potentiel qui sommeille en elle ? Elle tente d’adoucir sa voix pour lui répondre.

« C’est impossible : tu ne peux appartenir à la fois au jour et à la nuit. Si tu es à Royale, tu ne peux t’offrir à Lida ; si tu honores Sithis, tu ne peux obéir à Valda. Ta dragonne a déjà eu plusieurs Chevaucheuses, tu es loin d’être la première ; t’accepte-t-elle toute entière ? Je t’offre la possibilité de devenir unique, irremplaçable et précieuse. Décide en ton âme et conscience de la voie qui te conviendra le mieux. C’est un choix qu’il faut accomplir, Abigaïl, et nul ne peut forcer ta main. C’est à toi, et toi seule, de décider de ton destin. »





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Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyLun 3 Juil - 22:10

Abigaïl la sent s'éloigner. L'esprit de Royale se raccroche désespérément au sien, comme un enfant apeuré à l'idée de perdre sa mère. Elle ressent l’Écoutante plus loin, comme derrière cette fenêtre à travers laquelle elle assiste à sa vie depuis quelque temps. Comme si la dragonne la retient avec toute la rage du désespoir. C'est un électro-choque. Quelque chose de douloureux, comme la première inspiration du nourrisson. Certains disent que c'est la première douleur de la vie. Comment peuvent-ils le savoir ?
Alors que cette douleur... cette sensation étrange et horrible, comme si elle vient de mourir et de renaître en l'espace de quelques secondes. La perte presque irréparable d'un morceau d'elle-même alors qu'elle s'est apprêtée à faire le pas qui a failli changer sa vie à jamais. Un faux mouvement qu'elle a envisagé qui a brisé quelque chose pour toujours en elle. Entre Royale et elle.

Elle la sent s'éloigner. L’Écoutante. Elle la sent se faire très loin, elle ressent la tension dans l'air. Une atmosphère plus pesante comme... comme une déception. Une famille qu'elle a failli avoir, ce qui lui a toujours manqué, ce qu'elle a toujours désiré au plus profond d'elle-même. Une famille pas encore sienne mais qu'elle vient de décevoir de la même façon qu'elle a déçu sa famille adoptive. Mais a-t-elle oublié ? Que sa famille, elle l'a.

Royale. Titou. Aya. Rhaps. Diane.
Rhaps.

De nouveau elle sent l'esprit de Royale s'éloigner, emporté par les images macabres de sa main tenant le poignard qui a ôté la vie d'un homme. Lorsqu'elle a voué à Lida une offrande répugnante ne méritant pas un tel mérite. La Chevaucheuse comprend alors qu'elle se livre une véritable bataille mentale. Tiraillée entre la lumière, la chaleur douce et réconfortante de Royale et les ténèbres, l'étreinte glaciale de la nuit. Deux mondes qui s'offrent à elle, que tout opposent, mais qui l'accueillent telle qu'elle est véritablement.
Royale ou Lida. Lida ou Royale.

Les propos de l’Écoutante résonnent comme un bourdonnement à ses oreilles mais un rugissement empli sa tête, martelant toutes les parois de son cerveau. Elle sent l'orgueil blessé de la dragonne, sa fureur soudaine et l'envie d'arracher les tripes de celle qui vient de l'insulter. Nul doute que la colère de la dragonne se fait ressentir dans l'esprit même de l’Écoutante. Un grondement qui la réveille néanmoins, mettant la Chevaucheuse au pied du mur. Elle sait. Elle comprend.
Royale.
Elle choisit Royale. Ce n'est pas un choix. C'est son Destin. Abigaïl est née pour voler sur des dragons. Elle tuera peut-être encore parce qu'elle sent que c'est ancré au plus profond d'elle-même mais elle ne peut rien faire sans Royale. Sans le feu ardent qui anime les rouages de son corps.
Royale.

-Je suis désolée, reprend-t-elle dans un souffle, mais plus fermement qu'auparavant. Je ne peux pas faire ça. Je... je pense que cette voie sombre, je pense que devenir une Fille de la Nuit est une chose que je devrais faire. Au plus profond de moi, dans le brasier le plus sombre de mon cœur, je le ressens. Mais pas pour le moment. J'ai encore plus besoin de Royale. Je ne peux pas.

Sa voix est moins rêveuse qu'elle ne l'a pensé. Elle ressent peu à peu le fourmillement de ses jambes, les pulsions de son cœur dans sa poitrine, le léger picotement aux extrémités de ses mains. La vie s'infiltre de nouveau, petit à petit, par la fenêtre qui s’entrouvre doucement. Peut-être qu'il lui faudra encore du temps. Pour assumer la part sombre de son être. Pour ne plus penser qu'elle a failli tout quitter. Qu'elle a tué un homme. Que Rhaps a été violé. Il faudra encore du temps. Mais elle sait que là-haut, dans l'infini du ciel, lorsque le vent fouettera son visage, les plaies guériront lentement. Et la fenêtre s'ouvrira de nouveau.
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Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyDim 16 Juil - 23:36

La déception est amère. Elle y croyait tellement, la froide princesse de Valkyrion, à cette Potentielle forgée dans la flamme de la plus intense passion. Oui, elle y a cru, et la frustration est d’autant plus grande qu’elle avait placé beaucoup d’espoirs dans la rouquine si prometteuse. Enfin, telle est la loi de la vie : l’on ne peut pas toujours avoir ce que l’on veut, et la Confrérie devra recruter ailleurs. Ces derniers temps les apprentis se sont faits rares, pour la Lame : Ljöta se montre plus exigeante en ces mois de guerre, pour être certaine de la valeur de ses recrues, et le flot d’arrivants s’est réduit. Les autres Écoutants font de même, elle le sait, ils en ont discuté ; et la Tour Noire est moins peuplée que d’ordinaire avec tous les enfants de Sithis éparpillés dans les Huit-Duchés pour tirer le plus de profit possible des conflits.

Alors, une de plus, aussi porteuse de promesses que celle-ci… Quel gâchis. Un soupir échappe à l’assassin, sous le masque qui dérobe ses traits. Elle manque de temps pour accomplir tous ses devoirs ; cette visite infructueuse à la Volte est une véritable perte de temps. Il y a tant à faire qu’elle peine à suivre, parfois ; il faudrait réellement qu’elle songe à prendre un Adepte, pour pouvoir continuer à visiter ainsi les recrues désignées par la Sombre Mère. Même si ce soir est une réelle déception, il n’en reste pas moins que d’autres pourraient accepter la proposition que la Chevaucheuse vient de décliner.

Un instant, elle dévisage la frêle silhouette qui lui fait face. C’est sûrement la dragonne qui a revendiqué ce qu’elle considère comme son bien. Oh, elle en a entendu parler, de cette Royale : vieille dragonne, possessive avec ses cavaliers qu’elle exhibe comme des objets. Oui, sa réputation est équivoque ; et Ljöta ne peut retenir une pointe de haine envers cette créature pleine d’écailles, incapable de respecter la supériorité de l’humanité sur le règne animal. De quel droit la dragonne s’estime-t-elle plus légitime qu’une déesse pour façonner le destin d’une humaine ? Ses lèvres se plissent en une grimace de dégoût, invisible sous le masque – finalement, n’est-ce pas dans l’ordre des choses ? Cette femme en laquelle elle plaçait tant d’espoirs est tout de même une mage avant d’être Chevaucheuse, et Lida sait combien les mages sont mesquins, indignes et égoïstes. Et cette fille de Cibella, cette… cette Faë, n’est-elle est pas l’ennemie de Valkyrion ? Au sein de la Confrérie, l’origine ne compte pas, car les assassins ne prennent pas parti dans les conflits du commun des mortels, mais elle a refusé de la rejoindre – elle n’est pas fille de la Sombre Mère, et à ce titre, elle peut être exécutée.

Oh, que c’est tentant ! Priver l’écailleuse de son jouet ! Venger l’affront fait à Lida et Sithis ! Abattre une ennemie d’Ibélène ! Il ne faudrait qu’une seconde, elle ne se méfie pas – dégainer sa lame, et frapper, ici, juste là où palpite l’artère sur son cou. Ouvrir sa gorge d’un baiser acéré au fil de son poignard, sentir son sang indigne couler sur elle, imbiber ses vêtements, inspirer à pleines narines son odeur cuivrée… Serrer la jeune femme contre elle comme si elles étaient amantes, capter les soubresauts d’agonie de son corps impuissant, sentir les derniers battements effarouchés de son cœur luttant encore pour subsister, sans comprendre qu’il est déjà condamné. Recueillir son dernier souffle sur ses lèvres, s’inonder du torrent écarlate qui ruisselle le long de son cou gracile… La princesse en frémit.

Oui, c’est tentant.
Terriblement.
Mais elle n’est pas venue pour ça, hélas.

« Cette proposition ne sera pas réitérée. Es-tu sûre de toi ? »





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Message Sujet: Re: Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\   Au plus noir de la nuit [Ljöta & Abi] /!\ Scènes violentes /!\ EmptyJeu 27 Juil - 22:27

Elle sent la tension augmenter, Abigaïl. Fait-elle un affront à Lida ? La déesse lui pardonnera-t-elle son refus ? Et l’Écoutante ? Elle lui a tendu la main, lui a offert une famille, une promesse d'avenir, la certitude de ne jamais être abandonnée. Abi lui a refusé tout ça. La Chevaucheuse veut lui expliquer, lui confier pourquoi ce choix. Mais elle sait qu'elle ne peut comprendre. Elle n'est pas liée à un dragon. Son esprit n'est pas constamment ouvert à celui d'un autre. Mais après tout, qu'est-ce qu'elle en sait Abi ? Cette Écoutante peut être une Chevaucheuse exilée ? Qui a perdu son dragon. Une idée qui lui fait l'effet d'un coup de poignard au ventre. Perdre Royale. Non, c'est décidément impossible. Elle ne peut se risquer à abandonner Royale. Et rien le fait de l'avoir envisagé quelques secondes, à fragiliser ce lien si fort qui les unit. Quelque chose s'est brisé, Abi le sait.
Et puis... Et puis il y a. Enfin... elle n'est pas seule. Elle ne peut pas.

Alors elle plante son regard sur l’Écoutante. Déterminée, cette fois. Sûre d'elle, de ce qu'elle avance, de cette voie qu'elle a choisi il y a quelques années. Ce chemin tracé pour elle par le Destin. Lida lui offre une chance mais c'est le Destin qui guide ses pas. Il l'a encore prouvé avec Astrée. Elle ne peut faire ainsi faux bond. Même si son cœur saigne. Même si sa morale est ébranlée. Même si tout son être souffre, chaque pas est un saignement de plus, chaque souffle laisse échapper un bout de son âme. Elle vient de tuer, Abi. Froidement. Presque... amoureusement. Elle l'a regardé souffrir, elle en a pris du plaisir. Elle ne peut le nier. La Chevaucheuse a torturé et assassiné l'homme qui a brisé Rhaps. Parce que, au fond, en brisant Rhaps c'est elle qu'il a brisé. Il a tué une partie d'elle-même. Il l'a forcé à se venger, à le tuer, à se perdre dans sa vie et manqué d'abandonner Royale. Tout ça, c'est de sa faute. Il a détruit une partie d'elle et elle le détestera à jamais pour ça. Et c'est justement à cause de ça, que la proposition de l'Enfant de Lida lui a paru si alléchante. Mais sa décision est prise. Irréfutable.

-J'en suis sûre. Pas ici. Pas maintenant. Dans... une autre vie peut-être.

Sa voix n'est qu'un murmure et sa dernière phrase reste en suspens un moment dans le silence de la nuit, avant de s'estomper. Pourquoi donc a-t-elle dit ça ? Elle n'a jamais été aussi proche de la réalité. Et, étrangement, la pensée d'être une Fille de la Nuit dans une autre vie la rassure. Elle se dit que dans cette vie, au moins, elle peut assouvir cette part sombre d'elle. Une vie cachée, obscure, dans laquelle elle chemine sur cette voie ténébreuse offerte par Lida. Et sa vie actuelle, où elle chevauche Royale, fend les cieux et accomplit ce que le Destin a prévu pour elle.

Elle est sûre d'elle, Abigaïl. Un peu plus que quand l’Écoutante est apparue. Une rencontre qui, au final, lui a fait du bien. Elle a l'impression d'y voir plus clair, ainsi plongée dans le noir. Elle est encore un peu perdue mais le temps va accomplir son devoir. Enfin... si l'Ordre le laisse agir à sa guise. Et c'est ça, sa mission. Protéger le temps. Pour qu'il puisse guérir sa blessure.
Qu'il guérisse Rhaps.

Ses yeux scrutent Lia. L’Écoutante ne lui décerne qu'un hochement de tête raide et bref. Sans trop savoir pourquoi, Abi est mal à l'aise et son regard se détourne un moment. Lorsqu'elle revient sur elle, ses yeux se perdent dans le néant de la nuit.
La pluie continue de tomber.
Lia a disparu.
Abi est seule. Avec ses démons. Avec son choix.
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