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 Quand le sang nous dicte notre conduite

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Grâce de Séverac
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Message Sujet: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyLun 9 Oct - 22:50




Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Grâce de Sombregemme, Agathe & Aubrée Martel

Quand le sang nous dicte notre conduite




• Date : 22 octobre 1002
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Grâce a demandé à ses filles s'il leur était possible de se voir, les conviant dans une auberge de la ville haute. Elle n'a pas oublié l'anniversaire de sa cadette, mais elle doit les entretenir d'un sujet très délicat pour elle.
• Recensement :
Code:
• [b]22 octobre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2744-quand-le-sang-nous-dicte-notre-conduite]Quand le sang nous dicte notre conduite[/url] - [i]Grâce de Sombregemme, Agathe & Aubrée Martel[/i]
Grâce a demandé à ses filles s'il leur était possible de se voir, les conviant dans une auberge de la ville haute. Elle n'a pas oublié l'anniversaire de sa cadette, mais elle doit les entretenir d'un sujet très délicat pour elle.

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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyMar 10 Oct - 0:29

Qu’importe les échanges de lettres, qu’importe les quelques fois où elles s’étaient revues… Qu’importe, qu’elles aient cherché à savoir si elle allait bien, pendant Lughnasadh. Qu’importe aussi, qu’elles l’aient veillée, alors qu’elle était alitée, inconsciente. On lui avait rapporté tout cela, mais rien ne pouvait combler ces vingt ans, ou presque, passés sans elles. Par sa faute, sa seule et unique faute. Il lui semblait, parfois, que tout allait mieux – avec Aubrée, surtout. Aubrée, qui ne la fuyait pas, Aubrée, qui semblait s’émanciper, et qui la rendait fière, un peu plus chaque jour. Elle était secrète, bien sûr, ressemblant par cela à sa mère, mais Grâce la chérissait sincèrement, quels que soient ses secrets, quelles que soient ses occupations.

Mais Agathe… Sa chère petite Agathe, celle qui faisait tout pour la repousser, pour ne pas lui ressembler. Peut-être lui ressemblait-elle plus qu’elle ne le croyait, à fuir et quérir son attention simultanément. Ou peut-être était-ce l’espoir d’une mère déboussolée, qui avait abandonné tout droit à ce nom qui ne lui était pas donné, à ce lien qu’elle avait brisé. Elle n’en savait rien, mais elle se sentait si ignorante, dès qu’il s’agissait de sa cadette. Sa lettre lui avait serré, brisé même, le cœur. Ces miettes d’espoir qu’elle lui donnait, elle les reprenait sitôt qu’elle évoquait le fait que le baron de Sylvamir l’ait protégée. Qu’elle avait veillé sur Meldred de Sylvamir, et Arsène. Comme une sœur le ferait. Peut-être était-ce ce qu’elle était, pour lui. Ni plus, ni moins. Elle ne lui racontait que des banalités, après tout, peut-être était-ce la façon de lui faire comprendre qu’elle n’avait plus de place dans sa vie. En avait-elle seulement eu une un jour ? Elle en doutait, et chaque échange qu’elles avaient, chaque échange où l’une d’entre elles n’était pas inconsciente du moins, lui laissait un goût amer.

Elle avait pourtant répondu qu’elle lui en parlerait davantage de vive voix, sitôt qu’elle pourrait se rendre à Lorgol – et que sa sœur y serait. Discrète, et intraitable, elle n’avait pas cédé aux supplications de sa f… de la jeune fille, pour savoir ce qu’elle voulait évoquer – malgré les nombreux mois qui s’étaient écoulés, avant qu’elles ne puissent se voir. Une aubaine, qu’elle soit missionnée pour acheminer ces rapports, ces précieux rapports sur l’avancée de la guerre, à un major de vol, sérieusement blessé et passant sa convalescence auprès de sa famille à Lorgol. Ils étaient précieux, et ne devaient pas tomber entre des mains malhonnêtes, aussi devait-elle y prêter une grande attention. Elle avait été au plus vite, ne se ménageant pas et ne ménageant pas Corail. Elles pourraient se reposer quelques jours, le temps que le major prenne connaissance de ces informations scellées, et lui transmette les siennes. Guerrier avisé, son regard sur la situation était très précieux. Il était inapte, mais pas incapable.

Elle avait écrit à ses filles, pour leur confirmer son arrivée, puis avait pris place dans une chambre de la Caserne de Serres pour la nuit, où elle séjournerait pour les quelques jours à venir. Elle était anxieuse, de voir ses filles, en se levant et en se préparant. En préparant le paquet qu’elle remettrait à sa fille, pour célébrer les dix-huit ans de sa fille. Elle avait un présent pour son aînée aussi, qu’elle lui remettrait en secret, n’ayant pas été en mesure de célébrer son propre anniversaire. Sitôt cela fait, elle se rendit à l’auberge où elle leur avait donné rendez-vous, les attendant à l’intérieur, un verre de vin en main – elle aurait tout donné pour un rhum, auquel Freyja et les pirates lui avaient donné goût, mais ce n’était pas le genre de boissons que l’on servait dans l’établissement.
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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyDim 15 Oct - 19:55

C’est avec la mine fatiguée, mais un léger sourire aux lèvres, qu’Aubrée franchit la porte de la taverne où elle doit retrouver sa mère et sa sœur. Cela faisait longtemps qu’elles ne s’étaient pas retrouvées réunies, toutes les trois. Et même, elle ne les a pas vues depuis Lughnasadh et ses tristes événements, il y a presque trois mois.

Elle aurait dû rentrer plus tôt, bien plus tôt. Mais Lia est tombée malade alors qu’elles devaient rentrer à Lorgol. Elles ont trouvé refuge à la cellule de la Confrérie d’Ibelin, et la kyréenne est restée clouée au lit pendant près d’un mois et demi. Autant de temps passé à son chevet, à la veiller, à prier Lida et Sithis de ne pas l’emporter trop tôt, alors qu’elle avait tant besoin d’elle. Lia est son modèle, celle qui lui montre la route à suivre, son guide ; si elle venait à mourir, et même pas en mission, que serait-il advenu d’elle ? Alors, la jeune femme a fait de son mieux. Elle est restée près d’elle, tâchant de faire retomber la fièvre de son mieux. Et attendre, longtemps. Il n’y avait que ça à faire. Comme elle a maudit la magie, alors qu’elle risquait d’emporter Lia loin d’elle ! Et elle a été tellement soulagée, quand on lui a fourni l’antidote qui permettrait de la ramener parmi les vivants définitivement.

Et puis, il a fallu rentrer. A cheval. Depuis Valkyrion. Autant dire que le voyage a été long et épuisant. Et pourtant, Aubrée s’est interdit de se plaindre. Ce n’était pas elle, la plus affaiblie des deux. Alors, elle a tenu, jusqu’à ce qu’elles arrivent à la Tour Noire. Et là, Lia lui a donné une semaine de vacances. Comme une récompense. Elle a accueilli la bonne nouvelle d’un hochement de tête et d’un sourire fatigué, en songeant que ce n’était pas elle qui en avait le plus besoin. Dire que Lia allait devoir faire face à son rôle d’Ecoutante et ses responsabilités à peine rentrée… Déjà qu’elle s’en voulait d’avoir abandonné son poste si longtemps… Oh, elle n’en a rien dit à Aubrée. Mais la blondine commence à la connaître, sa Kyréenne de mentor. Et elle la plaint, parfois.

En tout cas, elle a bien failli ne jamais voir le mot envoyé par sa mère, lui donnant rendez-vous, à elle et sa sœur, dans une des auberges de la Ville Haute. Elle a trouvé le courrier devant la porte de sa chambre, et a bien failli marcher dessus sans le voir. En tout cas, elle répond présente, malgré son envie de retourner se coucher. Les venues de sa mère à Lorgol se font rares, et il est hors de question de lui faire faux bond.

Elle se souvient de la dernière fois qu’elles se sont retrouvées pour parler dans une Taverne, presque un an auparavant. Elle envisageait de poser un Contrat sur la tête de ses frères, à l’époque. Mais Anthelme et Arnaut Martel n’ont pas pointé le bout de leur nez depuis le Tournoi des Trois Opales et leur tentative ratée d’enlèvement. Alors, peu à peu, elle a enfoui ses envies de meurtre en elle, tout en se promettant que s’ils réapparaissent, elle ne leur laissera pas une seule occasion pour leur faire du mal, à Agathe et elle, quitte à s’en occuper personnellement.

Elle repère rapidement sa mère, en entrant. Bon, elle n’est pas la dernière, Agathe n’est pas encore là. Son sourire s’agrandit au fur et à mesure qu’elle s’approche de sa table. Et cette fois, elle va pour l’étreindre, sincèrement heureuse de la revoir, avant de tirer la première chaise et de s’installer. « Comment vas-tu ? Cela fait si longtemps qu’on ne s’est pas vues ! » Puis, guettant autour d’elle, recherchant parmi les gens un museau blond semblable au sien, elle ajoute. « Agathe va venir, hein ? Elle aussi, elle m'a manqué. » Toute sa fatigue semble s’être envolée. Enfin, les cernes sont là, les yeux rétrécis par la fatigue aussi, mais elle se sent bien mentalement, contente de retrouver sa famille.


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Agathe de Vigdir
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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyJeu 19 Oct - 15:44

Elle n’était pas en retard! Bon, si, un peu, quand même. Si Agathe se cramponnait désespérément à l’idée que son retard était largement explicable en raison du présent qu’elle voulait offrir à Grâce de Sombregemme et de l’emballage difficile qu’elle avait dû peaufiner, elle savait bien qu’elle se voilait la face. Son retard, elle le devait surtout à la peur et l’angoisse que lui causait une rencontre avec celle qui l’avait mise au monde. La dernière fois… La dernière fois, elle l’avait faite venir en Valkyrion pour parler. Pour se rassurer de son état, suite à la guerre qui ravageait Ibélène. Pour parler des raisons qui l’avaient poussée à fuir, des années plus tôt, et à l’abandonner, aussi. Si elle avait désiré quelques miettes d’excuses ou un semblant de remord, Agathe n’avait eu qu’une froide réaction de la part de Grâce ainsi que son départ précipité. La blondinette avait pleuré au moins toutes les larmes de son corps, ce jour-là. Et le lendemain aussi, dans les bras de Mélusine. Depuis… Depuis, elle avait suivi le conseil de sa tutrice, trésor de sagesse : se façonner des souvenirs loin de celle qui la faisait souffrir. Évoluer et être heureuse, pour être en mesure de la côtoyer sans douleur. Un jour.

Mais aujourd’hui, Grâce désirait la revoir. Réellement. Elle voulait lui parler de quelque chose et les longues lettres qu’Agathe lui avait envoyé dans l’espoir d’un bout d’indice s’étaient révélées infructueuses. Elle n’était pas sotte, la Belliférienne, elle savait bien que ça n’aurait probablement rien à voir avec des excuses pour toutes ces années d’abandon. Ni en lien avec Arnaut et Anthelme : ils étaient morts, très certainement, aux yeux de la voltigeuse.

Elle s’était faufilée dans cette auberge qu’elle connaissait bien, son présent entre les mains. C’était là, la première fois qu’Agathe avait perçu le barde de talent qui faisait vibrer son âme avec tant de poésie. C’est donc sous un sourire léger que la jeunette passa la porte. Un seul regard lui avait suffit pour repérer la table où son aîné et la voltigeuse étaient posées, et non sans une légère hésitation, Agathe les approcha, ses joues rouges témoignant encore de la fraîcheur du dehors.

- On m’a dit que la célèbre voltigeuse de Sombregemme avait gagné une année, il y a peu.

Le museau plissé sous un sourire qu’elle forçait un tantinet, Agathe déposa une bouteille joliment fabriquée, avec de petites anses inutiles mais fort esthétique près de son goulot. Goulot qui, d'ailleurs, était entouré de jolis rubans gris. Vraisemblablement de la soie.

- Le commerçant m’a assuré que c’était digne de vrais guerriers Alors… Enfin, j’ai pensé que ce serait parfait pour toi, Grâce. Ça provient de l’Archipel.

Les mots exactes du commerçant étaient plutôt “Digne d’un vrai bonhomme”, mais aux yeux d’Agathe, il ne s’agissait là que d’un synonyme, d’une futilité sémantique. Rien de plus. De sa petite main toujours glacée, elle glissa le présent sur la table, jusque devant la voltigeuse. Un tord-boyau qui promettait plusieurs lendemains sans souvenir. Puis, pour son aînée, Agathe déposa cette même main à son épaule et la laissa glisser légèrement sur son bras, pour une caresse toute en douceur. Elle lui avait manqué, Aubrée. Vraiment, et sincèrement. Elle s’était inquiétée à son sujet.

- Je ne t’ai pas oubliée, Aubrée. J’avais un joli présent pour toi, à Svaljärd, mais… Il est détruit, désormais. Il y a une boutique, très près d’ici, avec des pâtisseries dignes de… de Bellifère. Enfin, gastronomiquement parlant. J’aimerais t’y emmener, dès que possible. Oh.. J’ai eu si peur pour toi!

Elle couvrit son aînée d’un sourire franc, sincèrement ravie de la revoir entière, puis s’attaqua à sa cape courte pour dévoiler sa jolie tenue. Sa robe aurait pu être terriblement belliférienne, alors que le col remontait sur son cou, mais la dentelle qui couvrait son décolleté était à la fois féminine et un tantinet coquine. Un tantinet. Oh, elle était fière, Agathe, de montrer ses progrès vestimentaires à son aînée. Et à Grâce, aussi. Lorsqu’elle prit place sur la chaise voisine à celle d’Aubrée, la blondinette ajouta :

- Je me suis inquiétée pour toi aussi, Grâce. Quand le… Quand le Cavalier Noir m’a emportée, tu ne semblais pas consciente.

Oh… Comme c’était étrange, de verbaliser cette fuite à haute voix. Elle fronçait les sourcils, Agathe, alors qu’elle reparlait de cette tragédie si ouvertement, pour la première fois.


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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyJeu 9 Nov - 19:11

Seules quelques minutes étaient passées, alors qu’elle attendait, mais elle était anxieuse, et cela lui semblait une éternité. Elle n’était jamais aussi sereine qu’elle l’aurait voulu, quant ses filles entraient en considération. Tout cela était bien trop compliqué, même pour elle. Surtout pour elle. Et pourtant, elle ne put ignorer la bouffée d’affection, d’amour, qui la prit, quand elle vit entrer son aînée puis, quelques instants plus tard, sa benjamine. Elle avait l’impression de redécouvrir leurs visages, à chaque fois, tant elles lui semblaient changées – elles avaient muri, paraissaient plus sûres d’elles. Elle n’était plus les jeunes filles qui n’avaient rien connu d’autre que leur vie sordide en Bellifère. Elles étaient de belles jeunes femmes qui s’épanouissaient chaque jour un peu plus, et le cœur de Grâce débordait de fierté. Elle qui avait tant craint qu’elles ne s’adaptent pas, qu’elles regrettent… Surtout Agathe, qui avait été déracinée contre son gré, ce dont elle se voulait quelque peu, même si elle n’avait que pour but de lui laisser la liberté de choisir. Si vraiment elle avait voulu retourner en Bellifère, alors sa mère l’y aurait aidée, même si l’idée la révulsait.

Elle sourit doucement à son aînée, surprise mais ravie par l’étreinte qu’elle lui rend. Aubrée l’aurait-elle osé, quand elles s’étaient revues après tant d’années ? Et Grâce l’aurait-elle rendue aussi spontanément ? Probablement pas. Mais elles évoluaient, toutes les deux. Elles apprenaient à être mère et fille. « Je vais bien mieux. Je suis entièrement remise, depuis Lughnasadh. Et toi ? Et la princesse Ljöta ? » Inutile de prétendre demander des nouvelles de sa mentor Lia – ce n’était pas le lieu, et elle savait pertinemment qu’elle ne faisait qu’un avec la princesse. « Je suppose que vous n’avez guère pu prendre de repos, avec tout ce qu’il s’est passé. » Le désastre à Svaljärd, la traque des mages qui a du causer du remous en Valkyrion, étant donné l’inimitié du duc à l’encontre des mages… Elle-même n’avait guère eu le loisir de réellement se remettre de ses blessures – sitôt qu’elle pouvait monter Corail et affronter leurs ennemis, elle l’avait fait. Elle n’aurait pas supporté qu’il en soit autrement, dans tous les cas.

Son sourire s’agrandit, alors qu’Aubrée lui demandait si Agathe venait, affirmant qu’elle lui avait manqué. Sa sœur lui avait-elle finalement pardonné de l’avoir amenée avec elle à Lorgol ? « Elle ne devrait pas tarder. Vous avez pu correspondre, depuis Svaljärd ? Vous vous voyez, de temps en temps ? » Les déplacements étaient compliqués pour tous, et à moins d’être réunies à Lorgol, ce ne devait pas être facile pour elle de se réunir.

Elle tourna la tête vers la porte de l’auberge, quand un son de clochette se fit entendre, soulagée de voir Agathe la franchir. Elle avait craint qu’elle décide au dernier moment de ne pas venir, étant donné leur dernière rencontre en tête à tête, sur le domaine de Sylvamir, où tout ne s’était pas réellement bien passé… et c’était diminuer la réalité. Elle fronça les sourcils, en entendant les paroles d’Agathe. Elle avait complètement oublié son propre anniversaire… Elle n’était pas habituée à le fêter, loin de là. Elle avait rarement vu ce jour comme l’un de ceux que l’on devait célébrer, que ce soit durant son enfance où il n’en était pas question, ou durant son mariage. Elle avait parfois bu des verres avec les gens de l’Audacia à cette occasion, mais elle mettait rapidement de côté la raison qui les réunissait en premier lieu.

Et pourtant, rien ne lui aurait fait davantage plaisir que le geste de sa fille, même si elle avait apprécié et célébré le jour de sa naissance – principalement parce qu’elle ne s’y attendait pas du tout, encore moins venant d’Agathe dont elle doutait parfois qu’elle l’apprécie, et que la surprise ne l’en rendait que plus plaisant. « C’est un superbe cadeau, Agathe. Je… Merci beaucoup. Je suis vraiment touchée. » Sa voix devait paraître étrange, un peu serrée, mais elle laissait réellement transparaître l’émotion de Grâce. Plus qu’elle ne l’aurait voulu ou penser. Elle souleva la bouteille, la regardant, souriant à sa fille. « Je vous proposerai bien de la déguster, mais je crains que le tenancier des lieux voit cela d’un mauvais œil… Mais nous pouvons commander une liqueur plus douce, pour vous deux. »

Cela lui faisait chaud au cœur, de voir le geste rapide mais plein de tendresse d’Agathe envers sa sœur. Oui, tout semblait réellement pardonné. Qu’elle la blâme elle serait difficile, mais elle ne souhaitait pas qu’elle se brouille avec sa sœur. Et savoir qu’elle avait un présent pour elle… « Nous pourrons nous y rendre, après avoir pris un repas ici, si vous le souhaitez. Ce serait une belle façon de le finir. Mais je peux vous laisser y aller toutes les deux, évidemment. »

Elle regarda bouche bée sa fille, élégamment vêtue, et très féminine. Elle ne s’y était pas attendue. Elle avait bien grandi, oui, depuis qu’elle avait quitté Brumecor. Elle était splendide, dans cette robe tout à fait convenable, mais très élégante. Si elle s’apprêtait à le lui dire, elle fut prise de court, par les paroles de sa fille. Sa gorge se noua, malgré elle. Elle qui pensait souvent qu’Agathe ne devait pas l’apprécier, elle s’inquiétait, et le disait avec une telle simplicité… « Je… Tu étais là ? Je ne devais pas être consciente, en effet. Mais tout va bien, maintenant. Et toi, comment vas-tu ? Tes tuteurs vont bien, eux aussi ? Dis nous tout. » Elle s’y intéressait réellement, même si elle ne cessait de s’interroger sur les relations entre eux et leur fille. Les aimait-elle comme des parents ?

Elle finit par sortir quelques paquets de sa besace, enveloppés dans un tissu assez couteux qu’elles pourraient réutiliser. « Je ne vous ai pas oubliées non plus, bien que tu aies gagné une année il y a déjà quelques mois, Aubrée, nous n’avons pas réellement eu le temps de le célébrer… Et je ne pourrais pas revenir à la date réelle, Agathe. » Elle leur tendit les paquets, trois chacune, de taille différente – Aubrée en avait un plus grand, et deux petits, alors qu’Agathe en avait trois petits.

|HRP| Je vous envoie un MP sur le contenu des présents !
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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptySam 25 Nov - 19:31

L’évocation de Lughnasadh lui arrache un rictus, entre le sourire et la grimace. Les souvenirs sont encore vifs dans son esprit. La peur, le froid, le sang, les cris, sa mère blessée, sa sœur loin d’elle, son oreille qui siffle de temps à autre depuis que l’aile du palais a explosé. Décidément, ce qui à l’origine devait être une fête s’était métamorphosé en cauchemar. En tout cas, elle est contente d’apprendre qu’elle s’est remise des événements. « Je vais bien. » Par contre, pour Ljöta… Aubrée se retient d’ajouter un Elle va mieux qui ne ferait qu’appeler des questions peu bienvenues. Lia est Mage, et Mage du Sang, en plus. Personne n’est censé le savoir. Heureusement, Grâce enchaîne, tendant une perche bienvenue à l’apprentie assassin. « Oui… Ça a été un peu compliqué, ces derniers mois. » Ce n’est même pas un mensonge. Et même si Aubrée a passé des semaines à veiller Lia et pas à l’assister dans une chasse aux Mages, son état de fatigue avancée est le même.  
 
Mais Aubrée ne s’étant pas sur ce délicat sujet, et préfère enchaîner sur la présence d’Agathe à cette réunion de famille plus ou moins improvisée. Elle sourit en apprenant qu’elle devrait arriver bientôt, mais secoue négativement la tête en réponse à ses questions. « Non. Je viens tout juste de rentrer à Lorgol, et échanger des lettres était un peu compliqué. » Enfin, elle lui a écrit, pendant ses longues heures, assise près de Lia, lors de ses moments d’inconscience. Elle lui a écrit de longues lettres, lui détaillant tout ce qu’elle aurait voulu lui raconter, mais tout ce qu’elle ne lui dira jamais, parce que c’est secret, parce qu’elle n’osera jamais ou simplement parce qu’elle l’oubliera deux jours après.  Elle ne les a jamais envoyées, bien sûr. Elles sont encore au fond de son sac de voyage, avec celles qu’elle a reçu de cet admirateur secret dont elle soupçonne l’identité.
 
C’est ce moment là que choisit Agathe pour entrer dans l’auberge. Le sourire de l’aînée s’élargit à la vue de la blondinette, qu’elle accueille avec une exclamation ravie. « Agathe ! » Et pourtant, la première attention de sa cadette n’est pas pour elle, mais pour sa mère. Ce n’est cependant pas pour ça qu’elle fronce légèrement les sourcils, et qu’elle écarquille les yeux la seconde d’après. Non. C’est juste le sens de ses paroles qui la frappe d’un coup.
 
L’anniversaire de Grâce.
 
Par Mnémosie, elle avait complètement oublié ! Etrangement muette, elle regarde sa sœur donner son présent à sa mère, une bouteille qui vient de l’Archipel. Elle sourit néanmoins à la remarque de sa mère. Oui, elles sont dans des quartiers qu’Aubrée fréquente peu, et elle imagine que ce n’est peut-être pas tout à fait l’esprit de l’établissement. Mais le sourire se crispe légèrement ; elle craint avoir fait un faux pas en oubliant. De toute façon, elle n’a pas eu le temps, avec la maladie de Lia. Ou la chasse aux mages, selon la version.
 
Le geste d’Agathe, affectueux, couplé à ses paroles, a pour effet de la détendre un peu. Elle accueille la nouvelle de la destruction du cadeau original avec une petite moue, mais ne lui saute pas à la gorge à peine le nom de Bellifère prononcé, comme elle l’aurait peut-être fait, un an plus tôt. Et puis, l’intention la touche. Agathe semble déterminée à poursuivre la tradition du gâteau aux noisettes le jour de l’anniversaire encore un moment, sous une forme ou une autre. Elle sourit, davantage encore lorsque sa mère propose de s’y rendre après le repas. « Quelle bonne idée ! On ira toutes les trois. On ne se voit jamais, je veux vous voir le plus longtemps possible, toutes les deux. Tu en dis quoi ? » En parlant, elle s’est tournée vers sa cadette. Elle croit avoir perçu la réserve de Grâce. Elle ne doit pas vouloir s’imposer à elles. Et même si Aubrée pense tout le contraire, elle ne sait pas ce qu’a prévu Agathe. Peut-être qu’elle voudrait la voir seule ? Dans ce cas, elles pourront se retrouver un autre jour. Aubrée a une semaine de vacances, après tout. Et même si elle s’est promis d’en passer la moitié à dormir, elle peut aussi passer à la tour de Sylvamir, ou n’importe où sa petite sœur sera.
 
Sa petite sœur, qui d’ailleurs, a bien grandi, si elle en croit la robe qu’elle porte en ce moment. Avec de la dentelle. Agathe, qui porte une robe féminine. Elle ne peut s’empêcher de sourire largement, très contente de sa sœur. Elle a fait des progrès, depuis Brumecor. Et si l’apprentie assassin connaît mal Mélusine de Sylvamir, elle la remercie silencieusement pour ce qu’elle fait pour sa cadette. Elle a beau être une femme scandaleuse, Agathe semble l’apprécier assez pour suivre ses conseils. Et nul doute qu’elle-même soit contente de ce changement. Sinon, elle n’aurait pas ôté sa cape avec ce petit sourire ravi.
 
Elle écoute silencieusement aborder les événements de Svaljärd. Elle ne dit pas qu’elle a veillé Grâce, elle aussi. Elle se souvient que la moitié de la ville était à sa recherche. Corail, Agathe, un homme missionné par sa sœur, Melsant missionné par sa mère. Elle l’avait suivi jusqu’à son chevet, avant de retourner auprès de Ljöta. Elle ne veut pas en rajouter, centrer l’attention sur elle. Pas cette fois. Elle veut laisser la mère et la sœur découvrir qu’elles s’apprécient, au fond. Elle sait que leurs relations sont tendues, ou l’ont été par le passé. Alors elle s’efface, quelques instants.
 
Et puis, le sujet des anniversaires revient sur le tapis. Cette fois, c’est Grâce qui leur distribue trois paquets à chacune, annonçant qu’elle n’a pas oublié non plus. Finalement, Aubrée est la seule cruche qui oublie, et qui semble ne pas penser aux autres. C’est faux, elle n’est pas égoïste. Mais elle ne dit rien, les accueille avec un sourire, et s’empresse malgré elle de déballer ses présents. Finalement, elle sort des paquets des boucles d’oreilles, serties d’agates, un bracelet assorti, puis elle déplie du plus grand paquet une très jolie robe, dont le tour de cou est serti d’agates. Elle sourit, émerveillée, contente que sa mère ait pensé à elle ainsi. « Ouah… C’est beau. Merci beaucoup. » Que peut-elle dire d’autre ? Elle replie soigneusement le vêtement sur la table, devant elle, avant de relever les yeux vers elles, l’air gêné. Elle doit leur dire, quand même. « Je… Moi, par contre, je n’ai rien pour vous deux. Je suis désolée, j’avais complètement oublié, et ça a été très compliqué… Mais je vous offrirai quelque chose quand même ! Agathe, je serai à Lorgol à ton anniversaire normalement, et Grâce, je… Je t’envoie ton cadeau dès que je le pourrai. » Voilà. Maintenant, elle a envie de s’enfuir, loin. Elle n’ajoute rien, s’en remettant à leur jugement. Elle ne sait pas comment elles vont réagir, mais elle espère qu’elles la pardonneront. 

Spoiler:
 


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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyJeu 28 Déc - 2:04

Grâce semblait émue. Grâce parlait étrangement, la gorge serrée, et Agathe se retenait de ne pas lui prendre la main pour partager ce bonheur avec elle. De nature peureuse et angoissée, la fille se rappelait bien que placer trop d’espoir en une seule rencontre avec sa génitrice pouvait s’avérer néfaste. Son départ précipité de Valkyrion avait brisé un petit quelque chose, au fond de son coeur, et malgré les mois qui séparaient cette tentative ratée de rapprochement, le spectre de la douleur de l’abandon était encore là, au-dessus d’elle. Alors la blondinette se contentait de lui sourire, de l’autre côté de la table, avec sincérité, le museau plissé de bonne humeur. Ce n’est rien, Grâce, qu’elle avait dit. Et puis, elle ne savait pas quoi acheter. La benjamine avait même spécifié qu’elle ne savait pas avec quelle arme sa mère combattait, ce qui compliquait la liste de présents à offrir. Oh… Elle avait vraisemblablement changé, Agathe, pour s’ouvrir à la possibilité d’une femme combattante.

À la possibilité de se rendre à la boutique de beignets entre filles, Agathe avait acquiescé avec cette bonne humeur qui respirait de plus en plus depuis son sourire et l’éclat de son regard. Tout n’était peut-être pas perdu, entre elle, et même si elle jalousait les rares moments passés en compagnie de son aînée, la blondinette était prête à inclure Grâce dans cette sortie. Aubrée serait heureuse et… Et elle n’était pas contre l’idée d’un souvenir heureux de sa mère. Valkyrion faisait encore bien mal, dans sa poitrine.

- Et toi, comment vas-tu ? Tes tuteurs vont bien, eux aussi ? Dis nous tout.
- Oh..! Dame de Sylvamir se porte bien, ainsi que son époux. La blessure était vilaine, mais Lorgol permet des soins issus de mages incroyables et de savants époustouflants. Je… Nous avons même pu visiter le port ensemble, et j’ai eu droit à ma première sortie au théâtre! Je crois… Lorgol me faisait peur, la première fois. Mais je crois que j’apprécie la ville, désormais. Je…

Elle leva sa petite main, sourire timide aux lèvres, pour mettre fin aux nouvelles la concernant. Leur indiquer qu’elle n’était plus la bienvenue en Bellifère, tant elle avait changé, ne plairait pas. Leur avouer qu’elle ne se sentait plus chez-elle, où qu’elle aille, non plus. Et même si elle précisait que Lorgol était ce qui se rapprochait le plus d’un refuge, Agathe redoutait de créer un malaise, de faire fuir le moment si parfait. Plutôt, elle s’accouda sur le rebord de la table, ses mains liées sous son menton, son regard passant de Grâce à Aubrée.

C’est à ce moment que Grâce extirpa plusieurs boîtes de son bissac et les distribua à ses filles. Les présents d’Aubrée semblaient bien plus gros que les siens, et si un pincement de jalousie se faisait ressentir, Agathe savait bien qu’elle était injuste dans son raisonnement. Ainsi, elle s’efforça de chasser cette idée, cette recherche assidue de preuve que sa mère ne l’appréciait pas, jusque dans la taille des présents offerts. Il était déjà incroyable que Grâce de Sombregemme lui offre quelque chose, pour son anniversaire. Agathe opina pour elle-même, se rangeant à cet élan de sagesse qui apaisait son coeur si prompt à se torturer d’un rien, lorsque sa mère était du nombre. Grâce de Sombregemme avait fait l’effort de lui offrir quelque chose. Peu importe que le paquet de sa soeur soit plus volumineux ou mieux emballé. Cela ne voulait rien dire. La grosseur n’était pas synonyme de son amour.

N’est-ce pas?

- Merci Grâce! Ce sont de vrais présents d’anniversaire…?

Elle déballait ses présents bien lentement, ses prunelles claires guettant l’évolution d’Aubrée. À chaque présent de son aînée, la cadette écarquillait un peu plus les yeux. Des agates! Partout! Sur un bracelet magnifique. Sur des pendeloques incroyables. Sur une robe extravagante et soyeuse. Des agates. Elle en était certaine, la mignonne. Elle entreprit de déballer les siens, un à un, avec grande attention.

Une bague sertie d’une agate ovale. Agathe rougissait en dissimulant son émotion. Mélusine lui avait déjà offert plusieurs ornements, mais c’était la toute première fois qu’un membre de sa famille belliférienne le faisait.
Un poudrier ouvragé qu’elle s’était empressée d’ouvrir puis qu’elle avait reposé avec mille précautions, sous la description que Grâce en faisait. Une poudre narcotique qu’elle pouvait souffler sur un adversaire, au besoin. Hum.
Une lime à ongle. C’était original, qu’elle avait dit, du bout des lèvres, un peu incertaine de la réaction à adopter. Grâce avait activé le mécanisme pour en faire sortir un stylet pointu. C’était donc une arme de jeune fille du monde. Oh…

Elle avait remercié Grâce pour chacun des présents, et si les armes coquettes la rendaient visiblement curieuse, il était évident de voir à quel point la bague l’avait émue. Déjà, Agathe la glissait d’un doigt à l’autre pour trouver où l’ornement serait le mieux ajusté puis, satisfaite de le voir à son index, elle relevait son attention sur son aînée qui se confondait en excuse.

- Mais c’est rien du tout, Aubrée, allons. Si ça veut dire qu’on se reverra pour mon anniversaire, je te pardonne tout.

Le museau levé, elle faisait sa rigolote, ses jolies dents perlées visibles depuis son sourire coquin.


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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyDim 21 Jan - 14:51

Grâce grimaça à son tour, en voyant les traits de sa fille se déformer alors qu’elle évoquait les désagréments passés. Elle savait qu’elle ne pouvait pas l’épargner de tout cela, mais elle l’aurait voulu. Elle ne souhaitait pas que sa fille soit ignorante et couvée, mais pouvoir la protéger, un peu, était-ce réellement trop demander ? Peut-être. Et malgré tout, une petite voix lui soufflait qu’elle aurait connu tout aussi difficile, aurait souffert tout autant, si elle était restée en Bellifère. Elle n’aurait jamais été épargnée… Les souffrances pouvaient prendre bien des formes, et celle-ci était assurément moins difficile à supporter, n’est-ce pas ? Grâce, en tout cas, la supportait bien mieux, malgré les combats, le sang, les morts. Parce qu’elle était libre. Qu’elle l’avait choisi. Qu’elle pouvait décider de revenir à une vie où elle ne prendrait pas part en première ligne à ces combats. C’était son choix, et elle n’y était pas enchaînée. Et sans cette liberté, elle ne pouvait vivre. Elle secoua légèrement la tête, poursuivant la conversation en questionnant Aubrée sur ses liens avec sa sœur, hochant doucement la tête, en l’entendant répondre. Si elle n’en montrait rien, elle s’inquiétait pourtant, du lien entre Agathe et Aubrée. Elle savait que la première en avait voulu à son aînée, mais n’avait-elle pas oublié cette rancœur ? S’y accrochait-elle, plutôt que de pardonner, et de réellement faire de sa sœur une amie ? Elles ne pourraient inconditionnellement compter que l’une sur l’autre, elles ne pouvaient rester fâchés – ou Grâce le croyait, du moins, n’ayant jamais eu de sœur sur qui compter. Peut-être l’imaginait-elle simplement.

Mais l’arrivée d’Agathe coupa court à ses pensées, et l’attitude de ses filles la rassura un peu – elles partageaient bien des choses, avaient des rituels à elles. Peut-être l’étaient-elles, amies. Cela soulagea un peu le poids qui pesait sur son corps. Si elle avait une relation plus compliquée avec elles, qu’elles s’entendent entre elles étaient déjà très bien. Elle resta silencieuse un court moment, pourtant, quand Agathe sortit un présent de sa besace, pour elle. Elle avait pensé à elle ? Réellement pensé à elle ? Elle préférait ignorer la provenance de cette boisson, même si elle savait que tous les pirates n’auraient pas croqué cru ses filles, surtout pas ceux de l’Audacia qui savaient pertinemment qui elles étaient maintenant, pour se réjouir de l’attention. Elle hésita un instant, à leur parler de ses armes. Ce n’était pas une discussion à avoir avec ses filles, n’est-ce pas ? Et puis, elle n’avait que de courtes lames sur elle. Un jour, elle leur montrerait Châtiment, oui. Pour le bijou que c’était, et non parce que c’était une arme. Mais pas maintenant. Maintenant, elle voulait se concentrer sur elles, et sur elles seules.

Elle sourit doucement à Agathe, qui s’emballait sur sa vie avec sa tutrice, et sur Lorgol. Fièrement, aussi. Oui, elle débordait de fierté, de voir qu’elle n’était plus la petite Belliférienne apeurée, désireuse de revenir à Brumecor. Soulagée, même, de la voir si enjouée. « Tu m’en vois soulagée – ce qui est survenu… » Elle frémit, malgré elle. Elle était habituée à la violence belliférienne, mais ça n’avait rien de comparable avec l’action de ces sentinelles, presque invulnérables. « Cela devait être très beau. Qu’as-tu vu, sur le port ? » Elle regarda un instant Agathe avec inquiétude, tant elle s’était arrêtée brusquement, conservant le silence pour la pousser à parler, si elle le souhaitait.

Elle ne voulait pourtant pas qu’une gêne particulièrement inconfortable s’installe, aussi sortit-elle les présents qu’elle dissimula dans son paquetage, qu’elle destinait à ses filles. Agathe aurait tout le loisir de parler, elle espérait qu’elle en était consciente. Même si ça ne devait pas être spontané, pour elle… Retenant un soupir, elle acquiesça, en entendant l’interrogation d’Agathe. « Bien sûr. Spécialement faits pour toi, et pour ta sœur. » Elle les regardait les déballer avec grand plaisir – quiconque la connaissait un tant soit peu aurait été étonné de voir les étoiles dans ses yeux, au fur et à mesure que ses filles les déballaient. Elle secoua la tête, souriant à Aubrée, en l’entendant s’excuser. « Vous voir est déjà beaucoup pour moi, Aubrée, tu sais. » Probablement plus qu’elles ne le penseraient jamais. « Les agates sur vos présents viennent de Sombregemme. Je… J’espère qu’ils vous conviendront, j’ai réfléchi à ce qui pouvait vous convenir au mieux. J’aimerai tellement que vous puissiez visiter le domaine, un jour. Il m’a été donné, mais… » Elle soupira, s’interrompant dans ses paroles. « Ça me plairait, que vous veniez le voir. » Car il sera à vous, un jour. Elle garda le silence, incapable de poursuivre. Comment pourrait-elle en dire plus ? Leur proposer de visiter Sombregemme, oui… Rompre définitivement avec la famille de leur père, pas du tout. Elle ne pouvait pas le faire. Pas alors qu’elle était incertaine encore, de ce dont elles avaient envie à ce sujet. Elle avança ses mains pour prendre celles de ses filles, s’interrompant à mi chemin. Son geste ne pouvait pas être passé inaperçu pourtant, mais elle n’osait pas. La fière Voltigeuse, féroce combattante, n’osait pas faire ce simple geste.
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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyMer 31 Jan - 14:35

La blondine sourit, ravie, quand Agathe hoche la tête, et bat doucement des mains en se recalant un peu plus au fond de sa chaise. Elle est contente de cette sortie entre filles qui s’annonce, et surtout, que sa cadette accepte leur mère avec elles. Aubrée sait que tout n’a pas toujours été au mieux entre elles deux, et garde encore en tête la réaction qu’a eu Agathe il y a bientôt deux ans, et les reproches qu’elle lui a fait. Aussi, elle est contente de les voir sourire et discuter sans problèmes. Posant les coudes sur la table, la tête dans les mains, elle écoute sa sœur raconter rapidement ses sorties et son avis sur Lorgol. Quand elle s’interrompt brusquement, l’apprentie assassin tourne la tête vers elle, un brin surprise, mais ne commente pas. Elle est bien curieuse de savoir ce qu’elle s’apprêtait à dire. Peut-être quelque chose qu’elle n’est pas censée raconter ? Après tout, elle-même tait de nombreuses choses volontairement, sur les secrets de la Confrérie – et de Lia, entre autres, et elle comprendrait que sa sœur soit soumise au même genre de règles.
 
Puis vient le temps des cadeaux. Elle suit avec intérêt le déballage des présents d’Agathe. Des accessoires féminins, en apparence. Des armes, en réalité. Elle plisse les yeux, intéressée. Elle se rappelle de la discussion qu’elle a eu avec sa mère, l’an dernier, dans laquelle elle a dit qu’Agathe ne savait pas se battre, contrairement à elle. Est-ce que c’est en souvenir de cet échange que Grâce lui a offert ces présents ? Peut-être. Ou peut-être pas, après tout. Peut-être qu’Aubrée se cherche trop d’importance dans la vie de sa mère. Elle n’en est sans doute pas le centre, et sûrement ne réfléchit-elle pas tout en fonction de sa fille aînée.
 
Quand la blondine s’excuse de ne pas avoir de cadeaux, elle s’attend à un reproche, une remarque, quelque chose de désagréable. Pourtant, rien de tout cela ne vient. Et même, Agathe lui assure que ce n’est rien du tout, et qu’elle lui pardonne tout. Aubrée lui sourit, sincèrement, et hoche la tête. « J’y compte bien ! Et on pourra même essayer de se revoir avant, si tu veux. Normalement, je suis revenue à Lorgol pour un bout de temps. Et toi ? » Après tout, Agathe est née le 21 novembre, soit dans un mois. C’est long, un mois, surtout si elles sont toutes les deux à Lorgol.

Elle reporte son attention sur sa mère, et lui adresse un petit sourire. « Oui, mais… J’aimerais vous offrir quelque chose, moi aussi. » Elle n’a juste pas encore d’idées. Il faudra qu’elle y réfléchisse. Elle se redresse sur sa chaise quand Grâce évoque Sombregemme. Elle hoche la tête et sourit encore, pour lui assurer que ses présents lui plaisent, surtout en sachant que les agates sont issues du domaine de sa mère. Et son expression se fait encore une fois ravie à sa demi-proposition, et lui attrape la main qu’elle tend à moitié sans se poser de questions. « J’adorerais ! Je ne suis jamais allée en Erebor, et j’aimerais bien voir comment c’est, chez toi. » Surtout que grâce à ce domaine, elle a pu changer de patronyme, et se débarrasser du nom des Martel. De quoi lui donner des idées, et envie, peut-être, d’avoir son propre domaine à elle. Enfin, elle imagine que ça ne se fait pas comme ça, sur simple demande. Mais peut-être qu’un jour elle aura droit à une terre d’attache, elle aussi, et à changer de nom. Elle est à des lieues d’imaginer les pensées qui traversent Grâce, en ce moment. Elle ne songe même pas à la possibilité que sa mère a de la nommer héritière de son domaine, même si elle ne serait pas entièrement contre l’idée si elle venait à être proposée.


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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyMar 13 Fév - 1:29

Agathe avait fait tourner sa bague un moment, bien attentive à la pierre enchâssée qui ornait le bijou. Elle avait toujours cru, d’une certaine façon, que Grâce avait choisi ce prénom par affection pour la pierre précieuse. Elle s’y connaissait bien peu dans ce domaine, mais il lui semblait qu’il s’agissait là de l’agate la plus magnifique depuis la création du monde. Son attention revint bien vite à Grâce qui la questionnait sur le port, et après un bref moment pour rassembler ses pensées, Agathe résuma sa promenade sur les quais.

- J’ai vu un drakkar animé. C’est très rare, le saviez-vous? Il était amarré et nous l’avons regardé depuis le quai. C’est l’Égide, selon ce que les gens nous ont dit. Et sa figure de proue est un dragon.

Arrondir la vérité plutôt que de trop se dévoiler. Agathe avait laissé un sourire fleurir sur ses lèvres alors qu’elle se remémorait la présence particulière de Malice qu’elle avait ressenti en avançant sur le pont. Sa promesse lui revenait, elle aussi. Elle était désormais une Épine : petite ombre fidèle et dévouée à une cause vieille de mille ans. La souvenir l’avait laissé songeuse quelques instants, mais le sentiment de fierté et de bonheur lui revenait en douceur. Les paroles de sa mère la tirèrent une fois encore de ses pensées. Elle parlait de son domaine! De Sombregemme! Des agates dans les grottes de Sombregemme. Abasourdie, Agathe encaissait l’invitation timide de Grâce. Avait-elle bien entendu…? Ses prunelles claires allaient vers Aubrée, fouillant son aînée un moment, comme pour valider la véracité du moment. Elle s’effaça sous un sourire en la voyant s’animer et clamer haut et fort qu’elle adorerait y aller.

- Je ne savais pas qu’il y avait des agates, là-bas. J’espère que Mélusine nous entraînera en Erebor, pour visiter Sinsarelle et ses bassins. Je pourrais facilement vous rejoindre, je pense. J’aimerais beaucoup visiter Sombregemme, Grâce. Sincèrement.

Elle avait même plissé ses yeux en étirant son sourire, amusée à l’idée de découvrir ce dernier duché inconnu en Ibélène. De ce qu’on lui avait dit, il s’agissait d’un duché aride et difficile, mais à la beauté incroyable et farouche. On racontait que les Erebiens n’affectionnaient pas les étrangers et s’amusaient parfois à les perdre dans le désert. La détesteraient-ils? S’en prendraient-ils à elle, là-bas, dans ce désert assassin? Elle était la pupille d’une marquise, tout de même, mais serait-ce suffisant? Et sa pauvre peau… Deviendrait-elle ridiculement rouge, brûlée par le soleil? S’épaissirait-elle et se riderait-elle à être autant malmenée? Agathe avait pris soin de ne rien évoquer de ses questions existentielles, arborant plutôt son sourire un peu plus hésitant.

- Grâce… Dis-moi. Est-ce que tu m’as appelée Agathe parce que tu aimais ces pierres? C’est pour ça? ...Dans tous les cas, je suis heureuse qu’il y ait une mine d’agates, sur ton domaine. C’est un peu comme s’il y avait un peu de moi, même là-bas.

Entre deux questions et plusieurs réponses, Agathe avait pris soin de rassurer son aînée quant à sa présence à la Ville aux Mille Tours. Elle y resterait au moins jusqu’à l’hiver, selon ce que Mélusine lui avait dit. Il y avait bien des choses à voir et à découvrir, et la blondinette s’enthousiasmait déjà de son anniversaire à venir dans cette ville qu’elle aimait tant. Sous des airs de grande conspiratrice, Agathe avait évoqué son souhait d’une soirée en son honneur. Elle évita soigneusement de parler de ses amis à la Cour des Miracles et de Lancelot, évidemment.

- Et qu’en est-il de Melsant de Severac?

Boum. Agathe battait les cils avec une certaine appréhension. Elle redoutait ce moment où sa mère risquait de lui annoncer un probable mariage, une union désirée, comme l’avait vaguement suggérée sa dernière lettre. Et avec cette union, un foyer chaleureux  qui n’avait rien à voir avec ces années d’abandon. La mâchoire un rien serrée, la blondinette affichait un sourire radieux en mettant à profit les enseignements de Mélusine. Petite apprentie du charme bien avenante et coquette. Il ne restait plus que la nouvelle qui confirmerait ou infirmerait ses doutes.


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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyJeu 5 Avr - 19:58

Grâce sourit, en entendant ses filles prévoir de se revoir, prochainement. Elle savait qu’Agathe en avait voulu à sa sœur, quelques temps, de l’avoir arrachée à Bellifère. Mais peut-être que la colère de sa cadette s’était dirigée contre elle, et uniquement contre elle, au final. Elle déglutit difficilement à cette pensée, s’efforçant de la chasser – elle ne lui semblait pas… hostile actuellement. Peut-être ne l’était-elle réellement pas. Grâce n’en aurait pas donné sa main à couper, mais elle l’espérait sincèrement, très sincèrement. Elle releva les yeux, en entendant sa fille parler de drakkar. Vivant, qui plus est. « C’est impressionnant, Agathe. Bien des rumeurs courent à son sujet… Tu as eu beaucoup de chance, j’aimerai moi-même le faire. Quel est le nom de sa figure de proue ? » Peut-être pourraient-elles, un jour, aller le voir ensemble. Demander même, qui sait, l’autorisation de monter à son bord. Mais à qui devraient-elles la demander ? Elle sourit, gardant pour le moment ses pensées pour elle Pourrait-elle en faire la surprise à Agathe ? Peut-être.



Mais elle avait d’autres sujets à évoquer avant, assurément. Et elle avait commencé par le plus simple, qui lui dirait si elles seraient réceptives au second. Si elles refusaient de simplement voir Sombregemme… Elle saurait qu’il n’y avait aucune chance qu’elles acceptent son union avec Melsant. Si elle cherchait à cacher son inquiétude dans l’attente de leur réponse, elle ne pouvait la dissimuler totalement, et elle poussa un soupir de soulagement, en les entendant. Même si une petite pique de jalousie s’installa en elle – Mélusine de Sylvamir ferait visiter Erebor à Agathe, pas elle. Elle découvrirait ces merveilles, avec la mère qu’elle aurait probablement voulu. Devait-elle… renoncer à ce lien qui les unissait, la laisser libre de devenir une Sylvamir ? Egoïstement, elle n’en voulait rien. Elle ne voulait, pouvait pas. Pas alors qu’elle essayait, réellement, d’être une mère pour ses filles, aussi difficile que ce soit.



Elle s’efforça de sourire, pour exprimer la joie réelle qu’elle ressentait à l’idée d’être en présence de ses filles sur son domaine. « Rien ne me ferait plus plaisir que de vous y voir, toutes les deux. Je… J’ai grandement envie de vous faire découvrir ce domaine. Il vous reviendra, plus tard, après tout, et même sans cela, je veux partager ça avec vous. » Un sourire d’excuse, embarrassé, prit place sur son visage. « Il n’a rien à voir avec les beautés que vous pouvez voir grâce à vos tutrices, on dirait sûrement qu’il ne paye pas de mine, à côté, mais… Il est splendide, avec ses propres richesses. Sa beauté unique et brute, ses mines qui peuvent paraître effrayantes au premier abord, mais qui sont spectaculaires. » Elle espérait qu’elles ressentent la même chose qu’elle, à sa première visite. Bien sûr, les montagnes pouvaient sembler inhospitalières, mais elles recelaient des merveilles inattendues. Le domaine de Grâce en faisant partie.



Elle fronça les sourcils, à la question d’Agathe, avant de sourire doucement. « Parce que quand je t’ai vue, j’ai su qu’il t’irait à merveilles. La douceur et la force de cette pierre, résistante, mais d’une beauté à couper le souffle… Et oui, je l’aimais, même si je n’ai pu en voir que peu, avant récemment. » Elle avait prononcé cette dernière phrase dans un souffle, la voix un peu étouffée, la culpabilité d’avoir laissé ses enfants derrière elle l’ayant frappée, alors qu’elle ne s’y attendait pas. Pas du tout, même. Elle réprima les larmes qui faisaient briller ses yeux, et d’une voix encore plus étouffée, reprit la parole. « Je suis désolée, terriblement désolée. Je… J’ai eu tort, je le sais. En partant. Je n’ai jamais rien vécu de plus douloureux et… Vous ne méritiez pas ça. » Elle aurait voulu faire taire cette détresse, rester la femme forte qu’elle était mais elle en était incapable. Elle leur devait cet aveu, aussi difficile soit-il.



Mais sûrement Agathe et Aubrée ne s’y attendaient pas, car la première la questionna en même temps. Avait-elle seulement entendu ? Aurait-elle la force de se répéter, si ça n’était pas le cas ? Déglutissant, elle prit une grande inspiration, pour aborder un autre sujet bien compliqué. « Je… Nous désirons nous unir. Mais je lui ai dit que je n’en ferai rien, si vous ne le vouliez pas. Je… je ne veux pas de cela, sans vous. Je sais que… C’est compliqué, mais vous comptez pour moi et… Je ne peux pas, je ne veux pas, l’épouser, sans que vous fassiez partie de cela. Vous passez avant lui, quoi qu’il en soit. Et je veux que nos relations s’améliorent. Que… Je ne peux pas revenir sur mes erreurs, mais je peux essayer de les réparer. Si vous y consentez. Et si vous consentez à cette union… » Le feraient-elles seulement ? Le voudraient-elles ?
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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyDim 8 Avr - 12:38

Sans un mot, Aubrée écoute sa mère et sa sœur discuter des sorties de sa cadette, un sourire au coin des lèvres. Elle est contente que leur relation se soit considérablement améliorée, depuis leur départ précipité de Bellifère. Et même si les mots sont encore timides, pour toutes les trois, elle a l’impression, enfin, de former une famille. Une vraie famille. Pas comme celle, bancale, qu’elle avait à Brumecor, seule contre le reste des Martel – ou presque. Là, son rêve de petite fille se voit enfin concrétisé : la mère et les filles, réunies ailleurs que dans le duché de la Guerre, à discuter tranquillement de choses normales. Le moment est assez rare pour être souligné, et la blondine est secrètement ravie de la situation.

Elles en viennent à parler d’Erebor et de Sombregemme. Grâce leur propose d’y aller, un jour, et après avoir croisé le regard de sa cadette, Aubrée n’a pas pu cacher sa joie et son excitation, désireuse de faire un pas de plus vers sa mère, contente de pouvoir un peu plus solidifier le lien qui les unit. Elle suppose que cela ne pourra se faire dans l’immédiat, du fait de leurs obligations respectives, mais elle espère de tout cœur qu’elles pourront s’y rendre, dans un futur proche. Elle hoche la tête avec un grand sourire, en réponse à Agathe, et ramène son attention vers sa mère.

Par contre, elle ne peut cacher sa surprise, en l’entendant glisser, entre deux bouts de phrases, que ce domaine leur reviendra un jour. Elle ne s’y attendait pas, et l’idée ne l’avait même pas effleurée. « A… Nous ? » A elle, même. Aubrée est l’aînée, ce serait à elle d’en hériter, n’est-ce pas ? Elle ne l’avait pas envisagé sous cet angle. Elle se disait qu’elle aurait bien aimé avoir un domaine à elle, à son tour, mais jamais bien sérieusement. La notion d’héritage ne lui est pas bien familière, et elle ne s’y est jamais intéressée. En même temps, elle se sent honorée et fière que sa mère, malgré le temps et les absences, n’ait pas encore renoncé à tous ses droits de mère sur elles. Et son sourire se fait plus grand encore, alors qu’elle lui lâche la main pour revenir les poser sagement devant elle. « J’ai hâte de le voir par moi-même. Je demanderai à ma tutrice quand il sera possible pour moi de venir en Erebor, je te tiendrai au courant, c’est promis. »

Aubrée plisse les yeux, intéressée, à la question d’Agathe. Elle s’est demandé, elle aussi, quelle était l’origine de son prénom. Elle n’y a trouvé aucune raison particulière, contrairement à sa cadette. Peut-être était-ce parce que son frère s’appelait Anthelme, et qu’il fallait pour elle un prénom de fille portant la même initiale, sans aucune raison de plus. En tout cas, elle trouve cette coïncidence assez marquante : partout à Sombregemme, Grâce pourra se rappeler d’Agathe. Elle songe avec un pincement au cœur que ce n’est pas son cas. Enfin, peut-être Sombregemme possède une merveille cachée à son image, qui sait ?

Elle écoute les explications de Grâce avec un petit sourire, mais fronce les sourcils en voyant son visage se décomposer et sa voix se briser sur la fin. Elle ouvre la bouche pour lui demander ce qui ne va pas, mais avant qu’elle ne puisse prononcer un mot, l’aveu de sa mère la frappe de plein fouet. Elle entend la question d’Agathe, quelque part près d’elle, mais son esprit la met de côté, pour le moment. Sa mère est au bord des larmes, soudainement, et par réflexe ses mains viennent reprendre la sienne. Elle se serait mise en colère, avant, sans doute. Elle lui aurait dit quelque chose comme « bien fait pour toi, tu n’avais qu’à ne pas nous faire souffrir », mais… Aujourd’hui, elle en est bien incapable. De toute manière, elle ne le veut pas. Alors elle prend la parole, d’une voix voulue douce. « Si tu n’étais pas partie, nous n’aurions pas été là, à parler toutes les trois dans une auberge de Lorgol, entre femmes libres. » La vérité est là. Si Grâce n’avait pas trouvé le courage de tout laisser derrière elle, de les laisser, elles, alors qu’elles étaient enfants, elle ne l’aurait peut-être jamais fait. Aubrée aurait été mariée depuis bien longtemps, et Agathe aussi. Finalement, la douleur et la rancœur ont sûrement dû être nécessaires à ce qu’elles sont aujourd’hui.

La Voltigeuse finit par répondre à la question d’Agathe, et ce n’est qu’à cet instant que l’importance de ce dont elle parle arrive jusqu’à Aubrée. Grâce veut se marier ! Avec Melsant de Séverac ! Son sourire revient illuminer son visage. C’est merveilleux ! Un mariage heureux, un vrai, avec lequel Grâce pourra oublier Alban et Bellifère, pour de vrai ! Et est-ce qu’elle est en train de leur demander leur permission ? Ont-elles seulement un droit de refus, les deux sœurs Martel ? Peuvent-elles se mêler de la vie de leur mère ? Oui, visiblement, si elle leur demande. Et sa sollicitation la touche plus qu’elle ne le pensait, Aubrée. Que sa mère leur fasse assez confiance pour leur remettre son projet de mariage entre leurs mains, avec pour but de réparer ses erreurs – qui n’en sont peut-être plus, aux yeux de l’aînée. Sans hésiter bien longtemps, Aubrée apporte sa réponse. « Tu as le droit d’être heureuse, maman. Et si c’est ce mariage que tu veux et qui te rendras heureuse, je consens, bien évidemment ! » Après tout, Melsant a l’air d’être tout le contraire d’Alban. Il prendra soin de sa mère, lui. Et peut-être… De leurs futurs enfants ? A l’idée d’avoir, encore des frères et sœurs, le visage d’Aubrée s’illumine. Ce serait merveilleux ! Elle ne se rend même pas compte du maman qui lui a échappé. Après tout, elle ne veut plus de distance entre elles, et ça commence par sa manière de la nommer.


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Agathe de Vigdir
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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyJeu 12 Avr - 3:51

Grâce s’intéressait à sa vie, ou du moins, elle semblait l’être, et Agathe baissait sa garde à chacune des questions posées. Elle avait décliné l’identité de Malice avec un brin de mystère tout en avouant ne pas avoir pu l’approcher de près. Il s’agissait, qu’elle affirmait, du drakkar d’un dragon, Justice en l’occurence, et comme le disait le dicton "À approcher un dragon, tu finiras au poêlon". La mignonne avait rapidement mis fin à son petit lots de mensonges quant à sa visite lointaine du drakkar et avait tôt fait de s'intéresser au domaine qui leur reviendrait - à Aubrée, surtout - un jour. Elle écoutait avec attention la description qu’en peignait Grâce et même si les questions se pressaient quant à sa localisation, ses richesses, la présence d’un point d’eau ou encore la visite des gitans, Agathe se cantonna à un silence courtois. En rien, elle ne désirait sembler être intrigante auprès de cette femme en donnant l'impression de convoiter une terre qui ne lui revenait pas, quoi qu’elle en dise. Il y avait Anthelme, puis Arnaut. Et même Aubrée. Surtout Aubrée. N’était-elle pas sa préférée, après tout, à avoir accepté si facilement cette vie nouvelle?

- Parce que quand je t’ai vue, j’ai su qu’il t’irait à merveilles. La douceur et la force de cette pierre, résistante, mais d’une beauté à couper le souffle… Et oui, je l’aimais, même si je n’ai pu en voir que peu, avant récemment

Des yeux vitreux et des pommettes à croquer. Agathe avait murmuré un petit merci, émue et ravie malgré elle de savoir que Grâce l’avait trouvée jolie, dès ses premiers jours. Que ce n’était peut-être pas sa faute, finalement, si elle l’avait abandonnée ainsi que le reste de la fratrie. Pour tronquer le malaise, Agathe avait enchaîné avec sa fameuse question sans percevoir les paroles de sa mère murmurées au même instant. Il y avait bien les mots d’Aubrée, pour la faire sourciller, mais déjà la conversation reprenait sur un tout autre sujet.

- Tu as le droit d’être heureuse, maman. Et si c’est ce mariage que tu veux et qui te rendras heureuse, je consens, bien évidemment !
- Nous serons de votre famille, ou alors en auras-tu une nouvelle avec lui? Est-ce que Melsant serait comme… mon père? Parce que si tu nous acceptes réellement, et qu’il nous accepte aussi, j’aimerais le connaître un peu plus. Mélusine m’en a parlé, et il est parfait. Mais je me méfie de l’affection d’une soeur, pour son frère.

Elle tapotait sa lippe de son index, ses pensées toutes dédiées à Arnaut. Lui aussi, était parfait, mais il n’avait pas été digne de quitter Bellifère et de refaire sa vie. Une avalanche de questions traversaient son esprit. Est-ce qu’elle résiderait en Sombreciel? Est-ce qu’elle devrait quitter la Voltige? Aurait-elle d’autres enfants, malgré son âge, et…

- Je pourrais être marraine, Grâce? Je me doute que ton époux voudra peut-être que Melbren, Mélusine et Mélisande le soient, eux aussi…  Mais je ne pense pas l’être autrement.

La jeunette avait coulé sur son aînée de soeur un regard circonspect, analysant sa joliesse autant que sa masculinité. Aubrée savait se battre, revendiquait sa liberté et avait visiblement une aversion pour les hommes, les vrais. Elle resterait probablement célibataire jusqu’à tard, avant qu’un garçon ne s’intéresse à elle, et mourrait pucelle si elle patientait un enlèvement. C’était atrocement triste, et la coquette Belliférienne se promit de tenter de mettre Aubrée sous son meilleur jour, alors qu’elles étaient toutes deux à Lorgol.


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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyJeu 3 Mai - 23:26

Avait-elle raison, de leur évoquer ce domaine, ce possible héritage qui serait le leur ? Ou du moins, qu’elle espérait être le leur ? Aubrée, en tant qu’aînée de ses filles, en serait l’héritière officielle, mais elle espérait qu’elle n’exclurait pas sa sœur. Leurs relations semblaient s’être apaisées, et rien ne ferait plus plaisir à Grâce, que de les voir aimer ces terres qui étaient siennes, et en prendre soin ensemble. Mais cela, elle ne pouvait l’évoquer, pas maintenant. « Si vous le désirez. Je ne souhaite pas vous l’imposer, et je comprendrai que vous vouliez le voir, avant tout. Mais j’aimerai vous le faire découvrir, le laisser vous charmer, progressivement, comme il a pu me charmer moi. Que vous vous l’appropriez… » Si elles le désiraient seulement oui.

Aurait-elle du garder cette proposition pour elle, ne pas encourager ses filles à la questionner, ne pas non plus répondre à la curiosité d’Agathe - qui était bien plus que cela, Grâce s’en rendait compte -, pour ne pas arriver sur des sujets difficiles ? Elle déglutit difficilement, avant de prendre la parole, avant de… avant de s’exprimer, sur ces années loin de ses filles, qui l’avaient à sa manière hantée. Elle avait beau l’avoir dissimulé, des années durant, elle n’avait eu de cesse de se questionner, tout ce temps. Et la réponse simple, mature, d’Aubrée… Si elle la surprenait, elle relâcha un peu l’étau de culpabilité qui enserrait la gorge de Grâce, même si l’absence de réponse d’Agathe lui serra davantage la gorge. Cesserait-elle de lui en vouloir un jour ?

La questionner, en même temps que sa sœur sur… sur sa possible union avec Melsant le lui prouverait, peut-être. Elle faillit ne pas le demander, garder cela pour elle, annoncer à Melsant que jamais elles ne consentiraient. Mais par honnêteté envers lui, pour tout ce qu’elle ressentait pour cet homme, elle le lui devait. Et elle hocha doucement la tête, prenant la main d’Aubrée pour la presser brièvement en guise de remerciement, sans quitter Agathe des yeux. L’ignorerait-elle, une nouvelle fois ? C’était bien plus difficile, la question lui étant directement adressée. Elle retint une grimace, alors qu’elle prenait la parole.

« Je… ne veux rien vous imposer. Je veux que l’on forme une famille, vous, moi, lui. Si vous désirez le connaître. Lui le veut, en tout cas. Melsant sait combien sa soeur te chérit, Agathe, et combien vous comptez toutes les deux, à mes yeux. » Alors qu’elles-mêmes n’en avaient probablement pas conscience. « Il ne sera pas votre père, si vous ne le voulez pas, mais… il pourrait l’être. Si vous vous entendez, si vous le souhaitez. » N’est-ce pas ? S’ils fondaient une famille, Grâce ne pouvait concevoir que ses filles n’en fassent pas partie.

Elle fronça les sourcils, en entendant la demande d’Agathe, sans comprendre dans un premier temps, avant d’écarquiller grandement les yeux. Elle grimaça malgré elle, se laissant un instant pour reprendre contenance. « Je… Nous avons plein de choses à définir, auparavant, mais je te promets de lui en parler, si ça devait advenir. » Si ? Quand ? Agathe voulait-elle d’autres frères et sœurs ? Elle avait pris Grâce au dépourvu, avec sa demande.
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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyDim 20 Mai - 15:41

Plus Aubrée y réfléchit, et moins elle voit d’inconvénients à un possible futur séjour en Erebor, à Sombregemme. Elle est curieuse, bien sûr, de voir à quoi ces terres peuvent bien ressembler. Et puis, ce serait encore un moyen de renforcer les liens qui les unissent. Surtout, si ce domaine doit lui revenir un jour, elle aimerait autant le voir avant, pour les raisons que Grâce évoque, même. Un sourire aux lèvres, la blonde acquiesce, essayant déjà de s’en construire une image mentale.

La conversation prend soudainement un virage inattendu, que ce soit l’aveu brutal de Grâce ou la question directe d’Agathe. L’apprentie assassin a l’impression que la réponse qu’elle a adressé à sa mère a eu l’effet escompté, et aussitôt tout est oublié, alors que Melsant de Séverac s’invite dans la conversation. Tout, ou presque. Aubrée a compris qu’elle commençait à percevoir un peu de l’intériorité de Grâce, et que, peut-être, elle a une vision un peu trop simpliste des pensées de Grâce envers ses filles, et que la culpabilité y a peut-être une place beaucoup plus grande que ce à quoi elle s’attendait. Mais ce n’est pas l’heure de ruminer ces pensées. Un mariage a été annoncé, et c’est ce qui compte, en ce moment !

Affichant un sourire sur ses lèvres, la blondine écoute sa sœur interroger Grâce sur le rôle que Melsant devait avoir dans leur famille si étrange. Et en l’imaginant à la place d’un père… Aubrée grimace un peu, malgré elle. Son père, c’était Alban. C’était un homme violent, qu’elle haïssait au plus haut point. Elle a été heureuse de s’en débarrasser, et s’est dit qu’ainsi, plus aucun homme ne régenterait sa vie. Elle ne veut plus d’un père. Comment pourrait-elle imaginer Melsant à cette place ? « Je ne sais pas si je veux d’un autre père. Je veux dire… Je suis sûre qu’il est parfait, et je veux bien apprendre à le connaître, à l’apprécier, même, mais… Je n’ai plus besoin d’un père. » Plus maintenant, alors qu’elle s’est vouée à la Confrérie, qu’elle a vu mourir son géniteur, qu’elle s’est reconstruit une vie à partir de modèles de femmes fortes, comme Lia et Grâce.

A la question d’Agathe, elle ne réagit pas immédiatement, ne comprenant pas son sous-entendu. Et puis, elle remarque son regard, dirigé vers elle, et la lumière se fait. Ecarquillant les yeux, détournant le regard et baissant le menton, elle sent ses joues rougir légèrement, à la fois surprise et vexée. Que veut-elle dire ? Qu’Aubrée n’aura jamais d’enfants ? Qu’elle mourra vieille fille, sans jamais avoir fondé de famille ? Certes, ce n’est pas dans ses projets immédiats, et elle ne s’est pas échappée de Bellifère pour être rattrapée quelques mois plus tard par ce genre d’obligations. Mais la jeune femme entend surtout la remarque qui sous-entend qu’elle est célibataire et qu’elle ne trouvera jamais personne, comme ça. « Ne va pas t’imaginer que personne ne s’intéresse à moi. » Elle a marmonné, plus sous le coup de la vexation que par réelle envie de raconter sa vie sentimentale. Il ne s’y passe pas grand-chose, en effet. Mais un garçon lui envoie des lettres, depuis Lughnasadh ! Bon, elle n’a aucune envie d’avouer que leur auteur présumé est le neveu de Richard le Harnois, mais elle croit qu’il l’aime bien, quand même. Ramenant son attention vers Grâce, elle s’efforce de sourire et de balayer la remarque d’Agathe d’un battement de cil. « Moi aussi je veux bien d’autres frères et sœurs. » Elle est sincère, Aubrée. Et elle sait qu’avoir d’autres enfants pourrait faire plaisir à Grâce. Pourtant, elle est consciente qu’elle pourra être jalouse de l’enfant qui naîtra de l’union de Grâce et Melsant, s’il venait à exister. Il aura grandi avec sa mère, lui, et ne sera certainement pas élevé à la mode belliférienne. Mais elle ne veut pas se montrer rancunière, ou en vouloir à ses futurs frères et sœurs. Ce ne sera pas de leur faute.


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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyMar 29 Mai - 14:52

Une myriade de petites épingles s’étaient logées dans son coeur, lorsqu’Agathe avait vu Grâce empoigner la main d’Aubrée. Discrètement, la toute jeune avait retiré ses mains de sur la table pour s’offrir un argument environ convainquant. Si Grâce ne lui avait pas pris sa main, à elle, c’était parce qu’elle les avait cachées sous sa table. Voilà. Elle se répétait cette petite phrase en boucle, la mine incertaine, sans vraiment y croire. Le fait qu’Aubrée s’entende mieux avec leur mère était sans doute la seule explication valable. La grimace légère de Grâce, avant qu’elle n’avance sa réponse, torturait un peu plus Agathe, croyant que l’idée lui déplaisait peut-être, après tout.

- Il ne sera pas votre père, si vous ne le voulez pas, mais… il pourrait l’être. Si vous vous entendez, si vous le souhaitez.
- Je ne sais pas si je veux d’un autre père. Je veux dire… Je suis sûre qu’il est parfait, et je veux bien apprendre à le connaître, à l’apprécier, même, mais… Je n’ai plus besoin d’un père.

Les lèvres scellées, elle n’avait pas osé affirmer que l’idée la charmait peut-être bien un petit peu, après tout, d’avoir une image forte pour la défendre, prendre soin d’elle. Il y avait Hiémain, bien sûr, mais l’adoption était tout à fait impossible. Melsant, lui, le serait par les liens du mariage. Agathe se fit la promesse de lui en toucher mot, lorsqu’ils se rencontreraient seul à seul, s’il lui semblait aussi formidable que le décrivait Mélusine. Sa relation avec Grâce était compliquée, mais rien ne l’obligeait à entretenir une relation aussi destructrice avec lui.

Puis à sa deuxième question, une grimace, encore, comme première réponse. Triste, si triste. La jeunette voulait partir, simplement, tout de suite. Avoir le courage de se lever, se soustraire à son regard écarquillé, à cette grimace qui déformait ses lèvres. Toute cette laideur était sa faute. Elle demeurait là, néanmoins, sur le bout de son siège, sans avoir l’audace de quitter la conversation comme Grâce avait fait, en Valkyrion. L’envie de pleurer était grande, se réfugier dans les jupons de Mélusine aussi, mais Agathe s’obligeait à leur offrir un minois calme, quoi qu’un peu songeur, un peu chagrin.

- Je… Nous avons plein de choses à définir, auparavant, mais je te promets de lui en parler, si ça devait advenir.
- Je comprends..

Grâce se défilait, du moins, c’est ce qu’Agathe croyait. Elle avait été si idiote de se proposer ainsi, de s’ouvrir un peu plus, si maladroite de franchir trop d’étapes à la fois. De leur conversation, Agathe ne faisait plus que sourire, courtoise, jolie et polie, sans oser s’investir un peu plus. Elle écoutait, réagissait, mais son regard revenait toujours à leurs mains liées, à leur affection évidente. C’était un joli spectacle, et Agathe n’était qu’une spectatrice, ce jour-là.


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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyDim 10 Juin - 19:30

Pouvait-elle évoquer cette chose, qui lui tenait à cœur ? Qu’ils forment une famille. Une vraie famille, de gens qui se respectaient, qui s’appréciaient, qui choisissaient de passer du temps ensemble ? Ça lui était difficile, mais elle le devait. Par respect pour ses filles, par respect pour Melsant… Parce qu’elle voulait, pour une fois, ne pas taire ses envies. Et si elles étaient mal reçues, alors elle aviserait. Une lueur de fierté traversa ses yeux, alors qu’Aubrée affirmait ne plus avoir besoin d’un père. Elle n’aurait jamais imaginé cela, pour son aînée, quand elle avait été la chercher en Bellifère. Mais la voir aussi indépendante… Cela la rendait fière. Très fière. Elle hocha doucement la tête, sans rien dire quand Agathe s’abstint de répondre. Peut-être devraient-elles en parler seule à seule ? Grâce se fit promettre de le faire, qu’importe si ça devait attendre.

Elle écarquilla pourtant les yeux, avant de grimacer, malgré elle, à la question d’Agathe. Le désirait-elle réellement ? N’était-ce pas… N’était-ce pas que pour mettre sa mère à l’épreuve ? Et à entendre sa voix… sa voix déçue ? Elle n’aurait su réellement mettre des mots sur la façon dont elle parlait, à dire vrai. À l’entendre, elle avait pourtant échoué. Déglutissant, elle regarda sa fille, sans ciller. « Je ne sais pas si nous aurons des enfants, c’est une chose dont je dois discuter avec Melsant. Et je serai ravie, que vous soyez présentes, si vous avez de nouveaux frères et sœurs. Je serai enchantée, Agathe, que tu en sois la marraine. Rien ne me ferait plus plaisir. Mais je ne peux m’engager sans en parler à Melsant. »

Elle prit une longue inspiration, avant de reprendre la parole. « Mais Mélusine lui a vraisemblablement déjà dit à quel point tu étais merveilleuse, et je ne doute pas qu’il sera ravi, lui aussi, que tu aies une place importance à leurs côtés, si nous avons de nouveaux enfants. Que vous en ayez une, toutes les deux. Et je… je serai incroyablement touchée, que vous le vouliez. » Elle n’avait pas menti, en disant vouloir former une réelle famille, avec elles deux, et tous ceux qui s’y ajouteraient.

Souriant doucement, elle reprit la parole. « Et si nous allions acheter ces gâteaux ? »

|HRP| J’amène les gâteaux, parce que le topic date. xD Ça peut être un moyen de se diriger vers la clôture ! Pas forcément de suite, mais d’en prendre le chemin, peut-être ^
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Message Sujet: Re: Quand le sang nous dicte notre conduite   Quand le sang nous dicte notre conduite EmptyMar 3 Juil - 12:17

La lueur de fierté dans le regard de sa mère lui fait plaisir, à Aubrée. Elle n’a pas choisi de conquérir sa liberté uniquement pour plaire à Grâce, et ne cherche pas non plus à faire de l’ombre à Agathe dans le cœur de leur mère – l’idée même ne lui a pas traversé l’esprit. Au contraire, elle craignait qu’elle lui en veuille, de ne pas vouloir reformer une famille soudée avec Melsant en refusant de le voir comme un père, mais elle a le sentiment d’avoir fait le bon choix, et de se montrer toujours un peu plus digne du surnom de l’Affranchie que lui donnent ses amis. L’absence de réponse d’Agathe l’intrigue, toutefois. Aubrée glisse un regard en direction de sa cadette, mais ne s’en formalise pas. Elle réfléchit sans doute, ou pense peut-être déjà à autre chose.

La plus jeune évoque d’ailleurs son désir de devenir la marraine d’un potentiel futur enfant de Grâce, tout en glissant plus ou moins subtilement une remarque sur la vie sentimentale d’Aubrée. L’apprentie assassin décide de passer outre, mais marmonne un réponse. Un instant, elle craint qu’Agathe ne réagisse et ne tente de creuser un peu pour savoir de qui Aubrée voulait parler, mais heureusement pour la jeune femme, rien de tel ne se produit, l’attention d’Agathe totalement accaparée par Grâce et ses paroles.

Grâce, qui ne semble pas bien à l’aise avec la question, et qui précise qu’elle doit en parler avec Melsant. Forcément. Peut-être n’y a-t-elle jamais songé sérieusement. Et puis, elle doit avoir peur, peut-être, de recommencer, de redevenir mère. Et puis, elle n’a plus vingt ans. Est-ce qu’on peut encore faire des enfants, à son âge ? Sûrement que oui. Après tout, Freyja la pirate a encore donné naissance à des jumeaux, il y a quelques mois. Pourquoi pas Grâce ? Enfin, peut-être qu’elle ne le veut tout simplement pas. Elle a déjà eu quatre enfants (dont deux qu’elle n’a quasiment jamais connu, certes), et peut-être qu’Aubrée et Agathe lui suffisent déjà amplement.

Néanmoins, elle sourit et hoche la tête, enthousiaste à l’idée de pouvoir prendre soin de ses possibles futurs frères et sœurs. Agathe avait au moins raison sur un point, plus tôt. Aubrée ne désire aucunement être mère, pour l’instant, et être confrontée à toutes les complications que cela entraîne. Mais s’occuper des enfants des autres ne la dérange pas. Et si en plus elle partage le même sang avec eux, cela lui donne une bonne raison supplémentaire. « Je le voudrais, en tout cas. Ça me rendrait heureuse, vraiment. » Heureuse, de savoir sa mère heureuse et entourée. D’avoir un frère ou une sœur, de le voir grandir, de lui apprendre des valeurs et de lui montrer que les femmes sont tout aussi importantes que les hommes et que Bellifère est clairement un duché à éviter.  

La question de Grâce lui tire un grand sourire, et même un léger gloussement. « Oui ! Allons-y ! » Sans attendre bien plus longtemps, Aubrée se relève vivement, enthousiasmée à l’idée de découvrir la boutique et de pouvoir goûter les gâteaux. Elle glisse dans sa petite besace les bijoux sertis d’agate, enfile sa cape rapidement et replie sa nouvelle robe contre elle. Elle sera bien encombrée, mais elle songe que ce moment ne durera pas longtemps ; sa fatigue déjà se rappelle à elle, et elle ne s’éternisera peut-être pas auprès de sa famille pour pouvoir aller se reposer. Enfin, elle compte bien profiter le plus longtemps possible de leur présence, pour l’instant. Un sourire à Agathe pour lui indiquer de prendre la tête, une autre à Grâce pour lui montrer sa joie, et elles sortent de l’auberge, prêtes à rejoindre la petite boutique.


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