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 Quand son rang le rattrape au front…

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Bertin Vif-Envol
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Message Sujet: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyMar 21 Nov - 3:35


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Bertin d’Ansemer & Lauriane de Faërie

Quand son rang le rattrape au front…

Convocation par l’Impératrice



• Date : 8 novembre 1002
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Bertin est convoqué par l'Impératrice Laurianne de Faërie alors qu'il combat au front. Il obtient donc quelques jours de congé pour se rendre à Edenia.
• Recensement :
Code:
• [b]8 novembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2989-quand-son-rang-le-rattrape-au-front#105754]Quand son rang le rattrape au front…[/url] - [i]Bertin d’Ansemer & Lauriane de Faërie[/i]
Bertin est convoqué par l'Impératrice Laurianne de Faërie alors qu'il combat au front. Il obtient donc quelques jours de congé pour se rendre à Edenia.



Dernière édition par Bertin d'Ansemer le Mar 21 Nov - 3:41, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyMar 21 Nov - 3:37

C’était il y a quelques jours déjà. Une missive reçue, inattendue bien que pas particulièrement surprenante, doit-il admettre. Il aurait été bien vain d’espérer que sa présence en Lagrance ne soit pas connue, bien qu’il s’y soit laissé prendre pendant un temps. Ici, il voulait n’être qu’un chevaucheur participant aux efforts de la guerre, comme les autres et, concentré sur ses tâches, il avait cru y parvenir. Puis était arrivée cette missive, donc, qui le ramena à la réalité. Il ne lui fallut guère de temps pour reconnaître le sceau qui scellait la lettre. Il s’était retiré – enfin autant qu’il est possible de le faire au front – dès qu’il avait pu pour la lire. La note était sans équivoque. Il allait devoir quitter le front, du moins temporairement. Commencèrent dès lors les démarches pour obtenir quelques jours de congé. Ce fut rapidement réglé : on ne fait pas attendre l’Impératrice, après tout.

Si bien qu’à l’approche du jour prévu, le 8 novembre, il se prépara. Il n’avait guère apporté de tenue appropriée pour rencontrer l’Impératrice lorsqu’il avait quitté Ansemer, mais il sélectionna les meilleurs habits qu’il ait sous la main et les fit aussi propres qu’il en eu la patience. Il fit de la même chose avec sa personne, refusant tout de même de se présenter devant l’impératrice avec le parfum du front collé à la peau. C’est donc un Bertin à peu près présentable qui quitta les lignes de combat avec Ambroisie pour se diriger vers Edenia ce matin-là.

Il se laissa surprendre une nouvelle fois pas la beauté du duché de Lagrance. Vu à vol de dragon, il ne peut que se laisser surprendre par les jardins qu’il survole. Ce n’est sans doute pas la meilleure des saisons pour admirer la flore locale, mais il ne peut s’empêcher de songer à Jehanne, et à quel point il voudrait pouvoir lui offrir cette vue. Il sait bien que c’est impossible, que ça n’arrivera jamais, mais peut-être lui mentionnera-t-il à quel point il a pensé à elle pendant ce vol dans la prochaine lettre qu’il lui adressera.

Il aurait pu atterrir directement au palais, comme on aurait pu s’y attendre, mais il s’est assuré d’avoir un peu de temps pour lui-même avant le retour imposé à la vie de cour en planifiant son voyage, si bien qu’il préférera se poser à la caserne et parcourir la ville à pied ensuite. Une idée lui est venue pendant son vol jusque-là, et c’est avec un sourire aux lèvres qu’il arpentera les rues, entrant çà et là dans quelques boutiques dont il découvre les inventaires. Il ressortira quelques fois avec de petits paquets qu’il glisse dans ses poches ou son petit sac de voyage. Lorsqu’il estima qu’il était temps pour lui de se rendre au palais, il se mis enfin en route vers l’inévitable.

Il se présente donc au palais ducal quelques temps plus tard avec les cheveux en bataille et un air fatigué que la détente de cette promenade n’a pas chassé de ses traits. Il est certainement quelques minutes en retard pour son entretien avec l’Impératrice, chose qui ne semble pas l’inquiéter outre mesure vu son pas calme et le petit sourire qu’il affiche lorsqu’il se présentera enfin devant elle.

« Impératrice Lauriane. »

Il s’incline respectueusement devant elle pour la saluer.

« Veuillez accepter mes excuses pour ce retard. J’ai perdu le cours du temps en visitant quelque peu Edenia dont j’avais tant entendu parler… »








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyJeu 23 Nov - 0:04

- Nous allons attendre le dernier rapport pour évaluer les possibilités qu’offrirait la forêt au nord-ouest, conclut son conseiller.

Depuis ce matin, elle s’entretenait avec lui ainsi qu’en compagnie de deux autres gradés militaires à propos de l’amélioration d’une retraite forcée et urgente d’une autre partie de la population lagrane. En espérant que les Ibéens ne parviennent évidemment pas à conquérir carrément entièrement la région. Ce n’était pas souhaitable. C’était même inadmissible. Lauriane le faisait bien comprendre lorsqu’elle s’exprimait à propos de la situation de la Lagrance. Néanmoins, une bonne préparation face au pire vaudrait mieux qu’une débâcle parce qu’ils auraient préféré faire l’autruche. Ainsi ils discutaillaient encore et encore au-dessus de la carte de la région, mais comme son conseiller l’avait dit, il fallait désormais attendre les prochains rapports. Lauriane n’avait plus rien à faire ici et sa présence allait bientôt être requise ailleurs. Saluant respectueusement les personnes présentes avant de quitter la pièce, ces dernières s’inclinèrent jusqu’à ce que ses pas n’aient passés le seuil, assorti d’un « Majesté ».

Elle devait se préparer à recevoir le prince d’Ansemer, Bertin. C’était une opportunité fort appréciable qu’il soit ici et cela pour plusieurs raisons. D’abord, Lauriane n’aurait eu la possibilité de se rendre à Port-Liberté. Cela aurait été un mauvais calcul de l’utilisation de son temps, rendu si précieux par la guerre. Elle se l’était permis pour la Lagrance, proche d’un état critique, mais ce n’était pas le cas d’Ansemer. Cependant, en tant que seul duché épargné pour l’instant, ils avaient aussi leur rôle à jouer. C’était donc un bon compromis. Dans un second temps, elle avait voulu le rencontrer pour parler du front. Elle pouvait le faire avec n’importe quel soldat ou commandant mais il était important qu’elle ne néglige aucun atout. Et Bertin était prince. Elle ne savait si tout cela était de l’ordre du calcul stratégique ou tout simplement de la bonne intention. Un peu de tout, probablement. Lauriane tenait encore bien le coup, mais elle sentait qu’elle avait également besoin de respirer. C’est pourquoi avait-elle prévu que cet entretien se fasse accompagné d’une promenade d’agrément. Cela lui dégagerait l’esprit en même temps qu’ils discuteraient.

Ainsi – le déjeuner passé – c’est pour une sortie que ses suivantes la préparèrent lorsqu’elle regagna les appartements privés que lui avaient alloués le Duc de Lagrance. Elle les quitta quelques temps plus tard, lorsqu’on lui apprit l’arrivée de son invité, vêtue d’une robe plus chaude que d’habitude et de lourds châles de laine et de cachemire sous lesquels se retrouvaient cachés ses bras et ses épaules. Permettant qu’on l’annonce, l’impératrice l’observa venir à sa rencontre, droite et délicate avec ses mains brièvement croisées au-dessous de sa taille. Il semblait avoir eu sa part de combats…

- Prince d’Ansemer. Je suis ravie de vous voir. Lui répondit Lauriane, un sourire élargissant ses lèvres rouges face à sa déférence.

Elle ne releva pas sa remarque concernant son retard qui n’avait pas dépassé de durée remarquable. C’était telle une attention appréciable, donc elle n’avait point d’intérêt à le relever. En fait, c’était uniquement une attention appréciable parce qu’il n’avait pas été réellement en retard. Un vrai retard n’était pas vraiment le moyen de se faire bien voir lorsqu’on était convoqué par un souverain de l’Empire. C’était même inadmissible. Cette observance stricte de Lauriane transparaissait clairement dans l’attitude si droite qui la caractérisait et qui parfois donnait l’impression au gens qu’elle les regardait de haut. A tort… ou à raison.

- J’espère que vous me pardonnerez de vous avoir tiré de vos devoirs, reprit-elle, ayant gardé son grand sourire auréolé de son amabilité. La situation de la Lagrance est particulièrement préoccupante. C’est de ce sujet que je souhaite vous entretenir. Le regard de Lauriane s’était fait plus profond, mais elle n’allait pas l’assaillir tout de suite, lui apportant d’abord aussi sa considération. J’espère qu’Ansemer continuera à être épargné.

S’inquiéter des victimes était nécessaire mais se préoccuper des autres l’était également. Ce n’était qu’en ne négligeant personne qu’il pourrait espérer le meilleur résultat possible. Lauriane le savait, même s’il était compliqué de s’occuper de tout. Sa fatigue était probablement égale à celle qu’elle lisait sur les traits tirés du prince. Elle le dissimulait seulement mieux car cela ne pouvait être autrement.

- J’escomptais que notre entretien pourrait avoir lieu pendant que nous nous promenions dans Edénia. Reprit-elle, faisant un signe à ses gardes pendant qu’elle rejoignait Bertin. J’espère que cela ne vous dérange pas d’y faire à nouveau quelques pas. L’air frais me fera le plus grand bien… Avoua Lauriane, chaleureuse, alors qu’elle l’entraînait vers la sortie du palais ducal. Comme ils rejoignaient l’extérieur, elle entreprit pour l’instant de rester courtoise. Comment se portent le Duc Bartholomé et son épouse ? Cela fait longtemps que vous êtes parti de chez vous ?


Dernière édition par Lauriane de Faërie le Ven 24 Nov - 17:12, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyJeu 23 Nov - 7:07

Il ne l’aura que brièvement aperçue avant de s’incliner avec un respect qui en étonnera peut-être certains. On aurait pu s’arrêter à sa tenue, à son allure, à sa nonchalance tandis qu’il se rendait au rendez-vous. Mais devant elle, il ne sera que respect, incliné, donc, attendant qu’elle s’adresse à lui pour se redresser.

- Prince d’Ansemer. Je suis ravie de vous voir.
- Moi de même, votre altesse. Vous m’honorez par cette invitation.

Il laisse son regard se poser sur elle, l’observer avec un respect teinté d’une touche de curiosité qui détaille brièvement sa tenue à la vue de laquelle le sourire qu’affichait déjà le prince à son arrivée s’élargit. Il ne peut s’empêcher de la trouver magnifique, bien qu’il serait fort inconvenant de le lui avouer maintenant – voire tout court. Il faut dire que ces dernières semaines passées au front n’ont pas toujours été un plaisir pour les yeux. Il ne s’en plaint pas, bien sûr, surtout pas en telle compagnie, mais ça ne l’empêchera pas de trouver un peu de réconfort dans la présence de l’impératrice. Un peu de son quotidien auquel se raccrocher, aussi étrange que ça lui paraisse.

- J’espère que vous me pardonnerez de vous avoir tiré de vos devoirs. La situation de la Lagrance est particulièrement préoccupante. C’est de ce sujet que je souhaite vous entretenir. J’espère qu’Ansemer continuera à être épargné.

Le réconfort aura été de courte durée, mais il sourit néanmoins, niant légèrement de la tête, comme si ce simple geste pouvait contribuer à la rassurer.

- Votre altesse, mon devoir ne se limite pas qu’au front. Si je puis vous être d’une quelconque aide, alors je répondrai à votre appel, dit-il en inclinant légèrement la tête pour démontrer sa sincérité. Nous l’espérons tous, à la maison, votre altesse. Mais l’espoir ne gagne pas les guerres, n’est-ce pas ? Ou nous aurions tôt fait d’y mettre fin. Mais puisqu’il faut combattre, nous sommes à vos côtés. Pour Faërie.

Le prince, d’ordinaire paresseux à souhait, semble accepter l’intention de l’impératrice avec grâce. Son ton est calme, et malgré sa fatigue il affiche un léger sourire. Il ignore quelle direction cet entretien prendra, mais il tient à ne pas décevoir l’impératrice en cette première rencontre officielle, si bien que quand elle propose une balade, il s’incline légèrement en lui souriant lui aussi plus chaleureusement.

- Cela me semble être une merveilleuse idée votre altesse.

Il la suit donc sans problème, bien heureux de ne pas être enfermé au palais dans un cadre si restreignant. Alors qu’ils se mettent en route, donc, il hésite un instant, puis finira par sourire, riant presque de lui-même avant de s’adresser de nouveau à elle :

- Vous risquez de trouver ma proposition inconvenante, votre altesse, si bien que je ne vous en voudrais aucunement si vous refusiez, mais je ne saurais me pardonner de ne pas la faire sous prétexte d’une tenue inappropriée. Puis-je me permettre de vous offrir mon bras pour cette promenade ?

Il ne craint guère pour sa propre réputation mais, vêtu ainsi, il n’a rien du prince qui aurait pu lui faire la même proposition à Port-Liberté, en d’autres circonstances, vêtu comme un noble dans ses plus beaux atours pour faire honneur à son invité. Il comprendrait tout à fait qu’elle préfère éviter la scène pour se protéger des ragots. Il y a bien assez à gérer en Faërie sans ajouter de vilaines rumeurs basées sur des regards mal famés. Quant à sa question sur Bartholomé et Jehanne, elle est d’abord accueillie par un silence. De longues secondes qui s’étirent et au bout desquelles il tourne la tête vers elle.

- Je crains que mes nouvelles ne soient guère actuelles, votre altesse. J’ai quitté Port-Liberté il y a un mois, et je n’ai guère eu de nouvelles d’eux depuis. À mon départ, cependant, le duc se portait aussi bien que le permet la situation. Je crois que la duchesse doit s’inquiéter pour sa famille, même si elle n’en parle guère. La vie poursuit étrangement son cours en Ansemer. Seules les garnisons dépeuplées par les soldats envoyés au front et les prières muettes laissent apercevoir les effets de la guerre dans nos villes et villages. Les pirates demeurent une présence plus menaçante aux yeux des communs, surtout sur la côte. Leur ignorance les protège, du moins pour le moment. Bénédiction et malédiction à la fois.

Il soupire légèrement, niant de la tête en baissant légèrement les yeux, les posant sur la route devant eux.

- Je doute que vous souhaitiez en apprendre davantage sur eux en pareilles circonstances...

Il se tourne ensuite vers elle, souriant à nouveau, le regard un peu pétillant, mais aussi teinté d’excuse.

- Mais voilà que je m’égards sans même vous retourner la courtoisie, votre altesse. Vous finirez par croire que le front me fait oublier les bonnes manières, et j’aurai à vous donner raison… Comment se portent les vôtres ?








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyVen 24 Nov - 23:44

Sa demande la fit intérieurement sourire, mais elle ne comptait évidemment pas accepter. Bien que cela soit un geste d’élégance dans la noblesse, il était quand même réservé à une certaine proximité entre deux personnes qui se connaitraient quelque plus.

- Votre sollicitude me touche mais je ne peux l’accepter.

Lauriane avait cependant accompagné sa réponse d’un gracieux mouvement de la tête, remerciant son attention. Et leurs pas se réengagèrent, l’impératrice restant légèrement en avant. Tandis que leur petite promenade commençait, Lauriane accepta de laisser un petit calme s’étirer tandis que Bertin engageait enfin sa réponse à ses questions. Son regard qui avait retrouvé un point lointain devant eux dériva à nouveau poliment vers le prince.

Elle ne le connaissait personnellement que peu, de même que la famille ducale d’Ansemer de façon générale. Pourtant, leurs intérêts avaient apparemment été souvent convergents, comme l’avait montré l’Ordalie durant laquelle ils avaient soutenu Gustave. Ce fait simple leur avait attiré une certaine sympathie de la part du couple impérial. Il y avait entre eux une sorte d’alliance tacite sans que rien ne soit vraiment établi. Le duché d’Ansemer les soutenait mais – comme c’était le cas dans la plupart des histoires de pouvoir – Bartholomé l’avait certainement fait par intérêt. Leur fidélité s’arrêtait donc sûrement là, gardant Lauriane expectative. Ce que lui apprit Bertin était à l’image de ce qu’elle s’imaginait. Ansemer et son Duc faisaient face à l’attente d’un futur très instable. Les ansemariens étaient encore protégés des périls immédiats des combats mais les ressentaient par l’intermédiaire de l’effort de guerre générale que déployait Faërie. Elle n’aurait su dire si elle était soulagée ou attristée. Un mélange des deux que sa retenue contrôlait. L’image que fournissait Bertin lui était familière, s’incrustant dans le sens du devoir des outreventois. Bien que prince et Ansemer épargné, il défendait le reste de l’Empire. Lauriane appréciait cela.

Le temps qu’il lui répondait, les chemins qu’ils empruntaient avaient commencé à les éloigner du palais ducal, et le regard de l’impératrice s’étirait à nouveau droit devant elle. Evidemment, le parcours qu’ils emprunteraient avait été prévu par ses gardes qui accompagnaient leurs pas tandis que d’autres se pressaient en avant et également en arrière pour s’assurer qu’aucun danger n’atteindrait l’impératrice. Bien qu’Edénia soit encore sûre et le front encore assez éloigné, la présence de l’impératrice en Lagrance durant novembre était un fait qui avait sûrement suffisamment circulé pour que des précautions soient tout de même prise. Les ibéens seraient trop heureux d’une nouvelle déstabilisation de l’Empire. Tout avait été soigneusement préparé.

- C’est souvent lorsque les circonstances sont dès plus mauvaises qu’il faut au contraire s’enquérir des autres, répliqua-t-elle finalement, sa voix détachée travaillée depuis longtemps pour les apparences. Je compatis aux tourments de Dame Jehanne, renchérit-elle néanmoins, en tant que première dame et en tant que mère. Je suis heureuse que le duc et la duchesse se portent correctement malgré tout. Ansemer reste dans mes prières, avec notre Faërie.

C’était une réponse dès plus diplomatique, tel que cela seyait, mais elle était satisfaite de cet échange sur son duché. Lauriane loua la tentative suivante d’humour du prince – ce n’était pas toujours évident – lui arrachant un léger et délicat sourire. Son visage s’inclina légèrement, marque respectueuse pour le remercier de son égard, malgré l’éreintement qu’elle lisait chez lui.

- Le prince Antonin et la princesse Armandine se sont remis de l’épidémie. Qu’Aura soit remerciée de les avoir protégés. Ils reprennent peu à peu leurs fonctions. Quant à l’empereur, il se porte le mieux possible. Je vous remercie pour votre diligence.

Dans la société, on se gardait toujours de ce qu’on avançait, quoique cela concerna. Surtout quand il s’agissait d’un sujet aussi sensible que la famille impériale. Sa réponse était aussi réelle que le permettait la sécurité et l’intimité de ses proches. Lauriane ne pouvait compter que sur les doigts d’une main les personnes avec qui elle parlait sans mesurer le moindre de ses mots. Le fait est que depuis toutes ses années, une telle danse était devenue spontanée.

- Votre devoir envers Faërie vous a porté loin de chez vous. Et l’épidémie que vous avez également dû supporter loin de votre foyer n’a pas dû être simple. Quelle horreur que celle-ci qui s’est abattue sur notre peuple… Un instant, sa voix s'était faite murmure. Elle reprit promptement. J’espère que vous n’en serez pas éloigné plus que nécessaire, mais comme vous l’avez si justement remarqué, une guerre ne se gagne pas uniquement sur des espoirs. Et Faërie a dernièrement essuyé un dur revers.

Les rues étaient vraiment magnifiques. L’architecture qui les bordait lui rappelait des arabesques auxquels se mêlaient des frises fleuries et derrière s’ouvrait un paysage vert d’arbres et de feuillages aux couleurs de crépuscule comme l’automne était désormais bien avancé. C’était un coin d’Edénia très soigné, moins habité – probablement car cela jouxtait encore le palais ducal.

- Si je vous ai convoqué, c’est dans le désir de m’entretenir avec vous à propos de la situation du front et des possibles futurs auxquels il nous faut malgré nous nous préparer. Lauriane avait légèrement ralenti, s’arrêtant presque, pour faire un instant face au prince, afin que leur regard ne se rencontre, y inspirant toute la pesanteur et conviction qui gorgeaient ses propos et son regard. Comment trouvez-vous la situation sur le front de Lagrance ?

Leur marche reprit sensiblement.
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyLun 27 Nov - 4:51

Il aura un sourire pour elle, et il incline élégamment la tête en signe d’acceptation. Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle accepte ce qui rend l’acceptation de ce refus aisée. En fait, il aurait sans doute eu du mal à cacher sa surprise si elle avait accepté.  Il se mit en route à deux pas derrière elle, gardant poliment ses distances. Il pose tantôt son regard sur elle, tantôt sur la rue, les bâtiments autour d’eux. Il aurait pu baisser sa garde, vu comment l’impératrice est protégée, mais il doit bien reconnaître qu’il en est incapable. Son séjour au front a beau avoir été court jusqu’à présent, il y a des habitudes qui ne se perdent pas en quelques heures de vol.

- Je vous en remercie, votre altesse. Permettriez-vous que je partage vos bons mots avec eux lorsque je leur écrirai ? J’aimerais leur apporter quelques bonnes nouvelles, mêmes brèves, afin d’égayer un peu leur humeur en ces temps d’inquiétude.

Il écoute attentivement les nouvelles sur la famille impériale, et son sourire jusque-là poli semble s’élargir, son regard briller d’une véritable reconnaissance.

- Aura merci, en effet, dit-il d’une voix qui trahit son soulagement. J’espère de tout cœur qu’ils s’en remettront pleinement tous les deux, votre altesse, et que tant vous que l’empereur resterez en santé.

Il incline légèrement la tête, un fin sourire toujours aux lèvres, le regard aussi sincère que sa voix. Il n’a même pas à prétendre. Qui leur souhaiterait du mal, surtout lorsqu’une famille se remet de l’épidémie ? Non, même à son pire ennemi, ce n’était pas quelque chose qu’il aurait souhaité. Quoi que… Disons son pire ennemi faë, à tout le moins.

Il ne peut qu’hocher légèrement de la tête lorsqu’elle affirme qu’il a dû s’aventurer loin de chez lui. C’est un fait, simplement. Il ne peut qu’agréer, l’épidémie a été une horreur, tant pour les mages individuellement que pour l’empire même.

- En toute honnêteté, votre altesse, j’étais posté en Ansemer lorsque l’épidémie s’est abattue sur nous. Je n’en ai pas vu les pires ravages que la chance et les circonstances m’ont permis d’éviter... J’ai cependant été fort troublé, je dois l’admettre, des nouvelles qui me sont parvenues, ajoute-t-il d’une voix basse, presque une confidence pour l’impératrice seule.

Il a des pensées plein la tête, qui se bousculent, mais il les retient. Son sourire perd sans doute un peu de sa sincérité dans l’effort, son regard de sa chaleur. Ses pensées n’ont rien de réjouissant et il fini par soupirer légèrement, les chassant. Lorsqu’elle ralentit, il fait de même, ajustant son pas à celui de Lauriane. Son regard qui voguait jusque-là autour d’eux sur ce quartier bien nanti – qu’il n’avait pas encore pris la peine de visiter – lorsqu’ils se contentaient de marcher s’arrête à présent sur l’impératrice avant même que celle-ci se retourne pour lui faire face. Ses pas cessent, et il écoute ses questions attentivement, hochant gravement la tête pour indiquer qu’il les a bien comprises. C’est par la dernière qu’il commencera parce que c’est la réponse aisée à laquelle il n’a guère à réfléchir.

- Votre altesse, en toute honnêteté la situation m’inquiète. Beaucoup de nos forces spécialisées ont été affaiblies par l’épidémie. Nos chances grandissent de semaine en semaine à mesure que nos forces se rassemblent et se réorganisent, mais je crains que cela ne nous prenne trop de temps qu’ils attaquent à nouveau sur nos flans affaiblis…

Il soupire légèrement, se remettant en marche pour la suivre, toujours à deux pas derrière elle. Il est pensif, elle pourra l’entendre même si son regard n’est peut-être pas posé sur lui. Il a horreur de devoir lui annoncer ça. Une dame, première dame même, mais pas une guerrière… quelqu’un qui aurait dû, dans un monde idéal, ne pas connaître les horreurs de la guerre. Mais le monde idéal, ça n’existe pas. C’est comme l’espoir : une pensée magique qui ne résout rien. Bertin le sait trop bien, si bien qu’il reprend au bout de quelques secondes, une pointe de regret venant teinter sa voix calme.

- J’aimerais vous offrir de meilleures nouvelles, votre altesse, mais je crains que le moral ne soit pas au plus haut parmi les hommes. Les dernières défaites ont été un coup dur pour tout le monde, la peur s’infiltre et se mêle à la colère, à la haine éprouvée pour l’ennemi, et les hommes se mettent à agir sans réfléchir… C’est encore un fléau isolé à certains individus, mais j’ignore comment ils réagiraient à une attente prolongée, si ça devait être le cas. Nos officiers arriveraient-ils à garder l’ordre parmi les rangs ?

Il se tait un moment, inspirant profondément, l’air légèrement inquiet même s’il cherche à le masquer. Il n’a pas la maîtrise de Lauriane cependant, et si elle l’observe elle verra à travers son masque beaucoup trop fin.

- Nous précipiter ne serait guère mieux, cependant. Nous risquerions la défaite si nous contre-attaquons en sous-effectif ce qui ne ferait qu’alimenter les problématiques actuelles…








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyMar 28 Nov - 21:36

Un instant, Lauriane avait cru bon revenir dans ses souvenirs, tandis qu’elle écoutait le prince lui répondre. Elle se rappelait les désastres de l’épidémie – qu’elle n’avait elle-même pas constaté de ses propres yeux, bien nantie dans le confort du palais. Evidemment, la situation avait été passablement grave en Cibella et nombreux furent les habitants du palais à tomber malade mais le pire s’était déroulé sur le front. Les ibéens n’avaient laissé aucune place à la pitié. Une ombre s’était abattue sur le visage de Lauriane, tandis qu’ils avaient repris leur marche, ses yeux en ayant profité pour se perdre quelques secondes dans les aléas des pavés qui se succédaient. Sa peine était infinie. Même s’il aurait été dur de cacher l’horreur sur son visage lorsqu’elle et Gustave avaient dû gérer cette crise, personne ne savait à quel point cela l’avait percutée. Elle s’en voulait. Elle se sentait responsable. Et elle savait que ce n’était pas à tort. Sans leur coup d’état, les évènements n’auraient peut-être pas tourné ainsi. Même si rien n’aurait probablement empêché l’Ordre d’agir un jour ou l’autre. Ils avaient fait une erreur. Mais elle s’en voulait presque plus à elle-même qu’à eux. En définitif, se laisser aller n’était de toute façon pas une option.

- Continuez, argua-t-elle simplement, qu’il sache qu’elle était très attentive à ses dires. Ses traits avaient retrouvé toute leur tranquillité.

Il avait bien résumé la situation. Toute cette histoire était passablement inquiétante. Les revers de la guerre faisaient partis d’un tout qu’il fallait accepter mais ce n’en était pas moins une pression très importante. Les mages combattants et les chevaucheurs étaient la force de Faërie et même s’ils reprenaient peu à peu du service au fur et à mesure que le temps avançait, la situation était trop précaire. Ibélène avait désormais une longueur d’avance. Lauriane avait légèrement hoché la tête lorsqu’il avait parlé d’une possible attaque sur les flancs. Se faire prendre à revers était probablement une des choses les plus graves qu’il pourrait arriver car ils seraient débordés. Cette option avait été étudiée avec le conseil de l’empereur et il était fortement à espérer que cela n’arriverait pas. Non, pas exactement. Il leur fallait plus que de l’espoir. Mais tout à chacun mettait déjà tout en œuvre pour faire le maximum. Ils réussiraient. Ca ne pouvait en être autrement.

Finalement, Bertin avait touché la raison exacte de sa présence. La raison qui avait principalement motivé un déplacement plutôt qu’elle ne se contente d’échanger des missives avec ceux avec qui elle avait voulu s’entretenir. Le moral. En réaction à l’avancée d’Ibélène, c’était la chose la plus à craindre. Surtout en Lagrance qui avait souffert plus que les autres duchés. Ce dont il l’informait résumait bien les rapports qu’elle avait reçus mais c’était différent de l’entendre d’une personne qui venait directement du front. C’était comme… discuter sans interposé des réelles conséquences, pas d’intermédiaire qui permettent de maintenir une certaine distance, c’était la réalité. Lauriane avait nécessairement foi en eux mais Bertin avait raison, c’était préoccupant. Elle laissa en suspens la question qu’il émit, permettant au silence de chahuter quelques temps entre eux. Ca ne faisait pas de mal, la situation était grave.

Elle écouta son profond soupir et s’attarda sur sa façon de conclure. Il paraissait plus éreinté qu’il ne l’aurait fallu. Cela toucha Lauriane. En quelques paroles échangées, elle pouvait déjà déclarer apprécier ce prince d’Ansemer. Il avait le parler franc et intuitif. C’était des choses qu’elle estimait – surtout dans la bouche d’un homme d’honneur et Bertin n’en semblait pas dépourvu. Ainsi, Lauriane crut bon de ne pas le laisser ainsi.

- Ne vous laissez pas abattre, lui répondit doucement Lauriane, s’arrêtant un brève instant pour déposer une main qu’elle voulut réconfortante sur l’un des bras du prince. Elle savait qu’il n’en était pas là mais il était important de ne négliger le moral de personne. Tant que vous y croyez, l’espoir ne se changera pas en illusion. L’espoir n’a certes pas le mérite de gagner des guerres mais il a celui de nous garder droit et fort pour combattre.

Son ton s’était voulu résolument calme, son regard transmettant la force de ses convictions. Lauriane y croyait sincèrement. C’était sa façon d’avancer, chaque jour. Sa façon de se rappeler qu’aucun combat n’est perdu.

- Nous gagnerons cette guerre, reprit-elle, pour dissiper quelques inquiétudes qui auraient subsistées. Il le faut. Ces nouvelles ont beau être mauvaises, la vérité vaut mieux qu’un mensonge. On ne bâtit pas de victoire sur un mensonge.

Elle reprit sa marche, invitant avec intérêt le prince à la suivre à nouveau. Ce n’était qu’en acceptant pleinement une situation et en faisant au mieux avec celle-ci qu’on pouvait espérer renverser la balance. Bertin n’avait pas à s’en excuser, même s’il était vrai qu’au fond, cela froissait son cœur. Parce que malgré tout elle était humaine, parce que malgré tout l’amoncellement des difficultés lui demandait une intense force intérieure pour résister et gérer la situation. Parfois, plus qu’elle n’en avait.

- Ibélène a pris un avantage considérable, c’est certain. Le temps joue en notre défaveur. Ibélène se prépare à une nouvelle avancée pendant que nous rassemblons encore nos forces. Mais Ibélène ne peut pas non plus se permettre d’erreurs et sait que sa chance est passée en même temps que l’épidémie. Nos forces peuvent les contenir. Bien que nous manquons encore d’effectifs, un seul de nos mages ou chevaucheurs peut contrer plusieurs ibéens. Mais ça ne se fera pas s’ils perdent courage ou leur sang-froid. Lauriane marqua une pause. La guerre et la stratégie étaient une chose déjà beaucoup évoquée, par elle-même et nombre d’autres. Elle souhaitait se préoccuper d’autres choses à cet instant. Leur moral est ce qui me préoccupe le plus. Et ce qui pourrait nous coûter cher, comme vous l’avez remarqué. Elle était sombrement d’accord. Le Marquis d’Amar, Tristan, Capitaine de Vol de Lagrance, ramène une partie de ce moral qu’il leur faut. Tristan était, entre autres, celui qui avait trouvé et ramené le remède de l’épidémie. Il avait ramené de l'espoir. Mais l’agitation ne s’apaise pas si facilement. La vie sur le front est déjà rude. Je vais appliquer quelques dispositions durant mon séjour pour qu’ils ne se sentent pas seuls et que la santé de tous suive. Un plan d’attaque s’élabore également. Mais cela ne peut suffire. Vous êtes sur le front, votre regard est différent. Pensez-vous à quelque chose de plus secourable ?
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyMer 29 Nov - 6:08

Heureusement ne pouvait-il pas voir son visage, ou il se serait sans doute inquiété de voir transparaître malgré elle cette ombre sur son visage jusque-là si paisible. En bon sujet, cependant, il marchait derrière elle et la gravité de leur conversation lui occupait l’esprit si bien qu’il ne porta pas une attention suffisante au visage de Lauriane pour la remarquer. Il aurait autrement bien sûr cherché à la réconforter sans savoir la véritable source de son trouble. Aurait-il seulement pu s’en douter ?

Il lève la tête – baissée alors que le silence s’était installé entre eux – pour la regarder. Il est d’abord surpris par ses paroles, par ce geste aussi, cette main délicatement posée sur son bras, qui lui tire un sourire avenant, chassant la grisaille de son regard. D’un geste de la tête, de ce sourire aussi, il montre qu’il partage son opinion, lui répondant enfin d’un ton calme :

- Vous avez raison, votre altesse. Je ne suis pas un homme à me laisser bercer d’illusions. Et je vous assure que, si je vous fais part de mes craintes aujourd’hui à votre demande, je n’en montre rien au front. Je vous remercie de votre sollicitude. Cela fait chaud au cœur.

Sa préférence sur la vérité plutôt que les mensonges, surtout en des temps comme ceux-ci, le fait légèrement sourire et il ne peut s’empêcher d’élégamment répondre :

- J’admire votre pragmatisme et je suis heureux d’avoir la chance de le découvrir à vos côtés aujourd’hui.

Lentement, il se remet en route non loin d’elle, écoutant ses sages paroles.  Ce côté pragmatique qui lui a plu, il le découvrir un peu plus. Réfléchie quant aux problèmes de la guerre, à ses stratégie, soucieuse de ses hommes, de leur moral… Voilà qui le touche plus qu’il n’aurait pu y croire. Il n’avait jamais eu l’occasion de discuter personnellement avec Lauriane auparavant, si bien qu’il ignorait complètement dans quoi il s’aventurait pour cette rencontre. Il s’attendait à un peu tout, mais n’avait pas imaginé que la conversation prendrait ce genre de tournant, même si réalistiquement tout y menait.

- Vous me surprenez agréablement, votre altesse. Il fait plaisir de voir que vous vous souciez du bien-être de vos sujets et de ceux qui se sont engagés à votre service ou à celui de vos duchés. Pas que j’en ai douté, rassurez-vous, ajoute-t-il rapidement avec un geste de la main tout naturel qui se veut apaisant, mais de le voir moi-même… Je me doute que votre position ne vous donne guère le loisir de vous concentrer sur chaque homme et femme à votre service, or avec la guerre qui pourrait vous reprocher d’affecter un de vos conseillers à cette tâche ? Vous voir vous y atteler personnellement me touche beaucoup.

Il y a de la reconnaissance dans son regard, un remerciement silencieux pour ce geste qui le surprend autant qu’il lui fait plaisir. Son regard s’attarde sur Lauriane quelques secondes avant de se laisser attirer par la façade d’un édifice près d’eux, à moins que ça n’ait été les couleurs de l’arbre voisin ? Enfin, le voilà qui soudain sourit, l’air presque malicieux, étouffant un rire volage en s’éclaircissant discrètement la gorge, retrouvant enfin un peu son sérieux en niant de la tête. Non, ça n’irait pas, clairement. C’est le genre de chose qu’il mentionnerait à Rackham, mais pas à l’impératrice. Il a des manières, Bertin, même s’il les oublie parfois au coin du feu. Il inspire avec douceur, se tournant vers Lauriane seulement lorsqu’il se sera sentit en contrôle des traits de son visage.

- Je crois qu’ils seraient aussi touchés par votre sollicitude, s’ils étaient en mesure de la découvrir. Peut-être pourriez-vous considérer envoyer un message de votre main aux campements principaux qui pourrait être lu aux troupes ? Recevoir la confirmation que Faërie est derrière-eux aurait sans doute un effet bénéfique. Il est parfois bon de se le faire rappeler.

Un sourire amène étire doucement ses lèvres.

- Je vous invite également à considérer ce qui peut être fait pour améliorer les conditions de vie aux dits campements. Nous savons tous, là-bas, que nous n’y vivrons pas une vie de luxe. Mais le soldat qui se trouve au front depuis des mois ne voit que la violence, la boue, le sang, et la mauvaise nourriture. En toute sincérité, cela fini par être usant. Je ne connais pas les ressources à votre disposition, et encore moins ce que vous pouvez vous permettre de faire pour eux… Cependant si vous trouviez un moyen de leur offrir un peu plus, à l’occasion… Même un bon repas si la situation le permet aide au moral. Mon unité pourrait le confirmer.

Un nouveau sourire, complice cette fois. Aura-t-elle entendu parler de sa folie qu’est de cuisiner ses repas au camp, lorsqu’il en a la chance ? Peut-être pas. Sans doute pas, songe-t-il. Ç’aurait été un étrange élément à inclure dans un rapport. Quoi qu’il en soit, ce sourire et son ton se sont fait plus chaleureux, signe sans doute qu’il commence à être plus à l’aise avec son interlocutrice même s’il reste, de toute évidence, formel dans sa façon de s’exprimer et, surtout, dans ses gestes.








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyJeu 30 Nov - 22:03

Un sourire aurait pu orner les lèvres de Lauriane lorsqu’elle l’entendit. Peut-être même que cela se produisit.  Elle était trop occupée à se concentrer sur le son de sa voix tandis que son regard s’égarait toujours devant elle. Evidemment, Lauriane était ainsi. C’était son devoir de se préoccuper de ce genre d’affaire, de son peuple, sinon pourquoi être impératrice ? Cela ne pouvait néanmoins que gonfler quelque peu son orgueil qu’il lui fit pareil compliment. C’était toujours assurément quelque chose de bienvenue, même si Lauriane ne pouvait s’appesantir dessus pour des raisons de bienséance et peut-être également légèrement (mais juste légèrement) parce qu’elle était un brin hautaine.

- Je vous remercie, répondit-elle sobrement, comme cela convenait.

En fait, cela tenait lui tenait à cœur plus qu’elle ne voudrait bien l’admettre. Elle se sentait responsable de ces gens, à cause – et grâce – de leur coup d’état. Et puis, se préoccuper de leur peuple lui permettait de ne pas perdre de vue ce qui était important. Il ne fallait surtout pas que ça lui échappe. Et elle savait à quel point cela pouvait être facile, surtout quand ses ambitions se réveillaient. Cette pensée rembrunit quelques secondes son visage. C’était quelque chose auquel elle ne pouvait se permettre de penser maintenant.

Les paroles suivantes du prince l’interpelèrent d’abord. Cela les toucheraient-ils vraiment ? La volonté de Lauriane était pavée de bonnes intentions, et elle y avait déjà pensé elle-même, mais… Elle doutait en définitif que ça puisse les aider. Ces soldats sur le front se battaient pour Faërie, c’est-à-dire pour leur famille. Qu’ils reçoivent les mots encourageant des souverains qui, à peine arrivés au pouvoir par la force, ont ensuite annoncé une guerre (alors que cela faisait 1000 ans que la paix régnait) n’était peut-être pas quelque chose que les soldats souhaitaient. Pourtant, ne rien leur dire serait également mauvais car c’était à cause de leur règne que Faërie en était là. Cela serait lâche. Aucune des deux solutions lui semblait idéale. Quoique la première, énoncée par Bertin, semblait tout de même la meilleure. En un sens, il lui avait permis de faire un choix.

Elle aurait pu l’interrompre mais préféra le laisser terminer. Son attention n’avait toujours pas dévié. Surtout qu’il se trouvait qu’apparemment, les idées du prince concordait en de nombreux points avec les siens. Ces choix n’avaient donc été guère mauvais.

- Des mesures sont en train d’être prises, lui assura-t-elle cette fois, complétant ses précédents dires et lui répondant par la même occasion. L’organisation en est en cours avec le Duc de Lagrance. Elle ne pouvait décemment pas lui en dire plus avant que les choses ne soient faites. Je doute que cela apaise les esprits en colère mais je souhaite que cette mesure qui arrive rende plus acceptable votre vie là-bas.

En toute vérité, Lauriane ne pouvait complètement imaginer l’horreur que vivait en ce moment ceux qui se battaient sur le front. Elle avait déjà participé à nombres de combats mais n’avait jamais connu la lenteur et le pourrissement qu’inflige une guerre à ses soldats. Et elle n’avait jamais simplement non plus été sur le front – c’était trop dangereux, cela la rapprochait trop des ibéens. Cet état de fait l’agaçait passablement, cette sécurité contrevenait à ses principes d’honneur. Comment pouvait-elle regarder un combattant en face dans cette situation ? Malheureusement, la sécurité était aussi un de ses devoirs.

- Je suivrai également sans doute votre conseil et leur écrirai, convint-elle, après une brève pause. Pensez-vous que ces hommes et femmes aimeraient joindre les leurs ? L’épidémie a eu des conséquences terribles pour les familles comme pour les combattants dotés de magie, tandis que les soldats qui en sont dépourvus n’ont guère eu de répit depuis plus de deux mois. Je ne connais pas parfaitement les mesures qui sont en place aux abords du front pour qu’ils puissent communiquer avec les leurs – il me faudrait me renseigner – mais leur performance est certainement limitée. J’aimerais l’améliorer sur une petite période pour donner à tous la possibilité de parler à ceux qui leur sont proches. Je pensais que cela aurait pu les soulager.

Et là, ce n’était pas entièrement l’impératrice que la femme qui parlait. Celle qui ne dormait plus depuis les ravages de cette épidémie. Cette idée pouvait-elle au contraire empirer la situation ? Certains pourraient alors apprendre des décès qu’ils ignoraient encore. Plus de gens en colère, plus de gens révoltés. Peser le pour et le contre n’était pas toujours facile.

- Prendre les bonnes décisions n’est pas toujours aisé, n’est-ce pas ? Cette fois, c’était un pauvre sourire qui avait irradié les lèvres de Lauriane alors que ses yeux, que ses paupières brièvement baissées venaient attrister, jetèrent un regard à Bertin. C’était une confidence légère, comme un bon mot dont on rit alors qu’on sait qu’il n’y a vraiment pas de quoi.
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyVen 1 Déc - 6:00

C’est à son tour de l’écouter en silence, se contentant de marcher non loin d’elle. Elle lui donne matière à réflexion. Et à réjouissance, aussi, mine de rien. Il n’a pas suggéré une amélioration de la vie au front sans songer que ça le toucherait lui aussi, forcément. Sa propre expérience ne peut en fait que l’aider à lui suggérer ce qui manque peut-être le plus aux soldats. Mais cette discussion le replonge forcément aussi dans les horreurs qui font désormais parti de son quotidien, et ce n’est pas exactement le genre de pensée qui aide à briller de bonheur.

Il écoute attentivement, malgré son silence, hochant pensivement la tête quand elle évoque la possibilité de laisser les hommes et femmes du front joindre leurs familles. La bienséance eu sans doute voulu qu’il réponde, surtout à cette question directe de son impératrice, mais il réfléchi et ne semblera revenir à lui et à leur conversation que quand elle affirme que prendre les bonnes décisions n’est pas toujours aisé. Il soupire.

- Je ne pourrais pas dire mieux, votre altesse… Mais ni vous ni moi ne pouvons éviter cette tâche…

Oh, qu’il aimerait pouvoir tout remettre entre les mains de quelqu’un d’autre. Cette liberté dont il avait bénéficié… un mois, même pas, avant d’être appelé par Lauriane qui lui avait adroitement – et discrètement – souligné qu’il est un prince et qu’il peut dès lors être utile à la couronne. Pas que la pression de prendre les bonnes décisions soit sur ses épaules dans l’immédiat, mais c’en est un rappel fort efficace. Il lui sourit néanmoins avec une certaine douceur.

- Et je serais le dernier à vous en vouloir si vous m’avouiez désirer ne point avoir ce poids sur vos épaules, ne serait-ce qu’un instant… Bien sûr cela ne nous aiderait en rien dans la situation présente, admet-il aussitôt avec un sourire entendu, mais ce serait compréhensible. Cela dit… Oui, je crois qu’il leur ferait plaisir de pouvoir communiquer plus aisément avec leurs familles et leurs proches. À dire vrai, j’ignore quelle est la qualité du service de poste à partir des campements, mais j’avoue ne pas avoir osé y passer mes missives.

De deux doigts, il tapote sa petite sacoche de voyage, souriant légèrement.

- Je compte profiter de mon court séjour à Edenia pour faire parvenir de mes nouvelles à Ansemer. Certains de mes camarades m’ont demandé de faire de même en leur nom. Mes doutes sont probablement partagés, même si nous évitons généralement d’en parler afin de ne pas semer doute ou tristesse chez les autres. Ne pas avoir de nouvelles de la maison peut être très difficile, particulièrement lorsqu’il y a de jeunes enfants au foyer… Vous pouvez sans doute l’imaginer mieux que moi, votre altesse, à quel point il aurait été difficile d’être éloignée de vos enfants lorsqu’ils étaient petits…

Il faut bien jouer le jeu, même si ça fait un peu mal, toujours. Mais soit, c’est pour le bien de la petite, cela vaut mieux et il le sait très bien. Ça, c’est un jeu auquel il est devenu un professionnel ces six dernières années ! Mais voilà une toute autre histoire. Il y a une touche de tristesse dans son regard à présent, qu’il chasse avec un petit soupir, fixant son intérêt sur une enseigne un peu plus loin devant lui, en analysant brièvement les détails histoire d’avoir quelque chose à regarder qui ne soit pas l’impératrice.

- J’ignore si leur parler de vive-voix serait nécessaire, ou même utile, dans l’ensemble. C’est vrai que certains ne connaissent pas leurs lettres, et que communiquer par écrit devient difficile… À long terme, il vaudrait peut-être la peine de considérer la possibilité d’utiliser les services de scribes afin d’aider les familles à communiquer avec leurs soldats, et vice versa.

Il semble réfléchir à moitié tout haut, c’est une idée un peu brute, qu’il clarifie en l’exprimant verbalement. Son ton est donc pensif, par moment même un brin incertain, comme s’il doutait lui-même de son idée. Il y a de fait beaucoup de doutes à avoir.

- J’ignore si nous pourrions trouver des hommes prêts à prendre ce risque, cependant, car il serait considérable, surtout si quelqu’un doit voyager de campement en campement pour rédiger les lettres des soldats…

Il nie de la tête.

- Ce n’est sans doute pas l’idée la plus sage, en fait, votre altesse. Pardonnez-moi.

Un nouveau sourire, d’excuse cette fois, avec la tête qui s’incline poliment.

- Je pense tout haut sans réfléchir aux idées que j’apporte, et je vous fais perdre de votre temps précieux…








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyLun 4 Déc - 23:46

Sur cela, il avait bien raison. Le pouvoir impliquait des responsabilités bien conséquentes. Lauriane les supportait, dignement. Avec force. Mais cela ne signifiait pas qu’elle ne ressentait rien, au contraire. Lauriane continua de l’écouter avec la même attention que toute celle qu’elle lui avait accordé jusqu’ici mais trouva la suite un peu moins éloquente. Non… Même si le choix lui était donné, même si le poids était trop lourd, même s’il lui faudrait un jour le payer de sa vie ou pire, le payer par l’humiliation, elle ne renoncerait pas au rôle qui lui incombait, elle ne se déchargerait pas de son devoir. Elle prendrait les décisions, même si ces dernières devaient lui retomber dessus.

Elle fut néanmoins un instant heureuse que son avis s’accorde à sa volonté de permettre aux soldats de mieux communiquer avec les leurs. Au fond, elle savait déjà que ce n’était pas vraiment réalisable, mais ces quelques rêves bien désintéressés aidaient son âme à tenir face à toutes les difficultés. Et sa culpabilité.

- Je suis sûre que votre famille sera heureuse d’avoir de vos nouvelles, approuva-t-elle, acquiesçant avec douceur.

Elle ne releva néanmoins pas, concernant sa remarque sur ses propres enfants. Mais s’eut le don de plonger Lauriane dans une réelle et profonde réflexion. Le temps de quelques secondes. Alors elle ne remarqua pas la propre grisaille du prince. Avait-elle donc été une si piètre mère ? Non, elle n’avait pas souvent ressenti de telles émotions pour ces enfants. Ou plutôt, elle n’avait jamais pu se le permettre, si bien que tous ses bons sentiments avaient du s’enfouir très loin afin qu’ils ne l’affectent pas. Elles les avaient tant aimé, et les aimaient encore tant aujourd’hui… Mais pas comme une mère se le devait. Pas comme la parfaite Marjolaine. C’était dur, plus qu’elle le reconnaissait.

Elle fut presque reconnaissante qu’il ramena le sujet à leur affaire. Il est vrai que tous ne savaient pas écrire mais elle avait uniquement pensé à ce qui le savait. Et elle aurait engagé des mages courriers, un certain nombre, uniquement pour ces soldats du front. C’était réalisable, mais un surréaliste également. Cela lui demanderait de mobiliser un peu trop de ressources pour un avantage qui manquait sûrement d’un peu de stratégie et de rentabilité. Mais lorsqu’elle y avait pensé, ce n’était pas sur la rentabilité de l’entreprise qu’elle comptait, seulement sur l’humanité du geste.

- Vous avez sans doute raison, déplora-t-elle, une légère grisaille dans la voix, mais son regard ne démordait pas de son calme. Non, reprit-elle rapidement, pour recouvrir sa dernière parole avant que le silence ne lui donne trop d’importance. Vous ne me faites pas perdre mon temps, ne vous inquiétez pas. J’ai demandé à vous parler, or c’est effectivement ce que nous faisons de notre temps. Donc tout va bien. Cette idée était certainement plus de bon aloi qu’autre chose.

La pragmatique Lauriane. Et pourtant si douce et calme lorsqu’elle parle. Elle adressa un sourire amène au prince, alors qu’il atteignait enfin véritablement Edénia, les complexes du palais ducal enfin délaissés. L’agitation commençait à mieux se mouvoir et les habitants s’arrêtaient en les voyant pour faire quelques courbettes avant de reprendre leur chemin. Certains murmuraient entre eux, se gardant d’être trop visibles. Lauriane ne faisait pas attention à eux. S’ils commençaient à s’arrêter pour rendre chaque salut, ils ne seraien pas arrivés. Heureusement que les rues qu’ils allaient empruntés comptaient parmi les moins fréquentés. Elle ne souhaitait pas créer un trop gros remuménage, juste profiter de l’air d’Edénia.

- Prince Bertin, la voilà qu’elle devenait un peu plus familière. Vous me semblez être quelqu’un de particulièrement droit et charitable. Je ne vous ai pas fait mander uniquement pour connaître votre avis sur le front mais aussi car j’aimerais que vous me souteniez auprès de votre frère, Bartholomé, car il me faudra sûrement dans peu de temps lui soumettre une requête. Lauriane abordait enfin la deuxième véritable raison qui l'avait poussée à s’entretenir avec le prince. Si elle avait tant tardé à l’aborder, c’était certes pour connaître un peu mieux le prince mais, surtout, simplement car la discussion s’était faite d’elle-même. Ansemer est le duché le plus à l’abri d’Ibélène et rien ne dit que la situation de la Lagrance ne va pas empirer. Si cela devait arriver, le peuple lagran devra se réfugier quelque part. Cibella peut en accueillir certains mais sa situation n’est pas des meilleures. Si les évènements devaient dégénérer, il serait appréciable qu’Ansemer accepte et soit préparé à les accueillir. Lauriane priait pour que cela n’arrive jamais mais le pire devait également être préparé. Si cela devait arriver, accepterez-vous d’intercéder avec moi auprès de votre frère pour que cela se fasse au mieux ?

Evidemment, Bartholomé n'aurait guère le choix face à un ordre de l'empereur et de l'impératrice et surtout face à l'urgence de la guerre mais ce n'était pas parce qu'une personne devait nécessairement obéir qu'il ne fallait procédé qu'en lui donnant des ordres.


Dernière édition par Lauriane de Faërie le Jeu 7 Déc - 22:19, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyMer 6 Déc - 7:16

Un sourire, un bref hochement de tête. C’est tout. Sa famille sera sans aucun doute heureuse d’avoir de ses nouvelles, oui. Et il espère que les quelques petits présents qu’il aura trouvé pour Jehanne et leur fille pourra leur tirer quelques sourires lorsque les missives arriveront à la maison. Mais y penser maintenant serait risquer de se laisser aller à des pensées qui le mèneront bien loin de leur sujet de conversation, chose qu’il ne se permettrait pas de faire en présence de l’impératrice.

Il a un petit soupir quand elle lui donne raison, baissant légèrement les yeux, même si un doux sourire étire ses lèvres quand elle affirme qu’au contraire, elle ne perd pas son temps.  Il laissera le silence s’étirer pendant quelques secondes autour d’eux, puis ajoutera d’une voix douce :

- Ça leur ferait plaisir, néanmoins, si ça pouvait l’être. Et je suis certain que plusieurs se porteraient volontaires pour écrire au nom de ceux qui ne le peuvent pas eux-mêmes.

Il y a des causes, parfois, qui valent qu’on évite la paresse pour un temps, qu’on la range au placard pour le bien d’autrui. Parfois… Il se surprenait à songer qu’il pourrait même faire partie de ceux-là, ces hommes et femmes qui pourraient écrire au nom des camarades qui n’ont guère eu la chance d’apprendre… Il n’irait pas jusqu’à le lui annoncer, mais il y songe, forcément. Bertin n’est pas sans savoir qu’il est privilégié à ce niveau.

Il n’est pas sans remarquer que leurs pas les mènent dans une section de la ville plus fréquentée. Il ne porte pas d’attention particulière aux gens qui s’arrêtent, mais il leur offre parfois un  discret sourire s’il lui arrive de croiser leur regard lorsqu’il les observe du coin de l’œil. Son expression soucieuse a laissé place à une plus douce, cordiale, afin de sembler être de meilleure compagnie peut-être. Ou simplement d’éviter d’inquiéter ceux qu’ils croiseront. Qui sait ? Le changement s’est fait sans qu’il y réfléchisse, avec naturel donc, tandis que ses pensées dévient toujours vers le front, et ce qui pourrait aider au moral des troupes.  Ce n’est que lorsqu’il entendit son nom qu’il revint complètement à la situation présente et posa un regard sur l’impératrice.

- Votre altesse ?

S’était-il encore une fois perdu dans ses pensées au point de mériter une réprimande, songea-t-il un instant. Il fut vite rassuré par les paroles suivantes, bien qu’il se promît de ne point se laisser aller à ses pensées ainsi à nouveau au cours de leur entretien.

- Puis-je demander quelle est cette requête, votre altesse ? demanda-t-il d’une voix aimable, semblant tout à fait ouvert à l’idée, mais se montrant prudent avant de donner sa parole.

Il écoute la suite avec sérieux, hochant la tête. C’est logique. Très logique. Triste qu’il faille en arriver là, mais il faut bien se rendre compte que c’est nécessaire…

- Je peux lui en glisser un mot dès demain, dans ma prochaine lettre, si vous le désirez. Il me semble tout à fait normal que nous nous préparions à accueillir le plus gros des réfugiés, si le pire devait arriver, dit-il en hochant la tête comme pour insister sur le naturel de la chose. Vous pouvez compter sur moi pour en faire comprendre l’urgence au duc d’Ansemer.

Il a un léger sourire pour l’impératrice, sans joie, certes, mais signe tout de même qu’il se considère dans la même équipe qu’elle, prêt à faire sa part tout en priant – silencieusement – que l’on n’en arrive jamais là…

- Je demanderai à ce que Vivécume soit préparé en conséquence, même en mon absence. Vous avez raison. Mieux vaut être parés, que pris au dépourvu.








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyJeu 7 Déc - 22:55

La réactivité du prince lui plut. Oui, décidément, l’avidité si caractéristique des ansemariens ne semblaient pas avoir de prise chez lui. Lauriane n’était pas tant du genre à catégoriser les gens – elle-même si différente de certains outreventois – mais il était vrai que certains traits de caractère revenaient plus souvent au sein d’un même duché. Qu’il était agréable de l’entendre ainsi. Etre impératrice lui semblait bien plus simple lorsque les discussions se déroulaient ainsi. Il y avait peut-être plus à faire avec Ansemer que se scruter passivement parce que leurs intérêts concordaient présentement mais que ça ne durerait peut-être pas. Lauriane y réfléchirait sérieusement plus tard. Le prince était d’accord pour la soutenir et c’était tout ce qu’elle avait souhaité. Sa réponse était même plus que ce qu’elle espérait. Cela la rasséréna grandement, apaisant un peu toutes ses tensions, car ses affaires en Lagrance étaient dès plus compliquées à mener. Et celle-ci était de loin celle qui s’était le mieux passée.

- Je vous remercie pour votre dévouement si prompt au peuple de Faërie, acquiesça Lauriane, dans un sourire qui dégageait toute la chaleur que cela lui inspirait. Cela vous honore et rend hommage à votre famille. Je souhaiterai néanmoins que vous attendiez que j’en parle moi-même au Duc d’Ansemer. Vous comprenez certainement que votre frère préfèrerait sûrement que la requête vienne d’abord de l’empereur, plutôt qu’il ne l’apprenne par vous. Cela sera sans doute plus courtois. Un brève petit sourire et éclat d’humour aimable. Votre soutien dans cette initiative sera néanmoins particulièrement précieux ce jour-là. Et elle était profondément sincère. C’était même inestimable.

La dame prit une profonde inspiration, ses mains jointes le long de son corps qui ne gênait pas sa démarche posée lui donnaient une allure tranquille et tempérée.

- Il est à souhaiter néanmoins que nous n’en arrivions pas là. C’est une solution de dernier recours si la Lagrance devait être évacuée, mais nous repousserons les ibéens. La Lagrance doit garder confiance. Evidemment, cela signifiait clairement qu’il était grandement inutile de faire circuler le bruit qu’on cherchait déjà à évacuer le duché. C’était faux, mais les rumeurs pouvaient s’étendre si vite. La plupart des efforts se tournait vers leurs prochaines stratégies d’attaque mais Lauriane ne voulait juste pas que les lagrans n’aient aucune solution de replis. Sachez que j’apprécie énormément le concours que vous m’avez apporté. J'espère que nos échanges avec le duché d'Enserrer continueront dans cette voie.

Les intérêts qu’elle avait à lui soumettre touchaient leur dénouement. L’impératrice avait plus ou moins fait le tour de ce qui lui importait dans cet entretien. Néanmoins, le savoir-vivre et la reconnaissance étaient deux choses très liées qui lui étaient impossible d’ignorer. Aussi ne tenait-elle pas à le congédier immédiatement maintenant qu’ils profitaient enfin des éclats d’Edénia, qui même alors que l’hiver pointait, n’étaient guère ternes.

- Me serait-il possible, à mon tour, de faire quelque chose pour vous ?

Que ce fut une requête personnelle ou moins personnelle, pour lui ou pour d'autres, Lauriane souhaitait faire quelque chose pour lui. Elle était bien curieuse de ce qu'il pourrait lui demander.
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyVen 8 Déc - 6:42

Il l’écoute en silence, regardant devant eux plus qu’il ne la regarde elle. Un bref hochement de tête pour montrer son accord lorsqu’elle lui demande d’attendre qu’elle en parle elle-même à Bartholomé d’abord. Oui, c’était logique, puisque le sujet n’avait point été abordé en Ansemer.  Enfin, le compliment avait été accepté avec un sourire, sans plus.

- Votre altesse… Je me suis engagé auprès des Chevaucheurs pour servir Faërie. J’aurai toujours une faiblesse pour Ansemer, mais cela ne veut point dire que je ne me soucis pas du bien-être de tous les Faës.

Ça lui semble naturel, si bien qu’il est surpris de la chaleur soudaine dans la voix de l’impératrice. Il sourit légèrement, mais la déclaration suivante de l’impératrice est accompagnée d’un long soupir de Bertin accompagné d’un hochement de tête et d’une expression sérieuse chez le prince.

- Cela va de soi. Il serait préférable pour tous que la situation se renverse de nouveau. Nous y parviendrons, votre altesse. J’ai confiance. Vos efforts et ceux de nos troupes vaincront.

Ce n’est pas évident tous les jours d’avoir pleinement confiance, pas quand on risque sa vie pour atteindre le but. À la fin d’une journée difficile, il y a souvent plus de prières, de supplications muettes que de confiance, parfois. Mais il y croit néanmoins. Le retour des troupes de chevaucheurs et de mages ne pouvait qu’être bénéfique pour eux, après tout.  Le discours est sérieux, tout comme son attitude, mais pendant que le silence revient s’installer quelques instants entre eux, il sourit légèrement et son regard s’adoucit légèrement. Il apprécie cette balade, même si les sujets abordés n’ont pas tous été faciles ou agréables. En soit, la balade lui semblait être suffisante pour le remercier du peu qu’il a offert – des mots, auxquels il compte se tenir, bien sûr, mais que des mots – mais voilà que Lauriane lui demande ce qu’elle pourrait faire pour lui, ce qui le plonge dans une profonde réflexion. Ils parcourront la longueur de quelques immeubles avant qu’elle puisse le voir – si elle l’observe du moins – sourire à nouveau, niant légèrement de la tête.

- Rien que vous puissiez m’accorder, votre altesse, je crois.

Il inspire lentement, profondément. Oh, des choses, il en désire plein, bien sûr. Elle ne sera pas dupée par ses paroles. Mais il sait faire preuve de bon sens, et ne pas demander ce qu’il ne pourrait recevoir. Puis il finit par rire légèrement en tournant le visage vers elle.

- Je vois que vous vous efforcez d’améliorer la vie de vos soldats, et c’est peut-être là la meilleure façon de me remercier pour mon temps votre altesse. Vous avez amplement à faire sans vous soucier des trivialités de mon existence.

Nouveau sourire, nouveau rire, plus léger, signe peut-être que l’idée qui lui passe en tête n’est pas sérieuse. Quand il reprend la parole, toutefois, c’est avec sérieux et courtoisie.

- En toute sincérité…

Il pause un instant, semblant hésité, par peur de dire quelque chose qu’il aurait dû taire.

- … j’ai surtout envie de bonne compagnie, en toute amitié. Il serait cependant inconvenant de vous inviter à partager avec moi davantage que cette balade, d’autant plus que nous nous connaissons à peine, sans compter votre horaire chargé... Aussi me contenterai-je de vous demander la permission de vous raccompagner jusqu’au palais. Peut-être pourrions-nous en profiter pour égayer quelques peu la conversation afin d’accorder notre humeur à la beauté du jour ? demande-t-il d’un ton aimable. D’autant plus qu’à bien y penser, il y a un sujet à propos duquel vous sauriez peut-être m’aider tant en tant que femme qu’impératrice.

Il aura un regard vers elle, l’observant discrètement, mais avec un peu d’espoir. Celui, surtout, de ne pas l’avoir fâchée en étant aussi honnête avec elle.

- Voyez-vous, le duc d’Ansemer, commence-t-il formellement, mon frère, continue-t-il soudainement moins formel, a maintes fois évoqué qu’il est plus que temps que je pense à me marier. Je ne peux m’empêcher de songer que, dans la situation actuelle, un mariage serait folie. Pourquoi m’engager auprès d’une jeune demoiselle alors que je risque de ne jamais lui revenir ?

C’est un sujet qui le rend sérieux sans pour autant l’attrister comme leur conversation précédente sur la vie au front. Il y a maintes fois songé, et s’il l’aborde avec elle, c’est dans l’espoir d’avoir un avis neutre et, surtout, féminin sur la question.

- Pourrais-je vous demander, votre altesse, votre opinion sur la question ? Ne serait-il pas préférable d’attendre la fin de la guerre afin de pouvoir me concentrer sur la défense de Faërie avant de songer à fonder une famille ?








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyVen 8 Déc - 21:40

Lauriane appréciait Edénia et le léger froid ambiant ne la gênait guère, Outrevent connaissait des températures bien plus rudes. Aussi le temps de la réflexion que prit le prince d’Ansemer ne l’embêta guère. C’était même compréhensible. Sa réponse fit naître une légère lueur de surprise au coin de ses yeux qu’elle dévia vers lui, alors que sa tête n’avait presque pas suivi le mouvement. Tout le monde n’avait pas la possibilité de lui demander quelque chose comme elle lui avait proposé mais elle comprenait également tout à fait qu’il n’ait rien dans l’immédiat à lui soumettre. Après tout, sa question elle-même avait plus été de l’ordre de la formalité courtois. Elle le sent un peu embêté mais le rire qu’il finit par laisser échapper la rassure quelque peu. Sauf que la réponse ne s’y prêtait guère. Le prince semblait fatigué mais Lauriane acquiesça comme il se devait à sa répartie.

- C’est naturel, répliqua-t-elle simplement à son tour, le laissant poursuivre, car elle sentait dans son attitude que malgré tout, oui, il voulait poursuivre.

Bien qu’ils continuaient à déambuler, Lauriane le regardait désormais. Bertin semblait sortir du cadre de la discussion formelle et toute impératrice qu’elle était, elle ne s’en formalisa pas. Au contraire. Ça lui semblait naturel même si, il était vrai, ces derniers temps elle avait bien peu eu d’occasion de profiter d’un simple échange. En fait, depuis qu’elle était impératrice, elle avait clairement du faire passer certaines choses au second plan. En fait, c’était même pire, depuis qu’elle avait cherché à élever dans la société la famille de la Rive, elle avait tout entière été vouée aux jeux des apparences. Si bien que ça en faisait presque partie d’elle. Lorsqu’il hésita, elle continua de faire vaquer son regard sur lui bien qu’elle ne souhaitait pas par là être insistante.

Et sa réponse la surprit plus que de mesure.

Un large sourire envahit ses lèvres, bien que très rapidement dérobé par son visage qui se décala du côté opposé. Geste d’une certaine pudeur bienséante. Le prince Bertin était quelqu’un de très spontané. C’était quelque chose qu’elle n’avait pas rencontré depuis un bon moment. Elle préféra ne rien répliquer à ses différentes allégations car il avait très bien lui-même tout énoncé. La convenance et les écarts s’y mêlaient à rythme égal. Sa proposition finale lui sembla convenir très bien pour clore cet échange et c’est avec considération qu’elle inclina sa tête.

- Ce sera avec plaisir.

Elle fit un léger signe de mains à ses gardes pour qu’ils entament le chemin de retour. Bertin semblait déjà avoir en tête le sujet de leur discussion à venir, aussi le laissa-t-elle réengager le propos. Lauriane l’écouta patiemment, attendant qu’il eut fini de s’exprimer pour réfléchir à ce qu’il lui demandait. Il lui demandait son avis sur un sujet que, bien qu’il fut inhabituel, elle prit avec autant de sérieux que cela semblait l’être pour le prince. Quelques minutes s’écoulèrent tandis qu’elle songeait à ce qu’il lui avait dit. Ce n’était pas forcément un sujet auquel on s’attendait car de manière générale, les mariages dans la noblesse n’étaient que le fruit d’alliance et les alliances font fi des guerres ou des paix, les alliances répondent à des nécessités stratégiques. La plupart du temps. Sa considération qui sortait donc de ce point de vue ne la prit néanmoins pas au dépourvu. Sa propre histoire… n’avait pas été faite ainsi. Avec le recul, regrettait-elle les actes de Gustave ? Lauriane n’aurait su le dire… Mais elle se souvenait des années de leur mariage où leurs complots auraient plusieurs fois pu leur coûter cher s’ils avaient été démasqués.

- Je crois que, de façon générale, la vie n’offre jamais de garantie. Même si la mort ne vous fauche pas durant la guerre, peut-être un bête accident, ou une fièvre, vous emportera quelque temps plus tard. Nul ne sait de quoi l’avenir est fait. Et c’était bien cruel. Lauriane en convenait. Depuis qu’elle était devenue impératrice, elle savait que les dangers avaient redoublé autour d’eux et elle n’était jamais certaine de quoi serait fait le lendemain. Pourtant, avancer il le fallait bien. Je ne peux pas vous dire avec certitude si l’avenir vous épargnera. Lauriane pouvait prier les dieux tant qu’elle le souhaitait, ça ne changeait pas cet état de fait. La mort pouvait faucher n’importe qui. Cela ne servait à rien d’assurer à une personne le contraire. Exception peut-être pour ses enfants, qui – bien qu’elle ne leur avait jamais dit – seraient toujours en sûreté car elle les protégerait. Mais je peux vous dire que quelque soit la dite promise, elle aura déjà bien de la chance d’avoir quelqu’un avec votre considération. Tous ne sont pas ainsi. Surtout à Ansemer, qui, si le duché n’était pas aussi strict qu’à Outrevent envers les femmes, n’accordait quand même guère plus aux femmes. Cependant, malgré les suggestions pressantes de votre frère, attendre un peu plus – soit jusqu’à la fin de la guerre – ne serait peut-être pas si conséquent, si cela fait déjà longtemps que cela dure.

Evidemment, elle ne pouvait absolument pas garantir que la guerre n’allait pas s’éterniser sur plusieurs années.

- A mon avis, ce qui compte vraiment dans votre cas est ce que vous souhaitez. Vous n’êtes pas un héritier, votre devoir ne vous demande pas de garantir la succession. Mais si vous marier est important pour vous, n’attendez pas. Lauriane marqua une légère pause, pétrie dans ses propres souvenirs. J’ai eu le bonheur d’épouser la personne que j’aimais, mon avis n’est donc peut-être pas le plus impartial. Mais vous, que souhaitez-vous ?
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptySam 9 Déc - 7:41

Observé et observant. Le fait qu’elle a le regard posé sur lui rend à Bertin la tâche plus aisée pour lire les traits et expressions de Lauriane ce qui semble avoir le don de le mettre aussitôt plus à l’aise, même s’il prend garde à établir une distance respectable entre eux, tant dans ses gestes et paroles que la distance qui les sépare et marque leur rang respectif.

- Le mien autant que le vôtre, alors, dit-il en souriant sans chercher à cacher le plaisir que cela lui apporte.

Il incline la tête et le haut du torse tout en marchant, le tout tant pour montrer sa reconnaissance que le respect qu’il a pour elle.

- Je n’oublierai pas cet honneur que vous m’offrez, votre altesse. Ni le sourire que j’aurai réussi à vous dérober. Il vous va bien.

Une douce courtoisie s’est emparée de sa voix, et il lui sourit. Il pourrait ajouter qu’il espère qu’elle ait la chance, dans sa vie personnelle, de partager ce sourire avec son époux, avec ses enfants, mais il s’arrête là, à ce petit compliment, cet aveu innocent, qui ne cherche rien de précis si ce n’est partager son ressenti… La conversation suivante est sérieuse, et il l’écoute attentivement, hochant la tête en l’observant parfois sans se cacher, parfois du coin de l’œil en surveillant la route qui file sous leurs pas et les bâtiments qui les entoure.

- Personne n’est à l’abri de la mort. Nous en avons tous eu un rappel il y a peu. Je ne l’oublie pas. Mais j’avoue désirer, si cela pouvait m’être permis, un mariage heureux avec une femme que j’apprendrai à aimer. D’apprendre que même notre impératrice ait pu atteindre ce but me donne un peu d’espoir.

Sourire calme, puis un long soupir.

- Mais j’avoue n’éprouver pour le moment que peu de désir de me lancer dans la vie conjugale. La guerre m’occupe tant le corps et l’esprit que la future comtesse se retrouverait bien seule. Je n’ai pas envie de forcer une union qui ne serait que trop peu heureuse en de pareilles circonstances.

Il fixe enfin son regard sur elle.

- Cela dit, s’il était nécessaire de me marier pour créer une alliance primordiale pour Ansemer, je me plierais à la volonté de mon frère. J’avoue cependant ne pas en être en quête.

Sans joie, peut-être, mais il le fera.








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyLun 11 Déc - 19:14

Les désirs et souhaits des nobles étaient-ils plus facilement atteignables que ceux du peuple ? Finalement, l’un comme l’autre n’était pas épargné. Que Bertin puisse souhaiter un mariage heureux, devait-elle lui espérer ? Lorsqu’elle était encore une jeune adolescente, elle se souvenait des élans amoureux qui l’avaient étreinte pour Gustave. Elle se souvenait aussi à quel point il n’avait jamais été question qu’elle l’épouse. Il n’était pas un assez bon parti. Et aujourd’hui elle était impératrice. Son cas était finalement assez spécial. Mais ce qui comptait était, que jeune, même amoureuse, elle n’aurait sincèrement souhaité qu’une chose : faire son devoir et épouser un homme qui saurait faire vivre leur domaine. Peu importait qu’elle soit bien ou non avec ce dernier. Elle n’aurait peut-être pas du raccourcir ainsi son histoire auprès de Bertin, il est vrai, car elle n’aimait pas donner de faux espoirs.

Les considérations du prince étaient tout de même bienvenues. Il avait à cœur à ce que les choses se passent au mieux et finalement, était-ce vraiment contradictoire avec le fait de faire son devoir ? Pas forcément. Cependant, il venait de mettre un doigt sur quelque chose qu’elle avait jusqu’ici négligé. Il n’était certes pas le duc d’Ansemer mais il était le Comte de Vivécume. Un détail qui lui avait échappé malgré tous les efforts qu’elle avait produit pour intégrer au mieux les têtes, noms et fonctions des nobles lorsqu’elle était devenue impératrice. La négligence parvenait toujours à s’insinuer quelque part.

- Je comprends, répondit-elle néanmoins simplement pour ne pas lui couper la parole tout de suite. Après tout, ses considérations étaient toujours fort légitimes.

Il n’avait pas non plus l’air de vouloir négliger ses devoirs, si elle l’écoutait bien. Cela était fort louable aux yeux de l’impératrice et c’est peut-être la seule chose qui parfois pouvait lui permettre d’aider ceux pour qui le devoir devient trop lourd. Comme elle l’avait fait pour Antonin lorsqu’elle était allée le voir pendant sa convalescence.

- Alors ne vous précipitez pas. Cependant, vous êtes le compte de Vivécume également, n’est-ce pas ? Que se passerait-il si vous veniez à mourir pendant la guerre ? Lauriane préférait largement laisser aux autres la possibilité de se rendre compte des choses eux-mêmes que de devoir leur faire un sermon. Surtout que dans ce cas-ci, Lauriane pensait que les choses n’étaient pas forcément dramatiques car, après tout, si son domaine n’avait plus d’héritier, il reviendrait simplement au Duc d’Ansemer, donc son frère. Je crois que tout homme doit faire ce que son âme et sa conscience lui dictent. Evidemment, pour elle, ce que l’âme et la conscience dictaient, c’était le devoir. N’oubliez pas de considérer votre domaine actuel dans vos intentions.

Lauriane n’avait guère été impérieuse ou dure lorsqu’elle lui avait parlé. Elle souhaitait simplement n’oublier aucun aspect à aborder dans la décision pour laquelle il lui avait après tout demandé conseil. En fait, elle tenait tant à ce qu’il ne le voit que comme un conseil supplémentaire et non une réprimande, qu’elle tint à lui parler de son propre domaine. Chose qu’elle faisait bien peu normalement, si ce n’était à Gustave.

- J’étais l’héritière de la Rive et, aujourd’hui, Gustave et moi en sommes les baron et baronne. Cependant, Antonin est le prince héritier de Faërie et, bien qu’Armandine est en soi héritière de la Rive, il est possible que son mariage lui retire ses droits si elle doit partir dans le domaine de son époux. La Rive n’aurait alors plus réellement d’héritier. Je vous avoue que parfoisCela serre mon cœur. J’aime mon domaine d’origine et je souhaite qu’il puisse continuer à vivre, que les gens qui y vivent y soient toujours bien, que le désordre et trop de changements ne viennent pas lui nuire.

Oui, la Rive lui manquait sincèrement. Elle l'aimait vraiment.

- J’aimerais faire tout mon possible pour lui, conclut-elle.
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyMar 12 Déc - 7:17

Lui eut-elle raconté tout son histoire avec Gustave qu’il aurait choisi de célébrer leur bonheur et le fait qu’ils s’aiment plutôt que les difficultés qui les a d’abord empêchés d’être ensemble. Il ne s’attend pas à un mariage fait d’amour. Cela fait longtemps qu’il en a oublié l’idée et s’il en rêve encore à l’occasion, il sait très bien que ce n’est que pure fantaisie. Cependant il est convaincu que, s’il parvient à trouver une bonne union, il saura bien traiter sa femme, et l’aimer, à sa façon.  Pas autant que Jehanne, mais… Enfin, c’est une histoire à laquelle il vaut mieux qu’il ne pense pas en présence d’autrui, au risque de se trahir…

À sa question, qu’arriverait-il à Vivécume s’il devait perdre la vie au front, il devient pensif. Oh, comme elle il sait fort bien que légalement ce sera Bartholomé qui en hériterait. Mais voilà que pour la première fois il se met à songer à des éléments qui jusque là lui avaient échappés. Il aura bien sur confirmé d’un hochement de tête respectueux qu’il en était en effet le compte, gardant le silence tant pour l’écouter que pour pouvoir réfléchir à ses paroles. Que lui dictait sa confiance ? Le savait-il seulement ? Sa situation avait tout de même fortement changé avec la guerre. Avait-il empêché ses pensées d’évoluer, de s’adapter, comme si cela pouvait le protéger de l’inévitable ?

Il écoute attentivement son récit, sentant qu’il y avait peut-être là une part de confidence, oh pas très intime certes, mais il a l’impression de parler avec la femme plus que l’impératrice… la personne plus que son rôle, son titre… Il a le regard posé sur elle tandis qu’elle parle, ne regardant devant lui qu’à l’occasion pour voir sa route. Et il sourit, un petit sourire discret, qui se voulait amical, et qui s’élargit à la toute fin alors qu’elle conclut, affirmant qu’elle veut faire au mieux pour sa baronnie. Il peut le comprendre. Il voulait aussi le mieux pour ses gens, même s’il a parfois (souvent) du mal à se motiver à faire ce qu’il faut pour prendre soin d’eux.

- Ils ont de la chance de vous avoir, votre altesse.


Il incline légèrement la tête, souriant, laissant ensuite son regard se perdre sur la route devant eux, pensif. De longues secondes s’écoulent alors dans le silence tout relatif de la ville. Puis un soupir, léger, avant un bref hochement de tête tandis qu’il pose à nouveau son regard sur elle.

- Vous m’avez donné de quoi nourrir mes réflexions. Je vous en remercie.  

Il incline la tête enfin, respectueusement, pour lui montrer sa reconnaissance. Quelques pas encore, le silence s’établissant à nouveau avant qu’il ne réalise qu’il serait de bon ton qu’il alimente la conversation plutôt que de marcher à ses côtés en silence jusqu’à ce qu’ils rentrent au palais. Il est pensif encore quelques instants au cours desquels son regard finit par se perdre vers le ciel, ce qui le fait immanquablement sourire. Puis, doucement, il vient poser de nouveau son regard sur elle, l’observer légèrement avec bienveillance.

- Je cherchais à égayer la conversation afin de vous permettre de vous détendre un peu avant de vous remettre au travail, et j’avoue avoir l’impression d’avoir échoué, dit-il avec un petit sourire sur un ton léger. Je vous en demande pardon, ajoute-t-il avec davantage de sérieux. Vos réflexions sont fort sages même si j’avoue qu’elles m’ont prises au dépourvu.  Elles me seront à la fois chères et utiles, même si cela n’aura pas été un sujet aussi gai que je l’aurais voulu.

Un a un bref regard devant eux, simple coup d’œil pour voir où ils en sont dans la ville, même s’il ne la connait évidemment pas assez pour savoir exactement où ils sont.

- Désirez-vous vous entretenir de quoi que ce soit, votre altesse, pour les quelques minutes qu’il nous reste ensemble ? Je ne voudrais vous mettre mal à l’aise ni avec mon silence, ni en vous imposant de banals sujets de conversation. Les jardins lagrans sont magnifiques, mais je doute que vous teniez à vous entretenir à leur sujet à chacune de vos rencontres au cours de votre séjour…








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyMer 13 Déc - 21:45

S’exprimer sur ce sujet qui lui tenait à cœur, ce qu’elle n’avait pas la possibilité de faire souvent, et face à cet homme qui lui offrit en un retour son sourire dont elle ne douta pas de la sincérité, lui insuffla une vague de reconnaissance et d’apaisement. Les traits de son visage affichaient certes presque toujours du calme, ça n’était pas pareil qu’un sentiment de repos. Elle lui fut surtout reconnaissante de son compliment, même si au fond, elle n’était pas certaine de vraiment le mériter. Après tout, la gestion de la Rive avait été confiée à un intendant et, bien qu’elle échangea une correspondance assidue avec ce dernier, elle ne s’occupait pas réellement elle-même des affaires. Elle ne faisait que les suivre… Elle n’était ainsi pas certaine qu’elle faisait vraiment son maximum pour le petit peuple de la Rive.

Lauriane fut sortie de ses pensées lorsque Bertin s’agita en un léger soupir et qu’il reprit. Elle avait à peine remarqué ce silence qui avait conclu ses confidences.

- Je vous en prie, lui sourit-t-elle en retour. C’était normal. Il n’avait point à l’en remercier.

Son regard se perdit dans ce paysage que finalement, elle n’avait pas vu tant que ça. Après tout, elle était principalement cantonnée au palais ducal et ne sortait que peu. Bien que le front était éloigné, il ne serait guère sage pour l’impératrice de trop s’exposer. Mais il fallait également qu’elle changea un peu ses journées et qu’elle ne se passe pas uniquement, assise, à écouter encore et encore des rapports. D’ailleurs, rester en place l’agaçait si bien que, la plupart du temps, elle était debout ou faisait machinalement les cent pas. Ici, malgré le froid, cela lui faisait du bien. En fait, le froid ne faisait qu’ajouter une touche agréable de plus. Le froid lui rappelait son duché d’origine. Son regard glissait le long des murets où quelques lierres pendaient bien paresseusement, lorsque l’humeur renouvelé du prince rattrapa à nouveau son attention.

Son aveu la toucha, un sourire bordant alors ses propres lèvres pour le remercier sans l’interrompre. Un petit sourire, car, il était vrai que c’était compliqué de parvenir à lui changer les esprits en parlant de choses triviales. Après tout, elle était impératrice et, de ce fait, la plupart des échanges qu’elle avait avec les autres étaient souvent de l’ordre du formel. Et cela pour deux raisons. La première était que c’était son rôle. Et la seconde, c’était qu’une trop grande proximité avec trop de personnes n’était pas possible quand tant de risques gravitaient autour de sa position. C’était le lot de tous ceux qui avaient trop de pouvoirs. Et Lauriane l’avait acceptée.

- Je ne vous en tiens pas rigueur, n’en soyez pas désolé. Je suis ravie que mes conseils aient pu vous être utile, cela me suffit amplement. Ce n’était pas faux. Même si la discussion restait assez sérieuse, savoir que l’on est utile est considérable. Surtout quand être utile aux siens était sous-entendu dans sa fonction. J’espère que j’aurai le plaisir de vous rencontrer à une autre occasion et qu’Igni et Kern soutiendront votre bras tout du long que devra durer cette guerre.

Ce souhait prononcé, Lauriane se retrouva face à la dernière question qu’il avait soulevé. Elle prit le temps d’y réfléchir tandis qu’elle répondit. Oui, ces jardins étaient très beaux, et elle dut quelques fois en dire des mots au palais ducal mais elle n’était pas certaine de vraiment bien savoir s’exprimer dessus, s’il fallait le faire longtemps. Ce n’était pas son terrain de prédilection.

- Connaissez-vous Outrevent ? lui demanda-t-elle, tout d’un coup, la question sortant d’un néant dès plus complet, mais sa voix l’avait apportée dans la conversation avec un intérêt certain qui voulait répondre de lui-même à tous ses derniers propos en même temps. Y êtes-vous déjà allé ? Elle l’imaginait fort bien vu ses statuts. Qu’en pensez-vous ?

Lauriane aimait terriblement son duché d’origine. Aucune autre terre faë ne lui ressemblait. Toutes étaient trop calmes et trop chaleureuses. Cela lui manquait. Malheureusement, Outrevent était également le duché avec qui les relations étaient les plus tendues avec la Couronne impériale, alors elle n’avait que peu de fois eut l’occasion d’en parler en des termes élogieux et non politique ou diplomatique.
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyDim 17 Déc - 0:14

- Je vous remercie, votre altesse, dit-il en réponse à ses souhaits.

Il incline la tête en parlant, avec respect et sincérité, souriant légèrement.

- Je suis persuadé que nos routes finiront par se recroiser, votre altesse. J’espère qu’un jour les choses seront assez calmes pour que vous puissiez visiter Ansemer en tant qu’impératrice. Vous seriez la bienvenue, j’en suis certain. D’ici là, il est fort à parier que nous finiront par nous croiser brièvement à la cour, si j’y suis envoyé. Dans les deux cas, ce sera un honneur de vous revoir.

Dans le moment présent du moins. Il ne peut pas parler au long terme au nom du duc. Pas en de pareilles circonstances politiques. Qui sait ce qu’il adviendra… Il sait cependant que lui l’accueillerait avec joie. Pour le moment, d’un point de vue personnel, il l’aime bien Lauriane. Leur discussion a certes un ton officiel, à tous le moins respectueux, ça n’a rien d’intime – c’eut été particulièrement déplacé dans les rues d’Edenia ! – mais il en est heureux, jusqu’à présent. Ils arrivent à discuter sans échanger de platitudes, ce qui est déjà un progrès par rapport aux conversations qu’il subit souvent pendant les soirées où il ne serait pas de bon ton de parler de sujets personnels. Le genre de soirée qui ennuie Bertin fortement. Mais cette rencontre ? Il pourrait définitivement s’y faire.

Il la laisse réfléchir, rien ne presse, après tout. Ils profitent tous les deux sans doute de l’effet relaxant de la balade en elle-même, les muscles qui s’étirent, s’activent, le temps clément qui leur permet de bénéficier des rayons du soleil, l’air frais… Tant de bonnes choses à apprécier alors qu’ils déambulent à travers la ville. Puis c’est à son tour d’être soudain surpris par la question de Lauriane, par l’émotion qu’il sent liée à cette conversation soudain, et qui le fait sourire sans même qu’il cherche à s’en cacher. Il voulait un sujet qui lui tenait à cœur, et ç’en était clairement un.

- Je ne connais certainement pas Outrevent aussi bien que vous, votre altesse. J’y suis passé quelques fois, bien sûr. J’avoue honteusement m’être contenté d’y remplir mes tâches diplomatiques sans chercher à mieux découvrir le duché. Elles ont tendance à être… épuisantes.

Il a un petit rire.

- Cela est fort dommage, cela dit. Du peu que j’en ai vu, le duché semble magnifique.

Il l’observe un instant, ajoutant :

- S’il m’était donné d’y retourner dans les temps à venir, que recommanderiez-vous pour une visite ? Je serais curieux de découvrir l’endroit tel que vous le voyez.








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyMer 20 Déc - 22:33

La jeune impératrice fut sûrement un peu surprise, agréablement surprise, de voir le visage du prince s'allumer à sa question. Elle qui pensait que cela ne l’enchanterait pas particulièrement. Cela faisait un moment maintenant qu’elle avait pris l’habitude des regards affables et plats qui se peignaient sur les visages des nobles. Même en Outrevent, où l’honnêteté était une valeur importante, les travers de la noblesse existaient également bel et bien, même si elle aimait à penser que son duché gardait plus de naturel que tous les autres, empêtrés qu’ils étaient dans les artifices politiques.

Alors, elle ne peut se l’avouer, mais elle est un brin déçue que Bertin n’ait pas assez vu sa région pour pouvoir en parler avec elle. Elle ne le montre cependant pas. Ce n’était pas tout à fait comme si elle s’attendait à ce qu’il soit comme elle, effectivement. Il l’avait suffisamment bien fait remarqué lui-même. En tant que native outreventoise, elle avait un certain avantage. Et Lauriane de son côté ne connaissait que peu Ansemer.

- Ce n’est rien, lui concéda-t-elle alors qu’il s’excusait de son injustifiée erreur. C’est tout à fait compréhensible.

Cela ne serait certainement pas quelqu’un natif d’Outrevent qui reprocherait à quelqu’un d’avoir privilégier ses devoirs à son divertissement. Rien de tout ça n’était venu à l’esprit de Lauriane. Et son léger désappointement quant à ne pouvoir plus parler en avant de son duché n’avait rien à voir avec un quelconque manquement du prince. C’était seulement une question de nostalgie, qui ne l’embêta pas plus que ça. Son regard, resté éveillé et brillant, continuait à écouter avec intérêt Bertin. Elle n’était pas certaine que « magnifique » soit le terme qui convint. En soit, Lagrance était certainement le plus beau des duchés mais… Pour elle, pour les fractures de son paysage et la force de son vent, Outrevent était certainement extraordinaire, oui.

- D’Outrevent… commença-t-elle dans un souffle à peine murmurée, comme si, après un long moment, il fallait qu’elle remette ses idées en place. Son regard bleuté se perdit quelques secondes dans les pavés qu’ils arpentaient. Et puis se redressa, comme s’il avait trouvé ce qu’il cherchait. Sa mémoire, ses impressions. Ne restez pas dans les villes… Ce qu’elle lui dirait ne serait certainement pas ce qu’il y avait de plus commun, mais pour elle, c’était la vérité. Parcourez ses landes et ses prairies, laissez le vent vous battre le visage et s’engouffrer dans votre corps tant et si bien que vous en aurez du mal à avancer. A cheval ou à pieds, c’est ainsi qu’on réalise toute la majesté de cette terre. Et si votre cœur est assez fort, gagnez les falaises, là où les flots domptant la pierre et le vent tonitruant ne font plus qu’un et vous rugit que vous êtes bien vivant, que votre terre vous a donné une force à l’épreuve de tout.

Pour elle, Outrevent était ainsi. Et il n’y avait qu’ainsi qu’on pouvait pleinement le sentir. Elle sourit une nouvelle fois à Bertin, sincère dans ses dernières paroles. Elle espérait qu’il aurait compris à quel point cette terre était incroyable.

- Néanmoins, se reprit-elle pour la forme et parce qu’a tout du moins elle était également quelqu’un de courtois, si vous êtes de passage en Outrevent, sachez que la Rive – notre domaine – vous accueillera avec grand plaisir.

Un léger regard en avant lui apprit qu’ils avaient pratiquement atteint le palais ducal, que ses dernières paroles avaient même un peu éternisé la fin de leur conversation. Aussi crut-elle pour d’entamer des aurevoirs afin qu’ils ne soient pas plus précipités.

- J’ai été ravie de faire votre connaissance, Prince Bertin.
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptyJeu 21 Déc - 6:12

Il l’écoute, intrigué. Cette passion qu’il lit soudain sur les traits de l’impératrice, qu’il entend enfin dans sa voix, cela le fait sourire. Il trouve enfin avec elle, alors qu’ils s’apprêtent malheureusement à se séparer, le contact humain qu’il aime établir avec les gens. Il ne peut s’empêcher d’hocher la tête à ses paroles, honoré qu’elle ose ainsi se confier à lui, même s’il ne s’agissait guère là d’une confidence intime. Il aimait l’image qu’elle dépeignait. Beaucoup. En fait, dit ainsi, ça lui faisait même envie ce qui ne pouvait qu’éclairer davantage encore son regard.

- Je n’y manquerai pas, votre altesse, dit-il en hochant légèrement la tête. Je vole pour partager avec Ambroisie un sentiment fort semblable à ce que vous décrivez. J’ignorais qu’il était possible d’en trouver un similaire en gardant les deux pieds sur terre. J’espère qu’il me sera donné de visiter la campagne telle que vous la décrivez. Peut-être me permettrai-je même de vous envoyer une note amicale pour vous faire part de mon expérience, le jour où j’en aurai la chance.

Il sourit, inclinant légèrement la tête à son invitation.

- Je visiterai volontiers la Rive si l’occasion m’en est donnée.

Il ne tient pas à imposer sa présence aux serviteurs, et il songe déjà qu’il pourrait fort simplement s’installer dans une auberge pour une nuit, ou même camper. Après le front, n’importe quoi semble acceptable pour dormir. Ça a bien ses avantages. Bien sûr le mentionner maintenant serait impoli, surtout que l’impératrice semble prête à le quitter pour reprendre ses tâches. Il lui sourit lorsqu’elle entame les aurevoirs, inclinant respectueusement la tête aux bonnes paroles de l’impératrice.

- Tout le plaisir a été pour moi, votre altesse, sincèrement. Vous m’avez honoré de cette invitation, et je vous en remercie.

Petit sourire.

- J’espère avoir l’occasion de vous revoir. En de meilleures circonstances, préférablement, si cela pouvait nous être permis. J’ai grandement apprécié notre conversation.

Le chevaucheur qui, à son arrivé, avait les traits tirés par la fatigue et l’inquiétude semblait plus détendu à présent. Cette simple conversation avait contribué à apaiser un peu  ses soucis, et Lauriane pourrait aisément en voir l’impact sur lui.  Oh, il ne se faisait pas d’illusion : ils n’étaient pas proches amis et ils ne le seraient sans doute jamais. Mais cette conversation lui avait fait du bien, et il en était reconnaissant. Il avait vu, au cours de cette balade, tant l’impératrice que la femme éprise de ses terres et si la première avait semé la graine de son respect en désirant prendre soin des soldats, la secondes avait contribué à le faire grandir un peu plus encore. Il l’appréciait, son impératrice, avait-il décidé. Et il espérait avoir fait suffisamment bonne figure à ses yeux pour qu’elle reparte avec la même impression.








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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptySam 20 Jan - 23:02

Décidément, les manières de ce prince auraient été parfaites du début à la fin. Evidemment, il était rare dans la noblesse de trouver quelqu’un qui en soit dépourvu. Souvent, leurs manières étaient également la survie de leur statut. Un noble se déshonnorant n’aurait que peu de valeur… Mais celui-ci avait quelque chose de très authentique que Lauriane ne s’attendait pas retrouver à Ansemer. Ce duché réputé pour être si cupide ne devait être jugé trop promptement. Elle espérait en tout cas sincèrement que cette balade avait été aussi agréable que ce qu’il avançait. Elle qui ne pouvait pas faire grand chose… Si par ce simple fait elle avait pu aider un seul de ses soldats, ce serait déjà une victoire. Alors, elle répond à son sourire avec beaucoup d’ingénuité.

Oh oui, elle-même espérait autant que lui pouvoir le revoir un jour. Cela signifierait qu’il avait survécu à cette guerre, cela signifierait qu’ils avaient traversé ce néant sans nom. Malheureusement, parfois cela ne suffisait pas à sortir vainqueur. Parfois, les traces d’un conflit s’impriment si dûrement dans la vie des autres qu’elle en sort transformée de la plus horrible des manières. Nombreux sont les soldats marqués à vie par les traumatismes de la guerre… Puisse ne pas être le cas de celui-ci. Cela serait une grande perte qu’un homme si chalheureux et vivant perde son âme à la guerre. Cela la faisait presque regretté de s’y être lancée mais enfin… Parfois, certaines choses sont nécessaires.

Elle essayait de s’en convaincre.

- Ce sont des sentiments partagés, Bertin – si vous me permettez cette familiarité, esquissa-t-elle avec un léger sourire aux lèvres, plein de retenue et pourtant de bienveillance. Toujours droite, toujours fière. Pourtant, Lauriane était aussi toujours sincère. Des jours meilleurs nous attendent, je l’espère. Je le crois. Je souhaite que nous puissions tous en profiter. Ce ne serait pas le cas. Les morts seront nombreux. Mais la foi en l’avenir était la meilleure façon de le considérer. Ma proposition peut vous paraître incongrue – elle était l’impératrice après tout – mais si vous avez besoin de quoique ce soit, n’hésitez pas à m’en faire part dans une missive. Je suis heureuse que ces quelques instants aient pu vous être agréables.

C’était plus fort qu’elle. Si elle le pouvait, elle aurait été là pour chacun de ses sujets de la même manière mais elle ne le pouvait pas. Or, elle voyait en Bertin quelqu’un qui se souciait de tout à chacun, quelqu’un en qui elle pouvait avoir confiance. Probablement. Le temps le dirait.

Ils étaient désormais arrêtés aux pieds du magnifique palais ducal d’Édénia. Même en hiver, des fleurs fleurissaient dans le froid et cela lui donnaient une très belle allure. Il allait être temps de retourner à ses nombreux autres devoirs. Elle observait déjà quelques suivantes venir à sa rencontre, observant une respectueuse distance tout de même, l’impératrice n’ayant pas encore congédié son invité. Face à celui qu’elle avait mandaté, Lauriane saisit délicatement du bout de ses doigts les pans de la robe et s’inclina légèrement. Généralement, son statut lui imposait qu’elle ne salut les nobles que du port de sa tête, mais ce prince méritait certainement plus.

- Puisse votre retour sur le front se faire sans encombre. Prenez soin de vous, Prince.

Le saluant une dernière fois, inclinant son visage respectueusement, et sur un dernier sourire, l’impératrice se détourna et rejoignit les personnes qui l’attendaient et s’impatientaient déjà de lui faire part de quelques nouvelles sûrement. Etre impératrice était en soi un sacré fardeux, pesant, et douloureux selon les situations, mais au fond… Elle ne s’en passerait pas. Elle voulait être celle qui prendrait soin de ce peuple, parce qu’elle savait qu’elle ferait de son mieux. Une telle pensée était particulièrement hautain, on pouvait le lui repprocher, mais ça ne changerait rien à sa conviction.


Dernière édition par Lauriane de Faërie le Dim 28 Jan - 15:11, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Quand son rang le rattrape au front…   Quand son rang le rattrape au front… EmptySam 27 Jan - 21:23

Leur entretien tirait à sa fin, il le savait très bien. Dommage, ne pouvait-il s’empêcher de songer. Il aurait bien discuté avec Lauriane davantage. Il comprenait néanmoins que son rôle l’appelait ailleurs et qu’il ne pouvait s’attendre à passer davantage qu’un bref moment avec elle. Elle semblait vivre ce protocole mieux que lui, heureusement. Sinon la vie aurait sans doute semblé bien terne pour l’impératrice.

Il ne peut qu’encourager la familiarité de son interlocutrice d’un sourire et d’un hochement de tête. Il préfère de loin qu’on l’appelle par son prénom, même s’il sait fort bien que lors des rencontres officielles son titre doit être utilisé. Cela lui a toujours semblé compliquer les échanges. On peut sa cacher derrière un titre. Moins derrière son prénom.

- Je vous en prie, votre altesse.

Les paroles de Lauriane font ensuite écho aux siennes. L’espoir d’un avenir meilleur, d’une autre rencontre en de meilleures circonstances. On pouvait espérer oui. Cela serait agréable, n’est-ce pas ? Puis vient cette offre. Celle d’écrire à l’impératrice personnellement si elle pouvait faire quelque chose pour lui. Cela le fait sourire un peu davantage, pourtant c’est en niant de la tête qu’il accueille sa proposition.

- Je ne me le permettrais pas votre altesse, mais je vous en remercie sincèrement. Vous avez déjà fort à faire. Ce serait plutôt à moi de vous faire cette offre, si je pouvais vous être d’une quelconque aide à nouveau dans le futur. Je ne vous épuiserai pas sur des trivialités.

Il est sincère. Il ne tient pas à la déranger. Oh, peut-être un jour regrettera-t-il sa décision. La guerre ne peut après tout pas durer pour toujours. Mais c’est comme pour tout à l’heure. Que pourrait l’impératrice ? Non, s’il doit faire passer une demande pour les troupes, ou pour Ansemer, ce sera par les voies régulières. Rackham ou Bartholomé, selon le sujet. Il ne se voit pas outrepasser leur autorité. Les tensions avec son frère n’affectent pas sa loyauté envers le duché.

Lorsqu’elle s’arrête pour le saluer, il s’incline respectueusement. Si son salut initial avait tout du protocolaire nécessaire, celui-ci semble plus sincère.

- Prenez soin de vous également, votre altesse. Et encore merci pour votre invitation.

Il se redresse, puis la laisse s’éloigner, attendant qu’elle soit suffisamment loin pour se retourner et fixer le ciel. Une profonde inspiration, puis de nouveau il se tourne vers le palais. Il doit encore saluer ses occupants principaux.








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