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 Les voies impénétrables du désert

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Les Guerriers
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Anwar Sinhaj
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Je suis : Garde du palais de Vivedune

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J'ai fait allégeance à : Anthim d'Erebor et au Patriache du Pic de Roc-Épine
Mes autres visages: Séverine de Bellifère, Marjolaine du Lierre-Réal, Lancelot l'Adroit, Liry Mac Lir et Antonin de Faërie
Message Sujet: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyDim 24 Déc - 4:30


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Raygnar d'Ysgramor & Anwar Sinhaj

Les voies impénétrables du désert

Perdu : vieux Kyréen à poils gris, grosse récompense



• Date : 29 mars 1002
• Météo (optionnel) : Sec et désertique
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Anwar et son escouade accompagnent une caravane jusqu'aux abords de Valkyrion lorsqu'ils tombent en route sur un vieillard en piteux état.  Sa direction est la même que la leur et Anwar décide de l'intégrer à l'escorte, lui évitant peut-être ainsi de mourir avant d'atteindre sa destination.
• Recensement :
Code:
• [b]29 mars 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3161-les-voies-impenetrables-du-desert#115571]Les voies impénétrables du désert[/url] - [i]Raygnar d'Ysgramor & Anwar Sinhaj[/i]
Anwar et son escouade accompagnent une caravane jusqu'aux abords de Valkyrion lorsqu'ils tombent en route sur un vieillard en piteux état.  Sa direction est la même que la leur et Anwar décide de l'intégrer à l'escorte, lui évitant peut-être ainsi de mourir avant d'atteindre sa destination.



Dernière édition par Anwar Sinhaj le Dim 31 Déc - 3:15, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyDim 24 Déc - 4:33

Bien que c'était l'hiver, le soleil était tapant dans les dunes et tu ordonnes une pause à l'ombre des chameaux en attendant la prochaine oasis. Tu veilles à ce que tous boivent un peu d'eau sans exagérer non plus. Le désert n'est pas un endroit sécuritaire et il est rempli de dangers. C'est ton devoir de garder en vie les membres de la caravane, mais aussi ceux de ton escouade. Tu réprimandes quelques hommes qui boivent trop : vos gourdes sont déjà presque vide et il faut qu'il vous reste suffisamment d'eau jusqu'à la prochaine oasis et tu ne sais pas où vous la trouverez. Tu ne connais pas très bien cette partie du désert, il est rare que tu ne pousses plus loin que Vivedune pour tes missions, mais cette fois c'est une exception. Accompagnés d'un guide, tu dois t'appuyer sur lui pour maintenir la bonne direction. Tu sais quel cap il faut prendre, méfiant tu continues de t'assurer que vous gardiez le bon et que l'on n'est pas en train de vous menez dans un guet-apens. Tu ne fais pas confiance à un inconnu que tu ne connais pas tout aussi aimable et serviable se soit-il montré jusqu'à présent. Ta garde ne se relâchera que lorsque vous serez tous de retour sains et saufs au Pic de Roc-Épine.

Après avoir fait le tour des troupes, tu ajustes ton turban avant d'ordonner un repos de quelques minutes pendant que tu iras en reconnaissance. Tu confies le groupe à ton bras droit, un homme en qui tu as une confiance absolue et que tu sais qu'il ne te trahira pas. Il tiendra à l'oeil tous ces inconnus et protégera les vôtres. Une main posée sur ton sabre, tu t'avances sous le soleil, l'autre posée en visière au-dessus de tes yeux. Il ne semble pas y avoir rien devant vous à des kilomètres à la ronde. Tu ne désires pas trop t'éloigner de ton groupe. Tu allais retourner sur tes pas pour ordonner la remise en marche de la caravane quand tu aperçu des vêtements au sol, sur le sable. Tirant ton cimeterre de son fourreau appuyé sur ta hanche, tu t'approches à pas lents, tentant de limiter le bruit crissant du sable sous tes pieds.

La pointe de ton arme t'aide à tasser les vêtements qui recouvre un homme évanoui au sol. Âgé, ce que tu devines à ses cheveux grisonnants, il est en extrêmement piteux état. Tu l'appelles en te penchant sur lui. L'idée que le désert a peut-être eu raison de lui te semble vraisemblable. Doucement, tu mets une main sous son nez. Il respire toujours, mais son souffle est faible. Il doit être épuisé. Tu es arrivé juste à temps. Un peu plus et il y passait. Tu te redresses et ranges ton cimeterre contre ta cuisse, habillé de son cuir protecteur. Tu soulèves l'homme et l'installes sur ton dos avant de reprendre le chemin de la caravane.

Après l'avoir forcé à boire quelques gouttes d'eau de force, tu le places sur ton chameau avec toi et ordonnes le départ. Vous devez désormais vous presser d'arriver dans une oasis afin d'aider cet homme. Tu crains que si vous arriverez trop tard, tu ne doives laisser un cadavre derrière vous. Il n'est pas des vôtres, mais c'est un égaré du désert. Si vous ne lui venez pas en aide, il n'a aucune chance de s'en sortir.
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyDim 24 Déc - 18:13

Par Alder, ce désert me tuera.

Avachi sur mon cheval, je sentais peu à peu mes forces me quitter. Mes blessures me faisaient attrocement souffrir, et je savais que, si ce n'étaient pas elles qui allaient me mener à la mort, ça serait la soif, ou la chaleur. J'entrouvris un œil, celui qui était encore en bon état, et le désespoir manqua de me submerger quand je vis que, autour de moi, il n'y avait qu'une infinie étendue de sable. Pas la moindre cabane, pas le moindre plan d'eau. Je savais depuis longtemps que mon existence était proche de son terme mais, sans savoir pourquoi, je continuais à m'accrocher, d'espérer que ma monture atteindre Valkyrion avec, si possible, le cadavre ambulant que j'étais sur son dos. Celle-ci, depuis longtemps, semblait avoir sa propre vie. Elle avançait où bon lui semblait, s'arrêtait quand elle le voulait, agissant comme si elle était en totale liberté. Cela faisait... Combien de temps ? Une semaine ? Deux semaines ? J'avais complètement perdu la notion du temps. Mes moments d'absence étaient de plus en plus fréquents, et il n'était pas rare que je cligne des yeux, m'apercevant que la nuit était tombée depuis plusieurs heures. Anthim d'Erebor avait fait de moi un pauvre hère, que seule la mort pouvait délivrer. Il n'y avait plus rien du froid seigneur d'Ysgramor dans l'homme qui, aujourd'hui, luttait pour survivre dans cet impitoyable désert. Il était vrai que je devais avoir l'air d'un mendiant, avec mes cheveux sales, ma barbe hirsute, mes vêtements en lambeaux et tachés de sang, ainsi que mon corps et mon visage couvert de bleus et de petites plaies. Et il ne se passait pas une nuit sans que je rêve de lui, de ses gardes, de leurs lames. Qu'avais-je fais, par Alder ? Pourquoi est ce que je m'étais comporté ainsi, en m'obstinant, en jouant l'âne têtu ? Trois semaines, trois semaines durant lesquelles il m'a gardé enfermé, laissant ses hommes me traiter comme un animal. Trois semaines durant lesquelles j'ai prié pour mourir.

Mais je n'étais pas mort. J'étais encore là, m'accrochant désespérément à mon cheval. Mes mains me faisaient souffrir, les plaies n'étaient pas belles à voir, et mon genou brisé était gonflé, et le moindre mouvement était affreusement douloureux. Je levais une de mes mains à hauteur des yeux et, pour la première fois depuis plusieurs jours, j'observais la plaie. Le moignon était recouvert d'une croûte noire qui ne me rassurait guère. L'extrémité du doigt était rouge, je ne savais pas ce que cela signifiait. Allais-je périr de la gangrène ? Tout ce que j'étais capable de dire, c'est que ces plaies me faisaient encore affreusement souffrir. Je n'osais pas me redresser pour inspecter mon genou, ne valait mieux pas risquer la perte de conscience alors que j'avais encore tant de chemin à parcourir. Je tendis la main vers ma gourde et parvins à l'attraper, malgré la douleur. J'en portais le goulot à la bouche, et sentis les larmes monter quand je m'aperçu qu'elle était vide. Vide. J'avais perdu mon dernier espoir de survie.

Ce désert allait donc finir par me tuer.

J'essuyais mes yeux avec ma manche, et cela ne fit qu'encourager mon chagrin. Comme un enfant, je sanglotais, m'apitoyant sur mon sort. Mes enfants devaient être mort d'inquiétude, et ils ne sauraient jamais ce qui était arrivé à leur père, et dans quelle disgrâce il était tombé avant de perdre pitoyablement la vie. Tout cela à cause de son entêtement. J'avais cru qu'Anthim se montrerait plus ouvert d'esprit que cela, je m'étais lourdement trompé. Pourtant, une alliance avec Sombreciel serait bénéfique, même si ce duché était soit disant rempli d'ivrognes et de drogués. J'avais exprimé mon opinion, et il s'était senti offensé. Il me l'avait fait regretter en me privant de deux morceaux de doigts et de trois semaines dans ses étouffants cachots. Je toussais, et tentais de me calmer. Mes pauvres enfants. Comment allaient-ils faire sans moi ? Rolf saurait se débrouiller, mais il avait encore tant à apprendre. Elanin, Rudolf, qu'allaient ils devenir ? Je soufflais, et, épuisé, je fermais les yeux. Dormir un peu me ferait du bien.

Pourquoi est-ce que je n'avançais plus ? Mon cheval avait du s'arrêter une fois de plus. Par Alder, faites qu'il ait trouvé un point d'eau. J'entrouvris un œil. Pas d'eau, toujours autant de sable. Mais pas de cheval non plus. J'étais au sol. J'étais tombé pendant mon sommeil, et mon cheval en avait profité pour s'en aller. Allongé dans le sable brulant, je pris alors conscience de ma situation. C'était terminé, ça y est. Mon heure était enfin venue. Je sentis l'angoisse m'envahir. J'avais peur, je ne voulais pas partir, même si c'était là le seul moyen d'être libéré de la souffrance. Je lâchais un soupir. Quelle triste fin pour le seigneur d'Ysgramor. Hélas, je ne pouvais rien faire pour remédier à cela. Sentant la fatigue me gagner à nouveau, je fermais les yeux, conscient que je ne me réveillerais sans doute plus jamais.

Je bougeais à nouveau ? Comment était-ce possible ? J'entendis une voix. Un homme m'appelait, cherchait à savoir si j'étais encore vivant. Je ne parvins pas à exprimer la moindre réaction. Mais cela ne le découragea pas pour autant car l'homme me souleva sur ses larges épaules, malgré ma carrure, et il me transporta jusqu'à sa monture. Il me força à avaler quelques gouttes d'eau, puis il me hissa sur ... son cheval ? Non, c'était beaucoup plus haut. J'étais sauvé, les dieux avaient eu pitié de moi, et ils m'avaient envoyé cet homme pour me sauver. Il faudrait que je le remercie mais, pas tout de suite... Je me laissais bercer par les mouvements de la bête et, laissant l'eau faire son effet dans mon organisme, je m'endormis une nouvelle fois. J'étais sauvé, les dieux avaient eu pitié de moi, et ils m'avaient envoyé cet homme pour me sauver.
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptySam 30 Déc - 8:17

Tu sens le souffle de l'homme contre ta peau ce qui te rassure sur le fait qu'il est toujours en vie.  Sans trop presser la caravane tu tentes d'atteindre rapidement une oasis.  Le vieillard a besoin de soins et rapidement, autrement il mourra.  En vérité, il t'est inconnu et qu'il ne s'éteigne ne serait point bien grave quant à ton existence.  Mais quelque part, peut-être a-t-il une femme et des enfants qui l'attendent quelque part dans un autre duché.  Rien que la couleur de sa peau te suffit à savoir qu'il n'est pas des vôtres, ce n'est pas un enfant de Josei.  Tu n'es pas obligé de lui venir en aide, rien ne te le demande, sauf peut-être ton grand cœur, ta compassion pour ton prochain.  C'est un inconnu, normalement tu le tiendrais pieds et mains liés, mais dans l'état où il se trouve, tu sais qu'il ne pourrait pas faire de mal à une mouche.  Tu crois qu'il est conscient par moment, peut-être quand la douleur le tire de son état de sommeil épuisé, mais certainement pas assez pour réaliser pleinement ce qu'il se passe.  Encore moins pour vous nuire.  À intervalles, tu le forces à avaler quelques gouttes d'eau.  Il n'a visiblement pas bu depuis longtemps et l'abreuver pleinement trop rapidement lui nuirait plus que ne lui rendrait service.  Certains des tiens te lancent des regards, un peu agacés que tu aies emmené une bouche de plus à nourrir et abreuver quand vous êtes déjà si nombreux.  Mais si vous sillonnez le désert, c'est pour protéger des gens.  C'est un inconnu, mais tu ne le laisserais pas mourir pour la simple raison qu'il a du sang étranger.  Ton sens du devoir te l'en empêche et ton autorité sur le groupe empêche quiconque de protester à voix haute.

Lorsque vous arrivez enfin à un point d'eau, tu ordonnes de dresser les tentes pour la nuit.  Quitte à ralentir le voyage, mais au moins vous réussirez peut-être à sauver cet homme.  Tu décides de lui laisser ta tente et c'est là que tu l'installes une fois qu'elle est montée et tu envoies le soigneur qui vous accompagne pour voir ce qu'il peut être fait.  Le rescapé du désert est plutôt blessé, tu l'as bien remarqué.  Il a été victime de torture, tu en es persuadé, mais tu préfères ne pas savoir pourquoi.  Le guérisseur se charge de changer ses pansements.  Les plaies, mal traitées sont infectées.  Ce n'est qu'après un long moment passé auprès du mal qu'il ressort de la tente pour te faire son rapport.  Il n'est pas réjouissant, mais il semblerait que l'homme est solide, il devrait s'en sortir s'il vous accompagne pour un bout de chemin.  Il s'occupera de traiter ses blessures.

Tu te glisses alors dans la tente et attend que le blessé se réveille.  Tu dois lui poser quelques questions avant de décider si tu lui permettras de rester avec vous ou non.

« Vous êtes mieux? » demandes-tu quand tu remarques qu'il bouge légèrement.
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyDim 31 Déc - 16:44

Depuis combien de temps étais-je sur cet bête ? Je n'avais plus aucune notion du temps. Mais cela, ce n'était pas une nouveauté. J'étais incapable de déterminé quel jour on était, ni combien de jours étaient passés depuis que j'étais entré dans les cachots d'Anthim d'Erebor. Les mouvements de l'animal me berçaient, mais la douleur ne me laissait aucun répit. Je dormais, mais très peu. La plupart du temps, je devais être inconscient, car je n'avais aucun souvenir du voyage, seulement de son début, et à peine de sa fin. J'entendais des voix, qui parlaient dans cette langue que j'avais appris à craindre, et on me fit descendre. Sur l'instant, tout mes muscles se contractèrent, prêt à user de leurs dernières forces, mais la douleur et l'épuisement les forcèrent à se détendre. Par Alder, qu'étais-je devenu ? J'étais à peine un homme, à peine un être vivant. Comment se faisait-il que Sithis ne m'ait pas encore emporté ? Depuis tout ce temps, elle aurait pu le faire une bonne dizaine de fois. J’en venais presque à croire qu’Alder, ou un autre, ait jeté son dévolu sur le cadavre ambulant que j’étais et me maintienne en vie pour une raison que j’ignorais encore.

Si la faim, la fatigue, et la douleur me tiraillaient encore, la soif avait fini par s’estomper. Peu à peu, par quelques gouttes qu’on me faisait avaler de force à intervalles réguliers, mon organisme reprenait quelques forces. L’homme, mon sauveur, me porta jusqu’à sa… Oui, c’était une tente. Il m’allongea sur le sol, si confortable grâce au sable qui, maintenant, me paraissait aussi moelleux que mon matelas de plumes. J’avais soudain l’impression d’être retourné chez moi, et je lachais un soupir quand l’homme sortit et me laissa seul. Je pouvais dormir sans crainte, je pouvais être en paix avec mon corps et avec mon esprit, eux deux torturés par les gardes d’Anthim d’Erebor. J’étais en train de somnoler quand un autre homme entra. Malgré la douleur et la peur, je le laissais me toucher. Je m’attendais à ce qu’il inspecte juste mes blessures et les laisse en état, comme l’avaient fait la plupart des Erebiens qui avaient croisés ma route. Mais celui-ci, à mon plus grand étonnement, fit bien plus que ça. Il nettoya les plaies, appliqua une sorte de pommade dont l’odeur me piqua le nez, et changea les pansements. Quel ne fut également pas ma surprise quand je constatai que, pendant toute l’opération, j’étais conscient. Enfin… Si on pouvait appeler ça conscient, j’étais dans une sorte de semi sommeil, où j’entendais parfaitement ce qu’il se passait autour de moi, où je pouvais sentir que l’on me touchait mais où j’étais incapable de réagir.

Pendant qu’il travaillait, j’entendis l’homme jurer dans sa langue, marmonner dans sa barbe, tandis que, sans doute, il me reprochait l’état de mes blessures. La pommade à l’odeur chaude, appliquée sur mes blessures, me donnait d’étranges sensations, et je mis cela sur le fait qu’elle agissait, et que mes plaies étaient sans doute sur la voie de la guérison. Je devais sans doute être bien naïf. Pourquoi un Erebien aiderait-il un étranger ? Un vieillard de surcroit, blessé, dans un état déplorable, et sans le moindre sou ? Je ne devais représenter qu’une bouche supplémentaire à nourrir. La plupart des personnes de ce maudit duché que j’avais croisé durant mon voyage n’avaient pas levé le petit doigt, si ce n’est, bien sûr, pour m’indiquer le chemin et me donner un peu d’eau. Alors pourquoi ceux-là agissaient différemment ? Je connaissais suffisamment les coutumes d’Erebor pour savoir que ce n’était pas habituel chez eux, d’aider les étrangers, car rien ne les y obligeait.

Toujours dans cet état de semi conscience, je me torturais l’esprit, me posant multiples questions, jusqu’à ce que le véritable sommeil l’emporte pour de bon, et que je m’endorme. J’ignore depuis combien de temps il était là. Il était assis, à mes côtés, me regardant dormir, sans faire le moindre bruit. Pour la première fois depuis… Je ne savais plus quand… J’ouvris les yeux. Je les clignais plusieurs fois, le temps de chasser le sommeil qui recommençait à m’envahir et tournais la tête vers mon sauveur. Celui-ci était bâti comme un guerrier, armé comme un guerrier, vêtu comme un guerrier. Je comprenais maintenant mieux pourquoi j’avais été sauvé. La Guilde des Guerriers avaient ses valeurs, et l’aide à son prochain en faisait partie. L’homme croisa mon regard, et me demanda si j’allais mieux. Mieux, on ne pouvait pas dire ça. Vivant, c’était plus approprié. Mais je ne voulais pas l’offenser, il s’était donné tant de mal pour me tirer des griffes de la mort. Je soupirais, trouvais la force de lever ma main pour toucher mon front, et grimaçais. Mes doigts mutilés étaient encore loin d’être guéris. Je parvins à lui répondre, sur un ton rauque, du au fait que je n’avais pas prononcé un mot depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines :

« - - Oui, et c’est… C’est grâce à vous. »

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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyMer 3 Jan - 13:11

La voix de l'homme est rauque, mais tu t'y attendais.  Combien de temps est-il resté allongé dans le sable rien boire?  Après pareille épreuve, il aurait été anormal que sa voix coule dans sa gorge comme l'eau dans le fond d'un ruisseau.  Tu ne réponds pas tout de suite.  Le mérite ne te va pas vraiment, pas à toi.  Tu n'avais que le récupérer alors qu'il était sur ta route, sous les regards réprobateurs des tiens.  On ne venait pas en aide à un étranger.  Mais tu es le chef du groupe et tes décisions font valeur de loi quand vous êtes à l'extérieur du Pic de Roc-Épine.  Et tu sais qu'il ont foi en toi, les tiens.  Tu ne les as jamais trahi jusqu'à présent et ça ne risque pas de changer tout de suite.  Tu serais le premier à mettre fin aux jours de cet homme si jamais il se montrait dangereux pour vous.  Ta main n'hésiterais pas à accomplir son devoir, tu le sais bien.  Certes, tu préfères éviter de tuer inutilement, mais parfois c'est inévitable.  Silencieux, tu contemples le blessé, cherchant dans son visage les marques de son histoire.  Mais cette histoire est particulièrement difficile à lire, il y a trop de traces des autres sur cette figure.  Tu es doté d'un peu de sens de l'observation, néanmoins pas au point de deviner la vie des gens.  Il te faudra te montrer prudent.  C'est tout ce que tu sais pour le moment.

Tu te penches et attrapes la gourde d'eau que tu approches doucement de la bouche de l'homme.  Vous ne parlez pas le même patois, peut-être que vous ne vous comprendrez pas vraiment, mais tu feras ce que tu peux.  Tu dois savoir qui il est, pourquoi il est là dans cet état.  Autrement, il te sera impossible de continuer de l'aider.  Tu ne peux pas te permettre d'emmener avec vous une potentielle menace pour l'expédition.  Ton devoir, c'est avant tout de mener cette caravane aux frontière entre Erebor et Valkyrion sans la moindre anicroche.  Tu ne laisseras pas un inconnu mettre en péril ta mission.

« Buvez, doucement, » ordonnes-tu tandis que tu inclines la gourde pour faire couler l'eau goutte à goutte dans l'orifice buccal de l'étranger.  Tu ne le laisses pas boire trop, le choc pourrait aggraver son état.  Ce sera fait tranquillement.  Plus tard, tu essaieras de lui faire manger un peu pour qu'il ne reprenne un peu de force.  Tu ne pourras pas le maintenir à dos de chameau avec toi toute la journée le lendemain, il faudra qu'il monte seul et il n'est pas question qu'il égare l'une de vos bêtes.  Elles sont beaucoup trop précieuses.

« Vous pouvez être chanceux qu'on soit tombé sur vous, vous seriez morts là-bas, tout seul, » ajoutes-tu de ton accent chantant du désert.  Tu le regardes, l'air sévère.  « Mais je ne pourrai pas continuer à vous aider sans savoir qui vous êtes et ce que vous faites seul dans le désert.  Vous n'êtes pas des nôtres, » poursuis-tu, le ton subitement extrêmement sévère et glacial.  Tu ne peux pas te montrer faible.  Il faut qu'il sache que c'est toi qui décide et qu'il veut mieux pour lui de coopérer s'il ne désire pas que tu l'abandonnes seul aux dangers de l'étendue sablonneuse.
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyMer 3 Jan - 22:07

Pas très chaleureux l'homme. Mais c'était un Erebien. Il ne fallait pas en attendre plus de la part d'un fils de Joseï. Je le regardais, malgré mon envie irrépressible de fermer les yeux et de me rendormir. Pendant quelques secondes, chacun détaillait l'autre. Son regard me faisait peur. J'avais l'impression de me retrouver face à un des gardes d'Anthim. Un garde. Par Alder. Cet homme était peut être un garde ! Un garde chargé de me retrouver, et de me tuer, une bonne fois pour toute. Instinctivement, je me mis à trembler. Je baissais les yeux, rompant ainsi notre observation mutuelle. Non, Anthim voulait me voir hors de chez lui, il m'avait maintenu en vie durant ces trois semaines de punition. Non, Il ne m'aurait pas envoyé de garde pour m'achever sur le chemin du retour. Mais cet Erebien m'effrayait. Je me sentais vulnérable à ses côtés. Petit, faible, et vulnérable. J'étais de nouveau une proie. Je fermais les yeux, serra les mâchoires pour me redonner un peu de sang froid.

Je les rouvris quand l'homme m'ordonna, d'une voix sèche et ferme, de boire quelques gorgées d'eau, mais pas trop vite. Je rassemblais mes maigres forces pour lever la tête. L'homme approcha le goulot de mes lèvres sèches et gercées. Goutte par goutte, j'avalais le liquide qui me fit, une nouvelle fois, un bien fou. J'aurais pu avaler tout le contenu de sa gourde, mais deux éléments m'en empêchèrent : l'homme lui même, qui m'a retira au bout de quelques temps, et ma propre fatigue. Je laissais ma tête retomber contre le sol et lâchais un soupir. L'eau était fraîche, il venait sans doute de remplir sa gourde dans le point d'eau. Je savourais encore la fraîcheur qui s'était installée dans ma bouche. Cet eau m'avait apportée plus que de la vigueur. Elle m'avait apportée l'espoir. L'espoir que j'allais m'en sortir vivant, et que j'allais rentrer chez moi. Mes tremblements se calmèrent et je me détendis. Pourquoi cet homme me ferait-il du mal ? Il m'avait donné de l'eau. Un homme ne ferait pas ça pour me tuer ensuite. Mais c'était là une pensée bien naïve n'est ce pas ?

L'homme reprit la parole, d'une voix toujours aussi froide. Il ferait un bon kyréen celui la. Il me dit que j'étais un homme chanceux, car, s'ils ne m'avaient pas trouvés, je serais sans doute mort à l'heure qu'il est. J'hochais la tête, et bredouillais un faible merci et l'homme me regarda, l'air sévère. Je sentis l'angoisse me gagner à nouveau. Il me demanda de lui révéler qui j'étais, et ce que je faisais dans le désert, sans quoi il ne pourrait pas continuer à m'aider. Comment ça ? Il n'était donc pas guidé par son bon coeur ? Apres, je pouvais comprendre sa méfiance. J'étais un étranger, je représentais un potentiel danger pour eux. Mais, dans mon état, la seule chose que je pourrais faire pour leur nuire était de m'endormir dans leurs bras. Je tentais de me redresser, sans y parvenir, alors je me contentais de le regarder dans les yeux et de répondre :

" - Je m'appelle... Raygnar... Seigneur d'Ysgramor. C'est en Valkyrion."

Pouvais-je lui dire que j'étais dans cet état à cause de son souverain ? Non. Il me renverrait sur le champ, et je serais définitivement perdu. Je réfléchis en vitesse, enfin, aussi vite que me le permettrais mon cerveau épuisé. Je trouvais et repris :

"- Je suis venu ici pour mon travail... Et j'ai été attaqué par des bandits." Je toussais, manqua de perdre connaissance, mais parvint à rester éveillé pour lui dire :"J'ai tenté de me défendre, mais ils étaient trop nombreux..."
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyJeu 4 Jan - 17:23

Un Kyréen, cela l'aidera à se faire accepter dans votre groupe.  S'il avait été Cielsombrois, tu aurais probablement été obligé de le laisser à son sort.  Ta tolérance n'est pas tout à fait partagée avec les autres membres de ton expédition et il serait difficile de leur faire accepter la présence d'un de vos tempétueux voisins parmi vous.  Enfin, si ça avait été le cas, tu aurais pu essayer de le cacher, mais ça aurait été un geste dangereux.  Tu n'aimes pas à mentir, surtout pas à ces hommes qui sont avec toi, qui sont presque comme des frères.  Tu ne sais pas encore ce qui s'est passé, mais il est en très mauvais état et c'est vraiment une chance pour lui que tu l'aies trouvé.  Il ne pourra jamais te remercier assez.  Cependant, ses origines et ses titres ne suffisent pas à lui gagner ta confiance.  Tu serais idiot de le faire pour si peu.  Non, si pour le moment tu te montres plutôt conciliant, c'est parce qu'il est trop faible pour vous nuire.  Personne n'aurait abandonné un appât dans cet état seul dans le désert, d'autant que les chances que quelqu'un ne lui porte secours soient plutôt faibles.  Oui, c'était une aubaine pour lui qu'il soit tombé sur toi et non pas sur un autre.

Par contre, tu n'es pas convaincu par son histoire et tu hausses un sourcil.  S'il a réellement été attaqué par des bandits, pourquoi ne l'ont-ils pas tout simplement tué au moment de le détrousser?  Ce n'est pas dans leurs habitudes de trancher des bouts de doigts.  Il était mal en point, mais il ne portait pas les marques du combat.  Ton expérience et les décousues que tu as déjà eues par le passé contre les brigands du désert te font savoir qu'il te cache quelque chose.  Loin de te rassurer, ses propos te rendent encore plus méfiant et tu songes à l'abandonner lorsqu'il serait tout juste assez fort pour continuer par lui-même.  Tu ne peux pas prendre le risque qu'il ne s'en prenne à vous une fois remis de ses blessures.

« Vous auriez meilleur intérêt à être honnête avec moi.  Pour le moment cette histoire suffira, vous n'êtes pas en état de raconter. »

Tu le fixes de ces yeux verts qui sont les tiens.  Que cache-t-il pour inventer pareil mensonge?  Tu le découvriras bien assez tôt, tu y comptes bien.  Tu portes à nouveau la gourde à ses lèvres pour le faire boire quelques gorgées de plus.

« Buvez, lentement, » ordonnes-tu tandis que tu l'aide à boire, en soulevant sa tête d'une main.

Tu reposes la peau sur le sol et tu continues à fixer en silence l'homme.  Ta méfiance ne s'est pas atténuée, il cache quelque chose, quelque chose de potentiellement dangereux pour les tiens et ta mission.  Il te faudra le découvrir et agir en conséquence.  Pour le moment, il ne semble pas vraiment en état de se faire tirer les verres du nez et ta compassion t'oblige à attendre.

« Dormez, vous avez besoin de repos.  Nous vous donnerons à manger demain, vous n'avez pas la force d'avaler pour le moment.  Buvez encore un peu, » lâches-tu après un long silence.  Tu passeras la nuit sur un tour de garde, ta tente étant occupée par l'étranger il t'est impossible de t'y reposer.  Il y a de la place pour deux, mais tu ne le feras pas.  Tolérance oui, mais pas au point de ta partager ta couche avec ces étrangers.
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyJeu 4 Jan - 23:40

Il ne me croyait pas. L'homme ne me croyait pas. Je sentais l'angoisse me gagner. Il allait me tuer, et me laisser à ces oiseaux charognards qui m'avaient tant survolé quand j'avançais péniblement dans le désert. Je sentais son regard sévère sur moi, et j'avais l'impression que, s'il en était capable, il me brulerait sur place, rien que par la force de ce regard de braise. Regard... Aux yeux verts ? Etrange. Etrange mais particulier et, bizarrement, cela me rassura. Avoir un Erebien sans qu'il ait les yeux et le regard noir à ses côtés, c'était déjà moins effrayant. Même si cette couleur ne l'empêchait pas de paraître menaçant, bien entendu. Je sentais que je divaguais. Voilà que je me mettais à réfléchir sur la possible provenance d'une telle couleur. Jusqu'alors, la plupart des erebiens que j'avais croisé avaient les yeux marrons, ou noir. Mais jamais vert. Quoiqu'il en soit, que ses yeux soient vert ou noir, cela ne changeait rien au fait qu'il ne croyait pas un mot de mon histoire. Il me dit que j'avais tout intérêt à être honnête avec lui, mais que je lui dirais la vérité plus tard, car j'étais trop épuisé pour la raconter. J'hochais la tête, bien d'accord avec lui.

Il me souleva la tête d'une main, et m'ordonna à nouveau de boire. L'eau fraiche coula à nouveau dans ma gorge, laissant une agréable sensation. Je me sentais vivant. Vivant, et dans la bonne voie pour guérir. J'avalais l'eau, goutte par goutte, et finis par fermer les yeux, laissant le liquide glisser de lui même jusqu'à mon estomac. Au bout d'un moment, une nouvelle fois, l'homme retira le goulot de mes lèvres, et reposa ma tête sur le sol. Il était étonnamment fort, mais cela n'avait rien d'étonnant. Il était un guerrier après tout. Ils s'entrainaient dur pour posséder une telle musculature, qui leur servait sans doute à supporter les lourdes armures qui leur servait au combat. Je me rappelle que mon père, ou mon grand père, possédait une armure. Mais elle était plus destinée à la parade qu'au combat rapproché. Elle est, je crois, conservée dans mon grenier. Il faudrait que je retourne la sortir de là, si jamais j'arrive à m'en sortir, bien entendu.

Mon sauveur se leva, et m'ordonna de dormir, car j'avais grand besoin de repos. Il me donnerait à manger le lendemain, car je n'avais pas la force d'avaler quoi que ce soit. Je voulu protester, mon estomac criait famine, et il venait de se réveiller. Mais il avait raison. J'étais à peine capable de boire par moi même, alors pour ce qui était de manger... Cela relevait de l'impossible. Je me contentais de le remercier une nouvelle fois, même si cela ne devait pas servir à grand chose. Mon sort se jouerait donc demain, quand j'aurais suffisamment récupérer pour pouvoir parler. Je lâchais un soupir. A quoi bon, dans tous les cas, que je mente ou que je lui dise la vérité, il allait m'abandonner dans le désert, à la merci des éléments et des prédateurs. Je fermais les yeux, et sombrais peu de temps après dans mon premier sommeil réparateur depuis plusieurs semaines.

Je me réveillais. Il faisait encore nuit. Le jour n'allait surement pas tarder à se lever. Je tentais de me lever, sans grand succès. J'étais encore bien trop faible pour ça. En revanche, l'eau m'avait donné suffisamment de force pour que je puisse plus ou moins me redresser. Je levais la tête, et parvins à me retourner en m'appuyant sur mes bras. Allongé sur le côté, je me sentis immédiatement nauséeux, j'avais des vertiges. Je reposais ma tête, et soufflais, tentant de chasser ce malaise qui menaçait de m'emporter. Mes mains me faisaient atrocement mal. Mon genou n'en menait pas large non plus. Je sentais la présence de l'homme, pas très loin. Je fermais les yeux et lui soufflais :

"- C'était le duc..."
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyDim 7 Jan - 16:47

Un murmure te tire de tes songes rêvés dans un sommeil léger.  Tu viens tout juste de t'assoupir, tandis que les lueurs du jour ne devraient plus tarder à poindre.  Engourdi par ta position assise, tu te relèves un peu moins lestement qu'à l'habitude.  Debout devant la tante, tu hésites à entrer.  Ce que tu as entendu te laisse perplexe.  Le duc?  Anthim, le roi des gitans?  Ton frère?  Dans ce cas, cet individu est potentiellement dangereux pour ton groupe et tu envisages sérieusement l'idée séduisante pour tous de l'abandonner dans les dunes désertiques à son sort.  Si c'est ton roi qui l'a mis dans cet état, il y a forcément une bonne raison.  Un étranger dangereux.  Qu'a-t-il pu faire pour mettre en colère ton petit frère?  Car à bien y penser, cela doit être plutôt d'ordre de l'offense verbale.  Quand tu l'as porté sur ton chameau, tu as remarqué ses muscles flasques et relâchés.  C'est un vieux bonhomme pas particulièrement en forme en plus d'être blessé assez gravement.

Après être resté debout à réfléchir pendant ce qu'il te semble une éternité, tu finis par te décider à entrer.  Tu prendras une décision plus éclairée à l'intérieur.

Sans perdre de temps, tu te penches auprès du malade pour lui donner à nouveau à boire.  Doucement et avec délicatesse, tu fais couler le précieux liquide entre ses lèvres.  Puis tu t'assois de nouveau, les jambes repliées et croisées l'une par-dessus l'autre pour le regarder en silence.  Tu cherches dans son visage la vérité, sans toutefois vraiment savoir ce que tu cherches.

« Si c'est effectivement le roi des gians qui vous a fait ça, il vaut mieux que je ne sache pas votre histoire, » finis-tu par déclarer en brisant ce lourd silence qui plane entre vous.  Tu secoues la tête, un pincement au cœur en songeant à la décision que tu envisages de prendre.  Tu as juré fidélité à Anthim et venir en aide à cet homme est un acte de trahison si c'est lui qui l'a puni ainsi.  Tu vas limiter les soins qu'on lui apportera si tu décides de le garder avec vous à l'issue de cet entretien.

« Je vais vous laisser une chance néanmoins de prendre place parmi nous.  Lorsque j'en aurai terminé avec vous, soit vous poursuivrez votre route en notre compagnie, il s'avère que nous dirigeons vers la frontière, soit je vous abandonnerai derrière.  Alors réfléchissez bien avant de répondre.  Et surtout, ne tentez pas de jouer les malins avec moi en me racontant ce que vous croyez que je veux entendre. »

Tu ne sais pas s'il a tout compris.  À force d'accompagner les caravanes d'étrangers, tu arrives à moduler ton accent, à faire en sorte qu'il soit moins prononcé, mais les désert est en toi et tu parles comme il parle lui aussi.

« Qu'êtes-vous venus faire exactement en Erebor? » demandes-tu sur un ton sévère.  C'est important que tu le saches.  Cela sera déterminant même.


Dernière édition par Anwar Sinhaj le Lun 8 Jan - 3:25, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyDim 7 Jan - 19:49

Je l’avais fait. J’avais avoué. Etrangement, cela me libéra du poids qui pesait sur ma poitrine depuis que l’homme avait compris que je lui avais d’abord menti. Je devrais avoir peur, étant donné que, dans tous les cas, que je mente ou non, j’allais mourir seul dans le désert, tué par la chaleur et dévoré par les charognards. Mais, je me sentais bien, plus léger. Je gardais les yeux fermés, et écoutais la réaction de mon sauveur. Celui-ci ne bougea pas d’un poil. Mais je savais qu’il m’avait entendu. Il était dehors, à l’entrée de la tente, donc suffisamment proche pour m’avoir entendu. Et je savais que j’avais du le réveiller, car je n’entendais plus la lente respiration régulière qui indiquait qu’une personne dormait. Etait-il en train de réfléchir sur la manière dont il allait me faire regretter mes paroles ? Sans aucun doute. C’était un Erebien, après tout. Il allait obéir à ses instincts et à son amour pour son souverain, et il me trancherait la tête avant que j’aie le temps de dire Yack. Je relevais la tête, et regarda vers la porte de la tente. Je percevais l’ombre du guerrier. Il était debout, totalement immobile. Qu’attendait-il ?

Après une attente interminable, il finit par entrer dans la tente. Il se pencha et, à mon plus grand étonnement, il me redonna à boire. Toujours, de la même façon, il fit descendre le précieux liquide goutte par goutte dans ma gorge. Il n'avait donc pas l'intention de me tuer ? Du moins, pas tout de suite. Je plongeais mon regard dans le sien, essayant de deviner le fond de sa pensée. Le sien, toujours aussi sévère, me toisait, comme si je n'étais qu'un pauvre déchet qu'on attendait de jeter. Il finit par me dire qu'il ferait mieux de ne pas entendre la totalité de mon histoire, si je voulais rester en vie. Je serrais les dents, et, voyant qu'il n'en avait pas fini avec moi, j'attendais la suite.

Comme je m'y attendais, il reprit la parole. Il m'annonça qu'il allait me laisser une chance de prendre place parmi les membres de ce convoi qui, pour mon plus grand bonheur, se dirigeait tout droit vers la frontière. Il allait me poser quelques questions et, à l'issue de cet "entretien" j'allais soit voyager avec eux, soit être abandonné derrière, ce qui équivaudrait à une mort certaine, étant donné mon état. Malgré son accent, je compris, au ton de l'homme, que je ne devais pas jouer à l'imprudent. Je devais être honnête, et ne pas me moquer de lui. J'hochais la tête, pour lui signifier que j'étais d'accord. J'avais suffisamment dormi et j'avais assez bu, j'étais capable de parler plus distinctement.

Il commença, tout d'abord, par me demander ce que j'étais venu faire en Erebor. Je décidais d'office de passer sous silence la raison principale, c'est à dire mon entrée par effraction dans le Musée des Savoirs Perdus. Je le regardais dans les yeux et lui dis sur un ton que je voulais le plus neutre possible :

"- Je suis historien. J'ai pour projet d'écrire un recueil sur l'Histoire d'Arven, un ouvrage qui serait accessible à tous. Je veux que tout le monde puisse connaitre l'histoire de notre monde, la comprendre et en tirer des leçons qui serviront pour toute la vie. " je me tus, et reprit ma respiration. J'étais déjà essoufflé, preuve que j'étais loin d'être rétabli. Je repris alors :" C'est pour cela que je dois me rendre dans chaque duché, pour y récolter le plus d'informations qui me seront utiles. C'est pour cela que je suis allé rencontrer le duc Anthim d'Erebor."
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyMer 17 Jan - 9:16

Tu ingères les informations que te donne le vieillard en silence.  Historien.  Oui, il a bien la tête d'un rat de bibliothèque plus que d'un militaire.  Tu doutes même qu'il ne sache de servir d'une arme.  Son projet est particulièrement ambitieux et pour peu que tu en saches, tu ne vois pas en quoi tel projet puisse déplaire à ton frère.  Il vaut mieux que tu ne t'attardes pas trop sur la question.  Dans le cas où tu apprendrais la vérité, par fidélité pour ton souverain, peut-être devras-tu laisser derrière l'homme.  Une part de toi te dicte d'ailleurs que c'est ce que tu devrais faire, mais tu ne l'oses pas.  Abandonner un homme sans défense dans le désert n'est pas quelque chose qui te plaise particulièrement.  Tu peux te montrer cruel s'il le faut, implacable, mais ton cœur présente certaines faiblesses à l'encontre des plus faibles, comme les femmes, les enfants et les vieillards.  Un peu comme celui-là.  En plus il était assez mal en point.  Tu supposes qu'il a déjà été assez puni pour quel que fut le crime qu'un homme de son genre aie pu commettre, comme en dit longuement ses doigts mutilés.

« C'est un projet audacieux que celui-là.  Pourquoi pensez que votre projet est plus à même de voir le jour que celui d'un autre?* » demandes-tu.  L'Histoire est une noble science et il est difficile d'en connaître les réels pendants.  Tu es passablement sceptique à l'idée qu'un étranger puisse réellement comprendre les histoires d'Erebor, le duché que tu protèges.  Néanmoins, tu décides ne pas accorder beaucoup plus d'attention à cet état des choses, la profession de l'homme ne semble pas menacer, ni influer sur sa présence parmi vous.

Tu aides l'homme à se redresser et à s'asseoir avant de fouiller dans une bourse accrochée à ta hanche d'où tu tires quelques morceaux d'élans séchés.  Rien à voir avec la cuisine délicieuse de ton duché, mais c'est pratique lorsque vous êtes en déplacement pour plusieurs jours.

« Mangez, » ordonnes-tu en lui tendant la nourriture.  Tu l'as abreuvé suffisamment, il a dormi, il doit avoir assez de force pour s'alimenter seul.  Il y tout de même des limites aux services que tu peux rendre à un étranger.

« Mangez, vous avez besoin de force.  Nous continuerons quand vous aurez avalé ça, » insistes-tu en voyant qu'il semble légèrement hésiter à accepter ce que tu lui offres.

* Citation tirée des extraits des grandes paroles d'Anthim d'Erebor, ouvrage paru mille ans après le règne du souverain.
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyVen 19 Jan - 20:26

Pendant que je parlais, l'homme restait silencieux, et me regardait, toujours avec ce même air sévère. C'est étrange. Il me faisait penser à quelqu'un. Ses traits ne m'étaient pas inconnus et, plus je le regardais, plus j'avais la certitude que je l'avais déjà vu quelque part. Mais c'était impossible. Si je l'avais déjà rencontré au cours de ma vie, je m'en serais souvenu, non ? Je finis mon monologue, me demandant si je devais poursuivre, ou attendre la prochaine question. Je profitais du silence qui s'était installé pour reprendre mon souffle, et pour observer le pansement qui recouvrait le moignon de mon auriculaire droit. L'odeur piquante du baume s'en échappait encore, mais je n'avais plus cette sensation de démangeaison. J'hésitais à le toucher, mais je m'en abstins. Ne valait mieux pas réveiller la douleur alors qu'elle avait enfin décidé de s'endormir. Mon genou, c'était un tout autre problème. Je savais les os partiellement réparés, mais la douleur était encore très vive. Je n'avais pas assez de force pour me redresser mais, la dernière fois que je l'avais inspecté, il était enflé, et très sensible. Je pouvais à peine le bouger, et marcher était très difficile. J'avais conscience que, jusqu'à la fin de mes jours, je ne pourrais me déplacer sans l'aide d'une canne. Mais j'avais beaucoup de mal à l'accepter. Je m'étais toujours vu comme un homme en bonne santé, solide, et ce, malgré mon œil blessé. Je tombais rarement malade, et avais toujours évité les risques inutiles... Enfin... Jusqu'à ma rencontre avec Anthim. Il avait fait de moi un vieillard, et mon amour propre avait pris un sacré coup.

L'homme reprit la parole, et, quand ses mots parvinrent à mes oreilles, je me figeai. Anthim. Anthim avait prononcé la même phrase quand je m'étais présenté à lui pour lui exposer mon projet. Il avait prononcé exactement les mêmes mots. Je tournais la tête vers le guerrier. Oui. Il avait une légère ressemblance, surtout dans ses yeux, et son regard. Je déglutis, et, instinctivement, je tentais de reculer pour m'éloigner de lui. Mon genou se réveilla, et je fus contraint de m'immobiliser. J'avais quand même réussi à me déplacer jusqu'au fond de la tente, et cet exercice m'avait épuisé. Haletant, j'observais l'homme. Il n'avait pas bougé, et m'observait toujours. Il attendait une réponse. J'avalais ma salive et, bégayant, hésitant, je lui répondis :

"-- C'est... C'est un lourd projet, je le reconnais. Mais je ne suis pas un homme qui abandonne facilement. " Je me rendis compte que je ne répondais pas à sa question, je repris donc, après un court silence :"Je compte m'appuyer aussi bien sur des témoignages que sur des archives et sur des légendes... Ce sera un ouvrage unique... "

L'homme bougea, il me toucha et, par instinct, je me crispais. Il m'aida à me redresser et à m'asseoir. Quand ma tête fut droite, je fus pris de vertiges. Je fermais les yeux, priant pour ne pas rendre l'eau que j'avais eu tant de mal à avaler. La nausée passa, je rouvris les yeux. Le guerrier avait sorti de sa bourse des morceaux de viande séchée. Il m'ordonna de les manger et il me les donna. La viande me paraissait peu appétissante, mais, étant donné mon état, j'aurais pu avaler n'importe quoi. Pendant un instant, je restais là, la viande dans la main. Etait-elle empoisonnée ? Ce presque Anthim aurait il été embauché par celui-ci pour m'achever ? Mon estomac hurlait, et mon corps tout entier réclamait cette nourriture. Mais je restais là, immobile, regardant ce que j'avais dans la main d'un œil vide. Depuis combien de temps n'avais-je pas mangé ? Plusieurs jours, ça c'était certain. Une semaine ? Ou plus ? Je ne savais plus. J'avais totalement perdu la notion du temps. Maintenant que j'étais en position assise, j'avais pu voir l'état du reste de mon corps. J'avais beaucoup maigri. Je nageais dans mes vêtements en lambeaux. Là où je pouvais voir la peau, je n'apercevais que crasse et sang.

L'homme me sortit de ma torpeur, et insista. Je devais manger. Pour continuer son interrogatoire, il fallait que je me remplisse le ventre. J'hochais la tête. Empoisonnée ou pas, j'étais de toute façon dans de beaux draps. Autant mourir avec l'estomac plein. Je croquais dans un des morceaux, et retint un gémissement quand une vive douleur se déclara dans une de mes molaires. Malgré les larmes qui me montaient aux yeux, je continuais de mâcher. La viande était dure, sèche, mais, pour moi, c'était un véritable festin. Je pris mon temps pour avaler les quelques morceaux et, quand j'eus fini. Je me rendis compte que des larmes avaient coulé sur mes joues, traçant des sillons dans la crasse. Je reniflais, et les essuyais avec le dos de ma main. Je tournais la tête vers le guerrier et lui soufflais :

"- Merci... Du fond du cœur... Merci..." Je devais avoir l'air pitoyable, mais cela m'importais peu. Je repris donc et lui demandais :"- Que voulez vous savoir ?"
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyLun 29 Jan - 14:23

L'émotion de l'homme te touche droit au cœur.  Tu n'as pas été particulièrement tendre avec lui.  Certes, tu lui es venu en aide, mais il n'était pas garanti que tu continues à le faire.  Tu es plutôt circonspect quant à cet étrange homme que tu as récupéré sur la route.  Il est particulier et un peu trop facile à manipuler.  Tu ne fais pas particulièrement confiance à ce genre de personne, mais tu te gardes encore des réserves sur ton jugement.  Tu n'aimes pas précipiter inutilement les choses.  Il reste encore un peu de temps devant.  S'il vous accompagne, tu as déjà décidé de quelle manière cela serait fait.  Il ne sera pas libre, mais il serait mieux traité qu'un simple prisonnier.  Toutefois, le fait que ses blessures soient dû à Anthim te préoccupe.  Tu te renfrognes un peu sur toi tandis que tu l'aides à se recoucher à nouveau.

« Ne me remerciez pas trop vite, je n'ai pas encore décidé ce que je ferais de vous, » grommelles-tu.

Tu es un homme endurci et les pleurnicheries d'une vieil homme ne pouvait pas t'atteindre.  Si ce n'est de ta grande compassion.  Toutefois, tu sais où se trouve ton devoir.  Si le besoin se fait sentir, tu n'hésiteras pas à laisser ce personnage derrière toi.  Tu en fais déjà beaucoup en faisant la sourde oreille quant à son histoire avec ton duc.  Il ne faut rien espérer de plus de ta part.  Tu ne le protégeras pas envers et contre tout, si toutefois tu décides de le garder.  Il sera facilement de l'abandonner dan le désert si tu juges qu'il représente un danger pour ta mission.  Et tu n'hésiteras pas à le faire si cela devient nécessaire.

« Où êtes vous allé en Erebor, quels endroits avez-vous visité exactement? » demandes-tu en posant un regard lourd de sévérité sur l'homme.  Tu tentes de retracer son passage dans le duché.  Avec son trajet plus ou moins en tête, tu en apprendras beaucoup plus sur l'homme et ses objectifs qu'en lui demandant quelles informations il a recueillies jusqu'à présent.
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyMer 31 Jan - 20:40

C'était tout simplement humiliant. Voilà que je me mettais à pleurer devant cet homme, cet Erebien qui pouvait subitement décider de mettre fin à mes jours d'un coup de lame. Je devrais me montrer courageux, affronter la mort en face, mais au lieu de cela, je pleurais. Je mis ces larmes sur le compte de mes dents qui me faisaient atrocement mal, mais cela ne m'apporta guère de réconfort. Je terminais mon maigre mais oh combien bénéfique repas. Et remerciais l'homme qui semblait touché par mon émotion. Il ne le montrait pas, mais je sentais que la tension qui régnait dans l'air s'était allégée. Comme quoi, je n'avais pas eu tort de laisser sortir mes larmes. Il m'aida à me recoucher, ce qui m'arracha un grognement quand mon dos endolori protesta vivement. Puis il grommela quelques mots sur le fait que je ne devais pas le remercier trop vite, car il n'avait pas encore décidé ce qu'il ferait de moi. Je l'observais du coin de l'œil, guettant la moindre réaction, le moindre changement dans son comportement qui pourrait tourner en ma faveur. Enfin... Dans tous les cas, il n'y aurait pas grand chose qui pourrait m'aider à arranger ma situation, étant donné mon état, et les circonstances.

L'homme se plongea dans ses pensées, et j'en profitais pour toucher mes dents, du bout de l'index. Les coups de poings des gardes d'Anthim les avaient bien abîmées. J'avais eu de la chance qu'elles ne se soient pas détachées. Mais elles me faisaient mal. Le médecin kyréen qui s'occuperait de moi allait avoir beaucoup de travail. Encore fallait-il que je trouve le moyen d'arriver vivant jusqu'à ce médecin. Je fermais les yeux, et pris le temps de savourer la sensation d'avoir l'estomac plein. Je sentis lentement l'engourdissement de la digestion m'envahir. C'était tellement agréable. Moi qui n'avait jamais vraiment connu la pauvreté et le besoin, voilà que j'en venais à apprécier les choses les plus simples de la vie. Je me promis que, si jamais je survivais, je veillerais à ce que mon peuple ne connaisse pas ce que j'ai moi-même vécu. Je savais les hivers suffisamment rudes pour que certains luttent pour avoir de quoi manger. Je faisais alors de mon mieux pour les aider. Mais je n'avais pas encore réalisé que je devais faire plus. Les mains sur le ventre, je lâchais un soupir. C'était bien beau de faire des promesses, encore fallait-il pouvoir les tenir.

L'Erebien, ou le presque Anthim, me demanda quels endroits j'avais visité en Erebor. Je compris qu'il voulait reconstituer mon parcours de manière précise, afin de pouvoir juger de ma sincérité. J'avalais ma salive. Je ne pouvais toujours pas lui parler du Musée des Savoirs Perdus. Je doute qu'il apprécie de savoir qu'un kyréen s'était introduit dans ce bâtiment pour y voler un livre, tout en étant en compagnie de plusieurs demoiselles. Je cherchais dans ma mémoire, et parvins à retracer tant bien que mal tous mes points de passages, et les endroits où je m'étais arrêté. Le voyage avait été long, et nombreuses avaient été les rencontres. Je laissais mon regard se perdre dans la contemplation de la toile de la tente et répondis :

"- Je ne suis pas directement allé à Vivedune, si c'est ce que vous voulez savoir. J'ai traversé le désert, en compagnie de quelques guerriers. Je me suis arrêté dans quelques villages, surtout pour pouvoir laisser ma monture se reposer. Puis, arrivé à la capitale, j'ai patienté dans une auberge jusqu'à ce qu'Anthim puisse me recevoir. Je me suis baladé en ville, j'ai parlé avec ses habitants... J'ai tenté plusieurs fois d'aller au palais, mais, à chaque fois, le duc était soit absent, soit trop occupé. Je le comprenais malgré tout... Avec tous ces évènements..."
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyMar 6 Mar - 7:18

Tu vois la cervelle du vieil homme s'activer derrière son front plissé.  Il te cache quelque chose, tu le sens, mais quoi?  Ce Kyréens grisonnant n'est pas aussi innocent qu'il ne veut le laisser croire.  Tu passes outre son différend avec Anthim, supposant que si ton frère l'a laissé repartir, il ne désirait pas le voir mort.  Pas tout de suite en tout cas.  Songeur, tu tires une dague de son fourreau accroché à ta ceinture et tu l'as fait tourner entre tes doigts, en testant le fil de la lame sur tes doigts.  Sans regarder l'homme tu écoutes le récit de son voyage en Erebor.  Quelque chose cloche dans ses propos, mais tu n'arrives pas à mettre le doigt dessus.  Des arrêts pour reposer sa monture ne correspond pas du tout à une trajectoire.  Il est allé ailleurs avant de se rendre à la capitale du roc et du sable, mais où?  Tu n'arriveras pas à lui faire admettre, tu le pressens.  Il est prudent l'ancêtre, il mesure ses mots, mais avec une certaine maladresse.  Tu reconnais là une forme d'habitude à l'honnêteté.  Le temps passe.  Vite, voir trop.  Il va falloir lever le camp bientôt pour reprendre la route.  Vous êtes à quelques jours seulement de la frontière.  Peut-être ne vaut-il pas la peine de prendre plus de temps pour réfléchir.  Le blessé est encore faible, il ne pourra pas vous nuire.  À la moindre incartade, tu l'abandonneras dans le désert.  Ta décision est fermement prise.

Tu ranges ton armes dans son fourreau et te redresse.

« Vous mentez mal, Kyréen, » lâches-tu dans un soupir résigné, mais sévère.  Tu désires t'assurer qu'il ne tentera pas de se montrer trop audacieux en ta présence.  C'est la générosité de ton cœur qui te pousse à lui assurer une protection alors qu'il est mal venu dans le groupe aux yeux de tes camarades.  Il doit bien le comprendre.

« Je ne vous fais pas confiance, mais nous vous emmènerons à la frontière.  Un chameau sera déchargé pour vous porter. »

Tu te recules et tire le pan de la tente et sors à moitié avant de te retourner.  Il est encore faible, probablement ne pourra-t-il pas se lever seul pour monter à dos de chameau.  Tu fronces les sourcils.  Il faut aussi que tu le préviennes de ce que tu attends de lui.

« J'enverrai des hommes vous aider à vous relever.  Soyez prêts, nous partirons incessamment.  Et je vous préviens.  Peut-être ai-je fermé les yeux sur vos lagraneries, mais je n'hésiterai pas à vous abandonner au milieu du désert si vous essayez de me duper.  Ni même de vous transpercer moi-même de mon cimeterre si vous agissez pour me déplaire.  Est-ce bien compris? »

Ta mine est sévère.  Tu ne mens pas et tu tiendras ta promesse s'il manque à la sienne.  Vous n'avez pas besoin d'une bouche supplémentaire, un chameau sera trop chargé.  Les désagréments pour que cet homme se joigne à vous sont nombreux et tu le lui rappelleras bien tout au long de son séjour parmi vous.  Il ne doit pas oublier la généreuse mansuétude dont tu fais preuve à son égard.  Tu ne le lui permettras pas.
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Message Sujet: Re: Les voies impénétrables du désert   Les voies impénétrables du désert EmptyVen 9 Mar - 21:42

Il sait. Il sait que je lui cache quelque chose. J’ai beau tenter de détourner la conversation, de le convaincre par de multiples arguments, mais le guerrier a raison. Je suis un très mauvais menteur. Dés mon plus jeune âge, mes parents m’ont appris à toujours dire la vérité, car, dans tous les cas, elle attirera moins de problème qu’un mensonge. Un mensonge fini toujours par être découvert. Et je ne faisais pas exception à la règle. Mon maladroit mensonge n’avait fait qu’empirer la situation. L’homme doutait de moi, mais, si je lui avouais ce que j’avais fait, j’étais promis à une mort certaine. Je frissonnais quand je le vis sortir une dague et s’amuser avec la lame. Je compris tout de suite le message qu’il m’adressait, bien avant qu’il me le prononce à haute voix. Je devais faire attention, sinon il n’hésiterait pas à mettre un terme à ma misérable existence. Je déglutis, ne quittant pas des yeux la dague qu’il tenait entre ses mains.

Je fermais les yeux, ne voulant pas affronter son regard froid. J’avais maintenant la conviction qu’il allait me laisser ici, seul, entre les griffes du désert. Je n’avais pas réussi à le convaincre. Mon seul espoir de survie venait de s’envoler, et cela me rendait malade. Malade de peur, de douleur, et de désespoir. J’avais presque envie de lui demander de se servir de ma dague pour abréger mes souffrances, plutôt que de m’abandonner dans le sable. Je rouvris un œil quand il reprit la parole quand il me dit qu’il ne me faisait pas confiance, mais qu’il m’emmènerait à la frontière. Quoi ? J’avais peut-être mal entendu. Je me redressais, l’oreille aux aguets. Il poursuivit en me disant qu’un chameau sera déchargé pour me porter. J’ouvris la bouche, incapable de parler pendant quelques secondes. Il allait m’aider ! Je n’allais donc pas mourir dans ce fichu désert ! Les dieux en soient loués ! J’inclinais la tête quand il ajouta que des hommes viendraient me relever, car nous allions bientôt partir. Il me précisa qu’il allait fermer les yeux sur mes mensonges, mais qu’il n’hésiterait pas à me tuer si j’agissais pour lui déplaire. J’inclinais la tête et lui répondis :

« Merci monsieur, je vous en suis très reconnaissant. Je vous donne ma parole que je ne ferais rien qui puisse vous offenser. »

J’avais déjà eu ma dose d’offense, après tout. J’allais lui promettre que je ne serais pas une gêne mais, dans mon état, je ne pouvais qu’être un poids pour eux. Je me retins de soupirer et le regarda sortir de la tente. Le temps passa plutôt vite avant que deux autres hommes fassent leur entrée dans la tente. Peut être avais-je dormi un peu ? Dans tous les cas, ceux-là se moquaient bien de savoir que j’étais blessés. Ils me prirent chacun par un bras et me relevèrent. Je laissais échapper un gémissement de douleur quand mon genou blessé se retrouva à supporter mon poids. Ils m’aidèrent à marcher, ignorant superbement ma respiration rauque et me chargèrent sur un chameau. Malgré la douleur qui me faisait pleurer, je ne pus m’empêcher d’observer ma monture. J’avais déjà vu des chameaux, mais jamais d’aussi prêt. Je caressais son poil, touchais sa grosse bosse. Quel étrange animal. Comment pouvait-on tenir sur cette bosse proéminente ? On m’avait raconté que celle-ci était remplie d’eau, et j’étais bien décidé à le croire.

Je sentais également les regards des autres membres du convoi. Je n’étais pas le bienvenu, et ils me le faisaient savoir par des regards noirs et des commentaires dans leur langue. Je baissais la tête, honteux. Ce voyage n’allait pas être facile, mais c’était pour moi le seul moyen de rentrer chez moi en vie. La caravane se mit en marche, et mon chameau se releva pour suivre docilement ses congénères. Tout en m’accrochant avec l’énergie du désespoir, j’admirais la résistance de la bête face à la chaleur, tout en gravant dans ma mémoire sa façon de marcher, de tenir sa tête. Je le grattais dans le creux du cou, l’encourageant ainsi à continuer. Tout comme ses maitres, il m’ignora superbement. Malgré moi, je laissais échapper un petit sourire. En l’espace d’une journée, ma destinée avait changé totalement de bord, passant d’une mort certaine à l’espoir de retrouver mon foyer. Je regardais le guerrier, me jurant de lui en être éternellement reconnaissant pour avoir sauvé le vieux kyréen à poil gris que j’étais.
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