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 Les secrets du désert

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Rejwaïde Sinhaj
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Message Sujet: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyLun 16 Oct - 0:06




Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Mayeul de Vifesprit & Rejwaïde Sinhaj

Les secrets du désert

Dorment sous l'océan des dunes




• Date : 21 au 29 octobre 1002
• Météo (optionnel) : Erebor. Chaud. Sec. :sisi:
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Mayeul et Reja partagent une semaine de permission au cœur du désert erebien.
• Recensement :
Code:
• [b]21 au 29 octobre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2787-les-secrets-du-desert#86336]Les secrets du désert[/url] - [i]Mayeul de Vifesprit & Rejwaïde Sinhaj[/i]
Mayeul et Reja partagent une semaine de permission au cœur du désert erebien.




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyLun 16 Oct - 0:11


Ibelin,
10 octobre 1002.


Mayeul,

Sois à la pointe de la colline au nord du passage des caravanes à Sinsarelle, au soir du 21, dans dix jours.
Nuage connaît l’endroit, Sirocco va lui montrer.
Emmène des vêtements pour une semaine.
Il fera chaud, donc laisse les fourrures dans ton duché de glaçons.
Et prends des bottes.

À bientôt,

Reja




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyMer 18 Oct - 22:06

Le message reçu est pour le moins laconique, et Mayeul l'a lu et relu, espérant dénouer le mystère caché sous ces quelques mots. Reja est-elle fâchée contre lui ? Est-ce qu'il a fait quelque chose de mal ? Il a beau réfléchir Mayeul, il ne voit pas. La dernière fois qu'ils se sont vus, tout allait bien. Son cadeau d'anniversaire n'était pas à son goût ? Il doute, le Voltigeur, qu'elle se fâche pour si peu. Un brusque plongeon de Nuage, sans le moindre avertissement, le fait vaciller sur ses appuis alors que le Major de Svaljärd relève la tête. L'agacement de Nuage lui fait comprendre d'arrêter de s'inquiéter, ce qui ne rassure pas Mayeul. Son griffon sait quelque chose, il en est convaincu. Sirocco et lui sont bien trop proches pour qu'il ne sache rien, et l'assurance tranquille du petit griffon est bien trop suspecte. Mais il refuse de partager quoi que ce soit à son Voltigeur, qui s'enferme dans un silence boudeur alors qu'ils survolent les dunes.

Il a repensé à leur nuit passée ensemble, à cette promesse qu'elle lui a faite de lui montrer les danseuses des dunes et son clan. Mayeul ne peut s'empêcher de se montrer dubitatif : est-ce que Reja ne veut pas plutôt le perdre dans le désert, pour une bêtise qu'il a faite ? Pour s'être montré assez peu gentil avec Marianne ? Et si Marianne avait parlé, d'ailleurs ? Les questions reviennent en force et Mayeul s'agite, se forçant pourtant à détendre l'un après l'autre ses muscles fourbus par le vol. Une chose est sûre, il ne sait pas à quoi s'attendre. Une randonnée dans le sable erebien ? Vu ce que ça a donné la dernière fois...

Enfant qui pleure. Mayeul ne relève même pas l'image envoyé par un Nuage malicieux, faisant plutôt mentalement la liste de ce qu'il a pris. Elle ignore sans doute, Reja, combien il est difficile de se procurer des habits légers quand on est basé à Svaljärd ! Et lorsqu'il était sur le front, Mayeul n'a pas réellement eu le temps de faire les boutiques. Mais il a trouvé et de toute façon, Reja et lui ne resteront pas habillés très longtemps. Il a même glissé dans ses bagages ses bottes préférés, comme le stipulait ses instructions.

Sinsarelle. L'image est saisissante vu de griffon, et Mayeul l'admire avant que Nuage ne se pose suivant les instructions de Sirocco. Le griffon noir lui dira la vérité, sans doute. S'il trouve les bons arguments. Griffon noir. Nuit d'encre. Euphoria. La pensée s'agite désagréablement à la lisière de son esprit, et Mayeul la repousse avec fermeté. Il entend bien profiter de revoir Reja, de retrouver son sourire et la douceur de sa peau. Le reste est secondaire. Pour l'instant.


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyJeu 19 Oct - 1:55

Mayeul a sûrement été un peu perplexe, en recevant ta convocation. C’est vrai, que cela manquait peut-être un peu de délicatesse et de tendresse – mais tu n’as jamais appris à écrire des lettres d’amour, toi, et comme ça, si jamais le courrier est intercepté, votre petit secret restera… secret. Tu ne tiens vraiment pas à ce que des inconnus découvrent l’existence de vos petits rendez-vous privés, aussi rares que précieux, ni ne comprennent la teneur exacte de vos relations.

Même toi, tu peines à y croire.
Tu as passé les dix dernières années à la fuir comme la peste, ce maudit Cielsombrois : depuis la première œillade à la Caserne de Serre, de cadet à cadette, tu t’es méfiée de lui, de ses sourires en coin, de ses regards pleins de sous-entendus, de ses avances insolentes et plus que malvenues. Même après, lorsque tu étais jeune apprentie à Roc-Épine, vous vous croisiez de temps en temps ; et même tout récemment, après ton intégration à la division impériale et l’arrivée de Grâce. Tu l’as détesté, tu l’as méprisé, tu l’as voué aux flammes de Sithis… Et voilà qu’aujourd’hui, c’est lui qui réchauffe ton lit – c’est lui qui réchauffe ton cœur.
Le Destin a décidément de bien drôles de tours…

Tu es arrivée depuis une heure lorsque Sirocco cesse de faire les cent pas de rocher en rocher pour tourner le regard vers le ciel. Le crépuscule est magnifique, sur les hauteurs qui bordent Sinsarelle, et tu savoures encore un peu le spectacle, le temps que Nuage se pose près de vous. Sirocco s’empresse de fondre sur son copain pour lui lisser les plumes avec application, laissant à peine le temps à son cavalier de mettre pied à terre. C’est toi qui l’accueille, le cavalier – tu le délestes de ses sacoches pour qu’il ait les mains libres et tu te pends à son cou, dans un baiser ardent qui trahit peut-être un peu trop à quel point il t’a manqué. Tu oublies tout le reste, quelques instants, concentrée seulement sur les bras de Mayeul autour de toi, sur le contact de sa peau contre la tienne, sur ses lèvres scellées aux tiennes.

Soie.
L’image surgit dans ton esprit à l’improviste, et tu sursautes, lâchant ton amant pour tourner un regard vaguement exaspéré vers Sirocco. Tu peux presque lire un fond de malice dans ses yeux vairons, et tu finis par rendre les armes avec un soupir fatigué. « Tu peux y aller. Sois de retour dans sept jours, d’accord ? Je te fais confiance. » Le roucoulement de l’ébène est fort guilleret, et tu le vois se tourner vers Nuage dans un geste d’invite ; puis le petit cendré se tourne vers son partenaire, quêtant visiblement permission. « Grâce a une semaine de liberté, ce qui fait que je suis en vacances aussi. Elle est partie à Lorgol, avec Melsant de Séverac ; et du coup, Soie aura du temps libre. J’ai promis à Sirocco qu’il pouvait aller passer cette semaine de congé avec elle. J’ai prévu un autre mode de transport pour toi et moi, donc si tu es d’accord… Nuage peut sûrement aller rendre visite aux griffons de la Caserne de Serre, et revenir dans une semaine te chercher. »

Tu as surtout voulu que vous soyez seuls, sans griffons espions pour vous épier. C’est qu’ils sont si curieux tous les deux !




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyJeu 19 Oct - 23:00

Il a trouvé une image bien plus saisissante que le paysage erebien au crépuscule Mayeul. Reja, non loin de Sirocco, en train de l'attendre. Il y a bien trop longtemps qu'ils ne se sont vu tous les deux : en vérité, leur relation est bien plus composée de moments volés à leurs emplois du temps respectifs que de réels moments planifiés pour se retrouver. C'est complexe de se trouver des moments à deux, et elle lui manque la Voltigeuse, comme en témoignent sans doute les poèmes que Mayeul lui envoie lorsqu'il le peut. Alors, ce mot, ces vacances, c'est une première. Une première que Mayeul ne manquera pas de renouveler, tant l'accueil est délicieux. Il a à peine le temps de fouler le sable du désert et de saluer Sirocco que Reja se serre contre lui, ses lèvres sur les siennes dans une étreinte passionnée. Il la serre davantage encore, l'emprisonnant de ses bras, avec l'impression étrange d'être exactement là où il doit être : dans les bras de Reja. Ils se retrouvent les Voltigeurs, dans un moment qui n'appartient qu'à eux. Mayeul s'enivre de son parfum, de la chaleur de sa peau contre la sienne, du goût de ses lèvres. Jusqu’à ce que Sirocco décide d'intervenir, vu la façon de Reja de le regarder.

Inquiétude. Ridicule. Mayeul hausse les épaules devant les commentaires du griffon. oui, certes, Reja ne l’a pas passé au fil du sabre. Elle lui a manqué, en tout cas, et s’il n’a pas encore pu en placer une, il espère bien qu’elle l’a compris. La jeune femme invite son griffon à revenir dans sept jours, et Mayeul lui lance un regard indécis. Qu’est-ce qu’elle projette de faire, exactement ? Elle ne va pas profiter du manque de témoins pour l’étrangler… il en est presque convaincu. “Grâce et Melsant ?” C’est tout ce qu’il dit le Voltigeur, avant de rire de bon coeur. Dire qu’elle lui a presque fait une scène parce qu’il n’a pas gardé son secret ! Neige. Verre qui tinte. Blancheur éclatante. Dans un geste enfantin, et particulièrement inutile, le major de Svaljärd plaque ses mains sur ses oreilles en jetant un regard furibond à Nuage. “Je ne veux rien savoir.” Le pépiement amusé du griffon lui répond, et le Voltigeur enlève ses mains pour taquiner le bec du griffon. “ Amuses-toi bien. Sois sage. Ne fais rien que je ne ferais pas.” Tas de couvertures qui bouge. ”Oui, ça. Non.” Nuage bat des ailes avec bonne humeur, glissant son bec contre le torse de son Voltigeur avant de pépier un au-revoir. Que les griffons s’envolent vers Lorgol, le laissant à la merci de Reja. Il ne va clairement pas se plaindre.

Il se tourne d’ailleurs vers la jeune femme, un sourire amusé sur les lèvres, une pointe de défi dans ses yeux bruns. “Si tu envisages très sérieusement de m’accueillir ainsi à chaque fois que l’on se voit, je n’y vois aucun inconvénient.” Il observe les alentours un moment, avant de reprendre. “Tu m’as à toi, entièrement à toi, pour une semaine. Alors, qu’est-ce que tu as prévu?” Il est prêt à tout accepter, surtout si cela implique une chambre et leurs deux corps serrés l’un contre l’autre. Mais Mayeul doute que ce soit ça. Reja a bien parlé de moyen de transport ? Pas un chameau. pitié, pas un chameau. Il est cielsombrois, par Erelf ! Attrapant la main de la Voltigeuse, Mayeul la porte à ses lèvres avec un sourire espiègle. Il est son dévoué serviteur pour cette semaine, et si le moyen de transport s’avère désagréable, il espère bien que la jeune femme saura se faire pardonner !


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyVen 20 Oct - 0:49

Ils s’envolent, les deux griffons, le petit suivant le grand, et tu adresses à Sirocco tes vœux de bon voyage. Tu te doutes qu’il va tenter d’intercepter Grâce et Corail sur la route, pour accompagner Soie plus longtemps, et tu te sens d’avance désolée pour le major de Séverac qui va devoir supporter les affections de ton turbulent compagnon à l’égard de sa griffonne. Tu te promets d’interroger Grâce, à son retour – elle saura sûrement calmer ton incorrigible partenaire s’il dépasse les limites et épuise totalement la patience de son amoureux. Cela dit, il doit être largement pourvu en la matière, si tu en crois les rumeurs qui courent sur les excès de ses multiples frères et sœurs…

Tu refuses de t’engager plus loin sur cette voie – penser à Castiel te gâchera sans nul doute le plaisir de la soirée – et tu te loves contre Mayeul, quémandant son attention d’un autre baiser. Vous vous voyez si peu ! Bien trop peu à ton goût, alors qu’il te fait découvrir un monde de nouveautés, et tu ne parviens pas à te rassasier de ses baisers. La perspective de l’avoir pour toi toute une semaine te met en joie, et tu éprouves une allégresse fébrile. Chaque nuit ! Chaque nuit, pour les sept jours à venir, tu l’auras à ta seule disposition. Pas de message urgent, pas de crise à gérer, pas d’ailière revenant à l’improviste. Juste toi et lui, juste vous deux, seuls au monde, et l’alchimie intense que vos corps peuvent créer lorsqu’ils œuvrent à l’unisson. Si tu t’écoutais, tu lui arracherais sa chemise, là, à même les rochers… Mais il t’a appris que l’attente ne rend les choses que plus excitantes, et tu te forces à le lâcher, la luxure gravée au fond de tes prunelles, mais un sourire un peu malicieux rivé aux lèvres.

« Ce soir, je t’emmène dans un endroit… spécial. Ce n’est pas très loin – il faut juste descendre la colline, notre…véhicule s’y trouve. Mais d’abord, laisse-moi vérifier ta tenue. » Il porte son uniforme de Voltigeur, c’est une bonne chose – les tribus qu’ils sont susceptibles de croiser auront moins tendance à agresser un représentant de l’élite des cieux, mais une ou deux précautions supplémentaires ne feront pas de mal. « Enfile ça, par-dessus. » C’est un caftan de voyage qu’elle lui tend, emprunté aux réserves de vêtements de la caserne d’Ibelin, toujours utiles en cas d’infiltration à mener. Puis elle tire de son nécessaire un accessoire qui, vraisemblablement, soulèvera un peu plus de protestations. « Ça, c’est du khôl. Je vais en tracer un trait sous tes yeux, et je ferai pareil sous les miens : les grains de sable qui volent dans le vent du désert se colleront dessus et n’iront pas irriter nos yeux. » Tous les Erebiens font ça – mais pas les Cielsombrois, et si tu as bien envisagé la possibilité qu’il t’oppose un refus net et catégorique, tu as toutefois préféré miser sur sa curiosité naturelle et son sens du ridicule particulier.

Il a bien porté des chemises hideuses pendant des mois, non ?
Il supportera bien un trait de khôl pendant deux heures !




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyDim 22 Oct - 18:09

Le baiser qu'ils échangent est passionné, et Mayeul sent son corps vibrer à l'unisson de celui de la Voltigeuse. Le goût de ses lèvres éveille d'autres souvenirs, et le désir enflamme ses sens. Sept jours, entiers, rien qu'à eux. Par Mirta, il compte bien en profiter ! Reja brise pourtant leur étreinte, et la main de Mayeul s'attarde sur sa hanche alors qu'elle reprend la parole. Il le savait, elle a une idée bien précise en tête, et il lui tarde de la découvrir. Les mystères que fait la jeune femme ne font qu'aiguiser la curiosité du Cielsombrois, qui recule d'un pas pour la laisser l'observer d'un œil critique. Il est vêtu simplement pour le voyage, ses fourrures kyréennes du début empaquetées à sa dernière halte avec Nuage, son uniforme de Vol où se distingue ses galons de major permettant tout juste à l'identifier. Un air curieux dansant dans ses yeux sombres, Mayeul attrape sans rechigner la tenue tendue par Reja, retournant le tissu dans ses mains avec curiosité. Il n'a pas de réelle objection à formuler, en vérité, et obéit sans discuter tandis que la jeune femme se munit d'un autre accessoire.

Rien ne doit l'identifier comme un cielsombrois, s'il veut éviter les ennuis. Cela, il le comprend parfaitement Mayeul. Il a beau s'en défendre, la rancune tenace entre Sombreciel et Erebor a laissé ses marques en lui. Comment faire autrement, alors qu'on est bercé depuis tout petit par les récits de cruauté, de stupidité et de dangerosité des Erebiens ? Il a travaillé avec des Erebiens, il a même couché avec certaine, mais ces récits sont toujours restés dans un recoin de son esprit. Et même maintenant, alors qu'il couche avec elle, Reja possède cette aura de sauvagerie et de danger qui l'attirent bien plus qu'elle ne devrait. Après tout, n'est-ce pas pour ça qu'il a cherché à la séduire dès leurs tous premiers instants à la Caserne de Serre? Parce qu'elle est belle, qu'elle est Erebienne et qu'elle représentait un défi. Elle est toujours aussi belle, représente toujours autant un défi mais la seule différence, c'est qu'aujourd'hui, Mayeul est fou d'elle. Il se languit de ses caresses et de ses baisers, et il est prêt à renier ce qu'on lui a appris pour elle. Mais là, elle lui en demande beaucoup !

"Non." Il n'a même pas réfléchi le Voltigeur avant de donner sa réponse, et la rapidité de sa réaction le surprend lui-même. L'argumentaire de la jeune femme est pertinent pourtant, logique même, Mayeul suppose. Disons qu'il n'y a jamais pensé, et qu'il n'est pas réellement sûr de vouloir le faire. "Ce n'est pas réellement indispensable, si ?" La note d'espoir qui perce dans sa voix est ridicule, il en est bien conscient, et s'efforce de taire le sentiment en reprenant la parole. "Tu as toi-même dit que ce n'était pas loin." Il parle trop, Reja le lui a déjà fait remarquer, mais il peut difficilement s'en empêcher, ses pensées se démêlant au fil de sa conversation avec lui-même. "Mais si tu dois faire ça, réellement… " Ses yeux se plantent dans les prunelles de la jeune femme. "Très bien. J'imagine que faire parti du groupe des admirateurs du maquillage ne me tuera pas." Et Reja a intérêt, tellement intérêt à savoir se montrer imaginative pour qu'il puisse lui pardonner ! Son accord donné du bout des lèvres, Mayeul fait face à son destin la tête haute. Il ne peut s'empêcher de croiser les bras avant qu'elle n'approche, et d'ajouter d'un ton boudeur. "Je te préviens, tu ris, je pars !" A pieds. Dans le désert. Parfaitement !


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyDim 5 Nov - 0:48

Non, dit-il.
Non – il ose te refuser quelque chose, et ton sourcil s’arque sous la surprise. Ton air se fait clairement désapprobateur, tant devant le simple refus que devant la promptitude de sa réponse. Tu n’as pas l’habitude qu’il te dise non, ce damné Voltigeur – d’habitude, c’est toi qui refuse, et ça fait dix ans que ça dure ! Décidément, il prend quelques libertés depuis le tournant de votre relation, peut-être vas-tu devoir sévir ? Une part de toi te souffle cependant que ce refus net est plus un réflexe instinctif qu’un réel désaccord, tant les relations entre Erebiens et Cielsombrois sont alourdies de préjugés depuis la petite enfance. Depuis le berceau, l’on apprend aux enfants du sable que leurs voisins aiment à s’abrutir de drogues – et tu te dois d’avouer que Mayeul semble correspondre à ce stéréotype de faiblesse vulnérable à l’addiction, quelle que soit la nature du produit impliqué. Tout comme, depuis toujours, on apprend aux enfants de Mirta que ceux de Joseï sont cruels, égoïstes et barbares – oui, ces termes peuvent s’appliquer à toi, tu en as bien conscience. Comment s’étonner qu’un brin de méfiance imprègne encore vos échanges, même dans les moments de tendresse ?

Tu le laisses parler, évacuer ses doutes ; et il finit par capituler. Est-ce la fermeté de ta posture, la prière dans ton regard ? Quoi qu’il en soit, il consent, même du bout des lèvres, et tu te fais silencieusement la promesse solennelle, par-devers toi, de tout mettre en œuvre pour le récompenser de sa docilité. Gravement, tu opines du chef : oui, c’est nécessaire. « Si je ne le fais pas, tu auras les yeux irrités en quelques minutes, et le sable pourrait même les blesser. Il y a du vent en cette saison, tu sais – et les bourrasques sont sans pitié. Je ne veux pas que tes compétences de Voltige se trouvent en danger à cause de moi. » Tu sais qu’il sera sensible à cet argument : un Voltigeur qui n’y voit plus clair est inutile à son escadron, et tu as bien remarqué que Mayeul semblait prendre ses responsabilités de major très à cœur. Te hissant sur la pointe des pieds, tu plonges le pinceau dans l’encre cosmétique, avant d’étaler un trait généreux sous sa paupière, de chaque côté. Tu en fais de même sous tes propres yeux, à l’aveuglette, avant de ranger ton matériel. « Surtout, ne frotte pas. C’est assez gras, tu l’étalerais partout et ça ne servirait plus à rien. Quand on arrivera, je t’aiderai à l’enlever, d’accord ? Sois sage. »

Tu ne peux t’empêcher de le dévisager. Souligné de noir, son regard acquiert une profondeur qui te fait presque frémir. Tu vois bien qu’il n’est pas à son aise, aussi tu prends son visage entre ses mains pour river ses yeux aux tiens. « Rappelle-toi que je suis erebienne – et qu’on m’a élevée pour trouver ces yeux-là séduisants. Devine un peu le genre de pensées que tu m’inspires en ce moment. » Le genre de pensées où il n’est que question de vêtements qu’au moment de les arracher, par exemple. Mais mieux ne pas t’attarder sur ces rêveries-là : vous avez un peu de chemin à parcourir avant d’arriver à votre destination, et le soleil descend déjà à l’horizon. Tu l’attrapes par la main, ton Cielsombrois rebelle ; et tu l’entraînes en contrebas, où vous attendent deux chevaux de cette race solide qu’élèvent les tiens et qu’une tribu de ton clan t’a prêtés. C’est dans leur oasis que vous dormirez, ce soir, et tu as tout autant peur que hâte d’introduire Mayeul au sein de ta parentèle. D'un mouvement habitué, tu enroules une écharpe sur le bas de son visage pour le protéger du vent. Vous ne pourrez pas parler avant d'arriver ; alors tu délivres quelques explications et consignes de dernière minute. « Je t’emmène à l’oasis de Varmaï. Sa tribu appartient au clan Sinhaj, nous sommes cousins – ils nous hébergeront pour la nuit, et nous repartirons demain. Ils savent que tu es Voltigeur, mais pas que tu es cielsombrois. Sois sage, Mayeul, je compte sur toi… »

C’est la deuxième fois que tu lui dis.
Avec un peu de chance, il obéira ?




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyDim 5 Nov - 22:14

Il finit par accepter le Voltigeur, doutant d'avoir réellement le choix en la matière. Et de toute façon, aussi bizarre, aussi Erebien que cela paraisse… Reja a raison, c'est probablement une astuce utile, quelque ce soit l'air que cela pourra lui donner. Alors il accepte de se soumettre et de faire confiance à son jugement, malgré la méfiance instinctive qu'il ne peut s'empêcher de ressentir. Mais Reja est Voltigeuse et si son apprentissage à la caserne de Serre lui a appris quelque chose, c'est d'avoir une confiance pleine et entière envers ses pairs. Et puis, ce n'est pas la première fois qu'il remet sa vie entre ses mains, alors pourquoi craindre quoi que ce soit ? La jeune femme sent probablement sa réticence, et le discours qu'elle prononce est sage et réfléchi. Elle sait mieux que lui. Elle l'aime assez pour avoir planifié ce moment à deux, il n'a pas le droit de le gâcher pour une méfiance que l'enfance a gravée en lui.

Mais malgré cette bonne résolution, Mayeul ne peut s'empêcher de se tendre quand elle s'approche avec son pinceau. Il ne fait pas un pas en arrière - ce serait ridicule – mais la sensation de ce qu'elle étale sur sa peau est grandement désagréable, et le Voltigeur a déjà la main levée quand elle l'interrompt de quelques paroles après s'être elle-même maquillée. Ne pas toucher. Il peut le faire, même s'il grimace légèrement en laissant retomber sa main. Les derniers mots de l'Erebienne transforment la grimace en sourire amusé pourtant. Lui arrive-t-il seulement de ne pas être sage ?

Il rend son regard à l'Erebienne et n'esquisse pas un geste quand elle attrape son visage entre ses mains. Il la regarde lui aussi, ses yeux sombres rendus encore plus foncés par la présence du noir sous ses yeux, puisant dans ces traits devenus familiers la force de ne pas se rebeller. Il a confiance en elle et il sera sage, puisqu'elle le désire. Ce n'est pas la seule chose qu'elle semble désirer ceci dit et le désir qui flambe dans les yeux de la jeune femme réveille une sensation délicieuse chez le major de Svaljärd. Mais leur tête-à-tête ne dure guère, ils sont attendus. Quelques dernières recommandations – encore celle de se tenir tranquille, croit-elle véritablement qu'il ne lui est pas possible de bien se comporter ? – une dernière précautions vestimentaire – désagréable elle aussi, mais pas tant que la substance qui lui donne envie de se frotter les yeux – et les voilà parti à cheval, au grand soulagement de Mayeul. Monter, il sait, et son corps s'accroche à la familiarité de la sensation tandis qu'il engage sa monture à la suite de celle de Reja. Ses yeux parcourent l'immensité du désert, notant distraitement les quelques points de repères qu'il peut y trouver, revenant sans cesse sur la silhouette de Reja qui le guide sans mot dire. Le vent rendrait bien inutile toute tentative de conversation cependant, alors le Voltigeur prend son mal en patience, se demandant ce qu'il va trouver au bout de la route. Un oasis. Un clan tout entier. Et pas de droit à l'erreur : si ces gens apprennent qu'il est cielsombrois, l'accueil risque fort de ne pas être chaleureux. Mais Reja sait ce qu'elle fait, et il a confiance en elle, autant qu'elle a confiance en lui.

Alors au lieu de tergiverser, Mayeul se concentre sur la Voltigeuse : il sait qu'il devra lui parler tôt ou tard de sa rencontre avec le Roi Noir et Vif-Argent. De sa possible appartenance à l'Ordre, bien qu'il n'y croit pas : elle est Voltigeuse, basée à Ibelin, en plein cœur d'Ibélène qui chasse activement les membres de l'Ordre du Jugement. Et Reja n'est pas stupide, non ? Elle a souffert aussi de leurs agissements. Il y a forcément une autre explication. Forcément.

Mais il ne veut pas gâcher ce moment à deux, pas maintenant. Ils sont bien trop rares pour qu'il puisse se permettre de les ruiner, alors les explications attendront. Lui-même, en vérité, ne sait plus où il en est à ce sujet. La Rose prône la paix, mais il a vu bien trop de choses durant cette guerre pour espérer un jour se réconcilier avec les mages, malgré les exhortations de Sigvald. Il est un peu perdu dans ses engagements le major de Svaljärd, et confronter Reja au sujet des siens ne lui semble pas être très pertinent pour le moment.

Leur arrivée dans l'oasis interrompt là ses réflexions, et Mayeul regarde d'un air intrigué l'endroit où la tribu a élu domicile. Il ne connaît pas grand-chose à l'organisation erebienne et aux liens familiaux qui semblent les unir, alors il espère que Reja saura le guider pour qu'il ne fasse pas de bourdes malencontreuses. Leur arrivée en tout cas ne passent pas inaperçue et enfants et adolescents se massent autour d'eux, échangeant dans un dialecte qu'il reconnaît vaguement comme étant la langue du coin. La même que Reja a déjà utilisé pour l'insulter, s'il se rappelle bien. Mais les nouveaux venus semblent plus intrigués qu'hostiles, et le Voltigeur a toujours apprécié être au centre de l'attention. Il soutient sans peine les doigts pointés dans leur direction et le brouhaha des commentaires, immobilisant son cheval près de Reja et attendant un signe de l'Erebienne avant de sauter à terre. Il lui a promis de bien se comporter : saluer quelques enfants de la main rentre surement dans les bons comportements, non ? Les Erebiens ne sont sans doute pas sauvages à ce point.

D'un mouvement de talons, le Voltigeur incite sa monture à se rapprocher de celle de la jeune femme. Dénouant l'écharpe que Reja lui a noué pour le protéger de la poussière de la route, sa main traînant quelques secondes de trop près de l'agaçante sensation sous ses yeux, il prend la parole avec autant de subtilité que possible, c’est-à-dire pas réellement beaucoup. "L'accueil est toujours comme ça, ou c'est juste pour moi ?" Les Erebiens sont des gens égoïstes et xénophobes, ils n'aiment pas les étrangers. Qu'est-ce que Reja a bien pu dire à son sujet ? "Pas que je n'apprécie pas être au centre de l'attention." Assure-t-il avec un sourire rassurant, secouant la poussière du voyage de ses cheveux. Trop de sable dans ce pays !


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyDim 12 Nov - 14:26

Le trajet ne vous laisse pas vraiment le temps de bavarder, une fois vos sacs accrochés aux selles de vos montures, et tu passes ce temps en suivant distraitement le vol de Sirocco qui – comme par hasard – croisera bientôt la route de Soie, en route pour Lorgol elle aussi avec son cavalier, et Grâce accompagnée de Corail. Que le monde est petiiiit… Un brin d’amusement te provient en réponse de la part de ton turbulent compagnon, qui a parfaitement conscience que tu n’es pas dupe de son petit manège. Tu plains Grâce d’avoir à supporter la présence de Sirocco et Nuage, pas vraiment des modèles de calme, dans ce voyage qu’elle avait sûrement dû s’imaginer tranquille. Enfin, elle a une autorité toute relative sur ton griffon, tout de même – elle saura bien le faire tenir tranquille.

Certainement.

Pour l’instant, c’est de Mayeul que tu dois t’occuper, veillant à ce qu’il ne commette aucun impair auprès des tiens. La rumeur s’est répandue de tribu en tribu comme une traînée de poudre, quand tu as annoncé revenir passer quelques jours de permission en compagnie de « ton homme » – première fois que tu revendiques officiellement Mayeul comme tien, par Joseï – et qu’en plus, il n’est pas erebien. Tu n’as pas précisé qu’il était cielsombrois, juste qu’il voltige, comme toi, et cela a suffi à ce qu’on t’accorde permission de faire entrer un étranger dans les oasis de ton clan, pourvu qu’il sache se tenir à peu près correctement.

Mayeul.
Correctement.

Tu ne sais pas vraiment si tu es complètement folle d’imaginer un seul instant que Mayeul de Vifesprit puisse réellement se tenir tranquille, alors même que c’est son impertinence et son caractère rebelle qui lui ont donné la persévérance nécessaire à te conquérir. Ou peut-être es-tu simplement naïve ? Quoi qu’il en soit, tu veux y croire, quand même : il t’a montré qu’il est parfaitement capable de se montrer sérieux quand il le faut vraiment, et tu as bien insisté pour qu’il fasse une bonne impression auprès des tiens. Il l’a forcément compris. Et tu veux croire, farouchement, qu’il est autant curieux de découvrir Erebor que ce qu’il t’a raconté, ce soir où tu as épanché tes confessions, ce soir où il t’en a donné l’absolution.

Tu n’as pas trop le temps d’angoisser vraiment : vous arrivez à Varmaï alors que la nuit est tombée depuis quelques minutes, et vous suivez les torches indiquant l’entrée de l’oasis. Les enfants courent à votre rencontre, criant des bienvenues ravies, et quelques adolescentes se sont rassemblées un peu à l’écart, pointant Mayeul du doigt et échangeant des commentaires à mi-voix derrière leurs paumes. Le signe de la main qu’il adresse aux enfants les ravit au plus haut point, et tu retiens un sourire attendri lorsque l’un des plus petits lui demande où est son griffon, dans un erebien des dunes que Mayeul ne comprend vraisemblablement pas. « Il ne parle pas la langue des sables, petits » expliques-tu dans le même dialecte, « et son griffon est parti en balade avec le mien. » Ils connaissent Sirocco, et quelques exclamations dépitées résonnent : ton compagnon plumeux, qui adore être le centre de l’attention, a toujours fait sensation lors de vos visites, et a diverti plus d’un petit en les laissant grimper sur ses ailes et son dos. « Si vous êtes sages avec nous ce soir, nous reviendrons vous les montrer dans une semaine. », promets-tu avec un sourire entendu.

La marmaille reflue en désordre vers les tentes sédentaires qui abritent les adultes, et tu descends de cheval, indiquant du menton à Mayeul d’en faire de même. « Prépare-toi à être observé sous toutes les coutures partout où nous irons. Je suis… connue, parmi les miens – ma mère était une princesse des Sinhaj, et elle a eu le privilège immense de servir le sultan en son harem, en lui donnant trois enfants, dont deux ont survécu. Et tu es le premier homme que je leur ramène, alors… Ils sont curieux. Les grandes se demandaient si elles arriveraient à détourner ton attention de moi pendant les danses. Et les petits voulaient voir ton griffon. » Côte à côte, vous vous avancez dans le camp en menant vos chevaux par la bride, et tu détailles alors ce que vous croisez. « Ici, ce sont les habitations des artisans. Nous allons vers le centre de l’oasis, près de l’eau : c’est là-bas que sera le feu de cuisson, et autour de lui les adultes dont les anciens de la tribu, auxquelles j’annoncerai mon arrivée et celle de mon homme. Nous attacherons nos chevaux près de l’eau. Il y a dans la sacoche rouge, sur le tien, des cadeaux que j’ai préparés pour que tu les leur donnes, en signe de remerciement pour leur hospitalité : il y a des épices pour la cuisine, des herbes pour le thé, et quelques bobines de fil raffiné pour broder les saris des femmes. En Erebor, dans les clans du sable, c’est une insulte de venir avec ton boire et ton manger, car l’hôte est censé y pourvoir ; mais tu peux offrir des agréments ou des matériaux sans difficulté. Je te présenterai comme Mayeul, major des Voltigeurs de Svaljärd, et nous irons ensuite dans la grande tente des invités. Il y a peu de voyageurs à cette période de l’année, je pense que nous y serons… seuls. »

Tu n’as pas pu empêcher un monde de sous-entendus de se glisser dans tes derniers mots.
Autant être honnête : il t’a manqué, et ton corps est avide de ses caresses.




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyLun 13 Nov - 23:15

Il est loin de penser à quel point Reja est stressée de cette rencontre Mayeul. Il a bien compris qu'il ne devait pas commettre d'impair, elle s'est montré assez insistante là-dessus, mais lui qui ne connaît pas vraiment Erebor et son système de clan est loin de s'imaginer à quel point tout ceci est important. Il est curieux le Cielsombrois, de ce peuple et de sa manière de vivre, et même si ses a-priori sont nombreux il a eu la chance de grandir dans une culture qui prône l'ouverture d'esprit. Pas envers les Erebiens, certes, mais il n'est jamais trop tard pour découvrir ! Et l'accueil premier est sympathique, après tout : Mayeul attire les regards, mais ils ne semblent pas malveillants. Evidemment, il en est sûr, il en serait tout autre s'il n'était pas accompagné de Reja.

La jeune femme prend son rôle de guide à cœur et elle répond aux sollicitations des enfants dans cette langue chantante à laquelle Mayeul ne comprend rien. Cela semble convaincre les petits en tout cas, et le Voltigeur les observe se replier en désordre avant se tourner vers Reja qui lui fait signe de démonter également. Sautant à terre avec souplesse -  il est Voltigeur et il aime se faire remarquer Mayeul – le major de Svaljärd se saisit des rênes et suit la jeune femme, son regard se promenant partout autour de lui.  Malgré ses doutes premiers, il est réellement intéressé par cette culture dont il ignore tout. Reja commente et explique, et Mayeul retient à grand peine un commentaire sur l'honneur douteux de faire partie du harem. Comment peut-on être fier d'enfermer des femmes et de les garder prisonnières pour son seul plaisir ? C'est malsain et contraire à la liberté des corps prônée par les Cielsombrois, et Mayeul peine à comprendre le concept. Et s'il reste silencieux, l'expression de son visage indique bien ce qu'il pense de ce prétendu honneur.

Mais c'est bien le reste de la phrase qui retient l'attention du Voltigeur. S'il se doute être le premier homme de Reja – disons que le contraire serait plus qu'étonnant ! – l'idée que l'on puisse chercher à le détourner d'elle lui semble étrange. C'est… une espèce de défi ? Une façon de s'assurer qu'il lui est fidèle ? Décidement, les Erebiens ont terriblement du mal avec la séduction et les jeux amoureux, et Mayeul ne peut s'empêcher de froncer les sourcils. Mais il lui a promis de se montrer sage, alors… "Tu vas danser ? Pour moi ?" Certes, ce n'est pas le plus important du discours de Reja, mais chacun ses priorités ! La jeune femme continue ses explications, et Mayeul se rapproche d'elle, glissant un bras autour de ses hanches. Est-ce autorisé ? Mal vu ? Les autres Ibéens sont si coincés parfois !

Il est "son homme". C'est flatteur, mais Mayeul ne peut s'empêcher de se demander ce que cela signifie exactement, pour les Erebiens. Qu'ont-ils cru quand Reja a annoncé l'avoir invité ? " Mayeul, major de Svaljärd." Répète avec obéissance le Voltigeur. Il ne faudrait pas qu'on le prenne pour un cielsombrois, n'est-ce pas? "Tu sembles avoir pensé à tout." Avoue Mayeul, pensif. "Les cadeaux pour les tiens, mon identité, même un moment en tête-à-tête…" Le bras du Voltigeur se resserre sur la jeune femme, la forçant à s'arrêter quelques instants. Ses lèvres se rapprochent de la jeune femme et l'amusement pétille dans ses prunelles. "Tu as tellement peur que ton clan ait une mauvaise opinion de moi ?" Il écarte une mèche de cheveux rebelle avant de souffler. "Je t'ai promis d'être sage, Reja. Arrête de t'inquiéter, tu veux ?" Il la sent stressée, mais il est loin de s'imaginer à quel niveau. Définitivement, l'interroger ce soir sur son étrange présence au palais de Sombreciel ne semble guère judicieux.

Le cheval tourne brusquement la tête, et Mayeul se voit forcé de reculer d'un pas pour ne pas trébucher. "Est-ce que tu vas réellement danser ce soir ? Je t'avoue que je suis curieux." Et même bien plus que ça. Depuis qu'elle a évoqué pour lui ces danses de son peuples, qu'Alméïde a parlé de la beauté de ces danses et de la grâce de la jeune femme, il brûle de les voir le Voltigeur. Au pire, s'il y a de la place dans cette fameuse tente, il lui réclamera une danse privée.


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyLun 11 Déc - 0:48

Joseï, que tu es crispée. Tu te laisses rarement dominer par le stress, mais c’est une occasion bien spéciale, et tu ne cesses de remettre en question la pertinence de ta décision. Mayeul ne se doute certainement pas de l’importance de ce que tu es en train de faire, et tu t’angoisses à chaque pas qui vous rapproche des anciens de la tribu. Est-ce une erreur ? Peut-être. S’il fait mauvaise impression, s’il te couvre de honte, ce sera un désastre – tu es la fille d’une princesse qui était aimée des siens, le poids de son nom repose sur tes épaules et l’on attend de toi que tu fasses preuve de discernement. On a accepté que tu ne te lies à aucun clan par le mariage, le tien ou un autre, car Sirocco était là pour le justifier ; mais à présent que tu vis une relation suffisamment significative pour ouvrir les portes d’Erebor à un étranger, tu sais que l’homme que tu amènes à ta suite sera scruté et testé de toutes les manières possibles.

Il semble en être conscient, c’est déjà une bonne chose. La boule de tension au creux de ton estomac ne cesse toutefois de s’alourdir, tramée de toutes les craintes de ton enfance, de tous les doutes que l’on a pu t’inculquer à l’endroit des Cielsombrois au fil des années. Ton regard s’évade alentour, scrute chaque détail, cherchant à repérer les visages qui se tournent vers vous pour observer votre lente progression vers vos hôtes. Tu as peur, un peu, que les anciens de la tribu Varmaï le jugent indigne de toi, qu’ils désapprouvent ton choix. Que ton nom devienne synonyme de ridicule, que l’humiliation t’empêche de remettre un jour les pieds dans les tribus de ton clan. Nerveuse, tu te mords la lèvre ; et les avances de Mayeul ont au moins le mérite de distraire un instant tes pensées des possibles désastreuses conséquences d’une mauvaise première impression. Son bras autour de tes hanches te rassure et t’ancre dans l’instant présent, loin des hypothétiques « peut-être » et « si jamais », et lorsqu’il t’attire plus près de lui, tu t’arrêtes sans rechigner, fort peu pressée de rejoindre les anciens.

Un sourire un peu crispé étire tes lèvres quand te demande si tu vas danser. Tu es presque désolée de devoir répondre par la négative, et ton signe de tête est un peu raide. « Non, pas ce soir. Ici, nous sommes chez les Varmaï ; et je ne prendrai part aux danses que si l’on me le propose. Je ne suis pas chez moi, ici, et m’imposer parmi leurs danseuses reviendrait à sous-entendre que je les trouve trop médiocres pour honorer convenablement leurs invités. C’est une tribu fière ; je pense que tu devras attendre notre arrivée chez ma tante Zobéïde, l’émira des Sinhaj, pour que je prenne place parmi mes cousines pour les danses. » Du dos de la main, tu effleures sa joue dans une caresse fugitive, pleine de promesses et d’invites. Plus tard, tu danseras pour lui, oui – dans l’intimité de la tente qui vous sera ouverte, une danse différente que tu ne partages qu’avec lui. Avant ça, il y a… Les anciens.

Te voilà angoissée à nouveau.

À contrecœur, tu te détaches de lui. Son contact te fait du bien, sa proximité apaise tes nerfs tout en allumant une délicieuse attente au creux de tes veines – mais pour l’instant, tu dois t’acquitter de tes devoirs. Saisissant la main de Mayeul, tu l’entraînes d’un pas déterminé vers le feu central, sentant sur ta nuque le poids d’une multitude de regards qui te rendent terriblement nerveuse.

À tort, peut-être. Mayeul s’en tire honorablement, et si tu remarques un ou deux sourcils levés à certaines de ses remarques, il fait visiblement des efforts et cela parle en sa faveur. Tu te détends, peu à peu ; et lorsqu’enfin l’entretien se termine et que le dîner s’achève, tu te pelotonnes contre son flanc alors que les danses commencent. Pour profiter de la chaleur de son corps, oui, et aussi pour mieux percevoir les mouvements de sa tête, et voir si son regard s’attache à une danseuse en particulier parmi ta multitude de cousines.

Qu’il sache que l’ampleur de ton entrain et de ta coopération plus tard ce soir dépendra grandement de son attitude.




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyMar 12 Déc - 22:17

Elle ne se dérobe pas à ses caresses la Voltigeuse, se laissant attirer dans une étreinte complice. Elle douche rapidement son enthousiasme pourtant lorsqu'elle lui révèle qu'elle ne dansera pas. Mayeul est déçu, mais il en comprend la raison. Inutile de vexer leurs hôtes, oui.  La main de la jeune femme caresse sa joue, promesse d'une compensation ultérieure, et elle s'éloigne déjà. Il faut quelques secondes au Voltigeur pour se reprendre et il se laisse docilement entraîner.

Mayeul aime être au centre de l'attention, cela ne lui a jamais fait peur. S'il a perdu de cette arrogance qui le caractérisait plus jeune, il garde pourtant la tête haute devant les anciens de la tribu. Il répond à leurs questions, ose quelques mots, quelques remarques, sans jamais pourtant, il lui semble, dépasser les limites. Après tout, il a été élevé dans la noblesse, en sachant ce qu'il fallait dire ou faire… même s'il ne l'a jamais appliqué énormément. Il a étudié la psychologie aussi, les relations, les attentes des gens et si Erebor et la mentalité de sa population demeurent encore un mystère, Mayeul pense qu'il ne s'en est pas trop mal sorti. Il calque ses sentiments sur les réactions de Reja et puisque cette dernière ne s'est pas encore saisie de son sabre pour l'égorger sur place, c'est sans doute que sa prestation n'est pas si mauvaise. Le major de Svaljärd s'efforce même de goûter les plats qu'on lui propose au dîner, s'efforçant de faire abstraction de ce qui lui paraît étrange ou peu ragoûtant. Il fait des efforts, réellement, et il espère que la jeune femme le reconnaîtra.

Le dîner achevé, c'est l'heure des danses et même si la déception est grande de savoir que Reja n'y participera pas, avoir la jeune femme pelotonnée contre lui est un prix de consolation plutôt agréable. Un bras passé autour des épaules de la Voltigeuse, Mayeul observe avec attention le spectacle des jeunes femmes en communion avec le désert. C'est beau, poétique, et d'une telle intensité que Mayeul pense enfin comprendre ce qu'Alméïde puis Reja ont essayé de lui expliquer. Il préférerait voir Reja, pourtant, flirter avec les dieux alors que ses pieds nus flirtent avec le sable. Mais c'est peut-être mieux qu'il ne l'ai rien qu'à lui, en vérité. Qu'elle danse seulement pour lui. Penchant la tête vers la jeune femme blottie contre lui, Mayeul lui souffle : "C'est mieux que tu ne danses pas, en effet. Tu es tellement plus merveilleuse qu'elles."

Il ne sait pas si c'est réellement autorisé de bavarder pendant les danses Mayeul, ni même s'il est poli de détacher son regard des danseuses. Après tout, de ce qu'il en a compris, c'est pour lui qu'elles dansent, parce qu'il est un invité ici. Mais en même temps, son esprit ne peut se détacher de la remarque de Reja à l'entrée du camp, comme quoi ses cousines essayeraient de le détourner d'elle. "Tu es la seule que je pourrais regarder des heures sans me lasser, tu sais." Souligne le Voltigeur avec un sourire malicieux, ses doigts s'attardant dans la chevelure sombre de la jeune femme.

Il ignore combien de temps passe mais les danseuses s'arrêtent bientôt, une à une, et il se laisse docilement entraîner vers la tente des invités. Fin du spectacle, sans doute est-il plus que temps pour un moment bien plus intime. Est-ce que les murs de toile empêcheront le camp de savoir ce qu'il se passe ? Il n'en sait rien Mayeul, mais sans doute est-ce l'occasion de le découvrir. S'il fait quelque chose d'inconvenant, Reja saura le lui dire, après tout. Alors, à peine la tenture refermée, le Voltigeur enlace la jeune femme avant de l'embrasser, un baiser demandeur qui reflète sans doute la patience dont il a su faire preuve. Ses mains viennent entourer les hanches de la Voltigeuse tandis qu'il la serre contre lui, assoiffé qu'il est de sentir le corps de la jeune femme contre le sien, sans ce tissu superflu qui dissimule, il le sait, tant de beauté. "J'ai été sage, tu as vu ?" Lui fait-il remarquer avec une malice enfantine dans le regard. Il faut dire qu'il l'attend, sa récompense.


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptySam 23 Déc - 0:42

Finalement, ta confiance n’était peut-être pas si mal placée : il s’est bien tenu, et malgré ton stress, tu as apprécié cette soirée. Il a visiblement fait bonne impression à ta parentèle, et c’est avec un soulagement profond que tu constates sa réaction aux danses. Il ne sait sans doute pas que chaque danseuse scrute avec attention chacune de ses réactions, cherchant à remarquer une inclination, une préférence – tu peux presque sentir la déception planer dans l’air lorsqu’il se penche vers toi pour te serrer plus fort contre lui et partager cet instant avec toi. Un ronronnement satisfait résonne au creux de ta poitrine, et tu interceptes du coin de l’œil le regard approbateur que deux des anciens échangent à la dérobée. Il se débrouille bien, cet étranger, semblent-ils murmurer, et un sourire rassuré étire tes lèvres.

Un sourire qui devient rire, quelques minutes plus tard, dans la tente qui leur a été attribuée et où ils seront seuls ce soir. Rire de soulagement, de plaisir aussi de le voir si impatient. Il s’est montré sage, c’est vrai, et patient bien plus qu’à l’ordinaire – ses caresses cependant sont suffisamment éloquentes pour qu’elle comprenne à quel point il a rongé son frein, pendant cette longue soirée de fête. Il a l’air si fier de lui ! Le rire de la Voltigeuse se fait rivière de joie, de voir l’épreuve qui l’angoissait tant surmontée avec tant de facilité, de l’avoir à nouveau contre elle et de vibrer dans ses bras, de pouvoir lui faire découvrir la beauté de ce qui est Erebor et dont les Cielsombrois n’ont qu’une idée fort imprécise. « Oui, tu as été remarquablement sage, et tu as mérité ta récompense. » chuchote-t-elle à son oreille avec au moins autant de malice. C’est, après tout, dans son intérêt à elle aussi ! Et pendant un long moment, la lueur discrète de la lanterne projette sur les parois de toile les ombres de deux corps qui s’aiment, avec la passion fiévreuse de cœurs profondément épris.

Rien qui ne soit vraiment surprenant pour les habitants de l’oasis – la sensualité est au cœur des chants et des danses du désert, mais l’invité n’est pas d’ici et il semble flatteur pour lui qu’il sache rendre heureuse une fille du sable. C’est globalement ce qui se lit dans les regards approbateurs au petit matin, et la rougeur fugitive sur les joues de Reja lui rappelle combien la venue de Mayeul sera sujette à potins et commérages pendant au moins des mois. Elle n’est pas surprise de découvrir autour du feu de camp le regard méditatif d’Astarté, son amie préférée, qui pose sur Mayeul une œillade attentivement évaluatrice : la jeune femme savait qu’elle devait venir, étant un instrument essentiel à la seconde étape de leur voyage. Le repas est rapidement avalé, les remerciements présentés pour le repas, les danses, la tente et les ablutions, les congés pris – et les deux visiteurs remontent en selle, non sans que Reja n’ait renouvelé son application sous les yeux de son invité.

« Aujourd’hui, je t’emmène à Al-Majir. C’est un état du roc, mais perdu au milieu des sables : il y a là-bas la mine de gemmes la plus précieuse exploitée par les Sinhaj. Normalement, toi et moi ne devrions pas pouvoir y entrer, mais Astarté est mon amie, et elle a placé un mot en ma faveur auprès de la guilde des Gemmes. Il y a d’autres cavernes belles à visiter, mais celles-ci sont… enfin. Tu verras. Nous pourrons passer la nuit dans l’une d’elles. Ce sont des mineurs de toutes les tribus, il n’y a pas de danses ni de fête – pour payer notre séjour, je transporte ceci pour Astarté. » De la main, elle tapote la lourde sacoche accrochée à sa selle, contenant moult pierres examinées par l’œil infaillible de la Faiseuse de Merveilles, et qu'elle a consenti à transporter pour éviter à son amie de devoir payer des mercenaires armés pour l'escorter. « Tu es prêt ? Alors, en route. »

À la mi-journée, la pause dans une oasis minuscule les abrite suffisamment pour avoir le temps de piquer une tête dans l’étendue d’eau ; avant de repartir une fois le soleil moins féroce. C’est en fin d’après-midi que les chevaux quittent la piste pour s’approcher d’une falaise où se dessinent plusieurs ouvertures, éclairées par plusieurs feux de camps.




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyLun 1 Jan - 13:53

Il a été sage et patient, mais voir rire Reja est bien la meilleure récompense qui soit. Il a eu peur Mayeul de faire un faux mouvement, une mauvaise remarque qui aurait entraîné une catastrophe. Mais la Voltigeuse est détendue, soulagée, et leurs corps qui s’unissent sont le point d’orgue de la soirée. Et qu’importe les danses, qu’importe les merveilles d’Erebor : rien ne pourra égaler le ballet de leurs deux corps qui s’unissent et se mêlent à la lueur des lanternes.
La nuit a été courte, mais Mayeul ne songe pas à s’en plaindre. Se réveiller aux côtés de Reja est un moment bien trop précieux pour se décider à le gâcher, et le camp des Erebiens se met déjà en route quand les Voltigeurs émergent de la tente. Le cielsombrois contemple avec un intérêt certain ce qu’il se passe autour de lui. Astarté lui est rapidement présenté et si son visage évoque vaguement quelque chose au Voltigeur, il ne s’y attarde pas davantage. Lui qui ne comprend pas les potins échangés est bien indifférent aux histoires qui se propageront parmi le clan une fois qu’il sera parti et il apprécie son petit déjeuner, rapidement avalé. Reja se charge des remerciements tandis que le Voltigeur détaille une dernière fois le camp, incapable de cacher sa curiosité quant à la vie particulière des gens d’ici. Pour le cielsombrois qu’il est, cette vie nomade fait partie des incompréhensions qu’il a d’Erebor, et il est avide de comprendre Mayeul.
Mais ils repartent déjà, et les protestations du Voltigeur quand Reja lui applique son produit sous les yeux ne sont qu’à moitié convaincues. De ce qu’il en a constaté, c’est efficace, alors il ne râle que pour la forme. Et parce qu’il aime bien l’agacer, peut-être, un peu. Mayeul remonte en selle, écoutant les explications de Reja sur leur future destination, préservant pourtant une part de mystère. Protester ne le mènera à rien et autant se l’avouer, Mayeul ne rechigne pas à se laisser guider parle bout du nez par la jeune femme. Surtout que la récompense pour se montrer docile est à la hauteur de ses espérances ! Les voilà partis, deux voyageurs solitaires dans le désert, et le Voltigeur est bien décidé à profiter de cette semaine en Erebor pour s’imprégner de toutes les merveilles que Reja désire lui montrer.
Lorsque le vent souffle moins fort, il n'hésite pas à rapprocher sa monture de celle de l'erebienne, lui partageant ses impressions et quelques anecdotes. La pause de midi les trouve au bord d'une minuscule oasis, et Mayeul ne se fait pas prier pour se déshabiller et plonger dans l'eau fraîche. Il nage honorablement le cielsombrois, suffisamment en tout cas pour apprécier l'interlude aux côtés de Reja. Ils sont seuls, comme perdus au milieu du désert, et la tentation d'apprendre à connaître par cœur le corps sublime de la Voltigeuse est bien trop forte. Son corps nu appelle ses caresses, et le major de Svaljärd n'a jamais été un homme à résister à ce genre d'appel.

Il est ivre Mayeul, ivre de cet amour qui menace de déborder, ivre de ce désir qu'il peut enfin démontrer. Leur relation est faite de moments volés aux autres et pour la première fois, ils sont seuls, libre de faire ce qu'ils veulent ou presque. Il est bien décidé à en profiter à chaque seconde, volant un baiser quand ils partagent la nourriture donnée par le camp précédent, laissant ses doigts s'attarder sur le poignet de Reja quand elle lui applique à nouveau le lourd maquillage qui lui évite de s'aveugler. L'arrivée à Al-Majir est à la fois une fête et un déchirement, face à cette idée que Reja n'est pas, n'est plus, totalement à lui. Elle ne lui appartient pas, mais elle ne peut pas lui reprocher d'être un peu possessif non ?

Le paysage est une merveille, et les cavernes troglodytes sont une curiosité que Mayeul a eu bien peu d'occasion d'admirer. Il ne s'attache pas véritablement aux discours de ceux qui les accueillent – il ne comprend rien, de toute façon, à la langue chantante des dunes erebiennes – mais leur arrivée n'est pas fêtée comme au premier jour de leur voyages. Ces hommes sont des travailleurs, et la différence avec le premier camp visité est très marqué. Tout est fonctionnel ici et l'échange des gemmes n'est pas marqué par autre chose que le sérieux de l'entreprise. C'est un aspect d'Erebor que Mayeul ne connaît pas, d'hommes qui travaillent dur pour sublimer la beauté de leurs pierres. Plus qu'ailleurs, il se sent étranger ici alors que personne ne fait d'efforts pour qu'il comprenne, et le Voltigeur apprécie bien peu d'être ainsi mis de côté. La nuit tombée le trouve bientôt aux côtés de Reja dans une caverne réservée aux invités du lieu, et il ne peut s'empêcher de grommeler en attirant la jeune femme près de lui. "J'ai cru que la soirée n'en finirait jamais alors que je n'ai qu'une envie, t'avoir rien qu'à moi." Enserrant Reja dans ses bras, son ton prend des airs de conspirateur. "Tu me fais visiter les merveilles de ton duché, et j'apprécie crois-moi." Ses lèvres frôlent la peau de la jeune femme, flirtant avec la limite imposée de ses vêtements. "Mais je connais déjà l'endroit le plus incroyable…" ses baisers se font plus insistants, ses mains plus décidées "le plus époustouflant…" détachant les vêtements de la jeune femme d'une main sûre, le Voltigeur continue ses baisers. "celui pour lequel je serais prêt à vivre tourments, pour peu qu'on me laisse le contempler." Pas seulement contempler, si son attitude est une indication quelconque.


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyVen 12 Jan - 17:22

L’après-midi est passé à toute vitesse, après la remise des gemmes : veillant à ne pas se mettre sur le chemin des ouvriers, Reja a fait visiter à Mayeul les cavernes d’Al-Majir, fourmillantes d’une activité concentrée et méthodique. À mi-voix, pour ne pas déranger les travailleurs, l’Erebienne détaille à son invité les spécialités de l’endroit. « L’on extrait ici les gemmes les plus pures de tout le continent, et les veines sont riches ; cela fait d’Al-Majir l’une des plus précieuses mines de mon clan. Si les Sinhaj sont prospères, c’est notamment grâce aux carrières ici, et c’est un honneur pour les membres de la Guilde des Gemmes de se voir confier une pierre extraite ici pour la travailler. Ici, par contre, l’on ne trouve que des gemmes inertes – si tu cherches les gemmes vivantes qui scintillent de leur propre étincelle de vie, c’est le clan Kamar qui les élève, notamment à Sinsarelle. Même si l’actuelle marquise est de Sombreciel, elle est fille des Kamar et a toujours réservé le privilège de l’élevage, de l’extraction et du sertissage aux gens du désert. C’est bien. » ajoute-t-elle, opinant doctement du chef, sans savoir que la dénommée marquise est bien connue de son invité.

Le crépuscule les voit invités à rejoindre la caverne qui les abritera pour la nuit, et Reja se dirige droit vers le centre de la pièce, déployant quelques panneaux de bois pour les isoler des autres résidents, au demeurant installés relativement loin contre la paroi de l’immense grotte. « Ici, ce n’est pas une mine, » explique-t-elle en préparant un repas sommaire sur le feu de cuisine situé au centre de leur périmètre réservé, « nul n’a jamais porté la pioche en ces lieux. Tu vas voir pourquoi tout à l’heure. » promet-elle en adressant un clin d’œil à son ami.

Puis le temps passe, et la nuit tombe. Dans la caverne, les feux sont éteints, plongeant les environs dans l'obscurité ; et dans le lointain, un ronflement discret résonne. Un soupir étouffé échappe à Reja tandis qu’elle repousse en riant les avances de Mayeul, une fois n’est pas coutume. « Tiens-toi tranquille un peu, il faut attendre encore ; et cette fois aussi ta patience sera récompensée, tu verras ! » Elle a parlé d’un ton malicieux, et l’étincelle d’amusement qui pétille si rarement au fond de ses yeux indique clairement qu’elle prendra beaucoup de plaisir à ce qui suivra. Elle ne rattache pas son sari, toutefois – s’étirant lascivement en arrière, elle s’allonge sur la couverture recouvrant le sable, les bras relevés au-dessus de sa tête, exposant son corps dénudé à la lueur des étoiles pour le bénéfice des yeux du Voltigeur un peu trop hardi. Elle a bien minuté son moment : quelques secondes plus tard, exactement au même instant, Macha et Nemain commencent l’une et l’autre à apparaître, chacune devant une ouverture naturelle de la roche.

Le monde s’illumine.
La lueur des lunes jumelles, normalement modeste, frappe dans les profondeurs du lac intérieur le lit de cristaux qui en tapisse le fond, provoquant un jeu de rayons prismatiques qui viennent à leur tour frapper les cristaux de la paroi de la grotte. L’intensité de la lumière, considérablement décuplée, se fragmente en arc-en-ciels délicats qui viennent baigner l’intérieur des lieux de mille jeux d’ombre et de lumière, rebondissant à l’infini d’un rebord à l’autre. Le foyer central où le couple de Voltigeurs est installé s’en trouve envahi, et Reja sourit en lisant dans le regard de Mayeul combien son corps constellé d’étoiles colorées s’en trouve sublimé. « Je m’en voudrais d’interrompre ta contemplation, Voltigeur ; mais si elle a assez duré, j’aimerais que tu reprennes là où je t’ai arrêté. » L’invitation brûlante, au fond de ses yeux, ne fait que trahir l’intensité du désir qui lui tord le ventre, et c’est avec une autorité complice qu’elle attire Mayeul vers elle, pour lui faire l’amour dans un berceau de lumière.




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptySam 20 Jan - 1:00

Même si l'histoire de l'extraction des gemmes et les subtilités du travail des mineurs ne lui inspirent un engouement limité, Mayeul écoute avec attention les explications de Reja. Le sujet a beau ne pas être passionnant, il s'efforce de comprendre ce que les érebiens peuvent bien y voir. La mention de la marquise de Sinsarelle l'amuse, mais il n'est clairement pas désireux d'évoquer avec Reja ses liens avec la jeune femme. Plus tard, peut-être : pour l'instant, il s'efforce de se montrer bon élève. Les cielsombrois ont toujours eu des à-priori sur le duché ennemi, et Mayeul s'efforce de les dépasser avec un zèle qui n'a sans doute rien à voir avec l'amour qu'il porte à la jeune femme.

Ils partagent un repas autour d'un petit feu de cuisine, isolé sommairement des autres occupants de la grotte. L'atmosphère est propice à la détente et Mayeul se laisse aller à quelques confidences sur sa sœur, sur ces années passées à l'Académie avant qu'il ne se présente aux griffons. Il n'est habituellement guère bavard sur le sujet le Voltigeur, mais Reja partage avec lui les secrets d'Erebor et il a le sentiment qu'il n'est que juste de lui offrir quelque chose en retour. Il lui parle de Mathilde, un peu, s'efforçant de repousser ses appréhensions quand il se souvient des dures paroles de Reja il y a de ça quelques mois.

Mais les confidences, cela ne va qu'un temps, et Mayeul a rapidement envie d'une toute autre distraction. La Voltigeuse repousse ses avances pourtant, le rabrouant comme un enfant impatient. Elle ne fait pas mine de se rhabiller avant de s'allonger pourtant, ce que Mayeul considère comme une invitation. Il n'a pas le temps d'y répondre pourtant que la lumière des lunes jumelles éclaire la caverne, projetant une myriade d'éclats lumineux qui cascadent tout autour d'eux. C'est merveilleux, d'une splendeur rare, et le regard du Voltigeur ne cache rien de son émerveillement tandis qu'il suit du regard les jeux de lumières. Ses yeux finissent par rencontrer le corps de Reja, magnifié par une multitude de lumière, et son admiration n'est pas feinte alors qu'il contemple la jeune femme.

La Voltigeuse n'a guère besoin d'artifices pour être merveilleuses à ses yeux, mais le jeu délicat de la lumière sur son corps dénudée offre un spectacle qui laisse le major de Svaljärd sans voix. Lui d'ordinaire si bavard ne sait que dire, de peur de gâcher le chef-d'œuvre qui s'offre à son regard. La voix de Reja le sort de sa contemplation admirative pourtant, et Mayeul rougit légèrement, pris en flagrant délit. Il ne le regrette pas pourtant, obéissant sans attendre à l'injonction de sa compagne. Reja l'attire à lui et l'expérience est inédite, leurs deux corps s'unissant à la manière de l'ombre et de la lumière qui les baigne. La jeune femme se fait insistante et demandeuse, et le major est ravi de pouvoir lui donner satisfaction.

Les lunes s'avancent dans le ciel et l'intensité du spectacle lumineux se modifie, jusqu'à laisser les deux Voltigeurs baignés d'une douce luminosité. Les doigts jouant dans les cheveux de la jeune femme, Mayeul écoute sans mot dire le bruit de sa respiration, les battements de son cœur, l'esprit vide et le corps épuisé. S'endormir contre elle est un cadeau des Dieux, et ce qu'elle lui a offert ce soir restera un souvenir qu'il chérira particulièrement.

Le matin les trouve enlacés l'un contre l'autre, tandis que le campement des mineurs se met doucement en branle. Se dégageant doucement de l'étreinte de la jeune femme, le Voltigeur prépare lui-même de quoi manger avant de reprendre la route, le plus silencieusement possible. Il n'est pas réellement sûr que Reja dorme pourtant, mais il veut lui offrir le luxe de se réveiller avec un repas prêt et un amant aux petits soins. Elle ne tarde pas d'ailleurs et une fois le repas avalé et leurs ablutions matinales faites, la jeune femme part s'enquérir de l'état des routes – ou d'autre chose, Mayeul n'étant pas resté pour entendre un dialogue auquel il ne comprend rien – tandis que le Voltigeur retourne empaqueter leurs maigres effets. Ils voyagent légers, une habitude donnée par leur métier, et cela ne prend guère de temps.

Une voix à l'accent chantant l'interrompt dans ses derniers préparatifs et il relève la tête, reconnaissant l'un des hommes invités, tout comme eux, à partager l'hospitalité des mineurs. L'homme engage la discussion et Mayeul répond avec bonne humeur, quelque peu curieux de parler avec un natif d'Erebor sans que ce dernier ne soit apparenté au clan Sinhaj. Ou apparenté, il ne sait pas trop. Les erebiens ont un bien curieux sens de la famille. Dire que les cielsombrois sont critiqués pour leurs mariages multiples ! Cela semble plus aisés que de se retrouver dans les arbres généalogiques des erebiens, visiblement ! L'homme finit par s'éloigner et Mayeul part retrouver Reja, glissant un bras autour de sa taille dans un geste amoureux qu'elle saura lui faire regretter s'il est déplacé.


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyDim 11 Fév - 18:40

La nuit a été merveilleuse, baignée de lumière dans le Berceau d’étoiles d’Al-Majir, et Reja s’éveille pleinement revigorée. Elle a toujours aimé cet endroit particulier, béni par la magie des cieux, et se réjouit d’avoir pu partager cette splendeur méconnue avec Mayeul. D’Erebor, la plupart des étrangers ne retiennent que la sécheresse de son désert et l’âpreté de ses habitants ; et la Voltigeuse tient fermement à lui faire découvrir la face cachée de son duché, tissé de poésie sauvage et de la lueur des lunes jumelles. Qu’il comprenne un peu mieux d’où elle vient, ce en quoi elle croit, qu’il entende les légendes qui ont bercé son enfance, lorsqu’elle était encore capable de s’émerveiller et de s’émouvoir.

Elle s’éloigne un instant, demandant au chef du campement s’il y a quoi que ce soit qu’elle puisse faire pour témoigner de sa gratitude devant leur hospitalité, mais l’homme sourit et décline – transporter le colis confié par Astarté était un paiement suffisant, visiblement, et c’est sur des vœux mutuels de santé et de prospérité qu’ils se séparent. Reja revient auprès de Mayeul qui a terminé d’empaqueter leurs affaires et remis le campement dans l’état où ils l’ont trouvé – seller les chevaux et fixer leurs sacoches de voyages ne leur prend que quelques minutes. La jeune femme retient son compagnon alors qu’il s’apprête à monter en selle. « Je me suis renseignée : il y aura du vent, aujourd’hui. Beaucoup. Nous n’allons pas très loin, mais il va falloir te protéger pour ne pas respirer le sable. On nous prête deux tagelmust – je vais te montrer comment mettre le tien. » Cela fait bien longtemps qu’elle n’a pas drapé autour de son visage la longueur un peu rêche de ces chèches que les enfants d’Erebor portent lorsqu’ils se déplacent entre les dunes – d’ordinaire, elle voyage à dos de Sirocco, loin au-dessus des bourrasques, mais les habitudes ne tardent pas à revenir, et elle se retient de pouffer de rire devant la perplexité de son invité.

« Attends – comme ça, regarde. » Joignant le geste à la parole, faisant fi des protestations rebelles de son amant, elle réalise un enroulé relativement convaincant – et qui ne devrait pas s’envoler au premier coup de vent. « Ça va, tu respires bien ? Oui ? Parfait. En avant. » Et le voyage reprend. Dans le vent, effectivement – c’est en milieu d’après-midi qu’ils arrivent à destination, et Reja a tôt fait de les mettre à l’abri.

Au premier étage du Palais des Soupirs.

Dégrafant le voile de son chèche, elle s’empresse de le rassurer. « Nous n’entrerons pas dans les souterrains ; nous resterons dans les étages. Il y a des éclaireurs, en bas – la marque que tu vois ici donne la date d’aujourd’hui, et les cailloux à côté indiquent qu’ils sont quatre à veiller l’entrée des tunnels. Ils nous préviendront si jamais il y a du danger. » Elle ne lui explique pas qu’il s’agit de sentinelles placées là par l’Ordre selon ses propres recommandations après leur désastreux passage au début de l'année. Il n’a pas besoin de savoir ça – juste qu’il s’agit de guerriers veillant à leur protection. « Il y a ici quantité de trésors que je veux te faire découvrir. Toute l’histoire d’Erebor se trouve sur ces murs – je veux que tu comprennes, qui je suis, et ce en quoi je crois. C’est le meilleur endroit pour ça. Je te laisse installer le camp : dans la quatrième pièce à gauche, tu trouveras un âtre prêt à être allumé, et de quoi préparer un couchage confortable. Je reviens dans un instant, je dois aller prévenir mes cousins que nous sommes arrivés. »

Elle installe les cheveux près de l’entrée, dans une salle fermée pour les protéger des prédateurs et qui a visiblement été convertie en écurie : un filet d’eau claire de l’oasis voisine emplit une vasque dans laquelle les deux montures, moins résistantes que des chameaux, se désaltèrent allègrement. Vingt minutes suffisent ensuite pour aller trouver les gardiens et discuter un peu, et elle revient au bivouac les bras chargés de vivres et d’une outre de cet alcool de dattes parfumé prisé par les Erebiens. Mayeul effectivement a allumé le feu, et déposé leurs affaires, et n’a pas l’air particulièrement rassuré. « Tu ne t’attendais pas à ce que je te ramène ici, pas vrai ? »




 

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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyDim 4 Mar - 21:27

Il y a bien longtemps qu'il n'a pas passé autant de temps à cheval le Voltigeur. Il sait monter depuis son plus jeune âge, mais il avait presque oublié à quel point les chevaux étaient lents. Et pas très intelligent, non plus. Si ce n'était pas pour Reja, pour être un peu avec elle, Mayeul aurait fait demi-tour depuis longtemps. Découvrir la face caché du duché ennemi est fascinant, mais Reja est, définitivement, la seule raison pour laquelle il accepte de faire tant de kilomètres. Tandis qu'ils harnachent leurs chevaux, le Voltigeur ne peut s'empêcher de regarder la jeune femme à la dérobée, profitant pleinement de sa proximité.

Enfin, jusqu'à ce qu'elle le retienne alors qu'il s'apprête à monter en selle. "Non non non." Proteste Mayeul, ses plaintes bien inutiles visiblement puisqu'elle n'en tient aucun compte. Elle savait qu'il allait râler, probablement, avec raison ! Le maquillage, il a accepté à contrecœur, mais qu'elle le déguise comme un Erebien, il n'en est pas question ! Il se rend vite à l'évidence, pourtant : elle avait raison pour la poudre gluante sous ses yeux, et elle a sans doute raison pour ça aussi. Grommelant, il accepte avec réluctance le morceau de tissu qu'il a déjà vu porté par les enfants d'Erebor, mais quant à savoir comment il s'installe ! Reja vient à son aide, ne prêtant pas plus attention à ses protestations qu'à celle d'un enfant rebelle, pour finir par installer le tissu. Elle a l'air ravi, il l'est beaucoup moins.

Cela démange et même une fois en selle, Mayeul ne peut s'empêcher de porter la main à son visage, écartant le tissu, le remettant de façon plus confortable, résistant de toutes ses forces à l'envie de l'arracher. Mais il doit bien se rendre à l'évidence : la jeune femme fait de lui ce qu'elle veut. C'est loin de l'inquiéter pourtant. Il aime Reja, cela ne fait aucun doute, et si elle doit le faire passer pour erebien durant quelques jours, soit, il peut s'y plier.  Il se vengera probablement en lui offrant une robe cielsombroise du plus bel effet – et au plus beau décolleté – en arguant sur l'obligation de la mettre pour une quelconque cérémonie. Il trouvera. En attendant, il admet à contrecœur que l'installation est efficace : le sable semble l'épargner, et sa monture suit docilement celle de Reja dans le vent qui souffle autour d'eux.

Il ne reconnaît pas l'endroit, Mayeul : qu'est-ce qui ressemble le plus à une dune qu'une autre dune ? Avec le vent, il peine à trouver des repères et si le bâtiment lui semble étrangement familier, c'est surement une fausse impression : après tout, il n'a jamais vraiment mis les pieds en Erebor jusque-là, non ? Non ? Mais si, visiblement. Reja s'empresse de le rassurer, même si Mayeul ne dit pas un mot – un signe d'alerte suffisamment éloquent.

Il comprend ce que veut lui dire la jeune femme, tout comme il comprend sa volonté de lui expliquer ce en quoi elle croit, ce à quoi elle aspire, mais ici ? Même protégé par des sentinelles dont il ne connaît rien, Mayeul sait que les souterrains regorgent de danger. Il se contente de hocher la tête devant ses instructions, plus renfermé qu'il ne l'a été durant tout leur périple. Il se sent trompé, trahi, et quelque peu inquiet : la dernière fois qu'il s'est trouvé ici, il a failli mourir. Grâce aussi, et tous ceux qui les accompagnaient. Par Callia, il est même tombé de Nuage à quelques kilomètres d'ici, plongeant dans un coma duquel il s'est réveillé grâce à la bonté des Dieux ! Il ne se rappelle toujours rien de l'accident d'ailleurs, mais peu importe, ce n'est pas le sujet.

Suivant les instructions de Reja, le Voltigeur se rend dans leur lieu de campement, allumant un feu sans difficulté. La main sur son arme, il prend le temps de l'absence de la jeune femme pour se remettre d'aplomb. Respirer. Combattre la panique soudaine qui l'a envahie, chasser les images qu'il aurait préféré oublier. Reja sait, elle a vécu elle aussi les mêmes mésaventures, et leur présence en ces lieux est forcément importante pour elle, sinon elle ne l'aurait pas obligé à revenir ici.

Inspire. Expire. Tout va bien. Il ne va rien se passer. Accroupi devant le feu, le major de Svaljärd entend le bruit de pas caractéristique de la Voltigeuse et il relève les yeux vers elle quand elle revient, les bras chargés de victuailles. Il n'a pas réellement faim, en vérité. "Non." Avoue Mayeul, s'efforçant de dissimuler le léger tremblement de sa voix. "Disons que si tu voulais me tuer, je ne pensais pas que tu choisirais un plan si élaboré, alors qu'un sabre ferait tout aussi bien l'affaire." C'est une blague, bien que le ton soit dépourvu de son amusement habituel. C'est ce qu'il avait dit à Nuage, après tout : que Reja lui en veut et qu'elle l'assassinera à l'abri des regards. Et si le Voltigeur ne croit pas vraiment que Reja désire le tuer, la coïncidence est amusante, au moins.

Se relevant, Mayeul désigne un pan de mur qui, visiblement, a connu des jours meilleurs. "Tes sentinelles sont peut-être douées, mais ce palais tombe en ruine, et rien ne prouve que nous sommes plus en sécurité dans les étages. Même si cette fois, il n'y a pas de Chevaucheurs." Autant pour chercher à dissimuler ses sentiments : Mayeul est inquiet, et pas très content d'être ici. Claquant dans ses mains, le Voltigeur soupire. "Mais puisque nous avons fait tout ce chemin, et que le vent dehors se déchaîne, je pense que je devrais m'estimer heureux d'être à l'abri, tout maudit que soit cet endroit."

Il n'a pas oublié la détresse de Reja la première fois qu'ils se sont aventurés ici. Leur premier baiser, aussi maladroit qu'il soit, et la gifle qui avait suivi. "Si tu dis que nous sommes en relative sécurité ici, je te fais confiance." C'est une grande preuve du respect et de l'amour qu'il lui porte, et Mayeul espère que la jeune femme en est consciente. Et puis, s'il meurt ici… son fantôme viendra la hanter pour l'éternité, tant pis pour elle !


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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyDim 11 Mar - 17:01

La confiance de Mayeul en elle doit être réellement grande pour qu’il se laisse ainsi mener par le bout du nez jusque dans le Palais des Soupirs, et cela émeut Reja bien plus qu’elle ne le laisse paraître. Elle n’a pas l’habitude, la farouche Erebienne, que l’on s’en remette à elle aussi aveuglément. Ce Cielsombrois, si agaçant, qui la poursuit de ses avances en plaisantant plus ou moins sérieusement depuis dix ans – qui aurait pu prédire qu’elle finirait par s’y attacher au point de lui céder ? Au point de l’emmener au cœur de l’histoire d’Erebor, dans les étages sauvegardés d’un des plus éclatants vestiges de la grandeur de son peuple. Pour le moment, il a besoin d’être rassuré, elle l’a bien compris, aussi vient-elle se lover contre lui, l’entourant de ses bras pour lui transmettre un peu de son assurance. « Nous ne risquons rien ici. Depuis notre visite… infortunée, lors de la déclaration de guerre, des coureurs des sables ont sécurisé les étages et barricadé l’entrée des souterrains, qui est gardée en permanence. La Vouivre ne pourra pas nous atteindre. Je suis revenue ici plusieurs fois, tu sais ? Pour aider au nettoyage des lieux, j’ai aidé à consolider et à chasser les créatures indésirables. »

Aidé l’Ordre, bien sûr – c’est de là que sont venus les ordres, et les fleurons pour les accomplir. Il n’a pas été compliqué de profiter de ses permissions pour venir prêter main-forte aux travailleurs. Mais tout cela, elle n’en parle pas pour le moment ; l’instinct lui souffle que Mayeul n’est peut-être pas encore vraiment prêt à l’entendre, et à l’accepter. D’abord, elle va lui montrer les fresques, les mosaïques, les épais vélins miraculeusement conservés et encore lisible, des siècles d’archives protégés dans les sables du désert. Elle va lui raconter, la grandeur éclatante d’Erebor, sa lumière qui rayonnait comme un phare sur le continent, la splendeur de ses accomplissements, l’intelligence incomparable de ses savants, l’excellence de sa science. Elle va lui montrer, les croquis des inventeurs, les maquettes des caravelles, les gravures représentant les Sabliers du Temps, les quelques pièces mécaniques rescapés de la destruction en règle. Elle va lui raconter la légende d’Erebor et l’ampleur de sa chute, le massacre de ses inventeurs, la destruction de tout ce qui faisait sa grandeur. Il comprendra peut-être, alors, tout ce que le Sable et le Roc a sacrifié pour la paix, tout ce qui a été oublié. Il prendra peut-être conscience que tout est presque révolu – mais encore tout à fait perdu. Il acceptera peut-être cette flamme qui brûle en elle, de restaurer l’éclat de son duché tombé si bas, de ramener en l’âme de tous les Erebiens la conscience d’être les pionniers, les explorateurs, les conquérants.

Et les heures passent.
Et Reja raconte.
Et Mayeul écoute.

De mosaïque en bas-relief, de vitrine en étagère, de sculpture en maquette, elle le mène de pièce en pièce, décrivant pour lui ce que représentent ces vestiges, dépliant pour lui la tapisserie des siècles de cet âge d’or du désert. Oh, elle l’aime tellement, son duché farouche et secret ! Cela transparaît dans ses paroles animées, dans l’éclat de ses prunelles qui étincellent. Elle raconte, la Voltigeuse farouche, sans tromperie et sans mensonge, dévoilant les facettes de ses croyances – et les secrets de ses allégeances, dans un murmure prudent, alors qu’ils sont installés au pied d’une statue de deux mètres représentant Amir l’Inspiré. Elle lui a raconté les objectifs de l’Ordre, qui lui ont attiré la sympathie et la collaboration de toutes les tribus Sinhaj, et de la plupart des autres clans – puis elle avoue, hésitante, sa propre appartenance au mouvement. « Je les ai rejoints il y a longtemps, maintenant. Juste après ma sortie du harem ; j’ai passé quelques temps dans la tribu de ma mère, avant de partir pour la Caserne de Serre à Lorgol. Je sers l’Ordre, Mayeul, depuis… depuis des années. » Un autre chuchotement, timide et prudent. « Tu es le premier à qui j'en parle. »




 

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Mayeul de Vifesprit
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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyVen 16 Mar - 23:27

Mayeul accepte sans rien dire l'étreinte de la Voltigeuse et ses paroles rassurantes. Il ignore si c'est le fait qu'il a frôlé la mort ici, ou l'immensité du désert tout entier qui finit par lui peser mais dans ce palais abandonné, il n'est pas grandement rassuré. L'absence de Nuage lui pèse aussi, bien plus qu'il ne veut l'admettre. Ils n'ont pas l'habitude d'être séparé, le Voltigeur et son frère de plumes, et Mayeul sait que c'est surement un peu pour cela qu'il est aussi tendu entre ces murs. Cela et le fait de savoir qu'une bête mortelle hante les sous-sols, évidemment.

Mais ils ne sont pas là simplement pour que le Voltigeur ne revive des moments désagréables. Reja avait promis de lui montrer les splendeurs d'Erebor, les secrets même du désert, et c'est ce qu'elle s'applique à faire. Il ouvre grands les yeux le Voltigeur devant ces écrits qu'il ne soupçonnait pas, devant ces plans et ces maquettes qui promettaient un autre futur. Comme la plupart des enfants de la noblesse, il a étudié l'histoire d'Arven mais l'on connaît si peu de la période d'avant la Trêve ! Ce que Reja fait défiler devant ses yeux ébahis, ce n'est ni plus ni moins qu'un avenir volé pour Erebor, dérobé par une Rose Ecarlate bien déterminée à préserver à tout prix l'unité du continent.

Sigvald reste obstinément muet et le Voltigeur ne sait qu'en penser. Depuis l'épidémie qui a touché les mages, et même avant d'ailleurs, l'ancien souverain de Valkyrion s'est montré bien plus discret. Une distance s'est installée et Mayeul songe parfois que ses jours en tant qu'écrin sont comptés. Ils partagent la même volonté de se battre pour Ibélène et sa préservation, la même farouche volonté d'épargner tout tourments à ceux qui peuplent Arven, du moment qu'ils ne cherchent pas les ennuis, mais est-ce que cela suffit ?

Peut-être est-ce pour ça aussi, en partie, que Mayeul reste silencieux. Surtout qu'il n'a pas besoin des aveux de la Voltigeuse pour connaître l'appartenance de Reja à l'Ordre. Il le sait depuis cette fameuse nuit où Sirocco et sa Voltigeuse ont été dévoilés, et dans les paroles de Reja se profile le discours de l'Ordre du Jugement. Il veut y croire Mayeul, réellement, mais comment démêler vérité et propagande, ce qu'il sait de ce qu'il ignore ? Et si lui, aussi, était manipulé ? Comment savoir ? Les splendeurs perdues d'Erebor se déroulent devant ses yeux et une partie de lui veut croire qu'en vérité, la Rose Ecarlate a fait ça pour le bien d'Ibélène. Sacrifier Erebor… son instinct de soldat lui dit que parfois, sacrifier l'individu pour le bien commun est inéluctable. Erebor a tout perdu, certes… mais Arven n'aurait-elle pas perdu davantage ? Comment savoir ? Mayeul est partagé, et sa curiosité lui souffle d'essayer de comprendre.

Quand Reja finit par lui avouer vers où se porte son allégeance, le Voltigeur reste d'abord silencieux. Il le sait, depuis des semaines déjà, mais entendre la jeune femme l'admettre est plus difficile qu'il ne l'aurait cru. Et pourtant Mayeul sait que l'Ordre n'est pas l'ennemi mortel qu'il a d'abord cru. Tout comme la Rose n'est pas la sauveuse d'Arven. Rien n'est blanc ou noiret à travers le discours de Reja, Mayeul discerne des nuances bien plus floues encore. L'Ordre n'est pas l'ennemi : les mages sont un ennemi bien plus palpable en vérité. Mais pour Ibélène, pour les Voltigeurs dont il fait partie, Reja est l'ennemi. L'Ordre du Jugement est banni des terres ibéennes, et rien de ce que Mayeul pense ne changera quelque chose. Il se rappelle clairement le conseil du Maréchal de Serre à ce sujet. Mais la jeune femme attend une réponse, et il doit bien lui en donner une.

"Tu as joué la comédie pour que je ne vois rien." Soupire Mayeul, sans pouvoir empêcher l'amertume de colorer ses paroles. "Avec Mathilde." Juge-t-il bon de préciser, même si cela ne sert probablement à rien. Reja lui a menti… mais il s'apprête à faire de même, alors peut-il réellement la juger ? Elle l'a fait pour le protéger, pour protéger ce en quoi elle croit. Si lui s'apprête à mentir, c'est exactement pour la même raison. Réveler qu'il fait partie de la Rose Ecarlate mettrait Reja dans une situation impossible, il le sait. Il ne veut pas l'obliger à choisir entre lui et ses allégeances. Par compassion ? Ou par peur, tout simplement ? Peur qu'elle choisisse l'Ordre plutôt que lui ? Non, définitivement, ce n'est pas une réponse que Mayeul veut connaître.

Alors il se tait. Reja ne saura pas, pas maintenant en tout cas. Il lui dira, plus tard, quand cela sera moins risqué, malgré l'envie de lui révéler la vérité. Au bon moment, elle saura. Pas avant. "Mais je… je crois que je comprends." Evidemment, qu'il comprend !

Enlaçant la jeune femme, Mayeul pose son front contre le sien, les isolant un instant du monde. "J'ai confiance en toi Reja. En ton jugement." Il la relâche un instant avant de soupirer. "Je veux croire que la seule motivation de l'Ordre est de restaurer la grandeur d'Arven, mais leur méthode n'est pas la meilleure qui soit." Elle le sait, elle était aux premières loges lors de la Samhain. Sa main n'a pas quitté la hanche de la jeune femme alors qu'il reprend la parole. "Tu mènes un jeu dangereux, j'imagines que tu le sais." Et il y a du regret dans sa voix, autant que de l'inquiétude. Si cela se sait, Reja est condamné, et elle le sait sûrement tout autant que lui. "Je ne dirais rien." La pression de la main du major se fait un peu plus forte sur la hanche de la jeune femme, alors que sa mine se fait plus sérieuse encore, son murmure plus bas. "J'aimerais avoir ta foi tu sais. Risquer tout ce que j'ai, pour une cause en laquelle je crois."

Il l'admire, réellement. Il a beau ne pas partager la totalité de ses convictions, Mayeul ne peut s'empêcher de jalouser un peu Reja. Si fière, si déterminée, si dévouée à une cause qu'elle est prête à tout perdre pour l'espoir de la voir s'épanouir. A quoi croit-t-il, lui ? Les idéaux de la Rose ? La Voltige ? Ibélène ? Un peu tout ça, peut-être. Et Reja. Il a envie de croire en Reja.


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Rejwaïde Sinhaj
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Message Sujet: Re: Les secrets du désert   Les secrets du désert EmptyMer 28 Mar - 15:55

Jouer la comédie, comme le formule Mayeul, est devenu un réflexe pour Reja. C’est l’héritage d’une enfance en perpétuel danger, où il fallait sans cesse prétendre pour survivre, déguisant constamment chaque émotion, chaque réaction, chaque sentiment. Oui, elle sait feindre et dissimuler, la fille du harem : elle sait déformer et manipuler les faits, adoptant d’autres visages, d’autres manières, pour garder bien cachée au fond d’elle la vérité sur ce qu’elle est. Et qu’est-elle, vraiment, la Voltigeuse qui danse contre les nuages pour tromper la mort ? Elle aurait pu être princesse, si le cœur noir d’une femme avide de pouvoir n’en avait pas décidé autrement ; elle aurait pu grandir dans le confort d’un palais, nourrie de liberté et de tendresse, sous la protection d’un frère aîné attentif à sa sécurité. Mais le Destin ne lui a pas permis de suivre cette voie – tout ce qui aurait pu devenir princesse a été étouffé en elle dès ses plus jeunes années.

Elle est Voltigeuse. Ça, c’est une certitude, c’est une vérité : elle est la cavalière de Sirocco, elle est la danseuse astrale qui caresse les étoiles, éprise de l’horizon et ivre de liberté. Voler est une part d’elle, elle a besoin du vent sous les ailes de son griffon et du soleil dans ses yeux. Elle est aussi soldat de l’Ordre, c’est également une part d’elle incontournable : son credo cardinal, l’essence même de ce en quoi elle croit. C’est une combattante engagée, une recruteuse passionnée, prête à tout sacrifier pour faire avancer sa cause. Et même si Mayeul a raison, même si parfois l’extrémisme des ordres qu’elle reçoit peut l’interpeller, elle a prêté un serment qu’elle ne rompra jamais. L’humanité doit retrouver son bien, son droit d’héritage, son libre-arbitre ; c’est le seul moyen de progresser vers un avenir meilleur. « J’en savais plus que je ne l’ai dit, et j’ai caché mes allégeances, mais pas mes convictions. En cela je n’ai pas menti, j’ai été sincère, dès ce premier jour à la Caserne de Serre. » C’est important qu’il comprenne. Elle a toujours été fière, déterminée à triompher – et aussi honnête que possible. Même si leur relation n’a pris ce tournant si crucial que très récemment, Reja a toujours tenté de ne dire que des choses vraies, préférant se taire plutôt que de mentir, autant que possible.

Mayeul semble comprendre, en tout cas – il ne dira rien, promet-il. Et même s’il est cielsombrois, même si elle sait très bien qu’il parle parfois sans réfléchir, Reja a envie de le croire. Il est peut-être réellement digne de confiance ; et pour cette fois, c’est un pari qu’elle veut faire. Bientôt, il devra reprendre le chemin de Valkyrion, et elle devra s’en retourner à Ibelin ; mais ce soir leur appartient encore, et elle profitera de sa présence avec le même fanatisme qu’elle met à défendre ses idéaux. La douceur de ses caresses, la chaleur de sa peau contre la sienne, l’impérieuse exigence de ses lèvres, et cette passion insensée qui brûle entre eux ! Cette passion ardente née de l’entêtement d’un homme et de la fierté d’une femme, du caprice d’un Cielsombrois et de l’orgueil d’une Erebienne, cette passion obstinée – saura-t-elle résister aux ravages de la guerre ?

Elle veut y croire.
Au fond d’elle-même, entre la Voltigeuse éprise de liberté et la partisane aux idéaux enflammés, une troisième femme s’est installée : celle qui serait digne de recevoir et de conserver l’amour de Mayeul, et capable de construire un avenir à ses côtés.

Tant pis pour les ragots, tant pis pour les mauvais présages, tant pis pour les pressentiments.
Tant pis pour tout le reste.

Elle y croit.



Sujet terminé





 

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