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 Je te promets la clé des secrets de mon âme

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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyLun 8 Jan - 0:44


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Marjolaine et Denys du Lierre-Réal

Je te promets la clé des secrets de mon âme

Plus jamais des adieux rien que des au-revoir



• Date : 13 juillet 1002
• Météo (optionnel) : //
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après leur violente dispute, Denys et Marjolaine ne se sont plus parlé pendant deux semaines. Excédé par cette situation, le duc décide d'aller à la rencontre de son épouse pour y mettre un terme et peut-être lui formuler des excuses.
• Recensement :
Code:
• [b]13 juillet 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3216-je-te-promets-la-cle-des-secrets-de-mon-ame#118910]Je te promets la clé des secrets de mon âme[/url] - [i]Marjolaine et Denys du Lierre-Réal[/i]
Après leur violente dispute, Denys et Marjolaine ne se sont plus parlé pendant deux semaines. Excédé par cette situation, le duc décide d'aller à la rencontre de son épouse pour y mettre un terme et peut-être lui formuler des excuses.





Dernière édition par Denys du Lierre-Réal le Lun 8 Jan - 0:45, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyLun 8 Jan - 0:45

Deux semaines. Voilà deux semaines que Denys et Marjolaine avaient complètement cessé de se parler, suite à leur dernière entrevue au sujet de Raiponce. L’un et l’autre refusant de céder du terrain sur un sujet délicat et dangereux, le duc avait mis fin à toute discussion en brisant le contact et s’abstenant de reprendre cette affaire. Ca ne l’avait pas empêché d’y songer depuis, inquiet bien entendu pour l’avenir de sa toute petite princesse, mais il était hors de question d’accepter les propositions folles et irréfléchies de Marjolaine qui pouvaient la mettre en danger. Elle n’avait pas conscience de son importance ni de ce que sa perte pouvait signifier pour Lagrance et Denys le lui avait bien fait comprendre pourtant. Depuis, le froid régnait entre eux et si en public ils ne faisaient aucun scandale, s’échangeant peut-être au mieux deux ou trois mots, en privé, ils avaient refusé de se voir. Plus de promenades côte à côte, plus de conseils ou de simples échanges au cœur des jardins, plus de soirée ensemble, ni même de nuits partagées. Leur dernière entrevue avait véritablement marqué la première dispute sincère et puissante du couple ducal et les deux étaient trop têtus pour accepter la défaite. Fier et obstiné, Denys comptait sur la souplesse et l’affection de son épouse envers lui pour la faire revenir et écouter sagement.

Mais force lui était de constater que ça ne s’était pas du tout passé comme prévu.

Elle avait changé, sa Marjolaine. Toujours aussi charmante et douce qu’autrefois, elle avait cependant gagné en caractère et courage. Toute aussi obstinée que lui, elle n’avait pas montré le moindre signe de faiblesse depuis ces deux semaines de froid entre eux et cela avait, à force, grandement surpris le duc. Non qu’il se plaignait de ces quelques changements dans la façon d’être de son épouse, il était néanmoins vexé de la voir lui tenir tête aussi solidement. Jamais une bouderie n’avait été aussi longue et il ne pouvait nier qu’à terme, cela devenait réellement problématique. La bonne gestion du duché tenait aussi sur la solidité de son couple avec Marjolaine. Et quand bien même n’affichaient-ils pas face à tous leur mécontentement qu’il était difficile de rater les regards glacials qu’ils s’échangeaient parfois. Même l’un de ses conseillers avait osé lui faire la remarque, ce qui fatalement avait fait réfléchir le duc au véritable problème.

Après quelques jours, il avait décidé que cette situation ne pouvait plus durer. Certes, cela lui coûtait beaucoup d’admettre qu’il serait le premier des deux à céder et renouer avec la discussion, quitte à peut-être s’excuser, mais il fallait bien que cela vienne de l’un d’eux. Et après réflexion, il savait, Denys, qu’il avait été plutôt odieux avec son épouse, dans la manière de la congédier et réfuter toutes les options. Soit, il ne comptait certainement pas accéder à ses faveurs en l’autorisation à se rendre à Lorgol, mais ce long temps de silence lui avait au moins permis de réfléchir et de réagir moins catégoriquement. Même s’il aurait certainement pu le faire la première fois si Marjolaine ne l’avait pas immédiatement braqué… Il persistait à penser que la faute n’était pas uniquement la sienne dans cette histoire et s’il donnerait peut-être des excuses (il lui devait bien ça), il en attendait aussi en retour.

« Oh… votre grâce. » Avait salué la nourrice qui veillait sur Raiponce dans la chambre non loin de celle de Marjolaine. Elle semblait surprise de la présence du duc, même s’il venait régulièrement voir sa fille. « La duchesse ne va pas tarder à venir voir la petite princesse… - Je sais. » Avait-il alors répondu, coupant à la jeune femme toute envie de dire autre chose. Voulait-elle le mettre en garde, elle qui avait sans doute remarqué le froid persistant entre lui et Marjolaine ? Sans doute. Après s’être assuré que sa fille avait bien mangé et qu’elle dormait pleinement dans son berceau, il adressa un dernier ordre à la dame : « Vous pouvez me laisser. » Puis se pencha au dessus de l’enfant qui dormait d’un sommeil de plomb.

A peine une cinq minutes après le départ de la nourrice, une autre personne entra, depuis la porte qui reliait cette pièce à la chambre de la duchesse. A cet instant, aucun doute sur l’identité de la personne qui venait de pénétrer les lieux. Et lorsqu’il se tourna vers son épouse, il afficha un air certes distant mais moins froid que ces regards qui les avaient caractérisé ces deux dernières semaines.

« Bonjour Marjolaine. Vous arrivez à point nommé. Je devais vous parler. »

Bon sang, il n’osait croire qu’il allait formuler en premier des excuses, céder à cette bataille et donner la victoire à son épouse. Mais à la regarder, à se souvenir des larmes qui avaient sillonné ses joues la dernière fois et de leur inquiétude commune pour leur fille, rester éternellement dans cette situation n’était pas une chose viable. Et s’il était fier, il était aussi assez sage pour savoir quand abandonner. Il n’avait pas le luxe d’attendre bêtement qu’un jour, son épouse vienne à lui avec les mêmes intentions qui le guidaient ce matin.


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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyMar 16 Jan - 13:08

En deux semaines, Marjolaine avait eu le temps de réfléchir à cette dernière conversation avec Denys.  De réfléchir et de comprendre.  Elle savait que l'émotion l'avait fait parler avec son cœur plutôt qu'avec sa raison et que peut-être… peut-être avait-elle tort.  Cependant, si elle avait ses propres torts, c'était tout autant vrai de la part de son époux et cette fois elle était déterminée à ne pas céder.  On ne pouvait certes pas dire qu'elle avait eu souvent l'occasion de bouder le duc lagran dans son coin de cette façon, mais elle avait bien quelques griefs contre lui dont il ne lui avait jamais demandé le pardon.  Elle ne l'avait jamais exigé de lui, mais cette fois elle ne se réconcilierait pas avec lui aussi facilement, elle ne lui pardonnerait pas.  Elle reconnaissait ses torts et la folie de ses projets, mais elle avait parlé plus avec le cœur qu'avec la tête et elle considérait que Denys aurait pu, aurait dû, le comprendre.  Et il avait été blessant.  Elle avait toujours considéré qu'ils étaient sur un pied d'égalité.  C'était lui le duc certes et si elle tenait ce rang c'était bien grâce à lui et elle n'aurait jamais considéré le trahir, pas par rapport au duché.  Par patriotisme et par amour aussi.  Elle croyait qu'il le savait.  D'ailleurs c'était bien la première fois que leurs titres respectifs étaient entrés en compte dans leurs disputes – s'ils s'étaient déjà disputés par le passé.  Deux semaines de froideur entière entre eux qui malgré leurs politesses en présence de gens ne passait pas inaperçue.  Plus d'une fois, Marjolaine avait eu l'envie d'aller demander pardon et d'amorcer les premiers pas vers la réconciliation, regrettant ces semaines de tendresses depuis juin.  Néanmoins, elle s'était fait violence pour résister à la tentation.  Elle pardonnait bien des choses à son mari, mais pas cette fois.  Pas sans qu'il ne vienne lui présenter des excuses d'abord.  Après près de dix ans d'une douceur et d'une docilité presque exemplaire, elle avait bien droit de faire son caprice et d'avoir quelques exigences à l'égard de celui qu'elle avait épousé et qui pendant très longtemps l'avait rendue par moment heureuse, mais par d'autres aussi très malheureuse.

Comme tous les matins, elle s'était levée et coiffée – aidée par sa femme de chambre – et après avoir consacré quelques instants à son courrier, elle traversa le couloir qui séparait ses appartements de la chambre de la princesse Raiponce.  Elle irait voir Rose plus tard pour l'aider à s'habiller.  Ce petit moment matinal passé auprès de ses filles était l'un des favoris de la duchesse, car elle pouvait oublier tous ses soucis.

Mais pas ce matin-là.  En poussant la porte de la chambre d'enfant, la silhouette de Denys se présenta rapidement à sa vue.  L'espace d'un instant, elle songea à repartir en silence avant de se sermonner : c'était complètement idiot, tout autant se fussent-ils disputés, Raiponce était tout autant sa fille que la sienne, or il avait le droit de venir la voir quand l'envie lui venait sans que Marjolaine n'aie quoi que ce soit à lui reprocher.  N'était-ce pas en raison de l'amour infini qu'il lui portait, elle petit bébé encore tout rose, qu'ils étaient en froid?  Elle s'approcha donc pour se pencher sur le berceau de l'enfant, ignorant superbement son époux – une tâche extrêmement difficile car il était tentant de le dévorer du regard pour elle – et caressa du bout du doigt les joues dodues du poupon encore endormi.

Elle tenta de contrôler la teinte rose que semblait vouloir prendre ses joues quand il l'interpella : elle devait garder son calme.  Alors qu'ils avaient passé les derniers mois à se tutoyer – il était temps par ailleurs – elle supportait difficilement la distance que le vouvoiement mettait entre eux.  Un peu plus et se répandrait en excuses, mais elle s'était promis de ne pas le faire et bien qu'aussi douce qu'un pétale de rose, elle était tenace.

« Je vois, » répondit-elle en continuant de contempler le visage de l'enfant endormi.  Elle n'avait pas été aussi ferme qu'elle l'aurait désiré et elle espéra qu'il n'aurait pas perçu le tremblement dans sa voix, même si elle n'y croyait pas vraiment : il la connaissait trop bien, elle en était certaine.

Distraite, elle replaça les couvertures qui couvraient le poupon, même si elles étaient déjà parfaitement alignées, la nourrice de l'enfant avait toutes les qualités nécessaires pour le poste qu'on lui avait confié et si un premier temps elle avait douté de la femme en voyant le présent qui les attendait au pied du berceau, elle était désormais convaincue que la pauvre n'y était pour rien.

« Il se trouve que je me rendais auprès de Rose.  Peut-être m'offrirez-vous votre bras et m'entretiendrez-vous de ce dont vous désirez me parler sur le chemin, » proposa-t-elle.

Elle ne put retenir un sourire timide en levant les yeux vers lui.  Elle n'était plus fâchée.  Mais elle ne le dirait pas le première.





Marjolaine parle en mistyrose
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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyMer 7 Fév - 1:05

Il espérait, avec un peu de chance, que la distance qu’il mettait pour s’adresser à son épouse inciterait celle-ci à céder avant lui aux excuses. Il crut bien d’ailleurs qu’elle perdrait à ce petit jeu en constatant la légère rougeur de ses joues, mais il comprit bien vite que c’était une bataille perdue d’avance. Elle l’avait magnifiquement ignoré en arrivant dans la pièce et cela avait quelque peu blessé Denys dans son orgueil. Bien entendu, c’était une attaque tout à fait légitime compte tenu du différend qui les opposait, mais il fut piqué à vif en notant qu’il n’était pas gagnant dans cette affaire et que quoiqu’il arrive, il serait le premier à formuler des excuses. Oh bien sûr, il ne perdrait pas une miette du discours qu’allait lui tenir Marjolaine face à cette proposition qu’il faisait et chercherait dans celui-ci une chance, une ouverture. Mais elle était plus tenace qu’il ne l’avait soupçonné, quand bien même avait-il perçu très clairement le tremblement dans sa voix, son incertitude et sa tendance à éviter son regard. Elle connaissait ses propres faiblesses. Le duc fut néanmoins rassuré d’une chose quand son épouse daigna enfin lui donner une réponse positive et croiser ses yeux : elle n’avait plus l’air de lui en vouloir. Tout compte fait, à la réflexion, il avait peut-être été le plus vexé des deux…

« Je préférerais en parler ici avec vous, en vérité. »
Il n’était pas dans ses habitudes de priver sa petite princesse de la présence de Marjolaine, mais même Rose avait peu à peu remarqué la froideur qui s’élevait entre son père et sa mère. « Rose attendra, si cela ne te déranges pas. »

Comme un signe que l’hiver glacial qui s’était tenu entre eux venait de se calmer, Denys était repassé à une familiarité de langage qui seyait mieux au discours de paix. C’était aussi un risque à prendre, pour lui du moins, dans cette histoire où il n’était pas prudent de laisser trop de place aux sentiments… Il savait pourtant une chose avec certitude : maintenir cette distance entre eux avait ce quelque chose d’insupportable. Et puisque Marjolaine semblait disposée à l’écouter ici, il décida qu’il était temps de mettre les choses au clair. Tant pis pour cette bataille, il avait convenu de la perdre de toute façon.

« Je voulais te parler de notre dernière entrevue. » Il eut l’air d’hésiter l’espace d’une seconde, avant de se lancer, parfaitement assuré dans ses propos. « De ce que nous avons pu nous dire, de nos réactions. Je suis désolé d’avoir réagi comme je l’ai fait, de ne pas t’avoir écouté et de t’avoir blessé. Pardonne moi. »

Ce qu’il disait, il le pensait. Quand il songeait à cet événement, il prenait conscience de la dureté dont il avait fait preuve, peut-être un peu de la cruauté aussi. Ce qui lui arrachait néanmoins une partie de sa fierté, c’est qu’il était persuadé de ne pas être le seul fautif et qu’il attendait bien de la part de son épouse des excuses aussi. Pour autant, il n’en exigea certainement pas et s’approcha de Marjolaine, suffisamment pour prendre ses mains dans les siennes. Croisant son regard, il continua.

« C’est idiot, cette façon dont nous nous sommes disputés. Nous sommes tous deux inquiets pour elle, c'est sa sécurité qui compte. »

Il jeta un regard à sa seconde petite princesse endormie. Si douce innocente qui n’avait pas conscience des machinations divines qui l’entouraient et dont ses parents ne pouvaient l’en protéger.


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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyVen 23 Fév - 15:04

Marjolaine acquiesça d'un signe de la tête.  Le temps des explications étaient venu et de leurs deux filles, Raiponce restait la plus discrète des deux, elle qui passait encore la majorité de son temps à dormir.  Et il tombait à point qu'ils se réconcilient au-dessus du berceau de la petite princesse qui à son insu était à l'origine de la froideur entre ses parents.  Elle se sentit tellement soulagée en entendant à nouveau la familiarité dans sa façon de s'entretenir avec elle.  Eux qui avait laissé tomber la distance entre eux si tard après leur mariage, ils l'avaient reprise bien trop rapidement.  Et elle s'était aperçue combien il lui était difficile de se montrer à nouveau emplie de cette froideur protocolaire envers l'homme avec qui elle partageait sa vie depuis près de dix ans.  Elle ne put retenir tout à fait son sourire, un sourire radieux, qui l'eut été encore plus si elle avait laissé ses dents se dévoiler.  Elle était encore assez décidée pour ne pas céder la première, mais quelques mots de plus auraient suffit à la convaincre de faire les premiers pas pour arrêter ce jeu fou auquel ils se prêtaient tous les deux comme des enfants depuis trop longtemps.  Il était beaucoup trop difficile pour la duchesse de résister complètement au charme qu'il exerçait sur elle, à croire qu'il lui avait jeté un sort impossible à briser.

La chaleur de ses mains contre les siennes fit rougir un peu Marjolaine, elle qui songeait à toutes les façons dont elle s'était montrée idiote au cours des derniers jours.  Timidement, elle serra ses doigts entre les siens, désireuse de garder ce contact aussi longtemps que possible.  Puis, elle leva enfin son regard franchement vers lui, les joues teintées d'une couleur rosée qui montrait tout son embarras de son comportement enfantin.  De leur comportement.  Des larmes commencèrent à s'accumuler aux coins de ses yeux.

« Oh Denys, je suis tellement désolée…  J'étais tellement inquiète que… »

Sa phrase s'étouffa dans un sanglot.  Elle était soulagée de se sentir enfin pardonnée, de pouvoir arrêter de se contrôler devant lui.  Elle avait été fâchée, les premiers jours, puis cette bouderie lui était parue insupportable et interminable.  Elle avait été tentée d'y mettre fin, mais en cédant toujours, elle craignait qu'il ne cesse de la prendre au sérieux.  Elle ne savait comment formuler ses angoisses clairement, même en elle-même.

« Je n'aurais pas dû parler comme je l'ai fait…  Elle est encore si petite et fragile…  S'il lui arrivait quoi que ce soit je ne m'en remettrais pas.  Tout comme si quelque malheur arrivait à Rose.  Ou à toi.  Je… »

Elle tremblait, en raison de ses larmes, mais aussi de ce tourbillon d'émotions qui la submergeaient.  Incapable de se contenir et remerciant les dieux que personne ne soit présent, elle reposa son front contre le torse de Denys, s'abandonnant à ses pleurs quelques instants.  Elle les avait beaucoup retenu au cours des derniers jours et ils s'écoulaient désormais en cascade le long de ses joues.  Elle repensait à toutes les bêtises qu'elle lui avait balancé au visage ce jour-là, à toutes ses craintes et ses incertitudes, provoquant une nouvelle vague de sanglots chez elle.

Elle serra avec un peu plus de force ses mains dans les siens, mais ne releva pas le visage.

« J'étais seule, si seule…  Dans ce camp de fortune où vous n'étiez tous pas là.  Mes mots ont dépassé ma pensée dans la détresse dans laquelle je me trouvais, toutes ces horribles pensées amalgamées en moi.  Pardonne-moi toi aussi.  Je…  Oh, je ne suis plus fâchée depuis si longtemps que je n'arrive même pas à croire qu'il n'y a que deux semaines que nous avons reçu cet étrange présent.  J'ai tellement peur pour vous trois Denys.  Il se passe…  les temps sont si troublés… »

Sa voix se coupa, elle était incapable de parler plus longtemps et elle se pressa plus encore contre la présence réconfortante de son mari.  Elle aurait voulu lui dire encore beaucoup de choses, combien il lui avait manqué, mais elle n'y arrivait tout simplement pas, encore chamboulée par toutes ces journées passées dans la froideur, mais aussi par le soulagement de voir enfin ces jours se terminer.





Marjolaine parle en mistyrose
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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyLun 26 Mar - 20:14

Se disputer avec les gens n’était pas une chose que Denys affectionnait particulièrement. Loin d’être querelleur ou agressif, il avait toujours préféré, et de loin, mettre fin aux dissensions par la diplomatie. Même quand celle-ci ne suffisait plus, il usait d’autres moyens bien moins conciliants certes, mais jamais avec un sentiment bagarreur. Il pouvait tout aussi bien tenir les silences et les froides relations – comme c’était le cas avec Mélusine depuis de nombreuses années – mais la confrontation et les grandes colères, certainement pas. Et ce silence avec Marjolaine, hélas, lui devenait insupportable, aussi bien parce que ce n’était pas une chose positive pour le duché que pour lui même. Surtout pour lui même d’ailleurs... S’obstiner à chasser les regards et les instants de joies qu’il s’était permis d’avoir avec elle était douloureux. Peut-être plus que la prise de conscience de sa faiblesse envers son épouse. A la réflexion, ce premier pas vers elle, quoique synonyme d’échec dans la fermeté de son caractère, était la chose la plus sensée à faire. A plus forte raison quand il voyait dans le regard de sa femme que celle-ci lui avait pardonné depuis longtemps cette dispute comme elle lui pardonnait tous ses écarts depuis de nombreuses années. Douce et bénie Marjolaine, qui méritait certainement mieux qu’un époux comme lui, tentant vainement de se soustraire aux faiblesses d’un cœur depuis trop longtemps muselé avec poigne.

L’évidence le frappa cependant, mettant en lumière l’un des points les plus défectueux de sa personnalité : il n’avait encore une fois pensé qu’à lui dans cette affaire. De sa propre douleur et des soucis que cette dispute pouvait engendrer, mais il n’avait pas songé aux angoisses de Marjolaine qui devant lui, à cet instant précis, s’écoulait en un flot de larmes et de paroles bredouillées faiblement. Il se savait égoïste, le lagran, profondément égocentrique, et bêtement, il se sentit mal pour son épouse, qui était au contraire bien plus empathique et tournée vers les autres que lui ne le serait jamais. Mais dans cette détresse, elle avait certainement bien plus souffert et désolé, il força son emprise sur les doigts de la jeune femme, comme un maigre soutien qu’il pouvait apporter. Non, il n’y avait pas songé et cela le vexa autant que ça le blessa.

« Oh Marjolaine, tu n’as pas à t’excuser d’être comme tu es. Je sais que tu ne pensais pas à mal. Je suis désolé de t’avoir blessé, ces deux dernières semaines. » Oh il pourrait même s’excuser de lui avoir fait du mal depuis bientôt dix ans, même si de cela hélas, il en avait d’ores et déjà conscience.

L’attirant à lui alors qu’elle même se blottissait dans ses bras, il referma une prise douce et rassurante autour d’elle, posant son menton sur le haut de son crâne et berçant presque leurs deux corps pour calmer les sanglots. Contre lui, il percevait nettement les tremblements, l’angoisse et la peur faisant corps pour frapper les barrières de sa tendre Marjolaine, pourtant si solide. Comme il aurait aimé trouver des mots à cet instant pour la rassurer. Mais les sentiments n’étaient pas son fort, quand bien même savait-il parfaitement jouer avec ceux-ci, aussi bien pour manipuler les autres que les simuler parfois lui même. Ne serait-ce que l’évocation de cette trame alternée où ils avaient tant souffert… s’était-il seulement penché réellement sur la souffrance de son épouse, là où il n’avait songé qu’à la sienne, à sa mort là bas, cette gorge tranchée et cette vie abandonnée dans un camp miséreux ? Non, il se rendait bien compte que depuis tous ce temps, même si elle lui en avait parlé déjà, Marjolaine avait gardé pour elle cette douleur lancinante et glaciale qui s’était peu à peu muée en une peur peut-être un peu paranoïaque. Et lui n’avait guère vu cela…

On lui avait souvent dit que les mots parfois n’étaient pas suffisants et que les actes étaient en vérité bien plus porteurs de sens que le verbe. Denys, qui n’était guère adepte des actes nés des sentiments, laissa en cette seconde pourtant son cœur agir, bien malgré lui certainement. S’il s’écarta quelque peu de Marjolaine, ce fut pour mieux prendre doucement son visage entre ses mains et le relever vers le sien. Ses doigts, effaçant les larmes lourdes et pesantes, caressèrent ses joues rougies, tandis que ses lèvres touchèrent les siennes, dans un baiser plein d’assurance et de douceur. Certes si semblable à tant d’autres échangés par le passé, et pourtant emprunt de cette sincérité venue du cœur.

« Je m’en veux, si tu savais. De ne pas être le soutien que tu es pour moi, d’être toujours si loin alors que nous sommes si proche. Je t’en prie, parle moi, ces prochaines fois où ton cœur sera souffrant, où tes angoisses seront trop fortes. Je serais là. Oh quel idiot. Je n’étais pas fâché contre toi, j’étais juste trop fier et trop têtu. » Ce qu’ils étaient certes tous les deux, mais son épouse avait peut-être des circonstances atténuantes qu’il ne pouvait prétendre posséder. La reprenant dans ses bras, il déposa un baiser sur son front, humant le doux parfum de lys de sa chevelure. « Les temps sont troubles, mais nous saurons aller de l’avant et les dépasser. Comme nous l’avons toujours fait. Aie confiance, Marjolaine, d’accord ? » Après tout, la dernière année avait été riche de rebondissements, et même avant cela, tout n’avait pas toujours été rose en Lagrane… oui, le duc avait confiance que ces événements, même dangereusement complexe, sauraient – à défaut d’être dépassés – au moins compris et peut-être, qui sait, détournés.


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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyMar 3 Avr - 5:32

Les bras de Denys passés autour d'elle étaient réconfortants.  Cette dispute était idiote.  Ils avaient agi comme deux enfants et ils avaient dû attendre deux semaines pour enfin cesser ces enfantillages.  Elle regrettait presque de ne pas être allée s'excuser plus tôt, de faire la paix.  Son entêtement servait-il vraiment à autre qu'avoir la satisfaction de ne pas avoir cédé la première?  Pas vraiment.  Elle n'en voulait plus à son époux pour ce qui avait pu être dit, elle l'effaçait de son esprit comme on oublie une journée de pluie.  Timidement, elle s'agrippa à ses vêtements, puisant dans ce geste une énorme source de réconfort.  Il lui avait manqué.  Terriblement.  Et le soulagement qui l'envahissait alors qu'ils mettaient derrière eux leur quiproquo était immense.  Ainsi enlacés, elle se sentait de plus en plus calme et bien que son corps tremblait encore un peu sous l'émotion, ses sanglots prenaient une ampleur plus mesurée.  Les larmes coulaient encore, parce qu'elle n'arrivait pas à les empêcher, mais au moins ses tremblements étaient moins violent.  Peu à peu, elle se rassurait et enfouissait dans son cœur ces angoisses qui étaient peut-être trop virulentes par rapport à ce qu'elles devraient être.  Il ne servait à rien de vivre dans la crainte.  Elle ne voulait pas être si faible devant lui.  Elle voulait se montrer forte, le digne appui qu'elle devait être pour lui.  C'était ce qu'elle tentait de faire depuis qu'elle avait compris que leur mariage n'était pas ce qu'elle espérait qu'il serait.  Déçue, elle l'avait été, néanmoins elle s'était rapidement tournée vers autre chose, vers de nouveaux objectifs pour donner un sens à sa vie ailleurs que dans sa relation conjugale.  Et de cette façon, elle n'avait plus à se plaindre de lui, elle vivait confortablement et passablement heureuse.

Mais les temps étaient troubles.  On ne savait plus ce que le lendemain apporterait comme nouvelles, bonne ou mauvaises et ce confort qui n'aurait pas satisfait d'autres femmes qu'elle lui semblait menacé et elle craignait de le perdre.  Son bonheur était dans sa famille, une famille où elle était indispensable, aimée.

Bien que déterminée ne pas lever les yeux, embarrassée par sa faiblesse, elle laissa Denys lever vers lui son visage, pris entre ses mains.  Leurs regards se croisèrent et Marjolaine eut un pincement au cœur en se plongeant dans ses jolies prunelles bleues.  Elle l'aimait si fort.  Si pleinement.  Elle le ressentit encore plus quand leurs lèvres se joignirent, ce qui acheva d'aplanir toutes les difficultés.  Elle devait prendre sur elle-même.  Devenir le pilier qui soutiendrait Denys, tandis que lui même serait lui contre lequel elle pourrait prendre appui.  Il prétendait le contraire, mais elle-même le savait : elle puisait tant de sa force intérieure en lui.

« C'est comme ça que je t'aime Denys.  Tu es ce que tu es et sans toi je ne serais pas celle que je suis aujourd'hui. »

Il n'était pas dans les habitudes de Marjolaine de parler franchement de ses sentiments. D'un tempérament plus réservé, elle avait plutôt une tendance à démontrer ce qu'elle ressentait à travers ses gestes plutôt qu'à travers ses propos.  Toujours discrète, elle ne cachait pas à son époux l'affection qu'il lui inspirait sans toutefois lui faire constamment des déclarations verbal de celle-ci.  Le visage enfoui dans son épaule, elle puisait toute la force dont elle avait besoin pour faire face aux événements.  Après tout, n'était-ce pas pour lui être indispensable qu'elle avait commencé à autant s'investir auprès du peuple?  Que peu importe laquelle des femmes trouveraient le chemin de son lit, il puisse mesurer à quel point elle seule pouvait prétendre à être sa compagne jusqu'à ce que Sithis les séparent?  Elle se remémorait tout cela et sa foi se ravivait.

« J'ai foi en nous, » déclara-t-elle sur un ton ferme et décidé.  Elle le disait pour lui, mais aussi pour elle.  Elle avait besoin de l'entendre, de se convaincre elle-même que quoi qu'ils affrontent comme obstacles, ils sauraient y faire face et se relever s'ils devaient tomber.  « Et j'espère que nous ne nous disputerons plus.   Enfin, si un peu, fit-elle en laissant échapper un léger rire en songeant qu'elle trouvait plutôt réconfortant d'avoir des différents avec son époux, Mais plus comme ça.  J'ai trop besoin de toi.  Plus que tu ne peux l'imaginer. »

Elle s'écarta un légèrement, juste assez pour pouvoir bouger la tête et le regarder.  Était-ce bien elle qui avait menacé de partir avec les enfants dans un moment de panique?  Comment avait-elle pu songer un seul instant qu'elle pourrait s'éloigner de lui.  La colère et la peur pouvait vraiment faire dire des choses insensées.  Timidement, elle lui sourit.  « Je suis contente que nous ne soyons plus fâchés.  J'ai plus de courage quand tu es avec moi. »





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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyDim 8 Avr - 18:02

Comme la clé qui ouvre un coffre, le baiser donné à Marjolaine est telle la fissure d’un mur découvrant un cœur bien trop caché, bien trop oublié. Une faiblesse oui, qui fait vibrer mille émotions et désirs, là où l’esprit voudrait tant tout enterrer. Mais c’est bien son cœur qui fait en cet instant agir le duc de Lagrance, moins désireux de se protéger lui même que veiller à réconforter son épouse. Il est pourtant d’un naturel bien égoïste et égocentrique, mais peut-il nier, désormais, toute cette affection profonde qui l’attire chaque jour un peu plus vers cette femme superbe et merveilleuse, autant de cœur, de corps et d’esprit ? Il sait que cela finirait par venir, par le prendre. Aurais-t-il encore le temps de reculer avant de laisser le mur entièrement se briser ? Oh il le pourrait bien oui, en acceptant de n’utiliser Marjolaine que comme un soutien et de ne pas en être un pour elle. De redevenir cet époux qu’elle côtoyait depuis bientôt dix ans, présent mais infidèle, un homme distant. Mais finalement, c’était bien mal connaître sa tendre Marjolaine. Elle ne lui donnait plus cette envie de fuir si loin, tant elle s’était, bien malgré lui, rendue indispensable.

Je t’aime. Ces mots toujours aussi difficile à entendre, voire même à accepter. Trop porteur de vérité dans une voix sincère. Dix ans plus tôt, ces mots l’auraient fait rire et reculer. Ils avaient ce quelque chose d’effrayant qui rappelaient tant ses faiblesses d’autrefois à Denys. Plus jamais depuis Mélusine, il ne les avait offert à une autre femme. Tant de fois il les avait entendu dans la bouche de ses amantes, mais c’était la voix de Marjolaine qui le touchait le plus. A plus forte raison maintenant qu’il se laissait à l’approcher, reconsidérant le sentiment d’amour qu’il avait toujours estimé comme une faiblesse. Tout comme lui, elle n’était pas du genre à l’exprimer à voix haute, préférant prouver son affection par les gestes. Mais que ce soit l’un ou l’autre, Denys la savait sincère. Il n’avait point besoin de lire dans son regard la vérité, il la savait. Depuis plus de dix années…

Sur l’instant, il ne peut rien répondre à la déclaration. Juste l’écouter et serrer dans ses bras cette femme si forte et si fragile à la fois. C’était pourtant cela, la force de puiser dans l’autre l’énergie qui manquait. Et immanquablement il songea à son retour dans la réalité, plus d’un mois plutôt, lorsqu’il s’était lui même laissé submerger et que Marjolaine l’avait rattrapé. Ah comme il s’en voulait oui, d’avoir joué au plus têtu, sur une histoire où tous deux auraient pu se battre ensemble. Tous deux coupables d’une trop grande inquiétude.

« Je ne veux plus me disputer non plus comme ça. Vraiment, c’était idiot. »
Il savait reconnaître ses erreurs, le duc de Lagrance. Et malgré l’égo qu’il pouvait avoir, il ne se sentait nullement blessé de s’avouer non seulement vaincu mais dans le tort, autant que son épouse l’était. Contemplant son doux sourire, il finit par la ramener à lui, dans une nouvelle étreinte. « Si tu savais comme celle que tu es aujourd’hui me comble et me rend fort. » Le visage enfoui dans la chevelure d’ébène de son épouse, il s’enivre un instant de leur odeur, laissant échapper à son attention un murmure, confidence unique. « Tu es la seule que je peux aimer, Marjolaine. » S’attendait-il à ce que la foudre le frappe, en prononçant de tels mots ? A ce que son cœur lâche, à force de trop battre ? A ce que son esprit se brise, à trop penser ? Pourtant, c’est presque un soulagement de lui dire, de se sentir en confiance, presque protégé, même s’il venait presque de lui remettre son cœur si sombre et si torturé. Il n’a pas une seule pensée pour cette autre femme qui le lui avait brisé et éveillé tant de peur sur l’amour. Il savoure juste cet instant, sans regretter ni le passé ni le présent.


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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptyDim 15 Avr - 19:58

Elle était bien là dans ses bras et ne demandait pas plus de bonheur que cela.  C'était réconfortant d'être ainsi enlacée par celui qu'elle aimait du plus profond de son cœur et de son âme.  Elle n'en demandait pas, elle n'avait pas besoin de plus, entre ces tendres marques d'affections et ses deux filles.  Que pouvait-elle demander de plus dans cette vie où elle était heureuse la majorité du temps.  Où elle se savait indispensable.  Née avec peu d'ambitions, élevée pour peu d'ambition, elle n'attendait plus comme autrefois que le bonheur ne tombe sur elle-même.  Elle avait grandi et mûri avec ces années de mariage.  Tout ne pouvait être comme elle le désirait, mais elle n'en éprouvait pas de grande contrariété.  Il n'y avait quelques semaines qu'elle avait compris que son bonheur reposait sur ses propres épaules, qu'elle en était la maîtresse.  Elle avait toujours tout supporté avec patience, en espérant que les choses deviennent meilleures.  Elle avait essayé, en devenant la duchesse qu'elle était désormais, de s'attacher plus encore Denys à elle.  Plutôt que de l'acculer au pied du mur, lui faire comprendre ses sentiments et de le fixer autant qu'il fut possible de le faire pour une femme.  Trop tard, elle ne le croyait pas vraiment, mais elle ne tenterait plus d'utiliser des moyens détournés pour le garder entièrement à elle.  Et si une fois tout tenté, rien ne changeait, au moins aurait-elle la satisfaction d'avoir agi plutôt que d'attendre passivement.  Plutôt que d'espérer qu'un fils lui attribuerait toute son affection.  Elle avait encore l'ardent désir de mettre au monde un petit garçon, sa déception avait d'abord été grande d'apprendre qu'il s'agissait à nouveau d'une petite fille, mais elle n'éprouvait aucune amertume quand elle voyait à quel point il était heureux d'être tout simplement père de nouveau.  Puis, autant qu'elle regrettait de devoir l'admettre, Denys était un homme à femmes, peut-être préférait-il avoir une horde de filles que de petits garçons.  L'idée la fit sourire, tandis qu'elle se noyait dans son étreinte, envoûté par ce parfum si caractéristique qui était le sien.  Ainsi enlacée, réconciliée d'une dispute enfantine, elle croyait qu'elle ne pourrait jamais éprouver de plus grand bonheur.

Mais elle se trompait.

La surprise l'empêcha de comprendre tout à fait le sens de ses mots quand il les prononça.  Se savoir être un support indéfectible pour lui, une source de force et de bonheur était un baume sur son cœur tant aimant, mais à la fois si meurtri.  Elle n'espérait pas plus de lui, pas tout de suite.  Elle l'éveillerait aux sentiments qu'elle voulait lui faire éprouver à son égard un jour, quand le moment serait venu.  Elle était loin de se douter qu'il viendrait aussi vite, sans qu'elle n'aie rien à faire.  Alors que l'idée s'imposait comme une réalité dans son esprit où ses mots s'étaient imprimés, inconsciemment de nouvelles larmes s'échappèrent de ses yeux, mais elles n'avaient pas cette amertume qu'apporte la tristesse.  Elle avait la douceur de l'amour et coulaient en raison de cette chaleur qui lui gonflait la poitrine de se savoir si spéciale et chère à son cœur.  Ses bras se serrèrent autour de lui, ses mains s'agrippèrent à ses vêtements comme si elles ne s'en détacheraient plus jamais.

« Moi aussi, » murmura-t-elle, incapable de parler plus, submergée par l'émotion de joie qu'elle ressentait avec une violence inégalée.  Sa voix tremblaient un peu, mais c'était parce qu'elle cherchait à se maîtriser, à garder une certaine contenance.  Il savait combien elle lui était attachée et elle tentait d'étouffer ce sentiment, de crainte que ses débordements ne le dégoûte d'elle.  Être aussi dépendante de ce qu'il ressentait ne lui donnait-il pas une emprise sur elle dont il pourrait se lasser?  Mais devant l'aveu de ses sentiments, plus que la crainte d'être rejetée, c'était sa timidité et sa joie qui lui faisaient éprouver cette réserve.

Derrière elle, Raiponce poussa un babillement joyeux dans son berceau, comme si elle célébrait la réconciliation de ses parents avec eux.  Marjolaine laissa échapper un léger rire heureux, rappelée à la réalité par cette fille chérie.  Peut-être finalement ce cadeau si terrifiant était-il une bénédiction.  Elle continuerait de s'en méfier et de s'inquiéter pour sa fille, mais au moins il avait eu le mérite d'être l'élément déclencheur de ce dénouement qui la rendait si joyeuse.  « Rose, Raiponce et toi représentez le centre de mon univers.  Je te promets de ne pas me mettre inutilement en danger.  D'être à tes côtés jusqu'à la fin des temps. »

Elles étaient roses les joues de la duchesse qui une fois de plus laissait son époux voir à quel point il la dominait, à quel point son emprise sur elle était forte.  Mais ce n'était pas grave, ça ne faisait rien parce qu'elle était à lui toute entière.





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Message Sujet: Re: Je te promets la clé des secrets de mon âme   Je te promets la clé des secrets de mon âme EmptySam 28 Avr - 18:57

Le dire, l’avouer, c’était reconnaître que quelque chose existait. Ce quelque chose, c’était un sentiment que Denys avait, pendant des années, tenté d’éviter et même d’ignorer. Le risque, il le savait, d’être dépendant à ce sentiment, c’était justement d’éprouver des faiblesses faciles à exploiter. Il était loin de croire qu’il ne possédait aucune faiblesse, bien évidemment, mais pendant longtemps il avait tout fait pour masquer celles-ci et s’en préserver, de toujours frapper dans celles des autres avant qu’on ne l’attaque lui. Mais aimer. Aimer c’était se mettre en danger, mais surtout mettre en danger la source de cet amour, donner à d’autres un élément de pression tout trouvé. Oui jusqu’ici, Denys n’avait jamais trouvé en l’amour quelque chose de suffisant pour compenser la faiblesse que cela développait. Il y avait suffisamment goûté autrefois, avec Mélusine, pour en avoir gardé un goût amer et se promettre de ne pas recommencer. Pourtant, dès l’instant où il avait demandé officiellement à Marjolaine de devenir son épouse, il avait su qu’elle était un risque à ce sentiment instable. Et aujourd’hui, après dix ans de mariage, il parvenait enfin à lui avouer ce qu’il avait toujours refusé de reconnaître et d’éclipser. Il l’aimait oui, trop pour pouvoir se passer du soutien qu’elle lui apportait et la chaleur qu’elle représentait. Elle était cette lumière qu’il n’avait pas, cette générosité qu’il ne possédait pas, cette grandeur d’âme qui lui faisait défaut. Il l’aimait, et toutes ses craintes, si elles n’étaient pas oublié, il comprenait qu’elles pouvaient être compensées. Parce qu’il avait toujours refusé de voir. Oh il ne serait certainement jamais le mari parfait que Marjolaine attendait, mais force était de constater qu’elle avait su le changer, jusqu’à ce qu’il consente à déposer son cœur entre ses mains.

Et finalement, là, tout contre elle, dans la chaleur de cette chambre d’enfant, il songea que ce n’était pas si mal, de s’appuyer sur quelqu’un, de partager quelque chose de fort. Il était bien moins représentatif qu’elle dans l’expression de ses sentiments, mais il se senti malgré tout le cœur léger, de la voir si heureuse malgré les larmes, si joyeuse malgré les tremblements. Ils auraient pu rester ainsi longtemps tous deux, enserrés dans cette douce étreinte, si le babillement vif de Raiponce n’avait brisé le silence des lieux. Elle n’avait pas conscience de tout ce qui se passait à ses côtés, mais d’une certaine manière, sans doute ressentait-elle le doux sentiment qui enveloppait à cet instant ses parents, et qu’elle souhaitait partageait avec eux tout son bonheur de nourrisson joyeux.

« Tout ce que je veux, c’est ne pas vous perdre toutes les trois. » Oh il y avait bien des choses que Denys voulait, mais même si l’on pouvait lui reprocher son ambition et ses méthodes peu recommandables parfois, il tenait profondément à sa famille, plus qu’il ne l’aurait pensé il y a bien longtemps. « Je te l’ai déjà dis, il n’y a personne d’autre que toi que je veux à mes côtés. » Et nulle autre que Marjolaine ne saurait le comprendre et l’épauler, le soutenir même si elle ignorait pouvoir le faire. Reprenant son visage entre ses mains, il prit ses lèvres dans un fougueux baiser, dévoré de chaleur et d’envie. L’une de ses mains glissa de la joue de son épouse pour se déposer sur ses hanches, l’attirant lui. Et dans un murmure, entre deux baisers : « Je te veux toi. » Il recula alors, se détacha de l’étreinte, mais c’était pour mieux prendre sa main et l’attirer vers la chambre attenante.


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