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 De l'art du devoir

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Chasteté Mille-Saveurs
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Message Sujet: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMer 28 Fév - 2:53



   

   
Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Césaire Chesnenoir & Chasteté Mille-Saveurs

   
De l'art du devoir

   
Au plaisir de la récompense

   

   


   
• Date : 24 février 1003
   • Météo (optionnel) : Froid
   • Statut du RP : Privé
   • Résumé : Castiel de Sombreflamme a réservé les services de Chasteté pour son majordome Césaire, à l'insu du principal intéressé qui découvre l'affaire lorsque la Compagne se présente au palais ducal, munie de son ordre de mission.
   • Recensement :
   
Code:
• [b]24 février 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3444-de-l-art-du-devoir#127472]De l'art du devoir[/url] - [i]Césaire Chesnenoir & Chasteté Mille-Saveurs[/i]
Castiel de Sombreflamme a [url=arven.forumactif.org/t3427-pour-services-rendus]réservé les services de Chasteté[/url] pour son majordome Césaire, à l'insu du principal intéressé qui découvre l'affaire lorsque la Compagne se présente au palais ducal, munie de son ordre de mission.

   



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMer 28 Fév - 2:58

Intéressant courrier que celui reçu par Chasteté à l’aube du 21 février : daté du 16 du mois, d’abord arrivé à la Maison des Compagnes de Hacheclair via un acheminement express par portail depuis Euphoria le 18, il a ensuite transité par griffon-coursier jusqu’à la Maison des Compagnes de Lorgol où elle réside pendant son séjour à la capitale des peuples libres. Très intéressant courrier, même ; signé de la main du duc Castiel de Sombreflamme, en personne. Elle l’a peu côtoyé, ce jeune seigneur un peu fou dépeint en des termes équivoques par sa consœur Célestine, Dame d’Euphoria et responsable des Compagnes de Sombreciel. Duc un peu étrange aux sautes d’humeur célèbres, friand de drogues et d’alcools, aux goûts bien… particuliers, qui heurtent toujours un peu la sensibilité pourtant aguerrie de la Belliférienne.

Un instant, Chasteté a redouté qu’il ne sollicite ses services pour son propre intérêt – s’apprêtant à décliner poliment cet honneur discutable, peu encline à s’avilir dans les pratiques étranges qui semblent si naturelles pourtant à ses consœurs cielsombroises. Elle en a vu, pourtant, des étrangetés saugrenues et des déviances farfelues, dans tout ce qui touche aux plaisirs de la chair ; elle a même parmi ses très rares clientes la duchesse de Bellifère en personne, le plus clandestinement du monde, et n’a jamais éprouvé le dégoût des étreintes féminines que certaines de ses protégées professent. Mais son sang-froid n’est pas à la hauteur des exploits cielsombrois, elle en a bien conscience, aussi a-t-elle décacheté avec réticence le pli scellé aux armes de Sombreflamme.

Une fois la missive lue une première fois, ses sourcils se haussant de plus en plus à chaque ligne, la Dame de Hacheclair l’a lue une seconde fois. Puis une troisième. Flattée, que le digne sire de Séverac ait parlé d’elle en termes flatteurs, après leur épopée escortant un convoi de réfugiés, et malgré leur léger accrochage concernant son fils malade. Interloquée, de se voir confier un client aussi… âgé, à en croire le courrier. Intriguée, de découvrir le genre de services qu’un si sérieux personnage pourrait bien requérir d’elle. « Sa digne réserve », a écrit le duc – en lui confiant mission de le dérider, et de se rendre agréable. Il est vrai que l’habituelle clientèle de Chasteté correspond bien à cette description…

Soit. Le défi est intéressant, et l’orgueil de la Compagne se gorge de fierté, de se voir ainsi recherchée par le duc de Sombreciel en personne – sans compter le contenu du lourd coffret, incontestable argument. Comme ils brillent, les yeux de la cupide Chasteté, devant l’entassement indécent de fleurons qui tintent contre les rebords dodus du coffre ! C’est sûrement l’élément qui emporte sa décision : soit, elle ira à la rencontre de cet honorable vieillard en besoin de compagnie, et elle remplira son office de la manière qu’il préfèrera, comme le réclame son serment de Compagne !

Le 24 au matin, une fois ses dernières affaires en ordre, la Dame de Hacheclair quitte donc Lorgol par portail, en direction de l’antenne de la Guilde des Mages d’Euphoria, relativement déserte en ces temps de conflit. Elle a tôt fait de se faire conduire jusqu’au palais ducal dans la luxueuse calèche affrétée pour elle, observant avec curiosité la capitale cielsombroise qu’elle n’a que rarement visitée. Elle ouvre grand les yeux, soigneusement emmitouflée pour se prémunir des rigueurs du climat, et étroitement voilée pour dissimuler sa chevelure de flamme comme l’exige la coutume du duché. Au palais, c’est un législateur qui vient l’accueillir, avec tous les égards et honneurs d’ordinaire réservés aux grandes dames ; et qui lui fait signer, avec une pompeuse solennité, un contrat très détaillé indiquant qu’elle s’engage à accomplir les devoirs de sa charge avec rigueur et sérieux.

Quelle tristesse, cette formalité, pour un moment censé être agréable… Une fois les obligations accomplies, on la conduit à un appartement confortable, où loisir lui est laissé de se reposer et de se changer pour revêtir une tenue plus apprêtée. Elle a tôt fait de se débarrasser de l’épais voile alourdissant ses mèches rousses, prenant le temps de les discipliner dans une coiffure toute belliférienne fortement traditionnelle, accordée à sa robe des plus modestes, bien que soigneusement coupée pour favoriser les tournures de sa profession. D’un œil critique, elle s’observe dans le miroir en pied que l’on a laissé à sa disposition : elle n’a clairement pas l’air cielsombroise, ce qui est apparemment l’objectif recherché par Sa Grâce Castiel lorsqu’il a décidé de faire appel à elle. Reste à savoir si le vénérable majordome la trouvera adéquate, la jolie Compagne qui s’en vient remplir son office – le duc Castiel a-t-il correctement deviné les préférences de son loyal serviteur ?

Elle ne va plus tarder à le découvrir. Elle patiente sagement, Chasteté, assise devant la cheminée dans le bureau du rez-de-chaussée où un petit page l’a priée d’attendre le temps qu’il aille quérir « le sieur majordome », observant avec attention l’agencement du mobilier, la décoration discrète, la disposition des outils d’écriture trahissant des années de petites manies inconscientes. La porte s’ouvre enfin – l’homme qui entre porte effectivement sur ses traits les marques d’un grand âge, comme le duc l’avait annoncé. Bien fait de sa personne ? Sûrement a-t-il fait tourner bien des têtes trente ans plus tôt si par hasard il s’est aventuré en Bellifère, très certainement. Pour la vigueur et l’expérience mentionnées, Chasteté réserve encore son jugement ; la flexibilité est en tout cas définitivement compromise, à en juger par la raideur discrète de ses gestes. Promptement, la Compagne s’arrache à son étude pensive et se lève du fauteuil, saluant d’une profonde révérence toute belliférienne l’arrivée du maître des lieux.

« Sire Chesnenoir, c’est un honneur. », gazouille-t-elle d’un sourire plein de fossettes, ravie finalement de pouvoir enfin mettre un visage sur ce client mystérieux. Le petit page a dû lui annoncer Madame Chasteté Mille-Saveurs, certainement – l'estimé serviteur se doute-t-il des raisons de sa visite… ?




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyJeu 1 Mar - 22:20


Les matins calmes sont agréables. Césaire pourrait facilement s’y habituer, comme à ces nuits complètes de sommeil, sans interruption aucune du petit duc exigent. Si habitué à se faire quérir aux petites heures, le silence l’a d’abord perturbé. Le bruissement du vent, le craquement du bois des planchers vieillissants, de tout petits bruits qui le tiraient de son sommeil, soudain alerte, debout sur ses pieds, avant qu’il ne doive se rappeler que Castiel était absent, bien trop loin pour exiger sa présence pour de futiles requêtes qui auraient aisément pu attendre l’aube

Le froid de février se fait sentir même à l’intérieur, et le thé chaud englouti au levé n’a pas suffi à le réchauffer. Aussi, par-dessus sa chemise, il enfile ce long veston d’un sobre marin. La fine laine le garde au chaud, préférant ce matériel à la soie plus flamboyante et prisée des Cielsombrois. Il omet la lavallière ; la noblesse n’est après tout pas en résidence au palais, alors le vieillard se permet cet écart. Ses chaussures sont toutefois fraichement cirées, les attaches de ses vêtements nettoyées, ses cheveux peignés. Il pourrait malgré tout accueillir ainsi quelconque noble se pointant inopinément, et la cravate délaissée n’aurait pas même fait sourciller.

Mais point de noble à accueillir aujourd’hui, ni qui que ce soit en fait ; sa journée s’annonce plutôt d’une solitude ennuyante. Les grandes festivités du début du mois ont vidées une partie des réserves du palais. Le duc se laissant aller allègrement dans la démesure, le cellier s’est vidé, le garde-manger s’est dégarni, et à Césaire incombe maintenant la tâche de les regorger. Il avait fait faire l’inventaire par quelques domestiques dans les jours suivants le départ de sa Grâce et son cortège ; maintenant il se retrouvait attablé devant ces papiers, livres de compte ouverts et nécessaire d’écriture soigneusement placés sur la grande table de cuisine où il s’était installé, les arômes de poire et de cannelle qui cuisaient lentement dans les grands fourneaux enveloppant les cuisines d’un doux sentiment de réconfort.

Des pas lui font lever la tête ; le claquement des talons sur les planchers lui signale un petit page et non pas les cuisiniers qui n’ont peine de s’encombrer de telles chaussures. « Mon sieur, Madame Chasteté Mille-Saveurs est arrivée. Je l’ai fait patienter dans le bureau du rez-de-chaussée. » Et il part aussitôt, sans laisser à Césaire le temps de le questionner plus. Il est laissé là, sourcils froncés, à revoir en tête s’ils n’attendaient pas l’arrivée de quiconque au palais. Il aurait pourtant juré que sur le visage du jeune garçon, un sourire éloquent avait étiré ses lèvres. Mais il est déjà loin, et le majordome n’a d’autre choix que de ramasser livres et plumes pour aller retrouver son invitée fortuite. Il laisse là encres et  parchemins vierges – il les fera déplacer et ranger à leur place au premier domestique qu’il croisera – et glisse sous son bras l’épais volume à la couverture d’un cuir usé qui garde en ses pages le cumul des dépenses ducales.

Quand il pose la main sur la poignée, il ne sait pas réellement à qui s’attendre lorsqu’il ouvrira la porte. Son prénom fait écho d’une Belliférienne,  et Mille-Saveurs résonne des cuisines ; les noms ne veulent toutefois plus dire grand-chose, alors qu’ils sont changés et donnés par amour et devoir. Madame pourrait être utilisé par simple politesse ou être l’usage d’une position de quelconque importance ; ce n’est par contre définitivement pas une noble, auquel cas d’autres termes y auraient été substitués. Alors les options se restreignent, une invitée impromptue du duc qui n’a pas été mise au fait de ses déplacements, ou peut-être même une représentante de la Cour…

« Sire Chesnenoir, c’est un honneur. » Devant lui une bien jolie femme, loin de l’excès des Cielsombroises, et pour Césaire c’en est rafraîchissant. Il s’étonne qu’elle le connaisse de nom, d’autant plus que le Signe effectué dans toute sa discrétion n’a provoqué aucune réponse. « Madame Mille-Saveurs, l’honneur est pour moi de faire votre rencontre. » qu’il réplique tout en s’inclinant doucement, attentif à la raideur de son corps vieillissant. Il prend un tout petit moment pour déposer le bouquin qu’il portait sous le bras sur le coin d’une table, sachant pertinemment qu’il ne quittera la pièce avant de l’avoir rangé à sa place, dans le petit cabinet barré d’un petit verrou doré. « Vous m’excuserez mais on ne m’a pas mis au fait de votre venue. Je crains fort bien que vous ayez manqué le duc, il a quitté il y a quelques jours de cela pour le couronnement de Sa Grâce Octave d’Ibélène. Son retour n’est pas prévu avant un moment encore, mais il me fera plaisir de vous faire organiser des appartements si vous souhaitez patienter au palais. » Politesse obligée qu’il offre ainsi. Les lieux risquent d’être toutefois bien tranquilles, et si Chasteté est venue profiter des soirées animées dont le duché s’est formé réputation, elle risque d’être déçue.
Alors que tous les yeux sont rivés sur Ibelin – que tout le gratin d’Ibélène s’y soit déplacé pour assister à ce tournant historique – les villes semblent quelque peu endormies ; ou alors les voilà-t-elles aux aguets, attendant de sortir ou les canons ou les fleurs...



dialogue en #003366






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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyDim 11 Mar - 14:45

L’homme s’est incliné avec une politesse impeccable bien qu’un peu raide, et Chasteté épie le moindre de ses mouvements pour affiner son jugement. Il avance jusqu’au coin de la table, dépose le volume qu’il transportait, et la Compagne ne peut s’empêcher d’échafauder mille et unes hypothèses sur ce qu’il contient. Petite déformation professionnelle, après des années passées à transmettre à la fois confidences et secrets recueillis sur l’oreiller, qu’informations diverses et variées surprises ici ou là à la Cour des Miracles, fournissant aux Espions quantité de matière sur les petites affaires de ses nombreux clients. Il en est ainsi dans toutes les maisons de Compagnes du continent : la Cour des Miracles protège la Guilde, et la Guilde manifeste sa gratitude. En devenant bras droit de l’ancienne Dame de Hacheclair, Chasteté en avait déjà appris beaucoup sur le fonctionnement officieux de sa Guilde ; depuis qu’elle lui a succédé, elle en sait bien plus, et ce parfum de mystère lui plaît.

Mais que pourrait-elle bien avoir à dire sur le vieux monsieur un peu perplexe qui ne semble pas comprendre les raisons de sa présence ici ? Un sourire amusé éclaire un instant les traits délicats de Chasteté, et c’est un petit rire tout aussi amusé qui résonne suite à la question de Césaire. Il n’a réellement pas saisi les implications de sa présence ici – visiblement, les qualités professionnelles de la Dame de Hacheclair ne sont pas encore parvenues jusqu’à ses oreilles. Rien de bien étonnant, si l’on y réfléchit bien : son fantasque maître doit préférer l’insolence éhontée des Compagnes de Sombreciel, et lui-même ne fait vraisemblablement pas appel à leurs services, comme le disait le courrier reçu. Bien, comment amener le sujet avec délicatesse ? Avec tout autre client, Chasteté aurait joué la carte de la séduction, flattant l’ego et procurant une certaine gloire d’avoir attiré l’attention d’une jolie femme ; mais l’instinct lui souffle que la dignité toute tranquille du majordome s’accommoderait assez mal d’une supercherie. Après tout, elle est ici pour répondre à ses envies, quelles qu’elles puissent être – sûrement a-t-il des idées précises sur la question.

« Je suis bien ici à la demande du duc Castiel, qui m’y a invitée il y a quelques jours – mais pas pour le voir. Je suis Compagne, sire Chesnenoir, Dame de Hacheclair depuis quelques temps, et c’est en cette qualité qu’il m’a mandée ici. Sa missive était d’une clarté limpide : il est fort satisfait de votre service et de votre loyauté, et m’a donné mission de vous distraire de la lourdeur de vos charges de la manière qu’il vous conviendra, en gage de remerciement pour vos années de bons soins. » Le sourire de Chasteté, tout empli de fossettes, est un chef-d’œuvre d’innocence : tissé à parts égales de bienveillance intriguée, de fierté enchantée et d’avances inoffensives, il vise tout autant à éviter d’effaroucher Césaire qu’à le rassurer sur le vaste éventail de ses compétences. Toujours assise sur le fauteuil qu’elle n’a pas quitté, elle veille soigneusement à ne pas faire mine de se lever : ce digne majordome, elle va devoir l’apprivoiser, d’une manière ou d’une autre, et se montrer trop entreprenante signerait, sans nul doute, l’échec de sa mission.

Et Sa Grâce le duc en serait sûrement fâché.






Dernière édition par Chasteté Mille-Saveurs le Sam 24 Mar - 12:38, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyJeu 15 Mar - 17:16


Il ne peut cacher la surprise qui un instant s’empare de lui, qui teinte de rose la pâleur de ses joues, qui fait agrandir son regard et lever un brin ses sourcils. Mais il se reprend bien vite et ses traits se ferment, retrouvent leur rigidité solennelle, presque froide. Seules ses lèvres se serrent, comme voulant réprimer quelconques réplique qui autrement lui aurait échappée. « Bien entendu » qu’il finit par dire, des mots à peine soufflés, sans chaleur, à la limite du reproche. Pas contre elle, pas vraiment. Il sait qu’elle n’a fait que répondre à un contrat, mais la voilà là, seule, portant cette surprise qu’il aurait pris grand soin de refuser si on lui en avait donné le choix. Pourtant il ne peut pas vraiment la renvoyer ainsi, il le sait.

Il a besoin d’un moment pour reprendre ses esprits et décider comment agir. Alors il se retourne à nouveau vers la table où il a déposé un instant plus tôt le lourd ouvrage et le reprend entre ses mains. Son regard effleure à peine Chasteté au passage ; il s’efforce presque de ne pas la voir. Il se dirige vers le petit cabinet verrouillé un peu plus loin dans la pièce et s’affaire à ouvrir le loquet pour ranger le volume à côté de ses semblables.

Il en veut à Castiel. À son duc qui se permet tout, jusqu’à lui imposer cette présence qu’il n’a pas demandée. Il n’est pas cielsombrois, il ne l’a jamais été au fond de lui, dans la vérité qu’il est, mais son identité empruntée aussi l’éloigne de ces mœurs qui ne le rejoignent pas. Et il n’a surtout jamais démontré quelconque intérêt marqué pour cette compagnie féminine. …mise à part cet incident avec cette voleuse de la Cour, qu’il a dû prétendre son amante l’instant d’un moment pour la protéger du courroux du jeune homme. C’était pourtant il y fort longtemps déjà, et l’absurdité de la situation était telle que Césaire n’y avait pas réellement repensé depuis.
Mais une part de lui s’adoucie, et y reconnait en ce geste de l’altruisme qu’il ne semblait pas connaitre en Castiel. Le majordome est plutôt habitué à ces crises, à ces excès de colères, à ces menaces ; qu’il sait réelles vu le roulement des domestiques qu’il doit constamment remplacer, mais dont il n’a jamais eu crainte pour lui-même. Entre les objets lancés parfaitement évités, les menaces de sévices qui ne voient le jour et les regards emplies de rage, et ceci, cet acte de remerciement, il y a tout un monde. Serait-ce son mariage récent avec la princesse erebienne qui déjà le change? Césaire en avait eu l’espoir, il ne pouvait le nier, mais il n’espérait pas un changement tel et de sitôt.

Le livre est rangé, le cabinet refermé et le petit loquet verrouillé à clef. Il se redresse doucement, droit, digne. Son visage est plus posé, et ses yeux se reposent sur cette si jolie dame qui est assise devant lui tout sourire. Et il ne sait pas vraiment comment agir. Venue pour le distraire, qu’elle dit. Mais les dernières années du majordome ont été passées tellement appliqué à sa tâche qu’il ne sait plus vraiment ce que c’est, de prendre un temps pour lui, de passer un moment avec quelqu’un, sans être là pour répondre à ses besoins, s’assurer que tout est convenable, que chaque petite chose est à sa place et faite. Il préférerait qu’elle parte, et qu’il retrouve ses habitudes, parce que ce serait plus simple, et qu’il n’aurait pas besoin de réfléchir. Mais s’il s’écoute réellement, il sait qu’il en serait heureux, de ces moments à des lieux de son quotidien. « Je vous avoue n’avoir jamais trouvé l’intérêt des Compagnes, Madame. Mais puisque vous êtes ici. » Il est bien trop fier, le majordome, pour avoir ne serait-ce que considéré les Compagnes pour palier quelconque solitude qu’il aurait pu ressentir. « Laissez-moi vous servir quelque chose. La gastronomie de Sombreciel est loin de celle de Hacheclair je crains, mais les cuisiniers étaient à cuire de bonnes tartes. » Offrir et servir, ça il sait faire, alors c’est ce qu’il propose, parce qu’il ne saurait quoi faire d’autre réellement.




dialogue en #003366






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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptySam 24 Mar - 22:14

Pauvre homme !
Chasteté perçoit l’onde de surprise, dans la soudaine crispation de ses membres, discrète mais néanmoins visible pour ses yeux entraînés à déchiffrer le langage corporel. Il y a également un fond de contrariété qu’elle ne sait comment interpréter : est-elle dirigée contre sa propre personne, suite à une arrivée imprévue vécue comme une intrusion ? Ou bien plutôt contre son client, le duc Castiel, qui s’amuse à manipuler son entourage comme des pions sur un échiquier, sans forcément tenir compte de leurs envies et aspirations ? Elle connaît peu le souverain de Sombreciel, ne sait de lui que ce que les potins mondains et sa consœur Célestine lui ont raconté ; mais il y a visiblement un fond de vérité dans toutes ces rumeurs qui le prétendent fantasque, capricieux et impulsif. Sans rien dire, gardant sagement le silence pour ne pas troubler sa réflexion qu’elle devine pénible, tant le majordome a dû se trouver pris de court par cette nouvelle soudaine, Chasteté observe Césaire ranger soigneusement le volume qu’il a apporté. S’occuper les mains pour s’occuper l’esprit ; voilà quelque chose qu’elle comprend, et elle est tout à fait disposée à lui laisser le temps de retourner la situation sous tous les angles.

Après tout, les Compagnes ne doivent pas tomber du ciel tous les jours, dans ce bureau sérieux si bien ordonné !

Le livre est rangé, le meuble refermé, le petit loquet soigneusement fixé. La Compagne n’a pas perdu un seul mouvement du majordome, attentive à ses gestes, tâchant de capter des indices sur la teneur de ses réflexions. Il semble avoir pesé le pour et le contre, se tournant finalement vers elle pour confesser ne pas trop comprendre à quoi elle sert. L’orgueil de Chasteté sursaute sous l’égratignure qu’elle n’attendait pas d’un monsieur si poli, et elle repousse fermement l’indignation piquée au vif qui voudrait pointer le bout de son nez. Ce brave homme n’a sûrement jamais croisé de Compagne en dehors du lit de son maître à la si éloquente réputation, peut-elle réellement lui en vouloir de ne pas comprendre les mille et unes subtilités de sa profession ? Que nenni. Charge à elle de les lui faire appréhender, voilà tout ! Un défi à la hauteur de ses talents, très certainement : il est hors de question qu’un client se déclare insatisfait de ses services, et elle déploiera tout l’éventail de ses compétences pour lui être agréable.

Elle n’attendait pas non plus sa proposition suivante – mais celle-ci éveille un éclat d’intérêt au fond de ses yeux clairs, et elle ne peut s’empêcher de battre des mains comme une enfant, ravie de l’opportunité qui s’offre à elle.

« Comment avez-vous deviné que j’adore visiter les cuisines des endroits que je fréquente ? » s’exclame-t-elle gaiement avec un enthousiasme très authentique, déviant quelque peu le sens de la proposition de Césaire sans le moindre remords. « J’ai grandi dans les cuisines du palais ducal de Bellifère – c’était il y a longtemps, mais j’en ai gardé un grand amour de la science culinaire, comme vous pouvez vous en douter. Me ferez-vous l’honneur de me les montrer ? Et comme ça, en chemin, vous pourrez me parler un peu de vous. Je suis bien curieuse de savoir où grandissent les majordomes tels que vous ! » ajoute-t-elle avec un sourire sincère.  

Cette approche toute simple sera peut-être plus efficace qu'un face-à-face gêné dans un bureau ?




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyJeu 29 Mar - 14:27


Il avait espéré qu’elle acquiesce tout simplement, qu’il puisse ainsi s’éclipser, prendre le temps de remonter les longs couloirs pour rejoindre les cuisines. Seul. Se donner du temps pour réfléchir, mais surtout repousser cet entretien qui était si hors de tout ce dont à quoi il était habitué.
Décidément cette compagne était bien là pour briser chacune de ses routines.
Il ne pouvait lui refuser cette requête, pas devant l’entrain presque enfantin dont elle semblait soudainement faire preuve. Il voyait bien en ses yeux le réel intérêt, dans son sourire sincère les souvenirs de cette enfance qu’elle évoquait. Alors un voile de résignation passa sur son visage un instant, avant qu’il lui répondre simplement d’un large sourire fermé, les lèvres pincées. Il l’invita à le suivre, lui tenant ouverte la porte de son bureau pour ensuite gagner ses côtés alors qu’ils s’engagèrent dans les dédales qu’étaient les corridors du palais.

Il était tenté de garder le silence. Mais Chasteté n’était pas l’une de ces invités dont il n’était utile qu’à titre de guide pour la mener à destination. C’était à présent son invitée, à lui, et il se rendait bien compte qu’il ne pouvait décemment la laisser faire toute la conversation. Qu’elle impression il laisserait !
« J’ai grandi bien loin d’ici, en Cibella, tout près des montagnes qui ceinturent Erebor, mais c’était il y a de cela fort longtemps. » Tellement longtemps que ça n’avait jamais existé. Et pourtant. Aujourd’hui quand il racontait ces histoires inventées il croyait voir jouer, dans son esprit, des images de son enfance, des souvenirs si imagés qu’il avait réellement le sentiment les avoir vécus. Un sourire effleura ses lèvres, alors qu’il resta un bref instant dans le silence, comme s’il hésitait à continuer. « Alors que les empires n’étaient pas en guerre, que le monde était plus simple. » Une pointe de regret dans sa voix, de nostalgie qui évince tout espoir.
Il était trop vieux, peut-être, pour cultiver la force nécessaire de croire que les tumultes qui ravageaient leur monde prendraient fin, et qu’une nouvelle fois, les rivières de sang et de larmes seraient oubliées. Combien d’années faudrait-il encore pleurer ces guerriers et ces innocents, victimes d’une guerre de pouvoir pour laquelle ils n’étaient tous que les pions ?

Le palais était calme. Et le son de leur pas était une douce mélodie rythmique qui les accompagnait.

Ils tournèrent un couloir et déjà on pouvait sentir l’odeur de cannelle. « Nos cuisines n’ont certes pas la prestance de celles du palais de Bellifère, j’ai bien peur que vous en soyez déçue. Toutefois notre chef de cuisine actuel a été formé à Hacheclair et est membre de la Guilde des Saveurs. » Et Césaire en était secrètement heureux. Car en dehors des mets traditionnels cielsombrois ce dernier cuisinait aussi ces délicieux plats en sauces, qui évoquaient de lointains souvenirs enfouis ; les repas servis par sa mère étaient loin d’être aussi succulents que ceux qu’il goûtait à présent, mais même à Nimrod, dans ce petit village reculé bien loin du faste des capitales et des palais des nobliaux, les béllifériens savaient envelopper leurs plats de ce doux réconfort.

Ils tournent une nouvelle fois un coin et Césaire s’arrête, devant une grande arche ouverte qui donne sur une immense pièce baignée à la fois de la lumière des feux que de celle des cristaux. L’odeur de cannelle que l’on pouvait sentir avant même d’y arriver se mélange à présent à celles des poires et du pain. « Voilà. » Il présente la pièce, comme il l’aurait présenté alors qu’il ferait visiter le palais. Il se retient de rajouter autre chose, des directives qu’il aurait donné à un nouveau serviteur auquel il ferait faire le tour de ses quartiers, ou des précisions à des invités de long-terme, leur souligner qu’ils y seraient le bienvenu, mais qu’ils pourraient aussi toujours faire quérir leurs moindres envies au premier petit page croisé. Ce n’était pas le cas, pas vraiment ; Chasteté n’était pas ici pour visiter le palais, mais plutôt pour lui tenir compagnie.
Quelques cuisiniers, au fond, s’affairaient à sortir les tartes fumantes des fours chauds. Ils avaient lancé un regard intrigué en direction du majordome et de la si jolie rousse à ses côtés, mais sans directives de la part de ce dernier étaient simplement retournés à leurs occupations.
« Cuisinez-vous vous même, Madame? » qu’il demande finalement, se retournant légèrement vers la compagne. Difficile de dire encore si en ces mots se traduit un réel intérêt ou simplement de la conversation de politesse, mais déjà, Césaire semble moins tendu et rigide, et peut-être bien que Chasteté avait raison, de croire que de sortir de ce tout petit bureau allait aider cet entretien qui pour le vieil homme semble bien plus difficile que même la moindre gestion de crise avec Castiel.




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyLun 16 Avr - 0:13

Ouh, mais qu’il est contrarié, ce digne serviteur – va-t-elle seulement réussir à le dérider un peu ? La résignation qui se peint sur ses traits un instant est criante, et Chasteté pince les lèvres en retour. Césaire n’est pas ravi de sa demande, c’est une évidence, et elle est un peu à court d’idées pour se rendre sympathique à ses yeux. Elle conçoit, bien évidemment, que la démarche du duc Castiel ait manqué de délicatesse, mais elle n’en est pas responsable, alors… Alors, peut-être se détendra-t-il un peu plus tard, quand il aura compris qu’elle n’a rien d’une dangereuse psychopathe ? Peut-être. Pour le moment, il s’exécute quand même, l’invitant à le suivre ; et la Compagne s’engage à sa suite dans le dédale de couloirs du palais ducal.

Très désordonné, ce palais, visiblement : elle aperçoit des cul-de-sac à plusieurs reprises, des ouvertures béantes ici et là, et même une fenêtre donnant d’un couloir sur l’intérieur d’une pièce dépourvue de porte de prime abord. Le majordome ducal cherchait-il donc à la perdre dans les recoins de ce labyrinthe insensé ? Rien à voir avec la rectitude toute orthogonale des étages du palais ducal de Bellifère ! Chasteté se rappelle des difficultés à trouver une salle suffisamment discrète et reculée pour rencontrer la duchesse Séverine ; alors qu’ici à Euphoria, il ne semble y avoir… que ça. L’architecture se rationalise cependant nettement au fur et à mesure de leur progression en direction de la cuisine, et Césaire se laisse aller à quelques bribes de conversation que Chasteté note soigneusement dans les petits tiroirs de sa mémoire, glanant avidement chaque information susceptible de lui permettre une meilleure efficacité dans l’accomplissement de sa mission.

C’est d’un œil curieux qu’elle détaille les lieux, et son regard exercé lui permet d’évaluer l’agencement de l’endroit avec une expertise tirée de ses jeunes années de service. Cuisine fonctionnelle, et personnel visiblement compétent : son hochement de tête approbateur et son léger sourire sont un compliment sincère, et elle inspire la bonne odeur de cannelle à pleins poumons, couvant des yeux les tartes sortant du four avec une gourmandise non feinte. La question de Césaire lui tire un sourire nostalgique, et elle secoue doucement la tête. « Je n’ai hélas pas souvent l’occasion de me retrouver seule en cuisine, libre de jouer avec la farine comme lorsque j’avais sept ans… Cela me manque, parfois. La vie était plus simple alors : pas de comptes à rendre, pas d’employés ni de consœurs à protéger… pas de guerre. » conclut-t-elle dans un soupir, se faisant l’écho des réflexions partagées par le majordome quelques instants plus tôt. Machinalement, elle passe l’index sur l’épine d’argent maintenant un repli de tissu de son corsage, ses pensées s’évadant vers cette Rose à laquelle elle a prêté allégeance il y a des années, et qui s’en est allée en abandonnant des centaines d’agents déboussolés. Heureusement, qu’elle a la Maison des Compagnes de Hacheclair à gérer – sans quoi, elle aurait sûrement sombré dans une jolie déprime.

Mais elle n’est pas venue là pour plonger dans les abysses de ses propres doutes, elle est missionnée pour alléger l’esprit de Césaire – alors, cherchant un sourire réjoui qui creuse à nouveau les fossettes de son visage, elle tourne un regard amusé vers le digne serviteur de la couronne. « À dire vrai, messire, j’ai un instant douté que vous me meniez vers les cuisines. Il y a tant de tours et de détours, dans vos couloirs – je suis prête à jurer avoir aperçu un escalier ne menant qu’au plafond. Cela m’a surprise : je connais la réputation d’excentricité du duc Castiel, mais je n’imaginais que cela serait aussi… flagrant. Cela doit vous rendre l’existence singulièrement mouvementée, non ? Tout ce désordre ambiant… ! »




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMar 24 Avr - 3:27


Il sourit simplement à la réponse de Chasteté, d’un maigre intérêt, acquiesçant quand ses paroles font échos aux siennes sur un monde passé plus simple. Et puis. Et puis son regard suie sa main qui s’attarde sur son corsage, et ses yeux capte cet éclat brillant. L’épine, il la voit, il la sait là, parce que ses yeux savent la reconnaître. Il y a longtemps qu’il a cessé de la chercher sur tous ceux qu’il rencontrait, accrochée sur le revers d’un col ou, comme ici, cachée au travers les détails d’un corsage. Il a cessé de la chercher parce qu’alors le monde était encore en paix. Et puis il n’a pas recommencé quand quand la Rose fut dissoute parce qu’il croyait les Épines disparue avec elle.
Mais elle est bien là. Ses yeux qui l’ont aperçu ne peuvent à présent l’oublier. Il la voit aussi bien que si elle avait été portée en immense pendentif scintillant venant se loger au creux de la poitrine.

Il regarde la compagne différemment. Il se demande un instant s’il aurait pu l’avoir déjà vu, à la Tour, alors qu’il y était, mais bien vite il se rend à l’évidence qu’il est beaucoup trop vieux et elle encore trop jeune pour qu’ils se soient ainsi croisés dans un passé qui pourtant lui semble à cet instant si proche. Il aurait tant de questions à lui poser, mais il ne peut simplement le faire ainsi, sans se vendre et devoir s’expliquer, dire qu’il a un jour lui aussi fait parti de cet organisation… Car malgré l’épine il ne peut totalement lui faire confiance. Et c’est un secret qu’il a gardé pour lui seul trop longtemps pour l’abandonner ainsi si rapidement.
« Je ne puis que vous donner raison. Y aura-t-il seulement espoir pour les enfants de ce siècle de connaître un jour un monde sans tourments maintenant que la Rose s’est dissoute et que le chaos ravage les cieux et les coeurs? » C’est tout ce qu’il peut faire, pour l’instant. Tenter de pousser subtilement la discussion sur ces questions auxquelles il aimerait trouver réponse.

Il s’éloigne un instant, le majordome. Il attrape deux assiettes et ramène aussi une tarte encore chaude. Un sourire amusé, cette fois réellement un, étire ses lèvres aux paroles de la jolie rousse. Il est vrai que la configuration du palais est plutôt singulière, surtout comparée à la rectitude de l’architecture belliférienne. « À en perdre la tête ! » Il coupe une pointe de tarte qu’il dépose dans une assiette et pousse sur la table en direction de Chasteté. « Je m’y suis à présent habitué, mais les invités et les nouveaux domestiques ne le sont pas toujours, en effet. Je ne compte plus les situations où j’ai tenté de ramener un quelconque ordre dans cet univers… oui, excentrique. » Il s’est servi à son tour, et discours semble plus ouvert, détendu, alors qu’il effectue ces petites tâche en même temps qui l’occupent. Il sort des coupes qu’il remplit d’un liquide clair très légèrement doré. Il offre une coupe à la compagne. « Un vin de poire pour bien accompagner ces tartes. »

Il porte la coupe à ses lèvres un instant mais s’arrête, son mouvement en suspens, avant qu’il ne la redépose sur le plan de travail devant lui. Son regard retrouve celui de son invitée, et il semble plus sérieux un instant. « Je puis vous demander quelque chose? Vous êtes jeune, encore. Croyez-vous qu’il soit trop tard? » Trop tard pour la Rose, trop tard pour les Épines, trop tard pour le peuple. Trop tard pour y faire quoi que ce soit.



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyDim 24 Juin - 14:31

Il est bien plus complexe qu’il n’y paraît, ce brave homme – un étrange éclat s’est allumé au fond de ses yeux tandis que Chasteté parlait, et son regard avait beau être fixé sur son corsage, elle doute fort que son décolleté fort sage soit subitement la raison de son intérêt. Est-ce un hasard, s’il mentionne la Rose dans l’instant qui suit, alors qu’elle sent encore sous son doigt l’épine d’argent accrochée au tissu de son vêtement ? Un sourire neutre joue sur les lèvres de la Compagne qui ne tient pas à se compromettre, si par hasard et à sa grande stupeur ce monsieur très digne devait se révéler être un ennemi.

Il semble se détendre, tandis qu’il sert d’abord à manger puis à boire, apparemment tout autant à l’aise dans le rôle d’échanson que celui de majordome, et elle accepte la coupe avec un sourire reconnaissant. Elle y trempe les lèvres un instant, savourant le vin de poire en bonne gourmande qu’elle est, remerciant Césaire de sa courtoisie d’un gracieux signe de tête. Sa question toutefois a tôt fait d’effacer l’insouciance de ses traits, et elle dépose sa coupe à son tour, sérieuse à nouveau. Un brin de son esprit s’amuse qu’il la trouve jeune alors qu’elle appartient aux plus âgées des Compagnes, mais pour un homme aux si longues années sa rousseur peut légitimement sembler juvénile encore, tant que le blanc ne l’a pas envahie. Elle réfléchit un instant à ce qu’elle pourrait répondre, hésitant à lui livrer le fond de sa pensée d’Épine loyale ; pressentant qu’il accorde beaucoup d’attention à la réponse qu’elle va lui faire, et qu’il se basera sûrement dessus pour juger de sa valeur.

« Le monde a connu mille ans d’une paix totale, messire ; mille ans de stabilité, et de sécurité. AUjourd’hui, tout a volé en éclats, la guerre rugit dans les cœurs et il ne reste plus que des pleurs dans les maisons vides de ceux qui ont tout perdu – pour ceux-là, il est trop tard, sans nul doute. » Mais cela serait une vision bien trop simpliste, et Chasteté pressent que Césaire attend d’elle autre chose que des lieux communs compassés. Relevant ses yeux clairs, elle accroche l’œil vigilant du majordome, après avoir pesé la suite de sa réponse quelques instants. « L’homme que vous servez a fait partie de ceux qui se sont battus pour garder l’humanité du danger – l’on sait à présent, parmi les alliés de la Rose comme parmi ses détracteurs, que Castiel de Sombreflamme se cachait sous le voile d’Hypérion depuis quelques années. L’on ne peut que reconnaître la valeur de ses engagements et le dévouement qu’il a montré pour cette cause bien plus grande que lui – une cause qui nous dépasse tous, messire. L’avenir du continent est encore indistinct, mais le mal ne gagnera vraiment que si les hommes de bien ne font rien. Je suis femme, et j’ignore l’art du combat, mais… si regagner la paix exige de moi une contrepartie, je serai heureuse de la payer, au nom de ceux qui n’ont plus rien à sacrifier. »

Ce petit discours délivré à mi-voix, avec la plus extrême des sincérités, lui a donné grand-soif ; et c’est tout autant pour regagner sa contenance que pour humidifier sa gorge nouée que Chasteté se saisit de sa coupe pour y boire une gorgée, sans quitter des yeux le digne conseiller, curieuse de connaître sa réaction.



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptySam 7 Juil - 16:09


Il l’écoute avec une attention nouvelle, la Compagne qu’il sait Épine à présent. Il est curieux des réponses qu’elle lui donnera, de la vision qu’elle porte encore sur la Rose, maintenant qu’elle s’est ainsi dissoute. En sait-elle davantage, aussi? Que font-ils, tous ces autres laissés en plan sans plus de directive? En ont-ils encore, venant d’autrui?

Il acquiesce simplement ses premiers mots, qui sont d’une vérité criante, mais aussi d’une simplicité si ordinaire que n’importe qui aurait pu donner cette réponse. Oui, pour certain il était assurément trop tard. Pour certain qui avaient tout perdu, il n’était plus même question d’espoir ou jours heureux à venir, il serait simplement question de survivre et de le faire le coeur et l’âme blessés. Mais c’était inévitable, n’est-ce pas? La paix n’existe que que si la guerre est là dans la balance, comme le bien et le mal qui n’ont de valeur que l’un comparé à l’autre.

Il porte sa coupe à ses lèvres, prenant une gorgée du vin fruité, la laissant poursuivre, attentif. Elle parle de Castiel et du voile d’Hypérion qu’il porta ces quelques dernière années, et si Césaire a encore du mal à se justifier ce choix de l’ancien souverain, il est force d’admettre qu’il a malgré tout trouvé un nouveau respect pour celui qu’il sert en apprenant cela. Il est d’une chose d’être un duc ne cherchant pas forcément à provoquer la guerre ou les conflits, mais il en est une autre d’aller jusqu’à se mettre à danger sous ce voile pour représenter une cause bien plus grande encore. Césaire est force de l’admettre et de donner les louanges qu’il se doit à ce gamin de duc qui malgré tout semble vieillir de mieux en mieux. Les années réussiront peut-être à l’assagir de sorte que Césaire ne trouve plus rien à penser de ses caprices. « Oui. Je vous avoue avoir éprouvé un respect nouveau pour Sa Grâce en apprenant cela. Tout comme pour sa nouvelle épouse. Sombreciel sera chanceux si ses souverains poursuivent les idéaux qu’ils ont portés sous les voiles de la Rose. » Il ne dit pas qu’il ne sait pas ce qu’il en sera vraiment de Castiel, au vue de l’épisode des longs, et éprouvants, moi d’hiver. La fin de la Rose a changé quelque chose en lui, mais garde-t-il seulement ces mêmes espoirs qui l’habitaient alors? Il ne pourrait dire, et seulement le temps et les événements à venir pourra en dire.

Il fait mine d’hausser un sourcil à ses derniers mots. « Et qu’est-ce qu’une femme comme vous aurait ainsi à sacrifier pour cette paix que nous semblons tous deux désirer? » Une bouchée de la tarte qu’il leur a servie, qu’il prend le temps de savourer, avant de poursuivre. « Vous n’êtes qu’une Compagne, et je ne suis moi-même qu’un simple domestique. Qui pourrait écouter nos voix, à présent? La Rose est dissoute, laissant ceux qui ont toujours crû en ses doctrines éparses et isolés, confus. Elle est partie pour nous laisser un mal bien plus grand, que personne ne semble pouvoir contrôler. Elle nous a légué le chaos. Comment trouver la lumière a présent? » Il oublie un peu la gêne des premiers instants de cette rencontre, ainsi posés dans la cuisine, dans cette discussion à voix basse, couverte aux oreilles indiscrètes par les bruits de préparation et de cuisson. Il oublie un peu le malaise de cette rencontre forcée par son duc, alors qu’ils s’aventurent sur un sujet qui lui tient autant à coeur qui le tracasse, ces derniers temps.



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyDim 8 Juil - 21:48

Il est émouvant, ce digne vieillard ; et le cœur de Chasteté se serre un peu devant un tel désenchantement tranquille. Point de cris de désespoir, point de larmes théâtrales ni de manifestations outrancières ; juste une déception humble, et une résignation impuissante qui noue la gorge de la Compagne. Elle s’est trouvée elle aussi dans une telle situation après les bouleversantes révélations de la fin de novembre, lorsqu’au Jour des Anciens la Chasse Sauvage s’est libérée dans un torrent de sang qui aurait sûrement pu être épargné. Elle en a voulu à la Rose, terriblement : après avoir rendu l’ensemble du continent dépendant de sa vigilance, comment pouvait-elle disparaître ainsi et les abandonner, livrés en pâture aux quatre Cavaliers et à l’Innocent qui les mène dans les nuées ? Les douze agents vénérés pendant mille ans ne sont-ils vraiment que des illusionnistes sans valeur ? Les ducs et duchesses ont-ils plié le genou devant des hypocrites sans honneur ? Et elle, pitoyable petite Chasteté aux moyens bien limités, elle la petite Épine au cœur courageux mais au bras plein de timidité… aurait-elle accordé sa foi  à une mascarade d’imposteurs… ?

Le doute, elle le connaît – il ronge son cœur, il empoisonne son âme, à chaque instant d’éveil. Il envahit même ses cauchemars, quand parfois l’épuisement la livre impuissante aux rets d’un sommeil agité. Elle a pleuré, Chasteté, la perte de ses illusions et l’horreur d’avoir prêté la main à des crimes sans pardon ; des nuits durant, elle a mouillé de ses larmes les épaules de Virginie, chacune consolant l’autre tour à tour. Elle a souffert, elle a plié – mais elle n’a pas cédé, et après des semaines de doute et de remise en question, elle s’est levée un matin avec cette certitude que son combat n’était pas achevé. Ses convictions, personne n’a pu les lui prendre ; et si, finalement, la Rose était peut-être indigne d’une vénération aussi aveugle, elle a tout de même accompli le tour de force de maintenir le continent en paix pendant un millénaire. C’est cet idéal qu’elle continuera à défendre, quoi qu’il en coûte.

« C’est dans ces moments de guerre et de tourments, que nous réalisons combien la paix que nous avons connue était précieuse. Nous la tenions pour acquise, pour naturelle et définitive, parce que nous n’avons pas eu à nous battre pour elle. Nous ne connaissions pas sa réelle valeur. » Relevant les yeux vers Césaire, c’est avec un sourire triste qu’elle poursuit. « Moi la première – j’ai trouvé simple et confortable de me contenter de suivre la Rose, d’accomplir des ordres reçus sans avoir à réfléchir. Je ne suis jamais interrogée sur les efforts à fournir pour être digne de cette paix. Et maintenant que la Rose n’est plus, et que tous se sont éparpillés au quatre vents… Beaucoup pleurent la réalité ; certains se sentent trahis, certains sont en colère. Moi, j’ai choisi de me souvenir de la paix de naguère ; et c’est en hommage à ceux qui se sont sali les mains en silence pour nous éviter d’avoir à le faire, que je me battrai avec les armes qui me seront données. La Rose s’en est allée, messire, c’est vrai ; mais leurs idéaux subsistent, et je crois toujours en ces valeurs qu’ils défendaient. Je ne renierai pas mes serments. » achève-t-elle dans un murmure, le doigt machinalement posé sur cette épine discrète épinglée à son corsage. « Il est temps pour nous de nous montrer dignes de ce qui nous a été donné, et de prendre en main notre avenir. Nous ne sommes plus des enfants que l’on tient par la main. Ma lumière, je la trouverai, par moi-même ; et s’il m’est permis de le faire, j’aiderai les autres à conquérir la leur. »




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyDim 15 Juil - 21:40


Oui, elle a raison, ce n’est que maintenant qu’ils prennent conscience que les temps de paix dans lesquels ils avaient vécus, grandis, aimés, étaient précieux. Ils n’avaient connus que cela, et les histoires des générations qui les précédaient étaient aussi bercées de cette paix tranquille. La guerre, elle était racontée plutôt dans des contes lointains, dans des légendes presque. Mille an de paix ! C’était assez pour se laisser bercer à croire que le monde en serait toujours ainsi. Elle n’avait jamais été la leur, parce qu’ils n’avaient jamais été ceux à faire les sacrifices pour l’obtenir. C’était un cadeau qu’on leur avait laissé, un germe qui avait grandit et qui était devenu une plante qui avait fleurie. On la trouvait belle, cette fleur de paix, mais on oubliait qu’elle n’avait un jour été rien du tout, qu’avant d’être solide et ancrée, et avait été faible. On la croyait éternelle, alors on ne la protégeait plus. Il était trop tard, pour la pleurer. Elle n’était plus. Il leur faudrait planter une nouvelle fleur, faire germer une nouvelle paix, qui serait peut-être différente, mais qui serait la leur, à eux tous, aujourd’hui. « Nous ne savions pas la chance que nous avions, en effet. » qu’il répète un peu à mi-voix, faisant simplement écho à sa réflexion.

Et il s’étonne un peu de comment elle parle par la suite, parlant de la Rose et de son implication avec cette dernière comme si rien n’était, comme si ce n’était plus un secret à garder. Peut-être était-ce cela, après tout? Maintenant dissoute, maintenant toutes ses Épines éparses, peut-être n’y avait-il plus de secret à garder après tout? Il l’écoute, et il la laisse terminer, ce beau discours d’espoir qu’elle porte, qu’il est heureux de savoir animer encore quelques coeur, au moins un seul, au moins le sien. Et elle a raison, parce qu’il n’y a rien de plus à faire. « Il est bon de savoir que le coeur de certain est encore illuminé d’espoirs et de volonté. Vous avez raison, nous pouvons encore croire en ces idéaux, défendre ces valeurs, gagner une nouvelle paix. Ils nous ont guidés si longtemps, que nous dépendions d’eux. Il était si naturel de les laisser faire, sans se poser de questions. Au fond, ils nous ont appris… »

Il ne pense pas, le majordome, que lui-même peut encore quelque chose pour ce monde, pour la suite, pour la nouvelle paix qu’il leur faudra se créer. Il est trop vieux, qu’il se croit, et bien qu’il pourrait peut-être faire bénéficier de ses années passées en tant qu’écrin, il n’est pas prêt d’avouer ce rôle qu’il a lui-même joué. Il ne veut pas, de la renommée et de la responsabilité, qu’avouer avoir porté ces armes millénaires pourrait lui attribuer. Il craint aussi, les reproches et les remords, d’avoir toujours tout accepté, de les avoir suivi aveuglément, sans jamais questionner si le bien qu’ils avaient créé n’était pas bâti sur autre chose. Possiblement qu’il décédera dans un avenir rapproché en apportant sur sa tombe ce secret qu’il se garde. Qu’ils le portent bien haut,  ces ducs et ces princesses, ce rôle qu’ils avaient endossés et qu’ils peuvent continuer de faire valoir, au travers de leurs actions. Il n’est qu’un simple domestique, lui.

Il relève un regard vers Chasteté, un regard qui glisse d’abord une nouvelle fois sur l’épine à son corsage avant de retrouver les yeux de la dame. « Étiez-vous Épine depuis longtemps, madame? L’étiez-vous même avant le début de cette guerre? » Il pose cette fois sans détour, la nommant dans ce que définitivement il sait qu’elle est, ou qu’elle était. Il n’a pas l’intention de se trahir lui même, au pire il prétendra l’avoir jadis été, ou avoir connu quelqu’un d’autre l’être aussi… Elles étaient confidentielles, ces Épines, mais ce n’était pas un secret gardé au même niveau que l’était l’identité des pièces...



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMer 25 Juil - 20:37

À quoi bon se cacher et prétendre ? Chasteté l’a vu, de ses yeux, à Lorgol – le désastre de la situation ne lui a pas échappé, et elle frémit encore lorsque les souvenirs se rappellent à elle. La Tour de la Rose désertée, sa porte ouverte à demi-enfoncée, battant au vent ; les bureaux saccagés, les registres aux feuilles éparpillées aux quatre horizons, les coffres éventrés, les débris et les déchets répandus partout comme si une vague de folie avait déferlé sur l’endroit naguère si honoré. Les pillards et les aigris ont dévasté les lieux, et c’est avec une horreur glacée que la Compagne a parcouru l’endroit, prudemment, tout aussi chamboulée par l’abandon soudain des douze pièces que par l’ampleur de la haine révélée dans cette ruine méthodique d’une tour qui jadis imposait le respect. Les registres recensant les Épines du continent ont été volés, bien évidemment ; et à partir du moment où son nom figure sur les listes des auxiliaires de la Rose Écarlate, à quoi bon prétendre… ?

Il s’y intéresse, en tout cas, le digne majordome, et Chasteté se plie avec une puissante nostalgie au jeu des souvenirs au bénéfice de Césaire. « Cela fait longtemps, maintenant, oui. En 996. Parfois, j’ai l’impression que cela fait des siècles, tant il s’est passé de tragédies depuis. Au début, c’était juste une manière de contribuer aux efforts que déployait la Rose pour maintenir la paix, puis j’ai apprécié pouvoir me rendre utile, à mon humble niveau. Les femmes de Bellifère n’ont guère l’habitude de pouvoir faire la différence,  voyez-vous, et j’avais envie d’être… plus. Plus qu’une femme anonyme parmi les autres, plus qu’une autre Compagne sans âme vouée simplement à servir le plaisir d’autrui. Devenir Épine a donné une raison supplémentaire à ma vie, et m’a permis de rencontrer des personnes… remarquables. » Les autres Épines qu’elle a pu côtoyer lui ont beaucoup appris, et elle ne serait sûrement pas devenue la femme forte qu’elle est aujourd’hui si elle était restée cloîtrée en Bellifère ; elle n’aurait pas acquis sont intelligence impertinente si elle n’avait jamais osé quitter Hacheclair. Elles n’ont pas l’habitude, les filles de Kern, de s’enhardir pour quitter leur environnement familier ; et même si l’envie leur en vient parfois, la société rigide dans laquelle elles voient leur jour ne leur en laisse jamais le loisir.

Un sourire attendri creuse ses fossettes, et elle reprend son récit, emportée par un vent de nostalgie. « J’ai peu fréquenté Lorgol, mais lorsque j’avais des obligations à la Maison de la Guilde, je ne manquais jamais de me rendre à la Tour de la Rose, dans l’espoir d’y apercevoir une pièce… J’étais d’un rang bien trop bas parmi les Épines pour être en contact direct avec elles, mais j’en ai croisé quelques fois – et certaines sont venues à Hacheclair, dans le cadre de leurs missions, je vivais chaque rencontre comme un privilège. Ce n’était pas grand-chose, juste un salut, une poignée de mots, quelques banalités ; mais aucune n’a jamais manqué s’enquérir de notre bien-être, et de notre sécurité. Je suis triste, de les savoir parties ; j’aurais aimé mieux les connaître, et avoir l’honneur de rencontrer, peut-être, l’une des âmes nobles qui les ont hébergées dans leur chair au fil des années. Cela devait être une expérience incroyablement enrichissante… » conclut-elle, d’un soupir résigné. Combien de fois s’est-elle égarée à imaginer une pièce sollicitant son aide pour s’incarner !




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMer 1 Aoû - 4:54


Longtemps. En l’an neuf cent quatre-vingt seize. Un petite sourire amusé effleure ses lèvres, alors que pour lui cela semble tout proche encore. Il avait déjà dépassé la soixantaine, cette année là. Déjà, il surpassait les pronostics de vieillesse en Arven, et il continuait de le faire. Pour une raison que le Destin semblait se garder de lui dire, il était là, encore vivant, encore bien en forme, autant qu’il soit possible de l’être pour un vieillard du moins. Mais la Compagne a raison malgré tout, parce que depuis sept dernières, tant de choses sont arrivées qu’il aurait pu s’écouler un siècle. En comparaison, les soixante premières années de vie de l’espion furent bien calme et tranquille face à tous ces bouleversements qui à présents s'enchaînent et se succèdent.
Et il comprend, ce qu’elle est allé chercher et a trouvé en devenant Épine. C’est un peu ce qui l’a fait accepté d’être écrin à son tour lui-même. Un moyen d’être un peu plus, une façon d’aider, de donner un sens à sa vie. Il pourrait lui dire qu’il la comprend, qu’il comprend ce qui l’a attiré, mais il se freine. Il voudrait aussi lui dire qu’il comprend, la pression de ce rôle qu’elle avait, que toutes les femmes de Bellifère porte. Mais s’il est réellement né là, ce n’est pas le cas de l’identité qu’il porte, et l’identité de l’homme de Cibella qu’il endosse à présent ne pourrait pas comprendre, alors qu’il aurait grandi pour porter un regard tout différent sur les femmes, dans ces deux duchés aux moeurs tout opposés.

Il la laisse poursuivre, alors, lui adressant un doux sourire. Et elle reprend, et en parlant elle évoque tant de souvenirs en lui. Des souvenirs qu’il a voulu oublier, dans les derniers mois, avec la fin de la rose. Des souvenirs qu’il avait d’abord gardé pour lui, heureux de les revisiter quand le soir venu il fermait les yeux sur son oreiller. Mais il s’était refusé à les reprendre, après qu’il eut compris, que la Chasse et la Rose étaient étroitement liés. Chasteté en parle, d’une façon si pure, qu’il s’accorde de les revisiter. Elle parle de la Tour de la Rose, et il se souvient encore des couloirs, des portes, de la vue que l’on avait tout là-haut. Elle parle des pièces, et il serait mentir que s’avouer qu’il regrette les longues années partagées avec Simon.
Il aurait envie de lui dire, il aurait envie de se confier, pour une seule fois peut-être, après tant d’années de silence. Mais il hésite, encore. Il hésite parce qu’il s’était toujours juré de garder cela secret. Mais n’était-ce pas quand la Rose tout entière était encore entourée de cette aura de mystère? À présent, les derniers écrins sont connus de tous, certains écrins passés se sont même fait connaître, et les Épines ne cherchent plus à dissimuler le soutien qu’il portaient à cette institution comme c’était le cas quand il en faisait lui-même parti.

Mais il hésite encore, parce que la Compagne devant lui n’est pas venu ici d’elle même, payée par le duc. Césaire se doute qu’il lui demande des comptes de ce service qu’il a payé pour son majordome, à tout le moins par curiosité. Lui dirait-elle, au duc, au dernier écrin d’Hypérion, que le vieil homme qui le sert a à son tour porté les armes de la Rose?
« Je vous avoue avoir été en colère, contre les pièces, quand j’ai appris qu’elles étaient parties, comme cela. Elles ont été là toute ma vie, la Rose a bercée mes jeunes années, et quand j’ai vieilli, encore, elles étaient là, infaillibles, inébranlables. Je les ai toujours admirées, respectées, et… » Il hésite, un moment, porte la coupe à ses lèvres pour prendre une gorgée, prétexte, alors que son regard reste sur la jeune femme un moment de plus. Elle semble sincère, dans ses convictions, dans son attachement pour la Rose encore. S’il le lui demande, il pense qu’elle ne dira rien. Il a envie, à présent, pour une fois, de partager cette expérience. Parce que peut-être que ce rôle qu’il a un jour joué peut être utile à présent, mais il n’en saura rien, s’il ne se confie pas. « J’ai pensé refusé, vous savez. Un peu comme vous je crois, alors que j’étais encore jeune, j’avais cette envie d’en faire plus, d’aider, d’apprendre. C’était une raison de plus à la vie que je menais, et j’étais fier je crois, d’endosser ces idéaux et ces espoirs continus de paix. » Elle comprendra, il le sait. Il n’a pas besoin d’en dire plus, pour qu’elle devine le secret qu’il se garde, qu’il lui dévoile un peu.
Et il se surprend, à sourire doucement, alors que ces mots traversent ces lèvres. Ces petites confessions qu’il a si longtemps gardé pour lui seul.



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMar 2 Oct - 22:07

Ça lui fait du bien, à Chasteté, de raconter tous ces secrets obsolètes à présent qu’ils ne concernent plus que des choses du passé. De se confier, sans fard et en toute simplicité, aux oreilles d’un homme suffisamment âgé pour comprendre l’ampleur du vide laissé par l’absence des pièces. Elle avait un but, en se dévouant à ce combat – à présent, c’est à un souvenir qu’elle s’attache, à la mémoire de ce qui fut et de ce qui ne sera jamais plus. Elle a vécu son enfance en écoutant les histoires merveilleuses des héros d’Arven, leur dévouement et leurs exploits ; et sans eux sa vie d’adulte semble bien creuse. Heureusement qu’elle a pour elle les Compagnes sous sa charge, Virginie pour l’épauler et une carrière à mener ! Heureusement qu’elle n’a pas hébergé dans son être l’un des esprits ancestraux – les rumeurs de trahison seraient certainement impossibles à supporter. Oh comme ce doit être affreux, pour ceux qui les portaient lovés en eux lorsque la Chasse Sauvage s’est libérée ! Et même, dans une moindre mesure, pour ceux qui les ont côtoyés par le passé.

Césaire la contemple pensivement, et Chasteté perçoit bien qu’il est en pleine réflexion. S’étonne-t-il qu’une fille de plaisir, toute raffinée soit-elle, puisse avoir pris part aux combats des Épines pour soutenir les douze bras armés de la Rose ? Elle a l’habitude d’être sous-estimée par les hommes de Bellifère, mais celui-là a sûrement trop voyagé pour se conformer encore aux idées de son duché de naissance, n’est-ce pas ? Curieuse, elle laisse retomber le silence qui les enveloppe dans une chape complice, loin de bruit de la cuisine derrière eux. Il porte la coupe à ses lèvres, la repose – puis ses paroles sereines résonnent en Chasteté, éveillant un écho qu’elle n’attendait pas. Oui, c’est tout à fait le genre de confidence qu’une Épine ferait à une autre, échangeant des lieux communs sur un fardeau partagé – mais ce n’est pas tout à fait ça, elle en est persuadée. Il y a plus, tout un univers de secrets qu’il ne dit pas, dans ce doux sourire qui éclaire un instant son visage. Elle est estomaquée, la jolie Compagne, et bien attrapée à son propre jeu, elle dont la surprise est l’une des armes principales. Elle ne tente pas de déguiser sa réaction, le vieil homme si digne mérite son honnêteté ; et c’est d’un petit rire enchanté qu’elle salue son aveu inattendu. Délicatement, elle s’en vient poser la main sur le poignet du serviteur, le pressant légèrement en signe de soutien. « De nuit et de ténèbres ? » s’aventure-t-elle à deviner, imaginant des voiles noirs plutôt que blanc autour de la silhouette plus jeune. « Rempart, ou peut-être souveraine. » complète-t-elle en souriant, choisissant au jugé celles des pièces qu’elle estime convenir le mieux au sérieux personnage qu’est le sieur Chesnenoir. « Longtemps ? » ajoute-t-elle comme une arrière-pensée, curieuse de savoir, de comprendre.
De partager.

Que le monde est plein de surprises cachées !




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyLun 15 Oct - 17:41


Son regard descend sur la main qui se pose sur son poignet après ses premiers aveux. Douce et chaude, le contact qui témoigne une écoute, un intérêt, un peu de soutien. Il remonte pour retrouver celui de la jolie rousse, alors qu’elle s’essaie à deviner quel voile il portait. Il acquiesce d’abord, alors qu’elle a vue juste, l’imaginant sous les voiles sombres des pièces noires. « J’ai été l’écrin de Simon de Bellifère, de la tour noire donc, oui. » Les mots sortent plus facilement qu’il ne l’aurait cru, dans le petit silence relatif de la cuisine où ils se trouvent, leur conversation couverte aux oreilles indiscrètes par les bruits de cuisson et de préparation qui occupent les cuisiniers un peu plus loin. Lui qui n’en avait jamais parlé, qui aurait pensé apporter avec lui ce secret dans sa tombe, trouve soudainement beaucoup plus aisé de le laisser couler. Peut-être est-ce pas que la Rose n’est plus, parce que celle devant lui a un temps aussi intégré ses rangs, parce qu’elle est socialement d’un niveau plus semblable au sien, aussi. Il ne sait pas, si jadis ses consoeurs et ses confrères de la Rose étaient des ducs ou de la noblesse, ou bien de simple gens du peuple comme lui-même. Mais il n’aurait jamais pu en parler à Castiel. Castiel qui duc avait porté les voiles d’un empereur ; comme s’il en avait eu droit plus que lui-même, même s’il avait mis un temps à comprendre le choix d’Hypérion en la personne du duc de Sombreciel. Il ne comprendrait certainement jamais non plus…

« C’était il y a fort longtemps maintenant. La vie en Arven était calme et paisible alors, le continent n’était pas divisé et il n’y avait pas de guerre. Les enjeux étaient différents. Cela doit faire près de vingt ans que j’ai déposé Parangon et dit mes au revoir à Justice. » Il s’en souvient encore, et parfois, s’il y repense un peu trop longtemps, la présence dans sa tête du dragon et du duc lui manque. Il s’est habitué au vide de son esprit à nouveau, mais de longues années il le partageait avec ces deux voix qui avaient tant à lui apprendre. « J’avais trente-trois ans quand je me suis éveillé de ce songe qui dicterait les treize années suivantes de ma vie. Les temps ont passés et les rivières ont coulées depuis, mais les souvenirs de ces années sont encore si clairs dans mon esprit. » Cela lui faisait du bien, de raconter tout cela. Plus de bien qu’il n’aurait jamais pensé possible. C’était un poids qu’il ne savait même pas qu’il portait dont il se délestait à présent. Il raconte, et un doux sourire se forme sur ses lèvres, nostalgie de ces années, de ces moments, d’un temps où il avait foi total en la Rose durant lequel il n’avait jamais même sondé à questionner leurs agissements et leurs fondements. Il raconte et un moment il oublie la désillusion des derniers mois, il oublie la fin de la Rose, la disparition de ces esprits millénaires. « C’était des années tranquilles, vous savez, il n’y avait pas les batailles et les combats d’aujourd’hui. Nous étions une figure plus qu’autre chose, alors. C’est eux, les derniers écrins, qui ont les mérites des derniers événements. » C’est eux, qui ont dû faire face à de réels tourments, mais ils leur incombe aussi la fin de la Rose, et le poids de ceci doit leur être encore plus lourd à porter que celui que Césaire chargeait sur ses épaules.



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMar 23 Oct - 22:40

La Tour Noire. Simon de Bellifère, le premier de ses ducs, celui qui a gouverné et défendu le duché de la Guerre il y a bien longtemps, et qui a ouvert la voie à tous ses successeurs. Elle est un peu versée dans l’histoire du continent, Chasteté, Compagne accomplie dans tous les domaines lettrés, et elle imagine l’espace d’un instant un Césaire plus jeune manier Parangon pour défendre les opprimés. Comment était-il, dans la fouge de la vingtaine, ce bien digne serviteur aux aspects si sérieux désormais ? Un instant, elle s’étonne fugacement que le digne Simon ait élu un Cibellan pour porter son armure, avant de se souvenir que son dernier écrin était une femme, et erebienne de surcroît. Sûrement l’ancien duc avait-il ses raisons… ? Les choix des pièces en matière d’écrins obéissent sûrement à des règles qui échappent au commun des mortels, et Chasteté se souvient avoir considérablement haussé le sourcil lorsque leurs identités ont été révélées. La dissolution de la Rose Écarlate a livré matière à réflexion, mais cela n’atténue en rien la surprise de découvrir le digne Césaire parmi les écrins passés de l’un d’eux, et la Compagne redouble d’attention tandis qu’il se laisse marginalement aller à la confidence.

Il parle de la paix, et Chasteté boit ses paroles. Elle a grandi dans un temps épargné par la guerre, pourtant – son enfance et le début de sa vie d’adulte n’ont point connu de conflit ni de tragédie de l’ampleur de celles qui ravagent Arven ces dernières années. La Trêve tenait encore ; mais force est d’admettre que les signes avant-coureurs de sa rupture imminente étaient déjà présents. Sont-ils tous trop naïfs, de ne pas les avoir vus, de ne pas les avoir compris, de ne pas avoir réagi ? C’est en tout cas une bonne leçon – ne jamais rien tenir pour acquis, et Chasteté acquiesce gravement aux paroles de Césaire. « Il est bon que certains se souviennent de la Rose à l’époque où elle était encore glorieuse et respectée sans conteste. » murmure-t-elle pensivement. Ses idéaux à elle n’ont pas changé ; mais elle n’est plus aussi certaine de la probité des esprits qu’elle avait pu l’être de sa jeunesse. « N’avez-vous jamais tenté de les revoir ? Simon dans ses écrins successifs, et même le dragon Justice ? Je ne l’ai pas beaucoup côtoyé, cet honneur-là était pour des Épines plus hautement placées que moi, mais il semblait toujours assez… ronchon, vous voyez ce que je veux dire ? Perpétuellement mécontent. Assez différent des autres dragons, disaient les autres Épines. Je n’ai jamais approché de dragon de près, vous savez. » confie-t-elle dans un sourire un peu gêné, ses joues rosissant sous la gêne passagère, tant cette remarque envieuse traduit un rêve d’enfant inassouvi. Elle s’est toujours demandé, petite, comment étaient les écailles au toucher. Lisses ? Rugueuses ? Chaudes ? Froides ? Souples ? Rigides ? « Dites-moi, comment est-ce… de voler ? », supplie-t-elle du regard tout autant que de la voix. Consentira-t-il à ouvrir plus grand pour elle les portes de sa mémoire, ce digne majordome tout assagi ?




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMar 30 Oct - 23:11


Il hausse un sourcil, doucement, à la première question, avant qu’un petit sourire vienne tirer ses lèvres. Il se remémore ces temps, ces longues années passées avec la Rose, cet instant où il prit sa décision de passer le voile au suivant, les mois qui en suivirent. Les jours qui avaient suivis, des jours qui lui avaient semblés soudainement si silencieux, alors qu’il s’était retrouvé seul dans sa tête, seul maître de son esprit et ses pensée, mais seul et isolé. Il n’y avait plus eu cette présence rassurante, constante, du dragon et du duc de Bellifère avec lui. Et il s’était demandé, quelque temps, qui l’avait remplacé. Ce serait mentir d’affirmer qu’il n’avait jamais cherché qui était l’écrin qui l’avait succédé. Les semaines qui avaient suivies, il n’avait cesse de se questionner sur chaque visage qu’il croisait, sachant que ce pouvait être tout près de n'importe qui. Femme, homme. Mage, savant, assassin, duc ou simple artisan. De Bellifère comme lui-même ou bien d’Ansemer ou de Cibella, même. Il n’y avait pas de règles, et il avait finalement abandonné, accepté cette part de mystère et d’inconnu qu’il avait lui même tenu de faire respecter. « Il fut un temps, celui qui succéda le jour où je remis Parangon, où je ne pouvais m’empêcher de me questionner sur qui avait pris ma place. Si leur lien était comme celui que j’avais vécu, si je leur manquait un tant soit peu, où si pour eux c’était devenu une routine après un millénaire que le changement ne les dérangeait même plus. Mais je n’ai jamais cherché à les revoir non, je connaissais les règles, j’avais porté moi-même le voile. » Mais son regard parfois scrutait le ciel, là où il savait la Tour de la Rose, dans l’espoir d’apercevoir Justice s’envoler. Ce dragon droit et sévère, un peu comme lui-même tout en étant totalement différent à la fois. Césaire était jeune, alors, et il se souvient comment le vieux dragon avait désapprouvé son appartenance à la Cour. Questionné sa loyauté ; pour eux et pour la Rose. Mais au fil des années, il avait appris à apprécier Justice, son caractère bien à lui qu’on lui pardonnait quand on savait les longues années qu’il avait déjà vécu. « Oui. Justice était quelque peu… ronchon, si l’on veut. Mais on venait à l’apprécier. À lui faire confiance. À l’écouter et le laisser grogner quelque peu. Je le comprend mieux, maintenant je crois. Je n’ai pas ses neuf cent années d’existence, mais vieillir, vous savez… »

Il se perd, dans ces souvenirs qu’il s’était toujours interdit de revisiter et que Chasteté vient de déverrouiller pour lui. Il se perd dans la nostalgie de cette époque bien différente, qui lui semble à la fois hier comme il y beaucoup trop longtemps déjà. « C’est… magique, indescriptible. On se sent libre, tout là-haut, alors qu’on regarde le monde si-bas, tout petit, presque insignifiant. Et si on s’y abandonne un moment, on pourrait croire qu’il n’y a que ça, que plus rien d’autre n’existe. Qu’on est seul, entouré des Dieux qui veillent sur nous dans cet infini céleste. » Il se souvient de ce que c’était, du vent qui nous fouette le visage, de la peur qui l’avait d’abord habité, les premières fois qu’il avait grimpé sur le dos du dragon. Et puis de comment c’était devenu naturel, au fil des années, de tout le monde qu’il avait pu voir, de là-haut. De la vue splendide qui n’avait nul d’égal, d’une terre aux couleurs changeante, des fils de rivières qui la divisaient ici et là.

Son regard descend sur la Compagne, et un moment le charme de ses souvenirs se brise. Il n’a jamais été aussi vrai, avec quiconque, et la voilà qui connaît l’un de ses plus grands secrets. Un secret qu’il s’était juré de toujours gardé pour lui, mais cette promesse s’était fissurée avec la fin de la Rose. « Je n’en ai jamais parlé. À personne. » Sa voix et son regard sont soudainement plus sérieux, alors que sans le dire ainsi il lui implore presque de garder le silence sur ces confidences qu’il vient de lui faire.



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptyMer 21 Nov - 16:38

Captivée, Chasteté écoute Césaire parler, gravant dans sa mémoire la foule de petits détails qu’il égrène pour elle. Un sourire attendri joue un instant sur ses lèvres, lorsqu’il mentionne le dragon Justice – l’on peut sentir, dans son intonation, combien le vénérable seigneur des cieux avait compté pour lui, et la Compagne se sent un instant bien indélicate, avec ses questions indiscrètes. Il s’agit là visiblement de précieux souvenirs, soigneusement conservés dans l’écrin de sa mémoire, et elle a presque l’impression de profaner un territoire sacré avec sa curiosité indésirable. Mais il raconte, le sage majordome, et la Compagne se retrouve un instant la gamine de sept ans qui zozotait en l’absence de ses dents de devant, et qui écoutait les histoires le soir à la veillée empilée avec ses sœurs dans un tas attentif aux pieds de leur mère. N’est-ce pas là le plus bel héritage laissé par les esprits de la Rose Écarlate, en dépit de leurs actes discutable ? Cet émerveillement profane qui fait rêver les enfants à de meilleurs lendemains – cet enthousiasme un peu naïf mais tellement puissant qui les pousse en avant, et qui leur apprend à croire en leurs rêves, à nourrir l’espoir et l’optimisme. Le sourire de Chasteté se fait nostalgique, chargé de souvenirs de ses quelques rares rencontres avec les pièces, et elle se revoit jeune adulte, la tête déjà bien stable sur les épaules, impressionnée quand même par leur prestance et leur charisme. Une pointe d’envie la saisit un instant – elle aussi aurait aimé pouvoir voler, découvrir le monde vu du haut, sentir le vent siffler à ses oreilles et contempler le continent depuis là où bien peu ont accédé. Mais elle est fille de Bellifère, avec les pieds bien ancrés sur terre et un plan de carrière qui n’incluait pas la Voltige, alors…

Césaire change de ton, et le sérieux qui s’est glissé dans sa voix recentre immédiatement les pensées de Chasteté à l’instant présent. Il semble presque inquiet, subitement, et la Compagne le comprend parfaitement ; aussi hoche-t-elle la tête en souriant, honorée de se voir chargée d’une telle responsabilité. « Je n’en soufflerai mot à quiconque, vous avez ma parole. Nous autres Compagnes sommes liées par un serment de confidentialité, et vous êtes mon client : tout ce qui se fait ou dit entre une Compagne et son client est scellé. Par ailleurs, je ne saurais trahir la confiance de quelqu’un qui partage ma foi et mon combat – soyez assuré que votre secret est mien désormais. » De Compagne à client, d’Épine à pièce – Chasteté est doublement maîtresse de ses serments, et elle ne compte pas dévoiler ce que Césaire vient de lui confier. La curiosité la travaille tout de même un peu – alors, après avoir avalé une gorgée, elle reprend son petit jeu de questions. « N’avez-vous jamais tenté d’en parler au duc Castiel ? Il est, après tout, parfaitement en position de comprendre, même si ses réactions ne sont pas forcément toujours très… rationnelles ? Non… ? »




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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptySam 1 Déc - 21:31


Il sent en elle qu’il peut lui faire confiance, que ce secret qu’il a si ouvertement déposé entre ses mains est sauf. Il veut le croire, de toute façon. Et que pourrait-il faire de plus, à présent? Elle est seule à détenir cette information, et il est trop tard à présent. Ce n’est plus un secret. Il sourit simplement quand elle lui dit qu’il est son client et que la relation Compagne et client la tient au silence sur ce qui est dit et fait. Il pourrait répondre qu’il est son client, oui, mais qu’il n’a pas payé, que Castiel l’a fait. Et qu’en soi Castiel l’est peut-être aussi. Mais la suite le rassure davantage, et il incline doucement la tête. « Merci. » C’est un remerciement pour ce qu’elle gardera pour elle, mais c’est aussi un remerciement de lui avoir permis d’enfin pouvoir partager cette petite parcelle de sa vie avec quelqu’un. C’est un remerciement de lui faire croire qu’il y a peut-être encore espoir, et que même si la Rose a déçue et qu’elle était formée d’illusions, le combat qu’ils ont cru poursuivre existe encore. La foi qui les a portés est toujours en eux ; cachées peut-être sous la déception et la colère, mais là. Quelque part. La rose était un symbole. Mais c’est des hommes et des femmes qui portaient ce symbole, et eux ils sont encore là.

La fin de sa question lui arrache un sourire amusé. Il l’est toujours, quand les autres, extérieur à la vie au palais, lui font mention des frasques exagérées et parfois irrationnelles du duc. Il s’est habitué à celles-ci, et il pourrait presque croire que cela est normal, que sa position de duc les excuse ; si ce n’était que Castiel n’est pas le premier duc, ou noble, qu’il sert. « Non, je j’ai jamais tenté. » Peut-être est-il en position de comprendre, oui. Toutefois comment aurait-il pu lui en parler, ces derniers temps? Ces temps avant le mariage alors que le duc était envahi par cette part sombre de lui-même, alors qu’il était resté enfermé seul si longtemps? Et si Césaire l’avait finalement confronté, s’il lui avait arraché quelques paroles, il ne se saurait pas vu lui dire à cet instant qu’il pouvait peut-être un peu comprendre, parce qu’il avait aussi porté l’un de ces esprit ancien un temps. Castiel l’aurait-il seulement cru? Il doute. Il n’a pas de preuve, sinon ce qu’il pourrait raconter. Alméïde le croirait peut-être, assurément. C’est Simon qui les a choisi, tous les deux. C’est Simon qui a partagé leur esprit.

Mais même si. Même s’il savait que le duc l’aurait cru. Il ne pouvait. Il ne voulait pas, surtout. Ce n’était plus son combat, il avait rendu les armes au suivant parce qu’il n’avait jadis plus la force de suivre, parce qu’il se faisait vieux. Et c’était il y a si longtemps. « Ce n’était plus mon combat. Et aujourd’hui que pourrais-je pour eux tous? Je ne serais qu’un vieil homme qui raconte de vieux souvenirs. » Et il n’a pas non plus envie, de partager cette portion secrète de sa vie avec tous. Avec Chasteté, un instant, elle a su lui permettre de s’ouvrir et c’était bien différent. Une parenthèse. « Le duc n’a pas besoin de savoir. » Il est résolu dans son intention de ne jamais le dire à Castiel. « Et vous, madame? Comptez-vous retrouver les autres Épines? »



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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptySam 5 Jan - 21:46

Le sourire amusé qui se dessine sur les lèvres de Césaire vaut tout un discours, et Chasteté émet un léger gloussement. Que les caprices de Castiel doivent sembler si habituels à son majordome, alors même que leur récit enjolivé régale l’assistance dans les soirées huppées auxquelles elle accompagne régulièrement de riches clients ! Elle admire l’homme, de savoir gérer avec une telle efficacité les sautes d’humeur de son souverain. Cela dit, l’instabilité de son tempérament est connue, et elle comprend parfaitement les réticences que Césaire formule. Comment prédire la réaction du duc ? Et surtout, c’est vrai, quel bien pourrait en sortir ? La Rose n’existe plus, et l’héritage des esprits de jadis s’est perdu dans les errements qui ont libéré la Chasse Sauvage. Gravement, Chasteté opine du chef, pour signifier qu’elle comprend, et que cette confidence ne sera jamais divulguée. Une part d’elle ne peut s’empêcher de se sentir fière, de recevoir ainsi la confiance de Césaire au point d’avoir pu recueillir ce secret, et elle le range soigneusement dans les tiroirs de sa mémoire, comme un précieux souvenir qu’elle chérira pendant des années.

C’est à son tour maintenant de se dévoiler un peu, et elle soupire en entendant la question que son bien atypique client lui soumet. Oui, que compte-t-elle faire ? Un instant, son regard s’égare, s’enfuit le long d’une plinthe, court sur le rebord de la fenêtre, cavale entre les extrémités des poutres sur le mur devant elle. Comme si la réponse pouvait s’y trouver. Elle baisse les yeux au fond de sa coupe, ensuite – à peu près certaine que, quoi qu’elle puisse envisager, la solution ne se trouve pas dans la boisson. C’est un regard franc qu’elle tourne ensuite vers Césaire, laissant pleinement voir tout le désarroi dans lequel, petit à petit, elle s’est enlisée. « Au fond ? Je n’en ai aucune idée. Après la dissolution de la Rose, les Épines se sont complètement débandées, et… il n’y a plus personne pour assurer la gestion de nos effectifs, plus personne à qui s’adresser pour obtenir des réponses. Plus aucune consigne, plus de réunion, plus de mission… Il n’y a plus rien. Plus rien du tout. »

Dépitée, elle hausse les épaules, frustrée de ne pas pouvoir mettre les mots exacts sur sa situation. Certes, l’inaction lui pèse, et l’impuissance la rend folle, mais le nœud du problème n’est pas là. Au fond, oui, si elle le voulait vraiment, elle pourrait écrire à Virginie, et remonter avec elle la filière de recrutement pour reprendre contact avec d’autres agents, mais… « Mais je ne suis pas certaine de vraiment vouloir retrouver les autres Épines. Je n’ai rien contre ces gens, comprenez-moi bien, mais… j’ai cette sensation affreuse d’avoir été – je ne sais pas vraiment, trahie ? Utilisée. Un simple jeton à déplacer sur l’échiquier, facile à sacrifier, facile à oublier. Je n’ai pas la certitude que l’œuvre à laquelle j’ai contribué valait vraiment que je m’y engage. Mes idéaux n’ont pas varié, c’est une certitude, mais… je remets en question la pertinence de mes allégeances passées. » Un sourire amer joue sur son visage, empreint d’une bien triste résignation. « C’est assez désagréable. »




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Césaire Chesnenoir
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Message Sujet: Re: De l'art du devoir   De l'art du devoir EmptySam 26 Jan - 2:10


Il avait accueilli Chasteté avec beaucoup de réticences, alors qu’elle s’était présentée à lui, surprise qu’il n’attendait pas, qu’il n’avait pas souhaitée. Il n’avait pas su que faire d’elle, de cette Compagne qu’on lui imposait comme un cadeau qu’il avait l’impression d’être obligé d’accepter. Et pourtant. Et pourtant, alors, à cet instant, il était bien. Il avait passé un beau moment, profité d’une belle discussion qu’il n’avait pas anticipé. Il s’était ouvert ; de ce secret qu’il avait gardé si longtemps qu’il ne faisait qu’un avec lui-même. C’était un poids duquel il s’était détaché, un poids qu’il ne savait même pas qu’il portait. Un poids qui était devenu sien, qui était devenu part de lui-même au fil des années. Il n’avait jamais compté dévoilé ce pan de son existence, pourtant il venait de le faire. Il ne savait pas s’il ne ferait encore, s’il s’ouvrirait à nouveau ainsi, à d’autres. Pas à Castiel, non. Il savait que c’était un secret qu’il ne partagerait jamais avec le duc. Mais peut-être qu’avec Alméïde… peut-être que le temps lui donnerait envie de s’ouvrir à la dame de Sombreciel, de discuter avec quelqu’un qui avait côtoyé Simon tout comme lui, qui avait porté Paragon et qui avait volé sur le dos de Justice. Peut-être. Plus tard.

Il avait tourné les questions vers la jolie rousse, alors, sur ce qu’elle comptait faire à présent, maintenant que la Rose n’était plus, que les épines étaients éparpillées. Il lui laisse ce silence qu’elle prend, il lui laisse comme elle l’a aussi écouté, avec patience et attention. Est-ce qu’il est déçu de la réponse qu’elle lui offre? Peut-être. Il ne sait pas, à cet instant, quoi en penser vraiment. Les épines tenaient vraiment de la Rose elle-même, il le savait, oui. Et il comprend, le sentiment qu’elle ressent. Il l’a ressenti, lui aussi. Il le ressent, encore. Ce sentiment d’avoir été trahi, qu’on se joue d’eux, de n’avoir au final été qu’une pièce de cet échiquier, manipulé. « Peut-être que l’oeuvre ne valait pas la peine de s’y engager, en effet. Peut-être retrouver les Épines n’est plus utile. Mais ces gens, comme vous, comme moi, partageaient ces idéaux, ont tous été trahis. Peut-être que c’est les gens qu’il faut retrouver, non pas pour la Rose, mais pour ce en quoi il croyait. » Il soupire doucement, et un sourire qui fait écho au sien - teinté d’amertume et de triste résignation - vient étirer ses lèvres. « C’est désagréable, oui. C’est une fin. Ce peut peut-être être un début, aussi. » Et il espère que ce le sera. Que Chasteté en fera quelque chose. Que Castiel et Alméïde en feront quelque chose. Que tous ceux qui croyaient comme lui, en cette paix, en ces idéaux, feront quelque chose.

Il a terminé sa part de tarte, le majordome, alors qu’il dépose sa cuillère après avoir avalé la dernière bouchée de la portion qu’il s’était servi. « Vous m’avez surpris, ma dame. Je ne pensais pas entretenir conversation si intéressante avec une Compagne. » Le sourire qu’il lui offre est alors sincère. Elle a bien pu voir ses réticences et ses aprioris sur le métier de Compagne au début de leur rencontre. Il se doute que les circonstances et le passé de Chasteté ont joué en leur faveur et qu’il n’aurait peut-être pas trouvé discussion tout autant intéressante avec une autre. Mais ce n’était pas une autre qu’il avait rencontré aujourd’hui. Et il était heureux d’avoir rencontré celle-ci.

Est-ce qu'il la recroisera un jour, cette Compagne finalement si agréable? Il espère un peu, au fond de lui. Dans d'autres circonstances, peut-être. En étant lui-même, Espion au sein de la Cour? Oserait-il l'aborder sous ce visage, oserait-il aller la trouver si la nécessité venait? Il sent, malgré tout, qu'il pourrait lui faire confiance.

Alors peut-être. Peut-être qu'un jour leur chemin viendraient à se croiser sur d'autres pavés.



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