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 Du sable à la poussière

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Message Sujet: Du sable à la poussière   Ven 7 Avr - 18:45


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Mayeul & Rejwaïde

Du sable à la poussière

Tous les chemins nous ramènent l’un à l’autre



• Date : 16 mai 1002
• Météo : Printemps glacial sur Lorgol
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Choquée de tout ce qu’elle découvre de son autre vie, Reja se rend à Lorgol, poussée par l’instinct. Sur place, elle retrouve Mayeul, tout aussi perdu qu’elle.
• Recensement :
Code:
• [b]16 mai 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1987-du-sable-a-la-poussiere#59060]Du sable à la poussière[/url] - [i]Mayeul de Vifesprit & Rejwaïde Sinhaj[/i]
Choquée de tout ce qu’elle découvre de son autre vie, Reja se rend à Lorgol, poussée par l’instinct. Sur place, elle retrouve Mayeul, tout aussi perdu qu’elle.


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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Ven 7 Avr - 18:49

Où sont-ils ?
Les mots ne sont pas formulés, mais la pensée est claire. Limpide, même ; et pour la princesse grelottant sous la tente, l’attente est tout aussi terrible que pour l’amas de griffons entourant son habitat précaire. Ils lui tiennent chaud au moins, c’est l’avantage – mais à quel moment a-t-elle consenti à devenir…. griffon-sitter ?

La présence de Sirocco lui fait du bien, c’est vrai. Même si leur lien reste terriblement superficiel, sans rien de la profondeur née d’années de complicité dont elle se souvient, au moins peut-elle le percevoir à nouveau. Qu’il ait tenu à emmener Soie, elle-même en recherche de ce Voltigeur dont les souvenirs de Reja l’assortissent, soit, c’est sa compagne après tout. Qu’ils emmènent avec eux les boules de plumes de leur nid, rien de plus normal : les petits ont encore besoin de leurs parents.

Mais fallait-il vraiment rameuter également Corail et Nuage et Lierre ? Comme s’ils percevaient sa pensée, les intéressés tournent le regard vers elle lorsqu'elle sort de la tente, avec toujours cette lancinante question au fond des yeux. Où sont-ils, nos cavaliers ? Reja n’en sait rien, et si la petite troupe ailée a suivi son trajet jusqu’à Lorgol en compagnie du Maréchal de Serre en personne, c’est dans l’espoir que les concernés s’y rendent aussi, comme une partie de la population d’Arven semble le faire. Elle est arrivée la veille de ce premier jour de mai, au camp de réfugiés qui grandit à la lisière de la forêt à l’extérieur de la cité, a monté sa tente à l’écart – en sortant ce matin de l’abri de fortune, elle a découvert Cobalt blotti au milieu de sa troupe plumeuse, visiblement assez ronchon. Elle n’a pas le temps de creuser la question : d’un brusque battement d’ailes, Sirocco vient de décoller pour fondre sur une tente loin au centre du campement. Quelques images fragmentaires lui parviennent : une chevelure brune, un sourire familier – Marianne est là, quelque part.

Et Iode n'a pas survécu.
Il y a juste Sable, son frère de couvée, qui vient se blottir tout tremblant entre Corail et Lierre, hésitant et timide.

Et les jours passent.
Et passent encore.
La tente de la princesse solitaire est devenue le repaire d’un gang de griffons mécontents, qui suivent des yeux les passants, plumes bouffantes et regard assassin, ruminant leur incompréhension et leurs doutes.

La voilà telle une gitane des sables aux vêtements rapiécés qui va nu-pieds dans la poussière… Tignasse emmêlée, regard perdu, elle erre dans le campement à la recherche de Joseï sait quoi, évitant soigneusement Marianne dont le gros ventre l’oppresse, s’assurant simplement qu’elle ne manque de rien. Elle croise quelques visages familiers, ici et là – entend les nouvelles du continent. L’assassinat de son frère miraculeusement vivant, de la main même de sa sœur, qui la déteste… Alméïde lui manque. Grâce lui manque. Solange lui manque. Marianne lui manque – la Marianne d’avant, gaie et pleine d’entrain et résolument pas enceinte. Par Valda, même Mayeul lui manque – sa gouaille insupportable, son insolence éhontée, son torse musclé, et ses poèmes scandaleux. Alors, pour se distraire, pour s’occuper, elle travaille avec Sirocco, recréant leur lien à partir de ces souvenirs de naguère qu’ils partagent.

C’est au crépuscule, deux semaines après son arrivée, qu’une silhouette familière pénètre dans l’enceinte du campement près de laquelle elle a planté sa tente. Il y a à présent une vingtaine de griffons aux alentours de son refuge, et parmi eux Nuage dort déjà, sans quoi il aurait bondi, elle en est persuadée : il l’a tant envahie d’images de Mayeul extraites de sa propre mémoire qu’elle a eu l’impression de le voir derrière chaque colline, chaque arbre, chaque buisson, jusqu’à ce qu’elle lui intime sèchement l’ordre de cesser. Visiblement, dans cette vie, ils ont été liés aussi, mais le petit griffon a lui-même tranché le fil qui les reliait, se séparant définitivement de son cavalier… Et voilà que Mayeul s’en vient de lui-même rejoindre le campement.

Les réflexes de celle qui n’a jamais été Voltigeuse dans cette vie sont multiples et simultanés. Lui hurler dessus des insanités en erebien des dunes parce que c’est forcément sa faute, forcément ; dégainer le sabre qui ne la quitte plus et avec lequel elle dort, pour trancher quelque partie exposée de son anatomie ; saisir un objet ou un passant de petite taille et s’en servir comme projectile, si possible contondant. C’est la frustration de ces semaines épuisantes qui parle, la détresse, le chagrin et la peine ; mais le premier instinct, le premier geste, est bien différent.

Le sabre choit au sol, elle abandonne Sirocco, avance d’une démarche d’automate vers les nouveaux arrivants, ignorant superbement tous ceux qui ne sont pas Mayeul. Il est fatigué de la route sûrement, et elle est fort peu présentable, amaigrie et sale à faire peur ; mais ça ne l’empêche pas de se serrer contre lui, s’accrochant des deux bras, comme une naufragée à la planche qui va la sauver. Le nez enfoui contre sa chemise, elle marmonne, comme une prière. « Vifesprit, dis-moi que tu sais qui je suis. Dis-moi que tu te souviens de moi. »


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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Lun 10 Avr - 0:23

Lorgol, c’est une évidence. Une certitude naît de rien, mais qui persiste et semble l’attirer. La réponse est là, bien qu’il ne sache pas réellement la question. Peut-être aussi parce qu’il n’est pas en état de se la poser, Mayeul. La route n’a pas été particulièrement longue ou harassante, mais l’esprit du Cielsombrois est tellement embrouillé qu’il est incapable de discerner ce qui relève de la réalité ou non. Il ne sait plus réellement ce qui est vrai ou non, ce qu’il est ou non. Il n’a plus dormi depuis un petit moment, en vérité, renouant avec ses habitudes néfastes pour trouver un peu le sommeil. Les drogues de Sombreciel procurent, pour certaines, des songes apaisants, pour peu que l’on sache lesquelles prendre. Et il en a désespérément besoin, le Voltigeur. Dans cette vie, il n’est plus un Voltigeur, plus un bon frère, plus grand chose en réalité. Et quand il ferme les yeux, l’idée de s’être inventé une vie pour combler le vide de la sienne ne cesse de le hanter.

Il croit, Mayeul, que c’est vrai. Il n’est pas le seul à le croire, non plus, mais il reste toujours ce doute, cette part infinie de doute, que Nuage ne vient pas combler. Il n’a plus rien à quoi se raccrocher le Voltigeur, à cet instant où il a désespérément besoin de quelqu’un. Alors il lui reste les drogues, et cette sensation si familière qu’il l’a accueillit avec soulagement. Il a tenu, pourtant, de longs mois, sans toucher à rien. Parce qu’il l’a promis à Mathilde. Mais dans ce monde où sa sœur est vivante, que vaut la promesse faite à un fantôme qui, en réalité, n’existe peut-être que dans sa tête ?

Il n’y touche que pour dormir, pour l’instant. Ses journées sont bien assez embrouillées pour qu’il touche à quoi que ce soit, mais il le sait Mayeul, cela ne durera pas éternellement. Les drogues l’appellent, déjà, dans la journée. L’exhortent à combler ce vide qu’il possède à la place que tenait Nuage, qui l’a rejeté exactement pour cette raison. Et l’impression de ne plus savoir, de ne pas s’en sortir, se fait plus cruelle et plus douloureuse. Machinalement, la main du Voltigeur se porte vers le bandage qu’il porte sur le bras, dissimulé par ses vêtements. La blessure est profonde, et auto-infligée : cette cicatrice, elle a toujours fait partie de lui. Jusqu’à ce qu’elle n’y soit plus. Est-ce qu’il les a rêvé également, ses blessures, ses marques, qui lui sont si familières ? Il en a besoin, pour pouvoir être lui. Mais est-ce qu’il est seulement lui ?

Il est entré dans le camp constitué de tentes sans vraiment savoir où il va, sans vraiment faire attention à la route prise. Il a seulement besoin d’être... de ne pas être seul avec sa tête, mais le lien avec Nuage est rompu, et la solitude ne le quitte pas. A peine est-elle troublée, parfois, par une figure connue, un visage croisé qu’il ne sait pas trop s’il est censé le connaître ou non. Et puis... et puis il y a elle.

Il la reconnaît instantanément, la jolie Erebienne. Même sale et amaigrie, il reconnaît la fougue dans ses yeux. La détermination gravée dans ses traits. Le sabre, dont elle l’a souvent menacé, et qu’elle a lâché pour s’approcher. Oh oui, il la reconnaîtrait les yeux fermés, sans doute, et c’est ce qu’il fait, fermant résolument les paupières pour mieux profiter de la présence de la jeune femme. Il savoure son acceptation, pleine et entière, son étreinte qu’il rêve de goûter depuis un moment déjà. C’est Reja, et il se rappelle le temps, qui lui semble si lointain, qu’ils ont passé dans cette alcôve de pierre, serrés l’un contre l’autre. Il goûte sa peau, le temps d’un baiser sur la tempe, léger, si léger qu’elle ne le sent peut-être même pas. Suspendre le temps, l’espace d’un instant. Mais il ne peut s’empêcher de la taquiner la Voltigeuse, et s’écarte légèrement d’elle, sans pour autant la lâcher. Il n’est pas réellement sûr de vouloir cesser de la toucher, en fait. « Pardon, mais vous êtes qui ? » Demande-t-il en plongeant ses yeux dans les siens, le sérieux de son ton démenti par l’amusement qui pétille dans ses yeux. « Vous ressemblez à la demoiselle qui m’a jeté de sa chambre à Ibelin, le câlin en plus. » Et il l’apprécie, ce câlin, plus qu’il ne saurait le dire.

Elle ne doute pas, Reja, de qui il est. Pas une seule seconde. Et pour ça, il lui en sera sans doute éternellement reconnaissant. Il a besoin que l’on croit en lui, Mayeul, surtout en ce moment. Un tout petit peu. C’est tout ce qu’il demande.

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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Dim 16 Avr - 4:22

Reja s’accroche à Mayeul comme si sa vie en dépendait, et c’est sûrement un peu le cas. Elle est tellement perdue ! Le monde n’a plus de sens, sa vie s’est effondrée, et elle passe ses journées à ruminer sa détresse et sa solitude au milieu d’un gang de griffons délinquants, qui scrutent sans ciller chaque nouvel arrivant, comme pour demander « Est-ce que tu me connais ? Est-ce que tu es à moi ? ». Inlassablement. Elle n’a véritablement plus personne, à présent : Alméïde a été accusée du meurtre d’Anwar, sa mère l’a regardée comme une étrangère indigne de son attention, Grâce est introuvable, Marianne également… Même son lien avec Sirocco reste bancal et superficiel. Dans cette vie, c’est elle qui est allée le chercher ; ce n’est pas lui qui l’a choisie, et cela fait toute la différence. Non, Rejwaïde est seule, vraiment seule – bien plus qu’elle ne l’a été de toute sa vie auparavant.

Alors, quand elle se jette dans les bras de Mayeul avec cet espoir fou d’être reconnue pour celle qu’elle est, qu’elle pense être, se montrant bien plus vulnérable que de coutume… ses mots lui font l’effet d’une douche glacée. Comme si on lui avait ouvert la poitrine pour verser les icebergs de Valkyrion tout contre son cœur, il rate un battement, deux ; puis l’adrénaline envahit ses veines tandis que l’instinct de survie s’embrase soudainement. D’une bourrade, elle se dégage, incrédule devant son air hilare – non seulement il ne se souvient pas d’elle, mais en plus il trouve cela drôle ? Drôle ? Quelque chose cède en elle lorsqu'elle comprend qu’il la taquine, qu’il se moque, qu’il rit d’elle à ses dépens, et le désespoir se mêle à l’indignation. Elle tape des poings sur les épaules du Cielsombrois, se saisit de tout ce qui passe à portée pour le lui jeter au visage dans une harangue sans fin d’erebien des dunes. Sa vision se brouille, et c’est le trou noir. C’est lorsqu’elle se retrouve face à Mayeul, une grosse pierre contondante brandie à bout de bras tremblants au-dessus de sa tête, prête à l’abattre sur celle du Voltigeur, qu’elle prend conscience de ce déferlement de violence sans commune mesure avec l’ampleur ridicule de la faute. Avec un cri étranglé qui tient beaucoup du sanglot, elle laisse tomber l’arme improvisée à ses pieds, tambourine des deux poings sur son torse malgré ses forces réduites, dans une pluie de coups dérisoires. « Je te déteste, Vifesprit, je te déteste, je te déteste – et je vais te tuer, je te le promets, un jour, je vais te tuer, tu m’entends, je vais te tuer ! »

C’est donc avec une résolution adamantine qu’elle saisit le visage du Voltigeur entre ses mains, pour l’attirer vers elle et l’embrasser sans crier gare. Un jour, un jour, oui, il paiera pour ses blagues pas drôles – un jour, bientôt, la semaine prochaine, dans dix ans, elle ne sait pas. Un jour. Pour l’instant, elle a trop besoin de réconfort, de chaleur humaine, de sa simple présence… De lui, en fait. Comme cette nuit volée dans la caserne d’Ibelin : de ses bras autour d’elle pour la protéger, de ses lèvres sur les siennes qui la brûlent comme la vie elle-même, de son cœur qu’elle sent battre près du sien, peau contre peau.


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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Lun 17 Avr - 22:20

Ce n’est qu’une taquinerie, rien de plus. Elle le connaît, elle sait comment il fonctionne, non ? Cette façon de ne rien prendre au sérieux, c’est probablement un des défauts qu’elle déplore le plus chez lui. Alors, réellement, Reja s’attendit-elle à une réponse autre que celle-là ? Visiblement, oui. Elle est furieuse la Voltigeuse, plus que Mayeul ne l’aurait imaginé. Il a à peine le temps de lever son bras en un geste de défense qu’elle le frappe de ses poings, martelant ses épaules avant de se saisir de ce qui passe à sa portée pour l’en frapper, sans jamais cesser de lui hurler quelque chose dans cette langue qu’il ne comprends pas. Ce sont des insultes, il en est sûr, mais puisqu’il ne comprend pas la langue, il serait bien en peine de se défendre ! « Reja, stop ! » C’est peine perdu, elle ne l’entend plus, toute furieuse qu’elle est. Le Voltigeur esquive et recule de quelques pas, mais ils sont dans une forêt, pleine d’armes improvisées. Après qu’elle lui ai jeté une poignée de feuilles au visage - réellement ? - elle se jette à nouveau sur lui, et les coups pleuvent, lui arrachant parfois une grimace de douleur alors que Mayeul se défend bien maladroitement. Il ne veut pas la blesser mais à ce compte-là, c’est bien Reja qui risque de lui faire mal. La pierre qu’elle soulève semble bien lourde, et Mayeul s’apprête à bondir en arrière lorsqu’elle semble revenir à ses sens, la jolie Erebienne.

La pierre tombe à terre, entre eux, et les coups dont elle le gratifie sont bien plus faibles. Elle sangloterai presque dans ses bras, et Mayeul ne dit rien, se contentant de la serrer doucement contre lui, maintenant que le déchaînement de fureur est terminé. Il comprend son envie de hurler, de crier, de tout casser. Il est un défouloir bien commode, mais si cela peut aider l’Erebienne à se décharger de sa tension, il veut bien endosser ce rôle quelques instants. Il l’aime bien, Reja, et il est prêt à faire au moins ça pour elle. Mais ses réflexes sont encore un peu ralentis par les drogues qu’il a pris le Voltigeur, et le soudain mouvement de la jeune femme le prend au dépourvu. Elle... l’embrasse ?

Il ne comprend par réellement ce qu’il se passe Mayeul. Comment... comment en sont-ils arrivés là ? Mais il n’y pense pas très longtemps en réalité, toute pensée cohérente s’effaçant dans la douceur des lèvres de la Voltigeuse contre les siennes, son corps pressé contre le sien. Nuage, Denys, la situation toute entière s’efface de son esprit, tandis qu’il répond au baiser de la jeune femme. Et si leur premier baiser - dont il n’a aucun souvenir, en réalité - était doux et presque timide pour ne pas effrayer la jeune femme, celui-ci est bien différent. Leurs lèvres s’entrouvrent et leurs langues se mêlent, tandis que la main du Voltigeur se glisse dans la chevelure sombre de l’Erebienne. Possessif, demandeur. Affamé. Il a faim d’elle, de cette union des corps, d’un point d’ancrage dans ce monde qu’il ne reconnaît plus, et où tout ce qu’il considère comme sien lui a été brutalement arraché. Il l’embrasse Reja, comme si ce baiser pouvait supprimer sa faim, sa soif, sa peur même. Il n’a pas envie de la lâcher, pas envie de la laisser s’éloigner, et son autre main se pose sur le dos de la jeune femme, pour la rapprocher encore davantage de lui.

Il n’a pas réalisé, jusqu’à maintenant, à quel point elle lui a manqué. A quel point il a pensé à elle, tandis que ses rêves étaient peuplés d’elle et de leurs deux corps qui se mêlent. Elle l’a rejeté ce soir là, à Ibelin, et il a essayé de passer outre. Mais c’est elle qu’il a vu, dans les traits de celles qui ont partagé ses nuits depuis. Peut-être que Denys avait raison, il y a quelques semaines de ça : il est devenu complètement fou. Sauf que là, son corps serré contre celui de Reja, la douceur de ses lèvres contre les siennes, et tout lui paraît plus clair. Limpide. Logique. Et incroyablement, immensément effrayant. Il fait taire sa panique pourtant, le Voltigeur. Ils sont deux naufragés perdus, c’est bien normal qu’il s’accroche à elle. C’est logique, et cela ne signifie rien. Rien du tout. Et il se raccroche à ça Mayeul, autant qu’il peut. Parce que c’est bien plus simple que de faire face à des sentiments qui le perturbent, et qu’il ne sait absolument pas comment affronter.

Il finit par lâcher les lèvres de la jeune femme le Voltigeur, reprenant son souffle, incapable de détacher ses yeux de ceux de l’Erebienne. « Je sais qui tu es. La Voltigeuse de Sirocco. Celle qui m’a sauvé la vie au palais des Soupirs. » Il éloigne une mèche de cheveux sombres du visage de Reja, avant de lui sourire. « Celle à qui j’adresse mes plus beaux poèmes. » Et inutile de le lui préciser, mais ce discours, c’est aussi pour lui qu’il le fait. Si Mayeul sait qui elle est, c’est qu’ils ont vécu tout ça ensemble. Qu’il n’a rien inventé. L’absence de Nuage l’empêche de respirer parfois, mais il a été ce Voltigeur. Il l’est toujours, quelque part. Dans ses yeux à elle, au moins. Et c’est une pensée étrangement réconfortante, malgré la panique qui l’envahit toujours. Elle sait qui il est.

Sa main est restée dans le dos de Reja, tandis que la seconde s’est posée sur la nuque de la Voltigeuse. Il est tendu Mayeul pourtant, et son souffle effleure les lèvres de la jeune femme tandis qu’il reprend la parole, un brin plus amusé que tout à l’heure. « Mais si tu me déteste, autant que ce soit pour une bonne raison. » Il ne lui laisse guère de temps de réaction avant de l’embrasser à nouveau, plus mesuré pourtant. Le coin de ses lèvres, doucement, en un baiser à la fois tentateur et plein de promesses. Le long de sa mâchoire, jusqu’à descendre dans son cou, en un chemin de baisers qui se font plus fiévreux et plus gourmands.

Oh oui, qu’elle le déteste si elle le veut, mais il ne peut résister au besoin de l’embrasser, de la sentir si proche de lui. Si elle le tue maintenant, il mourra heureux, au moins. L’esprit vidé de tout ce qui n’est pas Reja, son souffle, sa peau, son odeur. La caresse de ses lèvres sur la peau de la jeune femme alors qu’il l’embrasse dans le cou, ses dents taquinant à peine la peau, juste assez pour laisser doucement l’excitation grandir. Il faudra peut-être qu’elle le tue, oui, parce que Mayeul ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Sam 22 Avr - 1:47

Elle veut le détruire, ce monde qu’elle ne comprend pas. Plus rien ne fait sens autour d’elle, et tout ce pour quoi elle s’est battue depuis son plus jeune âge a disparu. Comment vouloir vivre encore quand les fondations de l’existence elle-même se sont effondrées ? Pour une femme si farouchement déterminée à toujours conserver le contrôle de sa propre vie, l’expérience est proprement terrifiante, et l’Erebienne n’aime pas avoir peur. S’effrayer, c’est rester passif, c’est consentir à devenir victime, c’est admettre l’impuissance ; et rien dans les instincts de survie acharnés l’ayant tenue envie toutes ces années ne le permet. Alors, pour lutter contre l’angoisse, elle s’emplit de rage : et tout casser, tout détruire, lui redonne une part de ce contrôle qui lui est tellement nécessaire, ne serait-ce que pour trouver le courage de continuer à respirer.

Mais quand la rage s’estompe, lorsque la colère s’évapore, que le courroux se dissipe, il ne reste plus rien ; alors, pour lutter contre l’obsédante solitude de sa conscience, Reja emplit ses sens de Mayeul. Ce n’est pas bien compliqué, elle n’a pas à chercher bien loin ; les souvenirs de cette nuit absurde à la caserne de convalescence d’Ibelin la torturent chaque nuit, elle n’a qu’à entrouvrir la porte de sa mémoire pour comparer les sensations. Elle retrouve le même affolement de son cœur qui tambourine follement, la même fureur de son sang qui frissonne violemment à ses tempes. Elle retrouve les mêmes caresses pleines d’invite, les lèvres qui offrent et qui demandent tout à la fois. À son tour, elle s’agrippe et s’accroche, se laissant rapprocher de lui tout en l’attirant, proposant et exigeant dans le même instant. Oui, elle reconnaît ces sensations comme étant celles du passé, comme étant réelles, comme étant vraies – et l’enfant perdue qui avait tant besoin de repères s’y cramponne avec l’énergie du désespoir, rassurée par ces certitudes toutes ténues, puisant force et courage dans une étreinte qui naguère l’aurait simplement plongée dans une panique intense.

Quelques mots. Quelques mots tous simples, mais qui font écho dans sa mémoire – il la reconnaît. Il sait qui elle est, véritablement, et l’évocation des poèmes agite le souvenir passager d’une irritation doublée d’incompréhension et de crainte ; mais le fantôme du passé s’enfuit lorsqu’il l’embrasse à nouveau. Elle lui parlera de Nuage, plus tard – autant laisser le griffon dormir, et puiser en Mayeul autant de réconfort qu’elle serait peut-être en mesure de lui apporter ? Elle est trop épuisée par ces semaines d’errance pour avoir peur encore, la si farouche danseuse des dunes. Elle a besoin de sa présence, de le sentir là, de ne plus être si immensément seule au milieu d’une bande de griffons contrariés comme seul horizon, comme seule compagnie. Elle a besoin de ressentir, Reja – de ressentir autre chose que ces émotions si négatives qui l’obsèdent depuis que la nouvelle du meurtre d’Anwar est parvenue à ses oreilles.

« Je ne… te déteste… pas vraiment. », murmure-t-elle dans le vide entre deux soupirs, tandis qu’il parcourt son cou de baisers tentateurs, éveillant mille frissons inédits le long de son dos. Un instant, elle laisse sa main se perdre dans ses cheveux, accompagnant l’agréable caresse avant de tirer doucement pour qu’il la regarde à nouveau. « Mais si tu te joues de moi cette fois, je te tuerai quand même. », ajoute-t-elle, mortellement sérieuse. C’est le même regard concentré qu’elle pose sur lui, à l’extérieur de la tente de voyage erebienne si incongrue, montée là solitaire dans une petite clairière de la forêt de conifères. Il peut encore partir, elle lui en laisse la possibilité. A voix basse, elle soulève les dernières objections. « Si tu me suis à l’intérieur, cela doit être en pleine connaissance de cause. Je ne suis pas… de celles qui se donnent librement. Je ne sais rien, je te l’ai déjà dit, il faudra m’apprendre ; et ne pas jouer avec mon cœur. Je suis déjà morte à l’intérieur ; si tu ne peux pas respecter ça, je te demande de porter tes pas... ailleurs. »

D’une main un peu tremblante, elle soulève le rabat masquant l’entrée, se penche pour se faufiler à l’intérieur – et au dernier moment, elle tourne la tête, juste le temps d’adresser quelques mots par-dessus son épaule. « Je choisis de te faire confiance, Mayeul – je te donne pouvoir sur moi. » Résolue, elle laisse la toile retomber – tournée face à l’entrée, elle attend, guettant le moindre mouvement.

Je choisis de croire en toi.

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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Mer 26 Avr - 21:38

Il a tellement perdu, Mayeul, dans ce monde étrange qu’il ne reconnaît pas : son griffon, sa place de Voltigeur, ses amis, ses repères. Tout, sauf Denys, a qui il s’est raccroché désespérément. Il lui en sera sans doute éternellement reconnaissant, au duc de Lagrance - au marquis de Lierre-Réal - d’avoir été alors qu’il perdait pied et plongeait dans la panique. Reja... Reja a-t-elle seulement quelqu’un à qui se raccrocher, ici ? Est-elle Voltigeuse, avec Sirocco à ses côtés, ou n’est-elle, comme lui, plus qu’une moitié d’âme, un moitié d’esprit ? Il ne lui pose pas la question, peut-être parce qu’il n’a pas envie d’avoir la réponse. Il a passé, pour sa part, ces dernières semaines dans un brouillard léger, fait de ces drogues qu’il avait presque oublié, pour ne pas ressentir l’absence cruelle de Nuage. Pour ne pas penser à Mathilde.

Reja accrochée à lui, ses bras autour d’elle, Mayeul ne voulait songer à rien d’autre. Oublier, l’espace d’un instant, ce monde dément dont il ne connaissait rien. Alors il se consacre à elle, et uniquement à elle. Ses frissons, ses soupirs, sa peau, ses lèvres, son odeur. Reja, Reja, Reja. Plus de Nuage qui l’a fui, plus de Mathilde qui n’est pas sa sœur, plus de doutes. Plus de cauchemars. Aimer, il sait faire, et aimer Reja... il en a maintes fois rêvé. Il n’éprouve pas d’hésitation le Voltigeur, se laissant porter sur les vagues du plaisirs, les frissons d’excitation qui annoncent un extase bien plus grand. Peut-être que c’est une autre fuite, différente de celle offerte par la drogue qui court encore dans ses veines, dans une quantité bien moindre à mesure que la journée s’avance. Fuir avec Reja, est-ce mal, pourtant ?

La jeune femme frissonne, passant une main dans les cheveux sombres du Voltigeur, avant d’attirer son attention. Elle est sérieuse la jolie Erebienne, et Mayeul l’écoute avec autant d’attention qu’il peut en rassembler, alors qu’elle est là dans ses bras. Ses yeux détaillent l’air sérieux de la jeune femme, s’attardant sur la blessure de son visage qui semble récente. Elle se détourne déjà, la Voltigeuse, s’arrêtant à l’entrée de la tente pour lui lancer un ultime avertissement. Mayeul reste immobile pourtant, indécis. Lui apprendre, il sait faire. Prendre soin d’elle, l’aimer, pour cette nuit ou quelques autres, il sait bien le faire aussi. Il n’en n’est pas à son premier coup d’essai. Mais... elle exige plus de lui, et en toute honnêteté, il ne sait pas s’il est capable de lui donner ce qu’elle demande. Il a déjà déçu Nuage, dans ce monde. Il a déçu Mathilde, aussi, sûrement. A-t-il le droit de décevoir Reja, avec une promesse qu’il ignore être capable de tenir ?

Le Voltigeur soupire longuement. Il a besoin de Nuage, il a besoin de cette voix dans sa tête, de cette présence dans son esprit. Seul, il n'est pas sûr d’être à la hauteur des attentes de qui que ce soit. Mais il ne peux pas, n'a pas la force de refuser ce qu'elle lui offre. Il peut essayer, de toutes ses forces, de ne pas la décevoir. Il a besoin d’elle, peut-être plus qu’elle n’a besoin de lui. Elle le regarde, Reja, en sachant qui il est. En ayant confiance en lui. Et il ne peut pas nier qu’il n’a pas envie de la rejoindre. Alors il prend sa décision, et se faufile à la suite de l’Erebienne. Il devrait lui dire peut-être, qu’il n’est pas quelqu’un de bien. Pas quelqu’un de fiable. Mais elle l’attend Reja, les yeux levés vers lui, et le cielsombrois ne réfléchit plus vraiment. « Moi aussi, il va falloir que tu m’apprennes. Mais depuis le premier jour, depuis le premier poème, tu as tout pouvoir sur moi. » Ses paroles se sont faites murmures. Elle ne sait pas Reja, à quel point elle a su se faire une place dans sa vie, alors qu’il s’en défend de toutes ses forces. Il a essayé de ne pas penser à elle, de se perdre dans d’autres bras, dans d’autres souffles. Cela n’a pas réellement marché. Alors peut-être que ce soir, il va être capable de comprendre pourquoi Reja le fascine tant. Et il ne ment pas : il veut apprendre, Mayeul. Il veut comprendre, surtout.

Le Voltigeur attire doucement la jeune femme à lui, mêlant leurs souffles dans un doux baiser, tandis qu’il fait lentement glisser le tissu qui recouvre les épaules de l’erebienne. Il la déshabille en douceur, prenant le temps de capter son regard à chaque geste, à chaque mouvement un peu osé. C’est son approbation qu’il désire, et rien d’autre. La peau nue de l’Erebienne se révèle peu à peu, délicatement, comme l’on déballe un cadeau si précieux que n’importe quel mouvement peut le briser. Les Cielsombrois connaissent l’art de l’effeuillage en douceur, et Mayeul n’est pas le moins talentueux dans le domaine. Leurs souffles se mêlent, dans l’atmosphère intime de la tente de l’Erebienne, et Mayeul ne laisse pas ses yeux dériver ailleurs que sur le visage de Reja, effleurant à peine les courbes et les contours qui s’offrent. Il aura bien le temps de les regarder après, quand elle sera nue devant lui : pour le moment, il veut simplement graver chacun des détails de son visage dans son esprit, chacun de ses expressions, de ses timidités. Ce monde nouveau lui a déjà tellement pris, que Mayeul ne se laissera pas arracher ce moment.

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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Mer 17 Mai - 18:33

Le silence est profond autour de Reja, rompu seulement par la respiration régulière de l’homme étendu contre elle ; mais elle ne parvient pas à trouver le sommeil. Les yeux grands ouverts dans le noir, elle écoute les craquements des branches alentour sous le poids des griffons perchés un peu partout dans la clairière. Elle se sent… différente. Dans cette vie, son corps a visiblement l’habitude d’être aimé ; mais l’esprit qui l’occupe présentement découvre encore tout cela, et Reja intègre laborieusement tout ce qui s’est passé ces dernières heures. Une part d’elle-même avait envie de céder à Mayeul depuis… depuis un moment. Depuis cette mascarade à la caserne-infirmerie d’Ibelin, à leur retour du Palais des Soupirs. À quoi bon le nier ? Elle avait rêvé de lui pendant des semaines, de ses baisers et de ses caresses. Oh, elle avait bien tenté de résister, oui, persuadée que c’était une très mauvaise idée, que les hommes ne savent faire que le mal, et que les Cielsombrois particulièrement sont incapables de constance.

Les cicatrices couturant ses flancs et son dos sont la preuve criante de ce que l’égoïsme d’un seul homme peut déclencher. Cette autre vie est si différente pourtant, et Reja est traumatisée par celle qu’elle semble être – oh, si différente de ce qu’elle se souvient avoir toujours été ! Les mots de sa mère, si froide et distante, dansent dans sa mémoire, avec l’image de cette lippe plissée de mépris, de ces sourcils froncés la toisant dans un bien sévère jugement. Qu’est donc la Rejwaïde de cette réalité ? Machinalement, elle passe la main sur sa hanche - point de cicatrices là où les griffes de la Vouivre auraient dû lacérer sa chair. Envolées également, les traces de brûlure qui parsèment normalement son dos ; et les tatouages qu’elle a fièrement arborés pendant des années ont disparu aussi. Elle ne se reconnaît plus vraiment ; quelque part, céder enfin et s’oublier un moment dans les bras de Mayeul lui a permis de se rassurer. Si elle est toujours attirée par l’agaçant Cielsombrois, c’est bien qu’elle est restée la même personne… pas vrai ? Elle n’a personne d’autre auquel se raccrocher. Sa mère, miraculeusement vivante, l’a clairement rejetée toute entière. Alméïde est une hors-la-loi meurtrière qui a assassiné leur frère, de ses propres mains – et Anwar, ce frère tant aimé qu’elle n’a jamais connu, ce frère miraculeusement vivant lui aussi – mort à nouveau, mort encore, mort trop tôt. Point d’ailière Grâce pour voltiger à ses côtés, elle a dû conquérir Sirocco le sabre à la main ; point de cousine Marianne sillonnant les cieux, et son griffon est mort, lui aussi, Sable l’a indiqué.

Juste… juste Mayeul.
Et l’ampleur de ce qu’il représente.
Reja préfère ne pas trop s’y attarder. Ces pensées l’angoissent – sur l’instant, il n’y avait rien d’autre au monde qu’eux deux sous la tente, perdue dans les forêts nordiques ; mais elle va bien devoir en sortir un jour, de cet abri solitaire, et affronter le monde insensé qui guette à l’extérieur. Affronter aussi les conséquences de ses choix. Décider une bonne fois pour toutes quelle place elle peut donner à Mayeul dans sa vie – découvrir quelle place il souhaite y tenir. L’égorger, promptement, s’il s’avère qu’il jouait simplement avec elle. Son sabre est resté à l’extérieur, d’ailleurs – sûrement devrait-elle se lever, sortir le chercher, le ramener sous la tente.
Juste par précaution.
En cas de trahison.

Elle ne peut s’y résoudre, pour l’instant en tout cas – l’homme a bougé dans son sommeil, et la voilà enserrée par un bras endormi mais possessif. Elle en frémit, la Voltigeuse qui n’en est plus une, tant la sensation est inédite ; et le frisson qui court le long de son dos, tout inédit qu’il soit, n’en est pas moins agréable. Tandis que les battements de son cœur se calment, elle se détend quelque peu, profitant de l’étreinte en étouffant la sensation de culpabilité qui voudrait l’assaillir. Il dort, après tout, il n’en profitera pas – son organisme se purge de la drogue, semble-t-il, et elle tient à être là lorsqu’il s’éveillera. Doucement, elle laisse glisser ses doigts le long de bras qui la retient contre Mayeul, effleurant la peau dans une caresse délicate, avant de glisser sa main dans celle du Voltigeur.


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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Lun 22 Mai - 23:20

Il s’est endormi, Mayeul, sans devoir lutter contre les pensées qui l’assaillent à peine ses yeux se ferment. Dans cette réalité où Mathilde est vivante, où il n’est plus Voltigeur, il a tellement peiné à trouver le sommeil ! S’il avait su qu’il lui suffisait d’aimer pour que son esprit accepte enfin de lâcher prise. Ses pensées n’ont tournés qu’autour de Reja, sa bouche, son souffle, les courbes et les détours de ce corps dont il a caressé, inlassablement, chaque recoin. C’est étrangement reposant, de se concentrer seulement sur la Voltigeuse, de découvrir son corps et ses réactions, de se laisser emporter dans le désir, dont il est familier mais qui est, en même temps, une nouvelle découverte à chaque fois qu’il y revient.

Il en a rêvé, de ce moment, mais il n’a pas eu le temps de s’appesantir dessus. Puisque ses pensées sont seulement siennes, perdues dans la solitude de son propre esprit, Mayeul les a dirigé uniquement sur Reja. Et lorsque leurs corps se sont séparés, épuisés de cette danse intime, le Voltigeur n’a pas résisté longtemps avant de s’abandonner au sommeil. Repu, enfin, de cette soif qui le dévorait tout entier. Apaisé. Serein, presque, le temps de quelques caresses et d’un sommeil profond. Le souffle du Voltigeur est régulier, paisible, lorsque soudain la sensation d’être seul l’étreint à nouveau. Il remue, endormi, jusqu’à retrouver une présence chaude et confortable, qu’il enserre avec possessivité. Reja. Nuage. Quelqu’un qui sait qui il est, qui ne le repousse pas. Il se rendort déjà, le Voltigeur, rassurer de sentir quelque chose sous son bras, dans sa main, un souffle réguler qui fait écho au sien.

Combien de temps s’abandonne-t-il ainsi aux bras de Niobé ? Une heure, plus, peut-être. Il l’ignore le Voltigeur, et ce n’est pas ça qui importe. Il ouvre les yeux, doucement, les plissant avec curiosité jusqu’à se remémorer où il est. Ce qu’il y a fait. Oh. Oh ! C’est seulement à cet instant qu’il sent une main dans la sienne, un corps chaud contre le sien, et qu’il se met sur le côté pour plonger ses yeux dans ceux de Reja. Se relevant sur un coude, Mayeul prend bien garde à ne pas déloger la main de la Voltigeuse de la sienne, l’observant quelques instant sans mot dire avant de se remettre sur le dos, contemplant le plafond de toile. Sa main libre vient enlacer le cou de la jeune femme, l’attirant contre lui, sur ce torse qu’il n’a pas pris la peine de couvrir. Il pensait qu’elle était parti. Qu’elle avait fui. Qu’elle n’était qu’un rêve, encore, un de plus. Les drogues se sont effacés de son organisme, et Mayeul pense être pleinement lucide, en cet instant.

Lâchant la jeune femme, Mayeul repousse une mèche qui tombe sur le visage de l’Erebienne avant de lui sourire, continuant sa caresse jusqu’à la joue douce de la jeune femme. « Tu aurais dû me réveiller. » Souffle-t-il, un peu désorienté. Il ne sait même pas l’heure qu’il est, et la tente obscurcit la lumière alentours, tant et si bien qu’il n’a aucune idée du temps écoulé depuis qu’il a rencontré Reja. Laissant retomber sa main, Mayeul ferme les yeux. Il pourrait penser à ce qu’il a fait, à ce à quoi il s’est engagé, juste pour un moment passé avec Reja. Il pourrait fuir, oui, prétexter quelque chose à faire. Mais il a toujours été un amant tendre et prévenant Mayeul, aussi fuir sans rien dire ne fait pas partie de ses projets immédiats.

Les yeux du Voltigeur se rouvrent, contemplant le visage qu’il s’est efforcé d’apprendre par cœur durant les dernières heures. Ses doigts caressent gentiment la pommette fracturée, l’ombre des bleus qui parsèment encore le visage de l’Erebienne. Il pourrait lui demander qui a fait cela, oui. Pourquoi. Mais il en est sûr : Reja, tout autant que lui, souffre ici. A souffert. Il ne sait pas vraiment à quel temps conjuguer le verbe. « Que Levor en soit témoin, je n’ai jamais eu un meilleur réveil. » Souffle le Voltigeur avec amusement, amenant à sa bouche les doigts de la jeune femme, emprisonné dans les siens. Il les embrasse un à un, avec tendresse. « J’aimerais que Callia me donne le don d’effacer tes blessures. » Oh, comme il aimerait ça, oui. Effacer la peur et l’incertitude dans les yeux de Reja, effacer la douleur dans les siens, supprimer toute trace d’inquiétude et de larmes. Il ne peut le faire, pourtant, et ne peut qu’espérer que ses baisers soient un baume suffisant pour faire oublier à Reja ce qu’elle a pu vivre.

Quand à ce que lui a vécu... Mayeul a toujours été très doué pour étouffer ses émotions. Il trouvera bien de quoi oublier ses souffrances un peu plus tard. Ce ne sont pas les drogues qui doivent manquer, par ici.

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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Dim 11 Juin - 18:16

Mayeul finit par se réveiller, et l’angoisse revient subrepticement se faire une place dans l’esprit de Reja. Tant qu’il dormait, elle pouvait se contenter d’attendre, repassant sans fin dans son esprit le souvenir des quelques heures écoulées en sa présence, cette lente découverte respective l’un de l’autre. L’exploration lente et mutuelle de leur corps, les effleurements sensuels, les baisers offrant et exigeant tout à la fois ; un univers entier qu’elle a soudain trouvé dévoilé et qui n’a cessé de la surprendre. Visiblement, le corps qu’elle occupe actuellement était déjà familier des choses de l’amour, mais pas l’esprit qui l’habite présentement, et Reja est allée de découverte en découverte. Il faudra qu’elle y réfléchisse, un peu plus tard, pour démêler la quantité d’impressions et de sensations engrangées, tâcher de savoir ce que cela implique pour elle – et pour Mayeul.

Le facteur inconnu de l’équation, le mystère au milieu des constatations.

Elle lui a livré tout son être, et lui a laissé le plein contrôle sur elle. Elle a engagé sa confiance malgré ses réserves et ses doutes ; avait-elle raison de croire en la foi d’un Cielsombrois ? La petite voix au fond de son esprit lui dit que non, qu’elle va sûrement le regretter, qu’il n’est qu’un homme après tout, qu’il ne cherche que son propre plaisir, égoïstement. Qu’elle ne compte pas à ses yeux, qu’elle n’est qu’une distraction, tout juste bonne à satisfaire son besoin, là au bon moment. Qu’il s’est sûrement moqué d’elle, de sa crédulité, de son inexpérience, de sa naïveté. Qu’il se fiche pas mal des sentiments refoulés qu’elle a développés et qui ont fini par s’imposer. Qu’il va simplement rire d’elle, partir le sourire aux lèvres et l’esprit léger, sans se retourner. Toute une vie de brimades et de rejet – comment pourrait-elle penser autrement ?

Il s’éveille – et l’attire contre lui. Toujours un peu craintive, toujours un peu méfiante, elle se laisse faire, observe son attitude. La main qui écarte une mèche de ses cheveux, effleurant sa joue. Elle reste silencieuse, le laisse parler – toujours indécise, toujours inquiète. Il n’a pas fait mine de vouloir s’enfuir, c’est déjà ça, non ? Un léger soupir lui échappe, tandis qu’il embrasse doucement ses doigts, et parle de guérir ses blessures. « J’avais peur que tu t’en ailles, une fois réveillé. » C’est une petite phrase toute simple, mais qui en dit long sur l’ampleur de ce qu’elle refuse d’avouer – sur ce sentiment affreux d’abandon qui l’entoure depuis l’enfance, sur l’état de son cœur malmené par sa vie au harem et se voir préférer leur demi-frère à chaque occasion, sur le besoin viscéral d’être un jour aimée exclusivement sans avoir à partager.

« Je ne regrette pas mes blessures. Elles sont la preuve que j’ai su faire ce qu’il fallait pour survivre, et que j’en sors plus forte. Je suis perdue, sans les cicatrices sur mon corps, j’ai l’impression de, de… de vivre un mensonge. Que tout ce qui fait de moi celle que je suis a… disparu. » Oh, tellement d’angoisse dans ce simple aveu ! Il n’y a pas de mots pour décrire l’ampleur de son désarroi, lorsqu’elle a constaté la disparition des tatouages décorant sa peau, sublimant les stigmates de sa vie difficile. Une peau lisse, sans marques laissées par les griffes de la Vouivre à deux reprises, sans les brûlures d’encens sur son dos, sans les lacérations infligées par le fouet sur la chair tendre de ses épaules, sans les entailles creusées par les morsures de serpent à l’intérieur de sa cuisse. Rien de tout cela n’existe plus. Est-elle encore la Voltigeuse courageuse qu’elle était si fière d’être devenue ? Elle en frémit, tant le monde qui l’entoure a perdu toute logique. Rien n’a de sens. Plus rien ne va. Elle déteste se sentir si fragile. Vulnérable, bien plus qu’elle ne l’a jamais été…

Un soupir inquiet lui échappe, tandis qu’elle pose la tête contre le torse de Mayeul, fuyant son regard qui lirait en elle bien trop aisément à présent que les brumes de la drogue ne l’égarent plus. Elle entend le lent battement de son cœur contre son oreille, vibrant tout près d’elle, et ce son régulier l’apaise quelque peu. Elle se sent un peu plus en sécurité, ainsi lovée contre lui, à l'abri de ses bras, peau contre peau. Distraitement, elle laisse courir ses doigts sur celle du Voltigeur, traçant mille arabesques invisibles. « Tu ne m’as pas dit ce qui avait changé pour toi, dans cette vie ? Raconte-moi, ce qui est différent. Tu avais l’air si… désorienté, hier… » Complètement perdu. La drogue seule ne peut en être responsable, si ?


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Message Sujet: Re: Du sable à la poussière   Ven 23 Juin - 23:29

Il n’a pas trouvé la réponse à sa question, Mayeul. Pourquoi Reja ? Pour un peu, il se mettrait presque à croire les contes et poèmes entendus enfant, alertant les cielsombrois sur les yeux envoûtants des Erebiennes, sur leur savoir en potions de toutes sortes, qui font tourner les têtes et flamber les cœurs. La danseuse des dunes l’a ensorcelé, et il ne sait pas pourquoi. Il a cru que c’était le mystère qui l’entourait, leur façon de se repousser en s’attirant sans cesse. Il a cru que c’était les poèmes, et son amusement à les lui envoyer. Ou le fait qu’il était amusant de la provoquer, de la faire rougir, réagir. Quelque chose en Reja l’attire, et il a fait le tour de tout ce que cela pouvait être, sans comprendre.

Mais maintenant que le mystère est levé, maintenant qu’il a enfin passé une soirée à l’aimer et à la chérir, tout devrait être terminé. Le mystère de l’erebienne, c’est ça qu’il l’attirait. Le défi. L’amusement. L’interdit aussi, peut-être un peu. Alméïde. Ses parents. Que diraient-ils, s’ils savaient ?

Il a apprécié chaque moment passé auprès de Reja, le Voltigeur déchu. Depuis longtemps, presque un an, il s’imagine la sensation de la peau de l’erebienne sous ses doigts, la chaleur de ses baisers. Il le fait pour chaque fille qu’il courtise, ou presque. Alors qu’est-ce qui est différent, chez elle ? Elle lui a demandé de se consacrer à elle, et il a obéit. Et maintenant ? Qu’en font-ils, de cette nuit partagée dans un monde qui n’est pas le leur ? Plutôt que de répondre à cette question, le Voltigeur préfère se concentrer sur la jeune femme à ses côtés, qu’il enlace sans vraiment l’avoir calculé. Reja lui souffle qu’elle avait peur qu’il parte, et Mayeul retient de justesse la réponse amère qui lui brûle les lèvres. Partir, pour aller où ? il n’y a rien pour lui ici, plus rien du tout, si ce n’est Reja.

Ils souffrent, tous les deux, de cet abandon, de cette idée qu’ils sont seuls au monde. Mayeul a compensé la mort de sa sœur par un besoin flagrant de plaire et d’être aimé, tandis que Rejwaïde, elle, repousse tous ceux qui passent à sa portée. Ils sont semblables, les deux Voltigeurs, et ils n’en ont probablement même pas conscience. Peut-être est-ce pour ça, qu’ils se sont trouvés. La jeune femme reprend la parole, et les yeux de Mayeul dévie rapidement sur le bandage qu’il porte au bras, où il a recréé la première blessure infligée par Nuage, alors qu’ils en étaient encore à s’apprivoiser mutuellement. Etre Voltigeur ne va pas sans son centent de cicatrices, et il comprend vaguement, Mayeul, ce qu’essaye de lui dire l’erebienne. Est-il encore Voltigeur, lui, sans ces marques ? Et puisqu’il n’est pas sur de ce qu’il pourrait dire à la jeune femme, Mayeul reste silencieux, se contentant de serrer plus fort la main qui est restée dans la sienne. La tête de Reja se pose sur son torse, les doigts de la jeune femme dessinant distraitement sur sa peau tandis que de sa main libre, il caresse doucement les cheveux d’ébène. « Tu n’as pas disparue. Tu es là. Tu es toi.» Murmure-t-il, sans pouvoir déterminer si c’est à elle qu’il s’adresse, ou à lui. Mais bien vite, la question dérive sur autre chose, sur lui, et Mayeul n’aime pas parler de lui.

Il ne réponds pas tout de suite le Voltigeur, ne sachant pas réellement comment le faire. A l’idée de dire la vérité, et que Reja le rejette pour ça, il se sent subitement paniqué. Il ne peut pas lui dire, n’est-ce pas ? Les drogues. Nuage. La Voltige. Alors, comme à chaque fois, Mayeul opte pour l’amusement. Parce que c’est toujours plus facile de rire que de pleurer. « Je suis l’époux du major de Séverac. » Le sourire qui danse sur ses lèvres est factice, mais qu’importe. Il donne bien le change, Mayeul. Peut-être pas aussi efficacement que d’habitude, avec Reja qui est à même d’entendre chacun des battements de son cœur, mais qu’importe. L'amusement s'efface, tandis qu'il enchaîne. « Mathilde est en vie. » Mayeul laisse passer un battement de cœur, deux, trois. Il ne sait pas vraiment ce qui le pousse à ajouter le reste. « Et Nuage ne veut plus de moi. » Les mots sont murmurés, à peine, et il n’est pas difficile pour la jeune femme de savoir à quel point il en coûte au Voltigeur de l’avouer. Il n’explique pas pourquoi, mais il ne peut pas, tout simplement. Parce qu’avouer, c’est prendre le risque de blesser Reja. Et même si Mayeul n’a aucune idée de ce que va devenir l’étrange relation qui les unit, il n’a pas envie de décevoir la jeune femme.

« J’ai besoin d’air. Pardonnes-moi. » Il se redresse déjà le Voltigeur, décalant avec douceur la tête de la jeune femme de son torse, pour se lever. Il n’est même pas habillé le Voltigeur, et prend à peine le temps d’enfiler quelque chose avant de fuir. Lâche. Stupide. Mais il ne veut pas que Reja voit les larmes qui menacent de s’échapper, tandis qu’il serre les poings et maudis ses propres faiblesses. Il n’est pas capable, Mayeul, d’être à la hauteur de ce que l’on attend de lui. Peut-être que Reja ne devrait pas se faire trop d’illusion sur lui.

La fuir est sans doute le meilleur moyen qu’elle le déteste. Mais peut-être que si elle le déteste, au moins, elle ne souffrira pas à cause de lui. Et c’est sûrement bien mieux.

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