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 Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble

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Le Pavillon Noir
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Message Sujet: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mar 5 Déc - 22:18




Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Hermine Chantelune &
Tim l'Escampette

Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble

Besoin de rien envie de - mais t'es qui ?




• Date : Le 26 novembre 1002
• Météo (optionnel) : Frais dehors, mais il ne gèle pas encore
• Statut du RP : privé
• Résumé : Tim pourrait grincer des dents, demain sera le Jour des Anciens, et il n'y participera pas, mais ses pensées sont pleines d'Ygraine. Il imagine la belle habillée de milles façons, se met à la poésie, ose même la musique avant de se retrouver bien con en terminant sa déclaration d'un doigt pointé sur une autre ; Hermine Chantelune.
• Recensement :
Code:
• [b]Le 26 novembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3092-tu-sais-l-amour-c-est-a-lorgol-qu-il-ressemble#110495]Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble[/url] - [i]Hermine Chantelune & Tim l'Escampette[/i]
Tim pourrait grincer des dents, demain sera le Jour des Anciens, et il n'y participera pas, mais ses pensées sont pleines d'Ygraine. Il imagine la belle habillée de milles façons, se met à la poésie, ose même la musique avant de se retrouver bien con en terminant sa déclaration d'un doigt pointé sur une autre ; Hermine Chantelune.


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Dernière édition par Tim l'Escampette le Jeu 12 Avr - 21:05, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mar 5 Déc - 22:27

Qu'est ce qu'elle était belle, Ygraine. Je lâchais un grand soupir en battant des cils d'un air béa tout en regardant la vitrine d'une boutique de vêtement somptueux. Ma cousine Liselotte aurait sûrement trouvé à critiquer, mais pour ma part je les trouvais magnifique, surtout en imaginant la belle dedans. À bien y réfléchir, c'était sûrement l'imaginer dedans qui rendait l'ensemble de toute beauté. Assurément. Le rouge devait lui aller à ravir, le bleu aussi... et quelques rubans dans les cheveux... ah quel délice.

Je fus pourtant coupé net dans mes fantasmes d'une vendeuse bien habillée (non parce que j'aurais pu imaginer Ygraine en tenue légère après tout !) par la propriétaire de la boutique qui me chassa sous prétexte que je faisais fuir sa clientèle. Non mais dites donc. Est-ce une chose à dire ? Elle m’agaça tellement sur le coup que je lui avais rétorqué un :

« Qui vous dit que je ne suis pas intéressé par l'achat d'une robe ? »

Et elle avait eu le culot, non mais vraiment, de me regarder de haut en bas. Elle avait même retroussé le nez avant d'émettre une remarque que je qualifierais de honteuse :

« Pauvre. Je doute que vous ayez même dix fleurons ou même une personne pour la porter. »

Pauvre ? Moi ? Pauvre ?! Alors j'étais peut-être pas aussi riche que Lancelot l'Adroit ou qu'elle-même certes, mais j'avais de quoi m'enrichir tout de même - un jour certain. Et à quatroze-ans, c'était normal de pas être fortuné, sauf si on était duc ou prince ou autre. Quant au reste, je n'avais su me retenir :

« Rien ne m'empêche de regarder pour autant ou de m'imaginer dedans. »

Elle m'avait regardé encore plus drôlement avant de me chasser plus violemment à coup de... balai. Un balai. S'il-vous-plait ! Par la force des choses j'avais dû migrer bien évidemment, mais je n'étais pas parti loin. Je m'étais simplement installé sur le banc qui se trouvait non loin pour avoir une bonne vue d'ensemble sur la boutique. J'osais même la critique tout bas sur les clientes qui allaient et venaient. Enfin, au bout d'un moment de remarques incessantes, je me mit à la poésie meumeumée d'abord puis plus théâtrale et pour bien être sûr du rendu je repris plus fort.

« Ma belle, ma douce !
Tes courbes m’envoûtent !
Je ferais de toi ma mousse,
Quand je me laverais la croupe. »


Mes yeux se plissèrent et je me touchais le bout du menton, imitant le geste de réflexion du propriétaire de la boutique 'Aux Merveilles Adroites'. Pas suffisant ? Pas assez mignon ? Trop cielsombrois peut-être ? Ou pas assez ? Loin d'être raffiné je le craignais. Pas assez de mélodie dedans également ? Mais la chanson n'avait jamais été mon truc, ma voix ne se prêtait guère pour déclarer ma flamme ainsi. Mon chant ressemblait davantage à une bande de corneilles se disputant un cadavre. Je tentais quand même, me levant, plus fort plus profond, plus horrible et affreux par le ton que j'y mettais. Plus dansant également, puisque j'y mettais des claquements de doigts d'une main, tandis que mon autre traçait le contour de ma dulcinée invisible devant moi.

« Besoin de rien, envie de toi
Comme jamais envie de personne
Tu vois le jour
C'est à l'amour qu'il ressemble
Besoin de rien, envie de toi
Comme le rouge aime l'automne
Tu sais l'amour
C'est à Lorgol qu'il ressemble. »


Et c'est peut-être là que je me rendis compte, après un clin d’œil aguicheur à ma belle invisible, que je fixais quelqu'un en chantant faussement ça, tout comme je la pointais du doigt. Ma voix était presque cassée, j'avais le souffle de quelqu'un qui avait trop couru, elle... comme d'autres, devait avoir les oreilles qui saignaient. J'en restais sans voix... enterrez-moi.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Lun 11 Déc - 4:50

Tu te déplaces avec grâce, dans les rues de la Ville Haute, cachant ton excitation de te trouver entre ces tours effilées et si proches de la haute société de tout Arven. Qu’importe tes fleurons, tu ne seras jamais rien d’autre qu’une imposteure, en ces lieux où la Main Noire sur ta nuque est invisible, reine qui brièvement cache sa couronne, sans pourtant renier son pouvoir. Tu ne peux compter que sur l’impassibilité de ton regard sombre pour ne pas trahir le plaisir toujours renouvelé que tu éprouves à explorer les beaux quartiers de Lorgol. Tu t’arrêtes devant la boutique d’une couturière, sans oser y entrer, pour le moment. Tu le pourrais, n’est-ce pas ? Tu as les fleurons nécessaires et tu n’es pas chiche avec ceux-ci : ils te brûlent les doigts, plus souvent qu’autrement, et la belle Atalante le Lointain enrichit sa fortune avec ceux-ci. Tu te contentes pour le moment de traîner devant la boutique. Tu te morfonds presque devant les si élégantes toilettes exposées dans la vitrine, dont les couleurs chatoyantes brillent dans tes prunelles avides. Ta propre tenue n’a certainement rien à envier à celles-là et aux yeux des inconnus, de ceux qui ne savent pas ce que tu es vraiment, tu as l’allure d’une noble dame. Une noble dame très cielsombroise, certainement, avec ton voile soigneusement rabattu sur tes cheveux et le bas de ton visage, et ta pelisse doublée qui révèle le transparent de la robe que tu portes.
L’envie, pourtant, ne s’est jamais dissipée.

Tu es pratiquement décidée à entrer, la main sur la poignée, lorsqu’une voix derrière toi entame… quelque chose. Surprise, tu te retournes vers l’origine du cri de détresse, prête à voler au secours de l’innocent ainsi torturé, mais… personne. Si ce n’est un jeune homme brun, au claquement de doigts enthousiaste. Ton minois se fait intrigué, par ce petit à la voix affreuse qui te désigne insolemment du doigt, traçant même le contour de… de tes formes ? Ou, peut-être pas. Tu n’es pas aussi menue que la demoiselle qu’il dessine de ce même doigt. Ou, est-ce vraiment à toi qu’il s’adresse, pris dans cette étrange transe ? Tu peines à dire s’il chante, ce jeune homme, ou s’il est possédé par un quelconque esprit, ou innocente victime d’une crise de folie. Tu es Cielsombroise : rien ne te surprend, en ce sens, et à l’accent du jeune homme, tu devines qu’il vient des mêmes landes que toi. Seulement, ces vers... doux Aïon, comment peux-tu donner à certain tant d’inspirations, et à d’autres que les miettes de ton talent ? Tu t’approches prudemment de l’inconnu, comme si tu craignais qu’il t’attaque. Il ne remarque pas ton avancée. Une transe, oui, c’est sûrement ça.
La surprise s’est muée en amusement et lorsque tu t’immobilises, bien proche de lui, tu peux détailler chacune de ses taches de rousseur, sans même qu’il s’en soit encore rendu compte. Et lorsqu’il le fait, ho ! Tu dois te retenir d’éclater de rire, et tu es incapable de retenir un sourire d’étirer tes lèvres et de remonter jusqu’à tes yeux. « Que voulez-vous dire, par “c’est à Lorgol qu’il ressemble” ? Qu’il est ouvert à tous ? Puant et douteux ? Changeant et plein de promesses ? Impitoyable, tu remets en doute son choix de rimes et de mots, mais ta voix claire est douce, un peu attendrie. Tu te revois, à son âge - tu étais encore pire que lui. Étais-tu déjà mariée, même ? Je crains que ce choix de terme soit un peu trop ouvert à interprétation, si vous désirez charmer quelqu’un avec ce… poème. Peut-être voudriez-vous que j’invoque Aïon en votre faveur ? » Tu refuses ce qualifier cela de chanson, et ce qui l’accompagnait, de musique. La simple idée que cet assemblage maladroit de bêtises pourrait être qualifié de chant est à faire frémir même le plus débutant des musiciens.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mar 12 Déc - 17:33

Cielsombroiserie devant moi ! La belle en cuisse que j'avais désigné était d'un charme époustouflant à faire couler de l'encre et bien plus encore. Elle avait sans nul doute était béni sous Mirta à sa naissance, tout comme Ygraine d'ailleurs. C'était une femme mûre dont l’expérience de notre duché se lisait dans ses yeux, autant que dans sa façon de s'habiller, de se déplacer avec élégance et dans sa manière de parler avec velouté. Si Ygraine, ma douce, n'avait pas déjà assiégé mon cœur et catapulté son image sur mes mirettes, de cette belle inconnue, j'aurais volontiers combler les douves de mon palais intérieur de sa présence et de son odeur.

Je restais muet par sa présence et par le malentendu cuisant que j'avais pu provoquer, mais loin de s'en offusquer et de me mettre mal à l'aise, elle me fit réfléchir. La réflexion n'était pas ce qui manquait chez moi et je mis rapidement en question ce qu'elle avait pointé d'un doigt plus délicat que le mien plus tôt, grossier, sur sa silhouette. Lorgol pourtant avait des qualités indéniables.

« Mais Lorgol et ses tours magnifiques me rappellent tellement ses jambes effilées qui ne cherchent qu'à être parcouru pourtant. » Et j'en gloussais comme une poule à imaginer la suite. Je poussais mon sans-gêne à jeter un coup d’œil vers les siennes et tout rouge de pensées d'Ygraine, je complimentais. « Les vôtres aussi ont l'air pas mal, ma dame. »

Pas mal... juste pas mal... c'était un mensonge, elles étaient plus que ça, mais je ne pouvais faire agir mon charme fou sur une autre avant d'avoir atteint ma cible. Cible qui devait se méprendre complètement à mon sujet. Et je me sentis soudain abattu par le poids de ma propre bêtise. D'un nouveau regard, presque implorant, à la somptuosité devant mes yeux, je repris en laissant retomber mes fesses sur le banc.

« Le pourriez-vous ? Invoquer Aïon je veux dire ou même Aïda. Si seulement c'était possible ! Si seulement, mais je gardais petit espoir que peut-être ses mots m'aideraient davantage. Je demandais même au passage, d'une grimace critique face à ce qu'elle dirait déjà. C'était si horrible que ça ? Vous avez tout... entendu ? Même mes vers sur ses courbes et ma croupe ?  » Peut-être avait-elle raté cela ! Peut-être que mon talent n'était pas si caché que ça en matière de poésie !

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Ven 22 Déc - 19:03

Le malaise est bref, entre vous deux, chargé de tes reproches et du silence gêné du mauvais poète pris en flagrant délit de massacre de votre belle langue, sans parler d’attaque à l’art noble du chant. Il sort rapidement de son mutisme : « Mais Lorgol et ses tours magnifiques me rappellent tellement ses jambes effilées qui ne cherchent qu'à être parcourues pourtant. » Tu supposes que l’argument est valable, mais sans précisions, il reste que les termes employés sont trop vagues pour être de véritables compliments. « Les vôtres aussi ont l'air pas mal, ma dame », complimente le petit dans un gloussement qui te fait cette fois tout à fait rire, dans quelques notes plus musicales que toutes ces précédemment sorties de la bouche de ton vis-à-vis. Quelle vivacité d’esprit ! Pour ainsi parler sans gêne, et presque sans rougir, des choses de la chair, et avoir un tel désir du maniement du verbe, il est probablement issu de ton duché, ô grâce infinie accordée par les dieux. Une raison de plus pour toi de t’attendrir sur ses piètres tentatives poétique et de te rappeler tes propres vers de misère, esquissés au même âge.

Il se laisse tomber sur le banc, visiblement défait. « Le pourriez-vous ? Invoquer Aïon je veux dire ou même Aïda. Je suis protégée d’Alior, j’invoquerai qu’elle apporte sur vous les faveurs de ses frères et de ses soeurs. » C’est ainsi que ta marraine t’a baptisée, appelant sur ton front les grâces des frères et soeurs des Sports et des Arts, enfant de Bohème placée sous la tutelle de l’Adroite. Ton offre est généreuse, tu la fais comme si tu étais la déesse elle-même, et sincère.

« C'était si horrible que ça ? Vous avez tout... entendu ? Même mes vers sur ses courbes et ma croupe ? Tristement », te désoles-tu. Le voile cache ta grimace, mais celle que le jeune homme a esquissé y ressemble fortement. Tu t’assis sur le banc, juste à côté de lui, tes yeux sombres fixés sur la luxueuse vitrine devant vous. Tes voiles et robes attendront bien quelques minutes. Ou même demain. « Ce n’était entièrement terrible. Comme le rouge aime l’automne, c’est joli. Un peu de travail sur ces vers et je suis certaine qu’ils sauront toucher le coeur de celle, ou celui, qui les inspire avec tant d’enthousiasme. »

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mar 26 Déc - 17:25

Aucune remarque sur ma comparaison entre les tours somptueuses de Lorgol, la fière, et les jambes effilées des douces. Je pouvais en déduire que cela plaisait au moins moyennement. En tout cas, mon compliment et mon coup d’œil à la limite du lubrique et du complètement déplacé, eux, avaient fait mouche car la belle des lieux s'était mise à rire de façon fort joli pour les oreilles. Je pouvais à coup sûr trouver de quoi relier belle et oreille avec émerveille et groseille ou pareil.

Que rigole la Belle
Que jouissent mes oreilles
Qu'aucune à son pareille
Que je m'émerveille.

Hum. Moyen. Beaucoup trop moyen. Il y avait de l'idée, le compliment était là, mais je doutais que cela lui plaise à entendre. Si je n'étais déjà pas convaincu, que dirait-elle en ce cas. De plus, si je lui disais cela, ne penserait-elle pas que je lui faisais la cour ? Je n'avais pas dans l'idée de l'offenser en lui indiquant le contraire ou même en lui proposant des choses sans plonger dans l'émotionnel (je serais le premier à tomber amoureux sinon) sans compter qu'elle pourrait se venger sur Ygraine ! Un combat entre femmes mûres se dessina dans mon esprit, puis un autre d'un genre différent ; excitant. Je secouais la tête vivement. Que d'imagination sous ma chevelure, je me faisais des sueurs froides et des sueurs chaudes tout seul, comme un grand.

Acculé par les malentendus de plus en plus nombreux, je m'étais rassis sur le banc. Défaitiste, négatif, mais une pointe de positive attitude s'acharnant à paraître, je lui avais demandé si les invocations pouvaient se faire. La réponse me fit simplement hocher la tête de haut en bas et tourner des pouces. C'était mieux que rien, mais la mention des sœurs me laissait perplexe quand je songeais aux miennes. La famille. Ah ! Me plaindre à l'inconnue ? Non. Cela ne se faisait pas, bien que je faisais sans doute pire en lui paraissant comme un chiot à l'abandon. Maîtresse ? Pourrai-je l'appeler maîtresse à la fin de notre échange ? Tout sens compris ? Je secouais de nouveau la tête comme un idiot possédé. Je devais revoir l'ordre de mes priorités.

D'abord : Ygraine. Expérience. Poésie. Manger. Conversation. Famille. Amis. Écrire. Dormir.
Ensuite : Étudier. Travailler. Malentendus. Déjections. Monsieur l'Adroit et Liry Mac Lir.


Je claquais de la langue avant de me mâchouiller un peu la lèvre de mécontentement. Belle grimace non dissimulée, impossible de la cacher, malheureusement. Elle confirmait avoir tout entendu et c'était d'une telle tristesse qu'elle devait s'asseoir pour reprendre goût à la vie en ma présence. Cela dit, je me frottais les mains en entendant la suite. Il y avait de l'espoir donc ! Et elle sentait l'enthousiasme qui m'habitait. Loin de m'offusquer qu'elle mentionne qu'il s'agisse d'une femme ou d'un homme, sans même prêter attention au sexe à dire vrai, je repris à sa suite.

« Ygraine. Elle s'appelle Ygraine. » Et d'un battement de cils rêveur je portais de nouveau un regard vers la vitrine de vêtements. Je devais la découverte de son prénom à ma persévérance et à mes recherches face à Lancelot l'Adroit. « Toutes les couleurs sont presque fades à côté d'elle. Elle est si belle vous savez. » Je poussais un long soupire avant de tirer la grimace et de retrousser le nez. « Mais je suppose qu'elle suppose que loin de l'aimer elle, j'en aime un autre. Sale situation. J'ai perdu tout contrôle de mes mains et je l'ai touché après avoir discuter de dragon et de responsabilité à prendre. Lui... pas elle, mais devant elle. Ah. On peut difficilement faire pire je pense. » Et c'était pas peu dire, à moins que la belle d'à côté eu aussi connu des expériences désastreuses... « Avez-vous jamais eu pareil malentendu ou vécu situation similaire ? »

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mer 3 Jan - 6:36

« Ygraine. Elle s'appelle Ygraine. » Ygraine. Le prénom chante Sombreciel et ces histoires chevaleresques, grandiloquentes, dramatiques, que votre peuple aime tant. Tu les connais toutes sur le bout des doigts, lettrée que tu es. Ygraine la voyante, Ygraine la désirée, Ygraine celle qui ignore et qui pourtant donna naissance au roi des rois. « Toutes les couleurs sont presque fades à côté d'elle. Elle est si belle vous savez. Je n’en doute pas », soupires-tu, presque aussi énamourée que le jeune homme, alors que tu tentes d’imaginer à quoi ressemble la demoiselle qui ignore tout l’amour qu’elle génère sans même le savoir. Les prénoms sont prophétiques, à leur façon. Tu appuies ton menton dans ta paume, le regard toujours tourné vers la luxueuse vitrine. Il l’imaginait probablement tourner et tournoyer dans les élégantes toilettes que vous pouvez apercevoir, d’où vous êtes. Tu comprends même mieux l’urgence du poète en herbe de se lancer dans une sérénade de pratique, afin d’exprimer tout cet amour qu’il ne peut contenir en son seul coeur. Ah ! Ce temps si beau, si merveilleux, que celui des premières amours !

Tu ne vois pas le nez retroussé de ton camarade imprévu se froncer, mais tu entends bien le déplaisir de sa voix alors qu’il entame une nouvelle histoire : « Mais je suppose qu'elle suppose que loin de l'aimer elle, j'en aime un autre. Sale situation. J'ai perdu tout contrôle de mes mains et je l'ai touché après avoir discuter de dragon et de responsabilité à prendre. Lui... pas elle, mais devant elle. Ah. On peut difficilement faire pire je pense. » Tu fronces les sourcils, pour tenter de comprendre le malentendu, expliqué d’une façon suffisamment brouillonne pour que ton esprit s’y perde pendant quelques secondes. Par le divin boulier d’Asil, c’est de cohérence dont il a besoin, ce garçon, avant d’être béni de l’inspiration poétique d’Aïon ! La lumière se fait toutefois dans ton esprit et le quiproquo t’amuse, plus qu’il te désespère. Plus qu’il le désespère, surtout, pauvre enfant perdu dans les affres de l’amour. « Avez-vous jamais eu pareil malentendu ou vécu situation similaire ? » Tu tournes la tête, cherchant dans ton esprit une expérience en effet similaire, un conseil à donner en regard de cela. Tu n’en as pas. Pas exactement. « Non, pas de ce type. Mais… mon premier époux était homosexuel, confies-tu avec un regard complice, le rire encore au bord des lèvres. Moi aussi, d’ailleurs, mais ça ne nous a pas empêché de nous marier ! » Tu as un rire affectueux pour Aurélien, ta main venant délicatement se placer au niveau de ton coeur. Ton cher ami, que tu ne manques jamais de visiter lorsque tu es à Euphoria. Sans lui, tu ne serais pas ce que tu es. Sans lui… tant de choses ne seraient jamais arrivées. « Il y a toujours moyen de dissiper ce malentendu, n’est-il pas ? Ce lui est-il un rival à écarter, ou un allié sur lequel compter ? Que nous puissions établir une stratégie claire, afin de séduire Ygraine. » Tu parles de la chose comme si c’était ta propre conquête, que tu planifiais avec autant de sérieux et d’ardeur. Comme si c’était Victorine, dont il était question en cet instant - et la simple pensée de la blonde Lame suffit à te sentir d’autant plus investie dans cette mission séduction. Tu te lèves d’ailleurs, conquérante : « Il y a un marchand d’eau-de-vie, non loin, droit vers les tours de Sombreciel. Il nous faut une poire ! » À emporter, à siroter devant la devanture, qu’importe ! Un verre d’eau-de-vie de poires, de la Bohème, c’est ce dont vous avez besoin pour réfléchir convenablement à cette aventure. Tant pis pour les voiles !

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mer 3 Jan - 17:06

Ygraine. Ce prénom résonnait en moi-même sans que je m'en lasse. Nulle migraine à vanter sa beauté, aucune à répéter son prénom, non plus à l'observer travailler ou à l'imaginer dans mille et une robes de tissus et couleurs différents. La merveille des merveilles, que même sans l'avoir vu, la jolie dame approuvait. Le prénom et mes expressions à la chanter devaient être amplement suffisant pour lui donner une vague idée de la perfection qu'elle était. Encore que nul compliment n'aurait su lui rendre justice au final.

Malheureusement, lancer des fleurs, des poèmes ou des chants lorsqu'il y avait malentendu, ne risquait pas de faire grand chose comme effet. Et j'y étais plongé jusqu'au cou. Je maudissais Lancelot l'Adroit pour ces derniers autant que je le remerciais pour m'avoir fait découvrir sa belle vendeuse. J'avais grand besoin si pas de réconfort ou de compassion, de formidables conseils. Mes grands yeux posés sur la cielsombroise, j'attendis avec le mince espoir de ne pas être le seul incompris. Et lorsqu'elle répondit, je troquais rapidement ma déception contre la curiosité.

« Vous étiez donc un couple extrêmement libre. » L'homosexualité n’empêchait pas de goûter à la chair d'une personne de sexe opposé, mais peut-être y avait-il moins de passion dans ce genre d'ébat. Et elle, avait-elle découvert sa préférence en partageant le lit de monsieur ou pas du tout ? Comment cela s'était-il passé ? J'étais curieux et sans doute indiscret, mais la question me brûlait les lèvres de connaître sa situation actuelle. Pris de court, elle avait poursuivit et je me remis à songer à ma situation.

« Il n'est ni rival, ni allié, c'est son frère, et il m'a autant en horreur que moi le concernant... sauf que j'ai quand même de l'admiration à son égard. » Oui, tout comme le prénom de ma dulcinée, j'avais fini par découvrir le lien entre ces deux là, non sans mal ou déni de ma part au début. Je soupirais avant de me demander quoi, en la voyant se lever comme une statue prête à captiver la foule. Elle n'était point statue, mais elle avait le même pouvoir, j'en étais convaincu. Elle réclamait de l'eau de vie, et une poire, de l'eau de vie de poire donc. J'arquais un sourcil avant de me lever également.

« En avant ! Vers l'infini et au delà ! » Plantais-je sans grosse réflexion, décidé à la suivre, en levant un bras en avant et en pointant la direction prisée. De l'eau de vie de poire... Je n'en avais jamais goutté ! Ou alors j'avais été bien trop assommé et jeune pour m'en rappeler. Je prenais l'habitude depuis peu de prendre un verre d'une petite vinasse tout juste passable, ou un verre de bière aussi goûteux que de la pisse de chèvre, mais à quatorze ans je n'abusais clairement pas ou n'en avais pas vraiment l'opportunité. Seul fumer la pipe chez Théodore relevait un peu la gamme de produit de luxe que je rencontrais de mon duché.

Et la question fusa enfin, à peine parti.

« Vous avez indiqué que votre premier époux était homosexuel, il y en a donc eu d'autre, vivez vous depuis avec une femme ? »

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mer 10 Jan - 5:06

« Il n'est ni rival, ni allié, c'est son frère, et il m'a autant en horreur que moi le concernant... sauf que j'ai quand même de l'admiration à son égard. » Un frère. Sans position claire, mais dont le ressentiment personnel a certainement une influence. Il ne risque pas de glisser un bon en la faveur de ton nouveau petit protégé, celui-là… à oublier. Ou à mettre ailleurs dans le plan que tu as décidé d’élaborer, et que vous mettrez au point tous les deux une fois bien attablés devant un alcool comme il se doit.
L’exclamation du jeune homme t’amuse, vous donne l’allure de deux aventuriers en pleine maraude. Tes enjambées sont longues, conquérantes, et vous progressez rapidement sur les pavés froids de Lorgol. Les talons de tes bottes claquent à la ronde, contre les vitrines superbement apprêtées des boutiques de la Ville Haute, et tu gardes tes yeux sur votre objectif. Si tu commences à t’attarder à toutes les merveilles exposées, vous ne réussirez jamais à vous rendre. « Vous avez indiqué que votre premier époux était homosexuel, il y en a donc eu d'autre, vivez vous depuis avec une femme ? » Ta nuque se raidit un peu, mais se détend bien vite. Il est vrai que tu as parlé ainsi. Il serait bien malvenu de le corriger, ou de le rabrouer, alors que sa curiosité est la conséquence de tes propres paroles. Tu restes silencieuse quelques secondes, à la recherche des mots justes. « Il y a longtemps que ma seconde épouse a rejoint les landes du Sans-Visage », dis-tu simplement, sans t’attarder à la triste histoire de Solène, sans non plus laisser d’ouverture au jeune homme pour qu’il te questionne à ce sujet. Ce qui a fait basculer ta vie, chamboulant tout ce que tu connaissais. Croyais connaître. Tu n’as plus de peine, tu n’as plus de larmes, pour cette femme que tu as tant aimée, mais tu vis ta revanche à chaque instant. Tu sers la mort qu’elle a embrassé, et tu la sèmes avec rigueur. « J’ai appris à aimer à nouveau, depuis. Je suis, à ma façon, dans la même position que toi. Éprise d’une femme qui ne partage pas les mêmes tendres sentiments. » Tu soupires. La belle Victorine, couronnée de soleil, a su se faire une place dans ton coeur, mais c’est bien à sens unique. Pour le moment. Tu n’as pas l’intention de le laisser décourager si facilement ! À défaut de l’amour, tu sauras bien la tenter vers les plaisirs de la chair, et de là… tout pourrait si rapidement débouler vers autre chose, n’est-ce pas ?
Tu pousses la porte de La Belle Hélène, du nom d’un fabuleux opéra de Sombreciel. À l’intérieur, l’ambiance feutrée, saturée de fumées lourdes et odorantes, te met immédiatement à l’aise. Suffisamment pour que tu retires l’épingle qui retient ton voile et que celui-ci se déroule sur tes cheveux, révélant tes mèches sombres. D’une poussée, tu diriges le jeune homme vers une table, où tu t’installes avec autant de grâce que si tu étais la reine des lieux. « Je régale, jeune poète. En échange de ton nom, cela dit. Il suffit de se parler comme des inconnus. Tu lui tends ta main à serrer. Ou à baiser, selon ce qu’il lui semblera approprié. Hermine. »

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Jeu 11 Jan - 18:06

Ma curiosité glissait, volait, roulait sur les pavés que nous laissions derrière nous. Elle n'avait de limite que celle que mon interlocuteur lui donnait – et encore, je savais me montrer tenace. Sauf qu'ici, je me voyais mal insister en ce sens et pour cause : « Il y a longtemps que ma seconde épouse a rejoint les landes du Sans-Visage » Elle avait répondu, mais la réponse était d'une telle tristesse, que je préférais ne pas la calculer. Ygraine ne partirait pas avant moi, c'est tout ce qui me traversait l'esprit à propos des landes du Sans-Visage dont il était question. Ma bouche émit cela étant un pauvre « Oh » à la limite du mal à l'aise et de la compassion. Lui demander comment et pourquoi n'aurait fait que faire fuir la belle, et pourtant j'étais du genre à poser mon nez partout, fouineur l'Escampette.

Quoiqu'il en soit, elle ne me donna pas l'occasion de creuser le sujet, partant sur une autre cible du cœur qui me fit tourner les yeux vers elle à la recherche de son regard. « J’ai appris à aimer à nouveau, depuis. Je suis, à ma façon, dans la même position que toi. Éprise d’une femme qui ne partage pas les mêmes tendres sentiments. »  Même position que moi, il y avait malentendu de son côté aussi ? C'était cela qu'elle voulait dire ? Je repoussais mes questions de quelques minutes car nous venions d'atteindre le lieu de son choix. Le temps qu'elle se mette à l'aise et que j'en fasse autant, je reprendrais sur le sujet. Tout était noté, consciencieusement, méticuleusement dans les armoires et rayons qui grouillaient sous mon crâne. Je ne risquais pas de louper de lui demander.

Je ne m'étais pas trompé sur la belle, elle était d'une élégance à couper le souffle. Elle dû d'ailleurs me pousser et me diriger pour que j'arrête de la regarder bouche bée. Je ne m'étais pas trompé non plus sur le fait que comme une statue elle s'appropriait l'attention et la place. Ici, elle était on ne peut plus mise en valeur. C'était comme si la pièce, cette endroit, La Belle Hélène, avait été conçu pour l’accueillir. Elle était reine des lieux, je faisais office de bouffon à côté. Et si bouffon j'étais, je me devais de faire plus que jouer le jeu un peu. À sa phrase et à son doux prénom, je me levais de ma chaise que j’avais à peine effleuré de mon fessier. D'une petite pirouette sur moi-même, je m'inclinais avant de lui prendre la main et de l'effleurer de mes lèvres. Un baise main, elle méritait au moins ça ! « Tim, Dame Hermine, pour vous servir. » Et je repris place à la chaise d'en face.

« Permettez-moi de vous dire, Dame Hermine, que ce lieu semble fait pour vous, mieux, vous embellissez l'endroit ! La femme que vous aimez a  bien de la chance... quel est son prénom ? Et quel malentendu y a t-il, pense t-elle que vous en aimez un autre ou une autre, vous aussi ? »

Et je portais mes coudes sur la table, mon menton soulevé et posé à la fois aux creux de mes mains tandis que le serveur venait prendre commande.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mer 7 Fév - 21:26

Ton compagnon du jour se lève d’un bond de sa chaise et avec une déférence des plus admirables, te gratifie d’un baisemain (dont tu es bien satisfaite - c’est ce que tu espérais, sans trop de secret). « Tim, Dame Hermine, pour vous servir. » Tim. Surnom, certainement. Il ne pourrait pas vraiment être nommé si… si simplement ! « Permettez-moi de vous dire, Dame Hermine, que ce lieu semble fait pour vous, mieux, vous embellissez l'endroit ! La femme que vous aimez a  bien de la chance... quel est son prénom ? Et quel malentendu y a t-il, pense t-elle que vous en aimez un autre ou une autre, vous aussi ? » Tu affectes une expression faussement modeste, à ses compliments qui ne font qu’accentuer ta fierté. Tu profites de cette moue charmeuse pour réfléchir à la réponse à offrir au gamin, qui lui t’a offert tant de sincérité dans son malheur amoureux. Mentir entièrement ne serait pas juste, et la Sombre Mère sait bien que ses enfants attachent une importance toute particulière à la justice. « Victoire. » C’est presque cela. Suffisamment semblable pour que tu ne me trompes pas, en évoquant la belle, et suffisamment différent pour ne pas trahir l’identité de l’Assassin. Tu ne sais pas, après tout, qui est vraiment ce jeune homme, et tu ne veux pas qu’il apporte un quelconque malheur sur la Confrérie Noire et ses ouailles. Ce serait fâcheux, et ce serait dommage de devoir tuer Tim en cas de problèmes, même si nécessaire. Puis, de ce mot, peut-être peut-il imaginer celle qui le porte ? Voir un peu de ce port de tête fier, de ce regard farouche et décidé, de ces traits calmes et de ce sourire, si rare à ton intention, qui sait ravir les coeurs.

D’un geste du doigt, tu hèles le serveur, afin qu’il vienne prendre votre commande. Tu ne laisses pas le gamin choisir son propre breuvage et tu vous demandes chacun un verre d’une eau-de-vie de poire, que tu payeras sans sourciller lorsque votre entretien urgent sera terminé. Tu attends qu’il soit reparti, avant de te confier à ton nouveau camarade : « Je lui ai envoyé quelques-uns de mes poèmes, inspirés d’elle comme on s’inspire de la Muse, mais un instant de couardise m’a empêché de les signer de mon nom. Victoire a moult qualités, mais son principal défaut est probablement d’être du duché de la Guerre et d’en porter les préjugés à propos des amours entre femmes. » Ce que son Ygraine n’a pas, elle le sait d’ores et déjà. Un petit soupir, des plus déçus, face à cette fatalité, ce coup du Destin. Être sourde et aveugle à cette part de l’amour, la détester, même, s’en retrouver dégoûté, est d’une telle tristesse ! Bénis soient les enfants de Sombreciel, de grandir dans une telle ouverture d’esprit ! « Je les ai signé du nom de Gauvain, avec sans doute l’espoir que je saurai puiser dans sa légende la force nécessaire d’un jour avouer mon mensonge. »

Tu en es encore incapable.

On vient déposer à votre table deux verres au col évasé comme la corolle d’une tulipe, contenant une liqueur d’un or si sombre qu’il en est cuivré, qui flotte paresseusement dans le fin cristal travaillé. Un rayon de soleil liquide à déguster, à savourer, dont le parfum déjà monte à tes narines. Ton odorat est fin, travaillé par le poison à reconnaître à vue de nez, et tu sais déjà que vous vous régalerez. « J’espère, Tim, que tu sauras apprécier ce délice. » Comment ne pourrait-il pas ? Tu prends le pied de la coupe entre tes doigts et humes prudemment les arômes qui s’en échappe, puis tu en dégustes la plus infime des gorgées. Point besoin de plus, avec cet alcool puissant, pour en percevoir le goût frais de la poire, le moelleux du caramel, l’amertume délicate du confit, le piquant de l’alcool. Ton fruit préféré, ça n’a pas changé.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Sam 10 Fév - 17:39

Victoire.

C'était un prénom fort à porter. C'était un prénom qui mettait au défi. C'était un prénom qui refusait l'échec. Victoire était le combat d'Hermine qu'elle devait défaire. D'une bouche bée et d'un regard légèrement déviant vers le plafond je me mis à imaginer la dame de son cœur. Je la voyais blonde et élégante, aux lèvres rosées et à la peau blanche. Parfumée d'une odeur de rose du matin, je l'imaginais aussi avec de grands yeux bleus couleur d'un espace qu'elle cherchait à conquérir et avec un long cou distingué pour l'aider dans sa conquête des cieux. Elle devait porter de jolies robes en tout cas, sauf si guerrière dans l'âme elle cherchait à défendre son peuple. Victoire était-elle Voltigeuse ou Chevaucheuse ?

« Victoire. » Répétais-je en reposant mes mirettes sur la dame enchanteresse. « Ce doit être quelqu'un de fort avec un tel prénom. Élégante et ravissante également pour avoir capturé votre attention. » Je faisais des oui oui de la tête pour affirmer l'image que je lui donnais tandis qu'elle commandait pour deux la fameuse eau-de-vie de poire. Je ne manquais pas de noter le coup d’œil pincé derrière la jolie à mon égard. Je pouvais peut-être passer pour un jeune frère en pleine rébellion, il y avait après tout un gouffre de différence côté vestimentaire. Mais comme il y avait un gouffre, il y avait aussi un pic de charme entre nous qui n'avait pas raté au serveur. Si j'étais frère, j'étais une honte à dissimuler, alors ça ne passait sans doute pas. Quoiqu'il en soit, c'était comme ça et je préférais laisser les pensées des autres... aux autres. Pour l'instant. J'avais suffisamment à penser pour moi-même.

Lorsqu'elle reprit, indiquant pour les poèmes et la signature puis pour le duché de sa belle, je ne pu cacher une grimace. C'était pire que je pensais. Moi, j'avais la chance dans mon malheur qu'Ygraine  soit Cielsombroise – elle était sœur de Lancelot l'Adroit après tout. J'avais donc une chance côté ouverture d'esprit, chance qu'Hermine ne partageait pas. Victoire n'était pas un défi à gagner, c'était une guerre. J’espérais qu'elle trouverait la force de surmonter cela dans cette légende mentionnée, je trouvais en tout cas l'idée romantique et poétique plutôt que pur mensonge en sa signature. C'était de la passion que je lisais dans son geste, un feu ardent qu'elle tentait d'apaiser de peur de brûler l'élue de son cœur.

« Vous pouvez rater des batailles, mais vous ne perdrez pas la guerre, j'en suis convaincu ! Je connais un Belliférien qui a fuit, en quelque sorte, son duché. Et ça me peinait de réaliser que je songeais au boucher. Et je connais aussi une Belliférienne qui est devenue Voltigeuse malgré tout ce que l'on dit. Je suis dès lors peeeersuadé que vous avez vos chances ! » Et j'étais sincère et sans doute naïf, mais pouvait-on me le reprocher de l'être à 14 ans ?

Le serveur revint poser la commande et j'observais le conteneur autant que le contenu. C'était joli. Je pouvais presque sentir les fleurons qu'elle aurait a payer pour ça. D'un coup d’œil sur elle, je pris soin d'imiter ses gestes. La coupe n'avait malheureusement aucune classe dans ma main. Et mon reniflement, fort grossier, pour sentir le breuvage ne fit que m'irriter les narines. Ça sentait bon, mais ça piquait également comme je m'y étais attendu ou presque. Et prudemment j’avançais mes lèvres, et prudemment j'en pris une gorgée qui me fit cligner des yeux avant de me brûler la gorge une fois avalée dans la précipitation.

« Ça arrache. » Fis-je à la limite du souffle coupé avant de révéler choqué par la qualité : « C'est loin de la petite binouze de Gratte-Cul et de la vinasse un peu clairette de la Taverne de Rose. On est dans la qualité là, complètement. » J'en disais trop sans doute. Et j'en repris un peu, doucement cette fois, frissonnant un peu, appréciant davantage la saveur. « Un jour j'en offrirais une coupe aussi belle et pleine à Ygraine. » Un jour, j'en étais certain. Et si j'avais les moyens, je partagerais même ce plaisir avec ma famille et mes amis.

« Auriez-vous un poème sur les lèvres à partager ? » Si ça pouvait me donner un exemple de la subtilité que je manquais c'était tout bon, mais peut-être que ses poèmes et ses mots étaient de nature sacrée et privée.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Jeu 1 Mar - 5:30

Oh, s’il savait son élégance ! S’il savait sa force ! S’il savait sa grâce ! Victorine est son véritable nom, comme pour minimiser la grandeur du nom qui aurait pu être le sien, et pourtant ! Elle vainc, la belle blonde, forte, gracieuse, élégante, les lames à la main, le sang sur ses doigts. Elle vainc, et elle règne. « Vous pouvez rater des batailles, mais vous ne perdrez pas la guerre, j'en suis convaincu ! Je connais un Belliférien qui a fuit, en quelque sorte, son duché. Et je connais aussi une Belliférienne qui est devenue Voltigeuse malgré tout ce que l'on dit. Je suis dès lors peeeersuadé que vous avez vos chances ! » Qu’on te supporte dans cette entreprise, que d’autres plus raisonnables qualifierait certainement de folle, te conforte dans tes choix. Vous pouvez comprendre le refus, vous Cielsombrois, et forcer qui que ce soit est aussi mal vu que pas dans vos moeurs, mais on ne peut vous reprocher de tenter tout ce qui est en votre pouvoir pour arriver à vos fins… alors, qu’est-ce un petit mensonge, face à la grandeur des sentiments que tu éprouves ? Rien.
Une bataille de perdue, contre une guerre que tu comptes bien gagner.

Tu guettes le garçon, alors qu’il avance les lèvres avec précaution vers son verre, pour ensuite en boire une gorgée à peine plus grosse que la tienne. Suffisante pour le faire regarder sa coupe avec un air ahuri, proprement soufflé par ce qui lui a été révélé. « Ça arrache. C'est loin de la petite binouze de Gratte-Cul et de la vinasse un peu clairette de la Taverne de la Rose. On est dans la qualité là, complètement. » C’est… très loin des louanges que tu l’imaginais porter au breuvage que tu apprécies tant. Tu caches difficilement ta surprise, tes grands yeux sombres choqués devant ce langage vulgaire que tu ne pensais jamais entendre dans un lieu si chic, mais tu t’adoucis alors qu’il goûte à nouveau et qu’il déclare : « Un jour j'en offrirais une coupe aussi belle et pleine à Ygraine. » Le plus beau des compliments, certainement, à faire à un nectar venu des terres bénies de Mirta. « Auriez-vous un poème sur les lèvres à partager ? » Tu ne réfléchis pas longtemps, avant de ressortir un classique de ta mémoire, le récitant de ta voix grave et posée, ton visage affirmant une expression proche de la solennité :

« Votre bouche distille le nectar le plus fin
Doux comme le miel, enivrant comme le vin
À vos lèvres laissez-moi m’abreuver
Laissez-moi m’étourdir de vos baisers
»

Simple, sans trop de fioritures. Un message on ne peut plus clair, et pourtant, qui ne sait laisser de marbre. Qui donc ne serait pas flatté par des vers qui savent susciter l’imaginaire, en même temps que l’émotion ? Lever quelques rires faussement modestes, amusés, en plus de discrets frissons ? Tu prends une autre gorgée de ton verre, avant de non pas lui distiller des vers, cette fois, mais des idées - une inspiration : « Si tout est fade, à côté de votre Ygraine, parle-lui des automnes dont les couleurs ne savent rivaliser avec le rose de ses joues. Parle-lui des alcools qui eux-mêmes ne peuvent rendre aussi gris qu’un seul de ses sourires. Vante son rire, qui rend discordante les plus belles musiques, et la valse de son pas, qui fait oublier que d’autres danses existent en ce monde. Tu poursuis sans t'arrêter, d'un souffle inspiré par tes propres mots. La nature et les dieux ont mis tant de choses desquelles s’inspirer, afin de charmer l’être convoité. Il ne faut pas hésiter à y trouver l’inspiration, et ensuite y mettre le rythme, le souffle, afin d’y forger des créations uniques. L’important, néanmoins, c’est le coeur. Une rime boiteuse, une voix hésitante, pourra toucher, si elle est sincère. » Tu as posé ta main sur ton coeur, au moment où tu as prononcé ce mot, et ton sourire s’est fait vrai. Ceux qui aiment savent excuser les maladresses, si celles-ci ne sont point faites de malice, mais d’honnêteté. Les vers les plus beaux peuvent être les plus froids, comme les plus maladroits les plus chauds.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Jeu 8 Mar - 21:38

Si j'avais été attentif et loin d'être stupéfait par le goût de l'eau-de-vie entrant en contact avec ma gorge, j'aurais sans doute remarqué que j'avais choqué la belle, mais ce ne fut pas le cas. Là, je restais prit de surprise, les yeux ronds, devant la coupelle et la couleur du contenu. Je m'imaginais bien en boire en tête à tête avec Ygraine, tout en la prévenant que le breuvage magique faisait souffler des mots bien outrageants si l'on n'y prenait pas gare et si l'on n'était pas préparé mentalement. Je m'imaginais bien aussi en boire en famille, peut-être face à mes parents le jour où je leurs indiquerais que j'étais dans la piraterie et non plus à l'Académie – cela serait sans doute tant effrayant que drôle.

Mirettes reposées sur la belle Hermine, gouttant plus doucement, laissant presque mes lèvres sur la coupelle, j’attendis de savoir si elle me permettrait d'entendre sa poésie. Je n’eus pas attendre longtemps, si tôt la question posée qu'elle ouvrit les lèvres pour poser vers tout en charme et classe. C'était beau et élégant, je manquais cruellement de raffinement à côté. Elle était gazelle quand j'étais éléphant. Ma mousse et ma croupe pouvaient être supprimés et oubliés, je devrais retravailler le tout pour ne pas effrayer l'élue, Ygraine, mais la rendre béate de mes mots.
Je n’eus rien à demander que la fidèle d'Aïon me livra conseils. Brillants conseils que j’acquiesçais. Je m'abreuvais d'elle d'une autre façon par rapport à son poème. Je m'inspirais complètement. Ygraine serait ma muse et Hermine mon mentor. J'étais plus motivé que jamais à reprendre ma plume et mon carnet lorsqu'elle eu terminé. Mon cœur battait presque d'ardeur à poser vers à mon tour. Mon expérience même sur l'Audacia et les mers pourrait sans doute me venir en aide dans mon imaginaire fécond – tant que je n'indiquais pas l'aspect piraterie... peut-être prendrait-elle sinon la poudre d'escampette Et Ygraine Et la belle d'en face.

« Je me sens plein d'entrain là et d'envie, dame Hermine ! Avouais-je après avoir reprit une gorgée et avoir déposé le verre, comme un remerciement pour ses mots, conseils, qui avaient fait mouche en moi. J'aime raconter des histoires et j'aime m'afficher. Fis-je honnêtement, en forme, vif. Mais peut-être devrais-je d'abord débuter sur papier et signer d'une lettre pour ne pas la brusquer ? Je suis vilain à côté, je n'avais pas honte de le dire, c'était la vérité et j'avais l'habitude de vivre avec, et j'ai peur qu'elle ne me prenne au sérieux à cause de mon âge. Auriez-vous quelques derniers conseils à me prodiguer la dessus ? » J'étais tout feu tout flamme d'être paré à briser la glace et à crever l'écart qui me séparait de ma douce – et peut-être que l'eau-de-vie aidait également à me rendre chaud bouillant.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Ven 30 Mar - 19:29

Tu t’emportes dans les conseils soigneusement distillés aux oreilles attentives de Tim. La poésie est l’art que tu caresses depuis toujours, depuis que ton père t’a montré à lire et à écrire, et tu ne peux pas laisser une âme en perdition abîmer ainsi le don d’Aïon. Surtout un Cielsombrois ! Les enfants de Mirta sont sensibles aux merveilles du langage, des phrases soigneusement ciselées et des tirades enflammées, et tu imagines bien mal cette Ygraine ne pas y prêter oreille et regard. pas alors que le garçon te la décrit avec tant d’amour. Et fort heureusement, ton emportement semble porter ses fruits, alors que ton camarade impromptu du jour te répond avec enthousiasme : « Je me sens plein d'entrain là et d'envie, dame Hermine ! » Tout ceci comme un remerciement, comme une victoire, et tu savoures encore un peu de ta liqueur pour te récompenser de ton intervention. Tu vas sauver les oreilles non seulement d’Ygraine, mais de tout Lorgol. Vraiment, quel doux hasard que tu sois passée dans la Ville Haute à ce moment-là !

« J'aime raconter des histoires et j'aime m'afficher. Rien qui te surprenne. C’est bien le propre des Cielsombrois. Mais peut-être devrais-je d'abord débuter sur papier et signer d'une lettre pour ne pas la brusquer ? Je suis vilain à côté et j'ai peur qu'elle ne me prenne au sérieux à cause de mon âge. Auriez-vous quelques derniers conseils à me prodiguer la dessus ? » Ta moue se plisse. Tu réfléchis à voix haute, un petit murmure pour toi-même, que tu accompagnes de liqueur de poire pour accélérer le rythme de tes pensées : « Il s’agit de lui montrer tout le sérieux de tes sentiments, afin qu’elle ne les balaie pas du revers de la main. » Plus facile à dire qu’à faire ? L’impossible n’est pas dans tes habitudes. Tu jauges d’un oeil critique le garçon devant toi, vilain petit canard faisant la cour à un gracieux cygne. Est-ce que sous le plumage peu avantageux, il se révèlera aussi être de la même famille que ces oiseaux splendides ? La mission semble être tienne. « Une lettre me semble appropriée. À signer de ton propre nom, glisses-tu avec autodérision. Elle sera charmée que tu aies pris de ton temps afin de lui écrire, de coucher quelques compliments à son égard et de t’intéresser à elle. Une correspondance continue, appliquée, est un engagement sincère qui saura certainement atténuer une différence d’âge qui pourrait la gêner. »

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Lun 2 Avr - 22:30

Je ne peux compter sur lui, mais sur elle je peux.
Bec dans l'eau, bouche dans l'eau-de-vie, j'étais là sur mes dernières questions en attente des derniers conseils à pleuvoir. J'étais plein de vigueur, mais j'étais taraudé aussi, assailli par des adversaires imaginaires et des embûches sur chemin dont j'étais le seul créateur pour l'heure. Je me demandais même, alors que la belle Hermine parlait pour elle, si je ne devrais pas plutôt songer à mentir à Ygraine au sujet de mon âge – d'un an ou deux seulement (si pas trois) pour paraître plus convaincant au moins. Le mensonge était mien après tout, comme de l'oxygène, il m'était vital et je ne pouvais m'y passer ou m'en lasser. Le mensonge était sans nul doute un trait de famille aussi. Restait à savoir s'il serait mon allié dans ma cour ou au contraire mon ennemi si pas le pire. Je ne pouvais pas en tout cas compter sur mon aspect, je n'avais pas le physique pour avantage et j'avais bien cessé de me demander 'pourquoi moi' les années filants. Et je n’espérais nullement me réveiller un jour transformé en beau prince d'Ibelene. Ma destinée succomberait surement à d'autres charmes moins superficiels de ma part, mais tout aussi tentants et dévastateurs pour son magnifique cœur.

Je suis, tu es, elle est et nous serons.
Nous serons un item si j'étais sincère. Et si je prenais le temps de lui écrire et de signer de mon nom. Je ne pouvais que boire et approuver en même temps le contenu de ses mots. Encore que je dû me retenir cela dit de lui proposer de suivre son propre conseil, mais mon regard avait dû transmettre le message de mes pensées l'espace d'une seconde. Pour le reste, je comptais faire comme la messagère d'Aïon le disait. Et je voyais déjà Ygraine ensevelie sous mes lettres... mais peut-être cela risquait-il de passer pour de l’acharnement barbare, non ?
« Ne risque t-elle pas cela dit de me trouver trop... envahissant ? Et intrusif à force de lui envoyer des lettres ? Vous imposez-vous une contrainte, vous ? Si je peux lui écrire tous les jours, je le ferais. Et de tout mon cœur. Mais j'ai peur que plutôt qu'être touchée elle se mette à hurler au harcèlement. » Cela serait possible et si ce jour arrivait... c'est Lancelot l'Adroit qui viendrait me trouver. Mise à part ça, l'eau de vie s'épuisait honteusement vite dans ma coupelle au contraire de la chaleur qui nourrissait de plus en plus mes joues.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Dim 8 Avr - 22:48

Tu espères de tout coeur que tes conseils avisés, mûris après des années d’expérience, sauront trouver une bonne oreille chez Tim. Ta sagesse amoureuse n’est pas à gaspiller. À travestir, peut-être, de quelques ajouts personnels… tant que ceux-ci ne nuisent pas à l’entreprise du garçon. « Ne risque t-elle pas cela dit de me trouver trop... envahissant ? Et intrusif à force de lui envoyer des lettres ? Vous imposez-vous une contrainte, vous ? Si je peux lui écrire tous les jours, je le ferais. Mais j'ai peur que plutôt qu'être touchée elle se mette à hurler au harcèlement. Signe positif de la tête. Une mèche sombre s’aventure devant ton visage, jusqu’à ce que tu la replaces d’une main. Crainte légitime. L’emportement et l’enthousiasme peuvent charmer, tout comme effrayer, et il vaut mieux vérifier de ce qu’il en est d’Ygraine, à ce sujet. » Ainsi que de la famille de cette dernière. Si son frère n’est ni allié, ni ennemi, il pourrait tout de même se révéler une épine dans son pied s’il venait à quasi harceler sa soeur chérie. Les velléités guerrières des Cielsombrois ne sont pas ce qu’il existe de plus terrifiant, mais vous avez un esprit retors qui sait parfaitement mettre en place une vengeance des plus terribles. Peuple entier, peuple de fureur et d’intensité, peuple à ne jamais sous-estimer.

Dans la liqueur dorée se cachent de nouveaux conseils, alors que tu y cueilles une nouvelle gorgée. La force de l’alcool s’est adoucie enfin, après ces quelques gorgées, et le nectar se fait velours dans ta gorge. Tes papilles engourdies, ravies. Tu pourrais en boire encore et encore, jusqu’à l’ivresse totale, si ce n’était de ta raison. Un soupir satisfait. Tu rectifies ta posture, sur ton siège, et poursuis la discussion : « Attends d’avoir une première réponse, avant de poursuivre. Sa réponse sera un signe de son intérêt, qu’elle accepte cette relation épistolaire. Le consentement : ce qu’il y a de plus beau et de plus séduisant, dans une relation. Même aussi discrète, aussi distante, que celle qui se déroule par le biais du papier. Pas plus d’une lettre par semaine, afin de ne pas l’ensevelir si certaines tardent à se rendre à destination. Tu peux écrire ta réponse dès la sienne reçue, mais tente d’attendre cinq jours avant de l’envoyer. Si attente il y a, ce n’en sera que plus délicieux. Se languir fait certainement partie du plaisir. Là, l'imagination s'enflamme encore davantage et permet à l'inspiration de fleurir, dans la tension de l'attente et du désir, mêlés dans un sentiment aussi délicieux que tortureux. Tes plus beaux mots naîtront alors que tu l'imagineras répondre à tes lettres, alors que tu craindras ses phrases perdues à travers le continent, alors qu'à chaque jour viendra l'espoir de la lire. » Emportée, une nouvelle fois, dans le tourbillon enthousiaste de la poésie et de l'amour, ta voix chaude et grave résonne dans à La Belle Hélène.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Mar 10 Avr - 17:58

Mes craintes étaient légitimes ; malheureusement. Quant à ce qu'il en était d'Ygraine, je n'en savais encore que trop peu, pas grand chose si pas rien du tout à son sujet. Après tout, c'était l'amour au premier regard avec ma belle. Un amour à sens unique pour l'instant, mais que j’espérais un jour épanoui malgré nos années de différence. Quelques années, pas plus de cinq certainement à mes yeux en tout cas (huit en réalité).

Ainsi, afin de mieux la comprendre, la saisir, je devais me mettre en tête de l'observer – chose que j'aurais moult occasion de faire en nettoyant la devanture de la boutique pour Lancelot l'Adroit ! Quel veinard je faisais. J'avais eu le nez pour flairer ma chance en allant Aux Merveilles Adroites ce jour là. Ma chance et mon amour. Et les difficultés qui allaient avec.

Je méditais déjà sur le contenu de ma première lettre enflammée – ou non, mais je repoussais mon écriture et mes idées naissantes à plus tard lorsque l'envoyée d'Aïon reprit. Attends d’avoir une première réponse, avant de poursuivre. Sa réponse sera un signe de son intérêt, qu’elle accepte cette relation épistolaire. Et si il n'y avait aucun signe ? Et si elle refusait tout simplement un échange ? Que devrais-je faire en ce cas ? Nouvelle fournée d'incertitudes alors que la merveille de La Belle Hélène poursuivait sur sa lancée. Pas plus d’une lettre par semaine, afin de ne pas l’ensevelir si certaines tardent à se rendre à destination. Tu peux écrire ta réponse dès la sienne reçue, mais tente d’attendre cinq jours avant de l’envoyer. Si attente il y a, ce n’en sera que plus délicieux. Se languir fait certainement partie du plaisir. Là, l'imagination s'enflamme encore davantage et permet à l'inspiration de fleurir, dans la tension de l'attente et du désir, mêlés dans un sentiment aussi délicieux que tortureux. Tes plus beaux mots naîtront alors que tu l'imagineras répondre à tes lettres, alors que tu craindras ses phrases perdues à travers le continent, alors qu'à chaque jour viendra l'espoir de la lire. »

« Qu'est ce que vous parlez bien. Je ne pouvais que m'enchanter au final de son discours. Mon coude avait légèrement glissé sur la table et mon menton se trouvait posé dans ma main, quant à l'air que j'affichais, il était admiratif de tout ce savoir amoureux et passionné dont elle me faisait grâce. Si je parlais avec autant d'assurance, d’expérience et de passion que vous, je serais certain de convaincre mon Ygraine, avec ou sans lettres. » Je soupirais, un peu vaseux sur le coup, un peu léger aussi, de plus en plus abattu comme de plus en plus admiratif et envieux tout en restant énergique. Un cocktail de sensation qui se déroulait dans ma bouche et qui me montait à la tête doucement.

L'attente ne serait pas un problème, après tout j'étais mousse sur l'Audacia, se serait plus délicat pour envoyer et recevoir du courrier par contre – si j'en recevais de sa part. Je n'avouais pas ma condition à Hermine, mais je pouvais lui faire part de mes pensées. Encore une fois. Quel enfant je faisais.

« Et si elle ne me répond pas ? Et si c'est son frère qui l'ouvre et jette ma lettre ? Ou pire, si elle se moque doucement ? Je ne veux pas abandonner, pas alors que je l'ai trouvé, mais...» Mais beaucoup de chose quoi ! Et j'imaginais soudain le pire dans cette relation – relation qui n'en était pas une. Et si Lancelot pensait que ma première lettre lui était destiné ? Et si je ne faisais qu'attiser le feu du ridicule ? On disait que le ridicule ne tuait pas, personnellement et vu ma position, j'étais certain que si il ne tuait pas du premier coup, il tuait bel et bien à petit feu.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Jeu 3 Mai - 3:59

Depuis toute jeune, tu as le goût du spectacle, l’amour d’être regardée. Il est certainement ironique que tu aies embrassé une profession qui se pratique dans l’ombre la plus complète et où les seuls lauriers qu’on te jette sont ceux que veulent bien t’accorder les dieux, mais tu n’as jamais tout à fait désavoué tes manières théâtrales. Cette façon que tu as de parler comme si tu déclamais à chaque instant un poème, de bouger telle une actrice, dans des gestes savamment calculés afin que le monde entier capte ta lumière. Tu existes un peu plus, dans le regard de Tim, quasi énamouré. Admiratif. « Qu'est ce que vous parlez bien, dit-il d’une voix enchantée, doucement rêveuse. Si je parlais avec autant d'assurance, d’expérience et de passion que vous, je serais certain de convaincre mon Ygraine, avec ou sans lettres. » Ta gorge desséchée par ta verve s’hydrate du nectar doré au goût de poire, alors que tu baisses coquettement les yeux sur la table. Faussement modeste, face aux compliments que tu juges tout à fait légitimes. Tu n’as jamais terminé ton cursus à l’Académie, mais les leçons que tu as tiré de ces années sont précieuses.

« Et si elle ne me répond pas ? Et si c'est son frère qui l'ouvre et jette ma lettre ? Ou pire, si elle se moque doucement ? Je ne veux pas abandonner, pas alors que je l'ai trouvé, mais... L’amour peut être cruel. » Tu as eu la chance de ne jamais être repoussée, dans tes avances. Enfin, presque jamais. La situation avec Victorine est une première et si cela te surprend uniquement à moitié (venant d’une Belliférienne, même habitant à Lorgol depuis des années, ce n’est pas inhabituel), ça ne te déplaît pas tout à fait. Tu aimes le défi, rappelons-le. Tu peux toutefois imaginer la douleur de la moquerie, le revers non pas compatissant, mais violent. « Quel est le pire qui puisse arriver, Tim ? Le rejet ? La moquerie ? Quelconque aventure rocambolesque ? Dis-moi le cauchemar qui te tracasse. » Autant expier tout de suite ce qui l’embête. Partager ses sentiments, c’est sain, et ça l’empêchera peut-être de devenir complètement dingue, obsédé par une femme qui n’a rien demandé. Pas même à être aimée.

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Message Sujet: Re: Tu sais l'amour, c'est à Lorgol qu'il ressemble   Jeu 17 Mai - 20:00

L'amour peut-être cruel, pourtant c'était mon premier. Et ce premier n'avait que la saveur de ma dulcinée, pas le mélange de nos deux âmes réunies. Pas encore. Peut-être jamais. J'étais jeune, je le savais, inexpérimenté en bien des domaines, mais je savais raconter, j'en étais fier, et cela plaisait à beaucoup. Cela plaisait, mais cela ne suffisait pas pour faire tomber amoureux de moi. Encore moins avec ma tête. Non. Je n'allais pas me remettre à maudire le gêne de grâce qui m'avait tout simplement ignorer à la naissance, pas maintenant, j'avais cessé y a des années, mais peut-être reviendrait-il ici me gêner dans ma quête de la belle Ygraine. J'aurais tout le temps et le loisir alors de me plaindre sur mon sort à bord de l'Audacia en nettoyant le pont et j'en passe.

Qu'est-ce qui m'effrayait le plus ? me demandait-elle. Beaucoup de chose combiné en Un-Tout qui faisait palpiter mon cœur d'effroi à imaginer qu'il se réalise. J'hésitais un instant puis avouais :

« Que la lettre parvienne à destination. J'aurais pu me limiter à cela, mais j'aurais paru alors bien ingrat et peu méritant de ses conseils. Que son frère l'ouvre. Qu'elle se pâme avec ses amies en pensant que c'est lui que j'aime et non elle. Ô, je n'ai rien contre l'amour entre deux gens du même sexe, croyez moi bien. Mais la suite, la suite... Je tordis ma bouche et me mordit les lèvres, l'imagination fonctionnant à pleine vitesse, bien malgré moi, trop bien. Qu'elle vienne me donner des conseils en souriant pleine de cœur, puis que je lui avoue que c'est elle que j'aime et que... qu'elle me rejette gentiment en évitant de rire parce que je ne suis qu'un gamin sans expériences à ses yeux. »

Et je remarquais soudain que j'avais 'bouffer' des yeux la table durant mon accouchement de cauchemar. Je relevais avec peine mes prunelles pour les reposer sur la belle Hermine, craintif, quelque part, et honteux aussi, qu'elle ne se moque de moi.

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