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 Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies

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Message Sujet: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Dim 10 Déc - 12:20


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Shahryar Khamsin & Anwar Sinhaj

Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies

Moi je viens d'un pays de désert infini, où les caravanes rêvent et flânent



• Date : 3 décembre 1002
• Météo (optionnel) : Belle nuit fraîche sans nuage
• Statut du RP : Privé
• Résumé : À quelques jours de Vivedune, arrêté dans une oasis alors qu'il accompagne une caravane marchande, Anwar s'éloigne du campement pour jouer un peu de cithare dans la nuit désertique.  Seulement, il n'est pas seul comme il le croyait d'abord.
• Recensement :
Code:
• [b]3 décembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3113-o-nuits-d-erebor-mille-et-une-folies#111795]Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies[/url] - [i]Shahryar Khamsin & Anwar Sinhaj[/i]
À quelques jours de Vivedune, arrêté dans une oasis alors qu'il accompagne une caravane marchande, Anwar s'éloigne du campement pour jouer un peu de cithare dans la nuit désertique.  Seulement, il n'est pas seul comme il le croyait d'abord.

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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Dim 10 Déc - 12:21

Tu lèves les yeux vers le ciel, la main placée en visière au-dessus de tes sourcils afin de repérer le soleil.  Il brille haut et fort dans le ciel malgré l'année bien avancée.  Toutefois, un œil avisé remarquerait qu'il descend tranquillement pour aller se cacher derrière l'horizon.  Il doit être près de trois heures.  À deux jours de Vivedune, la caravane a couvert le chemin à parcourir sans trop d'encombres jusqu'à présent et tu comptes que les choses poursuivent dans cette direction jusqu'à ce que la caravane soit arrivée à bon port et que ton escouade et toi reprenez la route vers Roc-Épine.  Vous ne craignez pas le désert, c'est votre maison, son sable a chanté les berceuses de votre enfance, il s'est inscrusté dans votre peau lui donnant cette jolie teinte dorée.  Enturbanné pour te protéger des rayons de l'astre solaire, tu sais qu'il vous faudra vous arrêtez bientôt pour la nuit.  Si la température est encore chaude, elle est trompeuse et chutera drastiquement une fois la nuit tombée.  Ce ne sera pas le moment d'errer entre les dunes où une tempête de sable pourrait s'élever à tout moment.  Tu laisses tomber le ciel bleu pour poser tes yeux verts sur ces gens qui déposent leur vie entre tes mains.  S'ils désirent que tu réussissent ce pari, il faudra qu'ils y mettent du leur.  Tu sais qu'il y a une oasis pas trop loin où vous pourrez passer la nuit en sécurité autant que faire se peut.  Elle est habitée également par un des clans du désert et il faudra se montrer prudent, vous qui veniez avec des étrangers.  Ton peuple n'est pas réputé pour apprécier les inconnus et s'ils peuvent se montrer tolérants parfois, il vaut mieux ne pas s'attirer leurs foudres.  Il va falloir espérer que ces gens sauront se tenir.  Ton devoir est de les protéger, mais s'ils s'attirent eux-mêmes des ennuis, tu ne pourras rien faire pour leur venir en aide.  Mais il ne devrait pas y avoir de problèmes : ce n'est pas la première qu'ils traversent le désert et si leur connaissance superficielle des mœurs locales est risible, au moins cela pourra suffire.

Vous atteignez l'oasis vers cinq heure, un peu avant que le soleil ne se cache derrière les dunes.  Après avoir négocié un peu d'eau pour les voyageurs et leurs chameaux, tu laisses les tiens s'occuper de monter les tentes qui vous protégeront du froid de la nuit tandis qu'accompagné de l'un des tiens tu pars faire une ronde rapidement des environs pour t'assurer qu'il n'y a pas de brigands dans les parages, qui n'attendent que vous ne fermiez les yeux pour s'emparer des biens de la caravane.  Même avec des gardes de nuit et à proximité de Vivedune, on n'était jamais tout à fait à l'abri du danger.  Comme tout semblait désert, tu renvoies au campement l'homme et reste seul dans l'infinité du sable.  Tu vois encore le campement, mais il est loin.  Tu tires ta gourde d'eau et avales une longue goulée avant de t'asseoir dans le sable pour attendre que la nuit ne tombe.  Tu sauras retrouver ton chemin : tu le fais toujours.

Éloigné des autres, tu tires ta cithare de ton léger bagage.  Les autres habitants du Pic sont plutôt insensibles à la musique et n'y prennent pas le plaisir que tu en tires.  Pour toi, c'est plus qu'un simple loisir et un délice pour l'ouïe.  Lorsque tes doigts courent sur les cordes de ta cithare posée sur tes genoux, ton âme s'envole et tu oses croire qu'elle va rencontrer cette mère qui a tout fait pour te protéger.  Cette mère qui est morte injustement.  Les années ont passé depuis qu'elle a quitté ce bas monde, mais la peine est toujours aussi vive.

Tu t'arrêtes subitement de jouer et bondis sur tes pieds, une main tenant ton instrument, l'autre posée sur la garde du cimeterre qui pend contre ta jambe.  Tu as entendu le sable crisser peu loin de toi.  « Qui va là! » demandes-tu à haute voix sans faire preuve d'hésitation.  Tu n'as pas peur.  Tu ne crois pas que la personne qui vient de s'approcher est animée de mauvaises intentions, mais tu préfères rester sur tes gardes car tu es certain que ce n'est pas l'un des siens : ils savent qu'il ne faut pas te déranger quand tu t'éloignes à moins d'une urgence.  Et pour une urgence, personne ne se serait approché aussi discrètement.  L'espace d'un vague instant, tu songes que ce n'était peut-être pas prudent de se tenir à l'écart quand la Chasse Sauvage allait librement.
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La Confrérie Noire
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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Mar 26 Déc - 1:18

Le sable du désert lui était familier. Pourtant, il ne parcourait plus depuis longtemps les étendues infinies qui faisaient que les paysages et l’horizon d’Erebor étaient aussi magnifiques qu’oppressants. La voie qu’il avait choisie et empruntée des années plus tôt ne lui permettait plus de courir aussi librement sur les terres qui l’avaient vu naitre. C’était un choix sans regrets, une décision consentie et désirée. Tout comme cet exil qu’il s’était imposé pendant de très nombreuses années, purifiant ainsi le mal qui avait été perpétré sur le sol sacré d’Erebor. Ses souvenirs, lorsqu’il repensait au passé, n’étaient jamais teintés d’une lumière pure et apaisante. Elle était rare, tapis dans l’ombre du malheur et de la déchéance de son propre clan. Dans le sang et les larmes, il était parvenu à rendre sa lumière aux siens, mais pas sans en payer le prix. Un prix qu’il payait avec plaisir, suivant aujourd’hui la Confrérie Noire qui était à part entière, dans son cœur, à la même hauteur que sa famille. Dans les ténèbres tissées par le Destin, il avait trouvé la voie qui lui correspondait. Et c’était cette route de destinée qui l’avait finalement ramené sur les pas du passé, au cœur même d’Erebor.

Adepte et Assassin, sa mission l’avait mené jusqu’à Vivedune. Si l’allée s’était faite en moins d’une fraction de seconde grâce à un frère mage, il savait que le retour serait long et fastidieux à travers le désert, jusqu’à ce qu’il retourne à la frontière des Terres du Nord. Même en forçant le pas et ne prenant que le stricte minimum de pause, Shahryar connaissait trop bien les terres d’Erebor pour ignorer que sa route serait difficile. Ce n’était pas bien grave, car une fois sa tâche accomplie, il put profiter du soleil de plomb qui caressait avec hargne sa terre natale et marcher dans le sable, qui comme les vagues sur l’océan, ondulait à l’horizon. Et même s’il n’avait pas le luxe de s’attarder en ville un jour de plus, il prit le temps de profiter un peu de la capitale avant de repartir. Puis quand il eut terminé, c’est avec un pincement au cœur que l’Erebien passa les immenses portes des murailles, lançant un dernier regard en direction du palais où il savait que sa sœur demeurait, tel un oiseau en cage incapable de s’envoler. Plus de dix ans qu’il ne l’avait pas vu. Comme elle lui manquait tant et terriblement. Plus encore depuis qu’il avait vécu cette étrange réalité et qu’il s’était éveillé à ses côtés, dans le même lit… Les dieux n’avaient donc pas de pitié pour sa conscience, lui qui s’efforçait d’oublier et passer à autre chose ? Mieux valait finalement qu’il parte et qu’il retourne à sa vie.

Voilà deux jours qu’il était parti de la capitale et qu’il comptait rejoindre une caravane en partance pour le nord dans une oasis pas très éloignée de la ville. Connaissant bien les routes et les dangers du désert, Shahryar n’avait pas craint de braver le désert en solitaire, de nuit comme de jour, en la seule compagnie de sa monture spécialement entrainée à traverser les étendues sableuses. Pressé d’arriver, il était parvenu à sa première étape en fin de journée, la nuit menaçant de bientôt tomber. L’assassin avait entendu dire qu’en cette saison, les lieux étaient comblés de voyageurs et ce soir ne faisait pas exception puisqu’il rencontra des lointains habitants du Pic de Roc-Epine, arrêté comme lui pour la nuit et voyageant jusqu’à Vivedune, certainement pour écouler leurs marchandises. S’il salua principalement les maîtres des lieux, gens d’une tribu qu’il connaissait un peu – mais n’appartenant pas à son clan – il préféra s’isoler en premier lieu et se reposer du long voyage qu’il venait d’effectuer. Avec toutes ces personnes de passage, la tente des visiteurs seraient certainement bruyante et il n’avait pas envie de ce brouhaha. Le silence du désert qui l’avait accompagné sur ces deux jours était certainement ce qui lui convenait le mieux.

Mais en s’éloignant, loin jusqu’à ce que les bruits du campement s’éteignent, un autre son remplaça les voix. C’était celui d’un instrument, à n’en pas douter. Une cithare même, s’il se fiait à ses quelques connaissances de la musique, lointaines et maigres, mais qui ravivaient quelques souvenirs, ses cousines jouant de ce même instrument. Approchant lentement et prudemment, tentant de repérer la source de ces notes, il remarqua dans la nuit une silhouette qui, à son approche pourtant discrète se releva et cessa immédiatement son jeu. Bien vite, l’avertissement retentit et malgré la pénombre, Shahryar devine le mouvement instinctif de l’homme, cette silhouette qui pose avec certitude une main sur son flanc, ou plutôt la garde d’une arme. Instinctivement, l’assassin fit de même, sur la propre garde de son cimeterre, mais il ne dégaina pas. Au contraire, il avança encore, clamant à haute voix son intention qui n’était pas hostile.

« Du calme l’ami. Je ne cherchais pas à troubler ta musique. J’ai simplement entendu les notes au cœur de la nuit. » Doucement, avec prudence, Shahryar relâcha sa poigne sur son arme. A cette distance, et grâce à la lune, il pouvait voir le visage de son interlocuteur. Un frère d’Erebor, sans le moindre doute. « Tu peux t’apaiser, je ne viens pas en ennemi. » Peut-être pensait-il le contraire, puisque Shahryar s’était approché à pas de loup, avec la discrétion propre aux assassins et qui pouvaient éveiller des soupçons. Mais il était bien imprudent après tout de rester seul ainsi, sous le seul regard des lunes et des étoiles, en plein cœur du désert.
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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Sam 30 Déc - 9:01

L'intrus à ta solitude se dévoila rapidement, dans des allures de paix.  Sa main est posée sur la poigne de son cimeterre, mais comme toi il n'a pas dégainé et il semble le faire surtout par réflexe.  Tu ne lâches pas la tienne non plus, mais elle se fait moins crispée.  Tu n'es pas complètement détendu, face à l'étranger tu ne peux t'empêcher de te montrer méfiant, mais tu es légèrement soulagé de savoir que ce n'est pas la Chasse Sauvage qui est venue t'enlever à ton tour.  Dans la pénombre du soir, tu ne distingues pas le visage du nouvel arrivant, mais sa voix est posée et ne tremble pas.  Tu essaies de discerner le mensonge ou alors la fourberie dans ses intonations, mais tu n'entends rien de tel.  Tu remarques du coin de l'oeil qu'il laisse tomber sa prise sur son arme et après un instant de réflexion, tu fais de même, toujours prêt à la tirer si les choses devaient mal tournées : on n'est jamais à l'abri de la tromperie des autres et encore jamais trop prudent.  Un rayon de lune éclaira le visage de l'homme, maintenant qu'il s'était approché.  Ce n'est pas un des tiens, tu le savais déjà juste au son de sa voix, mais ce clair de lune te le confirme.  Ce que tu apprends d'autre c'est que c'est également l'un des vôtres, un enfant du désert.  Tu ne lui fais pas confiance pour la simple raison que c'est également un fils d'Erebor, mais déjà au moins il ne s'agit pas totalement d'un étranger.  Il est chez lui dans ces étendues de sable et tu ne l'attaqueras pas simplement parce qu'il t'a interrompu dans ton jeu mélancolique.  Tes tristes pensées sont déjà loin.

Tu évalues encore la situation, ne répondant pas tout de suite, réfléchissant.   Puis, finalement, sans totalement relâcher la tension qui tend tes muscles, tu te rassois en croisant les jambes.  Nonchalamment, tu replaces ton instrument sur tes genoux et fais vibrer distraitement les cordes, comme pour en tester la sonorité.

« Si tu n'es pas venu troubler ma musique, quelles sont tes intentions en t'approchant? » demandes-tu en t'accompagnant de quelques notes, inconsciemment.  La cithare est un obstacle si jamais il décidait de t'attaquer, mais pour le moment tu as décidé de lui offrir une certaine forme de confiance.  La chance de te prouver qu'il est venu en paix.  Tu as suffisamment foi en tes compétences de guerrier pour lui offrir un combat honorable s'il revenait sur sa parole.  Il n'y a que vous d'eux dans cette vaste étendue du désert.  Tes sens ne t'indiquent pas la présence d'autres de vos semblables.

« Assieds-toi.  Je cherchais un peu de solitude en m'écartant, mais il ne fait pas bon par ces temps-ci de s'isoler dans le désert. »  Ce n'est qu'une invitation, il peut la refuser et continuer son chemin s'il le désire.

Tu penses encore à la Chasse Sauvage et un frisson te parcourt.  Tu n'oses pas l'avouer, mais elle t'inquiète depuis qu'elle a été libérée.  Il n'y a pas moyen de la combattre réellement, pas selon les légendes.  Tu ne sais trop qu'en penser.  Ni comment en protéger ceux qui sont importants pour toi.  Eux qui sont sont tous dispersés en plusieurs endroits différents, là où ta lame ne peut leur être utile.  Anthim, ce frère qui a pris ta place sans le savoir, qui te libère d'un poids trop lourd à porter.  Alméïde, cette sœur que tu as vu grandir dans le ventre de ta mère avant de t'exiler.  Rejwaïde, la plus jeune que tu connais un peu mieux que les autres.  Et cette femme, cette femme aux mains agiles, capables de créer les plus jolis bijoux qu'on puisse imaginer sur terre.  La reverrais-tu un jour?

Tu pousses quelques notes plaintives.  Tu n'es pas doué pour la musique joyeuse. Tu lui préfères les mélodies qui expriment la mélancolie, les sentiments cachés du cœur.
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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Mar 30 Jan - 19:22

L’homme n’est pas agressif mais méfiant. Il n’a pas besoin de voir ses yeux, le reflet de l’âme, la voix seule suffit à comprendre. Shahryar peut l’accepter. Il est lui même d’un naturel très solitaire et il ne s’attendait certes pas à rencontrer un homme seul au milieu du désert, jouant de la cithare. La curiosité avait joué en lui, poussée par le Destin qui avait entre ses mains tous les fils de l’existence. Pendant un instant, les deux erebiens s’observent, rendant au silence toute son autorité. Il ne vient pas en ennemi, ainsi l’a-t-il dit et l’affirme, l’assassin n’attend donc que la parole de ce cousin des dunes. Accepterait-il sa présence ou demanderait-il son départ ? Dans un cas comme dans l’autre, Shahryar respecterait sa position.

La main finalement quitte le manche de la lame et bien vite, un mouvement preste suit ce geste maîtrisé. Devant lui, l’autre se rassoit à même le sable, sans l’inviter tout de suite à faire de même. Une question perce la nuit, écrase les bruits environnants qui sont ceux du désert si paisible et si oppressant. Alors que l’autre replace l’instrument sur ses genoux, prêt à rendre aux cordes des notes mélodieuses, Shahryar se laissa à répondre à la question.

« La curiosité. J’ai entendu la mélodie. Mais je venais seulement observer le désert, à l’origine. »

Curiosité oui, c’était certainement cela qui avait fini par l’attirer, lui qui n’était pourtant pas prompt à déranger sans raisons les gens. Lui même n’aimait d’ailleurs pas particulièrement être dérangé de la sorte. Il était bien taciturne et solitaire, l’Adepte de la Corde, et pourtant, quand l’autre l’invite à s’asseoir et écouter le chant de son instrument, il se laissa tomber sur la dune, faisant crisser sous lui le sable froid. L’homme devant lui à raison, mais de toute évident, lui comme Shahryar avaient cherché à s’isoler au cœur du désert sans craindre la menace de la Chasse Sauvage. Oh ce n’était pas comme si l’assassin minimisait l’impact de cette horde prête à emporter leurs victimes sans la moindre compassion, mais il n’en avait guère peur pour autant. Elle portait dans son sillage un chaos de liberté qui lui plaisait, qui faisait écho à la justice sanglante à laquelle il s’était donné.

« Tu n’es pas obligé d’accepter ma présence, mais merci. »

Etait-ce plus pour lui qu’il désirait un compagnon finalement dans cette nuit profonde, de crainte de la Chasse ? Ou croyait-il lui faire faveur en l’invitant ici à ne pas craindre la Chasse ? Ceci dit, quelle importance ? Il n’y avait pas besoin d’en dire plus, les notes dansèrent et chantèrent dans la nuit, ode au crépuscule et au désert. Mais il y avait quelque chose de plus fort encore que cela. Même s’il était loin d’être mélomane, Shahryar savait reconnaître les sentiments mit dans cette bien belle mélodie.

« Ta musique est triste l’ami. Mais elle me plaît beaucoup. » C’était un compliment, cachés sous quelques mots sobres. Mais la voix reste sincère et l’erebien continue d’attendre tout en écoutant, observant à l’horizon les montagnes qui séparent la mer de sable du ciel infini. Comme Erebor lui avait manqué… Oh comme il aimait cette sensation qui l’étreignait à simplement contempler la beauté de ce duché qui l’avait vu naitre. Bercé par la cithare et le jeu adroit du musicien, Shahryar songea à cette ville qu’il venait de quitter. La belle Vivedune où résidait sa sœur au cœur du palais du harem, enfermée tel un oiseau en cage. Plus de dix ans qu’il n’avait pu voir sa chère Shéhérazade… Cette musique si triste lui rappelait pourtant son doux souvenir… Ce n’est que lorsque le rythme des notes commença à ralentir que l’assassin trompa son habituel silence. « Je suis Shahryar. Quel est ton nom, musicien ? »
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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Mar 6 Mar - 0:21

Dans ton mouvement brusque, les cordes de l'instrument ont été bousculées, elles grincent sous tes doigts, mécontentes du traitement que tu leur as infligé.  Attentionné aux besoins de ton instrument, tu lui redonne avec douceur son son mélodieux.  Tes doigts glissent avec une aisance acquise par des années de pratique.  Les tiens ne sont pas friands de musique, elle ne touche pas leur âme comme elle emporte la tienne sur l'envolée que prend les notes dans l'espace.  Comme en transe, tu en oublies presque la présence de l'autre homme.  Il n'y plus que la tristesse de la nuit et la mélopée qui rejoint les étoiles.  Les cavaliers de la Chasse Sauvage seraient bien en mal de t'amener à eux quand tu es dans cet état là.  Et tu ne les crains pas.  Pas pour toi.  Tu sais que tu leur mènerais un combat féroce si ta route venait à croiser la leur.  Tu acceptes les plans du Destin pour toi et si c'est de succomber à cette terrible force, ainsi soit-il.  Cette entité occupe régulièrement tes pensées, elle te fait peur pour ceux qui te sont proches.  Qui te sont chers.  La présence de l'inconnu n'est pas malvenue, ni nécessaire.  Il peut partir s'il le désire, mais un peu de compagnie n'est pas complètement indésirable en vérité.  Tu voulais t'éloigner et être seul, mais finalement peut-être as-tu besoin d'être entouré.  Juste un peu, le temps de quelques instants, même dans le silence.  Un mince sourire t'échappe à la remarque de ton compagnon de fortune.  Ce n'est pas une musique pour plaire aux gens, elle t'apaise le cœur, mais il te fait plaisir à être complimenter.  Et tu continues à jouer encore un peu, pour le plaisir de vos deux oreilles, sans songer à ce que le chant de ton instrument peut apporter à son âme.

La mélopée s'arrête enfin, tandis que le visage de ta mère s'efface doucement derrière tes paupières fermées.  La musique a toujours été un moyen de la rappeler à ton souvenir et c'est certainement pour ça que celle que tu exécutes prends toujours une lenteur et une tristesse.  Séparée d'elle à cinq ans tout juste, tu n'as pas pu lui montrer le jeune homme que tu es devenu, ni la rendre fière de toi, même si tu n'étais pas l'héritier de ton père.

Tu prends un instant avant de réfléchir, la méfiance reprenant le dessus un instant, puis tu te décides à laisser baisser ta garde.  Si cet homme avait eu le désir de s'en prendre à toi, ce serait fait depuis un moment.  Ses mouvements sont discrets, presque imperceptibles.  Quels que soient ses raisons pour errer seul dans le désert, sans protection, il n'est pas là en ennemi, mais bien en voyageur, comme toi et pour cela tu décides de lui accorder une part de ta confiance.

« Je me nomme Anwar, » réponds-tu avec sobriété.

Tu crois que c'est suffisant pour cet homme qui semble plutôt taciturne, ce qui te convient à ton tour.  De nature plutôt joviale et ouverte en temps normal, ce calme est rafraîchissant.  Tes mains se détachent un instant de la cithare, alors que tu contemples le ciel en silence.  Quelques étoiles brillent dans l'infinité du firmament.  Savent-elles ce qui vous attend?

« Tu sais écouter la musique avec le cœur étranger, cela est rare. »

Tu n'oses pas utiliser son prénom, comme si celui avait une charge magique et que par respect tu évites de t'en servir.  Tu n'arrives pas non plus à avoir cette même attitude amicale que lui, ta méfiance ne s'efface pas si facilement, il t'est difficile de l'écarter.  Pourtant, tu adoptes une attitude plutôt détendue.  Ton cimeterre se fait oublier discrètement dans un coin de ton esprit et il ne reste plus que l'étranger, Shahryar, ton instrument, la nuit et toi.  Tes prunelles se détournent des perles collées au ciel pour le regarder et le détailler un peu.  Il y a une certaine force dans son aura, elle vibre, mais les mots passent le seuil de tes lèvres tout de même.

« Le désert, même de jour, n'est plus sûr pour un voyageur solitaire.  Sur quel chemin te mène tes pas?  J'accompagne une caravane, si nos routes sont destinées à se croiser, joins-toi à nous jusqu'à ce qu'elles se séparent. »
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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Lun 26 Mar - 20:33

Il n’y a pas de réponse au compliment, et il n’en attendait de toute façon pas. C’était pour Shahryar un merci et un témoin de sa gratitude pour cet instant mystique sous les étoiles d’Erebor, au plus profond du désert qui nourrissait son cœur en manque de sa terre natale. Et cette musique, si doucement mélancolique et triste, elle éveille son âme si souvent éteinte, effacée par sa volonté farouche pour ces dieux à qui il s’était voué voilà de longues années. Il y a dans ces notes quelque chose qui embrase la flamme erebienne en lui, et les soupçons de souvenirs jamais effacés, mais si souvent négligés. Ô Erebor, comme tu manques à ton enfant depuis si longtemps parti pour d’autres horizons. Ce n’est plus seulement toi qu’il sert, mais un dessein bien plus grand. Il ne t’oubli pas pourtant.

Et finalement, les notes s’arrêtent, et avec elles le rêve s’évente lentement, rappelant à chacun la réalité presque froide du glacial désert d’Erebor. Au loin, le vent souffle et chante sa propre mélodie, il danse entre les dunes et fait s’élever le sable. Mais seuls les fils et filles d’Erebor peuvent l’entendre vraiment. La méfiance de l’homme est palpable, et bien sûr, il comprend. Il n’en tient pas rigueur et malgré son apparente sympathie, Shahryar reste sur ses gardes. Ses muscles sont tendus et son attention vivace à ce qui l’entour. Et si la douce mélopée l’avait pour un instant presque fait s’oublier, il revient à l’instant présent, le regard plongé sur cette pénombre qui n’est qu’une silhouette humaine. Les lunes au dessus éclairent, certes bien peu, mais suffisamment pour qu’en un regard, il devine l’éclat d’une pupille tournée vers lui. Ils s’observent bien silencieusement, les deux hommes d’Erebor.

« Etranger ? »
Le mot qu’il relève pourrait le piquer au vif, lui si fièrement attaché à son duché, mais il y a pourtant un semblant de sourire qui se dessine sur ses lèvres. « Je suis tout autant fils d’Erebor que tu sembles l’être. »

Il ne pense pas que l’autre homme ait cherché à le vexer ou le tester en le traitant d’étranger. Mais s’il reste naturellement humble, cette fierté erebienne lui est chevillée autant au corps qu’au cœur, et il n’accepte pas de se faire appeler ainsi, là où il n’a pas insinué le contraire à ce musicien guerrier. Et puis, celui-ci, à sa manière, lui avait aussi fait un compliment, qu’il accepta d’un simple hochement de tête, sans en vouloir réellement à l’erebien devant lui. La proposition qu’il fait est généreuse et à nouveau, c’est d’un mouvement de la tête que l’assassin signala son choix, négatif cependant.

« C’est noble et aimable à toi de me proposer, mais je ne pense pas aller dans la même direction que toi. Tu accompagnes les caravanes du Pic, je me trompe ? » Non, il savait qu’il ne se trompait pas. L’homme parlait de caravane et lorsqu’il s’était arrêté plus tôt à l’étape, seules celles de Roc-Epine étaient présentes. Le reste n’était que des voyageurs de passage, comme lui. « Je viens de quitter Vivedune, je pars pour le nord, je retourne à Lorgol. » Un erebien, si loin de chez lui. Même s’il appréciait la cité aux Mille Tours, ce n’était pas comme le clan Khamsin où il avait grandi. Et bien que la vie n’y fût pas toujours facile, sa famille souvent lui manquait. Surtout sa sœur, qu’il doutait hélas de revoir un jour, pauvre oiseau en cage enfermé au harem… « Rassure-toi, j’ai l’habitude de voyager seul et je pense rejoindre d’autres caravanes en partance vers le nord dans quelques jours. Et toi, tu viens de loin aussi je suppose. » Roc Epine était à l’autre bout du duché, à la frontière avec Faërie… « Combien de temps resterez-vous à Vivedune ? »

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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Dim 8 Avr - 17:09

Tu hausses un sourcil.  Tu ne doutes pas qu'il soit fils d'Erebor, mais à tes yeux c'est un étranger, une personne dont il faut se méfier, même si tu as baissé la garde parce que pour le moment il semble inoffensif.  La méprise te ferait presque sourire, sa fierté d'Erebien te plaît.  Elle rejoint la tienne, même si ton temps passé en Erebor est restreint.  Ses dunes sablonneuses, ses rocs, tu les aimes avec passion.  Ils sont tout ce que tu aimes, ce à quoi tu aspires, un symbole de paix, même en ces temps troublés.  Et c'est pour ce sentiment patriotique que tu éprouves compassion à l'égard de ce voyageur solitaire, que tu lui proposes de se joindre à vous pour un bout de chemin si cela lui convient.  Tu ne sais pas où le mène son chemin, mais s'il est commun au tien, il est bienvenu.

Néanmoins, l'offre est rapidement refusée.  Vos pas prendront deux différentes directions à l'aube et peut-être ne reverras-tu jamais cet inconnu ensuite.  La vie prend de ces tournants parfois.  Tu hoches simplement la tête, pour lui indiquer qu'il n'y a pas de rancœur.  Son constat est juste, tu vas et viens entre la capitale du duché et le Pic, tes pas te portent rarement plus au nord ou plus à l'est.  C'est arrivé, mais peu souvent.  Cette fois n'est pas une de ces exceptions, vous atteindrez bientôt Vivedune et une fois reposés et réapprovisionnés, vous repartirez vers la frontière erebienne aux abords de Lagrance.  Le voyage durera seulement quelques jours, comme vous n'avez pas de nouvelles caravanes à accompagner.  Tu sais que les hommes ont hâte de retrouver leur foyer et leur femme.  Ta vie de solitude ne te rend pas insensible à leurs désirs et leur sentiment.  Peut-être cet homme même a-t-il femme et enfants, là où il doit retourner.  Ou peut-être devines-tu mal en croyant qu'il s'est installé là-haut.  Cela n'a guère d'importance.

« En effet, tu devines bien.  Nous passerons quelques jour à Vivedune avant de retourner chez nous. »

Tu ne précises pas plus la durée de votre séjour.  Par prudence, mais aussi parce que tu ne sais pas exactement quand vous repartirez.  Dès que possible.  Il reste encore quelque distance à parcourir avant d'atteindre la ville et la caravane progresse lentement, encombrée de tout ce qu'elle transporte.  Le voyage qui peut se faire alors en dix jours quand on tient une bonne allure s'étend de beaucoup.  Tu songes que cet homme atteindra probablement sa destination bien avant toi.

« Lorgol n'est pas une ville confortable.  Il paraît que c'est humide et froid, » déclares-tu après un instant de réflexion.  Tu n'es toi-même jamais allé là bas, pas plus loin que les frontières nord d'Erebor.  Une certaine curiosité t'anime à l'égard de la ville aux mille tours, mais d'un autre côté, tu es content d'être établi près du sable chaud de ton duché.  Tout ce que tu as entendu de cette ville n'est pas pour te séduire et te donner envie d'y faire séjour.  Peut-être que les on-dits sont faux, qu'il s'agit effectivement d'une vie exceptionnelle à mener là-bas, mais tu préfères tout de même ton existence, tranquille, reculée et cachée.  Surtout cachée.  Que dirait-on si le bruit courait que tu n'étais pas mort près de 30 ans plus tôt?  Il ne faut pas y penser.  Cet enfant que tu étais a cessé d'exister dès que tu es arrivé dans ta nouvelle famille et que tu as pris le nom de Sinhaj.  Tu es une nouvelle personne désormais.

« Tes pas te guident loin de chez toi, mais je te souhaite que ce soit sur un chemin fortuné. »

Il te plaît bien bien, ce Shahryar.  Il a écouté ta musique avec une oreille sincère.  Il a parlé avec le cœur et pas seulement avec l'esprit.
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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Jeu 19 Avr - 19:06

Ainsi, l’homme confirmait bel et bien quelque chose dont Shahryar était persuadé. Il savait ne pas s’être trompé sur la provenance des caravanes et la destination que celles-ci prendraient, tout comme cet homme qui les accompagnait. Cela dit, il n’avait ni raison d’être surpris de la présence d’habitants de Roc-Epine si loin du Pic. A ce qu’on disait, ceux-ci faisaient très souvent des échanges commerciaux en Erebor, et quoi de plus naturel que d’aller à la capitale du duché, seule véritable cité sédentaire du duché du Sable et du Roc ? Leur voyage avait seulement dû être particulièrement long, et le serait encore jusqu’à la frontière, loin au sud-ouest. Tout comme le serait celui de l’assassin cela dit, même si une fois à la frontière avec les Terres du Nord, il comptait bien contacter un mage des Portails pour le ramener à la capitale. Même s’il comprenait le désir d’Ibélène de ne pas utiliser ceux bénis du don d’Aura – bien trop représentatif des Faës – il n’hésitait pas à penser que pour les affaires de la Confrérie, ce n’était pas des plus simples. Aller en Ibélène n’était point un problème, en revenir, c’était autre chose. Et comme le faisait Shahryar aujourd’hui, il devait retourner à Lorgol par ses propres moyens, en traversant le duché qui l’avait vu naître. Ce serait un long chemin oui, un retour aux sources aussi agréable que déplaisant sans doute, qui ne manquerait pas de lui rappeler de sombres souvenirs de massacres et de trahisons.

C’est la voix d’Anwar qui le rappelle à la réalité, dans l’immensité du désert que Shahryar ne se lasse pourtant pas de regarder. Ce que lui dit l’autre, c’est une affirmation, non point une question. Pourtant, l’assassin se laisse à hausser les épaules, comme réponse silencieuse tandis que l’esprit cherchent les mots qui sauraient adoucir un peu les paroles du musicien. Une seconde passe et la voix de l’Adepte résonne :

« Froide et humide, Lorgol l’est. Mais inconfortable, je ne dirais pas. J’y ai trouvé là-bas une famille, et la cité à bien plus de chose à offrir qu’on ne le croit. »

Il n’était pourtant point fervent défenseur de la ville aux mille tours, à qui Shahryar portait bien moins d’affection qu’à Erebor, mais il pouvait néanmoins apporter une nuance aux propos d’Anwar. Son regard se porte à l’horizon, et une fois encore la voix de son homologue erebien qui transpercent le silence, comme les notes qu’il avait créées un peu plus tôt. L’ombre d’un sourire chaleureux se dessine sur les lèvres de l’assassin, qui ne peut que retourner un tel compliment.

« Je te le souhaite tout autant, Anwar. »

L’homme ne savait pourtant point que la fortune avait déjà touché Shahryar, que les divins Lida et Sithis l’avaient accepté au sein de la Confrérie et que c’était là tout ce qui inspirait l’erebien dans l’avenir. Un instant, il se demanda ce qu’Anwar attendait de celui-ci, quelle serait sa bonne fortune à lui.

« Es-tu depuis toujours à Roc-Épine ? On dit que les habitants ne sont pas très portés sur les arts. D’où te vient un tel talent ? »

Non qu’il cherchât à percer l’intimité, les secrets ou la vie personnelle d’Anwar, mais la question, éloignée de leur dernier sujet de conversation, paraissait légitime à Shahryar. Et puis il n’avait pas tous les jours l’occasion de rencontrer un habitant de ce lieu si farouchement gardé et qui n’était que peu ouvert aux étrangers.

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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Ven 27 Avr - 19:06

Un simple et unique sourire suffit pour répondre à ces souhaits qu'il te retourne sans hésiter semble-t-il.  Tu as l'impression que tu as déjà usé de toute la bonne fortune que la vie avait en réserve pour toi.  Après tout, tu es encore en vie quand tu aurais pu être mort.  Tu as quitté les horreurs du palais.  Il te semble que c'est suffisant.  Tes sœurs elles n'ont pas eu cette chance.  Ton sourire s'éteint rapidement en songeant à ce passé que tu as pu fuir pendant toutes ces années, continuant ton bout de chemin seul.  Tu t'es fait ta place à Roc-Épine et quitter cet endroit qui est comme ton refuge sur terre ne te traverse même pas l'esprit.  Reprendre le trône dont ton frère a hérité à ta place ne te fait point envie.  Protéger et servir Erebor en te tenant à l'écart d'un rôle plus glorieux que celui d'un simple soldat est ce qui te convient le mieux.  Il t'arrive parfois de te demander, si les choses avaient été différentes, aurais-tu été à la hauteur de ton rang.  Tes réflexions oscillent d'une fois à l'autre : parfois tu crois que tu aurais pu faire un bon duc, parfois non.  La conclusion est souvent tout simplement que ton frère Anthim tient son rôle avec beaucoup de succès et qu'il vaut peut-être mieux que ce soit ainsi.  Assurément.  Ce frère que tu ne connais pas, tu l'admires et tu le respectes beaucoup, pour tout ce qu'il fait pour sa patrie.  Tu considères le duché de ta naissance prospère et tu attribues cela à sa gouvernance.  Oui, il est fortuné que ce soit lui le duc et non pas toi.  Qui pourrait se douter du genre de pensées qui habitent ta tête.

Comme s'il a le pouvoir de le faire, il t'interroge sur tes origines.  Ce n'est pas le premier à être surpris de ta musicalité alors que tu es un habitant du Pic.  L'endroit où tu as grandis.  Tu hausses les épaules.  La réponse toute faite, tu la connais par cœur, ce n'est pas la première fois que tu dois la donner à des proches, à des inconnus.

« Je n'y suis pas né.  J'y suis arrivé quand j'étais plutôt jeune, encore dans la tendresse de l'enfance, » fais-tu avec un mince sourire.  Si jeune, mais déjà marqué par les vices de l'homme.  Les premières semaines n'avaient pas été faciles.

Pourtant, tu as grandi, tu as monté dans les grades et te voici.  Un parmi tant d'autres, sans distinction, mais également un particulier, différent.  Tes souvenirs de la vie au palais sont vagues, flous, il ne t'en reste que peu en-dehors des attentats contre Zénaïde et toi.  Toutefois, l'idée que la musique en faisait partie était suffisamment présente pour te faire t'intéresser à la cithare.  Peut-être à tort, elle te rappelle l'élégance du palais, elle te fait penser à ta mère et bien que l'occasion ne se soit jamais présentée, tu aurais aimé lui en jouer pour lui apporter un peu de douceur.

« Je ne me souviens pas vraiment de l'endroit où je suis né, mais j'ai l'impression qu'on y jouait de la musique.  J'ai appris auprès de visiteurs pour commencer et tranquillement j'ai exploré de moi-même, » ajoutes-tu un peu songeur.  Personne ne t'a encouragé à jouer de la musique, mais personne ne t'a découragé de le faire non plus.  Souvent, quand tu avais du temps libre, tu te tenais à l'écart, comme ce soir-là, pour jouer.  Ta musique n'avait d'autre public que les étoiles et c'était suffisant.
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Message Sujet: Re: Ô nuits d'Erebor, Mille et une folies   Ven 18 Mai - 3:20

Le sourire d’Anwar, visible à la chiche lumière de la lune laisse place à un air bien sombre que Shahryar ne peut rater, lui qui observe avec attention son interlocuteur. Même s’il ne fait pas preuve de curiosité mal placée, il ne peut s’empêcher de se demander ce qui avait pu déplaire à ce point les pensées du musicien, jusqu’à les assombrir de la sorte. De toute évidence, la bonne fortune qu’il lui avait souhaité n’était pas tout à faire présente dans la vie de cet homme. Comme chacun ceci dit, ils avaient des secrets profondément enfouis, et en aucune façon l’erebien n’insista sur ce détail qu’il venait de percevoir. Mieux, il détourna le regard un instant, puis avec le silence, accompagna celui-ci d’une question qui n’avait rien à voir, presque détendue. Et le mince sourire revient, quoique atténué dans la réponse qui vient et à laquelle Shahryar acquiesce simplement. Donc il n’était pas natif de Roc-Epine. Il comprenait un peu mieux cette musicalité dans l’âme de cet homme. Il pouvait presque même y deviner un passé riche, pour la grande mélancolie qu’il avait perçu plus tôt. Mais cela, il ne ferait pas l’affront de demander. Il n’aurait pas voulu qu’on le fasse, le concernant.

« Erebor vibre de nombreux chants, je ne suis pas surpris que tes souvenirs soient peuplés de notes. En tous les cas, tu as su bien aiguiser ton talent. »

Ce qui n’était pas donné à tout le monde, d’apprendre l’art comme celui de la musique. Quoiqu’il n’était pas impossible d’assembler parfois plusieurs notes avec musicalité. Il était cependant plus complexe d’y nouer des émotions, comme ce que Shahryar avait entendu plus tôt. A son tour de sourire, il laissa son regard se perdre sur les dunes. Impossible, dans ces conditions, de ne pas laisser la mémoire ressurgir un peu.

« Dans mon clan, nous chantions les morts très souvent. Je ne joue pas, mais je me souviens encore des mélopées d’autrefois. De belles paroles qui content de grandes histoires ou de tristes légendes. »

Il est rare qu’il parle du passé, Shahryar, mais le sable sous lui nourrit ses souvenirs, et les étoiles dans les cieux illuminent la mémoire. Rien de bien transcendant dans ses mots, mais suffisamment pour y déverser toutes l’affection qu’il a pour son duché, même s’il n’y pose plus si souvent les pieds. Quoiqu’il fasse, l’erebien vibre pour Erebor, et pour rien au monde il n’aurait changé cela.

Le silence n’a pas le temps de s’installer longtemps, derrière, Shahryar entend quelques voix. Deux pour être exacte, qui semblent en tout cas chercher Anwar. Des gens de sa caravane sans doute, qui annonce que le repas est servi pour tous les voyageurs. Les observant, l’assassin se leva finalement dans le silence, accompagnant le musicien qui avait été, pour quelques minutes son interlocuteur. Et alors qu’ils rejoignent finalement les abords du campement et son animation toute joyeuse, Shahryar adressa à Anwar un dernier salut : « Ce fut un plaisir de te rencontrer. » Avant de rejoindre d’autres personnes. Malgré tout le plaisir, l’Adepte savait qu’il y avait fort peu de chance pour que lui et cet homme se recroisent à nouveau un jour. L’un à Lorgol, l’autre à Roc-Epine, leur destinée à tous deux ne semblaient pas pouvoir se mêler de nouveau. Mais cependant, il n’oublierait pas, pour sa part, ces notes délicieuses sur le sable du désert, témoin de bien des souvenirs.

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