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 L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]

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La Noblesse
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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyLun 5 Déc - 1:59


Livre II, Chapitre 1 • Les Sables du Temps
Faustine de la Fugue & Denys du Lierre-Réal

L'austérité cache parfois la plus grande des beautés

Sous ton masque ébréché, je vois tout ce que tu souhaites cacher




• Date : 16 décembre 1001
• Météo : C'est une belle journée mais il fait très froid en cette saison dans les beaux jardins de Lagrance.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Curieux de la Magie du Sang qui fait tant parler d'elle en Arven et dont bien des enfants ont trouvé refuge en Lagrance, Denys s'en va trouver une personne proche de son épouse qu'il sait pouvoir interroger pour en apprendre un peu plus : la discrète Faustine.
• Recensement :
Code:
• [b]16 décembre 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1560-l-austerite-cache-parfois-la-plus-grande-des-beautes-pv-faustine#46011]L'austérité cache parfois la plus grande des beautés[/url] - [i]Faustine de la Fugue & Denys du Lierre-Réal[/i]
Curieux de la Magie du Sang qui fait tant parler d'elle en Arven et dont bien des enfants ont trouvé refuge en Lagrance, Denys s'en va trouver une personne proche de son épouse qu'il sait pouvoir interroger pour en apprendre un peu plus : la discrète Faustine.





Dernière édition par Denys du Lierre-Réal le Lun 5 Déc - 2:49, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyLun 5 Déc - 2:45

« Mais… mais ça suffit ! Laissez-moi ! »

Ils sont pourtant adorables, ces petits chats qui poursuivent avec grande curiosité le duc de Lagrance, le regard ampli d’amour et d’affection comme s’il était leur sauveur ou leur maitre adoré. Denys n’avait pourtant pas de chats dans son foyer ni n’en avait jamais vraiment eu dans sa vie, n’étant pas particulièrement adepte des animaux de compagnie, quand bien même n’avait-il rien contre eux. Mais depuis le début du mois, il constatait avec surprise que tous les chats qu’il croisait se mettaient invariablement à le suivre, miaulant leur enthousiasme à chaque pas qu’il esquissait. S’il avait trouvé cela amusant au début, sa fille Rose s’émerveillant d’en voir autant autour de son père, lui donnant l’occasion de jouer avec, il avait vite trouvé ça handicapant. Non qu’il n’aimait pas ces petites bêtes à poils et au regard aguicheur… mais il y avait tout de même une limite à l’acceptable, et si chacun de ses déplacements devaient se solder par une armée de chats à ses trousses criant d’amour et d’affection, il préférait autant que ça s’arrête tout de suite. Mais peine perdue, il avait beau s’escrimer à leur demander de partir – parler à des chats, vraiment ? – rien n’y faisait, et les félins avaient continué de le suivre. Le petit dernier avait d’ailleurs rapporté une malheureuse souris… morte. Même les jardins du palais ducal semblaient anormalement plus envahi par les chats qu’à l’accoutumée. Plus moyen de se balader tranquille au cœur de l’hiver.

Dans ses conditions, chercher une personne devenait légèrement compliqué. Car des chats dans les pattes, ça avait tendance à être encombrant. Il ne s’attendait pas, Denys, à ce que son excursion dans les jardins commence de la sorte. Difficile alors de trouver Faustine de la Fugue qui, à ce qu’on lui avait soufflé, se balader en cette belle après-midi ici, malgré le froid légèrement mordant. L’hiver était bien marqué en Lagrance, cela détonnait avec les températures agréables de l’été. Etait-ce d’ailleurs leur dernier hiver de paix ? Denys le croyait en effet. A ce qu’on disait, l’Ordre ne tarderait pas à faire exploser définitivement les dernières ententes entre les deux empires… c’était à la fois triste et désiré, attendu et craint. Il taisait tout ce qu’il savait, Denys, mais il n’était pas dupe de ce que l’avenir réservait. Pour autant, ce n’était pas tout à fait pour discutailler de ce genre de chose que le duc de Lagrance était à la recherche de la dame de compagnie de son épouse. Ce n’était pas non plus à propos des rumeurs qui courraient sur Marjolaine et titillaient la curiosité de Denys. Il était curieux de bien des choses, notamment de cette magie scellée depuis des millénaires et dont les pratiquants se faisaient de plus en plus nombreux en Lagrance, grâce à lui et son épouse. Mais il ne savait rien de celle-ci. Aussi, au delà de la simple curiosité, il souhaitait savoir ce qu’étaient capable les manipulateurs de cet art tant décrié. Oh il y avait bien des personnes qu’il aurait pu aller voir, mais il savait que Faustine, étant proche de son épouse, serait certainement plus encline à lui parler. Il l’espérait du moins. Car force était de constater qu’elle était jusqu’ici de ces femmes sur lesquelles Denys n’avait guère posé son regard. Une outreventoise discrète. Trop peut être.

Le son d’un instrument fini par murmurer dans le calme des jardins. Un bruit typique, étrange même, qui n’est certainement pas d’origine lagrane. La veille à roue de Faustine, sans nuls doutes. Un instrument qui n’avait pas manqué de surprendre les nobles de la Cour, peu habitué à la sonorité très particulière de l’instrument outreventois. Mais le duc devait lui même reconnaître que le son était loin d’être désagréable et la mélodie jouée avec doigté était plaisante. Les chats dans les pattes, il avança vers la source de ces charmantes notes, jusqu’à trouver la demoiselle, assise sur un banc entre les arbres des jardins dégarnis de leurs feuilles.

Il a un instant de blocage, Denys, en voyant la jeune femme. C’était quelque chose d’étrange, mais il n’était pas certain de la reconnaître… Pourtant, c’était cette même chevelure attachée en un chignon, où des boucles couleurs bronze brillaient à la lumière du soleil froid, pour certaines détachées par le souffle capricieux d’un vent léger. C’était ce même visage aux traits sérieux, concentré sur son œuvre. Ce regard bleu pâle, emprunt d’un sentiment très certainement mélancolique, mais qu’il ne lui avait encore jamais remarqué. Et une tenue… une tenue ma foi qu’il n’avait encore jamais vu et qui n’avait rien d’outreventois. Pour un peu, il y verrait des touches presque cielsombroise, dans cette coupe vestimentaire cachée sous un beau manteau de soie. Une fois la surprise passée cependant, il s’approche finalement d’elle, apercevant dans la fontaine non loin d’elle une petite tortue barbotant sereinement dans l’eau. Elle joue encore, sans doute ne l’a-t-elle pas vue. Et finalement, elle ne cesse que lorsqu’il est réellement proche et qu’elle relève un regard vers lui. Il est presque déçu, l’espace d’une seconde, d’avoir arrêté sa mélodie. Sans laisser la gêne s’instaurer plus longtemps, il reprend cet habituel sourire, adressé bien généreusement à la jeune femme devant lui, expliquant alors les raisons de sa présence ici, qui n’étaient hélas pas le fruit du hasard.

« Mademoiselle de la Fugue, c’était là une bien jolie musique. Je m’excuse d’en avoir interrompu les notes, mais je voulais parler un peu avec vous . J’espère ne pas vous déranger par ailleurs. » Que ce soit le cas l’aurait fortement ennuyé, notamment parce qu’il n’avait pas de temps à perdre. Et aussi parce qu’avoir ignoré aussi longtemps cette charmante beauté l’étonnait et attisait sa curiosité. Il ne peut d’ailleurs s’empêcher d’avoir un compliment, tout lagran qu’il est, à aimer les belles choses. « C’est une très belle robe que vous avez ici dites-moi. Est-ce là l’un des cadeaux que mon épouse vous a faite ? » Elle lui a dit, Marjolaine, qu’elle comptait offrir quelque chose à Faustine. A ce moment là pourtant la nouvelle lui avait semblé bien insignifiante. « Alors, me permettez-vous de prendre un peu de votre temps ? » Il a ce regard, Denys… Ce regard qui ne trompe guère, éveillé d’intérêt. C’est un intérêt différent pourtant de celui qu’il porte à ses amantes, mais il reste perçant, ce regard, non sans vouloir être oppressant.


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyVen 30 Déc - 15:51

Décembre est froid, en Lagrance, mais cela ne déplaît pas à Faustine. Le gel lui rappelle le vent glacial qui soufflait sur les falaises du Noroît, aux jours les plus courts de l’année ; elle se souvient des écharpes épaisses et des lourdes capes de laine dont Maelenn et elle s’emmitouflaient pour aller courir dans les jardins désolés. Comme elles s’amusaient, à cavaler dans les allées loin des regards, à rire à gorge déployée, sans craindre de remontrances pour ce comportement si peu digne d’une dame. Un soupir nostalgique lui échappe, à Faustine, pour ce temps d’avant où la magie n’avait pas encore chamboulé sa vie, où elle conservait l’illusion de mériter l’approbation de ses parents. Ce temps de jadis, où elle était l’héritière du Noroît, déterminée à s’en montrer digne et à être une bonne souveraine. Ce temps passé, où l’on évoquait à mots couverts de possibles fiançailles avec l’un des jumeaux de Rivepierre, tandis que l’autre serait pour la future duchesse de Cibella… Elle se souvient, Maidhenn, de Lionel et de leur amicale complicité. Pas d’amour, ils étaient jeunes, trop jeunes encore ; mais ils s’entendaient bien, tous les deux, et elle aurait été une bonne comtesse, elle en est convaincue.

Si les choses avaient été différentes.
Si le Sang ne l’avait pas réclamée.
Si elle n’avait pas dû abandonner son nom et fuir sa maison.

Elle le cœur gros, Faustine, tandis qu’elle dépose Eriath dans une fontaine pour qu’il y nage tout son content. L’eau fraîche étant un danger pour les reptiles à sang froid, elle a demandé à un mage de l’Été de chauffer l’étendue où aime se baigner son Familier ; et lorsqu’elle parvient jusqu’aux décorations de galets et de rocaille, l’homme s’en éloigne, et l’eau est agréablement chaude, pile la température convenable pour son Familier. Elle l’y dépose, et partage un moment sa félicité tandis qu’il flotte béatement entre deux brindilles tombées là. D’un geste rendu fluide par l’habitude, elle détache la bandoulière de l’étui où sa vielle est rangée, l’ouvre, et en sort le bel instrument. Elle en prend un soin dévoué : les touches en sont usées par des années de ritournelles, mais le son est clair et pur dans l’air tranquille de décembre. Elle joue un air mélancolique, fredonnant à mi-voix pour elle-même, au chaud sous l’épaisse cape assortie à la robe confectionnée par la petite couturière cielsombroise. Un bruit de pas interrompt sa rêverie, et elle finit par redresser le regard vers l’intrus qui approche, Eriath barbotant gentiment près d’elle, jouant avec les bulles créées par le mouvement de l’eau. C’est avec une grande surprise qu’elle reconnaît l’époux de son amie, Denys du Lierre-Réal – le duc de Lagrance en personne. Si sa première phrase la surprend considérablement, et la seconde la plonge dans une gêne terrible qui allume le feu à ses joues, le regard dont il accompagne la troisième génère en elle un flot de panique : elle l’a déjà vu couver de ce regard d’autres femmes de l’entourage ducal, avec les conséquences que tout le monde connaît. Elle ne veut pas éveiller l’intérêt, Faustine, quelle qu’en soit la raison, quel que puisse en être le motif : elle veut juste qu’on la laisse… en paix.

La panique la fait bondir debout comme tendue par un ressort, et elle balbutie fébrilement une série de phrases interrompues sans queue ni tête. « La robe est un cadeau à-à votre disposition bien sûr, messire, je suis flattée que la c-cape vous plaise aussi, j’aime venir ici pour promener ma musique et jouer un peu mon Familier. » Le temps d’émettre ce salmigondis bredouillant, et elle tente simultanément de poser sa vielle et de faire une révérence, sans grand succès puisqu’elle rejoint Eriath dans sa fontaine, les quatre fers en l’air, sans trop comprendre comment elle a bien pu faire son compte. « B-bonjour, Votre Grâce », finit-elle par énoncer piteusement, se rappelant – un peu tard – que l’homme qui l’a ainsi prise par surprise est également son souverain.
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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyLun 30 Jan - 1:15

C’est si étrange, de ne jamais avoir remarqué cette personne, n’avoir jamais saisit les contours de ce visage rond, n’avoir jamais contemplé les perles d’azur qui captivent le regard, n’avoir jamais porté un réel intérêt à Faustine de la Fugue. Alors pourquoi, alors qu’il souhaitait juste l’interroger sur sa magie et ses semblables, il remarque que la jeune femme est finalement tout à fait à son goût, d’une beauté qui n’est pas sans lui rappeler quelqu’un d’autre. Est-ce parce qu’elle n’est pas affublée de ces horribles robes Outreventoises qui font d’ordinaire fuir le duc de Lagrance tant elles sont pathétiquement moches ? Certainement. Car la robe, même cachée sous un manteau, soulignait bien la silhouette de la jeune femme, attirant le regard connaisseur de Denys. Et là où il se voudrait plus subtile, il laisse hélas son regard s’appesantir un peu trop. Suffisamment pour perturber la jeune femme. Pour autant, il était à des lieux de s’imaginer que la regarder avec ne serait-ce qu’un peu d’intérêt allait à se point gêner Faustine, jusqu’à lui en faire perdre tous ses moyens, à commencer par la parole.

Le froncement de sourcil est net, l’incompréhension visible, et il a beau se repasser en quelques secondes les mots de la jeune femme dans son esprit qu’il n’en saisit pas le sens. Ou alors, les seules choses qu’il perçoit sont les nombreuses inversions, qui en rendent le discours joliment incompréhensible. « Mademoiselle vous… » Il va pour l’interrompre, au moins essayer de la calmer en affichant un sourire rassurant, mais il n’a ni le temps de finir sa phrase ni celui de s’approcher pour la rattraper qu’il voit la catastrophe arriver. Les dieux savent comment, mais entre maladresse et gêne, la Faustine se retrouvait les quatre fers en l’air dans la fontaine, le manteau trempé et la robe tout à coup transparente. Il ne peut s’empêcher un petit gloussement moqueur mais pas méchant, en observant la scène quelques secondes, alors que la pauvre jeune femme se prend à son tour de le saluer, comme si il était encore temps de le faire. Il ne s’offusque pas, évidemment.

D’une poignée de pas, il se rapproche de la fontaine, éloigne les chats qui étaient montés sur le rebord pour observer la malheureuse tombée à l’eau et jouer avec la petite tortue barbotant dedans, puis tendit une main amicale pour l’aider à remonter.

« Permettez moi de vous aider. Je ne pensais pas que quelques salutations vous mettrez dans un tel état. Tout va bien, vous ne vous êtes pas fait mal au moins ?  J’espère en tout cas ne pas vous avoir offusqué ou gêné d’une quelconque façon. »

En réalité, il ne s’en préoccupait pas vraiment. Il n’était pas idiot, il avait bien vu que ce qui avait perturbé la jeune femme, c’était lui et uniquement lui. De quelle manière, il n’en savait trop rien, mais l’évidence était là. Main dans la sienne, il l’aide à se redresser, et toute dégoulinante d’eau, il l’invite à reculer un peu de la fontaine, plaçant une main sur ses hanches pour lui éviter de glisser sur les pavés du chemin.

« Ah vous allez attraper froid, tenez. » Il défait son manteau de fourrure, importé tout droit de Valkyrion, et le dépose sur les épaules de la jeune femme, en effet bien trempée. Et les températures, si elles n’étaient pas désagréables dans le bassin l’étaient parfaitement à l’air libre et en proie aux affres du vent, aussi léger soit-il. « Je devais vous parler mais ça attendra, mon épouse m’en voudrait terriblement si je ne lui rendais pas sa chère amie en bon état. » Il est taquin, son regard l’est tout autant. Peut être même un peu différemment que son ton, lorsqu’il dévie l’espace d’une seconde sur cette robe indécemment transparente. Et s’il ne s’y attarde guère, il note néanmoins avec appréciation les détails. Sans rester bien longtemps au froid mordant des terres lagranes en ce froid hiver, ils retournent au palais dans un certain silence, entre malaise et gêne. Ce n’est point celle de Denys en tout cas. Quand ils sont proches des appartements de la jeune femme, il lui glisse sympathiquement :

« Quand vous serez changée, rejoignez moi dans mon salon s’il vous plait. » Et d’un petit salut il s’éloigne, espérant qu’elle ne mettrait pas trop de temps à se préparer.


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptySam 4 Fév - 16:48

Si les tortues pouvaient soupirer, Eriath le ferait sûrement ; mais elles ne soupirent pas, aussi le très relaxé Familier prend-il les choses du bon côté, faisant connaissance avec un chaton enhardi qui le tâte du bout de la patte avec curiosité. Nageant en rond autour de sa mage toute piteuse, il tente de lui communiquer des vagues de sérénité qu’il sait fort bienvenues. C’est qu’elle a si peu l’habitude du monde, sa ménestrelle solitaire ! Quand elle joue, c’est derrière un paravent, comme les autres musiciens, pour que son apparence ne gêne pas les hauts seigneurs et nobles dames de la cour ducale. Et sa chère Marjolaine, elle l’a connue avant son mariage et son accession au trône d’Edenia, alors… Oui, Maidhenn en présence des souverains est telle un poisson hors de l’eau, paniqué et suffoquant.

Mortellement confuse, terriblement gênée, elle se laisse pêcher hors du bassin par le duc surgi de nulle part et qui l’a si fort surprise. Un frisson glacial la secoue tandis que le vent froid de l’hiver vient jouer avec les pans détrempés de sa robe blanche, et elle accueille avec gratitude l’épais manteau qui s’en vient recouvrir ses épaules, pliant le genou en une révérence maladroite mais néanmoins profonde. « Je… je vais bien, Votre Grâce, vous m’avez – vous m’avez simplement surprise, je n’ai pas l’habitude de rencontrer quiconque ici. J’ai eu peur, voilà tout, mais c’est ma faute, pardonnez-moi. » Elle n’a pas relevé les yeux du sol, Faustine, contemplant obstinément le bout de ses pieds, indécise quant à la conduite à tenir devant cet homme qui ne lui a que bien rarement adressé la parole. Le chemin de retour jusqu’aux couloirs du palais est empreint de la gêne qui suinte de toute sa personne ; et c’est toujours le regard braqué au sol que Faustine s’incline lorsque son duc lui formule sa convocation. D’un geste timide, elle retire le manteau et le confie au domestique venu s’enquérir des besoins du souverain, puis s’en va vers l’appartement modeste qui est le sien, dégoulinant de dalle en dalle le long du couloir, semant derrière elle un chemin de gouttes d’eau glaciale. Elle se hâte, Faustine : Eriath a froid, et elle sait bien le danger que représentent des températures trop basses pour son petit Familier. Avant même de se changer, elle le sèche soigneusement, l’enveloppe dans un pan de couverture douillet et le dépose près du bassin chauffé où il aime à se baigner. Je vais bien, petite, j’ai juste un peu froid. Tu devrais te changer : tu vas finir par tomber malade.

« Je ne vais pas savoir où me mettre, Eriath. Je me suis couverte de ridicule. A ton avis, qu’est-ce qu’il me veut ? » La tortue n’en sait rien, mais s’applique à rassurer sa mage, qui finit par émerger de derrière son paravent, convenablement séchée mais fort indécise quant à la tenue qu’il convient de porter. L’instinct la pousserait à choisir une de ses robes habituelles, confortable et pudique, mais c’est le duc qui l’a convoquée ; sûrement doit-elle produire un effort de toilette… ? Sûrement. Mets une des robes que t’a données la petite Cielsombroise, la bleue peut-être ? Et fais quelque chose pour tes cheveux.

Obéissante, la ménestrelle enfile la tenue remise par Liselotte : tous ces mètres de tissu, et elle se sent… indécente. Il n’y a rien que de très classique pourtant, mais c’est plus fort qu’elle : la soie lui semble si légère, par rapport à la laine ! Elle apprécie la dentelle, toutefois, l’élégance des gants qui enserrent ses bras jusqu’au coude, et même les rubans délicats qu’elle lui a fournis pour habiller ses coiffures sérieuses. Le chignon est interdit à partir de maintenant, a déclaré la petite couturière en lui agitant un index péremptoire sous le nez ; mais elle n’a pas non plus deux heures devant elle, car le duc attend. Une tresse ira bien, elle y fait courir l’un des rubans givrés d’argent – ça ira très bien, la voilà présentable. Je prends ma vielle, tu crois ? Il veut peut-être t’entendre jouer, prends-la toujours, on ne sait jamais.

Glissant la lanière soutenant l’étui sur son épaule, Faustine dépose un baiser sur la carapace d’Eriath qui reste au chaud dans sa félicité toute reptilienne, et prend la direction des salons ducaux où un domestique la prie d’attendre. Une fois en présence de son souverain, c’est une révérence bien plus nette qu’elle lui adresse, polie et humble. « Vous m’avez mandée, Votre Grâce, me voici plus présentable. Ai-je… déplu à Votre Seigneurie, Sa Grâce votre épouse a-t-elle à redire de mes services… ? »
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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyJeu 16 Mar - 2:37

Le temps défile sans que le duc n’y prête réellement attention. Au cœur de son salon, réchauffé par un feu agréable de cheminé qui éclaire doucement la pièce en plus des grandes fenêtres qui attirent les rayons du soleil, Denys se prend à patienter en observant distraitement les extérieurs du palais. D’ici, les jardins semblent comme abandonnés, silencieux, froids. Et pourtant, leur beauté n’en est que plus ravissante, dans cette austérité qu’apportent l’hiver et son manteau de neige. Celle-ci n’est encore que légèreté, se fondant à merveille dans ce qu’il reste de vert dans les jardins si bien entretenus. La vision le ravi, et observer ainsi les éternels jardins figés dans le temps fait passer aux yeux de Denys les secondes bien prestement. Quand enfin on toque à la porte, il n’aurait su dire depuis combien de minutes son regard et son esprit s’étaient perdus dans le vague et les songes.

C’est un domestique qui entre, lui annonçant que la dame Faustine est arrivée. Difficile d’oublier les instants qui avaient précédés cette rencontre, offrant au duc une vision des plus amusantes au sujet de la petite ménestrelle. Sans doute s’empresserait-il de le raconter à Marjolaine. Ou peut être garderait-il ce plaisir pour lui. Il n’était pas décidé et c’était bien là une pensée de peu d’importance. Quand enfin elle entre, se présente à lui dans une révérence d’usage, il remarque immédiatement la finesse de sa toilette et la joliesse de la robe. Liselotte, à n’en pas douter, était la main habile qui avait façonné pareille merveille. Si l’envie le titille d’observer avec plus d’attention la jeune femme, juger de cette nouvelle apparence, il n’en fait rien. Il avait d’ores et déjà conscience que sa présence mettait mal à l’aise la Faustine, et qu’insister en ce sens ne saurait que lui faire perdre du temps. Et il en avait déjà perdu bien assez.

« En aucune façon. Je pense que si mon épouse souhaitait vous faire part de quelques inquiétudes, elle ne passerait pas par moi pour vous l’annoncer. Vous êtes de bien des façons plus proche d’elle que je ne le suis. »

Il n’y avait là qu’une banale vérité qu’il ne dérangeait pas à Denys d’expliciter à voix haute. Même si la cour n’avait presque pas connaissance de qui était Faustine de la Fugue, lui savait qu’elle était la meilleure amie de Marjolaine et qu’elle marchait depuis toujours à ses côtés. En tout cas, elles se connaissaient d’avant son mariage avec lui et était venue avec elle ensuite au palais en tant que dame de compagnie. Il ne s’attarde pas cependant sur ces paroles et continue plutôt vivement.

« Non en réalité je souhaitais parler avec vous de choses qui nécessitent pour moi quelques… éclaircissements. Je souhaiterai, avec votre accord et votre aide, en apprendre plus sur vous, les Mages du Sang. Depuis longtemps, Lagrance les protège et plus récemment encore, nous leur avons apporté notre soutien. Pour ma part, en apprendre plus sur vous et vos capacités me permettraient de visualiser mieux les choses en cas de… conflit ouvert, dirons nous. »

Conflit ouvert, c’était bien là synonyme de guerre. Fallait-il être devin pour prédire les événements qui étaient susceptibles de détruire Arven ? Nullement. Les tensions parlaient d’elle même et la venue de Gustave n’était en rien un frein à l’explosion de celles-ci. Au contraire, ses actes n’avaient fait qu’enflammer un peu plus la haine, au grand plaisir de l’Ordre. D’un geste, il invite la dame de la Fugue à bien vouloir prendre place sur l’un des fauteuils, non loin de l’âtre de la cheminée.

« Puis-je donc espérer votre coopération à ce sujet ? »

Si le ton ne semblait pas intimer un ordre, puisqu’il était emprunt d’une sympathie criante et presque légèreté, il espérait qu’elle n’aurait pas la présence d’esprit de contredire sa demande.


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyDim 9 Avr - 23:38

Le duc ne semble pas particulièrement d’humeur taquine, et la tension de Faustine s’apaise – très légèrement. Après tout, elle est quand même seule en sa présence, vêtue d’un ensemble de chiffons scandaleux ! Bon, elle doit bien admettre que la jeune Liselotte s’est montrée fort diligente pour respecter ses souhaits, mais elle n’en reste pas moins fort mal à l’aise de dévoiler autant de peau sur ses bras. Avec un peu de chance, l’entrevue ne durera pas trop, et elle pourra rapidement s’esquiver pour s’en aller retrouver Marjolaine et la petite Rose.

Les mots du souverain la rassurent également – s’ils n’ont pas à se plaindre de son service, si sa chère amie n’a rien à redire à son comportement, alors pourquoi est-elle convoquée aussi soudainement sous le regard impitoyable de son souverain ? Il n’a pas la réputation fantasque du duc Castiel, de Sombreciel, connu pour sauter d’une lubie à l’autre sans s’interrompre pour réfléchir au bien-fondé de ses positions ; mais elle se méfie tout de même un peu des calculs savants de cet esprit roué comme seuls le sont les vrais Lagrans. Il ne s’arrête jamais de réfléchir, a mentionné un conseiller un jour sans remarquer qu’elle était là et entendait la discussion. Comme s’il y avait sous son crâne couronné un mécanisme magique sans cesse en train de peser le pour et le contre… C’est sûrement une exigence du trône, pour parvenir à protéger Lagrance de tout risque, mais Faustine se méfie de ces personnes qui ne pensent qu’en profit et perte. Le duc Denys est-il vraiment de ceux-là ? Elle n’est pas certaine de tenir vraiment à le découvrir.

La suite de son discours semble confirmer ses soupçons. Oh, elle n’est pas dupe, la petite ménestrelle : ce qu’il attend d’elle, c’est un descriptif de leur valeur militaire. Les réfugiés qui peuplent Lagrance feront-ils de la bonne chair à canon pour les armées ennemies ? L’indignation l’étouffe presque, mais c’est la présence rassurante d’Eriath qui l’apaise et la calme. Peut-être, effectivement, ne devrait-elle pas juger aussi promptement, sur la seule base des racontars et des bruits de couloir. C’est un bon duc, cet homme arrivé au pouvoir par un bien hasardeux concours de circonstances, et s’il est aimé du peuple c’est sûrement pour une bonne raison. Circonspecte, Faustine dépose son instrument à ses pieds, se tordant nerveusement les mains. Elle qui vit tant à l’écart de tout n’est pas forcément la mieux placée pour lui répondre ; et il doit bien évidemment parfaitement s’en douter.

« Je suis à vos ordres, Votre Grâce. Mais… » Elle s’interrompt, se mord la lèvre, et prend place sur le fauteuil pour se donner contenance, cherchant comment formuler ses réserves sans qu’elles ne sonnent trop comme une rebuffade. Il a l’air serein, mais elle pressent quelque chose de bien plus sombre en lui, derrière ses sourires et son ton caressant – quelque chose d’implacable et de puissant, murmuré à son oreille par sa magie du Sang si sensible, et elle redoute de s’y confronter un jour. « Je ne suis qu’une simple modeleuse, monseigneur. Dame Alaïs serait peut-être plus à même de vous renseigner comme vous l’attendez… ? » Lorsqu’elle tourne le regard vers lui, elle perçoit une pulsation du Sang  dans la pièce silencieuse, et sait que l’anneau de rubis scintillant autour de ses iris s’est réveillé. Sa magie s’est déployée, et elle évalue les environs, mal à l’aise sans trop savoir pourquoi. Est-ce une menace, qu’elle ressent… ?
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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptySam 10 Juin - 18:56

Elle ne semble guère rassurée, la timide Faustine, et pourtant, rien n’indique qu’il y a quelque chose à craindre de Denys. Et c’était vrai, le duc n’avait nullement l’intention de mettre la jeune femme dans une situation embarrassante, la menacer de quelque façon ou l’obliger à faire quelque chose qu’elle ne souhaitait pas faire. Il était surtout là pour discuter et en apprendre plus. S’il n’apprécierait guère l’idée qu’elle refuse un brin de discussion avec lui, il n’était pas à ce point tyrannique – ne l’était pas du tout d’ailleurs – pour en tenir rigueur. Il trouverait quelqu’un d’autre si d’aventure elle n’avait pas l’envie de parler. Pourquoi Faustine ? Outre qu’elle était une proche de Marjolaine, la marraine de sa fille et donc, de fait, une personne de confiance, elle était femme du peuple et, malgré sa tendance à ne pas se faire remarque et se mêler aux autres, en savait plus sur certains point qui l’intéressait tout particulièrement.

Si elle semble prête à échanger quelques paroles, le ton reste distant, les mots rares et la gestuelle nerveuse. Tout cela, il suffit d’un coup d’œil à Denys pour le remarquer. Elle n’était pas vraiment douée, la petite ménestrelle, pour cacher le fond de ses pensées. A vrai dire, peut-être ne cherchait-elle pas du tout à le faire. Ce qui au contraire pour un Lagran était presque une seconde nature. Au « mais » qui termine sa première phrase, c’est un regard perçant que le duc adresse à la jeune femme, suivant minutieusement les gestes du coin de l’œil, l’observant s’asseoir face à lui et hésiter pour finalement formuler le fond de sa pensée. Une pensée qui fait sourire Denys, alors qu’il vient la rejoindre dans le fauteuil en vis-à-vis. Avant qu’il ne réponde, les yeux se croisent, les regards s’accrochent curieusement, faisant naitre chez lui un frisson qu’il ne contrôle pas, éveillant quelques dérangements en lui. Au dessus de son cœur, la marque rouge de Sithis semblerait presque l’irriter. S’il garde en tête l’information, elle semble ne pas le perturber outre mesure.

« J’ai conscience que cette demande peut vous paraître étrange mademoiselle, mais il n’y a rien d’anodin et d’irréfléchi dans ma démarche. Sachez que j’ai déjà eu l’occasion de m’entretenir avec la dame Alaïs et elle a déjà connaissance de certains projets. Néanmoins, vous et elle avez des avis différents et surtout des visions différentes sur ce qui m’intéresse. »

Il demeure une seconde mystérieux, le duc de Lagrance, son regard d’azur plongé avec une certaine insistance dans celui de la jeune femme, charmant et envoutant tel un serpent, sans faire détourner les yeux. Pourtant, quand il vient à reprendre la parole, le ton qui utilise est plus grave, moins léger qu’il ne l’avait été jusqu’alors.

« Je ne vous cache pas mademoiselle que les troubles et tensions qui touchent Arven aujourd’hui sont très inquiétants. Il est de mon devoir de prendre les devants si… et bien comme je le disais, des conflits ouverts venaient à se déclarer. Si l’empereur l’ordonne, il me faudra certainement mettre a disposition de la guerre les mages de batailles de Lagrance. Et bien que j’exècre cette perspective, il nous faudra nous défendre face à Ibélène. » Est-ce bien vrai sur ce point ? L’Ordre désirait la guerre et Denys approuvait cet état de fait… « Vous n’êtes bien entendu pas ici pour que je vous parle de conflit ou de stratégie militaire. Ou pas tout à fait. Mais dites moi, Faustine, vous qui êtes une réfugiée sur nos terres depuis longtemps, protégée par les lagrans comme tant d’autres venus trouver asile parmi nous, seriez vous prête à protéger ce peuple ? Les autres le seraient-ils aussi ? Je n’ai nuls désirs d’envoyer les Mages du Sang au front, iront ceux qui le souhaite. Mais je dois savoir si néanmoins, dans les terres, ils demeureront présents pour protéger ceux qui ne peuvent l’être par les armées envoyées se battre. » C’était tout ce qui importait réellement à Denys, protéger son peuple. Faërie comptait bien moins que Lagrance, d’une telle pensée il ne s’en était rarement caché, mais c’était là le point de vu de bien des ducs. L’empire était une chose, mais il avait moins d’importance que la vie du peuple qu’ils avaient entre leurs mains.


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyMar 13 Juin - 19:56

Le duc a apparemment déjà consulté dame Carmine, et Faustine s’interroge : si l’aînée de leur ordre s’est déjà entretenue avec lui à ce propos, que pourrait-elle bien pouvoir y ajouter ? D’ordres de bataille, nécessitant l’avis d’un mage de Sang expérimenté ? Peut-être Malion serait-il mieux placé pour y répondre ? Nerveuse, oppressée par la sourde vibration qu’elle perçoit dans l’air, elle attend qu’il explique, captant tant bien que mal les ondes réconfortantes d’Eriath qui barbote avec délices dans son bassin. Il y a cette… pulsation… qui s’agite, comme un frôlement sur sa peau. Une présence silencieuse, attentive, et Faustine se sent observée par des yeux qu’elle ne parvient pas à repérer. Frissonnante, elle se force à reporter son attention sur le souverain qui s’adresse à elle ; il est de son droit, après tout, de faire épier leur entretien par qui bon lui semblera.

Ce qu’il lui explique fait courir un doigt glacial sur son échine. La… la guerre. Est-ce possible ? En seraient-ils déjà arrivés là, ces deux empires querelleurs et obstinés ? La Trêve pourtant défend la paix depuis si longtemps ; assurément, elle ne saurait être ainsi dissoute ? Une bouffée d’angoisse l’envahit à cette idée – oh, imaginer Edenia ravagée par des troupes ennemies, les dragons tombant du ciel comme des fruits trop lourd pour la branche qui les porterait, les rivières de sang dans les ruelles, les enfants sans père et les époux séparés… Elle s’étrangle à moitié lorsqu’il lui demande, avec un aplomb éhonté, si elle se sent l’âme d’un soldat. C’est l’horreur à présent qui saisit celle qui n’a jamais vraiment cessé d’être fille d’Outrevent, vouée à Levor. « Monseigneur… ! » La plainte est sincère, le ton à la fois réprobateur, choqué et suppliant. A court de mots, elle écarte les mains d’un geste impuissant, ne sachant trop quoi lui répondre. « Votre Grâce, comprenez bien…. La magie du Sang n’est pas une magie offensive, elle ne nous donne aucun avantage tactique. Dame Carmine a dû vous l’expliquer ? Nous sommes des artisans, monseigneur, pas… pas des bouchers. » Oh, infime pointe de reproche dans ces derniers mots ! Ne sait-il donc pas, depuis toutes ces années où elle hante les pas de Marjolaine, où elle élève Rose en marraine attentionnée, que ses mains sont celles qui créent la vie, et pas celles qui s’arrogeraient le droit de l’ôter ? S’est-elle montrée trop enhardie, trop franche dans sa réponse ? S’est-elle fait le jouet de cette fierté sauvage que les Outreventoises portent chevillée au corps dès qu’elle sont suffisamment grandes pour parler ?

Craignant d’avoir suscité sa colère, fuyant soudain son regard, elle s’agenouille d’un mouvement saccadé, inclinant la tête en signe de soumission. « Pardonnez ma hardiesse, seigneur, mes mots ont dépassé ma pensée. Vous êtes le duc de Lagrance, je me dois d’obéir – même si vous me demandez de trahir ma foi en n’animant des consciences que pour en faire des soldats. » Sa voix a tremblé sur les derniers mots. Quel gâchis ! Quel affreux gaspillage d’énergie, de ne créer la vie que pour l’entraîner à massacrer autrui. Une part d’elle se recroqueville à cette idée, qui renie tout ce en quoi elle croit ; mais le souverain lui a posé une question précise, et elle se doit d’apporter une réponse claire. « Je suis fille de Faërie, Votre Grâce : je ne reculerai devant rien pour défendre ma duchesse et la princesse sa fille. J’ai donné ma loyauté à Lagrance il y a déjà bien longtemps, monseigneur. »

Même si Outrevent règnera toujours sur son cœur.
Abandonne-t-on jamais vraiment complètement un rêve d’enfant… ?
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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyLun 17 Juil - 23:37

La plainte de Faustine éveille un soupçon de doute dans l’esprit de Denys. Avait-il dit quelque chose de mal ? Quelqu’un chose qui avait été interprété de la mauvaise manière ? Oh sans aucun doute, quand la Mage du Sang poursuit ses propos d’une voix outrée, d’un ton empli d’un reproche que le duc a bien du mal à supporter. Les critiques, Denys est capable de les comprendre lorsqu’elles sont justifiées, de les accepter, même, si cela évitait de refaire des erreurs. Mais dans les mots de Faustine, il ne perçoit rien dans le reproche qui soit mérité. Elle interprète comme elle le veut les paroles, osant supposer qu’il ne voyait les gens que comme des pions pour aller se battre, des bouchers. Le terme est fort. Trop fort pour laisser le duc indifférent. En à peine une seconde, le masque qui voilait son regard tombe pour laisser paraître des yeux glacés, emplis d’une colère qu’il doit maîtriser et museler. Mais le souffle de celle-ci, tempétueuse, est palpable. Bientôt, ses prunelles n’affichent plus qu’un mépris grandissant.

Il ne dit rien. Ne répond rien. Et face à son silence, la ménestrelle semble percevoir sans peine l’indignation silencieuse de son duc et l’ire muselée qui ne demande qu’à s’exprimer. Elle fait bien de s’agenouiller presque immédiatement, consciente de la teneur de ses propos. Si elle n’avait point agit de la sorte, la sentence serait tombée, et peu importe l’amitié qu’elle avait pour Marjolaine et l’amour que celle-ci lui rendait. Peu importe. Car s’il y avait bien une chose que Denys avait en horreur, c’était le manque de respect. L’insolence de l’Outreventoise aurait pu coûter cher, et pourtant… pourtant si elle se montre désolée, elle n’abandonne pas l’idée qui cloisonne son esprit. Il ne la pensait pas si stupidement fermée. Belle erreur de calcul que celle qui l’avait mené à questionner Faustine. De toute évidence, l’influence de Lagrance n’avait pas débloqué la pensée étriquée des outreventois qui demeurait en elle. Mais une chose au moins était claire, cette femme le voyait comme un assassin, prêt à sacrifier plutôt que préserver. L’aigreur qui découle de cette constatation le fait grincer des dents et serrer fermement les accoudoirs de son fauteuil. Et c’est elle qui est la marraine de sa fille chérie ? Elle qui l’éduque ? Si c’est c’est ainsi, Rose finirait bientôt par être aussi coincée que cette ménestrelle. Même ce qui semble être un serment de loyauté à la couronne de Lagrance ne convient guère à Denys qui dans un geste peut-être trop vif se relève.

« Vous devez me prendre pour un monstre, dame de la Fugue, pour penser et croire de telles choses. » Il est quelque peu acide, le ton du duc de Lagrance. Et il est si rare de le voir user de sa colère, même froide. Car il sait qu’elle envahit et trahit le bon sens, ouvrant les voix aux sentiments plutôt que l’esprit. Mais même si elle tonne dans son ton, froide et insidieuse, elle n’est pas encore à détourner sa volonté et l’immense édifice de ses pensées. « Ai-je seulement parlé de soldat ? Ai-je parlé de combats et de morts ? De tuerie peut-être ? Est-ce que dans le terme de protéger, vous n’y voyez que le sacrifice et la boucherie ? Si c’est le cas madame, vous m’en voyez désolé, car je n’ai pas songé une seule seconde à ces choses là. Je pensais à la préservation, l’entraide, le soutien. En aucune façon la destruction. » Elle perce avec acidité, la voix de Denys, assénant coups sur coups, mais restant néanmoins claire et calme.

« J’apprécie la franchise lorsque elle fait preuve de respect. Mais je vous conseille d’être plus prudente la prochaine fois que vous vous adresserez à quelqu’un de mon rang. Tous n’ont pas la même patience et tolérance que moi. » Fit-il en se retournant vers elle, plongeant son regard froid sur cette silhouette qui n’osait pas croiser ses yeux. Était-ce bien nécessaire de continuer de l’accabler ? Il n’était pas homme à s’acharner quand il n’y avait plus de nécessité. Et il n’avait pas l’envie de paraître plus cruel qu’elle ne le voyait déjà sans doute. Alors il ajouta ces quelques mots, tentant d’adoucir le ton de sa voix, trahit toujours d’un soupçon de colère. « Je vous pardonne, car vos mots étaient certainement sincères et les miens peut-être trop peu clairs. Mais je vous assure, ma dame, qu’il n’y a aucune malice et aucune pensée de violence dans mes propos. Je n’aspire qu’à protéger mon peuple. Et les mages du Sang de Lagrance font partis de ce peuple. »


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyMer 19 Juil - 23:17

Les yeux braqués au sol, agenouillée sur les dalles froides qui meurtrissent ses genoux, Faustine n’ose pas bouger. Le dos rond, le regard baissé, elle prie de toute la ferveur de son âme pour que l’homme impitoyable qui lui fait face n’ait pas été trop courroucé par ses mots. C’est un malentendu, a-t-elle envie de murmurer alors qu’il déverse sur elle sa mercuriale mordante ; mais elle sait bien qu’il n’en est rien, qu’elle a pensé chacun des mots qu’elle a prononcés. Elle s’est peut-être méprise sur le sens de ses paroles, oui ; il n’en reste pas moins que l’empire de Faërie n’a guère été tendre lors du millénaire écoulé pour les enfants du Sang et ceux qui osent se revendiquer de cet augure effrayant. Il continue à parler, si terriblement froid qu’elle en frémit, et à nouveau elle se demande par quel singulier concours de circonstances sa chère Marjolaine a bien pu s’éprendre d’un homme aussi… aussi… lagran. Elle n’est pas convaincue de la sincérité de ce qu’il lui dit, ce beau parleur qu’elle a déjà vu à l’œuvre à plusieurs reprises ; et si elle n’a jamais osé demander directement à son amie ce qu’elle pouvait bien trouver à son mari digne d’être aimé, elle ne s’en pose pas moins très sérieusement la question.

Et cette présence oppressante qui semble vouloir l’enfoncer dans le sol ! Elle peine à respirer, Faustine, sans trop savoir si c’est la menace planant dans l’air qui l’étouffe, ou simplement le poids des remontrances qui lui fait quelque peu perdre ses moyens. Elle ne se sent pas très bien, c’est sûr ; il faut bien reconnaître que le sujet de conversation est plutôt tendu, et qu’il agite bien trop de mauvais souvenirs. C’est d’une voix blanche qu’elle prend la parole, toujours prostrée au sol puisqu’il ne l’a pas invitée à se relever, les poings serrés sur ses cuisses. « Je n’ai pas à présumer de ce que vous êtes, monseigneur, vous portez couronne et cela vous donne tous les droits sur le peuple qui vit sous votre férule, moi incluse. Mes paroles ne sont que le reflet de ce que pensent la majorité des mages du Sang qui se terrent en Lagrance : comment avoir confiance, comment oser sortir et se montrer au grand jour ? Ils vivent cachés depuis des générations dans vos jardins et vos vergers, et ils ne vous connaissent pas, monseigneur. Je n’ai été épargnée que grâce à la protection de votre épouse, bénie soit Marjolaine et son cœur généreux – et parce que j’ai vécu recluse dans votre palais, à raser les murs… »

Un spasme irrépressible la secoue, et elle se penche en avant, frissonnante, se retenant sur ses mains tendues – une grosse larme roule sur sa joue, tombe au sol, dessinant un rond plus foncé sur le sable fin qui recouvre les dalles. Blême, elle contemple un instant ses doigts dont elle connaît la forme fourchue par cœur, sous l’épais tissu qui les recouvre. Lentement, de gestes saccadés et maladroits, elle retire ses gants, les déposant sur ses cuisses. Le regard toujours braqué au sol, elle lève les bras devant sa tête, exposant clairement au regard de Denys les ruines que sont ses mains de musicienne, et qu’elle n’a jamais montrées qu’à Marjolaine. Un tremblement nerveux agite les doigts déformés, le même tremblement qui secoue son filet de voix tandis que, digne mais désespérée, elle reprend son explication. « Je viens d’un duché où l’on massacre les gens comme moi, Votre Grâce. Où des mères préfèrent dire à leur enfant de se tuer, que d’envisager d’accepter que le Sang les ait réclamés. Mon propre père a détruit mes mains pour me punir, d’un crime dont je ne suis pas coupable – mes parents ont essayé m’ôter la vie, monseigneur. Des dizaines d’Outreventois n’atteignent jamais l’âge adulte car on les fait disparaître, pour le seul crime d’avoir les iris couronnés d’écarlate. J’ai été vue comme une abomination toute ma vie, je ne dois de respirer encore qu’à la grâce des Blanc-Lys – peut-on me reprocher ma méfiance, sire ? » Tremblante de tous ses membres, elle finit par relever le regard vers lui, hésitante, le rubis pulsant au creux de ses prunelles dans un chatoiement embrasé, sa magie activée par la détresse qui agite son cœur. « Ai-je le droit… d’être protégée, monseigneur ? Est-ce que vous pensez vraiment… que ceux de mon espèce… le méritent, au lieu d'être... sacrifiés ? »

Peut-il réellement se trouver un seigneur couronné qui revendique les enfants du Sang comme siens... ?
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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyJeu 20 Juil - 15:05

Elle demeure encore quelque peu vivace, cette colère qui avait enflammée les paroles de Denys malgré la froide morsure de ses mots. Il était resté d’un calme glaçant et il espérait bien qu’ainsi, le sens de son discours était bien compris par la pauvre ménestrelle, prostrée et acculée par le duc. Elle ne se redresse pas, ne se relève pas, n’ose pas le regarder alors qu’il a fini de parler. Et il se satisfait un instant de la laisser ainsi, ne lui ordonnant guère de bouger, pas même le droit de lui faire face ailleurs qu’à même le sol. Mais il n’y a pas de réelle délectation à cette sensation, ni même de leçon à vraiment tirer de cette situation, sinon celle d’un jugement trop preste, une erreur commise d’un côté comme de l’autre. Enfin, elle ose reprendre la parole, la demoiselle de la Fugue, d’une voix éteinte et craintive, si basse et si faible qu’elle fait s’ébranler l’ire encore présente.

Les pensées et l’avis de tous les Mages du Sang.

Voilà enfin les informations qu’il désirait avoir. Voilà enfin le discours caché et gardé sous silence de ces pauvres malheureux nés avec une magie détestée et honnie. Lagrance avait beau prendre soin de ces mages, ils étaient restés cachés malgré tout dans le plus grand des secrets, incapables de se présenter au grand jour, sous un soleil brûlant et chatoyant. Et que dire de ceux qui n’étaient point originaire du duché des jardins ? Oh il le sait, le duc de Lagrance. Ou en vérité, à défaut de savoir, il devine. Il ne devine que trop bien le malheur et l’horreur qui ont touché ces gens qui n’avaient rien demandé, qui espéraient pouvoir se débarrasser d’une bénédiction qui à leurs yeux n’était que malédiction. Silencieux, il observe les mouvements lents et précis de l’outreventoise, les spasmes qui parcourent ses épaules voûtées et son dos courbé. Il les voit, ces mains disgracieuses, tordues, brisées par l’ignorance et la bêtise d’un homme à l’esprit étriqué. Geste incontrôlé, le poing du duc se sert à cette pensée, et au fond de lui, son cœur s’offusque d’une attitude proche de la barbarie. S’en veut-il d’avoir fait pleurer cette femme ? De voir les larmes sillonner ses joues et tomber sur le sol froid de son bureau ? En partie oui, car le jugement avait été trop prompt, trop peu réfléchi.

Peut-on lui reprocher sa méfiance ?

Non, voudrait-il répondre. Non évidemment, car la souffrance endurée justifiait toutes les peurs qui perçaient son âme. Mais il ne parvint pas à laisser sa voix franchir la barrière de ses lèvres. Happé par le regard flamboyant et dévasté de Faustine, il perdit toute notion des mots. Jusqu’à ce que ceux de la jeune femme viennent éteindre les dernières braises de colère en lui. Son regard se fait désolé et pourtant, ne se lisait en lui aucune pitié. Avec une infinie douceur, il approcha la demoiselle agenouillée, tendit sa main pour saisir celle qui lui était présentée. Pendant une seconde pourtant, il semble hésiter à la saisir. Ce n’était point par dégoût mais plutôt par peur. Peur de blesser cette main si fragile dans la sienne, plus ferme et plus franche. Pourtant, il finit par effleurer de ses doigts ceux de la jeune femme, avant de l’envelopper de sa main. Ils étaient froids, ces petits doigts tordus, si froids malgré le tissu qui les avait protégé. Pour un instant, il caressa la peau douce et blanche, avant de l’inviter d’un geste à se redresser.

« Relevez-vous, Faustine. » Ses yeux qui s’étaient posés sur les mains brisées de la jeune femme se relèvent pour contempler à nouveau ce regard étonnant cerclé de rouge. Il lui faut une poignée de secondes pour trouver les mots justes, mais quand ils franchissent enfin ses lèvres, pas un instant il n’hésite. « Tous. Tous autant que vous êtes, je vous protégerais. Pas parce qu’il en va de mon devoir, mais parce que c’est ce que je souhaite. Parce que j’aime mon peuple. Tout mon peuple. Je n’ai pas peur de vous regarder, de faire face à vos yeux cerclés d’écarlate. Je n’ai pas peur de vous toucher et de vous laisser percevoir les pulsations de ma vie. Je n’ai pas peur de votre magie, magie que j’admire et respecte. Et je n’ai pas peur de prendre les risques nécessaires pour vous offrir à tous le droit de vivre votre vie au grand jour, de prendre le chemin que vous souhaitez Je les ai déjà pris, plus d’une fois et je n’hésiterais pas à le refaire. » Sa seconde main vint se poser sur leurs deux mains déjà liés, serrant avec douceur les doigts si fins. « Sachez que je ne tolérerais jamais que sur mes terres, d’autres Mages du Sang soient torturés ou tués. S’il le faut, je ferais pour eux de Lagrance un jardin de paix. Un havre où ils ne craindront pas de s’afficher aux yeux de tous. D’où qu’ils viennent, ils seront les bienvenus. Comme les autres, je les protégerais. » Bien sûr, il y avait désormais l’empereur Gustave, luttant pour réhabiliter la magie du Sang. Mais jamais comme lui il n’avait été entouré par tant d’enfants de cette magie honnie. Et peu avant qu’il n’arrive sur le trône, Denys avait déjà fait le choix de protéger ces exilés en leur offrant asile sur ses terres. Et puis il y avait Marjolaine, protectrice reconnue des Mages du Sang. Lagrance était définitivement le meilleur endroit pour eux, un endroit où ils ne seraient pas jugés pour leur magie tant détestée ailleurs. « Un jour, nous parviendrons à rendre aux Enfants du Sang la place qu'ils méritent. Pas seulement en Lagrance. »


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyVen 21 Juil - 0:52

Ô Levor, qu’elle a honte. Qu’elle se sent humiliée, la ménestrelle traumatisée, à exhiber ainsi sa pire infirmité ! A faire étalage de ses stigmates, de ses cicatrices, du vibrant témoignage qui certifie que ses géniteurs lui ont voulu du mal. Et c’est toute la détresse de ses quatorze ans d’alors qui se réveille et gémit dans le silence de son âme, celle de l’enfant que l’on voulait forcer à changer, à prétendre être une autre que celle qu’elle née pour devenir. Un abîme de douleur, qu’elle n’a jamais montré à personne, pas même à sa sœur, et que seule Marjolaine est en position de deviner. Eriath en connaît les détails, bien sûr – mais cela ne compte pas, il fait partie d’elle.

Ses doigts tremblent, dans l’air froid de décembre – quand soudain, l’impensable se produit. Denys vient de saisir sa main dans la sienne, et Faustine retient un hoquet de surprise. Personne, jamais, non personne n’a touché ses doigts crochus, à part Marjolaine et sa douceur désolée. Elle a plus l’habitude des coups et des blessures que des effleurements, Faustine, et elle se trouve un instant totalement désarçonnée par la chaleur de ce simple geste. C’est tellement nouveau ! Pas de menace, pas de rancœur, même la colère semble évaporée ; et dans le regard du duc, au lieu d’une pitié malvenue que sa fierté chevillée comme une armure n’aurait pas tolérée, la ménestrelle ne lit qu’une tristesse qui semble sincère. Cela aussi, c’est étonnant, chez un Lagran. Elle a tant entendu d’inflexions caressantes, de discours hypocrites ! Celui-là semble venu tout droit du cœur, et l’espace d’un instant Faustine entraperçoit une des raisons possibles à l’affection que sa chère amie porte à son coureur de mari. Fascinée, elle boit ses paroles, baignant dans cette promesse de sécurité qu’il n’est pas réellement en position de faire, mais qui réchauffe tout de même son cœur bien trop meurtri par des années de honte, de peur, de remords et de douleur.

Elle est totalement à court de mots – la chaleur qui se répand dans ses membres la déstabilise tout autant que la surprise, et c’est très brutalement qu’elle prend conscience du changement dans l’atmosphère de la pièce. La lourdeur oppressante n’est plus menaçante, mais la présence s’est renforcée, Faustine s’imagine presque percevoir son souffle silencieux dans le bureau mal éclairé. Comme deux yeux qui voudraient lire au plus profond de son âme – oh, Aura, elle sentirait presque son étincelle de vie pulser au bout de ses doigts ! Comme si un simple mouvement du poignet pouvait lui permettre de toucher l’entité sans nom dont l’aura plane sur elle.

Comme si… Comme si elle était réellement au bout de ses doigts.

Tendue soudain, elle déploie sa magie dans l’air, laissant éclater sans frein la puissance écarlate qui court dans ses veines et imbibe toute son âme. Autour de ses yeux, l’anneau carmin scintille de plus belle, dégageant son propre halo embrasé alors que sa magie se nourrit de son essence de vie – et tandis que Faustine laisse son pouls envahir l’atmosphère, une pulsation vibre en retour, solennelle et si profonde que tout son corps se cabre lorsqu’elle la perçoit. Il n’y a pas de menace, il n’y a pas de danger – mais l’entité est si… oh, si ancienne, si grande et si terrible, que la petite mage se sent dérisoirement minuscule. Levant les mains devant elle, les paumes ouvertes et offertes vers le ciel, elle adresse une invocation muette, ses lèvres articulant silencieusement une complexe mélopée qu’elle ne peut se résoudre à chanter, n’osant croire que cela fonctionnera… et, ô Aura, cela fonctionne.

Sithis répond à l’appel.

Dans l’homme debout devant elle, dans le corps de ce duc marié à sa meilleure amie, à sa seule amie – la présence de Sithis devient si forte qu’elle en résonne comme le tonnerre dans une nuit d’orage. Sithis, auquel Faustine adresse silencieusement ses prières au plus noir de la nuit, quand le désespoir s’en vient empoisonner son âme et l’empêcher de trouver le sommeil. Sithis, le tout-puissant seigneur du Purgatoire, le Héraut du Sang. Visiblement impliqué de très près auprès du duc de Lagrance. Mi-horrifiée mi-fascinée, Faustine se tasse contre le mur, inconsciente d’avoir reculé, les paumes toujours levées dans le geste d’appel qu’elle a esquissé, son pouls battant la chamade entre les mains désincarnées de l’entité. Et c’est d’une voix choquée, presque incrédule, qu’elle articule quelques mots, péniblement. « Mais qu’êtes-vous donc… ? »

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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyLun 24 Juil - 16:29

Elle est forte, la conviction du duc, et plus sincère que bien des discours qu’il a pu prononcer face à cette noblesse lagrane attendant avec attention et avidité les moindre erreurs commises et la plus petite faiblesse montrée. Mais elle n’est pas comme ceux de son peuple, Faustine, elle n’est pas fille des jardins et des vergers. Venue des lointaines terres balayées par les vents, elle à l’honneur et le respect qui bouillonnent dans ses veines, et face à elle, il est moins difficile de jouer d’une image et de mensonge, mais certainement plus facile aussi de se montrer juste et sincère. A cet instant, il l’était véritablement, Denys, et chacun des mots prononcés étaient une vérité. Si rare pour un lagran, si rare qu’il fallait en profiter.

S’il perçoit pourtant la captivation de Faustine pour son discours, il perçoit aussi autre chose dans son regard. Plus que les prunelles qui flamboient doucement, plus que le cercle rougeoyant qui orne son iris, ce qu’il voyait, c’était la légère crispation, le doute aussi, et peut-être même un semblant de peur. Pourquoi inspirait-il un tel sentiment à cet instant ? Avait-elle encore en mémoire sa colère d’il y a quelques minutes, là où il était pourtant resté relativement calme malgré le mépris puissant ? Il n’avait point puni, il avait même pardonné, écouté, s’était fait oreille attentive des peurs et craintes de la jeune ménestrelle. Il avait compati à sa peine et brûlé de revanche pour les pauvres Mages du Sang longtemps condamnés. Alors pourquoi ce sentiment qui grandissait dans le regard de la dame ? Pourquoi cette magie qui se déploie à son insu ? La sensation n’est pourtant pas désagréable, comme quelques effleurements chatouillant doucement son être. Cela ne l’aurait sans doute pas dérangé, s’il avait pu comprendre le petit jeu de la ménestrelle, mais ne pas savoir le pénalisait. Et il détestait ça.

En vérité, s’il avait su les machinations étranges de la jeune femme, il n’aurait jamais pu les accepter.

Car si la sensation première ne dérange pas, lorsque Faustine entama son incantation, les choses changèrent un peu trop radicalement à son goût. Les vibrations se font plus fortes, plus appuyées, et si elles ne sont pas douloureuses, elles sont bien trop présentes pour être ignorées. Pire encore, un endroit en particulier, sur sa peau, le démangeait terriblement. Machinalement, incapable de retenir, le geste, Denys posa une main sur son coeur, là où se trouvait la marque de Sithis.

« Que faite-vous Faustine ? »

Mais pas de réponse.

La mélopée cesse et une chose qu’il redoutait arriva. Comme cette nuit là, au Tournoi des Trois Opales, il discerne la présence de Sithis à ses côtés, il ressent le froid contact sur sa peau, sa main spectrale qui appuie sur sa chair. Et s’il n’a pas mal, s’il ne perçoit pas la menace, il a peur, le duc de Lagrance. Peur comme cette nuit, face à l’assassin venu le tuer, à la Sombre Mère écoutant ses suppliques, au Sans Visage acceptant de l’épargner. Il n’a pas mal, mais la marque le gratte affreusement, à tel point que sans le voir, sans le contrôler, sa main, ses doigts s’étaient serrées violemment, griffant la chair sous les vêtements.

« Mais qu’êtes-vous donc… ? »

Elle le rappelle à la réalité, cette voix horrifiée, choquée. Perdu dans le souvenir cauchemardesque de cet événement, il peine à reprendre pied sur l’instant présent. Le regard qui se lève sur Faustine est presque un miroir au sien, perdu et apeuré. Un sentiment pur et vivace, puissant même, avant que le masque vienne doucement reprendre possession de ses traits. Si le visage pourtant paraît neutre, il est plus difficile de retenir les tremblements qui trahissent ses membres, plus difficile de décrisper entièrement son être après ce qui venait d’arriver. Il se serait bien passé de revivre un tel souvenir.

« Vous dois-je réellement une explication madame ? Il semble que vous ayez déjà une réponse à votre question. » Faible est le murmure du duc, mais surtout terriblement sombre alors qu’il observe la jeune femme prostrée contre le mur. Il avança vers elle, légèrement plus assuré, muselant la peur qui tendait ses muscles. Et comme pour la piéger, il posa un bras de chaque côté de son visage, mains appuyées sur le mur pour mieux la regarder dans les yeux. Étaient-ils froids, ces yeux ? Ils semblaient presque ne rien ressentir en vérité. C’était peut-être ça, le plus inquiétant. « Avez-vous si peur d’un homme marqué par Sithis ? On sont-ce les raisons d’une telle marque qui vous effraient ? » Avait-il sincèrement envie de lui faire peur ? Pas vraiment. Il n’y avait pas non plus de revanche. Mais elle savait désormais qu’il était lié à Sithis, plus que jamais, elle savait qu’il était marqué de son sceau, que sa présence vibrait en lui. Elle était parvenue à toucher cet morceau de secret, qu’il était dangereux de ne pas s’assurer de son silence. Quand bien même était-elle Mage du Sang, qu’il s’était promis d’aider au sein de son duché, qu’il n’avait placé aucune réelle confiance en elle. Toute charmante amie de son épouse soit-elle, il allait devoir juger de sa fiabilité. « Pouvez-vous garder un secret, Faustine ? »


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyMer 26 Juil - 21:27

Cela n’arrive jamais.
Jamais.
Seuls les mages du Sang vibrent de cette présence qui leur est commune à tous – lorsqu’ils déploient leurs magies et qu’elles se frôlent, s’effleurant comme pour se découvrir et se reconnaître. Cette présence, si ancienne, c’est celle de Sithis qui vibre dans leurs veines, qui préside à leur existence, qui les protège sous le sombre manteau de la mort… Elle la ressent quand elle travaille côte à côte avec Malion, lorsqu’ils exercent leur art de concert pour modeler une conscience et façonner un esprit. Oh, ce frisson dans sa poitrine, comme un deuxième cœur qui battrait puissamment près du sien ! La voilà à nouveau, mais cette fois elle ne vient pas d’un autre mage, non – elle vient d’un être dépourvu de magie, et Faustine ne sait pas quoi faire de cette information. Comment, comment un être aussi dépourvu d’intérêt peut-il rayonner à ce point de la présence du dieu souverain ? C’est inexplicable – et un instant, lorsque leurs regards se croisent et qu’elle y lit le même égarement, elle se demande si le monde ne viendrait pas de sombrer dans la folie. Ou peut-être est-ce elle, enfin rattrapée par les démons que ses parents lui ont prédits lorsqu’ils ont compris qu’ils ne parviendraient jamais à dissocier la magie écarlate de son âme ?

Incrédule, elle observe le duc approcher vers elle, d’un pas lent – et terriblement menaçant. Elle se sent un peu comme la proie acculée dans son terrier, la pauvre ménestrelle si fort effarouchée, et son regard court un instant sur les issues de la pièce. Par où pourrait-elle s’échapper en cas d’urgence ? Il y a les hautes fenêtres à deux pas d’elle, mais elle ne sait pas encore voler, et aucun fringant Chevaucheur n’est à proximité pour la sauver. La porte de la galerie, par laquelle elle est arrivée, de l’autre côté ? Le duc est sur son chemin. La porte du fond, alors, celle qui mène sûrement à une autre pièce privée – de là, peut-être pourra t-t-elle fuir, s’échapper, et aller quémander la protection de Marjolaine ? Trop tard. Denys est là, et lorsqu’il la bloque de ses mains, de chaque côté de sa tête, c’est comme s’il avait encerclé ses poignets de solides menottes de fer. Elle ne peut plus s’échapper, Faustine, et ses yeux scintillants n’ont d’autre choix que de se perdre dans le regard sombre de son souverain. Elle ne doute pas un instant de sa propre mort, elle la voit écrite en lettres de feu sur ces prunelles si claires qu’elle pourrait y retrouver le ciel de son enfance. Elle va mourir, c’est sûr, pour ce secret éventé ; et lorsqu’il lui demande si elle est capable d’en garder le secret, elle ne parvient pas à répondre.

Elle étouffe. Plus il se rapprochait, plus la présence de Sithis se faisait forte ; et maintenant qu’il se tient si près, si terriblement près d’elle, elle ne parvient plus à la bloquer. Impossible de repousser l’aura solennelle qui émane de lui – folle enfant, quel besoin avais-tu d’invoquer ton dieu ! Elle tente de répondre, pourtant, d’acquiescer, ne peut que hocher la tête péniblement, une fois, deux fois – elle pose les mains sur le torse de Denys, poussant faiblement, tentant de le faire reculer pour pouvoir respirer, une supplique implorante au fond des yeux. Mais ce contact ne fait qu'amplifier le poids qui écrase sa poitrine, comme un étau d'acier qui la serrerait à l'en broyer. L’air lui manque totalement à présent, et c’est sans un bruit qu’elle s’affaisse, inconsciente, glissant doucement le long du mur, suffoquée par l’épaisseur de l’air dans lequel résonne un appel qu’elle est seule à entendre.

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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyDim 30 Juil - 14:13

Comment ne pas s’attendre à pareille réaction ? Plus il approchait, plus il scrutait de ce regard inquisiteur la jeune femme et plus celle-ci semblait perdre ses moyens, comme exposée à une pression si forte qu’elle l’étouffait de l’intérieur. Pourtant, s’il avait conscience que ce malaise s’intensifiait par sa simple présence, Denys n’en recula pas pour autant, observant, jugeant, attendant une réponse qui serait le point de départ d’une nouvelle situation. Mais pas un mot ne parvient à franchir ses lèvres pâles, pas un mot n’ose sortir de cette gorge gracile. Pas un mot pour confirmer, pour la sauver. Juste la lente montée d’une peur, ces mouvements saccadés de la tête pour tenter de lui donner une réponse. Elle semble acquiescer, faiblement. Etait-ce suffisant pour le duc, cette maigre réponse qui n’offrait en réalité rien ? Sans doute devra-t-il s’en contenter, car le simple contact que Faustine tente avec lui pour le repousser à raison de sa volonté. Les jambes fauchées par la pression et la peur, elle s’affaisse faiblement contre le mur, au bord de l’inconscience pure, l’air peinant toujours plus à passer dans ses poumons. De ce fugace échange, elle ne laissa dans son sillage que l’irritation constante sur sa peau, autour de sa marque, et les vibrations de concert avec la force qu’elle avait appelée, mais qui déjà peu à peu semblaient s’évaporer.

Il a un léger soupir, mais ne laisse pas la pauvre femme plus longtemps dans cette position. Elle est plutôt fluette et fragile, la Faustine, Denys la souleva avec facilité avant de la déposer délicatement sur le canapé, près de la cheminée. Juste le temps d’appeler un serviteur pour qu’il ramène quelque chose pour la ménestrelle, un remontant qui ne lui ferait sans doute pas de mal, il revint pour constater que déjà, elle a ouvert les yeux. Le simple fait de s’éloigner avait dû permettre à la jeune femme de reprendre son souffle, de souffrir un peu moins de la présence de Sithis qui avait fini par disparaitre. Ce n’était pourtant pas un mauvais rêve que l’on pouvait oublier. Silencieux, le duc reprit place dans le fauteuil qu’il avait occupé un peu plus tôt, gardant une relative distance avec Faustine qui peu à peu reprenait ses esprits. L’observant, il n’eut pas un mot pour elle, se contentant juste de laisser son regard suivre le moindre de ses mouvements, analyser le moindre pli de son visage, de ses expressions. Même l’arrivée du serviteur dans la pièce ne fit pas détourner les yeux du duc. Sans demander son reste, il déposa un plateau sur la petite table et partit dans un silence de mort. Il aurait sans doute de quoi faire jaser les rumeurs sur ce qu’il venait de voir, mais peu importait.

« Buvez un peu, cela vous fera du bien. » Elle n’avait que peu d’intonation à cet instant, la voix du duc. Mais si elle ne semblait pas douce, comme à son habitude, elle n’était pas froide non plus, comme avait pu l’expérimenter la ménestrelle un peu plus tôt. C’était là un ordre simple en vérité, sans malice et mesquinerie. Il lut un semblant d’hésitation dans son regard, aussi ajouta-t-il avec plus de douceur, peut-être. « Ce n’est pas un quelconque piège. » Après tout, s’il avait voulu se débarrasser d’elle, elle lui en avait laissé la parfaite occasion en sombrant dans l’inconscience. Les personnes qui en savaient trop, en général, ne faisaient pas long feu en Lagrance et disparaissait bien souvent mystérieusement. Il avait rarement eut des scrupules, Denys, à se débarrasser des importuns. S’il avait laissé la vie sauve à Faustine, ce n’était certainement pas sans raisons.

Le silence, pendant de longue minute, parut s’éterniser, ne laissant troubler ses notes que par le souffle du vent qui dehors s’était peu à peu éveillé. Il n’avait guère quitté des yeux la jeune femme, mais quand le temps de la réflexion fut passé, il esquissa enfin un mouvement. Ses mains virent retirer la cravate à son cou, défaire un à un les premiers boutons de sa chemise, puis enfin écarter l’un des pans pour révéler la marque laissée par le dieu Sans-Visage, quatre mois plus tôt. Si terrible marque, cette paume ouverte qui semblait tant être celle des Fils et Filles de Lida. La seule différence résidant en sa couleur, si rouge comme si elle avait brulée à blanc la peau. A nouveau, il ménagea le silence et constata l’immédiate pâleur de Faustine.

« Ma vie lui appartient. On n’échappe que rarement à la Mort. » Le bleu pâle de ses yeux rencontra l’écarlate devenu discret de ceux de la jeune femme. « Comprenez vous pourquoi il faut garder ce secret, Faustine ? » Car bien des questions demeuraient autour de cette marque, de cette mort… et que si un seul mot sortait de cette pièce, que le secret soit en parti éventé, alors le sursit laissé ne serait qu’un vague souvenir.


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyDim 30 Juil - 21:04

Quelle terrible sensation, que de sentir l’air se refuser dans ses poumons ! Faustine en a succombé à l’inconscience, corps et âme, cherchant dans les ténèbres un refuge contre la terreur qui l’a envahie. Elle ne sent pas son duc se pencher sur elle pour la soulever, toute légère dans ses bras tant elle est fluette, habituée à raser les murs et à se faire discrète. Elle ne revient à elle que lorsque la chaleur de l’âtre s’infiltre jusqu’à ses os, chassant la colossale froideur qui l’a glacée jusqu’aux tréfonds de son être. Elle a peine à se souvenir de ce qui s’est passé, lorsqu’elle ouvre les yeux – mais elle reconnaît la pièce, le bureau privé du duc de Lagrance, et elle retrouve ses sens dans un sursaut angoissé. Denys est juste là, assis dans son fauteuil – et il ne la quitte pas des yeux. Elle se sent passée au crible, la ménestrelle, sous ce regard scrutateur qui semble cataloguer la moindre parcelle de son âme. Elle n’est pas une petite nature, l’une de ces courtisanes fragiles qui se pâment six fois par jour ; mais la présence de Sithis était tellement… intense. Nerveuse, elle finit par accepter le gobelet qu’il lui tend, trop fine pour ne pas entendre le ton de commandement dans sa voix. Prudemment, elle se redresse, rejetant sa lourde tresse par-dessus son épaule, captant l’inquiétude d’Eriath et lui transmettant une onde rassurante en retour. Elle trempe les lèvres dans le breuvage, le trouve alcoolisé, mais pas trop – un simple remontant, dont elle avale quelques gorgées, rassérénée par la chaleur qui se répand lentement dans son organisme.

Bien lui en prend – lorsque le duc commence à déboutonner sa chemise, la frayeur la saisit – que veut-il faire exactement ? Il ne serait pas homme à profiter de la situation, pas en outrageant l’amie et confidente de son épouse, tout de même… ? Elle est rapidement rassurée sur ce point lorsqu’il écarte les pans du vêtement et qu’elle reconnaît la main qui s’étale sur son cœur. Comment ne pas reconnaître la marque de la Confrérie, ce symbole universellement associé à Sithis ? Choquée, elle sent le froid reprendre ses droits sur elle, le sang reflue de son visage – et ses doigts se mettent à trembler, légèrement, à tel point qu’elle en renverse une partie du gobelet sur les coussins du canapé. Elle pose le récipient, se penche en avant, comme pour mieux voir, pâle comme le blanc de ses robes, écoutant attentivement les explications de son souverain. Elle sait que l’écarlate est redevenu statique autour de ses iris, calmé par le retrait de Sithis, et elle réfléchit intensément aux implications de ce qu’elle voit.

« Nul n’en saura rien par ma voix, monseigneur. Vous vous doutez que je suis devenue experte à conserver les secrets que l’on me confie, qu’ils soient ceux des mages du Sang que le Destin met sur ma routes, des confidences dont la duchesse Marjolaine m’honore, ou de ce que je peux apercevoir et comprendre par les propres moyens. Je saurai garder ce détail pour moi, j’en fais serment. » Parole d’Outreventoise. Cela sûrement doit avoir quelque valeur à ses yeux. Elle ne peut retenir la question qui lui brûle les lèvres toutefois – maudite curiosité lagrane, qui a déteint sur elle au fil des années passées. « Me direz-vous, Sire, comment le Seigneur sans Visage en est venu à poser sa main sur vous… ? » Il n’est pas de la Confrérie, pas avec ses obligations, elle en est certaine. Quasiment.

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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyMer 2 Aoû - 12:10

Est-elle si horrible à voir, cette marque qui tranche complètement sur sa peau si blanche et dénuée d’autres imperfection ? Oh il sait bien ce qu’elle doit penser, la petite ménestrelle. Après tout, le symbole en soi est identifiable, connu de chacun en Arven tant ceux qui en porte la bannière sont craints et redoutés. C’est à cause d’eux, d’ailleurs, de cette Confrérie, que Denys était désormais lié à vie au dieu Sans Visage. Etait-ce totalement un mal ? Il l’ignorait encore, il ne parvenait pas à se faire d’avis sur la question tant il y avait de mystères autour de cette présence en lui et de cette marque qui l’attachait à une force supérieure. C’était sans doute ça qui irritait le plus le duc : être esclave, d’une certaine manière, de quelque chose qu’il ne pouvait contrôler et comprendre. Mais il devait désormais faire avec, en conservant à l’esprit que Sithis, de manière infime, gardait toujours un oeil sur lui.

Ainsi, elle avait compris ce qu’il attendait d’elle. Même si en soit, la demande n’était guère difficile à entendre et comprendre. Mais à son regard, à cette posture légèrement paniquée, cette peau devenue blanche, perdant toute vie, il savait, Denys, que Faustine avait conscience de l’épée qui demeurait au dessus de sa tête. Et qu’à tout moment, il était libre de la faire tomber, comme une sentence irrévocable. Bien entendu, le serment d’une outreventoise n’était pas à prendre à la légère, et Levor en soit témoin, ces mots resteraient gravés bien profondément dans leurs deux mémoires. Confiance ? Il n’en avait aucune, mais il devait bien faire avec ce qui lui était donné à l’instant. Et c’était suffisant. La peur lisible faisait office de menace claire. Ainsi que cette marque qu’elle n’oublierait jamais.

« Bien, c’est parfait. »

Dit-il avec une certaine raideur, commençant alors à remettre les boutons de sa chemise. Le geste s’arrête cependant lorsque la voix de la jeune femme parvient à nouveau à lui, d’une curiosité sincère mêlée à la peur d’une réponse. Allait-il dire la vérité ? Donnerait-il à Faustine des clés pour l’enchaîner un peu plus ? Jamais. Néanmoins, il pouvait éclairer un peu sa lanterne. Il parut à nouveau réfléchir longuement, le regard perdu sur la silhouette de la ménestrelle, sans dire un mot ou esquisser un nouveau geste. Puis lorsqu’il fut décidé, il prit le second verre sur le plateau qu’avait apporté le serviteur et accueillit le goût de la liqueur avec un certain plaisir. Il y avait quelque chose de rassurant dans ce geste, quelque chose qui réchauffait les souvenirs qui avaient de nouveau envahis sa mémoire. Calmement, il finit par répondre.

« A cause de la Confrérie. » Les mots pouvaient être trompeur, ils étaient flous, ne révélaient rien et révélaient tout en même temps. Mais la suite démentirait toutes pensées fantasques d’une quelconque allégeance à la vengeance, au sang versé pour la justice. « Lors du Tournoi j’ai été la cible d’une attaque de la Confrérie. J’ai fait face à l’une de ses lames. » On disait pourtant qu’il n’existait pas de survivant aux Fils et Filles de Lida partis en chasse. « Disons que si je suis encore là, c'est parce que j’ai marchandé ma survie. » Marchandé… le mot sonnait si mal et il était pourtant le plus adapté à ce qui s’était réellement passé dans sa chambre, cette nuit là. Il avait négocié avec la Sombre Mère elle même et le consort Sans Visage pour obtenir un sursis. Et si la tâche promise remportait un succès, sa vie serait sauvée. Voilà ce qu’il s’était passé, voilà ce qu’il garderait sous silence, ainsi que les tenants et aboutissants de cette transaction. « Cette marque, c’est le symbole de mon serment fait à la Confrérie, pour respecter ma parole. Et aussi… ne jamais me faire oublier que je suis en vie parce qu’Il l’a voulu. » Cela semblait moins impressionnant, dit comme ça, et Denys n’allait guère s’en vanter à dire vrai. Mais il était parvenu à négocier sa vie avec la Confrérie, ce qui était en soi pour le moins surprenant. Il prit une nouvelle gorgée de liqueur avant de reprendre, la voix un peu plus sèche pourtant. « Comme vous pouvez le voir, j’ai rempli ma part du contrat. » Pas si cher payé, en vérité, en comparaison de sa vie.


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyMer 2 Aoû - 16:06

Le duc explique, et Faustine sent bien qu’il ne lui dit pas tout. Elle ne veut pas savoir quelle était sa part du marché, elle pressent que cette information mettrait sa vie en danger ; mais le reste l'intéresse. Alors elle écoute, attentivement, ce qu’il lui raconte, luttant pour conserver la maîtrise d’elle-même. Elle a été surprise, elle a été choquée, elle a perdu contenance devant l’immensité de la présence millénaire qui s’est manifestée sans crier gare ; mais elle est forte, et vaillante, quand bien même elle n’en fait pas étalage. Délibérément, elle plonge dans les tréfonds de sa mémoire, pour en ressortir l’âme de ses quatorze ans, chauffée à blanc et forgée sous les coups de son père, cette enfant à peine adulte et déjà victime des pires sévices de la vie. Elle puise en elle-même, dans sa force sauvage et la certitude tranquille de son propre courage lorsqu’elle est poussée dans ses dernières extrémités, dans sa loyauté inaltérable et son obstination toute outreventoise. Elle prend ce temps nécessaire à réajuster son maintien, juste quelques secondes, une inspiration profonde et délibérée ; et, lorsque ses yeux reviennent sur son souverain, elle est plus calme. Solide à nouveau. Toujours un peu perturbée, mais plus paniquée.

« La Confrérie laisse rarement repartir libre la cible d’un contrat. » Pour cela, elle sait que le client d’origine a certainement été royalement dédommagé. Telle est la Confrérie, dans les légendes et les bruits de couloir : une organisation redoutable, méticuleuse et efficace ; et radicalement fanatique à Lida et à Sithis, ce même Sithis qui préside à la protection et la survie des mages du Sang. Sait-il, ce duc si bien apprêté, qu’il a désormais bien plus en commun avec les fils et filles du Sang qu’avec le reste de ses administrés ? A voix basse, elle reprend. « La Confrérie toute entière est à Sithis, mais Sithis tout entier n’est pas à la Confrérie. Il dirige d’autres plans, d’autres domaines ; il est le protecteur des mages du Sang. Votre marque, sa main sur votre peau… Je pense qu’elle vous rend sensible à la magie que je déploie. Je doute que vous soyez jamais en mesure de la pratiquer vous-même, mais je pense… je pense que vous devez pouvoir la capter, la percevoir. Bénéficier de ses effets, dans une moindre mesure. » Elle s’interrompt un instant, le temps de remettre de l’ordre dans ses idées. Elle ne sait pas où la mène sa réflexion, son esprit fourmille d’idées. Si seulement Malion était présent, et dame Carmine ! Mais Faustine a juré le secret, elle se gardera donc d’en souffler mot à quiconque. Le regard du duc l'interroge, et la ménestrelle reprend le fil de ses pensées. « Je me demande jusqu’où irait votre capacité de réception, d’interprétation de ce qui est fait à proximité de vous. Pas seulement des contacts directs qui vous sont destinés, mais des actes magiques dont vous n’êtes pas la cible. Seriez-vous capable de percevoir un modelage en cours, par exemple, ou la vibration subtile d’une essence diaprée ? »

Pensive, elle tapote sa lèvre d’un index méditatif, poursuivant à mi-voix son cheminement. « Il faudrait… expérimenter. Avec plusieurs mages, peut-être, de spécialisations diverses… Voir ce que vous êtes capable de ressentir lorsqu’ils exercent leur art spécifique. Et également en communication directe avec vous, lorsque l’un de nous déploie totalement sa magie en votre direction ; que seriez-vous capable de percevoir ? Juste une sensation, ou peut-être une signification ? Un message, des mots, ou de simples impressions… ? Avez-vous déjà essayé ? »

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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyVen 4 Aoû - 16:13

Ses explications sont succinctes. Elles révèlent peu de choses, et c’était tant mieux. En dire plus à la jeune femme était risqué, pour lui comme pour elle. Et Denys n’était de toute façon pas du genre à distiller les informations à tout va s’il n’y avait pas de nécessité. Elle en savait bien assez, plus que la plupart des gens de la Cour, voire même de ses amis, et pour cela, elle pouvait se sentir privilégiée. Par la force des choses, soit, mais elle avait échappé de peu à une… disparition inopinée. Sa réputation de femme de confiance et discrète, ainsi que son lien avec Marjolaine avait joué en sa faveur. Elle ne se montrait pas trop curieuse et cela plaisait au duc. Il n’aimait pas la curiosité mal placée.

Ne cessant de l’observer, il lui laissa la parole, attendant de voir sa réaction qui n’était, bien heureusement, plus celle de la peur. Au contraire, il y avait dans ce regard redevenu presque serein de la volonté, de la curiosité aussi et une certaine forme de courage. Après tout ce qu’elle lui avait montré au cours de cette entrevue, Faustine ne cessait de le surprendre. En bien ou en mal, curieusement tout dépendait du sujet qui était abordé. Celui-ci en l’occurrence tendait tout à coup à la passionner, ce qui laissa une étrange impression à Denys. Sa première remarque était une simple vérité générale. Elle n’appela aucune réponse et le duc se contenta d’acquiescer positivement. Il ignorait qui avait pu commander son assassinat, mais peu lui importait de savoir comment le commanditaire avait été dédommagé. Le reste du discours de la ménestrelle fut bien plus intéressant. Bien plus… saisissant. Le questionnement était sincère et pas complètement stupide. Oh il n’était pas mage, c’était certain, et de fait, il n’avait pas la façon de penser qui allait avec, ce désir de tester l’étrangeté de cette marque qui lui avait été imposé. Ce nouveau point de vu néanmoins l’intriguait. Aussi, d’un seul regard interrogateur, il invita la jeune femme à poursuivre son étrange raisonnement.

Étrange. C’était le mot. S’il comprenait le sens général, le fond de tout ceci ne le touchait guère. Peut-être parce qu’il n’était pas familier de ce genre de chose ? En un sens pourtant, il était amusant de voir un tel cheminement de pensées, qui pouvait curieusement ressembler au sien quand il élaborait mille et une solution dans les profondeurs de son esprit. La question finale cependant, un peu abrupte, lui fait relever un sourcil surpris, légèrement décontenancé.

« Non, jamais. » Répondit-il un peu confus de la demande. Pourtant, il conservait toujours ce maintien un peu hautain, observant la jeune femme d’un regard perçant comme pour lire en elle, noter le moindre détail. Mais la question le laissait songeur. « Si je comprend bien, vous aimeriez que je sois un sujet de test, n’est-ce pas ? » La question était directe, et dans les différentes intonations de la voix, il était compliqué de déceler ce qu’il pensait réellement de cette proposition. Imperturbable, il colla dans le fond de son siège, croisant les bras dans sa réflexion. En réalité, s’il pesait très certainement le pour et le contre, il y avait dans ce silence songeur un bon signe. Car s’il y avait été purement et parfaitement réfractaire dès le début, son refus aurait été immédiat, catégorique. Au lieu de ça, il y avait du bon, peut-être, à creuser la question. « Je ne suis pas contre expérimenter ce que vous proposez. J’imagine qu’il n’y a là aucun danger. » Dit-il, alors qu’un léger sourire venait de renaître sur ses traits, rassurant peut-être sur le fond de ses pensées. « Evidemment, je ne souhaite pas étaler ce secret. Ne pensez-vous pas que si d’autres que vous testent leur magie sur moi, ils soient à leur tour capable de sentir la présence de Sithis ? » La question n’en était pas réellement une, il avait déjà un gros doute sur la possible réponse qu’avait à apporter Faustine. « Peut-être devrions nous d’abord commencer par vous. Voudriez-vous essayer ? » Oh curiosité toute lagrane, mais situation déjà toute réfléchie par le duc.


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyVen 4 Aoû - 17:40

Sujet de test.
Il l’a dit.

Une légère roseur vient colorer les joues bien pâles de Faustine. Le terme est laid, mais oui, c’est l’idée : elle brûle d’envie de déployer un filet de magie autour de Denys, pour observer ce qu’il en perçoit, et peut-être retrouver cette… résonnance… qu’elle a ressentie tantôt. Comme s’il était un vaste récipient vide, dans lequel sa magie pourrait se déverser en éveillant mille échos et mille éclats de lumière. Elle est fascinée, la petite ménestrelle, par cette situation nouvelle que sa curiosité naturelle trouve formidablement intéressante. Un peu gênée, toutefois, par le haut rang de son interlocuteur, c’est timidement qu’elle hoche la tête sans mot dire. Oui, elle voudrait bien qu’il accepte – d’être son sujet de test. Il n’a pas refusé directement, c’est déjà bon signe, n’est-ce pas ? Cela veut dire qu’il y réfléchit. Que, peut-être, il l’envisage. Dans le secret de son esprit, Faustine adresse une fervente prière à Aura, mère de toute magie, pour que son irritable souverain consente. Qu’il lui donne permission.

Ses réflexions sont pertinentes, et Faustine réfléchit un instant. « Ce que j’ai perçu, c’est l’aura de Sithis en réalité, mais très diffuse. Elle ne s’est révélée que lorsque je l’ai nommément invoqué, et ce n’est pas une invocation classique, j’ai employé une mélopée peu répandue parmi les mages du Sang, c’est mon maître qui me l’a enseignée – lui pourrait fait de même, j’imagine, mais il est très reclus et n’a pas de raison de se trouver en votre présence… » Malion n’apprécie pas particulièrement de frayer en société, c’est su et connu, aussi Faustine ne s’inquiète-t-elle pas beaucoup. « Par contre, il est vrai que si l’on déploie nos perceptions, votre aura est très… particulière… » La transe de Sang n’est pas un état courant chez les mages du Sang, qui n’y entrent que pour utiliser leur magie ; mais si le duc venait à se trouver dans un atelier de modeleur, en présence de guérisseurs, ou même au sein d’un détachement de mages de bataille… Oui, il pourrait être remarqué.

Une étincelle d’allégresse s’allume au fond de son regard, lorsque non content de consentir, il propose de lui-même. « J’en serai honorée, monseigneur ! » murmure-t-elle, ravie, opinant fermement du chef. Par quoi commencer ? Comment s’y prendre ? Fébrile, elle se lève, se met à arpenter la pièce de quelques pas réguliers – Malion s’est toujours moqué de ses déambulations songeuses, mais marcher l’aide à organiser ses réflexions. Le duc Denys n’est peut-être pas familier avec toute cette agitation, toutefois ; aussi, faisant volte-face, elle lui adresse quelques mots d’excuse. « Pardonnez-moi, ça… ça m’aide à réfléchir. » Nouant les mains devant elle, elle lui livre le fruit de ses débats internes préliminaires.

« Je vous propose d’activer simplement ma magie, pour commencer, sans tenter quoi que ce soit – simplement l’éveiller dans mes veines, et étendre ma conscience au monde qui m’entoure. Comme ça, vous pourrez me dire si vous percevez un changement dans votre environnement, Votre Grâce. » Au signe de tête prudent de son duc, Faustine inspire profondément – et relâche sa concentration, abaissant ses murailles, laissant l’écarlate luire autour de ses iris. Le monde soudain s’anime et sa conscience capte des battements de cœur, des fluides vitaux d’ampleur variable – cette vibration colossale au-dessus de sa tête est certainement un dragon en mission, et ces frémissements imperceptibles au coin du mur, sûrement quelques souris en quête de pitance. Le toucher arachnéen d’une conscience d’araignée, la présence curieuse d’une conscience féline – tout s’entremêle pour tisser dans son esprit la tapisserie chamarrée de la vie dans toute sa superbe diversité. Un sourire émerveillé se dessine sur ses lèvres, comme à chaque fois qu’elle entre en transe de Sang, infiniment rassérénée de se sentir ainsi partie d’un tout. « Lorsque je fais ça près de Marjolaine, ces temps-ci, je perçois la flamme de vie de l’enfant qu’elle porte. » confie-t-elle, à mi-voix, comme un secret partagé. Si petit, encore, ce bébé qui n’arrondit pas encore la taille de son amie – mais déjà bien présent. « Percevez-vous ma conscience à présent, messire ? » Elle, elle le perçoit – ô, si fort. L’aura de Sithis est diffuse, mais elle densifie celle de Denys, la complexifiant nettement ; et Faustine le ressent près d’elle, comme un astre solaire miniature dont les rayons viendraient réchauffer sa peau.

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Denys du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyMer 9 Aoû - 12:33

Il y avait une joie perceptible dans le regard de Faustine, quand Denys proposa de lui même de commencer dès maintenant cette séance de… test. Il était non seulement d’accord pour participer, mais soumettre directement l’idée pouvait avoir quelque chose de surprenant. Oh bien entendu, la curiosité jouait pour lui, avec l’assurance, confirmée par la jeune femme, qu’il n’y aurait pas de dangers. Aucun qui ne soit visible en tout cas. Et puis, il y avait aussi l’intérêt derrière tout ça : celui d’apprendre peut-être quelques secrets sur cette marque qui barrait son torse. Non qu’il espérait tirer la moindre capacité de celle-ci, mais il y avait certainement des choses cachées. En tous les cas, il était à peu près assuré que ces quelques tests ne nuiraient pas au secret qui demeurait derrière ce symbole. Il ne tenait pas particulièrement à le crier sur tous les toits, moins encore à devoir justifier quoique ce soit. Néanmoins, Denys eut l’air quelques peu dubitatif à la remarque de la jeune femme sur son aura. Mais il n’en fit pas mot et attendit qu’elle trouve par quoi commencer.

Les milles pas qu’elle entame sont aussi surprenants sur l’instant que parfaitement compréhensibles. Assez rapidement, le duc identifia cela comme une manière de réfléchir, d’ordonner ses pensées dans le cheminement certain et calculé des pas. Sans un mot, il l’observa faire, attendant patiemment qu’elle reprenne jusqu’à ce que, consciente du regard posé sur elle, Faustine se sente obligée de justifier son attitude. Il eut pour elle un vague sourire et un petit geste de la main. « Je vous en prie, faite. » Il n’y avait rien à arrêter dans les milles pas d’une réflexion tortueuse et poussée. La seule chose qui comptait, c’était les résultats. Et ceux-ci ne tardent pas à venir, énoncés d’une voix clair et confiante par la jeune femme, laquelle attendit cependant avec une légère fébrilité une réponse du duc pour s’exécuter. Denys ne répondit rien. Une fois encore, son regard se contentait de scruter son interlocutrice, découvrant à son attention dans ses prunelles claires l’éminent et complexe cheminement de ses pensées. S’il jugea qu’il n’y avait guère de danger dans cette première approche, le mouvement de tête qu’il eut pour acquiescer fut prudent, ses yeux attentifs.

Inspiration profonde. Un silence serein. Il ne se produisait visuellement rien de perceptible. Rien, sinon l’écarlate qui s’empara des iris de Faustine, témoin éclatant de sa magie à l’oeuvre, même pour la plus basique des actions. Un instant, il admira le feu qui y brûlait, qui pulsait avec intensité dans ce regard. Tout à coup, ce dernier paraissait émerveillé. Denys ne ressentit pas de jalousie, mais certainement de l’envie pour ce don de percevoir comme elle un monde gorgé de vie. Un monde invisible et intouchable pour son regard profane dénué de toute magie. Un léger sourire traversa les traits du duc, sur les mots prononcés presque prononcé sous le sceau du secret, mais qui débordait d’une affection qu’il ne pouvait rater. Lui même ressenti cette chaleur, en songeant à la vie qui s’éveillait en Marjolaine, cet enfant à naître, certes dans plusieurs mois, mais qui était bien là. La pensée, pour une seconde pourtant, fut ternie par le venin des rumeurs. Ces rumeurs qui couraient sur son épouse et cet enfant qui ne serait pas de lui. Il n’y croyait pas, mais cela l’irritait.

Quand la voix de Faustine revint, brisant le fil quelque peu sombre de ses pensées, il tenta de chercher si quelque chose avait changé. Rien qui ne méritait d’être vraiment notifié selon lui, hélas. Tout au plus son attention vaguement attirée. Un… quelque chose au coin de son regard qui semblait venir et disparaître avant qu’il ne le voit. Il haussa les épaules. « Rien qui ne sorte de l’ordinaire je dirais. Peut-être juste… quelque chose souhaitant attirer mon attention, mais sans plus. C’est particulièrement vague. Infime. » Il était difficile d’expliquer quelque chose qui n’était qu’une sensation minime, ou même peut-être juste les impressions de son esprit tentant de rationaliser quelque chose, de trouver une faille. Curieux néanmoins, il retourna une question à la jeune femme. « Et vous, comment percevez-vous les choses ? Comment me percevez-vous ? » S’il y avait certes toujours l’intérêt sous ses paroles, il y avait une sincère curiosité vis-à-vis de cette magie. On la disait puissante, créatrice de vie et de mort, et pourtant, elle ne faisait guère peur au duc. Il y voyait, en réalité, une beauté difficile à décrire. « Vous avez dit que j’avais une aura particulière. Croyez-vous qu’il y ait moyen de la rendre moins... particulière ? »


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyMer 9 Aoû - 22:17

Rien de notable, apparemment. Comme un geste dans la périphérie de son champ de vision, un simple mouvement capté du coin de l’œil. Il n’a pas l’attention affûtée des mages du Sang, mais le simple fait qu’il capte bel et bien quelque chose signifie-t-il que, peut-être, avec de l’entraînement… ? Impossible de le prédire avec certitude, mais Faustine se promet de proposer quelques exercices simples à son duc, plus tard, pour voir si sa perception peut s’affiner. Qui sait ? Peut-être serait capable de ressentir plus précisément ce qui se déroule autour de lui, ce serait un avantage non négligeable dans ces temps troublés. Ne serait-ce que pour sa propre protection !

La question de Denys la déconcentre, et la ménestrelle répond sans réfléchir. « Vous êtes comme un soleil dans la nuit : vous rayonnez avec tellement de puissance, c’est – c’est intense. Vous irradiez la magie du Sang, et pourtant vous n’en êtes pas porteur, je n’avais jamais vu ça auparavant. Vous êtes une anomalie, vous ne devriez pas exister, mais vous êtes bien là, devant moi… Vous-vous me fascinez. » Des deux mains, elle accentue son discours, comme si ses gestes machinaux pouvaient l’aider à mieux convoyer cette notion qu’elle comprend avec une clarté limpide, mais qui se révèle si compliquée à formuler.

Son ton a pris quelques inflexions rêveuses tandis que sa réflexion l’emporte, et Faustine continue son développement sans vraiment s’attarder sur les multiples sens qu’un Lagran aussi rompu à l’art du discours que l’est Denys pourrait trouver à ses explications. Une part d’elle a bien conscience que son choix de mots est discutable, et une légère rougeur vient colorer sa pâleur, mais elle se force à reprendre, comme si de rien n’était. Si Maelenn était là ! Oui, si sa sœur était là, elle se moquerait d’elle, trouverait sûrement sa gêne risible et ridicule. Sa sœur, la belle et réputée Compagne. Une femme qui a sûrement dû se vautrer dans les lits de toutes les couronnes de l’Empire, et pour laquelle les hésitations et pruderies de Faustine sont sûrement la source d’une grande hilarité. A-t-elle déjà proposé ses services à Denys ? Oh, sûrement. Pauvre Marjolaine. Pauvre duchesse si mal aimée… Concentre-toi. Le léger reproche d’Eriath est comme un coup de fouet mental, et si quelques secondes de silence à peine se sont écoulées, Faustine sursaute et reprend, confuse d’avoir autant divagué.

« J’ignore, en toute sincérité, s’il est possible de modifier votre aura, Votre Grâce, elle est… ce que vous êtes, c’est inhérent à la marque que vous portez. Je peux vous enseigner une méthode pour la dissimuler. Elle ne changera pas, elle sera juste… moins flagrante, moins visible. Un mage du Sang qui vous croisera ne la percevra pas, sauf s’il la cherche spécifiquement – et s’il le fait, elle sera… étouffée. Je peux essayer de vous enseigner comment procéder, rien ne garantit que cela fonctionnera, mais cela vaut la peine de tenter, je pense. Si vous le souhaitez, monseigneur ? » Timidement, elle tend la main vers lui, paume levée, paume ouverte – paume offerte. Libre à lui de décider, elle ne le forcera pas ! Mais elle voudrait essayer, oui, pour avoir permission de déployer encore sa magie sur lui, et percevoir plus fort cette aura vibrante qui la trouble tant.

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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyMer 9 Aoû - 23:55

L’honnêteté outreventoise était toujours particulièrement surprenante pour un vrai lagran. Il n’était pas coutume, dans le duché des jardins, d’évoquer si clairement le fond de sa pensée sans y mettre au moins un peu de forme ou en cacher quelques éléments susceptibles de déplaire. A moins de chercher à vraiment vexer son interlocuteur. Mais dans le discours de Faustine, il n’était certainement pas question de cela et c’est pourquoi il ne prit pas ombrage de brutalité apparente des mots. Oh bien sûr, il grinça intérieurement pendant plusieurs secondes devant des termes comme anomalie, mais il prit le temps malgré tout de juger posément ce que lui disait la jeune femme avant de réagir par le feu de l’emportement. Il n’était de toute façon pas fait de ce bois là. La mine interdite qu’affichait son visage laissa rapidement place à un sourire doucement moqueur mais loin d’être méchant. Il ne put s’empêcher de prononcer la remarque qui brulait ses lèvres, suite à cette déclaration finale.

« Et bien je suis heureux que ce soit le cas, Faustine. En espérant le rester à vos yeux. » Dit-il avec une légère taquinerie.

Il était dans la nature du duc de se faire charmeur avec les charmantes dames qui, sciemment ou non, se risquaient à lui adresser de tels mots. Pourtant, c’était bien la première fois qu’il engageait réellement une conversation avec Faustine et jamais il n’avait eut, en la croisant, l’envie de lui faire du charme. Cette rencontre lui faisait découvrir une femme bien différente de la silencieuse outreventoise cachée dans les jupes de Marjolaine – quand elle ne se dissimulait pas derrière une tenture. Il y avait une passion et une curiosité qu’il remarquait pour la première fois chez Faustine et la maladresse de son discours était une chose qu’il pouvait aisément pardonner, tant qu’il n’y avait pas de conséquences fâcheuses. Et en réalité, Denys était particulièrement flatté par ce qu’elle lui avait dit.

Ainsi, il ne pouvait changer cette aura particulière qui était la sienne. Il n’était pas réellement surpris par la réponse, mais certainement un peu déçu. Néanmoins, il apprécia l’initiative de la jeune femme, les propositions qu’elle lui faisait, les options qu’elle posait. Il n’y avait certes aucune certitude là dedans, Denys en avait bien conscience, mais était-ce réellement un mal ? Il ne perdait rien, après tout, à tenter l’expérience. Il était par ailleurs particulièrement curieux de savoir de quelle manière elle souhaitait lui apprendre une telle chose, en supposant que cela soit seulement possible. Après tout, il n’était pas mage et ne connaissait que peu de chose de leurs arcanes, moins encore à propos des mages du Sang. Cette main tendue par Faustine, était la réponse à sa proposition. Saisirait-il cette chance étrange ? Etait-elle après tout réellement disposée à l’aider ou n’était-ce pas simplement pour elle une occasion de tester sa magie sur lui ? Après tout, il était bien ça, à cet instant : un sujet de test. Mais en réalité, la question ne se posait guère, elle était d’une limpide clarté. De toute évidence, il n’y avait pas de malice et de fourberie dans les mots de Faustine, mais il y avait aussi clairement de l’intérêt pour ce qu’il était, ce qu’il représentait. C’était à la fois flatteur et inquiétant.

Et pourtant, malgré ces pensées qui distillaient le doute du duc, il décida d’attraper cette main offerte. « Je pense comme vous que cela vaut la peine, même si j'ai bien peur que n'étant pas mage moi même, l'enseignement soit un peu difficile. Mais je n’ai rien à perdre à essayer de toute façon. » Avec douceur, il referma ses doigts sur la main de Faustine. « Allez y, apprenez moi. » Ajouta-t-il d’une voix chuchotée accompagnée d’un regard plus malicieux.


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Message Sujet: Re: L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine]   L'austérité cache parfois la plus grande des beautés [PV Faustine] EmptyVen 11 Aoû - 23:14

Quelques secondes passent, suspendues dans le silence tandis que la paume ouverte de Faustine semble attendre que le Destin lui-même ne la prenne. Elle joue avec le feu, la petite ménestrelle enhardie, bien loin de sa prudence habituelle. Denys a-t-il conscience du changement radical que sa révélation a produit chez l’Outreventoise ? Toute méfiance oubliée, toute peur laissée de côté, toute honte releguée au placard, ce n’est plus la petite joueuse de vielle aux doigts brisés qui affronte le regard inquisiteur de son duc ; mais une mage du Sang maîtresse de son art qui se tient fière de son savoir devant un sujet d’étude au potentiel insoupçonné. Elle a si peu l’occasion de briller, Faustine ! Qu’il est rare pour elle de ne pas se sentir en butte à l’hostilité, de ne pas voir du coin de l’œil les bonnes gens alentour effectuer quelque signe des doigts pour se prémunir du mauvais sort. Oh, si rare d’avoir l’attention pleine et entière d’un être s’intéressant à elle pour l’ampleur de sa magie, avec sincérité et réelle curiosité ! Sensation nouvelle, sensation inespérée, qui lui met le baume au cœur et allume une étincelle d’allégresse inédite au fond de son regard couronné d’écarlate.

Elle n’a pas vraiment le temps de s’attarder sur l’éclat malicieux au fond de celui de Denys. Elle en sait long sur ses habitudes et ses conquêtes, par la voix désolée de Marjolaine venue pleurer chaque nouvelle incartade sur son épaule – elle sait la manière dont il voit les femmes, ces créatures délicates pleines de fanfreluches qui peuplent la cour lagrane et se hâtent à sa suite dans les couloirs du palais et les allées des jardins, pépiant à qui mieux mieux pour capter une bribe de son attention. Elle connaît ses préférences, son amie lui en a si souvent parlé – et elle se sent en sécurité, l’Outreventoise si sévère, hors de portée, inaccessible car inintéressante. Non, Faustine ne se sent pas concerné le moins du monde, et c’est donc en tout confiance qu’elle resserre les doigts sur les siens lorsqu’il saisit sa main tendue.

Un instant, elle se concentre, puise dans ce contact un flux d’énergie plus concret ; elle perçoit l’aura diffuse plus nettement, mais ce n’est pas encore ça. Elle cherche, focalisant sa magie ; mais ces quelques centimètres de peau ne sont pas suffisants pour s’imprégner autant que nécessaire d’un non-mage. « Monseigneur, je dois renforcer l’action de ma magie sur votre aura. Est-ce que je peux… toucher votre marque ? Cela m’aidera… » La rougeur s’est renforcée sur ses joues, et le duc acquiesce. Il consent, ouvrant la chemise pour dégager l’accès à la peau marquée. Prudemment, Faustine en approche les doigts, hésitant au dernier instant. Elle sent comme une chaleur magique irradier du duc, et elle en frémit, réprimant un sursaut inattendu de crainte. Puis elle se fait violence, pose délibérément le bout de l’index sur la peau offerte.

La foudre la frappant en plein orage ne l’aurait pas plus secouée.

En une fraction de seconde, un tourbillon confus déferle sur son esprit – et elle plaque la paume entière sur la marque de son duc, pour raffermir instinctivement sa prise. Chaos de couleurs, de sons, d’odeurs qui se téléscopent, kaléïdoscope d’images qui s’entremêlent, souvenirs confus de Faustine et de Denys qui se percutent et se dissolvent avant de se reformer. Elle se laisse emporter, la mage abasourdie par l’intensité de ce contact, tant est grande la puissance de Sithis qui les relie dans ce torrent qui déferle. Elle n’a pas eu le temps d’ériger ses barrières, pas le temps de se protéger – et c’est toute sa vie qui se déverse vers Denys, sans retenue, tandis qu’elle se retient à son bras de son autre main pour ne pas tomber, pour ne pas rompre le contact. Elle devrait avoir peur, elle devrait reculer, se préserver, dresser ses boucliers – mais elle n’en a pas envie. Ce contact d’âme à âme, c’est puissant, c’est intense, c’est agréable – c’est…

Intime.

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