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 Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang

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Message Sujet: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyDim 7 Mai - 22:06


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Maelys Aigrépine & Marjolaine du Lierre-Réal

Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang

Que s’animent les figures d’anges oubliés



• Date : 17/03/1002
• Météo : La pluie battait sous plein, quelques minutes à peine auparavant, et les jardins en sont gorgés, les plantes gouttant encore doucement, dans une litanie obscure et silencieuse de cette fin d’après-midi.
• Statut du RP : Ouvert (ça crie fort :arrow: )
• Résumé : Maelys est de retour à Edenia pour faire son rapport du front, avant de repartir pour assurer la sécurité aux festivités d’Ansemer. Dans les jardins fleuris, elle croise un mage du Sang, alors même qu’une statue d’ange se met à bouger, et l’accuse aussitôt d’en avoir pervertie le domaine. C’est la Duchesse elle-même qui intervient pour calmer le jeu, alors que le ton monte.
• Recensement :
Code:
• [b]17/03/1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2128-queclosent-les-fleurs-arrosees-dombre-et-de-sang]Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang[/url] - [i] Maelys Aigrépine & Marjolaine du Lierre-Réal[/i]
Maelys est de retour à Edenia pour faire son rapport du front, avant de repartir pour assurer la sécurité aux festivités d’Ansemer. Dans les jardins fleuris, elle croise un mage du Sang, alors même qu’une statue d’ange se met à bouger, et l’accuse aussitôt d’en avoir pervertie le domaine. C’est la Duchesse elle-même qui intervient pour calmer le jeu, alors que le ton monte.


Dernière édition par Maelys Aigrépine le Dim 14 Mai - 23:13, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyDim 7 Mai - 22:07

Je suis presque persuadée que mon Capitaine m’a renvoyé loin du front qu’à cause de notre discussion houleuse passée... Comme si ça allait vraiment me remettre les idées en place ! Je fulmine encore, son rapport écrit entre les mains, à le tortiller si bien que je menace de le déchirer. Je dois, soi-disant, faire mon rapport de la situation à mon Duc, avant de repartir pour assurer la sécurité aux festivités d’Ansemer. Ca l’arrange bien, tiens, de m’avoir confié une telle mission. Il m’a simplement renvoyé plus tôt dans l’espoir de me calmer un peu, et de ne pas m’avoir dans les pattes pendant quelques semaines. Je me demande bien comment les autres Chevaucheurs prennent la nouvelle, de se faire maintenant donner leurs ordres par un mage du Sang juché sur son dragon d’argent ? Ah, il est magnifique, Ferveur... Quand on oublie les raisons qui lui ont valu d’être ainsi dénaturé.

Je ne peux pas m’empêcher d’éprouver une pointe de tristesse, pourtant, alors même que l’occasion m’est donnée de souffler, de m’épargner un temps de ce climat de guerre pour rentrer chez moi. Mais, ce chez moi, il a un aspect bien différent de celui dont je me souvenais à mon arrivée en Lagrance. Le temps n’est pas au beau fixe, et je laisse Mirage se poser dans les jardins ducaux, pour les traverser en direction du Palais. Il s’est roulé en boule, réfugié sous ses ailes, pour contrer quelques gouttes de pluie encore persistantes. La nature est esseulée du moindre piaillement, ou de la conversation habituelle de ceux qui s’attardent dans ces sentiers. C’est un silence étrange qui précède la pluie, rythmé uniquement par les fleurs gorgées d’eau, dont les feuilles alourdies se répandent encore sur la terre meuble.

Je passe devant une figure de pierre, de ces anges étranges qui me rappellent ceux aperçus, lors de ce cauchemar éveillé à l’Académie. Elle me fixe, de ces yeux aveugles de pierre. Je ne m’en suis jamais préoccupée auparavant, mais depuis cet incident, elles me font froid dans le dos. Et quand je me retourne pour l’observer à la dérobée... L’horreur me saisit. Elle... Elle m’a suivi du regard ? Un frisson désagréable me traverse l’échine, et je cherche frénétiquement autour de moi une raison valable à cette anomalie.

Quelqu’un d’autre est là, tout proche de la statue. « Hey, toi. » Je m’avance vers lui, d’un pas décidé, malgré l’appréhension que la statue de pierre a fait naître en moi. Je pose ma main sur l’épaule de l’individu, pour l’inciter à se retourner vers moi. Il me dévisage, un rien surpris de mon geste, avant de détourner aussitôt le regard, la tête basse. C’est un jardinier, affairé à travailler. Juste un... Non. Je suffoque. J’ai bien aperçu ces mêmes yeux, cerclés d’écarlate, comme mon Capitaine. Mon cœur se serre. J’élève aussitôt la voix, en pointant la statue du doigt. Il suit mon regard, plongé dans la plus profonde des confusions.

« - C’est toi qui a fait ça ?!
- Comment ça ? Je ne... Je ne vois pas de quoi vous parlez.
- Arrête de mentir ! Je l’ai bien vu bouger !
- Je suis... Je m’occupe seulement des fleurs, dame.
- Et vous en profitez pour utiliser votre magie, en espérant que personne ne le remarque, c’est ça ?
- Mais... Enfin, ce n’est pas la première fois que ces statues bougent et...
- Quoi ?!
- Ce n’est pas moi qui...
- Menteur ! Tu viens d’avouer ! »

Je l’attrape par le bras, et il se rétracte aussitôt, la tête enfoncée dans ses épaules. Mon regard flamboie, et je ne me serais pas privée de lui expliquer le fond de ma pensée sur ses pratiques, si une voix bien reconnaissable n’avait pas retentit dans mon dos... Je tressaille et me retourne aussitôt. « V... Altesse ? »
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La Noblesse
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Marjolaine du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyMer 17 Mai - 13:16

La pluie avait enfin cessé de tomber et c'est en se drapant d'une cape légère qu'elle quittait les murs du palais ducal pour une promenade d'inspection dans les jardins.  Ceux-ci avaient subit quelques transformations en prévision de la fête de Cerah pour accueillir quelques trésors du concours d'horticulture.  Si ce n'était que ça, la duchesse croyait qu'il était bon pour sa propre santé et celle du bébé de prendre un peu d'air frais dès qu'elle le pouvait.  Autant lié le devoir à l'agréable songeait-elle.  Puis, depuis sa mésaventure avec les potions regénératives, elle préférait nettement s'en tenir aux exercices normaux et éviter tout contact avec le reste.  Si cela avait amusé Rose que sa mère expulse des bulles à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche, Marjolaine avait bien été embarrassée par cette situation une bonne partie de la journée.  Le soulagement fut énorme lorsqu'elle avait retrouvé un état normal.  Plus grand encore quand elle eut fait vérifier que tout allait bien pour le bébé et que cette mésaventure n'aurait aucune séquelles sur lui.  Il aurait été plutôt catastrophique qu'il passe son existence à bubuller plutôt que parler à cause des tendances superstitieuses de sa mère, toujours prête à prendre telle ou telle mesure pour prendre soin de sa santé.  La leçon aurait été un peu trop chère payée.

Cette fois, ce fut en compagnie de quatre gardes qu'elle sortit, laissant Rose aux soins de sa bonne et de ses instructeurs, probablement soulagés de voir cette mère au cœur faible les laisser en charge de la petite princesse.  Mais elle ne doutait pas que s'ils la trouvaient trop indulgentes, il n'en était que plus faibles eux-mêmes devant les caprices de la fillette.  Comme le chemin n'était pas long à parcourir et qu'elle croyait qu'un peu d'exercice physique lui serait bénéfique, elle se rendit à pied dans les jardins entourée de sa garde rapprochée.  Comme toute Lagrane de ce nom, une fois devant la merveille des fleurs, elle ne pouvait que s'extasiée.  Plutôt timide, elle gardait son admiration pour elle-même, mais il n'empêchait qu'elle soit complètement absorbée par la contemplation des arrangements floraux.  Le travail effectué par les jardiniers était d'une prouesse remarquable et elle s'assurerait que chacun soit récompensé tel qu'il le fallait.  Un frisson la parcourut néanmoins à la pensée de ce jardinier qui avait tenté d'attenter à la vie de Denys.  Bien qu'elle réprouvait l'acte, elle avait pitié de cet homme qui était tombé si bas.  Et elle craignait qu'un autre jardinier ait l'idée de s'en prendre à son tour à l'un des membres de sa famille.  Et la question de savoir à qui appartenait ce plant diapré planait aussi dans son esprit.  Surtout s'il ne s'agissait pas de celui de son époux.  Qui avait pu lui faire confiance au point de lui laisser un cadeau si précieux?  Une conquête?  Les pousses majestueuses chassèrent ses idées sombres : devant tant de beauté il ne pouvait en être autrement.

Mais peut-être d'autres n'étaient-ils pas d'accord, songea-t-elle alors qu'elle entendit des bruits de dispute émaner tout près des bosquets où elle musait.  Elle s'approcha, attirée par les voix, pour découvrir quelqu'un s'en prendre à un mage du sang.  Elle le reconnaissait grâce à ses pupilles cerclées de rouge, elle qui avait grandi dans une famille de mages du sang et dont la meilleure amie en était également une.  Quant à l'autre individu, il s'agissait d'une Chevaucheuse.  Elle la reconnaissait comme étant la championne de Lagrance au Tournoi des trois Opales, bien qu'elle ne la connaissait pas personnellement.  Comme elle était par excellence la protectrice des mages du sang, elle se devait d'intervenir.

« Que se passe-t-il ici? » fit-elle en élevant la voix, sur un ton affirmé.  L'effet fut soudain et arrêta l'échange peu agréable entre les deux intéressés.  Elle s'avança avec la grâce et l'élégance convenant à son rang et s'arrêta lorsqu'elle fut à la hauteur des deux protagonistes, profitant de leur surprise de la retrouver là.  Une fois remis de sa surprise, le mage éberlué s'inclina profondément devant la duchesse qui lui avait accordé l'asile dans son duché.

« Redressez-vous je vous prie, » ordonna-t-elle sur un ton radouci bien que ferme.  Elle fit face à la Chevaucheuse qui semblait être le nœud du problème.

« Mademoiselle Aigrépine, vous savez que les mages du sang sont les bienvenus en Lagrance tant qu'ils ne représentent pas un danger pour le peuple Lagran, n'est-ce pas?  Je ne crois point que l'animation d'une statuette puisse vous porter préjudice, » déclara-t-elle, inflexible.  Son regard se porta se porta sur le mage pris en faute et sans faire preuve de trop de clémence lui dit de se retirer et de les laisser.  Elle ne comptait pas pousser la réprimande plus loin en face de l'intéressé.  Son prochain commandement fut pour sa garde à qui elle demanda de se retirer de quelque distance.  Son attention revint sur Maelys.  Elle semblait bien remise de ses blessures depuis.

« Je vous prierais de ne point vous acharner sur ces gens, ils sont déjà assez fourbus de lourds fardeaux.  Je compte que Lagrance soit un havre de paix pour eux. »

Elle appuya sa remarque d'un regard fixé sur la jeune femme.  Il n'était pas dans ses habitudes de faire montre de son autorité, elle préférait tenir le rôle de bras droit de Denys, se tenir dans son ombre et le soutenir dans les décisions.  Mais la protection des mages du sang était quelque chose qui lui tenait cœur à elle et c'était probablement en partie pour cela que son époux la laissait recueillir ces mages rejetés en leur duché.
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyVen 9 Juin - 23:07

Je reste interdit, à découvrir la Duchesse de Lagrance qui s’avance vers moi, sa garde rapprochée ne la lâchant pas des yeux. Si le mage du Sang s’incline avec déférence, la surprise me fait oublier les quelques manières que la Cour a pu m’enseigner l’année passée. Je plisse le regard, alors qu’elle prend bien évidemment la défense de ce mage. Aurais-je m’attendre à autre chose de sa part ? Non, bien évidemment. Elle était si… Tolérante, et gentille. Tellement qu’ils profitaient de sa bonté. Il suffisait de leur tendre la main pour qu’ils vous prennent le bras, ceux-là !

Je ne dis rien, pas avant qu’elle n’intime au mage de se retirer, et à sa garde d’en faire de même. La Duchesse invite indirectement à parler à cœur ouvert, en agissant ainsi. A moins que je ne me trompe sur ses intentions ? Je triture mes doigts autrefois si malmenés durant le Tournoi des Trois Opales, comme si un tel geste pouvait m’aider à mesurer mes paroles. « Mais ils représentent précisément un danger constant pour le peuple Lagran, Votre Altesse. »

Au risque de passer pour une petite effrontée, il me fallait la contredire. « Sauf votre respect, ces statues ne s’animaient pas auparavant… J’ai vu, ce qu’ils ont fait, sur cette île maudite. » Je relève le regard, pour croiser le sien brièvement. « Ils animaient des navires avec leur sang, pour en faire des Vivenefs. Ils échouaient inlassablement, et recommençaient tout autant. Et vous savez ce que sont devenus leurs échecs ? Elles errent encore sur ces plages abandonnées, à hurler leur désespoir et tourmenter les malheureux qui tomberaient entre leurs griffes. Votre Altesse… Vous auriez de bonnes raisons d’être méfiante envers la magie du Sang. »

Je me mords la lèvre. « Je suis inquiète pour vous. » Ce n’est pas totalement vrai, mais tout ce que je venais de lui confier l’était… L’origine même de mes griefs envers cette magie scellée. Si elle est bien celle que tout le monde décrit, elle m’écoutera, même si je me permets de critiquer ceux-là même qu’elle cherche ardemment à défendre. Je me dois de lui ouvrir les yeux sur leur pratique. Elle ne voit en eux que des persécutés, mais ils n’en sont pas arrivés là sans raison, oh non… « Je sais ce que vous pensez, qu’ils ne devraient être jugés que pour leurs actes, mais cette magie… Elle est maudite. Elle n’a pas été scellée sans raison. Vous croyez qu’elle apporte la vie, mais elle en prend aussi. »
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Marjolaine du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptySam 10 Juin - 18:42

Elle s'attendait quelque peu à des protestations et Marjolaine les accueillit avec une profonde sérénité.  Les mages du sang étaient incompris parce qu'ils possédaient une magie différente, pouvant se révéler dangereuse.  Et meurtrière.  Néanmoins, ayant grandi avec l'enseignement d'un père dotée de celle-ci, puis vaguement entourée d'une belle-mère qui la maîtrisait tout autant que son époux, elle avait vécu dans l'attente de sa puberté et du jour où ses pouvoirs à elle-même naîtraient et se dévoileraient.   Ce jour n'était jamais venu, la laissant vivre une vie de femme normale.  Pourtant, elle avait des frères, des sœurs qui risquaient encore de s'éveiller à cette magie, d'autres qui l'étaient déjà.  Et sa meilleure amie, celle qui lui avait été la meilleure des compagnes depuis son adolescence était également une mage du sang.  Aucun d'entre eux n'avait choisi celle-ci, comme personne ne pouvait décider de s'éveiller à la magie du printemps plutôt qu'à la magie de l'été.  C'était comme ça.  Elle était consciente des dangers reliés à ces pratiques, on les lui avait expliquées des années plus tôt.  Elle aurait pu expliquer tout cela à la Chevaucheuse, mais elle se contentait d'écouter, l'air paisible, les propos et conseils de Maelys.  Cette dernière n'arriverait point à faire bouger sa prise de position, mais la duchesse savait que pour être aimée de ses sujets et de ceux qui veillaient aux intérêts de son propre peuple était de faire preuve de conciliation et d'écoute.  Rien ne l'obligeait à mettre en place des mesures en réaction à chacun de leurs propos, chacune de leurs critiques, mais d'être écouté, pris en considération par le rôle d'une oreille tendue avait une valeur inestimable.  En ce qui concernait les événements de l'Île des Murmures, elle ne pouvait que se référer aux propos de ce qu'elle avait entendu.  L'inquiétude de la jeune femme toucha donc profondément la jeune duchesse.

Avant de répondre à la jeune femme, elle lui adressa un tendre sourire, empli de toute l'amabilité qui la composait.  Elle posa une main sur son ventre, songeant à la façon dont elle avait conçu cet enfant.  La magie du sang pouvait donner la vie, mais la retirer aussi, la Chevaucheuse n'avait pas tort.  Et elle le savait bien.  Elle avait ses doutes que ses démarches, ses propres démarches, mettaient probablement en danger quelqu'un, quelque part.  Néanmoins, n'avait-elle pas le droit d'être un peu égoïste elle aussi?  N'avait-elle pas le droit d'offrir une descendance digne de ce nom à l'homme qu'elle aimait?  Ce qu'elle faisait était juste et noble.  La couronne fleurie de Lagrance ne souffrirait point de voir un bâtard s'en saisir.  Elle s'emportait dans les sentiments.

« Toute magie comporte sa part de danger, mademoiselle Aigrepine, » commença-t-elle par déclarer.  Elle avança de quelques pas, l'invitant à la suivre dans sa promenade dans les jardins, tandis que la garde les suivaient de loin, mais de près.  Elle jeta un œil à la statue qui n'avait apparemment plus envie de bouger désormais.

« Certes, les enjeux de la magie du sang sont plus importants que d'autres.  Cependant, vous devez comprendre que ceux qui en sont doté n'ont point eu le choix.  Nous pouvons pas opprimé des gens pour quelque chose que peut-être eux-mêmes n'ont pas voulu. »

Elle s'arrêta un instant, se perdant dans le fil de ses pensées alors que ses yeux suivaient les couleurs vertes des bosquets, ce vert frais du printemps qui faisait son chemin.  Il était temps qu'Arven connaisse un renouveau, que l'on protège ce qui devait l'être et qu'on se libère de vieux traités qui méritaient d'être revus, améliorés.  Elle soupira doucement.

« Ne croyez point que je sois sourde à votre plaidoyer, j'ai mes inquiétudes moi aussi.  Néanmoins, je me refuse à condamner toute une population sous prétexte qu'ils soient nés sous le joug d'une magie maudite.  Il faut travailler pour un monde meilleur et cela se fait tous ensemble.  Avec eux.  Tentez de les comprendre un peu comme je m'efforce de vous comprendre aussi.  Le monde n'en serait que meilleur si tout le monde faisait ainsi. »  Elle leva une main dans un geste affectueux pour replacer une mèche de cheveux de la Chevaucheuse, comme elle l'aurait fait pour Rose, sans vraiment trop y penser.  « Vous êtes douée dans ce que vous faites, mais ne laissez pas vos préjugés se mettre en travers de votre route, » ajouta-t-elle sur un ton très doux.
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptySam 22 Juil - 22:32

Elle a ce sourire, ma Duchesse, qui à la fois apaise et agace. Il est doux, aimable, compatissant. Il n’est pas approprié, alors que je viens de lui exposer mes craintes, ma méfiance absolue envers la magie du Sang et ceux qui la manipulent, ou ceux qui en cautionnent les dérives. Et à quel point leur emprise est puissante, sur la femme de son Duc ? Ou même sur tout ce Duché ? A mesure que les jours passent, je me sens étrangère à ma patrie d’accueil, et le coup de grâce a été de voir ces yeux cerclés de rouge… Chez mon Capitaine lui-même. Cette magie honnie a posé sa marque sur Lagrance, sur tout Faërie… Et comme si ce n’était pas assez, elle affecte maintenant mes proches, ceux qui ont de l’importance pour moi. Je ne peux pas le tolérer.

Alors je bouillonne, à la suivre sans mot dire, le regard rivé sur cette statue à nouveau inanimée. Elle me rappelle de bien mauvais souvenirs, à l’Académie… Peu de temps après mon retour de l’île aux murmures. Toutes leurs créations sont maudites, et devraient être détruites. Je m’insurge, alors qu’elle prend leurs créateurs en pitié, me retournant vers elle. « Ils ont le choix ! Ils ont le choix de ne pas s’en servir, de ne pas animer ou concevoir ce qui les dépasse ! Toute magie peut se révéler dangereuse, mais je n’en connais qu’une seule qui puisse à ce point échapper au contrôle de son mage. Si vous les aviez vu… » Oui, si elle avait été là, aux prises avec ces figures de bois qui vous agrippent, vous malmènent, et hurlent, hurlent… Elle n’aurait pas eu le même avis. J’en étais persuadée. Je murmure, cette fois, plus pour moi-même : « …Ils jouent avec la vie. »

Je m’arrête, au même moment qu’elle. Je l’observe à la dérobée, le regard perdu dans les bosquets fleuris environnants. Elle écoute… Vraiment ? J’ouvre la bouche pour parler, mais me reprends à deux fois. Je secoue finalement la tête négativement, quand elle vient capter une de mes mèches pour la remettre en place dans un geste étrangement maternel. Mon regard croise le sien, quelque peu décontenancé. Chercher à les comprendre… ? Ce ne sont pas des préjugés, non. C’est la réalité… Ma réalité. Ma voix est beaucoup moins mordante, plus hésitante. « Mon Capitaine est revenu sur le front. Il… La magie du Sang va le changer. Elle aliène tout, même son dragon. » Je marque un silence, tourmentée. « J’aurais voulu que rien ne change, mais Lagrance a un nouveau visage maintenant, et ça ne semble pas vous effrayer. »
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyJeu 10 Aoû - 20:39

Les mots résonnèrent en Marjolaine tel un reproche.  Ils jouent avec la vie.  Elle ferma les yeux un instant, pour ne pas y trahir à quel point elle-même était coupable d'un tel crime.  Elle-même était l'auteur d'un de ces sorts et si ce n'était pas son bras qui s'était levé pour le jeter, c'était elle qui avait dirigé celui d'un autre.  Pas seulement une fois.  Une seconde fois aussi.  Et tout cela s'incarnait dans ce qui lui était le plus cher au monde : sa fille et son enfant à venir.  Combien était-il terrible ce secret qu'elle gardait enfouit au plus profond d'elle-même.  Sous ses doux sourires, la duchesse savait.  Elle faisait mine de n'avoir aucune idée de la portée de ses actes, mais comment pouvait-elle l'ignorer?  Elle dont le père l'avait préparée dès la plus jeune enfance à voir la magie du sang s'éveiller en elle.  Il ne lui avait pas tout dit, préservant la part de son innocence qu'il pouvait, mais ce que les mots ne lui avaient point révélé, son cœur le savait déjà.  Elle avait joué avec la vie d'inconnus pour enfanter, pour pallier à cette tare de son corps qu'elle haïssait.  Pour protéger sa propre place.  Le pire de tout cela, c'est qu'elle ne regrettait absolument pas son égoïsme.  N'avait-elle pas le droit elle aussi, de tendre la main vers son bonheur, même au détriment de quelques autres alors qu'elle oeuvrait tant pour le bien commun?  Devait-elle absolument être en tout temps cet ange de douceur et de générosité?  Les élans de son cœur s'y refusait.  Elle ne causerait pas le mal inutilement, elle en était incapable, mais pour atteindre ses objectifs, elle était prête à beaucoup.  Quitte à sacrifier sur le bonheur des autres.  C'était des choses qu'elle ne pouvait pas partager avec cette brave Chevaucheuse.  Elle comprenait ses inquiétudes, mais Marjolaine était beaucoup trop avancée sur ce chemin, et ce depuis beaucoup trop longtemps, pour faire marche arrière.

Ses mots faisaient fortement écho en elle.  Elle était duchesse, elle ne devait pas se montrer effrayer.  Elle le devait au peuple qui croyait en elle et s'appuyait sur elle.  Sur Denys.  Elle devait épauler ce grand homme qu'était son époux et refouler bien des sentiments pour tenir son rôle tel qu'elle le devait.

« Vous ne savez pas à quel point tout cela peut m'effrayer, » assena-t-elle en plongeant son doux regard dans le sien.  C'était son hésitation qui l'avait fait se radoucir un peu, essayer de se montrer plus compréhensive.  Et Marjolaine comprit la crainte réelle qui se terrait au fond des prunelles noires de la Chevaucheuse.  Elle savait des choses, elle en avait vu d'autres, et la peur que lui inspirait la magie du Sang n'était pas qu'un leurre.  Et elle pouvait comprendre, en partie.

« J'ai confiance que les mages du Sang accueillis en Lagrance n'useront point de leur magie à mauvais escient.  Je n'ai pas de plus grand souhait que de les voir vivre en harmonie avec nous, bien que la crainte que l'un de leur tissage ne vienne un jour à mettre en danger le peuple lagran.  Cependant, j'ai aussi l'espoir qu'ils l'useront pour le bien de tous. »

Plusieurs fois, le père de Marjolaine lui avait-il dit, que si seulement il avait su passé outre les interdits, s'il avait su où était la limite entre enfouir ses pouvoirs pour le bien commun et les faire jaillir dans la nécessité, sa mère n'aurait jamais perdu la vie aussi tragiquement.  Elle-même n'aurait pas grandi sans sa mère.  Bien qu'elle ne s'ouvrait que très peu sur le sujet, la jeune femme souffrait beaucoup de cette enfance recluse qu'elle avait vécu, parce que son père devait dissimuler son existence à cause de ses pupilles cerclées de rouges.  Parce qu'elle n'avait pas eu de mère pour la guider et être cette meilleure amie dont elle avait besoin avant d'atteindre l'adolescence.

« Lagrance doit se façonner ce nouveau visage en ces temps de guerre, alors que notre empire vient d'être déchiré par des crises intestines quant à la tête qui devrait le diriger.  Néanmoins, ce nouveau visage n'a pas à être si différent de l'ancien.  Et plus encore, nous avons besoin de vous pour le façonner, » ajouta-t-elle.  Elle voulait faire sentir à la jeune femme que ses inquiétudes pour sa patrie adoptive n'avaient pas lieu d'être, car elle était un élément important de celle-ci et que c'était des gens comme elle, plus encore que Marjolaine et Denys, qui décideraient du futur de Lagrance.

« Le capitaine Tristan d'Amar a toujours été un homme bon et dévoué aux autres.  Il a dû sacrifier beaucoup de choses en acceptant cette nouvelle magie en lui et plus que jamais, il a besoin de soutien.  Du vôtre aussi.  Ce combat nous effraie beaucoup plus encore que vous ne semblez l'oser l'imaginer. »
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyMar 22 Aoû - 22:54

Je me suis certainement montrée un peu présomptueuse, envers ma duchesse, à interpréter ses propres pensées. Elle est toujours aussi douce, attentive… Mesurée. Ce type de comportement m’est tellement étranger que je peine à en saisir les nuances. Je devrais me rappeler de me taire, plus souvent. Mais chasser le naturel, et il revient au galop. Ce n’est pas quelques mois, à la cour de Lagrance, à jouer les gardes du corps de mon duc, qui m’auront permis d’acquérir toute la tempérance que l’on attend de moi. A peine cela a-t-il suffi pour que je commence à voir plus clair entre les lignes, à percevoir les jeux qu’ils se livrent à la cour, parfois bien mortels. Je me demande quel rôle ces mages du Sang finiront par jouer, au sein du duché fleuri. Que ce soit mon duc ou ma duchesse, ils semblent tout deux adopter la même attitude quand on s’avance sur ce terrain glissant… Oh, bien entendu, ils me confortent dans mes raisonnements, mais ils me donnent cette même impression de dissimuler leur véritablement sentiment à leur sujet derrière une fausse compassion. Mes mises en garde me semblent raisonner dans le vide.

« Ils ne devraient pas utiliser leur magie tout court, pour le bien de tous. » Cette magie n’a pas été scellée sans raison. Je n’en démordrais pas. Et si on ne choisit pas de naître mage du Sang, on choisit de l’utiliser pour façonner la vie… Ou la mort. Je n’ai pas cet espoir pieux qu’user de cette magie puisse être un jour bénéfique. Ils n’ont su, à ce jour, que toujours plus se décrédibiliser auprès de moi. « Les avez-vous un jour user de leur magie à bon escient ? » Je ne l’accuse pas, nullement. Je l’interroge, réellement curieuse. Qu’elle me prouve à un seul moment que je peux avoir tort de songer ainsi, alors que la duchesse semble si certaine qu’une harmonie est possible.

Et puis, ses paroles ne raisonnent à mes oreilles que comme des cajoleries. La voilà qui me berce, à me rassurer sur la place que je dois occuper en Lagrance, alors même que j’en doute désormais. Je suis presque admirative, de voir à quel point Marjolaine du Lierre-Réal est capable de dire ce que l’on veut bien entendre. Je comprends mieux comment elle réussit à se faire aimer de tous, avec une attitude si conciliante, que je serais incapable d’adopter.

Je me tends, au seul nom de Tristan, mais ce n’est pas de la colère que je ressens maintenant… Seulement une pointe de tristesse, envers mon Capitaine que j’ai tant admiré. Oui, au-delà de ce qui s’est passé, je sais pertinemment qu’il est resté cet homme altruiste. Dévoué ? Sans doute, à sa propre cause. C’est ce que souligne le nom de ce dragon qui a tout donné pour lui, jusqu’à ses origines même. Je plisse les lèvres. « Pourquoi ? Pourquoi l’avoir fait ? Pourquoi les soutenir ? Ils n’ont rien apporté d’autres que la ruine. Ne se doutaient-ils pas que par leur volonté de s’imposer, dans le sang, ils n’obtiendraient que la guerre ? » Quelque chose… Quelque chose s’était brisée. Ils avaient été les premiers à s’élever, mais ne seraient sans doute pas les derniers. Le monde changeait. « J’ai vu ce qu’était capable de produire les magies et les savoirs oubliés. Je crains pour l’avenir, car même notre passé n’est plus en sécurité. Les conséquences, bientôt, nous dépasseront. J’aurais voulu arrêter cette folie quand il en était encore temps. »
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyJeu 31 Aoû - 7:49

Fort heureusement, Marjolaine était une femme qui savait faire bonne mesure et n'avait point la tendance à s'exprimer à voix.  Autrement, elle aurait peut-être été plus cinglante à l'égard de la Chevaucheuse.  Jeune femme butée.  Outre son capitaine de vol, connaissait-elle d'autres mages du sang?  La duchesse avait elle-même grandit entourée de mages du sang.  Elle avait perdu la chance de connaître ne serait-ce qu'un peu sa mère à cause de l'interdiction de cette magie.  Elle aurait pu vivre encore Mahault, son père n'en aurait pas autant souffert non plus.  Et Faustine?  Sa si chère Faustine pourrait-elle faire le moindre mal à un être humain?  Marjolaine était convaincue qu'elle ne le pourrait pas.  Est-ce que Rose était une mauvaise chose?  Et le bébé à venir?  Oui, la magie du sang avait son prix à payer, mais était-elle mauvaise?  La duchesse se bornait à n'en pas croire une seule miettes.  Elle savait ce qu'elle faisait et n'accordait pas aveuglément sa confiance à ces gens.  Plus tard, Lagrance pourrait se réjouir d'avoir été un des premiers duchés à montrer la voie quant aux mages du sang.  Balivernes que leur magie était mauvaise!  On continuait pourtant d'enseigner la magie de la destruction à l'Académie et personne ne s'en insurgeait.  Beaucoup d'autres magies était aux yeux de la jeune femme étaient tout autant dangereuse.

« Si tout le monde faisait preuve d'un peu plus d'ouverture, il n'y aurait pas besoin de guerres.  La haine n'engendre que la désolation et la mort, » rétorqua la femme enceinte un peu plus cinglante qu'elle ne l'aurait voulu, elle qui se montrait toujours douce et affable.  La grossesse la rendait plus facile à avoir des sautes d'humeur et elle contrôlait mal ses émotions.  Il s'avérait que la Chevaucheuse s'entretenait avec elle à propos d'un sujet auquel elle était très sensible.  Elle poussa un léger soupir, cherchant à reprendre le contrôle d'elle-même.  Elle ne pouvait pas se laisser aller aussi facilement.  Et pourtant…

« Pourriez-vous vous astreindre d'utiliser votre magie mademoiselle Aigrépine? » demanda-t-elle après un court moment de silence.  Elle toisa la Lagrane d'adoption de haut en bas, cherchant dans sa physionomie le moindre tressaillement.  « Vous ne pourriez pas.  Elle est part entière de qui vous êtes.  Des erreurs ont été commises par le passé, de graves erreurs.  Il ne tient qu'à nous de pas les répéter, n'est-ce pas? »

Le petit accès de colère qu'elle avait eu plus tôt l'avait un peu fatiguée, mais elle n'en montra rien.  Cet entretien lui était pénible, mais nécessaire.  Les Chevaucheurs étaient importants.  C'est dans leur soutien pour leur capitaine qui luttait pour la magie proscrite qu'ils inspireraient le reste du peuple. Qui ne regardait pas avec admirations ces nobles cavaliers, volant à dos de dragons et préservaient la paix?  Comment pouvait-elle faire tomber les barrières de cette Chevaucheuse-là, elle qui se montrait si entêtée.

« Je ne peux me représenter ce que vous avez vu faire les mages du sang pour prôner l'interdiction de l'exercice de leur magie, je n'en ai pas été témoin.  Ce que j'ai vu moi, ce sont des gens qui œuvrent pour le bien.  Avant de ne débouler tel dans une pente fatale, vous devriez essayer de leur parler, de les comprendre plutôt que de les agresser sans raison.  Il me tient à cœur, tout comme à celui du duc, que tous nos sujets soient enclin à la tolérance pour vivre dans une meilleure harmonie.  Je compte sur vous pour ne pas rompre celle-ci et y contribuer. »

Elle était reconnaissante de ce que faisait la Chevaucheuse dans l'exercice de ses fonctions.  Elle ne l'obligeait pas à adopter les mêmes positions que les siennes, mais il lui faudrait comprendre que si elle voulait garder sa place durement acquise auprès des autres membres de sa caste en Lagrance, elle devait faire preuve de tempérance.





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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyDim 1 Oct - 19:01

Je sens comme un reproche qui couve, dans cette voix pourtant si douce habituellement. Elle est plus sèche, plus vindicative. Je crois que, même si ce n’est pas vraiment perceptible chez la Duchesse de Lagrance, mes paroles paraissent l’agacer prodigieusement. Je pensais que ce serait facile de confier mes doutes à elle, mais étrangement, ça l’est davantage avec son mari. Pourtant, ils tiennent exactement le même discours, et après avoir jouée les gardes du corps de Denys du Lierre-Réal des mois durant, je sais quel serpent se cache sous ces sourires charmeurs. Elle a une attitude peut-être plus sincère, finalement, mais pas moins aisée.

Je glisse, à demi-mots, en retour : « On m’a plutôt appris, en Lagrance, à ne pas céder ma confiance si facilement. » Et à ne pas montrer de failles, et surtout ne pas faire de vagues, agir insidieusement plutôt qu’au grand jour. Je l’ai appris, tout cela, à la Cour, après l’Ordalie de Diamant. Je l’ai aussitôt oublié, devant le visage avenant de la Duchesse, qui m’invitait à lui confier mes craintes. Rien qu’un faux pas, qu’il vaudrait mieux que j’évite de reproduire à l’avenir.

Je l’entends soupirer en retour, et quelque chose me dit que j’arrive au bout de la patience de cette femme enceinte. Je reste silencieuse un temps, le regard perdu ailleurs. Je ne cherche pas à la brusquer, mais ne reviendrais pas si aisément sur mes craintes envers les mages du Sang. Je pensais qu’elle allait changer de sujet, ou décider de repartir en considérant – je l’espère – l’incident clos, mais elle me surprend un peu. Je relève la tête, pour lui glisser un regard interrogateur. Je vais pour répondre, mais elle le fait à ma place, et son regard, à me toiser de haut en bas, ne me met que plus en garde.

Elle cherche mon assentiment, et c’est là que je me rends compte, à quel point il m’a fallu assimiler les leçons de mon Duc, en restant dans son ombre. Je souris, simplement. « Nous devons apprendre des erreurs du passé, oui. » Je la conforte, rien de plus. En dire davantage n’aurait fait que la rendre soupçonneuse, face à mon comportement.

Tolérance. Ouverture. Voilà ce qu’elle prône, même envers les mages du Sang. Je fixe à nouveau le lointain, en espérant ne rien faire paraître de plus, et certainement pas mon agacement qui doit être égal au sien. Oh, nous devons être des exemples, nous, les Chevaucheurs ? Que mon Capitaine ait embrassé la cause des mages du Sang doit leur plaire assez, en ce qui concerne une belle ouverture d’esprit. « Ils se cachent. Comment pourrais-je échanger avec eux, réellement ? » Je me retourne vers elle, interrogatrice. « Vous en connaissez certains qui seraient prêts à sortir de l’ombre ? » Voilà, de l’ouverture. Je n’ai pas envie de leur parler, en vérité, mais elle me sert cette excuse sur un plateau, de vouloir paraître exemplaire. J’aimerais bien savoir qui sont ces mages du Sang à qui elle a eu l’occasion de parler et qui l’ont convaincue qu’ils étaient inoffensifs, des martyrs qu’elle se devait sans doute de défendre. « Je vais faire de mon mieux pour représenter fidèlement Lagrance, Duchesse. Je ne veux pas décevoir le Duc, ni vous-même, et un tel incident ne se reproduira pas. Veuillez excuser ma… Mon emportement. Je suis encore sous le choc du changement qui s’est opéré chez mon Capitaine. »

Des demi-vérités qui m’écorchent, mais qui le restent néanmoins. C’était avant-hier qu’il est revenu sur le front, sur le dos de son dragon d’argent. J’ai encore besoin de temps pour le digérer, et cette excuse sera suffisante pour nuancer mes propos. Je n’arriverais pas à la convaincre, alors autant lui faire croire, qu’elle, a réussi un peu à me convaincre, assez pour que je songe à réviser mon jugement. Ce n’est pas vraiment le cas. Je compte plutôt tenir à l’œil ces mages du Sang, en évitant de me faire mal voir par ma hiérarchie. Si Tristan ne me tiendrait pas rigueur de mes débordements, j’apprécierais assez peu que le Duc et la Duchesse cherchent à me faire travailler au contact de mages du Sang, pour une question de… Tolérance. J’ai suffisamment pris sur moi par le passé, quand il m’a fallu arrêter de chevaucher un temps pour fréquenter la Cour, parce que le Duc voulait déjà m’apprendre la mesure.  

Pourvu qu’ils ne se passent pas le mot.
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyMer 4 Oct - 18:27

Oui, ils se cachaient, Marjolaine le savait.  Mais c'était bien parce que les gens avaient tendance à les aborder de la même façon que l'avait fait à peine quelques instants plus tôt la Chevaucheuse.  Ils étaient toujours soupçonnés de mijoter quelque chose de douteux, voir de maléfique.  Elle pouvait comprendre qu'ils n'osaient pas se montrer au grand jour.  Certes, il y avait quelque chose d'un peu contradictoire à inviter les gens à engager avec eux le dialogue en sachant cela, mais la duchesse ne pouvait réellement songé à un autre moyen.  Les mages du sang ne pouvaient pas non plus contenir à l'infini leur magie et forcément, quelqu'un, n'importe qui même, pourrait en être témoin à tout moment.  Et la jeune femme espérait qu'à ces instants-là, plutôt que de les pointer du doigt, les gens feraient preuve de compassion.  Poseraient les questions qui pourraient les rassurer.  Oui, c'était une magie effrayante et elle-même n'en mesurait à peine que toutes les possibilités.  Elle savait son éducation biaisée, élevée par un père et une belle-mère mage du sang.  Elle se demandait même si elle-même n'aurait pas été réclamée par cette magie si sa puberté était venue normalement comme les autres femmes.  De ce fait, elle se montrait ouverte d'esprit, extrêmement ouverte d'esprit envers cette magie depuis longtemps bannie.  Elle espérait qu'elle puisse revenir tranquillement et que cela se ferait sans bain de sang.  Elle était prête à soutenir la cause de ces mages honnis, mais pas au prix d'une guerre de plus.  Il y en avait déjà bien assez de celle qui ravageait le continent entre les deux empires.  Ce ne serait pas facile, mais elle espérait que sa patience et sa gentillesse inciteraient les gens à laisser leurs gardes se baisser et tenter d'ouvrir le dialogue.  Elle n'attendait pas l'effort que de la part des gens du commun, mais aussi des mages bannis.  Il fallait que la communication se fasse dans les deux sens.  Pour le moment, il y avait trop à voir, trop à faire pour s'occuper de cette cause qui lui tenait à cœur, mais elle se promettait d'y travailler plus tard. Dès que possible.  Si seulement cette maudite guerre pouvait cesser.  Ils avaient déjà tous beaucoup trop perdu.

Mais devant le discours de Maelys, Marjolaine se sentit apaisée.  Elle prit la main de la Chevaucheuse avec un élan d'affection pour elle.  Il lui peinait de la voir craindre autant les possibilités de la magie du sang, mais c'était compréhensible avec tout ce qui se passait et tout ce qui se racontait.  La simple promesse de ne pas recommencer le même genre d'agression suffisait à rendre à Marjolaine son sourire et sa sérénité.

« Merci, le moindre petit effort est important! » répondit-elle avec chaleur.  Elle ne se souciait pas vraiment de savoir ce qu'en pensait réellement la Chevaucheuse.  Elle ne cherchait pas à ordonner aux gens ce qu'ils devaient penser : elle n'avait pas le pouvoir de contrôler les mentalités, et elle ne le désirait pas non plus.  Elle désirait seulement percer une brèche dans les cœurs et que le reste se fasse naturellement.

« Je suis désolée de vous malmener ainsi alors que le capitaine d'Amar vient tout juste de revenir.  Cela doit vous avoir fortement secouée.  Je suis persuadée que vous ne poseriez jamais un geste dans le désir de nuire à l'image de la couronne que vous représentez.  Peut-être pour le moment, vous ne pouvez voir le grand tableau final de cette œuvre, mais un jour vous comprendrez, » ajouta-t-elle sur un ton maternel.  Elle ne savait pas si elle avait réussi à vraiment convaincre la jeune femme, mais au moins elle avait sa part pour la cause.  Elle lui sourit avec beaucoup de tendresse.  Elle savait que la Chevaucheuse n'était pas lagrane de naissance, mais elle la considérait comme l'une des leurs et éprouvait pour elle le même amour que celui que lui suscitait le peuple lagran.

« Les choses vont changer petit à petit et j'espère pour le mieux.  Je ne vous demande pas d'aimer les mages du sang, mais seulement de leur accorder le droit d'exister.  En suivant votre rythme.  Vous trouverez la véritable réponse au fond de vous. »

Elle serra d'une légère pression la main dont elle s'était emparée.  Un jour, tous marcheraient main dans la main, mage des saisons comme mages du sang, ainsi que les savants et les mages.  L'unité reviendrait, elle en était certaine.





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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyVen 20 Oct - 22:54

J’en ai peut-être fait un peu trop, finalement. Je n’avais pas l’impression, pourtant. Alors pourquoi vient-elle de me prendre la main, avec cette expression de, de… Compassion ? Je retiens mon envie de la retirer, même si mon regard se fait quelque peu abasourdi. Je suis presque mal à l’aise, en vérité, sous ce regard si chaleureux. Je me demande bien comment mon duc fait, mais à bien y réfléchir, il ne doit pas se sentir si coupable lui. Il doit bien voir cet amour dans son regard tous les jours, et arrive sans mal à s’en détourner. Peut-être que ça l’étouffe parfois aussi ?

Que devrais-je lui répondre ? De rien, de ne pas chercher à agresser le prochain mage de Sang qui risquerait malencontreusement de croiser ma route ? Non. Je devrais me garder de répondre, pour une fois. Il fallait croire qu’un mince espoir lui suffisait pour vivre. Elle était comme ses fleurs qui ont besoin de si peu d’eau, au risque sinon de se noyer et de dépérir. Je me demande à quel point elle me pense sincère, à quel point elle doit penser tout ceux qui l’entourent sincères, alors qu’elle vit dans notre beau duché fleuri, aux mille mensonges et aux mille secrets. Et moi ? Je la pense sincère dans sa démarche, étrangement. Sans doute parce que si Marjolaine n’était pas toujours cette main tendue, ce cœur ouvert… Elle ne serait pas vraiment elle-même.  

J’ai tout de même envie de m’étrangler avec ses paroles plutôt que de sourire, parce que ces paroles sont creuses. Elle ne peut pas avoir perdu la mémoire, alors que mon duc m’a clairement reproché mes prises de partis envers Gustave de Faërie, au mépris de mon affiliation à Lagrance. J’ai fait plus que ma part pour m’en repentir, à sortir mon duc de situations complexes, mais cet épisode entachera certainement toujours la confiance que l’on peut me porter. Tous deux se montrent décidément bien indulgents envers moi, et moi sans doute bien peu reconnaissante… « Le grand tableau final de cette œuvre… ? » Je ne la suis pas, même si je crois comprendre, à voir comment les événements se retournent. J’espère qu’ils joueront toujours en notre faveur, mais je préférais que ce soit sans les mages du Sang.

« Je ne sais pas ce que vous avez en tête, pour eux. Je vois bien que ça vous tient à cœur. J’imagine que vous voulez militer pour leur réhabilitation, qu’ils soient égaux avec les autres mages… Je ne me mettrais pas une nouvelle fois en travers de vos projets, mais ne comptez pas sur mon aide. » Je suis tolérante. Mes origines me forcent à l’être… Mais je suis aussi rancunière, incapable d’oublier ce qu’il me fut infligée par leur faute. On n’oublie jamais, quand on vous fait brûler vive, comme l’une de leurs créations déformées et folles qui ont tentées de m’assassiner. Ce simple souvenir m’arrache une grimace de douleur, et je lui reprends doucement ma main. Ce simple souvenir, oui, qui avait pourtant scellé deux existences, celle de Tristan et la mienne, comme deux chemins qui se séparaient. « Quand on donne la vie, on est responsable de ces créations, comme de ses enfants. J’espère qu’ils ne l’oublieront pas, sinon je serais présente pour leur rappeler. »
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Message Sujet: Re: Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang   Qu’éclosent les fleurs, arrosées d’ombre et de sang EmptyMer 25 Oct - 16:37

Marjolaine n'avait pas besoin de promesses du genre.  Elle n'attendait pas à ce que chaque homme et chaque femme se porte volontaire pour poser les nombreuses briques de cette œuvre de longue haleine.  Il était trop tôt pour cela.  Seulement, il était impératif que les représentants de l'ordre et de la sécurité tels que les Chevaucheurs ne sèment pas le doute dans l'esprit de la population en agissant avec hargne envers les mages du sang.  Si ceux qui étaient là pour les protéger avaient le droit de s'en prendre à eux, n'était pas le cas de tout le peuple?  La duchesse ne tenait pas rigueur du manque de volonté de la Lorgoise qui avait adopté son duché.  Elle ne connaissait pas tout de son passé et pourquoi elle vouait une haine si farouche à ce type de magie, néanmoins elle s'efforçait de se montrer elle aussi compréhensive et elle aussi ouverte d'esprit.  C'était bien ce qu'elle attendait des autres, ainsi elle se devait d'agir en tenant compte de la même rigueur qu'elle espérait de son entourage.  Elle n'était pas fâchée contre la jeune femme et même au contraire, elle éprouvait une certaine fierté pour.  Non, elle n'avait pas baisser ses barrières, ni changer se positions.  Toutefois, elle avait écouté les propos de sa duchesse.  Elle avait su manifesté son désaccord sans se montrer impolie à l'outrance.  La Lagrane était satisfaite de cet entretien qui pour elle avait apporté une belle conclusion.  Elle n'avait pas touché le but, mais le moindre pas vers celui-ci, aussi petit soit-il, était aussi essentiel que toutes les grandes enjambées.  Le reste se ferait tranquillement peu à peu.  Elle avait confiance.

« Personne n'attend de vous de travailler à la réalisation d'une œuvre que vous ne soutenez pas entièrement de tout votre cœur mademoiselle Aigrépine, » répondit-elle avait un sourire paisible.  Elle détourna le regard pour le tourner vers le ciel, appréciant le calme de cette journée de printemps.  Il n'y avait plus d'orages à l'horizon, elle le sentait au fond d'elle-même.  Et même l'enfant à venir semblait être joyeux, car elle sentit, à peine perceptible, un léger mouvement en son sein qui l'attendri encore plus.  Elle ne pouvait partager cette nouvelle avec sa compagne, c'était trop personnel, toutefois, elle était contente et elle ne put empêcher son sourire de s'élargir.

« Je compte sur vous là-dessus, car sur ce point, vous n'avez pas tort et je partage entièrement votre avis.  Une vie c'est précieux et ça mérite d'être respectée et protégée, » ajouta-t-elle.  Non, elle ne voulait pas ramener une horde de mages du sang libres d'agir comme ils le désiraient, semant le désordre sur ses terres.  Leur magie était bienvenue chez elle tant qu'elle servait à servir le bien.  Elle en oubliait presque le prix à payer pour la naissance de ses propres enfants.  C'était un lourd secret qu'elle ne partagerait à personne, même sur son lit de mort.  Peut-être même pas à Denys.  Il valait mieux qu'il conserve d'elle l'image qu'il avait présentement d'elle plutôt que celle d'une… elle n'osait pas y penser.  Ce n'était tout de même pas un prix si lourd, n'est-ce pas?  Ça ne pouvait pas être si lourd se réconfortait.  Campanule lui aurait dit tout de même si c'était si… grave.

« Je commence à me sentir un peu fatiguée.  Si vous pouviez me raccompagner auprès de ma garde, » demanda-t-elle.  Elle n'avait pas réalisé sa fatigue plus tôt, enflammée par son rêve d'un monde meilleur.





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