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 De deux ancres l'une

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Message Sujet: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyLun 25 Sep - 0:12


Livre II, Chapitre 5 • La Mort dans les Veines
Rackham l'Îlien & Quitterie Aubenacre

De deux ancres l'une

Dans un tourbillon de mots




• Date : 27 juin 1002 (soir)
• Météo (optionnel) : Il fait frais à Lorgol
• Statut du RP : Privé
• Résumé : L'heure des explications a sonné entre les deux jeunes mariés.
• Recensement :
Code:
• [b]27 juin 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2662-de-deux-ancres-l-une#81351]De deux ancres l'une[/url] - [i]Rackham l'Îlien & Quitterie Aubenacre[/i]
L'heure des explications a sonné entre les deux jeunes mariés.

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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyLun 25 Sep - 0:14

« Mais je te dis qu’il regrette ! Depuis dix jours, il ne m’a plus touchée ! C’est forcément ma faute, je, je, je suis pas digne de lui ! Quand il a vu la maison, il a dû se dire que j’étais qu’une moins que rien de paysanne, et que je le méritais pas, et il a raison ! Ou alors il me trouve pas belle – ou pas, ou pas-pas-pas compétente ! » Depuis le matin, ça n’arrête pas : dès que Quitterie s’est présentée à la Taverne de la Rose, ses malles à la queue leu leu derrière elle en lévitation grâce à un jeune mage convoyeur, elle n’a pas cessé de pleurer toutes les larmes de son corps, passant de l’épaule de sa sœur aux genoux de son frère, et inversement. Elle leur a tout raconté : la distance que Rackham met entre eux depuis le lendemain de leur noce improvisée, son caractère bien plus mordant que d’ordinaire, et cette froideur envers elle que la pauvre Quitterie ne comprend pas.

Si seulement il lui avait formulé quelque reproche ! Si seulement il lui avait clairement dit ce qui n’allait pas ! Comment peut-elle deviner ce qu’elle fait de mal et se corriger, s’il ne lui parle plus ? Elle a tourné et retourné le problème mille fois dans son esprit perturbé, mais ni Sayam ni Serment n’ont semblé capables de l’aider à comprendre ses torts. Oh, elle a bien tenté une approche timide, le quatrième soir, mais il a complètement ignoré son embryon d’avances pour s’en aller râler au fond d’un verre sur les incapables de l’escadron. Il fait tout pour l’éviter, partant très tôt le matin, rentrant terriblement tard le soir – il lui parle si sèchement, les rares fois où il lui adresse la parole ! La plupart du temps, c’est comme s’il ne savait pas vraiment quoi faire d’elle ; comme si cette femme dans ses appartements était cruellement importune et l’encombrait plus qu’autre chose. Quitterie s’est même demandé si, par hasard, ses attirances personnelles ne s’orienteraient pas plutôt vers les hommes – mais non, apparemment pas. Cela aurait presque été plus simple à accepter, et moins douloureux, car le problème serait venu de lui.

Non, visiblement, le problème, c’est elle.
Incapable d’être une mage correcte, incapable d’être une Chevaucheuse acceptable – incapable d’être une épouse convenable. Pourtant, on ne leur demande pas grand-chose, aux épouses de Bellifère ! Elle n’a même pas besoin de tenir correctement la maison, le personnel de la caserne s’en occupe – non, tout ce qu’elle a à faire, c’est… c’est son devoir conjugal. Mais comment s’y prendre quand il refuse de la toucher, et que cette simple idée semble le remplir de répugnance ?

Et puis, la nuit dernière, il n’est pas rentré.
Il a sûrement trouvé une femme prête à lui ouvrir ses cuisses, et qui ne lui fasse pas horreur.
C’était trop, pour les nerfs éprouvés de la petite Chevaucheuse encore traumatisée par son enlèvement et ce qu’il avait bien failli lui arriver. Le cœur en miettes, elle s’est résignée à vider les lieux pour rendre à Rackham sa liberté : faire ses malles fut rapide, partir en portail pour Lorgol également. Elle s’installera à la Taverne le temps qu’il faudra pour compléter son cursus, et pleurer dans les bras de Géralt et Désirée lui fera du bien.

Elle aurait bien laissé un mot à son mari, l’informant de son départ ; mais elle est incapable d’écrire sans y voir et, de toute manière, il ne sait pas lire. Alors, elle a confié son message à un mage courrier, confiante dans la certitude que Rackham serait rapidement localisé pour recevoir l’information.

Elle ne s’attendait pas à l’entendre si rapidement faire irruption à la Taverne, cependant.
Instinctivement, elle se recroqueville sur les genoux de Géralt, s’agrippant à ses épaules – résignée déjà. S’il est venu la frapper pour la punir, elle devra s’y soumettre – même si, au fond d’elle-même, elle ne le pense pas capable de violenter une femme désarmée et vulnérable, fût-ce la sienne.

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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyMar 3 Oct - 14:21

Elle s’était vraiment barrée.

Rackham n’avait même pas eu besoin de fouiller pour se rendre compte qu’il manquait la majorité des affaires de Quitterie. Cette paire de botte qui normalement trainait dans un coin de la pièce. Ou ce peigne délicatement posée sur un coin de meuble à côté d’une brosse. Même les sous-vêtements précieux que Calico volait d’ordinaire n’étaient plus cachés honteusement dans les tiroirs. Elle avait emporté tout ce qu’elle pouvait, ne laissant pour seule trace qu’une effluve discrète de parfum que le capitaine d’Ansemer savait reconnaître entre mille. Il s’était déjà fait un nombre incalculable de fois la réflexion sans pour autant changer d’attitude, mais les faits étaient là : Quitterie lui manquait et la dernière chose qu’il voulait c’était qu’elle parte.

Dommage, il était trop tard.

Et outre le fait qu’il la savait partie avec ses affaires, il n’avait pas la moindre information - en théorie - d’où elle avait pu se réfugier. Enfin il n’avait pas besoin de se poser longtemps la question pour deviner la réponse. Il n’y avait après tout pas tellement d’endroits où la jeune femme pouvait se cacher. A Lorgol, évidemment. Dans la Taverne de la Rose, cette seconde maison.

Bien.

Il n’avait pu partir immédiatement pour la cité aux milles tours, même si en ce jour il était de repos, contraint de répondre à plusieurs sollicitations de ses hommes. Après tout, ce n’était pas comme si c’était toujours la guerre en Arven, et même si Ansemer était bien épargné des attaques, les soldats n’en étaient pas moins envoyés sur le front. Il devrait sans doute y retourner très bientôt lui même. Cette perspective ne le rassura guère quant-à ses problèmes avec Quitterie, mais il n’y avait de toute façon pas d’autres routes. C’est finalement plus tard qu’il put faire venir un mage des portails pour l’envoyer à Lorgol, directement à l’antenne de la Guilde des Mages. Du reste, il connaissait bien le chemin pour se rendre à la Taverne et ne fut pas surpris de croiser à l’entrée Viana, sa soeur, boutant à grands coups de pieds un malandrin visiblement saoul. “Elle est là.” Qu’elle lui glisse en îlien, devinant que les choses n’étaient pas particulièrement bien entre lui et… sa femme.

Bons dieux, sa femme.

Laquelle était en train de s’épancher allègrement sur son frère et sa soeur, noyant sous des torrents de larmes les vêtements de ceux-ci et animant ainsi la taverne. Pour sur, ça attirait les regards, et ce n’était pas sa venue qui irait faire détourner les regards des curieux. “Quitterie !” Il l’appela, se révélant ainsi à elle, qui ne le voyait pas arriver. Le pas pressé mais franc, il se campa devant Quittou - et Géralt qui la tenait - l’observant avec un regard explosif qui devait même percer les yeux aveugles de la jeune femme, tant ils brûlaient d’une flopée de sentiments.

“J’crois qu’faut qu’on parle.” Qu’il grogne tout en retenant sa voix de ne pas exploser. Il lui faut aussi toute sa retenue pour ne pas jeter un regard au grand frère de son épouse, ou même à sa grande soeur, craignant de déclencher une bagarre s’il croisait un œil mauvais. Qu’ils n’aillent pas croire qu’il allait la frapper, par Messaïon ! “En privé.” Ajoute-t-il en voyant que Quittou ne bougeait pas encore, certainement plus par crainte que par incompréhension de ses propos.

Dès qu’elle fut levée, il l'entraîna vers le bar, questionnant rapidement Freyja s’il pouvait emprunter une pièce tranquille dans la taverne. Ce fut vite fait, ils montèrent tous deux à l’étage et quand il claqua la porte derrière lui, il fit face à Quittou. Même si elle ne le voyait pas, lui la regardait avec une tension montante. Cependant, celle-ci fut quelque peu ralenti lorsqu’il remarqua qu’elle tremblait comme une feuille.

“B’sang, j’vais pas t’frapper Quittou !” L’idée ne lui avait même pas traversée l’esprit. Cependant, ces quelques mots suffirent à déclencher le flot de parole d’un ton colérique et emporté, digne de tous les îliens. “Mais j’arrive pas à croir’ qu’tu sois partie com’ ça ! Qu’est-ce qui va pas ch’toi ?!” Oh qu’il était d’une mauvaise foi légendaire quand il le voulait, le capitaine d’Ansemer. Car la faute ne revenait pas tant Quittou qu'à lui, et son idiote incapacité à communiquer normalement avec la femme qu’il aimait.
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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptySam 7 Oct - 21:54

Oh, comme elle se crispe, la petite mage, à entendre tonner la voix de son époux ! Dès l’instant où il est entré, elle s’est cramponnée aux épaules de Géralt, cherchant dans la solide carrure de son aîné un rempart contre la fureur de celui qui était devenu par la force des choses son époux. Elle a si peu de références sur les rapports maritaux – sa mère a quitté la maison avant qu’elle ne soit suffisamment âgée pour se souvenir d’elle, et elle a simplement observé les épouses de ses frères avant de s’enfuir à Lorgol. Elle sait les coups, les ordres, le peu de considération ; elle sait comment Désirée a été répudiée pour n’avoir pas su accomplir les tâches que son mari attendait d’elle. Bien sûr, une part d’elle sait que Rackham ne lèvera jamais la main sur elle ; mais s’il la répudiait, à son tour ? Que deviendrait-elle, la petite Chevaucheuse incapable de chevaucher, seule à nouveau à devoir recoller les miettes de son cœur brisé ? Il n’y a pas de seconde chance pour les répudiées en Bellifère, la tragédie qu’est la vie de Daisy en est un criant témoignage – et elle n’est pas certaine de savoir en aimer un autre.

« Ça va aller. » lui souffle la voix de Géralt à l’oreille, tandis qu’il la serre contre lui pour la rassurer. « Tu es forte, ma Quittou, et on reste là, avec Daisy, si jamais tu as un problème. Tu as juste à crier et je viendrai. » Perspective rassurante. Géralt a toujours été un pilier de son enfance, un abri et un protecteur quand elle était jeune, et Quitterie retrouve le même sentiment d’absolue sécurité à l’entendre lui assurer qu’il veille sur elle. « Faut pas avoir peur de Rackham. Il est allé très loin pour toi. » Vrai aussi. Ce sauvetage échevelé sur la lande de Riven… une expédition insensée, de surcroît en temps de guerre, et il l’a fait. Pour elle. « Allez, va avec lui. Règle tout ça une bonne fois pour toutes. » Il la serre plus fort, juste une seconde, puis l’aide à se lever et la pousse gentiment vers le Chevaucheur. C’est les mains tremblantes que Quitterie suit son Îlien de mari, sursautant lorsqu’il fait claquer la porte derrière elle.

Nerveuse, elle serre ses mains l’une contre l’autre, tentant de cacher qu’elles tremblent convulsivement. Les paroles de Géralt ont eu beau la rassurer, elle n’en reste pas moins fort indécise face à Rackham, ne sachant trop ce qu’il est venu faire, ni ce qu’il va bien lui annoncer pour avoir pris la peine de se déplacer en personne au lieu de simplement lui envoyer un messager. Elle s’attendait à une froide remise en place, à quelques ordres sévères – mais pas à cette accusation qui la laisse tellement pantoise qu’elle en oublie ses craintes, estomaquée d’avoir à s’expliquer alors qu’elle a simplement fait ce qu’il voulait.

« Ch-chez moi… ? » Le murmure prend de la force. « Qu’est-ce qui ne va pas, chez moi ? » Il prend même de la vigueur. « Tu me demandes ce qui ne va pas, chez moi ?! » La voix de Quitterie a désormais atteint la gamme aiguë des femmes indignées, et cette fois c’est les poings serrés qu’elle glapit. « Mais c’est toi, qui m’a chassée ! Tu me parles à peine, tu me regardes pas, et tu me touches jamais ! Tu m’as épousée pour quoi exactement ? Je suis bonne à rien, alors je suis partie, voilà ce qui va pas chez moi ! » Elle tape du pied au sol tant cette mauvaise foi terrible la révolte soudain. « Et qu’est-ce qui va pas, chez toi, Capitaine, hein ? Pourquoi tu t’es fourré là-d’dans si t’es pas capable d’honorer une femme, hein ? J’ai même pensé qu’tu préférais les hommes, mais non, c’est moi que t’aimes pas – je l’ai trouvée, ta foutue potion ! En rangeant tes habits, elle est tombée de ton tiroir – ta potion de virilité ! » Oh, comme l’humiliation se rappelle à elle ; et les joues la brûlent soudain, cuisantes de ce souvenir honteux. Comme elle a été mortifiée, sur le coup, de découvrir à quelles extrémités son mari en était réduit pour accomplir ses devoirs conjugaux ! « Alors oui, j’ai fait mes valises et je suis partie, parce que clairement, je suis pas la femme qu’il te faut ! »

Elle a hurlé, Quitterie, cherchant à cacher de sa colère l’intense chagrin qui lui mine le cœur ; mais sur le dernier mot, sa voix se brise, et c’est un gémissement piteux qui conclut sa tirade. « Je préfère être loin de toi que constater chaque jour combien ma présence te répugne ! »

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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyLun 9 Oct - 22:35

Bon, il était peut-être un peu (beaucoup) de mauvaise foi. Mais il n’avait pas décidé de fuir sa maison comme un voleur et n’en toucher aucun mot à sa partenaire !

(En vérité, si)

Passablement irrité, il n’en était cependant pas au point de vouloir frapper quelqu’un ou quelque chose, et attendait seulement des explications, lançant un regard accusateur à son épouse, même si elle ne le voyait pas. Et la moindre de chose qu’on puisse dire, c’est que la réponse qu’elle lui donna le laissa sur le cul. Pas littéralement, mais pas loin.

Il faut dire aussi que voir Quitterie s’énervait réellement était chose rare. Elle était plutôt d’un naturel timide et maladroit, la pauvre petite de Bellifère, préférant plutôt éviter les conflits que d’y faire face. Alors certes, il cherchait bien à obtenir une réponse d’elle, mais pas sur ce ton et sous cette forme. Incapable de répondre, il accusa les nombreuses accusations (qu’il attendait pertinemment) avec un regard qui ne cessait de s’agrandir de stupeur. Il y a notamment cette histoire de potion de virilité qu’il ne remet pas et qui le laisse trop songeur pour s’énerver avec les formes. Ce n’est bien sur que l’espace d’une seconde, car lorsque Quittou en a terminé avec sa tirade, d’une voix piteuse et larmoyante presque, il ne tarde pas à répondre.

Tu vas le regretter.
Tu le regrettes toujours quand tu ne réfléchis pas à ce que tu vas dire.


C’est à peine s’il entend les marmonnements de Calico, restée dans la salle principale de la taverne, et Obsession, resté à Ansemer. Et puis, c'était toujours dans la spontanéité que Rackham faisait le plus preuve de sincérité.

« Mais… mais bordel qu’est-c’que tu m’chantes là Quittou ? » Le ton de l’îlien, lui, ne prend guère le temps de se préparer pour monter dans la colère. C’est qu’il gérait bien mal cela, le Rackham. Elle n’y pouvait rien, la pauvre Quittou, et s’il n’avait pas été aussi bête, elle aurait su bien plus tôt ce qui posait problème. Penny avait raison, il aurait dû lui en parler, mais il était un peu tard pour ça, l’emportement colérique et farouche de l’îlien tonnait comme l’orage. « J’t’ai… j’t’ai épousé parc’que j’t’aime Quittou, mais par tout’ l’catins des ports, t’sais bien comment on s’est mariés ! Forcé presque par c’te conn’rie d’tradition d’Bellifère ! J’devais penser quoi moi, après c’qui c’est passé dans c’t’autre réalité ? J’ai eu l’impression d’te forcer ! De t’mener au lit et d’coucher avec toi en t’forçant, parc’que j’savais pas vr’ment s’tu m’aimais aussi ! Comm’ t’disais rien, j’pensais qu’t’étais juste soumise à cette saloperie d’coutume ! J’arrivais pas à t’parler, à t’regarder, pas parc’que t’me dégoutes ou autre bêtises d’genre. Mais j’voulais pas d’faire du mal ! » Le ton montait, certes, digne des plus grandes colères îliennes, mais elle n’était finalement pas tant tournée vers quelqu’un que sur la situation en générale. Et cela parce que Rackham n’était pas bien doué avec les sentiments. Hurler était plus simple, bien que moins compréhensible. Et ce n’était pas les mots en îlien distillés ici et là qui aideraient beaucoup. « J’suis qu’un con, j’le sais bien. J’rais dû t’parler avant, mais j’y arrivais pas, j’vais trop honte. » Et comme la tempête finit toujours par se calmer, le ton du capitaine de vol commença à descendre, pour mieux se conclure avec une franchise brusque des îles, mais qui se rapprochait de la douceur de Rackham. « J’t’aime Quittou, t’m’dégoutes pas. J'suis d'solé. »

Spoiler:
 
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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyLun 9 Oct - 23:43

Elle s’énerve bien peu d’ordinaire, la petite Belliférienne, gardant de ses années de jeunesse l’instinct souverain de se faire toute petite dans un coin pour éviter d’être remarquée, et minimiser les risques de sévices, brimades ou réprimandes. Elle a appliqué ce précepte cardinal dans toute sa vie d’adulte, rasant les murs et opinant silencieusement sans vraiment exprimer son avis, tâchant de se faire oublier dans la foule – même si, parfois, la cigogne d’un mètre trente et de huit kilos qui se dandine à ses côtés n’aide pas vraiment à passer inaperçue. Non, Quitterie n’est vraiment ce qu’on pourrait qualifier de bruyante, colérique, grande gueule, irascible ni soupe-au-lait. À l’Académie, les professeurs déploraient même la timidité et la presque réclusion volontaire de « la petite Louison ». Oui, elle est plutôt calme et tranquille, goûtant le silence et la réflexion, tournée vers son univers intérieur depuis que le Destin lui a ravi ses yeux, comptant sur Sayam pour guider ses pas, sur Serment pour conseiller ses choix.

Mais là, Quitterie a perdu patience. S’il y a bien une chose qui la fait sortir de ses gonds, la gamine de la Lande aux Coquillages, c’est bien d’être accusée à tort de quelque chose qu’elle n’a pas commis. Et Rackham s’énerve, et gronde, bouillonne, et tempête, et tonne – et la mage s’agace, tout autant, de le voir ignorer superbement ses accusations, pour s’enliser dans une litanie d’explications à moitié inintelligibles. Elle repousse loin d’elle les appels au calme de Serment, qui de guère lasse rend les armes et s’en retourne conter fleurette à sa Sucre évaporée ; elle mure les prudents conseils de Sayam dans un coin de son esprit, qui s’en va du coup les dispenser à Calico. Et elle rage, lorsqu’il se tait, profitant du silence pour faire tonner sa colère à elle, avec cette flamboyance des femmes Aubenacre qui n’étincelle vraiment que dans les moments extrêmes, mais qui une fois éveillée brûle intensément sans jamais admettre de défaite.

« Mais tu me prends pour qui ? Tu me prends pour QUOI ? Je suis Chevaucheuse, moi, par tous les rubans d’une pucelle ! Chevaucheuse, pas manchote, pas débile, pas idiote ! Si quelque chose me plaît pas, je suis capable de le dire – je me suis barrée de Bellifère quand j’avais quinze ans ! Si je me suis accrochée quand j’y ai plus vu que comme dans l’cul d’un Outreventois, c’est parce que tu croyais en moi ! Pour te plaire, par les crocs cariés du Kraken, parce que je suis tellement stupide que je t’aime ! » Et elle tape du pied, la petite Belliférienne, fortement fâchée. C’est un peu à l’aveuglette qu’elle balance ses petits poings en avant, cherchant un point de contact sans trop vraiment y croire – et lorsqu’elle percute finalement Rackham après quelques tentatives la faisant furieusement ressembler à un moulin à vent cielsombrois sur le point de s’effondrer, elle le bourre de coups de poings dérisoires, débitant à la chaîne l’intégralité des jurons les plus fleuris qu’elle a pu entendre en dix ans de fréquentation de la Taverne de la Rose aux heures de pointe.

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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyMar 10 Oct - 0:08

Décidément, il ne s’attendait pas à ce que la Quitterie réponde à nouveau sur un ton qui présage la tempête et l’orage. Soit, Rackham y fait face dignement et sans émettre la moindre surprise (sa propre colère l’aide bien), mais ça ne fait que renforcer le brasier qui coule dans ses veines. Par chance, c’est l’hiver qui l’a réclamé il y a bien longtemps, et le feu, sous l’intensité de ses émotions ne vient pas se joindre à leur échange. Le froid qui le caractérise tant non plus, muselé tant bien que mal alors qu’il foudroie du regard celle qui est son épouse. Les accusations sont vraies, il le sait. Il a bien conscience d’avoir agit comme un parfait idiot ces dernières semaines, et il s’en veut, mais s’est déjà excusé – pour ce que semble valoir l’excuse, toute sincère malgré la colère qui couronnait l’aveu.

Pour autant, s’il est coupable d’avoir été le plus parfait des idiots, elle ne semble pas faire grand cas de ses propres ressentis, avoués eux aussi. Ainsi, il avait peut-être fait une erreur en ayant eu le sentiment de la forcer, mais s’était-elle un peu demandé si lui aussi n’avait pas souffert de la pression qu’on avait opposé sur ses épaules ? Des regards insistants de sa sœur et son frère ? Des recommandations étranges de Douce Marianne ? De ce sentiment de ne rien pouvoir faire d’autre ? Ah comme ça peut l’énerver tout cela ! Et bien qu’elle le frappe avec une ridicule force et ayant peiné à l’atteindre pour cela (quelle grâce !), il n’empêche pas sa poigne d’attraper les deux poignets de la jeune femme et la faire cesser ce petit manège inutile. A nouveau, le tonnerre gronde !

« Alors pourquoi t’as rien dit hein ? POURQUOI ? Ca t’plaisait d’te marier comme ça, alors qu’on aurait pu s’unir sur l’pont d’un navir’, comm’ l’font les Ansemariens ? Tu t’es pas d’mandé si à moi ça m’allait, alors qu’ton frère, ta sœur et mêm’ Marianne s’y sont mis pour m’dire que j’devais honorer l’mariage ? C’que j’voulais c’était un consentement clair’ment établit. J’suis îlien bordel ! J’répugne à l’idée mêm’ d’t’avoir forcé, parc’qu’on s'est rien dit vraiment c’jour là ! »

Il la rapproche de lui, bien contre son gré sans doute, pour la prendre dans ses bras, dans une de ces étreintes qui sont si rares pour le capitaine îlien, un peu avare de ce genre de marque d’affection. Il était plus brute que tendre, même si jamais il n’aurait fait de mal à la jeune femme.

« J’te veux toi pour épouse Quittou, j’veux un vrai beau mariage pour toi, pas une pauvr’ nuit et des draps tachés d’sang. J’veux t’voir m’dire oui et t’le dire clairement, qu’on soit libre d’s’exprimer, et toujours libre d’le faire ! » Il la relâche un peu, la prenant par les épaules, continuant d’ce ton encore un peu élevé et échauffé, mais moins tempétueux. « Et j’pas b’soin d’potion pour coucher ‘vec toi, c’quoi encore c’t’histoire ? »
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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyMar 10 Oct - 3:40

Il est tout de même un peu ridicule de se dire que les deux époux de fortune ont plus échangé de mots dans les dix dernières minutes que dans les dix derniers jours – et que l’essentiel de leur échange s’est déroulée sur un ton oscillant du glapissement outragé à la vocifération à pleins poumons. La communication est décidément tout à fait l’atout majeur de leur couple ; et lorsque l’épouse entreprend de prouver à son époux qu’elle aussi a des muscles et l’intention de s’en servir – pas pour tuer, juste pour blesser, ou peut-être mutiler gravement – ledit époux semble vouloir émettre quelques objections à l’encontre de cette manifestation novatrice d’affection conjugale.

Elle essaie de se concentrer sur sa fureur, la Chevaucheuse agacée, tigre miniature aux griffes limées, bien impuissante devant la carrure de Rackham qui ne lui cède pas un pouce de terrain. Elle essaie, oui – mais l’étreinte brutale dans laquelle il l’enferme lui coupe le souffle, et elle s’accroche à lui par réflexe. À son corps défendant, elle doit bien admettre que les paroles de son Capitaine apaisent un peu la fureur qui bout dans ses veines – et répondent à quelques-unes de ces questions qui s’agitaient en folle sarabande dans son esprit ces derniers jours. Et, bon – il faut bien l’avouer – ce qu’il lui dit fait battre son cœur un peu plus vite.

Il veut bien d’elle.

Cela ne justifie en rien qu’il lui ait battu froid de la sorte, ni même laissé croire qu’elle était importune ; mais elle comprend son raisonnement, tout bancal qu’il puisse être. Un instant, elle se mord les lèvres, luttant pour retenir quelques répliques acerbes, variations sur le thème central du « Mais pourquoi tu m’en as pas parlé ?! », estimant qu’il a certainement localisé la faille dans sa logique toute masculine. Que lui dire ? Comment lui expliquer qu’elle était elle-même sous le choc de tout ce qui s’était passé, de son enlèvement par sa famille, de ses retrouvailles avec Gédéon et Désirée, des intentions inavouables de Guérin ? Comment lui dire qu’elle a eu tellement peur, et que son arrivée providentielle à la dernière seconde lui a semblé de prime abord un nouveau fantasme de son esprit fatigué, comme cette fois dans leur autre vie, quand elle s’est éteinte entre ses bras après s’être crevé les yeux de désespoir ?

Sa dernière question toutefois la pique au vif, et elle se dégage d’un mouvement brusque, le feu se rallumant sur ses joues à ces souvenirs inconfortables. Oh, comme elle a été gênée ! « J’ai trouvé ta potion, je te l’ai dit. Dans le tiroir où tu ranges tes chemises, en voulant y mettre ton linge revenu des lavoirs. La fiole est tombée, Sayam m’a aidée à lire l’étiquette. Un philtre de prouesse pour les virilités timides. » La honte lui a tant asséché la gorge qu’elle déglutit à grand peine, sa voix réduite à un filet étranglé, mortifiée de devoir raconter ça encore une fois. « Le premier soir, tu avais bu un peu et ensuite, tu ne m'as plus touchée – même quand j’ai essayé de… même quand j’en avais envie. J’ai bien compris, tu sais. » Elle hausse les épaules, fataliste. « C’était évident, que tu ne me désirais pas. Je suppose que je l’avais pas mérité. Je suis même pas bonne à ça, je suis désolée. »

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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyMer 18 Oct - 10:47

La communication n’avait jamais été un point fort pour les îliens. C’était souvent à grand renfort de cris et de gestes que le peuple des îles parvenait à se faire comprendre, et ce n’était pas souvent probant. Ce n’était pas pour rien que les négociations avec les enfants de l’océans étaient parfois complexe avec les marchands venus d’Ansemer. Et pour un îlien aussi fier que Rackham, il ne dénotait pas avec les habitudes établies et connues que lui offrait ses racines. Même si en cet instant, dans cette exacte situation, il se maudissait d’être aussi mauvais pour expliquer clairement ce qu’il ressentait pour Quittou et le cheminement qu’avaient eu ses pensées toutes ces dernières semaines. Ceci dit, même lui aurait peiné à comprendre. C’était gros d’en vouloir un peu à Quitterie de ne pas comprendre, mais ce n’était là qu’une expression de sentiment qui s’éclipsa bien vite devant sa propre culpabilité sincère. Il la veut, pour épouse et tout le reste. Mais il la veut avec son consentement, avec le coeur et la liberté. S’il devait l’épouser, ce serait en unissant leurs deux vies, dans un serment librement déclamé.

Ceci étant, cette histoire de potion de virilité lui revient vite en mémoire et la réponse que lui assène Quittou est sans appel. Faisant face à la jeune femme, c’est un regard largement étonné, les yeux ronds comme deux billes, qu’il lui lance. Un tic nerveux de ses lèvres semble même trahir la tempête intérieur qui se déchaîne. Car c’est bien cela en l’instant qui le traverse, après la surprise, c’est la colère. Plusieurs fois, sa bouche s’ouvre pour mieux se refermer, les mots ne parvenant pas à sortir ou à s’assembler de manière logique. Il faut une poignée de secondes pour qu’enfin, un son puissant, hurlé même, sorte de sa gorge :

“Qu-QUOI ?!”

Par toutes les catins des ports ! Quelle était encore cette fichue histoire ?! Il n’avait pas le moindre souvenir qu’on lui ait donné un jour une telle potion ou qu’il en ait acheté une ! La seule idée de le faire le rendait simplement honteux, et il aurait certainement cassé la gueule au crétin lui offrant une telle horreur ! Bon sang, une potion contre ce genre de panne ?! Mais… MAIS D'OÙ VENAIT-ELLE ? Certainement une blague d’un imbécile de la caserne. Ou…Calico… ? -Je… - C’est toi qui a volé cette fiole et l’a mise dans mes affaires ? -C’est.. hum… très possible oui… -VRAIMENT ? -A...à ma décharge, je ne sais pas plus lire que toi ! La voix de la petite loris est penaude, mais elle se défend farouchement. Avec ce dernier argument, soit, mais aussi en déclamant que la fiole était plutôt jolie, que le liquide dedans brillait quand le soleil filtrait à travers, et qu’elle l’aimait bien. Et aussi qu’elle n’avait plus de place dans son nid, alors elle s’était dit que le cacher dans ses sous-vêtements, le temps de vider la place, ne poserait certainement aucun problème ! Le dialogue intérieur s’éternisant, et se rendant compte que ça ne donnait aucune réponse à la pauvre Quitterie, Rackham décida de jouer la carte de l’honnêteté, même si c’était passablement ridicule et qu’il y avait de fortes chances pour qu’elle ne le croit pas. Quoiqu’elle savait, depuis le temps, que Calico était une sale petite voleuse et que bien des sous-vêtements de Quitterie avait terminé dans son nid.

“Ecout’. J’t’assure qu’j’étais pas au courant d’la présence de c’te potion dans mes affaires. Tu d’mand’ras à Calico pour ça…” Par Messaïon, c’était horriblement gênant car c’était quand même son Familier, une part de lui qui avait volé cette fiole complètement stupide ! “J’ai clair’ment pas b’soin d’ça pour… ‘fin t’sais quoi. Si j’t’ai pas touché c’derniers jours, c’pour la mêm’ raison qu’mon silence et tout ça. ‘Sur que j’veux toi Quittou, d’puis lon’temps, mais j’pouvais pas abuser alors qu’j’avais mes propr’ doutes. C’pas à toi d’t’excuser, c’moi qu’ai merdé, ‘lors désolé d’avoir été con.”

Elle s’est éloignée un peu de lui en se dégageant. Pourtant, il se rapproche d’un pas, certain cette fois de ce qu’il allait dire, des paroles d’une spontanéité toute îlienne :

“J’veux d’toi Quittou. J’veux qu’on s’marie vraiment, d’vant tout l’monde, avec les amis, avec la famille. J’te veux pour femme. Et toi, t’voudrais toujours d’moi pour époux ?”
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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyMer 18 Oct - 21:30

Quitterie n’y voit goutte, mais elle entend très bien ; et la stupeur contenue dans l’exclamation incrédule de Rackham semble fondamentalement sincère. Un instant, elle doute : et si elle avait commis une erreur en déchiffrant l’étiquette du flacon ? Après tout, elle a dû procéder d’après les images mentales transmises par Sayam, et… non. C’est illogique : jusqu’ici, elle a toujours correctement réussi à déchiffrer les écrits lus par l’intermédiaire de son Familier, il n’y a pas de raison que les choses aient été différentes cette fois. Mais le silence s’éternise, et un brin de panique vient chasser sa honte – est-ce par hasard, ce serait encore de sa faute ? Est-ce que son mari par la force des choses va lui reprocher d’avoir osé toucher à ses affaires ? Désirée a pris des claques pour moins que ça, lorsqu’elle était encore mariée, alors… comment savoir.

Mais la réalité est toute autre : lorsque le Capitaine reprend la parole et mentionne la responsabilité de Calico, le cœur de la Chevaucheuse manque un battement. Ah. Elle n’avait pas du tout pensé à ça – elle n’avait pas envisagé une seule seconde que la petite loris aurait pu être pour quelque chose dans la dissimulation de ce flacon très incriminant. Allons donc, sa planque habituelle ne lui suffit donc plus ? Peut-être en a-t-elle eu assez que son mage ne vienne régulièrement la vider et s’est-elle vengée en colonisant son tiroir à chaussettes. Impossible de le savoir pour le moment ; mais Quitterie ne remet pas en doute la parole de son mari, qu’elle sait foncièrement honnête en dépit de ses petits travers îliens. Il faudra sûrement qu’elle en touche deux mots à Calico, histoire d’éclaircir complètement les quelques zones d’ombres de toute l’affaire – Sayam s’en chargera sûrement, d’ailleurs, fâché d’avoir eu à gérer une telle détresse de sa mage sur un malentendu.

Puis Rackham reprend la parole, présente des excuses, avec bien moins de colère qu’avant – et Quitterie retrouve le Capitaine un peu bourru qui lui a permis de continuer à voler en la prenant personnellement en charge, plutôt que de la clouer au sol sans se donner la peine d’y réfléchir. Cet homme pas forcément adroit avec les mots, mais dont la nature généreuse transparaît dans les actes silencieux et les petits gestes du quotidien. Cet homme-là dont elle est tombée amoureuse au fil des mois, sans s’en rendre compte de prime abord – parce que, qu’est-ce qu’elle y connaissait de l’amour, hein, la prude échappée de Bellifère ? C’était presque naturel, de se tourner vers lui dans les moments de danger, de doute ou de peine ; c’était devenu une constante dans son quotidien, cette présence rassurante de Rackham auprès duquel se réfugier. À ses côtés, elle se sentait… protégée. Surveillée, oui – mais elle aimait savoir qu’il lui prêtait attention pour autre chose que la rabrouer. Et quelle valeur immense avait un seul compliment tombé de ses lèvres ! Et puis… Il y a eu cette autre vie, cette vie insensée, où il n’était pas là, et où elle s’est sentie si démunie. C’est en mourant contre lui, dans cette hallucination née de la fièvre, qu’elle a compris l’intensité des sentiments qu’elle lui portait depuis des mois déjà.

Mais elle ne lui en a pas parlé, une fois de retour. Il n’aurait pas compris – lui, il n’était pas vraiment là, ce n’était qu’un fantasme de son imagination malade. Peut-être qu’elle devrait quand même lui raconter ? À la question qu’il pose, il n’y a qu’une seule réponse possible. « Oui, je veux être ta femme. Ca fait… un moment déjà. Tu sais… Quand y’a eu ces problèmes avec le temps… Je me suis retrouvée à Lorgol avec la dame d’Orsang. Et je suis morte là-bas, je crois bien – je me souviens pas trop, parce que j’avais de la fièvre, mais… Je me rappelle que j’ai halluciné, et que tu étais là dans mes rêves éveillés. Je l’ai dit là, parce que c’était facile, et que c’était pas vraiment toi… Que je t’aimais, Capitaine. Et maintenant qu’on est revenus ici, j’ai pas changé d’avis. Je t’aime encore, je veux toujours être ta femme, et porter tes enfants. Et je-je-je veux prendre autant de plaisir à les élever qu’à-qu’à-qu’à les faire. »

La voilà cramoisie de nouveau, la petite aveugle si gênée encore par ces choses dont on ne parle pas – mais certains vérités doivent être dites, et entendues.
Et retenues.

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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyLun 6 Nov - 11:34

Il était à des lieux de croire, le Rackham, qu’on puisse douter ainsi de ses compétences dans… dans le domaine où il était nécessaire d’honorer son épouse. Il n’était certes pas un coureur de jupons excessif, mais les fois où il s’était laissé divertir de ces activités, il n’avait jamais eu le moindre problème pour agir ! L’idée même d’user d’une telle potion était… Par Messaïon, c’était complètement con ! Heureusement que la fiole était restée bien cachée dans ses affaires et que personne n’avait connaissance de cette petite erreur commise par Calico. Ah celle la… elle se ferait bien engueuler, pour sûr !

Dire que ça avait failli foutre un peu plus le bordel entre lui et Quitterie. Heureusement que le quiproquo était passé. Et malheureusement, ce n’était pas la seule chose qui avait tout fait merdé. Ou presque. Décidément, la communication était bien réellement le noeud du problème entre les deux jeunes époux. Ils n’étaient, respectivement, pas très bavards sur leurs sentiments et ressentis. Et si cela s’était vu même pour une aveugle chez Rackham, celui-ci n’avait pu deviner sans les mots les véritables pensées de Quittou. Il n’était pas tellement doué pour lire entre les lignes après tout, et même si ça avait été le cas, certaines choses devaient être dites pour être comprises. Aussi cessa-t-il d’hurler et commença à parler. Maladroitement, oui, mais avec toute la sincérité de son coeur. Il n’était pas certain qu’avec son attitude passée, Quitterie réponde favorablement à sa question - sa demande même, car c’était bien ça, il la demandait à nouveau en mariage. Pourtant, à peine commence-t-elle à répondre qu’elle ne laisse pas le moindre doute planer sur ce qu’elle pense et ce qu’elle veut. Il ne peut empêcher un bête sourire de se dessiner sur son visage, et si elle n’avait continué à parler, il l’aurait certainement embrassé sur le champ.

Il y aurait mis sa main à couper tient ! Il savait bien que ce qu’elle avait dit dans cette autre réalité avait été lâché sous le coup de la fièvre. Ca, il avait bien compris qu’elle n’avait fait que l’imaginer, et aujourd’hui encore, elle croyait avoir eu affaire avec une illusion. Mais justement, parce qu’il y avait eu la fièvre et le délir, il n’avait pu s’appuyer réellement sur ces paroles. Le doute l’avait envahi depuis, même si la certitude concernant ses propres sentiments n’en avait nullement été altérée. Mais au moins, il savait désormais que c’était réciproque, qu’elle n’avait pas accepté de l’épouser par simple nécessité en rapport avec sa culture. Leurs deux origines s’étaient quelque peu bousculée, pour finalement mieux se rassembler.

Oh comme elle est bien rouge, la petite Quittou tout à coup. Sont-ce les derniers mots qui ont échappés à ses lèvres qui provoquent toute cette gêne ? Pas que ce soit un mal de profiter des choses, non ? Quand tout est librement consenti, évidemment.

“J’aurais b’soin d’aucune potion pour ça.” Et c’était moins une taquinerie d’une vérité visant à la rassurer encore sur cette foutue potion ! “T’sais, c’tait pas une illusion. Quand l’temps a été foutu en l’air. C’tait pas une illusion, j’tais bien là, j’t’ai entendu m’dire tous ces mots. Mais comme la fièvre te f’sais délirer, j’tais pas sûr d’pouvoir y croire. C’que j’t’ai dis par contre, j’en pensais chaque mot.”

Et maintenant, il savait qu’il pouvait croire les mots qu’avait dit Quitterie au bord de la mort. Et elle savait désormais que la vision qu’elle avait eu n’avait pas été le simple fruit de son imagination. Cocasse découverte, terrible secret qui avait manqué de tout foutre par terre. Rompant définitivement la distance entre eux et l’attrapant dans ses bras, il se dit que rester comme ça avec elle dans les bras était certainement une chose qui lui avait vraiment manqué au cours de la semaine. Et qu’à l’avenir, ça ne lui déplairait aucunement de réitérer.
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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyMer 8 Nov - 22:59

La stupeur coupe le souffle de Quitterie lorsque les mots de Rackham lui font réaliser l’absurde vérité : que l’illusion qu’elle avait crue simple fantasme de son esprit mourant et à laquelle elle avait confessé la réelle teneur des sentiments qui faisaient battre son cœur était en réalité un Îlien de chair et de sang. La confusion la prive de la parole un instant, tant la gêne et la honte se disputent la primeur en son âme, mais l’étreinte du Chevaucheur a tôt fait de dissiper le malaise, et elle s’y abandonne de bon gré, soulagée de trouver le réconfort dans ses bras. Sans mot dire, elle se blottit plus étroitement contre lui, levant une main timide pour effleurer son visage, cherchant à capter sous ses doigts les expressions marquant ses traits. C’est une douceur inaccoutumée qui s’en dégage à l’instant présent, et Quitterie met de côté la rancune qu’elle nourrit à l’égard de Calico pour se concentrer sur la chaleur sereine qui vibre doucement entre eux.

« On a tout fait dans le désordre, hein ? Mon Capitaine. » qu’elle murmure à mi-voix, méditant tout haut sur l’absurdité des événements ayant conduit à ce mariage insensé et aux jours de malentendu colossal qui en ont découlé. Oh certes, elle est mariée aux yeux de ses frères, définitivement hors de portée de leurs tentatives de revanche et d’oppression ; mais en son cœur à elle, dans le secret de son âme libre grandie à l’Académie puis épanouie en Ansemer ensuite, tout cela ne suffit pas. Elle a bien compris que Rackham s’est senti la main forcée, que Géralt, Désirée et sûrement Marianne ont dû lui expliquer très crûment ce qui était attendu de lui – qui n’a pas eu la possibilité de vraiment choisir. Un choix qu’il vient de faire seulement maintenant, une décision qui lui revient pleine et entière seulement au dernier moment, et Quitterie ne veut pas que l’ampleur de cet engagement se perde dans leurs souvenirs. C’est un instant important, un moment-charnière qui va définir sa vie, et elle a envie de le partager.

Avec le monde entier, oui – mais surtout avec ses êtres chers, et avec ses amis.

« On se marie, alors, dis ? Pour de vrai. Toi et moi, sur le pont d’un navire, et on fera la fête avec ceux qui nous font du bien ? Juste nous deux, et les gens qui nous aiment, pour porter témoin devant les flots que tu veux de moi à tes côtés, et que je le veux aussi. Un mariage d’Ansemer, mon Capitaine ? » Se hissant sur la pointe des pieds, elle assortit son petit discours d’un baiser un peu maladroit, déposé au jugé un peu de travers – mais néanmoins sincère et droit, porteur de tout l’amour qu’une petite mage un peu cassée a été capable de nourrir pour l’homme qui lui a rendu ses ailes.

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Message Sujet: Re: De deux ancres l'une   De deux ancres l'une EmptyMar 19 Déc - 18:31

Tout fait dans le désordre, c’est bel et bien ça. Pouvait-on s’attendre à autre chose d’une maladroite Belliférienne aveugle et d’un îlien bourru et brusque, qui ne connaisse de ces histoires de mariage que ce que leurs cultures respectives leurs ont appris ? Ils s’aiment, ils le savent bien désormais. Mais les mots qui sont importants pour se comprendre n’ont su être prononcé au bon moment, créant l’inconfort et le malaise. Les choses se terminent bien, et c’est l’important, car Rackham sait désormais ce qu’il veut et comment il le veut : en apportant ce bonheur qu’ils ont failli laissé échapper tous deux dans une union sordide. C’est aux yeux de tous, avec la ferme intention de faire les choses dans les formes, que l’îlien veut s’unir à Quitterie. Par parce que la coutume liée à son sauvetage le voulait. C’est sous le soleil et sur la mer, avec l’odeur des vagues et le chant de l’océan que Rackham veut dire à Quittou qu’il l’aime et qu’il voudra d’elle pour femme. D’un choix librement fait et désiré.

« On s’marie pour d’vrai. Toi et moi, pour la vie. »

Ca semblait un peu niais et bête, dit comme ça, mais il le pensait vraiment, l’îlien franc et sincère, pas toujours très doué pour parler mais fort pour ressentir pleinement les choses. Oui, il veut se marier, et il songe d’ores et déjà à la manière de procéder. Il faut faire vite, s’il veut pouvoir obtenir de ses amis un mariage rêvé. Sur le pont de l’Audacia, là où pour lui, tout à commencé ! Philippe et Freyja seraient surement d’accord, et à part cet imbécile de Louis, les copains pirates sont tous sympas.

Un beau mariage, ampli de ce chant de liberté, pour sa Quittou volant sans chaines.

RP TERMINE
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