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 Le besoin de changer de monture

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La Noblesse
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Séverine de Bellifère
Séverine de Bellifère

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Je suis : duchesse de Bellifère, autrefois astronome à l'Observatoire de Val-du-Ciel, mon observatoire.

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J'ai fait allégeance à : Martial de Bellifère
Mes autres visages: Marjolaine du Lierre-Réal & Lancelot l'Adroit & Liry Mac Lir & Anwar Sinhaj & Antonin de Faërie
Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture - Page 2 EmptyJeu 18 Jan - 14:38

Séverine jeta un regard furieux à Martial.  Elle était encore trop en colère contre lui pour craindre les répercussions, même si elle savait trop bien qu'elles viendraient et plus tôt que tard.  Cependant, elle était consciente qu'elle ne pouvait pas laisser Raygnar s'en mêler.  C'était dangereux pour lui que de se mettre un duc à dos une fois de plus.  La Cielsombroise ne doutait pas que son mari puisse être aussi cruel que le duc d'Erebor quand on lui déplaisait.  Elle ouvrit la bouche pour l'empêcher de parler, mais il était trop tard.  C'était une erreur, il n'aurait pas fallu dire toute ces choses à Martial qui était éduqué ainsi en raison des us de son duché.  Toute sa vie durant on lui avait dit que la femme était inférieure à l'homme, on ne pouvait pas lui en vouloir de le croire, quand on voyait comment les choses se passaient là-bas.  Pourtant il était impossible à l'astronome de ne pas vouloir changer ne serait-ce qu'un peut les choses.  Elle ne passerait pas sa vie enchaînée comme une esclave à un homme brutal qui ne la considérait pas comme un être vivant.  Ses larmes rageuses inondaient son visage.

« Si vous ne vous étiez pas jeté dans cette pièce telle une bête enragée pour m'accuser encore de travers comme toujours, je n'aurais rien dit pour aller à votre encontre.  Si vous voulez une femme objet, trouvez-vous une poupée ce sera du pareil au même, » lâcha-t-elle alors que ses lèvres se métamorphosait en une grimace méprisante.  En ce moment, elle le haïssait.  Elle le haïssait de la rendre si malheureuse.

« Sire d'Ysgramor, vos intentions me touchent, mais pour votre bien et le mien, ne vous impliquez pas autrement de mon sort que par l'intérêt paternel que vous me portez.  Vous m'êtes d'un soutien inestimable, » souffla-t-elle d'une voix tremblante à la l'égard de leur hôte avant de reporter son attention sur son propre mari.

Le simple fait de le voir la faisait bouillir de nouveau.  Elle songea que ce qu'il restait de plus intelligent et raisonnable à faire c'était de se retirer.  Elle n'oserait pas défier plus encore Martial devant public, c'était bien la première fois qu'elle l'avait fait et elle savait qu'elle le regretterait amèrement par la suite.  Elle essuya les larmes qui coulaient sur son visage d'un geste rageur, tentant de sécher ses yeux humides.

« Maintenant je vais me retirer vers mes appartements.  À moins que vous ne désirez continuer à hurler jusqu'à ce que tous les gardes n'arrivent ici et ne vous prennent pour cocu. »

Les mots fendirent l'air tout aussi durement que le regard de Séverine fusillait le visage de son époux.  Elle le détestait tant en cet instant.  Elle se retourna vers le seigneur d'Ysgramor sans réussir à effacer son expression meurtrière de son visage.

« Bonne nuit sire, » le salua-t-elle en accompagnant la parole d'une révérence.

Bien qu'à contre-cœur, elle s'avança jusqu'à être à la hauteur de Martial et s'arrêta devant lui.

« Allez-vous vous proposer pour me raccompagner ou puis-je rentrer seule? » demanda-t-elle férocement.  Même si elle attendit son autorisation pour s'en aller.  Elle serait digne.  Elle savait que le seul moyen de ne pas faire empirer la situation c'était de quitter la chambre du maître des lieux.








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture - Page 2 EmptySam 27 Jan - 23:08

Quelle injuste, quelle cruauté. Comment pouvait-il traiter sa femme de cette façon ? Comment pouvait-il considérer Séverine comme un simple objet. Et il le faisait avec un tel dédain... Je serrais les poings, luttant contre mon envie de lui faire ravaler ses paroles. Je n’étais pas un homme violent. Je ne m’étais jamais battu. Jamais je n’avais porté la main sur un homme, une femme, même sur l’un de mes enfants. J’estimais que les mots étaient largement suffisant pour blesser une personne, et pour la faire réfléchir. Pourtant, en cet instant, je luttais. Je luttais pour ne pas laisser ma colère prendre le dessus sur ma raison, et pour ne pas commettre l’irréparable. Martial me dit que je n’avais aucun droit de juger ce qu’il avait fait, car, moi-même, je n’avais pas l’autorisation de parler avec Séverine, en tête à tête. Il ne voyait aucune folie dans ses propos, pour lui, c’était parfaitement normal. Il usait de sa femme « comme il l’entendait ». Je plantais mon regard dans le sien. Il avait beau se faire plus grand, plus imposant, pour moi, il n’était qu’un petit prince imbu de sa personne. Il me faisait penser à un animal. Une bête qui défendait sa nourriture. Il me faisait penser à ce loup, qui avait croisé ma route, il y a de cela quelques années. Il venait de tuer un lièvre et, quand il s’est rendu compte de ma présence, il ne s’est pas enfui. Il m’a regardé, dévoilant ses crocs dans un grondement terrifiant. Il me prévenait qu’il n’hésiterait pas à se jeter sur moi pour défendre la proie qu’il venait de tuer. Ce regard, je ne l’oublierais jamais. Ce regard, je l’avais en face de moi aujourd’hui.

Je ne flanchais cependant pas. C’était une grave erreur, une erreur qui m’en couterait. Martial avait raison, je devais me retirer tant qu’il en était encore temps. Mais je ne m’en sentais pas capable. Je me le refusais. Je me redressais et lui dit, sur un ton froid :

« - Comment osez-vous… ? Une femme n’est pas un objet. Une femme ne s’use pas « comme on l’entend ». »

Je m’avançais d’un pas, et allait reprendre pour le remettre bien à sa place, mais Séverine m’en empêcha. Elle dit à Martial que, s’il voulait une femme objet, il n’avait qu’à s’acheter une poupée, cela reviendrait au même. S’il ne s’était pas jeté sur nous tel un animal en furie, jamais elle ne lui aurait parlé de cette façon. Après cela, elle souffla que je devais éviter de m’impliquer. Je devais me contenter de cet intérêt paternel que je lui portais. Je soupirais. Elle venait de reconnaitre à haute voix qu’elle me considérait comme un père, un père de substitution à celui qu’elle avait perdu. Je la regardais. Ses larmes dévalaient sur ses joues. Je me contentais d’hocher la tête, et de reculer. Séverine avait réussi à me faire renoncer, et c’était mieux ainsi. Elle avait raison. Martial ne faisait que réagir selon les coutumes de son duché, je n’avais pas le droit de le juger.
Séverine annonça qu’elle allait se retirer, à moins que Martial ne désire continuer à hurler de la sorte et réveille l’ensemble du manoir. Elle lui lança cette dernière pique, me salua avec une dernière révérance, puis s’avança vers Martial pour lui demander de la raccompagner. Ce que je vis alors me fit dresser les cheveux sur la tête.

Martial attrapa le bras de Séverine, pour l’empêcher de s’en aller. Il n’en avait pas fini avec nous deux. Je pouvais lire la fureur dans les yeux de Martial, sa volonté de nous faire du mal. Et il était en train de déverser sa colère sur Séverine. Je devais l’arrêter, l’empêcher de commettre une grave erreur. La poigne du prince se resserrait sur le bras de la jeune femme, et je savais que cela devait être très douloureux. Je m’écriais :

« - Mon prince, je vous en prie ! Vous lui faites mal ! »

Je m’avançais et, d’un mouvement de bras, je le forçais à lâcher celui de la pauvre Séverine. Je m’interposais entre les deux. Par Alder, qu’étais-je en train de faire ? Ce que j’avais fait en Erebor n’était rien comparé à aujourd’hui. Je tournais la tête vers Séverine, le regard désolé. Nous étions dans une situation déplorable, et je n’avais peu de chances d’en sortir. Une solution, vite. Mes erreurs étaient trop nombreuses pour être réparées. Je lui demandais alors :

« - Nous devrions nous calmer. Tous. » Je me tournais vers le prince et reprit : « Votre Majesté, je suis désolé pour mes paroles. Je n’avais aucun droit de vous juger. Je considère Séverine comme ma propre fille, et non pas comme une amante. Sa loyauté envers vous n’a jamais été éprouvée, je peux vous l’assurer. »

Séverine ne devait pas être très loyale envers son époux, mais je lui disais cela car je me doutais bien qu'elle n'essayerait pas de le trahir en rencontrant d'autres hommes. Non, elle ne ferait que se mener à sa propre perte. Si Séverine ne parvenait pas à le lui faire comprendre, je le pouvais peut-être mais, dans l'état de colère où il était, c'était mal parti.

HRP:
 
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture - Page 2 EmptyDim 4 Fév - 1:38

Ca n'allait pas se terminer comme ça, avec ce goût de défaite. Ah, ça, non ! La marque rouge sur son bras l'empêchait de seulement se calmer. Sa colère teintait de force, de violence même, chacun de ses gestes. Il se retenait, le futur duc, de se jeter sur celui qui en face de lui par sa présence même l'insultait. Il était leur hôte, certes. Mais il éveillait chez cet animal grossier et curieux qu'était sa femme presque comme l'espoir qu'un jour elle puisse être libre. Que son opinion compte.
Les duchés voisins perdaient décidément tous la tête, à n'en pas douter. La prochaine fois, elle allait venir lui réclamer une faveur, quelque chose pour passer le temps, oh, peut-être même une pièce inutile dans son propre palais ! Non, s'il ne redressait pas la barre, c'était vers ce genre de choses qu'il se dirigeait.
Déjà qu'elle osait répondre, la femelle !

"Vous pensiez que je vous avais enlevée pour que vous ayez votre mot à dire ? Vous êtes une femme, aux dernières nouvelles. " Et puis quoi, encore ? La hargne le rendait imperméable aux mots qu'elle prononçait. Inepties. Pourquoi l'écouter ?
Il la regarda, fulminant. Il était en tenue de nuit, malheureusement, et non en armes : le lit n'était pas un lieu où il pouvait emmener ses armes, bien qu'il en aurait été sûrement plus satisfait que de sa femme. Simple supposition. Evidemment. Et bien sûr, ceci n'avait rien à voir avec le fait que sa femme soit un cadavre rigide au lit. Du tout.
"Vous restez ici. " la remarque fusa d'entre ses lèvres, alors qu'il l'attrapait au bras aussi violemment qu'il serrait le sien quelques instants plus tôt. Peut-être même y laisserait-il une marque, preuve de la violence inutile et enfantine qui l'habitait.

Car, très clairement, il était en plein caprice gamin. On lui ravissait sa femme pour une conversation nocturne, et il partait avec une idée désastreuse qui ne sortirait pas de son esprit. Un enfant, encore, qui pensait pouvoir plus tard et si vite ! Gérer un duché. Seul le temps saurait lui donner raison, ou tort.
Et puis, soudainement, sa poigne sur l'avant-bras de la future duchesse se détacha, écarté par l'hôte de ses lieux.
Il osait le toucher.
Fulminant, plein de cette horrible suffisance qui lui coûterait, un jour, pire que sa cousine, pire que sa femme - son trône, peut être ? Et avec ça, tout ce qu'il était - , il se tourna vers Raygnar sans porter attention à ce qu'il pouvait dire. Des histoires de calme.

Que le dieu de l'hospitalité aille se faire voir. Le regard que porta Martial sur l'homme n'avait plus rien d'agacé. C'était le regard déterminé et froid de celui que l'on a offensé - du gamin qui pique une crise ? -, et qui compte vous le faire payer. Cher.
Son poing partit, instinctif, rencontrant le visage avec une ardeur violente qui trahissait la fureur de Martial. Un coup puissant, défouloir, pour asseoir une vaine dominance. Pour le maintenir, si près du mur, sans que même son regard ne cillât, à chercher à ce que son souffle lui échappe. A le maintenir, une main à la gorge, serrer jusqu'à le perdre ? Il en serait capable.
"Posez encore, une seule fois, la main sur moi. Osez une seule fois juger de ma coutume. Tentez, allez-y, de vous mêler de la manière dont je me sers d'elle.
Essayez, juste. Encore une fois. "

Ses doigts ne le lâchaient pas. Un autre coup partit. Les dents serrées, Martial ne parvenait pas à évacuer.

Que le dieu de l'hospitalité aille se faire foutre, et que Kern détourne le regard de cet enfant capricieux, issu d'un duché de nobles guerriers valeureux, car il trouverait dans cette scène une raison de pleurer la stupidité de son engeance.


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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture - Page 2 EmptySam 24 Fév - 18:14

Elle encaissa avec horreur les mots prononcés par Martial.  Avec Raygnar, ils avaient inconsciemment réveillé un démon qui ne saurait être calmé facilement.  La poigne de fer du prince sur son poignet la faisait souffrir, mais elle ne laissa pas échapper la moindre plainte : elle ne lui donnerait pas cette satisfaction.  Elle était fière Séverine et elle pliait difficilement la  tête.  Il finirait bien par l'apprendre, de gré ou de force : on ne matait pas une Cielsombroise volontaire comme elle par la force.  Elle allait recommencer à lancer son venin quand elle fut dégagée de sa poigne par la main du maître des lieux.  Elle allait protester, mais elle n'eut pas le temps de le faire.  Déjà, Martial frappait le vieil homme.  Séverine ne put retenir un cri d'effroi.  Elle avait déjà vu le Belliférien en colère, elle était douée pour provoquer cet état émotionnel chez lui par ailleurs, mais elle ne l'avait jamais vu aussi rouge de rage.  Pétrifiée, elle ne savait trop que faire pour venir en aide.  L'idée de lui vider le pot de chambre sur la tête lui traversa l'esprit un instant avant de songer que c'était une très très très mauvaise idée.  Ça ne lui plairait pas du tout et c'était tout comme signer son propre arrêt de mort et Séverine ne comptait pas revenir comme un cadavre à Hacheclair, morte dans le froid infinie de Valkyrion.  Elle n'avait qu'une seule option, mais il fallait d'abord qu'elle réussisse à se ressaisir.

« Arrêtez!  Vous allez le tuer! » réussit-elle à hurler lorsqu'elle se fut remise de sa stupeur.  Elle n'osa toutefois pas s'interposer physiquement entre les deux hommes : sa frêle stature ne lui permettrait pas de se rendre utile et une fois assommée au sol, elle ne pourrait plus rien faire de sa langue acérée pour venir en aide à celui qui la considérait comme sa propre fille.

« Pensez un peu à votre trône Martial!  Vous croyez que le peuple belliférien, que votre grand-mère acceptera de vous laissez le pouvoir même si vous êtes en âge alors que vous vous comportez comme un enfant?  Vous croyez qu'en causant un incident diplomatique entre Valkyrion et Bellifère parce que vous aurez assassiné l'un des membres de sa noblesse, on vous laissera réclamer votre droit du sang!  Ressaisissez-vous! »

Inconsciemment, elle s'était avancée vers eux, beaucoup trop près d'ailleurs, mais elle ne réalisait plus vraiment où elle était.  Elle ne voulait pas être mêlée à des histoires de meurtres et encore moins perdre le seul avantage qu'elle avait reçu de se voir mariée à Martial de Bellifère.  Au moins, il deviendrait duc.  Mais si les choses continuaient ainsi… elle commençait à en douter.  Devenir duchesse, même de Bellifère, avait quelques avantages.  Être mariée à un Belliférien, sans avoir de titre n'avait rien de désirable.

« Martial! »








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture - Page 2 EmptyDim 25 Fév - 10:54

Mais quel idiot. En voulant défendre celle que je considérais comme étant ma propre fille, je m'étais attiré les foudres de son époux. D'un autre côté, le comportement de Martial était inacceptable de la part d'un futur duc. Allait-il traiter tout son peuple de la même manière qu'il le faisait avec sa femme ? Quand je le regardais, voyant sa difficulté à contrôler ses impulsions bestiales, je me mis à avoir peur pour Bellifère. Mais je ne devais pas avoir de raison de m'inquiéter, ce peuple devait être habitué à avoir un souverain aussi impulsif à sa tête. Les habitants devaient même être aussi incontrôlables et soumis à la colère que ce jeune homme. Et bien, je plaignais les pauvres femmes qui naissaient, grandissaient, et qui se mariaient là bas. Je les plaignais, même si elles avaient été éduquées pour ça, et que, pour elles, c'était parfaitement normal.
Mais Séverine n'était pas née en Bellifère. Elle était une Cielsombroise. Une Cielsombroise libre, qui avait ses propres opinions, ses propres ambitions. Des ambitions qu'un époux ne saurait réprimer. Je voyais le visage de Séverine se tordre sous la douleur, quand Martial attrapa son bras pour la retenir et, instinctivement, je le forçais à la lâcher.

Face à Martial, protégeant Séverine de mon corps, je pris conscience de mon erreur. J'avais, une nouvelle fois, gravement offensé un duc. Et j'allais encore une fois le payer très cher. Le regard de Martial n'était plus agacé. Il était bien plus que cela. Il était déterminé, prêt à tout pour sauver son honneur, et prouver sa suprématie sur son épouse. Je le vis lever le poing, et, malgré le fait que je n'étais pas pris par surprise, je ne pus l'éviter. Son poing percuta mon visage avec une puissance digne de celle d'un taureau. Mon nez réussit à tenir le coup, mais le coup suffit à me projeter contre le mur. Je tombais assis, et allait mettre ma main sous mes narines pour en stopper le saignement. Mais Martial ne m'en laissa pas le temps. Il me releva d'une seule main et la porta à ma gorge. Je savais que, s'il le voulait, il pouvait m'étrangler et me tuer aussi facilement que si j'avais été une brindille qu'il aurait cassé avec seulement deux doigts. J'entendis le cri d'horreur de Séverine, et sa voix qui suppliait Martial d'arrêter. Mais cela ne l'empêcha pas de me frapper à nouveau. Quand son poing percuta une nouvelle fois mon visage, mes oreilles se mirent à siffler.

Assommé, je ne compris rien de ce que disait Séverine à son époux. Je n'entendais que sa voix, inquiète. Je fermais les yeux, et tentais de prendre une grande inspiration. Mon nez saignait abondamment, et je sentais le liquide chaud couler sur mon menton, qui entrait dans ma bouche, et qui tachait ma chemise de nuit. J'essayais de lever le bras, mais la voix de Martial, sifflante, menaçante, me fit immédiatement renoncer. Si je le touchais, il allait de nouveau frapper. Totalement immobile, je rencontrais son regard furieux et allait ouvrir la bouche pour m'excuser. C'était pitoyable, mais je ne voyais que ça pour m'en sortir sans trop de dommages. Je revoyais les gardes d'Anthim, armés de leur sabre, qui exécutaient la sentence de leur souverain. Je revoyais mes doigts sauter, le sang couler sur le tapis. La douleur dans mon genou explosa, et, comme un enfant devant affronter sa première nuit dans le noir, je me mis à trembler.

" Père ! "

Rolf. Rolf, pieds nus, en chemise de nuit, ses cheveux blonds en pagaille, entra dans la chambre, pour voir son père, contre le mur, le nez en sang, menacé par le prince Martial de Bellifère. Mon fils s'avança vers nous, se plaçant à l'opposé de Séverine. Et, contrairement à moi, il se garda bien de toucher Martial. Il resta à une distance respectable du prince, levant les mains en signe de soumission. J'essayais de me reprendre, de chasser la confusion et de récupérer le plein contrôle de mon esprit. Je me mis à revoir plus clair, mes oreilles cessèrent de siffler. Mon fils suppliait le prince de se calmer. Je l'entendis s'excuser de mon comportement. Il invoqua le fait que je ne m'étais jamais complètement remis de ma rencontre avec Anthim d'Erebor, et que c'était pour cela que j'avais agi d'une manière aussi irréfléchie. Je serrais les dents, allant le sermonner pour me rabaisser ainsi devant le prince, mais le regard déterminé de mon fils me força à me faire tout petit. Il essayait de me sauver la vie, et il était, pour cela, aidé par Séverine qui conseillait son époux. Par Alder. Qu'avais-je encore fait ? Je nous avais mis dans une situation très compliquée...
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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture - Page 2 EmptyVen 2 Mar - 23:17

Il pouvait lui faire du mal, le futur duc. Serrer, serrer si fort qu’il le verrait se convulser avant de se laisser aller à déféquer dans la mort. Le frapper jusqu’à ce que ses os de vieillard éclatent, que les mains de celui qui serait bientôt souverain se couvrent du sang d’un autre. Il pouvait lui faire mal dans son corps et l’empêcher d’exister à jamais dans cette réalité – et de nombreuses autres, s’il réussissait à l’effacer de l’Histoire. Tâche stupide. Il pouvait lui faire tellement de mal, et aller tellement loin que, quand il y repenserait, il pourrait en avoir le souffle coupé de tant de méchanceté. Surtout qu’il n’avait rien fait de grave, à bien y repenser ! Il avait juste voulu parler à une personne qu’il connaissait d’avant.
Alors, de quoi Martial avait-il peur ? Avait-il la frayeur qu’il ne réveillât en Séverine la Cielsombroise qu’il tentait de calmer, de tuer à petit feu ? Avait-il la peur qu’elle ne se révoltât contre lui, qu’elle tente de revendiquer son ancienne vie et ne le place sous sa coupe pour toujours ? Avait-il peur, plus insidieusement, de la perdre ? De perdre cette machine à enfants qu’elle était. De perdre une femme fonctionnelle, plus ou moins. Du moins espérait-elle qu’elle l’était. Enfin.
Dans sa fureur guerrière – gamine – il n’entendait plus rien. Même la voix de sa femme ne sut le raisonner. Les mots qu’elle prononçait étaient comme des murmures de vent, qui passaient dans ses cheveux et se laissaient aller à disparaître sans même lui faire quelque chose. Elle avait raison, par tous les Dieux, pourtant !
Ca ne l’empêcha pas de maintenir son étreinte sur la gorge du seigneur. Ca ne diminua pas la tension de sa mâchoire. Ca ne fit rien, juste rien, si ce n’était l’énerver quelque peu. Il ne prêtait plus grande attention aux gens alentour. Son honneur était bafoué, après tout. Honneur illusoire et entaché depuis longtemps par sa propre faute, mais bafoué.

Il ressentit une certaine satisfaction, vorace, étrange et presqu’étrangère à sentir sous ses doigts son corps trembler. Ainsi donc, il avait sur les hommes ce triste pouvoir d’inspirer la peur ! Ainsi donc, il pouvait encore faire ressentir quelque chose à quelqu’un ! Il aurait pu serrer, serrer encore. Sentir ses frémissements se calmer, son souffle exploser sous la pulpe de ses doigts. Mais il n’était pas un assassin, pas vrai ? Il était bien plus noble qu’eux. Il était un duc, issu d’une lignée prestigieuse. Il n’était pas un vulgaire tueur fanatique.

Ce fut cette pensée qui le ramena à la réalité, écartant quelque peu le voile de la rage et de la colère de ses yeux. Ca, et l’entrée dans son champ de vision du fils du maître des lieux. Sa voix qui l’enjoignait presque à se calmer, sans pour autant le toucher. Des raisons de faiblesse, des raisons que Martial n’aurait pas su invoquer en d’autres temps. Sa main se desserra, le regard vide de toute expression si ce n’était la colère.
S’excuser ? Allons bon !
C’était lui qui était en tort !
« La faiblesse d’un homme n’explique pas tout. » Son ton était glacial. Il ne jeta même pas un regard vers sa femme, ou vers son hôte – qui garderait d’eux un souvenir cuisant. « Nous partons. Allez vous changer. »
Au moins pouvait-il se soustraire à cet endroit. Le voyage serait dangereux et épuisant, de nuit. Peu importait.
Rester ici signifiait la mort. Et la perte d’un respect que personne, à son égard, n’avait jamais ressenti.


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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture - Page 2 EmptyMer 14 Mar - 19:26

La situation atteignait les sommets du ridicule et Séverine ne savait plus trop comment calmer son époux.  Ils étaient mariés depuis plusieurs mois déjà, bientôt la moitié d'une année, mais il y avait ces deux mois dont elle ne gardait aucun souvenirs sans qu'elle ne puisse se l'expliquer.  Elle connaissait peu, trop peu, qui était Martial pour tout à fait savoir comment le ramener à la raison.  Elle était complètement aux bords du désarrois quand soudain le fils de Raygnar entra dans la pièce.  Elle lui jeta un regard suppliant, mais ce n'était pas nécessaire, il avait rapidement compris la situation et son père semblait avoir mieux réussi à l'élever qu'il n'avait réussi à se contrôler lui-même en présence de duc.  L'idée de tirer sur le bras son époux pour qu'il arrête lui traversa l'esprit, mais elle se retint.

Et par chance les propos du jeune homme eurent plus d'effets.  Si elles n'avaient pas convaincu Martial,  au moins il avait cessé de le frapper et Séverine était plus que soulagée.  Elle était un peu agacée contre Raygnar, elle lui avait dit de ne pas s'en mêler plus et il n'avait pas écouté.  Elle savait que cela arriverait si les choses continuaient dans ce sens.  Elle laissa un léger soupir de soulagement et ne protesta pas quand Martial ordonna le départ.  Elle ne jeta pas un dernier regard au seigneur d'Ysgramor, pour ne pas lui causer plus d'ennuis, ni à son fils.  Elle espérait qu'ils comprendraient qu'elle ne cherchait pas à manque de courtoisie en agissant ainsi, mais que c'était le meilleur moyen de ne pas empirer la situation.

De retour à sa chambre, elle réveilla Prudence, transmettant l'ordre de départ et l'obligeant à l'aider à se rhabiller.  Il faisait trop froid pour se promener en chemise de nuit et Martial n'aurait certainement pas aimé l'idée de voir sa femme nue sur un cheval.  Pourtant ça aurait été une œuvre d'art spectaculaire pour un artiste.  Elle se prépara rapidement et sortit dès que les chevaux furent attelés.  Ysgramor devint rapidement petit derrière eux.








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Message Sujet: Re: Le besoin de changer de monture   Le besoin de changer de monture - Page 2 EmptyMer 14 Mar - 21:14

Rolf suppliait le prince de me lâcher, de me laisser en vie. Ses arguments étaient de taille, mais, malgré cela, je fus outré d'être présenté comme un vieillard sénile, qui n'était maitre ni de ses paroles, ni de ses actes. J'estimais avoir encore de belles années devant moi, et être encore doué de toutes mes capacités intellectuelles. Malgré mon envie d'ordonner à Rolf de changer de registre, je me tus. Je savais qu'il faisait ça pour mon bien. Et cela fonctionna, car Martial me lâcha. Quand ses doigts quittèrent la peau de mon cou, je repris ma respiration, me rendant compte que j'étais resté en apnée totale pendant plusieurs secondes. Martial me regarda droit dans les yeux, et me dit que la faiblesse d'un homme ne faisait pas tout. Je ressentis à ce moment là deux émotions : une violente colère, qui me donnait envie de gifler ce gamin arrogant, puis une écrasante honte. Je baissais les yeux, restant totalement immobile et ne prenant même pas la peine d'essuyer mon nez ensanglanté. Rolf s'inclina et remercia le prince de s'être montré aussi clément à mon égard. Qu'est ce que c'était pitoyable. J'avais honte de voir mon fils se soumettre ainsi pour me sauver. Je savais qu'il allait m'en vouloir pour ça. Déjà que notre relation avait beaucoup souffert du fait de sa relation avec un cielsombrois, elle risquait maintenant de devenir encore plus ombrageuse. Je sentais la tension qui régnait au sein de ma chambre. Même mon chien était sur ses gardes. Il se tenait debout, prêt à détaler. Quand Martial s'écarta de moi, mon plus fidèle compagnon se releva et vint me voir d'un pas pesant. Il frotta sa tête contre ma jambe, nerveux à cause de l'odeur du sang.

Martial déclara qu'ils s'en allaient sur le champ. Je sentis alors comme un coup de poignard qui s'enfonçait dans mon cœur. Ils quittaient ma demeure. Je ne pouvais pas connaitre pire disgrâce. Le regard noir que me lança Rolf n'arrangea pas les choses. Martial sortit, suivi de Séverine qui ne m'accorda pas un regard. Elle faisait sans doute cela pour me protéger mais, à cet instant, j'eus le cœur brisé. Rolf sortit à son tour, sans m'adresser le moindre mot. Le temps de la discussion viendrait après le lever du soleil. Après avoir repris mes esprits, je me rhabillais, et réveillais un domestique pour qu'il m'aide à seller les chevaux et à remplir les fontes de Martial et de son escorte de vivres. D'autres auraient pu trouver curieux que je mette la main à la pâte, mais j'avais besoin de m'occuper, pour ne pas trop penser. J'allais moi même sceller plusieurs de mes chevaux kyréens, et, avec l'aide du domestique, je veillais à ce que tous reçoive de quoi manger ou boire jusqu'au prochain arrêt.
Je sentais le regard de mon domestique, qui devait se demander pourquoi il avait été réveillé en pleine nuit. J'imagine que, d'ici demain, tout Ysgramor sera au courant du départ précipité de Martial, et que les rumeurs allaient vite circuler.
Martial et Séverine sortit. Sans un mot, la tête baissée, je les laissais s'installer sur leur monture. Les grandes portes furent ouvertes. Rolf descendit saluer une dernière fois nos convives. Puis ils s'en allèrent. Je restais longtemps à les regarder s'éloigner, puis je remontais dans ma chambre, la queue entre les pattes. Jamais je n'avais ressenti pareille honte.

Le lendemain, je regardais le soleil se lever lentement à l'horizon. Je ne m'étais même pas changé, et je n'avais pas fermé l'œil. Mon majordome vint me voir pour me demander si j'allais venir déjeuner, mais, voyant mon regard, il comprit. Son expression surprise en voyant mon visage violacé aurait pu me faire rire, si je n'étais pas aussi las. Je lui expliquais que j'avais chuté, mais que j'allais bien. Son regard me fit comprendre qu'il ne me croyait pas. Il me dit qu'il allait me faire porter une tisane, puis il sortit. Je tentais de me changer les idées en travaillant, mais je ne parvins qu'à obtenir un résultat exécrable. J'abandonnais, pour me replonger dans ma contemplation du lac de mon domaine. Je revoyais le bucher funéraire, qui emportait ma femme au loin sur cette vaste étendue d'eau. Je lâchais un soupir. Si Frida avait été là, rien de tout cela ne serait arrivé. Jamais je n'aurais offensé Martial, jamais je n'aurais déçu à ce point Rolf et Séverine. Mon fils n'était pas encore venu me voir, mais je ne doutais pas qu'il le fasse très bientôt.
Perdu dans la contemplation de ce vaste lac que dominait mon manoir. Je me demandais : est ce que Rolf avait raison ? Etait-je encore capable de gouverner Ysgramor correctement ?
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