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 Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile

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Message Sujet: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyJeu 23 Nov - 23:52


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Marjolaine du Lierre-Réal & Lauriane de Faërie

Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile

Réglons les choses de la bonne manière ?



• Date : 3 novembre 1002
• Météo (optionnel) : Le temps est froid mais sans vent, permettant aux rayons du soleil de réchauffer ce qu'ils touchent.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Après quelques dissensions, Lauriane se décide à s'entretenir avec Marjolaine afin que toutes deux puissent trouver un terrain d'entente concernant leur rôle auprès des mages de sang, convaincue qu'elles seraient bien plus efficaces ensemble. C'est chargé d'interrogations, de propositions et de controverses qu'elles se retrouvent donc dans le jardin du palais ducal.
• Recensement :
Code:
• [b]3 novembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2996-qui-n-ose-pas-regarder-le-soleil-en-face-ne-sera-jamais-une-etoile]Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile[/url] - [i]Marjolaine du Lierre-Réal & Lauriane de Faërie[/i]
Après quelques dissensions, Lauriane se décide à s'entretenir avec Marjolaine afin que toutes deux puissent trouver un terrain d'entente concernant leur rôle auprès des mages de sang, convaincue qu'elles seraient bien plus efficaces ensemble. C'est chargé d'interrogations, de propositions et de controverses qu'elles se retrouvent donc dans le jardin du palais ducal.



Dernière édition par Lauriane de Faërie le Ven 24 Nov - 14:36, édité 3 fois
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyJeu 23 Nov - 23:56

Lauriane était bien silencieuse, fixant depuis de très longues minutes le paysage qui s’offrait à elle par de-là l’une des fenêtres de la chambre qu’elle occupait au palais ducal de Lagrance. Et ce n’était pas la beauté de leur jardin en contrebas qui semblait accaparer sa torpeur. Elle entendait discrètement derrière elle ses quelques suivantes qui rangeaient tout ce qu’elles avaient dérangés pour la préparer ce matin. Elle n’y faisait pas vraiment attention. C’était souvent moins évident que ce soit à quoi elle s’attendait, d’être si loin de chez elle, de ses enfants, de son époux, de la parfaite sécurité. Ce n’était pas tant qu’elle craignait quelques périls, seulement ce n’était pas la même chose. Et cela ne faisait que deux jours qu’elle était arrivée. Le temps serait long, mais elle ne pouvait y couper… Elle ne le souhaitait d’ailleurs pas. On ne faisait jamais exactement ce que l’on souhaitait, et ce n’était pas plus mal. S’en était à se demander si Lauriane ne trouvait pas un certain arrangement à se laisser régler par tous ses devoirs. Pure spéculation. L’impératrice était bien plus confiante et forte que cela.

- Votre Majesté, vint l’interpeler doucement l’une de ses suivantes, appréhendant presque de la déranger. Il va être temps de retrouver Madame la Duchesse du Lierre-Réal.

Lauriane réprima un léger soupir dans sa cage thoracique. Marjolaine… En d’autres circonstances, elle aurait apprécié la jeune femme, douce et digne qu’elle était. Un froid les animait cependant depuis qu’elle était devenue impératrice. Sans le dire, elles savaient bien de quoi il retournait. Pour diriger convenablement l’empire dans la nouvelle direction que Gustave et elle lui avaient faits prendre, Lauriane devait s’ériger en défenseuse et protectrice des mages de sang. Malheureusement – même si ces derniers reconnaissaient la chance que l’arrivée de leur règne leur avait donné – leur véritable confiance allait à la Duchesse de Lagrance, qui les aidait activement depuis de nombreuses années. Cela n’aidait pas Lauriane. Renoncer n’avait jamais été une option chez elle, alors elle avait continué à œuvrer du mieux qu’elle pouvait pour leur bien et espérer ainsi gagner un peu plus leur cœur. Ça faisait avancer les choses, mais pas assez vite. Lauriane était suffisamment intelligente pour comprendre qu’au final il était plus profitable d’avoir une alliée parmi les Ducs dans ce combat pour la protection des mages de sang que pas du tout. Il serait sot de ne pas plutôt œuvrer ensemble. Même si ça ne se présentait guère simplement.

- Allons-y, tempéra finalement Lauriane, se détournant enfin.

Cela faisait évidemment plusieurs fois qu’elle et Marjolaine se croisaient depuis qu’elle était là, que ce fut lors de repas ou à d’autres moments, mais elle n’avait pas encore réellement trouvé le temps de converser avec elle. Elle avait dû consacrer toute sa journée d’hier à rédiger des missives pour le palais impérial d’Alfaë suite à sa discussion avec le Duc de Lagrance. Elle lui avait néanmoins demandé à ce qu’aujourd’hui, dans cette matinée déjà bien avancée, elles s’entretiennent ensemble. Il y avait des sujets dont l’impératrice souhaitait absolument lui parler. Pour sa visite en Lagrance, son entretien avec le Duc était dès plus obligatoire et nécessaire mais la vérité était que c’était de sa conversation avec Marjolaine dont elle attendait le plus. L’impératrice lui avait proposé qu’elles se retrouvent dans les jardins du palais, comme – en l’absence de vent – le soleil apportait aujourd’hui une légère chaleur lorsque l’on était sous ses rayons.

Emmitouflée dans une robe simple de velours couleur aubergine, son allure n’était rehaussée que de quelques bijoux et ses cheveux pouvaient allègrement parcourir ses épaules – si ce n’était au niveau de l’habituel diadème d’or blanc qu’elle ne quittait que rarement. Lauriane retrouva sans peine Marjolaine dans le jardin – à la taille considérable – comme une des domestiques de Marjolaine la conduisit auprès d’elle. Le paysage n'avait pas encore eu d'incidence sur ses pensées, trop prompte à le garder claire. Le moment était venu et il n’avait tant que trop tarder dans l’esprit de Lauriane qu’elle était assez satisfaite qu’il arrivât enfin.

- Duchesse du Lierre-Réal, la salua amicalement Lauriane, inclinant légèrement ses yeux clairs plus que sa tête. Un sourire cordial était venu éclaircir son regard. Lauriane paraissait toujours stricte et digne, mais elle appréciait l’allure fraîche de la jeune femme qui était comme celle d'une fleur. Je suis heureuse de pouvoir enfin m’entretenir avec vous. Vous portez-vous bien ce matin ?
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La Noblesse
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Marjolaine du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyMer 29 Nov - 7:29

Accueillir une impératrice chez soi n'était point une mince affaire, surtout quand la maîtresse de maison était particulièrement désordonnée.  Marjolaine avait certes une armée de serviteurs, dont quelques uns plus hauts placés en charge de ce genre de choses, mais elle étai nerveuse et avait l'impression de tout devoir faire alors qu'en vérité elle ne faisait rien de particulièrement important.  Elle était beaucoup trop consciente des répercussions que pourraient avoir cette visite pour Lagrance et elle espérait que celles-ci soient bonnes.  Si au départ, elle avait cru que Lauriane ne désirerait s'entretenir qu'avec Denys, elle fut toutefois extrêmement surprise de découvrir qu'elle avait l'intention de lui parler à elle.  Elle n'en ressentait nullement l'envie, elle n'appréciait que très peu ce qu'elle savait de leur nouvelle impératrice et ne désirait pas réellement approfondir leurs relations plus que nécessaire.  La diplomatie, c'était du ressort de son époux, pas réellement du sien, elle qui avait été élevée à l'écart du monde, qui n'avait que réellement commencé à échanger avec l'extérieur qu'après son mariage.  Elle n'était pas dépourvue de bon sens à ce niveau, c'était une femme intelligente qui avait été élevée malgré sa retraite comme une fille de son rang le méritait, néanmoins, sa timidité naturelle la rendait plutôt silencieuse en présence des invités de marque et elle leur préférait les gens du peuple avec qui elle pouvait se sentir plus à l'aise, car elle avait la nette impression de pouvoir faire en sorte de rendre leur vie meilleure, plus agréable, grâce à ses bonnes actions.  Elle n'avait vraiment que très peu à apporter à tous ces nobles.  Ils n'avaient plus besoin d'elle que de l'un de leur domestique et cela l'intimidait.  Ainsi, lorsqu'il était temps de faire face à quelqu'un d'aussi important que la femme même de votre empereur, elle préférait de loin laisser la tâche à Denys si elle pouvait l'éviter.

Or, la nouvelle impératrice ne l'avait pas entendu de la sorte et lui avait spécifiquement demandé de lui accorder quelque peu de son temps comme elle souhaitait s'entretenir avec elle en particulier.  Elle, Marjolaine.  Pas Denys.  Certes, elle avait rencontré son époux en privé, mais il semblait qu'elle avait quelque chose à discuter en la compagnie de son épouse également et cela avait plutôt mise Marjolaine dans tous ses états.  Qu'est-ce que cette femme, incapable de traiter sa propre enfant correctement pouvait bien lui vouloir de particulier!  Elle était nerveuse et intriguée la duchesse.  Elle se savait emplie de préjugés à propos de Lauriane, ce qu'elle avait entendu à son sujet n'était point à son honneur et elle se sentait obligée de faire la compétition avec elle en ce qui concernait la protection des mages du sang.  La Lagrane tolérait très mal que quelqu'un ose marché sur ses plates-bandes, surtout qu'elle s'était dévoilée en tant que protectrice de ces mages bien avant et elle n'avait pas attendu un changement politique dans l'air pour le faire.  Elle ne s'était pas montrée passive, agissant dans l'ombre.  C'était une tâche exigeante, qui demandait du temps, de la patience.  Mais surtout de l'amour pour ces gens et Marjolaine ne pouvait ressentir l'amour de l'impératrice pour les mages du sang.  Particulièrement comme elle venait d'Outrevent, le duché qui avait chassé sans manières sa Faustine. Si l'envie n'était pas au rendez-vous, elle ne pouvait toutefois que se plier à la demande de sa supérieure : y montrer de la résistance n'aurait fait qu'empirer les choses et bien qu'elle soit emplie de sévères réserves à l'égard de son aînée, elle était prête toutefois à chercher à mieux la comprendre.  Elle voulait se faire une opinion d'elle-même à propos de la femme qui prétendait au titre de protectrice des mages du sang.

Elle s'était rendue assez tôt dans les jardins, afin de choisir un chemin plus agréable pour l'impératrice où se promener.  C'était une belle journée bien que le froid de l'hiver approchait rapidement.  Elle espérait qu'un joli paysage amadouerait Lauriane, dans le cas où des sujets plus sensibles ne s'incrusteraient dans la conversation.  Les jardins n'avaient pas leur splendeur de l'été, les dernières roses de l'automne s'étaient peu à peu fanées, c'était dommage, mais ils restaient encore très agréables et Marjolaine affectionnait à s'y promener quand elle en avait l'occasion, une cape jetée sur les épaules pour se protéger du froid.  C'est ainsi vêtue, élégamment coquette comme elle l'était, qu'elle reçu l'impératrice qui la rejoint.  Elle s'inclina avec beaucoup de respect, se méfiant légèrement des marques amicales que lui démontraient l'Outreventoise.

« Votre altesse, » répondit-elle à sa salutation, se renfermant dans ses murs de timidité naturelle.

« Je vous remercie, je me porte très bien.  J'espère que tout est à votre convenance pour votre séjour.  Vous ne manquez de rien? » demanda-t-elle avec les politesses nécessaires.  Elle ne savait pas exactement à quoi s'attendre de cette rencontre.  Pourquoi l'impératrice désirait-elle la rencontrer?  Elle se doutait que ce n'était pas simplement pour parler de la pluie et du beau temps.  Elle n'osait toutefois le demander directement et elle laissait le soin à la première dame de mener la conversation.





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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyLun 4 Déc - 22:56

Avouons-le, Lauriane se sentait un peu supérieure aux autres en toute circonstance. Après tout, ne s’était-elle pas élevée au rang d’impératrice à la sueur de presque vingt ans de labeur ? Elle en était horriblement fière. Et cette fierté l’avait imprégnée sans qu’elle ne le réalisa mais elle n’avait aucun regret. Elle n’était pas foncièrement méchante. Elle ne souhaitait pas rabaisser les autres. Elle avait un bon fond. Mais Marjolaine l’agaçait un peu, parce qu’elle était trop parfaite. Cette jeune femme si délicate, d’un bon mariage, aimée de son peuple, une mère comblée. La seule ombre au tableau était certainement les déboires que lui causaient son mari. Même si Lauriane condamnait l’attitude du Duc, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver une légère satisfaction à l’idée qu’une chose au moins ternissait sa vie. Peut-être était-elle un brin jalouse, mais elle était trop fière et heureusement trop prompte à sacrifier ses propres émotions au profit de son devoir.

Un sourire avait naquis au coin de ses lèvres, bien malgré elle, face à la si profonde référence de Marjolaine. Elle ne l’aurait pas pensé si déférente, surtout face aux différents qu’elles entretenaient. Son sourire continua de vaquer sur ses lèvres, une vague bienveillante qu’elle était bien incapable de faire cesser. Oui, elle aurait certainement apprécié Marjolaine en d’autres circonstances.

- Non, tout est parfait, Duchesse. Je vous remercie.

Et là-dessus, il n’y avait effectivement rien à dire. Tout était fait pour que l’impératrice soit à l’aise. Elle ne pouvait que louer l’application de l’accueil lagrane à son égard. C’était probablement le duché où elle s’était le moins rendu et elle y ressentait donc toujours un profond dépaysement. Mais elle n’était pas là pour flâner.

- Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de me rendre en Lagrance jusqu’ici, vous avez un duché bien magnifique. Je ne vous cacherai pas me sentir plus à l’aise dans les bourrasques d’Outrevent mais je regrette de ne pas être venue vous rendre visite en de meilleures circonstances.

Elle ne souhaitait pas brusquer Marjolaine. La réussite de son entreprise dépendait de l’entente qu’elle réussirait à développer chez elle. Ce qu’elle comptait lui demander pouvait se suffire d’une négociation diplomate entre noble, mais si elle voulait mieux, cela nécessiterait qu’elles s’accordent. Avec confiance. Lauriane devait pouvoir lui faire confiance. Et ça, cela méritait d’être une partie bien compliquée qui s’annonçait. Et la seule chose qui pourrait bien l’engager était une honnêteté – une certaine honnêteté. La prudence ne devait jamais être négligée, un frein à son entreprise mais dont elle ne se voyait pas se passer pour l’instant.

- C’est pourquoi ai-je proposé que nous utilisions également ce moment pour profiter de vos jardins. Vous devez en être très fiers. Y a-t-il des choses que vous voudriez m’y montrer ? Elle l’invitait par là à lui proposer un chemin à emprunter. Encore et encore de la diplomatie. Cela n’écœurait guère Lauriane car ce n’était pas malhonnête malgré tout. Mais il fallait également engager la conversation. J’imagine que vous devez vous questionner sur la raison qui m’a fait vous demander cet entretien, reprit-elle d’un ton qui avait quitté l’allure badine. La vérité est que j’ai besoin de vous et que j’espère sincèrement que vous voudrez bien m’aider.

Et Lauriane avait volontairement insisté sur le verbe "vouloir" plutôt que "pouvoir", car ce n'était pas que son devoir de duchesse qu'elle venait quérir.

Mais qu’il était compliqué d’exprimer les choses telles qu’elle l’aurait souhaité. Autrement. Une autre fois. Dans un autre espace-temps où elle n’aurait pas été impératrice. Donc, l’aurait-elle vraiment souhaité ? Non.
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Marjolaine du Lierre-Réal
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyJeu 7 Déc - 15:44

Les affirmations de l'impératrice rassurèrent la Lagrane, mais elle n'allait malgré tout pas baisser sa garde.  C'était une personne importante qu'ils recevaient aujourd'hui, elle ne pouvait pas laisser les choses aller de travers et ainsi se relâcher était tout à fait hors de question.  Elle devait s'assurer que le séjour continuerait sur la lancée actuelle.  Cela pouvait être bénéfique à Lagrance qui avait déjà de bonnes relations avec l'empereur Gustave depuis son couronnement.  C'était une occasion de plus de montrer la fidélité du couple ducal à la couronne et si en général la tâche revenait surtout à Denys d'établir de bonnes relations diplomatiques, elle pouvait y contribuer à son tour en s'assurant que tout était à la convenance de leur invitée de marque.  Elle accueillit avec modestie les compliments sur le duché de son époux, celui qui l'avait vu grandir elle aussi.  Marjolaine éprouvait une affection profonde pour Lagrance, ce merveilleux pays des fleurs.  Il était dommage cependant que l'année soit aussi avancée.  En novembre les fleurs étaient presque toutes mortes, il ne restait essentiellement que quelques arbustes taillés par les soins des jardiniers du palais.  Celui qu'ils avaient trouvé lors d'Ostara pour remplacer celui qu'ils avaient perdus plus tôt dans l'année faisait d'ailleurs des merveilles.  Oui, si Lauriane était venue plus tôt dans l'année, peut-être que la duchesse aurait pu l'obliger à se concentrer sur les fleurs et ne pas l'importuner.  Elle le pressentait, si elle avait demandé à lui parler aussi formellement, ce n'était certainement pas pour s'extasier sur la beauté du domaine.  Elle doutait ce qui pouvait intéresser l'impératrice pour pareil entretien et pourtant, Marjolaine était très peu disposée à s'épancher sur ce sujet, car elle trouvait la noble dame indigne d'en être porte parole.  Indigne de même y songer.  Quand on pensait à la façon scandaleuse qu'elle traitait sa propre fille.  Elle était biaisée dans son opinion, mais elle ne désirait pas y changer grand-chose.  Pourquoi le faire et y perdre tous les avantages qu'elle avait?

« Les jardins ont perdu de leur splendeur de l'été, mais je connais quelques sentiers tout à fait charmants, si vous voulez bien que je vous y guide, » répondit-elle essentiellement par politesse.  Elle ne se voyait clairement pas raconter à l'impératrice l'impression de sérénité qu'elle ressentait quand elle se promenait dans les jardins, combien la beauté de ses fleurs, avec ses espèces uniques créées par les mages de la floraison à l'occasion d'Ostara, la rendait heureuse.  Ce n'était pas sa place de parler ainsi.  Et elle n'avait aucune raison d'ouvrir son cœur à Lauriane, elle qu'elle n'aimait toujours pas, malgré son séjour chez elle.  Les quelques instants passés à se fréquenter à table et dans les salons n'avaient pas suffit à redorer l'image de l'Outreventoise aux yeux de la Lagrane.  Si c'était possible que cela arrive un jour.

« Vous m'honorez grandement en supposant que je puisse vous être d'une quelconque utilité.  Je me ferai un devoir de vous venir en aide si cela m'est possible, » répondit-elle toujours avec la même modestie qu'elle affectait depuis le début de cette entrevue.  Elle pressentait très bien sur quoi la conversation porterait et elle n'avait plus le moyen de l'éviter.  Si elle l'avait pu, elle aurait soupiré profondément, mais elle garda le fruit de ses réflexions pour elle-même.  Elle n'aiderait absolument pas cette femme en emmenant le sujet qu'elle brûlait d'aborder d'elle-même.  Elle attendrait patiemment qu'elles soient passées à travers tous les détours, repliant l'impératrice dans ses recoins.  Non, Marjolaine n'avait aucune intention de lui céder sa place auprès des mages du sang, encore moins de l'aider à l'évincer.  Elle ne le méritait pas, mais surtout elle ne se dévouerait pas aussi bien qu'elle au bien être de ces mages pour qui elle-même éprouvait l'amour d'une mère.

« Puis-je de me permettre de demander sans plus de détours à quel sujet votre altesse désire mon assistance?  Mes pouvoirs sont limités à l'extérieur de Lagrance comme vous pouvez bien vous en douter, » déclara-t-elle sur un ton calme, alors qu'elle guidait son invitée sur un sentier bordé d'arbustes.  S'il n'y possait plus de fleurs, ils étaient encore charmants et les protégeaient de tout vent qui pourrait se réveiller.





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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyVen 8 Déc - 0:15

L’avancée prudente de Marjolaine laissa Lauriane pensive, qui l’écouta bien sagement, ayant empruntée à ses côtés le chemin qu’elle lui avait proposé. Elle faisait honneur à toute l’éducation des nobles et, un instant, elle loua cette femme si exemplaire. Marjolaine avait l’avantage pour elle d’avoir été à sa place. Lauriane ne pouvait guère se vanter de la même chose, elle qui avait tant comploté pour renverser Chimène. C’était comme si être en présence de Marjolaine lui rappelait sans cesse ses écarts de droiture. S’être toujours efforcée d’être la plus parfaite possible pour son époux et ses ambitions ne semblait plus tant incroyable. Néanmoins, il n’y avait aucun regret, et toujours aucun scrupule. Elle s’était battu pour tout ce qu’elle croyait juste et maintenant que les choses pouvaient changer, elle irait jusqu’au bout.

- Ne soyez pas si modeste, avança doucement Lauriane, où gentillesse et légère ironie se mêlaient. Elle avait délibérément ignoré sa question car ses autres propos étaient au contraire plus signifiants pour ce qui l’amenait. Et outre cela, Lauriane mettait souvent un point d'honneur à valoriser ceux qui faisaient l'inverse. Vous avez un poids certain dans le choix des directions que pourrait emprunter Faërie, probablement plus que vous ne l’imaginez.

Lauriane ne doutait effectivement pas que Marjolaine pensait sincèrement qu’elle n’avait pas tant de pouvoir que ça. Si la duchesse paraissait méfiante – cela n’avait pu échapper à aux yeux clairs si perçants de l'impératrice – elle ne semblait pas être douée d’hypocrisie. Mais peut-être que l’outreventoise se trompait, il ne lui fallait pas partir sur des acquis. En soi, Marjolaine n’avait pas tant de pouvoirs que cela, il est vrai, mais elle pourrait en avoir bien plus. Elle pourrait représenter bien plus. Et c’était ce qui amenait Lauriane aujourd’hui mais aborder précisément ce qu’elle souhaitait n’était pas chose simple. Elle aurait sincèrement souhaité évincer Marjolaine, et, lorsqu’elle avait mis sur pied son projet de venir lui demander de l’aide, cela n’avait pas été remis en question. Néanmoins, plus elle y avait réfléchi, plus il lui avait semblé que la solution ne serait pas là. Cela lui coûtait énormément, plus qu’elle n’aurait aimé l’admettre, car être reconnue par les mages de sang était quelque chose dont elle aurait eu besoin. Pas en tant qu’impératrice mais en tant qu'être humain sensible qui souhaite ne pas être rejeté par tous. Une reconnaissance qui aurait apaisé en partie tout le dégoût qu’elle-même et Gustave inspiraient encore à une bonne partie de Faërie. Alors, que leurs actions soient reconnues, surtout par ceux pour lesquels ils s’étaient d’abord battus – ceux sur qui l’injustice s’abattait –, lui auraient apporté une légitimité qui l'aurait rassurée. Cependant, cela ne pouvait fonctionner ainsi. Il lui avait fallu confronter son orgueil pour mettre les choses au clair car, si elle voulait faire au mieux, il lui fallait procéder autrement.

- Je suis venue vous parler des mages de sang, établit Lauriane avec sa voix la moins stricte possible. Qu’il était compliqué de s’abaisser ainsi mais elle le faisait sans sourciller et sans regret. Vous n’êtes pas sans savoir que vous êtes probablement la personne qui a le plus œuvré pour eux et depuis le plus de temps. Vous êtes ainsi sans nul doute celle qui les connait le mieux et celle qu’ils écouteront le plus. Elle fit vaquer un léger silence avant de reprendre. La communauté des mages de sang de Faërie va forcément continuer de prendre l’ampleur. Ils avaient réveillé quelque chose qui ne pourrait être arrêté. Et il est souhaitable que cela se fasse au mieux pour tout le monde. Votre concours seul pourra le permettre. Vous pouvez certes tenir votre réserve à mon égard mais je souhaiterai sincèrement que nous puissions discuter de ce sujet le plus librement possible.

Lauriane aurait du mal à lui dire qu’il était de bon aloi que Marjolaine se fasse plus ouverte mais, enfin, ce n’était pas quelque chose qu’elle pouvait décider pour elle. Sans compter qu’elle était l’impératrice et que n’importe qui présenterait des réserves en lui parlant.
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyDim 10 Déc - 8:17

Voilà, la vérité était tombée.  Marjolaine ne manifesta aucune surprise à la déclaration de l'impératrice.  En vérité, à quel autre sujet aurait-elle pu venir lui demander une entrevue?  Lagrance n'était pas un duché la place de la femme était à déplorer, mais même en tant qu'épouse de Denys, elle ne se mêlait pas plus de politique que ce n'était nécessaire, soit en se présentant aux réceptions où on s'attendait à se qu'elle apparaisse au bras du duc.  Mais pour l'histoire des mages du sang, c'était une autre histoire.  Quand ils étaient revenus sur le continent après les événements dans l'Archipel des Vents, Marjolaine les avait autorisé à venir se cacher dans son palais.  Elle n'avait pas exactement parlé à Denys de son plan à cet égard et l'avait plutôt fait en secret, mais quelque chose lui laissait croire que son époux était au courant de son petit manège et qu'il l'avait laissée faire tout simplement.  Elle lui était extrêmement reconnaissante pour cela.  Il devait savoir à quel point cela était important pour elle.  Elle considérait qu'ils avaient presque agi de concert à propos de ce détail.  L'accord de son mari était tacite.  S'il n'avait pas approuvé, aurait-il fermé les yeux sur ce qu'elle faisait?  Elle en doutait.  D'ailleurs, elle n'aurait jamais rien fait pour nuire à sa patrie.  Au fin du compte, elle avait plutôt bien réussi son coup, désormais que Gustave était au pouvoir et qu'il se proposait de rendre le droit aux mages du sang de vivre au grand jour.  Ça ne se ferait pas en quelques semaines, ni en quelques mois.  Il faudrait peut-être des décennies, mais ce premier pas était le plus important de tous.  Évidemment, il était du devoir de Lauriane de supporter son époux et cela impliquait de protéger les mages du sang.  Seulement, malgré le temps, elle n'arrivait toujours pas à surpasser à ce sujet Marjolaine.  L'idée était un peu folle d'ailleurs.  La haine des Outreventois pour cette magie honnie était connue alors que les Lagrans, sans les aimer particulièrement, du moment qu'ils restaient tranquilles, les laissaient vivre à l'écart.  Le peuple même de Marjolaine formait une certaine part du piédestal qui lui permettait de se montrer plus proéminente dans cette cause.

Elle écouta silencieusement et avec attention le discours de l'impératrice. Elle ne pourrait pas aller à l'encontre de ce qu'elle exigerait d'elle, elle avait des filiations à l'Empire de Faërie dont elle ne pouvait pas se défaire.  Seulement, elle pourrait tirer de l'erreur cette femme qui se tenait droite devant, cherchant à s'attirer elle aussi l'affection des mages du sang, d'attirer leur loyauté à la couronne de Faërie.  Elle qui ne savait tellement rien remarquait Marjolaine avec une désolation plutôt inspirée de sa bonne nature que par un sentiment naturel.

« Il me faut arrêter votre Altesse dès maintenant.  Il est vrai que la cause des mages du sang me préoccupe et que dès que ce fut possible je fis tout ce qui était en mon pouvoir pour leur venir en aide.  Cependant, je n'ai aucun pouvoir d'influence sur eux.  Je les ai accueilli en Lagrance sous condition qu'ils ne nuiraient pas à mon peuple et qu'ils resteraient cachés, » commença-t-elle.  Elle scrutait discrètement du regard l'impératrice.  Elle était curieuse de voir exactement jusqu'à quel point Lauriane croyait qu'elle avait de l'influence sur ses protégés.  Marjolaine savait que si elle leur demandait quelque chose, plusieurs seraient enclins à répondre à son appel, par reconnaissance.  Mais elle ne désirait pas utiliser cette reconnaissance dans des buts qui n'étaient pas heureux.

« L'établissement de la magie du sang au même titre que les autres magie me tient à cœur et vous ne me trouvez pas fermée à aborder le sujet avec vous. »  C'était un léger mensonge, mais on ne pouvait d'attendre d'une Lagrane à ce qu'elle ne glisse jamais de temps à autre une petite vérité déformée.  Elle ne se sentait nullement coupable de ne pas être entièrement honnête avec l'impératrice : elle n'avait pas envie d'être ouverte avec elle, mais elle savait quel était son devoir et elle le serait donc.  Sur le plan diplomatique.

« Je… Je ne suis pas… Je ne crois pas vraiment comprendre de quelle façon vous croyez qu'il me soit possible d'être utile autrement que par mon investissement à ce sujet.  Je ne compte pas, Denys non plus d'ailleurs, changer ma politique envers ces mages : ils sont les bienvenus en Lagrance tant qu'ils ne causent pas de désordre. »

Elle ne savait trop comment formuler ses phrases.  Certes, elle n'aimait pas l'Outreventoise et combiné à son sens du devoir, cela lui donnait un peu de courage, mais aussi déterminée que Marjolaine l'était, autant la réalité alternée lui avait prouvé qu'elle valait plus que ce qu'elle croyait, elle ne pouvait pas effacer tout de même toute l'impression que cela lui faisait d'être devant une personne d'aussi haute importance.





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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyMar 12 Déc - 12:17

Lauriane dut avouer être légèrement surprise par la répartie si vive, dans la nature du propos, que lui opposa Marjolaine, à peine avait-elle fini de s’expliquer. Des lueurs de surprise qui s’éteignirent rapidement au profit d’un certain amusement. Ce que la duchesse lui disait ne la dérangeait nullement, bien que Marjolaine pût penser le contraire face à l’opposition qu’elle montrait. Au contraire, Lauriane l’écouta soigneusement. Elle appréciait que la jeune femme lui dise clairement ce qu’elle pensait. Surtout si cela entrait en contradiction avec ses propres dires. La franchise était une qualité rare dans la noblesse. Et évidemment, cette franchise était toujours mesurée. Mais au moins, elle existait.

- J’entends bien, Duchesse, acquiesça donc Lauriane à ses premiers dires afin de lui faire entendre qu’elle était également d’accord avec elle, avant de la laisser poursuivre.

La suite de ses dires lui plut. Même si ce n’était pas gagné, elle ne pouvait en demander plus à Marjolaine pour l’instant. Et elle ne lui en demandait pas plus pour l’instant. La Duchesse tenait sincèrement aux mages de sang – Lauriane n’en avait pas douté – et c’était le plus important. Maintenant, restait à voir si Marjolaine serait encline à l’aider, elle. Non seulement il faudrait pour cela que la duchesse soit convaincue que cela irait dans le sens des mages du sang et en plus il faudrait qu’elle accepte de coopérer avec l’impératrice avec qui l’entente était pour l’instant assez froide.

Cependant, quelque part, l’ingénuité de Marjolaine face aux possibilités qui pourraient être siennes apaisa Lauriane. Un instant on aurait eu l’impression qu’elle craignait qu’on ne lui demande trop. Ce n’était pas son intention. Cette discussion n’avait rien de très officiel, même si le but final répondait bien à un projet officiel de la Couronne. Mais cela viendrait plus tard. La dernière phrase de Marjolaine avait laissé l’outreventoise pensive. Pourquoi « tant qu’ils ne causent pas de désordre » ? En soit, tout sujet de l’empire est tranquille tant qu’il ne cause pas de désordre. D’une certaine manière, les préjugés auront toujours la vie dure. Un mage de sang était-il plus dangereux qu’un mage de saison ? Non, ce n’était qu’une question de nature humaine… Un homme mauvais le sera, qu’il soit en possession de magie du sang ou d’une autre. Un léger soupir passa ses lèvres, comme sa poitrine semblait exulter une tranquillité relâchée de toute autorité. Lauriane souhaitait sincèrement que tout se fasse au mieux et pour cela elle avait réellement besoin de Marjolaine.

- Vous pourriez peut-être simplement commencer par me conseiller ? Lauriane s’était exprimée avec douceur, un léger sourire aux lèvres, car c’était une invitation, une demande, et non un ordre. Un instant, son regard vaqua sur les arbustes qui jonchaient les chemins de ce jardin. Peut-être préférait-elle même les voir sans tous leur fouillis floral habituel, car elle aimait la simplicité. Et toutes ces ramures étaient très reposantes. Un monde parfaitement juste ne peut pas exister. C’était impossible. Mais certaines inégalités vont trop loin et ont duré trop longtemps. Ce sujet touchait personnellement Lauriane pour différentes raisons, qu’elle n’allait certes pas exposer à Marjolaine. Néanmoins… Les mages de sang sont probablement l’injustice la plus grande de notre temps. On a tué l’homme pour détruire une magie, pour entériner une trêve. Gustave et moi voulons réparer ces tords. Bon, certes, lui plus qu’elle. Gustave avait vraiment à cœur la cause des mages de sang, probablement à cause d’Armandine. Pour Lauriane, c’était plus complexe. Ce n’était pas tant la cause des mages de sang qui lui importait, c’était les injustices de façon générale. Néanmoins, je ne les connais pas assez bien. Vous, si. Mais, j’ai les moyens de faire avancer les choses. J’aimerais que vous m’aidiez à mieux connaître et comprendre les mages de sang. A comprendre quels sont leurs besoins, leurs peurs.

En cela, Lauriane était assez sincère. Elle avait laissé de côté son attitude trop stricte pour glisser ses bras dans son dos, dégageant le haut de son buste de son châle. Le froid ne la dérangeait pas plus que ça. Outrevent lui avait fait connaître des rigueurs plus dures. Ses mèches de cheveux chatouillaient les petits bouts de peau nue bordant son cou.

- Vous considérez certes que votre impact sur eux n’est pas si conséquent. C’est possible. Néanmoins, je pense que les mages de sang savent clairement sur qui ils peuvent compter, car ces personnes ne sont pas encore si nombreuses. Et je crois qu’ils préfèreraient largement que leur ré-établissement faë se fasse avec l’entremise d’une personne sur laquelle ils savent déjà qu’ils peuvent compter.
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyVen 15 Déc - 7:47

Que l'impératrice lui demande de la conseiller était tout de même quelque chose à considérer.  Si Marjolaine avait peu d'estime pour la femme de l'empereur, avoir son oreille avait peut-être quelque chose d'intéressant pour Lagrance.  Dommage qu'elle ne puisse pas consulter Denys pour le moment.  Elle devrait lui parler de cette entrevue plus tard dans tous les détails.  Elle était apte à décider par elle-même, elle connaissait assez bien les terres de son époux.  Évidemment, ce n'était qu'un petit sujet, un simple pion dans tout l'échiquier d'Arven, mais c'était un bon commencement.  Ou ça aurait pu l'être si l'aversion de la Lagrane n'était pas quelque peu manifeste.  Comment faire un renversement de situation sans paraître trop mielleuse et flatteuse?  En continuant comme elle le faisait depuis le début de cette entrevue.  C'était probablement la meilleure option, considérant le sens de la droiture des Outreventois.  Elle qui y était née et avait grandi ne serait probablement pas insensible à l'honnêteté dont la duchesse des jardins ferait preuve.  Ou du moins, le semblant d'honnêteté.  Elle ne lui dirait pas tout ce qu'elle savait.  Il y avait un mince pas encre filtrer l'information et mentir.  On ne pouvait pas lui reprocher de pas dévoiler ses propres secrets.

Marjolaine ne put s'empêcher de froncer légèrement les sourcils à la suite du discours de Lauriane.  Les moyens?  Oui, elle les avait peut-être ces fameux moyens d'améliorer les choses, mais si elle ne comprend pas les mages du sang, ce n'est pas en s'adressant à Marjolaine uniquement qu'elle arriverait à le faire.  Avait-elle seulement parlé à sa propre fille, elle-même mage du sang?  Oui son rang maintenant la rendait plus inaccessible dans les brimades, mais enfant, alors que sa magie se révélait, n'avait-elle pas affronter les mêmes préjugés que tous les autres mages de son espèce?  Si elle-même avait les moyens de les comprendre un peu plus, c'était parce que depuis toute petite, la magie du sang avait fait partie de sa vie.  Ses parents l'étaient tous les deux.  Sa belle-mère l'était aussi.  Elle avait été élevée prête à rejoindre cette caste de mages opprimés.  Seulement aucune magie n'avait jamais réclamée Marjolaine.  Elle avait un avantage sur cette rivale qu'elle ne pourrait jamais rattraper : elle avait évolué dans un monde où, si elle n'était pas la bienvenue, la magie du sang était tolérée.  Lagrance n'avait pas abandonné toutes les pratiques reliées à celle-ci, alors qu'en Outrevent…  il suffisait de voir ce qu'ils avaient fait à cette pauvre Faustine.  Encore aujourd'hui, elle était brisée des torts qu'on lui avait fait subir des années auparavant, après plus d'une décennie passée à apprendre à s'aimer et à soigner ses plaies auprès de la famille de Blanc-Lys.  Tout impératrice soit-elle, savait-elle seulement les torts que subissaient encore ses sujets?

« Vous me pardonnerez ma franchise brute je l'espère, vous êtes mon impératrice et j'ai à cœur de vous servir comme il se doit.  Avez-vous parlé avec votre fille de ce sujet?  Toute princesse qu'elle est désormais, elle a grandi en Outrevent où de tels mages sont manifestement détestés.  Vous vivez depuis des années auprès d'elle et vous interrogez une étrangère à ce sujet quand une part de la réponse est près de vous depuis fort longtemps, » répondit Marjolaine, un peu tremblante.  Elle n'aimait pas à parler et exprimer ses opinions.  Mais c'était que lui avait demandé son aînée, par devoir elle le faisait.  Par devoir, elle se montrait plus forte qu'elle ne l'était réellement.  Ou plutôt, plus forte qu'elle n'osait l'avouer elle-même.

« Je peux vous dire beaucoup de choses sur les mages du sang certes, j'ai grandi sans que leur existence ne me pose jamais problème.  J'ai grandi en les acceptant déjà.  En Lagrance, nous ne les avons jamais complètement renié.  La situation est bien différente dans d'autres duchés.  Leur rétablissement ne peut que passer par un seul duché. Nous, Lagrans, sommes prêts à montrer l'exemple, mais encore sur nos terres, bien des gens éprouvent de la terreur à l'idée de la magie du sang.  Il y a mille ans d'histoire pour souffler à leurs oreilles que la magie du sang est mauvaise.  D'un côté comme de l'autre, c'est la crainte qui gouverne.  Les premiers ont peur des autres, les secondes ont peur de se montrer.  Pouvez-vous leur offrir un environnement sans peur? »

Elle baissa son regard et contempla ses mains, intimidée d'avoir autant parlé, mais surtout avec autant de passion.  Elle ne l'avait réalisé qu'à la fin de son discours.  C'était tout de même l'impératrice en face d'elle, elle ne pouvait pas se laisser aller de cette façon.

« Je puis vous faire un rapport détaillé des mesures que nous avons prises pour venir en aide aux mages honnis de façon discrète jusqu'à présent.  Peut-être y trouveriez-vous quelque idée qui vous soit utile.  Mais je crois que si vous désirez vraiment les connaître et répondre à leurs besoins, il faudrait que vous parliez avec eux. »

Calmée, elle parlait avec beaucoup plus de mesure.  C'était en effet la seule chose qu'elle pouvait conseiller à celle qui le gouvernait tous au bras de l'empereur.  Les mages du sang n'auraient jamais confiance en Lauriane si elle n'essayait pas de se mêler à eux.  Et s'ils savaient qu'elle l'essayait – si elle tentait ce mouvement – grâce à Marjolaine, leur reconnaissance lui irait d'abord à elle, elle qui par tous les moyens cherchaient à les protéger et leur faire reprendre leur place au soleil.





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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyMar 19 Déc - 14:44

Un léger haussement de sourcil dubitatif accueillit la réponse de sa duchesse. Pourquoi lui parlait-elle d’Armandine ? Bien que sa fille soit certes mage du sang, son avis ne pourrait jamais remplacer celui d’une femme de l’expérience de Marjolaine. Armandine était encore bien jeune et sa vie n’avait dû en rien ressembler à celle de ses pairs mages de sang. Sa fille avait eu la chance de naître dans une famille que Gustave avait faite ouverte sur ce sujet et ils l’avaient protégée de leur mieux depuis l’éveil de ses pouvoirs afin qu’elles ne subissent ni la colère ni la haine des outreventois. Evidemment… elle n’avait pu souvent frayer dans le monde comme une demoiselle de bonne noblesse aurait dû le faire mais… Sa vie avait dû être hautement plus agréable qu’elle ne l’avait été pour les autres mages de sang. Surtout en Outrevent. Bien que Marjolaine ne puisse connaître avec précision la vie qu’avait eue Armandine, elle devait bien se douter au vu de la place de la jeune fille dans leur famille qu’elle n’avait pas eu à souffrir plus que nécessaire de sa condition. Alors Lauriane préféra ne pas relever tout de suite, devant cette étonnante remarque de sa duchesse, prolongeant simplement la portée de son regard azur sur elle. En tout cas, elle semblait avoir tenu à lui en parler, si elle en jugeait par la fragilité qui l’ourla un instant tandis qu’elle lui tenait ces propos.

Grand bien lui fit de se taire, la suite de ses paroles lui convinrent bien mieux car Marjolaine venait elle-même de mettre en avant le bienfondé de leur association. Fut-ce involontaire que ce n’était rien. Surtout que Marjolaine pouvait voir le bienfondé d’une association, mais pas nécessairement avec elle. Sa question, presque rhétorique, accentua la prise de son regard sur elle en raison de l’intérêt qu’elle soulevait, mais elle se garda encore de répondre. Lauriane avait le don de patience et d’écoute, même énervée si c’est pour dire. Les dires de Marjolaine le l’intéressaient que plus qu’ils rejoignaient nombre des raisons qui la préoccupaient, cela l’incita à un peu plus d’aménité.

- Merci, Marjolaine, annonça-t-elle posément avec douceur, ses yeux s’affaissant un instant. L’échappé d’une vision pouvait parfois en dire plus long que le reste car les jeux de regard étaient souvent affaire de position dans leur société. Je suis touchée que vous m’offriez de partager ce que vous avez mis en place dans votre duché pour soutenir les mages du sang et j’accepte votre précieuse proposition. Je ne peux également qu’être d’accord avec l’importance d’une rencontre avec les mages du sang mais cela ne peut survenir sans une certaine préparation, vous en conviendrez. Je vous avoue que c’est également là l’une des raisons de ma présence auprès de vous mais je souhaiterai que nous y revenions un peu plus tard.

Lauriane n’avait pas encore abordé tout ce qu’elle souhaitait et ce point-là viendrait d’une certaine manière parachever leur conversation, peut-être même un certain accord. Rencontrer les mages de sang était un impératif pour plusieurs raisons. Lauriane ne pourrait ainsi que mieux les aider et cela serait bien plus aisé de les unifier. A vrai dire, la seconde raison avait primé, Marjolaine avait quant à elle ramené la première. Non pas que Lauriane n’y avait pas pensé mais elle ne pouvait s’entretenir avec chaque mage du sang. Il leur faudrait un porte-parole qui pourrait parler en leur nom et leur organisation ne pouvait certainement pas encore le permettre.

- Vous avez eu une chance que je n’aie pas eue. Outrevent est certainement l’opposé de la Lagrance concernant les mages du sang. Oui, elle avait été élevée pour en avoir peur elle aussi et cette peur ne s’était pas volatilisée si facilement. Sa confiance et son attachement pour Gustave en avait sûrement eu plus raison qu’un quelconque bon sens. Toute révolte que lui inspirait les injustices, il lui avait fallu du temps pour y inclure les mages du sang. Armandine, qui y est née, a été épargnée mais c’est certainement l’une des rares. Gustave l’avait choyée plus que tout. Elle ne peut représenter cette communauté de mages du sang honnie. Vous non plus n’avez pas eu leur vie mais votre position auprès d’eux vous rend importante. Leur rétablissement ne peut passer par un seul duché, vous avez bien raison, et c’est pour cela que je m’entretiens avec vous aujourd’hui. L’Empereur peut influer sur les duchés, rendre au mieux homogène leur réinsertion dans Faërie. Les duchés n’étaient pas seuls en cause. Il y avait aussi l’Académie, la Guilde des mages. La route s’annonçait être longue. Mais vous œuvrez depuis longtemps pour eux et je souhaite que vous y participiez. En me conseillant, en les unissant et en mettant en place l’engrenage de leur réhabilitation, grâce à notre appui. Vous êtes certainement l’une de ceux qui doit participer à cela.

Lauriane n’avait en réalité pas tracer de route bien précise. Les choses allaient devoir se faire pas à pas. Elle souhaitait juste que Marjolaine soit présente à chacune de ses avancées car son soutien ne serait que plus précieux si une chose devait mal tourner, ou avoir du mal à être acceptée.

- Je pense que la première chose qu’il faut combattre est justement cette peur. Il serait fou de penser que nous pouvons la faire disparaître des esprits faës, elle y est entretenue depuis trop longtemps, mais nous pouvons prouver que les mages du sang ne sont pas si différents des mages des saisons. Cependant, ces derniers sont étroitement surveillés, notamment à travers la Guilde des mages. Pensez-vous que les mages du sang seraient prêts à accepter un contrôle pareil ? J'imagine que cela ne se fera pas avant que les pouvoirs en place ne récupèrent leur confiance. Qu'en pensez-vous ?

Lauriane lui avait exposé ses pensées simplement, sans heurt. Se confiant à la duchesse car il le fallait bien. Commettait-elle une erreur ? Un instant, elle eut un doute, une inquiétude, un pincement dans l’estomac.
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyVen 22 Déc - 9:37

Marjolaine esquissa un mince sourire.  C'était le cœur très lourd qu'elle proposait à l'impératrice de voir tout ce qu'elle avait fait depuis tant de temps.  Partager ses idées, ce qu'elle avait mis sur pied pour peut-être se le faire voler avec quelque chose qui la rendait fort mal à l'aise.  Surtout quand elle ne considérait pas la récipiendaire de telles informations digne de les consulter.  Elle ne niait pas toute compétence à Lauriane, seulement elle trouvait que dans le domaine, elle n'avait pas les qualités requises pour prendre soin des mages du sang.  Elle en était de plus en plus convaincue.  Il y avait la volonté politique oui, mais elle ne sentait pas celle du cœur.  Ce désir était crucial à toute réussite d'un pareil plan, la duchesse en était convaincue et elle n'arrivait pas à le sentir chez sa supérieure.  En vérité, elle ne lui trouvait pas la noblesse de cœur qu'il lui semblait nécessaire.  Elle ne lui donnait pas l'impression comme elle-même de donner sans rien attendre en retour.  La fille de mages du sang les aimait tout simplement et sans artifices et c'était cet amour pour les siens et leurs semblables qui l'avait poussé à agir, les conséquences favorables d'un tel mouvement ne se firent intéressantes que bien plus tard.  Cela n'entrait nullement en compte dans les plans de la jeune femme quand elle s'était décidée à venir en aide à ces mages pourchassés et bannis.  Elle était circonspecte donc à l'idée que l'impératrice songea qu'il fut indispensable de se préparer à une rencontre avec les mages du sang.  Pour elle, c'était inutile, il fallait se présenter devant eux avec cœur et non mille phrases préparées.  Il fallait un échange naturel pour qu'il soit bon et porteur de fruits.

Elle se demanda si Lauriane était sincère en parlant de la chance de Marjolaine.  Certes, son éducation lui permettait de comprendre partiellement ces mages évités, de ne pas avoir peur de leurs dons, mais était-ce vraiment une bénédiction?  Toute son enfance et son adolescence ont été passées à l'écart des autres, vivant dans une réclusion totale ou presque.  Jusqu'à l'arrivée de Faustine, elle n'avait aucune compagne de son âge et devait mener une vie dans l'ombre.  Pourtant elle-même n'avait pas les yeux cerclés de rouge, elle-même n'avait rien à se reprocher – bien que ce n'était pas le mot exact, car aucun mage ne choisissait quelle magie allait le réclamer et personne n'aurait volontairement choisie celle-là en particulier.  Cette discussion avec la haute dame de l'empire remplissait Marjolaine d'un sentiment d'inconfort.  Surtout quand elle disait qu'Armandine n'avait pas connu les misères de ses semblables, qu'elle-même ne les avait pas connues.  Comme elle se trompait lourdement cette femme dans ses jugements.  Tout poussait à croire que Marjolaine hériterait du don de ses parents jusqu'à ce qu'elle atteigne ses dix-huit ans et que l'on puisse certains que cela n'arriverait plus.  Elle avait vécu en recluse.  Armandine avait été protégée par ses parents, certes, mais elle n'avait pas eu le droit à la même vie de liberté des autres jeunes filles de son âge.  Bals et promenades, elle ne pouvait y avoir eu droit comme elle aurait dû, elle en était persuadée.  Elle avait vécu cette même vie, mais à l'inverse.

Marjolaine se sentait s'assombrir au fur et à mesure que l'impératrice parlait.  Désirait-elle donc qu'elle fasse tout le travail pour elle dans l'ombre?  Forcément, c'était plus compliqué que cela, mais la duchesse de Lagrance était une femme déterminée et volontaire qui n'avait jamais considéré jouer les pots de fleurs.  Bien qu'à l'époque elle ne savait encore rien, dès son mariage conclu avec Denys, elle s'était mise en devoir d'oeuvrer au bien du peuple.  En raison de sa générosité, en raison du désir qu'elle avait d'avoir l'approbation de son époux, mais aussi pour sa propre ambition.  Non, Marjolaine n'était pas de ces femmes qui désiraient pouvoir, gloire et richesse, mais elle voulait faire quelque chose d'elle-même, être fière de la personne qu'elle était.  Ses bienfaits pour le peuple et les mages du sang étaient ce qu'elle avait fait de plus grand et dont elle était la plus fière.  Bien qu'elle ne fut point orgueilleuse, il était difficile d'accepter que quelqu'un cherchait à vous éclipser.

« Je ne peux pas parler au nom des mages du sang, je n'ai pas les connaissances nécessaires.  Je puis vous assurer toutefois que je les perçois comme près à faire ce qu'il est possible pour obtenir le droit de pratiquer leur art librement.  En ce qui concerne la guilde des mages… je suppose que cela est envisageable, mais croyez-vous que celle-ci ne tentera pas de réguler injustement les mages du sang.  Leur magie est mal perçue en raison de certaines contreparties de son usage, je crains qu'une entité telle que la guilde des mages, qui est indépendante du pouvoir de l'Empire Faë à sa manière ne souhaite pas coopérer avec nous, » répondit-elle avec raideur, comprimant ses sentiments mitigés à l'intérieur d'elle-même.  Elle ressentait une légère point d'agacement qu'elle ne pouvait pas laisser paraître et c'était très agréable, car il était difficile de mettre Marjolaine dans de mauvais états d'esprits et cela lui déplaisait vraiment.

« Il faut que vous compreniez que les mages du sang plus que d'être des mages sont également des artisans.  Ils créent.  Ils ne cherchent pas à détruire.  Cependant, leurs créations se révèlent effrayantes aux yeux des gens parce qu'ils ne comprennent pas comment ils s'y prennent.  Ce n'est pas comme de sculpter le bois ou polir la pierre.  Cela vient de plus loin encore, c'est un morceau d'âme.  Si nous les rendons moins effrayants aux yeux du peuple en les contraignant, nous passons à côté du but, votre altesse, » ajouta-t-elle après un instant de réflexion dont elle profita aussi pour laisser ses sentiments personnels de côté.  Elle ne devait pas penser à elle-même, mais avant tout à ses protégés.





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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyMar 23 Jan - 23:26

Malgré l’importance de la discussion, les pensées de Lauriane naviguaient avec grande force, demandant à ses émotions un grand calme afin de ne rien manquer. Marjolaine gardait une attitude un peu rétive qui ne lui était pas étrangère mais qu’on ne rencontrait pas nécessairement dans la noblesse. La plupart du temps, un grand va devoir de son mieux cacher son jeu et… garder ses intentions. Marjolaine y pourvoyait mais le reste n’échappa pas à l’impératrice qui à nouveau préféra le silence. Ce qu’elle lui apprenait était déjà une récompense en soi. Inutile d’assommer la Duchesse par des demandes, encore et encore. Evidemment, ce qu’elle soulevait était dès plus pertinent, mais non. La condition de leur entrée dans la Guilde des mages était qu’ils aient le droit au même traitement que leurs confrères. Les devoirs s’accompagnaient des mêmes droits, sinon ça n’avait aucun intérêt.

Plus ils avançaient, plus Marjolaine semblait avoir du mal à continuer la discussion en tout cas. Cela finit par arracher un soupir contrit à Lauriane, alors que la Duchesse achevait sur le potentiel manque de coopération de la Guide des mages. Oui, il y avait beaucoup de « mais », de « si », mais c’était normal. C’était ainsi que tout commençait, et il n’était pas possible de faire autrement. Si tout était parfait dès le départ, ce serait merveilleux. Malheureusement, la réalité était plus cruelle. Il fallait se battre et défricher les chemins envers et contre tout.

- Bien sûr, Duchesse, mais elle-même commençait à être ennuyée par son comportement. Enfin, elle comptait la laisser terminer tout de même.

La suite la surprit quelque peu, des éclats de surprise que Lauriane ne chercha pas à cacher au coin de ses yeux. Des créations effrayantes ? Oui, parfois. Mais certainement demeurait plus incroyable qu’autre chose. Elle pensait aux vivenefs. Même elle, depuis plus jeune, trouvait ces vaisseaux tout bonnement extraordinaires. Mais enfin… ancienne et rare qu’elles étaient, on pouvait aisément et vite oublié d’où elle venait.

Un peu brutale peut-être, Lauriane s’arrêta en plein dans leur chemin. La situation commençait à lui déplaire et elle n’était pas vraiment femme à taire constamment ce qu’elle pensait. Pas désormais, pas depuis qu’elle le pouvait.

- A quoi pensiez-vous quand je vous disais que nous souhaitions réparer les injustices ? Vous-même devait savoir que le mot « justice » est plus compatible avec le mot « équilibre » que le mot « assujettissement », qu’autant de droits doivent aller avec autant de devoirs, que le statut mages de sang doit essayer de retrouver le chemin des autres mages. Il n’est pas question d’abandonner les mages du sang à nouveau. Quelque soit les décisions prises, elles devront aller dans leur sens, dans celui du peuple et des autres mages. En soi, j’imagine que la nature tout de même assez différente de leur magie fait qu’ils ne seront jamais tout à fait semblable, mais le changement doit venir de quelque part. Et c’est ce à quoi nous essayons d’œuvrer. Lauriane commençait à être passablement énervée peut-être. Elle ne le montrait que par sa voix plus claire, ou toute douceur avait été perdue, pour ne conserver que sa détermination. Les choses ne seront pas simples, j'en conviens bien. La Guilde des mages n’est pas obligée de coopérer avec nous. C’est quelque chose qu’il faut essayer, comme tout. Néanmoins, c’est justement car c’est un organisme neutre qu’il est aussi important. De la même manière que nous ne pouvons agir sans l’approbation de l’Académie pour certaines choses, nous ne pourrons pas faire accepter les mages de sang sans en passer par la Guilde également. On se battra pour que cela fonctionne.

Néanmoins, le problème n’était-il pas que là semblait-il. Et Lauriane n’appréciait pas vraiment cela. Depuis un moment elle-même et la Duchesse semblaient se toiser avec dédain sans en comprendre les raisons profondes. Cela commençait à agacer l’outreventoise, qui préférait que les choses soient claires et dites. Surtout quand elles devenaient aussi ostentatoires.

- Néanmoins, avant d’aller plus loin dans notre discussion, je souhaite vous poser une question. L’animosité ne perçait pas, Lauriane était toujours très calme mais Marjolaine pouvait certainement se douter que le sujet avait légèrement bifurqué. Y a-t-il un souci entre nous, Duchesse ? Oui, dans sa tête, c’était un problème mais Lauriane ne le présenta pas comme un reproche. Plus… une remarque. Après tout, les mésententes étaient une part de la vie. Vous êtes particulièrement sur la défensive. Quelque chose vous déplaît-il chez moi ? Ma question est certainement franche et directe. C’est la mesure de l’intérêt et de l’estime que je porte à ceux qui m’entourent. Elle préférait largement une relation franche, même mauvaise, à trop de réticences. Sûrement l’outreventoise en elle. Faites-en de même.
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptySam 27 Jan - 7:03

Marjolaine se taisait.  Elle écoutait.  Elle avait eu son tour de parler, mais elle trouvait Lauriane peu assez réaliste et trop utopiste.  Elle ne croyait pas au discours de l'impératrice.  Elle n'y sentait vibrer aucune flamme, aucun cœur.  Seulement la raison.  La raison et le devoir.  La duchesse doutait.  Elle doutait du véritable intérêt que Lauriane pouvait réellement porter à cette cause qu'elle défendait.  Elle semblait déterminée, mais la Lagrane ne voyait que des motivations superficielles, des motivations plus destinée à consolider le pouvoir de Gustave de Faërie sur le trône que pour un véritable intérêt pour ces gens.  Peut-être se trompait-elle, mais elle avait ce sentiment incontrôlable.  Elle ne croyait pas à la bonne volonté de Lauriane et elle ne lui révélerait certainement pas tous ses secrets sous prétexte qu'elle était l'impératrice.  Elle ne lui nuirait pas, elle l'aiderait oui, Marjolaine savait ce qui était bon pour son duché et se dresser contre l'impératrice ne faisait certainement pas partie de la liste des bonnes choses.  Elle ne lui donnait pas tort, mais elle trouvait que son combat était mal mené.  La guilde des mages était neutre tout comme l'Académie et ni l'une comme l'autre de ces organisations ne tolèrerait la pression des autorités sur elles.  Que croyait Lauriane?  Sur quels arguments comptait-elle s'appuyer pour les convaincre?  Il n'y avait aucun moyen de pression pour les convaincre.  Ce n'était pas par la menace qu'elles réussiraient.  Elles ne pouvaient pas forcer l'acceptation.  Le meilleur moyen, c'était de montrer l'exemple, mais Marjolaine ne voyait pas en Lauriane un modèle.  Pas encore.  Elle lui laissait le loisir du doute, il était difficile en quelques mois de faire ses preuves, mais cela commençait à tarder.

Elle fut toutefois surprise de la direction que prenait la conversation.  Elle se sentit agressée par la remarque de son aînée et les quelques barrières qu'elle avait abaissées pour converser avec Lauriane en laissant ses préjugés de côté, reprirent leur position initiale.  Marjolaine n'était pas femme à laisser les gens deviner le fond de sa pensée et encore moins à leur partager ouvertement.

« Votre Excellence mesure peut-être son estime par sa franchise, mais je ne suis pas obligée d'en faire de même.  Là où vous vous montrez directe, rien ne m'incline à vous imiter.  Je ne prétends pas à une rectitude aussi emplie de droiture que la vôtre, » répondit Marjolaine, posant ses yeux clairs sur l'impératrice.

Elle était vexée qu'on s'adresse à elle ainsi chez elle.  Malgré sa réticence, la duchesse avait accepté de coopérer avec Lauriane, on ne pouvait s'attendre à ce qu'elle lui ouvre tous ses secrets à la première discussion.  Depuis combien de temps Marjolaine oeuvrait-elle en secret à l'aide des mages du sang?  Elle avait fait certains sacrifices aussi pour les accueillir en Lagrance.  Rien de très grave, mais elle le faisait de bon cœur.  Elle le faisait avec amour et compassion.  Quelles étaient réellement les motifs de Lauriane d'agir?  Elle venait à elle, s'étonnait de sa froideur.  Marjolaine ne pouvait que se trouver irritée d'un tel comportement empli de condescendance à son égard.  Elle était duchesse depuis beaucoup plus longtemps que Laurianne n'était impératrice et si être la femme au bras de l'homme le plus puissant de tout l'empire n'était pas tout à fait pareil au fait de régner auprès du duc d'un seul duché, il restait que la Lagrane se considérait plus expérimentée dans les devoirs de veiller sur un peuple, même à plus petite échelle.

« Vous venez me consulter sur un sujet délicat, très délicat, une cause à laquelle j'offre toute l'énergie que je ne mets pas au service des Lagrans et de leur bien être.  Une cause pour laquelle je me bats, discrètement peut-être, depuis fort longtemps.  Vous ne pouviez tout de même pas vous attendre à ce que je vous livre tout ce que je sais et que j'encense tout ce que vous apportez comme idée.  Je suis là pour eux depuis beaucoup plus longtemps, depuis bien avant que le moindre intérêt de votre part à leur égard ne se soit éveillé chez vous croyez moi.  J'ai passé ma vie entière à côtoyer les mages du sang, ce sont eux qui m'ont élevée, » ajouta-t-elle avec une verve qui ne lui était pas coutumière.

Elle toisa de haut en bas l'impératrice, jaugeant de ce qu'elle pouvait oser dire et ce qu'elle ne pouvait pas.  C'était tout de même l'impératrice et bien que celle-ci n'avait aucun intérêt à nuire à Marjolaine, il valait tout de même mieux veiller à ne pas trop la froisser.

« Vous ne pouvez pas savoir.  Vous ne pouvez pas comprendre.  Au delà de protéger votre fille peut-être et de sécuriser votre position et celle de votre époux, je ne comprends pas vos motivations.  Vos idées ne sont pas mauvaises, mais croyez-vous que je n'y ai jamais pensé?  Je ne suis pas impératrice, peut-être que mon pouvoir de persuasion est moindre, mais je ne suis pas restée passive toutes ces années.  Tous ces derniers mois depuis que l'Empereur Gustave a réhabilité la magie du sang.  Ce ne sont pas les mesures qui remporteront ce combat, mais le cœur. »

Marjolaine s'exprimait avec passion, son visage laissait paraître la violence des sentiments que cette cause lui inspirait.  Ses parents, tous deux mages du sang.  Ses frères et sœurs parmi lesquels certains avaient hérité de cette magie.  Sa mère qui était morte parce que la magie du sang était honnie.  Et Faustine, chassée de chez elles, ses doigts broyés et privés de la douceur des cordes de la harpe.

« Permettez-moi d'être franche et directe à mon tour puisque vous m'y avez invitée.  Votre cœur, où est-il? »





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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyLun 29 Jan - 16:35

Lauriane avait cette fois franchement envie de soupirer, mais se retint par égard pour la Duchesse. Pourquoi Marjolaine tenait-elle à comprendre tout de travers ? Elle se sentait agressée c’était certain. Cela ennuyait grandement l’outreventoise mais, finalement, elle était tout de même assez contente que la langue de la jeune femme se délie et qu’elle lui explique tout cela. Évidemment, Lauriane s’en doutait, mais ça n’aurait été pas à elle d’aborder le sujet tant que Marjolaine ne l’avait pas fait. Un instant, un très long instant, l’impératrice sentit un poids immense peser sur ses épaules. Trop lourd, très lourd. Ses paupières se clorent quelques secondes, tandis que ses oreilles ne perdaient rien de ce que son interlocutrice exprimait. Elle ne comprenait pas outre-mesure cette… défiance – elle avait presque envie de dire haine au point où on était arrivé – qu’avait la Duchesse. Certes, elle-même avait des réserves envers elle, mais c’était de simples considérations dûes au fait que la Duchesse ne se montrait pas coopérative. Chez Marjolaine, elle avait l’impression que c’était bien plus profond que ça. Et elle ne comprenait vraiment pas ce qu’elle avait pu faire de si mal que ça.

Avait-elle été une si mauvaise impératrice ?

Pour le coup, Lauriane était incroyablement lasse. Néanmoins, Marjolaine avait dû prendre sur elle pour accepter de lui dire tout cela – surtout que, si elle avait bien compris, elle n’aurait pas souhaité avoir à le dire. Alors, elle lui devait un droit de réponse aussi clair et franc que possible. Elle était désolée que Marjolaine réagisse d’une telle manière et encore un peu agacée, il fallait le dire. Elle réagissait comme une enfant, faisant passer l’importance des présents enjeux après ses considérations personnelles. La seule chose qui permettait d’atteindre la réussite était la coopération. Pas la défiance, encore moins l’orgueil. Mais, enfin, Lauriane comprenait son mécontentement.

- Croyez-vous que Gustave est devenu Empereur uniquement par satisfaction de récupérer son héritage ? commença-t-elle par répondre, évasivement. Que le peuple Faë n’a aucune sorte d’importance pour nous ? Vous êtes bien vindicative. Ses accusations sonnaient tout comme. Et si je désirai asseoir notre position, je ne serai pas là. Les mages du sang ne sont pas la cause la plus unanime de Faërie. Je dirai même qu’elle est la plus controversée. Je vous trouve donc bien injuste de porter de telles accusations. Je suis venue vous voir pour vous demander votre aide, pour vous laisser mener la réhabilitation des mages du sang avec l’appui du pouvoir impérial. Je vous propose de rester derrière vous. Aussi, votre défiance, je ne peux que mal l’accueillir. Je suis venue vous voir sans préjugé et avec considération, ne suis-je pas en droit d’attendre la même chose ?

Évidemment, c’était utopique de penser d’une telle façon au gens. Tout le monde avait son caractère et rien n’y ferait, aussi n’est-ce qu’une question rhétorique, mais tout de même. De tout le bien que l’impératrice avait entendu sur la compassion et l’écoute de la Duchesse de la Lagrance, elle était bien surprise de trouver quelqu’un de si méfiant et dur.

- Quoiqu’il en soit, la voix de Lauriane s’adoucit. Je vous prie de m’excuser. Je n’aurais apparemment pas du tout croire que je pouvais me confier à vous et vous demander de l’aide. Oui, je ne pourrais jamais comprendre. C’est ainsi. Vous-même ne pourrait jamais comprendre certaines choses. Le peuple Faë entier ne comprend que ce qu’il souhaite, c’est ainsi pour tout le monde. Que ferez-vous si un jour une cause mérite d’être défendue mais que vous ne la comprenez pas ?  Vous la laisserez tomber ? vous lui tournerez les dos ? ou laisserez les autres se débrouiller ? C’est pour ça que les mages de sang sont restés honnis pendant tant d’année. Parce qu’il est plus facile de fuir ce qu’on ne comprend pas et dont on a peur, même si on sait que sont commises des horreurs injustifiées. L’outreventoise reprit sa respiration. Mon cœur ne doit jamais empiéter sur mon devoir, c’est vrai, c’est ainsi. C’est ce qui me permet de garder mon sang-froid quand la situation dégénère. Cela ne veut pas dire que je ne ressens pas de révolte, que je ne ressens pas de tristesse, d’amour ou de compassion. Sa voix s’était légèrement envolé à nouveau, pleine de ses sentiments que Marjolaine lui reprochait. Je ne peux pas me mettre à la place des mages du sang, mais je sais ce que c’est qu’une injustice. Je suis une outreventoise et pour en arriver où je suis j’ai dû faire autant de sacrifices que n’importe qui. Alors ne me jugez pas trop vite.

Elle ne souhaitait pas que Marjolaine la comprenne, elle ne le pouvait pas. Tout comme elle-même ne pourrait se mettre à la place de la Duchesse. Néanmoins, cela ne signifiait pas entretenir des préjugés. Surtout que… Marjolaine n’avait aucune raison d’être si défiante.

- Vous, Marjolaine, vous êtes probablement tout le contraire de ce que je suis. C’est pourquoi c’est vers vous que je suis venue me tourner. Je ne dis pas que les choses seront simples, ni même que nous réussirons. Mais ne croyez-vous pas que nous avons plus de chance d’aider les mages du sang à deux plutôt que séparément ? Je souhaite, en mon cœur et ma conscience, que le peuple Faë, tout le peuple Faë, connaisse la sécurité et la prospérité. La réalité bien plus dure l’avait fait vaciller avec cette épidémie dernièrement. Lauriane n’admettrait certainement jamais à quel point cela l’avait affectée si elle voulait garder les pieds solides. Les mages du sang en font partis. Je ne doute pas que vous ayez déjà fait tout votre possible pour eux, que vous pensiez que mes idées sont désuètes, mais le but est de trouver à nous deux ce qui fonctionnera pour les réhabiliter. Toucher le cœur des gens est ce qui fera remporter au mage du sang leur place dans Faërie, oui. Cela ne fait aucun doute, je suis d’accord avec vous. Cela ne se fera néanmoins pas si mages du sang et reste de la population sont retranchés chacun de leur côté. Ces « mesures », ou toute autre idée, n’ont que pour but de permettre de faciliter leur rapprochement, et non pas de simplifier la situation en déshumanisant les mages du sang.
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyJeu 22 Fév - 14:28

Bien que Marjolaine eut été ferme dans ses propos, elle fut bien surprise de ceux tenus par l'impératrice qui lisait beaucoup plus en eux que la duchesse ne cherchait à dire.  D'ailleurs, il était ridicule de lui reprocher d'être vindicative à propos d'une cause qui lui tenait autant à cœur.  La Lagrane était vexée de se faire reprocher de ne pas accueillir proprement l'impératrice.  Elle avait mis de côté ses nombreux préjugés pour s'assurer que la noble dame passe un séjour agréable chez elle, elle avait accepté cette entrevue qui ne la réjouissait guère.  On lui avait demandé d'être honnête et elle l'avait été.  Elle ne connaissait point la famille de la Rive avant leur ascension au pouvoir, mais Lagrance avait-il quoi que ce soit à se reprocher dans son appui à la couronne impériale depuis?  Aux yeux de la brunette, Lauriane était une parvenue jusqu'à ce qu'elle ne prouve le contraire et c'était pour cette raison qu'elle ne pouvait s'ouvrir complètement à cette femme qu'elle considérait presque comme une rivale.  Elle ne céderait pas la cause des mages du sang à quiconque ne mériterait pas de poursuivre son œuvre.  Pour le moment, elle ne voyait pas en l'impératrice une digne héritière de toutes ces années de travail acharné pour protéger au moins ceux qu'elle considérait comme des membres d'une grande famille étendue.  Elle ne le tolérerait pas.  Pas devant toutes ces accusations injustes.  Elle était déterminée, la née Blanc-Lys, et ce n'était pas l'incompréhension qui l'effrayait.  Oh, combien de choses lui faisaient-elles une peur atroce.  Néanmoins, elle faisait preuve de courage et de force.  Elle avait appris grâce à cette autre vie qu'il y avait plus en elle qu'elle ne le croyait.  Et peut-être que fuir devant l'inconnu était la méthode facile, peut-être y avait-il effectivement bien des choses qu'elle ne pourrait jamais comprendre, elle ne prétendait pas à la science absolue elle, mais elle savait qu'il y avait justement toujours quelque chose à apprendre des autres et que pour leur venir en aide, il ne suffisait pas de sa hauteur remarquer l'injustice.  Il fallait chercher à se mettre dans les sabots de ceux qui la vivaient.  Pas simplement songer que la situation devait être rectifiée.  Cela, ce n'était pas de la grandeur d'âme, mais une forme de suffisance qu'elle ne pouvait supporter.  Et elle qui s'était efforcée de faire une place à son impératrice, d'essayer d'éprouver plus d'estime à son égard, ne faisait finalement que la trouver plus prétentieuse.  Peut-être n'était-ce là que le hasard d'un quiproquo, mais à l'issue de cette rencontre qui n'était pas encore terminée, elle doutait que son respect pour la dame de l'empire soit augmenté.

« J'entends votre point votre Altesse.  Pardonnez-moi d'être aussi vindicative, comme vous dîtes, mais la cause dont nous nous entretenons est une de celle qui me tient particulièrement à cœur, si je ne parlais pas avec passion, aucun progrès n'aurait jamais lieu. »

Elle s'efforçait de se montrer tout aussi affable qu'elle l'était en temps normal, mais elle ne pouvait empêcher une certaine sècheresse dans ses propos.  Il y avait quelque chose dans les manières de l'impératrice qui l'irritait d'une certaine façon.  Préjugés ou pas, elle ne pouvait passer complètement outre.  Discrètement, elle laissa échapper un léger soupir.  Décidément, se lier avec cette femme ne serait pas aussi simple qu'elle l'espérait.  Elle ne pouvait feindre de l'apprécier, Marjolaine était tout aussi douée que nécessaire dans le tissage de lagraneries, mais c'était une femme qui parlait avec son cœur et si elle savait dissimuler beaucoup de choses, il lui semblait difficile dans l'intimité de contenir toute son antipathie pour Lauriane.  Elle lui reconnaissait de nombreuses qualités, il semblait que c'était une femme droite et d'honneur, toute pétrie des valeurs d'Outrevent où elle avait grandi, mais il était impossible pour Marjolaine de simplement s'appuyer sur ceci pour se sentir amicale avec la femme en qui elle sentait beaucoup d'ambition.  Personnelle peut-être.  Elle ne la croyait pas mauvaise, mais elle ne pouvait contenir ces sentiments de désapprobation.

« Il n'est pas ici question de ne pas joindre mes efforts aux vôtres, loin de là l'idée.  C'est l'union et non point la division qui aidera le mieux les mages bannis.  Peut-être comprenez-vous mal la nature de mes reproches et peut-être ceux-ci sont-ils en effet déplacés.  Comme vous dites, peut-être sommes-nous effectivement à l'opposé l'une de l'autre et cela causerait nos dissensions.  Quoique vous puissiez en penser, votre support est précieux et point rejeté.  Sans faire offense à votre expérience de la vie déjà plus florissante que la mienne, vous qui êtes la mère de deux enfants déjà en âge de raison, je me permets de m'arroger le droit de croire qu'en ce qui concerne la magie du sang je suis plus expérimentée que vous.  Vos suggestions ne sont pas viables en la matière, pas pour le moment, mais viendra un jour cela sera possible.  Votre aide serait la plus profitable pour unir les différents duchés dans ce combat.  De nous diriger à faire front commun.  Il ne s'agit pas seulement que de vous ou moi, de Faërie ou de Lagrance ou encore d'Outrevent.  C'est plus encore.  Outrevent, Ansemer, Cibella, Lagrance et Faërie tout entier doivent marcher main dans la main.  En reconnaissant les forces et les faiblesses de chacun. »

Ferme.  Elle ne cilla pas dans son long discours.  C'était impudent de parler ainsi devant une femme d'un âge plus avancé que le sien, qui avait vu beaucoup plus que Marjolaine de ce monde, elle qui avait grandi cloîtrée à Blanc-Lys, loin des gens, loin de la société.  Presque dix ans de mariage ne rattrapait pas encore les premières vingt années de sa vie qui avait forgé son caractère et ses opinions.

« Enfin peut-être puis-je vous aider en ce fait que dame Faustine, ma confidente et amie de confiance, est elle-même mage du sang.  Peut-être pourrais-je requérir sa présence afin que vous puissiez vous entretenir avec elle? » proposa-t-elle finalement.  Sa pauvre Faustine… elle avait tant souffert de cette magie que Marjolaine se sentait parfois coupable de se réjouir que ce soit celle-ci qui l'avait menée à elle.  Alors qu'elle était seule et coupée du monde, aimée mais toujours surpassée par ses cadets qui ne partageaient pas la même mère, elle était apparue, comme un ange tombé du ciel.  Un peu plus jeune qu'elle, détruite par les tourments qu'on lui avait imposés en raison de ce qui était hors du contrôle de sa volonté, il s'était passé quelque temps avant qu'elles ne s'apprivoisent finalement, que les tendresses de Marjolaine, cachées derrière sa timidité devant l'inconnue qu'elle était encore, ne touchent enfin leur but.  Faustine avait été la première compagne de Marjolaine, la première à qui elle avait pu ouvrir son cœur et elle lui était infiniment reconnaissante de l'avoir suivie au palais quand elle s'était mariée, en quittant Blanc-Lys là où elle avait trouvé refuge.

Faisait-elle bien de permettre cet entretien qui ramènerait très certainement de douloureux souvenirs à sa chère amie?  Elle veillerait à ce que cette impératrice au parler un peu trop franc ne rouvre pas à nouveau de vieilles blessures, pas encore tout à fait cicatrisées.  Son cœur se serra un instant.  Elle avait foi en Faustine et elle la protégerait si les choses prenaient une tournure désagréable.





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Dernière édition par Marjolaine du Lierre-Réal le Ven 23 Fév - 1:36, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyJeu 22 Fév - 18:12

Hé bien, Marjolaine se renfermait à nouveau. Lauriane avait grandi avec la franchise pour principe dans son beau duché. Elle n’avait pas pensé que sa réponse aurait pu avoir un tel effet sur la Duchesse, quoiqu’elle aurait certainement pu s’en douter. Cela l’embêtait mais, enfin, la lagrane montrait ainsi la force de caractère qui lui assurait qu’elle savait faire ce qu’il fallait quand elle le voulait.

- Ne vous excusez pas, balaya-t-elle, c’est tout à votre honneur.

Lauriane avait eu le mot vif dans ses propos mais ils étaient toujours sincères. Elle n’en voudrait pas à quelqu’un pour lui dire ce qu’il pense, seulement Lauriane n’avait pas non plus promis en demandant à Marjolaine d’être sincère qu’elle-même n’en ferait pas autant.

La suite des explications de la noble Duchesse ne l’aida pas plus. Lauriane était véritablement à court d’idée cette fois. Elle avait essayé la diplomatie et la franchise, rien ne semblait vouloir trouver grâce aux yeux de Marjolaine. Qu’importe ce qu’elle disait, elle ne semblait pas vouloir comprendre ses propos. Elles n’étaient pas venues pour qu’elles agissent, seulement qu’elles discutent et elle ne voyait vraiment pas en quoi répondre simplement « ça ne marchera pas » les faisait avancer. Bien sûr que toutes ces mesures n’étaient pas pour tout de suite mais il fallait bien y penser un jour, et pas juste à la fin de la guerre. L’organisation était une clé de la réussite. Marjolaine souhaitait peut-être qu’elle fasse les choses toute seule pour prouver que cela lui tenait à cœur ? Mais que dire alors de la situation froide que la Duchesse Lagrane entretenait à son égard dans la peur qu’elle lui vole sa place ? C’était le serpent qui se mangeait la queue. Lauriane rendait les armes. Marjolaine ne l’aiderait pas, et elle ne voulait pas non plus que ce soit Lauriane qui l’aide. L’Impératrice allait a priori devoir continuer son petit bout de chemin seule concernant les mages de sang. Car, malgré les paroles diplomates que la Duchesse entretenait, retenter une telle discussion semblait vain. Cela la peinait, dans le fond. Elle était certaine que Marjolaine aurait été bien plus douée qu’elle pour cela. Elle-même l’avançait. Lauriane ne savait plus ce qui retenait tant la Duchesse : l’orgueil, la défiance, l’incompréhension ? Elle repensa à sa remarque quant à son expérience de mère, mais d’où lui était-elle venue ? Si Lauriane était reconnue pour certaines choses, ce n’était pas pour ça. Marjolaine avait donc si peu d’estime pour elle ? C’était dépassant. L’outreventoise avait l’impression de se retrouver presque quinze ans en arrière, lorsqu’à la mort de son père, elle avait dû lutter dans le cercle des nobles pour redorer la réputation de la Rive. Comme cela avait été dure, comme elle n’avait pas choisi tout cela à l’époque. Devoir sourire et garder la tête haute quand les difficultés s’empilent. Au fond, elle avait dû forger sa force de caractère seule durant toutes ces années pour s’en sortir. S’en sortir seule.

- Le souci est que je suis d’accord avec vous Marjolaine, aussi je ne comprends pas pourquoi vous n’entendez pas mes propos, ne put-elle s’empêcher de lui répliquer. Son sourire reflétait un peu d’humour mais toujours avec douceur. Cependant, Lauriane connaissait déjà la réponse. Cela semblait évident maintenant. Marjolaine était tellement empêtrée dans ses préjugés concernant sa place d’impératrice que, peu importe ce qu’elle avancerait, elle y verrait tout sauf de bonnes choses. Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Toute idée de mener la conversation ou de tenir tête à Marjolaine s’était envolée. Autant que l’une d’elle s’accorde sur l’autre. Je ne vais néanmoins plus insister sur le sujet pour l’instant, alors.

La Duchesse lui accorderait son estime et sa confiance le jour où elle l’en jugerait digne. En attendant, et pour l’instant, Lauriane n’essaierait plus rien d’obtenir de la jeune femme. Surtout que Marjolaine avait avancé le second point qui était la raison première de sa présence ici, alors autant avancer.

- Je serai honorée que vous me permettiez de converser avec elle, accepta Lauriane, inclinant sa tête, reconnaissante à Marjolaine. Néanmoins, préférant éviter toute mauvaise surprise à la Duchesse, elle préféra déjà la prévenir de la seconde raison de cette discussion. Dame Faustine est la seconde raison de ma présence auprès de vous. J’aurais une proposition qui la concerne ainsi que la Lagrance à vous soumettre. Que vous serez libre ou non d’accepter. Il serait certainement plus simple que je vous la présente en la présence de Dame Faustine, qu’elle puisse exprimer son avis dessus, aussi permettez-moi d’attendre un peu pour vous en faire part.
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Message Sujet: Re: Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile   Qui n'ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile EmptyVen 9 Mar - 5:26

Marjolaine se retenait vraiment dans cette situation et la persévérance de l'impératrice à tout vouloir comprendre de travers ce qu'elle disait l'agaçait fortement.  Elle en regrettait presque d'avoir proposer de faire appeler Faustine auprès d'elles pour que Lauriane puisse converser réellement avec une mage de cette magie honnie, une mage qui en avait souffert et en portait encore aujourd'hui les stigmates.  La prétention de la femme l'horripilait et la proposition qu'elle pouvait avoir à faire à Faustine l'inquiétait.  Elle ne permettrait pas qu'on utilise de quelque manière son amie, ni qu'on la fasse souffrir.  Elle avait déjà suffisamment de blessures au cœur pour avoir à en supporter d'autres encore et la duchesse croyait bien que désormais elle était plus sereine, plus heureuse, même si elle sentait encore parfois les murs que sa compagne avait érigés autour d'elle pour se protéger.  Déjà sur ses gardes en raison de cette première conversation à deux, elle n'hésiterait pas le moindre du monde à retirer Faustine des griffes de Lauriane.  Elle toisa d'ailleurs de nouveau la quadragénaire.  Ses propos la dérangeaient.  Elle avait la désagréable impression que Lauriane considérait de haut la ménestrelle, la croyant sous l'autorité de Marjolaine.  Peut-être était-elle devenue sa dame de compagnie en la suivant au palais, mais en vérité Marjolaine ne pensait jamais à elle ainsi.  Jamais elle n'ordonnait à Faustine qui était libre de lui refuser la moindre des faveurs qu'elle lui demandait.  Là allait tout l'amour débordant de la Lagrane pour l'Outreventoise.  Si aux yeux de certains il existait hiérarchie entre la fille de Blanc-Lys et la mage du sang, il n'en était rien aux yeux de cette première qui considérait Faustine comme une égale, sans considération autre qu'elles avaient été comme deux sœurs dès lors qu'elles s'étaient ouvert l'une à l'autre leur cœur.

Elle appela d'un geste l'un des pages qui était non loin, prêt à servir sa maîtresse au moindre mouvement, à la moindre demande.

« Faites savoir à Dame Faustine que je l'attends ici en compagnie de son altesse impériale, » fit-elle avant de le laisser repartir accomplir sa mission.  Elle regrettait de tirer son amie de ses activités personnelles aussi cavalièrement, mais malgré son peu d'appréciation pour son invitée, elle restait la première dame de l'empire et de ce fait le respect était de mise, tout comme se mettre en quatre pour lui faire plaisir.

En attendant l'arrivée de la musicienne, elle préféra garder le silence et réfléchir à cette conversation qu'elles venaient d'avoir et celle à venir.  Elle s'inquiétait des idées de l'impératrice.  Jusqu'à présent, elle n'avait rien présenté qui la rendait particulièrement emplie d'enthousiasme débordant pour ses projets en ce qui concernait les mages du sang.  Elle craignait qu'elle n'accable inutilement son amie et se rongeait d'inquiétude pour elle.  Elle n'arrivait pas à faire confiance à Lauriane.  Pas encore.  Ce qu'elle disait n'était pas complètement sot, mais elle pensait beaucoup trop loin dans le futur et c'était sur les méthodes immédiates qu'il fallait travailler.

Lorsque la silhouette de la ménestrelle se dessina, Marjolaine s'inclina devant l'impératrice brièvement.

« Veuillez m'excuser un instant, » lâcha-t-elle avant de s'éloigner pour rejoindre Faustine qui s'approchait.

Sans cérémonie, elle prit entre les siennes les mains de son amie dès qu'elle fut à sa hauteur et lui adressa un sourire chaleureux.  Douce Faustine.  Il lui faisait plaisir de la savoir à ses côtés désormais pour affronter cette femme qui lui faisait perdre toute sa douceur et interprétait mal toutes ses paroles.

« Ma chère Faustine, je suis désolée de t'appeler aussi subitement, j'espère que tu n'étais pas occupée…  Son altesse Lauriane vient de m'entretenir sur la magie du sang et désire s'entretenir avec toi.  C'est la raison pour laquelle je t'ai fait mandée.  Accepterais-tu de te joindre à nous pour cette conversation? »

Marjolaine adressa un nouveau sourire chaleureux à Faustine.  Affronter le dragon qu'était Lauriane serait plus facile aux côtés de son amie.





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