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 Prendrez-vous une tasse de thé?

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La Noblesse
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Antonin de Faërie
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Message Sujet: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptySam 31 Mar - 6:13


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Jehanne d'Ansemer & Antonin de Faërie

Prendrez-vous une tasse de thé?

Bertille et la dinette impériale



• Date : 20 décembre 1002
• Météo (optionnel) : La température n'est pas des plus belles avec les lourds vents qui frappent les côtes ansemariennes
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Lors de sa visite en Ansemer à l'occasion de Yule, Antonin après avoir présenté une première fois de façon ses respects au couple ducal se présente à nouveau auprès de Jehanne de manière plus informelle.  Retrouvant en Bertille des traces de ce qu'était Armandine quand ils étaient tous deux enfants, peut-être arrivera-t-il par ses manières charmantes et sa douceur envers l'enfant à convaincre la duchesse qu'il est un bon parti pour son amie Gabrielle.
• Recensement :
Code:
• [b]20 décembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3538-prendrez-vous-une-tasse-de-the#131781]Prendrez-vous une tasse de thé?[/url] - [i]Jehanne d'Ansemer & Antonin de Faërie[/i]
Lors de sa visite en Ansemer à l'occasion de Yule, Antonin après avoir présenté une première fois de façon ses respects au couple ducal se présente à nouveau auprès de Jehanne de manière plus informelle.  Retrouvant en Bertille des traces de ce qu'était Armandine quand ils étaient tous deux enfants, peut-être arrivera-t-il par ses manières charmantes et sa douceur envers l'enfant à convaincre la duchesse qu'il est un bon parti pour son amie Gabrielle.

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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptySam 31 Mar - 6:17

J'avais présenté mes respects plus tôt au duc et à la duchesse, dès mon arrivée pour le début des festivités traditionnelles en Ansemer.  J'avais trouvé l'air plutôt content au couple et rapidement pris mon congé pour ne pas les encombrer de ma présence trop longtemps.  Ils devaient être plutôt occupés et je ne désirais pas les éloigner plus que nécessaire de leur devoir de bon matin, comme j'étais arrivé par portail avant l'heure du déjeuner de midi.  Néanmoins, j'escomptais passer quelque temps en compagnie de Jehanne dont m'avait parlée Gabrielle comme étant une bonne amie.  Je désirais à la fois parler avec la duchesse, mais également avec celle qui était une bonne camarade de la femme que j'espérais peut-être un jour épouser.  Je ne cherchais pas vraiment à obtenir des renseignements particuliers sur elle pour mieux la piéger ou que sais-je.  En vérité, je voulais à travers celui porté à ses compagnes lui montrer la portée de mon intérêt, lui prouver que je m'intéressais à elle en tant qu'individu et pas seulement en tant que princesse à épouser.  L'occasion me semblait trop belle pour être ratée, puis j'avais grand désir de connaître son amie.  Autant parce que viendrait peut-être un jour où je serais son empereur et qu'il me tenait à cœur d'établir un bon contact avec les différents ducs et les duchesses de Faërie, que parce qu'elle était chère à celle que je courtisais avec toute l'assiduité que je pouvais démontrer.  Et quelque part, j'avais le fol espoir de pouvoir apprendre à mieux la connaître à travers ses fréquentations, savoir comment lui faire plaisir, ce genre de petites choses auxquelles je manquais encore beaucoup d'adresse.  Cela et qu'elle m'approuve aussi.  Je ne croyais pas Gabrielle si influençable sur un sujet de telle importance, mais elle n'avait pas le loisir de ne choisir qu'avec son cœur et je me devais de lui démontrer par tous les moyens que j'étais le meilleur choix qu'elle pouvait faire.  Du moins, je tentais de me convaincre que c'était le cas.  Le comte de Rivepierre lui faisait la cour depuis plus longtemps que moi, c'était une figure connue des de la Volte et il était plus âgé que moi, plus expérimenté de la vie.

Ma démarche auprès de Jehanne était peut-être un mauvais choix, mais je gardais bon espoir qu'il pourrait en ressortir de bonnes choses un jour ou l'autre.  Déjà, j'avais décidé que la princesse cibellane serait un choix convenable pour gouverner sur Faërie en ma compagnie.  Il n'était pas question d'amour, pas encore, mais j'avais vu assez de son aimable personnalité pour savoir que je ne serais pas malheureux ainsi accompagné dans l'existence.  Si elle désirait bien lier son destin au mien quand j'oserais lui en faire la demande.

Guidé par les indications d'un domestique du palais, je me dirigeai vers un petit salon où je pourrais retrouver très probablement la duchesse.  Seule.  Il était peut-être mal à moi de me tenir en compagnie d'une femme sans son époux, peut-être cela ne respectait-il pas les convenances, mais le duc Bartholomé m'apparaissait plus imposant et je n'aurais pas eu la même aisance en sa présence, ce qui n'aurait peut-être pas parlé en faveur.  Ma démarche était pensée et réfléchie.  On m'annonça donc et je fis mon entrée suivie d'une révérence polie dans la petite pièce confortable où était installée mon hôte.

« Dame Jehanne, fis-je, une main posée sur le cœur, J'espère que ma visite ne vous est pas importune.  Si c'est le cas, veuillez m'excuser, je me retirerai sans vous détourner de vos occupations plus longtemps. »

J'avais eu ouïe dire que la duchesse ne parlait plus.  Cela m'effrayait un peu.  Je craignais de sentir malgré moi à travers son silence une forme de jugement.  Néanmoins, j'étais prêt à tenter d'engager la conversation avec elle autant que cela fut possible.  Par l'éducation et la naissance, elle ne manquait en rien et de cette rencontre je pourrais sortir plus grand.  J'avais bonne intention de bien paraître et de lui rendre ma compagnie tout aussi agréable que possible.  Si elle ne me renvoyait pas.
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Jehanne d'Ansemer
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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyDim 1 Avr - 17:39

Décembre était le mois idéal pour se rendre compte à quel point Port-Liberté était horrible en cette période de l’année. Le ciel, le monde, le matin se teintaient de gris et il était alors extrêmement compliqué de se débarrasser de cette sensation que toute la journée avait perdu ses couleurs. Il y avait aussi l’humidité. Lourde, désagréable au possible, elle laissait sur la peau cette vague impression de sueur qui ne sècherait jamais. Alors oui, beaucoup appréciaient le charme de cette ville, la beauté de l’eau toute proche et de la liberté – ah ! – qui émanait du paysage et de l’horizon. Beaucoup… Mais pas la duchesse. Etait-ce vraiment sa faute ? En douze longues années, Jehanne avait essayé. Elle avait fait ce qu’elle avait pu pour tenter de s’y adapter, au duché marin. Elle avait fait de son mieux pour voir la beauté dans l’eau qui se fracassait contre les planches du port, l’attrait de l’iode dans le vent qui soufflait, et cette couleur bleue, omniprésente. Elle avait fait de son mieux.

Et ces années à tenter de voir le meilleur lui avait fait dire que définitivement, Lagrance était beaucoup plus agréable pour y vivre. Il n’y avait pas d’autre résultat.
Aussi, en hiver, Jehanne faisait de son mieux pour endurer les situations. Les défilés d’invités, également, parce qu’Ansemer, fin Décembre… Enfin. Parmi ces invités, cette année, ils avaient eu l’honneur – ça dépendait pour qui – d’avoir sur leurs terres le prince héritier de Faërie, aux côtés de la princesse de Cibella qui était une amie proche de Jehanne.

Jehanne avait été curieuse d’en apprendre plus sur lui. Fidèle à l’ancienne famille dirigeante, elle n’était pas de ceux qui adoraient sans contester et soutenaient le nouvel empereur. Mais sans pouvoir, elle ne pouvait rien faire, pas vrai ? Elle n’était pas femme d’actions, mais cela n’entachait en rien ses convictions.
La duchesse était dans un de ces salons où elle aimait à se retirer. Les fenêtres ne donnaient pas directement sur la mer, mais plutôt sur les rues de Port-Liberté, et l’âtre dans le coin dispensait une chaleur bienvenue. Bertille était avec elle, véritable moulin à paroles alors qu’elle jouait sagement. Elle faisait les questions et les réponses, interprétant les regards de sa mère : complicité silencieuse, développée avec le temps. Même quand elle saurait lire, ainsi, Jehanne n’aurait pas à recourir à ce carnet qu’elle gardait en permanence sur elle.
Carnet qu’elle attrapa rapidement, sur une petite table basse où il reposait. On venait de lui annoncer l’arrivée de ce prince, innocent de la prise de pouvoir de son père, et elle tenait tout de même à faire bonne impression. A parler.
Enfin, parler… Dès son entrée, elle se fendit d’une révérence des plus protocolaires et respectueuses, son carnet serré dans ses bras, suivie par sa fille, timide soudainement derrière le fauteuil où était installée sa mère.

D’un air intrigué, la duchesse nota quelques mots rapidement sur le papier, une fois redressée. « Vous ne me dérangez nullement, votre Altesse. Je suis à votre entière disposition, ainsi que ma fille. J’ose espérer que vous me pardonnerez ce mode de communication atypique : il est devenu mon quotidien, depuis un fâcheux accident. »
Aucun mensonge derrière ces mots. C’avait été un fâcheux accident que de laisser Bartholomé d’Ansemer entrer dans son lit. Elle lui montra son carnet, où les lettres se détachaient clairement, lisibles. Bertille, après sa révérence, était restée silencieuse avec sa tasse de dinette à la main. Fallait dire qu’elle ne l’avait encore jamais vu, le prince, et qu’elle était impressionnée. Avec un signe de tête élégant, les sourcils levés pour faire de son geste une question accompagnée d’un mouvement léger de sa main, la duchesse invita Antonin à prendre place dans un des fauteuils disposés autour de la pièce. Elle-même s’assiérait après.



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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptySam 7 Avr - 23:24

Je savais déjà que la duchesse d'Ansemer vivait emmuré dans un silence et ne parlait plus depuis de nombreuses années.  Ainsi, je ne fus pas complètement décontenancé en la voyant me tendre un carnet où elle avait tracé d'une main fine sa réponse à mes salutations.  Je lui rendis le salut, content de cet accueil, si peut-être peu chaleureux, pas complètement froid non plus.  Ma visite était acceptée, à quel point tolérée, je n'en savais rien, mais au moins je n'étais pas renvoyé ailleurs dans le palais.  Cela me faisait plaisir.  J'avais pleine conscience que pour certains duchés, l'avènement du règne de mon père n'était pas bienvenu, mais je n'avais pas à porter les responsabilités du coup d'état qu'il avait organisé, auquel il avait tendu toute sa vie.  Ce qui me désolait, c'était qu'il avait fallu attendre que ma tante Chrysolde ne meure, ainsi que ses enfants, pour qu'il ne passe réellement à l'action et s'en prenne à ma tante Chimène.  J'avais été choqué d'apprendre sa mort, plus encore de savoir qu'elle était en réalité en vie.  Que pensait de tout cela, derrière ses silences, Jehanne d'Ansemer, je n'en savais rien, mais j'espérais que son jugement sur ma personne ne serait pas altéré en raison de cela.  J'avais bon espoir de lui faire bonne impression, je le désirais ardemment en tant que prétendant de son amie, plus qu'en tant que prince de Faërie.

« Je vous remercie de me recevoir dame Jehanne, alors que je n'étais pas attendu.  Ce salon est fort charmant.  J'ose espérer que vous vous portez bien, » commençai-je avant de me tourner vers l'enfant qui lui tenait compagnie, une adorable petite fille.  Elle me faisait penser à Armandine quand elle avait son âge, elle semblait pleine de vie et cela me ramenait vers le passé.  J'esquissai une révérence à son égard, plein de bons sentiments.

« Ai-je tort de supposer que cette ravissante demoiselle n'est nulle autre que la princesse Bertille?  On m'a beaucoup vanté votre beauté altesse, mais vous êtes encore plus charmante que je ne me l'imaginais, » déclarai-je à l'intention de la fillette.  Peut-être ne comprendrait-elle pas tout ce que je lui avais dit en raison de son jeune âge, mais l'idée était de la traiter comme une grande, cela lui ferait certainement plaisir.

Ce n'est seulement qu'après que je pris place dans un des fauteuils qu'on m'avait désigné, en remerciant d'un salut de la tête l'invitation.  C'était une pièce confortable et accueillante, je pouvais comprendre pourquoi mon hôte aimait s'y installer.  Malgré le fruit humide de l'hiver, on ne tremblotait pas de froid et c'était heureux.  Ou peut-être était-ce tout simplement parce que j'étais habitué à un climat venteux et frais.  L'odeur était toutefois rafraîchissante et cette brise marine qui trouvait son chemin entre les murs du palais ne me ferait certainement aucun mal, après des semaines enfermé dans mon cabinet d'études.

« Il semble que c'est période de fête en Ansemer, j'aurais pensé que vous joindriez peut-être aux Ansemariens pour célébrer.  Je dois avouer que je ne suis pas encore très familier avec les traditions d'ici, peut-être la fête est-elle plus familiale? » demandai-je pour commencer la conversation sur un sujet plutôt général.  Après tout, j'étais venu en Ansemer à l'occasion de la célébration de Yule, il était normal que j'en touche quelques mots, avant de tenter de m'aventurer sur d'autres chemins.
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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyVen 13 Avr - 22:51


Aucune animosité ne se dégageait de la duchesse. Du moins, pas assez pour qu’elle ne puisse être remarquée. Ce n’était pas sa faute. Il n’était qu’un enfant, en un sens : simple adolescent victime des manigances de son père, si l’on cherchait plus loin. Ca lui parlait, à Jehanne. Pour autant, elle réservait son jugement : aucun membre de cette famille n’avait refusé de porter la couronne. Aucune n’était allé contre l’avis de Gustave. C’était bien qu’ils le soutenaient. Prudence, sur ses avis. Double prudence. Heureusement qu’elle était naturellement réservée, d’autres auraient pu bien vite prendre l’éclat surpris de ses yeux pour un éclair de reproche ou de regret.
Elle ne le jugeait pas. La blonde était juste surprise de recevoir sa visite. Ils étaient peu, les visiteurs qui passaient pour la saluer elle après avoir présenté leurs respects au duc. Ils étaient peu, encore moins, à simplement vouloir la visiter et lui parler, rester un peu ! Que ce soit de manière intéressée ou non, d’ailleurs. Sans doute ne voulaient-ils pas s’encombrer de la mélancolique Lagrane aux yeux d’océan et aux paroles qui virevoltaient sur le papier.
Bertille, qui avait plongé dans une révérence tout aussi élégante que celle de sa mère, mais encore plus adorable, sembla comprendre au moins la moitié du compliment – si ce n’était tout ! Enfin presque tout, certains mots échapperaient toujours aux enfants. Elle avait compris la majeure partie. Comme beauté. Ca voulait dire qu’elle était jolie. Et charmante aussi ! Alors du coup, ça méritait bien une autre révérence, une petite tasse à thé encore accrochée à sa main. Elle était vide, heureusement, sinon le contenu se serait depuis longtemps renversé sur le sol.

« Merci, votre Altesse. » sa voix, enfantine, trahissait admirablement bien combien elle était gênée et heureuse. Mais on lui avait bien appris : il fallait se tenir tranquille, ne pas sautiller de partout… Et puis surtout, il était beau, le prince. Très beau. Il ne fallait pas foncer sur lui pour lui faire un câlin, comme elle en avait l’habitude avec son oncle ou son père. Bartholomé ou Bertin y étaient habitués, mais le prince sûrement pas. Mais il était prince comme elle ! Ils pouvaient être amis de princitude ! Quoi qu’il en soit, en essayant de rester la plus sage possible, elle alla s’assoir à côté de sa mère… Tout en gardant sur ses genoux sa petite tasse. Tasse fétiche.
Elle savait très bien se tenir ! Et puis, elle était charmante. Il l’avait dit. Voilà.
La duchesse avait laissé un léger sourire s’épanouir sur ses lèvres en voyant l’agitation contenue de Bertille. Elle n’en avait pas fait la remarque – en même temps… Sur le papier, une fois installée, et à l’écoute du prince, les réponses dansaient sur la feuille. En douze ans, elle avait appris à prendre une écriture plus que lisible par tous… Et qui ne reflétait que peu ses véritables sentiments. Quoi qu’elle écrivît.

« Je me joindrai aux festivités un peu plus tard. » Quand  Bartholomé n’y serait pas, avec l’une de ses Compagnes… Ou Geneviève, que beaucoup prendraient pour la duchesse si elle n’était aussi… Aussi elle. « Les festivités de Yule ne sont pas vraiment familiales. Du moins, pas toutes. Po»
Elle serait bien allé plus loin, mais il était compliqué de retenir Bertille dans le silence trop longtemps.
« Quand on est aux festivités, c’est tout Ansemer qui fête. Comme s’il s’agissait d’une grande famille. Ou d’un grand bateau. » Paroles inspirées. Mains d’enfants sur la tasse mais sourire d’ange – un sourire qui rappelle tant son père. « On célèbre aussi les étoiles, et la magie, et… »
Et  quoi, déjà ? « Et les dieux. »



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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyMer 18 Avr - 23:13

Il était difficile de ne pas admirer la régularité de l'écriture de la duchesse ansemarienne.  Toutes les lettres étaient finement et clairement tracées.  Je n'aurais pas détesté avoir une écriture qui ne faisait pas aussi brouillon.  Ma plume laissait très certainement à désirer en comparaison de la sienne, malgré les années que j'avais passées à m'exercer quand j'étais encore enfant.  Mais peut-être devais-je accorder cette calligraphie élégante à ces années à ne se servir que de l'encre et du papier pour exprimer ses idées.  J'éprouvais un sentiment de compassion pour la Lagrane qui vivait ainsi sa vie, bien que je n'aurais eu garde de l'exprimer : cela aurait sûrement été malvenu de ma part et il ne m'intéressait guère de me rendre désagréable à ses yeux.  Politiquement, il était peut-être plus important d'entretenir de bonne relation avec son époux, mais par les sentiments, quand je pensais à Gabrielle qui peut-être un jour deviendrait ma femme, elle m'était tout aussi importante.  Et également, cette femme rendue muette par un événement malheureux du passé – c'était ce que je semblais comprendre de ses explications précédentes, sans savoir exactement la cause de son silence – me paraissait intéressante.  Bien que muette, ses idées semblaient articulées pour le peu que j'avais pu en voir et il était mon grand désir d'en apprendre plus sur elle.  Du moins, autant que la bienséance le permettrait.

Suivre la conversation en écrivant devait être fatigant pour la noble dame et peut-être était-ce pour cela que sa fille avait pris l'habitude de parler à sa place.  Il y avait là quelque chose d'attendrissant dans ses manières, mais aussi quelque chose de fort répréhensible dans les manières.  Si j'avais eu le malheur, enfant, de parler alors que les adultes étaient en discussion, j'aurais été sévèrement réprimandé.  Je ne blâmais ni la mère, ni la princesse, mais il y avait tout de même de quoi choquer un peu mes propres principes d'éducation, ceux qui avait guidé mon enfance.  Combien, toutefois, cette enfant devait-elle faire le bonheur de cette mère.  Il était si regrettable qu'elle n'en aie qu'une seule.  Les jeux de la petite, liés à ceux d'un autre bambin, auraient été encore plus joyeux et apporteraient certainement plus de bonheur à leur mère.

« Je vois!  Vous êtes fort instruite princesse Bertille de savoir tout cela! » répondis-je à ses explications données avec beaucoup de bonne volonté.  La fillette m'était déjà très attachante et elle m'amusait avec sa candeur d'enfant et sa sincérité.  Combien doit-il être heureux pour un foyer d'avoir pareille petite vie pour l'animer.  Je remarquai alors la petite tasse posée dans ses mains, récipient dont elle ne semblait pas désirer se séparer.  Cela me faisait penser à lorsque nous étions jeunes, Armandine et moi, et qu'elle m'invitait à prendre le thé.

« Je crois voir que vous tenez entre vos mains une charmante petite tasse de thé princesse.  J'espère avoir l'honneur un jour d'être invité à l'une de vos réceptions et de partager avec vous le plaisir de déguster quelques gâteaux, » ajoutai-je avec un grand sourire.  Peut-être que son affection pour ce morceau de vaisselle indiquait une propension chez elle à aimer jouer à la dinette et quel plaisir plus grand pour une petite fille de cet âge que d'avoir des invités.

« J'ose imaginer que la princesse ensoleille vos journées dame Jehanne.  J'espère avoir aussi bonne fortune que vous lorsque je serai moi-même père un jour, » poursuivis-je à l'égard de la mère que je ne désirais pas dédaigner au profit de la fille parce qu'elle ne pouvait s'exprimer à voix haute.  Nous n'étions pas assez proches pour que je puisse orienter la conversation qui venait à peine de commencer sur autre chose que des banalités.
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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptySam 21 Avr - 22:56

La duchesse n’avait pas vraiment d’avis sur l’intervention orale de sa fille, dans la conversation. Il fallait dire que la princesse savait quand parler : habituée des silences de sa mère, elle connaissait les instants où celle-ci serait la plus à même de lui pardonner de s’exprimer à haute voix. Bertille était un peu comme sa seconde voix. Comme la voix, la liberté retrouvée, qu’elle aurait récupérée à la naissance de sa fille. La liberté ou la vie.  Ce n’était pas la première fois que la princesse se permettait d’ainsi exprimer l’idée à sa place : petit à petit, elle avait appris à le faire. Même si, la plupart du temps, elle commençait ses phrases par ‘je pense que Maman voudrait dire’.
Porte-paroles de sa mère muette.

Jehanne était quelque peu surprise, cependant. Elle pensait que l’éducation outreventoise du prince aurait quelque peu joué sur la manière dont il voyait la place des jeunes enfants, surtout ceux couronnés. Enfin… Elle ne dirait rien. ( de manière figurée et littérale.) Elle garderait bien pour elle ses réflexions, dans l’attente de les partager avec le peu d’amis qui les accepteraient – la plupart par lettre.  Elle se contenta de sourire, en constatant combien Bertille semblait se rengorger des compliments lancés par le prince.

En effet, le regard pétillant baissé sur ses mains mais le sourire sincère aux lèvres, Bertille ne savait plus trop que dire. Elle ne voulait pas paraître trop impolie plus que ça, mais elle ne voulait pas laisser le silence s’installer. « Merci. » murmura-t-elle, son sourire toujours aussi innocent accroché aux lèvres… Et ses doigts toujours ancrés sur la petite coupe entre eux.
Elle ne releva le regard que quand il exprima son souhait de venir partager avec elle une tasse, et des gâteaux. Le bonheur absolu, pour une enfant de cet âge qui avait en adoration totale le rituel de la dinette, et qui y soumettait avec une grande régularité sa mère et ses poupées ! Notamment celle que son oncle lui avait faite envoyer. Sa nouvelle préférée. Elle trônait dans sa chambre, et elle ne s’en séparait que lorsqu’elle cherchait à ne pas trop la favoriser face aux autres. C’est que ça devenait jaloux rapidement, une poupée !

« Je vous inviterai ! A la prochaine, quand vous serez là. Et on aura des gâteaux, et plein de thé aussi. Et des crêpes. Et peut-être que Maman viendra aussi. » Elle commençait à l’aimer beaucoup, ce prince, la petite Bertille. « Et je vous présenterai mes poupées. »

De son côté, Jehanne avait repris les mots et le papier, afin de pouvoir lui répondre. Il ne s’agissait pas de laisser celui-ci converser avec une enfant de six ans, tout de même !
Bertille nous comble de joie, son père et moi. Elle est une étonnante petite fille. Quelle que soit l’heureuse élue qui un jour ravira votre esprit et votre cœur de ses charmes, je vous souhaite de connaître cette félicité.  Et un mariage heureux. Ca, elle ne l’ajouta pas. Il devait être au courant, pas vrai ? Autant dans votre mariage que dans ses fruits. Il n’y avait rien de plus malheureux qu’une union où les deux parties se haïssent.

Quelques mots allaient s’ajouter mais, encore une fois, Bertille avait une autre idée derrière la tête. Discrètement, elle était allée chercher son autre tasse de thé pour la ramener – vide, bien évidemment –, et l’offrir avec de grands yeux innocents et suppliants au prince.
Jehanne cligna des yeux, légèrement désorientée, et si elle n’avait été habituée à se taire elle aurait déjà rappelé Bertille à l’ordre depuis longtemps.



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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyJeu 3 Mai - 20:27

Si je m'attendais à recevoir des encouragements positifs de la part de la fillette, je ne croyais pas susciter autant d'enthousiasme.  Sa joie enfantine dans l'élaboration de ce goûter me fit sourire : charmante enfant.  Quel baume devait-elle être pour sa mère.  La froideur qui existait entre les souverains ansemariens était palpable et je m'étonnais même que la naissance d'une petite fille comme Bertille n'aie pas réussi à recoudre les morceaux de ce mariage peut-être mal assorti au final.  Peut-être qu'un second enfant réussirait à aplanir les difficultés, comme cela avait été le cas entre ma mère et mon père.  N'était-ce pas la naissance d'Armandine qui avait anéanti les bourrasques froides qui s'agitaient entre eux?  Néanmoins, je me gardai bien d'en faire la remarque et de donner ce conseil qui aurait été fort déplacé venant de ma part, considérant mon âge et le degré de nos relations.  Je me contentai donc simplement de m'en remettre à Maari pour leur permettre de connaître la même félicité que mes parents. L'âge et le temps arrangeraient certainement peu à peu les choses.  Je le souhaitais sincèrement.  Notre entretien était encore court, mais déjà je ressentais que la duchesse d'Ansemer me plaisait.  Elle était aimable et courtoise, puisque c'était l'amie de Gabrielle, je me fiais à son jugement également pour considérer qu'elle était dotée de toutes les autres qualités nécessaires à être aimable.

« J'attendrai avec impatience votre invitation princesse Bertille!  Vous me permettrez de vous emmener en cadeau un peu de miel outreventois, vous verrez, c'est fort délicieux avec les crêpes.  Je serai également ravi de faire la connaissance de chacune de vos poupées. »

Je pris en note par la suite de demander à la mère le nombre de poupées que possédaient la petite princesse afin de leur offrir chacune un petit cadeau, ce qui lui ferait très certainement plaisir et le bonheur de l'enfant m'accorderait certainement un peu des bons sentiments des parents.  Si Bartholomé d'Ansemer avait apporté son soutien à mon père, je devais aussi faire mes preuves et m'attirer ses sympathies.  J'éprouvais beaucoup de compassion à l'égard de ma tante Chimène qui avait dû énormément souffrir, mais j'avais la honte de devoir avouer que je ne désirais pas terminé comme elle, évincé par un autre membre de la famille parce que je n'aurais pas su obtenir le soutien de tous les duchés.

« Je vous remercie de vos souhaits, ma dame, répondis-je avec un sourire tranquille, Votre cœur généreux vous fait honneur. »  J'hochai de la tête pour appuyer mes propos.

L'Ansemarienne d'adoption était agréable et si aux premiers abords ce sytème de communication basé sur le papier était un peu déroutant, il m'apparaissait désormais tout à fait naturel.  Néanmoins, je ne me sentais toujours pas le courage d'aborder le sujet de mes préoccupations et je me décidai plutôt à le laisser de côté pour m'intéresser à mon hôte elle-même.  Il me semblait que c'était une jeune femme très intéressante, elle devait avoir beaucoup à raconter bien que son moyen de le faire imposait certaines limitations.

« Si je puis me permettre, je crois savoir que vous êtes lagrane par la naissance.  Le duché des jardins doit vous manquer.  Je n'ai pas eu réellement l'occasion de m'y rendre, mais on dit que ses paysages sont forts agréables.  Ce doit être fort différent des azurs de la mer. »
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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptySam 5 Mai - 22:05

Bertille en faisait, peut-être, un peu trop, lorsque l’on y réfléchissait. Elle semblait presque bien trop enjouée, bien trop prête à accepter le prince dans son univers. En tout cas, ce n’était pas anodin : avec ses six ans passés, la petite était encore pleine de ces amours enfantins et se laissait aller à montrer son enthousiasme plus qu’à le camoufler derrière des petits sourires. Encore que… Au contact de sa mère, la jeune apprenait à utiliser le silence. Talent comme un autre, lorsqu’on y pensait bien. Elle tenait plus de Bartholomé, pour l’heure – étrange, lorsqu’on y repensait. Enfin. On n’allait pas juger qui elle tenait en modèle.

Quoi qu’il en soit, la petite princesse eut l’air absolument ravie de savoir qu’un prince impérial allait venir à un de ses goûters. Un vrai prince ! Vrai de vrai ! Alors oui, son oncle était un prince aussi, mais ce n’était que le prince d’Ansemer comme elle ! Alors que là…  Elle le remercia vivement, un grand sourire aux lèvres. C’était sûr que ses sept poupées allaient apprécier ! Il y en avait sept, deux par duché, sauf pour Ansemer. Elle n’allait pas laisser son propre duché être représenté par deux poupées, enfin ! Et quand elle devait présenter les jolies petites dans leurs robes aux couleurs pâles, elle commençait toujours par la représentante du duché des Océans. Elle l’avait appelée Vague. C’était sans doute sa préférée.
Elle se réinstalla calmement aux côtés de sa mère, toute heureuse d’avoir eu une conversation de grands.  Et puis il était beau, le prince. Mais tous les princes étaient beaux. Enfin, en Faërie. Elle n’avait pas été voir trop loin, et elle ne connaissait pas les princes de l’empire du Savoir.
 
Jehanne, quant à elle, avait suivi l’échange avec un petit sourire fin et tendre aux lèvres. Certes, peu de gens prenaient la peine de lui adresser la parole et de lui parler, mais ils étaient encore moins à vouloir prendre le temps de discuter avec sa fille, alors que celle-ci était parfaitement capable de tenir une conversation… Quand ça l’intéressait. Il ne fallait pas non plus que le sujet fut trop intense pour l’enfant.
Pas un instant la Lagrane ne se doutait qu’il avait quelque intérêt à venir lui parler. Elle espérait, âme innocente – ! – qu’il ne fut là que pour être poli. Lui parler, plus qu’autre chose. Le monde pouvait tourner comme ça. Du moins l’espérait-elle.
La question sur Lagrance amena dans ses yeux une vague, troublant leur calme couleur de ciel. Ils s’assombrirent quelque peu, les souvenirs y déferlant.


Lagrance est l’opposé d’Ansemer, en un sens. Ici, nous avons des milliers de lieues pratiquement à l’état sauvage, presque abandonnées si ce n’est pour des villages éparpillés et quelques irréductibles, tandis que nos littoraux débordent et que l’océan porte nos navires. En Lagrance, le paysage se pare plus volontiers des couleurs florales et terrestres que de celles de la mer. Et même si les couleurs marines sont magnifiques, ce sont les jardins qui me manquent le plus ici, vous avez raison. Nous n’en avons pas, à Port-Liberté. Je sais que les comtés de la frontière lagrane entretiennent les leurs, mais ce sont bien les seuls en Ansemer. Je suis originaire de l’un d’eux.
ne s’était pas étendue sur le sujet : il ne s’agissait pas de dire qu’elle était malheureuse, et haïssait ce duché rempli d’eau. Et vous ? Racontez-moi l’endroit d’où vous venez. Si vous le voulez bien, bien entendu. 



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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyMer 23 Mai - 18:07

Le voile qui glissa sur ses yeux ne m'échappa pas et je regrettai un instant ma question, peut-être trop intrusive.  Cette discussion à propos de simples banalités ne permettaient pas de connaître suffisamment la duchesse ansemarienne, mais suffisait à me lui trouver d'aimables qualités qui me donnaient bonne opinion d'elle.  Elle m'apparaissait pleine de bon sens, une mère aimante et attentionnée pour sa fille, ainsi il m'était impossible de ne point l'apprécier.  Cette tristesse voilée sur son visage me faisait songer qu'elle regrettait probablement l'endroit où elle était née.  Je pouvais comprendre.  Alfaë était une ville magnifique, mais extrêmement différente de la baronnie de mes parents où j'avais d'abord grandi avant de me retrouver à Lorgol et à l'Académie de la Magie de du Savoir, tant d'endroits différents.  Pourtant jamais ces différences ne m'étaient apparues comme douloureuses.  Toujours, le vent d'Outrevent me rappellerait plus mon chez moi que nul autre climat, mais déjà après un peu plus d'un an seulement, je me sentais également de plus en plus chez moi en Cibella, installé à la capitale.  J'éprouvais de la peine à l'idée qu'après tant d'années, la duchesse ansemarienne ne se faisait toujours pas à sa nouvelle vie, qui n'était en réalité plus si nouvelle que ça.  Il me semblait plus difficile de sentir vibrer dans l'air la vérité ou le mensonge.  Peut-être était-ce parce qu'elle écrivait plutôt qu'elle ne parlait ce à quoi je n'étais pas vraiment habitué, mais il m'était impossible de me fier à ma magie pour deviner ce qu'elle pensait réellement.  Je ne peux que laisser mes suppositions planer dans l'air entre nous, sans les formuler à voix haute.

Son habile diversion ne me laissait pas vraiment le temps de m'attarder sur ce ressenti et un sourire empli de nostalgie s'étira sur mon visage : il y avait longtemps que je n'étais pas retourné en Outrevent et pourtant, comme ma patrie me manquait par moment.

« Outrevent est un magnifique duché.  Le climat ne se prête pas à l'entretien de jardins, il y fait trop froid et trop humide pour beaucoup de fleurs, mais cette désolation a un charme certain.  Le soir, une fois les volets rabattus, on peut entendre le vent siffler contre les murs et nous raconter une histoire.  Chaque grincement nous relate un événement du passé, heureux ou triste, les bourrasques nous font découvrir toutes ces particularités de nos demeures. »

Je marquai une pause en songeant à tout ce que j'avais entendu dans mon enfance.  Parfois, une légère brise réveillait les échos de rires, tandis que des vents violents rappelaient les colères, le désespoir.  Quelquefois, ce que j'entendais m'avait effrayé et attirait Armandine vers ma chambre pour que je la réconforte.  Et pour elle, je masquais ma peur.  Puis nous sommes devenus grands et cela ne nous effraya plus.

« Alfaë est une ville magnifique, bien que dans mon cœur  elle ne remplacera jamais les charmes de la baronnie où j'ai grandi.  J'espère toutefois vous voir bientôt à la capitale pour une visite. » Pour un événement heureux, je l'espérais.  Ma cour auprès de la princesse Gabrielle n'avait pas été très longue, mais si je ne me décidais pas à tenter ma chance rapidement, peut-être choisirait-elle le comte Lionel de Rivepierre qui lui la courtisait depuis près d'un an déjà.  C'était la dernière princesse déjà en âge de se marier de tout Fäerie et il me paraissait que cette alliance serait bonne pour consolider la position de ma famille sur le trône impérial et ferait plaisir à mon père.  J'étais donc décidé à lui demander sa main sous peu.  Tout était près déjà.
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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyDim 3 Juin - 9:26

Affirmer dès maintenant qu’elle aimait bien Antonin était, tout de même, un peu exagéré. Toutes choses égales par ailleurs, il restait cependant un membre de la famille impériale qu’elle appréciait le plus. Depuis la mort de Cassandre – que son âme trouve un repos bien mérité, illustre professeur et amie de la duchesse d’Ansemer – elle n’avait pas ressenti de véritable lien avec une famille qu’elle ne considérerait sans doute jamais comme réellement digne de régner. Ils pouvaient affirmer ce qu’ils voulaient, la Lagrane resterait sceptique et sur ses gardes. Le fait que Bartholomé soutienne celle-ci, de plus, et ce depuis le début, l’avait amenée à se méfier. Mais de là dire qu’elle se méfiait d’eux uniquement parce que son mari avait pour eux du respect… Même s’il y avait de ça…

Enfin. Le prince ne sembla pas rebondir plus que cela, heureusement, sur le ressenti qu’elle avait par rapport à Ansemer. Elle était devenue experte quant à la manière d’insinuer cela sans pour autant réellement l’écrire : seul un œil averti aurait pu sans souci comprendre son exécration de ce monde de vague et d’écume, de fracas incessants sur la grève alors qu’elle rêvait des terres derrière. Des centaines, des milliers de lieues presque sauvages, naturellement magnifiques, forêts et vallées que peu avaient encore touché. L’essentiel d’Ansemer se tenait sur son littoral, mais la duchesse aurait voulu connaître l’intérieur des terres. Après tout, à deux siècles près, son comté était encore ansemarien. Elle aurait pu être sujette de ce monde dès sa naissance.

Jehanne ne s’était que peu rendue en Outrevent, outre célébrations officielles et invitations. La plupart étaient plus destinées à son époux qu’à elle, mais, représentation oblige, elle devait suivre. Geneviève suivait aussi, la plupart du temps. Un jour, elle le jurait, il allait l’épouser. Tordrait-il ses lois pour se le permettre, ou se débarrasserait il d’elle sans un remord, elle n’osait pas y penser.

Entendre Antonin lui parler de l’endroit où il avait grandi, avec au coin des lèvres ce sourire qu’elle trouva charmant lui fit totalement baisser sa garde. Depuis son entrée dans la pièce, il n’avait rien fait qui ne pût le faire baisser dans l’estime de la duchesse. La méfiante Jehanne se sentait en confiance, à son côté. Chose rare.
Vos mots prouvent votre attachement à ces deux endroits, pourtant si différents. Je vous avouerai que je ne connais que bien peu Outrevent, mais le portrait que vous m’en dressez m’intrigue et m’intéresse.

A la mention de la capitale, Bertille avait levé des yeux suppliants vers sa mère. Jamais encore celle-ci n’avait quitté réellement Ansemer, et elle rêvait sans doute de découvrir Alfaë. Et, sans doute, d’y retrouver Antonin, quand on voyait la manière très peu discrète et totalement enfantine dont elle le couvait du regard. Adorable.

Je serai ravie de venir vous rendre visite à la capitale, si mon époux m’autorise. La ville est magnifique, et rayonne dans tout Arven pour représenter notre empire.

Et elle y croyait, à ces mots qu’elle mettait sur le papier.
Soyez assuré que je ne manquerai pas de m’y rendre dès qu’une occasion se présentera.



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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyDim 17 Juin - 0:00

Je ressentis un vif plaisir de savoir que mes propos avaient réussi à convier mes sentiments à propos de mon duché d'origine.  Outrevent était différent de Cibella.  La Rive n'était qu'une petite baronnie et son vent se précipitant sur les murs, instiguant une mélodie frappante me manquait.  Pour elle qui vivait dans le silence, peut-être que le tumulte de la tempête serait encore plus réjouissant.  Bien qu'elle ne communiquait qu'avec l'aide du papier, je la trouvais très articulée dans ses idées.  Elle s'exprimait avec une certaine aisance et confiance et parfois je me demandais s'il fallait voir plus derrière les mots qui se traçaient sur le papier sous le mouvement de sa plume.  C'était difficile.  Je ne voulais pas faire usage de ma magie à son insu : c'était une preuve d'un manque de confiance que je ne pouvais pas tolérer.  En devenant mage de vérité, je m'étais fait le serment de ne jamais abuser de mes compétences quand ce n'était pas nécessaire.  Quant à savoir si Jehanne d'Ansemer était réellement charmée par mes descriptions de mon duché de naissance, il n'y avait nul besoin de m'assurer si c'était vrai ou faux.  Elle n'était pas obligée de me donner son réel ressenti à ce sujet.  C'était son droit de mentir.  D'ailleurs, n'était-elle pas lagrane?  Les habitants du duché des jardins étaient habiles pour masquer ce qu'ils désiraient garder caché.  À propos d'un sujet si trivial, je ne me voyais toutefois pas la soupçonner de dire des choses qu'elle ne pensait pas du tout.  Je ne pouvais me résoudre à la faire baisser dans mon estime aussi tôt.  C'était l'amie de Gabrielle, nécessairement, elle devait être charmante.

Je remarquai d'ailleurs les yeux brillants de la fillette qui me rappelèrent ceux d'Armandine quand je revenais en vacances et que je lui évoquais les splendeurs de l'Académie.  La princesse n'avait sûrement que très peu eu l'occasion de quitter le palais ducal depuis sa naissance.  Avant de devenir prince de Faërie, je n'avais jamais complètement réalisé à quel point être héritier pouvait être astreignant.  En héritant de la baronnie de mon père, je n'avais pas les mêmes contraintes qu'en étant destiné à prendre sa suite sur le trône de Faërie, j'étais beaucoup plus libre.

« Bien évidement, j'espère que vous viendrez avec votre mère princesse Bertille.  Il ne me ferait pas plus grand plaisir que de vous montrez les nombreuses salles du palais, » fis-je pour inclure la petite princesse dans l'invitation.  Cela la rendrait certainement heureuse et je ferais préparer expressément un service à thé pour sa distraction lors de son séjour.  Armandine pourrait peut-être contribuer en l'égayant avec quelques unes de ses poupées : elle n'était plus en âge de jouer avec.

« Peut-être pourrions-nous également avoir une petite réception et un bal.  Vous me ferez l'honneur de danser avec moi, n'est-ce pas? »

Je reportai mon attention alors sur la mère envers qui je ne désirais pas manquer d'égards non plus : c'était bien elle que j'étais venue voir, bien qu'il semblait de mon devoir également de m'assurer que nos conversations d'adulte ne l'ennuient pas trop.  J'esquissa alors un sourire timide, car je songeais déjà à la raison qui pourrait l'appeler à Alfaë, bien que je la verrais y venir bien plus tôt avec grand plaisir.

« Je crois que l'occasion se présentera bientôt, du moins je l'espère. »  Je tentai de contrôler la rougeur de mes joues.  Pendant ce séjour en Ansemer, je l'avais déjà décidé, je demanderais à Gabrielle de la Volte sa main et j'avais bon espoir qu'elle me l'accorde.
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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyMer 27 Juin - 15:22

Avait-elle, la duchesse, un quelconque regret quant au fait qu’elle parlait au fils d’un homme qu’elle ne soutenait pas ? Aucun. Elle était assez intelligente, et au fait des différences générationnelles, pour savoir que jamais l’enfant n’était exactement le reflet de son géniteur. Enfin, presque jamais. Et quand cela arrivait, c’était un témoin soit d’une cohésion familiale assez étrange… Ou d’une manipulation subtile. Enfin, ce n’était que son idée, après tout. Une idée formée à cause de son enfance, de son adolescence et de tout ce que Rodrigue avait fait : elle n’avait jamais été ce qu’il avait voulu, et en avait été fière d’une certaine manière ! L’enfant qui aurait pu renouer avec Lagrance, quand le comte était lui-même peut-être plus tourné vers Ansemer ; la fille qui n’avait que peu visité le port, plus intéressée par l’intérieur des terres, par le peuple qui occupait les villages attenants que par ceux qui vivaient près de l’océan. Elle avait également été au fait, Jehanne, que les manigances des parents pouvaient ressortir bien vite sur les enfants. Secrètement, elle s’était juré de ne jamais faire de sa fille un instrument pour atteindre Bartholomé, ou qui ou quoi que ce soit. Elle-même l’avait vécu une fois. Il n’était pas question que Bertille eût à pâtir de ce genre de choses.

Le regard coulé vers sa fille était amusé, tendre et mystérieux. Elle ne lui disait pas non : comment aurait-elle pu ? Mais il faudrait que son époux acceptât qu’elle quitte le palais, qu’elle quitte Ansemer avec sa fille. ( On se doutait bien que de laisser la duchesse aller se perdre loin de lui ne lui poserait pas grand problème, des fois qu’un incident arrive. ) Elle l’emmènerait, donc, si jamais l’occasion venait. Beaucoup de si, dans leurs vies.

Bertille releva ensuite les yeux vers Antonin, un petit sourire aux lèvres. Elle le remercia, avec toute la candeur habituelle qu’elle mettait dans ses phrases, avant de pencher un peu la tête. Elle ne pouvait décemment pas dire qu’elle ne savait pas trop bien danser, ça non ! Elle aurait l’air ridicule ! Mais ça ne se faisait pas, de mentir à quelqu’un qu’on aimait bien. ( même si la princesse ne le connaissait que depuis moins d’une heure : il était beau, il aimait la dinette et puis voilà. Logique imparable) Finalement, l’option la plus logique restait d’acquiescer. Elle apprendrait à bien danser d’ici là, et c’était tout.

Jehanne reprit son carnet, quelque peu intriguée par la manière dont la chose lui était présentée. Il était vrai que la princesse Armandine, sœur de l’homme qui se tenait en face d’elle, avait été officiellement fiancée il y avait de cela une semaine. De là à penser que la nouvelle amène le couple ducal au palais d’Alfaë ? C’était possible. Mais non, ce sourire un peu gêné, comme s’il savait quelque chose que la blonde ignorait mais qu’il semblait se cacher à lui-même.
Vraiment, votre Altesse ? Une célébration particulière se profilerait-elle ? Quelque chose de joyeux, je l’espère pour vous. Il serait fâcheux de nous retrouver pour de tristes raisons.
Surtout qu’en ce moment, avec la Chasse sur leur continent, la guerre suspendue suite à la mort de l’empereur ennemi, ils avaient bien assez de tristes raisons d’exister.



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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyVen 27 Juil - 15:10

Le bonheur de la petite princesse devant mon invitation était palpable, ses joues étaient rosies par la joie et c'était vraiment une charmante enfant que la fille du duc d'Ansemer.  Il n'était pas question de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, naturellement, mais il y aurait certainement une bonne raison de les inviter à séjourner à Alfaë : les nobles ne manquaient jamais de prétextes pour célébrer.   Même si les objectifs de mon séjour n'aboutissaient à rien, je tiendrais ma promesse.  Mais j'avais un bon sentiment bien que mes espérances pourraient s'accomplir sans non plus y croire aveuglément : j'envisageais toujours la possibilité d'un refus. Je voulais pas devenir un homme trop suffisant et prendre trop de confiance.  Oui, devant elle, je devrai me montrer sûr de moi, prêt à entendre la réponse que je désirais, mais je devais aussi lui laisser la place à y réfléchir et faire un choix d'elle-même.  J'aurais été blessé qu'elle accepte ma proposition parce qu'elle s'y sentait obligé : ce n'était pas du tout mon intention.   La duchesse devant moi pouvait-elle dans son mutisme palper la nervosité qui était en moi et que je tentais tant bien que mal de contrôler?  Probablement pas, mes manières ne laissaient rien trahir et seul ce petit échange m'avait forcé à penser plus concrètement à ce que je désirais entreprendre.

« Il est possible que d'heureux événements portent vos pas à Alfaë un jour prochain.  Rien n'est encore décidé, mais quand tout sera fixé, j'ai le plaisir de croire que vous ne serez pas la dernière prévenue, » répondis-je avec un sourire charmeur.  Proche amie de Gabrielle, si cette dernière acceptait ma demande, il me semblait raisonnable de croire qu'elle puisse désirer prévenir rapidement la duchesse d'Ansemer.

« Et si ces événements n'ont pas lieu, il y aura naturellement moyen de vous inviter pour une toute autre raison.  Une fois la guerre enfin terminée et remportée par Faërie, il y aura raison de se réjouir de sa fin. »  Je n'aimais pas la guerre.  Elle entredéchirait deux peuples pour des raisons qui me semblait si désuètes.  Et pourtant, je la savais nécessaire.  La trêve baignait encore nos contrées de paix et j'en étais soulagée, mais lorsque celle-ci prendrait fin, je savais que nous devrions vaincre.  Nous devions montrer aux Ibéens que nous n'étions pas à leur merci.  J'éprouvais de la compassion pour Octave d'Ibélène qui hériterait bien assez tôt du rôle d'empereur.  Bien que nous ne nous soyons jamais vus, nous étions cousins, une part de nous partageait le même sang et avant même de pouvoir nous connaître, nous étions ennemis.  Comment survivrait-il à travers tout cela?

« Nous traversons des temps difficiles, mais j'ai bon espoir que nous saurons les traverser et en devenir plus forts pour ne plus répéter les erreurs du passé.  Toutes les tristesses, toutes les personnes chères disparues n'auront pas existé en vain.  Pour les générations futures, pour les enfants comme Bertille, tâchons de leur préparer un nouveau monde où ils ne connaîtront rien de tout cela. »

J'avais confiance.  Quel était mon rôle dans ce noble but que je me donnais, je ne le savais pas encore.  Serait-ce en tant qu'empereur de Faërie en prenant la place de mon père quand il ne sera plus ou serait-ce plutôt en compagnie d'Agonie?  J'avais encore beaucoup à penser, beaucoup à réfléchir et je ne savais encore quelle voie prendre.
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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyMer 15 Aoû - 0:28

Jehanne commençait à être de plus en plus suspicieuse. Pas dans le mauvais sens du terme, évidemment : elle n’avait pas pour le prince héritier de Faërie une quelconque animosité, comme cela avait été démontré plus tôt ; elle n’avait, somme toute, à son égard, qu’une retenue discrète comme il convenait d’en avoir une quand on était duchesse et que l’on s’adressait au futur empereur de leur empire. Une retenue discrète rongée par la curiosité, certes, mais une retenue : elle n’allait pas se mettre à le supplier de lui livrer quelque secret qu’il pouvait renfermer en lui ! S’il en avait, d’ailleurs, ce dont elle pouvait légèrement douter.
Et pourtant, il y avait ce sourire. Il y avait comme l’impression qu’elle ratait quelque chose qui allait se préparer.
Quelque chose d’incertain, quelque chose pourtant qui semblait presque la concerner. Si aucune ombre ne passa dans son regard, si ses mains ne tremblèrent pas et ne se crispèrent pas sur ses affaires, si elle ne laissa rien paraître, elle eut peur. Oui, peur. Une peur vibrante, camouflée sous son propre sourire, sous ses lèvres scellées. Se pouvait-il qu’il sache, le prince ? Se pouvait-il que son talent, sa magie, soit si puissante qu’elle voit à travers les formules d’usage ? Se pouvait-il qu’en lisant ses mots, qu’en voyant Bertille, qu’en connaissant Bertin, il ait pu faire un rapprochement que son esprit lui aurait confirmé en cet instant ? Le pensait-elle vraiment si vil et si fourbe ?
Non.
Mais elle tenait tellement à son secret… Elle y tenait. Elle savait pourtant qu’un jour il pourrait éclater, mais elle priait les dieux, si fort, que jamais personne ne s’aperçoive de rien. Qu’au moins Bertille puisse grandir en paix, que Bertin soit épargné. Qu’au moins, ce soit elle et elle seule qui se prenne les foudres de tous. Elle savait qu’elle ne saurait l’endurer, mais qu’une fois bien blâmée, il ne resterait rien à reprocher à sa fille ou à son aimé.  

Mais non. Heureusement, non. Il parlait de la guerre, enfin, elle le supposait. Ses peurs et ses doutes se calmèrent quelque peu.. Quelque peu. Elle était constamment à la recherche de celui qui pourrait la dénoncer. Pouvait-on l’en blâmer ?
Bertille restait sage, à leurs côtés, mais on voyait bien dans son regard brillant qu’elle approuvait chacun des mots du prince. Elle ne voulait pas vivre dans la guerre. La guerre c’était nul, ça coulait des bateaux, ça tuait des dragons, ça blessait des familles. Stupide et ridicule.

« Vos paroles sont sages, altesse. Elle ne peuvent que résonner en moi : seuls les fous chercheraient à se stopper en si bon chemin, alors que nous pouvons remporter cette guerre. Ce monde dont vous me parlez, ce sont nos actes qui le créeront. Je n’entends pas uniquement notre victoire indéniable sur Ibélène, mais l’apprentissage de la paix et de l’amour de son prochain, pour que celle-ci dure… Les hommes se doivent de l’apprendre également. »
Elle avait vu bien des gens la refuser, la rage dans les yeux. Elle avait vu comment les personnes, même au plus fort de l’épidémie, refusaient une aide par peur. Comme si la main tendue dans un geste d’aide ne pouvait que leur faire du mal.

« Pardonnez, je m’égare. Quel que soit l’évènement, qui d’ailleurs semble vous mettre de très bonne humeur, sachez que je me rendrais en notre capitale avec un grand plaisir… Ainsi que Bertille. »




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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyMar 18 Sep - 0:13

Je m'exprimais avec beaucoup plus d'aisance que je ne le croyais possible en la question, considérant que je n'avais encore nullement formulé ma demande auprès de Gabrielle.  Peut-être était-ce fort prétentieux de ma part de déjà songer aux invités de notre mariage, si elle acceptait ma proposition que je ferais lors de ce séjour en Ansemer, tous deux.  Le visage songeur de Jehanne toutefois m'inquiéta.  Se doutait-elle de l'événement auquel je faisais allusion?  Devais-je voir dans cette expression un doute sur sa concrétisation?  Je ne m'étais pas caché de faire la cour à la princesse cibellane, bien que je n'avais demandé l'autorisation à personne pour prétendre à ses attentions.  Se pouvait-il que la duchesse sache quelque secret menant à l'échec de mes démarches qui jusqu'ici m'avaient paru plutôt fructueuses?  Le doute s'empara cruellement de mon cœur tandis que je faisais mine de ne rien remarquer, comme si j'étais ignorant de tout.  J'aurais pu tenter d'utiliser ma magie, mais je me faisais un devoir de ne jamais y recourir sans l'accord de l'autre ou alors qu'il n'y ait pure nécessité.  De cette inquiétude, je ne pouvais laisser rien paraître et je me taisais donc, en attendant qu'elle ne me fasse réponse, ce qui prenait un peu plus de temps en raison de sa manière de communiquer.  Il fallait quelques instants de plus pour écrire que pour dire et si cela ne m'avait pas de prime abord gêné, désormais j'en étais déboussolé et anxieux.  Mais rien dans les mots tracés sur le papier ne purent m'éclairer et je m'obligeai à songer qu'il y avait rien et que tout était le fruit de mon imagination.

« Je vous remercie de votre foi en notre victoire.  C'est la votre et celle des autres duchesses qui convaincront le peuple d'avancer.  Tant que nous continuerons à croire en Faërie, elle rayonnera. »

Je parlais avec conviction.  Il me désolait de savoir notre empire en guerre avec le voisin, mais parfois les guerres étaient inévitables.  Nous ne pouvions sacrifier l'honneur de Faërie au profit d'une paix désirée au profit de parents.  Pas quand leurs hommes ne respectaient pas les nôtres.  Non, ce temps armé était nécessaire.  Jamais mon père n'aurait pris une décision qui ne seyait point à son peuple.  J'étais heureux, heureux de ne pas avoir à faire une pareille décision, car elle était dure à prendre.  Dure parce qu'elle déchirait des familles au nom d'idéaux plus grands que ses membres.  Peut-être un jour viendrait aussi mon tour de déclarer guerre à l'ennemi.  J'espérais que cela n'arriverait jamais, que jamais je n'aurais à affronter ce garçon qui monterait sur le trône mais qui était avant tout mon cousin.  Un cousin que je ne connaîtrais sûrement jamais, mais un membre de ce qui était ma famille étendue, déchirée et détruite.  Nous aussi, nous avions fait des sacrifices pour la grandeur de nos origines et de cette terre qui était nôtre.

« La paix viendra.  Vous n'avez pas tort de pousser de l'avant l'apprentissage de l'amour, de l'entente.  Ce jour ne tardera pas et nos hommes seront renvoyés à leurs femmes et enfants.  L'harmonie naîtra de ce chaos. »

J'esquissa un sourire gêné, n'osant toujours pas me prononcer sur mes projets.  Elle avait établi le doute dans mon esprit, je craignais qu'elle n'ait deviné mes intentions et qu'un seul mot de trop ne soit une invitation à parler et me révéler ce qu'elle savait sûrement mieux que moi.  Cette vérité serait trop dure à entendre et m'enlèverait tout courage de faire ma demande, alors j'ignorai sa lourde présence entre la duchesse et moi.

« Je compterai sur votre présence alors, c'est une promesse. »

Je dédia un clin d'oeil à la princesse avant de me lever avec légèreté.

« Je crois que je vous ai ennuyé suffisamment longtemps de ma présence, je vais ainsi prendre mon congé et vous rendre la liberté que je vous ai volée.  Ce fut un plaisir de vous rencontrer. »  Je m'emparai d'une des mains de la duchesse et m'inclinai pour y déposer un baiser empli de politesse avant de faire de même avec la petite main encore potelée de la princesse.
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Message Sujet: Re: Prendrez-vous une tasse de thé?   Prendrez-vous une tasse de thé? EmptyJeu 1 Nov - 12:22

Jehanne sourit, légèrement. Il était rare, ces derniers temps, qu’on lui accordât autant d’intérêt. Rare qu’une personne s’attarde, même pour discuter de banalités, avec celle qui était plus une décoration oubliée qu’un réel instrument politique. Elle était là parce qu’il n’y avait pas d’autre choix, elle portait un titre illusoire, sans pouvoir. Même ses appartements ne reflétaient pas son statut : là où l’on l’avait installée depuis bientôt dix ans, jamais auparavant les duchesses d’Ansemer n’y avait séjourné. Les invités de marque, de rang inférieur, oui - ce qui expliquait la position excentrée -, mais pas la duchesse. Mais elle s’en satisfaisait, encore. Elle était au calme, souvent. Mais lorsque des visites se produisaient, comme en cette fois, elle ne pouvait s’empêcher de trouver la situation légèrement ridicule : n’aurait-elle pas dû pouvoir offrir à tous, du moins à ceux qui venaient lui rendre visite, un confort et un paraître digne d’une duchesse ? Elle qui se sentait si peu investie de ce rôle que l’on n’avait de cesse de lui retirer, encore et encore, aurait au moins voulu maintenir l’illusion de cette couronne qui jamais n’avait été posée sur son front.

La conversation commençait à s’épuiser, doucement, et Jehanne s’en désolait quelque peu : les visites étaient souvent uniques, qu’elles viennent d’un prince impérial ou d’une autre personne. On ne repassait pas deux fois voir la duchesse d’Ansemer en sa prison, où chaque jour était le même et chaque mot résonnait sur le papier plutôt qu’entre les murs. Son avis sur Antonin resterait secret - comme tout, dans sa vie.

Celui de Bertille, en revanche, était sans doute clair comme de l’eau de roche : à voir la manière dont elle semblait se désoler de son départ prochain, ses grands yeux presque humides tournés vers lui, elle appréciait le prince. Elle rosit quand il déposa un baiser sur sa main, lui offrant à son tour un sourire et une légère révérence. (il faudrait qu’elle raconte à Rose cette aventure très bientôt immédiatement après.)

Jehanne quand à elle, s’inclina légèrement avant de tracer des derniers mots sur son carnet. Tout le plaisir fut pour nous, votre Altesse. Vous rencontrer a été une véritable joie. Si d’aventure vous reveniez à Port-Liberté, ou si durant votre séjour il vous prenait l’envie durant votre temps libre de venir nous rendre visite nous serons ici.

Jehanne ne savait pas, encore, que jamais elle ne devrait revoir le prince. Bertille le ferait ,sans doute. Mais pas elle, ou alors pas sous d’aussi heureux auspices.



Tomorrow's been slipping away and nothing remains.




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