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 Le visage de la vérité

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Alméïde de Sombreflamme
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Message Sujet: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptyLun 2 Avr - 23:52


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Anwar Sinhaj & Alméïde de Sombreflamme

Le visage de la vérité

Quand le passé nous rattrape



• Date : 30 mars 1003
• Météo (optionnel) : Il neige à gros flocons
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Alméïde apprend qu'un garde de la délégation erebienne a été blessé, le même garde qui a tenté de rattraper l'un des assassins présents lors du couronnement. Préoccupée, elle va voir s'il a été bien pris en charge par ses homologues kyréens.
• Recensement :
Code:
• [b]30 mars 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3561-le-visage-de-la-verite]Le visage de la vérité[/url] - [i]Anwar Sinhaj & Alméïde de Sombreflamme[/i]
Alméïde apprend qu'un garde de la délégation erebienne a été blessé, le même garde qui a tenté de rattraper l'un des assassins présents lors du couronnement. Préoccupée, elle va voir s'il a été bien pris en charge par ses homologues kyréens.



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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptyLun 2 Avr - 23:57

Il y a un autre homme blessé. Un homme qui a couru après l'un des assassins. Un homme qui a voulu attraper les responsables du sang qui a coulé. Un homme venu d'Erebor qui a été pris en charge par les médecins kyréens et qui se repose désormais avant le départ de la délégation. L'information est parvenue à Alméïde, peu après sa discussion avec Anthim, quand elle est allée les voir pour s'assurer que lui et sa famille allait bien, ainsi que ses hommes et tous ceux qui les ont suivis. Elle n'a pas tardé très longtemps avant de se rendre auprès d'eux ; elle se doute qu'ils ne resteront pas très longtemps après ce qu'il s'est passé, et force est de constater qu'elle a raison. Alors elle ne va pas encore dormir, malgré la fatigue émotionnelle qui menace de la submerger. Désormais dame de Sombreciel, il y encore de la princesse d'Erebor qui brûle au fond de son coeur et elle tient à aller voir cet homme blessé, celui qui est allé plus loin que son devoir, avant qu'il ne reparte avec sa délégation. La confiance qu'elle porte en la compétence des médecins kyréens n'y est pour rien dans ce désir de s'assurer qu'un homme de son peuple va bien, il n'y a que la volonté farouche d'une Erebienne de ne souhaiter que du bien à un natif des dunes. Alors elle s'enquiert de son état après avoir quitté son frère, elle s'informe sur sa blessure, sur l'endroit où il se trouve. Et elle s'y rend, escortée par quelques gardes du palais suspicieux et surtout sur le qui-vive après tout ce qu'il s'est passé.

Quand Alméïde parvient devant la porte du blessé, elle s'arrête une fraction de secondes, marque un temps d'hésitation. Il y a quelque chose qui vogue à l'orée de son esprit, une pensée qu'elle ne parvient à saisir, comme un pressentiment – une image floue qu'elle ne peut réellement deviner. Elle frappe à la porte et attend qu'une voix lui parvienne à travers le battant pour l'ouvrir à gestes précautionneux.

La petite chambre qui accueille le blessé ne paie pas de mine, mais un feu ronfle dans la cheminée et la fenêtre ne laisse passer aucune lueur dans la nuit noire – seuls quelques cristaux s'ajoutent à la lueur de l'être pour éclairer la pièce. De gros flocons tombent depuis plusieurs heures, recouvrant tout de son blanc manteau. Ce n'est pourtant pas ce qui attire le regard de l'Erebienne. Doucement, elle referme la porte et se retourne vers le lit, soudain tendue devant le visage qui lui fait face. À ses côtés, une joaillière qu'elle connaît bien – les voir côte à côte fait un instant monter l'angoisse en elle. Les souvenirs remontent, plus vifs, teintés d'écarlate. Un frère, une sultane cruelle. Ces traits, ces yeux... Le médecin déglutit et elle fait un pas en avant, hésitante. « Pardon, je ne voulais pas déranger. Puis-je... puis-je m'entretenir seule un instant avec lui ? » demande-t-elle à l'artisane. Celle-ci acquiesce apparemment de bon coeur et quand elle referme la porte derrière elle, Alméïde porte toute son attention sur le garde. « Je viens voir comment se porte votre blessure. On m'a conté votre courage. » L'erebien des dunes chante et elle fait encore un pas en avant, sans se presser, comme si le moindre mouvement brusque pouvait faire disparaître une illusion.

Alméïde s'arrête, au pied du lit. Elle a vu cet homme, lors du couronnement. C'était bref, le temps d'un battement de coeur, avant qu'il ne disparaisse parmi la foule. Elle n'avait pas rêvé. Elle l'a déjà aperçu, ailleurs, dans un autre temps, dans une autre vie. Et elle l'a déjà rencontré, elle a déjà pansé ses plaies, même si elle ne se souvient plus de ces instants car sa conscience se trouvait ailleurs, très très loin.
Ses souvenirs remuent au fond de son esprit confus.
« Je vous connais, pas vrai ? »


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Dernière édition par Alméïde de Sombreflamme le Lun 9 Avr - 16:29, édité 1 fois
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Anwar Sinhaj
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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptyLun 9 Avr - 4:35

La suite des derniers événements est un peu floue pour toi.  Le couronnement, tu ne sais plus, peu après que la Chasse Sauvage soit partie, tu t'es écroulé contre un des piliers de la salle du couronnement et on ne t'en a bougé que pour t'offrir les soins nécessaires à ta plaie causée par le carreau d'arbalète.  Tu as serré les dents alors qu'on traitait la blessure, pour ne pas montrer un seul instant de faiblesse.  Tu as déjà la honte à subir de ne pas avoir réussi à capturer l'assassin, tu ne supporteras pas celle de geindre sous les soins.  Les dégâts ne sont pas grave, tu te remettras, mais pour le moment tu es cloué au lit, les mouvements ne te sont pas interdits, mais en raison de l'emplacement de la lésion, l'immobilité t'est bénéfique.  Astarté, la jolie joaillère des dunes veille à ton chevet toute la nuit, sa compagnie t'es agréable et te réconforté quand tu n'arrives pas vraiment à dormir.  Elle te sauve de l'ennui de l'attente.  L'attente du départ.  Le froid et les glaces de Valkyrion n'ont plus aucun attrait et il est temps pour vous de retourner dans votre contrée de dunes dorées et de sable chaud.  Bien qu'elle devrait préparer son départ, elle reste près de toi. Elle empêche l'ennui de s'emparer de toi qui ne peut lire car tu ne la jamais appris, ni caresser les cordes de ta cithare car la moindre torsion du torse te fait souffrir.

Tu te sens près de t'assoupir quand on toque à la porte.  Subitement réveillé, tu invites le visiteur ou la visiteuse à entrer. Tu es surpris toutefois quand le lourd battant s'écarte sur le visage de ta sœur. Qui demande à Astarté un entretien en tête à tête avec toi. Et rapidement, vous vous retrouvez seuls dans la pièce, avec l'ombre de l'absence de la joaillère.  Tu tentes de garder un visage aussi impassible que possible quand elle te complimente sur ton courage.  Ton cœur se serre d'un certain bonheur.  Même si elle ne sait pas que vous êtes parents, elle reconnaît une bonne action de ta part et son compliment se pose comme un baume sur ton cœur meurtri par la honte.  Tu tentes de te redresser pour lui adresser un salut empli de respect.  Même si elle est ta petite sœur, même si elle n'est désormais plus princesse d'Erebor car elle a épousé le duc de Sombreciel et est devenu une seconde épouse, elle reste un joyau du roc et du sable à jamais dans ton cœur.

Ses propos toutefois te troublent.  Reconnaît-elle en toi le guerrier qu'elle a autrefois soigné aux abords de Vievedune dans un camp de réfugiés?

« Votre Altesse, votre visite m'honore, réponds-tu dans la langue chante des dunes qui vous ont vus grandir, Vous m'avez soigné en mai dernier d'une blessure à l'abdomen. »

Tu te permets de la regarder à la dérobée, cherchant dans son visage les traces de son quotidien depuis qu'elle est installée en Sombreciel.  Depuis qu'elle a épousé cet homme décadent, la honte d'Ibélène.  La traite-t-il bien?  La rend-elle heureuse?  Tu aimerais lui poser toutes ces questions, mais tu n'en fais rien.  Tu n'en as pas le droit.  À ses yeux, tu n'es qu'un simple soldat d'Erebor.  Un sourire triste se dessine sur ton visage.

« Je vous en prie, asseyez-vous.  Je doute qu'une visite à un vieux guerrier ne se prolonge longtemps, mais vous devez être également épuisée.  On m'a raconté vos exploits à vous aussi.  Votre maître au palais serait fier de vous. »  Tu n'as pas oublié.  Les raisons pour lesquelles elle a décidé de devenir médecin sont gravées dans ton cœur.  Tu te remémores chacun des mots qu'elle a prononcé alors, son expression.  Et tu loues Callia d'avoir choisie en ta sœur un disciple.  « Le jeune Cielsombrois se porte bien?  C'était d'une bravoure exceptionnelle à lui de se jeter en travers de la trajectoire du projectile pour protéger l'empereur. » Le mot a un goût de cendres dans ta bouche.  Il était mort, puis il est revenu à la vie.  Il a foulé le royaume de Sithis pour en revenir.  Il y quelque chose de trop surnaturel là-dedans pour te rendre confortable à l'idée de l'existence d'un tel homme.  La sécession d'Erebor te réconforte quelque peu.  Tu sais que tu as beaucoup parlé, mais le silence qui a précédé la venue d'Alméïde a été pesant et même si ce n'est que pour échanger des banalités, tu espères que cette brève visite te permettra de la connaître encore un peu mieux.  Un grain de sable à la fois.
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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptyJeu 26 Avr - 1:28

Le silence se fait dans la pièce. Entre eux plane ce qui aurait pu être, ce qui n'a jamais été. Elle voit son visage et chaque grain qui s'écoule dans le sablier du Destin est une certitude de plus qu'elle ne s'est pas trompée, qu'elle le reconnaît. Son visage garde pourtant une relative sérénité, masque tranquille sur l'océan d'émotions qu'elle désire dissimuler. Elle ne parvient pas à comprendre comment ce qu'elle peut voir est vrai. Elle ne saisit pas, elle n'y arrive pas. Et pourtant, elle sait qu'elle ne rêve pas.

« Votre Altesse, votre visite m'honore. Vous m'avez soigné en mai dernier d'une blessure à l'abdomen. » Sourcils froncés, elle fouille dans sa mémoire, tout en sachant pertinemment qu'elle n'y retrouvera pas cette rencontre. Elle aurait pu demander une confirmation à Simon, mais cette partie-là de son esprit est toujours irrémédiablement vide et le restera à jamais. L'écho de cette absence se fait douloureux, de moins en moins fort néanmoins, et elle tente un sourire qui ne possède guère toute la joie qu'elle aurait aimé y mettre. Elle l'a peut-être soigné, oui. À son retour à la réalité, elle a cru comprendre qu'elle avait aidé Sitara à gérer l'afflux de réfugiés à Vivedune. Remettre sa parole en doute ne lui vient même pas à l'esprit.

« Je vous en prie, asseyez-vous. Je doute qu'une visite à un vieux guerrier ne se prolonge longtemps, mais vous devez être également épuisée. On m'a raconté vos exploits à vous aussi. Votre maître au palais serait fier de vous. » Elle s'installe sur le siège laissé par l'artisane au chevet du guerrier, sans parvenir à dissimuler sa surprise toutefois. Lui a-t-elle parlé de son maître, lors de leur rencontre ? A-t-il entendu cette histoire de la bouche d'un autre ? Elle ne peut en être certaine, alors elle se contente d'incliner poliment la tête. « Je vous remercie, je n'ai fait que mon devoir. » répond-elle d'une voix douce, humble, avant de relever les yeux pour les poser sur les siens. Si bleus. Comme ceux d'Anthim, songe-t-elle.

« Le jeune Cielsombrois se porte bien ? C'était d'une bravoure exceptionnelle à lui de se jeter en travers de la trajectoire du projectile pour protéger l'empereur. » Elle s'apprêtait à prendre la parole, mais il la prend au dépourvu. Un petit soupir soulagé, précède sa réponse. « Il va s'en sortir, heureusement. Il devra se reposer et faire attention pendant quelques temps pour éviter que la blessure ne s'ouvre à nouveau, mais je veillerai sur lui. » Un sourire affectueux glisse sur ses lèvres. Elle veillera sur Melbren, oui. Elle a eu si peur et elle continue de s'inquiéter pour son bien-être, maintenant qu'il est hors de danger.

Le mince sourire de l'Erebienne prend des accents de mélancolie, tandis que ses yeux viennent retrouver ceux du guerrier. Ses doigts se rejoignent et s'entrelacent sur son giron, pour ne pas trembler, alors que son regard se fait songeur. Après un court silence, elle décide de dire ce qu'elle a sur le coeur. « Je ne me souviens pas vous avoir rencontré, ni de vous avoir soigné, j'en suis navrée. » Elle a la mémoire des visages pourtant, et il est rare qu'elle ne se rappelle pas un patient. Les circonstances sont néanmoins exceptionnelles. « Mais si je ne me rappelle pas votre visage dans cette vie, je me le rappelle dans une autre. Si je ne me rappelle pas vous avoir soigné, je me rappelle avoir pris votre vie... » Les mots ne sont que murmure, ils masquent une douleur qui menace d'éclater dans sa poitrine. « Le Sablier du Temps s'est joué de nous, en mai dernier. J'ai été élevée comme princesse d'Erebor, certes, mais c'est vous qui en étiez le sultan. Mon frère. » Elle déglutit avec difficulté, sans le quitter des yeux. Elle ne pourra oublier le sang qui tachait alors ses mains, ni l'éclat qui s'estompait de son regard. Un crime qu'elle n'a pas commis et qui pourtant pèse encore en son coeur.


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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptyMar 8 Mai - 17:36

Tu es soulagé d'apprendre que le Cielsombrois se portera bien malgré le coup vicieux qu'il a reçu pour l'Empereur.  Il aurait été dommage qu'il ne se sacrifie pour rien, surtout qu'un second trait avait bel et bien atteint sa cible.  Toutefois, tu éprouves un profond malaise à l'idée de savoir que ce dernier est encore vie.  Tu étais prêt à soutenir les efforts d'un nouvel empereur, tout aussi jeune soit-il, mais d'un mort-vivant…  Tu te réjouis de savoir qu'Erebor ne fait plus partie de cet empire dirigé par un être qui a bafoué le royaume de Sithis.  Néanmoins, tu le plains un peu.  Sa mort tout comme sa résurrection n'étaient pas de son ressort.  Les difficultés qu'il devra affronter seront nombreuses.  Mais tu n'as pas vraiment le loisir de te préoccuper de cela, ta fidélité ne va pas à Ibelène, mais bien à Erebor et au Pic de Roc-Épine.  Leurs soucis ne sont pas les tiens.

Tu es quelque peu surpris de cet aveu, vous aviez échangé lorsqu'elle t'a soigné, néanmoins… il y avait tant de blessés dans le camp de réfugiés, tant de gens qui avaient besoin de soins, pourquoi se serait-elle particulièrement souvenue de toi?  Ton visage devait seulement lui être familier sans qu'elle n'arrive à se souvenir, tout simplement.  Tu ne voyais pas d'explications plus logique à cette réflexion.  De quelle autre façon aurais-tu pu lui paraître un visage connu?  C'était l'unique fois en-dehors de celle-ci où vous avez échangé, où tu as pu lui parler.  Par le passé, tout ce qu'à été votre relation, c'était des regards lancés de loin, de là où tu étais invisible.

Tu es sur le point de répondre que ce n'est pas grave, que tu n'es qu'un soldat parmi tant d'autres et qu'il est très normal qu'elle ne se souvienne pas d'un jour éloigné, presqu'un an plus tôt, alors qu'il y avait tant de gens à soigner.  Toutefois, la surprise n'est pas terminée et tu ne peux masquer complètement l'étonnement sur ton visage quand tu entends la suite de ses révélations.  Son frère.  Tu as entendu parler de cette vie alternative, mais elle ne t'a pas affectée, du moins, tu n'as aucun souvenir de ce qu'à pu être la tienne et ce n'est pas plus mal comme ça.  L'émotion est vive.  Croit-elle que tu es son frère dans cette vie-ci aussi?  Ce mince espoir te donne envie de lui tendre la main, de tout lui révéler, mais tu vis dans le secret depuis si longtemps…  Celui-ci prend le dessus rapidement.

« Je crois que vous faites erreur sur la personne.  Je ne suis qu'un simple garde de Roc-Épine.  Je n'ai pas de souvenir de cette vie dont vous parlez, » réponds-tu.  Des échardes venimeuses semblent percer ton cœur alors que tu prononces ces mots.  Peut-être oui, peut-être dans une autre vie aurais-tu été sultan et roi des gitans.  Mais cet Anwar-là est mort, mort depuis longtemps et à quoi bon ressasser les souvenirs d'un passé qui n'a jamais été.  Alméïde était désormais la femme de Castiel de Sombreflamme, bien que tu n'approuvais pas exactement le choix de son époux, elle s'était assuré un futur confortable où tu n'avais pas ta place.  « Anwar d'Erebor est mort il y a 33 ans de cela et il vaut mieux le laisser reposer là où il est.  Il y est plus heureux. » Un sourire triste passe sur ton visage.  Si tu avais grandi au palais, serais-tu le même homme aujourd'hui?  Probablement pas.  Il est difficile de rester bon quand on vit dans un pareil endroit.

« Empruntant les traits de votre frère, un seul instant, permettez-moi de vous conseiller de ne plus songer à ce qui s'est passé dans cette vie alternée.  Si comme vous dites vous avez pris sa vie, il vous aura pardonné à cet instant même, il n'aurait pas dû vivre jusqu'à l'âge de prendre la place de son père.  De cette rencontre dont vous ne vous souvenez pas, je sais que vous avez bon cœur et que vous avez encore beaucoup trop de belles choses à accomplir pour ressasser le passé.  Je suis certain que votre véritable frère, celui de cette réalité, vous a toujours aimée. »

Il t'est impossible de lui dire directement combien elle t'est chère, même sans la connaître.  Dans vos veines coule le même sang.  Dans le tien s'y mêle le remords de ne pas avoir été le grand frère que tu aurais dû être.
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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptySam 2 Juin - 14:10

Elle est incapable de le quitter des yeux. Son coeur bat si fort, à cet instant, elle est persuadée qu'il doit l'entendre résonner dans toute la pièce. Son regard scrute les détails de son visage et, à mesure que les secondes passent, elle est un peu plus sûre d'elle. Elle reconnaît chaque trait, chaque courbe. À moins que ce ne soit le désir de retrouver un frère perdu qui l'incite à penser qu'elle revoit en lui l'homme de cette autre vie ? Une part de doute s'installe au coeur de la certitude, elle appréhende sa réaction. La prendra-t-il pour une folle ?

Il semble un instant surpris – qui ne le serait pas ? Le silence s'installe, quelques instants, puis la voix du guerrier le brise avec douceur. « Je crois que vous faites erreur sur la personne. Je ne suis qu'un simple garde de Roc-Épine. Je n'ai pas de souvenir de cette vie dont vous parlez. » Un simple garde de Roc-Épine. Oui. Peut-être. Alméïde l'observe avec attention, tente de déceler dans son regard ou dans les paroles quelque chose qui confirmerait ses soupçons. Il n'y a aucune preuve, rien qu'un pressentiment qui s'éternise, alors qu'elle voit dans ses yeux le reflet de ceux d'Anthim. Voit-elle uniquement ce qu'elle veut voir ? Ô Aida, puisses-tu guider celle qui se trouve sous ta protection. Mais l'homme insiste.

« Anwar d'Erebor est mort il y a 33 ans de cela et il vaut mieux le laisser reposer là où il est. Il y est plus heureux. » Mort. Tout comme sa mère qui a fini par le rejoindre. Une profonde tristesse lui étreint le coeur – elle voudrait tant qu'elle soit à ses côtés, à cet instant. « Empruntant les traits de votre frère, un seul instant, permettez-moi de vous conseiller de ne plus songer à ce qui s'est passé dans cette vie alternée. Si comme vous dites vous avez pris sa vie, il vous aura pardonné à cet instant même, il n'aurait pas dû vivre jusqu'à l'âge de prendre la place de son père. De cette rencontre dont vous ne vous souvenez pas, je sais que vous avez bon cœur et que vous avez encore beaucoup trop de belles choses à accomplir pour ressasser le passé. Je suis certain que votre véritable frère, celui de cette réalité, vous a toujours aimée. » Son regard semble flou, soudain, embué. Elle baisse les yeux quelques secondes, le temps de reprendre contenance tandis qu'elle songe à ses paroles, ainsi qu'à ses souvenirs. Le visage du sultan, elle ne l'a vu que quelques instants, dans la panique du moment, alors qu'elle s'éveillait les mains couvertes de sang. Elle n'a guère envie de revivre ces souvenirs, mais elle s'efforce de chasser l'angoisse pour revoir ces traits. La ressemblance est si troublante. Elle ne peut pas avoir tout inventé.

« Vos paroles sont sages et je vous remercie pour votre honnêteté. » répond-elle d'un simple murmure. Un nouveau sourire, un peu triste, naît sur ses lèvres. « J'oublie rarement un visage. » ajoute-t-elle soudain, songeuse. Elle a oublié leur précédente rencontre, mais compte-t-elle réellement si elle ne l'a pas vraiment vécue ? « Je revois le sien très souvent, en rêve. » Sa voix semble se briser à cet instant, mais elle se reprend très vite. « Pardonnez-moi, mais la ressemblance est si troublante, j'ai l'impression que le Destin se joue à nouveau de moi. Je crois que j'espérais simplement... pouvoir lui dire combien j'étais désolée, et combien il me manquait. » Sans même l'avoir connu, elle a toujours gardé une place pour ce frère perdu, au fond de son coeur. Plus jeunes, ses prières allaient parfois vers lui, au coeur de la nuit. Difficile alors de masquer sa déception ; elle n'a pas pu lui parler dans cette autre vie, elle ne peut pas plus lui parler aujourd'hui. Quelle cruelle fatalité que de lui faire miroiter ce qui aurait pu être, mais qui ne le sera jamais. Oh, bien sûr, elle a toujours Anthim et son amour pour le frère qui l'a élevée ne s'éteindra jamais ; même à présent qu'elle est dame de Sombreciel, elle restera un soutien indéfectible pour le sultan du Sable et du Roc. Pourtant, il y avait cette mince lueur d'espoir, cette petite étincelle qui brillait assez pour lui faire croire à l'impossible.


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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptySam 16 Juin - 21:35

En voyant les traits d'Alméïde se couvrir d'un voile de tristesse, ton cœur se serre atrocement.  Tu t'en veux de lui faire du mal, mais n'est-ce pas plus sage qu'elle ignore à jamais qui tu es?  Elle a été princesse d'Erebor grâce à Anthim.  Elle est désormais dame de Sombreciel.  A-t-elle besoin que tu ne viennes troubler son bonheur avec ton existence cachée?  Tu es résolu, du moins tu le crois : tu fais le bon choix en la protégeant ainsi.  Pourtant… n'est-ce pas également égoïste de ta part de lui interdire la vérité parce que tu crois que c'est ce qui est le mieux pour elle?  Comment peux-tu en être si sûr finalement?  Tu ne la connais que si peu, tu as seulement eu l'occasion de la croiser une courte fois quand elle a pansé tes blessures et elle-même ne s'en souvient plus.  Tout le reste ne te vient que de racontars. Tu n'as gardé que les plus élogieux, incapable de penser en mal de ta sœur.  Mais tout cela représente-t-il réellement qui elle est?  Une vague de culpabilité t'envahit devant son insistance.  Elle semble vraiment te reconnaître.  Lui mentir ainsi c'est… déchirant.  Inconsciemment tu pousses un long soupire qui exprime beaucoup de la couleur que tu ressens.  Ce sont ses mots qui t'achèvent.  TEs ueix deviennent humides tandis que deux perles se logent au coin d'eux.

Tu n'arrives pas à garder ta résolution.  C'est trop difficile.  Infliger pareille souffrance et désillusion à quelqu'un que tu aimes…  Bien que tu n'as pas pu la voir grandir, bien que tu as dû céder ce droit à un autre, elle t'es si chère à ton cœur.  Sans réfléchir plus encore, tu attrapes sa main que tu serres doucement, la pression que tu y exerces est remplie de tendresse.

« Votre frère, altesse, est sentinelle au Pic de Roc-Épine.  Parfois, il lui arrive de mener une caravane jusqu'à Vivedune.  Jusqu'à votre départ, il ne repartait jamais sans avoir tenté de vous apercevoir, même de loin. »

Tu n'oses pas la regarder alors que tu lui avoues à demi-mot la vérité.  Tu n'arrives pas à lui directement, à te prononcer son frère.  Par ailleurs, tu ne sais pas si on peut vous entendre, si des oreilles indiscrètes ne sont pas à l'affût de la moindre information.  Erebor vient de faire sécession avec Ibélène et cela en mécontentera certainement plusieurs.  Tu ne veux pas devenir un outil pour nuire à ton frère, même s'il ignore qui tu es.  C'est pour ça que tu t'adresses à elle en erebien des dunes, pour t'assurer qu'un nombre limité de personnes ne puissent comprendre.

« Il regrette, sincèrement, de ne pas pouvoir vous dire la vérité.  Il croit que c'est ce qui est le mieux pour vous.  Pour vous protéger, pour ne pas chambouler votre vie. »

Tu inspires profondément et chassant cette gêne qui ne t'est pas coutumière tu lèves ces yeux verts vers elle.  Un mince sourire qui lui demande pardon se trace sur tes lèvres.  « Il vous aime beaucoup.  Il aurait voulu vous voir grandir et vous protéger, mais son destin est autre.  C'est lui qui vous demande pardon de ne pas avoir été là. »

Il n'y plus rien à dire de plus.  Elle est intelligente, tu le sais, elle comprendra tout ce que tu viens de lui avouer.  Ton cœur saigne.  Tant d'années à garder le secret et finalement tu y a échoué.  Toutes les deux, elles t'ont reconnu.  Toutes les deux savent maintenant qui tu es.  Tu ne leur as jamais tendu la main pour que personne ne puisse jamais s'en prendre à elles pour t'atteindre toi et ainsi réussi à te faire chanter.  Cependant, elles ont tout de même réussi à te retrouver.  Elles ne t'avaient pas oublié.  Une première larme glisse le long de ta joue.
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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptyMar 26 Juin - 14:51

La déconvenue est forte, plus qu'elle ne l'aurait cru. Lorsqu'elle a vu son visage, elle y a immédiatement reconnu les traits de ce sultan d'une autre vie – a-t-elle pu se tromper ? N'est-ce qu'un vain espoir qui se matérialise sur le visage de ce guerrier qui a risqué sa vie pour tenter de rattraper un assassin ? Alméïde s'efforce d'ignorer la peine qui croît en elle comme une mauvaise herbe et qui envahit son coeur, elle n'a néanmoins jamais été douée pour dissimuler ses émotions.

La main de l'homme vient chercher la sienne et la suprise anime un instant les traits de l'Erebienne. « Votre frère, altesse, est sentinelle au Pic de Roc-Épine. Parfois, il lui arrive de mener une caravane jusqu'à Vivedune. Jusqu'à votre départ, il ne repartait jamais sans avoir tenté de vous apercevoir, même de loin. » Elle retient son souffle, prise au dépourvu par la révélation qui se dessine sous les paroles qui ne se veulent pas directes. Son regard accroche le sien, il y décèle cette vérité qu'il voulait laisser enfouie, et son coeur se met à battre un peu plus vite. « Il regrette, sincèrement, de ne pas pouvoir vous dire la vérité.  Il croit que c'est ce qui est le mieux pour vous.  Pour vous protéger, pour ne pas chambouler votre vie. » Le message est clair, dans ces quelques mots ; ne rien dire, ne rien révéler, garder le secret. Des larmes naissent au coin de ses yeux, entre joie immense et profonde tristesse. Le poids de ce lourd secret semble peser sur eux, difficile à ignorer. « Il vous aime beaucoup. Il aurait voulu vous voir grandir et vous protéger, mais son destin est autre. C'est lui qui vous demande pardon de ne pas avoir été là. » Le silence se fait, laisse place à un passé qui lui avait été caché. Une larme coule le long de sa joue, miroir de celle qui sillonne la peau du guerrier, et Alméïde serre un peu plus sa main.

« Je lui pardonne. Évidemment que je lui pardonne. » La voix n'est que murmure. Elle essuie sa joue d'un revers de main puis lui offre un sourire teinté d'émotions. Elle n'avait donc pas rêvé, il s'agissait bien du même visage, du même regard clair semblable à celui d'Anthim – c'en est troublant. Elle cherche sur son visage les ressemblances avec leur mère, elle cherche à déchiffrer cette vie qu'elle ne connaît pas dans les yeux humides. « Son secret ne craint rien avec moi, je vous le promets. Mais racontez-moi, je vous en prie, dites m'en plus sur lui. » Elle veut apprendre à le connaître, elle veut savoir ce qu'il est devenu, pourquoi il est désormais une sentinelle, tout ce qui fait qu'il est lui, Anwar.


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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptyLun 23 Juil - 5:09

Elle pleure.  Tu t'en veux de la faire souffrir alors que jusqu'à présent tu n'as jamais été qu'un fantôme dans sa vie.  Ce que tu aurais dû rester pour toujours, mais il est trop tard pour changer le passé.  Une boule se forme dans ta gorge alors que tu réalises que tu ne sais rien de ce qu'un grand frère doit faire pour consoler sa sœur en pleurs.  Tu retiens un soupir de découragement, pour ne pas l'attrister plus encore.  Tu ne t'es jamais senti autant impuissant, sauf peut-être devant ton ex femme, incapable de répondre à ses caprices, incapable de suivre son rythme.   D'étranges sentiment se frappent en toi, sans que tu ne puisses te les expliquer.  C'est si troublant, tu ne sais trop comment agir.  Mais finalement, comme si c'est elle l'aînée de la fratrie, elle t'indique la voie, sans même se douter sûrement de l'effet qu'elle a sur toi.  Rapidement, cela te semble comme une évidence.  Alors tu lui racontes.  Tu lui décris Roc-Épine et son pic élevé que tu t'amusais à grimper quand tu étais enfant.  Tes parents adoptifs qui ont pris soin de toi depuis que tu as quitté le palais et ses horreurs.  Tu lui racontes comment tu as juré de veillé sur Erebor à ta manière en intégrant la garde de Roc-Épine puis en gravissant les échelons pour devenir sentinelle.  Tu lui racontes tes voyages à travers le désert, les gens des caravanes et leurs curiosité.  Tu parles longuement, tu ajoutes autant de détails dont tu arrives à te souvenir.  Tu n'es pas un conteur né, tu as du mal à parler de ta propre vie, mais pour rattraper ces presque quarante ans d'absence, tu t'efforces de passer par-dessus ta répugnance à parler de toi.  C'est ta sœur, elle sait qui tu es et elle a le droit de savoir tout cela.

Ton récit s'achève avec ton périple pour rejoindre Ibelin.  C'est la première fois que tu as quitté le sable chaud et les rocs d'Erebor.  Le climat est surprenant dans ce duché de neiges éternelles.  Tu ne t'y fais pas, tu voudrais retourner chez toi, dans ton élément, là où ta peau respire le sable plus qu'elle ne peut respirer la neige.  Tu sais que vous avez fait sécession.  Vous ne pourrez plus rester longtemps et tu es content de pouvoir partir rapidement.  Vous n'êtes restés que trop longtemps.  Tu tentes un léger sourire, comme pour la remercier d'avoir pris la peine d'écouter ton histoire.

« Ce n'est que la vie d'un simple soldat.  Elle n'a rien d'extraordinaire, mais il est heureux.  Son cœur restera à jamais meurtri, mais ces vieilles blessures ne sont plus douloureuses. »

Tu lui as épargné l'horreur du harem.  Elle en avait sûrement déjà assez vu pour ne pas entendre tes propres histoires à ce propos.  D'ailleurs, tu ne te souviens plus très bien toi-même comment c'était.  Les maigres souvenirs qu'il te reste ont été enfermés à double tour au fond de ta mémoire pour ne plus jamais en sortir.

« Êtes-vous heureuse en Sombreciel?  Erebor ne vous manque-t-il pas? »  Tu n'oses pas lui demander la question qui te préoccupe le plus, à savoir si Castiel de Sombreflamme la traite comme il le devrait.  Tu supportes mal de la savoir seconde épouse du duc, elle qui est une princesse du sang, surtout quand il lui a si souvent manqué de respect.  Tu as entendu les rumeurs, les ragots.  Ce Cielsombrois mérite-t-il réellement d'avoir une femme comme ta sœur à son bras?
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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptySam 4 Aoû - 14:34

Il raconte et elle écoute. Elle écoute attentivement, comme si elle essayait de graver chacun des mots qu'il prononce au coeur de sa mémoire. Elle écoute comme l'on écouterait un conte extraordinaire, fait d'action et d'aventures. Découvrir la vie de ce frère qu'elle croyait perdu tient du miracle pour l'Erebienne ; elle en explore les méandres au son de sa voix, elle imagine dans son esprit tout ce qu'il a vu, tous ceux qui ont eu la chance de le rencontrer. Elle s'imagine sans peine son regard qui se perd en direction de Vivedune, songeant à sa mère qui l'a fait fuir au loin pour le protéger, à son demi-frère qui monterait sur le trône, à ses soeurs qui l'ont pleuré sans même le connaître. Les larmes ont d'ailleurs creusé de fin sillons sur ses joues, mais Alméïde ne prend pas la peine de les effacer, elle préfère garder la main de son frère au creux des siennes. Elle n'éprouve désormais qu'une douce chaleur au fond de son coeur, comme bercé par les rayons d'un soleil matinal. Une tristesse diffuse demeure encore en son âme, de n'avoir pas pu grandir auprès de ce frère, mais elle est heureuse qu'il ait grandi loin des horreurs du harem, loin des intrigues politiques ; elle est heureuse qu'il ait vécu une vie simple. Peu à peu, le visage d'Anwar s'éloigne de celui de cet homme dont le sang souillait ses mains. Ils ne sont pas la même personne.

« Ce n'est que la vie d'un simple soldat. Elle n'a rien d'extraordinaire, mais il est heureux. Son cœur restera à jamais meurtri, mais ces vieilles blessures ne sont plus douloureuses. » Un doux sourire fleurit sur ses lèvres d'entendre ces paroles. C'est tout ce qu'elle voulait savoir. Et dans un coin de ses pensées, elle souffre déjà de ne pouvoir en parler à ceux qui comptent, car ce serait le mettre en danger au même titre qu'Anthim. C'est inconcevable pour elle.

« Êtes-vous heureuse en Sombreciel ?  Erebor ne vous manque-t-il pas ? » Cette fois, l'amusement se peint sur ses traits. Cette question lui est si souvent posée depuis ses fiançailles, mais elle comprend pourquoi. « Erebor me manquera toujours. J'emporterai toujours avec moi un peu de son désert, un peu de ses montagnes. Je serai toujours une fille des dunes. » Bercée par les contes d'Erebor, élevée au son de ses chants sauvages, elle ne saura jamais réellement s'en détacher. Ca fait partie d'elle. « Mais je suis heureuse, oui. On m'a fait bon accueil et Sombreciel regorge également de merveilles. Elles sont différentes de chez nous, bien sûr, mais il me tarde de les découvrir, tout comme ce peuple qui nous semble étrange mais qui est plein de ressources. » Elle n'a pas besoin de mentir, elle sait qu'elle saura se plaire en Sombreciel, bien de que nombreuses moeurs lui échapperont toujours. « Et puis, j'ai la chance d'être auprès de l'homme que j'aime. Mon époux fait tout ce qui est en son pouvoir pour que je me sente chez moi, à Euphoria. Ca m'aide beaucoup. » Elle s'est fait plus timide, dans ses dernières paroles. Difficile de se confier à un homme que l'ont vient de rencontrer réellement, même s'il s'agit de son frère. Mais elle veut rester sincère, autant qu'il l'a été avec elle.


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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptyJeu 30 Aoû - 0:27

En vérité, pour toi qui n'a jamais connu qu'Erebor sans jamais en dépasser ses frontières jusqu'à ce que tu n'arrives jusqu'ici en Valkyrion, tu ne peux comprendre.  Tu cherches la réponse.  Si jamais son cœur n'oubliera les dunes de sable et les montage de roc, pourquoi s'en est-elle éloignée aussi définitivement qu'en s'exilant en Sombreciel.  La terre des dépravés.  Peut-elle vraiment y être heureuse?  Tu ne peux en être le juge, toi ce frère perdu et oublié.  Toi un inconnu malgré les liens de sang qui vous lient, qui devraient vous rendre plus près l'un de l'autre que personne.  Quand elle pense à son frère, elle doit songer à Anthim.  Lui saurait pourquoi elle peut survivre au loin, pourquoi elle accepte de se soumettre aux coutumes d'un duché si… si peu erebien.  Elle ne regrette pas sa vie à Vivedune, non, elle est heureuse.  Dans ses yeux, tu peux lire la sincérité, même si l'incompréhension reste totale.  Tu devines qu'elle ne peut te mentir quand elle affirme avoir trouvé sa part de bonheur et tu ne peux que regretter que celle-ci ne l'emmène encore plus loin de toi.  Rejwaïde a disparu, alors que tu croyais avoir retrouvé un semblant de famille.  Tu fais miroiter la même chose devant Alméïde, en lui admettant à demi-mot être ce frère prétendument mort, alors que jamais vos routes ne se recroiseront dans le futur, toi destiné à vivre dans l'ombre jusqu'à la fin des temps, elle destinée à être rappelée comme une princesse au cœur bon, dévouée par ses passions.

Tu remarques son trouble, ses joues prennent peut-être une teinte rosée ou peut-être est-ce simplement ton imagination, tu n'en sais rien.  Tu n'oses trop t'avancer dans tes conjectures.  Mais peut-être est-elle là la raison. Naturellement, l'attirance et l'affection qu'elle peut ressentir pour Castiel de Sombreflamme est inexplicable.  Tu ne portes pas dans ton cœur le duc de vos voisins du sud.  Tu ne te rappelles que trop bien les humiliations cuisantes qu'il a imposé à ta sœur, comment a-t-elle pu elle-même les oublier?  Ton opinion à propos de ce jeune homme est mauvaise, peut-être biaisée par ce que tu as entendu raconter sur lui.  Néanmoins, s'il prend soin de ta cadette et s'assure de son bonheur, peut-être peux-tu lui pardonner un peu de la ravir au sable d'Erebor.  Jamais il ne la méritera, lui qui a déjà une épouse sans être sultan comme l'est ton frère, mais s'il la traite avec égard, c'est le plus important.

« J'avais crainte pour votre félicité, tout le peuple du roc et du sable se préoccupe de votre bonheur, mais vous en êtes la meilleure juge et si votre existence en Sombreciel répond à vos attentes de bonheur, j'en suis soulagé, » énonces-tu avant de garder le silence.  Il est embarrassant de retrouver une sœur que l'on n'avait jamais vue par le passé et de montrer sa sollicitude en son égard sans éprouver de gêne.  Vous vous connaissiez si peu, toi même plus qu'elle en raison de sa position en Erebor, alors que tu n'étais qu'une figure parmi tant d'autres, ce que tu resteras jusqu'à ce que Sithis te réclame dans son royaume. « Vous avez été heureuse au palais, n'est-ce pas? »  Tu sais que tu ne seras jamais ce qu'Anthim est pour elle, c'est lui qui l'a protégée toutes ces années, lui qui lui a prodigué les marques d'affection.  Tu ne lui en tien pas rigueur, tu es même reconnaissant de savoir que quelqu'un a pu tenir auprès d'elle le rôle qui aurait dû être le tien.  Tu désires seulement savoir si elle ne t'en veut pas de n'avoir jamais été qu'un fantôme de son existence.
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Message Sujet: Re: Le visage de la vérité   Le visage de la vérité EmptySam 6 Oct - 18:17

Elle entend souvent cette question de ceux qui l'entourent : Erebor lui manque-t-il ? Pour Alméïde, c'est une évidence. Erebor sera à jamais une grande part d'elle, c'est là qu'elle est née, c'est là qu'elle a vécu, c'est là qu'elle s'est forgée, comme tous les enfants de Joseï, dans les flammes de sa forge, dans les flammes des dunes, sous le soleil brûlant et à l'ombre des montagnes immenses. Elle est faite des histoires et des légendes du sultanat, elle est faite du même sable, du même roc. Elle a choisi Sombreciel, oui, mais il aurait pu en être tout à fait autrement. Ceux qui lui posent cette question ignorent qu'elle aurait dû passer le reste de ses jours auprès de Martial de Bellifère – désormais porté disparu avec son épouse. Ceux qui posent la question ne se doutent pas des raisons principales de ce second mariage, des raisons pour lesquelles Castiel a tout d'abord épousé Madeleine alors qu'il a tant de fois auparavant refusé cette idée. Elle ne prend pas la peine d'expliquer tout cela, Alméïde. Elle doute que les méandres de la politique intéressent son frère, lui qui y a échappé toute sa vie et qui en est certainement heureux. La princesse des dunes a failli à son rôle, mais les choses ont fini par rentrer dans l'ordre d'une certaine manière qu'Anthim déplore encore, elle le sait, mais dont elle est heureuse à présent. Elle sait qu'elle serait parvenue à s'adapter aux moeurs de Bellifère, mais elle sait également qu'elle aurait eu à mettre de côté sa passion pour la médecine et son désir de s'impliquer plus avant également. Dans une autre vie, elle a bien épousé Martial de Bellifère, mais elle a fini par le fuir et par aller tuer son propre frère. Tout cela lui semble si loin, elle préfère l'oublier à présent.

« J'avais crainte pour votre félicité, tout le peuple du roc et du sable se préoccupe de votre bonheur, mais vous en êtes la meilleure juge et si votre existence en Sombreciel répond à vos attentes de bonheur, j'en suis soulagé. » Un sourire délicat orne ses lèvres. Elle sait bien ce que le peuple erebien pense de son mariage avec un Cielsombrois – avec le duc, rien de moins ! – mais elle n'en éprouve guère de honte. Si elle a des remords quant à sa manière d'avoir pris en main les choses, elle est heureuse là où elle est. Et elle n'oubliera jamais d'où elle vient.

« Vous avez été heureuse au palais, n'est-ce pas ? » Son sourire se fait emprunt de nostalgie. « Oui, très heureuse. » répond-elle avec douceur, sans la moindre animosité à son égard. « Anthim a toujours été là pour moi, je n'ai manqué de rien, j'ai même eu bien plus de chance que je n'en mérite, c'est certain. » ajoute-t-elle, un sourire au bord des lèvres, le ton plus léger. Alméïde a toujours été effacée, soutien discret à l'ombre de son frère, ce sultan fort et déterminé. Les dernières années lui ont néanmoins fait comprendre qu'elle avait été aveugle à certaines choses, au sein du harem notamment. Elle pense alors à sa soeur, à ce qu'elle a vécu, à ce chemin qu'elle a suivi, teinté de peine et de rancoeur. Elle pense à elle, au bord de la mort, puis enlevée par la Chasse Sauvage. Son coeur se serre. « Il a été présent pour moi, comme jamais je n'aurais pu l'espérer. » Car elle se souvient des jeux d'enfants, de la complicité du prince et de sa jeune soeur, du soutien inébranlable qu'elle lui offre sans la moindre hésitation, malgré les erreurs parsemées le long du chemin.

Une relation qu'elle n'a guère connue avec Anwar. Ni même avec Reja, comme elle a pu le réaliser il y a plusieurs mois de cela.

Le temps s'étire pourtant, et Alméïde sait qu'elle ne peut rester plus longtemps sans éveiller les soupçons. Quitter ce frère retrouvé reste une déchirure pour l'Erebienne qui ne sait quand elle pourra le voir une nouvelle fois, ou même lui parler. Retournera-t-il à Roc-Épine ? Se rendra-t-il parfois à Vivedune ? Sera-t-il présent lorsqu'elle rendra visite à Anthim ? Pourra-t-elle trouver une raison de lui parler ? Tant de questions qui ne trouveront pas de réponses ce soir et qui restent en suspens alors qu'elle le quitte à regrets, le coeur lourd d'un nouveau secret qu'elle sait devoir garder.


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Dernière édition par Alméïde de Sombreflamme le Mar 1 Jan - 21:04, édité 1 fois
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