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 Les ficelles de la vérité

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Les Chevaucheurs
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Bertin Vif-Envol
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Message Sujet: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyMer 23 Jan - 4:14


Livre IV, Chapitre 1 • Les Labyrinthes de Sithis
Lancelot l’Adroit & Bertin Vif-Envol

Les ficelles de la vérité

La poupée et le pantin



• Date : 22 décembre 1003
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Nostalgique des festivités ansemariennes en cette fin décembre, Bertin déambule dans la Ville Haute. Son œil est bientôt attiré par vitrine inconnue à travers laquelle il aperçoit une jolie poupée. Il n’en faut pas plus pour l’attirer aux Merveilles Adroites où la conversation qui suivra marquera forcément la mémoire tant de Bertin que celle de Lancelot.
• Recensement :
Code:
• [b]22 décembre 1003[b] [url=http://arven.forumactif.org/t4504-les-ficelles-de-la-verite#173847]Les ficelles de la vérité[/url] - [i]Lancelot l’Adroit & Bertin Vif-Envol[/i]
Nostalgique des festivités ansemariennes en cette fin décembre, Bertin déambule dans la Ville Haute. Son œil est bientôt attiré par vitrine inconnue à travers laquelle il aperçoit une jolie poupée. Il n’en faut pas plus pour l’attirer aux Merveilles Adroites où la conversation qui suivra marquera forcément la mémoire tant de Bertin que celle de Lancelot.
 









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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyMer 23 Jan - 4:19

Une permission. Quelques journées volées, presque, à ces cadets qui meublent son temps depuis septembre. Une permission qu’il n’ose que trop rarement demander. Mais il se sent l’esprit dangereusement ailleurs ces derniers jours. Besoin d’air, d’un peu d’espace. De n’être plus que lui. Il est soulagé lorsqu’elle est acceptée, offerte. Ému presque, même s’il a refusé de le laisser paraître à ses supérieurs et encore plus aux cadets à sa charge. Il compte les jours, les heures depuis, attendant impatiemment que le temps s’égrène, disparaisse, pour laisser place à ces quelques moments de liberté.

Il s’est réveillé par habitude peu après l’aube et il n’a guère tardé à s’éclipser pour rejoindre Ambroisie. Un passant pourra peut-être l’entendre rire légèrement en niant de la tête alors qu’il veille à l’état de son équipement. Malgré le froid de la saison, il a envie de sentir le vent lui fouetter le visage, rejoindre la côte et la longer, ne serait-ce que pour le plaisir de revoir l’océan qui lui manque, d’en sentir le souffle salé, d’en entendre le fracas contre la berge… Il cherche à oublier qu’en ce jour, ailleurs, loin d’ici, de l’autre côté du continent, défilent le long d’une côte qui ne ressemble que si peu à celle-ci à ses yeux les Vivenefs ansemariennes.

« Rentrons, Ambroisie. » Des mots chargées d’émotions. De nostalgie autant que d’amertume, de regrets, de colère, et de tellement encore ! Rentrer. Où ? Alors que son cœur pleure Ansemer et ce foyer disparu ? Ambroisie sait, heureusement. C’est en silence qu’elle entraîne son Chevaucheur vers Lorgol pour le laisser retrouver ce qui s’approche le plus d’un chez-soi. C’est sous le brillant éclat de l’envol d’Ambroisie que Bertin s’enfonce dans les rues de la cité après avoir dit au revoir à sa compagne pour profiter de ce court congé.

Les rues défilent devant lui. Son paquetage sur l’épaule, sa bourse bien attachée, il marche sans réel but. Ses pas le mènent vers des endroits qu’il fréquentait autrefois et il ne peut s’empêcher de laisser ses pensées naviguer vers les eaux périlleuses d’anciens souvenirs. Vers tout ceux qui lui manquent, vers sa famille perdue, ses amis… C’est le cœur gonflé de chagrin qu’il s’arrête devant une boutique qu’il n’a jamais visitée, mais dont la vitrine attire son œil. Poussé par une curiosité étrange, le voilà qui en pousse la porte pour s’y laisser engouffrer.

Le tintement de petites clochettes annonce sa venue et lui tire un petit sourire. Sans se presser, il laisse son regard parcourir l’endroit. Il retrouve rapidement l’objet ayant capté son attention de la rue : une jolie poupée à l’air angélique dont les traits lui rappellent Bertille. Il fait un effort pour ne pas s’y rendre directement, naviguant dans la boutique pendant de longues minutes avant d’arriver enfin devant cette vision d’une autre vie. Il l’observe longuement, perdu dans ses pensées, en frôlant même les cheveux du bout de ses doigts tremblants. Inconscient, inattentif au temps qui s’écoule, aux regards des autres. Jusqu’à ce que, non loin de lui, il entende enfin une voix répéter des mots qu’il n’a pas compris. Il lui faut un effort pour détourner son regard de cette jolie poupée, le poser sur Lancelot qui semblait s’adresser à lui.

« Pardon, je n’ai pas compris ce que vous venez de dire. J’étais perdu dans mes pensées. »








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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyMer 20 Fév - 16:36

Depuis mon anniversaire passé auprès de ma tendre Agathe, j'avais réussi à rattraper tout le retard accumulé par mes diverses pérégrinations à travers le continent et les commandes d'automates étaient plus rares ce qui m'accordait plus de temps à consacrer à l'abeille de temps que j'avais récupéré à la fin de l'épidémie magique quand nous avions reçu le remède à Roc-Épine. Pour être plus tranquille, ce jour-là, j'avais envoyé Ygraine faire quelques commissions.  Depuis qu'elle s'était joint à moi pour la boutique, les poupées que j'avais recommencées à faire, remis de mon expérience dans la trame alternée, se vendaient comme des petits pains chauds.  Ma sœur s'était occupée de leur donner un visage plus aimable, plus joli et elles attiraient les clients.  L'excuse était donc parfaite pour la mander d'aller acheter de nouveaux pigments de peinture, je lui avais même offert un peu plus de fleurons que nécessaire, comptant sur elle pour en profiter pour son propre usage.  Je lui avais également demandé de se procurer du tissu pour vêtir les poupées, elle en aurait donc pour la journée et je serais tranquille pour vaquer à mes occupations comme je l'entendais sans être dérangé autrement que par l'arrivée de clients.

J'étais penché sur l'abeille, impuissant devant sa complexité et incapable de résoudre un problème qui m'embêtait quand la clochette de la porte d'entrée tinta doucement.  J'attendis quelques instants avant de me lever et de laisser à regrets mon travail.  Prudent, je le couvris d'une couverture pour que personne ne puisse voir sur quoi je travaillais et je passai de l'atelier à la boutique où un homme se tenait, seul, l'air égaré dans de profondes pensées.

« Sire, puis-je vous offrir mes services? » proposai-je une fois auprès de l'étranger.  Visiblement, celui-ci était perdu dans un autre monde que celui des vivants puisqu'il ne me répondit pas.  J'éclaircis ma gorge pour tenter d'attirer son attention.  « Cherchiez-vous quelque chose en particulier? » fis-je, espérant que cette fois il m'entendrait.  Si ce n'était pas le cas, je le laisserais et irais simplement attendre au comptoir qu'il ne me fasse signe, si jamais il arrivait un jour à s'extraire des pensées qui l'absorbaient autant.

« Il n'y point de mal.  Je n'étais que venu vous proposer mon aide.  Je suis Lancelot l'Adroit, maître automates, personne mieux que moi ne connaît ce qui se trouve dans cette boutique.  Cherchiez-vous quelque chose en particulier? » me présentai-je quand ma présence fut enfin remarquée.






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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyDim 3 Mar - 1:18

Il tente un faible sourire pour s’excuser de l’impolitesse, sans grand succès. Son attention arrachée de la poupée, cependant, il fait un effort pour écouter la présentation de Lancelot. La question du jeune homme sera accueilli par un geste de la tête, une faible négation. « En toute honnêteté, monsieur l’Adroit, je ne cherchais qu’un peu de réconfort pour mon cœur de père esseulé. Je suis Bertin Vif-Envol. Un nom d’emprunt, vraiment. Je serai toujours Bertin d’Ansemer, quoi qu’en pense le duc mon frère. » Les paroles lui échappent avant même qu’il ait le temps de songer à ce qu’il s’apprêtait à dire et ses traits trahissent la surprise qu’il éprouve à les entendre.

Il cherche aussitôt comment rattraper la situation, cette phrase, cette énorme bêtise qu’il n’aurait jamais dû énoncer à voix haute ! « Pardonnez-moi. Mon duché et ma famille me manquent… J’ai aperçu cette poupée de la rue, et elle m’a fait penser à Bertille. J’ai eu envie de la voir d’un peu plus près. Elle aurait fait un cadeau parfait pour son anniversaire, en mars. » Il sourit légèrement pour cacher son malaise, laissant enfin échapper un soupir avant de se tourner vers la poupée. Se concentrer sur elle, et sur la raison de sa visite. Qui n’existe pas vraiment, vu qu’il est entré sur un coup de tête, par pure curiosité, mais cela vaut forcément mieux, non ?

« Fut un temps où j’aurais pu lui offrir un tel cadeau sans attirer la fureur de Bartholomé… À présent, le paquet ne se rendrait même pas jusqu’à Bertille, je suppose. Il a des apparences à préserver à présent qu’il a fait éclater au grand jour l’échec de son mariage. Il ne faudrait pas que les gens se mettent à douter de la vérité par rapport à sa… fille. » Il a tenté, de la réchapper, celle-là. Il y est partiellement parvenu. Il l’a dit, le mot « fille ». Pas « nièce », comme il avait brûlé envie de dire. Mais le ton, tellement plein de sous-entendus, annonce avec plus d’évidence encore ce que Bertin tente tant bien que mal de cacher.

Il sourit, un brin nerveux soudain. « Si je vous achète la poupée… notre conversation pourrait-elle rester entre nous ? » Un peu tard, sans doute, pour ce genre de précaution. Mais qui ne tente rien n’a rien…








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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyLun 11 Mar - 15:24

Les paroles du visiteur me marquèrent immédiatement.  Bien que je n’étais pas Ansemarien, j’avais entendu parler comme tout le monde des déboires de la famille ducale ayant mené à la répudiation de leur duchesse et à l’exil du frère.  Je ne m’étais jamais imaginé recevoir ce dernier dans ma boutique un jour.  Ce qui me frappa néanmoins de ses propos, ce n’était pas l’aveu du nom d’emprunt, ce n’était pas cette rébellion silencieuse à l’encontre des désirs du duc Bartholomé d’Ansemer.  Non, un seul mot a complètement attiré mon attention.  Père.  Il était possible que Bertin Vif-Envol ou quel que fut son nom ait semé ça et là des bâtards.  Les nobles comme les roturiers se partageaient ce droit.  Néanmoins, lorsqu’un rejeton égaré de la couronne venait au monde, on finissait toujours par en entendre les rumeurs.  Les rumeurs n’avaient jamais parlé d’un enfant qu’aurait visité le prince ansemarien.  Nous l’aurions su.  Il fallait que j’en apprenne davantage, ces informations pourraient rapidement se révéler utile pour la Cour des Miracles.  J’hochai donc de la tête, pour exprimer ma sympathie.  Naturellement, je n’avais moi-même point d’enfant, donc je ne pouvais qu’imaginer comprendre ce qu’un « père esseulé » pouvait ressentir.

J’étais déjà intrigué par cette révélation, mais que la conversation tourne tout de suite sur Bertille, l’héritière du trône d’Ansemer me surprit.  S’il était entré dans ma boutique pour trouver du réconfort comme il le disait, comment se faisait-il qu’il pensait au présent à offrir à sa nièce?  À moins que…. L’idée était folle, mais pas impossible.  Après tout, qui savait pendant combien d’années s’était-il occupé de combler les besoins de sa belle-soeur à la place de son frère?  Là où les choses ne collaient plus, c’était que le duc lui-même avait interrogé les mages du sang pour s’assurer de la lignée de sa prétendue fille.  Lui auraient-ils tous menti?  C’était curieux et intrigant.  Silencieux, je l’écoutais parler, gravant dans ma mémoire chacun de ces mots : je finirais bien par découvrir la vérité derrière tout ceci, foi de Lancelot.  Je n’avais pas été admis espion en aussi peu de temps pour rien.

J’arrivai rapidement à la conclusion que j’avais raison.  Sans que je n’aie eu à fournir réellement plus d’efforts que d’offrir une écoute active, le prince se livrait à moi.  L’occasion était trop belle.

« Sire, nul besoin d’acheter mon silence, je ne suis qu’un simple marchand.  Je ne gagnerais rien à répéter tout ce que j’entends dans cette boutique.  Vous pouvez être assuré de ma discrétion. »

J’arriverais tout de même à lui faire accepter la poupée autrement.  Je refusais que mon art soit acheté pour des raisons de chantage.  Il était trop noble pour une aussi basse affection.  J’attrapai la poupée et la lui tendis.

« Prenez tout de même la peine de la regarder de plus près.  Si elle a su vous faire entrer ici, c’est que certainement vous aviez une destinée commune.  Peut-être un jour pourrez vous l’offrir à votre nièce. »

Lui faire comprendre plus directement qu’il n’avait pas réussi à me masquer la vérité aurait été une grave erreur.  Un marchand trop perspicace n’est jamais trop bien vu par le reste du monde.  Je ne feignais pas l’ignorance, mais je ne le narguerai pas d’avoir percé son secret.  D’autant qu’il me restait encore quelques doutes.

« Peut-être aimeriez-vous poursuivre votre visite seul?  Ou je pourrais également vous proposer un peu de vin chaud.  Je crois que vous avez besoin d’un petit remontant, » lui proposai-je, affable.  Peut-être qu’avec un tout petit peu d’encouragement, il finirait par tout me dévoiler de lui-même.






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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyDim 17 Mar - 15:56

Il se détend un peu aux paroles rassurantes de Lancelot. Non pas qu’il se sent confortable à l’idée d’avoir ainsi déballé un des secrets qu’il protégeait de toutes ses forces depuis tant d’années, non, mais si Lancelot affirme ne pas désirer tout répéter, peut-être avait-il encore une chance de rattraper la situation. Encore faut-il trouver comment s’assurer que ce soit le cas, une chose avec laquelle Bertin a du mal, dans l’immédiat. D’autant plus que Lancelot ramène habilement l’attention du chevaucheur sur la jolie poupée.

« Je… » Il hésite un instant. Même s’il l’achetait, comment la ferait-il parvenir à Bertille ? Ses colis ne se rendront certainement pas jusqu’à la princesse et qui risquerait la colère de Bartholomé pour une simple poupée offerte au nom de l’exilé ? C’est avec un sourire hésitant qu’il tend les mains pour soulever délicatement la poupée. Le regard baissé vers elle, il détaille du regard la beauté de l’objet tout en s’imaginant Bertille jouer. Il entend même sa petite voix lui raconter qu’elle servira le thé, et qu’il est lui-même invité à le partager avec ses invités de marque, à savoir ses poupées préférées.

« Vous sous-estimez la colère du duc d’Ansemer. Peut-être pourrai-je un jour revoir Bertille, mais elle aura depuis longtemps passé l’âge de jouer aux poupées. » Il se surprend à soupirer à cette pensée. Qu’elle est triste, tout de même ! Lui à qui Bertille manque déjà terriblement ! Le plus surprenant peut-être pour lui, c’est l’acceptation qu’il entend dans sa voix alors même qu’il affirme cela. Fait inévitable, sauf si un miracle venait à se produire, à ouvrir les yeux de Bartholomé… Même alors, son frère serait trop fier pour le lui dire aussitôt, songe-t-il. « Mais elle n’est pas la seule petite fille que je connaisse. Cette poupée sera tout aussi heureuse dans une autre famille, n’est-ce pas ? »

Toujours ce faible sourire, tentative de cacher l’inquiétude que ses paroles précédentes ont causé. Il songe qu’il devrait quitter l’endroit avant de dire autre chose qu’il pourrait regretter. Il tente de se faire raison. L’invitation cependant est alléchante, d’autant plus qu’il pourra peut-être ainsi s’assurer d’obtenir la parole de Lancelot quant à son silence. Même sans cela, il ressent ce fort besoin de continuer à discuter. Peut-être était-ce une part normale du deuil qu’il tente de faire ? S’il parvient à surveiller ce qu’il dit, alors quel mal y aurait-il ? Puis un peu de compagnie aurait l’avantage de le distraire de toutes ces pensées qu’il ressasse sans cesse ces dernières semaines.

« Tant que ce n’est pas du rhum. C’est la boisson préférée de mon frère et je ne tiens pas à me souvenir de lui aujourd’hui. » Petit sourire. Commentaire inutile, mais il ne va pas s’en formaliser. « Et n’ayez crainte, je n’ai pas son tempérament. Je ne briserais pas vos verres si je devais me mettre en colère ! Il n’a jamais su contrôler ses passions ! Ses colères terrorisent les serviteurs. »

Il se souvient des cris qui s’écrasent avec violence sur l’interlocuteur du duc. Combien de fois Bartholomé avait-il laissé sa colère s’emporter jusqu’à ce que ce ne soit pas que ses paroles qui éclatent ? Il n’oubliera jamais la puissance de la colère de son frère lorsque, même la main ensanglantée, il rageait toujours contre Jehanne et son infidélité. À quel point il avait été difficile de le calmer suffisamment ne serait-ce que pour qu’il puisse panser la plaie. C’était arrivé quelques fois dans l’année. Et ça n’était que ce dont il était au courant… Chaque fois ça avait commencé par un verre de rhum bien vite avalé. Puis la colère avait explosé et, sous son effet, le verre qui s’était malencontreusement trouvé sous la main du duc.

« Enfin, tant que cela ne vous empêche pas de mener vos affaires à bien. Je ne voudrais pas vous causer plus d’ennuis que ma visite n’en a déjà amené jusqu’à vous. »








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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyMer 20 Mar - 3:41

Ma proposition quant à la poupée n’avait nullement pour objectif de continuer à lui faire cracher des informations, mais celles-ci semblaient lui venir aussi aisément!  Il ne faisait que confirmer ce que j’avais deviné.  Eh bien, ce n’était pas exactement tout à fait surprenant, mais placée entre de bonnes mains, elle pouvait valoir son pesant d’or.  Que le duc d’Ansemer était cocufié par son frère n’était plus une nouvelle, mais qui aurait cru que le prince visitait la couche de la duchesse depuis aussi longtemps.  Et visiblement, le visiteur ne semblait pas près à arrêter la confidence jusque là.  Je ne m’expliquais que très mal pourquoi il prenait toutes ces libertés auprès d’un parfait inconnu tel moi, mais rien dans son comportement n’indiquait la tromperie.  Non, je ne pouvais rien voir de tel.  Sa posture, ses gestes et ses regards, tout indiquait qu’il savait très bien le poids des secrets qu’il me confiait.  Et même… oui même on pouvait presque ressentir de la culpabilité et du regret.  Était-ce là un mauvais tour que les dieux jouaient au prince exilé ou alors une faveur de leur part pour l’espion que j’étais?  Avant de déterminer s’il s’agissait d’une malédiction ou d’une bénédiction, il faudrait attendre encore un peu.  D’autres révélations surviendraient certainement.

« Je n’aime que très peu le rhum moi-même.  Une boisson aussi brute ne nous fait pas envie à nous Cielsombrois, nous préférons plutôt le doux goût raffiné des fruits.  Laissez-moi vous offrir un peu de vin chaud, vous avez besoin d’un petit remontant et comme vous le voyez, je n’étais pas exactement occupé quand vous êtes entré. »

L’humeur mélancolique de l’Ansemarien me permettrait certainement de récolter quelques secrets de plus.  Plus tard, je pourrais en faire le tri et voir ce qui aurait une valeur aux yeux de la Cour des Miracles.  Les colères des grands de ce monde ne nous intéressaient que peu.  Les rumeurs avaient circulé jusqu’à nous que la duchesse de Cibella, Gaëtane de la Volte, s’était montrée de très méchante humeur lorsque les fiançailles de sa soeur avec le prince Antonin de Faërie avait été annoncées.  Que Bartholomé d’Ansemer soit sujet à ses crises lui aussi n’avait rien de surprenant.

J’indiquai un siège à Bertin, s’il lui plaisait de s’y asseoir, il était le bienvenu.  Je m’absentai seulement un moment, le temps de faire chauffer un peu le vin et de l’emmener.  Je ne sortais que rarement de quoi boire aux visiteurs, mais ce que je pourrais gagner de cette rencontre méritait de sacrifier une bonne bouteille.  J’en remplis une coupe que je lui tendis.

« Vous me direz ce que vous en penser.  Si cela n’a pas le mérite de vous réjouir ne serait-ce qu’un peu, vous serez un peu plus réchauffé.  L’hiver lorgois est probablement plus froid que celui d’Ansemer. »

Je me servis à mon tour et portai ma coupe à ma bouche pour savourer une petite gorgée.  Je comptais siroter la boisson et n’en consommer que très peu, laissant l’alcool délier la langue déjà bien pendue de mon interlocuteur.

« Ansemer doit vous manquer, votre frère aussi. »






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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptySam 4 Mai - 20:53

Comment ne pas éclater d’un rire léger à la mention des préférences cielsombroises, à cet aveu contre le rhum ? Les lèvres de Bertin s’étirent en un sourire compatissant, et il se surprend à hocher la tête à l’offre répétée de Lancelot qu’il accepte humblement. « Je veux bien, mais uniquement puisque vous insistez. Il n’est pas dans mes habitudes de m’imposer dans les échoppes que je visite. Il me faudra trouver une façon de vous remercier de votre hospitalité. »

Il pourrait inviter Lancelot chez lui, certes, mais il lui semble être un homme raffiné – plus en tout cas que sa propre petite masure en Ville-Basse – ce qui donne à l’idée même une teinte de malaise. Et que dire d’inviter un inconnu à la caserne ! Non, il ne pourrait pas s’y résoudre. Il compte bien, tôt ou tard, trouver comment le remercier de son geste. La solitude pèse à Bertin, en ce jour, et un peu de compagnie ne peut que lui faire du bien, espère-t-il.

Il profite de l’absence de Lancelot pour faire le tour de la boutique des yeux avant de se défaire de son manteau de chevauche qu’il pose sur le dossier du siège que lui a proposé Lancelot. Loin des regards indiscrets, il se laisse s’affaisser sur le siège avant de se redresser quelque peu lorsqu’il entend les pas de Lancelot revenir vers la boutique. C’est avec un sourire aux lèvres que le Chevaucheur accepte la coupe qui lui est tendue. Aux lèvres mais pas au regard. Il ne sera pas difficile, pour Lancelot, de percevoir que Bertin est tourmentée en ce jour. Et ça n’a rien à voir avec la grisaille de l’hiver.

La chaleur du vin se propage à ses doigts et, sans même y réfléchir, il prend la coupe des deux mains, laissant ses doigts s’imprégner de la chaleur qu’elle dégage pendant quelques secondes. C’est une sensation agréable après la morsure du froid d’hiver! « Plus froid, oui, vous avez raison. Ansemer bénéficie d’un climat bien plus clément que certains autres duchés, mais le froid ne m’est pas étranger. Je ne cacherai pas ne pas avoir la meilleure des réputations… mais douillet n’a jamais été un défaut qu’on m’a attribué ! » Pas chez les chevaucheurs en tout cas. Le trait d’humour réussi à faire apparaître une étincelle – brève, disparue déjà – de couleur dans son regard. « Et entre vous et moi, le froid de Lorgol vaut mieux que celui de la mort. »

Sombre, le commentaire, comme son humeur certainement. Lancelot ne savait peut-être pas à quel point il s’apprêtait à toucher le cœur du mal être de Bertin. Et pourtant. L’ancien prince a baissé son regard qu’il laisse vaguement posé sur son verre avant de le lever pour en prendre une longue lampée d’un coup. Le silence s’étire, la coupe retrouve la cuisse de Bertin dans un geste un peu plus tremblant, son regard fuit, cherche dans la boutique quelque chose qui attirerait son attention n’importe quoi pour gagner du temps, pour ne pas avoir à avouer ce qu’il refuse d’avouer à qui que ce soit depuis son exil.

« Oui… Plus que quiconque ne pourrait l’imaginer. J’aurais aimé pouvoir célébrer Yule avec eux… »  Son regard se pose enfin sur Lancelot, l’observe un instant avant de se dérober de nouveau dans un soupir. « Ils me manquent en général, ne vous méprenez pas, mais je ne peux m’empêcher de songer aux festivités. La princesse Bertille est à un âge où tout change si vite… J’ai du mal à imaginer son sourire devant le défilé des Vivenefs. » Un nouveau soupir s’échappe de ses lèvres avant qu’il ne porte de nouveau la coupe à ses lèvres pour en prendre une petite gorgée cette fois, prendre le temps de goûter au breuvage qu’on lui offre.

« Peut-être avez-vous déjà ressenti cette impuissance, cette envie autant que cette frustration devant l’incapacité de partager avec vos proches une fête importante chez vous? La Samhain, peut-être ? Si ma mémoire ne me fait défaut, il s’agit d’une des fêtes les plus célébrées en Sombreciel ? » Il pose la question avec douceur, refusant tout de même de faire un monologue détaillant ses pensées sombres. Ce n’est pas, de toute façon, comme si son intérêt était faux. Si Bertin a passé les dernières années à fuir les événements mondains, ce n’est guère par manque d’envies sociales. Une conversation est bien plus agréable qu’un monologue.








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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyLun 1 Juil - 16:00

C’était un invité de marque qui s’était introduit dans ma boutique aujourd’hui, malgré son rang déchu.  Sa déprime et sa désolation ne pouvait pas échapper à mon oeil expert, malheureusement pour lui.  Un peu d’un bon alcool arriverait peut-être à le forcer à s’ouvrir encore un peu à toi, ou alors peut-être à le fermer.  Il était difficile de prévoir de quelle façon allait réagir le prince au remontait que je lui proposais : forcément il devait bien savoir tenir son alcool, mais les effets que celui-ci pourrait avoir sur lui m’étaient encore inconnus.

Peut-être mon initiative était-elle encore plus efficace que je ne l’aurais songé.  Il en avait fallu si peu pour qu’une bonne partie des barrières érigées par les bonnes manières et la discrétion ne s’écroulent.  Je prêtai un oreille attentive à mon invité, montrant tout mon intérêt à ce qu’il disait : une écoute ouverte et sans questions qui pourraient le mettre complètement à nu, nulle curiosité malvenue.  Il me faudrait peser mes mots avec soin, car il était possible qu’entre à ma possession des secrets qui jamais n’auraient dû être divulgués.  J’étais déjà pratiquement certain de la filiation mensongère de la princesse ansemarienne, mais peut-être pourrais-je tirer quelque information plus intéressante que celle-là en poursuivant cet entretien.  Il ne restait qu’à espérer que le vin lui délierait la langue et que personne ne viendrait nous importuner.

Le prince en exil semblait bien disposé à parler de la princesse Bertille, son nom se faufilait si facilement jusqu’à ses lèvres et il me brûlait de lui poser plus de questions à cet égard, mais je me contins : je ne devais pas le brusquer.  Tout de cette entrevue devait ressembler à une simple conversation banale à laquelle je prendrais part naturellement, en dévoilant un peu de moi-même contre ce qu’il me dirait, bien que quelques faussetés trouveraient sûrement leur chemin entre nous.

« J’ai quitté Sombreciel lorsque j’étais encore bien jeune.  J’y suis très peu retourné depuis, je ne sais plus ce que c’est de passer les festivités en leur compagnie. »

La solitude ne me pesait pas : j’avais tous mes automates pour me tenir compagnie.  Il y avait longtemps que je ne me sentais plus si Cielsombrois que cela.  Plus de la moitié de mon existence appartenait à Lorgol et à la Cour des miracles.  Ma réelle famille se trouvait ici plus que dans les liens du sang, mais ceci était un secret que je ne pouvais partager qu’avec mes frères et mes soeurs des miracles.

Mais peut-être me trompais-je.  La plupart du temps, j’évitais tout simplement de penser à ma famille parce que c’était plus facile.  Pourtant, quand mes pensées s’égaraient vers elle, la douleur de la perte de maman était encore vive.  J’étais arrivé trop tard pour la sauver.  Et Ygraine qui était restée à Lorgol avec moi.  Sa curiosité finirait certainement par lui causer des torts, je n’en doutais pas un seul instant.  Mais que pouvais-je faire pour l’empêcher de rester?  Elle savait comment me faire flancher.  Tout bien pensé, je préférais ma famille loin de moi, j’avais l’esprit plus tranquille.

« Je ne me souviens pas même de la dernière fois que j’ai célébré la Samhain en Sombreciel.  C’était il y a longtemps.  J’étais trop petit pour me souvenir avoir ressenti quelques regrets de ne pas pouvoir y être. »

J’esquissai un sourire désolé.  Je ne pouvais pas partager sa peine malheureusement.

« Je connais quelques mages outrevoyeurs, si vous le désirez je pourrais vous mettre en communication, ce ne serait certes pas comme d’être présent, mais vous pourriez apercevoir quelquefois quelques des expressions de la princesse Bertille.  Votre nièce vous semble très chère. »

J’insistai sur le mot nièce, cherchant à voir s’il y réagirait, si de nouvelles confessions en seraient tirées.

« Lorsque ma famille me manquait, il m’arrivait de faire appel aux outrevoyeurs autrefois.  C’était il y a longtemps et peut-être que la magie m’émerveillait plus que les activités quotidiennes des miens, mais je me souviens du réconfort que cela m’apportait. »

Peut-être arriverais-je à placer auprès de lui l’un des mages de la Cour des miracles.  Dès que Bertin quitterait ma boutique, j’enverrais un message au Fils des Ombres à ce sujet.






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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptyVen 16 Aoû - 5:25

Peut-être Lancelot était-il un être beaucoup plus solitaire que Bertin. C’est du moins la première impression qu’il laissait au chevaucheur ce jour-là. Il lui était arrivé par le passé de ne pouvoir passer les célébrations avec sa famille, certes. Cela arrive à tous les chevaucheurs à l’occasion et il avait refusé d’utiliser son statut de prince pour éviter ses devoirs, même pendant la période de Yule. Oh, parfois Bartholomé l’y avait sans doute forcé... Ça, il avait très bien pu le vivre. Il savait que, même s’il ne voyait pas le sourire de Bertille le jour-même, il en verrait l’écho dans l’éclat de son regard le lendemain lorsqu’il en discuterait avec elle.

À présent, cependant, il savait qu’il n’aurait pas cette seconde chance. Il n’entendrait pas Bertille lui raconter comment les mages s’en étaient sortis, ou quelles Vivenefs avaient le plus capté son cœur de princesse ansemarienne cette année-là. Non. Il n’y aurait que le silence de sa solitude nouvelle. Le poids de sa traîtrise… Il a un faible sourire pour Lancelot, un sourire triste, non pas pour lui-même – quoi que, dans son état, on ne puis dire que ça n’y ait pas à voir – mais pour le jeune homme qui s’entretient avec lui.

« D’une façon, j’ai envie de dire que vous avez de la chance. Vous pouvez échapper à une part de la tourmente d’être ainsi éloigné des vôtres, je suppose. » La douleur doit être différente, certainement. Ne pas connaître sa culture, pas pleinement en tout cas. Ne pas avoir eu l’expérience de la célébration locale dans toute sa splendeur. C’est quelque chose qui aurait attristé Bertin, songe-t-il. Cela dit, si l’on n’a jamais connu la chose, peut-être songerait-on qu’il s’agit simplement de quelque chose que les autres font. Après tout, il n’a jamais connu la Samhain comme on la célèbre en Sombreciel et cela ne lui manque pas.

Il aurait pu s’en tirer, s’éloigner de sa mélancolie sans que le sujet ne revienne vers Bertille. Cela le fait inspirer lentement, expirer tout aussi lentement tout en hochant la tête. Pourtant, c’est un regard hésitant, presque désolé qui se pose sur Lancelot. « Je vous remercie, mais je ne voudrais pas vous imposer ce genre de chose. Ni à vous, ni à vos connaissances. Je ne voudrais pas qu’elles risquent la colère du duc Bartholomé s’il en venait à l’apprendre. » L’excuse est faible, même à ses propres oreilles. Comment le duc pourrait-il bien l’apprendre ? Et même s’il savait que Bertin payait un mage outrevoyeur pour pouvoir apercevoir sa famille, pourrait-il même s’en prendre au mage si personne n’en révèle l’identité ? L’idée même lui semble si farfelue qu’il nie de la tête en laissant son regard plonger dans le tourbillon formé par le vin qu’il agite dans sa coupe.

« Je suis un home de famille. Ils me sont tous chers… Mais oui, la princesse l’est tout particulièrement à mes yeux. Je sais que son innocence d’enfant la protège peut-être encore. Qu’elle m’aime peut-être encore même si Bartholomé aurait pu le lui interdire… Mon frère me manque, mais les années qui m’ont rapproché de Bertille m’ont éloigné de lui. Nous n’étions plus si proches… » Enfin si, pour jouer le jeu. Mais le temps a certainement contribué à créer un écart émotionnel entre les frères. Un écart qui a contribué – pour ne pas dire causé – l’éclatement de leur famille et toute la rancœur qu’ils entretiennent  dorénavant chacun l’un pour l’autre.

« Le voir ne ferait que raviver la douleur des années de souffrances qu’il a causé à Jehanne. La douleur qu’il cause encore. Je ne tiens pas à risquer cela.  Je préfère garder de la princesse un souvenir teinté de sa joie enfantine… Au moins ainsi puis-je trouver réconfort dans son sourire. » Sa voix s’est perdue dans le méandre de ses souvenirs, s’est tue. Il a la gorge nouée, les yeux embués, le souffle difficile… Lancelot pourra le voir inspirer lentement, très lentement, puis s’éclaircir la gorge avant de prendre une nouvelle gorgée du vin chaud avant que celui-ci ne refroidisse de trop.

« Je ne suis pas un fin connaisseur de vin, mais celui-ci a bon goût.  D’où provient-il ? » Changer de sujet. Parler de quelque chose de neutre. De quelque chose qui n’est ni Bertille, ni Bartholomé, ni Ansemer. Se laisser bercer, un moment, par l’illusion que Lancelot ne réagira pas. Ne soulignera pas la futilité de sa piètre argumentation contre l’idée d’utiliser des mages alors que tout son être ne demande qu’à voir Bertille et que l’idée même de pouvoir l’apercevoir fait apparaître un peu d’espoir dans son regard…








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Message Sujet: Re: Les ficelles de la vérité   Les ficelles de la vérité EmptySam 12 Oct - 18:23

Les mots du prince déchu me laissèrent un goût amer dans la bouche.  Oui, de la chance.  C’en était peut-être, mais s’il gardait de nombreux secrets, les miens n’en étaient pas moindres.  Ma famille me manquait.  Quand mon père avait eu besoin de moi, je n’avais pas été là.  Quand mes soeurs ont grandi, je n’étais pas là.  Si Ygraine n’était pas venue étudier à l’Académie, elle me serait tout aussi étrangère que Viviane ne l’était.  Ce n’était pas de la chance.  Ce n’était qu’un choix, le choix de m’établir à Lorgol, d’accepter l’aide de la Cour des Miracles pour commencer ma carrière, pour me bâtir un nom.  S’ils ne m’avaient pas approchés, s’ils ne m’avaient pas offert leur soutien, aurais-je jamais été tenté de me faire espion?  Probablement pas.  Je serais rentré à Automnal, j’y aurais établi mon propre atelier et mené une vie de misère jusqu’à ce qu’un noble ne décide de me prendre sous sa tutelle.  Peut-être mon talent aurait-il alors été reconnu par la cour ducale à qui j’aurais garanti mes services.  La tourmente n’était peut-être pas pire, mais elle n’en était pas moindre.  Mais je ne pouvais lui laisser entendre que si je gardais mes distances avec mes origines, c’était pour les protéger, pour que personne ne leur fasse du mal.  Rejoindre la Cour était mon choix, après les années, il ne me semblait plus que cela comportait tant de dangers, mais avec le temps passé, il était trop tard pour renouer avec Sombreciel.  Lorgol était devenue peu à peu ma patrie et les Enfants des Miracles ma famille.  Les liens du sang n’étaient pas plus épais que les autres.

Il y avait tout de même quelque chose de plus tragique dans la situation du prince ansemarien.  Avoir une affaire avec la femme même de son frère.  C’était d’une terrible tristesse et si Ansemer avait accepté comme en Sombreciel la polygamie, combien de problèmes cela leur aurait-il évité!  Il était étonnant de voir combien sur certains points les idées des autres duchés étaient désuètes.  À tout le moins, cette mésaventure servirait certainement à écrire de longs poèmes, des ballades que les bardes chanteraient dans mille ans sans savoir que Bertin et Jehanne d’Ansemer avaient réellement existé.  En le voyant tenter de changer de sujet à nouveau, je décidai de ne pas insister.  Il y reviendrait sûrement de lui-même et les quelques informations que j’aurai recueillies n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd : la Cour saurait s’y intéresser grandement.

« Il s’agit d’un vin lagran.  Les relations entre Sombreciel et Lagrance ont toujours été plus que courtoises, du moins jusqu’aux débuts de la guerre.  Celle-ci est bien regrettable et me semble bien dérisoire.  J’espère que la trêve se poursuivra éternellement et que les conflits ne reprendront pas.  Avec le temps, les routes commerciales entre les deux empires pourront peut-être être enfin ouvertes de nouveau. »

Erebor s’était séparé d’Ibélène et avait repris les échanges avec Faërie.  Si ce peuple xénophobe y était parvenu, certainement le reste du continent pourrait le faire.  La guerre n’était jamais bonne pour les affaires d’un commerçant, à moins qu’il ne vende des produits rationnés et en demande.  Encore, on parlait plutôt de contrebande dans ce cas.

« S’il vous plaît, je demanderai à mon assistante de vous noter le nom du marchand auprès duquel je m’en procure.  C’est un fin sommelier et à mon avis on ne trouve point de meilleure cave à vins que la sienne dans tout Lorgol.  Il n’y a jamais trop d’un bon vin pour remplacer la chaleur d’une bonne compagnie. »

Ou pour mieux oublier ce qui nous fait saigner le coeur.  Rien ne m’échappait dans cette conversation, mais je savais mieux que quiconque que tenter de forcer les confidences ne ferait que soulever la méfiance et les interrogations.






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