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 Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes

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Césaire Chesnenoir
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyDim 6 Mai - 1:29


Elle est contente, Hélène, de la dose d’attention que ses cartes lui ont données. Et le fou rire général qui a suivit l’observation de celle présentant la duchesse d’Ansemer a remis le petit groupe dans un état joyeux. Et puis les musiciens retournent sur scène et les pages des partitions tournées et les instruments qui se font accorder se joignent au brouhaha des rires et des conversations. Puis tranquillement, la petite bande retourne prendre ses places assises. La petite femme a repris ses cartes, qu’elle a pris soin de bien ranger dans la poche de son manteau, et est retourner s’asseoir aux côtés de son amie.

« Dites Hélène, vos cartes, je pourrais en avoir moi aussi?
- J’en glisserai un mot à mon amie, mais je ne peux rien vous promettre. Chut, ça recommence. »


Elle sourit, contente, puis retourne son regard sur la scène alors que le chef d’orchestre fait à nouveau son entrée. Elle joint ses applaudissement à la foule, avant de reposer ses mains sur ses cuisses et d’attendre dans le silence qui s’est fait les premières notes d’une douce mélodie. C’est tout différent des airs qu’ils ont eu droit avant ce petit intermède, plus calme, plus léger. Les vents qui jouent tranquillement semblent faire voler la musique, et cet air merveilleux est enchanteur. Puis de grand bruits, forts et sourds, tels des percussions violentes qui viendraient donner une toute autre direction à cette mélodie. Pourtant Hélène cherche sur scène le tambour, mais il est demeuré intouché. Le bruit des pas, des cris, de la terreur, lui parvient avant qu’elle ne comprenne. Elle se lève d’un bon, en même temps que tous les autres autour d’elle, mais elle ne comprend pas ce qu’il se passe. Elle a tout juste le temps de tourner la tête vers l’arrière du théâtre pour apercevoir le drame qui se déroule devant eux, sur eux, qu’elle se retrouve au sol, violemment bousculée par son amie de plus tôt qui déjà tente de fuir, courant entre les bancs.

Et Hélène est trop déboussolée, effrayée, pour pleurer ou crier. Elle ne comprend pas non plus ce qui se passe sous ses yeux. Elle peine simplement à se relever, entre les bancs, déjà blessée par ces gens qui l’ont piétinée sans gêne. Il y a trop de monde, soudainement. Elle cherche du regard quelque chose sur quoi s’accrocher, et ses yeux se portent sur ce qui semble être un guerrier Cibellan, du moins c’est qu’il en porte les armoiries. Mais elle a tout juste le temps de se dire qu’ils seront peut-être saufs, que la garde de leur duché est déjà là pour les protéger, qu’elle voit l’homme transpercer d’une lame la gorge d’un de ses amis. Le cri d’effroi et d’horreur qui sort de ses lèvres est muet, et cette fois elle comprend qu’ils sont peut-être vraiment perdus. Elle doit fuir. Elle se retourne, part vivement à courir dans la direction opposée, mais elle trébuche, et tombe à genoux au sol. Elle va pour se relever, qu’elle remarque ses cartes, toutes éparpillées au sol. Ses cartes ! Et malgré toute l’horreur de la situation, malgré le drame, les cris, la peur,et peut-être à cause de tout cela, elle s’arrête pour les ramasser. Elle tente de faire vite, elle lance des regards furtifs à droite et à gauche pour s’assurer qu’aucun assaillant ne l’ai prise pour cible.

Mais la mort vient de là-haut. Et elle aura tout juste le temps de relever le regard à l’énorme vacarme qui arrive à surplomber cet orchestre de la mort pour voir les flammes. Puis plus rien. Elle ne verra pas le dragon, elle ne verra plus rien de ce massacre, écrasée, tuée sur le coup, sous l’un des segments du plafond venus s’écraser sur la foule, ses cartes dans la main, tâchées de sang et de poussière.



dialogue en #003366






Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 ParrainsDenys
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyDim 6 Mai - 17:28


La dernière nuit...


« Pourquoi devrions-nous faire cela ? »

Un silence, un soupir, alors qu’elle passe encore et encore le bout de son doigt sur le fil de sa lame. Comme pour s’assurer qu’elle est suffisamment acérée et qu’elle touchera au but, comme à chaque fois qu’elle l’a sollicitée.

« … tu sais pourquoi. Il faut qu’ils comprennent. Et il n’y a pas d’autre moyen. Sans cela, nous n’aurons jamais la paix. Et eux non plus. »

Le dragon s’approche, effleurant l’épaule de la jeune femme de son museau avant de reprendre, d’un ton sourd.

« Je n’aime pas cela. »

Un pauvre sourire alors qu’elle essuie les larmes qui menacent de déborder.

« … moi non plus. Allons-y... »

***

Elle est ravie. Pour la première fois, elle est assez grande pour aller au théâtre et accompagner Père et Mère. Sa sœur aînée la toise, agacée de voir qu’elle ne sait visiblement pas se tenir. Mais la petite Eglantine, du haut de ses sept ans, s’en moque totalement. Elle va écouter de la musique et elle pourra danser de tout son soûl une fois qu’ils seront de retour à la maison. Et, quand elle dit cela à Mère, elle ne peut s’empêcher de sentir son cœur se réchauffer en la voyant sourire. Les dernières semaines ont été difficiles mais Père est enfin revenu de la guerre. Leur famille est réunie, quand bien même il a été gravement blessé et il continuera de boiter le reste de sa vie. Mais, comme il l’a si bien souligné, cela ne l’empêchera en rien de continuer à lui raconter des histoires. Et le reste importe peu.

***

Elle ferme les yeux, se laissant porter par la musique. Encore une minute ou deux. Juste un petit peu de temps supplémentaire. Elle n’a pas envie de faire cela et, à voir la mine de certains de ses compagnons, elle réalise qu’elle n’est pas la seule. Et s’ils décidaient de ne rien faire ? S’ils laissaient le Destin œuvrer sans eux ? Après tout, il y a peut-être d’autres moyens d’arriver à leurs fins, de trouver le moyen.

Elle finit par se rapprocher, alors que son supérieur énonce une nouvelle fois le plan. Il est concis, précis et  surtout, ne leur laisse pas la moindre chance. Pendant qu’elle entrera par les grandes portes, son dragon sera prêt à embraser les malheureux qui essaieront de fuir. Puis les toits. Tout est minuté, calculé pour que rien ni personne n’en réchappe. D’autres passeront par l’entrée des artistes et les derniers par ces entrées réservées au bas peuple. Elle ne peut s’empêcher de laisser échapper un rire sans joie. S’ils avaient réussi à agir aussi bien avant, ils n’en seraient peut-être pas là.

Mais il est trop tard pour faire marche-arrière. Et, quand on lui dit d’avancer, elle le fait, sa main tenant fermement cette épée que, l’espace d’une seconde, elle trouve beaucoup trop lourde.

***

Eglantine s’ennuie en réalité. La musique est moins distrayante que d’habitude et, pour un peu, elle aurait presque envie de s’endormir. Alors Père lui donne, avec une mine de conspirateur, un petit cheval de bois qu’il a sculpté pour elle. Si elle se tient bien, elle pourrait avoir une surprise et le modèle vivant dudit cheval lorsqu’ils rentreront à la maison. Se retenant à grand-peine de frapper dans ses mains, la petite fille regarde son père, les yeux brillant d’un bonheur qu’elle ne cherche même pas à cacher. Mère lui pose une main sur l’épaule pour l’apaiser et elle se tourne vers elle, avant de froncer les sourcils.

D’autres sont en train de s’agiter derrière eux. Elle n’est probablement pas la seule petite fille dissipée de l’assemblée. Mais, à entendre les cris qui se font de plus en plus fort, ces gens n’ont pas de papa ou de maman pour les calmer.


***

Les portes ont été franchies. Les premières victimes agonisent déjà au sol, trop facilement touchées, trop facilement mises à terre. Les cris commencent à retentir, la panique à envahir les lieux. Mais ils sont efficaces. Beaucoup trop pour que l’un d’entre eux puissent espérer sortir de là en vie. Leur avancée est méthodique alors qu’elle essaie de se vider la tête, de se concentrer sur les dernières notes de musique qu’elle a entendues. Était-ce de la flûte ? Probablement oui. Il y a tellement longtemps qu’elle n’a pas fait quelque chose d’aussi normal qu’assister à un spectacle.

Sa lame se couvre de sang alors que les victimes tombent les unes après les autres sur son passage. Pas la moindre hésitation, pas la moindre pitié. Elle essaie de se convaincre que ce ne sont pas des victimes innocentes, qu’elle fait ça pour la bonne cause. Que plus tard, les remords cesseront de l’assaillir à chaque instant.

***

La petite fille n’a pas compris ce qui s’est passé. Père s’est relevé brusquement lorsque les cris se font fait plus forts, probablement pour faire les gros yeux, comme lorsqu’il est en colère. Sauf que, lorsque ses yeux se sont posés sur elle, c’est de la peur qu’elle a pu lire. Alors qu’il n’a jamais peur de rien ni de personne. Battant des cils, Eglantine se laisse entraîner sans rien dire. Il la cache, lui dit d’écouter Mère. Il lui dit qu’il l’aime plus que tout. Elle ne comprend pas ce qui se passe et commence à pleurer contre Mère. Tout va beaucoup trop vite alors qu’il se précipite aussi vite que possible vers ces cris de plus en plus effrayants qui ne font que se rapprocher.

***

L’homme a lutté. Un peu. Mais il était désarmé et boiteux. Difficile de croire qu’il pourrait tenir aussi longtemps. Pourtant, il a réussi à la frapper au visage. Elle essuie sa lèvre fendue, se morigénant de n’avoir été plus attentive. Et, alors que le chaos se déchaîne tout autour d’elle, la jeune femme se concentre de nouveau, oubliant encore qu’en cet instant, elle est digne de tous ces monstres dont parlent les contes qu’elle écoutait lorsqu’elle était enfant. Elle soulève chaque siège méthodiquement, achevant ceux qui ont l’outrecuidance de croire qu’ils pourront leur échapper, alors que, quelques mètres plus loin, son camarade fait de même.

Leurs regards se croisent et elle peut lire ce qu’elle ressent. Cette impression de tomber dans un précipice, de faire une chute dont ils ne se remettront jamais. Ils sont perdus corps et âme, pour toujours. Alors, autant continuer jusqu’au bout maintenant. Elle le voit tuer une jeune femme et la petite fille qui l’accompagne avant que son regard ne soit attiré par un mouvement, juste à côté d’elle.

***

Mère lui a dit de se cacher sous la chaise, que personne ne la verrait. Elle lui a dit de ne pas faire plus de bruit que les petites souris cachées dans le grenier et c’est ce que fait Eglantine, fermant les yeux de toutes ses forces. Mère lui a dit qu’elle reviendrait, après avoir caché sa sœur. Sauf que les secondes passent et que personne ne revient. Alors elle compte, égrenant les nombres les uns après les autres, en espérant que Mère sera là avant qu’elle ne sache plus quel nombre suit l’autre.

Mais voilà que quelqu’un arrive et soulève la chaise brutalement. C’est sûrement Mère, comme elle l’avait promis. Même si Mère est bien plus douce en temps normal.


***

Eglantine la fixe, les yeux écarquillés, incapable de faire le moindre geste. Elle serre son cheval en bois contre elle, la lèvre inférieure tremblante, le regard suppliant. Est-ce qu’elle lui demande de l’épargner ? De l’achever ? Après tout ce qu’elle vient de voir, d’entendre, comment pourrait-elle vivre en paix ? Le prix à payer est-il aussi fort que cela ?

La jeune femme soupire longuement, se penchant pour effleurer la joue de la petite fille du bout des doigts. A bien y regarder, ses jolis cheveux blonds sont poisseux de sang. « … madame… s’il vous plaît... je veux ma maman... » Levant la main, la jeun femme désigne au hasard un corps désarticulé quelques mètres plus loin. Il n’y a rien à faire. Plus rien à faire. Si ce n’est finir le travail commencé. « Tu vas retrouver ta maman. » Et la petite Eglantine sourit, dévoilant deux dents manquantes. « … merci madame. » Toujours être polie, comme l’a dit Mère. Elle hésite un instant à lui demander de fermer les yeux mais ce serait faire preuve de lâcheté. Et, si elle est bien des choses ce soir, elle n’est au moins pas lâche. Pas encore. Alors, elle détache le petit couteau au niveau de sa cheville et, souriant toujours à la petite fille, elle lui tranche la gorge, tout en murmurant des mots que plus jamais elle ne répétera, tout en ignorant les larmes qui coulent sur ses joues. « Je suis désolée. »

Les doigts d’Eglantine relâchent le petit cheval de bois alors que son regard se vide de toute vie.

Elle a retrouvé sa maman. Et la jeune femme attrape son jouet, l’examine longuement, avant de le glisser dans sa poche. Pour ne jamais oublier ce qui s’est passé ce soir. Même si elle continuera d’être hantée jusqu’à la fin de sa vie.



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyDim 6 Mai - 21:52

Mon regard se porte sur les décorations du Théâtre. Je suis ravie de pouvoir assister à cette représentation depuis le temps qu’on en parle dans notre famille. Je tourne sur moi-même pour ne pas rater une miette de cette soirée et mon frère me rappelle à l’ordre. Je prends un air innocent avant de le rejoindre avec un sourire. Je m’installe aux côtés de ma mère et je fixe la scène. J’envisage de devenir actrice alors je compte bien m’inspirer de ce que je verrai ce soir. Toute mon attention est portée sur le jeu des artistes, sur l’histoire, la mise en scène et la musique. J’en oublie ceux qui m’entoure et me prête à rêver être là-bas sur la scène, à évoluer parmi ces acteurs.

Moi, plus âgée, revêtue d’une somptueuse robe pour incarner une dame de la noblesse, ou bien faisant preuve d’une érudition digne d’une savante. Parvenir à me glisser dans tous les rôles possibles, contrairement à la vie réelle où chacun finit par être cantonné à un métier. Mon imagination s’éparpille et je ne prends conscience du danger qu’au moment où mon frère me saisit le bras. Je ne comprends pas ce qu’il se passe, c’est la confusion la plus totale et je perds ma mère de vue. Je crie pour essayer de la retrouver mais mon ainé me pousse vers la sortie. Du moins, c’est ce qu’il envisage jusqu’à ce qu’une bousculade nous sépare. Je reçois un coup dans les côtes qui me coupe le souffle, j’essaye d’avancer mais la foule brouille mes repères. J’essaye de sortir de cette débandade mais je trébuche et chute.

Je devais me relever, je sais que je risque ma vie si je reste au sol. J’entends mon nom et, pleine d’espoir, je parviens à me redresser en partie avant d’être assommée par un coup de genou. Je sombre dans l’inconscience, bercée par les cris, piétinée. Je ne sais combien de temps s’écoula jusqu’à mon réveil, mais lorsque j’ouvre les yeux, je vois du sang, une mare dans laquelle baigne ma main et qui semble recouvrir entièrement le sol. Puis mon regard croise celui vide d’un homme étendu à quelques centimètres de là. Je gémis et prends conscience du poids mort qui me cloue par terre. Suis-je toujours vivante ? J’essaye de bouger mais la douleur me coupe le souffle et je me rends compte que je ne sens plus mes jambes. J’ai peur.

Je trouve le silence pesant et angoissant. Je veux retrouver mon frère et ma mère. Je pleure jusqu’à ce que je perçoive des voix. Les secours ? Je ne sais pas. Je sens qu’on retire ce poids mort et qu’on me redresse pour me conduire dehors. Des mains me touchent, je suis confiée aux soigneurs et guérisseurs. Pourtant, je continue de sangloter, mon esprit dérive, je vois des silhouettes mais rien n’est clair. On panse mes plaies, on me parle, je ne réponds pas, je veux voir ma famille mais les mots ne franchissent pas mes lèvres. Le monde semble bien terne et une question demeure. Suis-je toujours vivante ?
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyLun 7 Mai - 5:28

Rires cibellans



Elle voulait rentrer chez elle. De tout son coeur, elle désirait quitter le Théâtre de l’Étincelle et presser le pas jusqu’au premier portail. L’idée de retrouver sa bichette, de la serrer contre elle, de baiser son front et de jouer dans ses cheveux bouclés était de plus en plus tenace, alors que les jours défilaient. En fermant les yeux, malgré le murmure de l’assistance, malgré la tension légère au fond de son ventre annonciateur d’un spectacle prochain, elle arrivait à sentir son parfum et entendre sa voix. Six ans de joie et d’espièglerie. Six ans de bouclettes et d’éclats de rire. Sa bichette. Elle appréhendait de la revoir autant qu’elle désespérait de le faire. Sa grande fille lui en voudrait atrocement de s’être absentée aussi longtemps, tout autant qu’elle réclamerait des câlins entre deux sanglots.

Les pas rythmés la tirèrent de ses pensées. Les flûtes arrivaient enfin sur la scène. Elle était violoniste. C’était elle qui était la reine du concert. C’était elle qu’on applaudissait, qu’on espérait, qu’on écoutait. Avec le violon, il était aisé d’exprimer les émotions, de les transmettre et de les faire vivre chez les autres. C’était pour cela qu’elle avait souhaité en jouer, dès son enfance. Les flûtes, petites ou grandes, étaient douces et discrètes et les compositeurs les recherchaient uniquement pour gazouiller ou murmurer. Le violon ne se contentait pas de bruissement. Il imposait. Il prenait. Conquérant. Il dominait l’orchestre et parlait en son nom.

L’arrivée du chef d’orchestre semait toujours l’émoi dans l’assistance. Fidèle aux traditions, elle s’était inclinée devant lui avec élégance au nom de tous les instruments. Le hautbois se releva et tira la première note afin que tous s’y réfèrent. La mineur.

Secondes de flottement. Moment magique, entre le silence le plus complet et l’art le plus prestigieux s’élevant au Théâtre de l’Étincelle. Les bois s’élançaient dans l’air délicat des Rires cibellans. Elle ne regardait pas les spectateurs, n’ayant d’yeux que pour son chef d’orchestre, mais elle devinait sans difficulté qu’ils connaissaient, eux aussi, la moindre portée. Véritable hymne à Cibella, à ce que son duché avait de meilleur, les Rires cibellans gonflaient un orgueil déjà rondelet chez les enfants d’Aura. L’introduction guillerette s'apaisa enfin pour laisser les harpes chanter. Puis enfin on lui laissa la place. Toute la place.

Une note traînante et langoureuse. Ce fut tout ce qu’elle réussit à faire avant que les tremblements n'interrompent le spectacle. Grondements. Chaleur. Démarche rythmée. Ce n’était pas les flûtes, cette fois. Ils avaient ouvert les portes avec une détermination violente. Elle ne savait pas ce qu’ils désiraient, ces Chevaucheurs et ces combattants armés, mais elle savait qu’elle ne reverrait plus sa bichette. Certains tentèrent de fuir, lorsque les premiers coups furent portés. D’autres levaient les bras pour implorer la paix ou la pitié. Les hurlements et les pleurs s’élevèrent bientôt en une cacophonie d’horreur. Elle les avait perçues, les armoiries de Cibella décorant leur tunique. Tremblante de rage et de peur, impuissante devant le sort que Cibella offrait à ses propres enfants, elle s’était entêtée à tirer une note, une seule.

La mineur.
Première note des Rires cibellans.
Note favorite de sa bichette.

Elle ne le savait pas, que l’histoire la plongerait dans l’oubli. Elle ignorait que l’humanité effacerait des talents incroyables en quelques instants. Elle n’avait même pas eu conscience de mourir, tant ce fut soudain. Sa dernière pensée, son dernier éclat de conscience, fut pour sa bichette, son enfant chérie.

Elle voulait tant rentrer chez-elle.





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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyLun 7 Mai - 15:32

Je suis tellement heureuse d’être venue avec Mère. Je n’aurais jamais pensé entendre de si beaux concerts. Cibella n’est certes pas réputé pour ces grands arts, à la différence de Lagrance qui les met plus en avant, mais il se passe tout de même des choses incroyables dans ses structures culturelles. Je souris à ma mère lorsque nous reprenons nos places, impatientes d’écouter la suite. Les soirées calmes et reposantes comme celles-ci sont rares, la gestion de notre petit domaine accapare bien trop de temps. Mère m’avait expliqué comme, depuis longtemps, elle aimait venir écouter les Accordés, à quel point ils apaisaient son âme et lui permettaient cette pause nécessaire dans les intrigues politiques. Je ne l’avais pas tout à fait cru au début mais… Son grand âge avançant, et ma succession à la tête de notre famille approchant, je désirai découvrir ce dernier aspect de sa vie auquel je ne m’étais jusqu’ici pas intéressé. Je reconnaissais le talent des Accordés mais… J’étais bien plus intéressé par mes responsabilités. Je ne regrettai pas d’être venue. La paix et l’harmonie sont nécessaires dans le chaos, et aucune ne peut exister sans confiance.

Mon esprit se brouille quelques secondes tandis que les applaudissements retentissent à l’arrivée du chef d’orchestre. Des murmures me revienne en tête, des murmures depuis quelques temps qui évoquent la disparition des Accordés… Ma sœur aîné, Capitaine de vol pour l’armée de Faërie, en avait parlé comme d’une lubie possible pour enterrer la guerre avec Ibélène. Nous n’y croyions pas du tout. Cela semble si étrange de penser que l’on pourrait être privé de personnes et de magies qui régissent l’existence de notre monde depuis si longtemps. C’est comme si tout d’un coup on aurait voulu nous amputer d’une partie de notre vie. Cela n’est vraiment pas imaginable. Ainsi, aussi vite que la pensée m’ait venu en mémoire, elle disparut lorsque le chef d’orchestre nous salua pour se retourner vers ses musiciens.

Je n’aurais pas dû.

Les portes claquèrent si fortement qu’aucun son de musique n’aurait pu l’apaiser. Immédiatement, j’ai su quelques choses n’allait pas. Avant même que les cris n’envahissent nos oreilles, avant même que le monde ne se teinte de sang. Mère n’a rien compris. Lorsqu’elle aperçut les agissements des soldats, des mages et des chevaucheurs qui agressaient sans pitié le premier qu’ils croisent, elle les a interpelés, elle a voulu s’avancer. J’ai vu le tir foudroyant partir en même temps que je suis jetée au sol… avec pour seul vision, lorsque mes paupières se rouvrirent, le cadavre calciné de ma mère. Non… Non… Noooon… Mon esprit, hors de mon corps, s’exprimait sans son. Mes larmes, silencieuses, ravageaient mes joues. Et je ne bougeais plus. Je n’avais rien compris, mais je savais que tout le monde… était attaqué. Tué ? Pourquoi tué ? Pourquoi ?

Instinctivement, j’ai… rampé. Je voulais me recroqueviller sur moi-même. Pleurer encore et encore jusqu’à ce que moi aussi le chaos me fauche. La mort ? Non, ce n’était pas la mort. C’était l’incompréhension, la fin sans l’entendement de ce qui nous arrivait. C’était… Je voulais juste que cela s’arrête. Peu importe comment cela se devait. Je ne souhaitais pas même comprendre pourquoi cela se produisait. Non. Cela se produisait juste et il fallait… que je disparaisse. Dans ce sang, dans ces cris. Moi aussi. Et vite, car je ne voulais pas ressentir la souffrance, la douleur, le déchirement, de tous les hurlements précédaient, qui continuaient, qui étaient désormais la seule réalité.

Prostrée contre le dossier d’un siège, quelque part, je me fus soudainement attrapée et soulevée. Je voulais crier, me débattre, hurler, griffer, m’attendant à mourir instantanément de toute façon. Enfin, à moi, vite. Vite. Je me sentis juste attirer vers l’arrière, sans ménagement, rapidement. Mes yeux se rouvrirent et je reconnus l’un des violonistes. Lorsque je compris qu’il voulait vers l’arrière, il s’était déjà pris un poignard tranchant en plein cœur d’un des guerriers. La vie avait déserté ses yeux avant même que ses doigts ne lâchent ses poignets, suivant l’affaissement de son corps par terre. Et puis, je voulus crier, crier, encore, et tout fut fini. Je crois… Une lame m’avait transpercé de part en part. Je vis le bout de sa lame luisante juste en dessous du creux de ma poitrine alors que… je… gisais… au sol ?

Viens… plus vite… Mort attendue, dont je n’ai rien compris. Je crois seulement… que le monde… s’est oublié… Qu’Ibélène nous a piégé… Je crois… qu’après cela… Il ne peut pu y avoir de futur.
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyLun 7 Mai - 17:58

La petite n'a pas plus de 13 ans et elle rayonne de bonheur depuis qu'elle a mis les pieds dans le théâtre. C'est la première fois qu'elle s'y rend et elle doit cette chance à sa grand-mère, qui a accepté qu'elle l'accompagne. L'orchestre philarmonique est merveilleux et leur performance dépasse de loin ses espérances. Elle-même s'entraîne à la pratique de la flûte depuis plusieurs années et pouvoir un jour se présenter sur ce genre de scène est un rêve.

Elle ne parle que peu durant la première partie de la prestation. Elle s'abreuve de tous les détails, du haut de son balcon, bien installée entre sa grand-mère et son grand-père. Elle essaie de graver dans sa mémoire le plus de faits possible. Elle s'extasie intérieurement sur cette magie qu'est l'Accord, qui rend la musique parfois bien plus profonde. Elle admire aussi secrètement l'homme aux longs cheveux blonds, dont les doigts, fins, caressent presque l'instrument qu'ils tiennent.

Elle est subjuguée, la petite, et elle n'ouvre à nouveau la bouche qu'une fois l'entracte sonné. Là, elle ne peut plus s'arrêter de parler, échangeant avec ses grands-parents dans des mots précipités et plein d'émerveillement. Elle finit par s'absenter un instant, pour aller saluer l'un de ses frères, qui a la chance de faire partie de l'orchestre. Il l'accueille dans un soupire résigné, sachant pertinemment qu'elle ne retournera au balcon que lorsqu'il aura discuté avec elle. Il se prend pourtant vite au jeu sous la pluie de compliments qu'elle lui offre. Il réussit à la faire retourner en haut au prix d'une étreinte chaleureuse et la promesse de lui présenter plus tard l'homme aux longs cheveux blonds.

Elle s'installe à nouveau, sautillant à moitié sur son siège, et, à nouveau, la mélodie s'élève dans l'air, envoutante, et la petite se calme progressivement. Le calme se fait en elle alors qu'elle se laisse emporter par l'ambiance de la musique. Elle ferme même les yeux, mais est forcée de les rouvrir brusquement quand les portes du théâtre claquent d'un coup.

Elle met un instant avant de comprendre que des soldats sont entrés sans aucun respect dans la salle. Elle n'a même pas le temps de se demander ce qu'il se passe que des lames se lèvent pour transpercer des corps. Sans raison aucune. L'horreur l'envahit et elle n'entend pas sa grand-mère lui parler. Elle se laisse seulement tirer par la main et garde ses yeux sur la foule, là où des mages ont commencé à lancer des sorts dans le but de tuer. Sans états-d 'âme, semble-t-il.

Les battements de son cœur pulsent à ses tempes. Les sons lui parviennent de manière étouffée. Les sons… Les cris, les pleurs, les sorts. Un concert privé donné par la mort elle-même sans vergogne. Jamais de sa vie la petite n'avait souhaité être sourde. C'est pourtant la pensée qui semble envahir son esprit et ne pas s'en déloger alors qu'ils descendent les marches pour tenter de trouver une issue. Ils n'ont pas vraiment le choix de toute façon : ils doivent redescendre dans la salle principale pour oser espérer s'en sortir vivants.

Le spectacle est pire, une fois là. Le plafond est troué, du feu s'y loge et va dévaster la surface en-dessous. Elle ne peut s'empêcher de laisser un gémissement d'horreur lui échapper. Des mages et des guerriers cibellans. Des Chevaucheurs. C'est un massacre. Les gens sont transpercés, brûlés, glacés. Certains sont piétinés. Pourquoi leur armée est-elle en train de les massacrer ? Tout cela ne fait aucun sens dans son esprit.

Ses grands-parents et elle tentent de longer les sièges ; ils se dirigent vers la scène. Elle se retrouve pourtant séparée d'eux. Elle crie leur nom, mais elle n'entend rien. La cacophonie alentour ne laisse aucune chance à ses sens, submergés. Elle suit son instinct alors, elle tente de retrouver son frère. Il y a des gens sur la scène aussi ; pas seulement les musiciens. Elle grimpe les marches malgré tout, tremblante, terrorisée, et cherche des yeux ses longs cheveux bruns, sa carrure imposante. Elle ne trouve qu'un guerrier, la lame dégainée et le regard voilé par des émotions qu'elle est incapable de déchiffrer. Elle ne comprend pas de suite que c'est bien contre elle qu'il lève sa lame et… Il s'effondre soudain sur le côté.

Elle lève les yeux sur son frère, une chaise à la main, le torse qui se soulève sur une respiration hachée. Elle crie son nom, des sanglots plein la voix et il la prend dans ses bras. Il la serre fort et lui dit qu'ils doivent trouver comment sortir. Elle lui dit qu'elle a perdu leurs grands-parents, il lui rétorque qu'ils n'ont pas le temps, que tout le monde est massacré, sans exception. Elle n'insiste pas plus ; c'est son aîné, après tout. Qui mieux que lui pourrait la protéger dans cette situation tragique ?

Ils n'ont pourtant pas la temps de fuir. Elle sent quelque chose se loger entre eux. Elle voit les yeux de son frère s'écarquiller. Les siens doivent faire la même chose. Et la situation pourrait être comique tant ils doivent avoir l'air ridicule. La chose se retire  d'entre eux et elle baisse les yeux. Du sang, au niveau de leurs ventres. Beaucoup, qui s'écoule, leur deux sangs qui se mêlent, alors qu'elle réalise ce qu'il vient de se passer.

Une épée s'est logée dans son frère avant de terminer sa trajectoire dans son propre corps. Elle hoquette et s'accroche désespérément au regard de son frère qui tente de parler. Elle croit percevoir des mots. Sois forte, je t'aime, sois forte. Cependant, elle n'est pas sûre de ne pas les inventer, ces mots, alors qu'ils s'effondrent tous les deux, toujours dans les bras l'un de l'autre. L'écarlate se fraye un chemin entre leurs corps étalés au sol. Elle prie les dieux de leur venir en aide. Si fort. Elle prie les dieux de sauver son frère, au moins. Sa main s'accroche à la chemise de ce dernier, celle achetée spécialement pour l'occasion. Elle était si belle, à l'aspect soyeux et riche. C'était un cadeau de leurs parents.

La petite ne sent même plus la douleur tant elle est puissante et a envahi tout son corps. Elle ne peut détourner les yeux de ceux de son frère, qui la fixent avec autant d'intensité que d'effroi.

Soudain, sa gorge est tranchée et elle tente de se dégager alors que la mort prend place dans les prunelles de son frère tant aimé. Elle panique, elle ne réalise pas qu'elle va de toute façon mourir. Que ses gestes ne pourront rien y faire. Elle ne voit le responsable que lorsqu'il la retourne sur le dos. Elle voit alors ses traits tirés, sa bouche plissée, sa mâchoire serrée. C'est le même homme que tout à l'heure, celui qui a essayé de la tuer. Elle comprend que sa gorge va être tranchée aussi. Elle comprend enfin sa fin.

Elle a le temps d'ancrer son regard dans celui de son assassin – leur assassin –, son regard pourtant si innocent qui aura vu trop d'horreurs et qui ne verra plus rien d'ici quelques instants. L'homme déglutit et elle prononce, d'une voix qu'elle espère suffisamment forte pour être entendue :

« Sois maudit, monstre. »

Elle ne voit pas la lame, ensuite. Elle a détourné les yeux, mais elle la sent ouvrir sa gorge et emporter dans son sillon le peu de vie qui vibrait encore en elle.

La dernière chose qu'elle entrevoit est une chevelure blonde, bouclée, en mouvement.



#16669C
















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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyMar 8 Mai - 20:27




Chroniques d'Arven

Intrigue 3.3

Les Échos du Passé

30 mai 1003



Intrigue animée par Lemon Tart


Contes et Légendes

Le passé est délicat, tissé de fils qui s’entremêlent avec subtilité. Tirez sur l’un d’eux, modifiez sa course. Qu’obtenez-vous ?

Racontez.




Cinquième Tour

Consignes



IRL : du mardi 8 mai au mardi 15 mai (18h).
IRP : au choix

• Ce topic concerne les personnages inscrits à l’intrigue au préalable (Agnès, Astarté, Césaire, Gaëtane, Géralt, Lauriane, Mayeul, Tara & Walid). Si ce n’est pas le cas, un petit MP à la Fatalité et vous serez les bienvenus !

• Pendant ce tour, vous rédigerez un texte concernant votre personnage (si vous en avez plusieurs, vous pouvez choisir l'un d'entre eux ou même faire un texte pour chacun d'entre eux). Décrivez un moment de sa vie qui aurait pu se passer autrement, qu'il aurait voulu vivre autrement, où il aurait voulu agir autrement.

• Aucune limite de mots n'est imposée.

• Vous pouvez poster plusieurs fois, présentant différentes situations, si vous le souhaitez !

• Le format est libre ; vous pouvez écrire une chronique, un journal intime, un rapport militaire, un cours d'histoire à l'Académie, un poème, un conte pour enfant... Comme vous le souhaitez !

• Si votre texte est réussi, il pourra éventuellement intégrer le recueil des Contes et Légendes. Si tel est le cas et que le staff sélectionne votre écrit, vous remportez une carte d'Omen à cette occasion.






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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyDim 13 Mai - 22:54


Au bord du gouffre...


Le regard dans le vide, je sens les larmes rouler le long de mes joues sans rien faire pour les en empêcher. Depuis combien de temps suis-je ici, à fixer ce gouffre béant vers lequel je me suis dirigée après avoir écrit la dernière missive écrite à mes proches ? Quelques minutes ? Quelques heures ? Toute une vie ? Difficile à dire. En réalité, le temps a perdu toute importance au moment où Jamal a disparu.

J’ai pourtant cru tout ce qu’il disait. Ses mots d’amour, ses promesses. Je sais, il est difficile d’être plus sotte que je l’ai été. Après tout, il ne voulait qu’une seule chose. Et il l’a eue. Oh, je pourrais dire qu’il a dû insister, mais, au final, pas tant que ça. Ou en tout cas, rien qui ne permette à cette honte indéfinissable d’avoir grandi au fil des jours, à chaque fois que je le retrouvais. Cette honte mêlée à l’envie de vouloir le retrouver, qui n’avait fait que grandir à mesure que les jours passaient. Comme si me perdre dans ses bras pouvait me faire oublier tout le reste. Maintenant que je fixe le vide devant moi, je me rends bien compte que cela ne pouvait pas marcher. Pas indéfiniment en tout cas.

Et j’effleure mon ventre encore plat, songeant bien trop tard à toutes les conséquences que cela a pu engendrer. Le déshonneur pour les miens d’avoir eu une fille incapable de résister à l’appel d’une chair qui ne lui aura rien apporté. Et la perte de cette fille. Parce que c’est ce qu’il y a de mieux à faire non ? Je n’ai pas le droit d’être en paix et de vivre maintenant que j’ai fait ça. Maintenant qu’il m’a abandonnée, qu’il est parti. Je ne me suis jamais sentie aussi seule de toute mon existence alors que, durant plusieurs jours, j’ai évité Père et Mère, prétextant un malaise quelconque. Je n’arrive toujours pas à savoir si j’aurais aimé que Tyr soit là. Il aurait trouvé les mots, il aurait réussi à me faire changer d’avis, j’en suis persuadée. Et j’aurais dû vivre avec ce poids, sans jamais pouvoir regarder mes parents dans les yeux.

Alors, ce n’est pas si mal qu’il ne soit pas revenu comme c’était prévu non ? Stupidement, lâchement, j’ai attendu jusqu’au petit matin. Comme pour m’assurer qu’il ne serait vraiment pas là. Et je me suis installée pour lui écrire une lettre. A lui seul. Mes parents n’auraient pas compris, mais lui, peut-être. Je me demande quand est-ce qu’il va la lire d’ailleurs. Peut-être est-il en train de le faire. En réalité, je ne sais pas combien de temps j’ai mis à venir jusque-là. Je me sens épuisée, comme si j’avais perdu toute énergie, comme si mon existence était déjà terminée avant même que j’ai fait ce dernier pas dans le vide.

J’inspire longuement, fermant les yeux, quand soudain, derrière moi, j’entends une voix familière. Un peu essoufflée. Un peu étranglée par l’émotion. Et qui me serre le coeur encore plus fortement que je ne l’aurais cru possible.

« Mon cher Tyr.

Je ne sais pas comment trouver les mots pour te raconter tout cela mon cher frère. Mais je n’ai pas été à la hauteur de tes espérances. Je ne suis pas cette petite sœur que tout le monde semblait trouver parfaite ou peu s’en faut. Je me suis perdue Tyr... persuadée de trouver le bonheur entre les bras d’un homme. Il a su me charmer, me faire rêver d’une vie que je n’aurais jamais osé espérer vivre un jour. C’est cet homme  que tu trouvais étrange lorsque nous allions au marché avec Mère.

Il a promis qu’il m’épouserait. Que si nous… 
» Mon frère soupire, visiblement incapable de lire à haute voix le reste de la lettre. Je garde les yeux baissés, incapable me retourner et de croiser son regard, sentant le vent du gouffre faire voler mes cheveux alors qu’il est là, tout près. Il me suffirait d’un seul pas en avant et cette douleur sera enfin terminée pour de bon. Et je souffle, dans un murmure à peine audible, mais qu’il entendra tout de même, j’en suis persuadée. « … Tu ne devrais pas être là… tu devrais être à Lorgol… » Comme un reproche pas vraiment formulé. Et pourtant, c’est un peu le cas. Je ne veux pas qu’il me voit comme ça, qu’il ait cette dernière image de moi en larmes, perdue, sans avenir maintenant que j’ai tout gâché. Et cette voix tellement douce, tellement rassurante, qui malgré tout ce que j’ai pu vivre me réchauffe le coeur. « J’ai décidé de rentrer finalement. Comme si… je devais le faire. » Je secoue la tête, reniflant de plus belle alors que ma voix baisse encore d’un ton. « ...je ne peux pas Tyr. Je n’ai pas le droit de… vivre. Pas après ce que j’ai fait. Et vous n’avez pas le droit de subir la honte de me voir... Je suis désolée… » Je laisse échapper un sanglot, la main sur mon ventre, incapable de finir ma phrase.

Et je fais un pas en avant, mon pied dans le vide.

Sans tomber.

Je sens ses bras entourer ma taille. Ces bras qui me portaient lorsque j’étais enfant et que j’éclatais de rire pour rien, ces bras qui m’ont toujours protégée contre le monde entier. Je devrais être soulagée mais je me retourne pour le frapper, pour qu’il me relâche, me laisse faire ce qui doit être fait. Il ne fait que retarder l’inéluctable et, alors que mes poings martèlent son torse sans relâche, il me murmure que tout va bien se passer, qu’il est là, que jamais il ne me laissera, qu’il veillera sur moi. Tout ce que je rêvais d’entendre mais que je n’avais pas le droit d’espérer. Tout ce qui me donne l’impression que tout ce qui s’était écroulé n’a fait que vaciller. Parce qu’il tient mon existence entière à bout de bras, sans faillir. « Je suis là Tara. Tu ne seras jamais seule. Pas tant que j’aurais un souffle de vie. » Et j’enfouis mon visage contre lui, secouée par les sanglots, tenant à peine debout alors que je tremble de plus belle.

Je ne sais pas combien de temps nous restons comme ça, à quelques mètres à peine de ce gouffre sans fond, à sentir le vent tourbillonner tout autour de nous. Mais peu importe. Il est là. Il me serre dans ses bras et c’est tout ce qui compte. J’entends alors un hululement et, du coin de l’oeil, j’aperçois une petite boule de plumes, à peine plus grande que la paume de ma main. Et Tyr murmure, tout contre mon oreille. « C’est comme s’il m’avait guidé jusqu’à toi Tara. »



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   


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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyLun 14 Mai - 17:08


Là-bas, ici, quelque part, se dresse droit et intouchable le grand métier à tisser d’or, celui qui porte la tragique et belle tapisserie de la vie. Les fils se mêlent, se cassent, se nouent, les couleurs se complètent, se contrastent. Il y a de ces motifs sublimes qui font partis d’un tout atroce, et ceux qui semblent s’arrêter brusquement, brisés, incomplets. Elle n’est jamais terminée, cette oeuvre sans fin dont les longueurs passées s’empilent alors qu’il y a toujours de nouveaux fils qui sont ajoutés.
La tisserande est là, complétant ce travail éternel sans se soucier du sang, des larmes, des rires et des sourires qui habitent son oeuvre. Elle ajoute, toujours, elle allonge, encore. Mais quand elle étire la main et attrape un fil depuis longtemps brodé qu’elle tire, ce n’est plus le présent qu’elle crée, c’est alors le passé duquel elle modifie la course. Et l’histoire qu’on pourrait croire intouchable se modifie, les motifs sont légèrement différents, les couleurs ne s’accordent plus comme elles le faisaient auparavant. Qui sait, vraiment, ce que ce petit geste a fait changer? Qui sait, ce qui, dans la grande tapisserie de la vie, vient d’être modifié?

Oh, le fil a cassé.

CÉSAIRE
C’est un matin comme tous les autres. Un matin froid de l’hiver qui encore couvre de ses brumes toutes les maisons de la ville. Il y a un calme plat qui règne. Le monde se déchire tout autour mais les matins sont encore teintés de cette même lenteur. Les feux sont allumés et les gens se réveillent doucement. Tous sauf un. Dans son lit, dans ses appartements du palais, il est immobile, alors que depuis quelques heures déjà les premiers rayons du jour auraient dû le tirer des brumes du sommeil. Dans le palais, les domestiques s’affairent à leurs tâches habituelles, ils ne sont pas encore alertés de cette absence, ils le seront plus tard, quand il ne sera pas là alors qu’il devrait l’être.

Qu’est-il de différent ce matin? Sithis a-t-il entendu ses prières et est venu le chercher? Pourtant chaque soir il le prie, chaque soir avant de fermer les yeux il lui adresse quelques mots, parce qu’il ne sait pas s’il veut vraiment vivre encore dans ce monde qu’il ne semble plus reconnaître. Il ne sait pas s’il a la force de se battre, ou même simplement de continuer à simplement exister comme il l’a toujours fait, parce que tout est différent. Pouvait-il se contenter de rester là, impassible, sans ne rien y faire? Il aurait aimé dire que non, il aurait aimé avoir la force d’y faire quelque chose. Mais il est trop tard à présent. Le jour ne se lèvera plus. Dans le nuit on est venu le chercher, au creux de ses rêves, emporté. Les appels murmurés chaque soir ont finalement été entendus, le souhait exaucé.

Était-ce vraiment cela, qu’il avait souhaité? S’il s’était sû écouté aurait-il prié autre chose? La force de pouvoir y faire quelque chose peut-être? La force de n’y aider qu’une seule personne? Il se croyait trop vieux mais pourtant il avait encore chaque jour la force et la volonté de se lever, et cela aurait été suffisant, pour y faire autre chose. S’il avait sû. Ou s’il s’était donné la chance, seulement. Il ne peut même plus penser d’où il est à présent, parti, disparu. S’il le pouvait regretterait-il ce départ tant souhaité? Possible.

Tout est calme, trop calme encore, mais bientôt on viendra frapper à sa porte, et quand il n’y aura pas de réponse on commencera à se questionner. Il finiront bien par apprendre, par savoir, et il faudra le lui dire, à Castiel, après tout.

Il n’était pas éternel, tous le savait. Mais quelques années encore…

BARTHOLOMÉ
La nuit tombe doucement et le ciel commence à s’illuminer des milliers d’étoiles qui parent sa robe d’étincelles. Les heures précédentes, les jours même, tu n’as fait que recevoir les cadeaux et les félicitations qui arrivent au palais. De tout Faërie, certes, mais aussi d’Ibélène, alors que la grande Trêve garde vos deux empires dans une paix calme. Tu t’es isolé, un bref instant, pour observer le large. Observer la mer et les vagues, que tu tardes déjà de lui faire découvrir. Tu te remémores tes courses avec ton frère sur les quais, et les fois où vous embarquiez sur les navires avant de vous faire chasser des marins occupés. Tu as ces vagues souvenirs de votre père, alors qu’il était encore vivant, qui te montrait ses vivenefs, et de toi, qui pointait les grandes voiles ou les mâts ou qu’importe ce qu’il y avait pour qu’il te raconte de nouvelles histoires sur ces bateaux qui te fascinaient tant. Tu n’en as que de vagues souvenirs, tu étais si jeune, quand il a disparu, quand il vous a quitté. Tu te promets que ta fille n’aura pas besoin de contes et de lectures pour se souvenir de toi, et qu’ensemble vous voguerez sur ces eaux qu’il n’y a aucun doute qu’elle appréciera. Elle est d’Ansemer, après tout.

Un bruit te fait tourner la tête, sortir de tes pensées, et voilà que la nourrice arrive avec Bertille, tout bien emmaillotée, qu’elle te tend. Tes lèvres s’étirent par elle même en ce sourire aimant, alors que tes bras viennent chercher ta fille que tu viens serrer contre ton torse, déposant un baiser sur sa tête. Ce n’est que là, alors que tu relèves le regard vers la femme, que tu remarques les larmes qui ruissellent sur ses joues. Elle n’a besoin de rien dire que tu saisis le sens de cette tristesse. Jehanne, ta femme, qui encore ce matin semblait se battre pour survivre cet accouchement difficile qui la laissa en piètre condition, avait perdu le combat. Était-elle venue te porter Bertille pour que dans le choc de la nouvelle tu prennes ancrage sur cet enfant bien vivant qui somnolait en tes bras? Croyait-elle que tu t’effondrerait, en larmes, en douleur, de cette perte qui pourtant pourrait te ravir?

D’un geste de tête tu la congédie, et c’est tout sanglots qu’elle se retourne pour s’éloigner dans ces couloirs du palais. Tu reposes ton regard sur ce tout petit bébé dans tes bras, et le sourire sur tes lèvres est malgré tout empreint de tristesse. Tu l’as presque souhaité, cet instant. Et pourtant maintenant qu’il est là, tu n’arrives pas à te réjouir comme tu aurais crû le faire. La mort de la duchesse t'indiffère, te libère un peu même, mais c’est pour cet enfant que les larmes glissent sur tes joues. Elle qui ne connaîtra cette femme qui l’a mise au monde que par ces histoires qu’on lui racontera, que les autre lui raconteront, car que serais-tu capable de lui dire de Jehanne, sa mère que tu auras si violemment détestée? Tu ne sais pas, quand tu te marieras à nouveau, si la nouvelle duchesse portera en son coeur cet enfant que pourtant toi tu adores déjà.

Le deuil que tu présenteras les jours suivants ne sera qu’une image savamment créée pour faire croire à tous, mais ce soir, il est vrai, vrai pour Bertille, mais vrai pour cette petite parcelle de toi qui l'avait jadis réellement aimée. Ce soir, les histoires que tu raconteras à ta fille lovée au creux de tes bras seront celles des jardins somptueux que sa mère aimait tant, juste pour une fois, parce qu’elle ne pourra plus jamais le faire.



dialogue en #003366






Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 ParrainsDenys
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyLun 14 Mai - 22:08

Que serait devenue la vie d’Agnès si elle n’était pas née mage ?

Cadette au sein d’une famille de la noblesse lagrane, elle aurait grandi, éduquée dans les préceptes inhérents à son rang. Gardant cet intérêt pour les produits issus de leur culture arboricole, elle aurait secondé sa sœur ainée dans la gestion du domaine s’orientant pleinement dans les transactions marchandes. Peut-être aurait-elle intégré la guilde des marchands ? Bien entendu, dès qu’elle aurait été en âge de se marier, ses parents auraient œuvré pour tisser une alliance profitable.

Un mariage arrangé avec un noble bien pourvu côté renommé et ressources. Une alliance qui l’aurait certainement éloigné petit à petit du domaine familial pour lui faire découvrir de nouvelles responsabilités, celle d’une épouse et d’une mère. Assurer la filiation, donner un ou une héritière à son mari, une autre part de la femme qu’elle serait devenue, complémentaire. Construire sa famille, s’assurer que ses enfants reçoivent l’éducation adéquat l’aurait certainement occupée une bonne partie de son temps.

Aurait-elle délaissé le marchandage pour se consacrer à ses enfants et son époux ? Aurait-elle développé des sentiments pour cet homme qu’on lui a imposé ? Ou bien aurait-elle fini par changer de direction pour s’échapper d’un carcan qui l’aurait peut-être étouffée ? Des nombreux questions qui resteront sans réponse, car tributaires de nombreux facteurs encore indéterminés. Laissons l’imagination faire son office ou bien le Destin. Parfois, un évènement d’une vie est modifié, conduisant sur un sentier bien différent de l’initial, mais peut-être que le Destin provoquera de nouveaux évènements, créant de nouvelles bifurcations éloignant encore plus du chemin premier ou bien permettant de revenir vers lui…
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyMar 15 Mai - 14:08

Gaëtane avait très peu de regrets, elle regrettait très peu de ses choix. L’envie d’avoir des enfants s’était estompée en même temps que disparaissait peu à peu l’image de Livien devant ses yeux.

Livien, elle n’en parlait jamais. Elle s’était refermée dans une coquille vide depuis sa mort, son souvenir lui appartenait et elle ne partageait avec personne sa mémoire. Mais, elle y pensait souvent. Il était là, comme une ombre derrière elle qui la suit partout, un élément de son passé dont elle ne peut plus se détacher. Qu’elle n’a pas envie d’oublier. La page elle a été contrainte de la tourner, malgré elle, la vie a fait que…

Que serait devenue sa vie si Livien était toujours vivant ? Probablement, pas grand-chose de différent que maintenant. Une Gaëtane, un peu moins aigrie. Une Duchesse, un peu plus joyeuse - on peine à y croire… Une femme, moins meurtrie, moins brisée, moins abîmée par la vie, moins froide, moins cassée…

Ils auraient trouvé une solution ensemble pour avoir une héritière, il aurait été là pendant la maladie, il aurait peut-être joué un rôle important dans l’alliance entre Gabrielle et Lionel, mais la vie est ainsi faite et ce n’était pas leur destin d’être réunis jusqu’à la fin. Gaëtane faisait face à ses problèmes toute seule, de la meilleure manière possible, mais en fait sans Livien certains problèmes ne trouvaient plus de solution, avoir un enfant sans lui elle n’en voyait plus un grand intérêt Gaëtane.

Elle évitait d’y penser… à ce bonheur qu’elle aurait pu vivre, à ces moments de partage qu’elle aurait pu passer avec lui. A ces moments qu’elle refusait de vivre avec un autre. Et pourtant, ce douloureux souvenir de l’hiver 999 est bien ancré là devant elle, devant ses yeux, rythmant chacun ses pas. Elle s’en voulait, d’un certain côté Gaëtane, elle s’en voulait de ne pas avoir pu faire plus, de ne pas avoir pu le sauver. Elle en voulait au Destin d’avoir mis fin à ses dix années de mariage, elle en voulait au Destin d’avoir vu ainsi son bonheur arraché, piétiné.

Gaëtane avait mis un point d’honneur à ne pas être dépendante d’un époux, les choses n’auraient pas changé de beaucoup. Au fond d’elle, elle savait Gaëtane qu’elle avait pris les bonnes décisions depuis qu’elle était duchesse et que Livien aurait sans doute approuvé – peut-être pas tout, en fait elle ne savait pas trop la Gaëtane si ce qu’elle faisait été bien (du point de vue de Livien). Elle agissait en Gaëtane, elle essayait souvent de se projeter de se demander ce qu’il aurait Livien à sa place, il aurait agi en Outreventois certainement…

La vie sans Livien…la plus grande problématique de la vie de Gaëtane...
Alors, elle y pensait souvent à cette vie qu’elle aurait pu avoir…
A cette vie qu’elle n’a pas eu…
A cette vie qu’elle n’aura plus jamais….



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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyMar 15 Mai - 15:05

Toutes les histoires peuvent basculer d’un battement de coeur. Mélusine me l’a appris en m’acceptant aussi chaleureusement auprès d’elle. Par amour, mon histoire de peur et de violence est devenue celle d’espoir et d’affection. Lancelot me l’a prouvé en me montrant combien les sentiments étaient plus forts et plus purs que les apparences. Par amour, notre histoire difficile a basculé vers quelque chose de magnifique. Malgré tous ces gens qui tiennent à moi et m’apprécient malgré mes tares et mes faiblesses trop nombreuses, malgré cette situation enviable à laquelle ils m’ont hissée, il y a pourtant un petit quelque chose qui transperce mon âme comme un regret.

Arnaut.

Je n’ai jamais été courageuse. Lorsque les coups pleuvaient sur moi, c’était Arnaut qui me protégeait et prenait ma place. Lorsque le goût du sang emplissait ma bouche, je me recroquevillais en espérant que la tempête se calme. Lorsque j’entendais Alban entrer à la maison en claquant la porte, je me cachais sous le lit en ne faisant dépasser aucun jupon. Je retenais mon souffle le plus longtemps possible pour qu’il oublie que j’existais, au moins pour un moment. Arnaut m’y rejoignait toujours. Même si les gestes d’affection entre nous s’amenuisaient au fil des ans, il me consolait souvent.

J’aurais dû crier, j’aurais dû mordre, j’aurais dû griffer, lorsque Grâce est venue m’enlever, avec Aubrée. J’étais trop habituée à Bellifère pour oser protester mon propre enlèvement, même s’il ne s’agissait pas d’un époux mais de ma propre mère. J’ai suivi sans faire de vague, parce que c’était ainsi que devait agir les femmes du duché de la Guerre. J’aurais dû me faire entendre, élever la voix, menacer de réveiller les voisins et tout Brumecor, s’il le fallait, mais ne jamais laisser Arnaut derrière nous. Je serais partie malgré tout pour cette vie aussi douce et sucrée que le miel, mais il serait là, à mes côtés, à me protéger et me comprendre.

Tout aurait été différent. Si elles m’ont confiée à une marquise d’Erebor cielsombroise et Aubrée à une princesse kyréenne, peut-être Arnaut aurait-il été confié à une autre sommité similaire? Serait-il resté sur l’Audacia à apprendre la vie de pirate et le respect des femmes? Un griffon aurait-il pu se lier à lui afin de lui faire emprunter le même chemin que Grâce? L’Académie lui aurait-elle ouvert ses portes pour lui permettre d’apprendre les stratégies militaires les plus pointues? Peu importe ce qu’il serait devenu, Arnaut aurait été là, à mes côtés. Ma vie aurait été différente. Moins difficile, lorsque j’essayais de survivre aux éclats de Mélusine. Moins amère lorsque j’essayais de pardonner à Grâce. Plus savoureuse. Plus douce.

J’aurais dû protester.
Mais les filles de Bellifère ne protestent pas.

...Heureusement, je n’en suis plus une. Plus maintenant.


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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyMar 15 Mai - 15:47

Le rêve d'Astrid d'Evalkyr

Un autre temps, une autre possibilité… Loin sont les songes d’Astrid d’Evalkyr, qui rêvent sa vie si seulement elle avait su prendre les bonnes décisions.

Depuis qu’on leur avait annoncé la visite du Duc de Valkyrion, rien n’allait plus dans la tête de la jeune fille. Sa mère figurait un grand calme évidemment, et son père ne se doutait de rien. Mais elle, prostrée dans la neige, le regard cherchant un point invisible dans le brouillard, elle ne pouvait s’empêcher de réfléchir à tout ce qui pourrait se passer. Et si sa magie de l’hiver se manifestait en présence du roi ? Que se passerait-il ? L’exilerait-il ? Quelle conséquence cela aurait sur sa famille ? Peut-être nieraient-ils complètement et qu’il n’y aurait aucune répercussion, ou peut-être que sa mère, trop attachée à sa fille, s’interposerait. Astrid voyait défiler devant ses yeux tous les scénarios qu’elle ne voulait absolument pas voir se réaliser. Bien sûr, tout pouvait aussi très bien se passer. Apparemment, d’après les dires, le jeune Duc Hjalden serait quelqu’un de très patient et très courtois. Il serait dommage d’ainsi se méfier de lui… Mais ce n’était pas de la méfiance, à ce stade, c’était du bon sens…

Alors, lorsqu’Astrid rentra un peu plus tard, elle retrouva sa mère affairée à vérifier leurs commandes de tout ce qu’il leur faudrait pour l’arrivée du Duc et demanda à s’entretenir avec elle. Le soir, près du lit de la jeune fille, elles se retrouvèrent.

- Je ne pense pas qu’il soit sage que je rencontre le Duc… Son ton était traînant, incertain, mais très doux. On ne sait pas ce qu’il pourrait se passer.

Sa mère ne répondit pas tout de suite, réfléchissant certainement à ses propos. Bien sûr que cela n’était pas prudent mais il était délicat que leur unique enfant n’assiste pas à la visite de leur Duc qui leur faisait ce grand honneur.

- Le Duc pourrait également avoir des soupçons s’il ne te voyait pasLes risques sont grands mais cela pourrait être pris comme un affront au Duc que tu n’assistes pas à sa venue.

Bien sûr qu’Astrid le comprenait mais… un sentiment, une peur, affreuse, horrible, tordit son estomac, issu du plus profond de son être, on peut-être de son corps endormi… Alors elle reprit avec plus de véhémence.

- Maman, si cela devait se produire, imaginez ce qu’il en résulterait. Imaginez le drame qui pourrait se produireEndurer le mécontentement du Duc me paraît plus acceptable que de voir notre famille brisée. Nous ne sommes qu’une toute petite baronnie oubliée dans les terres les plus froides, il ne s’en souviendra probablement pas longtemps.

Astrid n’avait évidemment pas tord mais… Cela serait une situation difficile le jour dit. Néanmoins, sa mère réalisa que c’était à elle de la protéger et d’endurer une situation difficile et non à sa fille de la risquer. Aussi, accepta-t-elle, dans le grand secret évidemment, car leur mère ne savait rien.

Finalement, lorsque le jour approcha, Astrid avec la complicité de sa mère simula la maladie. Son père n’en revenait pas et il dure finir par volontairement faire prendre un bon coup de froid à la jeune fille. Finalement, Astrid se retrouva véritable malade lorsque la visite du Duc arriva. Par courtoisie, il ne l’avait apparemment pas fait déranger et sa mère lui rapporta que tout c’était bien passé. Le Duc avait paru l’air plus surpris et embêté qu’elle soit malade, mais personne n’en avait reparlé. Et comme Astrid l’avait prévu, quelques mois, quelques années passant, le Duc les avait complètement oubliés, tout comme la plupart de la noblesse valkyrienne depuis toujours d’ailleurs…

Vivre dans sa neige, autour de ses ours polaires, près de ces eaux si froides, à trimer comme tous les villageois… Cette routine était tout ce qu’elle adorait, et qu’elle ne se lassa jamais de parcourir jusqu’à la fin de sa vie.

Jusqu’à ce qu’elle ne se réveilla.
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyMar 15 Mai - 20:18




Chroniques d'Arven

Intrigue 3.3

Les Échos du Passé

30 mai 1003



Intrigue animée par Lemon Tart


Contes et Légendes

Pascaline a eu une vie intense, trépidante. Cartographe et exploratrice, l’une des premières Épines et la fondatrice de l’Ordre du Jugement. Imaginez la suite de son existence, après sa fuite. Imaginez sa vie d’exploration, son établissement sur l’Archipel et ce qu’elle a fait durant ses dernières années.

Racontez.




Sixième Tour

Consignes



IRL : du mardi 15 mai au mardi 22 mai (18h).
IRP : au choix

• Ce topic concerne les personnages inscrits à l’intrigue au préalable (Agnès, Astarté, Césaire, Gaëtane, Géralt, Lauriane, Mayeul, Tara & Walid). Si ce n’est pas le cas, un petit MP à la Fatalité et vous serez les bienvenus !

• Pendant ce tour, vous rédigerez un texte sur Pascaline Mappemonde, la très célèbre exploratrice cielsombroise.

• Aucune limite de mots n'est imposée.

• Vous pouvez poster plusieurs fois, présentant différentes situations, si vous le souhaitez !

• Le format est libre ; vous pouvez écrire une chronique, un journal intime, un rapport militaire, un cours d'histoire à l'Académie, un poème, un conte pour enfant... Comme vous le souhaitez !

• Si votre texte est réussi, il pourra éventuellement intégrer le recueil des Contes et Légendes. Si tel est le cas et que le staff sélectionne votre écrit, vous remportez une carte d'Omen à cette occasion.






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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyLun 21 Mai - 14:15


Petit cours d'histoire...


Fleur de la Source était assise, jetant un regard à sa montre avant de toussoter doucement. Il ne lui suffit pas plus pour que le silence se fasse dans la pièce, les regards se braquant tous dans sa direction. Comme à chaque fois qu’elle intervenait dans cette classe, l’attention des étudiants de l’Académie était totale. Parce qu’elle racontait l’Histoire comme on racontait les histoires. Et elle n’était jamais ennuyante, comme si elle vivait elle-même ce qu’elle était en train de raconter. Sa voix était comme hypnotique et donnait l’impression qu’on était avec elle, à observer en direct la vie dont elle parlait.

« Il est parfois des vies calmes, monotones, qui se répètent sans cesse. Des vies qui ne marqueront pas les esprits, dont la mémoire s’effacera lorsque les dernières personnes qui se souviennent d’elles auront elles aussi disparu de la surface de la terre. Ces existences sont les plus fréquentes et, sans elles, le monde ne pourrait pas tourner rond.

Et puis, il y a des vies comme celles de Pascaline Mappemonde. De ces vies atypiques, qui changent la marche du monde, qui nous obligent à voir notre univers différemment. Parce qu’elle avait toujours été comme ça, à ne jamais se contenter de ce qu’on lui disait, à toujours vouloir voir ce qu’il y avait au-delà des explications les plus simples. Depuis son plus jeune âge, elle testait les limites. De sa maison au départ. Puis de son village. Et, une fois qu’elle avait réussi à en franchir les frontières, plus rien n’avait pu l’arrêter.
 »

Se relevant la jeune femme agita une main dans les airs, comme si elle dessinait. Une carte d’Arven se matérialisa, avec force détails, au point d’en faire sursauter de surprises certains des étudiants qui se retrouvèrent l’une la tête dans Roc-Epine et l’autre, la main dans l’eau.

« Elle est la première à avoir dessiné une carte complète de notre continent. Vous rendez-vous compte de ce que cela peut impliquer ? Elle est allée partout. Du nord au sud, de l’est à l’ouest. Elle a gravi les montagnes, traversé les gouffres et les rivières, sans jamais donner l’impression que quoi que ce soit pourrait l’arrêter. »

Alors qu’elle parlait, se dessinaient les montagnes, les gouffres et les cours d’eau que chacun connaissait. Ou devait connaître tout du moins, s’ils étaient attentifs aux cours de géographie qu’elle dispensait également.

« Vous savez qu’elle est aussi la première à avoir pris le temps de noter tous les noms de villes et des villages. Elle est allée sonder les gens pour connaître comment on appelait le moindre cours d’eau, le moindre monticule. Cela lui a pris des années, des décennies même. Mais jamais elle ne se lassait, jamais elle n’a failli dans cette mission qu’elle s’était imposée. Parce qu’elle savait qu’elle n’aurait de cesse de continuer sa route tant qu’elle ne pourrait pas se targuer d’avoir complété entièrement la carte qu’elle avait commencé lorsqu’elle était enfant. »

D’un geste de la main, elle fit apparaître la fameuse carte de Pascaline Mappemonde, dans sa version originale, avec l'écriture-même de la cartographe, devenue une véritable relique historique. Peu de gens avaient pu la voir véritablement, elle était devenue bien trop fragile avec les années. Mais elle était conservée précieusement, à l’abri des intempéries et du temps qui passe, protégée même par un sortilège. Fleur avait eu le privilège de l’apercevoir, il y a bien des années et elle n’avait pas pu oublier la vive émotion qu’elle avait ressentie ce jour-là. Esquissant un sourire, elle reprit, d’une voix plus douce.

« Il y a eu beaucoup de rumeurs concernant son existence. Sur ce qu’elle a pu faire, les chemins qu’elle avait pu suivre tout au long de sa vie. On sait aujourd’hui qu’elle a été une des premières Épines ce qui, au fond, quand on sait le caractère qu’elle avait, n’étonnera personne. Et puis, elle a fondé l’Ordre du Jugement. Mais, comme vous avez pu le constater, nous ne sommes pas là aujourd’hui pour aborder ces aspects de sa personnalité. C’est la cartographe que nous saluons, que nous admirons. Personne n’aurait osé entreprendre le chemin qu’elle a choisi de suivre. Seule, les premières années. Jusqu’à ce qu’elle croise la route d’un botaniste, passionné par la découvertes des plantes. Ils étaient visiblement fait pour s’entendre tous les eux. Et si bien souvent Pascaline avait eu peur de ne jamais pouvoir partager les émotions qu’elle pouvait ressentir en découvrant un nouvel endroit, de ne jamais pouvoir dire ce qu’elle avait sur le cœur, la rencontre avec Hector allait tout changer. »

Remarquant l’intérêt soudain de certaines jeunes filles, Fleur toussa un rire avant de faire apparaître une vieille peinture les représentant tous les deux.

« Ne vous enthousiasmez pas trop. On ne sait pas s’ils ont été autre chose que de très bons amis, sillonnant les routes ensemble pendant des décennies. Il n’y a nulle trace d’un mariage entre eux, d’enfants qui auraient pu voir le monde. »

En vérité, Fleur avait trouvé quelques documents, de rares échanges épistolaires qui avaient traversé les décennies, où Pascaline évoquait à mi-mots avoir trouvé l’amour de sa vie. Mais qu’elle ne pourrait jamais troquer sa liberté, quels que soient les sentiments qu’elle pouvait ressentir, contre une vie de mère de famille. Visiblement Hector n’en avait pas pris ombrage et était resté à ses côtés toutes ces années.

« … ils nous ont cependant transmis un héritage des plus précieux. Certains en ont entendu parler. Il s’agit d’un ouvrage mêlant les cartes du continent aux plantes que l’on peut trouver dans chacune des régions, chacun des pays qu’ils ont traversés. Je ne suis pas sûr que qui que ce soit ait de nouveau entrepris un tel travail, ait réussi à être aussi minutieux, aussi précis. »

Quelques pages apparurent alors qu’elle parlait, avant de disparaître pour laisser place à une petite maison en bord de plage, qui semblait seule au milieu de nulle part.

« Ils ont sillonné les routes pendant près de quarante ans. Vous vous rendez compte ? Et puis, un jour, elle a mis un point final à cette carte qu’elle avait mis tant de temps à dessiner. Ils sont installés dans cette petite maison… tous les deux oui. »

Elle laissa filer un sourire aux petits sifflements qui échappèrent des étudiants avant de se faire plus malicieuse.

« Chacun sa chambre, cela va sans dire. Une petite maison au sud de Lagrance, au soleil, au calme, loin de tout le monde. Hector en a profité pour écrire un traité de botanique. Certains le connaissent probablement, c’est celui qui étudié en première année à l’Académie. Oui, oui, je vous parle bien du traité d’Hector Verteplaine. Que vous avez dû apprendre par cœur ou peu s’en faut si ma mémoire est bonne. Et c’est ainsi qu’elle s’est éteinte, entourée par ses cartes, son ami et un paysage que beaucoup d’entre nous rêveraient de connaître pour leurs vieux… ou même les autres jours en vérité. »

Un claquement de doigts et tout avait disparu. La lumière était revenue, faisant ciller les étudiants, surpris par le brusque changement d’ambiance. Fleur laissa filer un instant de silence avant de reprendre, d’un ton léger.

« Pour la semaine prochaine, je veux que vous me racontiez comment vous, vous voyez la façon dont vous finirez votre vie. Ce qui marquera votre existence. Que ce soit des cartes, un ami, une famille. Peu importe. Quels sont vos rêves, quels sont vos projets. Et surtout, ce qui, dans votre vie, méritera qu’on se souvienne de vous. Le cours est terminé. »



   

   
   
   
   
   
   
   
   
   




Dernière édition par Tara Mille-Visages le Lun 21 Mai - 18:23, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyLun 21 Mai - 16:09

Extrait d’un vieux carnet retrouvé, appartenant vraisemblablement à Pascaline Mappemonde. Les pages sont griffonnées de cartes, qui ne ressemblent à rien à celles qu’elle a précédemment couchées sur papier pour représenter le continent.



[...] Oh si j’avais encore de longues années devant moi ! Ce que je donnerais pour me rendre si loin, par delà les tempêtes, pour découvrir ces îles, ce monde, peut-être même, dont ceux ici ne font que me donner l‘envie de visiter. Ils ne semblent pas en savoir bien d'avantages, ou alors peut-être se gardent-ils de me révéler ces secrets par crainte? Je croyais les îles de l’Archipel les dernières parcelles de terre découvertes, mais je vois dans leurs yeux, j’entends dans ce qu’ils ne me disent pas, qu’il y a autre chose. [...] J’aurais aimé pouvoir étendre mes cartes, ne serais-je donc jamais satisfaite? C’est que personne n’a réellement rejoint la limite, alors peut-on être certain de ce qui s’y trouve? [...] De toutes mes années à parcourir le continent pour le cartographier, pour en repérer les noms et les habitants, j’ai découvert de nombreux trésors, des endroits où personnes n’avaient jamais mis le pied, ou alors des endroits où certains vivaient reclus de tous, presque insouciant des malheurs qui se jouaient à leur frontières. Mais il y a plus encore. Les légendes le disent. [...] C’est des contrées lointaines et d’habitants plus étranges encore qu’ils me parlent. J’arrive à les comprendre, eux, même si leur façon de s’exprimer est différente, mais ils me disent que même ceux-là, ceux que personne ne semblent pourtant avoir rencontrés, on ne peut converser avec les mots comme on arrive à le faire ici. [...] Ils m’ont dit des horreurs aussi ! Mais dois-je les croire? Où s’arrête les légendes et où commence la vérité? Je sais fort bien aussi que de tels mensonges peuvent servir à protéger des peuples. Peut-être les a-t-on exclus si loin, si longtemps auparavant, pour les y sauver? Peut-être les a-t-on oubliés comme on oubliera tout les autres? [...] Je ne sais pas s’ils sont mieux là-bas, mais je ne peux taire en moi le désir d’exploration, la curiosité qui me tenaille de découvrir la vérité, de savoir ce qui se cache par delà les brume et les tempêtes. Oh, si seulement j’avais encore la force de tels périples en mer ! Maintenant je ne peux qu’espérer qu’un jour nouveau quelqu’un d’autre posera sur mes cartes un regard curieux, qu’il se demandera ce qu’il y a, par delà les côtés du papier, si cela est vraiment les frontières de notre monde ou s’il y a autre chose qui ne demande qu’à être découvert, exploré, cartographié. [...]



dialogue en #003366






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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyLun 21 Mai - 17:47

La vieille femme l’observait avec ses yeux immenses et brillants, mais Sandrine ne s’y fiait plus depuis longtemps, déjà. La maladie était étrange et les médecins s’étaient succédés sans connaître la cause réelle. Tous, pourtant, n’avaient qu’un mot aux lèvres, un mot terrible, un mot acide : démence. Pernicieuse, cette affection semblait s’être logée au creux de l’âme de sa marraine. Le tout avait débuté discrètement, si bien que Sandrine n’avait rien remarqué. Ce n’était qu’avec plusieurs années de recul, devant l’état déplorable de cette vieille femme, que la jeunette se rappelait les premiers indices. Les paroles de cette berceuse qu’elle lui avait fredonné sans relâche, lorsqu’elle était enfant, lui échappaient désormais. Les anniversaires de ses neveux et nièces, si précieux à son coeur, devenaient une succession de dates floues. Le plus douloureux fut sans doute lorsqu’elle s'apercevait que ses connaissances historiques s’étiolaient. Spécialiste de l’histoire des cartographes, pour que la mémoire d’Arven ne s’efface pas, la vieille femme assistait, impuissante, à la propre disparition de son histoire, de ses pensées, de ses souvenirs. Sandrine avait parfois cru, à tort, que l’éclat brillant de son regard signifiait une percée dans la réalité.

- Je voudrais ma face à poissons.

La jeunette acquiesça à plusieurs reprises alors que son regard parcourait les étagères et la petite table, au centre de la chambre, à la recherche de l’objet convoité. Des livres en quantité meublaient les nombreuses étagères alors que des cartes détaillées couvraient les murs. Des portraits, nombreux,  étaient reliés entre eux par des ficelles. C’était l’oeuvre de Sandrine qui, bien qu’impuissante, s’efforçait malgré tout de retenir les souvenirs de sa marraine entre eux, comme par crainte de les voir s’envoler. Près du plateau de biscuit, une tasse peinte de poissons fins. Non sans un soupir, la jeune femme rapatria biscuits et tasse à poissons près de sa marraine. Elle baisa sa tête blanche et fragile et empoigna l’un des livres de l’étagère. Pascaline Mappemonde par Ludivine Ivresprit : études d’une cartographe de génie.

- Et si nous continuions le récit de Pascaline Mappemonde, Ludivine?

À l’instar d’une enfant, la petite femme ensevelie sous la couverture opinait avec enthousiasme, les lèvres pleine de miettes de biscuit. Sandrine plongea rapidement son nez dans le livre épais pour masquer son émotion. De son héroïne, de la professeure adulée par ses élèves, de la marraine dévouée et astucieuse, il ne restait qu’une petite femme tremblante et déracinée de ses propres souvenirs, perdue dans une réalité qu’elle peinait à percevoir.

- Pascaline Mappemonde n’était pas seulement une Cielsombroise en fuite en raison de ses idéaux politiques. Elle était surtout et avant tout une cartographe talentueuse, une travailleuse acharnée et une âme curieuse et vive. Ce fut la première à cartographier entièrement le continent, à recenser l’intégralité des côtes, il va de soit, mais également des terres, des rivières, des monts et limitations des terres. Un travail colossal qu’elle effectuait avec passion, pour ne pas dire vocation.

Elle interrompit sa lecture pour regarder sa marraine, toujours attentive et suspendue à ses lèvres. À de nombreuses reprises, déjà, Sandrine lui narrait les aventures de Pascaline en retraçant ses découvertes, en détaillant ses moindres cartes, et toujours Ludivine se montrait attentive comme si elle découvrait le récit pour la première fois.

- Pareille grandeur attire inévitablement les opportunistes et nombreux sont ceux, à travers les ans, à se proclamer héritier d’une savante aussi grandiose. Chers lecteurs, il n’en est rien. Pascaline Mappemonde n’était pas de celle…
- ...à fonder famille et s’incliner devant un époux.

Sandrine s’inclina brièvement sur sa marraine pour caresser ses cheveux fins, blancs comme neige, dans un geste purement affectueux. Un retour à la réalité, sommaire, ou peut-être était-ce simplement l’habitude d’entendre encore et encore son passage préféré..?

- Non, Ludivine. Pascaline Mappemonde n’était pas de celle à fonder famille et s’incliner devant un époux. Les plus récentes recherches ont dévoilé une correspondance enflammée entre la plus légendaire des cartographes et Hortense Boisvert, modeste botaniste spécialisée en flore aquatiques. Ce fut lors d’une étude d’une rivière lagrane qu’elles se rencontrèrent, l’une pour cartographier l’endroit, l’autre pour inspecter l’évolution des lézardelles penchées. L’échange de lettre s’arrêta subitement après deux ans, lorsque Pascaline invita Hortense à parcourir le monde à ses côtés.

Non sans un soupir, Sandrine arrêta sa lecture. Sa marraine n’écoutait plus, déjà, le regard perdu vers les portraits au fusain présentés sur le mur, non loin d’une carte de Sombreciel. C’était son portrait que sa marraine dévisageait avec insistance et curiosité.

- Je veillerai sur tes livres de Pascaline Mappemonde, Ludivine, comme je veille sur tes souvenirs.





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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyMar 22 Mai - 16:27

Murmures chantées par Mnémosie à la mort de Pascaline

Le temps file,
le souvenir se faufile.
La Grande Pascaline
a tissé sa bobine.
Nous déroulons le fil,
le chemin se faufile.
Une terre est offerte,
grâce à ses découvertes.
Notre monde se profile,
Pascaline se faufile.
Un nom n’est rien,
mais son souvenir est aérien.
Son courage refile
et notre avenir se faufile.
Les choix nous font naître,
le monde doit ensuite être.
Les évènements s’enfilent
et la vie se faufile.
Mais toujours notre monde sera défendu,
alors jamais une âme ne sera perdue.
Le temps file,
le souvenir se faufile.
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes   Intrigue 3.3 • Les Échos du Passé • Contes et Légendes - Page 2 EmptyJeu 31 Mai - 23:44




Chroniques d'Arven

Intrigue 3.3

Les Échos du Passé

30 mai 1003



Intrigue animée par Lemon Tart


Contes et Légendes



Intrigue terminée







Clôture

Cartes & Annexes




• Les participants aux Contes et Légendes n'ayant pas de missions à effectuer durant l'intrigue, ils peuvent tous aller tirer une carte commune. :cute:

• Ci-dessous, les contes qui ont été sélectionnés pour rejoindre les annexes des contes et légendes. Les auteurs de ces textes auront jusqu'au dimanche 17 juin pour les relire/modifier/corriger afin de les envoyer à la Fatalité.

Tour 1 :
▬ Césaire
▬ Agnès

Tour 2 :
▬ Gaëtane

Tour 3 :
▬ Tara
▬ Astarté
▬ Lauriane

Tour 4 :
/

Tour 5 :
/

Tour 6 :
▬ Tara
▬ Césaire
▬ Astarté




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