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 Éternel

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Les Mages
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Meldred de Séverac
Meldred de Séverac

Messages : 363
J'ai : 32 ans
Je suis : Mage Accordé (percussions)

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Harmonie, l'équipage de la Symphonie
Mes autres visages: Gauthier ; Martial ; Jehanne ; Hector
Message Sujet: Éternel   Éternel EmptyMar 27 Aoû - 13:32


Livre IV, Chapitre 4 • À Cor et à Cri
Meldred

Éternel

La mort s'y prend à plusieurs fois.



• Date : 17 août 1004
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Solo
• Résumé : L'appel du Cor retentit. La Chasse Sauvage est convoquée, pour la dernière fois, devant l'assemblée d'élus rassemblés pour assister à sa "fin". Parmi eux, Meldred.
• Recensement :
Code:
• [b]17 août 1004 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4846-eternel]Éternel[/url] - [i]Meldred de Séverac[/i]
L'appel du Cor retentit. La Chasse Sauvage est convoquée, pour la dernière fois, devant l'assemblée d'élus rassemblés pour assister à sa "fin". Parmi eux, Meldred.




Là où la pensée a peur, la musique pense.  







Meldred parle en #99CCFF

On dit merci à Mab:
 


Dernière édition par Meldred de Séverac le Mar 27 Aoû - 14:05, édité 1 fois
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Meldred de Séverac
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Message Sujet: Re: Éternel   Éternel EmptyMar 27 Aoû - 14:00

Au commencement, la nuit était musique.
Les Accordés semblent toujours avoir été liés, d’une manière ou d’une autre, à la Chasse Sauvage. Pensée, libre pensée, libre-arbitre dont on aurait voulu les priver, inarrêtable volonté de l’âme. Ils ne sont pas leurs opposants, juste leurs opposés. Un tout qui emporte l’esprit.
Meldred, le bodhran à la main, au coeur d’une foule de gens dont il ne sait quasiment rien, se le rappelle cruellement bien.

C’est une nuit qui ne semble pas être capable de se finir et déjà file entre leurs doigts, eux qui ont été conviés pour assister à la prise de pouvoir du dernier Innocent, à la fin de la Chasse. Meldred est venu. Accordé invisible, il s’est fondu dans la masse, silencieux. L’homme que personne ne remarque au coeur battant, battant comme l’instrument à son côté. De loin il a reconnu Teagan, n’a pas osé le rejoindre, le saluer. Peut-être aurait-il du. Sans doute aurait-il du.
Le reste s’est enchaîné.

Les Accordés ont toujours été liés à la Chasse. C’est elle qui les a ramené sur le continent, grâce à elle, indirectement, qu’ils sont libres. Ses doigts se sont serrés sur son bodhran, son souffle s’est arrêté - son coeur a continué de battre de cette musique qui lui donne vie jusque dans la peur - quand devant eux se sont stoppés l’Innocent et sa suite, convoqués.
Les yeux grands ouverts, Meldred a assisté à une passation de pouvoir chaotique, dans une grandeur d’âme et un sacrifice qui jamais ne sauront simplement racheter quelque peu les actes de la Rose à ses yeux. (Suite à un discours grandiloquent et pathétique à la fois, qui n’a pas su toucher l’âme de l’ancien banni. )
Les yeux grands ouverts, Meldred a vu la silhouette changer. Il a vu l’Innocent s’effondrer, quelques personnes le rapatrier en sûreté.
C’est une nuit qui semble ne pas se terminer.
L’Innocente peine et souffre dans toute son immortelle volonté à retenir les quatre formes et la meute, les empêcher de déchiqueter l’attroupement et de reprendre sa tâche hasardeuse, incalculable.

Et vient l’éternité.

Les Accordés ont toujours été liés à la Chasse. Opposés, non opposants. Son coeur rate un battement. Un autre. Se désaccorde complètement quand il réalise ce qu’il peut faire - ce qu’il doit faire ? Mais tu ne dois rien faire, Meldred. Tu as encore tant de choses à vivre, tant de personnes à retrouver. Boum. Boum. Le bodhran qui s’emballe et se perce quand déjà deux s’avancent vers les Cavaliers. Tant de musiques à jouer, d’endroits à visiter. Tu voulais voir Séverac, Meldred. Tu voulais rencontrer (revoir ? ) ta famille, te réconcilier avec Tancélie. Tu voulais connaître ton Familier. Grandir. Vivre.

Vraiment ?

Boum. Vraiment ?

Boum. Bodhran lâche, désaccordé. Vraiment, Meldred, est-ce que tu le voulais ? Le doute qui l’habite depuis qu’il est revenu bat au rythme de son coeur. C’est du doute. Pas de la peur.

Boum. Son coeur continue de déconner. Meldred jette un regard sur la foule. Les doigts serrés sur son instrument – Orphée Bienvenu, de ce nom étrange qu’il a choisi pour l’instrument il y a bien longtemps – l’anxiété bat un peu avec lui, en lui, où elle se mêle à ce sentiment de peine calme. Ses yeux clairs courent sur l’assemblée : certains d’entre eux lui sont familiers, de ce rêve marquant d’il y a un an et demi qui a annoncé le retour sur le continent (ce rêve qu’il a gravé en sa mémoire aux accords de la harpe de son frère) ; un visage ou deux lui sont chers à son coeur – sa sœur, en premier lieu, aux yeux scintillants. Son ami Teagan, si proche.

Tant de gens. Tant de vies, au rythme du temps. Ils ont une famille, ils ont une existence. Meldred fait un pas. Tant de gens. Tant de vies qui méritent de continuer.
Un autre pas.
Boum. C’est un sacrifice qu’il fait de son propre chef et de son entière volonté.

L’Accordé passe les pirates qui se chamaillent, se retiennent, se frappent, hurlent quand l’une des leurs finit par rejoindre les Cavaliers. Il passe certains qui ne tentent pas de le retenir, qui savent en le voyant. Il passe ceux qui sont incapables de faire ce premier pas qu’il a fait – parce qu’ils savent qu’une fois qu’il se sera désigné, la chose sera entendue. Il atteint les premières lignes, écarte certains d’un effleurement d’épaule léger.
C’est fou le calme qui se mêle à son coeur désordonné. Il semble que le silence tombe alors que son pas résonne. Droit et fier face aux terrifiantes entités, sous les yeux d’une foule d’inconnus dont le grabuge, les larmes, les suppliques et les murmures ne sont que le reflet des liens si profonds qui unissent ces êtres entre eux.
Pour qu’ils aient encore le temps.

Ses yeux rencontrent ceux de Famine, puits sans fond où il voit danser la fin des temps, où les hommes se détruisent de l’intérieur, de leurs fissures, de tous ces besoins et ces envies qu’ils n’auront jamais su combler et qui finissent par les dévorer.

Son coeur ne s’emballe pas. Meldred n’a pas peur.
Il n’y a pas de pourquoi, pas de surprise pour l’Accordé. Dans le silence qui soudain semble l’entourer, il sait pourquoi c’est à lui qu’il se sacrifie - pourquoi la famine l’appelle. Il n’y a pas de peur, pas d’hésitation.

Il n’appartient pas à ce monde auquel il est retourné voilà de cela un an et demi : la faille en son coeur est profonde, chaque jour qu’il passe auprès des autres la creuse un peu plus. Il est l’étrange Outreventois dépassé à l’accent qu’on n’arrive pas à replacer ; il est le musicien décalé, désuet, qui joue dans le fond des tavernes et des auberges des airs que personne d’autre que lui ne peut fredonner ; il est celui qui n’est bien que lorsqu’il se trouve sur le pont de la Symphonie, là où il sait qu’on ne le jugera pas, qu’il sera considéré comme quelqu’un qui appartient. Il est un enfant hors du temps, une singularité que personne ne saurait tolérer. Il n’a pas sa place. Toujours de travers, toujours dépassé.

Il a poursuivi pendant tant d’années ce rêve du continent, soigneusement entretenu par l’Accord, poursuivi avec tant d’ardeur et d’espoir - de faux espoir - que quand il a posé le pied à terre et qu’il n’y a plus eu besoin de raviver régulièrement les souvenirs dans son esprit, la peur s’est installée. Elle a rempli la blessure du manque que la musique de Taliésin a gardée béante - juste indolore. C’est par cette blessure-là que Famine le reconnaît, par la peur des Accordés de s’attacher un mortel entièrement au point de lui rappeler constamment que quelqu’un l’attendait ailleurs, par cette longue balafre soigneusement entretenue que le cavalier daigne baisser son regard furieux et surpris sur lui. Il ne cille pas. Au fond de son regard noir de nuit, abîme sans fond où les âmes de ses suivants se délitent, Meldred jette ce qu’il est.

Le trentenaire se tourne et embrasse la foule du regard. Sa soeur auprès de son époux rescapé lui rappelle que son nom n’a jamais réellement été qu’une prétention. Il a prétendu, basé sur ces souvenirs qui ont creusé en lui et l’ont blessé plus que de raison.
Au fond, Meldred n’a toujours été que Meldred.

Les rênes changent de main.

Tu avais tant à prendre, tant de fissures dans lesquelles s’engouffrer.
Mais, Meldred, tu as toujours eu aussi tant à donner.


Famine se délite alors que sur le cheval de nuit se juche un nouveau cavalier au long manteau noir, un instrument au dos. C’est un noir velouté, attirant, brûlant, synonyme de renouveau, d’opulence et d’infinies possibilités. La noirceur d’une nuit profonde où se terrent les étoiles et les secrets, où s’enfouissent les jours à venir pour naître quand vient la lumière.
(Parce qu’au commencement, la nuit était musique. Milliards de divergences, d’existences sur le point de s’embraser.
La musique est abondance. Riche, infinie. )

Famine se délite alors qu’Abondance gagne en réalité. Force tranquille et généreuse. Indomptable, inévitable. Son royaume est diffus, ses limites sont vagues. C’est donner. C’est posséder ce que l’on ne pense pas. Avoir, à tous les niveaux. Les savoir-être, d’abord, qui se partagent sans même y songer, s’inculquent sans le demander. Les erreurs, les gaffes, les bourdes que l’on remise sans y penser. Les souvenirs qui emplissent la mémoire, un à un, qui forgent et forment l’être. Et les savoir-faire, les petits riens, les mots de travers, les jurons, les accents, les gestes maladroits, les paroles en l’air et les non-dits, les insignifiantes choses de la vie.

Tout ce que les hommes ne réalisent pas posséder, tout ce qui remplit leur âme et leur existence. Pour les erreurs, pour les rires et pour les pleurs. Pour les colères et les douleurs, pour l’amour, pour sentir jour après jour la vie avancer. Pour les regrets. Pour l’ineffable comme le concret.


Abondance semble sourire. Un sourire franc et apaisé qui offre au monde au moins pour un temps l’impression que la Chasse est retenue. Et quand celle-ci disparaît, comme une réminiscence du mortel sacrifié, la cavalcade de leurs chevaux devient un air de bodhran qui s’élève. Battement de coeur, battement de sabots. Un dernier cadeau au monde, lui qui ne lui a jamais réellement appartenu mais a toujours voulu lui donner.

On apportera la nouvelle à la Symphonie au petit matin, quand le jour finira de dissiper au vent l’essence de la Chasse désormais retenue par la dernière Innocente. Le quai, à ses abords, sera étrangement silencieux toute la journée. Un bâteau fantôme lui qui au rythme de la houle souvent tangue sur une mélodie hasardeuse. Une épave, guère plus, pour un jour. La douce Harmonie gardera le silence et le visage fermé, personne n'appercevra le moindre des Accordés restés à son bord.

Et lorsque viendra le crépuscule nimbé de sang et d’or, quand tombera la chaleur et que les hommes chercheront à s’endormir, quand les rues bourdonnantes d’activité se tairont, une sombre mélopée résonnera dans le port de Lorgol, portée par les voiles et vibrant dans l’air de la cité aux Mille Tours. Une lourde lamentation accompagnée par une harpe, soulignée par une plainte, qui jettera dans les coeurs la tristesse et la douleur ; un requiem dévastateur qui emplira les esprits des badauds, leur fera verser des larmes pour un inconnu dont le visage disparaîtra aussitôt, pour un nom sur leurs lèvres qui résonnera comme un adieu sans qu’ils n’en connaissent même le porteur. Un chef-d’oeuvre lacé d’une magie autrefois interdite et folle, une partition puissante, vibrante d’une perte que depuis mille ans ils n’avaient pas ressentie aussi violemment en leur coeur, plus que tout ce qui a été jusque là composé, portée par le deuil d’un fils, d’un frère tant chéri.

(C’est leur famille qu’à nouveau on leur arrache, leur enfant qu’on assassine, leur lignée qui s’éteint loin d’eux. )

Harmonie mêle sa voix et sa musique singulière, unique, à la pièce finale au coeur de la nuit - coulent les larmes sur le bois, les siennes et celles de son équipage. Elle chante, ils jouent dans l’espoir que cet au revoir ramènera l’enfant emporté. Harmonie joue, continue d’essayer, mère au coeur déchiré dont la plainte ricoche sur les eaux noires du port. Harmonie appelle, crie, mais au fond d’elle elle le sait - comme Ismalia l’a su : Meldred ne reviendra pas. Leur enfant est à jamais perdu.

C’est une fin à la hauteur de ce qu’il a été, la seule fin possible pour celui qui déjà une fois par la mort a été arraché au temps, exilé involontaire puis banni volontairement. La seule possibilité pour le bambin noyé, l'optimiste trop attaché à son passé, le musicien héritier adopté d’un navire qui a grandi loin du continent dans une bulle d’infini présent.
Une fin joyeuse, belle, intemporelle.
Meldred n’est pas mort.
Il est devenu éternel.



Là où la pensée a peur, la musique pense.  







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