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 Lancelot, à votre service, ma dame

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La Cour des Miracles
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Message Sujet: Lancelot, à votre service, ma dame   Sam 25 Mar - 15:29


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Agathe Martel & Lancelot l'Adroit

Lancelot, à votre service, ma dame

Il n'est point nécessaire de porter la barbe pour venir au secours de jeunes demoiselles en détresse



• Date : 16 juin 1001
• Météo : Jolie température, un soleil qui brille et les oiseaux qui chantent
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Tandis qu'il est à la Cour pour affaires personnelles, Lancelot tombe sur la toute fraîchement débarquée Agathe qui a bien besoin d'un coup de main pour marquer ses repères.
• Recensement :
Code:
• [b]16 juin 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1919-lancelot-a-votre-service-ma-dame#57508]Lancelot, à votre service, ma dame[/url] - [i]Agathe Martel & Lancelot l'Adroit[/i]
Tandis qu'il est à la Cour pour affaires personnelles, Lancelot tombe sur la toute fraîchement débarquée Agathe qui a bien besoin d'un coup de main pour marquer ses repères.

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Sam 25 Mar - 16:22

Par ces jours d'été, c'était un peu plus tranquille à la boutique.  Je n'en étais pourtant pas moins occupé avec l'approche de l'Ordalie de Diamant qui allait probablement marquer un de ces moments tournants dans l'histoire de Faërie.  Cette histoire allait forcément mal tourner et cette pauvre Chimène n'aurait aucune chance de se montrer à la hauteur de la tâche qu'on lui imposait.  C'était écrit dans le ciel.  Néanmoins, il fallait continuer de faire tourner les affaires et de toute évidence, mes modèles mécaniques étaient de parfaits cadeaux à offrir en la circonstance.  Et d'autres aussi.  Autant dire que j'ai tout aussi débordé qu'en temps normal, entre ça et l'afflux de nouvelles qui parvenait à mes oreilles indiscrètes.  Afin de réaliser la création d'une boîte à musique particulièrement complexe, j'avais commandé des rouages à Ibelin et ceux-ci n'étaient toujours pas arrivés, ce qui avait donc pour résultat de me plonger dans une angoisse absolue, avec le temps qui s'écoulait et ne revenait pas.  J'étais persuadé qu'à ce stade-ci, je ne recevrais jamais à temps les pièces manquantes à la concrétisation de mon ouvrage et ce ne serait qu'un échec lamentable et cuisant.  Et c'est ainsi que déclina la carrière de Lancelot, incapable de terminer à temps un travail qui apparaissait si simple.

Devant l'impossibilité de poursuivre mon travail manuel, je décidai donc ce jour-là de me rendre sur les pavés de la Cour pour voir ce que je pourrais y glaner comme informations.  Ce genre de chose s'échangeait toujours assez bien et celui qui savait tendre l'oreille et ouvrir attentivement l'oeil était quitte pour repartir plus renseigné qu'il ne l'était à son arrivée.  Puis j'avais aussi mes comptes à rendre.  Élaborer et vendre des automates n'étaient qu'une infime part de mon travail.

Bien que je conservais cet amour du pays natal, je me sentais beaucoup plus chez moi dans les rues de Lorgol dont chaque coin et recoins m'étaient si familiers.  Ô chères tours tordues, comment oserais-je vous quitter!  Et si ma boutique était mon palais, la Cour était ma véritable maison.  Pas comme cette petite blonde qui se promenait l'air complètement perdu.  Une nouvelle recrue peut-être?  Personne ne semblait se préoccuper d'elle et l'espace d'un instant je me demandai où était son maître.  Fut-ce la pitié qui conduit mes pas vers elle plutôt que la conviction qu'elle ne s'en sortirait jamais seule, je n'en suis toujours pas trop certain, mais sans prendre le temps d'y réfléchir longtemps, je m'approchai de la demoiselle égarée.  Un coup d'oeil me suffit pour réaliser son jeune âge.  Elle avait l'air un peu timide et peu assuré et j'éprouvai un brin de sympathie pour cette gamine.  C'était mon heure à jouer les preux chevaliers, bien que je doutais pouvoir me montrer digne de ce titre.  Enfin, porter secours à une petite fille ne devait pas être chose si difficile.  J'y arriverais sûrement.  Peut-être.

Je franchis donc les derniers pas qui nous séparaient, ferme dans ma décision maintenant qu'elle était prise et j'attrapai dans un geste délicat et soigné l'épaule toute frêle de cette jeune fille à peine sortie de l'enfance.  « Dis, tu n'aurais pas un peu besoin d'aide? »  lui demandai-je en m'efforçant de lui adresser un sourire.  L'exercice était pénible, moi qui ne m'y prêtait pas souvent en-dehors de ceux crispés qu'il fallait offrir en supplément aux clients.  Étirer mes lèvres me semblaient plus être une nécessité qu'une émotion à exprimer.  L'effet n'était probablement pas très réussi, elle était loin l'époque de mes sourires innocents d'enfants : ils devaient maintenant revêtir une certaine raideur acquise par le travail et la fausseté d'un sourire charmeur de Cielsombrois.

« Tu t'es perdue, c'est ça? »  Je parlai doucement, question de ne pas l'effrayer, elle qui avait déjà une expression qui donnait à croire qu'elle craignait d'être avalée d'une bouchée par tout, jusqu'aux briques des murs.  Et puis l'agressivité de faisait pas partie de mon caractère non plus.  Enfin, la plupart du temps.
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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Lun 27 Mar - 22:19

Puis il y avait une ruelle, une autre, toute aussi lugubre que ses prédécesseures. Elle serrait contre sa poitrine l’un des carnets qu’on avait glissé à son insu au fin fond de son coffre de voyage. Le Duc de Sombreciel, probablement. Il expliquait à lui seul la robe échancrée et les parures qui avaient remplacé, comme par magie, sa robe marron favorite et son châle crocheté de laine ocre qui s’harmonisaient pourtant si bien à ses cheveux. Elle avait eu raison de s’en méfier, de ce Duc. Scandaleux. Totalement Scandaleux. Plus tôt, Mélusine de Sévérac* lui avait offert un bref moment de liberté afin qu’elle s’imprègne de cette odeur si singulière de la cour des Miracles. Le nez retroussé sous une moue dubitative, l’apprentie s’était malgré tout attelée à la tâche. En aucun moment elle ne souhaitait déplaire à cette grande dame, la petite Agathe. Elle avait souhaité croquer l’une ou l’autre des scènes chaotiques qui se présentaient à elle, mais le talent n’était pas au rendez-vous. Ni la technique. Ni les poseurs. Seulement le carnet, à vrai dire, qui était probablement trop somptueux pour la simple tentative artistique d’une adolescente perdue.

Lorsqu’on lui avait dédié un regard curieux, la toute blonde avait détalé sans demander son reste, se faufilant ici et là, d’un passage à un autre, le pas pressé et l’allure nerveuse, semblable à un animal traqué. Des multiples regards qu’elle avait jeté par-dessus son épaule, aucun ne pouvait lui assurer avec certitude qu’on ne l’avait pas suivi. Peut-être allait-on lui demander de déchiqueter son croquis, aussi minable puisse-t-il être? Peut-être allait-on croire qu’elle dessinait des informations à transmettre à on ne sait quelle autorité dont elle-même ignorait l'existence? Elle ne savait pas même écrire, la bonne blague. On ne la croirait pas. Bien sûr, qu’on ne la croirait pas. Lorsque l’angoisse se mua peu à peu en nausée, la jeunette s’arrêta pour inspirer profondément et tenter de se calmer. Il lui fallut attendre quelques longues minutes pour s’assurer que personne ne se souciait d’elle avant de reprendre le pas, plus sereinement cette fois.

Invisible. Elle était invisible. Même si elle ne savait plus vraiment où elle se trouvait, ni comment retrouver sa route, les muscles tendus et douloureux de ses épaules se détendirent peu à peu. Perdue, égarée, mais vivante. Ses idées fantasques de traque redevenaient minuscules à son esprit. Puis une main. Une main fine se déposa sur son épaule. La pucelle rougit violemment, tant par le fait de s’être fait surprendre que par cette main impudique déposée sur elle. Elle pivota avec lenteur jusqu’à le voir. Lui. Cet homme aux mains délicates.

Elle papillona les cils, les lèvres entrouvertes, répondant en tout point aux stéréotypes de la jouvencelle en détresse qu’elle était. L’idée qu’elle était peut-être plus lourde et moins délicate que lui, son supposé sauveur, elle pourtant évanescente et éthérée de par sa petitesse et sa féminité, lui traversa l’esprit et l’écorcha par la même occasion. Mais d’où sortait-il, avec ses yeux grands et doux comme ceux d’une fille? Qu’est-ce que c’était que ça? Son hébétement pouvait au moins s’expliquer par la surprise de se faire ralentir dans son errance et camoufflait au moins un peu l’étonnement de cet être à la virilité aussi impossible qu’une licorne. Délicate petite fleur, elle roula son épaule pour se soustraire sans brusquerie à cette main.

- Dis, tu n'aurais pas un peu besoin d'aide?
- ...

Méfiance, mère de sûreté. Agathe observa un peu trop longtemps le grand garçon qui lui faisait face, attentive aux moindres signes d’hostilité. Rien. Il souriait, même. Un sourire étrange, mais un sourire tout de même. Il n’était définitivement pas là pour cueillir sa fleur -comment aurait-il pu?- et donnait l’impression de sincèrement vouloir l’aider. L’apprentie s’efforça de lui rendre un sourire similaire, qui détonnait peut-être un peu sur son minois méfiant.

- Tu t'es perdue, c'est ça?
- C’est.. C’est ça. Je voulais dessiner, mais.. Les modèles voulaient pas.

Agathe se permit de le quitter des yeux une petite seconde pour regarder une fois de plus derrière elle. Il n’y avait personne, évidemment, qui semblait lui en vouloir, mais surtout, aucun point de repère pour lui indiquer d’où elle arrivait. Quelque part, au fond d’elle-même, elle s’imaginait qu’il s’agissait peut-être là d’un test. Que Mélusine l’observait de loin. Qu’on s’assurait probablement de sa volonté à s’acclimater.

- Je… J’aurais un peu besoin d’aide. Oui. Elle doit me chercher, déjà.

*Mélusine de Sévérac était toute aussi scandaleuse que le Duc de Sombreciel. Toutefois, elle avait hérité depuis peu du titre de mentor ce qui lui valait un peu plus de reconnaissance et beaucoup plus de respect de la part de la Belliférienne.
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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Jeu 30 Mar - 14:09

Je restai surpris un instant à sa réponse.  Elle était étrange cette petite!  Je ne pus retenir un petit rire amusé : c'était mignon quand même.  Quoi que je n'aie absolument rien compris à ce qu'elle racontait.  D'ailleurs, tout autant j'appréciais les artistes, en étant moi-même un, la Cour n'était certainement pas le lieu le plus opportun pour puiser son inspiration surtout si elle souhaitait faire glisser sa plume sur le papier, emportée par un élan créateur.  Voulait-elle dire qu'elle voulait faire des portraits?  Dans ce cas, ça ne me surprenait pas qu'on ne l'aie refoulée : personne parmi nous ne souhaitaient voir son identité placardée partout sur les murs de la ville, après tout avec un métier comme le nôtre, ça n'aurait été point pratique.  Elle était particulièrement nerveuse, à jeter des coups d'oeil derrière elle et l'espace d'un instant un énorme doute envahit mon esprit : elle était bien entrée parce qu'elle y avait droit?  N'ayant moi-même nul désir de me mettre à la formation de qui que ce soit, je ne m'intéressais que très peu aux nouveaux venus et forcément je ne reconnaissais leur visage qu'après quelques temps.  Enfin, avec cet air de souris, j'espérais pour elle qu'elle ne soit pas une de nos nouvelles recrues : elle se ferait dévorer par les tigres la pauvre.  Puis, alors que je m'envolais très haut parmi les spéculations, elle ouvrit une fois de plus sa petite bouche et articula quelques paroles à peine audibles que j'eus tous les maux du monde à comprendre.  Parlait-elle toujours ainsi par énigme?  Pas que je détestais ce genre de jeu, mais ça pouvait devenir lassant aussi.  Oui, il fallait entretenir un certain mystère en tant que voleur, espion ou mendiant, mais c'était… un peu inapproprié dans son cas.

« Qui ça, elle? » commençai-je par demander.

Était-ce quelqu'un qu'elle voulait éviter ou quelqu'un qu'elle cherchait?  Au vu des coups d'oeil qu'elle lançait sans arrêt derrière, il était tout naturel que je suppose que c'était plutôt le premier cas.  Elle était en détresse, or il me revenait de lui porter secours n'est-ce pas?  Petite souris effrayée, quel piège essayais-tu de fuir?

Je m'appuyai contre le mur de pierre qu'elle longeait avant que je ne m'approchasse d'elle.  J'avais remarqué son malaise à ce que la touche plus tôt, comme elle s'était dégagée, bien que particulièrement délicatement, donc je préférais éviter de remettre l'expérience en pratique.  Mon corps lui bloquait toutefois le passage de façon plutôt nonchalante.

« Par contre, quiconque ce soit, j'ai bien peur qu'elle va finir par poser ses griffes sur ta frêle personne, c'est bien une sorcière dont tu parles? »

Je tentai un peu d'humour, bien que ce n'était pas particulièrement mon point fort : elle était bizarre et coincée et mon côté Cielsombrois ne savait trop quoi faire d'autre que de ne piquer amicalement la jolie demoiselle.  J'étais moi-même du genre angoissé, mais je n'avais jamais été du genre à me promener comme si j'avais le diable aux trousses.  En fait, elle me semblait complètement effrayée par le monde entier et ça, c'était quelque chose que j'avais un peu de mal à comprendre, moi qui m'étais montré curieux à propos de tout depuis mon plus jeune âge.

« Allons petite souris, un peu de courage.  Je veux bien t'aider. »
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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Mar 11 Avr - 0:00

Il s’était déplacé jusqu’à lui barrer la route, Agathe l’avait remarqué. Elle avait aussi remarqué la souplesse de son déhanchement, la fragilité de sa taille, la poésie de son regard. Troublée, il lui fallut quelques instants pour se concentrer sur ce qu'il lui disait, ce parfait étranger si différent des hommes, des vrais, qui avaient peuplé son enfance et parsemés ses rêves de petite fille. Pour échapper à son charme tout féminin, la jeune fille avait détourné le visage pour observer tous ces gens inconnus qui défilaient non loin d’eux sans se soucier le moins du monde de leur petite conversation, son carnet toujours lové contre ce qui lui servait de poitrine.

- Qui ça, elle?

Elle avait froncé les sourcils lorsque sa question la ramenait à la réalité. Agathe reposait ses prunelles azurées sur l’étrangeté, l’analysant un peu plus attentivement. Outre des yeux immenses et un sourire particulier, il ne dégageait rien de semblable avec son mentor, la délurée et provocante Marquise de Sinsarelle. Cela dit, peut-être la connaissait-il de par sa flamboyante réputation? Des mains fines et délicate, une stature dont la voisine Bertille rêverait, une pilosité inexistante -dont la voisine Bertille rêverait probablement aussi-, des éclats d’or dans les cheveux: Il devait être un poète, un Artiste, un être plutôt ridicule et définitivement inutile qui ne pouvait survivre, en définitive, que par ses rapines. Un parasite.

- Par contre, quiconque ce soit, j'ai bien peur qu'elle va finir par poser ses griffes sur ta frêle personne, c'est bien une sorcière dont tu parles?
- … Euh, non. Je… Tu sais que ça n’existe pas, n’est-ce pas?

Une sorcière…? Elles n’existaient pas! Il n’y avait, dans le monde, que quelques mages aux pouvoirs discutables qui n’arrivaient pas à la cheville des guerriers de Bellifère. C’est ce qu’Arnaut lui avait dit, du moins. Malgré tout, le doute s'immisçait dans son esprit à peine étriqué. Il lui semblait, parfois, qu’elle ne connaissait pas le monde dans lequel elle vivait, la petite Agathe. Elle ne connaissait rien. Bellifère avait souhaité l’en protéger mais l’avait rendue, peut-être bien, juste un peu toutefois, inapte à y vivre. Le poète se moquait-il d’elle? Des sorcières? Et puis quoi, encore, des dragons qui naissaient des pâquerettes…? Tentait-il de la faire marcher? Le museau en l’air, une légère moue méfiante et teinté d’incertitude au minois, elle avançait lentement une réponse.

- Je parlais de mon mentor. Elle… Elle doit me chercher. Et elle n’est pas Mage. Ni rien de trop étrange. Enfin, si, elle est étrange, mais …
- Allons petite souris, un peu de courage.  Je veux bien t'aider.
- Tu pourrais me défendre, vrai de vrai?

L’insulte était dissimulée sous une voix de miel, sous les traits de l’adolescence. Elle était poudrée derrière des battements de cils et un sourire à peine croqué sur des lèvres vermeilles. Elle était déguisée, enjolivée, mais elle était là néanmoins, perceptible dans le doute de son intonation, dans la lueur cruellement moqueuse de son regard. Une insulte peureuse, une insulte qui ne s’assumait pas. Il l’avait traitée de souris, c'était lui qui avait commencé! Trois fois son coeur s’était serré, en repensant à toutes ces choses méchantes qu’on lui avait dit, à Brumecor.  Traînée, catin, putain. Rat, fouine. La fille à sa mère. Elle encaissait le qualificatif "souris" avec un sourire amer et une répartie voilée tout en se répétant qu’un poète aux mains blanches et aux yeux de poisson mort n’avait aucun droit sur elle, au contraire des hommes, des vrais, de sa contrée.

- Mélusine de Sinsarelle. Mais… Ce sont ceux que j’ai dessinés qui … J’ai pensé qu’ils me suivaient. Maintenant, je sais plus trop où je suis, ni où je dois aller.
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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Mer 19 Avr - 15:37

J'haussai les épaules d'un geste d'une indifférente langueur : tout ce que mon aide pouvait lui apporter ne s'incarnait pas dans la protection d'un garde du corps.  Entre le preux chevalier et son noble destrier, il y avait toujours le vaillant palefrenier, prêt à saisir sa chance dans un vent d'opportunisme.  J'étais tel ce dernier, utile pour les petites choses, si futiles qu'elles en devenaient essentielles, inutile pour les grandes œuvres chevaleresques, bien que je portais un nom assez noble pour en être un représentant.  Néanmoins, en mon fort intérieur, j'ai tiraillé par l'envie de lui montrer le contraire.  Jamais ne m'avait-on fait ressentir derrière tant de fausse modestie qu'être un homme raffiné avec une tête sur les épaules plutôt que coincée entre des biceps surdéveloppés n'était point convenable.  Si je ne relevai pas l'insulte et prétendis qu'elle ne m'affectait guère, elle n'en avait pas moins meurtri mon pauvre cœur.  Croyait-elle que j'étais entré à la Cour des Miracles sans quelque agilité?  Arriverait-elle, elle-même si petite et menue, si frêle qu'une bourrasque de vent aurait suffit à la faire s'envoler et se casser, à manipuler avec autant de délicatesse que lui-même les petites pièces qui constituaient mes automates.  Moi, dont le travail était d'observer, il m'était impossible de ne point remarquer la moquerie derrière ces cils timidement baissés pour qu'on en admire la longueur, sous ces joues rosées rehaussées pour qu'on en louange la fraîcheur, sur cette bouche à la carnation de cerises mûres tendue vers l'avant pour envoûter l'homme à la goûter du bout des lèvres.  C'était un ange de la perversion déguisé sous de doux traits, j'en étais désormais convaincu.

Mais j'avais donné ma parole et malgré ma fierté heurtée, il fallait tenir ma promesse.  Puis les choses s'annonçaient intéressantes depuis qu'elle avait mentionné Mélusine de Sinsarelle.  Je savais bien qui était cette dame, je doutais même que quelqu'un n'aie jamais entendu parler d'elle non plus.  Son tempérament vif et exalté m'effrayait un peu, mais voir une petite souris telle que celle-là y être juxtaposée avait une certaine poésie.

« Oui, Mélusine, je sais qui cette personne.  Ou ce phénomène, comme tu préfères, » fis-je en hochant de la tête affirmativement.  Par contre, il fallait adressé à cette histoire de dessin.  Si elle croyait que ceux-ci avait pris vie pour venir la poursuivre, c'était dangereux.  La Cielsombroise avait-elle donné quelques produits de son duché à la pauvre demoiselle égarée?  Enfin, elle avait bien des papiers à croquis et j'étais un peu curieux de les voir, étant moi-même artiste dans l'âme.

« Je ne sais pas de qui tu as essayé de tracer le portrait à main levée, mais si tu devais au moins écouter un conseil, ce serait celui-ci : ne t'y essaie plus. »  Je tentai de prendre cet air particulièrement sérieux qui se traçait si facilement sur mon visage quand j'étais au travail.  Puisque celui-ci, en-dehors de créer, était aussi celui de se dissimuler, d'écouter, je pouvais comprendre pourquoi personne n'avait laissé son visage s'imprimer sur le papier.

« Ici, le faciès d'un homme vaut un pesant d'or.  Il se dissimule, s'évade, se dérobe.  Il échappe aux sens.  Tel l'eau de la rivière qui glisse entre tes doigts, il est impossible de s'en saisir.  À trop vouloir te pencher au-dessus des flots, les rapides t'emporteront, ton corps s'y engouffrera et y disparaîtra dans une écume immaculée.  Tu comprends ce que je veux dire? »

J'approchai mon visage du sien pour plonger un regard profond, loin dans le fond de ses prunelles qui gardaient encore un reflet de cette pureté d'enfant.  Je me reculai finalement brusquement et enveloppai ses épaules de mon bras et l'attirai dans une direction prise au hasard.

« Bon, maintenant allons retrouver ton mentor.  Avec moi, tu ne crains rien. »

Personne ne s'en prendrait à la protégée de Lancelot l'Adroit.  Sauf peut-être quelques jaloux.
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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Ven 26 Mai - 16:54

Elle avait soutenu son regard quelques secondes, hypnotisée par cette proximité nouvelle. Ses yeux, sur les siens, étaient si sérieux, si graves, que la blondinette finit par baisser le regard, se soumettre, non sans un papillonnement léger. Elle n’était plus trop frondeuse, alors qu’il lui expliquait son étourderie. Elle dénia du chef, se rangeant par ce simple geste sous ses arguments sans rappel. Non, elle ne les dessinerait plus, les gens étranges de la Cour des Miracles. Elle ne le ferait plus jamais. Elle avait eu sa leçon. Elle ne comprenait pas totalement la poésie que lui servait Lancelot, ni ce que pouvait être une écume immaculée -il devait définitivement être un poète-, mais la jeunette opina malgré tout à ses paroles, alors que son regard pesait toujours sur elle. De jeune homme féminin et avenant, il était devenu un adulte sérieux, presque froid. Quel âge avait-il...? Quant à ses paroles au sujet de sa tutrice, elles étaient restées sans réponse de la part de la Belliférienne. Agathe la connaissait bien peu, mais elle était plutôt en accord avec le fait qu’il s’agisse plutôt d’un phénomène; exubérance et mœurs légères, Mélusine de Sinsarelle ne faisait pas dans la subtilité et la discrétion. Sa réputation, tout comme sa culotte, était connue de tous les duchés, et même au fond de Brumecor, dans la demeure familiale décorée de violence, on racontait l’éclat de sa décadence.

- Bon, maintenant allons retrouver ton mentor.  Avec moi, tu ne crains rien.

Il s’était éloigné aussi promptement qu’il s’était rapproché d’elle. Elle avait soupiré, la petite, se rendant seulement compte qu’elle retenait son souffle depuis qu’il s’était rapproché d’elle. À peine avait-elle eu le temps de se remettre qu’il posait son bras fin contre ses épaules, la gardant ainsi à portée de main. Qu’est-ce que les gens allaient croire, en les voyant côte à côte? Elle, avec un homme-enfant imberbe tel que lui?... Jamais, jamais un garçon ne l’avait approchée autant. Tendue, maladroite, la blondinette se crispait sous la prise de l’homme sans toutefois y déroger. Il l'entrainait vers Mélusine, vers sa tutrice, et bientôt, elle serait réellement en sécurité.

- Tu es… connu?

Parce que s’il l’était, on la remarquerait, et on remarquerait leur proximité. En sentant ses joues s’empourprer, Agathe baissa son visage vers le sol, voilant de son mieux ses traits sous un rideau de cheveux blond argenté. Pour la première fois de sa vie, elle regrettait les voiles de Sombreciel. Quel joie ce serait, de se dissimuler derrière celui-ci! Ses bras retenaient fermement son carnet contre sa poitrine, s’y accrochant de son mieux, comme s’il s’agissait de sa dernière protection contre ce petit être ridicule qui la cerclait de son bras.

- ...Tu es assez vieux pour que je doive te vouvoyer?

Elle releva son visage pour lui jeter un coup d’oeil à la dérobée et tenter de discerner la moindre ridule trahissant son âge. Aucunement consciente que le vouvoiement n’allait pas forcément de pair avec l’âge, elle dévoilait, par sa simple question, le manque de peaufinage de son éducation. Elle hésita un moment à le remercier, mais l’insulte était encore un peu trop vive à son esprit pour se laisser aller à tant de civilités. Pour le moment, Agathe Martel se contenta de rester près, si près de Lancelot, dans leur promenade improvisée, le regard vers le sol pour fuir ceux qu’on posait peut-être sur eux.

- Comment t’appelles-tu?

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Lun 29 Mai - 8:18

Je la sentis se crisper sous mon bras, mais je ne lâchai pas ma prise.  D'une part parce que c'était plus pratique de la tenir à portée de main, ainsi je ne la perdrais pas de vue pendant un moment d'inattention, puis parce qu'il fallait qu'elle apprenne à se détendre : je n'allais pas la manger pour le goûter.  Puis, j'étais d'avis que retrouver Mélusine serait une chose rapide et facile.  Il s'agissait de trouver l'endroit où ce serait animé et les chances que ce soit justes étaient élevées.  Façon de penser quelque peu simpliste, mais plutôt efficace en l'occurence.  Je fus un peu étonné lorsqu'elle me demanda si j'étais connu.  Ce qu'elle entendait par là ne me semblait pas exactement très clair.  Puis je songeai que rien  ne m'obligeait à réponde de façon limpide et claire.

« La Cour des Miracles est un petit cercle étendu où l'anonymité entre ses membres n'est point de mise.  Je connais tout le monde, tout le monde me connaît.  Bientôt, on te connaîtra aussi, petite souris, » répondis-je simplement.  Rien de cela n'était faux dans l'absolu.  Évidemment, je ne connaissais pas personnellement les nombreux agents de la Cour : nous étions trop nombreux, mais j'avais eu à collaborer avec certains d'entre eux sur certaines missions et je le connaissais tous de vue ou presque.  Autrement, je n'aurais peut-être eu aucune idée de qui pouvait bien être cette Mélusine de Sinsarelle : nos chemins ne s'étaient que peu croisés.  Après, quand on est espion, l'on fait attention des détails qui n'intéressent probablement pas le commun des mortels.  Je m'étais donc fait un devoir d'associer chaque visage à un nom.  Ensuite, en ce qui me concernait, mais réputation d'artiste me précédait et j'avais terminé mon entraînement d'espion à une vitesse record que l'on n'avait pas vue depuis des décennies.  Forcément, ma personne avait marqué les esprits de manière poignante, qu'il s'agisse des jaloux ou des admirateurs.

Je ne pus m'empêcher de m'esclaffer doucement lorsqu'elle me demanda si j'étais suffisamment âgé pour qu'elle ne me vouvoie.  La question était si innocente, si pure.  Quel âge donnait-elle à mon joli minois?  Je supposais rapidement que je devais être considérablement plus âgée qu'elle.  Pas assez pour être son père, évidemment, mais une dizaine d'années devaient nous écarter à ce sujet.  Mais j'avais le cœur jeune, aucun poil dru n'y était encore poussé et c'était certainement ce qui faisait de mes créations une réussite.  Je ne répondis pas tout de suite, la laissant pondérer un instant sur la question d'elle-même.  D'ailleurs, elle ne m'avait que tutoyer depuis le début de notre échange et ce ne m'importunait guère.  C'était doux n'est-ce pas, cette caresse des mots.  Elle me plaisait, engoncée dans son carcan de rigidité, un chenille dans sa chrysalide qui n'attendait que de s'épanouir comme un magnifique papillon.  Elle était adorable et sa façon de m'interpeler ne me gênait pas.

« Ah oui, dans mon désir de te secourir, j'en oubliais les bonnes manières, » soufflai-je lorsqu'elle s'interrogea sur mon identité.  J'esquissai une petite courbette accompagnée d'un roulement du bras qui aurait été complet si j'avais eu une coiffe à poser sur le sommet ma tête, « Lancelot l'Adroit pour vous servir, ma dame, » déclarai-je sur un ton fleuri et musical.  Je me redressai avec un léger sourire aux lèvres.  Je ne repassai pas mon bras autour de ces épaules et lui indiquai d'aller de l'avant, puisque je nous avais arrêter dans notre progression pour faire la révérence.

« Peut-être as-tu déjà entendu parler de moi? » m'enquis-je d'un ton qui se voulait indifférent.  Mais j'étais esclave des compliments et de l'appréciation que les gens avait de moi, de mon travail, de mon art.  « Me feriez-vous l'honneur de décliner à quelle espèce de fleur ravissante appartenez-vous? » poursuivis-je, lui retournant la question à propos de son nom.  Je n'avais pas encore eu vent que Mélusine aie une apprentie en charge, autrement je n'aurais pas eu à l'interroger à ce sujet, alternant entre les formules de politesse et le langage plus familier.  Un jeu amusant.

« Tu peux me tutoyer, ça ne me gêne pas, » ajoutai-je sans préciser mon âge.  En vérité, outre mon âge, seule ma position d'artisan renommé m'octroyait le droit à sa politesse, mais je n'avais rien de ces bourgeois qui faisaient mille et une manières.  J'étais fils de forgeron et fier de l'être.
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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Mer 7 Juin - 15:41

Anonymité… Ce mot existait vraiment? C’était si joli. Trop, pour provenir des lèvres d’un garçon. Agathe lui lança un regard mitigé, alors qu’il esquivait sa question avec adresse et finesse. Avec tout ce que les vrais hommes n’avaient pas. Mais elle comprenait sensiblement ce qu’il désirait lui dire, cet homme. Elle ne faisait pas encore partie de ce petit cercle restreint, elle en était encore étrangère. Elle saura tôt ou tard, à force de patience ou d’indiscrétion, ce qu’il en était de lui. Quant à sa proximité physiqueavec lui… Agathe abaissa une fois de plus son minois vers le sol tout en priant le Destin que personne ne la remarque ni ne se souvienne d’elle!

Il avait ri sans lui répondre, devant sa question pourtant pertinente. Était-il âgé, ou non, ce garçon? Elle hésita un moment, la toute jeune, à le détailler plus que de raison pour trouver elle-même réponse à ses interrogations, mais la peur de croiser son regard lui intima de ne pas le faire. Il rebondissait déjà sur les présentations, relâchant enfin son emprise sur elle afin de lui offrir une révérence époustouflante et théâtrale. Jamais on ne s’était incliné aussi bas pour elle. Elle délogea l’une de ses mains de sur son carnet de cuir pour la glisser à sa joue; rafraîchir un peu sa peau rouge d’émotion et tempérer son malaise. Il était si… Si étrange, ce Lancelot l’Adroit.

- Me feriez-vous l'honneur de décliner à quelle espèce de fleur ravissante appartenez-vous?

Mais pourquoi s’efforçait-il de parler ainsi, comme un petit poète faiblard, ce Lancelot l’Adroit? Déstabilisée par la joliesse de son verbe tout autant que par l’étrangeté de sa virile féminité, Agathe ouvrit les lèvres quelques secondes avant de lui concéder une réponse. Comme son propre nom faisait lourd et massif, agressif, même, devant celui d’un Lancelot l’Adroit! S’il était des fleurs, il serait probablement une fleur rare et délicate qui ne survivrait jamais en Bellifère.

- Agathe Martel… C’est un plaisir de te rencontrer.

Les civilités n’étaient pas tout à fait un mensonge. Elle s’inclina à son tour, la petite demoiselle, carnet contre son coeur d’une main, l’autre soulevant un tantinet son jupon pour esquisser une révérence sommaire, sans raffinement mais non pas dépourvu d’une délicatesse certaine. Lorsqu’elle se redressa tout à fait, elle semblait déjà un peu plus à l’aise; c’est qu’il ne la touchait plus, le Lancelot! Leur petite conversation avait au moins le mérite de détourner sommairement l’attention de la jeunette de sur les divers visages inconnus qu’ils croisaient.

- Je… Je pourrais tenter de deviner ce que tu es? Deux essais. Si tu veux, bien sûr...

Du bout des yeux, elle lui lança une oeillade chargé d’amusement. Agathe papillona les cils, une fois de plus, en revenant observer le pavé, devant eux, l’ombre d’un sourire fleurissant sur ses lèvres en coeur. Elle patienta quelques secondes, à peine, avant de tenter sa chance, sans réellement attendre un refus ou une acceptation de la part du potentiel poète.

- Tu es un poète. Tu joues avec les mots, alors que le reste des hommes jouent avec des armes. Tu aimes ce qui est raffiné, tout comme tu dois apprécier les vins sucrés. Tu es seul, aussi. Tu n’as pas de femme. Peut-être même as-tu des fleurs séchées, entre les pages d’un livre; car forcément, tu sais lire.

Même si les mots auraient pu être mesquins, tant les stéréotypes étaient grands et futiles, la voix, elle, ne l’était pas: enthousiaste, elle filait avec plus d’assurance, de mot en mot. Agathe, fort occupée par l’un de ses jeux favoris -imaginer une vie à un illustre inconnu-, n’en était même pas à la réflexion de pouvoir blesser ou non sa cible par ses déductions ou ses spéculations. Du poète, Agathe se basait sur ses mots fantasques et étranges. Du raffinement, elle le déduisait de sa courbette incroyable. Du manque de femme, la belliférienne n’était que lucidité devant l’évidence : qui voudrait bien d’un homme aussi délicat? Des fleurs séchées, l’allusion qu’il lui avait offerte à l’instant des présentations lui suffisait.

- J’ai faux ou pas…?

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Jeu 8 Juin - 16:08

Agathe, c'était un nom qui lui allait bien, une jolie petite pierre précieuse.  J'avais fait erreur sur son appartenance.  C'était un produit brut à l'air fragile et pourtant plus solide qu'on ne le pensait.  Eh bien, cela expliquait peut-être sa place parmi la Cour des Miracles.  Si c'était bien le cas, je ne pouvais qu'émettre des hypothèses à ce sujet puisqu'elle n'avait rien confirmé de sa bouche même.  Mais si elle était sous l'aile de Mélusine de Sylvamir, les chances étaient fortes pour que mes suppositions se confirment comme vraies.  D'ailleurs, comme elle me proposait deviner ce que j'étais, il me semblait correct de ma part d'apporter mes propres explications à son propre sujet bien que, pour ma part, je comptais les garder personnelles.  J'étais un espion et toute information que je recelais avait une valeur certaine à mes yeux.  Il n'était pas dans mes habitudes de partager mes observations avec les autres, du moins, pas gratuitement : chaque chose avait une valeur certaine.  Je la contemplai, alors qu'elle me détaillait avec l'air le plus sérieux du monde, cherchant je ne savais trop quel indice pourrait-elle déceler à propos de ma profession.  Elle pourrait remarquer mes mains, abîmées et sèches par le travail.  Ou encore les cicatrices laissées par mes expériences d'enfant.  Elle pouvait porter attention aux brûlures aux bordures de mes vêtements, résultat de quelques cafouillages en magie : on ne peut pas toujours réussir.  Ou encore, le rouge un peu brûlé de mes joues à cause de mon travail avec le feu pour souder certaines pièces de métal ensemble.  Et finalement, peut-être qu'un peu de déduction aurait pu lui faire deviner qu'avant tout, j'étais un fidèle serviteur de la Cour, grâce à qui ma carrière parallèle de fabriquant d'automates avait été propulsée vers des hauteurs vertigineuses.

Lorsqu'elle eut assez réfléchi, s'ouvrant à moi sur les fruits de ses observations, mon ne fit que s'élargir d'une déduction à l'autre.  Poète, oui, cela pouvait me convenir.  J'étais beaucoup plus à l'aise avec les mots qu'avec les armes, dont je ne savais me servir que pour manier maladroitement le fer, quelques résidus du début de mon apprentissage de forgeron avec mon père.  Carrière que j'avais vite abandonnée pour la magie quand l'occasion s'était présentée.  J'avais du goût pour les jolies tournures de phrases.  Je hochai donc positivement de la tête, esquissant le début d'une risette.  Il n'était pas faux de dire que je préférais le raffinement à la grossièreté.  Pourtant, j'étais moi-même enfant d'une modeste famille où l'élégance n'était pas nécessairement essentielle.  Quant à l'alcool…  Je n'avais pas une préférence particulière pour les vins sucrés, mes origines cielsombroises m'avaient porté à goûter à plus d'un type de liqueur, des plus fortes aux plus douces.  Et je ne les tenais pas plus mal qu'un autre.  Mes lèvres s'étirèrent encore plus dans cette grimace amusée.  La surprise se peignit un instant sur mon visage lorsqu'elle déclara que j'étais seul.  Elle n'avait pas tort sur ce point, je n'étais point marié et je ne fréquentais personne dans l'objectif d'en faire ma femme ou mon époux.  Par contre, je décelais un peu plus que cela dans ses propos, nimbés de sous-entendus.  Ce petit joyau me croyait incapable de faire des conquêtes?  J'avais probablement connu plus d'hommes et de femmes dans ma vie qu'elle n'avait compté d'année.  C'était amusant, je ris discrètement.  Néanmoins, en ce qui concernait la dernière affirmation sur les fleurs séchées, c'était difficile de transformer cela de façon à ce que cela ne devienne vrai : je laissais l'admiration pour les végétaux à nos voisins Lagrans, ils s'y prenaient beaucoup mieux que nous dans les arrangements floraux.  Heureusement, il était vrai que je savais lire.  Et je savais écrire aussi.  D'une plume nette et précise.  Je ris avec chaleur.

« Eh bien, on ne peut pas dire que tu aies tort, non.  Le meilleur des peintres même avec l'aide de la muse n'aurait point dressé de plus élégant portrait.  Me voilà fort flatté, » déclarai-je d'un ton réjoui.  Les résultats de ce jeu de devinette bien qu'erroné m'avait mis la joie au coeur.

Je levai la main droite et la posai sur sa tête dans un geste affectueux, mais aussi destructeur pour la coiffure bien lissée de la petite Agathe, précieuse petite fleur.  Je passai à nouveau mon bras autour de ses épaules, l'entraînant à nouveau parmi les dédales de la Cour des Miracles, ces pavés qu'elle ne connaissait pas encore très bien.

« Allez, il me semble que nous avons un mentor à retrouver, non?  On discutera en marchant, » déclarai-je alors que je la traînais dans mon sillage.

Elle était fragile sous mon bras, j'aurais pu la casser en deux si je la serrais trop fort.  C'était une étrange sensation d'être si près d'une jeune fille aussi jeune.  Ce n'était encore qu'un bouton de fleur gorgé de couleur, une chrysalide cristalline.  En vérité, je n'étais point friand des contacts physiques, je vivais dans ma propre sphère, coupé du reste du monde.  Néanmoins, il y avait quelque force du Destin qui me poussait à agir ainsi.  Peut-être était-ce sa douce candeur que je me plaisais à taquiner sans façon.  Ou alors sa timidité excessive.

« Détends-toi, aussi délicieuse sembles-tu être, je ne croquerai pas la pomme rouge de tes joues, petite souris, » la sentant toujours aussi tendue sous mon accolade.

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Mar 20 Juin - 18:52

Délici..hein?! La croquer?!

- Je.. Je…

Elle respirait à peine, la joliette, alors que le bras de Lancelot se refermait sur elle, non sans l’avoir humiliée d’un ébouriffement de cheveux au passage. Oh! Qu’elle rougissait la petite Agathe, sentant trop bien le sang vif lui réchauffer les joues. S’il désirait la croquer, la grignoter ou peu importe quelle autre métaphores douteuses, il allait devoir l’enlever et lui prouver ce dont il était capable avant toute chose. D’une main, elle replaça soigneusement ses longs cheveux blond argenté, rejetant une mèche soyeuse par-dessus son épaule. Il l’avait relâchée, pourtant, plus tôt. Pourquoi agissait-il ainsi, en revenant à la charge? Même auprès de Castiel de Sombreflamme, personne n’avait osé être si familier avec elle, hormis les regards souvent lourds qui pesaient sur elle. Intimidée et décontenancée, elle bredouilla une question en le regardant discrètement.

- Est-ce que tu me touches pour me protéger?

À sa simple formulation, il était évident qu’elle espérait cette explication à une autre. Déjà, de croire cette hypothèse, Agathe semblait reprendre un peu plus de confiance et d’aisance, dans la mesure où un joli garçon, quoi que faiblard, l’embrassait ainsi de son bras en pleine rue. Elle oeillait une fois de plus autour d’eux. Personne ne semblait se soucier du couple étrange et étrangement harmonieux qu’ils formaient, plus fin et délicat l’un que l’autre. Aucun regard ne venait à sa rencontre, tous occupés à leur petite vie, ici, dans les dédales des entrepôts ou devant cette auberge bruyante, malgré le milieu du jour. Et surtout, aucune trace de Mélusine, sa tutrice.

- Et je ne suis pas une souris..

Cette fois, elle avait murmuré d’une demi-voix que seule leur proximité pourrait permettre à Lancelot d’entendre. Ce n’était pas une revendication bien affirmée ni sans grand éclat. Le fait que Lancelot soit si… Si… faible, lui facilitait toutefois la tâche. Jamais elle n’aurait osé, à Brumecore, oser afficher son mécontentement à son père, lorsque les insultes fusaient et lorsque les reproches étaient douloureuses, sur sa peau pâle. C’était un peu moins difficile et un peu plus envisageable, ici, auprès de ce garçon ridicule. Elle soupira légèrement, la gamine perdue, libérée au moins de ce poids; elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour qu’il cesse. S’il s’entêtait, elle subirait, comme elle l’avait fait longtemps, en Bellifère.

Hormis ses paroles douteuses, ne lui avait-il pas avoué être flatté du portrait qu’elle dépeignait de lui-même? Il avait dit qu’elle n’avait pas tort, mais ne semblait pas particulièrement surpris de ses déductions. Peut-être s’était-elle trompée dans l’une ou l’autre de ses interprétations? Un peu songeuse, Agathe se laissa entraîner, toujours contre Lancelot, contournant ce qui semblait être une infirmerie.

- J’aime bien observer les gens. ...Leur inventer des vies, aussi. C’est souvent amusant, et ça chasse l’ennui. Et toi, quelle vie m’inventerais-tu, dis?

Était-il un fin observateur, attentif aux détails, tout comme elle ou croyait l’être? Allait-il être en mesure de tracer un portrait ressemblant de sa triste vie? Et si il la devinait avec justesse..? Ce serait embarrassant, assurément, qu’il devine son enlèvement, qu’il devine ses origines, qu’il se moque de l'écart de grandeur, entre sa tutrice et elle, petite pupille aux origines plus basses que basses.

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Ven 23 Juin - 14:21

Je n'avais jamais été particulièrement du genre taquin, mais elle était si adorable cette jolie petite fleur qui se recroquevillait sur elle-même par timidité.  Si j'avais été Lagran, j'aurais su lui donner un nom plus approprié que petite souris, mais l'apprentissage des fleurs ne m'avait jamais attiré particulièrement : savoir reconnaître les plus connues me paraissait suffisant.  Elle semblait si tendue à l'idée à ce que j'entre en contact avec elle.  D'ailleurs, je ne savais pas pourquoi j'enlaçais toujours son petit corps ainsi.  Ce n'était pas pour la protéger.  Le rôle de garde du corps ne me seyait pas du tout et elle avait de plus hautes espérances de victoire en menant son combat par elle-même.  Mais je m'abstins de lui répondre, parce qu'en vérité, je n'étais pas particulièrement plus renseigné qu'elle sur les raisons qui me poussaient à l'embrasser ainsi de mes bras.  Ces bras marqués de cicatrices, vieilles coupures ou brûlures héritées de mon travail de créateur, ces membres fins et longs qui étaient beaucoup plus musclés qu'ils ne le paraissaient en réalité.  Je préférais la laisser à ses douces illusions sur mon compte.  Enfin, je supposais qu'elle avait quelques mauvaises idées en ce qui me concernait, mais pour une fois cela ne me gênait pas tellement, moi qui craignait tant de déplaire aux autres.  Peut-être parce qu'elle était si fine, son opinion glissait sur moi comme l'eau d'une rivière sur les cailloux polis du fond de son lit?  Par contre, il fallait peut-être arrêter de l'appeler petite souris, puisqu'elle le revendiquait.

« Tu ressembles à une souris, petite et frêle, mais aussi avec ton petit minois timide et pointé vers tes pieds.  Mais si ça te déplaît, je te trouverai un autre nom, » répondis-je.  Sans m'imaginer ce que pourrais représenter ce genre de victoire pour cette petite princesse.  Je l'entraînai dans un pas plus rapide tandis que nous contournions l'infirmerie.  Je n'aimais pas trop cet endroit, ça puait le sang et la mort.  C'était sale et me donnait nausée et le tournis.  Je détestais en fait.

Ce n'est qu'un peu plus loin que je repris un rythme normal de respiration et pus réfléchir à sa question.  Je la détaillai du côté, observant son profil fin, ses vêtements à l'allure rigide.  On pouvait voir malgré le tissu qui la couvrait pudiquement les formes de sa taille et de sa poitrine toute naissante.  Ses cheveux encadraient son petit visage de porcelaine, bien que ses yeux ne quittaient que peu un point inconnu qu'elle fixait sur le sol.  Elle avait les mains un peu rudes, probablement dues à une vie de travaux manuels par le passé.  Je la remarquai un peu voûtée, comme si elle craignait que quelque chose ne lui fasse du mal.  Elle avait bien une allure de petite souris, discrète et douce.  Timide peut-être, mais ce n'était pas vraiment de la timidité, c'était plutôt une espèce de peur retenue.  Dans ses yeux, il y avait une petite mélancolie.  Je voyais beaucoup de choses chez une personne, c'était mon travail de tout observer, tout remarquer, et l'aspect de cette petite en disait beaucoup sur qui elle était.  Il me suffisait d'ajouter ses propos précédents pour être à peu près certain d'avoir cerné les circonstances de cette jeune demoiselle.

Je n'ouvris la bouche qu'après un long moment de silence, à ressasser mes idées et les mettre en ordre.  Je glissai d'un mouvement léger de la main une mèche de ses cheveux derrière son oreille, pour dégager son joli petit minois.

« Tu es une princesse.  Exilée de ton pays natal, tu es emplie de mélancolie à son sujet, mais tu sais que tu ne peux plus y retourner.  Ton départ a blessé ton cœur sensible et y laisse une lourde cicatrice qui ne s'effacera qu'avec le temps.  Pourtant, tu es aussi soulagée, tu te sens bien légère d'avoir quitté les responsabilités qui venaient avec la couronne posée sur ta tête.  Tu as peur de ne jamais retourner dans ton château, mais tu es pétrifiée à l'idée qu'on te retrouve et t'y ramène.  Et tu es une apprentie voleuse, pour camoufler ta réelle identité. »

Ce portrait n'était pas fidèle.  Ses vêtement et sa posture m'indiquait elle était probablement une simple fille du peuple, issue probablement de Bellifère.  La suite, tu l'avais déduit du dernier fait.  Si elle était la protégée de Mélusine de Sinsarelle, celle-ci devait assurément se charger de sa formation de voleuse.  Pour qu'une Belliférienne se retrouve à la Cour des Miracles, elle devait avoir fuit la maison familiale.  Je ne pouvais imaginer les raisons, mais je supposais que c'était quelque chose de grave.

« Tu es en sûreté ici.  Tu n'as pas besoin d'essayer de te fondre dans la pierre des murs tu sais.  Tu peux avoir un peu plus confiance en toi, petite princesse.  Tes yeux sont encore deux jolis boutons de fleurs, il ne faudrait pas les faner avant qu'ils aient éclos, tu ne trouves pas? » ajoutai-je, pour l'encourager un peu.  J'avais l'impression qu'elle avait besoin de gagner un peu d'assurance.  Autrement, elle ne réussirait jamais à devenir une voleuse accomplie.  Peut-être Mélusine était-elle un peu trop flamboyante pour la petite de façon à ce qu'il y ait quelque progrès pour commencer.  Mais je n'avais pas à m'inquiéter, je la savais entre de bonnes mains.  « Et puis, si quelqu'un veut te faire du mal, tu peux toujours m'appeler, j'ai deux trois petits tours dans mon sacs. »  Ma personne ne serait probablement pas utile, mais j'avais des contacts.  Et mes automates pouvaient toujours servir.  D'ailleurs, je lui proposais pas exactement mon aide, je tentais surtout de la dérider un peu, cette pauvre petite souris.  Oh pardon!  Princesse.

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Mer 28 Juin - 14:48

Il abdiquait déjà? Il renonçait si facilement à ce surnom? Agathe en doutait pendant quelques secondes. Quel étrange garçon que ce Lancelot! Elle était autant surprise de son renoncement que de son explication, comme pour ne pas la froisser ou la brusquer. Le monde était bien vaste et bien surprenant, au-delà de Bellifère! Déjà, en Sombreciel, elle n’en avait pas cru ses yeux, de tous ce qu’on lui permettait de faire, de toute cette liberté nouvelle. Confiseries, bals, vêtements indécents, aucune corvée..! Même au-delà de ce duché de décadence, les hommes se montraient aussi ouverts, bien loin de ce qu’elle avait connu à Brumecor.

- On… On me disait des choses. Des choses semblables. Et ce n’était pas souvent pour être gentil, de me comparer à un animal.

Elle n’en dit pas plus. Il n’avait pas besoin d’en savoir davantage, de toutes façons. Et puis, se plaindre de son père, se plaindre des hommes de Bellifère, tout ça, reviendrait à dire que l'enlèvement n’était peut-être pas si néfaste alors qu’il l'était, elle en était encore convaincue. Nerveuse et peureuse, comme un chien de prairie. Bête comme une vache. Non mais quel homme voudrait d’une bovine comme épouse, dites-moi? Les comparaisons pleuvaient. Les exemples étaient trop nombreux. À la suite du long silence suivant sa question sur sa propre vie, Lancelot reprit parole et la délogea définitivement de ces métaphores animalières. Le récit qu’il lui avait imaginé, sur sa vie, était si véridique et douloureux qu’elle s'arrêta au moins quelques secondes. Elle devait encaisser cette histoire, son histoire. C’était ça! C’était exactement ça. Elle avait perdu son identité, celle de Belliférienne. On la lui avait dérobée le jour où on l’avait enlevée contre son gré. Elle craignait autant de la retrouver que de ne jamais la retrouver. Un paradoxe bien pathétique.

- C’est joli… C’est une jolie vie, Lancelot, que tu décris. Je crois…

Elle avait repris le pas bien lentement, car déjà, devant eux, des éclats de rire et un petit attroupement se profilait. Mélusine de Sinsarelle. Elle désirait se soustraire à ce bras fin et léger, bien que dur, contre son épaule, mais il lui était confortable d’échanger quelques banalités avec un habitué des lieux, aussi faible et loin des vrais hommes pouvait-il être. Elle qui n’avait jamais vraiment eu d'amis, il était étrange de pouvoir s’ouvrir, même un peu, auprès de quelqu’un de désintéressé. Car il l’était, assurément. Lentement mais sûrement, autant par crainte de se faire voir aussi près d’un homme -un poète, de surcroît!- que par timidité, Agathe prit sa main des siennes pour la retirer de son épaule. Tout se faisait sans empressement, désormais qu’ils s’étaient pressés de retrouver Mélusine.

À sa proposition de revenir vers lui pour la sauver, grâce à ses fameux tours, Agathe avait haussé un seul sourcil alors qu'un sourire mutin, cruel dans son doux amusement, étirait le coin de ses lèvres. À d’autres, Lancelot l’Adroit! qu’elle semblait lui dire. Elle était sans doute naïve, mais pas crédule à ce point de le savoir apte à la défendre! Elle n’ajouta rien à ce sujet, toutefois, nullement méchante dans cette cruauté innocente. Un peu plus confiante, maintenant que l’intimité d’une vérité devinée les liait, la petite souris princière leva son museau vers lui, le poète aux fleurs.

- Tu es arrivé comment, sur les pavés? C’était ton choix, dis?

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Ven 30 Juin - 13:32

Ma description semblait avoir jeté un trouble chez la jeune femme.  Je sentis que j'avais visé juste dans cette vaste histoire que j'avais dépeinte.  Et elle ne semblait pas vouloir s'y attarder très longtemps alors je n'ajoutai pas plus et ne répondis pas à son compliment – c'était bien un compliment non? - me contentant de calquer le rythme de mon pas sur le sien comme elle ralentissait doucement.  Curieux, on entendait pas très loin des éclats de rire : il m'était avis que l'on devait avoir trouvé Mélusine, probablement au centre de l'attention.  Pourtant, tout à coup, elle ne semblait point pressée de retrouver son mentor.  Du moins, c'était ainsi que j'interprétais son pas lent.  Je fus toutefois un peu surpris de la voir s'assumer encore un peu et retirer mon bras autour de ses épaules.  Je savais qu'elle n'aimait pas tellement cela, après tout je faisais exprès pour la taquiner, c'était irrésistiblement tentant.  Toutefois, toute timide comme elle l'était, je ne m'étais pas imaginé qu'elle finirait par se dégager.  Le geste était mesuré, point précipité.  Je me demandai si quelque chose dans ce que j'avais dit plus tôt l'avait blessée.  Il était vrai qu'elle avait un petit air nostalgique depuis que j'avais fait le portrait de sa vie.  Je laissai tomber mon bras le long de mon corps comme si je n'avais jamais remarqué qu'elle s'en était débarrassé, la vilaine.

Tout du moins, ma proposition de me porter à son secours sembla lui redonner quelque amusement, bien qu'il me mettait un peu inconfortable.  Il y avait quelque chose dans son sourire qui me donnait à croire qu'elle se moquait de moi plutôt que de sentir flattée par ma proposition.  Elle chassa rapidement mon inconfort en posant une question sur ma personne : cela me donna l'impression qu'elle avait un peu d'intérêt pour moi.

« C'était il y a quelques années déjà.  Mais oui je suis venu de mon choix, » déclarai-je sur un ton mesuré.  Que dirait-elle si elle savait que j'avais fait beaucoup de bruit à l'époque pour avoir terminé ma formation d'espion à la vitesse de la lumière?  Je doutais qu'elle ne me croit à ce propos, elle semblait si dubitative à l'idée que je sois capable de faire quoi que ce soit de mes dix doigts.

« Disons qu'à l'époque, certains ont vu un potentiel plutôt bon à exploiter pour la Cour en moi et ils sont venus me recruter.  J'ai décidé d'accepter, parce que ce qu'ils me proposaient m'intéressait et me permettait de poursuivre mes rêves. »

J'étais bien jeune à l'époque, mais j'avais déjà ma petite renommée pour mes automates.  Quand je pense à ce que je faisais à mes débuts, j'en rougirais de honte.  Rien à voir avec les créations de plus en plus complexes qui sortaient de mon atelier maintenant.  Je la toisai du regard, tentant de sonder un peu ce qu'elle cherchait à savoir en posant cette question.

« Et toi, tu n'as pas choisi d'être là? »

Ce n'était pas vraiment dans les manières de la Cour de forcer les gens à venir vers elle.  Elle savait qu'un serviteur contraint n'était qu'une épine dans le pied dont il valait mieux se débarrasser rapidement.  Pourquoi avais-je même posé la question?  L'idée m'était venue plutôt spontanément, je ne pensais pas vraiment qu'elle puisse me dire qu'elle était forcée.

Les exclamations joyeuses se faisaient de plus en plus près de nous, malgré notre rythme de marche plutôt lent.  Je regardai à nouveau la blondinette, toute pâle et mince.  Quel genre de chemin l'avait-elle menée jusqu'à nous, je me le demandais bien.  Voleuse, hein.  Oui, ces petites mains pourraient se glisser facilement dans de petits endroits sans que personne ne s'en rende compte.  Son petit visage calme et innocent l'excuserait de tout soupçon.  Elle aurait pu être mendiante aussi, avec ses bras fins et minces.  Ses yeux remplis de timidité.  Ou espionne, se glissant subtilement partout, avec son pas léger.  Ou peut-être pas.  Elle cherchait tellement à ne pas attirer l'attention sur elle qu'elle en devenait si évidente et impossible à ne pas remarquer.  C'était probablement l'âge.  Elle devait être bien jeune cette petite.

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Sam 8 Juil - 17:33

Elle avait relâché son bras après quelques longues secondes, les joues rosées de sa découvertes. Des muscles..! Des muscles, là, sous cette chemise et sous cette apparente délicatesse. Ciel! Les yeux grands, Agathe le détaillait à nouveau en cherchant ce qu’un poète pouvait bien faire d’un corps musclé. Peut-être était-il autre chose, après tout? La Cour des Miracles semblait accueillir bien des talents, et son rôle de poète était probablement une couverture, comme elle et son rang de suivante. Que cachait-il derrière ces apparats, Lancelot l’Adroit?

- Poursuivre un rêve… C’était lequel, Lancelot, ton rêve?

S’il était venu de son plein gré, il devait sans doute considérer l’endroit comme sa demeure, son chez-lui. Agathe acquiesçait un peu les informations tout en réfléchissant à ce qu’il lui avait dit plus tôt. Elle ne risquait rien, ici, à ses côtés. Il était probablement connu et respecté pour une raison ou une autre. Mais… Mais comment était-ce possible, avec son physique de petit félin? Non seulement il avait des rêves, ce qu’elle n’avait jamais vraiment eu, cloîtrée en Bellifère entre un père violent et une mère honteusement absente, mais en plus, il était connu et respecté malgré ce qu’il représentait. Et ce qu’il représentait était à des lieux de ce qu’il devait être : un homme. Elle secoua un peu la tête pour chasser sa pointe ce sentiment horrible qui pointait à peine à son esprit : la jalousie.

- Et toi, tu n'as pas choisi d'être là?
- Non… C’est… C’est compliqué. Ma mère nous a quitté peu après ma naissance, et ma soeur craignait ses responsabilités - son mariage. On nous a donc accompagné jusqu’en Sombreciel…! Là-bas, c’était la fête, tout le temps. C’est étrange, non? Je me demande si ils fêtent tous les jours, ou si c’était pour fêter notre passage.

Elle avait pris une pause, la toute jeune, un doigt tapotant sa lippe sous la réflexion. Il ne lui semblait pas nécessaire de spécifier de qui elle était l’invitée. Et puis, si on l’avait confiée à Mélusine, il lui semblait évident qu’il s’agissait de l’un de ses frères ou cousins. Elle peinait encore à comprendre leur généalogie tentaculaire, malgré tous les efforts qu’avaient déployé le duc et son petit frère, Melbren. Elle les soupçonnait d’avoir volontairement complexifié le tout, d'ailleurs!

- Il m’ donné des rubans colorés. J’en avais jamais vu d’aussi beau. Et des carnets, plein de carnets. Dont celui-ci.

Qu’il était beau, son carnet! Il s’agissait probablement d’un cuir fin belliférien, non sans ironie, mais buriné avec délicatesse de motifs floraux, de lierres et de feuilles. Elle le serrait bien jalousement depuis leur rencontre, non sans raison. À lui seul, ce carnet devait valoir une petite fortune.

- Puis on m’a dit que Mélusine de Sinsarelle serait ma tutrice, et moi, sa suivante. J’ignorais de quoi il s’agissait, en fait. J’espère juste ne pas trop la décevoir, parce que j’ignore où j’irais si elle ne veut plus de moi. Je pourrais peut-être retourner là-bas, en Sombreciel, même s’ils sont dépravés et indécents.

Elle l’avait dit d’une petite voix, la mine absente, un peu ailleurs. Il n’y avait ni drame ni incitation à la pitié, dans le ton de sa voix, juste la constatation un peu curieuse de son sort. Et si elle ne faisait pas l’affaire, que ferait-on d’elle? Agathe s’était longuement questionnée à ce sujet, et la possibilité de retrouver sa place en Bellifère était mince. Il était peu probable que son père veuille bien d’elle à nouveau, surtout après un enlèvement et un passage en Sombreciel. Retourner sur l’Audacia était hors de question, et elle préférait encore devenir mendiante que de devoir assassiner et guerroyer de pauvres marchands honnêtes. De toutes ses options, retourner en Sombreciel et s’adapter à leurs mœurs étaient probablement la plus acceptable. Elle n’en avait toutefois aucune envie.

- Je préférerais rester auprès d’elle, je crois… Et m’habituer à la Cour des Miracles. J’ai prêté serment.

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Jeu 3 Aoû - 4:54

Ah!  Sombreciel, terre de mes jours d'enfance, comme tu n'avais point changé!  Je me demandai un instant si mon interlocutrice avait la moindre idée d'où je venais.  Probablement pas.  Pourtant, mon apparence le criait de façon assez stridente, avec ma frêle carrure et mes souliers bouclés à talons.  Mais peut-être n'était-ce pas assez pour lui mettre la puce à l'oreille à cette charmante enfant.  Elle avait probablement passé du temps chez les Séverac, ce qui serait logique puisqu'elle était mise sous la tutelle de Mélusine.  Elle n'avait tout de même pas pu séjourner au palais ducal, n'est-ce pas?  C'était su que le duc de Sombreflamme avait été élevé pratiquement par le comte de Séverac et que les enfants de celui-ci avaient grandis comme des frères avec Castiel, mais il était tout de même peu vraisemblable qu'une simple suivante soit l'invitée du palais d'Euphoria.  À moins que Mélusine n'y ait été invitée, mais dans ce cas pourquoi aurait-on fait des cadeaux à la petite étrangère?  La situation était plus compliquée qu'elle ne m'était d'abord apparue et si je ne posai pas de questions à ce sujet, ma curiosité était dévorante.  Cependant, je ne la laissai pas me consumer, je me décidai à attendre que les pièces du puzzle se dévoilent d'elles mêmes une à une.  J'avais confiance en mes talents pour finir par apprendre la vérité un jour ou l'autre, tôt ou tard.  Je savais comment extorquer des informations aux autres sans qu'ils n'en prennent jamais la moindre conscience, un seul instant.

Les incertitudes de ma protégée d'un instant surent m'attendrir.  Comme bien d'autres, elle n'était qu'un pauvre oisillon égaré loin de son nid, trop vieille pour dépendre complètement de ses parents, mais encore trop jeune pour prendre totalement son envolée.  Sans y réfléchir ni même m'en rendre compte, je levai la main droite pour la poser sur la chevelure dorée de la jeune fille, pas tout à fait encore une femme.  Le geste se voulait réconfortant et rassurant.  Je ne sais trop pourquoi.  Ça m'était venu naturellement.

« Si tu veux accomplir quelque chose, tu peux le faire.  Tout est dans la volonté et non pas dans l'acte, » dis-je doucement avant de laisser tomber mon bras.  Les réflexions philosophiques étaient une partie intégrante de mon être, moi qui était comme tout Cielsombrois intéressé par cette discipline, bien qu'elle n'animait point chez moi les mêmes débats que chez mes semblables.  Je la ressentais seulement au fond de moi et elle guidait mes pas.  Ce n'était que brin de sagesse, mais mon âge me permettait de la répandre sur cette jeune femme.

« Ne doute pas de toi.  Et puis si jamais les choses devaient mal tourner, tu pourrais toujours venir travailler pour moi.  Tes petites mains aux doigts délicats pourraient être bien utiles, » ajoutai-je.  Je n'étais pas entièrement sérieux : je ne laissais pas entrer n'importe qui dans mon atelier et en voir les coulisses.  Néanmoins, il y avait quelque chose d'attachant chez cette jeune biche effarouchée et avec quelques petits tests de loyauté, elle pourrait bien réussir à gagner son utilité chez moi.  Une petite vendeuse ne serait pas de trop dans la boutique.

« Tu pourrais venir avec Mélusine un jour, ce sera plus facile de te montrer que de t'expliquer quel est le rêve qui a porté mes vers la Cour des Miracles.  Peut-être cela t'ouvrira-t-il de nouvelles perspectives, » déclarai-je avec un sourire aimable à son intention.  Que serait sa réaction lorsqu'elle verrait les merveilles qui décoraient les murs de ta boutique?  Serait-elle émerveillée par tant de délicatesses?  Ou alors effrayée par les automates? Dans tout cet échange, il s'agit surtout de la curiosité qui motivait la moindre de mes décisions.  « Tu pourras demander à ta tutrice de venir, elle saura de quel endroit tu parles, très certainement. »

Je ne doutais pas de cette affirmation un seul instant.  Si ma réputation n'avait d'abord que couvert Lorgol, elle avait désormais était propagée sur le reste du continent et peu n'avaient jamais entendu parler de Lancelot l'Adroit, fabricant d'automates en tout genre.

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Message Sujet: Re: Lancelot, à votre service, ma dame   Jeu 17 Aoû - 1:43

Des conseils de rêves et de chimères. Il était étrange et un peu drôle, l’Adroit. Agathe avait esquissé un sourire, un autre, un sourcil haussé en guise d’amusement. Elle s’était toutefois bien gardée de lui signifier qu’elle n’y croyait pas trop, à tous ces rêves de grandeur. Elle était née rejetée par sa mère, elle avait grandi bien peu appréciée par son père. Et depuis qu’on avait souhaité la délivrer de sa misérable existence, les adultes se la lançaient, d’un duché à un autre. C’était injuste de penser ainsi, et Agathe ne le savait que trop bien, car le Duc de Sombreciel l’avait reçue avec mille gentillesses, en dépit de sa réputation scandaleuse. Tout comme l’avait fait Mélusine, sa tutrice. Elle doutait être capable de grandes choses, avec ce départ un peu boiteux. S’il s’agissait d’une course, elle partait avec un tour de retard sur bien des gens, elle qui tremblait et qui avait trop souvent la poitrine prise sous une poussée d’angoisse.

- Mmmh…

Éloquente petite chose. Elle fit traîner son mmmh, sous-entendant qu’elle y songerait, à sa proposition. Travailler pour un autre enfant des Miracles. Ne venait-elle pas de prêter serment, précisément? Il était peu probable qu’on la reprenne en Bellifère, et la suggestion était sans doute la meilleure. Mais de quel type de personnel avait besoin Lancelot? Quel métier nécessitait de petites mains délicates?... Heureusement pour Agathe, aucune idée grivoise ne traversa son esprit un brin étriqué. Plutôt, elle songeait au rôle de copiste. Mais elle savait tout juste écrire son nom, la jeunette. C’était probablement le cas, puisqu’il était assurément poète ou homme de théâtre. Si le Destin la tourmentait encore un peu trop, alors oui, elle retournerait peut-être vers ce loufoque personnage afin d’apprendre à lire et écrire, pour recopier sa poésie. Arnaut serait actuellement mort de rire, Agathe en eut la certitude.

- Ma tutrice est une femme occupée, mais je vais lui dire, pour de vrai, que tu nous invites chez-toi. Par contre, je ne suis pas certaine qu’elle aimerait voir des papiers plein de poèmes et d’écriture.

Un peu songeuse mais surtout hâtée de se défiler du curieux mâle, elle leva sa main pour tirer un chapeau imaginaire. Le geste était gauche et très peu au fait des dernières modes et frivolités, en matière de civilité, mais il bouclait la boucle de leur présentation. Suite à quoi elle pressa le pas en direction du petit groupe entourant sa merveilleuse tutrice. La blondinette ne s’arrêta qu’un moment pour lui lancer, d’une voix assez haute pour qu’il l’entende :

- Oh! Merci, Lancelot l’Adroit. Et ne mange pas de fleurs, hein!

Il était peut-être un homme-fleur, mais il n’était pas un lapin.

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