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 Tout, tout, tout est fini entreuh nous ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée

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Les Voltigeurs • Modo
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Message Sujet: Re: Tout, tout, tout est fini entreuh nous ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 10 Mai - 23:20

Elle semble tellement désemparée par son attitude, Mathilde, que la résolution de Mayeul vacille. Elle n’est pas réelle. Elle est morte. Mais ce câlin dont il l’a gratifié plus tôt n’était pas le câlin d’une jeune femme morte depuis des années. C’est sa sœur, sans être elle. Le Voltigeur a envie de hurler, de se jeter à son cou, de... il ne sait pas. Il ne sait plus. Les drogues qu’il a absorbés plus tôt ne font plus guère d’effets, laissant juste un léger vertige et une montée croissante de l’anxiété. Il ne veut pas de cette Mathilde qui le regarde sans répondre. Mais que peut-elle lui répondre, alors qu’il lui hurle à la figure qu’elle est morte ?

C’est la voix de Denys qui les interrompt, dans cet échange de regards. Mayeul se tourne vers lui, indécis. La voix de son ami semble peu assurée, alors que quelques minutes plus tôt, il semblait si sûr que Mayeul était en pleine bouffée délirante ! Mathilde acquiesce, écrasant une larme, et le Voltigeur fait un pas en direction de sa sœur , le bras tendu, désireux de la retenir. Elle n’a même pas besoin de parler la jeune femme, et son regard déçu impose à Mayeul de la laisser se retirer avec les enfants de son ami. Les non-enfants. Les illusions, comme Mathilde. Denys s’approche de lui, et Mayeul ne peut cacher son soulagement à l’écoute des mots du duc. Il se souvient ! Mnémosie soit louée, il se souvient ! Le Voltigeur ne réfléchit guère en franchissant les pas qui le séparent de son ami, pour le prendre dans ses bras avec chaleur. Il se doute que l’homme ne sera guère ravi de ce moment d’allégresse, mais qu’importe ! Il en a besoin, Mayeul, un besoin désespéré et grandissant. Il n’est pas seul. Il n’est pas fou.

Lâchant Denys, Mayeul s’efforce de contrôler son soulagement et de raconter, brièvement, ce qu’il s’est passé pendant que Denys était... ailleurs. « L’Ordre du Jugement nous a tendu un piège. Tout ce qu’on connaît... Je ne suis plus Voltigeur, Denys. Tu n’es plus duc de Lagrance, tu n’es même plus marié à Marjolaine. » Il choisit, pourtant, de ne pas révéler à Denys avec qui il est marié, dans ce monde. « Ces enfants sont les tiens. Je n’y comprends pas grand chose, mais ce n’est pas une illusion. Je sais ce qu’est une illusion, je l’ai vécu au Tournoi. Ici, c’est comme si tout ce qui fait notre monde a été effacé. Lorgol est devenu un coupe-gorge, Ibélène et Faërie ne sont pas en guerre, la Rose Ecarlate n’a jamais existé. » Et Mathilde est en vie. Oh oui, Mathilde est en vie, et c’est peut-être le plus compliqué à appréhender pour Mayeul.

« L’Ordre du Jugement règne sur Arven, il n’y a jamais eu de Trêve. Nous devons aller à lorgol, c’est là que nous trouverons les réponses. »
Mayeul marque une pause, un peu perturbé de donner à Denys des informations que lui-même lui a révélé, quelques heures plus tôt. « J’ai cru devenir fou. Tu as cru que je l’étais. » Ce n’est pas une accusation, non. Un appel au secours, peut-être. « Je ne veux pas quitter Mathilde. Je ne peux pas la quitter, tu comprends ? » Gémit le Voltigeur, avant de secouer la tête. il n'a pourtant pas le choix. Elle sera bien plus en sécurité ici, il le sait. S’ils trouvent un moyen de rendre le monde comme avant, cela signifiera la tuer, pourtant. La tuer, lui, de ses mains, et supprimant le monde dans lequel elle vie. Est-ce qu’il peut seulement faire ça ? Est-ce qu’il en a seulement le droit ? « Je ne sais pas quoi faire. » Souffle Mayeul, désemparé, sans oser regarder son meilleur ami.

Ils doivent partir pour Lorgol, pourtant, au plus vite. « Tu veux parler aux enfants, avant que nous ne partions ? Celui qui pleure, il s’appelle Lazare. » Indique Mayeul, sans révéler à son ami comment il le sait. Il n’a pas réellement envie de dire au-revoir à Mathilde, lui. Revenir à Lorgol, c’est la tuer. Lui dire au revoir, c’est à nouveau s’imposer la souffrance de ne plus la revoir. Ce monde n’est pas le sien, pourtant. Nuage lui manque, désespérement. Et l’impression de choisir Nuage au détriment de Mathilde perdure.

Ce n’est pas nouveau. Quand il est devenu Voltigeur, Mayeul a eu énormément de mal à s’accorder avec son griffon, l’impression d’abandonner Mathilde l’empêchant de se lier avec son compagnon à plumes. Ils ont appris à s’apprivoiser, jusqu’à devenir liés, plus que des frères. Plus qu’avec Mathilde. Mayeul le sait, il s’en est toujours voulu, d’avoir abandonné sa sœur. Et voici que cela recommençait. N’était-il destiné qu’à choisir des gens aux profits d’autres, qu’à laisser derrière lui le malheur ? Il a abandonné Denys et Mélusine, ses meilleurs amis, pour devenir cadet à Lorgol. Il a abandonné Mathilde pour Nuage, Vifesprit pour une vie d’amusement à Euphoria. Il a failli abandonner Nuage pour les drogues de Sombreciel. Abandon, abandon, abandon... N’existe-t-il que ce mot pour lui, dans l’avenir ?

« Ne me laisse pas ici trop longtemps, d’accord ? » demande Mayeul à mi-voix, sans même être sûr que Denys entende. Ou comprenne, en réalité.

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Message Sujet: Re: Tout, tout, tout est fini entreuh nous ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Ven 19 Mai - 17:42

L’étreinte le perturbe. Il se crispe presque instantanément quand son ami vient le prendre dans ses bras, comme si ce geste lui permettait de se raccrocher à quelque chose : une bouée dans un océan agité, un phare dans les plus obscures ténèbres. S’il n’est pas très friand de ce genre de contact avec la gent masculine, Denys perçoit assez la détresse dans les mouvements de son ami pour le laisser faire, au moins pour quelques secondes. Et il est rassurant de constater que son ami, tout comme lui, est perdu dans cette illusion insensée. Lorsqu’ils s’éloignent, c’est avec attention et surprise que le duc écouta les paroles de son ami. Ainsi, l’Ordre avait finalement agit et causé bien des dommages… de ce qu’il savait, les pièces du sablier qu’ils avaient récoltés n’étaient peut-être pas toutes bonnes. Etait-ce ce qui avait causé ce malheur ? Il l’ignorait, mais garda la possibilité dans son esprit. Ce qu’il espérait, c’était qu’une solution existe à ce beau bordel.

Il n’est ni duc de Lagrance, ni marié à Marjolaine ? Une seconde, il hausse un sourcil, puis tourne la tête en direction de la porte où Mathilde et le groupe d’enfant avaient disparus. Ses enfants. Avec qui ? La question lui trotte un instant dans la tête avant qu’il ne l’éclipse, toujours plus absorbé par les révélations de son ami qui commencent à se faire nombreuses. C’est peut-être même trop et il a du mal à tout assimiler. Ce n’est pas une illusion, c’est comme « Une autre réalité… » Murmure-t-il plus à lui même qu’à son ami qui continu de parler. Denys est prêt à l’interrompre quand le gémissement traverse les lèvres de Mayeul avec des mots douloureux. Se mordant la lèvre, il se retient de faire le moindre commentaire, mais ne parvient cependant pas à avoir un geste doux ou réconfortant. Il ne l’est pas tant d’ordinaire de toute façon, mais toutes ces nouveautés tendent à le bloquer plus que jamais. Les pensées tourbillonnent dans son esprit, cherchant un chemin et une solution. Mais la détresse… la tristesse de Mayeul… ce n’est pas la première fois qu’il la voit. Et au fond de lui, il n’a pas envie que son ami retombe une nouvelle fois dans l’horreur de perdre sa jumelle. Mathilde… pauvre Mathilde. Pauvre Mayeul.

« Pardonne moi, si je t’ai pris pour un fou. Enfin… plus tôt, ce n’était pas moi tu le sais. » Il s’était retrouvé plongé dans cette réalité absolument absurde depuis seulement quelques minutes. S’il n’avait pas autant confiance en ses propres capacités et en son esprit, il se croirait peut être fou aussi. « Quant-à Mathilde… On ne peut… on ne peut pas rester ici Mayeul. » Il va pour poser une main sur son bras, l’inciter à le regarder dans les yeux. La fermeté de ses paroles pourrait presque sembler cruelle, mais il le doit. Il doit le lui dire, même si c’est douloureux. Même pour lui en vérité. « Mathilde est morte. Pour nous, dans notre vie, Sithis l’a emporté. » Ils ne pouvaient pas rester ici, qu’importe ce que cela coutait. Qu’importe la douleur que cela représentait. Et il semblait le comprendre, Mayeul, malgré la souffrance perceptible dans son regard.

Aller voir ses… enfants ? Maintenir l’illusion que tout va bien pour partir au plus vite, cela semblait être une bonne idée, même si jouer le jeu n’était peut-être pas la priorité de Denys. Cela dit il était loin d’être mauvais dans ces petits tours. Il acquiesça silencieusement à la remarque de son ami, puis s’éloigna vers la porte avant de se retourner sur le dernier murmure de Mayeul. Il l’avait entendu oui. « Je reviens vite. » Telle une promesse.

Lorsqu’il trouva Mathilde et les enfants occupés à lire des histoires pour se changer les idées, la jeune femme se leva prestement pour aller à sa rencontre.

« Comment va-t-il ?

Comme tu as pu le voir tout à l’heure, il est un peu… perturbé. Je vais l’emmener à Lorgol, il verra bien que ses idées un peu folles ne sont que du vent.
Tu es sûr que c’est la bonne chose à faire ? Il a peut-être juste besoin de se reposer. Lorgol est une ville dangereuse.
Je le sais, mais je pense au contraire que c’est ce dont il a besoin. Nous allons partir sur-le-champ. Et… il ne souhaite pas que tu le voies plus longtemps dans cet état.
Il ne me dira pas au revoir ? »

Le ton de la jeune femme semble outré, blessé même, et elle s’empresse de vouloir fausser compagnie à Denys pour sortir et aller à la rencontre de son frère. Vivement, il saisit le bras de la jeune femme, et prit d’un frisson incontrôlable, la relâcha l’instant d’après. Toucher Mathilde… il avait l’impression de s’être brulé. Mais sans pour autant laisser la stupéfaction le saisir, il reprit comme si de rien n’était.

« Mathilde, tu as bien entendu ce qu’il a dit tout à l’heure. Je crois qu’il vaut mieux que l’on fasse comme ça. S’il te plaît.
… tu as peut être raison. Mais prend soin de lui alors. Et de toi aussi… Tu n’avais vraiment pas besoin de ça en ce moment.
Que veux-tu dire ?
Je parle de Mélusine. Je ne comprends toujours pas pourquoi elle est partie en vous abandonnant, toi et les enfants. »

Le silence qui suit est sans doute prit par la jeune femme comme un instant de gêne, de malaise et de souffrance. Pour Denys, c’est la surprise la plus totale et…l’incompréhension. Par Cerah, Mélusine son épouse ?! La mère de ces quatre enfants ?! Le regard du duc se tourne vers les petits qui n’ont pas conscience de la discussion et semblent absorbés par leur occupation… Mélusine ? C’est tout simplement impossible.

« Avec… avec un peu de chance, tu la trouveras à Lorgol ?

Oui… oui peut-être. Mais je ne suis pas certain d’avoir envie de la revoir. »

Mathilde semble comprendre et n’ajouta rien. Elle le prit juste dans ses bras et déposa un baiser amical sur sa joue, ce qui eut pour effet d’à nouveau faire frissonner Denys. Etait-ce si compliqué de dire au revoir à une morte ? C’était plutôt inédit… Gardant contenance, il adressa un faible sourire à la jeune femme puis s’empressa de dire au revoir aux enfants qui n’étaient pas les siens, puis retourna voir Mayeul. Il ne cacha pas à son ami son air un peu perturbé. Vivre une telle chose, il ne le referait pas tous les jours.

« Bien, on peut y aller je pense. »

Mais sur ces mots, un homme entra dans la pièce, se dirigeant immédiatement vers Denys.

« Un message pour vous monsieur le marquis, il vient de Lierre-Réal, de votre Outreparleur. »

L’homme tendit un parchemin à Denys, qui l’observa une seconde, presque vexé qu’on l’appel marquis et non duc, comme il en avait l’habitude. Mais il n’était pas question de faire preuve de fierté dans une réalité qui n’était pas la sienne. Il saisit le papier et commença à lire, avant de bloquer tout bêtement devant les mots. Durant de longues secondes, il resta sans bouger, avant de murmurer à son ami :

« Je dois aller à Edenia. Immédiatement. »

Oui. Lorgol pouvait attendre.

Surtout s’il était question de Cyselle.

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Message Sujet: Re: Tout, tout, tout est fini entreuh nous ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Ven 19 Mai - 23:06

Aux excuses de Denys, Mayeul ne répond que par un geste las. Évidemment, que ce n’est pas la faute de son ami. Il n’y a rien à excuser. En vérité, il s’est cru fou lui-même, et en doute toujours. Mais si Denys, ce Denys, n’est pas fou, pourquoi lui le serait-il ? Une autre réalité, a dit son ami. Oui, peut-être. Mais qu’importe ? Tout est tellement... vrai. Possible. Probable même. Il en a rêvé tellement de fois Mayeul, de ces retrouvailles avec Mathilde, que cela lui est compliqué de s’imaginer que ce n’est pas vrai. Que ce n’est pas un autre rêve. Ou bien si ? Les paroles de Denys sont dures, cruelles, et pourtant Mayeul le sait, son ami ne le fait pas de gaieté de cœur. Il en est lui-même arrivé à la même conclusion, même s’il refuse de l’avouer ouvertement. Ils ne peuvent pas rester ici. Il doit choisir Nuage et sacrifier Mathilde. Sait-il, Denys, à quel point cela déchire le cœur du Voltigeur? Mayeul se contente de hocher la tête, signifiant qu’il comprend. Mathilde est... n’est pas sa Mathilde. Pas ici, pas dans cette vie. Mais pour autant, lui demander de retrouver un monde où sa sœur est définitivement partie. Il n’en a pas la force Mayeul. Pas tout seul.

Denys promet. De revenir, de ne pas le laisser tout seul. Peu importe. Mayeul le laisse s’éclipser, s’asseyant à même le sol, le visage entre ses mains. Les yeux fermés, désespérément fermés, pour essayer, pour la centième fois peut-être, de se réveiller de cet affreux cauchemar. Combien de temps reste-t-il immobile, le Voltigeur, priant les Dieux de lui donner la connaissance, la force, quelque chose pour traverser cette épreuve ? Erelf, même - Erelf, qui sait la solution de tous les problèmes. Il ignore Mayeul, que Denys et sa sœur parlent de lui. Qu’est-ce que Denys pourrait bien dire à ses enfants, qui ne soit pas un cruel mensonge, de toute façon ?

Denys ressort, arborant un air perturbé qui ne doit pas quitter Mayeul non plus. Lorgol, très bien. Loin de Vifesprit, loin de Mathilde, loin de ce monde qui n’est pas le sien mais dont il aimerait faire partie, encore quelques instants. Mais affronter à nouveau le regard déçu de Mathilde, non, c’est au-dessus de ses forces. Mais alors qu’ils s’apprêtent à partir, c’est un valet qui les interrompt, et Mayeul se mord les lèvres en l’entendant appeler Denys « Monsieur le marquis ». Cela sonne faux, tellement faux, pourquoi personne ne s’en rend-t-il compte ? Mais Denys est à mille lieux de penser à ça visiblement, puisqu’après être resté longtemps à lire les quelques mots déroulés devant lui, il apprend à Mayeul que leur destination a changée. Edenia. « Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a à Edenia, qui mérite qu’on y prête attention ? » Marjolaine, peut-être. Ou une autre des connaissances de Denys. Il le sait, son ami n’a pas de frère ni de sœur, mais il est aimé, le duc de Lierre-Réal. Etait. Put-être. Ici, dans cette réalité.

« C’est à Lorgol que nous trouverons nos réponses, Denys. » Pas ailleurs. Certainement pas à Edenia. Mais après avoir fait un caprice pour voir sa sœur, le Voltigeur ne peut pas refuser à Denys de voir... qui qu’il puisse désirer voir. « Mais très bien, Edenia. Rappelles-toi tout de même que personne ne sait qui tu es, ici. On ne sait pas qui est Denys. Ce Denys. » Explique Mayeul, soucieux de le faire comprendre à son ami. Rien, ici, n’est comme ils le connaissent. Ce Denys est peut-être recherché par la couronne Faë pour trahison, pour ce qu’il en savent ! « Mathilde t’a dit, n’est-ce pas ? Pour Mélusine ? » Demande le voltigeur, tandis qu’il guide son ami jusqu’à la petite pièce où réside le mage des portails de Vifesprit. Le manoir n’a pas changé, si ce n’est qu’il est bien moins délabré. Mayeul connaît sa jumelle par cœur, après tout. « Elle se rappelle aussi. Nous devons la retrouver. » Souligne-t-il avant de s’arrêter brusquement, plongeant ses yeux dans ceux de Denys. « Mathilde... Mathilde est morte, je le sais. » La voix de Mayeul se brise, avant qu’il ne reprenne contenance. « Mais la personne qui t’a écrit cette lettre, elle n’existe pas. Qu’elle soit morte ou vivante, si elle ne se rappelle de rien, elle n’est pas celle que tu connais. Je sais que... tu le sais. Mais nous allons rentrer chez nous, et les gens d’ici... ce qu’ils disent, ou font... ce n’est pas pour nous. » Mayeul insiste, il le sait, mais lui a eu beaucoup plus le temps de l’assimiler que Denys.

Mayeul regarde un instant son ami, pensif, avant de frapper d’un air décidé à la porte du mage des portails. « Nous devons nous rendre à Edenia. Maintenant. »

***
Edenia, 20 avril, 2 h du matin

Le voltigeur a laissé son ami en tête à tête avec la jeune femme qui les a accueilli. Il est très tard et après tout, que pourrait-il dire, ou faire, de plus pour rappeler à Denys qu’ici, ce n’est pas chez eux ? Denys le sait. Et Mayeul a une lettre a écrire. Une lettre d’excuses, une lettre qui clame tout l’amour d’un frère à sa sœur, toute sa joie de l’avoir vu et serré dans ses bras. Une promesse, aussi, qu’il l’aimera toujours. Il n’attend pas de réponse à cette lettre, Mayeul. Une fois envoyé à Mathilde, Denys et lui partiront à Lorgol. Si l’entretien de son ami se passe bien.

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Message Sujet: Re: Tout, tout, tout est fini entreuh nous ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Ven 26 Mai - 0:47

D’ordinaire, Denys n’était pas exigeant pour les choses qui pouvaient paraître triviales et de moindre importance. S’il avait écouté sa raison et uniquement elle, il aurait été d’avis de suivre Mayeul et d’aller directement à Lorgol, là où il avait la sensation de trouver une réponse à toutes ses questions. Mais ce n’était pas l’esprit du duc qui guidait cette décision. Pour une fois, c’était son cœur. Ce cœur que l’on disait aussi inexistant que mesquin, noir et perdu dans une forêt de ronces et d’épines. Ce cœur qui pourtant s’était trouvé ébranlé à la simple mention du nom de Cyselle, dans une lettre qui ne lui était pas adressée. Enfin… pas vraiment. En vérité, le simple fait de la savoir existante et bien en vie dans cette réalité le bouleversait presque. Il n’avait que peu connu sa marraine pourtant, morte si jeune et d’une fièvre foudroyante. Mais comme sa propre mère, il l’avait sincèrement aimé et admiré. Des vestiges d’émotions et de sentiments semblaient remonter en lui, à la lecture de ces quelques mots couchés joliment sur un parchemin. Et il faut définitivement la voix de Mayeul, acceptant finalement sa demande, pour qu’il relève vers lui un regard sincèrement reconnaissant. Tout ce qu’il lui disait, toutes les recommandations qu’il lui faisait… il en avait bien conscience. Il connaissait le risque, percevait la difficulté, notait les différences et les contours dissonants de cette réalité. Mais il devait voir Cyselle. Ou plutôt il le voulait. Avec les émotions que son cœur, si peu sollicité, était capable de ressentir.

« Elle me l’a dit oui. Mon épouse, n’est-ce pas ? »

La question n’était que rhétorique, lancée avec une certaine hauteur et amertume. C’en était presque risible. Non, ça l’était même complètement. Mélusine et lui, c’était de l’histoire ancienne et tout ce que Denys avait pu conserver d’elle avait disparu avec le rosier diapré. Ce n’était plus que des ruines, des ressentiments et le passé, tout simplement. Chacun avait tourné la page et c’était pour le mieux. Il avait désormais Marjolaine et… une seconde, la pensée de son épouse pinça le cœur du duc, toujours inquiet de savoir où elle pouvait être. Un soupçon d’intérêt bien vite éclipsé par cette lettre qu’il tenait toujours précieusement.

« Je le sais Mayeul. Je sais que… cette personne ne sera jamais celle que j’ai perdue. Mais je veux la voir. »

Ce n’était peut-être pas une bonne idée, il en avait conscience. Il n’avait pas particulièrement envie de déprimer comme son ami en cet instant, mais il savait aussi que s’il ratait cette occasion, il le regretterait. Il avait bien le droit, pour une fois, de prendre une décision irréfléchie et risquée, n’est-ce pas ? Il méritait de voir Cyselle, qu’importe si les souvenirs qu’il avait d’elle remontaient à ce qui semblait être une éternité. Denys fut soulagé que Mayeul accepte quand même de l’accompagner à Edenia et commande au mage de Vifesprit de les y mener dans l’instant. Il lui lança un regard reconnaissant avant de s’engouffrer dans le portail et être accueillit par un lieu qui lui était familier.

***

[Discussion avec Cyselle dans un rp solo :cute: ]

***

Il est bien tard quand Denys termine de s’entretenir avec l’actuelle duchesse de Lagrance. Il a peu de mots pour décrire ce qu’il ressent, mais il a la certitude que certaines choses ont changées. Il ne saurait encore dire quoi et n’ose pas trop penser aux conséquences de cette rencontre, mais en lui, cœur et esprit ne cessent de se disputer. Préoccupé, il semble l’être lorsqu’il rejoint son ami. Le regard sombre, la mine pas plus souriante, il ne semble pas spécialement avoir l’envie d’en discuter.

« Partons pour Lorgol, j’ai prévenu le mage que nous y allons. Nous nous arrêterons à la tour de Lierre-Réal pour cette nuit et demain nous rechercherons d’autres personnes comme… comme nous. On m’a dit qu’un camp étrange était en train de se former à proximité de l’Académie. C’est certainement lié. »

Pourtant en cet instant, cela intéressait bien peu le duc. Il paraissait tout à coup épuisé et force était de constater que la journée avait été longue pour son corps et son esprit. Il n’était certainement pas le seul dans cet état, à observer son ami et ses yeux fatigués.

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Message Sujet: Re: Tout, tout, tout est fini entreuh nous ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 27 Mai - 21:07

Le regard reconnaissant de Denys en dit long alors que Mayeul accepte de le suivre à Edenia, mais il n’a pas besoin de reconnaissance, Mayeul. Il comprend, réellement, ce que ressent son ami. Et même s’il le met en garde, s’il le prévient de la réalité, il sait aussi que Denys n’écoutera pas réellement. A-t-il écouté, lui ? A-t-il agit avec raison, tandis que son cœur lui criait de voir sa sœur ? et qu’est-ce que ça a donné ? Un gâchis, un beau gâchis. Mayeul aimerait préserver Denys de cela, quel que soit l’auteur de la lettre mais il le sait, le duc doit aussi en passer par là. C’est à lui d’accomplir le chemin, pas à Mayeul. Il le soutient, il est là s’il veut parler mais définitivement, le voltigeur ne peut choisir à la place de son meilleur ami.

Et puis Edenia, ce n’est pas Lorgol; ce n’est pas à où se trouve la réponse de toute cette histoire. Et en un sens, Mayeul s’en retrouve soulagé. Car trouver la réponse, c’est mettre fin à cette vie, ici. Mettre fin à Mathilde. Et s’il peut retarder le moment, le Voltigeur ne va certainement pas dire non, peu importe si cette Mathilde ne veut plus lui parler. Alors, pour le bien de Denys, pour son bien à lui-même, Edenia est sans doute une étape qu’il leur faut rejoindre. Un dernier regard soulagé de Denys, et les deux amis s’engouffrent dans le portail qui mène à la capitale lagrane.

***

Le duc - pas le duc, certes, dans cette réalité - affiche un air sombre et préoccupé, mais Mayeul hésite à lui demander ce qui le tracasse. Inutile, n’est-ce pas ? C’est tellement facile à deviner ! Mayeul a bavardé avec quelques personnes, tandis qu’il attendait le retour de son ami, et les pièces du casse-tête ne sont pas difficile à assembler. Cyselle, duchesse de Lagrance. Point de Cyselle dans leur réalité. Mais lorsque Denys affiche une mine aussi fermée que celle-ci, Mayeul l’a appris, il ne sert à rien d’engager la conversation sur le sujet. Alors, il se contente d’acquiescer aux mots de son ami, se frottant les yeux pour se forcer à les garder ouverts. La journée a été longue, riche en émotions de toute sorte, et il ne dira pas non à un lit sur lequel s’écrouler. Un camp étrange. Des gens qui se remémorent, comme eux ? Ou totalement autre chose ?

Il s’en fiche, en vérité, le Voltigeur. Il a juste envie que tout s’arrête. Envie de retrouver des visages familiers, des gens qui sauront qui il est. Des gens qui lui diront qu’il n’est pas ce Voltigeur incapable de voler à nouveau, incapable de garder un lien, avec, probablement, celui qui connaît le mieux qui il est. Nuage a-t-il décelé, dans cette réalité, à quel point Mayeul ne valait pas la peine qu’on se fatigue pour lui ? Nuage, son Nuage, finira peut-être par arriver à la même conclusion. Et peut-être... peut-être qu’il n’aura pas tort.

Les yeux baissés, les dents serrées, Mayeul hoche la tête et suit Denys, jusque dans cette tour de Lierre-Réal à Lorgol. On lui montre une chambre, un lit où se reposer, mais Mayeul a beau être épuisé, il est incapable de trouver le sommeil, tant les événements de ses derniers jours tournent en boucle. Mais il sait, le Voltigeur, comme parvenir à trouver le repos.

Qui le saura, de toute façon ? Denys ? Le duc semble bien assez plongé dans ses soucis pour s’inquiéter des bêtises du Voltigeur. Mathilde ? Elle est morte, chez lui. Non, personne ne saura, alors cela ne peut pas réellement faire de mal. Et puis, la drogue au moins, Mayeul connaît. La sensation est, de loin, bien plus familière que tout ce qui l’entoure. Alors, personne ne lui reprochera de rechercher cette familiarité. Non, personne. Demain, Denys et lui rejoindront Lorgol et ce camp étrange. Mais ce soir, qu'on lui laisse goûter la sensation de maîtriser quelque peu sa vie. De savoir ce qu'il fait. Même si ce n'est rien d'autre qu'une nouvelle illusion.


RP terminé

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Message Sujet: Re: Tout, tout, tout est fini entreuh nous ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 3 Juin - 2:47


Intrigue 2.3 ♦ La Roue Brisée

Sujet clôturé

Bien joué, petits dragonnets !





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Tout, tout, tout est fini entreuh nous ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée
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