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 Comme un air de déjà vu

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Message Sujet: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyDim 14 Mai - 0:29


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Abigaïl l'embrasée &
Ayana Ailauvent

Comme un air de déjà vu



• Date : 12 Mars 1002
• Météo : Venteux
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Ayana et Abigaïl se sont donné rendez-vous à Souffleciel pour parler de ce qu'il s'est passé depuis que chacune a quitté l'académie.
• Recensement :
Code:
• [b]12 Mars 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2141-comme-un-air-de-deja-vu#64883]Comme un air de déjà vu[/url] - [i]Abigaïl l'embrasée & Ayana Ailauvent[/i]
Ayana et Abigaïl se sont donné rendez-vous à Souffleciel pour parler de ce qu'il s'est passé depuis que chacune a quitté l'académie.



Dernière édition par Ayana Ailauvent le Lun 15 Mai - 10:01, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyDim 14 Mai - 0:34


Mes doigts s'agitent au dessus du papier avec une régularité étonnante au vu de mes heures passées à m'entraîner. Peu savent à quel point l'écriture fut un exercice plus compliqué pour la petite fille que j'étais. Je me suis entraînée de nombreuses heures supplémentaires avant de pouvoir le maîtriser, et peuvent savent aussi que chaque jour, j'écris pour mon frère, sans jamais lui envoyer quoi que ce soit. J'écris pour extériorisé la rage qui m'habite, j'écris pour lui dire à quel point il me déçoit de son attitude, j'écris pour beaucoup de chose, qui n'ont rien à faire ici. Je soupire un instant alors que je relis en silence les mots inscrit sur la lettre qui se tient juste à côté de moi. Cela fait combien de temps ? Une semaine ? Deux peut-être que j'ai écris ces mots.



1 Mars 1002

Ma très chère Chevausoeur,

Voilà longtemps que je me dis que je devrais te demander de venir à Outrevent, mais je n'ose pas, je dois bien l'admettre. Je ne me souviens que trop de ton entrée fracassante qui a fait pas mal de remous et je sais parfaitement ce que cela te coûte de repenser à Outrevent et sa politique et surtout à ce que ça a faillit te coûter. J'aimerais cependant pouvoir te revoir, qu'on puisse parler du bon temps, de ces quelques années qu'on a passé ensemble à la caserne et savoir ce qu'il en est pour toi aujourd'hui.
Je sais que je demande beaucoup, mais j'aimerais savoir si cela t'intéresserais de venir me voir à Souffleciel. Je peux me déplacer si cela te dérange. J'espère en tout cas que tu répondras positivement à cette demande quelque peu égoïste de ma part, mais je dois bien admettre que je n'ai pas envie de quitter le duché en cas de besoin. Je sais que ce sera aussi ton cas, mais j'ai très envie de te revoir pour qu'on puisse de nouveau rire ensemble. Je crois que depuis que je suis revenue ici, c'est ce qui me manque le plus, pouvoir rire avec quelqu'un.
Bien à toi.

Ayana Ailauvent


Je crois bien l'avoir lu et relu plusieurs fois. Demande égoïste s'il en est une, mais pour être honnête, depuis que je suis revenue ici, je me sens de nouveau empêtrer dans cette histoire d'honneur. Pas que cela me gêne, enfin un peu quand même. Entre Abi et Maëlys, j'avais commencé à apprendre autre chose,à voir les choses d'une toute autre façon. Elles ont réussis à faire fondre un peu de cette carapace de glace, de cette attitude froide et rigide qui me caractérise. Elles ont réussis à me donner un peu de ce que je n'ai pas eu. Je n'ai pas toujours besoin d'être la meilleure à leur côté, je peux avoir mes défauts et c'est quelque chose qui me manque réellement depuis que je revenue. Mais pas seulement. J'aimerais savoir comment ça s'est passé pour elle, ces années où je n'étais pas là pour la voir. Qu'est-ce qu'il lui ait arrivée, qu'est-ce qu'elle fait aujourd'hui. Je sais bien que les lettres qu'on s'envoie donnent des nouvelles, mais il est impossible de mettre les sentiment qui vont avec et je crois que j'ai besoin de ses sentiments, dans ce duché ou rien ne semble émaner des gens mise à part l'honneur. Je ne dis pas, je suis très portée sur l'honneur, sur l'envie de faire plaisir à mes parents, et j'ai un profond respect pour mon Duc et mon Capitaine, mais je dois bien admettre que parfois, j'aimerais pouvoir avoir un peu plus de la légèreté que j'avais quand j'ai rencontré les deux tornades de ma vie.

Tu es prête où il te faut encore du temps ? L'intrusion me fait sourire et je me demande bien ce que je serais devenue sans elle. Peut-être serais-je comme mon frère, ou alors... Je ne sais pas. Je me doute bien qu'il n'a pas apprécié que je puisse mener son rêve à bien, mais la vie est ainsi faite non ? Je comprends cependant qu'il ait pu en vouloir à nos parents qui m'ont porté en triomphe, mais il ne s'est pas rendu compte de la pression sur mes petites épaules. Ce que cela me faisait vivre, chaque jour. Je secoue la tête avant de répondre à Foudre. C'est bon, je fini juste de mettre la touche final à cette lettre et je sors. Tu nous attends en dehors ? Parce que tu crois que je vais vous laissez seule ? Rêve ! Moi aussi je veux participer. Avoue qu'elle te manque à toi aussi ? Royale me manque ouais.... La sale garce quand elle s'y met celle-là je vous jure. Heureusement pour moi, nous sommes parfaitement en phase elle et moi, tout ça s'est passé comme un coup de foudre, je dois bien l'admettre. J'ai eu peur au départ que malgré tout, ça ne colle pas entre nous, j'ai tellement passé de temps à peaufiner ma façon d'être, à lisser mon visage, à toujours être la meilleure que je me suis que jamais ça ne pourrait coller avec son caractère farouchement indépendant, totalement électrique, mais au final, tout s'est passé pour le mieux. Je tempère son côté trop impulsif, elle tempère mon côté trop coincé. C'est grâce à elle que je ne vois plus les choses de la même façon. Pourquoi tu lui écris alors que tu ne vas pas lui donner ? Je soupire un instant. Foudre, le truc c'est que je ne sais pas où il est, si c'était le cas, crois-moi que je lui enverrais, mais je ne peux pas. Or, j'ai besoin d'extérioriser tout ça et écrire me le permet. Elle gronde dans ma tête. Je ne vous comprendrais jamais. Je lève les yeux au ciel, mets le dernier point et laisse sécher l'encre avant de plier la lettre et de la ranger dans la boite qui contient toutes les autres.

Je prends ensuite mon manteau, ajuste ma robe sous laquelle j'ai toujours un caleçon histoire de ne pas être ennuyé quand je chevauche et je sors tranquillement, alors que le vent fouette mon visage et tente de s'introduire dans mes vêtements. J'ai toujours été habitué à la brume d'Outrevent, et au vent d'ailleurs, mais j'aurais aimé que ce soit ce soit pas le cas aujourd'hui. Heureusement ça se calme un peu, mais bon. Je m'avance vers le lieu de rendez-vous tranquillement, Bandit sur mon épaule, il veut visiblement voir Abi lui aussi. Toute la petite clique se regroupe finalement pour voir l'une de nos petite tornades. Je souris sans que personne ne me voit et m'arrête finalement devant la boulangerie, facile à trouver, de part l'odeur et de part aussi son accessibilité. Et maintenant j'attends de la voir arriver, regardant un peu partout autour de moi.


Dernière édition par Ayana Ailauvent le Ven 19 Mai - 9:38, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyJeu 18 Mai - 10:57

Abi frissonne et resserre sa cape autour d'elle. Le vent d'Outrevent lui fouette le visage avec cette même violence que celle qui a bercé son enfance. Un sentiment contradictoire qui la plonge dans une grande perplexité. A la fois heureuse de retrouver sa terre natale et mal à l'aise, gênée, frustrée de se retrouver à nouveau dans un lieu qui a apporté plus de souffrance que de bonheur.
Outrevent.
Une contrée propice aux bourrasques violentes, aux vents cinglants, aux bises vénéneuses. Un climat qui a poussé la mort de son père. Qui attise la flamme qui brûle en elle et a participé à la destruction de sa demeure familiale. C'était un beau petit brasier. L'approbation intrusive de Royale dans son esprit lui arrache un sourire. Son visage s'illumine d'une certaine fierté.
Un beau brasier.
Tout à fait.
Son autre main serre le bout de parchemin dans la poche de son pantalon. Si ce n'est pas pour Aya, jamais Abigaïl ne serait revenue ici. Elle a l'impression de retrouver les chaînes de son passé et le goût amer de sa frustration. Les rares fois où Abigaïl revient en Outrevent, une bataille de sentiments contradictoires fait rage dans son esprit.
Nostalgie. Frustration. Mélancolie. Amour. Haine.

Souffleciel. Une ville marquée par des souvenirs. Son premier voyage en portail jusqu'à Lorgol. Et cette chevauchée furieuse et haletante, consumée par un feu ardent. C'est en Outrevent qu'elle a vu le jour. Là qu'elle a été élevée par sa famille adoptive. Là où ses pouvoirs se sont manifestés. Elle se souvient encore du feu qui l'a consumée. Des sourires moqueurs. Des rumeurs mesquines. Du dédain dans les yeux de ses parents. Tout ce qu'elle a jamais voulu c'était leur approbation. Voir l'étincelle de fierté illuminer leurs yeux. Si tu avais brûlé ma maison, j'aurais été très fière de toi tu le sais bien. Un rugissement amplifié qui paraît affronter le vent retentit dans son esprit et Abi joint son rire à la dragonne. Heureusement que Royale est là. La reine du vol de Rubis est un esprit indomptable et sauvage, d'une grande sagesse et d'un sarcasme orgueilleux qui chatouille plaisamment l'esprit d'Abigaïl. Aucune de ses pensées ne lui échappe et Abi n'a guère besoin de lui expliquer quoique ce soit. Leur lien ne cesse de se renforcer au fur et à mesure des années. Elle se souvient la première fois où Royale à effleurer son esprit. Elle a alors su que jamais elle ne pourrait se séparer de ce lien profond, qui traverse le temps et l'espace. Même à des kilomètres de là, Abi perçoit les pensées de la dragonne. Elle est son soutien et son pilier et la seule qui témoigne de sa fierté. Elle peut faire tout ce dont parents non jamais été capables. Et si, d'ordinaire, elle n'y pense pas particulièrement, revenir en Outrevent lui renvoie tout ses mauvais souvenirs. Mais si elle le fait, c'est pour Aya.

Dès le début, l'apprentie chevaucheuse l'a prise sous son aile, si l'on peut parler ainsi. Elle a été sa guide et un lien est apparue entre elle. Le genre de lien qui ne peut être brisée. Et même si elles ne sont pas du même vol, Foudre et Royale s'entendent à merveille. Quant à Titou et Bandit... Titou n'est pas un tatou très bavard. Je ne parle que quand il le faut. C'est vrai. Surtout parce que tu n'as pas grand chose à dire. J'écoute et je parle s'il le faut. Pas comme certaine qui parle pour ne rien dire.Tu veux que je te mange ?

-Bon ça suffit !

La voix d'Abi retentit dans les rues. Quelques têtes se tournent vers elle, mais la jolie rouquine les ignore royalement. Royale et Titou prennent plaisir à se mordre la queue, chacun à sa manière. Et même s'ils préfèrent se manger ladite queue plutôt que de le reconnaître, ils s'apprécient. Regardez ! Ils sont là ! Titou accélère un peu le pas alors que Abi laisse échapper un sourire. Elle reconnaît la chevelure brune de son amie, ressent la puissance de son dragon vibrer dans l'air. Les Outreventois sont pudiques et Abi n'est pas du genre à étaler ses sentiments ou à se laisser trop aller. Parfois cela lui prend, d'un coup. Le plus souvent quand elle est seule. L'émotion, néanmoins, passe par son regard et, en cet instant, un feu ardent ronronne tendrement en elle, signe évident du bonheur intense qu'elle ressent à l'idée de revoir son amie. Elles se sont envoyées des lettres et n'ont jamais rompu le contact mais cela fait depuis le diplôme d'Aya qu'elles ne se sont pas vues. Au départ de son amie de la Caserne, Abi a ressenti un manque extrême. Mais, enfin, elles se retrouvent.

-Bonjour, Ayana, salut Abi.

Elle sent Titou tendre son esprit vers Bandit pour le saluer et la voix de Royale résonne dans leur esprit à tous. Bonjour à vous, Chevaucheuses, Ayana et Foudre.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyLun 22 Mai - 21:35

J'ai toujours été quelqu'un de particulièrement patient, non pas parce que je le voulais, mais surtout parce que ma discipline l'exigeait, parce que quelqu'un de ma famille devait toujours se tenir bien comme il faut. Être trop énergique ne m'amènerait qu'à faire des erreurs, qui ne seraient pas de bonne augure pour mon futur. On me l'a répété tant et tant de fois, que les mots se sont ancrés dans ma tête, comme une plume inscrit les lettres sur le papier, comme la magie de l'illusion s'imprime dans le subconscient pour en faire une image consciente, la transformant en une réalité aveuglante. Pourtant, aujourd'hui, la patience n'est pas ma plus grande vertu, je me retrouve à piétiné d'impatience, comme une petite fille sur le point d'avoir le cadeau dont elle rêvait depuis des mois, voir des années. C'est peut-être cela au fond. J'ai toujours cru que si je me liais aux autres, rien de bon ne pourrait m'arriver, mais au fond, je me rend bien compte à quel point j'avais tord. Pour beaucoup de chose. Les filles m'ont ouverts leur univers, elles ont fait de moi quelqu'un de plus juste, de moins regardant et je le remarque enfin, dans cette ville où les sentiments semblent être bridé comme sous contrôle. Tout semble bien vide, bien sombre, comme si rien d'autre que le fait d'être guindé ne sortait de chaque personne présente. Le gris règne en maître en Outrevent. Les regards semblent vides, ternes, comme si aucune expression ne filtrait. Pourtant, je les vois, vos sentiments. Ils s'impriment sur les plis de votre peau, s'échappe par les pores et tentent de s'imprimer sur votre visage, mais personne, jamais, ne laisserait filtrer ce qu'il ressent, pas devant d'autre personne. Nous ne sommes pas le duché de l'honneur pour rien, toujours rester comme il faut en toute circonstances. Où est le naturel là-dedans ?

Ne dit pas ça, tu es naturelle toi ! Tu trouves ? Regarde-moi bien Foudre, je me suis forgée dans le besoin de faire honneur. J'ai passé les bancs de l'académie dans la peau d'une fille coincée, arrogante, qui n'en avait rien à faire des autres et qui voulaient plus que tout être meilleure que tout le monde et pour quoi ? Pour une question d'honneur, pour rattraper les bourdes d'un frère dont les rêves ont été brisés ? Qui suis-je réellement ? Elle se tait, ne dit rien, elle sait bien que j'ai raison. Je ne suis rien que le façonnement d'une famille. Certes, j'ai fais mes choix, j'ai étudié la magie, je suis devenue Chevaucheuse parce que je le voulais, plus que tout et Foudre peut en témoigner, mais je n'ai jamais été réellement moi. Il n'y a réellement que quand Abi est arrivée en fanfare en robe de marié pour être choisi par un dragon, ou quand j'ai fais la connaissance de Mae que j'ai réussis à laisser filtrer un peu de celle que je suis. Et c'est bien pour cela que je suis plus impatiente que je ne pourrais jamais l'être. Mais je ne laisse rien paraître, je suis douée pour ça. Un visage de marbre, même quand on me drague, hyper facile pour jouer les filles inaccessible et ça me permet aussi d'exercer mon don pour décrypter les visages. Je n'ai pas le temps de continuer mon introspection que Bandit investit mon esprit tout excité. Là, là, là. Un peu de tenu la belette, on s'entend plus là-dedans. Et le voilà qui s'offusque en descendant de mon épaule pour accueillir Titou. Je secoue la tête en douceur alors qu'un doux sourire ourle mes lèvres avant de disparaître rapidement. Je sais bien qu'elle ne m'en voudra pas. Et puis j'ai prévu d'aller en dehors de Souffleciel, pour éviter tout problème.

« Abi, je suis contente de te voir. »


Et elle ne se rend probablement pas compte à quel point sa présence me fait plaisir, mais je compte bien lui montrer. Royale, je suis ravie de te revoir Je sens Foudre saluer Abi avant de finalement converser avec Royale. Bandit et Titou sont déjà en grande conversation visiblement. Je hausse un sourcil.

« Je vois que tout le monde est content de se retrouver. Ça fait plaisir. »

J'adresse un rapide clin d’œil à ma Chevausoeur et l'invite à me suivre d'un coup de tête.

« J'ai prévu quelque chose en dehors. Je me suis dis que ce serait mieux si s'éloignait un peu de Souffleciel. J'ai un pique nique complet. »


Je marche en silence, retrouvant mon entrain. C'est marrant comme je me sens plus libre à chaque fois qu'elle est à côté de moi.

« Foudre nous attend dehors, on va la rejoindre et prendre le vol. j'aimerais t'emmener à mon endroit secret. Le seul endroit où mes parents ne me suivront jamais. »

Je ris intérieurement. Il serait bien en peine de me suivre si loin dans les terres. Aucun d'eux ne possède de dragon. Ça me permet de m'éloigner rapidement quand ils recommencent avec leur histoire d'honneur.

« Alors, raconte-moi. Ça s'est passé comment à l'académie après mon départ ? »


Parce que je veux tout savoir et en détail s'il te plaît. J'ai besoin de cette bouffée de bonheur que tu me procures, comme un baume qui apaise des blessures dont je n'avais jamais eu conscience avant de te connaître.


Dernière édition par Ayana Ailauvent le Jeu 25 Mai - 10:47, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyMer 24 Mai - 0:35

Abigaïl laisse ses lèvres dessiner un léger sourire. En bonne Outreventoise, la jolie mage reste pudique sur ses sentiments, tout comme son interlocutrice. Mais toutes deux n'ont guère besoin de mots pour exprimer ce qu'elles ressentent. Elles se comprennent très bien ainsi, même si elles sont loin de partager leur pensée comme elles peuvent le faire avec leur familier et dragon respectif. C'est un autre lien, différent, mais tout aussi profond et tout aussi important. Après tout, Ayana est un peu son mentor. C'est elle qui l'a aidée à trouver ses marques et qui l'a guidée au début de sa formation. Leur lien traversera le temps, car Abi verra toujours en elle une aînée. Et une amie. Chose rare dans son entourage. Abigaïl a rarement eu des amis. Elle n'en a pas eu à Souffleval, et encore moins à l'Académie. Trop occupée à se plonger dans les études, subissant la jalousie de nombreux de ses camarades, Abi n'a pas passé assez de temps à l'Académie pour se faire de véritables amis. Il n'y a que Mae, à la limite.
Titou, lui, est plus qu'heureux de retrouver Bandit. C'est leur première véritable rencontre. La dernière fois a été très rapide, les deux Chevaucheuses ayant toutes deux des obligations. Mais elles se sont toujours écrites et Titou insiste fortement pour qu'elle y joigne un petit mot de sa part pour Bandit. Jusqu'à ce que Royale décide de converser avec Foudre et bientôt les lettres sont devenues plus longue à écrire, chacun voulant y rajouter sa patte. La Chevaucheuse se souvient encore des incessantes prises de bec entre son familier et sa dragonne, devenues maintenant un véritable rituel lors de l'écriture de leurs lettres. Correspondre est devenue une épopée qui se termine, généralement, par une forte migraine. Titou est donc tout excité à l'idée de revoir un vrai son « ami » et les deux familiers sont plongés dans une telle conversation que même les pensées d'Abi ne parvienne,t pas aux oreilles de son tatou. Quant à Royale, elle piétine d'impatience à l'idée de revoir Foudre et a déjà tendu son esprit vers la dragonne. Pour un petit moment, en tout cas, Abi a son esprit rien que pour elle. Je ne suis jamais loin, petite.

Les dires d'Ayana éveille son intérêt. A la mention de Foudre, Royale laisse échapper un jet de fumée excité de ses narines. Une véritable enfant. La rouquine est reconnaissante envers Ayana pour avoir la délicatesse de faire ça à l’extérieur de Souffleciel. Déjà la ville offre un inconfort certain à leur dragonne. Beaucoup trop exigu et étroit. Ensuite, Abi se sent également oppressée dans ce genre d'endroits et préfère les grands espaces découverts. Enfin, même si Outrevent réveille en elle des sentiments contradictoires et qu'elle évite d'y retourner, les landes verdoyantes balayées par les vents lui manquent. Abi a toujours trouvé une certaine beauté simple aux paysages d'Outrevent et elle a toujours aimé sentir le vent fouetter son visage et danser dans ses cheveux. Sensation qu'elle retrouve facilement sur le dos de Royale. Survoler les paysages de son enfance la plonge plus encore dans la nostalgie et la complexité de ses émotions. Revenir ici n'est pas chose simple. Mais autant en tirer des bénéfices et profiter de cet instant avec Aya.

-Vide, répond franchement Abigaïl. Tu n'étais plus là alors ça a fait bizarre. Mais tu m'as bien aidé alors j'ai repris facilement mes marques.

Elles passent à travers les ruelles. Des Outreventois les regardent avec intérêt, les yeux écarquillés devant Royale. Fière de cette attention, la dragonne relève la tête, laissant par moment de la fumée s'échapper de ses nasaux. Plusieurs enfants commencent à les suivre, fascinés. Royale fait celle qui ne les voit pas, mais Abi ressent son contentement d'être ainsi la cible des regards. Elle finit par se retourner d'un coup et plusieurs enfants poussent des cris effrayés en courant dans tous les sens. Royale souffle un grand coup, envoyant un nuage de fumée épaisse et des applaudissements, des cris enjoués et des « hourras » retentissent d'un coup. Satisfaite, la dragonne reprend sa marche derrière Abi. Frimeuse. Royale préfère l'ignorer mais la rouquine ressent sa satisfaction. Elle laisse échapper un petit rire.

-Et puis il y avait tellement à apprendre que je n'ai pas eu le temps de penser à autre chose. Et lorsque j'ai réussi à obtenir mon diplôme, j'ai été engagée en Cibella. Puis j'ai rencontré Titou et détruit une partie d'une forêt de Cibella.

Un rugissement ponctue ses dires. Royale continue de trouver ça très comique.

-Et toi sinon, ça se passe comment ?

En discutant, elles finissent par arriver finalement aux abords de la ville et Royale s'élance d'un coup d'aile, faisant voler les cheveux d'Abi et d'Ayana, pour rejoindre Foudre plus loin. La ville n'est pas non plus le meilleur endroit pour les dragons. Il lui tarde de voir ce fameux endroit où Aya veut l'emmener.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyJeu 25 Mai - 17:15

Je me sens un peu comme à la maison. Enfin la maison de quand on était à l'académie, parce qu'en dehors de ça, la maison est un véritable enfer. Je ne montre rien alors que nous marchons pour sortir de la ville, oppressante, mais je me sens un peu soulagé de l'avoir à mes côté. Je ne sais pas comment expliquer le fait qu'elle me fait sentir vivante, là où j'avais l'impression d'être morte. Comme si ses sentiments pouvaient s'infiltrer en moi et réveillé ce qui ne l'est pas d'origine. Je me souviens avoir détesté ça au départ. J'ai pris soin d'elle parce qu'elle semblait réellement perdu en arrivant, mais quand elle m'a fait me sentir comme ça, j'avais l'impression d'être faible. On n'avait eu de cesse de me répéter que les sentiments n'étaient que faiblesse, qu'avec des gens à qui tenir ne m'apporterait rien que de la distraction et en un sens, c'était vrai. On ne m'avait cependant pas dit tout ce que ça allait m'apporter. La bouffée d'air, l'impression d'être moins acculé, moins recluse dans un coin. Je dois bien admettre que mes parents ont tout fait pour me couper de tout et que comme une idiote, je les aie écouter, pour l'honneur de mon duché... L'honneur encore et toujours. En sortant de ma bulle, j'ai remarqué qu'il était tout autant honorable d'être douée, de faire ses devoirs, d'être respectueuse, que d'être aimable et serviable avec les autres. De pouvoir leur procurer un peu du savoir qui est le vôtre. J'ai appris qu'il y avait bien plus honorable que de rester enfermé dans son petit monde et tout ça grâce à Abi et Mae.

« Oh, je ne pensais pas que ce serait si vide. Pourtant il y a du monde à l'académie. Je prenais tant de place que ça ? »

Une petite boutade pour détendre l'atmosphère. Il faut dire que j'ai ressentis un petit pincement en cœur en partant. Je n'avais pas forcément envie de les laisser seuls, mes deux tornades. Tout simplement parce que je savais que l'austérité m'attendrais, que mes parents seraient fiers, mais qu'ils compteraient une fois de plus sur moi pour faire valoir la famille. Comme si cela allait changer quoi que ce soit. Je secoue la tête un instant et reprend le fil quand finalement je remarque la populace qui darde leur regard sur nous. Ouais, j'imaginais bien qu'on allait pas passer inaperçu dans la ville. Royale n'est pas du genre à se fondre dans l'ombre que ce soit de par sa masse ou de part son caractère. Je la regarde faire avec amusement alors que Foudre impatience me bombarde la tête de ''plus vite''. Bon sang un de ces quatre, elle va le regretter. Je secoue pour chasser l'impression persistante qu'elle me vrille le cerveau et me tourne pour rire quand tout le monde s'exclame. Bon sang c'est tellement rare. Je me reprends cependant rapidement alors qu'Abi reprend la parole. Me parlant de la somme de travail ainsi que de son engagement à Cibella. J'ouvre grand les yeux quand elle mentionne avoir détruit une partie de la forêt de Cibella, rejoignant Royale dans son rire pour le coup.

« Sérieux ? T'as détruit une partie de forêt là-bas ? Mon dieu, personne ne t'as râlé dessus pour ça ? »

J'imagine bien les engueulades qu'elle a dû enduré. Mais bon, après, par moment, voilà quoi. On va dire que c'est des choses qui arrive. En tout cas, ça me fait rire pendant au moins cinq bonnes minutes avant que je ne me reprenne. Les gens n'ont pas l'habitude de me voir rire. Heureusement, Royale détourne aisément l'attention. Je reprends contenance quand la jeune femme me demande comment ça s'est passé. Alors ça... Les souvenirs remontent du jour où je suis arrivée dans le vol d'Outrevent. Rien ne s'est réellement passé comme je l'avais espéré, je dois bien l'admettre. Je secoue la tête alors que Royale fini par s'envoler pour rejoindre Foudre qui patiente mal.

« Disons que mon arrivée à Outrevent a été quelque peu mouvementé. Je ne sais pas si tu as entendu parlé de l'envoûteuse qui a essayé de prendre le duché par la ruse. Je suis arrivée à ce moment-là. J'ai bien cru qu'on allait m'envoyer balader vu que je possédais la même magie que celle qui a tenter d'usurper la couronne. »

Je grimace un instant à cette idée.

« Enfin bon, j'ai aider mon duc à se défaire de l'envoûteuse grâce à mes illusions et aie gagné son respect depuis. Maintenant je suis tranquille à la caserne. »

J'hésite à lui parler de ce don que je possède. Cela fait des années que j'hésite, mais je n'en dis rien. Moins de personne sont au courant, mieux c'est après tout. Mais Abi n'est pas comme tout le monde. Je lui ne parlerais quand on se sera éloigné.

« Je te dirais l'un de mes secrets quand on sera dehors. »

Il ne nous faut pas longtemps pour sortir et découvrir les deux dragonnes en grande discussion visiblement. Bandit s'agrippe à l'ourlet de ma robe et je me penche pour qu'il puisse monter le long de mon épaule et s'enrouler autour de mon cou, comme il le fait toujours.

« Prête. »

Je souris et monte en selle alors que Foudre s'élance d'un coup d'aile puissant. Elle n'est pas très vieille, mais possède une sacrée envergure, ainsi qu'une bonne dose d'arrogance et de sarcasme toujours bien placé. Je souris tranquillement. Je me sens tellement libre quand je vole avec elle, comme si plus rien n'avait d'importance, mise à part elle et le paysage qui défile devant mes yeux. Le vol ne dure pas longtemps, à peine une demi-heure, mais c'est assez loin pour que personne n'ait envie de nous suivre. Le vol à dragon est toujours moins rapide et toujours plus fun. On fini par atterrir sur un petit coin de terre, une forêt de pin se trouve là, protégeant les voyageur du vent. Foudre se pose et se décale pour laisser Royale atterrir.

« Et voilà. »

Je souris comme une gosse. Une clairière au milieu de tous ses pins. L'odeur de la sève est omniprésente mais pas écœurante et l'endroit est calme, tranquille. Sur le sol, il y a une nappe de pique-nique avec un panier en osier dans lequel trône toute la cuisine que j'ai fais ces derniers jours. Je ne suis pas mécontente que ma mère m'ait appris ça aussi.

« J'espère que tu as faim. J'ai fais plein de truc, je voulais te faire goûter des tas de petits trucs, donc y'en a une tonne. J'espère aussi que l'endroit te plaît. »

Je souris en attendant qu'elle s'installe et me dise ce qu'elle en pense. Ici, je peux laisser tomber le masque et être moi-même, enfin !
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyMar 6 Juin - 11:26

Discuter avec Aya lui allège peu à peu l'esprit, laissant derrière elle l'oppression que lui procure le fait de se retrouver ici. Elle sourit à sa réplique. Évidemment, elle a pris beaucoup de place lors de leur apprentissage et ne plus l'avoir en tant que Cadet lui a beaucoup manqué. Mais elle finit par joindre son rire au sien et à celui de Royale.

-Oh si ! J'ai eu une mise à pied, des avertissements etc. Mais bon, je chevauche une reine tu vois. Ca joue en ma faveur.

Elle termine sa phrase par un clin d’œil. Elle l'a dit, lorsque l'incident s'est produit. Elle a dit que dans les années à venir, ce ne sera qu'une poussière parmi l'infinité de la terre. Un petit soucis oublié par la suite au vue de ses exploits. Maintenant Abi est reconnue par tous, et est surnommée « Le Phénix » par ses compatriotes. Une personne aussi douée et minutieuse qu'elle, ne commet pas d'impairs. Seulement quelques-uns. Très rarement. Qui sont oubliés facilement devant ses réussites. Aucune Caserne ne se débarrassera de Royale et elle.
Les dires de Ayana lui arrachent un hochement de tête. Elle a entendu parler de cette histoire d'envoûteuse. Abi se tient tout de même au courant des faits et gestes de son duché natal. Signe qu'elle n'a peut-être pas autant tourné la page que ce qu'elle veut le croire. En tout cas, l'incident à été relaté lors de la formation. Ayana a aidé à l'arrestation de l'illusionniste traîtresse et l’événement a été cité en exemple.

-On nous a prévenu, à la formation. C'était très héroïque de ta part. Et très... toi.

Ca ne l'étonne pas. Aya a toujours été très douée dans son domaine. Une cadette exemplaire, loyale et fidèle, sur qui l'on peut se reposer en confiance. Rien d'étonnant à ce qu'elle soit autant respectée par la suite et citée comme modèle de loyauté.
Elles finissent par atteindre les limites de Souffleciel où elles retrouvent Foudre et Royale plongées dans une grande discussion de retrouvailles. Les deux dragonnes ne sont pas du même vol et dans la hiérarchie, Royale a toujours été supérieure, mais elles s'entendent bien. Elles ont un tempérament sensiblement similaire, même si Royale reste moins exubérante. En tant que reine, certaines choses ne peuvent être faite et son importance lui confère une certaine gravité. Même si Abi la connaît plus libérée dans l’intimité. Sûrement une autre raison pour laquelle sa dragonne l'a choisi. En face d'elle, Abigaïl incline respectueusement la tête vers Foudre, en guise de bonjour. Elle tourne un regard étonnée à Ayana. Un secret ? Quel genre de secret ? Elle va te montrer l'endroit où elle dissimule ses écailles affriolantes.

-Royale ! s'indigne Abi, mi-gênée, mi amusée.  

La dragonne pouffe. Heureusement que Ayana n'a pas entendu, sinon Abigaïl serait sûrement morte de honte. Elle dissimule la gêne en empoignant Titou par sa carapce et le hissant sur Royale. Je dois encore me trimbaler ton bouclier rampant ? Elle vole tellement mal que j'ai le mal de l'air... tu aurais pu en prendre un plus stable. Je te signale que je suis arrivée avant toi. Et alors ? C'est MOI le familier ici ? Soupirant, Abiagïl ne prend même pas la peine de répondre. Elle serre Titou avec une corde pour qu'il reste bien en place et se met à l'aise pour voler alors que la dispute continue de se poursuivre dans son esprit. Le décollage a au moins le mérite de les faire taire, Royale concentrée sur sa tâche et Titou concentrée sur son estomac fragile. Si les tatous étaient fait pour voler, ça se serait. Royale se contente de ricaner et enchaîne avec une petite pirouette. Mais fait quelque chose ! Ou je lui renvoie dessus ! Tu salis mes écailles et je te jure que je te mange ! Bon ca suffit tous les deux ! Titou, c'est bientôt fini. Royale, arrêtes avec tes pirouettes, tu sais bien qu'il ne les supporte pas. Je ne savais pas que tu avais adopté Sa Seigneurerie Titou, le roi des tatous par-dessus le marché. Titou s'apprête à répondre mais un regard d'Abigaïl l'en dissuade. Elle sait qu'à ce jeu là, Royale fera toujours en sorte d'avoir le dernier mot et la discussion promet d'être interminable. C'est surtout que j'ai toujours raison. C'est bien de se faire des idées. Poussant un nouveau soupir, Abi préfère rendre les armes et la suite du vol se passe dans une dispute habituelle entre son dragon et son familier. Dispute qui se termine uniquement lorsque Royale descend en piquer pour rejoindre Foudre qui vient d'atterrir. Abi détache Titou, le repose par terre en lui caressant affectueusement la tête. Son regard parcourt les environs. Ayana l'a conduite dans une petite clairière bordée de pins à l'odeur épinée. Un endroit agréable qui le protège des célèbres vents d'Outrevent. L'endroit est agréable et lui rappelle un peu Cibella.

-C'est magnifique, s'extasie-t-elle.

Elle respire une bonne goulée d'air frais. L'endroit est agréable et reposant, le lieu idéal pour improviser un petit pique-nique.

-C'est parfait, Aya. Tu penses à tout, comme toujours.

Titou a retrouvé Bandit, Royale converse de nouveau avec Foudre et Abi s'assoit tranquillement sur l'herbe. Le temps semble s'être arrêté et avec tout ce qu'il se passe en ce moment, c'est une sensation vraiment agréable. Le travail et la guerre viendront plus tard. Pour le moment, l'heure est à la détente et Abi est heureuse de pouvoir l'oublier.

-C'est toi qui a cuisiné tout ça ?

Elle peut lui décerner une médaille. Car Abi est loin de pouvoir faire pareil.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyMar 13 Juin - 10:51

Tout semble tellement facile pour elle, je l’envie parfois, de ne plus se sentir oppressé par ce devoir qui me pèse sur les épaules. Par l’envie de toujours faire ce qui est bien et de ne jamais rien montré parce que c’est ce qui est juste. Je l’envie d’avoir su prendre les bonnes décisions au bon moment. Je ne regrette pas d’être en Outrevent. J’aime le duché, j’aime ce vent qui ne cesse de tourbillonner autour de moi tout le temps et qui nous porte avec Foudre. J’aime mon duc aussi, qui est quelqu’un de bien et pour lequel je donnerais ma vie. Mon capitaine est tout aussi génial. Mais je rêverais d’un peu moins de rigidité. D’un peu moins d’honneur et d’un peu plus de sentiments. Oui, j’en rêverais, mais cela ne restera que ça … Un rêve. Je ne suis pas faite pour les sentiments, pas plus pour autre chose que pour être à Outrevent. Il n’y a qu’à voir mes parents qui dés mon retour ont entrepris de voir pour me marier… Me marier alors que la guerre fait rage à nos portes et qu’on ne sait même pas ce qu’il va se passer. Comment peuvent-ils penser à cela ? Je dois avant tout penser à la sécurité des autres. Je suis Chevaucheuse, j’ai des devoirs désormais. Je secoue la tête et souris à sa remarque.

« Effectivement, ça doit aider pas mal. »

Je réponds à son clin d’œil par un autre et nous prenons la route pour l’endroit tenu secret qui me permet de m’évader. Je dois bien avouer que je peux remercier Foudre pour ça. Sans elle, je n’aurais pas pu aller loin. On est une équipe de toute façon. Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça. Un sourire étire mes lèvres à ses paroles. Qui aurait cru que tout cela tournerait aussi bien et que malgré toute la pression que je me suis mise, je rencontrerais une dragonne pareil. Et un familier aussi cool. N’oublie pas le familier. Le rire mental de Foudre me percute alors que Bandit s’insurge du fait qu’elle ne le pense pas assez bien pour Aya. Ces deux-là. Je crois que je ne sais pas qui je serais sans eux. Une fois atterrit, je laisse le temps à Abi de regarder autour d’elle. Je trouve cet endroit sublime. On peut y sentir la rudesse du vent d’Outrevent et en même temps profiter d’un moment de répit de ses rafales. Il y a tellement de chose à voir, à sentir, à ressentir, que je me sens toujours dans un état second. Un sourire sur les lèvres et je la remercie pour son compliment, même si je ne suis pas certaine de toujours penser à tout, mais c’est agréable d’entendre autre chose que le célèbre "Fais nous honneur" de mes parents. Même le temps ne pourrait pas les arrêter de me dire ce genre de chose. Un soupir s’échappe de mes lèvres et je m’assois tranquillement sur le tissu.

« Oui, ma mère m’a au moins appris ça. Tu sais, faire honneur ne signifie pas faire les choses comme il faut sans déroger d’un millimètre chez moi. C’est aussi savoir faire la cuisine, le ménage, coudre etc. Pour ne jamais laisser qui que ce soit d’autre le faire à ta place. Sans compter que bon, je suis bonne à marier maintenant, donc ma mère espère sincèrement que bientôt je prendrais un époux et que je fonderais une famille. »

Espoir bien illusoire. Même s’il n’y avait pas la guerre, je doute fortement que qui ce soit s’intéresse à moi. Il n’y a qu’à voir mon côté rigide et puis mon don pour décrypter les visages. Je ne suis pas certaine que ce genre de chose plaisent. Et puis pour être honnête, je n’y pense pas le moins du monde. Je suis toujours entre deux eaux, toujours à penser à autre chose. Je crois que je ne suis pas faites pour cela. Enfin bref, ce n’est pas très grave au fond, cela n’a pas d’importance. Vivre seule n’est pas une tare, et puis je ne suis pas seule. C’est bien vrai. Oh que non jamais. Pour une fois qu’ils étaient d’accord tout les deux, ça me laissait sans voix pour le coup. Je secoue la tête un instant et reprends le cours du temps qui se déroule devant moi.

« J’espère que tout te plaira. Enfin tu as l’habitude de la cuisine Outreventoise, mais ma mère a des goûts particulier et il semble que j’ai les mêmes goûts en matière de mélange et j’adore utiliser des herbes aromatiques de toute sorte. »

Je souris doucement, oubliant la guerre un instant, oubliant la famille que je n’aurais probablement jamais, oubliant tout le reste. Seul restait mon amie.

« Je suis contente qu’on puisse se voir. Cela me semble une éternité depuis, et malgré les lettres, j’ai toujours eu l’impression de manquer de quelque chose. Que j’ai retrouvé en te voyant. C’est agréable de pouvoir être moi, sans aucune restriction. »

Et surtout sans cette obligation d’honneur.

« Et sinon, tu as trouvé des Cibellan à ton goût ? Comment ça se passe là-bas? Est-ce que tu as beaucoup de chose à faire ? Le vent d’Outrevent ne te manque pas de trop ? Comment est le temps ? Je veux tout savoir. »
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyJeu 15 Juin - 12:38

Encore ces histoires d'honneur outreventois. C'est tellement... Ridicule, oui, je confirme. La jeune Chevaucheuse sourit discrètement. Même plongée dans une conversation avec Foudre, Royale n'est jamais bien loin. Imaginer Ayana s'emprisonner avec un... époux. Ça lui renvoie aussitôt sa propre condition. Cette fois mémorable où elle a failli mourir. Mourir en se mariant. Jusqu'à ce qu'elle pète les plombs et s'enfuit pour aller passer les auditions d'entrée dans l'apprentissage des Chevaucheurs.

-Personnellement, la dernière fois qu'on a voulu me marier, cela ne s'est pas bien fini.

Elle n'a jamais revu ce Flavien, mais il répand des rumeurs néfastes dans toute la contrée. Si jamais elle le recroise, elle le tuera, ce vil menteur. Il porte atteinte à son honneur et à sa dignité. Et elle a toujours eu horreur des gens qui colportent des ragots en tout genre.

-Je ne t'imagine pas mariée, reprend-t-elle, pensive. Personne n'est vraiment digne de toi. Hormis peut-être ton capitaine...

Elle laisse échapper le sous-entendu avec un petit sourire en coin. C'est juste une petite pique, pour s'amuser. Elle sait à quel point Aya respecte son capitaine de Vol. Elle le connaît bien, d'ailleurs. Enfin, Royale connaît surtout son dragon... Elle sent la désapprobation de la dragonne, même si son esprit s'est tendu vers elle à la pensée de Braise. Elle est aux aguets. Braise... son prétendant... N'importe quoi ! La voix indignée de Royale surgit dans son esprit, lui soutirant un petit rire moqueur. Quand est-ce que j'assiste à votre mariage à vous ? Les dragons ne se marient pas ! Et les reines ne traînent pas avec n'importe qui. Mais oui bien sûr. Offusquée, Royale la chasse en pensée et lui ferme son esprit pour se concentrer sur Foudre. Titou ricane et Abi sourit tendrement. Elle se penche de nouveau sur les nombreux plats disposés sur la nappe.

-En tout cas, cet endroit est magnifique et tout ça à l'air délicieux. J'ai même faim.

La jolie rousse n'est pas une grande mangeuse. Le plus souvent, elle grignote entre deux vols, mange à la cantine de la Caserne ou ne mange pas du tout. Mais le repas qui s'étale aujourd'hui devant elle, lui éveille l'appétit. Et, surtout, cela fait des années qu'elle n'a pas goûté à la cuisine outreventoise. Cuisine qui a bercé son enfance et qu'elle apprécie beaucoup. C'est l'une des rares choses, avec les vents et les plaines, qui lui manque ici. Pour le reste, Cibella prédomine. Et, surtout, ils ont de jolies forêts qui brûlent bien.
Elle finit par piocher une part et commence à manger, rosissant légèrement sous les compliments de son amie. C'est vrai que cela fait très longtemps qu'elle n'a pas vu l'Outreventoise. Elles s'envoient régulièrement des lettres mais avec leur travail respectif, elles n'ont guère le temps de se voir. La dernière question est tellement surprenante qu'une quinte de toux l'empêche d'y répondre immédiatement. Elle a avalé de travers. C'est au tour de Royale de ricaner, heureuse de savoir que le Destin sait renvoyer la charrette.

-Ci... cibellan ? répète-t-elle d'un air hagard. Jamais.

Le mot tranche dans la brise. Non jamais elle ne prendra époux. Il n'y a rien de plus emprisonnant que le mariage. S'enfermer dans un couple, avec des responsabilités. Et Abi est née sous Idril, qui la protège des maux, qui purifie son âme au quotidien.

-Ca fait beaucoup de choses à savoir tout ça, rit-elle après avoir bu une petite gorgée. Je ne compte pas trouver de Cibellan à mon goût, je ne compte trouver personne. Ensuite, Outrevent ne me manque pas plus que ça, en dehors de son vent et de sa nourriture. Je comble le manque aujourd'hui. J'adore Cibella tu sais. C'est verdoyant, beau, regorgeant de magie. Je sens tout mon être vibrer en harmonie avec elle. Dame Gaëtane est une duchesse intelligente et réfléchie. Je suis appréciée là-bas et des tâches de hautes responsabilités me sont conférées. Bref, j'y mène ma petite vie et je sus très bien là-bas. Et avec la guerre, j'ai encore plu de travail, surtout à la frontière. Déjà quelques voltigeurs ont fini rôti par les flammes de Royale.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyDim 18 Juin - 11:57

Je savais bien que mentionné cette envie de mariage de ma mère n'était pas l'idée du siècle. Je me souviens encore nettement de son arrivée à la caserne avec cette robe à moitié calciné. Je crois que je me suis demandé qui avait autant de cran pour tout laisser tomber derrière elle et surtout un ordre de ses parents. Pas que je ne défis pas mes parents, au fond, je le fais depuis que j'ai décidé de rester à l'académie l'année de mes treize ans. Mais j'ai été élevé avec le besoin constant de faire honneur, c'est quelque chose qui reste profondément ancré en moi. Oui, je dois vivre, je dois prendre des décisions, mais toujours en pensant à ne rien faire qui pourrait entacher l'honneur de la famille. Parfois, j'ai envie de demander mon affectation à Lorgol, histoire de dégager mes parents et de leur dire merde une bonne fois pour toute. Mais j'aime mon Duc, c'est quelqu'un sur qui on peut compter et puis mon Capitaine est quelqu'un de bien aussi. Il me fait confiance et pour la première fois de ma vie, j'ai l'impression d'avoir réellement une place. Qui serais-je pour remettre cela en question et chercher plus que je n'ai ? Je souris doucement quand elle me dit ne pas m'imaginer mariée et je m'étouffe carrément quand elle parle de mon Capitaine. Hey Aya ça va ? La voix inquiète de Foudre s'insinue dans mon esprit. Toujours connecté malgré les discussions parallèles hein. Je me sens rassurée. Oui, t'en fais pas Foudre, ça va.

« Mon dieu, laissons mon Capitaine en dehors de cette histoire s'il te plaît. C'est vrai qu'il est sexy et intelligent, mais il me semble qu'il va faire sa demande en mariage dans peu de temps, ou alors qu'il l'a déjà faite. De plus, je ne suis qu'une simple roturière Abi. Je ne peux prétendre intéressé quelqu'un d'une classe supérieure à la mienne. »


Et de toute façon je doute que Lionel s'intéresse à moi dans ce sens-là. Je suis douée dans mon boulot et lui suis utile depuis qu'il a découvert ma capacité à lire les micro-expressions sur les visages, mais en dehors de ça, il n'y a rien d'autre et c'est probablement tout aussi bien ainsi. Je secoue ma tête histoire de rafraîchir mes neurones. Mon dieu, en une phrase elle vient de me perturber avec des idées totalement idiote et contrairement à ce foutu honneur Outreventois.

« Contente que ça te plaise. Je me suis dis que ce serait bien de profiter d'Outrevent sans trop de vent et surtout dans un endroit où peu nous suivrons. »

Parce qu'ici, personne ne s'aventurerait à venir. La corniche est trop haute et c'est bien pour cela que j'aime cet endroit. Quand j'en ai assez que ma mère me gonfle avec toutes ces conneries, j'embarque Bandit et je chevauche Foudre jusqu'ici. On se pose tranquillement tous les trois, moi sur le ventre de ma dragonne, Bandit enroulé sur le mien et nous profitons de ces simples moment qui sont réellement agréable. Je me sens toujours revivre quand je viens ici, une bouffée d'air dans cette guerre qui ne tardera pas à exploser. Un sourire se pose sur mes lèvres et je lui tends couteau, fourchette et serviette avec une assiette.

« Je t'en pris, sers-toi. Je ne sais pas si tu as beaucoup le temps de manger, mais ces derniers, je ne mange quasiment rien. Une pause dîner ne serait pas du luxe. »

Pas que je n'ai pas réellement le temps, mais la faim semble m'avoir quitté, comme si quelque chose n'allait pas. Comme si quelque arrivait sans que je ne comprenne quoi et que ça me coupait l’appétit. Peut-être que je devrais arrêter de m'en faire. Mais depuis la disparition de mon frère, on ne peut pas dire que mes journées soient agréable. Je me prends trop souvent la tête il paraît. Je secoue une nouvelle fois ma tête pour éviter de penser à tout ça. Ce n'est pas le moment alors, pour détourner mes pensées, je parle des Cibellans et sa réaction ne se fait pas attendre. Je me sens un peu triste qu'elle ne veuille pas trouver autre chose que le combat, mais il s'agit de son choix. J'aimerais tellement qu'une de mes amies puissent vivre à ma place, c'est peut-être ça le problème. J'attends qu'elles vivent quelque chose et je le vis par procuration en leur souhaitant tout le bonheur que je peux. Peut-être serait-il temps de vivre pour moi au lieu de vivre pour les autres, par les autres. Je n'en sais rien. Je l'écoute répondre à toutes mes questions et je souris doucement.

« Ces Voltigeurs. À croire qu'ils espèrent réellement nous mettre à terre. »

Un vague sourire et j'entends Foudre rugir en pensant à en rôtir quelqu'un aussi. Pas encore pour nous, même si nous avons des trucs à faire.

« Eh bien tu as une vie bien rempli dit donc. Enfin tu me diras, c'est pareil ici au fond. Avec la guerre, l'impression que nous marchons tous sur des braises ardentes et tout ce qu'il faut faire pour complaire tout le monde. On ne manque pas de boulot. Je me demande si tout va exploser de nouveau, si nous serons bientôt amené à s'écorcher une nouvelle fois. Je me demande bien ce qu'il va nous arriver au fond, tout semble tellement très précaire ces derniers temps. Une fragilité qui n'est en rien étrangère et bien trop familière. Le problème n'est pas de se demander si ça va exploser, mais plutôt quand. Tu feras bien attention hein ? Je n'aimerais pas devoir assister à tes funérailles. »

Je tourne mon regard vers elle. Ce visage que je connais, que j'ai décortiqué très souvent pour la faire parler, pour la comprendre au delà des mots qui sortaient de sa bouche. Je n'ai pas envie qu'il lui arrive quoi que ce soit et je me sens inquiète de notre futur. Je sais que de toute façon nous pourrions mourir, être capturé, emprisonné pour faire plier nos duchés. Mais personnellement, ma vie n'est rien en comparaison de toute celle qui sont à Outrevent et je donnerais volontiers ma vie pour protéger celle des autres, j'imagine que c'est la même chose pour tous les autres chevaucheurs. Un instant mon visage semble fatigué, triste et esseulé et l'instant d'après le masque est de nouveau en place. Il n'y paraît plus rien, plus rien à part l'envie de passer du temps avec Abi.

« Alors on commence par quoi ? La tourte ? Ou alors la salade de pomme de terre ? Ou autre chose ? Il y a tout ce que tu désires.... »

Je passe ma main dans mes cheveux.

« ...Enfin presque tout. »

Je souris avec douceur et gaieté.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyDim 2 Juil - 22:17

Les plats sont bons, un délice dans sa bouche. L'eau est fraîche et pure, comme l'air d'Outrevent. Rien n'entache cette belle journée, au goût sucré et amer de nostalgie et de mélancolie. Un beau moment que Abigaïl savoure avec un réel plaisir. La réaction de son amie à sa taquinerie lui arrache un petit rire cristallin. Cela fait longtemps qu'elle n'a passé un aussi bon moment, loin des responsabilités de son duché et des combats qui font maintenant partis du quotidien de la frontière de Cibella, prise au piège avec celle d'Erebor. Elle approuve néanmoins sa réponse avec un hochement de tête. Elle a dit ça pour plaisanter mais Abi est très au fait du gouffre qui sépare les nobles des roturiers. Ce n'est guère une question de richesse, mais une question de naissance. Que ce soit Aya ou elle, elles ne sont pas nées nobles, sont d'une naissance plus basse et ne peuvent donc pas aspirer à un mariage de noblesse. De toute façon, Abi ne cherche pas à se marier. Et si elle doit se marier, cela ne sera certes pas avec un noble. La vie étriquée d'un noble est beaucoup de chose, mais certainement pas une vie libre. C'est une vie empoisonnée par les hypocrisies de la Cour, par des subtiles manipulations du langage, par des faux sourires qui sont trop irréels pour la franchise et l'honnêteté naturelle de l'Outreventoise. De plus, Abi serait prisonnière par les contraintes imposées par son rang et s'il y a bien une chose que la Chevaucheuse défend corps et âme, c'est sa liberté. Et sa liberté, c'est ça. Chevaucher Royale, reine des cieux, puis manger tranquillement là où personne, pas même les nobles, ne va pour profiter d'un pique nique avec une amie de longue date.

-Moi non plus, approuve Abi en mordant dans une part de tarte. Je n'ai guère le temps de manger, trop de choses à faire.

Et l'appétit n'est pas non plus très présente. Abi est quelqu'un qui a toujours très peu mangé. L'initiative d'Aya est excellente et son premier vrai repas depuis des jours est donc accueillie avec plaisir. Les paroles de son amie font échos à ce qu'elle ressent également. Elle a l'impression de tenir en équilibre au bord d'une falaise. La question n'est pas de savoir si elle va vraiment finir par tomber, mais plutôt quand ? Quand le vent hargneux d'Outrevent se lèvera tellement fort qu'elle basculera dans le vide ? Ou quand perdra-t-elle véritablement l'équilibre pour sombrer dans un gouffre sans fin. Je te rattraperai toujours petite, tu le sais. Abi sourit tendrement. Elle ne doute pas des propos de Royale. Toujours là, à côté si besoin. Jamais très loin.

-T'inquiètes pas, celui qui me fera tomber de Royale n'est pas encore née, rit-elle.

Royale ponctue par un rugissement qui fait frémir le feuillage des arbres. Satisfaite de son effet, elle replonge dans sa conversation avec Foudre.

-Pour ma part, j'ai déjà entamé ta tourte qui est excellente, pouffe Abi en montrant son assiette. Désolée, mais elle m'a fait de l'oeil, j'ai pas pu résister, l'amie. Je veux bien enchaîner avec la salade de pommes de terre. Et ce que tu as fait est impressionnant et amplement suffisant. Merci beaucoup, Aya. Je suis heureuse de partager ce moment avec toi.

La jolie rousse enchaîne avec un sourire et mord une nouvelle fois dans sa tourte savoureuse. Elle la connaît bien, son amie parfaitement Outreventoise. Elle porte les valeurs de son duché, contrairement à Abi qui les réfute pleinement. A force de vivre en Cibella, Abi commence à en ressentir les effets. Mais elle se plaît à penser qu'elle s'est forgée une personnalité unique qui n'est rattachée à aucun duché. Ou qui condense les valeurs de plusieurs d'entre eux. Entre Lorgol, l'Académie, Outrevent et Cibella, Abi a eu le temps de former une personnalité enflammée et très forte. Mais qui, par moment, conduit à des situations plutôt inconfortables. Mais après tout, Abi sait mieux que personne quel effet ça fait de jouer avec le feu.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyDim 16 Juil - 12:10

Je me sens assez détendue pour être totalement moi. Pas celle qui se cache de tout, mais plutôt celle qui espère que rien ne se remarque. Je sais bien que généralement le maillage de ma froideur se craque quand je suis avec Abi. C'est comme un besoin irrépressible de lui montrer que je ne suis pas la fille froide que tout le monde peut voir. Comme si je me justifiais de celle que j'étais. Elle le sait bien de toute façon, elle est l'une des rare à m'avoir réellement vu, à me connaître mieux que personne, même s'il reste des zones d'ombres qu'elle ne connaît pas. Comme mon don particulier qui n'est pas tout à fait un don, mais plus une mécanique, une habitude. Je laisse cependant passer cela. Notre rencontre n'est que cela, une rencontre et même si ça me déplaît de lui cacher des choses, il y a des trucs que j'aime garder pour moi, notamment ça. Je ne sais pas pourquoi, mais parfois, j'ai surtout l'impression qu'il s'agit d'une tare et je me refuse à la faire partager. Pourtant, mon Capitaine est au courant et ça se passe plutôt bien. Mais entre lui et les autres, c'est compliqué, j'ai encore pas mal de mal à faire confiance entièrement. Si elle pouvait entendre mes pensées, je pense que je la blesserais, mais j'imagine qu'elle ne me dit pas tout non plus de toute façon. Nous avons tous nos petits trucs et j'imagine qu'elle en possède autant que moi. Je secoue la tête et sourit doucement à sa réplique, ce n'est pas le moment de penser à cela. Advienne que pourra.

« Trop de chose à faire est un euphémisme. J'ai l'impression de ne pas être capable de faire autre chose en fait. À croire que chacun croule sous les responsabilités et les ordres. Parfois je me demande si on essaye pas de nous tuer. »

Je souris, parce qu'au fond, je n'en pense pas un mot. De toute façon si quelque tente de te tuer, il aura affaire à moi. La voix de Foudre est un vent frais dans ma tête et fais naître un sourire sur mes lèvres. Qu'est-ce que je ferais sans toi hein. Un sourire, mais au fond de moi, je sais ce que je ferais sans elle. Rien... Elle est une partie intégrante de ma vie, une partie dont je n'avais pas conscience de l'absence, mais je m'en rend compte aujourd'hui, je me rend compte de ce qu'il m'a manqué et la perdre n'est pas envisageable. Je crois que j'aurais un mal fou à vivre sans elle, comme si je perdais une partie de moi. T'en fais pas gamine, j'ai pas prévu de m'en aller de toute façon. Je gronde doucement mais sourit quand même. Je ne suis pas une gamine ! Une discussion que nous avons souvent ces derniers temps. Surtout alors que la paix est plus que précaire et que nous ne savons pas ce qu'il va nous arriver. Je soupire un instant, mais même si je sais être forte, même si je sais me débrouiller bien mieux que je ne l'espérais, je ne pense pas que la peur de perdre Foudre disparaisse aussi facilement que quand on passe un coup de serpillière.

« J'imagine et la même pour moi avec Foudre. Cependant, je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter. Tu me connais assez maintenant pour savoir comment je fonctionne. »

Derrière l'apparence de glace, se cache un cœur gonfler d'émotion mais je n'en laisse rien paraître. Pas seulement parce que cela constitue une barrière des plus intéressante, mais aussi et surtout parce que j'ai été habitué ainsi et puis j'ai toujours du mal à laisser les gens m'approcher. Abi le sait ça aussi. Il m'a fallut un certains temps avant de m'ouvrir, avant de montrer le vrai moi. Je secoue la tête une nouvelle fois et sourit encore plus à sa remarque.

« Ne t'excuse pas de manger, je t'avouerais que j'ai le ventre qui grouille d'impatience à l'idée de manger là. »

Je me sers une petite part de tourte avec un peu de salade histoire de tout manger en même temps, comme ça c'est moins contraignant. Je commence à manger tranquillement alors que Foudre me prévient qu'elle va chasser son dîner. Très bien va le chasser. Bandit arrive près du panier et choppe quelques fruits que j'ai emmené pour lui.

« Je ne savais pas ce que mangeais ton familier, alors j'ai apporté un peu de tout. »


Je sors le fromage, les graines, les morceaux de viandes, les fruits et tout le reste.

« Tu peux lui dire de se servir. Et moi aussi je suis heureuse de pouvoir partager ça avec toi. »

Parce qu'à la caserne, je n'ai que des collègues et pas d'amis. Pas tant de leur faute, mais plutôt de la mienne. Depuis que je suis arrivée et que j'ai participé à aidé Liam à reconquérir le duché, je n'arrive pas à me fier à ceux d'Outrevent. Je devrais pourtant, mon Duc m'a fait confiance quand je suis arrivée, alors que j'avais les mêmes dons que sa détractrice. Mais au fond, je n'arrive pas à faire tomber toutes les barrières, c'est comme si quelque chose m'en empêchait et m'en empêche encore.

« Et toi alors, ça fait quoi de revenir à Outrevent ? J'imagine que les souvenirs sont revenus à flot non ? J'aurais aimé me déplacer, mais j'ai ordre de ne pas quitter Outrevent pour l'instant. »


Parfois j'aimerais pouvoir me déplacer comme j'en ai envie. Mais au fond, ça ne me dérange pas, j'ai pris l'habitude de recevoir des ordres, pourtant...

« Quand j'aurais de nouveau le droit de sortir d'Outrevent, je viens te rendre visite en Cibella, qu'est-ce que tu en dis ? »

Je souris doucement. Ça nous fera un voyage et j'entends ma dragonne rugir son approbation dans ma tête. Je me sens de nouveau joyeuse à la revoir, avec l'envie de toujours faire plein de truc avec elle.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyJeu 27 Juil - 22:01

Evidemment, Aya est tout de même soucieuse de son ressenti. Si Abi apprécie le contact de l'Outreventoise et retrouve avec plaisir les souffles forts du vent qui martèlent leurs collines verdoyantes, elle ne peut pas en dire autant de la personnalité de ses habitants. Revenir ici lui procure des sentiments contradictoires et c'est un peu à parce qu'elle se sent perdue, que Abi met un temps avant de répondre à son amie. Si elle doit parler pour aujourd'hui, la Chevaucheuse est plutôt contente d'être revenue ici. Mais elle n'a discuté avec aucun Outreventois, a passé un bref moment en ville et s'est ensuite envolé vers un endroit isolé, bien trop impraticable pour quiconque ne possédant pas de dragons. Et ici, suspendue au-dessous de tout, à savourer un bon repas en contemplant la mer verdoyante qui s'étale sous leurs yeux, il est difficile d'imaginer les batailles féroces de la frontière. Vu ainsi, Outrevent est trompeur. Trop vite on se fie à cette sensation de quiétude et de sérénité, on tombe amoureux des collines sauvages. Puis le vent se lève. Il balaye, frappe, pousse parfois dans les bras de Sithis. On lutte alors. Durement, parce que le vent peut se révéler vraiment fort. Abi sait ce qui risque de se passer si elle se laisse bercer par les illusions de son pays natal. Elle va penser que tout à changé. Puis se prendre une claque en pleine figure lorsqu'elle se retrouvera de nouveau confrontée à ces histoires d'honneurs, si chères au cœur des Outreventois. Et la jolie rousse n'a pas envie de retomber dedans. Elle a déjà donné, par le passé. Elle refuse de s'y emmêler de nouveau. La dernière fois, elle a failli y laisser sa vertu. Elle a failli abandonner le cadeau si précieux qu'Idril lui a fait le jour de sa naissance et que sa déesse natale n'a jamais cessé de protéger. Abigaïl offre donc un sourire un peu nostalgique à son amie.

-Ca fait étrange, Aya. Je peux juste dire que je suis contente de plus y vivre.

Elle ne s'attarde pas plus et son souffle se meurt, balayé par la brise. Au fond d'elle, Abi ressent cette tristesse. Une tristesse mélancolique. C'est triste de ne pas aimer son pays. Ça l'est plus encore de ne pas être aimé par lui. Au final, c'est là qu'est née, là où ses parents l'ont conçu, où sa mère lui a offert la vie. Et pourtant Outrevent l'a rejeté. Il lui a fait comprendre qu'elle n'est pas une fille du duché. Alors c'est un peu triste. Mais c'est un sentiment que la Chevaucheuse garde tout au fond de son cœur et n'ouvre que lorsque ce moment arrive. La plupart du temps, elle n'y pense pas.

-Titou va manger des fruits. Il te remercie, sourit Abigaïl en changeant de sujet. Bon, je t'avoue qu'il est plus friand d'insectes mais comme tu n'as pas de scarabées dans un de tes bols, il va se contenter de fruits, ajoute-t-elle d'un ton malicieux.

Elle adresse un clin d’œil à son familier qui lui lance un regard profond en se servant d'un fruit.

-Ce sera avec plaisir que je t'accueillerai à La Volte, confie Abigaïl avec un doux sourire. Tu verras à quel point ce duché est magnifique. Il vibre de magie, c'est un peu comme à l'Académie. Une sensation merveilleuse.

L'estomac bien remplit, Abi pousse un long soupir, place ses deux mains en arrière sur le sol et reste là, assise, à digérer. Encore un peu et une douce torpeur risque de s'emparer d'elle. Après tout, pourquoi pas ? Pas de danger à l'horizon, son estomac est bien rempli et sa compagnie agréable. Un moment idéal pour piquer une petite sieste. Mais l'heure continue de s'avancer et Abi ne veut pas rentrer trop tard. Demain, la journée reprend. Il lui faut voler jusqu'à La Volte et, mine de rien, même à dos de dragon, il y a des kilomètres à parcourir. Demain sera un jour de voyage alors elle veut bien dormir cette nuit pour accomplir son trajet de demain. Mine de rien, entre Titou et elle, Royale a de la charge à porter. On peut abandonner la tortue, sinon. Abi esquisse un sourire. Non ? Bon tant pis.

-C'était délicieux Aya, mais je n'ai vraiment plus faim. Merci beaucoup. Je risque de ne pas t'offrir autant en Cibella.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyLun 21 Aoû - 10:10

Contente de ne plus y vivre. Cette phrase tourne et tourne dans ma tête. Je ne lui en veut pas, bien loin de là, elle a vécu des choses qui ont fait d'elle ce qu'elle était et il est vrai qu'Outrevent n'aime pas qu'on sorte de ses précieuses cases. Elle a mis tout à l'envers, elle a tout rejeté et si j'étais réellement centré sur Outrevent, sur ses valeurs moyenâgeuse, je devrais la rejeter elle, ce qu'elle est, ce que nous avons vécu toutes les deux, ce que nous sommes devenue. Mais qui serais-je alors ? Grâce à elle, je me suis forgé un caractère au delà des valeurs d'Outrevent. Au delà de la vision de mes parents et des autres. Je suis douée pour mettre des masques, après tout, comme beaucoup le diront, je maîtrise l'illusion et souvent on se demande si je ne me cache pas derrière. Seulement si les illusions sont mon art, elles ne me servent pas à me cacher. Fermer mon visage, ne rien montrer des sentiments qui m'étreignent, ce n'est qu'un apprentissage, forcé par la vie. Je ne peux pas dire que je regrette, parce tout ça, tout ce qu'il s'est passé ici a fait de moi la Chevaucheuse que je suis devenue actuellement, celle qui peut aider et servir comme il se doit, celle qui laisserait sans hésiter sa vie au mains de son Duc pour préserver son duché. C'est étrange de dire cela ainsi, mais je crois que c'est juste. Si ma vie pouvait sauver le duché, je n'hésiterais pas une seconde à la sacrifier. Peut-être un peu extrême, mais j'ai découvert beaucoup de chose derrière tous ces non dit. J'ai découvert qu'on peut être honorable, sans pour autant suivre à la lettre tous les préceptes. L'honneur n'est qu'une vision, tout dépend donc de celle des autres. Mais ce dont je suis le plus fière, c'est cette capacité, ce don improbable de décrypter les visages, cela aussi je le dois à mon éducation. Peut-être aurais-je moins de valeur sans ça. Est-ce que j'ai réellement de la valeur, ça c'est une bonne question. Enfin bref. Je secoue la tête et sort de mes pensées quand elle reprend la parole.

« Ah oui, désolé. Je ne suis pas partie à la chasse aux insectes. Quoi que, peut-être que Bandit pourrait voir pour en chercher. »

Il tourna la tête vers moi avec un air dégoûté et j'éclatais de rire devant sa mine déconfite.

« Bon, visiblement il n'a pas l'air décidé. »

Un sourire et je lui propose de venir en Cibella dés que ce sera possible. Sa description me fait sourire et je comprends qu'elle s'est parfaitement adapté à la vie là-bas. Au fond, je me demande si je ne l'envie pas un peu, de se sentir plus libre. Ici, en Outrevent, il faut toujours garder tout pour soi, être à la hauteur, enfin c'est ce que mes parents m'ont toujours seriné. Pour faire honneur à notre duché, tu te dois d'être la meilleure, mais aussi la plus imperméable. Les sentiments sont bon pour l'intimité, le reste du temps tu dois les cacher. La gamine en moi n'avait pas compris, mais au fond elle a vite appris. Quand je vois Abi si libre de montrer qui elle est, je crois que je me sens un peu jalouse, mais aussi extrêmement heureuse pour elle. Pour la première fois, je ne me sens pas inquiète du fait qu'elle ne pourrait pas être à sa place. Un autre sourire et je reprends dans un silence.

« Pas de souci tu sais. Ça ne me dérange pas. En fait cuisiner me permet de me détendre et puis ce n'est pas tous les jours qu'on reçoit une amie. »

Parce que c'est ce qu'elle est plus que tout, une amie comme nulle autre pareil. Je crois que je n'ai jamais imaginé pouvoir avoir avec moi quelqu'un comme elle. J'espère juste que cela ne changera jamais. Après tout, le temps fait parfois des ravages et j'imagine qu'il pourrait nous arriver d'être confronter l'une à l'autre. Je ne veux même pas y penser. Je secoue la tête une nouvelle fois, mon regard tourné vers le ciel.

« Le temps passe plus rapidement que je ne m'y étais attendue. J'imagine qu'il va falloir rentrer. Pour éviter que tu ne rentres trop tard. »

Un nouveau sourire et je commence à ranger ce qui nous entoure. Elle a du chemin à faire et je serais une bien piètre amie si je la retenais encore plus et la mettait en retard.

« J'espère en tout cas que la prochaine fois qu'on se verra ce sera aussi sympa. »

Parce que l'avenir est réellement incertain et qui sait ce qui va se passer le lendemain. En tout cas, personnellement, je crains que demain ne soit pas brillant. Enfin bref. Je laisse couler ce pressentiment avant de finir de remballer tout ce que j'ai déballé tout à l'heure.
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Message Sujet: Re: Comme un air de déjà vu   Comme un air de déjà vu EmptyDim 10 Sep - 16:11

Abigaïl inspire profondément. Elle aimerait que le temps s'arrête. C'est un instant agréable, loin de tout, légèrement bercée par les vents de son enfance, loin de la cohue de la ville, du carnage de la guerre, des ordres et de la politique. Il n'y a que deux amies qui se revoient, profitant d'un moment d’accalmie avec leur dragon et familier respectif. Le temps peut s'arrêter. Mais il poursuit sa trame, inlassablement, amenant la fin de ce pique-nique serein et ramenant les promesses d'une guerre qui elle, par contre, semble sans fin. La Chevaucheuse regarde à regret son amie ranger son pique-nique. Sans trop rien dire, elle l'aide. Les adieux pointent leur bout de leur nez mais les deux Chevaucheuses peuvent encore profiter d'être ensemble pour un petit moment. Elle hoche toutefois la tête aux paroles de son amie, lui rendant un sourire qu'elle se veut rayonnant, bien qu'emprunt d'une certaine mélancolie. Elles ne se sont pas encore dit au revoir et pourtant elle lui manque déjà. Oh, elles correspondent régulièrement, du moins elles essayent d'entretenir leur relation à distance, mais s'est tout de même différent que de se voir et partager leur vie en vrai. Surtout que, dans leurs correspondances, Royale la harcèle jusqu'à ce qu'elle accepte d'écrire quelques phrases à Foudre et que Titou fait exactement la même chose avec Bandit. Au final, elle passe des heures à écrire, alors que les deux la pressent de choses à rajouter et se disputent fortement entre eux parce que, soit disant, la partie de l'un est plus grande que celle de l'autre. Généralement, ces instants épistolaires se terminent par un horrible mal de tête pour l'Outreventoise.

Puis la "table" est débarrassée. Le vent souffle. C'est très certainement un effet de son imagination, mais il semble amener une très légère odeur de brûler; de sang calciné. Un peu comme sur un champs de bataille. Une illusion. A cette pensée Abi sourit.

-C'est toujours sympa de te voir, tu sais, rassure-t-elle. Même si ce n'est que trop peu souvent à mon goût.

Elle laisse passer un petit silence avant de reprendre :

-Tu me raccompagnes à Souffleval ? Je partirai de là-bas.

Abi pourrait partir directement depuis ici et chacun chez soi, mais elle veut profiter jusqu'au bout et partager avec son amie ce qu'elles préfèrent le plus : voler. Embraser cette liberté de seigneurs des cieux, sur le dos d'un dragon. Voler côte à côte, comme une escadrille, une patrouille dans le ciel. Vivre ces moments de parfaites symbioses avec son amie. Une dernière fois. Avant les au revoir.
Toujours souriante, Abi installe confortablement Titou - qu'elle a cru jamais pouvoir détacher de bandit - et prend position à son tour sur Royale. Cette dernière fixe Foudre d'un regard amusé. C'est parti. Elle pousse un rugissement du tonnerre, un rugissement qui ébranle le ciel et fait s'envoler quelques oiseaux perchés sur les branches des arbres. Puis, elle déploie ses ailes et d'une puissant impulsion, s'élance dans l'infini du ciel.
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