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 Dérive d’un homme perdu

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Bertin Vif-Envol
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Message Sujet: Dérive d’un homme perdu   Dérive d’un homme perdu EmptyLun 3 Sep - 1:28


Livre III, Chapitre 5 • La Joueuse de Flûte
Rackham des Deux-Ancres & Bertin d'Ansemer

Dérive d’un homme perdu

Pourra-t-il retrouver terres et cieux ?



• Date : 27 août 1003
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Bertin peut enfin remettre pied à terre en arrivant en outrevent. Il prévient aussitôt son capitaine et ami, Rackham, afin de pouvoir faire le point sur sa situation. Rackham décide de faire le trajet en personne : il n’y a rien de mieux qu’un entretien en tête à tête pour en apprendre davantage sur cette histoire plus si secrète.
• Recensement :
Code:
• [b]27 août 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4118-derive-dun-homme-perdu#152931]Dérive d’un homme perdu[/url] - [i] Rackham des Deux-Ancres & Bertin d'Ansemer [/i]
Bertin peut enfin remettre pied à terre en arrivant en outrevent. Il prévient aussitôt son capitaine et ami, Rackham, afin de pouvoir faire le point sur sa situation. Rackham décide de faire le trajet en personne : il n’y a rien de mieux qu’un entretien en tête à tête pour en apprendre davantage sur cette histoire plus si secrète.











Dernière édition par Bertin d'Ansemer le Lun 3 Sep - 17:27, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Dérive d’un homme perdu   Dérive d’un homme perdu EmptyLun 3 Sep - 1:33

La terre tangue sous tes pieds. La liberté soudaine, nouvelle, te donne l’impression d’être ivre. Un instant. Un instant seulement de pur bonheur à l’idée d’avoir enfin pu quitter ta prison. « Je suis arrivé à terre. » « Pas trop tôt ! J’ai cru que tu n’y arriverais jamais ! » Tu as beau savoir qu’Ambroisie essaie seulement de te remonter un peu le moral, tu ne la trouves pas drôle, sa blague. « Et moi donc… » Tu y as cru, pendant un temps, que tu ne retrouverais pas la terre ferme. Tu n’étais pas certain d’en avoir la force, et encore moins la volonté. Balloté par les vagues, enfermé dans ta cabine, le cœur au bord des lèvres… Tu as douté. Mais une part de toi n’a eu cesse de souligner qu’il ne fallait pas abandonner aussi facilement. Que tu avais tout perdu, mais que tu pouvais encore survivre. Qu’en survivant, tu refusais à Bartholomé la victoire absolue qu’il espérait sur toi.

Alors tu t’es relevé, prêt à supplier qu’on te donne du travail sur le navire. N’importe quoi, même les plus sales besognes s’il le fallait. Tant que tu avais de quoi t’occuper les mains, t’occuper l’esprit. Alors tu as travaillé, tu t’es improvisé mousse. Sept longues semaines rythmées par les vagues, les ordres, les tâches et, à l’approche de tous les ports, des bruits de pas qui résonnent sur le pont alors que tu t’enfermais dans ta cellule improvisée pour leur simplifier la tâche. Tu pourrais presque dire que l’expérience a été enrichissante. Pourtant, la vue de ce port qui s’est profilé au loin, de ces constructions qui apparaissent, se précisent à l’œil nu du piètre marin que tu es alors que vous approchez est source d’un véritable soulagement chez toi. Alors que les premiers cris vous parviennent du quai, tu es déjà dans ta cabine exiguë à préparer tes maigres affaires. Impatiemment, tu retournes ensuite sur le pont attendre que le navire soit amarré et qu’ainsi soit signée ta liberté.

Tu ne t’attardes pas à saluer l’équipage. Il y a bien quelques marins qui te manqueront lorsque tu songeras à cette aventure. Tu les verras dans un port, un jour, là où tu finiras par t’installer. Tu leur as fait tes adieux plus tôt, tu ne veux pas les déranger dans leur travail à présent. Pour les autres… ma foi, tu n’as jamais réellement fait partie de l’équipage. Ta carrière de marin a commencé sur le tard et n’aura duré que sept semaines et quelques jours, et tu t’en accommodes très bien. Ta vie à terre ne sera guère plus glorieuse, tu t’en rends compte, mais il faut commencer quelque part. Et pour toi, ce quelque part ne sera jamais en mer.

« Préviens Rackham, tu veux ? Il faut que je sache où nous devons aller. » « À peine arrivé que tu veux déjà nous remettre au travail hmm ? » Tu devines à son ton qu’elle se moque un peu, même si tu sais très bien qu’elle se plaisait en vacances forcées. Cela ne te fait pas vraiment sourire, une fois de plus. Le silence qui suit te rassure à demi. Tu sais qu’elle doit être en pleine conversation avec Obsession qui devra à son tour tout relayer à ton capitaine. Les silences s’étirent toujours dans ce genre de discussions interposées. Cela te permet de faire tes premiers pas d’homme libre, de remonter le quai pour rejoindre la rue, de te fondre dans la masse mouvante de ce petit port. Tu te surprends à soupirer profondément en te demandant où tu pourras bien passer la nuit. Tes économies sont maigres. Tu n’as même pas besoin de soupeser ta bourse pour le savoir.

Tu commences à t’avancer dans la ville, laissant la mer derrière toi. Tu marches en sachant que tu devrais trouver la caserne. Mais tu ne tiens pas à affronter les regards des autres lorsque tu devras te présenter, que tu devras expliquer la raison de ta présence inattendue. Alors tu déambules. « Rackham dit qu’il peut venir te voir demain. Ça te convient ? » « Oui, ça ira. Je vais aller voir à la caserne si je peux y passer la nuit. » « Tu veux le rencontrer là-bas demain ? » « Je préfèrerais une taverne s’il invite. Mais oui, la caserne ira. Tu peux lui demander de me rapporter quelques affaires ? Je devrais avoir quelques habits à la caserne… » « Je lui passerai le message. » Elle t’intime de trouver un abri pour passer la nuit, t’ordonnes presque de dormir – comme si tu pouvais contrôler ton sommeil ! Pourtant tu sais ses conseils sages et tu tenteras tant bien que mal de les mettre en œuvre pour attendre jusqu’au lendemain, jusqu’à ta rencontre avec Rackham.

Loin de là, à Port-Liberté, Ambroisie prend les choses en… pattes. « Obsession, Bertin demande si Rackham peut lui apporter des vêtements de rechanges et ses affaires qu’il entreposait à la caserne ? Oh et par pitié, dis-lui d’inclure du savon qui sent bon. Je ne veux pas d’un chevaucheur qui pu ! » Oh, Ambroisie et son humour particulier. Heureusement sans doute que tu n’en entends rien…








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Message Sujet: Re: Dérive d’un homme perdu   Dérive d’un homme perdu EmptyMer 19 Sep - 17:57

« Hé quoi, je suis devenue un pigeon voyageur maintenant ! » La voix d’Obsession gronde et résonne avec une condescendance à peine masquée et de la moquerie dans le ton. Mais c’est bien parce qu’elle apprécie sincèrement Ambroisie qu’elle accepte de faire passer le message à Rackham. « Je lui dirais va ! Ne t’inquiète pas pour ça. »

Et le message arrive, alors que le capitaine des Chevaucheurs d’Ansemer accuse encore le coup de la nouvelle que Bertin est en vie, qu’il va bien et qu’il est arrivé à bon port, malgré tous les malheurs qui s’étaient abattus sur lui. La tempête avait fait rage pour ne laisser que des débris, et c’était à l’îlien de régler les choses sur la perte de l’un de ses hommes. Fort heureusement, si la colère du duc Bartholomé avait frappé fort, elle n’avait pu emporter le statut de Chevaucheur de son frère avec tous les autres titres qui lui avaient été retirés, et en cela, Rackham pouvait toujours venir en aide à son ami. Bien sûr qu’il était loyal à son duc, mais il l’était encore plus envers ceux qu’il considérait comme sa famille. Bertin était plus qu’un simple ami, et il hors de question de l’abandonner. Même si tout le monde, même à la caserne, s’accordait à dire qu’il était coupable et méritait ce qu’on lui avait fait. Heureusement que tous ses Chevaucheurs n’étaient pas de cet avis, mais à la cour, ça avait salement jasé. Et ce n’était rien à côté de ce qui avait pu se dire sur la duchesse. Son cas à elle était en fait pire que celui de Bertin. Mais la concernant, Rackham ne pouvait rien faire et s’en fichait un peu.

La chambre de Bertin. Il n’y était pas entré depuis longtemps et avait interdit à quiconque de le faire depuis que la nouvelle de sa déchéance était arrivée jusqu’à eux. Ses affaires, il avait tout fait pour qu’elles restent en place, dans l’espoir justement d’avoir des nouvelles de son ami. Il avait eu raison de faire confiance à celui-ci pour qu’il le contact dès son arrivée. S’il l’avait pu, il se serait rendu dès ce jour en Outrevent, mais ses devoirs l’en empêchaient et il tenait malgré tout à son poste. Il lui fallait être discret. Même hors du duché, il y avait fort à parier que le duc n’apprécie pas de savoir que son capitaine fricote avec un traitre, et ce dans son dos. C’était donc sous le couvert d’une autre sortie que Rackham avait prévu de retrouver Bertin. Il avait l’habitude, de toute façon, de faire falsifier certaines choses avec ses contacts avec l’Audacia. Ca, si ça se savait, ça lui couterait sans doute plus que son poste de capitaine… La corde au cou serait sans doute sa seule destinée. Mais jusqu’ici, personne n’avait jamais découvert ce secret. Rapidement il avait embarqué ce qu’il pouvait des affaires de Bertin, vêtements principalement, son équipement de chevauche et un savon. Quelques lettres aussi trouvées sur son bureau, laissée en vrac et qui peut-être pouvaient avoir de l’importance.

T’pourras dire à Ambroisie qu’je retrouv’rai Bertin d’vant la caserne.
Grmbl. Oui.


Dès le lendemain, il n’avait pas perdu de temps en palabre et avait donné ses ordres pour la journée. Tout le monde avait été prévenu de son absence, et seule Quitterie savait exactement pourquoi il partait. Elle avait été heureuse et inquiète, soucieuse et pleine de joie de le savoir bien portant. Il avait traversé le portail et fait face au vent un peu plus froid des côtes outreventoises. Calico sur son épaule, elle se colla contre son cou, appréciant un peu moins la température. Le mage qui avait ouvert son portail l’avait heureusement fait non loin de la caserne et l’îlien n’eut pas beaucoup à marcher pour se retrouver devant. Là bas l’y attendait comme prévu Bertin, et bien rapidement, l’îlien l’accosta en le prenant dans ses bras. Qu’il était heureux de le voir, celui là…

« B’sang, t’vas bien, c’te bonne nouvelle ! S’tu savais comme on s’est inquiétés ‘vec Quitt’rie. Viens, j’t’offre un verre à l’taverne. » Il a tant de choses à lui demander, tant de choses qu’il voudrait savoir et comprendre, mais il préférait attendre un peu, profiter de ces retrouvailles. Les questions compliquées viendraient plus tard. Il ne faut pas longtemps pour trouver une taverne, une table et commander deux boissons. Déposant deux imposants sacs à côté de lui, l’îlien lance un regard un peu amusé et atterré à son ami. « C’lui là c’est les affaires qu’j’ai récup’ré dans t’chambre. C’lui là… c’est de la part de Quitt’rie. Elle avait peur qu’tu manques de quelque chose. » Elle était bien gentille sa femme, mais elle s’était peut-être un peu emballée sur le contenu de ce sac, qui contenait autant de choses utiles qu’inutiles. Car entre la palanquée de vêtements chauds comprenant un bonnet, des gants et une écharpe en laine qui gratte, les coquillages et le bocal de sable, le rhum pirate de la cousine Penny, une mèche de cheveux de Bertille et une plume de Sayam, des mitaines tricotées main par Quittou avec quatre doigts à l’une et six à l’autre… il avait de quoi faire. « Tu f’ras le tri hein. »
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Message Sujet: Re: Dérive d’un homme perdu   Dérive d’un homme perdu EmptySam 3 Nov - 20:58

« Je te revaudrai ça. » Un jour ou l’autre, certainement, elle pourra rendre une faveur en retour. Pour le moment cependant, ce qui compte pour elle c’est toi. Vous avez si peu communiqué, ces dernières semaines, qu’elle sait l’urgence de tes paroles sans même que tu ais à l’énoncer. Cela a quelque chose de rassurant de savoir qu’au moins tu ne l’as pas perdue, elle aussi. Qu’il te reste quelque chose, dans ta vie, à quoi t’accrocher. Tu ne la verras pas pour plusieurs jours, tu le sais, mais son contact te fait du bien. Tout comme la confirmation que tu pourras voir Rackham demain. Tu trouves refuge à la caserne pour la nuit, heureux de ne plus être bercé par les vagues.

L’aube vient, et avec elle le l’éveil. Tu tentes de te rendre utile à la caserne juste pour éviter d’avoir à penser à ce qui est arrivé. Cela t’évite l’impatiente attente des premières heures du jour. Puis tu décides de sortir prendre un peu l’air pour arpenter la rue où vous devez vous rencontrer. Il n’y a guère à y faire, mais cela te permet de réfléchir à ce que tu lui diras, à Rackham. Tu avais tes raisons, des raisons qu’il saura sans doute comprendre, mais reste que tu lui mens à lui aussi depuis de nombreuses années. Il aurait tous les droits de t’en vouloir s’il le désirait. Ce n’est pas forcément ton genre, mais tu ne peux t’empêcher d’y penser.

C’est la force de ton étreinte qui témoigne de la joie que tu ressens à le revoir lorsqu’il arrive enfin, ton visage refusant de lui offrir plus qu’un faible sourire. « S’il avait fallu qu’un voyage en mer tue un ansemarien… » Ton sourire s’élargit un peu à cette blague, et tu accueilles la proposition d’un hochement de tête. « Volontiers ! »

Lorsque Rackham t’indique ce que contiennent les sacs, tu sens ta gorge se serrer d’émotions. Tu le remercies à mi-voix avant d’inspirer lentement. « Je regrette que nous ayons du en arriver là… Mais merci. Cela me servira j’en suis convaincu. Ne serait-ce que comme souvenir. » Tu souris tristement alors que tu prends place à la taverne. Tu profites du moment pour prendre des nouvelles de la famille de Rackham avant qu’il ne te pose ses questions. Tu sais très bien qu’il en a, curieux comme il est, et qu’il risque d’être difficile de le faire changer de sujet lorsqu’il sera lancé. « Comment vont Quitterie et le petit ? J’aurais aimé pouvoir les voir une dernière fois avant de partir… Tu lui diras à quel point je suis désolé ? »








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Message Sujet: Re: Dérive d’un homme perdu   Dérive d’un homme perdu EmptyDim 25 Nov - 22:57

« Ouais ! Et on s’tous combien toi t’aime l’céan, hein l’Bertin ? »

Ah il blague, Rackham, détendu de voir son ami en meilleur état qu’il ne l’avait imaginé. Les colères de Bartholomé pouvaient être dévastatrice, et la trahison méritait une punition à la hauteur, aussi le capitaine s’était-il fait les pires idées… Heureusement, sinon une culpabilité pleinement perceptible dans le regard, son ami ne semblait pas si mal. Bien sûr, il devait l’être, au fond, car il avait tout perdu, de son duché, sa patrie à sa famille. Renié comme un chien, il ne lui restait plus que sa dragonne, son travail, et ses amis les plus fidèles. Hors de question pour l’îlien de l’abandonner d’ailleurs. Oui la traitrise, à ce qu’on disait, était des plus graves, mais en même temps… il avait qu’à surveiller sa femme le duc ! Bon, bien sûr qu’il restait loyal à celui-ci, mais il l’était tout autant à Bertin et s’il pouvait l’aider, alors il le ferait.

Une fois attablés et les boissons commandées, Rackham ne tarde pas à donner à Bertin ce qu’il lui avait demandé, et les affaires que Quittou avait rajouté aux bagages. Plein de choses inutiles, mais peu importe, l’intention était là et il y reconnaissait bien là sa Quitterie, généreuse et inquiète, et pas toujours totalement futée sur les bords. Il l’aimait comme ça : adorable ! Il est souriant, l’îlien, mais il sent bien que tous ces cadeaux ont ému son ami et pour la peine, il lui donnerait bien une autre tape amicale dans le dos.

« Bah, t’inquiète pas pour ça l’Bertin, t’vas bien, c’est l’plus important p’nous. » Qu’il regrette pas, s’il avait vécu ça par amour et aimé avec passion la duchesse. Ce genre de chose étaient loin de choquer Rackham. « Quitt’rie va bien. Elle a ‘té choqué d’la nouvelle et pensait pas qu’tu f’rais une telle chose. C’la b’coup minée, mais ç’va, elle s’en r’met, et elle t’en veut pas. Elle t’apprécie trop pour ça. Moi t’sais qu’d’mon côté, j’m’en fiche un peu d’c’que t’a fait et j’suis surtout c’tent qu’t’aille bien. Pi bah l’p’tit va bien, il braille s’vent mais l’est bien en forme, c’est c’qui compte. » Ah le petit Vasco ! Déjà beaucoup d’énergie pour un si petit garçon. Mais il l’aime déjà si fort, son gamin, même si jamais dans sa vie il ne s’était imaginé père. Il se souvenait encore de sa naissance à laquelle il n’avait pu assister, et à la joie qu’il avait ressenti de le tenir pour la première fois dans ses bras… Bon il avait manqué de le tenir à l’envers, mais on l’avait vite remis sur le droit chemin !

Lorsque les boissons arrivent enfin, il prend d’abord quelques gorgées, le Rackham, avant de laisser libre court à sa curiosité. Sans doute que c’est difficile pour Bertin d’en parler, et ça, il le sait bien. Mais il doit bien à son ami des explications, lui qui avait menti toutes ces annés.

« Alors s’non, t’a rien à m’dire m’vieux ? J’sais qu’c’pas f’cile pour toi, mais j’aim’rais bien s’voir c’qu’il s’est vr’ment passé. Qu’toi tu m’le dise. »

Bien sûr, il a entendu les rumeurs et accusations portées sur le prince d’Ansemer. Il sait pourquoi il a été banni. Tout du moins il sait ce que le duc à bien voulu laisser entendre. Mais il est trop curieux Rackham pour ne pas en demander plus. Et puis l’entendre de la bouche de Bertin est bien différent que dans celles des alliés du duc, bons à seulement cracher sur lui.
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Message Sujet: Re: Dérive d’un homme perdu   Dérive d’un homme perdu EmptyVen 30 Nov - 16:14

Tu hausses légèrement les épaules à la blague, sourire toujours aux lèvres. « Elle est magnifique à regarder, mais je laisse volontiers les marins l’épouser ! »

La taverne est presque agréable. En présence d’un ami tu ne cherches pas bien malgré toi à trouver les regards furtifs tournés vers toi – qu’ils soient vrais ou imaginés. Tu as enfin une distraction. Temporaire certes, mais ces quelques minutes où tu peux te concentrer sur Rackham et les nouvelles qu’il apporte sur sa famille. Elles sont plutôt bonnes dans l’ensemble malgré l’état dans lequel les derniers événements ont projeté Quitterie et te permettent au moins de t’alléger un peu l’esprit à défaut de pouvoir t’alléger le cœur.

« Il a quel âge maintenant le petit ? J’ai perdu le fil ! » Encore un peu, un peu de distraction, d’évasion. Mais la question arrive bien sûr, c’était inévitable. Après tout Rackham a fait tout ce chemin pour te voir et t’apporter tes affaires. Il n’est que naturel qu’il cherche à en savoir davantage. D’autant plus considérant l’amitié qui vous lie tous les deux. Rackham pourra voir ton sourire s’effacer un peu, ton regard, que dire ta tête se baisser pendant que tu fais un effort pour parvenir à mettre des mots sur ce qui est arrivé. Sur les plusieurs années de bonheur qui t’ont amené ici. Préférablement sans juger Bartholomé trop ouvertement pour ne pas mettre Rackham dans une position étrange, coincé entre vous deux. Il risque déjà suffisamment la colère de ton frère, du duc – il a été clair qu’il n’est plus ton frère – en venant te voir.

« Tu veux l’histoire longue, ou l’histoire courte ? » Question rhétorique, car tu sais déjà ce que tu comptes lui dire. Tu soupires avant d’inspirer lentement dans une tentative de trouver le courage de te lancer. Oui c’est difficile. Tu n’as jamais avoué ce qui s’est passé, tes sentiments, votre histoire à voix haute auparavant. Tu les as écrits, mais jamais tu n’as entendu ta propre voix l’avouer. Sauf indirectement en criant sur Bartholomé. Mais ça, c’était différent. C’était ta colère qui avait explosée contre la sienne. Évidemment tu ne fais pas le poids contre le duc et tes mots sont restés inefficaces ce jour-là ce qui explique ta présence ici. Mais tu n’en étais pas là, te rappelles-tu toi-même à l’ordre mentalement.

« J’étais à Vivécume, à la caserne, quand ils se sont mariés. Je venais de finir ma formation et de prendre mes fonctions de compte. Tu sais comme la famille est importante pour moi… Chaque fois que j’en avais l’occasion, je passais à Port-Liberté pour voir mon frère et ma mère. Quand il s’est marié, j’ai également commencé à passer saluer sa femme. Ma duchesse, quoi. C’étaient des visites polies, amicales. Nous parvenions, malgré son silence, à discuter agréablement… » Tu as l’impression de partir de très loin dans cette histoire, mais tu sens que c’est nécessaire pour que Rackham puisse comprendre le contexte qui t’as mené jusqu’ici. Parce que sans ce contexte, tes actions semblent pires encore, songes-tu, que lorsqu’on connait l’enchaînement qui vous a conduit dans les bras l’un de l’autre, Jehanne et toi.

Tu prends une gorgée du breuvage qu’il t’a offert, la nostalgie s’emparant de tes traits sans même que tu cherches à l’en chasser. C’est avec naturel que tu te penches vers lui pour ajouter d’une voix plus basse, dans la confidence : « Jehanne n’a jamais été heureuse à Port-Liberté. Elle était ignorée, rejetée par son mari, par la cour… Je n’ai jamais compris pourquoi Bartholomé la maltraitait ainsi. C’est vraiment une femme charmante lorsqu’on prend la peine d’apprendre à la connaître au-delà d’une première nuit… » Tu te surprends à soupirer en t’adossant de nouveau. Tu portes ton verre à tes lèvres une nouvelle fois pour prendre quelques gorgées qui rendront peut-être plus facile les mots qui suivent.

« Elle semblait heureuse quand j’allais la voir. Je me présentais à elle comme ami comme ami, comme beau-frère pour soutenir un membre de ma famille me disais-je. Il aurait été fâcheux qu’un incident interne cause la mort de la duchesse… Délicat, aussi. Avant que je puisse m’en rendre compte je l’aimais… et elle m’aimait… » Tu as un faible sourire nostalgique à cette pensée. Les beaux jours, les sentiments naissant que tu cherchais à réprimer à une époque avant de te rendre compte qu’ils étaient réciproques. Que vous n’aviez, ni l’un ni l’autre, l’envie et encore moins le courage de les rejeter, de les ignorer. Tu hausses légèrement les épaules pour chasser ces pensées avant de plonger dans la suite du récit. Et sa fin, abrupte. « Je crois que tu connais la suite. Plus de dix ans de bonheur volé… Mais c’est fini maintenant. Tout ça c’est fini. » Tu baisses la tête soudainement, tu inspires lentement. L’évoquer aussi clairement, cette fin, est plus difficile que tu ne l’aurais cru. Tu inspires une nouvelle fois, plus lentement, plus profondément, avant de relever vers lui un visage plus composé. Ton regard trahi ton émotion, ta tristesse, ta douleur. Qu’il te juge s’il le désire, tu l’accepteras. Tu n’as pas caché tes tords. Enfin, tu n’as pas tout dévoilé non plus. Il y a des choses – Bertille par exemple – que tu ne révèleras pas par respect pour ta famille. Mais c’est un début. Difficilement honnête. Douloureusement même. Mais tu y tiens, à cette honnêteté.








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Message Sujet: Re: Dérive d’un homme perdu   Dérive d’un homme perdu EmptyLun 14 Jan - 10:45

Elle le fait rire, la question de Bertin, et sa bonne humeur également qui réchauffe le coeur de l’îlien, inquiet pour son ami. Il se sent un peu con, aussi, parce qu’il ne sait pas exactement quel âge a son fils. “Oh t’en a d’ces questions !” Qu’il grogne amusé avant de commencer à compter sur ses doigts : avril, mai, juin, juillet, août…”Cinq mois ! L’a cinq mois le p’tit bonhomme !” Son petit Vasco qu’il imagine déjà grand et déjà insupportable, comme il pouvait l’être à l’âge de l’enfance ou celui de l’adolescence. Pour l’instant cela dit, il n’a pas beaucoup à se plaindre de son gamin, et en même temps, il n’est pas le premier à s’en occuper. C’est qu’il a des responsabilités, le capitaine d’Ansemer ! Mais Quitterie ne manque pas de lui raconter ses journées en compagnie de leurs fils, ses premières bêtises et ses nuits. Ah il pourrait en dire beaucoup, mais ça n’est pas le sujet de cette conversation, et même s’il sait que ça ne plairait pas forcément à Bertin, l’îlien n’hésite pas à poser la question. Il devait bien s’y attendre.

“Comme ça t’plaira l’ami.”

Bon, il veut bien savoir l’histoire, mais il veut pas non plus forcer son ami, qui en a déjà assez bavé comme ça, à lui raconter tous les détails. S’il en a l’occasion, il lui demanderait à une autre occasion ceux-ci, si d’aventure c’était utile. Il sent bien en tout cas - et Bertin ne le cache pas - que le sujet est tendu, douloureux, et il s’attendait pas, le Rackham, à ce que ça soit une affaire si grave qui implique plus qu’un bannissement. Déjà qu’être dégagé de ses terres de naissance ça devait pas être agréable, mais avoir le coeur brisé aussi… Nombreuses sont les questions qui viennent à l’esprit du capitaine d’Ansemer, et plusieurs fois, il doit se mordre la langue pour ne pas interrompre son ami, dont le récit semble le miner toujours plus. Pas bien surprenant. Et bêtement, quand celui-ci termine, Rackham ne trouve rien à dire. Plus un mot, plus une remarque, plus une question. Juste un silence bête et un regard étonné et désolé. Pas un instant il ne juge son ami pour ce qu’il a fait, il compatit juste à la douleur qui doit lui écraser le coeur. En vérité, il ne sait pas quoi penser de tout ça, plein de choses lui paraissent absurde, floues, et il se dit que si Bartholomé n’aimait pas sa femme, il n’aurait pas dû s’énerver d’être cocu. N’avait-il pas fait la même chose à la duchesse Jehanne ? Les affaires de la noblesse… Au fond, tout le monde était un peu victime, et aussi un peu coupable.

Le silence s’éternise, de longues minutes alors que l’îlien observe sa bière, pour l’une des rares fois gêné et silencieux. Il est pourtant d’ordinaire bavard, et le voilà muet comme une carpe. Pourtant, après un raclement de gorge pas bien discret, il ose enfin reprendre la parole en lançant un regard à son ami.

“Beh… peut-être pas ?” Mots énigmatiques, mais en même temps, il peut pas savoir le Bertin, après son séjour sur le pont d’un navire. “La d’chesse… ‘fin Jehanne plutôt, elle a ‘té jugé y’a quelques jours. L’est pas morte ou emprisonné t’sais ? L’duc l’a banni et personne veut d’elle. Aux d’nière nouvelles, j’crois bien qu’elle est allé à Lorgol.” Ca, il n’en est pas sûr. Malgré toute l’affection qu’il a pour Bertin, la duchesse Jehanne n’a jamais plus que ça intéressé le capitaine des Chevaucheurs qui n’avait, de toute façon, pas grand chose à voir avec elle. Mais sans doute cela intéressera son ami ! “Tu d’vrais aller l’bas et la r’trouver non ? Maint’nant qu’elle est plus marié à lui, v’pouvez être ensemble.” En tout cas, c’est ce qu’il ferait lui. Peu importe les terres et les titres - même si la famille c’est sacré - il irait retrouver ce pourquoi il s’est mis en danger !
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Message Sujet: Re: Dérive d’un homme perdu   Dérive d’un homme perdu EmptySam 19 Jan - 5:17

Le silence qui s’étire te pèse autant qu’il te rassure. Des émotions qui, jumelées, te paraissent bien étrange. L’incertitude te ronge. Tu attends une réaction. Quelconque. Quelque chose de plus que ce silence qui s’étire. Cela ressemble tellement peu à Rackham! Pourtant, son silence est également une source de soulagement. S’il avait voulu te traiter d’idiot ou de tu n’oses même pas imaginer quoi, la réaction aurait probablement été plutôt… explosive. Tu connais très bien la franchise de Rackham qui ne s’est jamais gêné pour te dire ce qu’il pense. C’est bien une des raisons pour lesquelles tu l’apprécies tant. Mais ce silence… tu ne l’as pas vu venir.

Tu lui laisses le temps de digérer tes aveux, sirotant ta bière en silence. Ça te permet de te recomposer un peu également, les yeux rivés sur ton breuvage qui disparaît plus vite que ne le voudrait la raison. Tu t’entends soupirer à ses premières paroles avec la vague impression de participer à une conversation parallèle pendant quelques secondes. Tu en apprends un peu plus sur le sort de Jehanne, mais ça ne semble pas te réjouir. Te troubler, oui. Te faire douter, aussi. Mais tu ne trouves dans les paroles de Rackham qu’un trop mince grain de bonheur à savoir que Jehanne a pu survivre. Peut-être. En tout cas, Bartholomé ne l’a pas condamnée. Sursaut d’humanité au dernier moment, peut-être.

« Tu te rends compte de l’impossibilité de retrouver quelqu’un à Lorgol ? Dans une autre vie, ç’aurait pu être plus facile… J’aurais pu employer des mages pour la contacter. Mais dans l’immédiat je n’en ai pas les moyens. Tout ce que je possède tient dans les sacs que tu viens de m’amener. Et même si je la retrouvais, quelle vie pourrais-je lui offrir ? »

Tu souris tristement. Tu as tellement ressassé ces pensées ces dernières semaines que les énoncer te semble naturel. C’est la conclusion à laquelle tu es arrivé, mais tu réalises vite qu’elle peut être difficile à comprendre pour ton pauvre ami qui ne connait presque rien de votre relation, à Jehanne et toi.

« Nous nous sommes séparés en mauvais termes, Rackham. Je ne sais même pas si elle voudrait me voir. Et une dame mérite un foyer. Pas un homme qui n’a ni chez-lui, ni moyens… »

Tu soupires à nouveau. Tu aurais pu dire que tu n’avais pas d’avenir. Pourtant tu sais que c’est faux. Ton avenir ne ressemblera pas à ce à quoi tu as aspiré toute ta vie, cela t’est clair à présent, mais tu as un avenir. Tu es encore à l’âge où ta vie peut être refaite. Le temps aidant, bien sûr. Et les bons contacts.

« Si tu veux m’aider, dis-moi plutôt ce que je dois faire pour être réaffecté… Puis-je continuer à chevaucher ? Je ferai n’importe quoi. Je veux juste continuer à servir… »

Tremblant espoir auquel tu t’accroches de toutes tes forces. Ta tension est audible, presque palpable. Tu as si peur que Rackham te dise que ta carrière est terminée. Tu as si peur de tout perdre. Une part de toi regrette d’avoir posé la question si vite, si tôt dans votre entretien, mais il est trop tard. Elle t’a échappée, et tu attends la réponse avec une impatience craintive. Les détails de ta relation avec Jehanne peuvent attendre. Ils te semblent bien secondaires devant ton capitaine, aussi curieux soit-il.

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Les deux hommes auront une longue conversation dans cette taverne outreventoise. Une conversation difficile teintée d'espoir autant que de désespoir pour Bertin qui sent son monde s'effondrer encore un peu plus. Heureusement, Rackham saura lui apporter une bonne nouvelle, à tout le moins une voie à prendre à présent. Se diriger vers Lorgol vers où Ambroisie sera également envoyée. Instructeur. Peut-être pas l'emploi rêvé pour Bertin, mais un poste qu'il acceptera avec toute la grâce qu'il peut rassembler.

Ce sera sans doute une séparation émue, pleine de bons voeux pour Quitterie et ses collègues - ex-collègues - ansemariens. Et l'espoir d'un jour pouvoir les revoir. Pas en Ansemer, bien sûr, mais un jour, qui sait...








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