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 Prise sur le fait

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Anaïs Belécu
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Message Sujet: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyVen 15 Fév - 22:33


Livre IV, Chapitre 2 • L'Éternel Lendemain
Anaïs Belécu & Eloïse Brûmagie

Prise sur le fait

les gosses j'vous jure !



• Date : 15 novembre 1003
• Météo (optionnel) : Brumeux
• Statut du RP : privé
• Résumé : Anaïs va pour chercher une mission à l'Antenne de la Volte quand elle se fait héler par une mamie qui vient de se faire voler sa bourse par Eloïse. Partagée entre l'envie de ne pas s'en occuper et son envie de protéger son prochain elle cède finalement à la tentation et poursuit la gamine qu'elle va tenter de remettre sur le droit chemin pensant qu'il s'agit d'une simple gamine perdue.
• Recensement :
Code:
• [b]15 novembre 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4566-prise-sur-le-fait#176088]Prise sur le fait[/url] - [i]Anaïs Belécu & Eloïse Brûmagie[/i]
Anaïs va pour chercher une mission à l'Antenne de la Volte quand elle se fait héler par une mamie qui vient de se faire voler sa bourse par Eloïse. Partagée entre l'envie de ne pas s'en occuper et son envie de protéger son prochain elle cède finalement à la tentation et poursuit la gamine qu'elle va tenter de remettre sur le droit chemin pensant qu'il s'agit d'une simple gamine perdue.













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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyVen 15 Fév - 22:35

Mi novembre… cela fait 12 jours qu’ils ne répondent plus. 12 jours que les dieux sont absents et cette absence Anaïs la ressent au plus profond d’elle-même. Elle aime se confier à Kern avant chaque mission. Il guide ses pas, ses choix et elle se sent presque orpheline ainsi. Ses prières ne sont plus entendues et la guerrière perd pied de nouveau. Elle qui manque si peu d’assurance se retrouve seule à devoir gérer ce qu’elle doit faire quotidiennement sans un soutien divin. D’un côté c’est peut être l’occasion ou jamais pour elle de se prouver qu’elle en est capable mais la peur la tiraille au plus profond de son être.

Parallèlement, certains de ses camarades sont partis à Lorgol pour donner quelques coups de mains à l’Académie. Elle n’a entendu que de brefs échos. Des étudiants disparus, morts après un voile tombé sur les pierres de ce lieu de savoir. Elle est perplexe et ne manque de s’interroger sur la faisabilité de ce phénomène. Malgré tout, en ce qui la concerne, elle préfère se tenir éloignée de cette ville qui reste bien trop dangereuse à son goût.

De plus, les gens de chez elle ont besoin d’elle. La Chasse continue d’arpenter les régions d’Arven. Les badauds sont nombreux à regarder le ciel à chercher tout comme elle une réponse qui n’arrive pas. Certains sont moins affectés que d’autres, d’autres comme elle tentent de faire bonne figure sous le poids de l’absence. Anaïs malgré son cœur vide ses questions restées sans réponse serre la main sur la garde de son épée à sa ceinture. Son arme ne la déçoit jamais, elle est toujours présente et elle saura l’utiliser en cas de besoin.

Aujourd’hui la jeune guerrière se dirige vers l’Antenne de la Volte en quête d’une nouvelle mission. Elle veut s’occuper car il n’est jamais bon de rester ainsi sans un emploi quel qu’il soit. Pour la première fois elle aurait presque envie de croiser le fer pour reprendre un peu d’exercice. Elle en a assez de croiser le fer avec des personnes en paille sur le terrain d’entrainement. Elle a envie d’exercice de courir, de se cacher, de se libérer ‘de cette entrave dans laquelle elle s’est placée toute seule.

Déterminée elle avance d’un bon pas et ne remarque pas une gamine qui court juste à ses côtés comme pressée de courir après une poussière ou je ne sais quelle autre mystère. Les badauds s’écartent pour la plupart, d’autres la saluent. Puis un peu plus loin elle entend

« Au voleur !!!» deux mots qui lui font lever les yeux malgré tout ; elle va pour passer son chemin après tout elle n’est pas garde ce n’est pas dans ses attributs de gérer un tel problème. Une femme âgée se rapproche d’elle et la supplie « Madame s’il vous plait elle m’a volée ma bourse c’est tout ce qu’il me restait j’vous en supplie ». Le regard de la vieille croise celui d’Anaïs ; elle perçoit toute la détresse de la femme, sa solitude également et condescendante elle lui pose sa main sur son épaule « Une p’tite rousse c’est ça ? Elle m’a bousculée toute à l’heure elle n’ira pas bien loin j’vous assure ».

D’un bon pas en courant Anaîs se met en chasse de la voleuse ; ce n’est qu’une gamine qui s’amuse certainement mais il va falloir qu’elle la rattrape pour lui rappeler les us et coutumes en Arven. Elle voit les cheveux roux juste devant elle et profite d’une petite ruelle pour la prendre par surprise dans sa fuite vers un lieu pour le moins inconnu pour l’instant « Hop là où vas-tu de si bon chemin ma p’tite dame ? » elle lui sourit ; la gamine ne doit pas avoir 12 ans au bas mot dans sa longue robe elle hausse un sourcil et laisse percevoir son épée ; la gamine ne partira pas sans lui avoir rendu la bourse de la vieille femme et après Anaïs pourra peut-être se rendre à l'Antennte afin de quémander sa mission.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptySam 16 Fév - 2:42

Novembre, un mois froid, un mois où les journées étaient de plus en plus courtes et de plus en plus difficile pour la petite rouquine dont le ventre montrait son mécontentement après avoir été privé de nourriture pendant plus de trois jours. Elle avait faim, très faim, mais elle n’arrivait pas à mettre la main sur la moindre miche de pain ou petite bourse, les gens semblaient plus vigilants en ce moment, plus difficile à berner ou à attendrir. Cela faisait près d’un mois qu’elle vivait comme ça, de rapine et chapardage en tout genre, amassant secrètement un petit magot pour rejoindre Lorgol, le tout dissimulé sous une planche d’une vieille maison abandonnée où elle dormait le soir, serrant sa petite broche, seul souvenir de sa vraie mère, pour ne pas céder au découragement.

Car découragement il commençait à y avoir. Elle avait du mal à se dire qu’elle avait eu raison de partir ainsi de chez elle, de fuir ainsi, sur un coup de tête. Mais jamais elle ne pourrait revenir, elle était trop têtue pour ça, trop fière pour pouvoir abandonner aussi vite. C’est ce qu’elle se disait chaque soir avant de tenter de dormir, le ventre souvent vide et la peur la tiraillant lorsqu’elle voyait les derniers rayons du soleil disparaître. Car elle avait peur de la nuit, bien plus que de se faire prendre ou de ne pas trouver de quoi manger. La Chasse hantait son esprit infantile, créant cauchemars et angoisses nocturnes qu’elle n’arrivait souvent pas à éloigner, lui laissant parfois de grandes cernes lorsque cela arrivait plusieurs nuits de suite. Elle avait toujours eu peur de ces histoires mais, dans la chaleur de son lit et derrière la porte rassurante de sa chambre chez ses parents, elle pouvait dormir. Mais maintenant, dormant à même le sol, enroulée dans une maigre couverture et dans une maison balayée par les vents, sa peur avait grandi, presque irrationnelle.

Son ventre grogna de nouveau et elle chassa ces sombres pensées de son esprit d’un revers de la main, comme si elle chassait une mouche particulièrement retorse. Comme chaque jour, elle fouinait aux abords des rues les plus fréquentées, tentant de repérer une bourse mal dissimulée ou quelques mets pas encore rangés ou mal surveillés. Elle changeait souvent de quartier pour éviter de se faire trop remarquer et pour que les gens ne s’habituent pas à sa présence. Qui se méfierait d’une enfant qui passait par là après tout ? Elle avait vite compris que son jeune âge et son air innocent la lavait de tout soupçon avant qu’elle ne commette le moindre méfait, lui assurant presque de ne jamais être inquiétée. Elle avait dû courir pour échapper à des commerçants ou des passants plus coriaces que les autres mais elle s’en était toujours tirée pour le moment et elle comptait bien continuer sur cette lancée.

Le regard bleu-vert de la jeune fille scruta la foule des badauds et ses pupilles se posèrent sur une bourse outrageusement visible, pendant négligemment à une ceinture. Elle n’hésita pas longtemps la rouquine, elle s’avança, la main sur sa dague, prête à récupérer ce qui serait probablement une semaine de ventre plein et un petit plus pour son magot. Elle n’avait pas le droit à l’erreur. Elle se fit silencieuse, discrète, évitant nonchalamment les passants lorsqu’ils apparaissent devant elle. Elle était entièrement focalisée sur la bourse. Ses doigts effleurèrent le tissu, la dague trancha aisément le cordon et l’objet convoité disparut dans l’une des poches cousues sur sa robe, en même temps que sa dague. Et elle s’éloigna au pas de course, ne voulant pas traîner dans les parages lorsque la personne se sera rendu compte de ce qu’il s’est passé.

- Au voleur !

Eloïse accéléra brusquement, évitant d’un bond les passants sur son chemin. Bon sang, ça avait été bien trop rapide, elle n’avait vraiment pas de chance ! Elle courut puis s’engouffra dans une rue transversale, vérifiant rapidement si quelqu’un l’avait suivi. Ne voyant personne, elle soupira de soulagement et entrouvrit la petite bourse qui allait lui permettre de se remplir l’estomac. Elle sourit en voyant qu’il y a de quoi tenir un moment avec ça et elle se hâta de la ranger et de recommencer à avancer avant qu’une femme ne lui barre la route et ne s’adresse à elle. La jeune voleuse fronça les sourcils en détaillant celle qui tentait de l’empêcher d’avancer. Elle aperçut l’épée qui pendait à sa ceinture et perçut l’attitude assurée de quelqu’un qui savait ce qu’il faisait. Elle jeta un œil derrière elle, mais rebrousser chemin signifierait retourner vers l’endroit de son méfait et cela devait grouiller de passants qui la cherchait, ce n’était pas une bonne idée. Le sourire de la jeune femme qui lui faisait face ne la rassura pas du tout, mais elle ne se laissa pas démonter.

- Je vais où je veux et cela ne vous regarde pas, laissez-moi passer !

Elle défia du regard celle qui l’avait probablement identifiée comme la voleuse dont on avait hurlé le méfait, mais elle ne pouvait pas rendre la bourse, elle en avait bien trop besoin. Comme pour affirmer ses pensées, son ventre grogna bruyamment, lui arrachant une petite grimace de douleur et de gêne. Il n’était pas question qu’elle renonce à l’argent qu’elle avait volé. Sa main descendit dans sa poche et empoigna le manche de la petite dague qu’elle conservait cachée. Son bras tremblait légèrement car elle angoissait, elle ne voulait blesser personne et l’épée de la jeune femme lui fichait la trouille. Mais elle avait tellement faim…

- Laissez-moi passer, qu’est-ce que ça peut vous faire de toute façon ? Il n’est pas à vous cet argent et j'en ai besoin !  


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyDim 17 Fév - 23:37

Elle sait bien Anaïs que ce n’est pas son boulot de poursuivre les voleurs, les gardes sont faits pour ça mais le regard implorant de la vieille l’a prise au cœur il y a quelques secondes de cela. De plus, son intransigeance quant au calme qu’il doit exister dans les rues de la Volte fait qu’elle ne tolère point le chapardage. Qui plus est, elle est encore moins à se moquer des personnes dans le besoin et à passer son chemin. Elle a certes des missions claires et précises à remplir pour gagner quelque argent afin d’entretenir son arme mais ce n’est pas pour autant qu’il faut cracher sur quelques services offerts soigneusement. La réputation se gagne non seulement dans sa carrière mais également par ses menus agissements dans la cité où elle a grandi et où elle vit à présent.

De plus, là il s’agit d’une gamine et elle ne peut tolérer cette attitude. La jeunette doit être perdue ou pire abandonnée pour agir de la sorte surtout en pleine journée. Au-delà de cette bourse qu’elle a décidé de récupérer, la guerrière suppose que la gamine a ses raisons pour agir ainsi ce qui l’incite à la rattraper rapidement. Ce n’est pas dans l’intérêt de la guerrière de chercher à faire peur à la fille qui lui fait face. La rousseur de ses cheveux ne fait aucun doute quant à ses origines, elle est une des leurs ce qui apaise la guerrière qui ne lâche pas malgré tout le pommeau de son épée.

Qui plus est la gamine a un aplomb qui élargit le sourire de la guerrière ; au moins celle-là elle a un caractère pour le moins hargneux à oser lui demander de la laisser passer et elle lui rétorque le plus naturellement du monde « Je te rassure je ne te laisserai pas passer ou si je te laisse partir mais tu me remets la bourse y’a pas de négociation possible ». La gamine est au courant, Anaïs ne tolérera pas de tour de passe passe quel qu’il soit.

Malgré tout la Cibellane est touchée des mots de la jeune inconnue ; elle est dans le besoin ? Mais pourquoi donc ? Quelle est l’histoire qui touche cette gamine qui tente de l’amadouer elle ? La guerrière, quelles que soient les motivations de la voleuse ne pourra passer l’éponge mais elle peut néanmoins l’aider. C’est en arborant la mine la plus sérieuse qui soit qu’elle s’agenouille à la hauteur de la gamine faisant fi de la moindre prudence.

Elle se met à son niveau et scrute son visage, entend également le gargouillement de son ventre qui semble l’orienter sur une origine peut être orpheline de cette enfant

« Il est pas à moi mais pas à toi non plus » c’est un fait et il faut que la voleuse le comprenne. Elle veut bien faire preuve de douceur la jeune femme mais il ne va pas falloir plus la tromper que ça sinon toute gamine est-elle, la voleuse risque de subir son courroux « Ramènes la bourse à la dame en t’excusant et je passerai l’éponge cette fois-ci après je verrai ce que je peux faire pour toi » aucune négociation possible alors que le ton de la guerrière est toujours doux.

La vieille femme par ailleurs est juste au bout de la rue. La gamine a deux choix affronter Anaïs ouvertement en la bousculant ou aller rendre l’argent à la femme. Au fond d’elle-même Anaïs se rend compte d’une chose flagrante ; elle ne se rendra pas du tout à l’Antenne aujourd’hui pour quémander quelques missions pour le moins alléchante, il semblerait plutôt que sa bonté naturelle la pousse à s’occuper de son prochain.

Pour le moins candide Anaïs a bon espoir que cette gamine va rendre cette bourse, cela l’ennuierait profondément de devoir immobiliser la gamine par quelque moyen que ce soit, ce ne serait pas très glorieux pour elle.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyLun 18 Fév - 12:02

La chance… clairement la chance l’avait laissé sur le bord de la route avant de se faire la malle, Eloïse en était convaincue. Elle était affamée depuis trois jours car elle ne trouvait rien à voler, et au moment où elle parvenait enfin à trouver quelque chose, voilà qu’une femme lui mettait des bâtons dans les roues, la menaçant implicitement de son épée et lui enjoignant de rendre l’argent. Elle était du coin, cela se voyait, la même rousseur, le même teint, le même accent qu’elle connaissait si bien. Mais ça, Eloïse s’en fichait, elle ne voyait qu’une gêneuse, une femme qui l’empêchait de disparaître et d’aller enfin se remplir l’estomac, qui l’empêchait de réaliser son rêve, et ça, elle n’appréciait pas.

Alors oui, son ton était peut-être un peu agressif et insolent, mais elle se disait que cela pourrait jouer en sa faveur. Mais surprendre un commerçant en parlant d’un ton hargneux est une chose, se jouer d’une guerrière en était une autre et visiblement, la jeune femme n’a pas l’air d’en avoir quelque chose à faire de son ton. Pas de négociation, elle rend l’argent, sinon elle suppose que la guerrière agira. Lorsque celle-ci s’approche et s’accroupit, Eloïse a un mouvement de recul instinctif, voulant à tout prix s’éloigner de cette épée qu’elle regarde avec appréhension.

Puis elle voit le regard se perdre dans l’allée derrière elle et elle tourne la tête. Une vieille dame est là, les regardant. Eloïse tique, parce qu’elle comprend son erreur en voyant les habits de la vieille femme, sa présumée victime. D’habitude, elle ne vole qu’à ceux qui ont de l’argent, qui ont l’air d’en avoir trop. Elle sélectionne, sachant qu’un riche sera moins regardant sur sa bourse qu’une personne plus modeste et qu’elle ne prive pas à son tour quelqu’un d’autre d’un repas. Mais cette fois, elle n’avait pas regardé, elle avait vu la bourse, elle avait foncé, sans réfléchir, sans voir qui elle volait, sans chercher à savoir et elle baissa la tête, penaude. Son ventre criait toujours famine, mais son esprit lui hurlait de rendre l’argent à présent, car elle savait qu’elle privait une personne, peut-être même plusieurs, d’un repas et ça, elle ne se le pardonnerait pas. La guerrière lui laissa le choix. Mais cela n’en était pas vraiment un. Jamais la rouquine n’arriverait à s’échapper, elle le savait, la guerrière était plus grande, plus forte et plus rapide. Elle était coincée et sa conscience lui jouait des tours.

Alors elle hocha la tête, sans rien dire et elle fit le trajet jusqu’à la dame à qui elle rendit la bourse. La gifle qu’elle se prit en échange lui laissa une empreinte rouge et douloureuse sur la joue mais elle ne dit rien, gardant la tête basse tandis que sa victime la traitait de petite crasseuse et autres insultes qu’elle ne pensait pas vraiment mériter. La vieille dame repartit après avoir remercié la jeune guerrière, la laissant avec une Eloïse qui se maîtrisait à grande peine. Les yeux lui piquaient et elle renifla plusieurs fois, refusant de verser la moindre larme. Pas question de montrer qu’elle avait mal. Elle attendrait d’être seule, cachée dans le recoin de son antre, pour laisser libre cours à sa frustration. Sa voix avait perdu toute hargne et elle ne fit que parler d’une voix tremblotante.

- Voilà… vous êtes contente ?

Elle voulait s’éloigner de la guerrière, retourner se terrer dans sa cachette. Elle allait devoir se résoudre à empiéter sur ses réserves, retardant encore un peu plus son départ pour Lorgol. Elle se sentait lasse. Elle en avait assez que le destin s’acharne ainsi sur elle, lui faisant miroiter réponses, joies et découvertes avant de tout détruire sous ses yeux. Elle qui espérait faire ça vite, voilà qu’elle désespérait, cela allait lui prendre des mois ! Elle qui espérait être parties avant l’arrivée des jours les plus froids, elle doutait de plus en plus d’y parvenir. Elle soupira et leva les yeux vers la guerrière qui ne l’avait pas quitté d’une semelle. Elle était presque résignée à présent.

- Et maintenant ? Vous allez me livrer aux gardes pour qu’on me jette en prison ?

Elle angoissait à cette idée. Elle n’avait jamais connu cela, fort heureusement, mais les récits qu’elle avait entendu sur des geôles dont elle ne se rappelait pas le nom, l’avaient effrayés, suffisamment pour la faire angoisser à l’idée même de passer ne serait-ce qu’une nuit là-dedans. Mais elle était lasse, fatiguée, affamée et se sentait impuissante. La chance lui avait complètement tourné le dos.


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyLun 25 Fév - 13:20

La fermeté quoi qu’il se passe avec qui que ce soit voilà ce qui caractérise Anaïs dans son travail de mercenaire. Elle ne tolère pas le moindre faux pas quand elle remplit une mission. Il va de soi qu’elle est un peu plus détendue entre deux d’entre elles mais quand un trouble de l’ordre public a lieu sous ses yeux et que les gardes ne sont pas là pour intervenir il lui arrive à de rares occasions de gérer le grabuge. Toutefois, bien souvent les gardiens de l’ordre public se mêlent de l’affaire, chacun son travail, chacun à sa place c’est ainsi que le monde dans son ensemble doit être géré afin que chacun y trouve son compte. Rien ne sert de faire le travail de l’autre quand le sien n’est pas terminé. Tel est l’adage qu’Anaïs utilise.

L’attention de la guerrière est portée sur la gamine qui est guère âgée. Qui plus est la situation l’amène à réfléchir. Il y a une vieille femme probablement veuve qui n’a plus que cette bourse, maigre pécule et cette gamine affamée seule dans les rues. Elle tente de rester de marbre vis-à-vis de la voleuse alors que déjà la victime apparaît au bout de la rue. Elle hoche la tête invitant la jeune fille à rendre l’objet de son vol. Cette dernière fait demi tour sans opposer la moindre difficulté. L’épée qu’elle porte à son flanc n’est certainement pas innocente à ce fait. Eloignée d’elle, Anaïs se remet debout et grimace vis-à-vis de la rouste qu’elle se prend. Lorsque la vieille femme la remercie elle opine à peine la tête, rien de plus. Elle ne dira pas qu’elle a fait son travail.

Lorsque la gamine revient vers elle la marque des doigts de la vieille femme sur sa joue, Anaïs soupire. Son cœur se serre un peu plus quand elle voit l’humidité dans les yeux de l’enfant. Elle n’est pas maman encore Anaïs, mais sa fibre maternelle résonne. Elle ne peut laisser cette gamine, seule, sans un sou et sans un repas repartir comme si de rien n’était. Elle voit dans son regard une peur qu’elle ne comprend pas.

« Pourquoi voudrais-tu que je te livre aux gardes ? Ce n’est pas mon boulot gamine, je suis une mercenaire et les gardes ne sont pas là estimes toi juste heureuse qu’ils n’aient pas entendu la vieille femme ; par contre que je ne t’y reprenne pas la prochaine fois oui c’est le cachot » elle reste professionnelle jusqu’au bout. Il ne faut pas qu’elle montre à cette enfant qu’elle est touchée par cette tristesse qu’elle lui présente. Elle ne sait pas qui elle est encore moins ce qu’elle cache en volant.


« Accompagnes moi veux tu je devrais pouvoir te payer un bout de pain et quelques friandises avant que tu ne retournes d’où tu viens et que ça reste entre nous cette histoire ; j’dirai que tu as filé en me donnant un coup mal placé ».

Elle tente de faire contre mauvaise figure bon cœur en adressant un sourire des plus naturels à la jeune fille.

« Dis moi qui es tu et pourquoi te promènes tu seule dans les rues de la Volte ? » elle choisit ses mots afin de ne pas faire fuir l’inconnue « Tu es bien jeune pour errer seule dans les rues où sont donc tes parents ? ».

Elles avancent de quelques mètres contournent une autre rue et Anaïs désigne une boulangerie qui fait l’angle. Avant de s’en rapprocher et de lui offrir une maigre pitance elle a besoin de savoir à qui elle a affaire raison pour laquelle, Anaïs s’arrête attendant une réponse de cette gamine.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyJeu 28 Fév - 16:04

Une fois la vieille dame disparut, Eloïse attendit que la guerrière décide de ce qu’elle allait faire. Elle cherchait toujours un moyen de lui fausser compagnie, parce qu’elle n’avait aucune envie d’être arrêtée, mais sa joue douloureuse et son estomac gargouillant lui enlevaient une grande partie de sa motivation. A quoi bon s’enfuir si elle ne trouvait rien à se mettre sous la dent ?  Elle soupira mais leva les yeux vers la guerrière lorsque celle-ci lui répondit en toute franchise. L’étonnement se fixa sur le visage de la rouquine, qui ne s’attendait pas à ça. Elle pensa néanmoins que la guerrière la sous estimait. La croyait-elle stupide au point de ne pas avoir vérifié la présence de garde aux alentours avant de tenter de voler ? Mais elle ne dit rien, gardant ses remarques pour elle.

Elle hésita un instant à la suivre. La promesse d’un repas, même frugal, la tentait, mais elle ne la connaissait pas et s’en méfiait. Rien de personnel, encore que, mais elle s’était mise à douter de tout et de tout le monde durant ce mois passé dans les rues, balayant les années d’éducations de ses parents comme si cela n’avait été qu’une passade. Le sourire sincère de la guerrière lui fit néanmoins hocher la tête et elle lui emboita le pas, toujours en silence, massant discrètement sa joue endolorie. La vieille avait frappé fort ! Elles avancèrent de quelques mètres avant que les questions ne sortent de la bouche de la guerrière. La rouquine jeta un œil vers l’indiscrète qui, au détour d’une rue, lui désigna une boulangerie. Elle comprit qu’elle devrait répondre aux questions d’avoir quelque chose. Mentir lui parut une évidence, elle avait appris à être convaincante ces derniers temps, mais elle préférait éviter de donner une raison à la guerrière pour lui nuire.

- Je m’appelle Éloïse. Ma mère est morte et mon père a disparu, donc je me débrouille en attendant de pouvoir le retrouver.

Ce n’était pas un mensonge, mais la plus stricte vérité. Elle omettait simplement de dire qu’elle avait fui le domicile de ceux qui l’avaient élevé jusque-là et que son père était probablement à Lorgol depuis sa naissance.

- J’ai treize ans et je me débrouillais très bien jusque-là.

Là par contre elle mentait un peu, et de toute façon elle n’était pas au mieux de sa forme, c’était flagrant, mais elle n’allait pas avouer qu’elle avait du mal dernièrement. Elle avait sa fierté et était une vraie tête de mule et pour elle, elle pouvait s’en sortir seule, pas besoin de l’aide ou de la pitié des autres.

- En quoi ça vous intéresse ?

Pas d’agressivité dans sa voix, une simple interrogation. Les gens ne s’intéressaient pas à elle. Ou ils faisaient semblant, pour faire leur bonne action du jour, la prenant en pitié alors qu’elle détestait ça de tout son être. Elle jeta un œil à la boulangerie, son ventre grognant en apercevant les pains et pâtisserie disposés sur le présentoir. Elle se fit violence pour ne pas montrer son envie et regarda de nouveau la jeune femme.

- Je ne vole pas par plaisir ou par cupidité. J’ai besoin d’argent, c’est tout. Mais je n’aurai pas dû voler cette femme, elle en avait besoin… mais j’avais faim…

Elle avait fait une erreur et ça elle l’admettait volontiers puisqu’elle s’en voulait déjà elle-même. Elle soupira et se dit que finalement, la guerrière l’avait empêché de mettre en péril la santé d’une autre personne. Elle n’aurait jamais su si la vieille femme était morte par sa faute ou si elle avait dû emprunter de l’argent, et elle s’en serait fichu. Mais elle l’avait vu, elle avait compris, et elle était presque soulagée de lui avoir épargné cela. Mais elle avait toujours faim, et si c’était à refaire, elle le referait probablement. Elle avait des principes, mais sa survie passait avant tout.


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptySam 16 Mar - 10:36

Imperturbable quoiqu’un peu surprise Anaïs accompagne la jeunette jusqu’à un croisement de rue. Malgré tout, la curiosité de la guerrière c’est un peu sa force et elle est bien décidée à tout savoir de cette jeune fille qui parcourt les rues de la Volte cherchant un méfait à accomplir. Elle semble jeune au premier coup d’œil, mais elle a appris à reconnaître que les traits de visage ne sont en rien transparents de l’âge réel de l’individu.

La guerrière soupire se disant au moment où elle interroge la jeune voleuse, qu’elle ne remplira aucune mission aujourd’hui. Déjà elle poursuit ses questions et la première réponse de la rouquine lui fait hausser un sourcil

« Tiens donc ta mère en digne habitante de la Volte vivait donc seule sans même une sœur ni même sa propre mère tu me vois bien surprise » bon ce n’est pas rare non plus. A bien détailler Eloïse, la jeune fille semble être dans les rues depuis quelques semaines déjà et ses habits ne trahissent nullement une origine noble. Elle fait partie de ces petites gens issues du peuple comme elle-même. Il n’y a aucun mal à cela il faut juste se donner les moyens de percer. Un peu de volonté et beaucoup de travail ont toujours payé. Elle esquisse un sourire en pensant à son propre parcours. Son souvenir subtil est vite balayé par ce que la jeunette lui révèle.

« Que faisait donc ta maman avant de décéder ? » elle cherche des explications et les obtiendra quoi qu’il en coûte « Tu as 13 ans ? On ne vit pas seule à 13 ans ma grande ; tes parents n’avaient pas de frère ni de sœur ? Ta marraine aurait pu prendre le relais au décès de ta mère non ? On ne laisse pas des enfants dans les rues de la sorte ».

La jeune fille maniait avec habileté les mots ce qui étonnait de plus en plus la guerrière. Elle n’est pas douée en perspicacité la jeune femme mais elle sent qu’Eloïse n’est pas aussi franche qu’elle semble en laisser paraître. La main sur l’épée Anaïs fronce les sourcils en se rapprochant d’elle.

« Bon assez joué avec moi jeune fille ; ton histoire est larmoyante peut-être pour d’autres mais je ne suis pas née de la dernière pluie ; cela semble inconcevable pour moi que tu sois ainsi laissée à toi-même sans une famille qui se serait manifestée pour te récupérer ; la mort de ta mère à moins qu’elle ne soit arrivée brutalement n’a pas pu laisser de glace les adultes qui t’entouraient et je ne parle pas de ton père disparu qui se manifestera tôt ou tard quand il saura qu’il a perdu son épouse ».

Anaïs a les yeux froncés et ne daigne pas s’accroupir au niveau de la jeune fille qui lui fait face. Elle soupire en regardant le bout de la rue. L’odeur de boulangerie et le bon goût sucré de quelques viennoiseries pourrait délier la langue de cette jeune fille fort peu loquace. Malgré tout, elle enchaîne cherchant à amadouer une fois de plus la guerrière, s’excusant même à demi mot de son acte.

« En quoi ça m’intéresse ? peut-être car à la base je voulais juste t’aider mais de ce que je comprends tu es en train de me servir une belle sérénade que tu as vraisemblablement appris par cœur non ? » et elle poursuit « Très bien tu as déjà compris que tu n’aurais pas dû voler mais maintenant tu sais quoi je vais aller t’acheter de quoi calmer ce ventre qui crie famine et après tu recommenceras ton histoire de 0 ? »

Elle est formelle sur ses menaces la guerrière alors qu’elle désigne du menton un petit muret sur lequel Eloïse peut s’installer

« Assieds toi là  je reviens » qu’elle s’en aille ou qu’elle reste Anaïs s’en contrefiche mais ce qu’il y a de certain c’est qu’elle a vu dans les yeux de la jeune fille cette faim qui la taraude. Une promesse de maigre repas contre des aveux réels voilà ce qu’elle demande et ce qu’Anaïs est prête à mettre dans la balance. Sans un regard pour la jeune voleuse la guerrière pénètre dans la boulangerie commandant quelques menus pâtisseries. Elle revient à l’endroit même où elle a laissé Eloise et lui tend le paquet.

La main sur le pommeau de son épée elle poursuit d’une voix ferme « Bon maintenant si on recommençait ton histoire ? » Bien campée devant Eloïse , Anaïs a toute la journée devant elle n’en déplaise à sa jeune voleuse.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyLun 18 Mar - 18:09

Eloïse était plutôt confiante dans sa capacité à raconter des bobards qu’elle avait mûrement réfléchis. Un soupçon de vérité pour que son regard ne se fasse pas fuyant, une histoire triste pour apitoyer et éviter que les gens ne posent davantage de questions, gênés qu’ils étaient de faire revivre des souvenirs supposément douloureux à la jeune fille qu’elle était. Elle n’était pas particulièrement fière de mentir, mais c’était un mal nécessaire pour son projet et sa survie. Elle n’en démordrait probablement jamais, elle devait faire ce pour quoi elle avait quitté la chaleur réconfortante de son foyer, quitte à y revenir plus tard pour s’excuser, s’expliquer, essayer tant bien que mal de renouer avec ceux qu’elle avait blessé. Mais pas tout de suite, car malgré tout, elle leur en voulait encore, se sentait toujours trahie et elle n’était pas prête à renoncer, pas prête à affronter des retrouvailles qui, elle en était convaincue, la ferait douter et probablement abandonner.

Alors lorsque la guerrière, pas si dupe que ça, commença à poser des questions, le masque qu’Eloïse s’était appliquée à porter faillit se fissurer, mais elle tint bon, réfléchissant à toute vitesse aux réponses à ces questions qu’elle n’avait jamais imaginées.

- Maman était… elle était couturière, et fille unique. Je ne connais pas les autres membres de la famille, ça n’a toujours été que nous deux.

Une part de mensonge, une part de vérité, un ton tremblant, voilà comment elle s’en sortait habituellement. Mais soit la guerrière avait un sens très affutée, soit Eloïse avait fait transparaître qu’elle mentait, car elle ne fut pas dupe. Elle ne croyait pas à son histoire et le lui fit savoir aussitôt. Elle tenta de garder un visage impassible mais son masque se fractura à l’évocation de son père et une certaine colère se mit à transparaître dans ses prunelles claires tandis que la guerrière continuait à monologuer. Lorsqu’elle s’éloigna après lui avoir demandé de l’attendre, Eloïse bouillonnait intérieurement. Elle n’avait pas le droit. Pas le droit de parler de son père, elle qui ne savait rien, rien du tout.

Elle hésita à fuir, à laisser en plan cette guerrière qui l’insupportait et qui l’avait percé à jour aussi facilement que ses parents lorsqu’elle mentait pour cacher une bêtise. Seule la faim la tint clouée près du muret contre lequel elle s’était adossée. Lorsque la guerrière revient, lui tendant un petit sac remplit de pâtisserie, Eloïse hésitait encore. Elle finit néanmoins par prendre le sachet, mais ne l’ouvrit pas, elle était trop fière pour ça, trop têtue pour avouer se laisser aller devant une inconnue. A la place, son visage initialement gentil se para d’une expression de colère qu’elle ne cherchait même plus à dissimuler.

- De quel droit ? Vous ne savez rien. Mon père va venir ? Ah, ne me faites pas rire, il m’a abandonné à la naissance, ne s’est jamais soucié de mon sort en treize ans et vous pensez qu’il va revenir pour moi alors que c’est moi qui ai tué ma mère en venant au monde ?

C’était sorti tout seul. Mais la jeune fille ne se rendit pas compte de son erreur, elle était furieuse et elle ne mentait pas lorsqu’elle était en colère, elle oubliait toute prudence lorsque sa raison perdait le combat contre la fureur. Sa colère n’était pas spécialement due à la guerrière, elle n’avait fait qu’attiser un feu qui brûlait depuis un moment déjà. Elle n’était pas non plus dirigée totalement contre cette femme, mais en grande partie vers son père qui l’avait abandonné, vers ses parents qui lui avait menti et vers elle-même pour avoir fui. Mais la guerrière avait été le déclencheur qui fit exploser la jeune fille.

- Comment vous réagiriez si vous appreniez soudainement que ceux qui vous ont élevé et que vous aimiez au-delà de tout autre chose ne sont pas vos parents et qu’ils vous mentaient depuis treize ans ? Que votre seule famille soit un enfoiré lâche et égoïste qui vous a abandonné à des personnes qu’il ne connaissait même pas ? Que vous n’êtes même pas désirée par votre seule famille ? Ma vie n’est qu’un immense mensonge !

La petite fille qui avait quitté le domicile en revalant ses larmes avait mûri en un simple mois de temps. Elle avait mûri bien au-delà de ce qu’on l’on attendait d’une enfant de son âge. Livrée à elle-même, elle avait grandi, elle s’était affirmée et elle ne pensait plus comme la petite fille qui souriait gaiement aux clients de la boutique de ses parents en fredonnant une chanson entendue lors de ces spectacles dont elle raffolait. Elle n’était plus la même et, même si elle n’en avait pas conscience, elle en souffrait. Elle souffrait de ne plus être insouciante, elle souffrait de devoir batailler pour survivre, elle souffrait de penser à ce père qui l’avait abandonné et à ces tuteurs qui lui avaient menti.

Mais parfois la petite fille qu’elle était toujours refaisait surface, brisant la carapace qu’elle s’était appliquée à construire autour d’elle, remparts pour se protéger des émotions qui la laissait faible et triste et qu’elle s’évertuait à éloigner. D’ordinaire cela arrivait lorsqu’elle était seule, recroquevillée dans son antre secrète, terrifiée par la Chasse et grelottant souvent à cause des courants d’air. Mais cette fois, elle réapparut en face d’une inconnue, tout ça à cause d’une faim qui la tenaillait et de paroles qui la mettaient en rage. Elle ravala les larmes qui lui brûlaient les yeux, reniflant en tentant de ne pas céder aux perles salées qu’elle ne voulait pas voir couler face à la guerrière.

- Vous vouliez savoir ? Vous savez maintenant. Ça vous suffit ou vous allez continuer à me menacer avec votre épée pour que je fasse tout ce que vous voulez ? Vous êtes comme les autres, vous ne vous souciez que de vous-même et de vos idées sur ce qui est bien ou non. Mais vous ne savez rien…

Elle jeta un regard au sachet de pâtisserie qu’elle tenait dans la main et le rendit à la guerrière après s’être relevée. Elle ne voulait pas de sa pitié, elle se débrouillerait seule, elle devait apprendre à ne pas compter sur les autres, ne compter que sur elle-même. Elle au moins ne pourrait jamais se trahir, alors elle n’avait pas besoin des autres.

- Je ne veux pas de votre aide ou de votre pitié. Laissez-moi tranquille…

Elle allait repartir. Elle allait retrouver son antre, se rouler en boule et laisser cette guerrière en plan. Elle n’avait pas de comptes à lui rendre, elle n’avait aucune raison de continuer à rester là et à la laisser la menacer sans rien faire. Elle voulait être en sécurité, elle voulait se sentir moins misérable qu’à l’heure actuelle. Alors elle s’épousseta, jetant un dernier coup d’œil à la guerrière avant de tourner les talons sans attendre.


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyDim 24 Mar - 13:53

L’histoire de la jeune fille l’intéresse. Mais ce n’est pas vraiment les bobards qu’elle lui conte qui la poussent à questionner encore plus la petite voleuse. Ce qui pousse Anaïs à agir de la sorte est son désir de protection. Elle ne peut laisser une enfant seule dans les rues, errer en quête d’un maigre repas ou butin. Les enfants ne sont pas faits pour grandir à la dure encore moins les filles. Elles sont les plus fortes dans son duché et cette jeune fille a par son attitude et ses belles paroles la tête de celle qui aura un avenir radieux.

Elle pourrait presque se reconnaître en elle un instant la guerrière. A la différence près qu’elle n’a pas une famille sans père ou encore sans autre membre. Anaïs a un groupe autour d’elle qui malgré ses doutes et ce manque de confiance en elle l’a toujours soutenue. Sa mère n’est pas des plus tendres mais quand elle a voulu embrasser la carrière de guerrière elle était là pour l’aider à avancer et à se perfectionner dans ses mouvements de jambe.


Elle opine de la tête n’ajoutant rien à la mention du métier de sa mère et quand elle se dirige vers la boulangerie Anaïs sait très bien qu’elle sera toujours là à l’attendre. Elle espère même qu’Eloïse sortira de ses gonds laissant sortir la vérité sur son histoire. Quand elle la rejoint lui donnant le sachet de viennoiseries les yeux de cette dernière trahissent une colère sourde. C’est pourquoi elle s’y engouffre, provocatrice elle accuse la voleuse d’un mensonge tissé avec habileté. Elle ne la quitte pas du regard et ne baisse pas les yeux faisant comprendre à la jeune fille qu’elle ne baissera pas la garde.

Ce n’est pas de la pitié qui s’empare d’Anaïs c’est plutôt de la justesse et l’envie de comprendre la situation ayant poussé Eloïse à agir de la sorte. Le silence s’est installé entre elles deux au moment où les mots secs et forts sortent de la bouche d’Eloïse. Elle la laisse faire et dire et son cœur se serre devant son histoire. Elle tente d’étouffer un peu sa surprise. Il ne faut pas qu’elle témoigne une once de pitié sans quoi elle partira et se fichera des quelques bons soins que la guerrière pourrait lui prodiguer.

Elle a grandi sans parent, dans des mensonges tissés par des personnes qui lui ont forgé une identité fausse des années durant. Comment a-t-elle simplement appris que ces adultes n’étaient pas ni sa mère ni son père ? Elle se retient de lui poser la question. Elle a envie aussi de lui demander où est ce couple qu’elle a vraisemblablement fui. Mais elle n’en fait rien laissant Eloïse l’agresser elle à son tour.


La guerrière reste là impassible lâchant le pommeau de son épée faisant retomber ses épaules pour la première fois depuis sa rencontre avec Eloïse. Elle laisse tomber sa garde et la regarde même s’éloigner lâchant au passage le paquet de viennoiserie. Elle aimerait la poursuivre, lui dire que vraisemblablement cette situation qu’elle a vécue avec ses parents adoptifs était pour son bien. Malgré tout Anaïs n’a pas conscience de tout, elle ne peut juger sans tout savoir et à l’heure actuelle elle doit juste rassurer cette jeune fille qui a vraisemblablement perdu confiance en tout ce qui l’entourait.

Elle se penche pour récupérer le paquet jeté à terre et en quelques enjambées rattrape Eloise ; elle pose sa main sur son épaule et d’une voix ferme l’invite à cesser la fuite « Stop » elle se positionne devant elle et la regarde dans les yeux et cette fois ci toute colère et menace ont quitté Anaïs « Je ne suis pas ton ennemie pas du tout ; je n’en ai pas rien à foutre de ta vie, tu es une jeune femme de la Volte et tu as le droit de vivre et d’avoir un avenir mais ce n’est pas en agissant de la sorte en volant que tu pourras parvenir à tes fins et de venger de la terre entière » elle met le paquet dans la main d’Eloise « car c’est ça que tu veux te venger non ? Faire payer à tous ceux qui t’ont nourri durant des années leur mensonge ? Faire payer à tes géniteurs leur abandon ? » elle continue tentant d’amadouer peut être vainement la jeune femme « Sérieusement tu ne crois pas que ces gens qui t’ont éduquée t’aimaient eux aussi ? Je ne sais pas comment tu l’as appris ni même où ils sont aujourd’hui mais tout le monde n’est pas forcément ton ennemi d’accord ? Tu es en colère tu as le droit, si tu veux tu pourras même venir chez moi ce soir pour être au chaud si tu as besoin de te rendre compte que dans ce monde tout le monde n’est pas forcément contre toi ».

Elle est spontanée dans sa proposition et elle espère bien que cette dernière parole saura trouver écho dans le cerveau de la jeunette… elle ne sait pas si elle est seulement réceptive, si elle se fiche complètement d’aide ou d’elle mais ce qu’il y a de sûr c’est qu’Anaïs n’aura aucun regret.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyLun 1 Avr - 14:09

Rarement Éloïse s’était sentie aussi mal qu’en cet instant alors qu’elle s’éloignait rageusement de la guerrière, reniflant et tentant de garder la tête haute malgré l’envie de s’effondrer qui la prenait au ventre. Elle avait vu le regard triste de la femme en face d’elle, elle l'avait vu lâcher son épée face à ses accusations et face au ton qu’elle avait employé. Elle aurait dû s’en sentir fière, mais non, elle se sentait misérable, parce qu’elle avait craché la vérité, qu’elle s’était laissé aller alors qu’elle n’aurait pas dû. Sa résolution commençait à se fissurer, lentement mais sûrement et il fallait qu’elle s’éloigne avant de fondre en larme en pleine rue et devant celle qui l’avait fait sortir de ses gonds si facilement.
Mais elle se fit rattraper, une main ferme et une voix du même acabit la forçant à s’arrêter tandis que ses yeux bleu-vert plongeaient dans les prunelles déterminée de la guerrière. Il n’y avait pas de colère ou de menace dans les paroles de celle qui la retenait fermement. Elle avait envie de s’échapper, elle avait envie de se débattre et de l’envoyer paître cette femme qui ne la laissait pas tranquille. Elle ouvrit la bouche mais fut prise de court. Elle resta muette pendant toute la tirade, ses mains agrippant le petit paquet de viennoiserie que la guerrière lui redonna. Mais elle se figea lorsque la guerrière pensa qu’elle voulait se venger.
- Mais pas du tout !
Elle cria presque, elle n'aimait pas qu’on pense qu’elle voulait du mal à qui que ce soit, elle n’était pas comme ça.
- Je les aime, je les aime vraiment ! Mais je leur ai dit des choses horribles, je leur en voulais tellement. Jamais je ne voudrais me venger ! Je sais qu’ils voulaient me protéger, je sais qu’ils m’aiment… mais je leur en veux tellement de m’avoir menti… je ne peux pas retourner les voir après tout ça… J’ai besoin de temps…
Elle avait du mal à ne pas fondre en larme. Elle serra le poing si fort que ses jointures blanchirent et que ses ongles commencèrent à percer la paume de sa main.
- Si je suis partie, c’est pour trouver mon père. Je veux juste comprendre. Je veux juste savoir pourquoi ! Pourquoi il m’a abandonné ? Pourquoi il a laissé de l’argent à ceux à qui il m’a confié s’il ne se souciait pas de moi ? Je veux juste savoir pourquoi…
Elle avait peur. Peur qu’il la rejette, peur qu’il ne la haïsse pour être née en tuant celle qui l’avait mise au monde. Car elle savait qu’ils s’aimaient, on lui avait dit, on le lui avait expliqué, selon les propres dires de sa mère. Et pour elle, elle avait détruit tout ça en venant au monde. Et elle s’en voulait pour ça, parce qu’elle était persuadée que c’était la raison pour laquelle il l’avait abandonné. Quelle autre raison pourrait pousser un père à abandonner son enfant si ce n’était pour ne pas avoir à élever une fille qu’il détestait pour avoir tué la femme qu’il aimait ? Elle n’avait que cette idée en tête, rien d’autre n’avait de sens pour elle, elle était forcément responsable. Mais elle voulait en être sûre, car cette idée la rongeait et elle n’arriverait pas à avancer vraiment tant qu’elle n’aurait pas la réponse, même si c’est celle qu’elle redoutait.
- Je veux juste retrouver ma famille.
Elle ne précisait pas laquelle, parce qu’elle ne savait même pas de laquelle elle avait le plus besoin. Ceux qu’elle croyait être ses parents lui manquaient, mais jamais elle ne pourrait leur faire face sans avoir eu des réponses, car elle avait besoin de ça pour avoir le courage de leur parler à nouveau. Donc elle se focalisait sur ce père inconnu pour l’instant. Ses yeux larmoyant s’élargirent face aux paroles de la guerrière qui l’étonnait de plus en plus à mesure qu’elle lui parlait. Elle se frotta les yeux de sa manche crasseuse avant de froncer les sourcils devant la proposition de la jeune femme.
- Je vous ai dit que je n’ai pas besoin d’aide…
Mais la perspective était tentante, elle devait l’avouer. Un vrai toit et peut-être autre chose qu’un sol dur et balayé par les vents. Elle avait beau être têtue et fière, elle était encore jeune la rouquine, elle avait envie de se sentir en sécurité, d’être au chaud, même si ce n’était que l’espace d’une nuit. Elle soupira longuement, les lèvres tremblantes, pesant le pour et le contre.
- … Vous n’avez pas peur que je pénètre chez vous ?  Que je vole quelque chose ?
Elle ne le ferait pas même si elle en avait l’occasion, mais ça, la guerrière ne pouvait pas le savoir. Elle essayait de lui faire comprendre que ce n’était pas une bonne idée, de la faire se rétracter et renoncer à sa proposition. Elle n’osait tout simplement pas accepter, parce qu’elle craignait de devoir une faveur qu’elle n’était pas sûre de vouloir ou pouvoir rendre un jour. Elle se triturait les doigts nerveusement. Que se passerait-il si elle acceptait ? Elle redoutait d’entrer chez une inconnue. Ce n’était pas la méfiance dû aux mensonges, simplement du bon sens. Combien de fois avait-elle entendu les mots « Ne suis pas les étrangers » sortirent de la bouche de ses parents ? Elle avait envie d’accepter malgré tout, et si la guerrière insistait, probablement qu’elle finirait par la suivre, mais elle hésitait.
- Je… Je ne sais pas si c’est une bonne idée.
Elle ne voulait pas dire non, mais dire oui impliquait qu’elle fasse confiance à une totale inconnue qui l’avait implicitement menacé. Elle leva des yeux intrigués vers la guerrière, essayant de déceler le vrai du faux. Elle ne vit aucune malice, simplement une spontanéité qu’elle n’avait tout simplement pas envisagée. Le petit paquet empli de nourriture dans sa main la décida finalement et c’est à mi-voix, presque honteuse, qu’elle lui répondit finalement.
- D’accord…
Rien d’autre. Les remerciements, s’il y en avait, viendraient plus tard, lorsqu’elle serait convaincue d’être en sécurité.


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyDim 7 Avr - 16:46

Anaïs reste calme, stoïque tentant de taire la nouvelle envie qui peu à peu s’empare de son esprit de mercenaire. La jeune fille, voleuse de surcroît, commence à altérer sa patience aussi importante soit elle. La guerrière pense qu’un petit tour au cachot pour Eloïse pourrait lui procurer le plus grand bien. Après tout cette jeune fille est prétendument seule et le sol dur de la prison lui apprendrait un peu plus la vie. Malgré tout Anaïs n’en reste pas moins femme douce cherchant à protéger son prochain et elle l’a amadouée la jeune rousse sous ses airs quelque peu hautains.

La guerrière a tenté de la pousser dans ses retranchements cherchant à savoir le vrai du faux dans son discours et il semble que ses mots aient fait mouche. Au fil des confidences de la jeune fille, Anaïs suspecte un projet de vengeance idée. Malgré tout elle se trompe lourdement preuve en est des paroles qui suivent la surprenant un peu plus. La jeune fille lui prouve habilement qu’elle a du caractère. Mais la guerrière n’est pas dupe et sait qu’au travers de telles attitudes de plus sombres blessures peuvent être dissimulées. Elle est bien trop jeune pour être aussi assurée dans ses propos. Anaïs comprend qu’elle ne saura rien de plus d’utile sur elle et choisit de ne pas creuser outre mesure dans cette direction qui risque d’altérer leur relation déjà bien mal entamée.

Eloïse l’a touchée par son histoire. Elle reste devant elle avec l’infime espoir qu’elle accepte un toit pour ce soir. Pendant un court instant Anaïs réfléchit à ce qu’elle vient d’apprendre sur sa jeune voleuse. Une enfant éduquée par des inconnus. Une enfant à qui on ment durant des années. Comment aurait-elle réagi elle si cela avait été le cas ? Eloïse lui a clairement précisé qu’elle ne voulait pas se venger mais seulement comprendre. Mais comment peut-elle faire sans avoir une seule aide, une seule idée de où se trouve celui qui est son père ?

Elle hoche la tête et reprend le cours des paroles pour apaiser Eloïse

« Je te comprends ; je ne saurais pas comment j’aurais réagi à ta place si j’avais su de telles choses ; malgré tout il ne faut pas oublier que tu n’es pas seule et je pense que tes parents adoptifs doivent être morts d’inquiétude non de ne pas t’avoir revu depuis… » oui depuis combien de temps a-t-elle fui à la recherche d’un homme qu’elle ne connaît pas qu’elle ne reconnaîtrait peut être même pas si elle venait simplement à le croiser dans la rue ?

Eloïse ne comprend pas à quel point ce monde est dangereux ; a peine est-elle sortie de l’adolescence que déjà d’autres dangers sortiront de nulle part pour l’emmener en pleine nuit ou journée vers d’autres duchés. Les lames sombres parcourent les rues en quête d’une cible et si jamais ils mettaient la main sur elle ?

Elle ne peut la laisser ainsi petite proie cible tellement facile pour les manants. C’est bien pour cela qu’elle lui propose de quoi se reposer une couche peut être loin d’être confortable mais un repas aussi maigre soit-il pour remplir son estomac qui crie famine. Anaïs masque un sourire subtil à la remarque de la voleuse.

« Je saurai te retrouver mais je fais confiance jeune fille, considères ça comme un gage de confiance mutuel ; je ne te jette pas aux gardes et je t’ouvre ma maison ce soir d’accord ? ». Elle a accepté et ce fait complait la guerrière. Elle est heureuse que la jeune fille s’ouvre à peine plus. Peut-être que demain au réveil il lui manquera des pièces, une tasse ou toute autre chose. Malgré tout cette rencontre, cette soirée en compagnie d’une adulte lui permettra de se rendre compte que tout le monde n’est pas si méchant que cela.

Eloïse a besoin de douceur et de responsabilité ; un tel gage de confiance lui sera vraisemblablement utile dans les années qui suivront.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptySam 13 Avr - 17:26

La colère enfouie depuis des semaines dans l’esprit d’Eloïse s’évapora peu à peu au contact de la jeune guerrière. Même s’il avait fallu pour cela que la jeune fille lui déverse tout ce qu’elle avait sur le cœur alors même qu’elle n’était liée en rien à sa situation malheureuse. Mais la solitude, la peur, le froid et la faim pesaient bien trop lourdement sur les frêles épaules de la toute jeune adolescente qui n’avait plus les repères qu’elle avait pour ainsi dire toujours connus. Le monde était désormais froid et hostile pour elle et la jeune fille ouverte et curieuse disparaissait peu à peu au fil des jours, remplacer par une version pleine de méfiance, luttant quotidiennement pour ne serait-ce que manger.
Elle-même savait que sa façon d’être n’avait rien d’agréable ou d’engageant, mais elle ne cherchait pas à plaire à d’autres. Elle se fichait des autres à présent, elle vivait pour elle. Seule sa consciente, reste des treize ans d’une éducation bienveillante, l’empêchait encore de basculer complètement dans l’égoïsme el plus virulent. Car égoïste elle l’était, assurément, mais elle veillait à ne pas empiéter sur autrui. Mais ça, personne ne pouvait se le représenter en la voyant ainsi et elle en jouait, apparaissant volontiers plus farouche qu’elle ne l’était en réalité. Masque qu’elle venait de complètement briser face aux paroles de la guerrière. Elle comprenait ? Comment pouvait-elle comprendre ? Trop jeune, elle n’imaginait pas qu’une adulte puisse se mettre ne serait-ce qu’un instant à la place qui était désormais la sienne.
-  Je sais bien. Mais je ne rentrerai pas comme ça.
Sous-entendu qu’elle ne retournerait pas chez elle sans avoir appris quoi que ce soit. Si cela semblait être une fierté mal placée, la réalité était plus simple. Elle avait simplement peur de rentrer, peur de leur réaction, peur d’avoir détruit l’équilibre familiale qu’ils s’étaient évertué à créer avec elle alors qu’elle n’était que la fille d’une amie, l’élevant pourtant comme la leur. Aussi préférait-elle ne pas avoir à affronter des retrouvailles qu’elle redoutait bien plus qu’elle n’oserait jamais l’avouer.
Alors lorsqu’elle lui proposa de venir chez elle, la petite hésita. Elle ne devrait pas accepter, elle n’avait aucune raison de le faire. Mais elle était épuisée, autant physiquement que mentalement, et elle finit par accepter après une molle tentative de dissuader la guerrière qui  n’eut pas l’air dupe quand à un potentiel vol qu’elle ne commettra de toute façon jamais chez quelqu’un qui lui ouvre ainsi sa porte. Elle dit qu’elle lui faisait confiance, gênant un peu la jeune fille qui n’accordait plus sa confiance à grand monde depuis un moment déjà.

Lorsque la guerrière lui fit signe, la jeune fille, son paquet toujours dans les mains, la regarda, hésitant toujours malgré son assentiment avant d’enfin lui emboîter le pas. Elle se posta à côté d’elle, les yeux fixés sur la rue, triturant nerveusement le paquet qui ne quittait pas ses petites mains. Elle garda un mutisme une bonne partie du trajet, jetant parfois des regards en biais à quelques marchands comme si elle craignait qu’ils ne l’aperçoivent, la petite voleuse qui passait parfois par ici pour chiper un bout de viande, de pain ou quelques fruits. Mais rien ne vint perturber la marche de l’étrange duo à travers les rues de la ville. L’adolescente suivit docilement, sans se plaindre ou dire quoique ce soit, se contentant de hocher la tête aux éventuelles paroles de la guerrière, n’écoutant que d’une oreille distraite, l’esprit focalisé sur la seule information qui valait vraiment la peine de tenir compte. Elle allait dormir au chaud, loin du froid et de la peur pour une nuit.
Elle se posa mille questions durant ce trajet, allant de l’identité de la jeune femme à sa vocation, passant par son étonnant changement d’attitude à son égard, gardant néanmoins la plupart de ses questions pour elle-même. Elle est d’un naturel curieux et bavard pourtant mais elle garde un silence presque obstiné, ses lèvres ne laissant passer que quelques sons résumant ce qu’elle souhaitait comprendre avant de finalement faire un pas de plus.
- Pourquoi ?
Elle s’arrêta, fixant la jeune femme d’un air partagé entre la méfiance et une certaine incompréhension.
- Pourquoi vous tenez soudainement à m’aider ? Je ne connais même pas votre nom et vous m’ouvrez votre porte comme ça alors que vous savais comment je vis…
Elle avait besoin de comprendre. Elle devait forcément avoir un intérêt, personne ne faisait jamais rien sans un certain intérêt, même minime. Lorsque quelqu’un lui donnait quelque chose c’était toujours pour recevoir un merci ou un sourire en retour, pas par altruisme comme beaucoup peuvent le penser. Pourquoi ferait-elle exception ? Elle avait mis du temps à formuler ce qui la dérangeait, mais elle voulait en avoir le cœur net à présent. Qu’allait-elle devoir donner en échange ?


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyLun 15 Avr - 2:58

La bonté d’Anaïs la perdra tôt ou tard elle le sait mais elle ne pouvait pas laisser cette jeune fille seule dans les rues de la Volte. C’est sûr que cette réaction qu’elle a eue de lui offrir le gîte et le couvert pour une nuit va en surprendre plus d’un mais quelques fois Anaïs redevient cette enfant qui n’aspirait que trouver le bonheur et la douceur. Au fil du temps elle est peu à peu devenue cette guerrière, mercenaire n’agissant que pour quelques pièces. Malgré tout chassez le naturel et il revient au galop. C’est dans les yeux de cette enfant qu’Anaïs a succombé, laissant parler une partie de son âme.

Elle entend que le retour d’Eloïse dans sa famille, celle qui l’a élevée sans être sa génitrice sera compliquée et ne se fera pas de sûr tout de suite. Quoi qu’il en soit ce soir l’enfant ne dormira pas dans les rues car tel est son choix, ce qu’elle a souhaité pour la journée et le lien qui l’unira à cette enfant qui elle l’espère osera se souvenir de la bonté qui émane de la guerrière.

Tout au long du trajet la rapprochant peu à peu de chez elle Anaïs croise quelques regards connus ; elle échange deux mots avec un guerrier de la Guilde qui regarde perplexe l’enfant qui la suit. Les explications sont pour le moins sommaire mais satisfassent largement son camarade d’armes. Elle n’a pas à se justifier car pour elle, pour son cœur de femme de la Volte son action va dans le sens qu’elle a toujours souhaité.

Elle tend la main à Eloïse la serrant pour la rassurer juste un peu plus et surtout lui faire presser le pas. Elles sont encore à quelques rues de leur destination lorsqu’une nouvelle salve de questions surgit dans la bouche de la jeune rousse. Anaïs se retourne et soupire.

« Il y a vraiment besoin que je me justifie auprès de toi ? Vraiment ? De quoi as-tu peur que je ne te tue pendant ton sommeil ou que je te demande ce que tu n’es vraisemblablement pas capable de me payer ? » elle y va fort mais pèse ses mots car la jeune fille semble déjà connaître bien le monde dans lequel elle vit, elle semble bien plus mature que son jeune âge aurait pu laisser croire et elle poursuit son chemin et ses paroles doucement invitant Eloïse à faire de même.

« Je m’appelle Anaïs nul besoin de nom de famille si tu veux me trouver tu demandes à la guilde ou même à l’échoppe à peine plus loin où tu peux trouver Anaïs la guerrière tu ne devrais pas avoir de mal à me trouver ». Elle soupire arrivant à cet endroit où la jeune voleuse à commis son méfait « On ne sait jamais on va contourner des fois que l’on retombe sur la veille femme je serai contrainte de m’interposer si elle venait à te frapper une nouvelle fois » Elle tire Eloïse par la manche la faisant passer par une autre ruelle.

« Eloïse fais moi confiance je ne te demande rien juste de me faire confiance ; je suis une femme d’ici, une jeune fille qui comme toi me cherchait un avenir quand j’étais enfant ; j’ai choisi d’être guerrière, mercenaire peut être que tu seras comme moi plus tard ? Je serai là pour toi si jamais ».

Un espoir subtil perce, une envie de guider à son tour une enfant perdue dans les rues de la vie ; qui sait ? Peut-être que son chemin recroisera Eloïse alors qu’elles arrivent en vue de la petite maison d’Anaïs.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyDim 21 Avr - 17:18

Eloïse resta silencieuse alors qu’elle suivait la guerrière jusqu’à chez elle. Elle était soulagée qu’elle n’ait pas essayé de la persuadé de retourner chez ceux qui l’avaient élevé jusque-là. Elle n’aimait pas y penser et encore moins en parler, aussi se contenta-t-elle de suivre la jeune femme en silence, déambulant dans les rues de La Volte. Plusieurs fois la jeune guerrière s’arrêta pour saluer quelqu’un, les regards interrogateurs se posant systématiquement sur la fillette qui l’accompagnent.  Regards qui mettaient Eloïse mal à l’aise, mélange de curiosité, de pitié et parfois de dégoût en voyant les habits et la peau sale de l’enfant qui détourna le regard comme si ne pas les regarder signifiait soudainement devenir invisible à leurs yeux, aux yeux du monde.

Elle croisa un autre guerrier qu’elle semblait connaître, donnant des explications sommaires qu’Eloïse n’écouta pas vraiment, trop occupée à lorgner sur l’épée qui pendait à la ceinture du mercenaire. Elle n’avait rien à craindre pourtant, aucune raison pour que la lame sorte au clair, mais elle se méfiait et cela avait toujours porté ses fruits, alors elle préférait continuer. Lorsque la guerrière repart et lui tend la main, elle la saisit après hésitation, la prenant timidement, presque à regret. La poigne ferme, mais douce, de la guerrière la fait gentiment accélérer un peu le pas. C’est à ce moment qu’elle demande, qu’elle s’interroge. La guerrière se retourne, visiblement exaspérée par la méfiance excessive de l’enfant. Elle répond néanmoins, des paroles fortes qui  firent échos aux peurs de la fillette qui se figea, un air légèrement embarrassé sur le visage.

- Un peu… On ne sait jamais.

Elle était honnête en répondant ainsi. Après tout, personne ne s’inquièterait si elle disparaissait soudainement de la circulation. Mais la façon légèrement agacée qu’avait eu la guerrière de lui dire cela la rassura en partie. Elle lui fit néanmoins signe de la suivre et Eloïse obtempéra sans rien dire, l’écoutant silencieusement.

Anaïs… un prénom agréable à l’oreille qu’elle n’avait jamais entendu. Apparemment connue dans le quartier d’après ce qu’elle dit. Eloïse haussa un sourcil en l’entendit lui dire qu’elle pouvait facilement la retrouver, mais se garda bien de dire qu’elle n’était pas certaine d’un jour vouloir revivre ce genre d’expérience. Aussi fut-elle surprise lorsque la guerrière lui attrapa le bras pour la faire passer pas une ruelle, souhaitant apparemment lui éviter de repasser dans la rue de son précédant méfait. Eloïse, trop accaparée par ses pensées, n’avait même pas fait attention aux alentours et la remercia d’un souffle alors qu’elle l’emmenait à travers le dédale de rues de La Volte.

Et voilà qu’elle lui demande de lui faire confiance. La fillette ne dit rien, la laissant terminer sa tirade. Tirade qui lui fait se questionner malgré elle. Peut-elle de nouveau faire confiance à une adulte ? Une qui la menacer qui plus est ? Et son futur ? Elle n’y a jamais réfléchis. Tout son esprit est tourné uniquement vers son père, son futur repose surtout sur sa détermination à poursuivre ou non sa recherche et sur sa chance à trouver ce qu’elle cherche. Autant dire que le futur lui importe peu, seul le présent importe.

- Vous êtes gentille…

Sous-entendu qu’elle était naïve à espérer ainsi d’elle qu’elle lui fasse confiance et à lui dire qu’elle pourrait devenir comme elle. Mais être guerrière veut dire être courageuse, et ça, Eloïse ne l’est pas, loin de là. Seule la peur la fait avancer et, selon elle, ce n’est en rien du courage.

- Mais guerrière ça me plaît pas. Enfin… c’est pas pour moi quoi.

Non, elle, elle voulait voyager, découvrir le monde. Enfin c’était son rêve. A présent elle était plus pragmatique et se contenter de souhaiter manger chaque jour. Tandis qu’elle se faisait la réflexion qu’elle n’avait pas vraiment réfléchi à son futur, le duo arriva devant la petite maison d’Anaïs. Voyant la maison et Anaïs s’avancer sans hésitation vers la porte, Eloïse se figea un instant, toujours réticente malgré les paroles de la guerrière. Si de simples mots pouvaient la faire changer, elle serait une girouette à force. Mais ce fut son ventre et le petit sachet qu’elle tenait toujours qui la décidèrent à finalement suivre la jeune femme jusqu’à la porte.

- Elle est jolie votre maison. Elle ressemble à…

A celle de ses parents, bien que plus modeste. Se remémorer la maison où elle a grandi la fait soupirer mais elle suit néanmoins Anaïs lorsqu’elle entre, veillant à ne rien toucher et à attendre les directives de la jeune femme.

- Vous… vous voulez que je vous aide pour quelque chose ? Pour… ‘fin en échange.

A croire qu’elle n’a pas retenu les paroles de la guerrière ou qu’elle n’y croit pas vraiment, proposant tout de même de l’aider contre la sécurité d’un foyer pour le reste de la journée et de la nuit.


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyMar 23 Avr - 23:47

Son bon cœur la perdra tôt ou tard elle le sait mais pour l’instant Anaïs n’a qu’une seule envie regagner chez elle quoique cela lui coûte en compagnie de la jeune voleuse. Elle a bien remarqué la peur soudaine qui s’est emparée d’elle quand ils ont croisé un de ses camarades et elle a habilement détourné l’attention de ce dernier par quelques mots plus ou moins convaincants.

Quoi qu’il en soit elles sont bientôt arrivées et la mention de gentille la fait hausser un sourcil et même rire quelques secondes.

« Cesses donc tes bêtises ; au début de notre rencontre tu ne voulais pas du tout m’accompagner et maintenant on dirait que tu es toute penaude ; commencerais-tu simplement à comprendre que tout le monde n’est pas ton ennemi ? »

Anaïs n’est pas bête, l’enfant est intelligente et depuis qu’elle converse avec elle, la guerrière a compris qu’il fallait utiliser les mots à leur juste valeur sans détour. Cette fille vit dans les rues, elle n’a nulle part où aller. Elle vit à la dure et Anaïs sait que les gens de la cité vivant en dehors des maisons de pierre sont bien loin d’être les plus stupides au contraire. C’est ce fait là qui inquiète Anaïs. Elle n’a pas envie que cette enfant tombe entre de mauvaises mains.

Elle aimerait bien que la gamine vienne dans quelques années la rejoindre à l’Antenne pour apprendre à être comme elle mais sa réponse laisse ses espoirs pour le moins stériles. Il n’en sera rien elle en est certaine. Cette lueur qu’elle voit dans les yeux d’Eloïse n’était pas présente dans les siens à son âge. Il a fallu bien plus de temps à Anaïs pour comprendre ce qu’elle voulait faire. Avant de rentrer chez elle d’ouvrir cette porte elle marque un temps de pause se retournant vers son invitée du soir. Que va-t-elle devenir ? Quel projet a-t-elle pour les années à venir qu’elle ne lui a pas encore dévoilé ? La seule chose dont Anaïs soit certaine est qu’Eloise n’est pas prête de tout lui révéler… plus tard peut-être.

D’un signe de tête elle l’invite à la suivre à l’intérieure de sa sobre demeure ; une paillasse au fond, une table quelques chaises tout ce qu’il y a de plus simple. Une seconde paillasse à l’étage servira à Eloïse cette nuit ainsi si jamais elle sort en pleine nuit Anaïs pourra la surveiller.


La guerrière pose sa veste mais garde son épée, juste pour le cas où, à sa ceinture alors qu’elle commence à se diriger vers la cuisine en sifflotant. Les questions de l’enfant sont restées en suspends et elle se retourne épluchant quelques pommes de terre.

« A quoi te fait donc penser cette maison ? tu n’as pas fini ta phrase je t’en prie continue je ne te jugerai pas, une fois de plus » il faudra qu’elle s’habitue à l’entêtement d’Anaïs ne lui en déplaise et elle poursuit « Assieds toi je t’amène des couverts une miche de pain et une fois que tu auras le ventre rempli tu me conteras ton avenir ».

Le sourire aux lèvres, Anaïs se détend minute après minute. Porte close les séparant des passants un peu trop curieux il n’y a plus personne pour les entendre ni même les regarder. Quoi qu’il en soit si sa jeune invitée ne veut rien dire de plus elle ne la forcera pas… ce n’est pas son souhait de la brusquer outre mesure.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyVen 26 Avr - 18:20

Eloïse était quelque peu partagée entre la joie de passer une nuit au chaud te la méfiance inhérente à sa nouvelle vie. Elle suivit la jeune guerrière docilement. Elle répondit rapidement aux quelques questions, sans s’étendre. Elle n’aimait pas parler d’elle, elle l’avait déjà trop fait sous le coup de la colère un peu plus tôt, elle se contenterait de rester évasive. Elle ne put cependant pas empêcher une remarque devant l’évidente bienveillance d’Anaïs qui haussa un sourcil avant de rire quelque seconde, faisant apparaître un visage perplexe sur le visage de l’enfant. Elle l’écouta avec un air étrange peint sur le visage, une sorte d’impassibilité forcée qui contrastait bien trop avec l’air quelque peu anxieux qu’elle avait quelques secondes auparavant.

- Il n’y a pas d’ennemis pour moi, simplement des inconnus.

C’était ainsi dans sa tête. Elle ne connaissait véritablement personne, à part ses parents. Et même là, elle n’était pas toujours certaine de réellement les connaître. Il y avait bien quelques enfants ou des connaissances, mais elle ne voyait personne, alors elle les avait relégué dans un coin de son esprit, là où elle pouvait ne pas y penser pour avancer. Elle avait fait de son mieux pour disparaître, vivant à l’autre bout de la ville, loin des endroits connus qui lui rappelaient trop de souvenirs. Et cela avait payé, plus ou moins. Rares étaient les moments où les souvenirs la faisaient regretter d’être partie, car elle les rejetait aussitôt, pensant à autre chose. Elle était devenue très forte à ce petit jeu. D’aucun dirait que ce n’était que remettre à plus tard un problème présent, mais elle s’en fichait, tant qu’elle ne pensait pas à des choses qui al rendaient tristes, cela lui suffisait.

Anaïs marqua une petite pause avant d’ouvrir la porte, regardant Eloïse d’un air curieux et intrigué, comme si elle cherchait à répondre à des questions en scrutant les réactions de la fillette. Mais rien ne dût lui venir car elle entra finalement, invitant la toute jeune à la suivre. Si d’extérieur la maison lui rappelait la sienne, l’intérieur était bien plus austère, sans fioritures. La ressemblance l’avait un peu décontenancé, mais l’intérieur la rasséréna et aucun souvenir ne vint se greffer dans son esprit.
La guerrière se débarrassa de sa veste et Eloïse nota l’épée qui ne l’avait pas quitté. Se méfiait-elle ou était-ce une habitude ? Elle n’aurait su dire et garda son regard inquiet fixé dessus un peu trop longtemps avant de finalement reprendre ses esprit et écouta la jeune guerrière, s’asseyant comme elle lui avait demandé et posant le sachet qui ne l’avait pas quitté.

- Rien d’important… ça ressemblait à chez… ‘fin là où je vivais.

« Chez moi ». Elle avait failli le dire, mais s’était ravisée. Ce n’était plus chez elle. Ses yeux se plissèrent lorsque la guerrière parla de son avenir à elle, la fille vivant dans la rue. Elle n’était pas certaine de bien comprendre ce qu’elle voulait savoir, ni même si elle pouvait répondre. Elle n’y pensait plus à ce genre de chose, plus du tout. Elle garda le silence en regardant Anaïs s’affairer, réfléchissant à ce qu’elle pouvait bien répondre. Elle n’avait aucune obligation après tout, mais le fait de ne pas savoir quoi répondre la perturbait. Avait-elle seulement un avenir ? Elle n’y avait pas pensé. Si elle ne le trouvait pas ? Et même si elle le trouvait, que se passerait-il ensuite ?  Elle n’en savait rien, elle n’avait aucune idée de ce qu’elle pourrait faire.
Elle resta un moment les yeux perdus dans le vague, scrutant sans le voir le bois de la table qui accueillit le repas. Son esprit tournait à plein régime, mais une seule réponse finissait par ressortir.

- Mon avenir ? Je n’y ai pas pensé… je sais pas…

Elle semblait véritablement abasourdie par l’idée de ne pas savoir. Elle savait faire plein de choses avec son esprit ou grâce à ses dix doigts agiles, mais le fait de n’avoir aucune option à envisager pour « l’après » la perturba. Elle ne comptait pas réellement voler toute sa vie, pas plus qu’elle ne voulait vivre dans la rue, mais quant à savoir comment s’en sortir, elle n’en avait aucune idée.

- Comment vous avez su ? Vous avez toujours voulu faire ça, guerrière ?

Peut-être qu’en écoutant Anaïs, elle aurait quelques éléments de réponse, mais en attendant elle semblait vraiment perdue. Elle savait ce qu’elle ne voulait pas faire, mais ce n’était même pas un début de réponse. Et si elle retrouvait son père, voudrait-elle suivre ses traces ? Pas sûre non plus. Elle avait compris que lui et sa mère étaient vraisemblablement de la Cour, mais de là à faire de même…  Elle eut un léger soupire. Comme si elle pouvait dire cela à la guerrière en face d’elle.


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyDim 25 Aoû - 12:36

Les quelques pas qui les séparent de la demeure d’Anaïs furent bien plus courts qu’elle ne le pensait initialement d’autant plus que sa jeune voleuse semble soudainement un peu plus contrite. Elle l’observe c’est un fait et elle esquisse un sourire aux termes d’inconnus. Oui c’est bien l’impression que la jeune guerrière éprouve envers cette attitude nouvelle qu’Eloise lui présente. Elle ne lui en veut pas après tout puisqu’elle était un peu comme elle. Il va sans dire qu'aujourd’hui que cette relation d’inconnu et d’employeur a conduit à Anaïs à faire retomber cette crainte naturelle qu’elle éprouvait.

« Je te comprends cela va peut être te surprendre mais au fil de temps ces inconnus tu travailleras peut être avec, tu apprendras  à faire semblant, être à l’aise alors que ta méfiance est à son paroxysme ; en grandissant tu apprendras ».

Déjà elles se trouvent devant la maison de la guerrière, elles y pénètrent et une fois à l’intérieur la veste d’Anaïs rejoint vite une chaise bienheureuse de se trouver là. Elle garde un œil prudent sur la jeune fille, il manquerait plus qu’elle vienne à lui voler ses maigres économies. Elle ne sait pas si elle comprendra seulement le double sens de la phrase qu’elle lui a adressée juste avant de rentrer. Elle lui ouvre sa demeure mais n’en reste pas pour autant méfiante. Offrir le gîte et le couvert n’est pas gage d’une franche camaraderie. Au contraire de cette impression trompeuse, la guerrière se sert du fait que son invitée soit un peu plus à l’aise pour glaner d’autres informations.

Elle esquisse un sourire en, notant le regard appuyé d’Eloïse sur son épée. Ne lui en déplaise elle ne l’ôtera pas, le seul moment où  elle s’en sépare c’est pour dormir et encore cette dernière se trouve juste en bas de son lit prête à l’emploi si elle vient à être attaquée dans son sommeil.

« Ne t’inquiètes pas tu ne crains rien de moi cette arme est purement de défense elle fait partie de ma tenue je ne saurai m’en démunir » avec un petit clin d’œil pour qu’elle se détende un peu plus. Eloïse reste évasive sur l’impression que sa maison lui donne. Elle sent bien que toute nouvelle question se solderait par une réponse tout aussi évasive aussi elle n’insiste pas l’interrogeant sur autre chose. Elle sort deux assiettes en pose une devant sa jeune invitée, récupère une miche de pain et fait chauffer la soupe qu’elle s'est préparée pour elle.


Elle la remue silencieusement aux aguets des réponses d’Eloïse jusqu’à la question qui la laisse sans voix. Sa décision d’être guerrière ne s’est pas faite d’un clin d’œil, sa mère ne lui a pas imposé, Anaïs avait libre choix et au final c’est lors d’une procession dans les rues de la Volte que l’évidence lui a sauté aux yeux. Son travail a été long et dur par la suite mais aujourd’hui elle fait ce pour quoi elle s’est toujours sentie prête.

« Non ce n’était pas une évidence tu sais ; gamine j’étais une enfant qui participait au foyer sans réel autre but ; en grandissant j’ai compris le rôle de la femme dans ce duché, je savais que je devais me décider et rester des heures durant à m’occuper de la volaille ou autre non je ne me voyais pas vieillir en faisant cela. C’est le Destin qui m’a guidée, qui m’a montrée une procession et un autre aspect des guerriers : l’escorte. Stupidement j’assimilais le guerrier à sa première fonction la guerre, le combat jusqu’à la mort mais il n’y a pas que cela. Le côté assistance et aide est ce qui me convient bien qu’il m’arrive des fois de sortir cette lame de son fourreau » désignant son côté..

Elle venait de faire un énoncé brillant de son histoire à une inconnue mais après tout il n’y a aucun mal à cela non ? Ramenant la marmite sur la table prenant une cuillère au passage elle s’installa sur un tabouret face à Eloïse la servant au passage.

« Pourquoi toutes ces questions ? »

Une seule question pas d’autre pour cerner encore un peu plus Eloïse au risque de la pousser dans ses retranchements.

Spoiler:
 












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyLun 2 Sep - 22:26

Jetant des regards à la fois curieux et anxieux autour d’elle, Eloïse suivit Anaïs chez elle après avoir haussé les épaules face à sa réponse. Elle mentait déjà, alors elle pensait être plus qu’apte à faire semblant, elle l’avait déjà fait, avec plus ou moins de succès selon les personnes. Anaïs n’avait pas été dupe, mais elle était une des rares pour le moment. La méfiance, c’est tout ce qui lui restait. Elle n’avait confiance en personne. Comment aurait-elle pu ? Treize ans de mensonges et la vérité dévoilée parce qu’ils étaient dos au mur. La confiance qu’elle avait en eux avait volé en éclat et avec elle toute envie de croire à nouveau en cette idée. Elle avait suivi Anaïs par intérêt, pas par confiance, mais elle n’allait certainement pas le lui dire. Et puis, si elle était tout à fait honnête avec elle-même, elle était un peu contente que quelqu’un s’occupe un peu d’elle. Elle savait que cela ne durerait pas, qu’elle repartirait avant même qu’Anaïs ne se lève, mais elle lui en était tout e même reconnaissante, de cette main tendue, malgré des débuts difficiles.

Visiblement la méfiance était tout de même réciproque et la rouquine perçut sans mal les regards en biais de la guerrière, préférant les ignorer en se concentrant sur la maison ou la pointe de ses souliers puis sur l’épée accrochée à la ceinture de la guerrière qui ne comptait apparemment pas s’en séparer, arguant qu’elle faisait partie de sa tenue, pour sa propre défense. Eloïse comprenait cela, dormant elle-même en serrant les deux seuls objets qu’elle possédait vraiment, la broche de sa mère et la petite dague qui était cachée dans sa robe, bien à l’abri des regards. Elle remercia Anaïs lorsque celle-ci déposa une miche de pain devant elle. Elle hésita à manger malgré sa faim, regardant la guerrière remuer le contenu de son assiette avant de lui poser une question qui sembla la prendre au dépourvu. Elle avait pourtant commencé à l’interroger sur son avenir, à elle, la gamine des rues, pourquoi semblait-elle si surprise ? Elle finit par répondre et Eloïse l’écouta, silencieuse. Elle tiqua lorsqu’elle parla du Destin. Cela la faisait intérieurement rigoler, mais elle s’efforça de ne rien laisser transparaître. Elle s’intéressa davantage à la suite. La volonté de protéger les autres avant tout. Elle pouvait le comprendre, sans partager l’idée. Elle ne faisait confiance à personne, alors elle ne risquait pas de vouloir protéger qui que ce soit à part elle-même. Oui elle était égoïste, mais elle s’en fichait, se le justifiait régulièrement et passait à autre chose après coup. Elle était cependant surprise de voir que la guerrière lui racontait cela, à elle, sans aucun détour. C’était censé être privé non ? Cela la mit un peu mal à l’aise face à une telle franchise et elle resta silencieuse, les yeux fixer sur son assiette.

Anaïs se leva après son histoire, ramenant une marmite et servant la fillette qui la remercia doucement, ne sachant trop quoi dire après son monologue. Elle releva la tête à la question de la guerrière, ouvrit la bouche et la referma, réfléchissant finalement un peu avant de répondre. « Je sais pas trop… pour avoir un avis ? » Ce n’était pas vraiment cela, pas cela du tout à vrai dire. Elle ne savait pas quels mots mettre sur ce qu’elle avait en tête. « Peut-être que je voulais juste faire la conversation ? » Elle n’allait jamais le croire, pas plus qu’Eloïse n’y croyait. Ce n’était pas son genre de discuter ainsi, elle avait largement perdu l’habitude de se servir de sa langue pour avoir une vraie discussion, débitant plus souvent des mensonges sciemment réfléchis que des questions dont elle-même doutait de l’intérêt à entendre la réponse. « C’est juste… » Comment expliquer ce qu’elle avait sur le cœur à ce moment précis ? Des doutes, une angoisse, un sentiment qu’elle ne saurait jamais vraiment quoi faire, et qu’elle n’avait, au final, plus envie de grand-chose. « Avant je voulais voyager vous voyez ? Découvrir des villes, voir ailleurs et parcourir le monde, trouver des trésors peut-être. Et maintenant… Je sais même pas ce que je ferais le lendemain, alors l’avenir… » Elle soupira, touillant sa soupe sans plus y toucher. «  J’essaie surtout de ne pas y penser en fait. Je veux juste retrouver mon père, c‘est tout. J’aviserai ensuite, je crois. » Suivre les traces de ses parents ? Rentrer chez ceux qui l’avaient élevée ? Se trouver une voie rien qu’à elle ? Un peu tout ça à la fois ? Comment savoir ?
« Je ne sais même pas pourquoi je vous parle de tout ça… » Besoin de s’exprimer peut-être ? Quand était-ce, la dernière fois où elle avait eu une longue conversation avec quelqu’un ? Des semaines assurément, elle commençait même à se demander si elle saurait palabrer aussi bien qu’avant, lorsqu’elle ne pouvait tenir en place chez ses parents. « Vous vivez seule ici ? » Malgré tout, la curiosité restait un trait de caractère profondément ancré chez l’enfant qui n’avait cessé de jeter des coups œil intrigués autour d’elle, sans penser une seconde que cela pourrait être mal interprété. Elle se reprit néanmoins, inspirant pour se donner un peu de contenance. « Je… je suis désolée pour ce que j’ai dit plus tôt et pour vous avoir hurlé dessus. C’est …’fin désolée. » Elle n’ajouterai rien de plus, s’excuser n’était plus guère dans ses habitudes, elle avait du mal à s’en sortir avec ces simples mots et recommença à manger pour masquer son trouble.


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyLun 16 Sep - 21:36

Anaïs entend au fond d’elle cette petite voix qui lui intime depuis sa rencontre avec la jeune fille une méfiance de chaque instant. Mais n’écoutant que son cœur elle lui a offert le gîte et même le couvert se fichant bien du risque qu’elle peut courir. La gamine des rues fait une ou deux tête de moins qu’elle au premier coup d’œil elle ne semble pas armée et elle n’est pas certaine qu’elle serait capable d’affronter une guerrière entraînée dans un combat rapide. Alors certes son inquiétude est légitime mais elle n’a pas voix au chapitre dans cette rencontre pour le moins improbable.


Elle lui conte son histoire passant sur des détails sans importance. Elle dresse l’histoire de sa vie un cycle éternel pour la plupart des habitants de ce monde et elle sert généreusement son invitée. Anaïs ressent la prudence et la peur légitime qui habite l’inconnue quant à ce maigre repas mais elle l’invite d’un signe du menton à s’en abreuver. Elle hausse un sourcil au moment où elle rompt le silence après sa question pour le moins sobre mais directe. Elle ne tolérera aucun mensonge maintenant qu’elle lui fait face.

Les mots d’Eloise sont saccadés, hésitants témoin d’une gamine perdue se cherchant avant toute chose. Elle prétend chercher son père mais ne cherche-t-elle pas non plus sa propre personne ? Elle avait une vie qui a éclaté en mille morceaux et maintenant elle cherche à se reconstruire seule. Elle est bien trop jeune pour cela mais la volonté qui l’habite est sans pareille ce qui change finalement beaucoup les données du problème.

« Comme tu dis que tu ne sais pas de quoi demain seras fait continue donc de manger car je ne suis pas sûre que tous les guerriers que tu croiseras sur ton chemin t’ouvriront la porte de leur demeure ; tu restes une voleuse, une jeune fille qui l’est devenue par la force des choses pour survivre dans ce monde qui ne leur fait pas de cadeau mais cela ne t’excuses pas tu le sais ? Tu te doutes que la seule chose qu’il te restera à faire après cette nuit sous un toit sera de sortir avant que je ne me réveille… ainsi je pourrai juste dire que tu as filé ? »

Elle est ferme dans ses propos car elle sait qu’elle est complètement hors de sa ligne de conduite en laissant cette gamine s’échapper. Mais le cœur d’Anaïs est touché par l’histoire qu’elle lui a conté. Elle soupire face à l’audace des questions qui suivent et se remet debout pour mettre la marmite dans l’évier. Elle ne sait pas ce qu’elle doit lui dire sur sa propre vie qui ne la regarde absolument pas mais elle se retourne croisant les bras devant elle un regard un peu plus dur posé sur la jeune fille

« Ce qu’il y a de certains c’est que quoi que ce soit que tu poursuives, cette envie de retrouver ton père ou autre chose ce que l’on peut te reconnaître c’est ton audace et ton opiniâtreté ; veilles à être prudente car tu es un peu insolente à m’interroger sur les personnes qui sont sous ce toit ; encore y’en aurait-il je ne te dirais rien ce soir il n’y aurai personne d’autre que moi ou toi et c’est aussi bien ainsi pour toi ».


Sur ces paroles Anaïs se dirige vers une couchette déposant une couverture préparant ainsi le couchage de sa jeune visiteuse qui se confond en excuse un peu plus loin.

« Cesses donc de t’excuser apprends juste de tes erreurs ce sera déjà un grand pas en avant pour toi-même et pour ton périple ».

Adoucie elle se rapproche de la table s’y installant de nouveau elle reste silencieuse réfléchissant

« Comme je disais idéalement tu devrais filer durant mon sommeil mais une idée nouvelle m'est venue également souhaiterais tu que je t'accompagne un peu que je t’emmène quelque part ? Cela va sans dire je vais perdre quelqu’argent mais tu m’es sympathique, ton histoire me touche et pour cela je suis prête à t’aider à aller un peu plus loin, un peu plus vite si tu ne le souhaites pas tu sais déjà ce que tu as à faire de toute manière» ; elle ne pourra pas se permettre de partir très longtemps… ses finances ne sont pas reluisantes servant essentiellement à la nourrir elle et entretenir ses armes un tel écart pourrait bien lui coûter quelques précieux repas, écart qu’elle effacera en enchaînant d’autres missions sans repos intercalé.












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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyDim 22 Sep - 12:10

Pourquoi se dévoilait-elle ainsi ? Pourquoi devait-elle expliquer ce qu’elle avait sur le cœur à cette inconnue, et pourquoi celle-ci semblait la comprendre ? Eloïse se sentait presque désemparée d’avoir ainsi laisser échapper des petits bouts d’elle-même aux quatre coins de cette conversation qu’elle avait entamé malgré elle, prise au piège par sa propre curiosité à l’égard de la guerrière qui lui offrait le gîte et le couvert pour une nuit. Et cette curiosité se retourna contre elle, évidemment, la guerrière posant elle aussi des questions en retour, des questions qui ébranlèrent intérieurement la rouquine, la faisant répondre de manière hésitante, presque trop, loin du masque d’assurance qu’elle s’efforçait de peindre sur son visage dès qu’elle mettait son nez parsemé de taches de rousseur dehors. Elle fut honnête, complètement transparente, et cela l’effraya, autant en comprenant ce que ses paroles impliquaient qu’en sachant qu’elle finirait toujours pas dévoiler une part d’elle-même si elle continuait à discuter ainsi. Elle se remet à manger, lentement, avant de lever les yeux vers la guerrière qui, étonnamment, lui offre une porte de sortie.

« Je sais tout ça. » Elle en était pleinement consciente, que bien peu serait aussi clémente qu’Anaïs, que bien peu se soucieraient d’elle et que, si elle voulait s’en tirer sans causer de tort à celle qui avait, par pitié ou bonté d’âme, offert ce repas et cette nuit au chaud à la rouquine, elle devait s’éclipser à la faveur de son sommeil. Elle savait déjà qu’elle ne resterait pas, qu’elle serait partie avant même le lever du jour, qu’elle disparaîtrait et ne la reverrai pas. Elle changerait de quartier pour être sûre de ne pas retomber sur elle, comme elle l’avait toujours fait depuis qu’elle vivait seule. « Ne vous en faites pas, vous n’entendrez plus parler de moi. » Elle se ferait discrète quelques temps, se contenterai de bien peu, pour qu’on cesse de penser à elle et puis, comme on efface un mauvais rêve par un autre plus heureux, elle disparaîtrait des esprits et serait plus libre de ses mouvements. Elle regarde la guerrière se lever et s’affairer dans l’evier où elle dépose la marmite, se retournant vers al rouquine avec une air plus sévère qu’à l’instant d’avant sur le visage.

Elle haussa les épaules. Audacieuse, opiniâtre et insolente. Soit. Elle s’en fichait bien de ce qu’elle pouvait penser, elle ne vivait que pour elle, n’avait que faire de l’avis d’autrui. « D’accord, c’était juste une question… » Elle avait bien répondu aux siennes, elle ne comprenait pas que, soudainement, elle devienne insolente, mais soit, elle se tut et termina son assiette tandis qu’Anaïs préparait une couchette avant de se rasseoir face à une Eloïse devenue complètement muette après la dernière phrase. Mais la proposition de la guerrière la fait lever les yeux vers elle, une expression de totale surprise passa fugacement  sur son visage avant qu’elle ne reprenne une expression plus neutre. Elle pesa rapidement le pour et le contre en se triturant nerveusement les mains et prit une décision, relevant un visage plein d'espoir, les yeux brillants « Je….. c’est vrai ? Vous feriez ça ? Je… Je pourrais jamais vous remercier assez pour cela. » Une aide dont elle rêvait, un soutien autre que la seule présence de son pendentif ou de sa dague qu’elle serrait contre elle jusqu’à parfois s’en faire blanchir les doigts tant elle était angoissée. Elle accepta car, toute jeune qu’elle était, elle devait faire des choix et devait choisir la solution la plus simple et qui lui irait au mieux. Baillant soudainement, elle s’excusa auprès de la guerrière, l’aida à débarrasser et, après un dernier « Merci », s’allongea sur sa couchette, se roulant en boule comme à son habitude, souhaitant une bonne nuit à la guerrière.

***
L’air était frais, le soleil loin d’être levé mais l’obscurité matinale déclinait, la voûte sombre s’éclaircirait, se  parait de nuances de bleu qui attirèrent le regard de la rouquine. Elle contempla les étoiles quelques secondes avant de s’éloigner de la porte qu’elle avait doucement refermée derrière elle, veillant à ne pas réveiller la guerrière. Elle n’avait jamais pensé accepter sa proposition savait qu’elle devait partir et avait décidé de jouer le jeu pour endormir sa vigilance afin de quitter la maison plus simplement. Elle se savait stupide, à refuser ainsi une aide précieuse, mais elle ne voulait pas l’impliquer. Elle se débrouillerait seule, c’était la résolution qu’elle avait prise en quittant la douce sécurité de son foyer.  Si elle devait réussir, ce serait seule, et si elle échouait… au moins personne ne tomberait avec elle. Elle observa quelques instants la porte close, serrant dans sa main le paquet de friandises qu’Anaïs lui avait gentiment offert la veille. Elle n’avait rien pris, avait tout laissé en place, simplement replié la couverture avant de sortir. Etouffant un bâillement, elle s’ébroua avant de marcher d’un pas vif, tournant dans la première ruelle, s’éloignant rapidement de la maison de la guerrière. Elle ne regrettait rien de son choix, mais une petite voix, dans sa tête, lui assurait qu’elle avait, stupidement, pris la solution la plus difficile. Elle s’en fichait, elle avait choisi, elle allait l’assumer, jusqu’au bout.


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Message Sujet: Re: Prise sur le fait   Prise sur le fait EmptyLun 30 Sep - 22:18

Sa bonté la perdra mais ce soir en ôtant sa tenue lourde de guerrière elle pourra se regarder dans une glace. Au-delà de son rôle de mercenaire, au-delà de cette mission de maintien de l’ordre ou encore de protection ou que sais-je encore de défense contre cette chasse qui arpente les rues, Anaïs a compris que son rôle est avant tout de protéger ceux qui sont dans le besoin quand le moment se présente. Elle regrettera peut être sa décision demain matin en se réveillant en constatant que des choses lui manquent ou bien - alors qu’Eloise ne lui a toujours pas répondu à sa proposition - cette dernière l’attendra afin qu’elles fassent un bout de chemin ensemble ?

Elle ne sait pas de quoi demain sera fait encore moins les quelques heures d’une nuit sombre. Elle sourit aux excuses de la jeune voleuse et soupire.

« Je n’avais pas à m’emporter comme cela non plus disons que ma vie est en train de changer mais je ne sais pas réellement si je fais le bon choix ; je t’ai déjà dit je doute beaucoup de moi et pour la première fois j’ai le choix d’écouter mon cœur. C’est bien pour cette raison que je te dis d’écouter le tien et de suivre le chemin qu’il te trace simplement pour ne jamais regretter ».


La jeune fille est d’ailleurs très aimable l’aidant à débarrasser la table quoique visiblement un peu scotchée de la proposition qu’elle lui a faite il y a quelques minutes.

« Pourquoi voudrais tu me payer ? Je le fais simplement par gentillesse et je saurai trouver une mission sur le chemin pour ne pas perdre de temps et d'argent par la même occasion » une question sans réponse hormis un merci qui vient conclure un échange plein de promesses. Toujours debout le regard porté sur la rue Anaïs entend Eloise se coucher, bredouiller un bonne nuit qui lui arrache un sourire un peu plus large. Elle pourrait rester la nuit entière à veiller de la sorte pour s’assurer qu’elles ne craignent rien mais une telle attitude serait complètement déraisonnable. La nuit est bien trop sombre, bien trop dangereuse. Fermant la porte à clef laissant volontairement cette dernière sur la serrure elle se dirige à son tour vers sa couche pour s’endormir quelques minutes après.

**********************************************************************

Le soleil s’est levé et les premiers rayons viennent tirer la guerrière d’un sommeil profond et reposant. Elle laisse son regard divaguer vers le plafond et tourne la tête vers la couche où normalement Eoise devrait se trouver. Elle n’est pas surprise de la voir vide mais laisse échapper un soupir de déception. Elle aurait aimé l’aider juste un peu plus mais elle s’en est allée sans même la saluer.

D’un pas lourd, elle se déplace surveillant que chaque objet soit resté à sa place. Rien ne manque au premier coup d’œil et elle secoue la tête. Si elle vient à la retrouver elle ne sera pas méchante juste elle lui dira que sous son air de mini adulte elle n’est qu’une enfant pour les autres et que pour cela elle aurait bien eu besoin de l’aide d’un bras armé. Dépitée Anaïs prépare son petit déjeuner avant d’attaquer une journée qui s’annonce des plus moroses.












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