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 Lire entre les Lignes

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Les Voltigeurs
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Je suis : L'Innocent qui guide la Chasse.

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J'ai fait allégeance à : l'empire d'Ibélène et à la famille impériale, ainsi qu'aux Voltigeurs.
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Message Sujet: Lire entre les Lignes   Dim 22 Avr - 15:52


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Raygnar d'Ysgramor & Richard le Harnois

Lire entre les lignes

La Voltige, pour lui, ça le fera pas




• Date : le 27 mars 1003
• Météo (optionnel) : Clair, mais frais
• Statut du RP : privé - en cours
• Résumé : Deux jours avant le couronnement, en courte pause devant la Caserne d'Ibelin, le Maréchal rencontre et discute avec Raygnar d'Ysgramor – et son fils.
• Recensement :
Code:
• [b]Le 27 mars 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3621-lire-entre-les-lignes]Lire entre les lignes[/url] - [i]Raygnar d'Ysgramor et Richard le Harnois[/i]
Deux jours avant le couronnement, en courte pause devant la Caserne d'Ibelin, le Maréchal rencontre et discute avec Raygnar d'Ysgramor – et son fils.


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Dernière édition par Richard le Harnois le Dim 22 Avr - 16:37, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Dim 22 Avr - 16:05

Le couronnement approche, l'heure approche, la fin avec et celle de ta carrière aussi, mais tu l'ignores encore. Qui pourrait seulement se douter de ce qui va suivre ? Pas toi. Tout te semble bien parfait, Maréchal.

**
*


Richard avait de quoi s'occuper. Entre sécurité et mise en place du couronnement d'Octave d'Ibélène, son emploi du temps était chargé. Pourtant et malgré tout, il lui arrivait de souffler un peu quand le moment le lui permettait. C'était d'ailleurs le cas actuellement. On ne pouvait lui reprocher de désirer se détendre quelques minutes, de fumer un peu de la pipe, avant de reprendre ses tâches à pleine vitesse et en bonne forme. Et c'est non loin de la Caserne d'Ibelin qu'il se trouvait pour respirer un peu, assit sur un banc de pierre, non sans pouvoir couver des yeux son domaine que représentait la Voltige. Un major passa, quelques Voltigeurs, des Soigneurs, divers gens liés à la fonction aussi. Et puis cette voix le tira de ses observations :

« Mon oncle, j'aimerai visiter les forges de la capitale. » L'homme prit quelques secondes pour regarder sa chair avant d'arquer un sourcil.
« Et bien fait, pourquoi demander permission. » Souffla t-il de sa pipe en disant ces mots quelque peu froid, mais sans pour autant être agressif. C'était normal pour lui de vouloir visiter les lieux, mais surtout les lieux liés à sa passion et à sa carrière. Il n'était plus enfant, Tybalt, mais adulte... restait à savoir et à découvrir ce qui faisait de lui un homme à part l'emploi choisi. Avait-il seulement déjà f-
« Par politesse. » Rétorqua Tybalt affreusement trop rapidement avant de prendre son départ sous le regard plissé d'un Richard quelque peu médusé n'ayant pas eu le temps de finir ses pensées. Le jeune lui avait répondu. Pas comme il le voulait, mais il lui avait répondu... avec un regard presque haut. Une illusion ? Non. Le gosse prenait de l'assurance. Peut-être trop face à lui. Gosse plus gosse du tout. Il aurait pu rire sur le joli 'politesse' sorti, sauf qu'il s'en servait également auprès de la noblesse.

Et la silhouette de Tybalt s’effaça tandis qu'un jeune inconnu, visiteur, se plantait dans son radar. Le gosse à qui ? Enfant de Voltigeur ? Il était affreusement chétif... et Richard espéra sur le champs qu'il ne visait pas la Caserne comme future maison. Le pauvre serait vite déçu de se voir recaler – qui voudrait d'une brindille comme partenaire ?! Il se souvint alors de la jeune Sighilde et retroussa le nez. Tout était possible, malheureusement. Ces griffons... Et Adamante ne prit pas une minute pour réagir, dans la seconde il senti sa détermination, sa grandeur et son hilarité, le tout mêlé à des des images du jour du Choix et de lui-même, plus jeune. Sauf qu'il n'était pas aussi... aussi peu développé, lui !
Et le jeune le vit, émit quelque chose à un adulte plus loin – trop loin pour bien le distinguer et entendre, et fila dans sa direction.

Horreur et damnation ! Richard souffla fumée tout en regardant le jeune arriver à lui... courir vers lui pour être exacte. Pourquoi lui ? Et qui était-il ? Enfant du peuple égaré ? Noble ? Sans doute noble au vu de l'accoutrement... Malheur.

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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Lun 23 Avr - 17:55

« - Père ! La Caserne ! Je vois la Caserne ! Vite »

Rudolf pouvait se montrer tellement fatiguant… Je lâchais un soupir amusé et boitillais jusqu’à lui. Mon genou me faisait affreusement mal, mais voir mon garçon sourire m’aidait à surmonter toutes les souffrances du monde. A peine arrivé à la capitale, il avait insisté pour qu’on se rende à la Caserne. J’avais accepté de l’y emmener à la condition qu’il en profite pour visiter la ville. J’avais proposé à Rolf de nous suivre, mais il avait refusé. Et son regard m’avait fait comprendre qu’il ne tenait pas tellement à passer la journée en ma compagnie. Je le comprenais. Nous venions encore de nous disputer, et je savais que je devais prendre une décision. Une décision radicale, qui nous ferait surement mal à tous les deux, mais je savais qu’avec le temps, elle finirait par nous réunir. J’avais commencé à réfléchir, et, durant notre voyage, j’avais eu une idée. C’était la seule qui me paraissait envisageable. Je devais partir. Je devais disparaitre, et laisser les rênes à Rolf. Je me souvenais avoir regardé longuement mon fils aîné. Il se tenait droit sur son cheval, l’air sur de lui, fort de ce qu’il avait appris. Je savais qu’il serait capable de gérer notre domaine sans faire de faux pas. Je lui avais appris tout ce que je pouvais, le reste viendrait avec les années d’expérience. Il y a des choses qu’on apprend que sur le tas.

Notre sortie en ville avait donc pour moi un but plus lucratif. Je devais trouver un nouveau foyer. Je me doutais que mes amis ne pourraient m’héberger que quelques jours, je devais donc trouver un emploi, quelque chose qui me rendrait utile, indispensable au quotidien. Malheureusement, je n’étais pas très habile, mon âge et mes blessures étaient très handicapants. Mais je pouvais encore parler, raconter, enseigner. J’estimais avoir encore toute ma tête. Je pouvais donc servir de précepteur. Me réduire à cela ne me plaisait pas beaucoup, mais je n’avais pas le choix. Pour me faire oublier, pour disparaitre de la mémoire des gens, c’était la seule solution. Pendant que Rudolf menait la marche, à la recherche de la Caserne, je repérais les familles aisées avec enfants, et laissa même quelques annonces dans des boutiques. Chaque arrêt exaspéra Rudolf qui ne se doutait pas que j’allais bientôt le quitter pour un long moment. Quand il me posa la question, je lui dis que je regardais les annonces juste par curiosité. Heureusement pour moi, il ne m’avait pas vu en déposer.

La Caserne finit par apparaitre devant nous. Rudolf pressa le pas, et il me devança vite. Mes vieilles blessures me ralentissaient, et je finis par décider de le laisser aller devant. Je le rattraperais bien assez tôt. J’en profitais pour ralentir afin de soulager ma jambe. Je m’arrêtais même un instant pour la laisser se reposer. Je massais mon bras qui avait subi l’assaut d’un de ces chiens qui avait attaqué l’Académie tout en me demandant si j’allais finir par trouver quelqu’un qui accepterais de m’embaucher. Les précepteurs ne manquaient pas. Mais tous n’avaient pas mon expérience, mes qualifications ni ma passion pour l’Histoire d’Arven. Je n’avais qu’à m’armer de patience, et veiller à ce que ma réputation ne souffre pas trop pendant ce couronnement. J’avais prévenu Rolf que je n’accepterais aucun écart de conduite, et il m’avait répondu, sur un ton froid, que cet avertissement devait aussi s’appliquer pour moi. Ce garçon était têtu, mais j’avais décidé de lui faire confiance. Si ce Melbren de Séverac était présent, ce qui était fort peu probable, Rolf devrait pouvoir rester à distance, mais, au cas où, j’avais prévu de garder un œil sur lui. Je lâchais un soupir, terminais de masser mon bras raidi par la morsure et rejoignit Rudolf. Le poing bien serré sur ma canne, je me hâtais, pour trouver mon cadet face à un Voltigeur et… Par Alder…. Le Maréchal de Serre ! Mais quel inconscient ! Je me dépechais de le rejoindre et posais une main sur son épaule pour laisser un peu d’air au Voltigeur. Rudolf laissa échapper un « maiiiiis » de protestation mais je l’ignorais. Je m’inclinais et dit à l’homme :


« - Veuillez m’excuser le comportement de mon fils monsieur. J’espère qu’il ne vous a pas importuné. »
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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Sam 28 Avr - 16:48

Il souffla de sa fumée à l'approche du gosse. La proximité de ce morpion souriant et chétif l'intoxiqua sur le coup davantage que les effets de sa pipe sur sa santé ou même surement que les effets de la drogue de ce satané duché, il en était convaincu sans y avoir jamais touché. Et l'envie émergea, en le voyant prendre racine devant lui, de lui donner un bon coup de botte dans le cul. Quel intérêt soudain le prit de voir combien de cumulé il ferait et jusqu'à quelle distance suite à l'impact il irait, mais il se retint bien pourtant d'esquisser le désir siégeant dans son pied. Il se contenta dès lors d'imaginer parfaitement la scène dans les moindres détails. Nul mot pour casser sa concentration. Nul mot pour l'instant tout du moins. Juste un regard émerveillé qui finirait par faire naître de la bave au coin de la bouche du gosse s'il poursuivait dans sa manière de le lorgner ainsi sous toutes les coutures. Cela en était presque gênant à force.

Il pouvait lire, dans le regard que l'enfant lui portait, une profonde admiration pour ce qu'il était, pour son travail, mais Richard était aussi certain qu'il n'avait pas saisi son identité. Par un regard en l'air et sur le côté, il su qu'il cherchait le griffon, partenaire de l'homme âgé qu'il était, mais Adamante était ailleurs pour l'heure. Quelle veinarde pour le coup. *Complaisance. Moquerie. Enfant qui bave.* Insupportable, pensa t-il, alors qu'une autre silhouette meublant son champ de mire se mouvait jusqu'à lui. Le père ou le grand-père sûrement. La démarche l'interloqua quelque peu, mais sans plus d’intérêt au final. Ce n'est que lorsque l'homme se place à côté de l'enfant, que Richard pu remarquer les détails le concernant et hausser légèrement un sourcil. Une démarche claudicante, un œil se démarquant du reste, une malformation au niveau des gants lui indiquant l'absence assurée de pouces, cela ne pouvait qu'être qu'une personne ; Ragnard d'Ysgramor.

Ce dernier coupa son analyse en excusant le comportement de son fils, pas grand-père, fils. Fils qui ne lui ressemblait en rien. Encore plus faible d'apparence que Tybalt lui avait semblé l'être au tout début. Un futur homme de bureau... il en fallait après tout.

« Il n'a pas eu le temps de le faire, Seigneur d'Ysgramor. »

Sa réponse comme sa salutation se voulait légèrement courtoise, il le devait, mais pas jusqu'à se pencher et embrasser le sol. Il avait assez à faire des courbettes auprès des ducs et duchesses que pour en faire devant d'autres et puis... n'était-ce pas celui-là même qui avait réussi l'exploit d’offenser le sultan d'Erebor en personne ? Quelle idiotie ! Quelle grossière erreur monumentale pour un homme de son âge surtout.

« Votre fils, souhaite t-il devenir Voltigeur ? »

Léger, détaché, un peu froid et supérieur, mais surtout stricte de sa fonction. Il n'accorda pas le moindre regard au fils après et pendant la question, préferant lire la vérité dans l'expression de Raygnar. D'un sourcil arqué pour marqué ce faible interet, il attendit le retour.

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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Lun 30 Avr - 20:28


J'écartais Rudolf d'une main. Son comportement était très impoli et je m'excusais aussitôt auprès du Voltigeur. L’homme se contentait de fumer sa pipe et je parvins, avec quelques difficultés, à garder pour moi mon dégout pour ce genre de substances. Je n’avais jamais touché à la pipe et à ce qui la composait, alors que mon frère en était un fervent consommateur. Quand il venait au manoir, il prenait un malin plaisir à fumer devant moi, et cela m’agaçait, même si je ne le montrais pas. Je parvins donc à rester totalement stoïque face à cette écœurante odeur de fumée. L’homme me regarda de haut en bas, et je ne pus m’empêcher de me sentir gêné. Je n’étais peut-être pas beau à voir, mais de là à subir ce…. Cette observation… C’était gênant. Je passais une main dans mes cheveux et baissais les yeux vers Rudolf. Mon fils avait le regard figé sur le Voltigeur, et son expression admirative me rendit presque jaloux. Jamais il ne m’avait regardé ainsi. Je posais une main sur mon bras blessé. Rudolf admirait les Voltigeurs pour leur courage, il admirait ces hommes et ces femmes parce qu’ils se battaient pour leur duché. Il voulait devenir comme eux parce qu’ils étaient des héros. Qu’étais-je pour Rudolf ? Un vieil homme aigri, frêle, qui n’avait jamais combattu. Je n’avais rien fait de notable durant ma vie, à part gérer un petit domaine et m’attirer des problèmes. Il n’était pas étonnant que Rudolf se choisisse d’autres idoles pour bercer son enfance.

Le Voltigeur me répondit que Rudolf n’avait pas eu le temps de l’importuner, et je retins un soupir de soulagement. Mon garçon restait suspendu aux lèvres du Maréchal, et, soudain, un petit détail dans les propos me fit réagir. Il connaissait mon nom. Mais, si je connaissais son visage de vue, son nom m’était totalement inconnu. Je fouillais dans les moindres recoins de ma mémoire, en quête d’un souvenir d’une rencontre antérieure avec cet homme qui, de toute évidence, était bien plus âgé que moi. Je penchais la tête et répondit :

« - Je vois que vous me connaissez. Je regrette mais, si votre visage ne m’est pas inconnu, votre nom, lui, me l’est totalement. A qui ai-je l’honneur ?

- Tu connais pas Richard le Harnois père ?! »

Rudolf me regardait avec un air scandalisé. Je baissais les yeux vers lui. Non je ne pouvais pas le connaitre. J’avais autre chose à faire que de m’intéresser aux affaires des Voltigeurs. Rudolf m’avait pourtant suffisamment vu faire des nuits blanches pour savoir que je passais ma vie à œuvrer pour le bien d’Ysgramor. J’avais déjà du mal à retenir les noms de tous les nobles qui habitaient le duché, alors apprendre celui des Voltigeurs était loin d’être une priorité. Je lançais un regard dépité à Rudolf avant de me tourner vers Richard et de dire :

« - Mon garçon est plus renseigné que moi, visiblement. Dans ce cas je suis enchanté de vous rencontrer monsieur. »

Mais cela ne répondait pas à la question qui me taraudait : d’où me connaissait-il ? Je la gardais pour moi. Cela n’avait pas l’air de perturber le Voltigeur qui me demanda sur un ton léger mais quelque peu froid si mon fils souhaitait devenir Voltigeur. Mon garçon fit un grand sourire et hocha vigoureusement la tête. Cela me rappela le jour où j’avais compris que les voltigeurs et leurs prodigieuses montures allaient devenir pour lui une véritable passion. Il avait à peu près un an, je le tenais dans mes bras, debout, face à la fenêtre de ma bibliothèque. Je bataillais pour lui faire prononcer le mot « papa », mais il restait désespérément muet, se contentant de me regarder. Il savait formuler des syllabes, mais les mots tardaient à venir. Soudain, un groupe de griffons ont survolé le domaine. Rudolf les a regardés, les a pointés du doigt et a dit : « Iffon ! ». J’étais resté stupéfait pendant quelques secondes. Il avait surement entendu ce mot de la bouche d’un des gardes, ou de son frère, sans doute. Depuis lors, il vivait pour devenir Voltigeur. Mais cela ne dépendait pas de lui. Je revins vers Richard et lui dit :

« - Effectivement, c’est le cas. Depuis son plus jeune âge, il est passionné par ce métier. » Je lançais un regard appuyé à Rudolf et repris : « Mais cela dépendra surtout de l’avenir de son frère. » Je revins vers Richard et demandais : « Pourquoi cette question ? »
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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Mar 15 Mai - 17:35

Il avait eu envie d'envoyer un coup de pied dans le cul du gosse plus tôt sans pour autant s’exécuter, mais ce n'était rien en comparaison de l'envie qui lui prit soudain, vive, de vouloir cogner rudement le visage de l'homme qui lui faisait face. Le Seigneur d'Ysgramor, plus connu pour ses écrits en Histoire comme pour ses monstrueuses erreurs comportementales que pour son domaine kyréen, se montrait à la hauteur de sa fraîche réputation horrible ; un ignare. Un comble pour un Historien. *Indignation* Adamante pouvait l'être pour eux deux. Comment un homme se prétendant fidèle serviteur de l'histoire d'Arven pouvait-il ignorer son nom et son titre. Passe encore s'il avait s'agit d'un Major, passe encore peu s'il  avait été l'un des quatre Capitaines (encore que quatre, c'est peu !), mais passait pas du tout de ne savoir qui représentait la Voltige, quelle figure l'on retenait essentiellement et avant tout. Il était le pic de la montagne, comme il était la base – et le Kyréen là l'ignorait à son âge.

Par chance admirable, son fils se montra au final moins stupide que lui, plus sage et à la page que le père. Son identité coulait de source ! Hochant la tête, raide, Richard compléta le nom tout en reprenant, supérieur :

« Richard le Harnois, Maréchal de Serre. » Et il espérait que le Seigneur d'Ysgramor prendrait pleinement conscience de l'offense faite en entendant le titre dit de façon lente et claire tout comme froide et hautaine. Il n'était pas étonnant, finalement, qu'il ai pu mettre en fureur le Sultan d'Erebor vu l'évidente ignorance qu'il démontrait en si peu de mots.

« Visiblement, en effet. » Reprit-il en reprenant une bonne bouffée de sa pipe afin de calmer ses nerfs ainsi qu'adoucir les veines palpitantes à ses tempes qui menaçaient presque d'exploser. Que cela était regrettable que les festivités approchaient, il aurait presque désiré sinon remettre les points sur les i avec le petit Seigneur. Car il lui semblait bien petit à présent. Le sultan avait bien eu raison, comme de la chance, en le malmenant, mais ça n'avait pas aidé pour autant Raygnar d'Ysgramor a évoluer et à ne plus commettre d'affront de ce genre.

Peu désireux de créer scandale, fidèle serviteur de la couronne et de l'Empire, à l'approche du couronnement, Richard éloigna l'insulte pour se concentrer sur une curiosité de moindre intérêt. Est-que le dit 'Rudolf', plus intelligent que le fameux Raygnar, souhaitait devenir Voltigeur ? Il était évident aux yeux du maréchal que le petit n'avait pas les épaules pour le devenir un jour. Crachant de sa fumée sur le côté, posant sa pipe sur le muret, il répondit à son tour à la question tout en détaillant le gamin de haut en bas.

« Votre enfant est chétif, Seigneur d'Ysgramor. Ce n'était pas une insulte, c'était la réalité. Il secoua la tête de droite à gauche. À moins de ne l’entraîner dès à présent pour en faire un Être solide, et il se retint de dire 'quelque chose' plutôt qu'Être', il ne résistera pas à l'entrainement qui va de paire avec la Voltige. Et il en était convaincu, même un entrainement ne pourrait l'aider à faire de lui un vrai homme. Les chances qu'un griffon le remarque sont plus que minces, si pas inexistantes en l'état. » Comment un puissant griffon, majestueuse créature l'ayant choisi lui entre autre, pourrait se trouvait enchanté de voltiger avec une branche plantée sur le dos ? Il replanta son regard dans celui du Seigneur d'Ysgramor ensuite et salua. « Il ferait par contre un bon Historien. » Contrairement à son père, pensa t-il sans faire transparaître la nuance du sous entendu. Il savait se retenir et faire preuve de subtilité, lui.

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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Jeu 17 Mai - 21:37

Je l’avais offensé. Cela se voyait à la fois à son expression, son regard noir, et sa manière de me répondre. Rudolf du prendre mon ignorance pour une victoire personnelle car il affichait une mine satisfaite. J’eus envie de lui faire ravaler son arrogance. Richard le Harnois, aussi raide qu’un piquet, m’annonça son titre d’une façon claire et affreusement lente, froide et hautaine. Il me fit comprendre qu’il se considérait bien supérieur au petit seigneur que j’étais, et je compris que je ne devais pas le contrarier. Mon fils resta silencieux, et guetta ma réaction. Lui aussi avait remarqué que j’avais, sans le vouloir, offensé Richard le Harnois et, pour mon plus grand malheur, il se rangea du côté du Voltigeur. Il croisa les bras tout en me regardant de travers, attendant visiblement que je fasse mes excuses au Maréchal. Je serrais les dents. Je lançais un regard à l’homme en face de nous, ses veines saillaient à ses tempes, il paraissait prêt à bondir sur moi, tel un fauve sur sa proie. Il reprit la parole en me faisant comprendre que j’aurais dû, comme mon fils, savoir le reconnaitre visuellement. Et je me sentis honteux. C’était indigne, venant d’un Historien, de ne pas connaitre le nom et le visage du Maréchal de Serre. Je savais que l’actuel portait ce nom, mais jamais je ne l’aurais associé avec ce visage. Je lançais un regard un Rudolf puis finit par m’incliner respectueusement vers le Maréchal, bien plus bas que ce que mon dos endolori ne me le permettait et je lui dis :

« - Je suis désolé Maréchal. Vous offenser n’était pas de ma volonté. Je connaissais votre nom, mais je n’ai jamais pu l’associer avec votre visage, même si je l’avais déjà vu. Mon ignorance est indigne de l’historien que je suis. »

Quelle honte… Mais, à la longue, je commençais presque à m’y accoutumer. Et c’était ça qui était triste, que je m’habitue à décevoir les personnes qui m’entouraient. Le regard que me jetait Rudolf m’était devenu familier, et je sentis mon cœur se serrer. Je devais trouver le moyen de redevenir le père qu’il aimait, et qu’il avait à la fois craint et admiré quand il était tout petit. Je regardais Richard. Mon fils l’admirait pour ce qu’il était. Un héros, qui se battait pour son peuple. Mon regard se porta sur l’épée que l’homme portait à la ceinture. Je n’avais jamais appris à me battre. Pas seulement parce que je n’étais pas doué pour ça. Mais aussi parce que je n’avais jamais jugé cela nécessaire, étant donné que d’autres le faisaient pour moi sans broncher, tant qu’ils recevaient leur paie. Rudolf devait me considérer comme un homme faible et lâche, si jamais il venait à me comparaitre à Richard. Quel bel exemple pour son fils. Je regardais fixement l’épée de Richard quand celui-ci me demanda si Rudolf souhaitait devenir Voltigeur, et je répondis par l’affirmative avant de lui demander pourquoi une telle question. Et sa réponse me fit horreur, tant parce qu’elle était empreinte de vérité, mais parce qu’elle ferait souffrir mon fils.

Il me dit que mon enfant était chétif. Je regardais Rudolf, et vit son visage se décomposer. Je posais une main sur son épaule, mais il la repoussa d’un geste. Cela me fit mal, même si je ne montrais pas. Richard poursuivit en me disant que, même en l’entrainant maintenant, il ne résisterait pas à celui imposé aux apprentis Voltigeurs. Il ajouta même que les chances pour qu’un griffon le remarque étaient inexistantes. Rudolf, droit comme un i, la tête baissée, me faisait beaucoup de peine. Richard avait raison. Mon fils était trop petit, trop maigre, pour espérer devenir un combattant comme le Maréchal. Mais, en tant que père, je devais défendre ma progéniture, c’était mon devoir. Je me redressais, de tout ma taille, même si nous faisions à peu près la même taille, et lui dit :

« - Je vous trouve bien dur Maréchal. Mon fils est certes chétif, comme vous le dites, mais je suis sûr et certain qu’avec la volonté dont il peut faire preuve, il arrivera à surmonter toutes les épreuves qui le mèneront jusqu’à son rêve. »

Rudolf gardait les yeux baissés, les poings et la mâchoire serrés. Il ne pleurait pas, mais son expression montrait qu’il était affreusement déçu par la vérité qu’on venait de lui apprendre. Il avait littéralement pris une claque, et je devais me faire un devoir de le rassurer, de lui assurer qu’il pouvait y arriver et que, dans le cas contraire, qu’il aurait au moins essayé et qu’il ne regretterait rien. Mais est ce qu’il m’écouterait ? Son frère aîné ne me prenait plus vraiment au sérieux depuis l’incident avec Martial. Je compris alors que, tout en défendant mon fils, je devais retrouver la place que j’habitais autrefois dans son cœur. Je soupirais, relevais la tête et, tout en désignant l’épée de l’homme, je lui dis :

« - Mon fils ne sera pas Historien Maréchal. Il se battra, il fera honneur à Ibelène. S’il est faible aujourd’hui, rien ne l’empêchera de devenir fort d’ici quelques années. Il suit déjà un entrainement à l’épée auprès d’un très bon combattant. Le père de cet homme m’a formé au combat et j’estime donc que Rudolf a toutes ses chances de devenir Voltigeur. »

Un bien beau mensonge. Rudolf avait certes suivi la même formation que son frère, et il savait par conséquent plus ou moins manier l’épée, mais ce n’était pas mon cas. Mais Richard ne pouvait pas le savoir. Mais s’il fallait tester mes propres compétences pour prouver que Rudolf avait été entre de bonnes mains, je me fis la promesse de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour ne pas décevoir mon fils, même si cela ne serait ni la première fois, ni la dernière.
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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Dim 27 Mai - 10:31

La surprise se figea sur ses traits avant de disparaître aussi rapidement qu'elle n'était apparu. Le seigneur d'Ysgramor lui offrait ses plus plates excuses, il excusait son ignorance et l'offense faite  dont il avait réussi à percevoir chez le Maréchal. Un noble courbait le dos devant lui – n'allant pas jusqu'à se toucher les pieds de sa courbette, mais tout de même ! Qu'il était bon de voir cela. Que c'était bien que malgré un titre on avouait ses fautes. Que c'était rare aussi, tellement qu'il en aurait bien profité un peu plus s'il avait été gourmand. Il l'était, mais pas encore à ce niveau. Quelque part également, il ne pouvait apprécier pleinement les excuses faites, d'une part parce-que le devoir l'appelait et que le couronnement approchait, d'une autre parce-qu’il répugnait à voir un homme se confondre en excuse au côté d'un enfant. Jamais il ne montrerait faiblesse à Tybalt, jamais. Un homme devait montrer l'exemple, pas l'erreur... quoique dans le cas de Raygnar, il l'avait commise dès qu'il avait ouvert la bouche. Difficile de rattraper ça. L’indifférence d'Adamante le frappa, plus touché par l'ignorance que par les excuses, elle n'acceptait pas l'Historien. Elle ne le porterait sans doute jamais dans son estime ou dans sa mémoire visuelle – à moins de ne l'associer à un être faible et dépourvu d’intérêt. Ne pas reconnaître Richard, c'était ne pas la reconnaître elle. Excuses ou non, le mal était fait pour la fière griffonne. Pourtant sage et tolérable, avec l'âge il était difficile de lui en vouloir de se montrer plus touchée et plus exigeante envers les autres.

L'homme se redressa ne laissant pas l'occasion à Richard de lui intimer de se reprendre – encore que l'aurait-il vraiment désiré ? Non sans doute pas. L'Historien était assez âgé pour savoir combien de temps s’aplatir devant tiers personnes, et il devait avoir l’expérience de ces choses là – comme lui, d'ailleurs, lorsqu'il s'adressait aux plus hauts. La question, suivi de la réponse, suivi d'une autre question et d'une dernière réponse avait filé à toute allure. Il était stricte, Richard, il le devait pour lui et la Voltige, aussi n'avait-il pas mâché ses mots au sujet du garçon. Quelle folie de vouloir devenir Voltigeur quand on avait clairement pas le potentiel ni, il croisa les yeux de l'Historien, les gênes pour. Il se casserait en deux, avec son physique, à son jeune âge comme à plus vieux (s'il ressemblait à son père) s'il tentait la voie des forts et épousait le combat ainsi que les heures rudes et longues à s’entraîner qui allaient avec. Ce n'était pas donné à tout le monde et ce n'était clairement pas chose facile à atteindre. Nombre de braves hommes, puissants de muscles, n'avait pas passé la Cérémonie du Choix – pourquoi une brindille en serait alors plus digne ?

La vérité, si comprise, ne pu être tolérée et acceptée par le Seigneur d'Ysgramor. Sans doute le côté 'père' prenait-il le dessus sur sa capacité à entendre raison. Jouer les protecteurs pouvaient également lui faire regagner quelques points et faveurs auprès de son môme plus éclairé que lui... Une chance qu'il ne laissait pas Tybalt le réduire à ça. Encore que Tybalt ignorait bien son véritable lien avec lui – ou peut-être se doutait-il mais n'en faisait pas l'étalage. Il se fit silence en écoutant le père défendre son fils bec et ongle... ce qui lui restait tout du moins. Puis lorsqu'il jugea qu'il eu fini de parler reprit, point par point, yeux dans les yeux, vérité pleine s'y lisant, bifurquant de l'homme à l'enfant.

« Sauf votre respect, Seigneur d'Ysgramor, je préfère être franc envers vous et votre fils dès à présent que de l'être bien des années plus tard quand il sera trop tard. Et en l'état, je suis le plus apte pour juger de ce qui concerne la Voltige. Sachez que nombre d'hommes bien mieux battit ont échoué lors de la Cérémonie du Choix, mais des hommes chétifs plus encore. Ils étaient tous aussi plein de volonté que lui, si pas plus avec l'âge. Je ne met pas en doute ses envies, mais vouloir et désirer  ne suffisent pas pour être qualifié. Pouvoir est quelque chose de bien différent et parfois il est également insuffisant. Peut-être avec l'âge développera t-il quelques muscles, peut-être adulte aura t-il quelques prédispositions et atouts. Mais la vérité est là et je vous la donne, acceptez là ou refusez là c'est à vous d'en décider ; je ne vois nul avenir de Voltige se profiler devant lui. Il s'interrompit un instant, plongeant la dureté de ses yeux sur l'enfant qui quelque peu voûté ne pleurait pas pour autant. Pas encore sans doute. Un coup de grâce ou un souffle d'espoir ? Les deux peut-être quand il poursuivit. Néanmoins, si votre fils aime à ce point les griffons et ne pense nullement à l'Histoire comme possibilité, il existe bien d'autres postes au sein des Casernes et à Val-Griffon qui lui conviendraient sans doute bien mieux que celui d'un homme portant les armes.  » Videur de pot de chambre était un exemple. Mais plus sérieusement et bien parce-qu’il avait su le reconnaître, il songea que soigneur pourrait être une voie, pour les griffons aussi bien que pour les Voltigeurs. Pourquoi pas.




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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Jeu 31 Mai - 18:02


Le visage de mon fils se décomposait à mesure que Richard parlait. J’avais beau essayer de le défendre, de prétendre qu’il arriverait sans peine à devenir un Voltigeur, mais Richard ne me croyait pas. Le Maréchal me dit qu’il préférait être franc avec mon fils et avec moi. Je lançais un petit regard à Rudolf. Mon garçon regardait fixement celui qu’il considérait comme son idole, mais je voyais déjà à son regard qu’il connaissait déjà la réponse à mes précédentes paroles. Le Maréchal déclara qu’il était le plus à même de décider qui était apte ou non à devenir Voltigeur. Il avait vu des hommes fort échouer, alors il considérait qu’un homme plus chétif n’avait aucune chance de réussir à se faire remarquer par un griffon. Rudolf se toucha le bras, tâta le muscle, et soupira. La génétique n’avait pas joué en sa faveur. Alors que Rolf avait hérité de la force de son grand-père, lui n’avait reçu que ma frêle carrure, et, heureusement pour lui, il gardait les traits de sa mère, ce qui en faisait un garçon adorable qui se ferait surement remarquer par la gente féminine d’ici quelques années. Mais, pour l’heure, Rudolf se moquait bien des femmes et de ce qu’elles pouvaient bien penser de lui.

Richard poursuivit en me disant qu’il ne mettait pas en doute sa volonté, mais que cela ne suffisait pas pour qu’il acquiert la force nécessaire pour devenir un puissant Voltigeur. Malgré moi, j’hochais la tête, parfaitement d’accord avec lui. Quand je m’en rendis compte, je cessais, car je sentis le regard de Rudolf qui avait de plus en plus de mal à se contenir. Je ne sais pas s’il préférait partir ou me frapper, vu son regard qui se voilait peu à peu de larmes. Mais aucune ne coulait sur sa joue. Il les gardait pour lui, refusant de pleurer en public. Voilà une belle leçon de courage. Je repensais à ma première rencontre avec Anthim, et à la manière dont ça avait fini. Je me rappelais avoir beaucoup pleuré, dans les heures qui avaient suivi mon entrée dans le cachot. Je me moquais bien des gardes à ce moment-là. J’étais tout à ma douleur, et je pleurais sur mon sort, maudissant ma bêtise. Cette erreur, je la payais encore aujourd’hui. Je la voyais dans le regard des hommes et des femmes qui connaissaient ma réputation, je la voyais dans mes doigts mutilés, dans la canne qui me servait à marcher… Quelle honte…

La voix de Richard me fit revenir dans la réalité. Il me dit que, si mon fils aimait à ce point les griffons, il pouvait travailler au sein de la Caserne, il y avait en effet bien d’autres métiers pour un homme comme lui. Je dus avoir la même idée que Richard car, quand nos regards se croisèrent, je me surpris à imaginer Rudolf, soigneur, en train de soigner les plaies d’un noble et magnifique griffon. Je fis un petit sourire, sentant l’espoir revenir pour l’avenir de mon fils et hochait la tête. Richard lui offrait une chance d’intégrer une Caserne, non comme Voltigeur, mais peut-être comme soigneur ! Heureux de cette éventualité, je baissais les yeux sur Rudolf qui gardait les yeux baissés. Je lui dis :

« - Qu’en penses-tu ?Tu pourrais soigner les griffons, prendre soin d’eux. C’est une très belle perspective d’avenir !

– Oui… Pourquoi pas… me répondit Rudolf, visiblement résigné.

Je levais les yeux vers Richard et lui dis, avec un soupir :

« - Excusez le Maréchal… C’était son rêve depuis tout petit, il faut qu’il prenne le temps de digérer la nouvelle.

– Je vais bien père. me dit Rudolf sur un ton sec.

Nouveau soupir. Les enfants… Toujours persuadés de pouvoir se débrouiller seul… Richard devait avoir au moins mon âge, il devait savoir ce que c’était d’avoir en face de lui un enfant déçu.
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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Jeu 31 Mai - 21:26

Le père comprenait, l'enfant se résignait. Il se résignait moyennement, mais il approuvait Richard. Ne jamais capituler avant que sonne l'hallali, chantait pourtant l'esprit du maréchal. Jamais. Néanmoins accepter maintenant revenait à ne jamais croiser l'inévitable. Arg. Que les gosses étaient pénibles. Une épée dans le cul aurait été plus agréable que l'instant gâché qu'il vivait. Les images envoyées d'Adamante lui firent vite renoncer à l'idée.

Quelque peu exaspéré sans pour autant le démontrer ou vaguement (payez votre temps de pause), il reprit :

« Hé bien, votre fils peut toujours s'acharner et tenter de passer le test s'il désire à ce point voir de ses propres yeux la Cérémonie du Choix. Et se ridiculiser, pensa t-il. Sachez simplement, et il posa son regard sur l'enfant, qu'essuyer l’échec face à moi n'est rien en comparaison de ce qui vous attendra. Mes mots, la vérité, vous paraissent sans aucun doute effroyablement odieux, fils d'Ysgramor. Et il se fichait bien de l'être au fond. Mais en réalité ils sont terriblement doux et bienveillants face à ce que vous pourriez endurer dans un avenir prochain si vous vous butiez à ce point, à un point de non-retour. Il retourna ensuite ses yeux vers le père. Pour le reste c'est à lui d'en décider, mais s'il désire devenir Soigneur ce ne sera pas une mince affaire et il lui faudra des années d'apprentissage et d'autres encore pour acquérir le rang si pas la renommée - si il est apte tout du moins. »

Toujours fière allure, le regard haut, il reprit, étouffant une grimace. « Vous devez connaitre Marianne d'Orsang, dites 'à l'âme noble'. Et plus récemment la Gardienne de vie, mais il n'avait pas donné ce titre, aussi se priva t-il bien de le dire. Dans l'éventualité où votre fils opterait pour cette nouvelle perspective, je pourrais éventuellement tirer des ficelles pour vous obtenir une entrevue avec elle. À la condition naturellement qu'il ne traînasse pas à se décider sur son avenir. Le temps valait cher après tout. Et tisser des liens étaient important - encore qu'il ne voyait pour l'heure nullement ce que pourrait lui apporter d'avoir le seigneur d'Ysgramor dans ses bonnes grâces. Surtout après les erreurs reconnues et commises devant le sultan d'Erebor en personne. Voyez ça comme un acte généreux à l'approche du couronnement. Puis se tournant vers l'enfant encore une fois. Ainsi que pour les larmes que le fils n'a pas versé. Plutôt que comme un cadeau. » Il ne faisait pas de cadeau. Et si l'enfant se décidait pour autre chose, au moins irait-il larmoyer et emmerder la femme plutôt que l'homme qu'il était. Sa gentillesse le perdrait – peut importe le sentiment moqueur réfléchit par Adamante à cette simple pensée.

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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Lun 4 Juin - 18:01

Rudolf se résignait, et cela me faisait beaucoup de peine de le voir aussi triste. Il venait de voir son rêve être réduit en cendres, et je connaissais assez bien cette sensation pour savoir qu'il allait en souffrir un bon moment. Je me rappelais encore mon enfance. Je devais avoir neuf ans, quand un bête accident me priva de l'usage de mon œil droit. J'ai cru, l'espace de quelques jours, que je ne pourrais jamais intégrer l'Académie. J'ai alors sombré dans une franche mélancolie, maudissant cet œil qui, bien qu'il n'ait pas été crevé, conservait un aspect laiteux, vitreux. Cet œil qui, au début, me fatiguait énormément car je devais concentrer toute ma vision sur celui de gauche. J'avais souvent mal à la tête, et, quand j'essayais de voir à travers lui, cet œil blessé, je ne voyais qu'un monde flou, dépourvu de formes, de couleurs, comme si je regardais à travers du verre recouvert de buée. Mon rêve avait été réduit en cendre. Enfin... L'espace de quelques jours. Le temps que je me décide à demander à mon médecin ce qui allait se passer pour mon avenir. Quand il m'avait répondu que cela ne m'empêcherait pas d'étudier, j'avais senti l'espoir renaitre, et la joie de finalement pouvoir intégrer l'Académie m'aida à surmonter ce handicap qui me suit encore aujourd'hui.

Je chassais ces pensées, écoutant Richard qui, voyant que mon fils se résignait, lui dit qu'il pouvait toujours tenter de s'acharner pour réussir la Cérémonie du Choix, mais qu'essuyer un échec là-bas ne sera rien comparé à ce qu'il venait de lui annoncer aujourd'hui. Rudolf leva les yeux vers lui, croisant son regard froid et ferme. L'homme lui dit que ses mots étaient terriblement doux et bienveillants comparé à ce qu'il pourrait endurer pendant l'entrainement. J'imaginais mon fils, blessé, au point de ne plus jamais ni combattre ni travailler, obligé de vivre sous la tutelle de son frère. Non. Je me refusais à penser à ça. Rudolf n'irait pas là-bas. Il ne risquerait pas de finir comme ces hommes qui avaient échoués à l'entrainement. Je baissais les yeux sur mon garçon, si frêle, si petit, si timide. Il aimait les griffons, et il s'était toujours imaginé Voltigeur, assis sur le dos d'un superbe et noble griffon. Pour ma part, je n'avais jamais songé à cet avenir. Je le préparais au mieux à l'éventualité que son frère décède avant moi, et je l'avais maintes et maintes fois prévenu qu'il pourrait peut-être devenir Seigneur. Quand il était plus petit, ces mots ne lui avaient pas fait plus d'effets que si je lui avais annoncé qu'il allait neiger, et, en grandissant, cela ne s'était pas arrangé. Voyant que son frère devenait plus grand et plus fort, il s’était accroché à son rêve.

Richard continua, toujours avec cette même fière allure, le regard toisant mon garçon, et, à ma plus grande surprise, étouffant une grimace de mépris. Il nous dit qu’il faudrait des années d’étude pour que mon fils devienne soigneur. Et il nous parla de Marianne d’Orsang. Les yeux de mon garçon s’ouvrirent en grand, et je l’entendis murmurer : « championne de Bellifère » avec un petit hoquet d’admiration. Richard nous annonça qu’il pourrait éventuellement tirer des ficelles pour nous arranger une rencontre avec elle, à la condition que mon fils ne traine pas à se décider sur son avenir. Il nous dit ensuite, sur un ton qui me semblait bien hautain et qui ne me plu pas du tout, qu’il fallait voir ça comme un acte généreux à l’approche du couronnement, ainsi que pour les larmes que mon fils n’avait pas versées. Je fronçais les sourcils. Ce n’était là pas un cadeau. Il voulait se débarrasser de nous. Nous le gênions, de toute évidence. Rudolf, encore sous la surprise de cette proposition, ne semblait pas s’en rendre compte. Mais je voyais au regard et à la posture de cet homme que nous ne faisions que le déranger. Je restais cependant impassible. Il venait de donner une chance à mon fils après tout. Je penchais la tête et répondit :

« -C’est une offre très honorable Maréchal. Si vous pouviez faire cela, je vous en serais très reconnaissant et…

– Merci Maréchal ! Merci infiniment ! Je saurais me montrer à la hauteur ! »

Je souris, amusé par l’enchantement de mon fils qui, même s’il restait immobile, allait sans doute bientôt se mettre à trépigner à l’idée de rencontrer une autre grande Voltigeuse. Je savais que cela le motiverait à se pencher sur le métier de soigneur, et que cela lui donnerait envie d’étudier d’arrache pieds pour faire honneur à sa famille et à son duché. Secouant la tête, je dis à Richard :

« - J’ignore si vous avez des enfants, Maréchal, mais sachez que vous êtes très doué pour leur rendre le sourire. »
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Message Sujet: Re: Lire entre les Lignes   Mar 5 Juin - 21:34

Bienveillant, gentil, l'on pouvait s'esclaffer d'entendre ça sortir de sa bouche. Ces mots le qualifiant étaient si peu crédible quand on croisait son regard féroce qu'on aurait bien pu douter qu'ils portent nuance d'exactitude. Et pourtant ils étaient presque vrais... presque. Il n'y avait nulle gentillesse, ni bienveillance, il n'y avait que vérité et intolérance. Mais juste était de dire qu'échouer maintenant était doux que d'échouer plus tard. Il revoyait son parrain et oncle, le seul Vifsang de potable alors dans sa jeunesse, échouer et repartir tête basse de la Cérémonie du Choix. Il ne l'avait plus jamais revu et n'en avait plus jamais entendu parler non plus. La honte d'avoir échoué à ce point, en n'ayant tous les atouts en poche, l'avait ravagé comme bien d'autres. Beaucoup d'autres. Le fils d'Ysgramor n'en serait qu'un de plus s'il persistait. Et vu sa faible attitude, jugeait-il sous ses airs, il se donnerait la mort plutôt que d'oser lire la déception et la désolation dans les yeux de ses proches. Il en était convaincu.

Il espérait avoir brisé suffisamment ses rêves que pour avoir la paix à présent. Et avec de la chance, Marianne se taperait le côté larmoyant et plus pompeux de cette fâcheuse rencontre. Il peina à cacher sa grimace en entendant le murmure du garçon, murmure beaucoup trop sifflant à ses oreilles. Championne de Bellifère. Il y avait un 'ne' en trop, il avait toujours été de trop depuis ce tournoi (qu'il préférait oublier pour plusieurs bonnes raisons) et malgré le titre octroyé. En tout cas, avec ce regard trop pétillant que lui offrait le môme, il su qu'il allait bientôt être tranquille sans avoir à prendre trop de gant. Et le seigneur d'Ysgramor dû voir également que les séparations (que Richard avait attendu des plus ô poliment possible) se profilaient quand il reprit. Quand il reprit et se fit interrompre aussitôt par un excès de... de tout. De trop. Et Richard, du haut de toute sa taille, releva son menton plus encore comme dans un signe de protection contre une quelconque maladie infantile et joyeuse qu'il aurait pu risquer de contracter face à ce trop plein. Regard tourné vers le bas. Supérieur. Comme s'il regardait un crapaud perdu rampant à ses pieds. Aurait-il eu une cape, qu'il l'aurait tiré vers lui de peur que l'enfant ne la salisse. Mais le pire, sans nul doute, ou la chose qui le surprit le plus (et le sonna légèrement), fut ce compliment sans queue ni tête. Son regard haut se fit rond alors qu'il reculait davantage son menton que possible. La maladie de l'enfant se rependait à l'adulte. Que pouvait-il dire ? L'insulter. Crier balivernes et risquer des œillades ? Il avait brisé les rêves d'un enfant, l'avait cassé d'un regard hautain et on lui baisait les pieds... Diantre, quelle magie là était à l'oeuvre ?

« Sans doute en ai-je beaucoup. Fit-il glacial aveu alors qu'il sentait le léger plaisir d'Adamante devant les émotions de son partenaire de vol. Comment un homme avec de l'argent et un aussi bon pedigree que lui pourrait-il ne pas avoir semé bambin à travers Arven après tout ? Quant à les connaitre et à les reconnaître, c'était autre chose. Et sans prendre la peine de répondre à ce... compliment stupide d'un homme tout aussi fou que son enfant, ni de le retourner d'ailleurs car il aurait sonné faux, il poursuivit. Je garde votre reconnaissance, seigneur d'Ysgramor. Et vous tiendrai informé par lettre. Puis voyant un semblant d'ombre plus loin, son salut, poursuivit. Mon devoir m'appelle. Nullement pressé, mais pressé de partir il était. Puissiez-vous profiter du couronnement et célébrer ce dernier plus tard encore. Seigneur et fils d'Ysgramor. » Salua t-il distinctement d'une toute légère inclinaison – à quelques centimètres de distance, mais des centimètres de sécurité importants - avant de tourner talon et de repartir se mettre à l'abris avec sa pipe dans la Caserne toute proche.

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