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 A chaque fois que l'on se croise...

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Les Voltigeurs
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Mayeul de Vifesprit
Mayeul de Vifesprit

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Je suis : Voltigeur de Nuage, Major du Vol de Valkyrion, division de Svaljärd
Héritier de Vifesprit, petite barronie à l'Ouest de Sombreciel

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Message Sujet: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyDim 19 Fév - 15:02


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Mélodie Douxvelours & Mayeul de Vifesprit

A chaque fois que l'on se croise...

Ca se finit mal !



• Date : 13 février 1002
• Météo : Couvert, très froid, quelques flocons de neige parfois
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Nuage est encore convalescent, Mélodie n'est pas encore rentrée à Lorgol... cela semble être le bon moment pour la voleuse et le Voltigeur de se croiser au milieu des neiges kyréennes ! Cela se passe tellement bien à chaque fois !
• Recensement :
Code:
• [b]Date : 13 février 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1799-a-chaque-fois-que-l-on-se-croise]a chaque fois que l'on se croise...[/url] - [i]Mélodie Douxvelours & Mayeul de Vifesprit[/i]
Nuage est encore convalescent, Mélodie n'est pas encore rentrée à Lorgol... cela semble être le bon moment pour la voleuse et le Voltigeur de se croiser au milieu des neiges kyréennes ! Cela se passe tellement bien à chaque fois !



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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyDim 19 Fév - 15:04

Il est apte à reprendre la Voltige, Mayeul. Enfin. Mais Nuage lui, a encore besoin d’un peu de repos : le choc a été rude, et la guerre est à leurs portes : le petit cendré nécessite toute sa force, et pas une pseudo-guérison. Prêt à servir, bientôt, mais pas tout de suite. Alors, en attendant que son camarade de Vol soit déclaré apte, le major de Svaljärd s’occupe comme il peut : il compulse les rapports qui lui tombent sous la main, il se renseigne, et il s’inquiète. Les Lagrans ont envahi Sombreciel - il a encore du mal à y croire -, enfonçant leurs défenses, grignotant une large partie du pays. Absorbant Vifesprit. Sa maison. Ses terres... enfin, celles de ses parents, de qui il n’a pas eu de nouvelles. Et même s’ils n’ont jamais été des parents très présents, et lui un fils très dévoué, il ne peut s’empêcher de se sentir inquiet. Si cela ne tenait qu’au duc de Lagrance, Mayeul est positivement sûr qu’ils ne risqueraient rien : Denys le connaît, après tout, et Mayeul a suffisamment confiance en son ami d’enfance et en l’amitié qu’ils se portent. Mais voilà, cela ne dépend pas exclusivement de lui, et c’est bien ça le problème.

Il leur a envoyé deux lettres, en étant pourtant certain qu’elles auraient du mal à arriver, ou une réponse à lui revenir. Vifesprit n’est pas une prise intéressante, il le sait : les terres sont pauvres, et ne rapportent guère. Ses parents ne sont pas à même d’intéresser grand monde. Calme. Affection. Champ de neige, flocons. Le Voltigeur soupire profondément devant la tentative de Nuage de le calmer. Il le sait bien, le petit griffon, quand son voltigeur se met à empiler les arguments, c’est qu’il est sérieusement perturbé. Mais il a raison : cela ne sert à rien de s’inquiéter, sinon le perturber davantage. Et puisqu’on l’a tenu dans le noir le temps de sa convalescence, Mayeul a de quoi s’occuper, pour se remettre au goût du jour.

C’est en faisant une pause, s’apprétant à arpenter Ibelin, que le Voltigeur tombe nez-à-nez avec quelqu’un qu’il connaît bien. Il lui semblait bien avoir lu le prénom de Mélodie quelque part, dans ce qu’il a pu lire pour se tenir au courant, mais il ne pensait pas qu’il s’agissait d’elle, réellement. Il ne l’a pas vu depuis Sombreciel après tout, où ils se sont quittés en mauvais terme, et il n’est pas réellement sûr de l’accueil qu’elle va lui faire. Décidément, il semble que Valda met la jeune femme sur sa route aux moments les moins propices, ceux où il s’inquiète pour les siens. Mathilde la dernière fois, ses parents aujourd’hui... mais il s’efforce de repousser cette pensée le Voltigeur, préférant se concentrer sur la jeune femme. Elle doit bien se demander ce qu’il fait là : aux dernières nouvelles, après tout, il était en Sombreciel, et son harnais de Vol l’identifie clairement comme un Voltigeur de Valkyrion, désormais.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyJeu 23 Fév - 22:14

Le voyage avait été éprouvant, entre l’attaque des Chevaucheur en Erebor, les crapahutages dans des souterrains morbides et l’arrivée en Valkyrion. Ca n’avait pas été facile. Pour ne rien arranger, j’avais attrapé un bon gros rhume sitôt avoir été mise au chaud et à l’abri. Il faut dire que les températures du désert n’était pas les mêmes que celles des plaines enneigées bordant la capitale.
Cela avait retardé mon départ et je venais à peine de finir de contacter le réseau de la Cour des Miracles établi à la capitale pour faire passer les richesses trouvées dans la tombe et organiser mon retour sur Lorgol. La guerre rendait l’entreprise assez ardue et il fallait encore compter quelque temps avant de trouver un mage des portails au service du Fils des Ombres qui accepterait de rapatrier tous ceux voulant retrouver les pavés de la ville aux mille tours. C’était un portail qui serait ouvert pour tout un groupe et non pour une seule personne.
Il me fallait donc attendre, au moins avais-je l’occasion de visiter. Je serais bien allée voir Liselotte si je ne la savais pas à Lorgol en train de monter sa boutique. Valkyrion, mon esprit s’attarde sur chaque lettre nommant le duché, mes yeux détaillant les rues, le givre, la myriade de détails presque invisibles qui marquaient la pierre pour y donner plus de sens à ce mot.
Ce n’était pas un endroit pour moi, trop froid, trop rude, j’y préférais de loin le chahut bouillonnant de la Ville Basse, ici tout était figé dans une glace qui avait l’air d’avoir attaqué jusqu’au cœur des gens…c’était…triste.
Mes pensées sortant de ma tête et flottant au grè d’un vent glacial, se figeant petit à petit dans l’air, se mêlant à la buée de ma respiration, elles avaient tout de même eu le temps de me ramener un drôle de compagnon avant de geler complètement. Le Destin était joueur. Ce n’était pas un kyréen, mais un cielsombrois dont je reconnais la silhouette, d’un tempérament qui devait pouvoir réchauffer même les corps les plus frigides, lorsqu’il ne se laissait pas tourmentait par des démons que seul lui entendait.

Mayeul.
Le Voltigeur.
Le Charmeur.
Le rabat-joie.


Je m’arrête un moment, hésitante, ne sachant trop comment prendre cette soudaine apparition. Décidément… Devais-je m’en réjouir ou m’en agacer ? Plutôt que de me torturer l’esprit, autant l’accoster pour voir s’il était disposé à servir de guide, voir, pourquoi pas, à offrir un repas à une connaissance « bizarre » (pour reprendre ses termes).

-Hé bien, vous êtes venus quémander votre bisou d’anniversaire ou bien un amant jaloux vous a obligé à venir vous cacher derrière les bonhommes de neige du duché voisin ?

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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyJeu 2 Mar - 21:16

Il est sûr qu’il ne s’attendait pas à la croiser elle, parmi ses connaissances, ici. Peut-être même l’aurait-il questionné, d’ailleurs, s’il n’avait pas lu le récit du retour de son petit groupe, en provenance d’Erebor. Et puis, il ne se sentait pas vraiment le droit de la harceler, Mayeul, ps près l’attitude qu’il avait eu envers elle la dernière fois qu’ils s’étaient croisés. Depuis... depuis, il lui est arrivé bien des choses, au Voltigeur. Mais surtout, il lui semble voir commencé à faire la paix avec l mort de Mathilde, et ce n’est pas rien.

C’est Mélodie qui l’aborde, sans plus de tact et de fioritures que s’ils étaient amis ou, du moins, de proches connaissances. La franchise de la demoiselle l’amuse, tandis qu’elle s’est plantée devant lui, mais il tressaille à sa question. Sait-elle à quel point elle touche près du but ? Il le sait, Mayeul, il s’en doute plutôt, que sa nomination ne doit pas tout à ses compétences. Il n’a aucune preuve, et s’est abstenu de trop fouiller, mais il est persuadé que le Duc Castiel a eu une incidence sur sa promotion et, surtout, son envoi à Valkyrion. De là à penser qu’il s’est fait éjecté pour éviter qu’il ne côtoie la jolie Alméïde, il n’y a qu’un pas. C’est peut-être flatteur, d’être considéré comme quelqu’un à éloigner de la princesse des dunes, au final. Et cela n’a pas eu de conséquences fâcheuses, pour le moment. Il s’y plaît, à Valkyrion. Un peu trop froid, un peu trop neigeux, mais l’expérience est intéressante. Il doute toujours de faire un quelconque major potable, mais jusque là, personne ne s’est plaint de lui, à sa connaissance.

« Un amant jaloux, allons donc ! Je veille à ce qu’ils n’apprennent jamais mon nom ! »
Plaisante le Voltigeur, ne pouvant empêcher un instant son esprit de s’envoler vers Bellifère et la dame qui lui reprochait de lui avoir laissé un griffon dans le four. « Je viens chercher mon baiser, évidement. Vous êtes quelque peu en retard. » Lui fit-il remarquer d’un ton léger, croisant les bras en la regardant, avant de désigner les alentours d’une main gantée. « J’ai reçu ma mutation ici en cadeau d’anniversaire, il va falloir vous surpasser pour égaler un tel présent. Mais quelque chose me dit que votre baiser se montrera à la hauteur. » Il parle d’expérience, après tout : les lèvres de Mélodie sur les siennes étaient plus qu’agréables, la dernière fois, et il n’est pas contre retenter l’expérience. Et puis, qui sait, compter fleurette à la demoiselle évitera peut-être que les pensées du Voltigeur ne dévient sur une jolie Erebienne aux yeux ensorcelants.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyMer 8 Mar - 16:58

Mayeul était bien disposé à entendre le ton qu’il utilisait pour me répondre. Penser que le fier Voltigeur était venu se cacher à Valkyrion à cause de ses frasques avait quelque chose d’irrésistiblement amusant, pourtant…pourtant l’image du cielsombrois était ternie par les sombres humeurs qui avaient finis par me faire fuir à la Samhain et je n’arrivais résolument pas à mettre cette histoire d’amour insatisfait comme la raison de sa présence ici. Après tout, la guerre était… déclarée, il était Voltigeur, sans nul doute avait-il été rapatrié à la capitale pour la protéger des envahisseurs à écaille.
J’avais encore du mal à me remettre de cette constatations…la Guerre était là, après mille ans de paix, de tension, de non-dit et de querelle ravalée pour faire illusion, tout avait éclaté en mille morceaux en une journée seulement, sous le souffle brulant des dragons. Dire que je commençais à apprécier ces grosses bestioles…Pour chasser ces horribles images de ma tête, déjà trop encombrée par tous ce que je devais faire, j’en reviens à des sujets plus légers à savoir la promesse d’un cadeau d’anniversaire. Mes bras se croisent quand il m’accuse d’être en retard, prenant une mine offusquée et me mordant la langue pour éviter à mon sourire amusé de ne revenir sur mes lèvres.

-C’est que vous n’avez guère précisé de dates il me semble.

Une mutation ? Voilà donc l’origine de sa présence ici. Je fronce un peu les sourcils, ne m’attendant guère à un tel revirement de situation. Quelle idée de faire migrer un représentant débauché de Sombreciel dans un duché si froid que Valkyrion…C’était comme pour la jolie Liselotte. J’avais bien du mal à comprendre comment ces êtres à la liberté outrancière pouvaient bien réussir à se plaire dans un pays qui était si différent du leur. Mais après tout, n’aimaient-ils pas attirer l’attention et choquer le monde autour d’eux ? N’aimaient-ils pas se nourrir des regards des autres ? C’était une belle façon de faire bouger les mœurs et amener à des situations drôles. Même si je me doutais qu’en tant que Voltigeur, il se devait de faire attention à son comportement. Ce qui était… beaucoup moins comique à imaginer.

-Mais…honnêtement, je ne sais pas vraiment si vous le méritez votre baiser. Vous aviez l’air plutôt pressée que j’aille voir ailleurs la dernière qu’on s’est vue.

Rancunière ? Noon, pas le moins du monde…bon si, peut-être un peu.

-Mais, je tiens quand même à préciser que la température a eu raison de moi et que j’ai été sacrément malade ces derniers jours. Je ne suis pas certaine que vous vouliez toujours de votre présent du coup.


J’allais mieux, mais j’avais toujours la tête qui tournait et de la fièvre. Rien de grave, mais j’avais hâte de retrouver ma maison et mes rues à la bise plus clémente de Lorgol.

-D’ailleurs, vous ne devriez pas être sur Nuage à sillonner le ciel à cause des dragons plutôt qu’à balader ainsi ?

Non, parce qu’en fait, je ne tenais pas vraiment à les revoir avec leurs gueules grandes ouvertes en train de cracher leurs flammes dévastatrices.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyJeu 9 Mar - 20:41

Discuter avec Mélodie le distraira agréablement, il le sait, le Voltigeur. Elle est vive et agréable, pleine de répartie, et sans doute pas aussi affectée que lui par ce qu’il s’est passé en Sombreciel. Elle vit à Lorgol, n’est-ce pas ? comment pourrait-elle connaître l’appréhension, la colère de n’avoir pas de nouvelles de ses proches, de son duché, de son chez-lui. Il s’en est voulu, un petit moment, de la façon dont il a parlé avec elle la dernière fois. Il a espéré la revoir pour s’excuser, même s’il ne sait pas vraiment comment le faire. Doit-il réellement s’excuser d’être de mauvaise humeur, alors que sa sœur venait de disparaître, à nouveau, sous ses yeux ? Devait-il s’excuser d’être jaloux de cette complicité partagée par Nuage et Mélodie ?

Il préfère la légèreté, Mayeul, d’une discussion amusée avec la jeune femme. Ses excuses ne feraient que perturber cette simplicité, alors elles ne sont probablement pas nécessaires. Mélodie en tout cas, n’exige rien, et préfère prétendre qu’il n’a rien précisé. Avant de répliquer par une phrase assassine. Ha. Peut-être se rappelle, finalement, de leurs derniers échanges. Et peut-être qu’elle lui en veut, légèrement. Il fait une grimace, le Voltigeur, avant qu’elle n’enchaîne. « Si vous préférez que je m’en aille, dites-le.» Réplique Mayeul, quelque peu vexé. « Nuage et moi avons été... secoués, en Erebor. » Il a hésité sur le terme, un peu, et se hâte d’enchaîner, espérant qu’elle ne s’en aperçoive pas. « Il est encore en convalescence, et je viens d’être libéré par les médecins. Je m’accorde une pause avant de retourner travailler, sous prétexte que je ne dois pas me surmener. » Il est peut-être un peu amer sur ce dernier point.

« Et je suis prêt à risquer d’être malade pour un de vos baisers, belle Mélodie. » Ajoute-t-il galamment, détournant avec force ses pensées de Reja. Pourquoi penser à elle ? Il ne lui a rien promis, après tout. Un baiser de Mélodie ne signifie pas grand chose, une promesse d’amusement passager et un petit jeu entre eux, rien de plus. L’Érebienne a tendance à se glisser dans ses pensées aux moments les plus étranges, et Mayeul repousse de toutes ses forces une quelconque volonté d’analyser ce que cela peut bien signifier. Il s’inquiète pour ses parents, pour la guerre, pour sa nouvelle affection, pour ses Voltigeurs... y rajouter Reja et ce qu’il éprouve - ou n’éprouve pas, il n’a pas encore décidé - pour elle n’est pas sa priorité. Il regrette plus profondément l’absence de Mathilde, dans ses cas-là : sa sœur savait ce qu’il pensait, et savait l’aider à décrypter. Il se sent plus que démuni, sans elle.

« Mais ne craignez rien, je retournerais voler dès que possible. Et vous, vous n’êtes pas encore retournée à Lorgol ? » Il est curieux, le Voltigeur, de savoir pourquoi elle reste ici. Le chemin est long jusqu’à Lorgol, et le trajet est semé d’embûches, surtout vu les événements actuels. « En tout cas, vous êtes chanceuse : si vous voulez quelque chose pour soigner votre rhume, je peux vous montrer une boutique qui vend de quoi le faire disparaître avant qu’il ne vous ennuie réellement. » De là à déduire que Mayeul a passé quelques semaines à renifler et à éternuer depuis qu’il est ici, il n’y a qu’un pas !

« Nuage se repose, mais il sera ravi de vous savoir en bonne santé. » reprit le Voltigeur, un peu plus sérieusement. Ce serait le moment idéal pour des excuses, sans doute. « Moi aussi je le suis. » Cela devrait suffire, pour se déculpabiliser, et lui faire comprendre qu’il regrette son attitude d’il y a quelques mois. Même s’il avait des circonstances atténuantes, en vérité.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyVen 10 Mar - 17:53

« Si vous préférez que je m’en aille, dites-le.»
-Tu es stupide en fait.

Les mots étaient sortis instantanément, poussés par la surprise, alors que je le regardais sans comprendre le raisonnement qu’il avait utilisé pour en arriver à cette étrange conclusion. Oui, je lui en voulais un peu, comme n’importe qui s’étant fait prendre un jouet intéressant un peu trop tôt et de façon abrupte. Il aurait dû le faire avec plus de délicatesse, comme lorsqu’il prenait ce ton d’une chaleur doucereux pour se faire charmeur. Mais de là à lui dire bonjour simplement pour aller me crêper le chignon avec lui…il y avait un monde.

-Je n’aborde pas les gens si je n’ai pas envie de leur parler. Ce serait sacrément tordu quand même. Tu réfléchis beaucoup trop.


Je lève les yeux au ciel, en soufflant d’un air désolé. Ne remarquant même pas mon habituel passage au tutoiement. Je n’étais pas faite pour les conventions de politesses bien trop lourdes et ennuyeuses pour mon cerveau simpliste. Il ne fuit pas au loin le Voltigeur et il réplique à mes questions, piqué sur le vif.
Donc, il était en Erebor aussi, que le monde était petit, moi sous terre, lui dans le ciel. Je l’observe sous cape, vérifiant ses dires, il avait effectivement l’air en bon état. Même si je n’étais pas prête à mettre ma main à couper qu’il n’en faisait pas des cauchemars la nuit. Je veux dire… se battre contre des cracheurs de feu…sans doute voir des compagnons mourir, quel scénario affreux.
Je ne m’inquiétais pas pour son compagnon, s’il avait été dans un état critique, Mayeul ne serait pas ici, pas avec ce visage, les ombres l’auraient ravagé et il m’aurait envoyé sur les roses depuis longtemps. Sa jalousie aidait beaucoup quant à mes suppositions, mais j’étais navrée qu’un griffon si joyeux et joueur soit obligé de se battre ainsi. Car tel était la réalité, Arven était en guerre, il n’y avait plus de place pour la douce insouciance qui se faisait côtoyer Chevaucheur et Voltigeur dans une rivalité vide de répercussion.

Qu’allait-il arriver à Lorgol ?

-J’espère que vous vous rétablirez vite tout les deux alors, c’était vraiment un sale coup de leur part…

Et encore le mot était faible, mais je n’avais pas franchement envie de m’appesantir sur le sujet. Je ne comprenais toujours pas comment, même sous prétexte de guerre, ils avaient pu aller en Erebor ainsi pour bruler des oasis, pour bruler des paysans, des nomades, qui n’avaient rien demandé, qui n’avaient aucune chance de se défendre face à eux…. Ca avait été un massacre pur et simple, ils étaient des meurtriers et j’étais malade de me dire que Maëlys avait pu faire partie du lot. Les chevaucheurs se devaient de défendre, pas de tuer de sang froid, pas aussi gratuitement…Non ?
Je m’adoucis et me détends en me raccrochant aux taquineries charmeuses de Mayeul. Je laissais les cauchemars pour la nuit, il n’était pas encore temps de se poser mille questions dont je n’aurais, de toute façon, aucune réponse.

-Soit, je vous laisserais donc le choix de décider si vous voulez ou non tenter le coup, après tout, je me suis engagée, il ne faudrait pas qu’on dise de moi que je n’ai aucune parole. C’est à peu près la seule chose que je puisse donner vu mes richesses.

Ce qui était à peu de chose près, vrai. Bon dernièrement, j’avais quelques fleurons de côté, la faute à quelques projets qui couvaient et grandissaient doucement, néanmoins, si je disais quelque chose, que j’étais sincère (ce qui n’arrivait pas si souvent en fin de compte) je m’y tenais.

-Vu ma capacité à tomber au mauvais endroit au mauvais moment, je crois que voltigeur ou non, personne ne pourra rien pour moi. Plaisantais-je. Je suis tombée malade sur la route menant à Ibelin, quand on a été récupéré et rapatrié par tes…collègues, je suppose. Donc j’ai dû attendre d’aller mieux, je partirais bientôt. Et honnêtement, je ne suis pas contre à voir cette boutique, ni aller voir ton compagnon enfin si tu es disposé à cela.

Le froid je connaissais, le choc thermique désert, plaine hivernale… Comment dire… Beaucoup moins. Mon corps n’avait pas aimé et il me l’avait clairement fait comprendre.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyVen 17 Mar - 23:59

Il faut à Mayeul toute sa maîtrise de lui-même pour ne pas répliquer vertement aux propos de la jeune femme. C’est qu’elle l’insulte, en plus de lui en vouloir ! Mais la remarque d’après le prend un peu au dépourvu, et il plisse les yeux. Elle n’a probablement pas tort, quoique lui est capable d’aborder les gens uniquement pour déverser sa mauvaise humeur sur eux, parfois. Et lui dire qu’il réfléchit beaucoup trop... d’accord, il a tendance à prévoir et analyser les réponses des gens, mais réfléchir ! Peut-être que s’il n’avait pas parlé, justement, elle ne lui aurait pas dit cela. Le Voltigeur ouvrit la bouche pour répondre, avant de se raviser sagement. Oui, effectivement, mieux vaut qu’il ne dise rien, histoire de ne pas envenimer les choses. C’est qu’il devient presque sage, désormais que toutes ces responsabilités lui sont tombées dessus. Ou qu’il se tient loin des drogues de son duché natal. Ou que Mathilde lui a fait la leçon, qui sait. Un peu des trois, sans doute.

Il remarque tout de même que Mélodie lève les yeux au ciel, et ne peut retenir la remarque sarcastique qui lui brûle les lèvres. « Je ne te connaîs pas assez pour juger si tu es tordue ou pas. » Non mais ! Il est vexé, Mayeul, mais s’efforce de calmer son agacement. Nuage aime bien la demoiselle, il le sait, et le griffon ne serait pas forcément très heureux de savoir que son Voltigeur l’a injustement rembarré. Mais il y a quelque chose avec Mélodie qui l’agace profondément. C’est bien pour ça qu’il s’est tant énervé, la dernière fois. Pas de la jalousie. Absolument pas de la jalousie.

Mayeul hausse les épaules à la remarque de la jeune femme. Il est sincère pourtant, quand il lui répond : « Ce n’est pas la première fois, et il est entre de bonnes mains. » Quand au reste... c’est la guerre. Alors oui, attaquer de cette façon était lâche et bien trop soudain, mais c’est l’essence même du conflit. Les Chevaucheurs étaient mieux préparés, mieux organisés, et leur attaque était délibérée. Mayeul en est sûr, même s’il le garde pour lui, que la déclaration de guerre aurait trouvé une autre façon d’être lancé, même si Diane de la Fère n’avait pas lancé l’offensive. Gustave veut la guerre, il en est persuadé. Les Chevaucheurs étaient bien trop préparés pour que le déclenchement de la guerre ne soit pas préparé.

Mais mieux vaut parler de sujets plus légers, et ils y excellent, tous les deux. Ils parlent de ce baiser qu’elle lui a promis. « Un baiser est un cadeau plus intéressant que quelques fleurons, crois-moi. » Lance-t-il, amusé, passant lui aussi au tutoiement. Il est Cielsombrois, après tout. Que ne dirait-il pas pour obtenir un baiser ? L’image de Reja soigneusement repoussée au fond de sa conscience, Mayeul finit par secouer la tête. « Écoute, je n’ai rien contre le fait de te montrer ce baume miraculeux, mais tu ne pourras pas voir Nuage, et il en est le premier désolé. » Ils sont en guerre, après tout, et il ne connaît pas Mélodie tant que ça. Pas assez, en tout cas, pour l’introduire dans une caserne d’Ibelin. « J’aurais même du mal à t’introduire dans mon lit, en vérité. » Oh, il trouvera certainement un autre moyen s’il le faut, mais il ne préfère pas s’y aventurer. Qu’est-ce qui lui dit que la jeune fille n’est pas une membre de l’Ordre du Jugement, après tout ? Elle n’est pas réellement Faë, il ne voit pas pourquoi elle lui aurait menti là-dessus, mais après tout, il n’en sait rien, réellement. « Mais ma chambre n’est pas le seul endroit où on peut se retrouver. » Lui lance Mayeul d’un air mutin. « Tu viens ? » Ajoute-t-il en lui faisant signe d’avancer. Vers la boutique, évidemment. Absolument nulle part ailleurs.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyLun 20 Mar - 17:04

J’aurais pu m’offusquer de sa remarque, lui semble avoir mal pris les miennes, mais c’est plutôt un rire qui lui répond. Je me baisse un peu pour réussir à capter son regard assombri par l’agacement avant de lui décocher un clin d’œil mutin.

-Si ça peut te faciliter les choses, sache que je suis tordue…cependant, dis-je en me redressant, peut-être pas de la façon dont tu l’entends, toi.

Je pose, un instant, l’index sur les lèvres, réfléchissant et lui offrant un sourire en signe d’apaisement. J’avais été brisée et réparée trop de fois pour que la surface de mon âme paraisse parfaitement lisse et lustrée, si elle pouvait prendre une forme concrète sans nul doute qu’elle serait cabossée et dans tous les sens. Ce n’était pas pour me plaindre, mais un simple constat et pour être tout à fait honnête c’était une image qui m’allait parfaitement.
Je n’étais pas une chose qu’on admirait, mais je savais posséder plus de ressources que la plupart daigner me donner. C’est parce que j’avais été réparée mille et une fois que j’étais devenue bien plus résistante que la plupart de ces esprits faibles que l’on pouvait écraser aussi facilement. Dans un sens j’avais gagné au change, n’est-ce pas ?

-Très bien, j’espère que toi et ton compagnon iraient rapidement mieux.

Je me répète, mais je n’aimais pas savoir le griffon cloué au sol. Il était un seigneur du ciel, il avait concédé de m’offrir un peu de son royaume et de sa simplicité joyeuse. J’avais aimé ce contact rafraichissant et, contre toute attente, réconfortant juste après les horreurs de la Samhain. Sans compter que je n’étais pas la mégère que Mayeul semblait voir en moi. Je préférais encore avoir une victime en bon état à embêter que le contraire. Si j’aimais particulièrement titiller les limites des bienséances pour voir ce qui pouvait se cacher derrière, faire sciemment du mal n’était pas vraiment mon truc. En plus, Mayeul m’était sympathique, bien que son raisonnement me soit souvent incompréhensible.

Dans une danse à la mélodie absente, il volte pour changer de sujet et imposer un nouveau rythme. Je m’y adapte, souriant toujours, ayant décidé que finalement, je n’étais plus en colère contre lui. Ca n’en valait pas la peine, pas alors qu’il était encore une fois convalescent et Nuage dans le même état en prime. Ca aurait été injuste, et puis il me paiera bien un petit quelque chose pour se faire pardonner, j’en étais certaine.

-Ha les cielsombrois, toujours à rêver de leur chambre alors que le monde leur ouvre les bras. Fait attention, je vais commencer par croire que tu manques cruellement d’imagination pour l’un des représentants du duché de l’imprévisibilité.


Je marche doucement sur l’allée, le froid commençant à s’insinuer perfidement sous mes habits et me faire frissonner. Il fallait que je bouge si je ne voulais pas finir congelée alors même que je venais à peine de retrouver une température corporelle décente.

-Très bien voilà le deal, tu me montre ton marchand miraculeux et je t’offrirai mes lèvres dès que j’aurais ingurgité son remède miracle. En attendant, je n’irai pas faire un caprice de n’avoir pu saluer ton âme-sœur duveteuse et je n’irais pas te dire de prendre soin de lui, je pense que tu sais bien mieux que moi ce qui lui faut pour être heureux et en bonne santé.

Autant rétablir les vérités tant qu’il était possible et éviter que la situation ne dérape à cause d’une malencontreuse incompréhension. Il était son Voltigeur et j’avais bien cru comprendre qu’il était un poil possessif concernant Nuage. Autan lui laisser cette place où il pensait que j’avais voulu m’immiscer pour profiter tranquillement de cette rencontre. Et puis le mettre dans de bonnes dispositions le rendra bien plus conciliant.

-Je te suis. Finis-je par dire alors que nos pas nous menait dans les tréfonds de cette ville affreusement froide.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptySam 1 Avr - 21:15

Elle est donc tordue, elle l’avoue elle-même. Bizarrement, cela ne rassure pas Mayeul à son égard, ni ne calme son agacement. Mélodie et lui, il le sait, sont trop différents pour se comprendre. Ils n’ont que peu de points communs, elle l’énerve, et la plupart de ses remarques sont bien trop acérés pour qu’il puisse les prendre avec détachement. Mais Nuage l’aime bien, et malgré tout, Mayeul l’aime bien aussi. Quand elle est agréable avec lui, ce qui n’est jamais sûr. Et puis elle l’intrigue, la jeune femme, même si elle lui tape sur les nerfs. Avec ses idées bien arrêtées, souvent aux opposés des siennes, Mayeul ne peut s’empêcher d’essayer de la comprendre. Ca a toujours été une marotte, de comprendre les autres, c’est bien pour ça qu’il s’est dirigé vers cette discipline à l’Académie. Comprendre, étudier, disséquer ce qui motive les gens. Et Mélodie est un mystère à elle toute seule.

Mais son intérêt pour Nuage semble sincère. Si Mayeul doit d’ailleurs être totalement honnête avec lui-même, il sait que l’intérêt de la jeune femme est sincère, sans l’ombre d’un doute. Mais que quelqu’un d’autre que lui s’inquiète de Nuage le perturbe. Reja l’a fait, pourtant, mais il lui en a été reconnaissant, parce que lui était bien incapable de le faire, à ce moment là. Avoir peur que qui que ce soit le supplante auprès de son griffon est bien stupide, il le sait, et bien peu digne du lien qu’il partage avec son compagnon, il le sait, mais il ne peux s’empêcher d’être un peu jaloux, au fond. Aussi stupide que cela puisse être. Une brève image surgit dans sa conscience, tandis que son esprit commence à s’emballer, et Mayeul n’a pas besoin de l’agacement qui suit pour savoir que le jeune griffon désapprouve son raisonnement stupide. Mais... c’est de la faute de Mélodie, tout ça : elle le perturbe. De Reja, aussi : elle le perturbe encore plus. De son accident, ce qui fait qu’il n’a pas encore les idées très claires, peut-être bien.

Alors Mayeul change de sujet, parce que c’est tout de même bien plus simple. Sa chambre. Leur baiser. Une soirée en tête-à-tête. Et, selon Mélodie, ce qui s’apparente à un cruel manque d’imagination. Mais à cette pique, Mayeul sait parfaitement comment répondre. La jeune femme continue de parler et finit par accepter de le suivre, vers une herboristerie qu’il a appris à connaître ici. « Ce n’est pas un quelconque manque d’imagination, crois-moi. Il fait bien trop froid ici pour s’imaginer rester nu en dehors des couvertures et de quelques fourrures. Quelques peaux de bêtes devant la cheminée feront tout aussi bien l’affaire, mais pour ça, il faut trouver une auberge. Ceci dit, il y en aura probablement une sur notre route. » Ajoute le Voltigeur, faisant mine d’y penser soudainement.

« Et tu as bien raison, il n’est pas digne d’une dame de faire des caprices. » Ajoute Mayeul, pas franchement sérieux. « Si tant est que tu sois une dame, Mélodie : je ne sais toujours rien de toi, si ce n’est ta capacité à voyager et à être des plus agaçante. » Qu’elle embrasse bien, aussi. Qu’elle a un rire charmant, quand elle accepte de le faire entendre. Qu’elle a de bien jolis yeux, et des lèvres douces. Des yeux clairs, et des lèvres pâles, bien loin du visage qui s’incruste dans ses rêves malgré sa volonté. « Tu es prête à avaler n’importe quoi pourvu que je te le conseille ? » Demande soudain Mayeul, le défi clair dans sa voix, un défi qu’il ne cherche même pas à minimiser. « Parce que ça pourrait s’avérer tout à fait intéressant. » Il est certes Major, Voltigeur, ils sont en guerre... mais il termine sa convalescence et Mayeul a besoin, désespérément, de se changer les idées.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyMer 5 Avr - 14:21

-Une dame ?

Je répète, dubitative, avant que la phrase prenne sens dans mon esprit. J’éclate de rire, m’imaginant soudain maniéré et d’une douceur soumise pour plaire à je ne savais qui. C’était tellement loin de ce que je pouvais être, de ce que j’étais. Il avait de drôle d’idée ce Voltigeur, je pensais que la simple mention de fille des rues de la Ville Basse lui aurait donné une idée sur ce qui me définissait, mais en fait, pas le moins du monde. Vraiment les cielsombrois n’étaient que peu observateur, avec des idées bien étranges en tête.

-Ho que non, je n’en suis pas une, et certainement que je ne le serais jamais. Ce sont, au passage, des capacités que j’entretiens avec cœur, heureuse de voir que tu t’en es rendu compte.


Oui, ce n’était ni le premier, ni le dernier à me trouver un talent certain dans l’art d’enquiquiner les gens. Mais après tout c’était tellement plus intéressant ainsi, que de simplement s’en tenir à des discussions courtoises, légères et surtout vide de sens. La colère, la frustration, faisait ressortir tellement plus, il était ainsi plus évident de juger de la personne qui était en face de vous, elle se montrait plus entière et véritable. On lâche plus facilement du leste lorsque la colère ouvre les vannes des mots qu’on tente de retenir pour faire bonne figure et c’était ces mots, cette vérité cachée, car souvent jugée hideuse, que je trouvais, personnellement, particulièrement intéressante, voire même belle.

Mes yeux s’étrécissent à sa demande, piquant mon intérêt.

-Pas de drogue, mais pour le reste, je tiens le pari.


Pas sûre que j’en sorte indemne de celui-là de défis. Après tout, ils avaient fière réputation les cielsombrois, quoique, mes avis que les marins avaient l’estomac bien plus accroché concernant l’alcool que les extravagants d’Ibélène.

-Mais, je ne comprends pas, pourquoi voudrais-tu savoir quoi que ce soit sur moi ? Puis après tout…tu en sais déjà pas mal. Lorgol, sans le sou, tout le package du miséreux quoi. Je voyage et profite que le Destin me soit favorable avant qu’il ne décide de me jeter dans les bras de Sithis. C’est pas bien compliqué dans le fond. Et c’est aussi exactement pourquoi je passerais la journée avec toi à boire les breuvages que tu me proposeras.

Joueuse ? Parfaitement. J’avais du temps à tuer et un rhume à éloigner, alors autant le faire en bonne compagnie en attendant que le Mage des portails rattaché à la Cour soit enclin à me faire rentrer à la maison.

-Allez, si tu tiens la distance aujourd’hui, je réponds aux questions que tu veux. Même si, je crois que je t’en ai déjà donné pas mal, des réponses. Et gratuitement en plus.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyDim 9 Avr - 21:33

Il faudrait être bien stupide pour s’apercevoir que Mélodie aime agacer les gens, et les taquiner. Si c’est amusant, la plupart du temps, Mayeul trouve vite ça énervant, surtout que la jeune femme s’ingénie à se montrer aux pires phases de sa vie. Comme si elle le faisait exprès, comme si le Destin lui indiquait quand et où se trouver pour être des plus agaçantes. Elle semble bien fière Mélodie, d’être le genre de fille que n’importe qui finit par avoir envie d’étrangler et d’un côté, Mayeul comprend. Il aime lui aussi enquiquiner les autres, mais n’arrive qu’à la cheville de Mélodie. Non, pas une dame, non : une emmerdeuse professionnelle.

C’est peut-être pour ça, que le Voltigeur rebondit sur ses paroles, pour voir si elle est prête à rentrer dans son jeu et lui prouver qu’il n’a pas peur de se mesurer à elle. Elle aime bien les défis Mélodie, il s’en doute, et n’est clairement pas déçu. La jolie jeune femme, avec ses idées arrêtées et ses manières agaçantes, est une véritable compétitrice, il l’a bien compris. Elle est méfiante pourtant, en excluant d’office les drogues si chères à Sombreciel. Très bien, si elle veux poser cette condition, Mayeul n’éprouve pas le besoin de la contrer. Ils auront bien assez à faire avec d’autres choses, après tout.

Quoique. Ce n’est pas réellement raisonnable, il le sait, et n’a guère besoin de soumettre l’idée à sa conscience pour savoir qu’elle est très mauvaise. Il est censé être en convalescence, pas faire la tournée des tavernes, et encore moins avec une fille qu’il ne connaît qu’à peine. Oh, ils seraient à Euphoria, cela ne lui aurait posé strictement aucun problème, mais ils sont à Ibelin. Et les kyréens seront sans nul doute bien moins ouverts à ses frasques que les Cielsombrois. Et puis, il est Major, maintenant. Pas par mérite mais par manigance, il le soupçonne fortement, mais cela ne change rien. Il a promis, à Nuage, à Mathilde, à lui-même aussi, de ne pas gâcher la chance qui lui a été donnée. Et aller courir les rues avec Mélodie ressemble fortement à une mauvaise idée. S’il réfléchissait un peu plus, parfois, avant de parler !

Mais il trouvera bien une solution pour s’en sortir. Il tient bien l’alcool après tout, et si la jeune femme a dit « pas de drogues », le Voltigeur saura bien trouver un autre moyen. Le remède pour le rhume qu’elle va prendre s’assortira bien d’un grog puissant, non, afin qu’elle prenne une longueur d’avance. « Je suis curieux, c’est tout. Et tu connais sans doute plus que moi que moi de toi. » Elle sait, après tout. Pour Nuage, pour Mathilde, pour quelques uns de ses doutes. Elle doit même soupçonner son amitié, du moins sa loyauté, pour Denys du Lierre-Réal depuis leur rencontre en Lagrance. C’est bien plus qu’il ne peut dire sur elle. « Je n’ai que peu de certitudes sur toi, Mélodie. Ton prénom, d’où tu viens, même pas vraiment qui tu es. » Il sait qu’elle a perdu un être cher, aussi. Qu’elle n’aime guère le duc de Lagrance, et ne porte pas - c’était quoi son nom déjà ? - Thomas le Chevaucheur dans son cœur. C’est peu, pour connaître une personne.

« C’est à gauche, plus loin dans la ruelle. » Indique Mayeul en guidant la jeune femme vers la boutique qui la sauvera du nez qui coule et des éternuements en cascade. « Pourquoi est-ce que tu aimes tant bouger ? » Ajoute le Voltigeur, curieux. Il sait pour Lagrance, Erebor, Sombreciel et Valkyrion. Elle vient de Lorgol, Mélodie, alors que recherche-t-elle vraiment, et qu’elle cache dans ce besoin d’exploration ?


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyMar 11 Avr - 18:40

Clac font les talons sur le pavé, rythmant la conversation qui est partie pour s’éterniser. La roche, froide, recouverte de givre par endroits, est le témoin discret de nos échanges. J’avais du mal à comprendre comment un griffon aussi espiègle avait pu s’acoquiner avec Mayeul. Cet homme était plutôt sympathique, j’avais eu l’occasion d’apercevoir sa facétie qui devait s’accorder à merveille avec celle du petit griffon, mais, depuis…. Je n’avais eu droit qu’à sa mauvaise humeur et des questions à n’en plus finir. Je ne comprenais pas ce qu’il cherchait, ce qui le dérangeait. Car ce devait bien être le cas, sinon il ne prendrait pas cet air maussade et passablement agacé quand il était en ma compagnie. Suivant le chemin, laissant les instructions de l’homme me guider. J’avançais selon une logique toute particulière, évitant les rainures, jonctions, entre les dalles qui faisaient notre chemin.

-Parce que le monde est beau et que la vie est courte.


Je souris, me retournant d’une volte, avançant à reculons quelques secondes pour apercevoir son visage et revenir aussitôt à ma position d’origine.

-Je suppose que cette réponse ne te va pas, comme toute celle que j’ai pu te donner. Huum, comment t’expliquer ça. D’un coté tu as l’ennui et la misère, la mort et la famine, pour résumer un néant bien maussade. De l’autre l’inconnue, la découverte et l’amusement. Le choix, s’il t’était donné ne serait-il pas vite fait ?

J’aimais Lorgol, d’un amour tout aussi tordu que je pouvais l’être. Y revenant au galop, y repartant tout aussi vite. La Ville Basse et sa faune étaient tout à fait passionnantes, mais dangereuses et capables de vous entrainer par le fond. Les souvenirs y étaient aussi joyeux que terribles. Je…Je n’avais aucune envie de m’appesantir plus sur un passé déjà trop lourd. De voir ma vie se répéter à l’infinie en celle des gamins qui crapahutaient dans les rues et dont la famille se faisait détruire par le manque d’argent. Tout le monde ne pouvait pas être sous la protection de la Cour, il n’était pas possible de tous les aider. Alors, si j’aimais Lorgol, ses tours et ses mystères, elle n’en restait pas moins un miroir qui me reflétait sans arrêt les tragédies qui avaient agité ma vie, dans un cercle sans fin.

-Et toi, qu’est-ce que tu en retire d’être voltigeur ?

Je lui lance un rire mutin, il n’était pas le seul à pouvoir poser des questions étranges. Puis nous arrivons devant une devanture de boutique, des herbes en train de sécher faisant office de vitrine. Je rentre dans l’établissement en ouvrant largement la porte provoquant un brouhaha de clochette là pour avertir de l’arrivée de client.

-Bien le bonjour messire, ce monsieur ici présent me vante les mérites de vos remèdes, pourrais-je en bénéficier pour éviter que le froid ne gagne la bataille sur mon corps ? Et…Dis-je en levant les yeux, vous croyez que vous pourriez me donner une clochette ? Elles sont vraiment jolies et leurs sons cristallins, un vrai délice… J’aime bien les grelots…

Peut-être Mayeul trouverait-il réponse à ses questions, s’il ne m’abandonnait pas avant en faisant semblant de ne pas me connaitre.
Gling, font les clochettes dans le magasin.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyMar 18 Avr - 21:41

Elle n’est pas responsable de sa mauvaise humeur c’est vrai, mais Mayeul commence à croire que les Dieux s’acharnent. A chaque fois qu’il la rencontre, son avenir est en pril, et son mnde s’en trouve bouleversé. Alors oui, malheureusement, ça tombe sur elle. Il est pourtant d’un naturel joyeux le Voltigeur mais en ce moment, c’est plutôt difficile de faire bonne figure. Il doit s’adapter, et il a encore un peu de mal. Mais il ne peut pas lui expliquer, à la jeune femme, à quel point il s’inquiète pour ses parents. Pour son chez-lui, à Vifesprit, ce manoir qui a abrité ses premiers pas, ses premiers jeux avec Mathilde. Il n’est pas un très bon fils Mayeul, pas non plus un très bon héritier mais il n’empêche, ce sont ses parents. C’est son domaine. Et cela le perturbe plus qu’il ne voudrait s’y autoriser.

Il la regarde se retourner, marchant à reculons tandis qu’elle réfléchit à développer sa réponse. Elle a raison : il ne sait pas ce que sont la misère et la famine. Il n’est pas exactement né riche, car cela fait bien des années que Vifesprit n’est plus un domaine très prospère, mais il a toujours eu de la nourriture sur la table, Mayeul. Un titre dont il n’est guère friand mais qui lui a ouvert bien des portes. Il a certes manqué de parents aimants et dévoués, mais ils étaient là, quelque part. Et puis, il y a toujours eu Mathilde à ses côtés. Toujours, jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Affection. Plume cendrée, ciel d’azur. Un bec qui frotte contre une joue. Et il a toujours eu Nuage, oui. Heureusement.

Mélodie lui adresse une question, une deuxième, et Mayeul ne prend pas beaucoup de temps pour réfléchir. Un sourire éclaire son visage, tandis qu’il adresse un clin d’œil à la jeune femme. « L’argent, les filles et les tournées d’alcool, quoi d’autre ? » Son sourire s’efface vite pourtant, tandis qu’il reprend son sérieux. « Je ne suis jamais seul. » finit-il par répondre à mi-voix, pas réellement sur qu’elle l’entende ou non. Ou qu’elle s’y intéresse. « Mais je comprends : il y a beaucoup plus à explorer ailleurs que chez soi. » Oh oui, il est ravi d’être parti de Vifesprit, d’avoir eu l’opportunité de découvrir l’Académie, Lorgol et ses merveilles. Bellifère, et maintenant Valkyrion. Il ne renie pas la chance qu’il a, le Voltigeur, et sait pertinemment que tous ne peuvent pas s’estimer aussi béni des dieux. Et puis, surtout, il a Nuage. Son partenaire, qu’il ne troquerait pour rien au monde. Son ami, qui lui est aussi essentiel que l’air qu’il respire.

Quand ils arrivent dans la boutique, Mayeul se retient de lever les yeux au ciel. Subitement, il a une pensée de compassion pour ses proches, pour Grâce, ou même pour Melsant, obligés de traiter avec l’enfant qu’il sait être parfois. Mais il est bien plus raisonnable que Mélodie, cela va sans dire ! « Je lui ai parlé de vos grogs. » Confirme Mayeul en avançant d’un pas. « J’ai omis de souligner la qualité de vos clochettes, visiblement. » Et cela, sans même avoir l’air de se moquer de la jeune femme, ou presque. Il n’a pas honte de Mélodie, s’étant lui même mis dans des situations autrement embarrassantes - incluant plus souvent un manque de vêtements qu’une clochette, certes - et ne peux s’empêcher de taquiner la jeune femme; qui le distrait, autant l’avouer, agréablement de ses pensées moroses. Il lui doit bien d’essayer de prendre sur lui même pour être de meilleur humeur, Mayeul. « Avec un joli ruban accroché à votre poignet, au moins, je saurais toujours où vous êtes, et je ne risque pas de vous perdre. » Il s’en voudrait de l’égarer dans les rues d’Ibelin par ce froid, tout de même. Mélodie est peut-être agaçante, mais ce n’est pas une raison pour être cruel.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyMer 3 Mai - 11:11

- Le sexe !

Je lui lance une œillade taquine, répondant à sa question pendant que son expression se décompose avec rapidité lorsque c’est à mon tour d’être curieuse. Je n’avais pourtant aucune envie de coucher avec lui, pas maintenant, pas avec ce regard triste et cet air tourmenté. Ho que non, il serait bien capable de me contaminer.

-C’est vrai, c’est un bon point… Mais je me dis que parfois, la solitude aide aussi à penser ses plaies. Je ne sais pas, savoir se prendre en main et se relever seul. Mais bon, j’y connais rien à vos histoires de liens, même en l’ayant un peu expérimenté avec Nuage. Donc bon, je m’avance surement trop.


Je bavasse sottement, lorgnant au passage habits, parures et bourses portés par les quelques passants que nous croisons. Discrètement bien sûr, passant des visages aux murs, du ciel aux fleurons. S’il n’avait pas été là, peut-être aurais-je cédé à la tentation, mais n’avais-je pas amassé suffisamment de richesse dans la tombe ? Je n’en avais fichtrement aucune idée, je n’avais jamais été douée pour l’argent, le gérer, le placer, l’économiser et toutes ces conneries, il me semblait n’en n’avoir jamais assez et partait à la vitesse de l’éclair. Puis, les jours allaient devenir bien sombres, sans doute que tout cela partirait encore plus vite qu’à l’ordinaire.

Je parle comme une gosse, pour combler l’écart qu’il veut creuser, pour assommer le fouet invisible avec lequel il semble s’autoflageller. Je ne sais ce qui le rend si maussade, mais je ne voulais pas qu’il se mette à me battre avec lui sans faire attention. Je ne voulais pas être affligé, perdre ma bonne humeur si durement acquise. C’est pourquoi mon attention s’était immédiatement rivée sur les clochettes en métal, des grelots argentés, retenus par un joli ruban, tintant avec un son cristallin.
Oui, je les voulais, alors autant demander. Le bruit éloignait la tristesse, l’action plutôt que l’inaction et l’enlisement, s’il était gentil, j’en offrirais une à Mayeul, et une autre à Nuage.
Il était certain que je repartirais avec.
D’une manière ou d’une autre. Il ne comprendrait pas, il était trop obtus pour ça, lui qui cherchait à comprendre, mais se rendait aveugle par des certitudes caduques. Même comme ça, avec de la chance, les clochettes marcheront. Il n’avait pas besoin de savoir dans le fond.

-Oui, tu as omis, et c’est un scandale !

Je me retiens de rire devant l’air réprobateur du marchand. Les Kyréens étaient si froids et tellement rigide, si peu patient avec l’exubérance. Chose indispensable pour me supporter, surtout quand j’en étais à me débattre pour ne pas me faire avaler par la mélancolie des autres. En fait, tout était de la faute de Mayeul, mais allait le leur expliquer. Peine perdue, pas le temps pour ça.
Tant pis.

-Ho ça, si je le veux, je suis sûre de pouvoir te surprendre, même avec des clochettes.

Bon peut-être pas après avoir fait la tournée des tavernes avec lui, mais sobre…sans doute. C’était, cependant, risquer inutilement de montrer de trop près des capacités que je ne devrais absolument pas posséder. Fierté à mettre en avant pour gonfler un égo meurtrie par les aléas d’un Destin capricieux ou se faire plus discrète ? Je n’étais pas encore décidée.

-Tu me portes pour que je les détache ? Vous en faites pas monsieur, mon compagnon ici présent s’occupera de vous dédommager…après tout c’est lui le Kyréen d’adoption. Moi, je ne suis qu’une pauvre touriste, vous excuserez donc mes manières déplorables. Si vous voulez, je vous fais un bisou sur la joue pour me faire pardonner.

Enfant capricieux et joueur, j’en oubliais presque un savoir-vivre élémentaire.

-Vous êtes d’accord pour que j’en prenne quelques une n’est-ce pas ?

Je le vois acquiescer, sans doute plus pour se débarrasser au plus ite de nous et avoir la paix. Il ferait gonfler les prix, c’était à prévoir, mais tant pis, j’étais riche pour un temps et Mayeul était voltigeur, il pouvait bien donner une aide financière, après tout…c’était de sa faute si j’étais là à vouloir des clochettes, il n’avait qu’à m’emmener ailleurs.

Vous voyez, c’était toujours de sa faute, pas de la mienne. Mais expliquer serait définitivement une perte de temps.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyJeu 11 Mai - 21:44

Elle parle et elle parle, Mélodie, sautant et rebondissant d’un sujet à l’autre sans épuisement. Elle a raison pourtant, dans ses propos : elle ne ait pas ce que c’est, de n’être jamais seul. De cette nécessité qu’apporte le lien entre un griffon et un Voltigeur, cette certitude de ne plus être seul, d’être aimé, guidé, et parfois même un peu bousculé. Il est plein d’énergie, Nuage, et pas du genre à satisfaire les caprices de son Voltigeur. Pas non plus du genre à le laisser se morfondre seul, même lorsque c’est ce que Mayeul souhaite le plus. Satisfaction. Approbation. Mayeul laisse échapper un sourire quand les pensées du griffon se mêlent aux siennes, ôtant l’inquiétude et la culpabilité pour un temps.

Le marchand désapprouve visiblement le petit numéro de la jeune femme, mais Mayeul fait mine de ne pas le voir. Il le payera grassement pour le dédommager, s’il le faut. « Je doute que tu puisses me surprendre, maintenant que tu m’as prévenu. » Prévient le Voltigeur en observant la jeune femme, l’air absolument sûr de ce qu’il avance. Mélodie est vive et adroite - et probablement pas très honnête - mais s’il est en plein possession de ses moyens, Mayeul doute qu’elle soit capable de le surprendre. « Enfin, tout dépend par ce que tu appelles surprendre, j’imagine. » Lui et elle n’y mettent peut-être pas la même signification. Et la surprise de la jeune femme lui plaira peut-être, après tout.

Mélodie reprend la parole, et le marchand acquiesce. Le sait-elle, la jeune femme, que Mayeul n’a guère d’intérêt à être connu défavorablement, ici ? S’en préoccupe-t-elle, seulement ? Probablement pas. Kyréen d’adoption, oui, pour un temps incertain, mais Mayeul ne cherche pas à renchérir. Il s’approche de la jeune femme, glissant ses bras autour de sa taille fluette pour exécuter sa demande. Il la soulève sans grande difficulté, la jolie Mélodie : il est Voltigeur, après tout. Entraîné. Musclé. C’est qu’il en faut, une certaine force, pour tenir à dos de griffon. Les Voltigeurs sont des acrobates, et ils s’entraînent durement pour ça. Soulevant la jeune femme de terre, Mayeul attend patiemment qu’elle décroche une ou deux clochettes, ou même autant qu’elle le désire. Après tout, ils ne sont plus à ça prêt. « Je maintiens qu’il me faut un ruban pour accrocher une de ces prétendues merveilles autour de ton poignet ! » Lui rappelles Mayeul, amusé. « Que je puisse t’éviter la prochaine fois que je serais de mauvaise humeur. »

Il est de mauvaise humeur, il l’avoue volontiers : rongé par l’inquiétude et les soucis, la culpabilité de ne pouvoir pas faire grand chose et d’avoir été blessé, par dessus le marché. Carillon. Joli. L’image d’une clochette qui tintinnabule s’imprime dans l’esprit du Voltigeur, lui rappelant d’autres carillonnements, pas si lointain que ça. Une éternité pourtant. « J’en veux une aussi. » Prévient-il. C’est la moindre des choses, de toute façon, puisqu’il donne de sa personne pour que Mélodie les obtienne, ces fichues clochettes.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyJeu 1 Juin - 20:36

C’est sans effort qu’il me soulève pour que je puisse récupérer le trésor suspendu. Il me surprenait presque de sa réédition facile, moi qui aurais pensé qu’il grognerait plus, jouerai moins. C’était comme s’il avait deux personnalités, qu’avec les autres il était affable et rieur, qu’avec moi seul, en intimité, il se montrait grognon.
Je commence à décrocher les petites boules de métal mélodique avec adresse. En prenant cinq, un sourire de gamin qu’il ne peut voir s’affiche quand il m’en demande. Aurait-il lu dans mes pensées ? Peu probable, sinon il n’aurait pas à poser toutes ses questions avec une rigueur presque ennuyante. Mais la coïncidence était amusante. Allait-il de nouveau devenir grincheux dès que nous serons reparties ?

Je lui tapote le bras pour lui signifier que j’ai fini, tout ça sous l’œil exaspéré du commerçant. Il a envie de râler face à ces énergumènes qui agissent en malpropres, mais que dire ? Pour sa défense, nous n’avions pas l’air de ce genre de personne raisonnable, qui écoutait les sermons avec une mine déconfite, il faisait bien d’abandonner et de nous laisser faire tout compte fait.
Je m’attèle donc à la distribution des clochettes, non sans avoir décoché un coup de coude dans les côtes de Mayeul. Non, mais, j’étais persuadée que ma présence, lorsqu’il était de mauvaise humeur lui était aussi bénéfique qu’elle m’était malsaine, un échange dont l’équité ne me convenait guère. Savait-il que je serais la première à le fuir s’il devait me contaminer avec sa mine de déterré ? Sans doute pas, moi-même j’avais du mal à ignorer ma propre raison pour me jeter dans les ennuis.

-Une pour toi, l’autre pour Nuage, je garde le reste.

J’acquiesce, satisfaite de mon partage. Il ne se rendait pas compte de la fleur que je lui faisais, un voleur ne partageait guère avec le premier venu, mais je l’appréciais. En fait pour être exacte, j’aimais Nuage, lui, le voltigeur, je n’en étais pas encore tout à fait certaine. Disons qu’il ne m’était pas antipathique.

-Je suis sûre que tu pourras aller noyer ta mauvaise humeur dans les bras d’une autre. Sache que je n’en veux pas vraiment. Mais si tu as un joli ruban, je ne dis pas non. Je n’en ai jamais porté.

Et c’était vrai, la coquetterie n’était pas quelque chose que je m’étais permise. Trop pauvre dans un premier temps, trop occupée dans le deuxième. A quoi bon paraitre belle quand on était assez désirable pour satisfaire les besoins les plus primaires ? A quoi bon être charmante ? Pour qui ? L’amour n’était au final qu’une illusion néfaste dont les plus mesquins se servaient pour amener misère et désarroi. J’en étais le fruit, de cet amour malsain, d’un abandon absurde et méchant, il n’en avait résulté que la mort. Ma mère était-elle satisfaite de cette fin que l’entêtement de vouloir élever un enfant au père absent avait précipité dans la pauvreté ? Une partie de moi était persuadée que non, elle ne l’avait jamais été, l’autre maintenait que si avec une féroce conviction.
Du reste, je ne saurais jamais.
Et voilà à quoi menait d’être en compagnie de gens à l’humeur mauvaise. On finissait irrémédiablement à trop réfléchir.

Pour la forme, pour le punir, je le tape sur l’épaule, pas trop fort. C’était de sa faute, à lui et à sa mine bougonne.

-Et pour votre remède messire ?

Je le laisse me l’apporter, pendant que Mayeul se charge d’indiquer celui qui devait être le bon.
Une fois dehors, c’est une bise glaciale qui nous accueille et j’en frisonne. Heureusement qu’on m’avait prêté des vêtements, je n’aurais pas tenu dans ce climat avec les frusques légères du désert.

-Alors, on va dans un bar maintenant ? Ou tu veux encore poser des questions ?
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptySam 17 Juin - 23:40

Aidé par l’apaisement de Nuage, le Voltigeur prend sur lui. Mélodie ne se rend sûrement pas compte à quel point il ronge son frein Mayeul, à quel point il prend sur lui pour ne pas montrer sa mauvaise humeur. C’est assez peu effectif, mais qu’importe, il fait des efforts. Est-ce de sa faute, à lui, si Mélodie intervient toujours dans sa vie au plus mauvais moment ? Vifesprit est devenu Faë, la guerre fait rage, il est cloué au sol sur ordre des médecins... par Kern, oui, il a le droit d’être de mauvaise humeur, et en fureur ! Mais Mélodie continue ses gamineries, et Mayeul accepte sas rechigner de la porter, qu’elle puisse attraper ses clochettes sous le regard peu amène du commerçant.

Poussé par Nuage, Mayeul demande même à la jeune femme de lui céder une clochette, grimaçant lorsque le coude de la jeune fille s’enfonce dans ses côtes meurtries. Il a beau l’avoir porté - les médecins y auraient sans doute trouvé à redire - il n’est pas totalement guéri le Voltigeur, et ses côtes ont été durement malmenées ces derniers mois. Mais il ne dit rien, ravalant son agacement, tenant la promesse implicite faite à Nuage de lui ramener une clochette. Harnais de Vol. Oui, non, peut-être pas. Trop de bruit. Joli. Bruyant. Compromis ? Entraînement. Satisfaction. Mayeul soupira, espérant que le griffon se lassera vite de son nouveau joujou carillonnant.

« Si tu savais. »
Glisse Mayeul, amusé, avant de redevenir sérieux, regardant Mélodie avec curiosité. Réellement, elle n’a jamais porté de ruban ? « Mathilde... » Un jour peut-être, il ne buterait plus sur le nom de sa jumelle tant-aimé, « Elle en portait tout le temps. Dans les cheveux, autour des poignets, des chevilles. De simples rubans, qu’elle me laissait nouer parce qu’elle ne savait pas faire les nœuds correctement. » Le Voltigeur sourit à ce souvenir, avant de reporter son attention sur la jeune femme, puis sur les quelques rubans que possède le marchand. Il en choisit un violet, aux couleurs de Sombreciel, et le paye avec le reste du remède, et des clochettes. Un prix vraisemblablement gonflé, mais il ne peut pas réellement se plaindre, en même temps. Il n’esquive pas le coup de Mélodie, mais prend un air blessé en répliquant. « Rappelles-moi de ne plus t’acheter de cadeaux, si c’est là ma seule récompense ! »

Ils finissent par sortir de l’établissement, tous les deux, avec un commerçant ravi de les voir dehors. « Direction la taverne ! Mais avant, je dois faire quelque chose. » Sortant le ruban, le Voltigeur en glisse un morceau dans la clochette, la transformant en un bien joli bracelet violet. « Tiens. Comme ça je ne te perdrais pas. » Ironise Mayeul en tendant son cadeau à la jeune femme. Sans proposer de le lui mettre, elle le remarquera sans peine. Le souvenir de sa sœur est encore trop douloureux pour qu’il se permette un geste aussi familier, bien qu’innocent en apparence. « Dépêchons nous d’aller te réchauffer, plutôt. je te questionnerais après. » Lance-t-il en la guidant à travers les ruelles glacées. La taverne n’est pas loin, et elle est chaleureuse et bien chauffée. Pénétrant en premier dans les lieux, Mayeul prend Mélodie par la taille pour la guider jusqu’à une table vide. « Prends de la bière aux épices, elle est excellente. » Et très alcoolisé, un détail que Mélodie n’a pas besoin de connaître.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyVen 30 Juin - 16:57

Les morts avaient beau partir pour ne plus jamais nous honorer de leurs existences, ils n’en restaient pas moins terriblement présents dans nos vies. Pour le meilleur ou pour le pire. Je connaissais bien la douleur qu’il tentait de cacher derrière sa voix. Je ne pouvais décemment me moquer, alors même que la mienne, de douleurs, était plus ancienne.
Mais j’y arrivais, mieux que lui peut-être.

-Soit elle ne savait pas, soit en bonne grande sœur, elle faisait en sorte que son frère se sente utile. Elle avait l’air d’être intelligente, donc je pencherai pour la seconde option.


Un sourire éclaire mon visage, et je le regarde d’en dessous pour tenter de capter les pensées qui défilent derrières ses paroles. Il n’a pas l’air franchement en colère, mais sa joie est fausse, tellement creuse que je pourrais entendre les échos se répercuter entre les parois de sa tête si je décidais de retaper sur son épaule. Ce dont je m’abstiens de faire. Quel étrange homme, vraiment.

-C’est simplement que je n’ai pas encore décidé si tu étais digne d'avoir d’autres récompenses. Mais peut-être que pour Nuage je consentirais à te faire l’insigne honneur d’en profiter. Qui sait.


Une fois dehors, le vent me refroidit instantanément et je resserre mes habits autours de moi. Mes lèvres s’assèchent presque aussitôt et je me retiens de justesse de les lécher pour les humidifier. Ce tic était fatal dans ces conditions hivernales, et il n’en faudrait pas beaucoup plus pour les fendre.
Je n’ai pas le temps de partir à la conquête de notre nouvelle destination pour envahir la forteresse « taverne » que Mayeul sort un ruban de nul part, comme un magicien, et y accroche l’un de mes grelots. Je le regarde faire, presque interdite. Je ne m’étais pas attendu à ce genre de geste de sa part, pas avec sa mine de déterrée qu’il tentait de cacher.
Sa main semble hésiter une infime fraction de seconde avant qu’il ne me donne le ruban, accompagné d’une phrase légère. J’ai l’impression que ce geste est tout sauf anodin, mais je n’avais pas subtilité pour en comprendre le sens. Je me contente simplement d’accepter le cadeau, enroulant avec malice le lien et son grelot tintinnabulant autour de mon poignet. Le tissu est d’une douceur presque étonnante, c’était étrange que de porter cela, un cadeau et non le fruit d’un vol quelconque.
Je n’éprouvais aucune honte à voler, mais…je n’avais simplement pas l’habitude des cadeaux.

-Non, jamais, dis-je pour répondre à retard à la question qui lui avait échappé des lèvres dans la boutique. Trop pauvre pour ça. On avait déjà du mal à se nourrir. Alors de là à se permettre ce genre de coquetterie. C’était un luxe inimaginable pour nous.


Je me concentre sur la ruelle que nous empruntons, pour ne pas que ma langue ne décide de sortir pour se poser sur mes lèvres. Je marchais avec une application presque religieuse sur les coins où la neige était encore vierge. Il fallait bien que je laisse mon empreinte quelque part, Mélodie déflorant la neige virginale de Valkyrion, c’était plutôt classe non ? Un tintement discret accompagnait chacune des saccades grossières de mes pas.

Je ne peux retenir un soupir de soulagement lorsqu’enfin nous entrons dans la taverne et que la douce chaleur de la pièce m’enveloppe, rendant d’un coup mes affaires presque étouffante. J’enlève quelque couche, au moins la lourde écharpe dans laquelle je m’étais emmitouflée.

-Quelle merveilleuse idée ! On va s’installer devant le feu ? Je ne sais pas comment tu fais pour survivre dans ce froid.


J’exagérais, les hivers de Lorgol n’était pas non plus très clément, mais ce n’était pas pour autant que je m’épanouissais dans cette atmosphère, souvent synonyme de mort pour ceux de la Ville Basse qui habitait dans des bâtisses délabrées.

-Serveuses, deux bières aux épices pour mon ami et moi ! Lançais-je joyeusement une fois installée.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyMar 18 Juil - 22:32

Cela fait du bien, de parler de Mathilde. Ca fait mal, aussi, mais c’est une douleur que Mayeul a appris à reconnaître, et à accueillir. Il n’a jamais partagé avec personne, si ce n’est ses parents et ceux qui connaissaient Mathilde, cette anecdote des rubans. La remarque de Mélodie le fait sourire tendrement, à l’évocation de ce souvenir qui reste cher. « Cela aurait été tout à fait son genre oui. » Sauf qu’il le sait Mayeul, Mathilde avait tellement peur de perdre ses rubans qu’elle le laissai les nouer, arguant qu’il savait faire les meilleurs nœuds. Il s’entraînait dur pour être à la hauteur de la tâche qu’elle lui confiait, nouant et renouant jusqu’à ce que le flot soit parfait.

Il ne sait pas réellement comment prendre la remarque de la jeune femme, mais la présence caressante de Nuage dans ses pensées finit par convaincre Mayeul de ne pas prendre mal la phrase de Mélodie. « Pour Nuage, alors, il semble le mériter bien plus que moi. » Approbation. Satisfaction. La fierté du jeune griffon est amusante, et son enthousiasme contagieux. Mayeul se sent presque rasséréné de ressortir dehors, dans le froid glacial d’Ibelin, en compagnie de Mélodie. Presque. Parce qu’il ne sait plus trop comment faire machine arrière, maintenant qu’il a proposé à la jeune femme de boire plus que de raison en sa compagnie. Il ne peut pas boire. D’abord parce qu’il est sous traitement pour ses blessures et autres vertiges, et ensuite parce qu’il a besoin que sa réputation reste intacte. Il a réussi à cacher qu’il prenait bien trop de ces drogues de Sombreciel qui font perdre la tête à leurs utilisateurs, Mayeul, ce n’est pas pour être pris à faire un concours d’ivrognes avec une étrangère. Mais il en va de sa réputation, non ? Il ne peut pas se défiler.

Sa seule échappatoire serait de faire boire Mélodie, tellement qu’elle ne se rappellerait de plus grand chose. C’est possible, sans doute. Tout à ses plans, le Voltigeur manque presque la remarque de la jeune femme, sur son enfance miséreuse. Il le sait, déjà, ils avaient vaguement évoqué le sujet en Sombreciel. Que peut-il bien lui répondre ? il n’a jamais connu la misère et la faim Mayeul. Ses parents ne sont pas riches, mais ils possèdent une baronnie. Un titre de noblesse. Plus sans doute que ce que la jeune femme ne pourra jamais prétendre avoir.

Ils entrent enfin dans la taverne et la pétillante Mélodie continue de se comporter en enfant excitée, demandant à s’installer près du feu. Mayeul a vaguement l’impression d’être son gardien ou sa nounou mais il ne bronche pas et accède à la demande de la jeune femme. Lui aussi se défait de ses vêtements, laissant la jeune femme commander avant de pousser un léger soupir. « On s’habitue, j’imagine. Et puis, la neige donne une certaine beauté au moindre bâtiment qu’elle recouvre. » Il aime cette beauté Mayeul, il aime l’aspect de Svaljärd au petit matin, fraîchement saupoudrée de neige. Deux bières aux épices ne tardent pas à se matérialiser à leur table, et le Voltigeur en hume le fumet, laissant la chaleur de la boisson réchauffer ses mains. « Tu ne m’as pas dit ce que tu fais à Ibelin. J’ai parlé de ma promotion, de mon repos forcé, mais je n’ai pas entendu ce qu’il s’est passé pour toi. » Oh, il sait, Mayeul, il a lu les rapports - ce n’est pas comme s’il avait beaucoup de choses à faire, durant sa convalescence. Il est curieux d’entendre le récit de la jeune femme, cependant.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptySam 22 Juil - 11:08


J’acquiesce à la remarque de Mayeul, prenant un air solennel.

-Normal, c’est un griffon.

~~

Une fois prêt du feu, je revis littéralement, je laisse le bout de mes doigts congelés courir aux abords de la table pour que les résidus de chaleur envoyée par la cheminée non loin de là viennent les lécher. Je me sens plus libre de mes mouvements sans toutes ces couches de vêtements, pour la plupart trop grande puisque ne m’appartenant pas. Je n’avais jamais été très fanatique des saisons froides, mais lorsque même les vêtements et autres fourrures s’y mettaient aussi, se rebellaient et tentant de vous étouffer sous leur masse, alors ça commençait à devenir totalement impossible comme situation. Un soupir d’aise franchit mes lèvres et je me détends en roulant des épaules, reportant mon attention sur le voltigeur.
La question est anodine, mais n’allait pas dire qu’un voltigeur n’est pas au courant des dernières nouvelles venant du continent surtout lorsque lesdites nouvelles venaient sous la forme de groupe de réfugié venant d’Erebor annonçant l’arrivée d’un contingent de Chevaucheur dans le désert.


-Ho tu sais, je passais dans le coin, j’ai fait amie-amie avec des dragons dans le désert, mais ils n’étaient pas très sympathiques, alors j’ai décidé de venir tenter ma chance auprès des griffons de Valkyrion en faisant un détour par des ruines et des tombes Erebienne. La routine quoi.


J’en profite pour prendre la chope de bière bien remplie et l’apporte à mes lèvres pour en savourer le goût. J’en ronronnerais de bonheur tant la sensation de l’alcool mêlée aux épices se dépose sur ma langue était agréable, pour ensuite venir me réchauffer langoureusement de l’intérieur.

-Tu devrais essayer aussi, c’est très formateur que de déambuler dans des souterrains.

Ainsi on copine avec des guerriers nous promettant de nous former aux armes, on embrasse des nobles, on récupère des bijoux et des lettres étranges. Une vraie aventure digne des enfants les plus imaginatifs. C’était tellement absurde que j’aurais presque pu douter de sa véracité si je ne l’avais pas vécu.

-Par contre, tu me feras un plaisir de me cacher si tu vois un Severac dans les parages.

Je ne savais pas si la jumelle était encore dans les parages, je doutais qu’elle puisse venir dans un tel endroit, mais j’avais cru comprendre que la fratrie était nombreuse et vu ma chance de ces derniers jours, autant la jouer finement. Si tenté que j’en fusse capable.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyJeu 27 Juil - 8:13

Il ne peut s'empêcher de secouer la tête avec amusement face à la remarque de Mélodie, partagée avec une telle candeur qu'elle ne peut, visiblement, pas être considérée fausse. Il l'avait déjà remarqué Mayeul, cet engouement de la jeune femme pour Nuage, son enthousiasme et son amour qu'il jalouse quelque peu, même s'il sait que Nuage fait bien la part des choses. Il aime être flatté et câliné, le petit griffon, mais lui et Mayeul partagent quelque chose que personne ne pourra jamais égaler. Bataille de neige, vent tourbillonant, froid. Soleil, ciel bleu. Nuage, Mayeul. Le Voltigeur sent son coeur se réchauffer à ses pensées, et il affronte le froid d'Ibelin avec du soleil plein le coeur.

Visiblement, une fois dans la taverne, Mélodie semble revivre. Le feu pétille dans la cheminée, la chaleur est douce et elle qui n'est sans doute pas très habituée à la mode vestimentaire de ce duché glacé semble soulagée d'ôter les couches de fourrures qui la recouvrent. La réponse de la jeune femme à ses questions fait rire le Voltigeur, toujours aussi impressionné par la solide bonne humeur de sa compagne de la journée. "Crois-moi, j'ai eu plus que ma part de souterrains, de monstres et de dragons. Je n'aimais déjà pas le sable, mais je pense avoir donné pour quelques mois." Oh, ce séjour dans les souterrains n'était pas aussi horrible. Il ne se souvient pas de l'accident, mais il se souvient d'avant. Le baiser volé à Reja - qui était une erreur, il l'admet volontiers dans son for intérieur -, la lame de la jeune femme qui arrête celle de la statue de métal, Grâce, Marianne, Melsant... non, l'un dans l'autre, il n'en a pas que des mauvais souvenir, même si ceux-ci sont majoritaires.

La phrase suivante de la jeune femme le fait sourire plus largement, avant qu'il n'avale une gorgée de bière qui ne le réchauffe pas autant que le souvenir de Mélusine. C'est de la jumelle de la jeune femme qu'elle parle, il le sait, il a lu le rapport après tout, même s'il fait semblant de rien. "Se mettre à dos les Séverac est rarement une bonne idée." Son sourire tombe un peu, alors que sa phrase lui évoque Denys et sa brouille avec la jeune femme. Il lui manque son ami, son presque frère, et les moments partagées au Tournoi de Hacheclair étaient plus que bienvenus. "Qu'est ce que tu as fait pour craindre de quelconques représailles ?" Il est réellement curieux le Voltigeur. Il connaît le caractère volcanique et emporté de Melusine, mais sa jumelle, il la connaît moins. Que ce soit parce qu'il s'eclipsait dès que possible en compagnie de Mélusine ou parce qu'il n'a jamais vraiment accroché avec la plus discrète Mélisende, le fait est que Mayeul n'a aucune idée de ce que Mélodie a bien pu faire pour se la mettre à dos. "Mais si elle vient ici, je dirais que je ne t'es jamais vu." Acquiesce le Voltigeur en buvant une nouvelle gorgée. "Remarque, si on arrive à boire suffisamment, tu oubliera peut être même qu'elle existe." Fais remarquer Mayeul avec un sourire, en désignant le verre de la jeune femme.


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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyMar 8 Aoû - 11:06

J’acquiesce gravement à sa réponse. Il avait parfaitement raison, se mettre à dos les Séverac n’était effectivement jamais une bonne idée. Famille puissante, famille nombreuse dont les ramures avaient plus l’air de tentacule s’immisçant dans les moindres recoins des organismes d’Arven. Encore heureux qu’ils ne soient pas organisés, que leur penchant à tous pour des matières différentes ne soient pas menées sous une bannière commune, sinon je les aurais soupçonné de vouloir et pouvoir conquérir le monde.
Mon regard s’égare un instant dans la valse des flammes pour revenir aux yeux d’un Mayeul habités par les ombres. Ces mêmes ombres qui s’étaient terrées et avait paru invisible ces tant de fois où j’avais pu le rencontrer. Le Destin a parfois de drôle de goût et un sens de l’humour pour le moins… discutable, mais soit je me plierais à ses volontés, car malgré les aléas de la vie, il m’avait toujours été favorable.
Finalement, je hausse les épaules, prenant l’air le plus innocent qui soit. Ce qui je savais, était parfaitement réussis, bien que parfaitement faux puisque je n’arrivais décidément pas à me défaire de ce sourire joueur et malicieux qui jurait foutrement mal avec l’idée qu’on se faisait d’un angelot.

-La routine encore et toujours. Des scorpions ont pris parti de venir faire connaissance, c’est très….collant ces bestioles, ils débordent d’amour pour autrui, sans se rendre compte qu’ils sont un tout petit peu mortel. Je les plains tu sais. Tout ça pour dire que l’un d’eux n’a su résister à mes charmes, Melissende, l’une des jumelles Séverac, l’a éconduit avant qu’il ne s’échauffe trop et moi j’ai juré au Destin d’embrasser le preux chevalier qui m’aiderait. Bon ce fut une chevalière pour le coup, mais une promesse reste une promesse, surtout faite à un dieu. Mais du coup, je n’ai pas très envie de savoir son avis quant au fait de voler un baisé non consentit à l’une des familles les plus connues et puissantes de Sombreciel si tu vois ce que je veux dire.

Je lui lance un sourire de connivence, je pense qu’il a dû en faire tourner des têtes et pas toujours dans le bon sens. Il doit certainement savoir ce que cela fait de fuir quelqu’un pour un comportement pas forcément des plus appropriés, même si en l’occurrence je n’avais pas vraiment eu le choix. Dans un geignement d’aise, je m’étire, déliant les muscles encore contractés par le froid. Roulant ma tête pour libérer mes épaules.

-Il faudrait peut-être mieux la faire boire elle dans ce cas, qu’elle oublie mon existence et que sa jumelle n’en entende jamais parler aussi. De ce que je sais la plus exubérante et dangereuse des deux serait plutôt sa sœur non ? Dis-je en buvant ma bière.

La famille Sérverac est connue en Sombreciel et il y avait peu de chances qu’il ne les connaisse pas, lui-même originaire de ce duché. Il n’était pas censé savoir que je connaissais ladite jumelle qui faisait partie de la Cour des Miracles, donc autant faire comme si je n’avais eu vent que des rumeurs.
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptySam 12 Aoû - 22:16

Elle maîtrise bien mal l'innocence Mélodie, à moins que cela ne soit délibéré. Mais quand la jeune femme lui raconte sa mésaventure, romançant les choses, Mayeul ne peut s'empêcher de secouer la tête. C'est donc cela qu'elle craint tellement ? Mais quelle idée ! "Je..." Le Voltigeur se mord la lèvre. Il allait dire qu'il n'embrassait pas les gens sans leur autorisation, mais ce n'était vraiment pas la vérité. "Ca m'est peut-être arrivé deux, trois fois, ou... plus, mais tu sais Mélodie, un baiser n'a aucune autre signification que celle que tu y mets." Comment lui expliquer, à Mélodie, que Mélisende est Cielsombroise ? Et que pour eux, embrasser, c'est un peu comme dire bonjour, si tant est que c'est la volonté de celui qui embrasse. Mélisende n'en a certainement pas fait tout un plat : Mélodie est attirante, adorable, et qui s'offusquerait d'être récompensé par un baiser, sauf les crétins trop coincés ?

Il ne sait pas trop comment lui expliquer Mayeul, tellement cela lui paraît peu important. Pas la peine de craindre de représailles... la pire chose qu'elle peut craindre, c'est que Mélusine soit jalouse et goûte aussi à ses baisers ! Mélodie s'étire avant de reprendre, et le Voltigeur réfléchit un instant avant de répondre. " Exubérante, oui. Dangereuse... j'imagine que ça dépend." Il a bien du mal à imaginer Mélusine dangereuse, lui qui a passé son adolescence à lui susurrer mille compliments à l'oreille. Mais la jeune femme possède ce côté volatile et extrême des cielsombrois, alors oui, sans doute peut-elle entreprendre des actions quelque peu... répressives. Mais pas envers Mélodie, et sans doute pas pour un baiser récompensant le courage de sa jumelle.

"Tu n'auras qu'à lui voler un baiser aussi, elle te pardonnera."
S'amuse Mayeul en buvant également une gorgée de sa bière, laissant le liquide chaud réchauffer son corps tout entier. Il omet de préciser que la mari de la jeune femme n'est pas aussi libéral que ça, mais à quoi bon s'ennuyer avec des détails ? "Ne dévoile pas mon nom et mon si merveilleux conseil, d'accord?" Ajoute le Voltigeur après un temps de réflexion. On lui a déjà fait la remarque, plusieurs fois, que ses conseils laissaient à désirer et s'il n'est pas d'accord, Mayeul juge inutile de le préciser. Ils sont très bons, ses conseils, est-ce de sa faute si les gens les mettent mal en application ? Mauvaise foi, susurre une voix dans son esprit. Certainement pas ! Réplique Mayeul, outré, avant de boire une nouvelle gorgée pour souligner le peu de vérité de ces propos. "Et ce baiser volé, il t'a plu?" Demande Mayeul, curieux. Les Cielsombrois, après tout, ont un esprit ouvert et embrasser une personne du même sexe ne leur pose pas de problème de conscience, mais les autres duchés sot parfois frileux quant à cet état de fait. "Si tu as besoin de comparer ce baiser à un des miens, je suis prêt à me sacrifier." Souligne le major de Svaljärd avec malice. Mayeul, après tout, possède un grand sens du sacrifice. Consternation.


A chaque fois que l'on se croise... TitreMayeul1
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Message Sujet: Re: A chaque fois que l'on se croise...   A chaque fois que l'on se croise... EmptyMer 16 Aoû - 17:09

"Ca m'est peut-être arrivé deux, trois fois, ou... plus, mais tu sais Mélodie, un baiser n'a aucune autre signification que celle que tu y mets. »

Ouais, enfin facile à dire pour un cielsombrois. Je lui offre une moue qui exprime bien mon scepticisme. Mélissende avait semblé être quelqu’un de très réservée, à la gestuelle mesurée, à l’autorité doucereuse, mais implacable. Bien loin de l’exubérance de ses comparses du duché de l’extrême, alors comment ne pas craindre de représailles ? D’autant qu’elle était une noble et que les nobles étaient mauvais par nature…. Bon, j’avoue j’exagérais peut-être un peu, mais avouons, ils étaient rares qu’un pauvre sans le sou abuse du pouvoir de sa position.
Comment ça, ce n’était pas comparable ?
En conflit avec moi-même sur des questions pourtant simples et évidentes, je ne peux que lever les yeux aux ciels, sans perdre une miette de l’argumentaire décadent d’un cielsombrois peu-être un chouilla éméché.

Leur logique était toujours agréable à entendre, comme une douce mélodie, elle vous incitait à faire ce que vous n’oseriez jamais, car après tout, pourquoi ne pas profiter de la vie ? Pourquoi ne serait-ce pas normal ? Ils étaient des serpents à la langue acérée, à cela près que contrairement aux Lagrans, ils étaient francs et croyaient en leurs paroles.
Ma description de Mélusine semble laisser Mayeul perplexe, exubérance et dangerosité n’étaient pas si éloignées de mon point de vue, ce qu’il ne partageait pas. Dans le fond, que savait-il de cette femme ? Aucun des enfants des Miracles n’étaient véritablement des saints et ne pas les prendre comme potentiellement dangereux étaient une erreur. Certains avaient des belles gueules d’anges, comme Lubbie, Liselotte ou encore Lancelot, mais cela faisait partie de leur arme que de pouvoir être sous-estimé. Je ne ferai pas cette erreur concernant l’ombrageuse jumelle.

-Je vais m’en abstenir je crois, j’préfère mes marins et autres voyageurs inoffensifs qui ne se souviendront jamais de moi plutôt que d’aller sciemment embrasser des ennuis. Et puisque je n’irai pas les appliquer, je ne risque pas de le divulguer. Tout le monde est content comme ça.

Je me voyais tellement approcher Mélusine, à la Cour des Miracles pour poser mes lèvres sur les siennes en guise d’équité avec sa soeur comme excuse. Ca me semblait tellement stupide, après on disait que j’étais… comment il avait dit déjà ? Difficile à cerner ? Incompréhensible ? De qui se moquait-on ?
J’avais un instinct de survie étrange et un peu détraqué, je pouvais l’admettre, mais il semblerait que Mayeul n’était pas très bien loti non plus.

-Sérieux ? Je te parle de survie et toi de plaisir.
Je pousse un soupir, t’es pas de Sombreciel pour rien tiens.

Les paroles sortent et l’alcool rentre. Je me sens bien sur cette chaise, réchauffait par la cheminée de l’extérieur et la boisson de l’intérieur. Le monde semble tellement plus simple d’un coup, comme si nombre de mes ennuis n’en était pas réellement….donc le fond ce n’était pas tout à fait faux.

-Non, pas de bisous, je ne suis pas d’assez bonne humeur et en plus…comment tu peux vouloir embrasser quelqu’un qui te tape sur les nerfs ? Tu m’aime bien, mais tu ne me supporte pas très bien non plus avoue.

Ca se voyait dans son regard, ou alors n’était-ce que des réminiscences des nuages qui obscurcissaient son humeur qui venait embrumer ses belles prunelles.

-Dans le fond, je te trouve bien plus…illogique que moi en fait.
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