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 Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire

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Les Mages
Les Mages
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Messages : 189
J'ai : 28 ans
Je suis : mage accordée et ménestrelle

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Liam d'Outrevent et Lionel de Rivepierre ; Marjolaine du Lierre-Réal
Mes autres visages: Astarté des Sables • Agathe de Vigdir • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Dim 16 Déc - 4:19



Bibounette Skyfall présente

Tancélie
le Sustain

Olga Moskvina

« De la musique avant toute chose. »

Loyale • Curieuse • Charismatique • Bienveillante • Enthousiaste • Courtoise • Fière • Têtue • Commère • Superstitieuse • Rancunière • Pudique • Indépendante




©️️ Lemon Tart
Enfant, il n’était pas rare que Tancélie souffre de quelques remarques sur son physique délicat et ses allures d’oiseau fragile. Le nez en l’air, la fillette affirmait être l’enfant des fées afin de faire taire les vilaines langues. Attachée à ce peuple féérique ayant bercé ses rêveries de petite fille, Tancélie ne manque jamais l’occasion de s’agenouiller devant buissons et rochers et de couvrir d’offrandes ces créatures habitant le folklore des terres l’ayant vu naître. Après tout, ne l’ont-elles pas protégée, d’une certaine façon, tout au long de son enfance?



©️️ Bibounette
Âge : 28 ans
Date et lieu de naissance : 28 février 975, à Rivepierre (Outrevent)
Statut/profession : Mage accordée, ménestrelle
Allégeance : Liam, duc d’Outrevent ; Lionel, comte de Rivepierre
Dieux tutélaires : Placée sous la protection d’Aïda à la naissance, Tancélie accorde également ses prières à Levor. Depuis l’arrivée de la Chasse Sauvage, il n’est pas rare qu’elle prie Sild, la déesse de l’Aube.
Groupe principal : Les Gardiens de la Tradition
Groupes secondaires : Peuple / Mages / Savants



« Nous habitions un paysage sauvage qui, nous nous en doutions, avait vu naître le premier homme de notre lignée et avait entendu son dernier souffle. Un paysage fait de brume et de vallées, de falaises et d’herbes fouettées par des vents incessants. Nous étions si petits, devant sa majesté, qu’il nous enveloppait et faisait loi. Nous ne pouvions que nous soumettre devant tant de beauté. Outrevent imposait par la droiture d’âme de ses enfants, mais également par l'impétuosité de son paysage trop vaste et trop farouche pour les étrangers. »

La famille Sustain s’était établie à Rivepierre depuis plusieurs générations. Leurs racines, solidement ancrées dans les traditions outreventoises, promettaient des hommes et des femmes bons et fiers, travailleurs et charitables, jusqu’à mémoire d’homme. Leur nom était également un gage de qualité pour tous ces instruments qu’ils créaient. Une famille aimante, loyale à leur duché et fière de leur terre, mais également profondément liée à la musique. C’est au coeur d’un hiver difficile, entourée de cette famille chaleureuse, que Tancélie ouvrit les yeux sur ce monde.

Ce fut une enfance aussi douce et sucrée que le miel. Auprès de sa mère, elle apprit très tôt à apprivoiser toute cette faune imaginaire qui peuplait les contes et les légendes qu’elle lui racontait, soir après soir. Auprès de son père, la petite s’amusait à tapoter maladroitement les peaux tendues puis, lorsqu’elle grandit un peu, à tirer quelques notes d’un instrument ou d’un autre. L’envie de savoir lire et écrire se fit naturellement, en voyant Teagan, son aîné, faire de même. Toute curieuse et de nature enthousiaste, Tancélie fut une enfant facile à vivre et à initier, tant aux travaux traditionnels d’Outrevent, comme l’art de filer, que pour ceux propres à la famille, relatifs à la musique et au commerce.


« Trevor était mon aîné de dix ans. Lorsque j’étais enfant, il était mon héros. Était-ce parce que je le connaissais moins bien que Teagan, que je l’idéalisais ainsi? Il était habité par une magie qu’aucun autre de notre famille ne possédait et quittait de longs mois durant Rivepierre afin de rejoindre l’Académie. Malgré cette fascination pour lui, j’ai rapidement compris que c’était à Teagan que je ressemblais le plus. Que c’était auprès de lui que je me comprenais le mieux. Nous partagions cette même passion pour la musique, ce même respect pour les instruments et ceux qui en jouaient avec adresse. Je n’aspirais pas à devenir un héros, mage de bataille, à l’instar de Trevor. Je désirais seulement vivre pour et par la musique, comme Teagan. »

Lorsque Trevor quitta la demeure familiale pour Lorgol, accepté à l’Académie de Magie et du Savoir, Tancélie avait deux ans. La vision d’une maison tremblante annonçant l’éveil de la magie de son aîné marqua son esprit encore bien jeune et lui intima, encore à ce jour, un respect sincère pour ce précieux présent offert par la déesse de la Magie. Cadette de la famille, bercée dès son plus jeune âge par la musique et l’amour profond des siens, Tancélie comprit rapidement que son avenir n’était pas fixé comme pouvait l’être celui de Teagan. Le commerce familial reposerait un jour sur les épaules de son frère, alors qu’elle, petite dernière d’une lignée sans noblesse, avait la chance incroyable de goûter la liberté. Pour elle, il n’y aurait pas la contrainte d’un mariage d’arrangement, de commerce à tenir, de nom à faire briller. Sans doute se serait-elle contentée d’un mariage heureux et d’une vie paisible, à Rivepierre, si son affection pour la musique ne vibrait pas si fort en elle.

Les années passèrent rapidement, rythmées par les visites estivales de Trevor et les petites tâches à effectuer afin d’aider la tenue de la maison. Lors de ses temps libres,  entre deux leçons d’écriture ou de broderie, la mignonne courait à l’atelier de son père afin de toucher l’un ou l’autre des instruments. Elle cherchait l’instrument le plus beau qui soit, et après quelques mésaventures avec une flûte stridente, un tambour douloureux pour les doigts et un luth bien peu raffiné, la rouquine jeta son dévolu sur une harpe définitivement trop massive pour sa jeunesse. Les leçons de musique ne tardèrent pas à arriver, tant l’intérêt marqué de l’enfant pour cet art était évident et qu’elle les réclamait inlassablement. L’artisanat ne la fascinait pas, ou bien peu, et l’enfant s’entêtait à tirer des notes de moins en moins maladroites plutôt que de s’appliquer à connaître les outils nécessaires au métier. À chacun des passages de l’aîné de la fratrie, Tancélie ne manquait jamais de l’engloutir de questions sur l’Académie et Lorgol, sur les formes de magie et de savoir, sur les dragons et les griffons. Tout ce qu’il avait pu vivre lors de l’année se transformait en épopée grandiose. Elle l’admirait, ce grand frère, d’avoir pu rejoindre une si prestigieuse institution.

À douze ans, le sang avait marqué ses draps. Aucune magie ne vint s’éveiller chez-elle, et sans grande surprise, la jeunette affirma vouloir rejoindre l’Académie, elle aussi. Non pas pour y apprendre la magie, comme l’avait fait Trevor avant elle, mais pour étudier les Arts et, plus tard, la musique. Elle intégra l’Académie de Magie et du Savoir en septembre de l’an 988, la tête haute et fière d’avoir été acceptée parmi plusieurs candidats. Ce fut de longues années agréables, bien que loin des siens et de son Outrevent natal, où Tancélie se lia avec quelques autres étudiants convenables et décents, et persévéra dans cette vaste discipline regroupant plusieurs arts. Malgré ses études qui occupaient la majorité de son temps, la jeune fille ne manqua pas d’apporter dans ses bagages une harpe de voyage afin de ne pas perdre la main et de jouer quelques airs d’Outrevent, lorsque sa famille lui manquerait trop. Au bout de ses quatre années d'étude en Arts, Tancélie se spécialisa tout naturellement en musique.


Fraîchement diplômée, du haut de ses dix-neuf ans, Tancélie fut introduite à la Guilde de l’Accord par les bons soins de son professeur de second cycle. Elle y rencontra plusieurs théoriciens d’expérience et musiciens de talent et se lia d’amitié avec nombre d’entre eux. Plutôt que de rejoindre Rivepierre, d’y chercher un époux et de fonder une famille, comme le souhaitaient ses parents, la rouquine emprunta un tout autre chemin, s’éloignant d’une vie douce et rangée. Une vie qu’elle avait pourtant connue, enfant, et appréciée sincèrement. Elle accepta un contrat, puis un autre, auprès de l’une ou l’autre des familles bourgeoises de Faërie. Les prétendants ne se bousculèrent pas à sa porte, sans doute peu attirés par une femme vivant de voyages, ce qui laissa plus d’espace encore à Tancélie pour parfaire la maîtrise de son instrument et profiter de cette vie qui lui plaisait. Peu à peu, les demandes furent plus nombreuses et la jeune musicienne se permit de choisir les plus intéressantes, délaissant tout à fait les auberges pour les maisons de petites et bien humbles noblesses. Ses clients furent de plus en plus prestigieux, jusqu’à ce qu’elle attire l’attention de la famille de Rivepierre, en l’an 999, suite au décès de leur fils. C’est avec une fierté immense qu’elle accepta de jouer pour les parents endeuillés afin de soulager leur chagrin.


Chimène. C’était elle qui devait se retrouver sur le trône, suite au décès de l’impératrice. Tancélie partageait la même impression que le reste de sa famille, qu’un arriviste ne pouvait prétendre ainsi au trône. Pour la jeune Chimène, leur presque duchesse, elle n’avait qu’une compassion affirmée et de bonnes prières. Il ne devait pas être évident pour une fleur aussi délicate de se voir ainsi couronnée, et de voir un inconnu revendiquer cette place le jour-même de son couronnement. D’une maison à une autre, au fil de ses emplois, la rouquine put entendre différentes versions de cette même histoire. Certains jugeaient férocement la jeune Chimène alors que d’autres lui offraient un respect sincère. Toujours est-il que l’annonce de son décès et l’arrivée de Gustave de la Rive en tant qu’empereur n’avaient rien pour charmer Tancélie, loin de là. Méfiante de cet empereur qui imposait la loyauté plus qu’il ne la méritait, elle regardait les avancées politiques avec intérêt, déjà prête à commérer ses moindres faits et gestes avec Teagan.


« L’an 1002 fut une année difficile et marquée par les larmes et la douleur, pour notre famille mais également pour Faërie. Nous avions perdu notre Gwendoline à la suite d’une épidémie violente. Nous avions perdu nos repères lorsque la Roue du temps fut brisée. Nous avions assisté, impuissants, à la libération de la Chasse Sauvage qui tuait alors des innocents nuit après nuit. Nous avions tremblé en priant les dieux que les enfants soient épargnés. J’avais bon espoir que l’an 1003 soit porteur de joie et de félicité. Il s’agissait de l’année de mes vingt-huit ans, moi qui étais née le vingt-huitième jour de février. »

Lorsque la guerre éclata, en janvier 1002, Tancélie se trouvait en Lagrance. Ses pensées allèrent tout d’abord pour Trevor, son aîné, le héros de son enfance, mage de bataille. Était-il déjà au front, alors que la nouvelle datait de quelques jours déjà? Comment se portait son épouse? Et les petits…? Étaient-ils terrorisés? La jeune Outreventoise accueillit donc la nouvelle avec une peur évidente pour les siens, mais également pour les terres de son enfance. Son contrat fut difficile à honorer, mais la ménestrelle tint sa promesse et ne rentra à Souffleciel qu’à la fin du mois de février. Là-bas, avec ses neveux et nièces, Tancélie pria : Levor, qu’Il protège les enfants d’Outrevent ; le Destin, qu’Il offre un peu de chance aux troupes ; Aura, qu’Elle protège Faërie des ennemis. Une fois n’est pas coutume, et la rouquine se permit même de rejoindre quelques auberges de Souffleciel afin de chanter la suprématie d’Outrevent et de Faërie, dans ces temps troublés. Elle offrait son art aux gens de son peuple, à défaut de savoir réellement les aider.

La guerre fut longue, près d’une année, avant que la trêve ne soit établie, et Tancélie dut tôt ou tard reprendre les routes. Les contrats furent moins généreux, en raison de la situation politique, mais la jeune femme arriva tout de même à distraire certains nobles des tristes pertes que la guerre créait dans son sillage.

L’année 1002 se terminait enfin, emmenant avec elle de biens sombres souvenirs. La Roue Brisée. L’Épidémie emportant Gwendoline. Le Jour des Anciens et la libération de la Chasse Sauvage. Tancélie accueillit la nouvelle année avec joie. L’Outreventoise fut affairée à travailler son art, sur les routes ou en concert avec quelques collègues musiciens. Elle invita Teagan à venir la voir, même, en mai, à défaut de pouvoir le retrouver à Souffleciel.

Morgan la réclamait, que lui avait avoué son frère, après son concert en Cibella. Son petit Morgan s’ennuyait d’elle, et son coeur s’était brisé en l’entendant le lui dire. Tancélie termina son contrat en Cibella et rentra rapidement à Souffleciel pour profiter de son filleul qui grandissait bien trop vite. Le moment lui semblait également propice pour profiter d'une stabilité qui lui manquait cruellement, en tant que ménestrelle, et de mettre définitivement de l'ordre dans ses notes qui s'amassaient dangereusement. L'idée d'approfondir une étude sur la dualité entre la magie et la musique l'avait prise, à sa sortie de l'Académie, et ne l'avait plus lâchée depuis. De rencontres en rencontres, la musicienne s'était fait un devoir de recueillir des témoignages et de noter des exemples concrets de l'apport de la magie dans l'imaginaire musical et de l'importance de la musique dans la magie de l'Automne. De simple curiosité, cette idée avait évolué au point où Tancélie songeait sérieusement à ordonner ses notes et s'épancher sur l'écriture d'un ouvrage sur le sujet.  

C’est donc vers la fin du mois de juin qu’elle se présenta chez Teagan avec plusieurs malles trahissant sa volonté de résider un long moment avec lui. C’est lors de ce séjour qu’elle rencontra l’étrange locataire de son aîné et qu’elle fut mise dans la confidence de sa magie. Et quelle magie! Tancélie fut charmée plus qu’horrifiée de cette magie ancienne créée à partir de la musique, comme si ses longues années à l’Académie l’avaient préparée en ce sens. Elle questionna encore et encore son frère et Théobald avec une curiosité presque enfantine. C’est ce dernier, en évaluant son potentiel, qui lui proposa de l’éveiller à l’Accord. Offre qu’elle accepta non sans une hésitation - n’était-ce pas, après tout, une magie scellée…? Depuis juillet, Tancélie vit avec Teagan et son étrange locataire, profitant d’un enseignement sommaire de cette magie nouvelle qu’elle peine à comprendre. Elle envisage de rejoindre la Symphonie, en automne, et de poursuivre son apprentissage auprès d'un maître Accordé des cordes.


♦️ Roue Brisée : Lors de la trame alternée, Tancélie naquit au coeur de Lorgol et n’eut pour horizon que les mille tours effilées de la ville. Fille d’une mère-enfant et d’un père sans nom, la gamine courut les ateliers d’artistes dès l’aube de son adolescence afin de subvenir à ses besoins. C’est ainsi que sa route croisa celle d’un peintre à la renommée déjà établie, artiste respecté par ses contemporains. D’abord muse puis amante, Tancélie accepta l’idée folle de l’épouser. Elle avait seize ans. Grâce à lui, la gamine sortit de sa misère toute bassoise et fut introduite au sein de l’élite artistique de la Ville Haute de Lorgol, succédant les soirées arrosées et inspirant les jeunes peintres de ses poses suggestives. La jeune femme se réveilla lors d’une soirée où son époux dévoilait son dernier bijou, la Jeune Femme aux Milles Tours, portrait réaliste et très osé de Tancélie où les reflets de Lorgol se devinaient derrière elle. Elle décida de se souvenir de cette autre vie, de ne pas oublier l’étrange puissance qui l’avait projetée dans cette trame alternée.

♦️ Épidémie : Dès qu’elle entendit les premières rumeurs d’une épidémie affectant les mages, Tancélie s’efforça de rejoindre Souffleciel pour être auprès de Teagan et Gwendoline, sa belle-soeur et amie. Afin de soulager son frère et son épouse d’une source d’inquiétude supplémentaire, elle prit soin de Morgan et Madenn tout au long de la maladie et se rendit utile dans les diverses tâches domestiques de la maisonnée. La mort de Gwendoline secoua la famille. Tancélie, qui craignait que Trevor partage un sort similaire, fut soulagée de le savoir sain et sauf grâce au remède.

♦️ Jour des Anciens : Présente lors du Jour des Anciens, Tancélie s’en est sortie indemne. Escortée par l’un de ses anciens camarades, désormais Chevaucheur, elle retrouva rapidement la sortie avant la libération de la Chasse Sauvage. Ainsi posée en retrait, la jeune femme se fit un devoir d’aider les rescapés à leur sortie de l’Académie. N’étant pas dotée de connaissances médicales pouvant appuyer les secours en place, la rouquine se contenta de se montrer à l’écoute des tourments et témoignages des étudiants et invités, et d’envelopper les corps tremblants de couvertures épaisses.


CHRONOLOGIE


Décembre 964 ♦️ Naissance de Trevor

30 octobre 968 ♦️ Naissance de Teagan

28 février 975 ♦️ Naissance de Tancélie

Septembre 988 ♦️ Entrée à l’Académie dans le domaine des Arts

Septembre 992 ♦️ Spécialisation en musique

Mars 997 ♦️ Naissance de son filleul, Morgan, qu’elle place sous la protection de Levor.

Décembre 999 ♦️ Joue pour la première fois à Rivepierre, pour les parents de Lionel

Septembre 1002 ♦️ Épidémie : Elle revient à Souffleciel pour veiller sur Morgan et Madenn et espère le rétablissement de sa belle-soeur. Gwendoline meurt peu de temps avant l'arrivée du remède.

Novembre 1002 ♦️ Jour des Anciens : Tancélie est présente lors de la libération de la Chasse. Elle est protégée et escortée en lieu sûr rapidement et aide les rescapés.

Mai 1003 ♦️ Tancélie répond à l'invitation d'un confrère afin de participer à un spectacle, en Cibella.

Juillet 1003 ♦️ Se fait éveiller à la magie de l'Accord lors de son passage à Souffleciel, chez Teagan. Elle y loge tout l'été pour profiter des enseignements de Théobald.




La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• De tous les contes fabuleux que lui racontait sa mère, aucun n’était en mesure d’imaginer des créatures aussi effroyables que celles de la Chasse Sauvage. Au-delà d’une curiosité pour son origine et cette étrange magie qui ramène les morts à la vie, Tancélie éprouve surtout une crainte pour cette horde entraînant la souffrance dans son sillage. Depuis qu’elle la sait en cavale et ne répondant à rien ni personne, l’Outreventoise dédie maintes prières à Sild dans l’espoir que ses proches soient épargnés jusqu’à l’aube.

Octave d'Ibélène mène à présent la Chasse Sauvage. Le trône impérial ibéen est désormais vacant ; la rumeur prétend que des négociations sont en cours entre le duc Guillaume et la princesse Sixtine en vue d'un mariage. Que penses-tu de tout cela ?
• Elle entend les rumeurs, au loin, de cette période trouble que traverse Ibélène. Le jeune empereur ramené à la vie puis appelé à rejoindre la Chasse Sauvage l’effraie quelque peu, et si Tancélie était méfiante de voir un enfant marqué par la mort guider Ibélène, elle s’inquiète désormais que ce soit un Belliférien rustre et opportuniste. La guerre n’était bonne pour personne et l’Outreventoise avait accueilli la trêve avec soulagement. Maintenant que ce Brumecor élevé pour la guerre guette avec voracité le trône impérial ibéen, Tancélie redoute que les combats entre les empires reprennent.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• La ville est dangereuse et énigmatique à la fois, et Tancélie s’avoue sensible à cet étrange charme qui imprègne les lieux. Lors de ses études à l’Académie, la curiosité l’a poussée à visiter la Ville Haute à maintes reprises, autant pour la joliesse des tours outreventoises que pour écouter les musiciens de ces nombreuses auberges. Si elle fut choquée, comme tant d’Outreventois avant elle, par la liberté et le laisser-aller de cette faune urbaine, Tancélie accorde désormais à Lorgol un regard tendre. Elle affirme volontiers que rien ne surpasse la beauté sauvage des terres du duché de l’Honneur, mais les souvenirs doux de ses études la hantent encore et les notes s’échappant de tous lieux la réjouissent toujours autant.







Dans la vie, je m'appelle Mary et j'ai 32 ans. J'ai découvert le forum via Melbren et voici ce que j'en pense : C'est un monde plein de possibilités, que vous offrez. :siwi:
Pour les inventés : J'autorise mon frère chéri à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Tancélie le Sustain

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Olga Moskvina
♦️ Compte principal : Non

♦️ Magie : Accord / Cordes (Harpe)
♦️ Savoir : Pensée / Arts / Musique
♦️ Hiérarchie : Guilde de l'Accord / Membre


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Les Mages
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Je suis : Mage du Printemps (outrevision)
Fille cadette du comte d'Aurebois

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Faërie et Lagrance
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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Dim 16 Déc - 9:26



Vycky présente

Agnès
d'Aurebois

Holliday Grainger

« Nous sommes le fruit de nos expériences »

Déterminée, loyale, curieuse, perfectionniste, patiente, fière, rancunière, franche, possessive, joueuse.

Agnès est une personne déterminée à atteindre les buts qu’elle s’est fixée. Cependant, elle reste ouverte aux propositions et aux discussions, mais seuls des arguments concrets pourraient la faire changer d’avis. D’ailleurs, elle n’aime guère se tromper, se montrant peu indulgente envers elle-même. Ce côté perfectionniste transparait parfois à travers l’exigeance qu’elle peut attendre des autres.  

En tout cas, Agnès ne ménage pas ses mots, faisant preuve d’une certaine franchise dans ses dires. Et bien qu’elle se montre sympathique, curieuse de toujours en apprendre plus, elle garde en mémoire les affronts essuyés, n’appréciant guère que l’amitié qu’elle témoigne à quelqu’un soit bafouée. Il en va de même pour la loyauté qu’elle accorde.

Patiente, Agnès aime prendre son temps, dans ses décisions, ses apprentissages, ses travaux sur bois. La précipitation conduit aux erreurs d’appréciation, aux incidents voire accidents. Et il n’est pas toujours simple de rattraper cela. Or, son côté joueur peut l’amener à frayer avec le hasard et les erreurs de jugement. Cependant, elle peut se montrer mauvaise perdante, rejoignant ainsi son côté rancunier.

Finalement, chaque personne est composé de plusieurs traits caractériels et Agnès ne déroge pas à cette règle.



©️ Love
Travailler le bois, un passe-temps inattendu chez une noble, mais Agnès aime sentir la chaleur et la douceur de ce matériau entre ses doigts.
Son familier est une loutre nommée Mara.



©️ Love
Âge : 26 ans
Date et lieu de naissance : 24 février 976 à Aurebois
Statut/profession : mage du Printemps (outrevision), fille cadette du comte d'Aurebois
Allégeance : Faërie et Lagrance
Dieux tutélaires : Placée sous la protection de Cerah, la Dorée, ses prières vont également à Aura, la Mage.
Groupe principal : Les Gardiens de la Tradition.
Groupes secondaires : Noblesse / Mages


Les Monts d’Aurebois. Un domaine comprenant des collines boisées, traversé de quelques rivières, un comté produisant plusieurs variétés de bois précieux utilisées dans l’ébénisterie. Agnès était fière de cet héritage, même si elle n’était pas destinée à prendre la suite de son père. Adélaïde, sa sœur ainée, fut formée avec son frère Adrien pour prendre la succession et cela convenait bien à Agnès. Non pas qu’elle se désintéressait de la politique familiale mais elle préférait rester en retrait, observer pour mieux agir après si nécessaire. La famille d’Aurebois faisait partie des vieilles lignées du duché de Lagrance, pourvoyeuse de mages et parfois de chevaucheurs. Principalement liée à la saison du Printemps, les d’Aurebois voyaient également des mages de l’Hiver et de l’Automne apparaitre dans leur généalogie. Ainsi l’éveil de pouvoirs dans la famille était un évènement attendu, même si tous n’étaient pas destinés à devenir mage.

Agnès était la deuxième fille d’une fratrie de cinq enfants, trois filles et deux garçons. Elle grandit au sein d’une famille soudée, apprenant les règles inhérentes à la noblesse, même si elle se rendait moins souvent que ses ainés à la cour ducale voire impériale. L’étiquette pesait parfois sur la jeune fille, elle n’aimait guère se sentir contrainte et lorsqu’elle pouvait fausser compagnie à ses chaperons elle n’hésitait pas, se cachant dans les recoins du château et ne réapparaissant que lorsqu’elle le décidait. Cela avait le mérite d’énerver ses parents, néanmoins cela ne l’empêchait pas de recommencer. D’ailleurs, Agnès comprit rapidement comment marchander pour obtenir ce qu’elle désirait. Elle aimait se promener au milieu des arbres, grimper dans les branches de certains et les jardins ne lui suffisaient pas. Sauf qu’elle ne pouvait s’aventurer à l’extérieur sans un minimum de surveillance, alors après de nombreuses discussions avec ses parents, son père lui assigna un protecteur, ainsi elle pouvait se rendre dans les bois du domaine et auprès des artisans pour observer leur travail. Et ce fut le travail admirable des sculpteurs sur bois qui attira Agnès et elle voulut s’initier à cet art. Ses parents lui passèrent cette lubie tant qu’elle suivait les enseignements des précepteurs et qu’elle se montrait digne de son rang. Les d’Aurebois étaient producteurs de  bois depuis de nombreuses années et ils attendaient que leurs enfants s’intéressent aux produits de leur terre ainsi qu’aux gens qu’ils gouvernaient. Ils n’étaient pas la seule famille productrice d’essences forestières, cependant ils faisaient en sorte de fournir un matériau de qualité.

Lorsque la magie de sa sœur Adélaïde  s’éveilla, Agnès espérait qu’elle aussi développerait une capacité magique. Son ainée rejoignit l’académie à ses onze ans, affiliée à la magie du Printemps, à la genèse plus précisément, tout en sachant qu’à l’issue de son cursus elle devra revenir au domaine pour assumer son rôle de première fille à marier. Or, la puberté d’Agnès se fit tardivement à l’aube de ses treize printemps. Durant ce temps, elle se mit à douter de cet héritage magique, mais ne pouvant plier le destin à sa volonté, Agnès fit en sorte de compenser cette attente en apprenant toujours plus sur le monde qui l’entourait. Elle craignait également le jugement d’autrui vu qu’elle tardait à devenir femme. Pourtant un jour, ses pouvoirs firent leur apparition, premier jour de sa puberté tant attendue. Agnès se trouvait dans les jardins, installée sous un arbre en train d’étudier un livre de géographie et d’histoire. Arven avait un passé très riche et les relations entre les deux empires n’avaient pas toujours été au beau fixe. Complexes liens entre les deux peuples et les diverses régions. Cependant, Agnès finit par rêvasser, posant ses yeux sur les branches la surplombant. L’arbre, tel un pont entre la terre et le ciel, traversé par la sève, ses racines puisant dans l’eau et les nutriments du sol. Alors qu’elle laissait ses pensées dériver, une étrange sensation la saisit. L’une de ses mains glissa vers le sol, jouant avec des brins d’herbe. Etrangement, elle eut l’impression de ressentir des vibrations à travers le sol, et tandis qu’elle relevait sa main, la terre suivie le mouvement, comme attirée par un aimant. Devant cette manifestation magique inattendue, Agnès se sentait perdue et se crispa sur le livre qu’elle tenait en main, comme s’il était l’ancre à laquelle se raccrocher, et le tas de terre retomba mollement au sol.

L’académie. Agnès leva les yeux vers ses tours majestueuses et imprégnées de magie. La jeune femme appréhendait un peu de passer en entretien. Néanmoins ses doutes furent apaisés lorsqu’elle intégra le premier cycle. Une formation longue l’attendait car Agnès avait l’intention de se spécialiser et d’acquérir les connaissances nécessaires. Le domaine du Printemps était vaste et plusieurs disciplines étaient intéressantes. Mais son choix finit par s’orienter vers l’outrevision. Un cursus de six années et deux ans de spécialisation, entrecoupé de séjour dans le domaine familial pendant les congés. Ses premières visions étaient souvent rattachées à des proches mais au fil des années, Agnès parvenait à se détacher des membres de sa famille, puis des lieux qu’elle connaissait. Cependant, l’outrevision restait plus facile à invoquer lorsqu’il y avait un ancrage via des êtres et zones géographiques connus de l’outrevoyeur. L’énergie utilisée était bien plus importante en l’absence de ces points de focalisation et cela épuisait grandement Agnès. Cette dernière usait peu de cette facette de l’outrevision, cependant elle parvenait à diminuer un peu l’impact de cette fatigue en trouvant des représentations graphiques des lieux qui lui étaient inconnus. Quant à sa spécialisation, Agnès choisit les miroirs pour partager ses visions avec d’autres personnes. Et elle entreprit d’apprendre à lire sur les lèvres pour comprendre les échanges que lui renvoyait l’outrevision.

Bien qu’elle ne soit pas une combattante dans l’âme, Agnès aimait observer les chevaucheurs et voltigeurs, enviant parfois l’union privilégiée avec ces créatures fantastiques. Œuvrer à la protection de son pays, voire rejoindre la Rose écarlate, que de perspectives et de rêves attirant de nombreux candidats mais peu d’élus. Or Agnès partageait un lien particulier avec son familier et la magie était déjà un don complexe, accaparant son détenteur.  Elle se contentait de ce qu’elle avait.  

***

Bien qu'elle ne soit pas une personnalité majeure de Faërie, Agnès avait pris part à de nombreux évènements. Bien qu'elle ne soit pas hostile aux mages de Sang, elle ne cautionnait pas vraiment les méthodes de leurs soutenants. Et les bouleversements frappant Faërie ne lui disait rien de bon. Certes, son Duc avait prêté allégeance au nouvel empereur, mais elle se demandait s'il sera meilleur que Chimène. La mort de cette dernière était un coup dur mais il fallait avancer. Ce n'était pas la guerre qui se faisait plus précise qui allait contredire ce fait. Agnès passait un peu plus de temps à Edenia que d'ordinaire. Si elle était sollicitée pour aider son duché elle répondrait favorablement même si elle n'apprécie guère la perspective d'un conflit.

Pendant le livre II :
Au cours de l'année 1002, les parents d'Agnès entreprirent de lui trouver un mari, mais les négociations n'aboutirent pas. La jeune femme rencontra de nombreuses personnes dont certaines éminences pour négocier des contrats pour les Aurebois.

TRAME ALTERNÉE (Intrigue 2.3 La Roue Brisée)
→ Devenue chevaucheuse de la dragonne Apogée, capitaine du vol de Lagrance et marquise d'Amar en épousant Tristan, Agnès est en bonne voie pour succéder au poste de Maréchale de Flamme. Cette carrière fleurissante la fait remarquer par Colombe qui cherche à obtenir son soutien dans son projet de récupérer le trône qui lui revient. Agnès accepte et fortes de plusieurs pistes, les deux dames se retrouvent à Lorgol pour y chercher des alliés. C'est lors de ce voyage qu'Agnès recouvre la mémoire, le 20 mai. Elle se souvient de la trame réelle jusqu'au 19 mai, puis de la trame alternée du 20 mai au 1e juin.

Mort dans les veines et Chasse sauvage
Lorsque l'épidémie frappa les porteurs de magie, Agnès se porta volontaire pour le convoi se rendant en Erebor à la recherche d'un remède. Elle en ressortit fragilisée et rentra à Aurebois pour prendre du repos.

Elle assista de loin aux évènements concernant la Chasse sauvage. Elle s'inquiète des implications que cette Chasse et la disparition de la Rose vont avoir. Agnès se montre attentive aux informations circulant à ce sujet. Elle a également entendu parler des postes à pourvoir à l'Académie.



Questions du livre II:
 

La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• De l'inquiétude, ainsi que de la curiosité pour ce que cette libération va impliquer pour Arven. J'aimerai comprendre l'ensemble de l'histoire et préserver notre univers de cette Chasse.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Je suis soulagée même si je doute que cela signifie la fin du conflit. Avec la venue de la Chasse sauvage, je considère que les deux Empires doivent s'unir pour trouver une solution. Je reste favorable au retour de la paix, tout en restant ouverte au retour des Magies et Savoirs bannis.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol est la ville de mes études à l'Académie. Je m'y sens bien même si j'évite de me balader dans les bas quartiers.







Dans la vie, je m'appelle Vycky conviendra et j'ai 30 ans. J'ai découvert le forum via un site et voici ce que j'en pense : très diversifié, plein de possibilité de jeu d'où son attrait.
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé. A voir à ce moment-là.  





Récapitulatif

Agnès d'Aurebois

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Holliday Grainger
♦️ Compte principal : Oui / Non

Ne conserver que les lignes remplies
♦️ Noblesse : Fille cadette du comte d'Aurebois / Aurebois / Lagrance
♦️ Magie : Printemps / Outrevision / Miroirs
♦️ Familier : Mara / Loutre de rivière / Femelle
♦️ Hiérarchie : Guilde des mages / Mage





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Mes autres visages: Anaëlle Faucheblé
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Dim 16 Déc - 11:10


Lyulia présente

Lidjä
de Sylvamir

Elizabeth Olsen

« Telle est la foi des skjaldmös : d'une écarlate blancheur, telle la neige aspergée du sang de l'ennemi. »

On dit d'elle qu'elle est loyale, obéissante, appliquée et sérieuse dans tout ce qu'elle entreprend, et dévouée envers ses proches ou ceux qu'elle protège. Sa fierté la rend souvent orgueilleuse, intolérante et de mauvaise foi. Son cercle de proches pourra même dire qu'elle en devient parfois médisante. Très susceptible, elle prend trop les choses à coeur.  



©️️ Lyulia


Fascinée par les ours blancs du duché qui l'a vue naître, héros des contes qui ont bercé son enfance et celle de sa soeur à qui elle les racontait le soir avant de s'endormir, Lidjä ne manque jamais de peindre un ourson sur son bouclier. Une coutume des skjaldmös qu'elle apprécie particulièrement.



©️️ Lyulia
Âge : 29 ans
Date et lieu de naissance : 26 mars 974, à Sylvamir (Valkyrion)
Statut/profession :  Skjaldmö, gardienne des élèves kyréens de l'Académie
Allégeance : Les skjaldmös, la famille impériale ibéenne, la couronne ducale kyréenne
Dieux tutélaires : Vigdis
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau
Groupes secondaires : Peuple




Prologue

Quelle famille complexe que celle au sein de laquelle la blonde Lidjä naquît. Nous étions bien loin de ces familles idéales où tout se passait dans le meilleur des mondes. De l’histoire de sa famille, elle a tout appris, ou presque, car c’est dans le savoir que l’on peut éviter de faire les mêmes erreurs à nouveau. En théorie du moins c’est que l’on pourrait espérer. Dans cette famille déchirée en deux trois siècles plus tôt, elle descend de la branche issue de Meljörn de Sylvamir. Cette famille divisée fut ressoudée par le mariage de deux cousins éloignés Sigvald et Svanhilde de Sylvamir. Sur le papier du moins, car si leur enfant, son cousin, Hiémain est devenu le détenteur légitime de la baronnie étant le dernier héritier mâle de la famille, peu sont ceux qui le voient d’un bon œil, estimant sa naissance comme étant le fruit d’inceste bien que de faible degré. Lidjä quant à elle, n’en pense aucun mal, au contraire et quand bien même elle n’aurait pas approuvé l’union, à ses yeux, les gens n'avaient pas à être jugés de par leur naissance, mais de par leurs actes et leurs dires uniquement.



Enfance

Le 29 mars 974, Lidjä fut le premier fruit de l’union du baron de Sylvamir Sigfried et de Anjä de Vigdir. On lui donna pour marraine sa tante maternelle Nadjä et pour déesse tutélaire Vigdis qu’elle gardera toute sa vie. A sa naissance, elle avait les yeux d’un doux gris et quelques cheveux blonds comme les blés. Avec le temps ses iris se sont teintés d’une légère nuance verte, douce et pâle comme l’olivine. Deux ans plus tard, le 3 février 976, ses parents lui donnèrent une petite sœur, Sonjä qu’elle aimera de tout son coeur. Déjà dès son plus jeune âge elle était animée par le besoin d’être là pour les siens et les protéger.

En 980, alors qu’elle avait à peine six ans, ses parents furent assassinés, empoisonnés par Sigred et Friedrich, de la branche de Ragnar. Sonjä, âgée d’à peine 4 ans, ne se souvient probablement pas de leur vie d’avant ce tragique événement mais Lidjä en garde quelques bons souvenirs remplis de joies et d’amour, en particulier de sa mère. Entre autres, elle se souvient encore de ces histoires que leur mère Anjä leur racontait le soir avant de s’endormir. Souvent, elles racontaient l’histoire d’un mignon petit ours blanc. Ces histoires, par la suite, l’ainée les raconteraient à sa cadette, perpétuant ce petit rituel du coucher. Aujourd’hui encore l’ours blanc est resté un symbole fort pour la blonde, celui-là même qu’elle a choisi comme emblème de son bouclier.

Une année durant, les deux soeurs orphelines vécurent chez leur tante Nadjä. Elles passaient leurs journées à jouer dans la neige à se fabriquer des forts, des bonhommes ou des oursons en neige. Rien de bien parfait, à cet âge, les sculptures de neige étaient très abstraites, mais elles s’amusaient comme des petites folles. Le soir venu, elles se rassemblaient autour de leur tante et se réchauffaient autour du feu crépitant dans la cheminée. Malgré la disparition de leurs parents dans leur vie, grâce à l’amour de leur tante et du lien fraternel fort qui les soudait, les deux petites finirent par combler partiellement le vide causé par leur absence et surmonter leur deuil.

Leur petite vie à trois ne dura que trop peu de temps, en effet, en 981, les soeurs durent être séparées. A son grand regret, Nadjä n’avait pas les moyens de les garder toutes les deux et Sonjä fut alors confiée à sa marraine, leur tante paternelle Solveig. Dès lors, Lidjä en fut très triste et perdu tout contact avec sa petite soeur adorée à cause de cette tante qui ne permettait plus à Sonjä de revoir son aînée.

Seule avec sa marraine, la jeune blonde commença à apprendre à suivre les préceptes et principes de l’ordre des skjaldmös. La chance d’avoir une valkyrie dans la famille lui ouvrait les portes de cet enseignement sacré et honorifique. Elle apprit notamment leurs légendes et celles de leur déesse tutélaire Vigdis. Ces vierges guerrières habitaient ses rêves et, en elle, grandit l’admiration qu’elle leur vouait. Lorsqu’elle jouait dans le jardin enneigé, elle empruntait le couvercle d’un tonneau et s’en servait comme bouclier pour imiter ses héroïnes sous le regard bienveillant de Nadjä.

A ses dix ans en 984
, son corps commençant tout doucement à se transformer, elle devint officiellement apprentie skjaldmö. L’élève sérieuse et appliquée mit toute son énergie et son attention dans l’assimilation des techniques, savoirs et savoir-faire que lui transmettait sa chère marraine. Ce cadre strict et disciplinaire lui permettait en outre de ne pas penser à ses parents décédés ou à sa petite soeur partie bien trop loin à son goût. Occupée par les entraînements rigoureux, elle n’avait plus le temps de se morfondre ni de ressasser ses peines. Au contraire, elles étaient la force motrice qui la poussait en avant. Si elle avait été bien trop jeune et ingénue pour pouvoir protéger ses parents, il n’était pas dit qu’il en serait de même pour sa petite soeur ou ses proches. Sa passion pour cet art et sa vocation de protectrice en faisait une élève particulièrement douée. A cette occasion elle reçut son premier bouclier en bois. Traditionnellement, les valkyries devaient peindre leur emblème elles-même sur ce dernier. En hommage à son animal préféré, héros des contes de son enfance, Lidjä décida de dessiner un ourson à la peinture blanche sur le sien, une habitude qu’elle garderait tout au long de sa vie. En prime, elle choisit comme arme secondaire l’épée. Elle trouvait en ce type d’arme plus de noblesses que pour le maniement d’un fléau d’armes par exemple, l’un lui semblant moins barbare que l’autre.


En avril 987, alors que l’on parlait de la mort de la princesse Ljära depuis quelques mois, Nadjä dû se rendre au palais ducal pour y servir la famille régnante et remplir son devoir de protection en tant que skjaldmö. La jeune Lidjä âgée de tout juste 13 ans fit partie de ses bagages bien sûr, la petite étant bien trop jeune encore pour rester seule. C’est à cette époque que la jeune fille fit la connaissance de la princesse Ljöta d’un an son aînée. Les deux blondes furent entraînées par Nadjä et ce fut au fil de ces cours sur l’art ancestral du combat qu’elles se lièrent peu à peu d’amitié. Afin de faire progresser leurs compétences, Nadjä les faisaient combattre l’une contre l’autre. Loin de faire naître une sorte de rivalité entre elles, cela renforça leurs liens par une forme d’admiration et l’envie de toujours dépasser ses limites.

Nadjä s’était juré de l'entraîner bien plus durement que toutes les autres, décidant qu’elle irait la pousser plus loin que toutes les recrues qu’elle avait eues sous sa coupe avant elle, jusqu’à ce qu’elle surpasse tous les autres y compris elle-même. Orpheline, elle devait être capable de se défendre pour survivre lorsque le jour viendrait où elle devrait combattre sur un champ de bataille. Lorsque sa jeune apprentie eut à peu près acquis les bases et techniques du combat au bouclier, elles passèrent au maniement de l’épée. Nadjä examinait chaque posture, chaque mouvement de son apprentie et les corrigeait inlassablement. Déjà à l’époque le domaine de Vigdir servait de camp d’entrainement pour les jeunes recrues skjaldmös et Lidjä progressait en se mesurant à ses soeurs d’armes.

L’année suivante, en janvier 988, celle qui était devenue sa meilleure amie, sa confidente, partit pour Lorgol afin d’y recevoir l’enseignement de précepteurs dans l’optique qu’elle devienne ambassadrice de Valkyrion, officiellement du moins… Heureusement, cette fois fut moins douloureuse que lors de sa séparation avec sa petite soeur Sonjä car elle savait qu’elle pourrait la revoir et surtout lui écrire autant qu’elle voulait, ce qu’elle ne manqua pas de faire de façon assidue. Lidjä, restée avec sa marraine à Svaljärd pour l’aider à poursuivre leur mission de protection de la famille ducale, n’avait plus sa camarade et était désormais seule à recevoir l'entraînement de Nadjä. De son côté, la jeune blonde se perfectionna au maniement de l’épée à une main, son arme de prédilection à l’instar de son amie skjaldmö, un de ces nombreux points communs qui les avaient rapprochées, et entama l’apprentissage du maniement de la hache d'armes. Son arme fut forgée de sorte qu'elle disposa d'un pic en amont de la lame qui permettait de poignarder un adversaire en un rien de temps ou encore d'immobiliser ce dernier en lui plantant la jambe ou le bras. Sa lame était si affûtée qu’elle pouvait trancher tout ce qui n’était pas métallique sur son passage. L’arme n’étant pas trop lourde était facilement utilisable par la skjaldmö et si elle était prise à deux mais, elle pouvait briser une porte ou une barricade sans soucis si elle le voulait, pas que ce soit l'utilisation qu'elle en aurait, mais cela faisait partie des capacités d'une telle arme. En outre, elle pouvait également être lancée.

Ce fut lors d’un après-midi ensoleillé de l'été 991 que la jeune blonde vint à bout pour la première fois de la meilleure des apprenties de sa marraine. Nadjä était restée à l’écart pour surveiller et évaluer les prouesses des deux guerrières, son visage était impassible, ses traits tirés lui donnaient un air sévère, concentrée sur les deux combattantes. Bouclier dans sa main gauche, épée dans la droite, Lidjä se servait du premier pour pousser et assommer son adversaire ou se protéger des coups, et de la seconde pour trancher dans le vif. Elle avait appris à sauter suffisamment haut pour esquiver les attaques trop basses. Appliquée et orgueilleuse, la blonde ne supportait pas l’échec et ne fut satisfaite que lorsqu’elle eût désarmé son adversaire et la tint en respect sous sa lame. Il ne restait plus qu’à Nadjä de prendre les armes et d’affronter sa petite protégée. Elles se positionnèrent face à face et commencèrent un échange de coups d’épée et de boucliers parés, l’instructrice n’hésitait pas à y mettre son grain de sel en lui assénant des coups de pied dans le ventre. À bout de souffle, la jeune fille cessa de riposter.

    - Encore ! S’écria Nadjä. Tu es plus forte que cela Lidjä. Allez.

Obéissante, la jeune fille reprit le combat de façon plus intense encore, se donnant du courage en poussant un cri rauque, allant même jusqu’à s’accroupir pour tenter de faire un croche pied à son mentor en lui balançant sa jambe dans les tibias. Rien qui n’ébranle la valkyrie aguerrie. Quelques coups d’épée et de boucliers plus tard, toujours souple sur ses appuis, ce fut en donnant un ultime coup de pied dans la main de Nadjä que la jeune apprentie réussit à la désarmer. Comme si elle s’attendait à ce que cela sonne la fin du combat, la jeune femme tourna la tête vers ses camarades, curieuse de voir ce qu’elles pensaient du combat. Nadjä profita de ce moment pour pousser violemment Lidjä de ses deux mains, cette dernière tomba, le postérieur dans la neige boueuse.

    - Ne baisse jamais ta garde !

La skjaldmö ramassa son arme, laissant Lidjä abasourdie de surprise.

    - Tu t’attends à ce qu’un combat soit loyal ? Dit-elle en tranchant l’air devant elle pour faire reculer la jeune blonde encore au sol. Un combat n’est jamais loyal !

Ses coups s’intensifièrent jusqu’à ce que Lidjä y mette un terme en attrapant son bouclier tombé un peu plus loin et en l’utilise comme bélier. A ce seul coup qu’elle porta, elle y mit toute la force qui lui restait, toute sa puissance et Nadjä fut projetée quelques pas plus loin. Sans doutes qu’elle récolterait quelques bleus de sa chute, mais surtout, un large sourire car la fin de ce duel marquait l’entrée de Lidjä comme officiellement skjaldmö et plus seulement une simple apprentie.


En septembre 991, un lundi, la jeune fille reçut un pli étrange alors qu’elle était en plein entraînement contre un mannequin de bois et de paille. D’ordinaire, ceux qu’elle recevait portaient un sceau reconnaissable, mais celui-ci elle ne l’avait encore jamais vu. Intriguée, elle posa son bouclier contre la cible factice et rangea son épée dans son fourreau. Des mains du messager elle prit précautionneusement l’enveloppe comme si elle craignait un maléfice ou une mauvaise nouvelle qui lui éclaterait à la figure. Rien de tel ne se produisit lorsqu’elle l’ouvrit bien sûr et ses prunelles cherchèrent en premier lieu à lire la signature de l’expéditeur. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle reconnut le nom de sa petite soeur. Quelques minutes à peine lui suffirent pour dévorer le contenu du message qui instantanément réveilla en elle son désir de revoir Sonjä. La jeune brune disait être entrée à l’Académie pour y étudier. N’ayant plus à subir la séparation imposée par leur tante Solveig, bien trop loin pour pouvoir les empêcher de se retrouver, Lidjä n’avait plus qu’à faire le second pas. Sourire sur le coin des lèvres, elle n’avait pas été aussi enjouée depuis bien longtemps. L’idée seule qu’elle reverrait bientôt celle qui partageait son sang la mettait de bonne humeur, ses iris d’olivine irradiaient d’espoir. Aussitôt elle courut dans tout le domaine pour trouver sa marraine et lui demander l’autorisation d’aller à Lorgol quelques mois pour pouvoir renouer avec cette soeur perdue si chère à son coeur. Et quitte à aller là-bas, elle en profiterait pour rendre visite à sa meilleure amie Ljöta qui devait avoir terminé ses études et tenait officiellement l’ambassade de Valkyrion. Le plan semblait parfait, il n’y avait plus qu’à le mettre à exécution.

La skjaldmö obtint l’autorisation tant attendue, accompagnée d’une mission en plus. Rien de bien compliqué, à Lorgol, elle devrait assurer la protection de la princesse Ljöta ce qui concordait tout à fait avec ses projets. On lui confia un cheval pour faire le voyage. La distance à parcourir était fort longue, mais la jeune fille n’avait pas les moyens de se payer un voyage, escortée par un voltigeur. Il lui fallut environ 53 jours pour faire le trajet de Svaljärd à Lorgol. À chaque auberge où elle s’arrêtait, elle prenait soin de sa monture ou l’échangeait contre une autre équivalente si le cheval était trop fatigué. Une fois arrivée, Lidjä s’installa dans la chambre de la Tour de Valkyrion qu’on lui attribua. Durant les quelques années qu’elle passa à Lorgol, la blonde se rapprocha de sa cadette et reprit ses anciennes habitudes d'entraînement au combat avec la princesse afin de compléter la formation de cette dernière.

En juin 998, à la fin des études de Sonjä, le duo fraternel retourna en  Valkyrion. La princesse pouvant parfaitement se défendre seule, Lidjä n’avait plus besoin d’assurer le poste de garde du corps qu’elle avait auprès d’elle. Installées à Svaljärd, de retour auprès de sa chère marraine Nadjä, elle prit sa suite dans la dispense d'entraînement aux jeunes recrues skjaldmös. Sa tante commençait à être trop âgée et était moins agile qu’avant ce qui l’entravait dans la dispense de son enseignement pratique. La vie à trois devint leur quotidien, un peu comme lorsqu’elles étaient toutes petites, à la mort de leurs parents, sauf qu’à présent elles ne passaient plus leur temps à jouer dans la neige. Préférant de loin l’art du bouclier et de l’épée, l'entraînement des apprenties valkyries convenait parfaitement à la jeune blonde qui laissait bien volontiers la paperasse et la gestion du domaine à sa tante maternelle.


Tout se passait à merveille jusqu’en janvier 1002… A la fin du mois, la guerre avait éclaté entre les deux empires et la présence des skjaldmös sur le champ de bataille était requise pour protéger l’empire Ibéen et les Cielsombrois qui étaient dépassés par la puissance des mages de bataille du camp adverse.. Lidjä laissa en suspens la formation des recrues et sa petite soeur pour monter sur le front avec sa marraine et ses soeurs skjaldmö en griffon. Sa première guerre, ses premiers combats, elle en était toute émoustillée. La fière guerrière, de par sa longue expérience en tant que garde du corps et son poste d’instructrice skjaldmö en remplacement de Nadjä, fut nommée à la tête d’un escadron de ses soeurs.

Les combattantes d’élite installèrent leur campement à environ 500 kilomètres de l’ancien emplacement des frontières lagrano-cielsombroise, là où les combats étaient les plus rudes, là où les Cielsombrois avaient été repoussés. Aux yeux de Lidjä, les Lagrans n’avaient aucun mérite pour ses premières avancées conquérantes. Sombreciel était bien plus connu pour ses moeurs légères que pour ses combattants. D’ailleurs, les Cielsombrois avaient la réputation de rechigner fortement à prendre les armes même pour défendre leurs propres terres. Il était alors bien aisé d’imaginer comment les faës avaient pu repousser leurs soldats sous-entraînés. Arrivées en renfort début février, les valkyries étaient prêtes à faire montre de leur courage et de leur vaillance. Sur les boucliers des filles de Vigdis resplendissait l’emblème personnel que chacune avait peint personnellement. L’heure de rejoindre la bataille était venue. L’escadron de Lidjä combattit avec grande efficacité durant tout le mois de mars. Elle-même brillait par la maîtrise incroyablement précise de ses mouvements, fruit de son entraînement acharné et perpétuel depuis sa plus tendre enfance. Leur aide fut comme une grande bouffée d’oxygène pour les Cielsombrois.



La Mort de Nadjä.

Comme chaque matin de mars depuis qu’elle était sur le front, la blonde valkyrie commençait par se rafraîchir le visage avec un peu d’eau, une carafe pleine en terre cuite ayant été préparée la veille à cet effet, et laissée près de sa couche sous sa tente. Sans ménagement, elle brossa sa longue chevelure pâle et l’attacha en une queue de cheval haute. C’était là la coiffure qu’elle portait la plus grande majorité du temps. Son visage pâle était ainsi dégagé, ordinairement mis en valeur par ses boucles d’oreille en bois en forme d’acanthe. Depuis qu’elle était ici, à la frontière lagrano-cielsombroise, ses pendants favoris avaient été remplacés par de simples anneaux plus petits, ainsi elle risquait moins de se les faire arracher durant un combat. Habillée, elle l’était presque déjà. Prévoyante, elle ne quittait pas sa tenue de combat, hormis les pièces d'armures, pour dormir au cas où il faudrait faire face à un danger imminent ou à un espion infiltré qui viendrait tenter de la tuer dans son sommeil qu’elle avait suffisamment léger pour se réveiller au bon moment. Allant fouiller sous son oreiller, elle récupéra la dague fine qui y reposait la nuit en prévention et la glissa dans sa botte droite. Quelques minutes plus tard, debout, couverture repliée sur sa paillasse, son épée avait retrouvé sa place contre sa hanche gauche et sa hache pendait à sa ceinture de cuir brun de l’autre côté. Sortant de sa tente, elle huma l’air ambiant avec plaisir. Tout autour les brumes matinales enveloppaient leur baraquement et les pins de la forêt sombre où il était provisoirement implanté. Sombreciel n’avait pas cette neige qu’elle aimait tant, mais la skjaldmö devait reconnaître que l’épais brouillard avait un petit quelque chose de fascinant et de mystérieux qu’elle aimait beaucoup. Tendant la main, elle tentait vainement d’en attraper des amas de gouttelettes microscopiques, appréciant la sensation fraîche et humide qu’elle laissait sur sa peau diaphane. Il faisait bien plus chaud ici qu’en Valkyrion ce qui la dispensait de devoir porter sa cape en peau d’ours, un avantage qui lui permettait d’avoir une entrave en moins dans ses mouvements.

Comme tous les matins, elle rejoignit ses soeurs pour se restaurer. Verre d’eau chaude encore fumante en main dans sa timbale métallique, elle balaya l’assemblée des skjaldmös d’un regard fier. Depuis qu’elles étaient arrivées, les lagrans ne faisaient que reculer, s’inclinant face à leur dextérité. Lorsque ses prunelles d’olivine s’arrêtèrent sur sa marraine, un pli soucieux apparu sur son front. Nadjä n’était déjà plus en mesure d’enseigner aux jeunes recrues lorsqu’elle l’avait rejointe au domaine de Vigdir, alors ici, où les combats étaient réellement dangereux et mortels, elle s’inquiétait. Sa tante semblait un peu plus fatiguée chaque jour. En passant derrière elle alors qu’elle était assise avec les autres, main posée sur son épaule, elle se baissa à sa hauteur pour lui murmurer : “soit prudente aujourd’hui…” Nadjä lui avait lancé un regard réprobateur comme si elle cherchait à lui signifier qu’à son âge, elle avait suffisamment d’expérience pour ne pas se faire avoir comme une débutante. Ce n’était pas pour rien que l'entraînement débutait dès les premiers sangs chez les skjaldmös. Néanmoins, d’ordinaire confiante, Lidjä avait un mauvais pressentiment qui lui nouait l’estomac et les cernes violacés sous les yeux de sa tante n’y étaient pas étrangers. Comme si le destin avait voulu lui donner raison, ce jour-là fut le théâtre d’une véritable tragédie pour la vierge guerrière. Nadjä était l’une des meilleures malgré son âge et sa fatigue. Bien qu’elle se démenât comme une furie contre les mages de bataille, elle fut gravement touchée en s’interposant entre une attaque magique et sa protégée.

    - Non ! S’écria Lidjä.

Elle courut vers sa marraine, et se laissa tomber à genoux à ses côtés et passa un bras sous ses épaules pour la redresser.

    - Non… Non… Nadjä… Nadjä…

Sa voix s’était comme éteinte, brisée, et n’était plus qu’un murmure. Sa tante adorée dans ses bras se vidait peu à peu de son sang et la jeune fille était complètement désemparée face à son impuissance en cet instant. Elle avait déjà perdu ses parents et son mentor était devenue comme une mère pour elle. La voir s’éteindre dans ses bras lui déchirait le coeur. Tout doucement elle la relâcha et la laissa s’allonger sur le sol.

    - Hey… Non…- Lidjä.

La mourante posa sa main sur l’épaule de sa nièce qui ne voulait pas voir la réalité en face, et la regarda dans les yeux.

    - J’ten supplie nan…- Le moment est venu.- Non !- Tu… Tu dois…- Quoi ? Quoi Nadjä ?

La blonde tenait le visage de sa tante entre ses mains, attentive aux dernières paroles qu’elle pourrait lui confier. A ses grimaces, elle voyait sans mal la douleur physique qui était la sienne.

    - Va Lidjä.- Aller où ?- Poursuit la destinée des skjaldmös, transmets ton savoir, soit forte !

La vierge guerrière rendit son dernier souffle et la jeune femme ne cessa de répéter “non” en boucle jusqu’à ce que ses soeurs qui s’étaient débarrassées des mages les rejoignent. Ce fut un cri de détresse qui s’échappa d’entre ses lèvre pâle et le chagrin l’envahit.

Une lettre fut envoyée à Sonjä après les funérailles de Nadjä. Un échange très bref où les deux soeurs de sang tombèrent d’accord pour céder leur domaine tombé en déshérence à la couronne de Valkyrion car ni l’une ni l’autre ne se sentait la vocation d'une maîtresse de maison. De plus, pour Lidjä qui avait vécu le décès de sa tante de ses propres yeux, retourner dans ce domaine où elle avait tant de souvenirs d’elle lui était trop douloureux.



Intrigue 2.3 La Roue Brisée du 1er avril au 31 mai 1002

Lidjä ne s’éveilla que début mai dans la trame altérée. Son réveil fut un grand choc. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle n’était plus dans sa tente sur le campement des skjaldmös. Sa couche était cent fois plus douillette, les draps doux et délicats dégageaient une senteur délicate de coquelicot. Pour l’heure elle ne voyait pas grand-chose dans ce grand lit aux baldaquins tirés de toutes parts. La jeune femme tira vivement sur celui le plus proche d’elle. Ne comprenant pas ce qu’elle faisait ici, il fallait absolument qu’elle sache où elle se trouvait. La lumière du jour éclaira aussitôt les draps pourpres sous lesquels elle était encore allongée. Encore, mais pas pour très longtemps, outre la teinte des draps, ce fut aussi l’homme qui était allongé à ses côtés que les rayons du soleil lui dévoilèrent. La blonde ouvrit des yeux grands comme des soucoupes et se mit à paniquer. Mais comment ? Comment par Vigdis s’était-elle retrouvée dans une telle situation ? Bien sûr en fouillant sous oreiller elle ne trouva pas le poignard qu’elle déposait toujours à cet endroit lorsqu’elle se couchait d’ordinaire, et pour couronner le tout, elle était nue comme un ver. Le rouge lui monta aux joues, tandis que faisant place à l’incompréhension, la colère lui montait à la tête. Qui que soit cet inconnu, elle le tuerait pour avoir osé poser la main sur elle. Le quidam commença à se réveiller, bougeant à côté d’elle. Ne supportant pas un instant de plus l’idée de lui être physiquement proche, elle se leva précipitamment et s’enroula dans le drap de coton. Sa tête tournait dans tous les sens à la fois à la recherche de ce qui pourrait s’apparenter à une arme, et pour essayer de comprendre comment elle avait atterri là et pourquoi. Tout ce qu’elle avait trouvé à prendre comme arme de substitution fut une statuette en fer scellée à un socle en marbre. Peu conventionnel, mais qui saurait être assez efficace.

    - Mon amour ? Tout va bien ?

Lili croisa le regard de l’inconnu. Aucune menace ne semblait se dégager de lui, seulement de l’inquiétude. Puis elle tiqua. Que venait-il de dire ? C’était à elle qu’il s’adressait ? Un coup d’oeil circulaire à la pièce suffit pour lui faire comprendre que oui ce devait-être le cas puisqu’ils étaient seuls.

    - Je… Comment m’avez vous appelée ? Qu… Qui êtes vous ?

L’inconnu sembla pâlir à l’entendre.

    - Si c’est un jeu, ce n’est pas drôle… Lili… Je suis ton mari.

La jeune femme secoua vigoureusement la tête, c’était impossible.

    - Non ! Jamais ! D’abord je ne vous permets pas de m’appeler Lili ! Ni aucun surnom stupide qui vous viendrait à l’esprit ! Je suis une skjaldmö ! Je n’ai rien à faire ici ! Vous m’avez enlevée !

L’homme semblait effaré de la voir ainsi réagir. Il soupira et secoua la tête. De toute évidence, tenter de la raisonner ne mènerait à rien. Alertée par ses éclats de voix, une servante frappa à la porte et il la fit entrer. Face à ses accusations, il ne semblait pas savoir comment réagir et ça l’arrangeait bien, ça lui laissait plus de temps pour réfléchir. La servante entra et s’inclina.

    - Mon sire, ma dame.

Elle se figea lorsqu’elle prit conscience de la scène. Son maître s’était levé et s’habillait à la va-vite, sa maîtresse avait une posture menaçante avec son arme-statuette.

    - Que… Que… Que se passe-t-il ? Bonté divine ! Ma dame vous allez blesser quelqu’un avec ça. Venez que j’vous habille !

Lidjä regardait alternativement son soit disant époux et la servante. L’un semblait se demander comment elle allait réagir avec cette nouvelle venue dans l’équation, l’autre agissait comme si de rien n’était cherchant une robe dans la penderie. Pensait-il vraiment qu’elle jouait un jeu et qu’elle l’arrêterait aussitôt qu’ils ne seraient plus seuls ? Il l’espérait car la Lidjä farouche qu’il avait devant lui n’était pas celle qu’il connaissait. Quant à elle, elle restait pantoise devant ce petit manège qu’ils semblaient avoir manigancé tous deux. Lui faire croire qu’elle avait simplement oublié sa vie réelle voire même qu’elle était devenue folle c’était assez ingénieux, mais elle arriverait à s’enfuir… Peut être qu’en jouant leur jeu à eux ? Nan ! Jamais elle ne se laisserait toucher par lui ! Qui savait ce qu’il avait bien pu lui faire déjà ? Elle en avait la nausée rien que d’y penser. Mais fuir tout de suite serait compliqué. Il fallait qu’elle s’habille, qu’elle se mette quelque chose sur le dos. Tout doucement elle s’approcha de la servante, gardant son kidnappeur à l’oeil et sa statuette à portée de main. D’un geste, sans ajouter un mot de plus, elle désigna la robe la plus simple qu’elle aperçut, celle en lin marron.
Entre temps son ravisseur avait disparu, sortit donner des ordres. Si elle voulait s’enfuir, elle devait faire vite. Robe enfilée, lacée sur ses flancs, elle courut jusqu’à la fenêtre qu’elle ouvrit en grand et se pencha en avant pour observer les alentours. Cela ne ressemblait pas du tout à Valkyrion, aucune neige à l’horizon, plutôt à Sombreciel avec ses forêts de pins, ses lacs majestueux et sa brume envoûtante. Mais que faisait-elle aussi loin de l’endroit où il lui semblait s’être endormie la veille ? Laissant de côté ses interrogations sur le comment et le pourquoi, elle regarda le sol. Si elle sautait à cette hauteur, elle se casserait une jambe ou pire. La blonde n’avait plus qu’à sortir de la chambre et dévaler les escaliers en direction de ce qu’elle présumait être la sortie. Mais des gardes virent l’arrêter dans sa course, chacun la tenant fermement par un bras. Elle avait beau se tortiller dans tous les sens, ils ne lâchaient pas prise. La statuette, elle avait oublié la statuette dans sa précipitation c’était malin... Au bas des escalier, son dit-époux attendait et elle lui lança un regard noir.

    - Lâchez-moi ! Libérez-moi ! Vous n’avez pas le droit de me retenir ! Je veux partir ! Maintenant !

Il secoua la tête désespéré.

    - Lidjä… Ma chérie, que t’arrive t’il ? Tu me fais peur…

L’un et l’autre se heurtait à la même incompréhension et dans une ultime tentative de lui faire entendre raison, il fit signe qu’on apportât quelque chose, ou plutôt quelqu’un… Une servante, pas la même que celle de la chambre, arriva avec un enfançon dans les bras. Lidjä plissa les yeux à sa vue, il devait avoir dans les trois ou quatre ans et tendait vers elle ses petits bras. Il s’agitait et semblait particulièrement heureux de la voir s’écriant « maman » à qui voulait l’entendre.

    - Te souviens-tu de notre fils ? Ton-fils ?

Lili pouvait lire la peine dans les yeux noisette de son époux, mais elle ne pouvait y croire, ce n’était pas possible ce n’était pas sa vie…

    - Ce n’est pas mon fils ! Je ne suis pas sa mère ! C’est un cauchemar… Oui voilà juste un mauvais rêve… Je vais me réveiller… Il suffit que je me pince assez fort…

Se débattant toujours elle tenta d’approcher sa main de son visage pour pouvoir se mordre elle-même. L’homme n’avait plus le choix, de toute évidence, la folie avait emporté son épouse et l’avait emmurée dans un délire. Il fit signe à la servante d’emporter l’enfant et ce dernier se mit à pleurer, ne comprenant pas ce qu’il se passait et surtout pas pourquoi sa mère ne le câlinais pas comme à son habitude. La jeune femme fut enfermée, mise aux fers pour sa propre sécurité face à ses envies d’auto-mutilation. Des jours durant elle resta là enfermée, chaque jour son époux venait à elle, lui demandant si elle avait recouvré la mémoire, pas celle qu’elle semblait s’être inventée, mais la vraie, celle de sa réalité à lui. Mais Lidjä n’en démordait pas de sa version et lorsqu’il était là, elle passait son temps à médire sur le fait qu’il l’avait enlevée et enfermée. Plusieurs fois elle fit semblant de se prendre à son jeu pour tenter de s’enfuir, poussée par l’intuition qu’elle devait absolument se rendre à l’Académie, mais l’homme était prudent et la faisait rattraper à chaque fois. A présent, afin de vérifier si elle mentait ou non, il avait trouvé la parade infaillible…

    - Qui suis-je ?- Mon époux.- Quel est mon nom ?- …

Son silence était éloquent. Il voulait tout dire. Alors elle changea de stratégie. Cela faisait des jours et des jours, peut être même des semaines qu’elle était là, alors la théorie du rêve était improbable. Quant à la théorie de l’enlèvement, elle ne savait plus qu’en penser. Celui qui se disait son époux était là chaque jour, présent à ses côtés. Malgré les chaînes qui la retenaient, il la traitait comme une princesse, toujours doux et attentionné avec elle. Il affichait un air constamment éteint, comme s’il était brisé à l’intérieur par sa faute et elle le voyait serrer les dents à chaque fois qu’elle le repoussait lorsqu’il tentait de l’approcher. Lidjä n’était pas un monstre sans coeur. Sa peine semblait bien réelle et elle voulait croire qu’il y avait un fond de vérité dans ce qu’il disait.

    - Et si… Je vous racontais ma version ? Mon histoire ?

Pour la première fois depuis des jours, elle ne lui criait pas dessus ou n’était pas dans un coin de sa cellule à ruminer faisant vœux de silence. C’était un faible progrès, mais il était prêt à prendre tout ce qu’elle lui proposerait pour avancer. Il l’écouta attentivement, sans jamais l’interrompre puis lorsqu’elle eut terminé, il décida à son tour de raconter sa propre réalité. Lidjä ne l’avait pas épargné en détails et il semblait la croire, elle n’aurait pas pu inventer tout cela, si ? Il commença avec l’histoire d’Arven, de cette Trêve qui n’avait jamais été signée, et de la guerre qui avait été embrasée par l’ordre du Jugement et qui perdurait depuis mille ans. Pour étayer ses dires, il lui avait même apporté des livres d’histoire. Puis il lui avait raconté sa propre histoire, ainsi elle su que dans cette réalité sa marraine était morte très jeune et ne lui avait donc jamais transmis son savoir et sa passion pour les valkyries, qu’elle avait été recueillie avec Sonjä par leur tante paternelle et que cette dernière s’était débarrassée de l’aînée en la donnant en mariage à qui voudrait. Lidjä ayant hérité de Vigdir, sa noble condition avait intéressé le père de son actuel époux qui avait proposé son fils à la Sylvamir. Les deux jeunes gens n’avaient pas eu leur mot à dire dans cette histoire, mais ils avaient fini par apprendre à se connaître, à s’apprécier puis à s’aimer. C’était un peu difficile à croire pour la jeune femme mais elle commençait à penser que ce monde n’était pas le sien, que pour une obscure raison, elle avait été envoyée ici. Cette vie n’était pas la sienne et elle n’arriverait pas à s’y faire. Comment pourrait être rester là paisiblement, alors qu’au dehors la guerre faisait rage et qu’elle avait l’âme d’une combattante ? Elle n’était pas une lâche, sa place était en première ligne. Cela ressemblait à du suicide. Si personne n’avait pu amener la paix en mille ans, qu’y pourrait elle ? Rien à part apporter sa petite pierre à l’édifice. A moins que la solution ne soit à l’Académie ? Elle avait encore et toujours cette intuition qui résidait au fond d’elle, encore fallait-il qu’elle puisse partir. Mais c’était impossible. Son époux avait deviné ses intentions et peut être par égoïsme, il ne souhaitait pas la libérer simplement parce qu’il ne voulait pas la perdre. Lidjä devrait se résigner à vivre captive jusqu’à ce qu’elle meure, que lui meure ou qu’elle retourne dans sa réalité. En attendant…

    - Je peux le voir ?

Son époux sourit pour la première fois depuis qu’elle l’avait rencontré. Elle n’avait pas besoin de s’expliquer plus pour qu’il comprenne de qui elle voulait parler. On lui fit apporter son fils et le petit se réfugia aussitôt dans les bras de celle qu’il considérait comme étant sa mère. Si ça ce n’était pas une preuve… L’enfant s’appelait Raphaël et était adorable. Sa présence éveilla en elle un côté maternel qu’elle ne se soupçonnait pas et pourtant… Elle l’était déjà un peu envers sa sœur, protectrice, dans cette vie et toutes les autres.

Ainsi, Lidjä s’était éveillée le 2 mai 1022 dans la trame alternée, lorsqu’elle revint à la trame réelle le premier juin 1002, elle se souvenait de tout. Son fils lui manquerait, même cet époux qui avait décidé de ne jamais lui révéler son nom et qu’elle commençait à apprécier.



Juin à août 1002

Toujours en Sombreciel, mais de nouveau sur la ligne de front, le quotidien qui était le sien avant qu’elle n’eut été envoyée dans cette fausse réalité reprit son cours. Trois mois durant, elle combattit pour Ibélène et les Cielsombrois aux côtés de ses soeurs skjaldmös. C’était presque comme si elle n’était jamais partie. L’épisode du mois précédent avait été éprouvant émotionnellement, mais physiquement reposant et elle en était ressortie avec une grande vitalité qui l’aida à tenir bon car trois mois de bataille ininterrompue c’était fort long. Les journées d’été étaient longues et elle tentait de chasser de son esprit son fils et son époux. Si l’un n'existait pas puisqu’elle n’avait jamais connu d’amourette ni d’amant et donc était tout ce qu’il y a de plus vierge, l’autre peut-être existait bel et bien aussi dans cette réalité et tant qu’elle était là, dans son duché, elle avait peut-être une chance de le croiser, à moins qu’il ne soit déjà mort, là sur le front, ou avant pour toute autre raison… Les mages furent saisis d’un étrange mal qui les rendit malades. Une aubaine que les Ibéens saisirent pour commencer à reconquérir leurs terres. Occupée par la guerre, Lidjä ne put pas se rendre à la la grande fête de Lughnasadh à Svaljärd contrairement à son amie Ljöta. Une occasion manquée de la voir qui la rendait triste, mais qu’elle s’évertuerait de rattraper plus tard.


La rentrée des classes approchait et la couronne kyréenne avait un tout nouveau dessein pour elle. A l’occasion de la rentrée scolaire à l’Académie en septembre 1002, elle devrait rejoindre Lorgol où les étudiantes kyréennes se voyaient offrir la possibilité de suivre l'entraînement rigoureux afin de devenir skjaldmö si elles en avaient une dans leur lignée, en harmonie avec leur cursus d’érudites. Grâce à son rang militaire d’officier de Valkyrion, la jeune femme y fut envoyée par griffon, un trajet pénible et peu confortable mais qui avait le mérite d’être bien plus rapide que par monture terrestre. Durant toute une année donc, la skjaldmö entraînerait les étudiantes qui rempliraient les conditions sinequanones avec l’aide occasionnelle de Ljöta d’Evalkyr. Depuis ce jour Lidjä réside dans une chambre de la Tour de Valkyrion. La jeune femme n’était pas autorisée à apporter d’arme blanche dans l’enceinte de l’Académie, mais elle portait toujours dans son dos son bouclier. A l’intérieur les étudiantes kyréennes avaient seulement des cours théoriques sur les principes et légendes, les cours pratiques quant à eux avaient lieu au centre d'entraînement de Valkyrion à Lorgol.

Le 27 novembre 1002, une journée portes ouverte pour les anciens élèves a lieu à l’Académie. En ces temps encore troublés par la guerre, en tant que professeur et protectrice de ses élèves kyréens, Lidjä était présente. Heureusement en ce jour qui se voulait festif, tout le monde faisait des efforts pour poser une trêve tacite. Elle ne fit pas partie du repas, mais elle passait son temps à patrouiller dans les couloirs. Mais tout ne se passa pas aussi bien que prévu, une armée de banshees débarqua et elle fit partie des combattants présents pour aider les élèves à fuir. Ainsi la Chasse Sauvage était libérée. Ces êtres l'effrayaient. C’était une chose de combattre des hommes, c'en était une autre de combattre des créatures semblant venir d'outre-tombe. Etant depuis toujours de l’avis de rendre aux habitants d’Arven le bénéfice de leurs héritages du passé, elle n’eut cure de la fin de la Rose  Écarlate. Cependant, elle préférait rester en dehors de ces intrigues c’est pourquoi elle ne s’engagea jamais activement dans l’Ordre du Jugement malgré les invites de Ljöta. Grâce à son bouclier protecteur, lors des combats défensifs, Lidjä fut l’une des rares professeur à s’en sortir simplement recouverte d'égratignures à force d’esquives répétées et de coups de boucliers donnés aux moments où les banshees se solidifiaient. Les dégâts à l’académie étant trop important, les Kyréennes non blessées furent invitées à poursuivre leur apprentissage uniquement au centre d'entraînement à Lorgol le temps que les parties détruites de l’Académie soient rénovées.


Le 29 mars 1003, elle assista au couronnement d'Octave d'Ibélène, à Ibelin, un moment important qu’elle ne pouvait pas manquer. Elle se sentit désemparée lorsqu’il fut tué, rageant de n’avoir pu être suffisamment proche de l’empereur pour pouvoir empêcher ce crime. Sa colère laissa place à l’incrédulité lorsqu’il fut ressuscité quelques heures plus tard. C’était assez incompréhensible, elle suivrait attentivement la suite des événements pour voir si l’Octave revenu d’entre les morts était bien le même ou s’il avait changé. Quoiqu’il en soit, elle avait prêté allégeance à la couronne de Valkyrion, alors si son duc le suivait, elle le suivait aussi.


Juin 1003 sonne comme la fin de l’année scolaire et Lidjä se voit libérée pour les vacances. Le 3 de ce mois, elle assiste au mariage de Matvei de Hvergelmir et de Ljöta d'Evalkyr.




La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• J'éprouve une grande frayeur devant l'ampleur de ce mal mais je ferais tout ce qui m'est possible pour protéger mes proches en priorité, l'empire Ibéen et Arven dans sa globalité car il me semble impossible d'y faire face seuls.

Il y a un mort-vivant sur le trône d'Ibélène : l'empereur Octave a été tué, puis ressuscité. Que t'inspire ce genre de magie ; et que penses-tu d'Octave suite à cela ?
• La magie ne m'inspire pas confiance et celle là encore moins. Que mon propre empereur y en ait fait l'objet me laisse perplexe. Le peuple aura au moins le réconfort de n'avoir pas perdu son guide cependant je suis d'avis de laisser les morts reposer en paix. Quant à Octave en lui-même, je me demande s'il est toujours le même. Revenir de son voyage au pays des morts, même seulement pour quelques heures, doit laisser des marques et des séquelles, iceux pas forcément visibles.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Je loge à Lorgol depuis quelques années puisque je garde un oeil sur les élèves kyréens de l'Académie. Je ne m'y sens pas particulièrement en danger, faisant partie de l'élite des guerriers d'Arven je sais parfaitement me défendre si besoin. Habituée de la ville, je sais où me balader sans risque et où il faut garder les deux yeux grands ouverts.







Dans la vie, je m'appelle Aurore et j'ai 28 ans. J'ai découvert le forum via Dekhaër et voici ce que j'en pense : C'est un un univers très complet où il est quasiment possible de tout jouer et donc de trouver son bonheur. Il a une communauté sérieuse, accueillante et adorable.




Récapitulatif

Lidjä de Sylvamir

Mise à jour des registres et bottins



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J'ai fait allégeance à : Ibelin officiellement, mais aussi à l'Audacia !
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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Dim 16 Déc - 14:04



Namras présente

Marianne
d'Orsang

Amanda Tapping

« La médecine est l'art d'aider la nature, mais il faut parfois donner un sacré coup de pouce ! »

Douce - Déterminée - Mauvaise perdante - Cultivée - Impulsive - Intuitive - Malicieuse - Loyale - Orgueilleuse - Susceptible

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Marianne a un caractère bien trempé ! Sensible et attentionnée à l'égard de ses patients et ses amis, elle n'a pas volé son surnom de "Douce Marianne" parmi les pirates. Patiente et à l'écoute, Freyja l'a désignée comme marraine de la jeune Lou-Ann. Mais ne vous y laissez pas prendre, elle est aussi malicieuse, toujours prête à quelque espièglerie ou remarque un peu piquante. Et elle peut se révéler mauvaise perdante à ce petit jeu.
Déterminée et sûre d'elle, elle a pris en main les rênes de sa vie et tient à rester maîtresse de son destin.
Cultivée, elle a su rester curieuse de tout malgré son âge, et soigne efficacement ses malades à l'aide de son expérience, mais aussi d'une intuition bien aiguisée.
Elle est bien consciente de ses capacités, ce qui peut la rendre orgueilleuse et elle a une haute opinion d'elle-même. Elle se montre susceptible lorsqu'on met en doute ses décisions.
Une fois sa confiance acquise, Marianne est d'une loyauté sans faille et fera tout pour venir en aide aux personnes auxquelles elle tient.



©️ Avengedinchains
A bord de l'Audacia, Marianne ne perdit pas pour autant son habitude de recueillir des chats errants, et une colonie ronronnante s'installa dans sa cabine ; pour le plus grand malheur des rats du navire. Parmi les matous qu'elle a pu adopter, le petit dernier a marqué les esprits des matelots. Noir comme le charbon, plus excité qu'un dragonnet sorti de l’œuf, ce moustachu Cielsombrois n'a pas tardé à trouver le chemin du placard à remèdes. Irrécupérable, l'apprentie Voltigeuse s'est décidée à le sevrer à dos de griffon, mais il est devenu dépendant aux acrobaties de Iode. Qui sait, peut être qu'un chat volant peut se révéler utile après tout...



©️ Love
Âge : 43
Date et lieu de naissance : 16 novembre 959, à Orsang (Bellifère)
Statut/profession : Médecin, Voltigeuse du griffon doré Iode
Allégeance : A elle-même, à l'Audacia... et ses patients
Dieux tutélaires : Placée sous la protection de Valda, déesse des Astres, à sa naissance, Marianne a toujours une pensée pour la déesse dans son quotidien. Elle consacre sa vie à Callia la Guérisseuse en exerçant la médecine. Elle prie également Messaïon, Amir, et respecte Sithis.
Groupe principal : Les hérauts du renouveau
Groupes secondaires : Noblesse / Voltigeurs / Savants


Fille de Balian d'Orsang, chirurgien habile de Bellifère, et de Zaraïde, erebienne accoucheuse, nul doute que Marianne était née sous la protection de la déesse de la médecine. Pourtant, la vie de Zaraïde s'éteignit au moment où celle du nouveau-né s'alluma ; loin des dunes et de sa vocation, cantonnée à son foyer malgré tout l'amour de son époux, les coutumes de Bellifère eurent doucement raison de la gitane des sables. Refusant que sa fille ne connaisse le même sort, Balian rejeta les traditions qui lui avaient volé sa femme, élevant Marianne comme héritière.

L'enfant s'épanouit librement, aimée, entourée, intelligente et cultivée. Et fascinée dès son plus jeune âge par le vivant ; le pauvre Balian dû faire avec sa manie de recueillir les animaux errants qui croisait sa route. Son domaine devenait parfois le refuge de quelque caneton égaré ou matou affamé, et une colonie de hérissons a même fini par élire domicile près du quartier des domestiques.

Avec son père comme premier enseignant, la jeune fille s'initia aux arcanes de la médecine, avant d'approfondir son savoir en entrant à l'Académie. Bâtisse merveilleuse, respirant la science et la magie dans chacune de ses salles, elle fit forte impression sur Marianne. Il n'était pas rare de la retrouver perdue, le nez en l'air à admirer l'architecture, ou cachée derrière une pile de livres, à même le sol marbré de la Bibliothèque des Eaux Vives. Elle obtint son diplôme sans mal au bout des cinq années d'études et retourna assister son père dans sa pratique quotidienne, usant autant de son savoir que de son instinct.

Mais les mœurs de Bellifère ne convenaient guère à une jeune femme élevée avec autant d'ouverture d'esprit, et pour rien au monde Marianne n'aurait échangé sa liberté contre une vie de femme au foyer, soumise à un époux qui ne la traiterait pas comme son égal. La vie lui offrit une autre alternative à ses vingt-six ans quand une amie d'enfance, Freyja de Brunante, lui envoya un message intrigant : celle-ci la priait de la retrouver à Lorgol au plus vite pour lui venir en aide.

Marianne ne se fit pas prier, et elle retrouva la Ville aux Mille Tours avec plaisir. Mais qu'elle ne fut pas sa surprise de découvrir son amie propriétaire d'une taverne dans la Ville Basse, enceinte jusqu'au cou, et pirate jusqu'au bout des ongles ! Elle l'aida à mettre au monde la petite Lou-Ann, dont elle devint la marraine. Puis lorsque l'Audacia revint chercher l'épouse de son capitaine, elle embarqua à sa suite, envoûtée par toutes les histoires contées à la Taverne de la Rose, répondant à l'appel de l'aventure et de la liberté.

Et les années passèrent à bord de la vivenef, riches de rencontres et d'aventures. Marianne se découvrit le pied marin, s'épanouissant dans son métier en pleine mer, respectée par les pirates autant pour son talent que son attitude, délicate et patiente à l'égard de ses malades. Comme Freyja, elle laissa son nom à terre et adopta rapidement celui de « Douce Marianne ». S'il reflétait bien l'expertise de la médecin de bord, il dissimulait aussi son fort caractère pour qui ne la connaissait pas. Et d'après son amie, « une fourberie traîtresse digne du Kraken en personne ! ». C'est qu'elle mettait du cœur à la tâche, lorsque qu'il fallait un plan pour capturer l'épouse du capitaine et la débarquer, rageant et pestant sur son équipage, avant que sa nouvelle grossesse ne la mette en danger. Et tandis que Philippe regagnait au plus vite son bâtiment, sous le courroux de sa bien-aimée, Marianne l'accompagnait à la Taverne de la Rose à chaque fois, sans se départir de sa bonne humeur. Elle participa à la venue au monde de tous les enfants Jeddidah : après Lou-Ann vint la jolie Lena, puis la mignonne Lucy, et enfin bébé Léo compléta la joyeuse tribu.

Profitant des mouillages hivernaux à Lorgol et de ces péripéties d'enfantement, elle continua de s'instruire à l'Académie, sans chercher pour autant à obtenir un autre diplôme. Détonnant quelque peu parmi les autres apprentis, pleine d'assurance de par ses connaissances, elle légua autant qu'elle découvrit quantité d'informations dans le domaine du vivant. Elle transmit à l'institution deux de ses meilleures trouvailles : un point de pression dans le dos atténuant les douleurs lors de l'accouchement, miraculeux pour Freyja, et une colle transparente à base d'algues, aussi pratique pour colmater les tonneaux que pour fermer et cicatriser une plaie.

Enfin, après presque dix ans passés sur l'Audacia à sillonner les mers, Marianne voulu vivre de nouvelles aventures en cédant à l'appel des airs, et franchit les portes de Val-Griffon.

Reprenant son titre de Dame d'Orsang, elle se présenta devant les griffons volontaires, curieuse de se retrouver ainsi examinée, jaugée par ces créatures pleines de sagesse. Un moment passa, puis un griffon doré qui l'observait de loin se décida à s'avancer, le regard malicieux. Marianne vit d'étranges images défiler dans sa tête, lui rappelant les embruns et l'odeur de la mer : son compagnon des airs s'appelait Iode, et il venait de la choisir comme Voltigeuse. Leurs personnalités un peu salées se faisaient écho, et la quarantenaire ne se lassait pas de leurs conversations pimentées, elle en parlant tout haut, lui en renvoyant des visions parfois saugrenues.

Habituée à déambuler sur le pont d'un navire malmené par la houle, l’entraînement au vol ne lui posa guère de problème...contrairement à l'apprentissage des techniques de combat. En effet, la médecin a toujours catégoriquement refusé de porter une arme. Qu'importe qu'elle fut cadette en formation : elle soignerait en vol, esquiverait les coups au besoin, laisserait Iode les défendre au pire, mais jamais elle ne reviendrait sur cette décision. Elle assista néanmoins aux séances, observatrice et attentive, et son griffon redoubla d'efforts de son côté, nullement offusqué par le choix de sa coéquipière.

Pendant le livre I :

Sa formation achevée, Marianne ne fut pas affectée au Vol de son duché natal, mais à celui de Sombreciel, bien plus ouvert sur le fait d'accueillir une femme refusant de tuer son adversaire... De part son statut particulier, elle appris à voler en solo pour pouvoir devenir ensuite ailière de son major, Melsant de Severac, sans l'entraver dans son commandement de l'escadron.
Mais le Destin lui réservait quelques surprises... un matin, elle retrouva un bébé abandonné à la porte de sa caserne, sans aucune explication. Ses recherches ne menant à aucune piste, elle décida de l'adopter et le baptisa Edouard, avant de le remettre aux bons soins de la nourrice de la Taverne de la Rose.
Car des disparitions avaient eu lieu sur tout le continent, et Marianne embarqua sur l'Audacia avec d'autres Voltigeurs volontaires à la poursuite des vivenefs ravisseuses. Elle découvrit les Amoureux du Vent et leur prêta main-forte pour éveiller les vivenefs-enfants Mais le sort des vivenefs abandonnées à l'Île des Murmures, l'esprit estropié et incomplet, la bouleversa, et elle se fit la promesse de trouver un jour le moyen de les apaiser.

Durant la nouvelle édition du Tournoi des Trois Opales, Marianne fut choisie pour représenter son duché parmi les autres champions. Un choix qui déplût fortement aux bellifériens, mais elle leur prouva sa valeur lors des épreuves, la deuxième lui demandant une sacré dose de courage : pour vaincre l'illusion magique, elle se fit égorger par Ljöta, qui la voua à Sithis. La réussite de ce tableau lui permit d'être récompensée de l'Opale Blanche, avant que les actes de l'Ordre du Jugement ne se fassent plus insistants, jusqu'à saboter la cérémonie de clôture, dans le feu et le sang. Marianne se remit de ses blessures à Orsang et sur l'Audacia, où elle diagnostiqua et annonça avec joie les grossesses de ses deux amies Freyja et Ilse.
C'est lors de sa convalescence à Orsang qu'elle fit un songe où elle rencontra Cyselle de Lagrance, l'esprit de la Tour Blanche. Elle accepta de la proposition devenir un écrin de la Rose Écarlate, et à l'aube Albâtre vint la trouver, lui remettant Omniscience.

Et la menace d'une guerre continua encore de couver... de retour à Sombreciel, elle voulu participer à la Samhain et fêter les défunts, mais elle découvrit plutôt un ancien Sablier qui la projeta dans le passé avec d'autres voyageurs du temps. A leur retour, l'Ordre avait répandu à nouveau la mort autour d'eux pour mettre la main sur l'artéfact. Ajouté à la mort de l'impératrice faë, remplacée par Gustave soutenant l'Ordre, le conflit semblait inévitable, au grand regret de Marianne.[/i]

Pendant le livre II :

La guerre qui éclata la prit totalement au dépourvu, littéralement. Séparée de son escadre lors de la bataille au-dessus d'Erebor, elle se réfugia dans le Palais des Soupirs avec Melsant, Mayeul, Reja, Grâce et Solange. Les Voltigeurs s'enfoncèrent dans les profondeurs des souterrains jusqu'à réveiller la Vouivre et ses multiples rejetons. Marianne mit cependant la main sur le journal d'Amir - précieux ouvrage erebien sur les Sables du Temps - pendant leur fuite en catastrophe. Dans les jours qui suivirent, Marianne déchiffra une partie du Journal grâce à Reja et le remit à la Rose Écarlate - sans savoir que sa cousine en avait subtilisé des chapitres.

Pendant des mois Marianne fut mobilisée au front ou à l'infirmerie de sa caserne. Elle fut brutalement projetée dans la Trame Alternée le 14 Avril, enceinte, battue, cloitrée dans son propre domaine. D'abord abattue par sa nouvelle vie Quitterie lui donnera la force de s'enfuir la nuit même. Mais le Destin n'en avait pas fini avec elles : renvoyées de l'Académie, manquant d'être tuées dans Lorgol... Quitterie se crèva les yeux dans un élan de désespoir, puis succomba malgré tous les soins de Marianne : le déni de leurs grossesses aura été sa perte, la laissant seule au camp avec sa culpabilité. Sans la présence de Géralt et de Sable, le frère de couvée de Iode, la médecin aurait sombré dans le désespoir le plus noir. Elle fit le choix de se souvenir de ce temps distordu, pour se rappeler de Sable, de l'existence auquel elle a échappé, et de sa négligence qui a coûté une vie. Elle a donc oublié ce qu'elle a vécu dans la trame principale du 14 Avril au 1er Juin, notamment qu'elle a aidé Freyja à accoucher de Luke et Leia.

Quand le temps reprit sa course, elle se jeta au secours de Quitterie avec les pirates, Rackham et Lionel. Le père Géraud avait décidé de vendre sa fille cadette au plus offrant suite à sa participation au Tournoi des Trois Opales. Mal lui en prit, l'Audacia attaqua la Lande aux Perles la nuit du 10 juin, écourtant la vie du père et de deux fils. Marianne fit la rencontre de Gédéon et Désirée, et aida Ilse à mettre au monde sa petite fille, Ariane. Lors d'une dernière soirée alcoolisée à Lorgol, la Voltigeuse demanda Géralt en mariage et repartit au front. Elle s'éloigna ponctuellement de la guerre en rendant visite à Mayeul ou en mission pour la Rose, mais elle participa à la chasse aux mages durant l'Épidémie, bien à contrecœur.

Marianne put à nouveau se rendre à Lorgol en novembre, permettant à Géralt de l'enlever et sceller leur mariage. Quelques jours plus tard eu lieu le Jour des Anciens. Soirée tragique marquant la libération de la Chasse Sauvage et la disparition de la Rose Écarlate. La morts de tant d’innocents et la perte de Cyselle plongèrent la médecin dans un état d’abattement et de confusion peu commun chez elle. Les discussion qui suivirent avec Géralt furent longues et remirent en question ses convictions.

Médecin de bord, puis médecin de Vol, elle continue d'exercer son art sans se lasser, vivant entre sa garnison à Euphoria, et ses visites à Lorgol, Orsang ou l'Audacia. Marianne et Iode ne sont plus tout jeunes, mais la médecin compte bien connaître d'autres aventures, et elle continue de croquer la vie avec une énergie surprenante.






Livre I:
 
Livre II:
 

La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Je suis effarée. Pour avoir vu ses chiens de près, l’Ordre est totalement fou d’avoir lâché ce fléau sur le continent ! Et la Rose, inconsciente de ne pas nous avoir informés de son existence. La peur et le chaos sont des armes terribles pouvant faire retourner l’homme à ses plus bas instincts, et j’ai peur pour toutes les personnes auxquelles je tiens. Je souhaiterai que l’Audacia file au large le temps de trouver un moyen d’arrêter la Chasse. Si seulement Johan n’avait pas rompu son serment...

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Enfin un semblant de paix et de négociation avec cette trêve. Il était temps. Dommage qu’il ait fallu tant de victimes et la libération de la Chasse pour en arriver là. Je prie les dieux pour que les choses continuent de s’améliorer. Les deux empires peuvent bien récupérer leurs héritages sans avoir besoin de s’affronter. La guerre et son lot de malheurs ont été suffisamment difficiles à vivre.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol est devenue mon port d'attache, dans tout les sens du terme. Durant mes études de médecine à l'Académie, j’appréciais de flâner dans la Ville Haute entre les tours, mais j'évitais soigneusement les quartiers plus mal famés de la Ville Basse. Ironie du sort, c'est dans cette deuxième partie de la ville que je suis tombée des années plus tard, en retrouvant Freyja. Depuis j'y suis à mon aise, connue par les pirates sous mon surnom de Douce Marianne. Je suis chez moi à la Taverne de la Rose, et j'y laisse mon petit Edouard en toute confiance, en attendant de savoir ou le conflit actuel entre les deux empires va nous mener. La rencontre avec la famille Aubenacre et mon mariage me donnent des raisons supplémentaires de retourner souvent à Lorgol : Quitterie, Géralt, Désirée… Désirée ?






Dans la vie, je m'appelle Anne (Namras, ou Chaton le plus souvent) et j'ai 26 ans. J'ai découvert le forum via un écureuil qui adoooore les noisettes :coeur: et voici ce que j'en pense : J'aime, j'adore, ce monde est merveilleux, je me trouve un dragon et je vais y vivre pour toujours, voilà :**: .
Pour les inventés : Je vous autorise à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.




Récapitulatif

Marianne d’Orsang

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♦️ Nom de ton avatar : Amanda Tapping
♦️ Compte principal : Oui

♦️ Noblesse : Baronne / Orsang / Bellifère
♦️ Griffon : Iode / Doré / M / 29 ans
♦️ Savoir : Vivant / Médecine / pas de spécialisation
♦️ Hiérarchie : Vol de Sombreciel / Voltigeuse
♦️ Affiliation : Ancienne Tour Blanche, du 8 octobre 1001 au 27 novembre 1002


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J'ai pour moi les vents, les astres et la mer.


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Je suis : Le fils adoptif de Mélusine et Hiémain, protecteur auto-désigné de ses frères et soeurs.

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J'ai fait allégeance à : Mélusine et Hiémain de Sylvamir. A la Cour des Miracles, aussi.
Mes autres visages: Mayeul de Vifesprit - Maximilien de Séverac
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Dim 16 Déc - 17:38



Danette présente

Arsène
de Sylvamir
(anciennement Albe)

ft. Asa Butterfield

« Sois brigand, sois voleur, mais ne cesse d'être juste »

espiègle - habile - menteur - téméraire - malicieux - agité - distrait - insouciant - obstiné

Lettre rédigée par Cassandre à sa soeur Anne, dix jours avant sa mort
Lorgol, le 03 Mars 1000
Ma très chère soeur.

J’espère que ma lettre te trouvera en bonne santé, ainsi que tes enfants. Nous, ici, nous portons bien. Arsène a bien grandi depuis la dernière fois où nous t’avons rendu visite mais en même temps, il n’a pas changé. Toujours aussi espiègle et malicieux, toujours prêt à jouer un mauvais tour, accompagné de ce sourire si désarmant que chacun à peine à le gronder. Et pourtant, il le faut : avec l’âge, il devient téméraire, ce petit être que les dieux m’ont confié. Lui qui se contentait d’essayer ce que d’autres voleurs lui ont appris a pris de l’assurance, et plus d’une fois je l’ai pris la main dans le sac dans la Ville Basse, à exercer ses talents sur les passants. A exceller, même : Isil veille sur lui, je n’en ai aucun doute. Il est doué, et s’il pouvait se montrer moins distrait et bien plus calme, il aurait de fortes chances d’être encore plus prometteur.
Il est impossible à cet enfant de rester immobile, j’en jurerais : aucun doute que mes tentatives pour lui apprendre à lire ont été laborieuses, bien qu’au final couronnées de succès. Je lui ai expliqué, patiemment, l’intérêt pour un Voleur de déchiffrer missives et documents importants, et il a daigné s'y intéresser. Il ne sait tout simplement pas rester calme, préférant jouer et courir que d’apprendre. Enfin, c’est ce qu’il semble, mais je sais que c’est faux. Arsène est avide d’apprendre, oui, mais il choisit ses enseignements: il attache ses pas à quiconque peut lui enseigner quelque chose, et ne le lâche pas jusqu’à ce qu’il ait obtenu gain de cause. Récemment, il a appris à crocheter les serrures les plus simples et depuis, je ne peux plus le tenir éloigné de mes placards à sucreries! Et lorsque je le gronde, il m’adresse ce sourire désarmant, et passe vite à autre chose. Comment rester en colère contre lui? Arsène, mon petit Arsène, parfois si insouciant qu’on le dirait bien plus jeune que ses dix ans, parfois si concentré qu’on a du mal à l’imaginer plein d’espièglerie.

Je l’aime, mon petit. J’aime tout de lui, ces histoires qu’il invente, ces mensonges qu’il débite avec un sourire qui vous pousse à le croire. Ses yeux pleins de malice et sa perpétuelle activité. Ses yeux bleus et ses cheveux en bataille. Mon enfant, autant que celui de sa mère.
Ses cousins lui manquent, même s’il ne manque pas d’amis ici : il est d’un naturel avenant, et à son âge, les amitiés sont bien plus faciles, elles se font et se défont au gré du vent, ce vent rare et chaud dont il porte le nom. Il est ainsi, Arsène : solaire, bouillant d’envies et de désirs auxquels il s’adonne selon sa volonté du moment.
Mais j’achève là ma lettre, et te remercie encore de demander des nouvelles de mon petit protégé. Nous nous reverrons dans quelques semaines, nous emprunterons le portail qui mène à La Volte. A bientôt ma douce soeur.
Cassandre



©️ Sci-fi uk 
Deux fines cicatrices ornent son menton, souvenirs de deux mauvaises chutes sur le parvis de la Cour des Miracles, à ses 6 et 9 ans.



©️ Pinterest
Âge : 13 ans
Date et lieu de naissance : 18 septembre 989 à Chamaar, en Erebor
Statut/profession : Novice, Futur-apprenti voleur et chieur en devenir 
Allégeance : A Mélusine et à Hiémain de Sylvamir
Dieux tutélaires :  Placé sous la protection d’Osir à la naissance, Arsène s’est très vite confié à Isil, dès son arrivée à la Cour des Miracles. Il lui arrive aussi de prier Valda, déesse des Astres, alors qu’il regarde les étoiles scintiller dans le ciel. Il porte d’ailleurs la marque de Valda, de même que celle de Sithis.
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau
Groupes secondaires :  Peuple / Cour des Miracles


Il avait fui, courant de toute la vitesse de ses petites jambes, fuyant pour sa vie, ne sachant pas le temps dont il disposait avant que quelqu’un ne parte à sa recherche. Il connaissait l’endroit, bien évidemment : les voleurs font toujours attention à connaître le lieu de leur méfait, et il était un enfant des Miracles, né sur ces pavés, ou presque. Presque, parce qu’il savait n’être pas né ici. Il était de noble ascendance, né quelque part en Arven, un enfant confié à une servante parce que sa mère ne pouvait s’occuper de lui. Cela en choqueraient certains, sans doute, s’ils savaient : pas lui. La personne à qui il avait été confié était sa deuxième maman, et elle ne lui avait jamais rien caché sur ses origines, si ce n’était l’identité de sa mère. Mais il comprenait, et lui avait pardonné depuis longtemps. Cassandre avait été tellement douce avec lui, qu’il n’aurait pu rêvé de meilleure maman. Quand à sa vraie mère, et bien, elle avait sans doute fait du mieux qu’elle pouvait, il en était persuadé. 
Un cri le fit revenir au moment présent, et il accéléra encore. Un de ses compagnons avait été pris : il ne pouvait se permettre de gâcher ses chances de fuir en rêvassant. Il tourna à gauche, une fois, deux, avant de marquer une pause et de plonger vers une cachette potentielle. Un chariot renversé, qui attendait qu’on le répare, serait sa porte de sortie. Une cachette parfaite. Lui qui partait souvent à l’aventure dans les rues de la Cité aux Mille Tours, chapardant parfois allègrement, savait repérer les cachettes les plus improbables. Arsène rampa en-dessous, avant de s’y recroqueviller. Il était petit, cela passait, tout juste, mais cela passait. Lui qui était si plein de vivacité, toujours en mouvement, s’efforça de calmer sa respiration et de demeurer immobile. Il concentra ses pensées sur son enfance, heureuse autant qu’elle avait pu l’être. Il avait grandi ici, protégé par Cassandre et la Cour des Miracles, libre et intéressé par tout ce qui passait à la portée de ses yeux. Il avait appris à lire et à écrire à force de persévérance, traînant derrière tous ceux qui pouvaient lui enseigner quelque chose, petit fantôme à l’identique de ceux qui étaient réputés habiter la Cour des Miracles et ses pavés. 
Il avait beaucoup appris oui, et lorsque ses yeux bleus et sa bouille adorable ne lui permettaient pas d’obtenir gain de cause, il changeait pour une approche bien moins adorable : il était malicieux, plein d’audace et de témérité, et n’hésitait jamais à s’imposer pour obtenir ce qu’il voulait. Arsène avait la faculté d’inventer d’improbables histoires, tour à tour tristes ou amusantes, emplies de pitié ou destinées à faire sourire ses interlocuteurs. Certains appelaient cela des mensonges, lui préférait se dire qu’il brodait la réalité comme une couturière un vêtement. Il la pliait à sa volonté, et en faisait ce qu’il voulait. Et les gens cédaient, amusés ou déconfit. Peu importe, il obtenait gain de cause. 

Un bruit de pas suspect. De sa cachette, l’enfant ne pouvait pas voir grand chose, mais il gardait tous ses sens aux aguets, luttant contre la peur qui le submergeait petit à petit, essayant de toutes ses forces de combattre l’envie puérile de se boucher les oreilles et de fermer les yeux. Il était grand, il était brave, il était l’un des Voleurs de la Cour des Miracles. A six ans, lorsqu’il était tombé du haut d’un chariot qui avait basculé, le menton en premier sur les pavés impitoyables de la Cour, il avait pleuré toutes les larmes de son corps. Mais il n’était plus un bébé, les cicatrices qu’il avait en attestait. Il était retombé, à 9 ans, et s’était relevé en serrant les dents, le menton ensanglanté et la bouche pleine de sang. Il n’avait pas pleuré, cette fois. Et la fois où il s'était retrouvé sur ce bateau, sauvé par un Chevaucheur et son gigantesque dragon, il n'avait pas eu peur. Enfin, presque pas.
Parce qu'il était un enfant des Miracles. Plus un bébé. Il n’avait pas peur. Ce mantra résonna dans sa tête, encore et encore, jusqu’à calmer ses battements de coeur en un rythme plus apaisé. Cela avait toujours marché: quand il était terrifié, il se répétait encore et encore que cela irait. Qui il était. A quel point sa mère adoptive était fière de lui. Elle ne lui avait pas dit, pas précisément : elle était morte loin de lui, ayant poussé son dernier soupir lors d’un vol qui avait mal tourné. Mais il savait qu’elle était fière, elle le lui répétait assez souvent à quel point sa mère aurait aimé ce qu’il était devenu. Un petit garçon juste et droit, ne baissant pas la tête face à l’adversité. Comme maintenant.
Il l’avait pleuré, pourtant. Cassandre, si elle n’était pas sa vraie maman, lui avait appris tellement de choses. Elle avait soutenu ses premiers pas, rit de ses premiers mots, s’était émerveillée devant ses progrès. Evidemment, qu’il l’avait pleuré, jusqu’à ce qu’il décide de prendre son destin en main. A dix ans, il était grand, et s’était présenté devant le Fils des Ombres, demandant ce qu’il adviendrait de lui désormais qu'elle n'était plus là, sa maman, sa protectrice, son seul lien véritable avec sa véritable maman. Le Conseil des Ombres avait débattu de son cas, et l’avait intronisé novice. Enfin, c’est ce qu’il se disait, car rien n’était officiel. Il serait apprenti bien plus tard, en attendant, il était futur apprenti voleur, et ça lui plaisait bien. Il vivait au jour le jour, dormant parfois dans un lit, parfois dans un chariot abandonné, d'autres, simplement à la belle étoile, avec un pavé en guise d'inconfortable oreiller. Nourri, habillé, mais depuis Cassandre, plus personne pour guider ses pas et le prendre en main. Il était libre comme l'air, un vagabond, un polisson, toléré par la Cour des Miracles. Et rien que ce statut, qui ne le protégeait pas de grand chose, lui faisait venir des étoiles dans les yeux. Il était fier, de devenir un voleur plus tard, de rendre à la Cour tout ce qu'elle lui avait donné. sa maman, sa vraie maman, n'aurait pu lui promettre une meilleure vie, il en était persuadé. 

Les pas se rapprochaient, et il se recroquevilla davantage. Ils étaient plusieurs, cette fois : d’autres s’étaient joint à la chasse. Il avait été prudent, pourtant, s’efforçant d’effacer ses traces, mais les pas se rapprochaient, inexorablement. Arsène s’efforça de calmer ses battements de coeur, ignorant l'appréhension qui l'envahissait, mobilisant ses muscles et son esprit. Et quand l’un d’eux passa la tête sous le chariot, l’enfant se glissa dans l’ouverture avec violence, renversant celui qui l’avait découvert. Il devait fuir : derrière lui, déjà, les cris de ses poursuivants retentissaient.
Sautant, plongeant, esquivant avec facilité les obstacles, l’enfant courrait à toutes jambes vers le salut. Il était intelligent, rapide et savait parfaitement ce qu’il avait à faire. Il s’en sortirait. Mais cette conviction fut soudain ébranlée par un bruit sourd à ses côtés, avant que le choc d’un corps contre le sien ne l’envoie rouler à terre. Agile comme un chat, il se releva, mais son élan de fuite se retrouva réduit à néant lorsque des bras entourèrent ses jambes, le retenant littéralement couché contre le sol. Le regard haineux, il dévisagea son assaillant, ne cherchant même pas à cacher son air choqué lorsqu’il vit de qui il s’agissait. Guy, son meilleur ami. Ce sale traître!

Un dernier regard vers le salut, hors de portée désormais, et l’enfant se prit la tête dans les mains, sonné par sa défaite. Qu’allait-on faire de lui? La mort, la torture peut-être? Il ne se laisserait pas faire. Relevant bravement la tête, il dévisagea fièrement son bourreau qui s’avançait, ne vacillant pas quand celui-ci lui donna une tape amicale sur l’épaule en clamant à haute voix : «Vu, Arsène! T’es le dernier trouvé, c’est à toi de chercher!»

Son sort était scellé, donc. Guy s’était relevé, et il accepta la main tendue, bien que toujours un peu vexé de ce geste d’une traîtrise insoupçonnée. Il se vengerait. Mais pour l’instant, il brossa la poussière de ses vêtements, avant de poser son regard sur les autres enfants qui l’entouraient. Des enfants des Miracles, tous, entre 10 et 13 ans peut-être. Ses amis, ceux avec qui il jouait, s’imaginant devenir un apprenti de la Cour. Bientôt.
En attendant, les autres attendaient son signal pour commencer une nouvelle partie de cache-cache, et il leur adressa un sourire carnassier. Il n’était plus la proie, désormais, il était le chasseur. L’Espion qui se glisse dans les maisons la nuit, à la recherche d’informations. Le Voleur qui grimpe par une fenêtre mal verrouillée, ombre parmi les ombres. Oh oui, il allait tous les trouver. Il adorait ce jeu, et les pavés de la cour des Miracles n’avaient pas de secrets pour lui. Il les trouverait, cela ne faisait aucun doute.


♦️ Pendant le livre I : Enlevé par une Vivenef et sauvé par le Capitaine des Chevaucheurs Tristan d’Amar, Arsène en a conçu un vif intérêt pour ces navires impressionnants. Orphelin depuis la mort de sa mère adoptive, Mélusine de Sylvamir, née de Séverac, l’a pris sous son aile et emmené avec elle dans sa propriété de Sinsarelle. Plongé subitement au coeur de la vie de la noblesse d’Arven, Arsène a pu assister à l’édition spéciale du tournoi des Trois Opales, où il a tremblé pourr Ilse et Hiémain dans l’arène, avant de manquer mourir dans l’effondrement des gradins. Plus tard, il s’est rendu avec Castiel et Mélisende à la commémoration de la Trève, assistant à la prise de pouvoir de Gustave. Il est mitigé, Arsène : Faërie ne le concerne que peu, et Gustave ne leur a pas fait de mal, alors que tous semblaient particulièrement agressifs à son égard, mais il se souvient des Anges de pierre et de la Magie du sang qui revendiquaient ce qui s’était passé.

Alors vraiment, il ne sait pas trop. Il est encore bien jeune pour choisir. Et puis, il ne se destine pas à prendre les armes, dans le futur. Sauf s’il devient Voltigeur ou Chevaucheur, évidemment. Ou pirate.


TRAME ALTERNÉE (Intrigue 2.3 La Roue Brisée)
→ Il ne se souvient de rien, le petit voleur. Il était le fils de Mélisende et Anthim dans cette réalité, un petit garçon indolent et trop gâté, un noble pourri par les drogues de son duché natal. Il ne sait pas, Arsène, qu’il est mort assassiné, et que sa mère, son père et même son oncle ont pleuré sur son corps.

Non, il ne se souvient pas d’être un Séverac. Peut-être que d’autres s’en souviendront pour lui.


Pendant le livre II : La vie du petit Voleur a bien changé depuis qu'il est couvé par Mélusine et Hiémain. Il a fait sienne la famille que la bonté de Mélusine lui a offerte, et ne veut pas les décevoir. La naissance de bébé Meldred l'a fait devenir grand frère, et il voue un amour farouche à l'enfant.

Au cours de cette année, il a surtout cherché à découvrir qui est sa vraie mère, recherche concrétisée par une lettre qu'il a confié à Hiémain, qui a accès à de nombreuses informations par son affiliation à la Cour des Miracles. Il ignore cependant que le baron Kyréen en sait bien davantage qu'il ne l'indique.


Pendant le livre III : De Sylvamir. Arsène de Sylvamir. Il a du mal à réaliser son adoption le petit Arsène, lui qui s'est trouvé des parents formidables. Hiémain, Mélusine. Ses parents.






La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Les légendes qui courent sur la Chasse Sauvage sont parmi les plus effrayantes que je connaisse, et le fait qu'elle soit désormais libre est particulièrement effrayant. Oh, je fanfaronne bien un peu, comme tous les adolescents, mais la vérite est que je ne m'endors jamais sans avoir vérifié que Hiémain, Mélusine, Agathe et bébé Meldred sont en sécurité. Qu'ils sont là, pas très loin. J'ai appris à le faire discrètement, mais je ne suis pas sûr qu'ils l'ignorent réellement.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Arsène est bien jeune, et la guerre ne le touche pas réellement, si ce n'est par ses conséquences. Il craint pour la vie de ses proches mais ayant grandi à Lorgol, il n'éprouve aucun élan de patriotisme pour l'un ou l'autre des partis en présence. Il comprend pourtant que l'on veuille se battre pour ce qui est juste.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Je ne suis pas né ici c’est vrai, mais Lorgol, c’est ce que j’ai toujours connu alors non, je n’ai pas peur. On m’a toujours dit que la Cour reconnaissait les siens, et c’est sans doute vrai : combien de fois aies-je erré sur ses pavés sans qu’il ne m’arrive rien, à l’heure où d’autres sont couchés depuis longtemps? J’aime bien la nuit, vous savez? Et les canaux. J’adore cette ville, mais surtout, j’adore les canaux qui la parsèment. Quand je fais les yeux doux aux bateliers qui m'ont vu grandir sur les pavés, il m’arrive de m’y promener en bateau, et je trouve ça magique.


Questions du livre II:
 










Dans la vie, je m'appelle Céline et j'ai 33 ans. J'ai découvert le forum via un top-site et voici ce que j'en pense : Plein d’étoiles et d’amour sur lui !
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.   





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Arsène Albe

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J'ai fait allégeance à : Castiel, duc de Sombreciel ; Octave, empereur d’Ibélène
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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Dim 16 Déc - 17:49



[Tissou] présente

Bastien
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Tom Riley

« L'ambition, c'est pour se distinguer des autres. »

Affable - Ambitieux - Charmeur - Arrogant - Intrépide - Désinvolte - Malin - Jaloux - Déterminé - Bagarreur - Egoïste.



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Pas besoin de tour de passe-passe ou de magie pour arriver à devenir quelqu'un. Lorsque l'on a l'intelligence, le savoir et la détermination, on peut arriver loin, quoi qu'on en dise. Et Bastien se fera fort de le prouver à qui pourrait en douter.



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Date et lieu de naissance : 27/02/971, à Lorgol
Statut/profession : Voltigeur dans le Vol de Sombreciel, chimiste consciencieux
Allégeance : Castiel, duc de Sombreciel ; Octave, futur empereur d’Ibélène
Dieux tutélaires : Il a été voué au Destin à la naissance et prie quelques fois Alder, même s'il aime tout de même à croire qu'il a son libre arbitre.
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau
Groupes secondaires : Peuple / Voltigeurs / Savants




Avachi à l'ombre d'un arbre, je croque distraitement une énième pomme, non sans me dire qu'il va falloir que j'aille refaire les stocks avant qu'Ortie ne daigne réapparaitre pour que nous partions voler. Si je me présente sans la moindre offrande, elle risque de m'en faire baver, encore plus que d'habitude. Et pourtant, elle y va souvent fort et je n'y prête plus vraiment attention à la longue. Je ne savais pas que les griffons aimaient les pommes soit dit en passant. Ou alors, elle fait ça uniquement pour me contrarier, ce qui ne m'étonnerait pas. A la pensée de ce griffon qui partage ma vie depuis plusieurs années, je ne peux pas m'empêcher d'esquisser un sourire, mes pensées focalisées sur cette réussite inattendue de la plupart des gens que je connais. Je devrais être satisfait, je le suis, d'une certaine façon, de la façon dont ma vie évolue. Et pourtant, il y a bien trop de zones d'ombres qui m'empêchent d'apprécier totalement mon existence et de me dire que je suis parvenu exactement là où je souhaitais arriver.

***

Je fronce les sourcils alors que Maelys me regarde avec ce petit air effronté, alors qu'elle a à peine 10 ans. Notre mère s’est inquiétée, une fois de plus, alors qu’elle n’a pas prévenu qu’elle était encore à trainer dans les rues. Je me retiens de la gifler, il parait que la violence n'a jamais résolu quoi que ce soit. Mais, j'avoue, j'ai quelques doutes à ce sujet, surtout la concernant. Elle relève le menton alors que je songe à notre mère et notre sœur ainée qui se tuent à la tâche, à notre père qui passe son temps à inventer tout et n'importe quoi sur une gloire familiale passée dont je n'ai jamais vu le moindre fleuron. C'est fou comme elle peut nous ressembler tellement et être si différente, comme elle peut être une Aigrépine tout en n'étant qu'une gamine des rues qui passe son temps ailleurs, sans rien faire pour aider sa famille. J'essaie de les aider pourtant, de faire ce que l'homme de la famille n'a pas réussi à faire. Mais je veux plus. Je mérite plus que cette vie médiocre qu'ils nous ont offert en nous faisant croire que nous pourrions avoir mieux. Surtout que Maelys semble toujours mieux s'en tirer que moi, comme si les problèmes que nous avons ne l'atteignaient pas.

Alors, forcément, en la voyant agir comme ça, se moquer de tout, je m'énerve et je finis par claquer la porte une fois de plus. Je n'ai que trois ans de plus qu'elle mais elle me semble tellement puérile, irresponsable et j'en passe que j'ai l'impression qu'un gouffre nous sépare. Gouffre que j'ai de moins en moins envie de combler, surtout quand je me rends compte que la magie coule dans ses veines. Et pas dans les miennes. C'est une injustice qui me restera en travers de la gorge jusqu'à ce que je finisse par me convaincre que je n'ai pas besoin de magie pour réussir. J'ai fini par abandonner l'idée de reprendre ce commerce familial qui ne faisait que vivoter et par toquer à la porte de l'Académie. Parce que je suis doué. Pour faire des mélanges, faire exploser des trucs avec des fioles. Et je réussis à devenir un élève que je qualifierais de brillant, en toute modestie.

***

Je crois que c’est le jour où j’ai appris que Maelys avait été choisie par un dragon que j’ai décidé de couper les ponts définitivement avec cette famille qui ne m’apportait que des nouvelles qui avaient le don de m’agacer. A toujours parler de la petite fille prodige, bénie des dieux et j’en passe, à qui tout ce qui pouvait arriver de merveilleux arrivait. C’était trop pour moi et je crois que j’étais jaloux. Oh, évidemment, ça n’a pas duré, je me suis rappelé quelles étaient mes qualités et qu’elles surpassaient de loin celles de ma cadette. Alors, j’ai décidé de me présenter à la Caserne de Serre, persuadé que je saurais trouver un griffon qui ferait de moi son cavalier. J’ai mis longtemps avant de me faire accepter par les autres Voltigeurs, qui n’aimaient guère voir un natif de Lorgol essayer de se faire une place parmi eux. Et pourtant, j’ai réussi. Parce que c’est ce que je voulais. Et puis, le plaisir que j’ai pris à voler avec Ortie a dépassé de loin ce que j’avais pu vivre jusque-là. Rien que pour ça, ça valait la peine de s’accrocher. J’ai fini par voler avec elle au-dessus de Sombreciel, à réussir à me faire accepter parmi les autres Voltigeurs et à être reconnu à ma juste valeur. Mes talents de chimiste ne sont plus guère utilisés qu’en cas d’urgence mais je continue tout de même de m’exercer, pour être prêt si c’est nécessaire.

J’avoue tout de même que je me suis demandé dans quoi je m’étais lancé lorsque la guerre a éclaté. Briller, être meilleur que les autres lorsque sa vie n’est pas vraiment en danger est une chose, se battre et participer à l’effort de guerre en est une autre. J’ai pourtant fini par accepter que je ne pouvais plus vraiment reculer. Et puis, à la réflexion, c’est quand même une sacrée opportunité pour moi d’être reconnu et de monter en grade. A force, j’ai tout de même fini par être blessé au front. Heureusement, mon front lui, n'a rien eu, il eut été dommage d'abîmer une figure aussi agréable non ? Et puis, je n'ai rien subi que le temps ne puisse réparer et c'est tant mieux. Mais j’ai été obligé de prendre du repos, de m’éloigner quelques temps. Après plusieurs années à voltiger sans dommage, je suppose que je peux m’estimer heureux de n’avoir été que légèrement blessé. J’en ai profité pour me dire que j’avais besoin de distraction et autant dire que ce n’était pas l’idée de l’année. La fête traditionnelle du Savoir à Svaljärd a été cauchemardesque. Et c’est sans parler du moment où la Caserne a été incendiée. Pour la première fois depuis longtemps j’ai eu peur pour quelqu’un d’autre que moi-même. Autant dire que la sensation est quelque peu déroutante et que je me suis retrouvé à aider mes camarades pour les sortir de là, que j’ai combattu des sentinelles et que je m’en suis sorti sans une égratignure. Malgré tout, j’ai tout de même l’impression de voir se cumuler les catastrophes depuis quelques temps. Et de voir que cela fragilise l’empire pour lequel je me bats ne me plait guère, autant le dire tout de suite.

***

Et puis, les choses ne sont pas allées en s’arrangeant. Il y a eu cette épidémie, qui a semblé comme voler la magie. J’avoue, une part de moi a plutôt apprécié de voir ce désastre en action mais, au final, j’ai pris conscience que les conséquences pourraient tout autant nous porter préjudice qu’à nos ennemis. Alors, j’ai mené mon enquête. Avec plus ou moins de succès, l’opération s’avérant pour le moins délicate alors que les mages que je traquais ont fini par me repérer. Mais finalement, j’ai réussi à progresser parmi eux, jusqu’à me retrouver à Roc-Epine, me sentant tout de même bien en minorité parmi ces mages malades qui cherchaient désespérément un antidote auprès du Patriarche. Et il a réussi à être convaincu que notre groupe ne leur voulait pas de mal, ne voulait pas éradiquer les mages, tout du moins, pas via cette maladie. Nous avons pourtant suscité des questions et de la méfiance, les gens ne sachant pas vraiment à quoi s’en tenir avec nous. Mais nous avons obtenu les antidotes à distribuer avant de nous escamoter vers notre empire le plus rapidement possible. Et puis, je ne me voyais pas vraiment agir autrement, le regard de chacun pesant sur moi.

J’ai été à mon retour sermonné par mon capitaine et, bien plus important et intéressant, j’ai réussi, grâce à cette histoire, à gagner un peu plus de respect de la part de mes camarades. Qu’ils ne connaissent pas toute la vérité m’importe peu. Qu’ils croient les mensonges que j’ai pu servir aussi et qu’ils pensent que j’ai réussi à traquer des mages, que j’ai même réussi à en capturer mais qu’il est mort avant d’arriver à la Caserne, me convient tout à fait. Ce qui compte, c’est qu’ils aient fait ce pas vers moi.

***

Je sursaute, alors que je vois des enfants courir devant moi. Je crois que je me suis assoupi en réalité. Et je ramasse la pomme qui m'a glissé des doigts, l'essuyant sur le revers de ma manche en fronçant les sourcils. Ces gamins m'agacent, même s'ils sont loin de le faire autant que les garnements de Lorgol. Dont Maelys faisait partie donc. Je ne sais pas pourquoi je pense à elle là, tout de suite. Peut-être à cause de la journée des Anciens à laquelle j'ai assisté il y a quelques jours et qui s'est particulièrement mal terminée. Je l’ai juste croisée alors qu’elle me demandait ce que je fichais là et avant que tout devienne noir. C’est là que je l’ai perdue de vue quand les choses ont commencé à déraper et que j’en ai profité pour prendre la fuite avant qu’il ne soit trop tard. J’espère qu’elle s’en est tirée quand même, le contraire pourrait légèrement m’agacer. J'ai une grimace à cette pensée et je lance mon trognon de pomme en direction d’un des gamins, sans vraiment le viser, pas trop en tout cas, avant d'en croquer une autre. Je ne le dirais pas tout haut, mais cette histoire m’a tout de même perturbé bien plus que je ne pourrais l’admettre. Que l’on puisse être attaqués comme ça, au cœur-même de l’Académie, c’est quelque chose que je peux difficilement assimiler en réalité. Mais, comme je suis indemne, on va dire que je le vis mieux que les autres.

***

Comme toujours, lorsque je la vois arriver, je me fige, ébloui par la silhouette ébène de cette griffonne qui m'a accepté comme son cavalier il y a quelques années déjà. Personne ne s'y attendait, sauf moi. Je le savais, je le sentais que, à défaut de chevaucher un dragon comme ma sœur, j'arriverais tout de même à faire quelque chose de grandiose. Nous avons mis cinq ans. Cinq longues années à nous apprivoiser l'un l'autre. Et, autant dire que, certains jours, j'ai quelques doutes sur le fait que nous y soyons tous les deux totalement parvenu. Mais, quand bien même elle m'horripile la plupart du temps et que je ne me sens en harmonie avec elle que lorsque nous volons, je sens un élan d'affection incontrôlé qui me gagne quand je la vois atterrir devant moi. J'ai beau fanfaronner, le lien que j'ai avec Ortie est réel, quand bien même elle prend un malin plaisir à me rendre la vie impossible en me balançant des images dans tous les sens, je n'échangerais ça pour rien au monde. Elle me fixe, repliant ses ailes, alors que ses serres claquent contre le sol et qu'elle me fixe de ses yeux d'un bleu si foncé que, parfois, je me demande s'ils ne sont pas noirs. Je me relève d'un bond, lui lançant une pomme qu'elle attrape du bout du bec avant de lui faire une révérence des plus exagérées… et de me prendre la pomme de plein fouet dans la tête. Je laisse filer un rire avant de me frotter la tête et de lui lancer une autre pomme. Pire qu'une vieille carne. Je sais, je vais le payer, elle commence déjà à m'envoyer des images plein la tête. Mais peu m’importe. J’ai besoin de me changer les idées après tout ça et elle aussi je suppose.





Questions livre II
Spoiler:
 

La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• A dire vrai, je ne sais pas trop quoi penser de cette Chasse qui vient de se lancer. Parce que je ne maitrise pas tous les tenants et les aboutissants, que je ne comprends pas en quoi elle consiste vraiment ou qui sont les gens visés. Alors, évidemment, je m'inquiète pour ma propre survie, le monde serait bien triste sans moi, et j'ai acheté des potions de sommeil, juste pour m'assurer d'être en paix. Or de question de me reposer sur la magie en tout cas. Et je guette les rumeurs concernant les allées et venues de cette Chasse. Je ne sais pas combien de temps elle va durer, si les chasseurs ont un nombre de cibles précis ou pas et, à dire, vrai, si ce n'est pas le cas, je sens que la situation va rapidement dégénérer.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Je participe activement à la guerre depuis que je suis devenu voltigeur de plein droit il y a quelques années. Et j'avoue que je ne suis pas vraiment fan de cette trêve qui intervient alors que les mages ont réussi à récupérer les terres chèrement conquises. Je sais que le conflit continuera tant que l'un des camps n'aura pas clairement pris l'ascendant sur l'autre. Les trêves ne durent jamais. Et ce n'est pas plus mal comme ça sinon, comment réussir à briller si tout est calme ? Au moins, l'hiver nous permettra de reprendre des forces à défaut de regagner du terrain. Et nous pourrons recommencer à nous battre, le moment venu.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol a toujours été ma ville, l'endroit où j'ai passé mon enfance, puis ma vie de jeune adulte. Je connais ses rues par cœur, notamment le quartier où j'ai vécu et tout ce qui entoure l'Académie. J'aimerais dire que j'y suis particulièrement attaché mais, aujourd'hui, je me demande parfois si revenir ici est vraiment une bonne chose, surtout depuis que j'ai coupé les ponts avec ma famille. Cette ville me rappelle qui j'ai été, certains de mes échecs que j'aimerais parfois oublier. Et j'ai peur de régresser ou, pire encore, de me mettre à douter de certains de mes choix. Ce qui est évidemment hors de question.





Dans la vie, je m'appelle Tissette et j'ai 8 ans en âge de panda roux. J'ai découvert le forum via la petite pyromane et voici ce que j'en pense : je vous le dis dès que j'y ai réfléchi.
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.



Récapitulatif

Bastien Aigrépine

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Tom Riley
♦️ Compte principal : Non

♦️ Griffon : Ortie / Ebène / Femelle / 18 ans
♦️ Savoir : Transformation / Chimie / Produits inflammables
♦️ Hiérarchie : Vol de Sombreciel / Voltigeur


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J'ai : 32 ans
Je suis : Mage Accordé (percussions)

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Harmonie, l'équipage de la Symphonie
Mes autres visages: Gauthier Coeurbois ; Martial de Bellifère ; Jehanne d'Ansemer ; Amarante de Nacarat
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Dim 16 Déc - 18:50




[SaturdayProphet] présente
Meldred
de Séverac

Tom Hughes
« Il est des moments qui ne durent pas plus d'un moment et qui durent le reste d'une vie. »
Discret + Loyal  + Engagé + Sensible + Optimiste  + Tolérant + Appliqué + Endurant
Impatient – Timide  -  Buté  - Désordonné - (Trop) Sérieux - Etourdi - Craintif – Peu ponctuel

   


©️️ SaturdayProphet
Il lui arrive, les nuits de tempête, de s’éveiller avec le nom de ses parents sur les lèvres, tremblant. Certaines choses ne peuvent disparaître de l’esprit… Ou ne peuvent en être chassées si on ne le souhaite pas.



©️️Saturday Prophet
Âge : 32 ans
Date et lieu de naissance : 27 juillet 971, sur les terres de Séverac, en Sombreciel
Statut/profession : Mage Accordé (percussions) et membre de l’équipage de la Symphonie
Allégeance : Harmonie et la Symphonie, ainsi que son équipage.
Dieux tutélaires : Aura et Aïda reviennent régulièrement dans ses prières, ainsi que Mnémosie. C'est sous Aïda d'ailleurs que ceux qui l'ont recueilli l'ont placé - parrains informels.
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau
Groupes secondaires : Noblesse / Mages

   

   
I ♦️ Réminiscence
On a tort de penser que les souvenirs d’enfants ne sont que vagues sensations profondément ancrées dans l’esprit. On a tort de penser que, lentement, celles-ci seront remplacées par d’autres choses, par des instants moins forts, par des moments plus importants au présent. On n’oublie jamais rien totalement. On n’oublie pas les bras qui doucement vous serrent, bien jeune encore, trop jeune pour se rappeler du visage de leur propriétaire – mais on se rappelle de leur étreinte et de leur soutien, de leur accueil. On ne se souvient pas du ton exact de la voix qui appelle un nom, mais la manière dont le d final tombe reste gravée et résonne encore dans les oreilles.
Enfant, on se rappelle de tellement. De scènes floues, colorées. D’odeurs douces qui, sans le savoir, amèneront dans le futur une nostalgie toute particulière. On se rappelle d’avoir été heureux, surtout. D’avoir eu des parents qui nous aimaient, un frère, une sœur. Deux sœurs. Une.
Enfant, on se rappelle de bien plus qu’en étant adulte. On se rappelle des premiers pas faits sur le sol de la demeure, dont les murs à l’époque semblaient donner l’impression d’être si hauts ! On se rappelle des premiers mots. Des prénoms balbutiés, qui, des années après, sur les lèvres semblent tellement familiers. Si l’esprit ne peut pas y associer de visage précis, il peut néanmoins certifier qu’ils ont appartenu à des gens proches.

Meldred se souvient, lui. De tout ça, pour toujours, il se souvient. Des bribes fugaces mais tellement puissantes, portées par des sensations de bambin, des paroles qui l’ont marquées, il se souvient.
Bien sûr, il n’a pas de réelle mémoire précise : les lieux restent flous, vus déformés par les yeux d’un enfant. Les voix restent un peu distordues, fantasmées par les années. Les sensations restent, parce qu’elles durent toujours le plus longtemps, mais finissent par perdre de leur intensité. Mais il se souvient. Et  c’est le plus important.
Qu’importe que les murs, les pièces du domaine où il a grandi soient bien différentes en réalité ; qu’importe qu’il soit incapable de dire avec certitude l’endroit où il a grandi, bien qu’il ait l’impression de se rappeler, qu’il ne puisse le situer efficacement. Il sait d’où il vient, mais le nom ne fait pas sens.
Les gens font plus de sens. Sa famille, pilier central de son esprit, fait plus de sens.

Il se souvient de son père et de sa mère, complémentaires, de leurs bras qui le supportent, de leurs voix qui l’appellent, qui le nomment. Il se souvient de la chaleur, de la confiance, de l’impression de sûreté et de protection dans son coeur.
Il se rappelle de son frère, le plus grand, penché sur lui, qui lui sourit. Il se rappelle d’avoir voulu le suivre, d’avoir ri, d’avoir dit son nom parmi ses premiers mots. Il se rappelle de ses sœurs, qui étaient si semblables, au point que leurs souvenirs dans sa mémoire se mêlent. Il les a suivies, de ses petits pas hésitants, dès qu’il a su marcher. Plus jeunes, presque de son âge il lui semble.
Les détails fuient les esprits d’enfant. Seules les émotions restent. L’amour. La joie. Le bonheur.

La peur.
Meldred a eu peur. Peur des vagues qui montent, montent et frappent le bateau avec force. Peur des craquements sinistres autour de lui. Peur du vent qui forcit, qui le pousse. Meldred a eu peur, une peur si puissante et profonde qu’elle a gravé en lui chaque détail, chaque poussière d’un naufrage désastreux. Il y a eu le navire qui tangue. Il y a eu les larmes qui sont montées à ses yeux, alors qu’il cherchait du regard sa famille. Qu’il a cru les voir, figures connues, si près. Qu’il a tendu la main, qu’il aurait voulu se réfugier dans les bras de son père, s’y accrocher, s’y cacher des éléments.

Il y a eu la vague. La dernière. Celle qui a fini de tout briser, qui a emporté l’enfant en pleurs et terrorisé, loin des siens.
Il y a eu la vague, qui a jeté le petit à l’eau, sans qu’il ne sache nager, qui a rempli d’eau sa bouche et son nez, qui l’a ballotté loin du navire sombrant. Qui dans ses derniers instants de conscience, alors qu’il tendait encore les bras vers sa famille et vers la silhouette entrain de sombrer du vaisseau, lui a porté une planche arrachée de cette carcasse.
L’enfant qui ne sait pas nager sait au moins survivre. Alors dans l’océan peu clément, il s’accroche à ce qu’il peut, paniqué. Il s’accroche, et son esprit si petit imagine que bientôt il retrouvera sa mère, ses sœurs, son père et son frère. Bientôt.
Juste avant que les eaux ne l’emportent loin. Loin des côtes de Sombreciel, où il est né. Loin de la famille qui pensera perdre l’enfant. Loin de Meldred de Séverac, présumé mort.
En plein milieu de l’océan encore agité, il n’est qu’un corps. Et s’il se souvient de son prénom, c’est tout ce qu’il garde. Accroché à sa planche, à peine conscient, Meldred n’a pas la moindre idée de s’il est vivant.
Il a juste peur.

II ♦️ Apprentissage
Le reste, la suite de son histoire, elle, ne s’efface pas plus de sa mémoire. Elle reste confuse, cependant.  Il est sauvé des flots, il se sent, vaguement, quitter l’océan, retrouver quelque chose de ferme sous son corps qui n’est pas un bout de planche. Il ne voit rien, mais il entend des bribes de mots, des voix. Il sent vaguement qu’on le secoue, qu’on tente de le réveiller, mais il n’ouvre pas les yeux.
Terrifiants premiers instants.
Il alterne entre la conscience vague et un sommeil exténué, dépourvu de rêves mais parsemé de cauchemars pendant quelques jours. Ce n’est qu’un enfant, encore, qui n’a pas passé ses trois ans : son corps a été poussé à bout. Mais il s’en sort. Petit à petit, il revient à la vie, Meldred. Respirer fait mal, mais il y arrive.
Il ouvre les yeux, et il est là. Dans une pièce qui n’a rien à voir avec chez lui, entourés d’inconnus – beaucoup, il ne sait pas compter. Et parmi eux, aucun visage qu’il ne peut reconnaître.
Alors il a peur. Il commence à paniquer, encore plus lorsqu’une vague frappe le navire. Encore plus quand un homme aux cheveux clairs s’approche. L’enfant pleure, encore faible, sur sa couchette. Et il les appelle, tous, il appelle toute sa famille, il appelle ses parents, son frère, ses sœurs.
Il ne veut pas être seul.

Les inconnus se révèlent être de gentils inconnus. Le bateau est un gentil bateau. Meldred appelle toujours ses parents, la nuit, et il tremble toujours quand le temps se fait moins clément, mais il prend confiance en la vivenef. Et il n’est jamais laissé seul. Il y en a toujours au moins un, pour rester avec lui, les premiers temps. Pour le rassurer, pour lui parler. Il y a toujours quelqu’un. Et il y a souvent de la musique. Quand il prend peur que ses parents n’aient pas survécu et qu’il se rapproche du grand brun aux yeux si clair, il y a de la musique qui résonne. Quand il s’éveille, la nuit, le coeur serré et qu’il appelle dans le noir Mélusine ou Melsant, il y a toujours un membre de l’équipage pour venir le rassurer et jouer un air discret.
Il devient l’enfant de la Symphonie, alors que celle-ci vogue vers l’Archipel.
Mais il ne veut pas oublier.

Le voyage est long. Des mois plus tard, la Symphonie, enfin, accoste. Le soleil est fort. Le petit enfant, la main dans celle d’un membre de l’équipage qu’il a pris en affection, se cache un peu.
Le bateau ne l’a pas ramené chez lui. Ici, les odeurs, les couleurs, même les gens sont bizarres. Le soleil est différent. Tout le monde a l’air étonné de le voir, petit gamin qui ne lâche pas l’homme auquel il s’accroche.
« On est où ? »

On lui explique. Meldred ne comprend pas tout. On lui dit que ce n’est pas grave, mais que un jour, le bateau devra repartir. « Et moi ? »
Il a peur de l’abandon. Peur de se retrouver tout seul. Peur qu’une autre tempête brise cet autre navire, brise Harmonie, et éparpille au vent l’équipage qu’il a commencé à aimer. « Je veux venir. Pas rester tout seul. »
Les premiers mois sont durs. Les gens autour, dans l’Archipel, sont agréables et pleins de bonnes intentions envers le petit naufragé. Mais c’est surtout sur la Symphonie que Meldred commence vraiment à grandir. Il passe des heures à y courir, à y s’y réfugier, toujours sous l’oeil de l’un ou l’autre des membres de son équipage.
Et quand vient la nuit, et qu’il est l’heure de dormir, pour se protéger des mauvais rêves, il va dire bonne nuit à Harmonie en dernier. Toujours.

Quand la Symphonie repart, il repart avec elle. Il suit les Accordés sur l’océan, sur le pont de ce navire qui lui a sauvé la vie. Il grandit avec eux, parce qu’aussi accueillants et agréables que soient les personnes qu’il a rencontré sur l’Archipel, c’est à la Symphonie qu’il doit la vie. C’est Harmonie en qui il place la plus grande confiance, et c’est vers elle que son petit coeur d’enfant ayant perdu toute sa famille tourne son amour filial.
Les souvenirs de sa petite enfance ne partent pas. Les cauchemars, eux, s’atténuent, mais les souvenirs de sa famille, sa véritable famille, s’ancrent toujours un peu plus dans son coeur. C’est grâce à la magie qui les entoure, tous, cette magie qui flotte dans l’air, sur le pont de la Symphonie. Cette magie qui l’imprègne, ce navire, et qui l’a forcé il y a de cela mille ans à l’exil.
C’est grâce à l’Accord que Meldred garde avec lui les souvenirs de celui qu’il a été. Et, d’un optimisme enfantin qui ne le quittera jamais, il se dit que s’il les garde, précieusement, un jour ça lui permettra de les retrouver.

Ainsi il grandit, l’enfant perdu, entre un équipage exilé et l’Archipel, sur les vagues qu’il apprend à ne plus craindre et bercé par la musique les tumultes de ses nuits s’apaisent. Il faut bien tout un bateau pour élever un enfant, surtout quand celui-ci veut bien tout apprendre… Mais, dans cette frénésie impatiente, souvent en oublie l’essentiel. Ce n’est pas qu’apprendre à être utile sur le navire, c’est également faire en sorte de lui enseigner tout ce qu’il aurait dû apprendre, là-bas, sur le continent.

Pour ça, il y a celui qu’il considère sans doute le plus comme un frère de substitution – bien qu’ils soient, oh, si différents.
Taliésin.
Le premier à s’être avancé à sa rencontre, quand il s’est réveillé. Celui dont les yeux cachent, sans doute, des malheurs – Meldred est encore petit, mais il n’est pas stupide. De lui, il apprend tout. Il apprend l’écriture, la lecture. Il apprend à parler, dans des tournures autrement plus compliquées que ce qu’enfant il pouvait prononcer.
Il apprend. Même s’il veut tout savoir, d’un coup, il s’applique, pourtant. Au fond de lui, Meldred veut les rendre fiers, tous : Taliésin et son regard triste, comme si sa famille à lui aussi avait disparu dans les flots ; Maël, rieur, franc, qui lui parle avec nostalgie de son chez-lui, là-bas, d’avant, du théâtre où il a eu la chance de jouer deux fois et demie – et il ne dit rien de plus, et Meldred n’a pas demandé pourquoi la dernière fois, il n’a pas terminé de jouer. Tous.
Il veut tous les rendre fiers. Et surtout Harmonie.

Il apprend à écrire, aussi, parce qu’il sait que sa mémoire est faillible : ils le lui ont expliqué, les mages, que son esprit a besoin de s’entraîner pour que la magie qui y a fixé ses souvenirs flous de bambin ne se détériore pas. Il apprend à écrire pour que Meldred de Séverac ne disparaisse pas totalement. Que sa famille, sa véritable famille pour laquelle il a encore une tendresse qui ne s’éteindra jamais, ne s’efface pas. Il n’a plus d’eux qu’un collier, léger, avec son nom gravé. Le blason représenté a été la première chose qu’il a tenté de dessiner. Mais les dessins n’ont plus suffi.
Alors, depuis qu’il sait écrire, il s’épanche sur les pages d’un petit carnet. Les premiers mots, ceux dont l’encre s’effacera le plus, ce sont une liste de prénoms. Leurs prénoms.

III ♦️ Acceptation
Les moments que Meldred aiment le plus, en mer ou non, c’est quand tous se rassemblent et se mettent à jouer. Chaque Accordé a son instrument de prédilection : beaucoup se sont tournés vers les cordes ou les vents ; mais parmi les sons teintés de magie, d’une beauté indescriptible, quelquefois, on peut entendre un tambour résonner lentement, battement de coeur de la Symphonie. Ils sont peu, les Accordés des percussions, dans ce groupe disparate ! Et c’est vers eux que le jeune enfant va naturellement tourner son attention. L’enfant de l’équipage est singulièrement attiré par la sonorité que l’on peut en tirer. Tambourin, os… Il teste. Avec l’accord de son entourage, il s’essaye un peu à tout – et force est de constater qu’à grandir avec eux, à passer d’instrument en instrument, à tester, il apprend bien vite. Ca lui plaît, la musique, et il a pour elle une forme de facilité presque déconcertante.

Il a douze ans lorsqu’enfin il apprend tout. C’est lors d’une des leçons de Taliésin où, appliqué, ils travaillent sur une géographie bien précise de ce continent dont ils ne peuvent s’approcher. Il a grandi, l’enfant, en dix ans. Dans son regard, lors de l’étude, il y a une forme de sérieux grave qui ne disparaît jamais totalement ; dans ses gestes mesurés, on sent cependant son impatience à vouloir tout faire pour se dépasser.
Il a douze ans lorsqu’il confronte son tuteur, son ami, son frère, à la question. Parce qu’il veut savoir, et que jusque là, personne n’a voulu lui en parler en vérité. Pourquoi sa seconde famille, pourquoi eux, ont été bannis. Pourquoi ils sont condamnés à voguer loin des leurs.
Il a douze ans, Meldred, lorsqu’il apprend que sa famille d’accueil est punie parce qu’on les pense dangereux. Il ne sait pas grand-chose du monde, des autres mages, des autres dangers, mais il sait. Il sait qu’ils ne feraient pas de mal, il sait qu’ils vivent tous pour leur musique, pour Harmonie, pas pour faire le mal.

« Attends. »
Quelque chose ne va pas, dans ce qu’il apprend. Ses sourcils se froncent. Même ému par une peine pour ceux qu’il aime, il ne perd pas totalement le nord.
« Ca fait combien de temps ? »
Et la réponse creuse dans son coeur encore plus son ressenti. C’est une peine lourde qui le prend, pour tout un équipage.
La leçon est suspendue.
Et ils parlent. Juste eux deux. Meldred s’enflamme, tempête et pleure. Il s’insurge contre le sort d’innocents sauvés de justesse, s’insurge pour les milliers d’autres qui ont péri, au nom de la Trève et sous les ordres de la Rose ou dans des tempêtes – Taliésin lui a dit, qu’ils sont les seuls, désormais. Que la Symphonie est la dernière des gardiennes des Accordés. Que certains, beaucoup, ici vivent depuis mille ans.
Au fond de lui, l’enfant qui a perdu sa famille comprend qu’ils sont tous, un peu, comme lui. Qu’ils ont l’Accord, qu’ils ont les autres, qu’ils ont Harmonie. Qu’une tempête les a aussi éloignés de leur foyer.

Lorsque viennent ses quatorze ans, et son adolescence, à peine à un mois après son anniversaire, il est là, à jouer avec les autres, un peu plus maladroitement peut-être. Il aime le battement sourd du tambour, il aime les notes, comme le tambourinement d’un coeur qui accompagne la mélodie, toujours présent sans être sur le devant de la scène. La soirée est douce, Harmonie elle-même écoute, la musique doit être belle.
Et puis ça vient, comme ça.
Dans son esprit, à chaque coup. Quelque chose qui l’appelle, quand il joue, et c’est naturel, c’est ce qu’il est. Ca se fait tout seul. Il n’a pas peur. Il accepte, entièrement, l’Accord, de faire partie de cette seconde famille. S’ils ne sont pas liés par le sang, ils le seront par la magie maudite et bannie qui court dans leur être.
Quand le morceau s’achève, il a le sourire aux lèvres, et des larmes au coin des yeux. D’un regard, qu’il pose sur chaque homme et chaque femme présents, il fait passer le message. « Merci. »
L’Accord est une magie puissante, la seule qu’il connaisse. Mais elle requiert qu’un Accordé ouvre l’esprit du novice.
Meldred ne sait pas, exactement, comment ou pourquoi. Lequel de ses compagnons lui a permis de devenir l’un des leurs. Peut-être tous. Peut-être même Harmonie, qui sait ?
Mais il n’a jamais été aussi heureux.
Rapidement, il est pris en charge et choyé par tous les mages à bord : ça sera à qui l’aidera le mieux à maîtriser le potentiel magique qui s’est éveillé. Et ça le fait rire, et ça réchauffe son coeur.
Il les aime. Tous.

« Parmi toutes les percussions qu’on aurait pu te faire essayer... Il a fallu que tu nous choisisses ça. »
C’est un Maël dubitatif, flûte à la main, qui juge du regard l’instrument sur le genou gauche de Meldred. Celui-ci, dix-sept ans et boucles folles qu’il refuse de couper, hoche la tête.
« J’aime la sonorité.
- Je ne te demande même pas où tu nous as trouvé cette horreur…
- Maël !
- Meldred ! »
Soupir de la part du plus jeune. Regard noir. Il se mord un peu la lèvre. « Tu veux bien m’écouter jouer ? J’ai pas encore osé… Je l’ai récupéré auprès de Ciarán il y a quelques semaines, je m’entraîne depuis. Mais devant tout le monde… Pas encore. »
Même devant tout ceux qui forment sa famille, il y a une part de timidité, et une peur de l’échec.
« Vas-y. Enfin, pour ce que j’y connais, aux instruments outreventois... »
Meldred lève les yeux au ciel, avant de se mettre à jouer. Son poignet semble se désolidariser de son bras, à première vue : maniant la baguette, le bâton, il frappe à une vitesse folle sur la peau tendue. Il la caresse, là, l’effleure à moitié – et la lumière du jour tombant montre son autre main qui s’agite derrière, dansant avec les sonorités.
Maël sourit, en le voyant concentré à ce point.
« Je crois que ça te va mieux que ton tambourin. Ou que l’autre, là… Peu importe comment ça s’appelle. »
Meldred sourit.
Il ne lâchera pas son bodhran, au final, le laissant devenir l’un de ses instruments de prédilection.

Les années passent, sur la Symphonie. Combien, Meldred en perd le compte : la magie qui entoure le vaisseau et garde son équipage en vie y est sans doute pour quelque chose. Il devient un membre à part entière de l’équipage de la vivenef. Il y a grandi, et il valse indifféremment d’un bout à l’autre de celle-ci, habitué à prêter son aide et ses talents là où ils sont requis. Il devient un marin correct - comment ne pas l'être ? - mais ce n'est rien comparé à la manière dont il use de l'Accord. Il travaille dur, pour cela, et les résultats sont plus que gratifiants : sans pour autant pouvoir égaler des êtres qui perfectionnent leur magie depuis un millénaire, il se révèle être un Accordé talentueux, d'autant plus qu'ils sont bien peu à pouvoir lui enseigner la manière dont les percussions peuvent s'allier à sa magie.
Parallèlement à ça, son éducation se poursuit. Pour que les choses ne soient pas oubliées. Que les menaces qu’ils ont connues, le massacre auquel ils ont survécu, leur connaissance de l’histoire – si ancienne que peu en auront entendu parler –, que tout ça perdure.
Mais à cela s’ajoute également des cours de manière, de longues discussions philosophiques, des échanges sur la grammaire, sur l’histoire, sur tout et rien.

Jamais, cependant, il n’oublie. Le carnet dans sa sacoche continue de se remplir, à chaque fois qu'un Accordé lui propose une incursion dans sa mémoire. Certains souvenirs sont douloureux : il revoit ses parents lui être arrachés par la vague qui l’a ravi, il voit ses petits bras se tendre vainement. Et il l’écrit.
D’autres sont plus joyeux : la vague sensation du sol sous ses mains et ses genoux, devant de grands escaliers où il tente de se hisser. La démarche chancelante d’un petit, à la suite de ses sœurs, dans des éclats de rire.
Il l’écrit. Il l’écrit pour l’espoir qu’un jour il les retrouve, tous.
Il n’a pas voulu effacer les souvenirs du naufrage pour cette même raison, malgré tout le mal qu’ils lui font. Parce qu’ils sont liés aux Séverac, aussi douloureux soient-ils.
C’est encore plus douloureux de songer que, désormais, lui aussi est interdit de s’approcher du continent.

IV ♦️ Evolution
« Crois-tu qu’ils se souviennent de moi ? »
Le regard tourné vers l’horizon, il interroge un de ses compagnons. On peut deviner des côtes, au loin : ils sont le plus près possible. La Symphonie ne peut pas s’approcher plus.
« N’y pense pas, l’avertit l’Accordé.
- C’est facile à dire. Je vous aime, tu le sais, et vous êtes ma famille. Mais… »
Une boule le prend à la gorge. C’est ça, de vouloir se souvenir.
« Je te l’ai dit, Meldred. N’y pense pas. » Le ton de sa voix est doux. « On a tous laissé des familles, derrière nous. Peu importe que les nôtres soient mortes depuis un millénaire, et la tienne encore en vie. Pour ce don qui coule en nous, on ne pourra jamais plus les revoir.  »
La boule ne quitte pas sa gorge, mais il acquiesce.
Il a vingt-quatre ans. Il lui semble.
« Il faut garder espoir, tu sais ? » finit-il par dire, avec un sourire triste. « Qui aurait pensé qu’après autant d’années à naviguer seuls, vous récupéreriez un enfant ? Les choses et les temps changent. Si les dieux nous le permettent, alors, un jour, peut-être, nous remettrons les pieds en Arven. »

Et il n’est pas prophète. Mais il a raison.
Ca prend juste du temps – mais il n’est pas à quelques années près. Il faudra attendre huit ans, avant que le plus étrange des évènements ne se manifeste, une nuit de janvier. Plus précisément, la nuit entre janvier et février. Brutalement, dans son sommeil, il sent quelque chose changer, et le voilà avec tout l’équipage sur le pont inférieur de la Symphonie. Dehors résonnent des aboiements, son incongru. Juste devant lui, Taliésin – mentor, ami – qui tente d’expliquer des choses à un groupuscule disparate.

Il est dans un rêve. Le rêve de sa mère adoptive, le rêve d’Harmonie – la paisible vivenef a du s’épuiser pour réussir ce tour de force. Il ne comprend pas tout. Il voit un orgue, également – un orgue magnifique. Et son coeur vibre, et son coeur bondit même ! Quand il entend ce que le blond dit.
Libérer l’Accord.
Oui.
Que ça se fasse. Il prie, intérieurement, il prie si fort.

Il prie si fort qu’il ne voit pas de suite le boulet de canon qui le frôle, et creuse un trou dans cette vivenef tant chérie. Un cri étranglé lui échappe, et Symphonie tangue. Il entend les aboiements se rapprocher, et il ne sait pas ce que c’est – mais son coeur serré lui souffle que c’est ce mal dont ses compagnons ne parlaient qu’avec des mots couverts et retenus.
Une vague, violente, heurte la Symphonie.
Meldred ne s’y attend pas. Il est si près du trou.
Il glisse.
Tombe à l’eau.
Elle emplit ses poumons, et il bat des bras, tente de remonter de l’océan en furie. Il va se réveiller. L’eau devient de plus en plus noire. Symphonie s’éloigne. Il va se réveiller. Il va se réveiller.
Tout est noir.
Il n’arrive plus à respirer.

C’est une pulsation qui le ramène à la vie, un bref instant avant qu’il ne se réveille en hurlant. Une pulsation sourde, qui fait bouillir son sang et chanter son coeur, qui résonne dans son esprit.
Il n’est pas le seul à se réveiller dans cet état. Autour de lui, il peut voir les autres Accordés dans le même état, réveillés subitement. Certains s’étirent, d’autres plient les doigts. Beaucoup semblent perdus.
Tous, comme lui, semblent avoir senti la vibration. Tous, comme lui, cherchent du regard Taliésin – sans vraiment y croire. Sans vraiment savoir. Mais dans leurs coeurs, comme dans celui de Meldred, il y a un espoir vivant, flamboyant. Brûlant.
Et quand le jour se lève, et qu’autour d’eux, ce n’est plus l’océan mais un port inconnu, ce sont des vivats qui s’élèvent.

On pleure, sur la Symphonie, ce jour-là. On pleure de joie, on célèbre un retour que personne n’a anticipé. Et qu’importe que l’endroit ne soit pas connu ! De toute manière, tout ceux que les membres de l’équipage de la vivenef connaissait sont morts. Alors peu importe.
Ce matin du 1er février 1003, lorsque l’aube touche les eaux du port de Lorgol, les Accordés célèbrent leur retour en Arven.

« Tu peux le faire. »
A mi-voix, Meldred se parle à lui-même. Il fait froid, en cette fin d’après-midi de février. Il est seul sur le pont de la Symphonie, à regarder non loin le sol. Un vrai sol. Le sol du continent. Bon, techniquement, ce ne sont que des planches, le véritable continent est un peu plus loin. Mais quand même.
Ca fait deux semaines que la vivenef est dans le port de Lorgol. En deux semaines, les mages de son équipage ont eu tôt fait d’aller se mêler à ce nouveau monde que bon nombre n’ont jamais connu. Mais pas Meldred.
Meldred a peur.

Il a peur que s’il s’éloigne d’Harmonie, il la perde, elle aussi. Que la Symphonie reparte sans lui, maintenant qu’ils sont libres. N’est-ce pas lui qui a passé son enfance à rêver de sa famille perdue, du continent ? Maintenant qu’il pourrait chercher à les recontacter, maintenant qu’il pourrait même simplement rentrer chez lui, là où c’était chez lui du moins, il reste figé sur le pont de sa vivenef.
« Demain, peut-être. »
Aujourd’hui, il ne mettra pas le pied à terre.

Ce n’est qu’un mois plus tard, début mars, qu’il osera accompagner certains sur la terre ferme. En un mois, leur parler a changé. Ils emploient des tournures que lui-même trouve inconfortables à prononcer, et les sons quelquefois ont du mal à rouler dans sa bouche. A moitié caché derrière l’imposante stature de Maël, son ami cibellan, il découvre Lorgol.
Lorgol… Des centaines de rues. Autant de canaux. Une ville immense, pleine de ramifications, qui serre le coeur du trentenaire et lui fait peur.
Il pourrait si aisément se perdre.

Le 28 mars, en pleine nuit, l’Accordé est réveillé par des aboiements et un bruit de chute… Et une cornemuse, qui résonne dans la nuit. Il est le premier sur ses pieds, à se précipiter à l’extérieur. Il n’a pas la moindre idée de ce qu’il se passe, mais il devine, aisément. Il devine que l’homme qui a terminé de jouer vient d’accepter l’Accord, et qu’il doit être, passablement, effrayé. Comment ne pas l’être ? En mille ans, ils ont été les deux seuls nouveaux Accordés. Alors Meldred se dit qu’il aura plus de chance, s’il va lui parler. Qu’il est capable de mieux lui expliquer, sans doute – et Taliésin ne s’y oppose pas.

Les beaux jours reviennent. Avec eux, le trentenaire s’enhardit : il s’éloigne de la Symphonie, part explorer quelque peu Lorgol. Il se rend en Outrevent, aussi, voir comment se porte le premier des nouveaux Accordés. Et il aime ça, découvrir ce monde dont il n’a connu que jusqu’alors dans les récits nostalgiques de ceux qui l’ont élevé. Il a peur, à chaque fois qu’il s’éloigne un peu trop ! Mais il faut oser, quelquefois.
Alors il ose. Lentement.
Mais il ose.

Trame Alternée :
Dans la trame alternée, Meldred ne s'éveille pas. Né dans une famille noble cielsombroise, il part pour l'Académie jeune et effectue avec brio des études de psychologie, où il s'est spécialisé dans les traumatismes. Depuis, il a décidé d'enseigner à l'Académie dans ce domaine, après quelques années à exercer. Il en est à sa seconde année d'enseignement.
   


   

   
CHRONOLOGIE

27/07/971 ♦️ Naissance

06/03/974 ♦️ Naufrage du navire sur lequel il était avec sa famille. Meldred est présumé mort et récupéré par la Symphonie.

30/08/985 ♦️ Eveil à l’Accord.

12/04/987 ♦️ Montre une nette préférence pour le bodhran, qu'il gardera comme instrument principal en tant que vecteur de sa magie.

01/02/1003 ♦️ Libération de l’Accord. Arrivée sur le continent.

03/03/1003 ♦️ Premiers pas dans Lorgol.

28/03/1003 ♦️ Accueil sur la Symphonie de gens poursuivis par la Chasse.
   


   
La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• La Chasse Sauvage a fait partie de son éducation : ils l’ont connue, les Accordés de la Symphonie, et ils ont su mettre en garde Meldred de sa dangerosité. Ce n’est que lors du rêve où l’Accord est libéré, cependant, que Meldred apprend qu’elle est libre, elle aussi. Et même s’il sait que l’Accord les protège, d’une certaine manière, il ne peut s’empêcher de craindre un peu ce fléau destructeur. Seul un fou ne les craindrait pas, après tout.

Il y a un mort-vivant sur le trône d'Ibélène : l'empereur Octave a été tué, puis ressuscité. Que t'inspire ce genre de magie ; et que penses-tu d'Octave suite à cela ?
• La mort et la vie sont des notions plutôt relatives, quand on a passé la majeure partie de sa vie avec un équipage figé dans le temps. Meldred estime que c’est une bonne chose, qu’une personne injustement tuée ait été sauvée. Néanmoins, il a quelques doutes sur la manière dont cet empereur a pu être affecté : ce n’est pas n’importe qui, qui l’a relevé d’entre les morts. C’est l’Innocente qui l’a relevé. Il doit être lié à la Chasse. Et tout ce qui est lié à la Chasse est dangereux.

   Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol est la première ville qu'a vue Meldred en trente ans. Il a bien mis un mois avant de mettre le pied à terre pour aller l'explorer quelque peu, mais elle fascine autant qu'elle le rend anxieux : elle est si grande ! S'il n'a, pour l'heure, exploré que les alentours du port et s'est risqué jusqu'à la Ville Haute accompagné, doucement sa curiosité commence à prendre le pas sur sa peur naturelle. Il ne sait pas trop ce qu'il espère y trouver, pour l'heure. Des traces de sa famille, peut-être.

   


   


   
Dans la vie, je m'appelle Mathilde et j'ai 20 ans. J'ai découvert le forum via y avait un grand feu, des boums et un gros trou plein de cadavres, je me suis dit ‘jvais aller voir’ et voici ce que j'en pense : … Non. Je ne suis pas faible. Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. JE VOUS JURE QUE C’EST LE DERNIER. PROMIS..
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.   



   

Récapitulatif

Meldred de Séverac

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Tom Hughes
♦️ Compte principal : Non

Ne conserver que les lignes remplies
♦️ Magie : Accord/Percussions
♦️ Hiérarchie : Membre de l’équipage de la Symphonie


_________________

Là où la pensée a peur, la musique pense.  



Meldred parle en #04386C

On dit merci à Mab:
 
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J'ai fait allégeance à : Anthim d'Erebor et au Patriache du Pic de Roc-Épine
Mes autres visages: Séverine de Bellifère, Marjolaine du Lierre-Réal, Lancelot l'Adroit, Liry Mac Lir et Antonin de Faërie
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Lun 17 Déc - 0:27



[Dreamzz] présente

Anwar
Sinhaj

Hrithik Roshan

« La loyauté d'un coeur ne se commande pas, elle s'inspire »

loyal ♦️ protecteur ♦️ aventurier ♦️ tolérant ♦️ humble ♦️ jovial ♦️ hardi ♦️ entêté ♦️ rancunier ♦️ impulsif ♦️ méfiant ♦️ désinvolte ♦️ susceptible ♦️ désordonné

La loyauté coule au creux de ses veines et le fait vivre comme la sève d'un arbre lui permet de s'épanouir et faire grandir ses branches plus loin encore.  Elle lui permet d'élever son âme vers ses objectifs.  Loyal envers la couronne, loyal envers son clan, loyal envers sa famille, loyal envers lui-même.  C'est un homme de parole qui ne revient jamais sur ses mots, même s'il peut lui arriver de les regretter.  Il réprouve toute forme de trahison que ce soit.  C'est sa fidélité propre qui lui fait supporter si mal d'être dupé par ceux en qui il place sa confiance.  Rancunier, il ne pardonne pas facilement les offenses qu'on lui faites et encore moins quand on brise la confiance sincère qu'il offre.  Cette faute ne pourrait jamais être oubliée et une fois commise, il n'y a pas de retour en arrière possible.

Bien qu'Erebien jusqu'au bout des ongles, il est plus tolérant que la plupart des siens. S'il n'apprécie toujours guère les étrangers, il se montre moins hostile à leur égard que la majorité de ceux qui l'ont élevé.  Sa curiosité, née de son côté aventurier, le porte à s'intéresser à eux, ces gens différents de lui, mais de loin.  Jamais il n'irait se mêler à leurs sociétés étranges, ce n'est pas pour lui. Devant les minces impairs que peuvent commettre parfois les plus jeunes, parfois même les plus âgés, il est muni d'une compréhension aimante.  Il préfère rediriger vers la bonne voie et encourager que de réprimander.  Grand frère dans l'âme, n'ayant jamais pu tenir ce rôle auprès de sa véritable fratrie, il prend soin des plus jeunes et des plus faibles.  Il marche dans l'ombre des autres pour leur porter secours quand il le peut.  Sa carrière est brillante, il pourrait le faire à la lumière du grand jour, mais son humilité préfère la discrétion.  Il écarte les remerciements d'un revers de la main et refuse tout compliment avec une modestie non feinte.  Il n'aime pas trop se retrouver au centre de l'attention, mais c'est peut-être aussi une habitude prise depuis l'enfance, lui toujours si prudent à ne pas dévoiler sa véritable identité.

Sa courte vie au palais a toutefois été suffisante pour forger une part de son caractère à tout jamais. Incapable d'oublier complètement les attentats dont sa mère et lui-même ont été les victimes plusieurs fois, il est méfiant et n'accorde pas sa confiance au premier venu.  Il ne la place qu'en de quelques rares élus et pour le reste du monde forge un mur de roc impossible à franchir. Aux yeux de certains, il apparaît comme distant et froid, presque calculateur.  On dit parfois que sa bonté et sa générosité naturelle ne sont en fait que des masques pour cacher son mépris envers le reste du monde.  Si ces mots entendus à l'improviste le rendent souvent malheureux, le blessent profondément, il n'en montre rien.  Rapidement vexé par des mots un peu trop durs à son égard, il a tendance à bouder dans son coin en silence la personne dont les mots se sont montrés trop vifs.

Bien qu'on peut le croire réfléchi et extrêmement sérieux, il n'en est toutefois rien.  Plaisantin, il lui arrive également de se montrer imprudent face au danger.  Sa hardiesse ne connaît pas de limites et têtu comme une mule, personne ne peut le dissuader de se lancer dan quelque aventure qu'il ait décidé d'entreprendre.  Plutôt impulsif dans le feu de l'action, il a tendance à se fier plus à son instinct qu'à sa raison.  Celui-ci est, par chance, fort aiguisé par des années passées à vivre dans les sables du désert et à escorter les caravanes.  S'il manque d'ordre dans sa vie en général, ses pensées sont claires et précises et il sait mener ses gens vers la sécurité, car peu importe sa propre audace, il ne mettra jamais en danger inutilement quiconque d'autre que lui-même.



©️️ Lemon Tart
Elle était si belle et envoûtante lorsqu'elle soufflait le verre Zéphyra!  Elle était aussi délicate que ses fragiles créations.  Son torse porte encore la marque qu'il a fait tatouer pour elle, une rosace aux traits fins.  Il l'a aimé un temps, son épouse, mais il est désormais bien soulagé de ne plus avoir à supporter les crises de rages de la fragile silhouette.  Elle était de métal et non verre cette femme.



©️️ Lemon Tart
Âge : 38 ans
Date et lieu de naissance : 12 janvier 965 au harem de Vivedune (Erebor)
Statut/profession : Sentinelle de Roc-Épine
Allégeance : Le patriarche du Pic de Roc-Épine, Anthim d'Erebor
Dieux tutélaires : Il est né sous Argon l'ancêtre, mais voue ses prières à Bramir, Igni et Sibra.
Groupe principal : Les hérauts du renouveau
Groupes secondaires : Peuple / Guerriers



L'enfant au berceau est le plus fragile et les ondulations de celui-ci prédisent sa disparition.

Les contes et légendes laissent toujours entendre combien la vie est magnifique dans les palais des grands, où on mange tous les mets les plus raffinés et où les corps sont couverts de soie et de pierreries brillantes.  La peau des gens y est douce, leur ventre ferme et bien rempli.  Elle était comme cela Zénaïde.  Sa peau glissait sous les doigts comme du velours, ses cheveux avaient le touché délicat des plus beaux satins.  D'elle se dégageait un parfum particulier, une odeur si réconfortante et rassurante.  Elle brillait aussi, dans les prunelles d'enfant levées vers elle, ses délicats bijoux offerts par Charif décorant ses poignets fins, son cou élégant.  Dans les bras de Zénaïde, c'était la sécurité et le confort.  Enfoui dans son sein, les horreurs du monde extérieur n'avaient plus cours.

Car la vie au palais ducal d'Erebor n'avait rien de ce qu'on racontait dans les contes.

En toute vérité, elle était terrifiante.  Sous leurs dehors de douceur et de tendresse, les femmes du harem étaient les plus effrayantes qui soient.  Et comme elles détestaient le petit Anwar, le fils aîné de leur époux commun, celui qui verrait un jour le pouvoir se glisser entre ses mains.  Timoré, effrayé de tout, tu ne te sentais en sécurité que dans les bras de ta mère.  Et pourtant, ni l'un ni l'autre n'étiez réellement à l'écart du danger depuis son ascension en tant que sultane.

Tout ce dont tu te souviens du harem où tu as passé les premières années de ta vie, ce sont les sourires horripilants des concubines de ton père, leur dents pointues et leurs ongles griffus qui cherchaient à t'arracher à ta mère pour te dévorer, te faire disparaître.  Tu souffrais en silence, incapable de te défendre, toujours caché dans les jupes de Zénaïde, celle qui dansait avec autant d'élégance, qu'elle te protégeait avec ardeur et violence.  Avant même d'être en âge de comprendre, avant même de savoir ce qu'était la mort, déjà l'on s'attaquait à toi et ta mère, cette précieuse mère que tu aimais tant.  Cette mère dont le ventre s'arrondissait pour donner à nouveau la vie.  Le liquide coloré de la vie avait beaucoup coulé.  Le sien comme le tien.  Il s'en était fallu de peu pour que la sultane ne meurre.  Cependant, toi, tu étais bel et bien mort.  Pour toujours.

Après cette énième tentative de vous assassiner, mère et toi, tes parents décidèrent, pour ton bien, qu'il valait mieux que tu ne disparaisses.  Aux yeux du reste du monde, Anwar le prince héritier d'Erebor avait succombé à la tentative d'assassinat.  Tu étais mort.

Parfois, s'éteindre permet de briller avec plus d'éclat qu'autrefois.

La vie après la mort n'était pas aussi effrayante que tu aurais pu le croire.  Laissé à une famille de guerriers du clan Sinhaj, les premiers temps de ton déracinement furent difficiles.  Caché parmi ces parents éloignés de Roc-Épine, au commencement, tu passais tes journées recroquevillé sur toi-même, toujours dans la crainte de voir le sang couler.  Ta mère n'était plus là pour te protéger, tu ne pourrais plus te cacher dans les jupes de Zénaïde, cette femme si forte.  Le temps passa et tranquillement, tu sortis de ton cocon, intrigué par ce nouveau monde, ta curiosité pouvant enfin être libérée.  Tu ne te sentais plus en danger et tu devenais peu à peu l'enfant que tu aurais toujours dû être.

Rapidement, tu fus reconnus comme petit chef parmi tes camarades.  Si aux premiers abords, on te traitait comme un étranger, toi l'enfant apparu de nulle part, tes manières joviales et avenantes, ta hardiesse et ton côté un peu crâneur finirent par gagner les sympathies des autres enfants.  Ça et ta tendance à te lancer dans des bêtises sans réfléchir, comme tenter de grimper en haut du pic et rester coincé à raz de falaise en attendant quelqu'un ne vienne te chercher.  Ça les amusait aussi de te voir puni, jamais assez sévèrement pour te faire perdre ton sourire.  L'enfant timoré qui était arrivé au Pic avait pris son envol.  Et il ne voulait pas remettre les pieds sur terre.

La musique enlace l'âme torturée et la berce dans ses blessure, tandis que l'arme la guérit et la rend plus forte.

Caché dans les terres hostiles de Roc-Épine, personne ne vint jamais réclamer ta vie à nouveau.  Aux yeux du commun des mortels, celui que tu avais été était mort.  Pour toi aussi, le petit Anwar caché dans les jupes de Zénaïde n'existait plus.  Il n'était qu'un noir souvenir de ton passé auquel tu ne songeais presque plus.  Il t'arrivait, même alors que tu grandissais et que tu devenais homme, de repenser à ta mère, celle qui t'avait toujours protégé de tous les dangers.  Elle te manquait atrocement, elle et sa peau si satinée.  C'est dans ces moments de mélancolie profonde que tu préférais sortir ta cithare.  Tu n'as jamais trop su pourquoi tu t'étais mis à l'apprentissage de cet instrument de musique alors que les habitants du Pic n'était pas de grands amateurs de musique.  Il n'y avait personne pour t'encourager dans un tel apprentissage.  Peut-être était-ce la délicatesse de son son ou alors l'harmonie des différentes cordes qui représentait tes rêves d'enfance.  Ça ou bien était-ce un moyen de ne pas oublier qui tu étais réellement : un prince en exil.  La cithare te permettait de dévoiler ton âme sans réellement te mettre à nu.  Le secret de ta naissance pesait encore sur ton coeur, ce lourd secret que tu ne pouvais pas effacer.

Un jour, lorsque ta mère quitterait le harem, quand l'un de tes frères hériterait du titre de sultan, quand elle reviendrait parmi les siens, tu lui jouerais l'un de ces mélodies.  Elle danserait devant toi.  Tu retrouverais la grâce de ses membres, la douceur de ses cheveux et le parfum de sa peau.  Tu ne pourrais jamais l'appeler mère à nouveau, mais la revoir te suffirait.  Comme elle te manquait, la féroce femme qui t'avais mis au monde!  Mais même dans l'innocence de l'enfance, tu savais déjà que tu ne pourrais pas la revoir, la serrer dans tes bras.

C'est pour cette raison que lorsque que tu atteins l'âge de quinze ans, tu te décidas à entrer en apprentissage pour devenir un guerrier.  Enfant, tu ne pouvais pas te protéger, on avait failli te tuer ta mère et toi.  Si l'on n'avait plus porté atteinte à tes jours depuis ton départ du harem, tu savais que ce n'était peut-être pas définitif et plus tard tu voulais être en mesure de protéger ceux qui étaient chers à ton coeur.

Tu t'es rapidement fait à l'apprentissage de ce nouveau métier.  C'était exigeant physiquement, mais tes jeux d'enfance te menant à courir dans toutes les directions et tous les sens entre les rocs t'avaient déjà donné le début d'endurance qu'il te fallait pour apprendre le métier.  Piètre dans le lancer de couteaux, tu excellais toutefois dans le maniement du cimeterre.  L'impatience te rongeait, tu espérais pouvoir rejoindre les rangs des Gardes de Roc-Épine dès que possible.  Grâce à ta détermination et ton application, c'est à l'âge de 20 ans que l'on t'accepta officiellement dans leurs rangs.

Quand il est question d'amour, le coeur peut parfois se tromper et s'infliger involontairement les pires blessures.

Elle avait le visage fin et des grands yeux expressifs.  À chaque fois que tu passais devant elle, tu ralentissais le pas pour l'observer en silence.  Ses gestes étaient précis et rapides sans perdre la moindre délicatesse tandis qu'elle maniait le verre pour lui donner forme.  Parfois, elle levait les yeux vers toi et t'offrait l'un de ces sourires qui faisaient rater un bond à ton coeur et savaient te faire déguerpir à toute vitesse, un peu gêné, ce qui ne te ressemblait pas vraiment.  Quelques autres gardes avaient remarqué ton comportement et ne se gênaient pas de te taquiner, ce qui ne manquait pas de te faire protester à haute voix : tu n'aimais pas que l'on s'amuse à tes dépends.

Pour les faire taire un jour, tu as décidé d'aller parler à la jeune femme.  Il ne serait pas dit que tu craignais une femme.  Aussi belle fusse-t-elle.  Les choses se passèrent extrêmement bien.  Si lors des premières phrases tu étais un peu plus hésitant, ton assurance naturelle et tes manières affables revinrent rapidement à toi.  Sous les yeux tout de même amusés de tes amis, tu commenças à faire la cour à cette jeune dame.  Zéphyra était une artiste sans pareil dans son domaine.  Le verre se transformait entre ses mains comme par magie, bien que jamais tu ne l'aurais formulé de cette façon.  Tu te plaisais à la regarder, préoccupée par son art, à un point tel qu'il lui arrivait parfois même d'oublier ta présence.  Quelquefois, elle te demandait de jouer pour elle de la cithare.  Elle disait que la musique faisait résonner le verre et lui donnait de plus jolies formes.  Tu n'y as jamais vraiment cru.

C'est assez naturellement que vous avez annoncé que vous vous marierez : tout le monde s'y attendait.  Tu n'avais pas de famille à inviter qui ne soit pas déjà parmi vous, mais vous respectiez la tradition et ne vous mariez qu'après un an de fiançailles.  Comme de fait, quelques parents lointains vinrent pour les noces.

Certains disent que le mariage, c'est comme de s'enfermer dans un tombeau, toi tu dirais plutôt que c'était de faire un voyage dans le royaume de Sithis sans être mort.  Si elle était aussi belle que les couleurs chatoyantes d'un serpent, elle avait une horrible langue de vipère que tu n'aurais jamais cru trouver chez elle.  Elle qui semblait si délicate en soufflant le verre n'était en vérité qu'un monstre de tyrannie.  Souvent insatisfaite, elle se disputait pour un oui ou un non avec toi.  Il ne fallait pas se fier à sa frêle carrure et ses yeux brun velouté.

Pour certains, trois ans, ce n'est qu'un seconde d'une vie.  Pour toi, ce fut une éternité.  À la fin de votre contrat de mariage, tu la quittas sans plus de regrets, outre celui d'avoir un jour succomber à ses doux traits.  Tu te décidas à ne plus jamais t'occuper à nouveau d'histoire de femme et de ne plus les laisser entrer dans ta vie.

Les peines s'oublient avec le temps, mais les cicatrices ne s'effacent jamais

Avec la fin de ton mariage, ta vie avait repris son cours normal.  Ça avait été un échec cuisant, mais tu en ressortais plus grand.  Tu ne cessais de penser à cela.  Ça et au fait qu'heureusement vous n'aviez pas eu d'enfants.  Ton existence était paisible et tu mettais tout ton temps et ton énergie sur ton rôle de garde.  C'est au retour d'une patrouille de quelques jours que tu appris le décès de Zénaïde.  Dévasté, tu fis semblant de prendre la nouvelle avec un détachement total, mais au fond de ton âme, tu sentais une brûlure vive qui ne voulait pas te quitter.  Et tes pensées se tournaient vers Rejwaïde, ta soeur cadette.  Tu ne craignais pas pour Alméïde, tu avais appris qu'Anthim l'avait prise en affection et tu étais reconnaissant à ce frère que tu ne connaissais pas tenir le rôle qui aurait dû être le tien à ta place.  Mais qui protégerait Rejwaïde des horreurs du harem désormais?  Tu ne connaissais pas le visage de cette soeur, mais le soir, tu te réveillais en sueur, les mauvais rêves où tu te figurais la benjamine sous des traits plus jeune de ta mère se multipliant.

Un jour, n'y tenant plus, tu te permis ta première escapade à Vivedune, dans l'espoir d'entr'apercevoir cette soeur laissée à elle-même.  Tu savais le projet fou et dangereux, d'autant plus que les chances que tu ne la trouves étaient minces : tu ne pouvais pas t'introduire au harem.  Néanmoins, si tu pouvais au moins entendre des nouvelles d'elle, savoir qu'elle était en sûreté...

Tu es revenu plus ou moins bredouille de ton voyage, on ne parlait plus vraiment d'attaques au harem et tu supposas qu'elle allait bien.  C'est à ton retour que tu t'autorisas enfin à porter ton deuil, en ajoutant un nouveau tatouage près de ton coeur : une rose qui s'égraine en grains de sable.  C'était pour laisser ta mère retourner à ses dunes.  Elle était libérée de la prison où elle avait été enfermée pendant des années.

La mort de ton père, survenue à peine plus d'un an plus tard, te laissa te marbre.  Tu n'as jamais vraiment connu ce sultan à qui tu devais la vie.  Tu ne te manifestas pas en tant qu'héritier légitime du trône et tu laissas ton frère Anthim prendre cette place qui était la sienne.  C'était lui qui avait été élevé dans cet objectif presque toute sa vie, pas toi.  Il ferait un meilleur duc et sultan que toi, tu le savais et en échange de ce service qu'il te rendait inconsciemment, tu préservais ta liberté.

Les portes du harem ayant été ouvertes, Rejwaïde revint auprès de votre clan pour quelques temps.  Tu étais loin d'elle, mais tu était soulagée de la savoir loin de ce palais dont tu ne gardais que des souvenirs effroyables.  Tu n'avais plus moyen d'avoir des nouvelles d'elle, maintenant qu'elle était à l'extérieur, mais c'était pour le mieux.

Ta surprise fut joyeuse lorsqu'elle intégra la division de Voltigeurs de Roc-Épine pour sa formation.  Tu étais fière d'elle, de ce qu'elle était devenue.  Tu ne te fis toutefois pas connaître auprès d'elle, mais tu te plaisais à observer cette soeur au caractère bien trempé.  Tes inquiétudes passées n'avaient pas raison d'être : c'était une véritable tigresse que cette enfant et elle faisait honneur à la famille.  De loin, tu apprenais à l'aimer pour ce qu'elle était réellement et non plus cette chimère qui avait peuplé ton imagination par le passé.  Ne t'étant jamais autorisé à lui parler directement les quelques fois que vos routes se sont croisées, de peur qu'elle ne découvre qui tu étais réellement, elle te manqua toutefois cruellement lorsqu'elle quitta Roc-Épine pour rejoindre Ibelin, quelques mois après que tu aies été nommée sentinelle à la tête d'une escouade.  Elle est partie sans que tu ne la revois, tu étais parti accompagner une caravane jusqu'à Vivedune à ce moment-là.  C'est à ton retour, après avoir volé un instant pour voir Alméïde, de loin, que tu appris la nouvelle.

Les sables d'un sablier savent parfois virevolter et troubler le déroulement du temps

Lorsqu'un des Sabliers du Temps fut actionné, ta vie repris son cours là où elle n'aurait jamais dû s'arrêter.  Tu grandis au harem, destiné à devenir le prochain sultan des gitans.  À la mort de Charif, tu pris la place qui te revenais de droit et constitua ton propre harem.  C'est Astarté des Sables qui te donna ton premier fils, Aïssa et un autre Ahsan.  Si une part de toi allait à ta sultane, une autre s'était attachée plus encore à ta soeur Rejwaïde.  Tu avais dû renoncer à Alméïde et l'envoyer en Bellifère pour l'empêcher de comploter à nouveau contre toi avec votre frère Anthim.  Néanmoins, les mesures que tu as prises pour te protéger de la malfaisance de ta cadette n'avait pas suffit, car elle réussi à revenir au palais et à t'assassiner le 26 avril.  De ce fait, tu n'as aucun souvenir de cette réalité alternée, à tes yeux rien de tout cela ne s'est jamais produit, et il vaut sûrement que ce soit ainsi.

La magie opère parfois là où on ne s'y attend pas

Fin de l'an 1002, une énorme épidémie s'abattit sur le continent entier, causant à tous les mages des symptômes graves.  Cela ne t'aurait pas particulièrement concerné s'il ne s'était s'agit des convois de malades affluants aux portes de Roc-Épine.  N'ayant ni allégeance envers l'empire de Faërie, ni envers l'empire d'Ibelène, le Patriarche accepta d'accueillir les malades.  Établis dans des grottes délaissées par vos habitants, ils représentaient une menace tout de même et ton escouade s'occupait de s'assurer qu'aucun des contaminés ne passeraient le point où ils étaient tolérés.  Les pertes avaient été nombreuses au gouffre et il fallait s'assurer que ça ne recommence pas.  Tu éprouvais de la pitié pour ces pauvres gens, qui attendaient de connaître leur dans l'angoisse, mais ta fidélité allait au patriarche et tu t'acquittas de ton travail sans dévier de ta mission.  Tu as également contribué à aider les malades à rentrer chez eux, en les aidant à traverser les portails pour ceux qui se rendaient à Lorgol et en accompagnant un convoi pour traverser le désert.

Peu après cet incident d'envergure qui avait fini par se résorber grâce aux savoirs des gens de Roc-Épine, la panique fut semée à travers tout le continent avec le retour d'une vieille légende, celle de la Chasse Sauvage, libérée lors d'un souper organisé à l'Académie de la magie et du savoir.  Une nouvelle menace en remplace toujours une autre...



La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• La liberté de la Chasse Sauvage t'inquiète bien décidément.  Au fond de ton coin de désert, tu as entendu les légendes à propos de cette Chasse et cela n'est pas pour te rassurer.  Tu ne crains point pour toi-même, si elle venait te quérir, c'est en brave que tu succomberais.  Cependant, tous ne sont pas aptes comme toi à résister et le sang des innocents répandu te révolte.  Au fond de toi, un secret bien caché, tu t'inquiètes pour tes soeurs et ce frère que tu ne connais pas.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Ton ouverture te permet de tolérer les mages, même si tu ne les apprécies pas vraiment.  Se battre contre une force invisible, c'est inégal.  Cette trêve te soulage grandement : avec la Chasse Sauvage qui arpente le continent, ce n'est plus le moment de se battre entre hommes.  Dès le début, cette guerre n'avait aucun sens et tu espères que cette trêve ne prendra pas fin.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Tu n'as jamais eu l'occasion de mettre les pieds à Lorgol, même si certains de tes voyages en escortant des caravanes t'ont mené à l'extrême nord d'Erebor.  La ville aux Mille Tours ne t'inspire pas confiance, il y a trop de mélanges hétéroclites de gens que même ta tolérance ne peut pas assimiler.  Tu préfères le désert, ses étendues sablonneuses et les hauts rocs de ton duché d'origine.  Si tu avais à te rendre à Lorgol, tu ne sortirais pas en étant tremblant de peur, mais tu ne laisserais jamais tomber ta garde : ça, ça serait extrêmement dangereux.





Dans la vie, je m'appelle Marie et j'ai 24 dans deux jours ans. J'ai découvert le forum via une armoire qui va bientôt exploser, SOS aide demandée et voici ce que j'en pense : je vous déteste si fort :keur:.  




Récapitulatif

Anwar Sinhaj

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Hrithik Roshan
♦️ Compte principal : Non

Ne conserver que les lignes remplies
♦️ Hiérarchie : Garde du Pic de Roc-Épine / Sentinelle

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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Lun 17 Déc - 15:01



Shark présente

Soltana
Kamar

Aishwarya Rai

« On livre les premières batailles pour sa patrie ou la liberté. Les dernières pour la légende. »

indépendante - rigide - courageuse - intolérante - fiable - impatiente - sérieuse - radicale - déterminée - réservée



©️️ Insuline




Soltana n'avait jamais envisagé porter la vie ou avoir des enfants. Mais depuis son passage dans la trame alternée, où elle était enceinte, il lui arrive de se perdre à s'imaginer cet enfant qu'elle avait un temps porté. Elle n'en avait pas voulu, horrifiée de cette maternité surprise, mais à présent cet être qu'elle n'a jamais connu et qu'elle ne sait s'il existe vraiment lui manque. Elle se demande de quoi il aurait eu l'air, ce bébé qu'elle a laissé là-bas ; et elle hésite, à présent, sur ce qu'elle veut et qu'elle souhaite ici dans ce monde qui a toujours été le sien. Est-ce encore ce qu'elle veut, ce serment qu'elle a fait plus jeune dans cet acte de rébellion qui l'a libérée?



©️️ Ithika
Âge : 33 ans
Date et lieu de naissance : 16 décembre 969, à Chamaar (Erebor)
Statut/profession : Maréchale d'Erebor, Voltigeuse du griffon Acier
Allégeance : Anthim, sultan d’Erebor
Dieux tutélaires : Confiée à Joseï dans la pure tradition des familles erebiennes, elle dirige aussi ses prières à Valda.
Groupe principal : Les Gardiens de la Tradition
Groupes secondaires : Voltigeurs / Peuple


C’est sous une pluie d’étoiles que ses premiers pleurs vinrent rompre le silence. Le ciel de nuit, sombre comme l’encre, illuminé d’un millier de joyaux, avait alors fait cavaler les siens, laissant dans leur course une traînée de poussière qui restait un moment avant de s’étioler et de se fondre dans le firmament. Un jour, elle traverserait les cieux comme ces étoiles ; elle l’ignorait encore, petit poupon qu’on enveloppait dans une étoffe finement brodée. Un jour, son destin l’éloignerait des dunes de sable pour rejoindre les vallées de glace. Mais elle y reviendrait, contempler le voile scintillant de la nuit qui n’est aussi magique qu’ici, en plein coeur du désert.



L’enfant du sable et des étoiles vint au monde dans l’un des plus grands clans d’Erebor. Les Kamar étaient respectés, fortunés, et avaient toujours été de fidèles conseillers du pouvoir en place. Les domaines qu’ils occupaient étaient de vraies forteresses et porter le nom Kamar était quelque chose dont ils pouvaient être fiers. Ce n’est pas la guerre, ce n’est pas la mort, qui fit perdre à cette famille cette renommée ; c’est l’amour. Elles étaient trop jeunes, les sœurs, pour comprendre réellement ce qui se passait autour. Elles étaient trop petites, pour comprendre que dans les yeux de leurs parents elles prenaient alors place de pions pour tenter de redorer le blason de leur nom.
Leur enfance fut ainsi brodée des contes d'Erebor, des merveilles qui s'y trouvait, des histoires de leur clan, de la grandeur de son passé ; du duché voisin de Sombreciel, on n'eut cesse de le présenter comme l'ennemi et on répéta inlassablement à leurs oreilles que les choix pris par l'héritière de Chamaar n'étaient que trahison et disgrâce. Qu'elle avait entaché la tapisserie de leur lignée et que l'espoir de retrouver prestige ne reposait à présent qu'entre leurs mains. Un lourd poids à porter, pour des enfants qui n'ont pas même souvenir de ces temps dont on leur parle les yeux emplis d'étoiles. Un poids lourd d'espoirs et d'insistances, pour des enfants qui nourrissent en cachette des rêves tout autre.

Elles étaient belles, les sœurs Kamar ; d’elles ils voulaient en faire les plus belles courtisanes, les plus envoûtantes danseuses. Et Soltana les a apprises, les danses. Elle a mémorisé, les mouvements, les jeux de mains et de pieds, le balancement des hanches. On lui a montré, comment se faire belle, et Soltana a appris, comment nouer son sari, comment coiffer ses cheveux et enfiler tous ces bijoux qui faisaient briller son regard. Rigoureuse et stricte, l’enfant qu’elle était, même au travers ces enseignements desquels elle ne trouvait pas l’intérêt et ne cessait de questionner leur utilité. Alors elle apprenait, mais le soir venu c’était vers le ciel qu’elle portait son regard et s’imaginait un futur bien différent de celui que ses parents voulaient pour elle. Elle voulait danser, mais là-haut dans les cieux, elle voulait virevolter, mais sur le dos de ces griffons qu’elle pouvait parfois observer d’ici-bas. Ce n’était pas le destin que l’on voulait pour elle, ce n’était pas ainsi qu’elle pourrait regagner pour sa famille l’égard qu’ils se méritaient.

Elles étaient belles, les soeurs Kamar ; on aurait souhaité d'elles qu'elles se marient parmi la noblesse, que leur nom devient synonyme de prestige. C'est l'aînée qui déçue la première ; partie épouser un gitan, chef d'un clan des sables. Mais pour elle les soeurs ne pouvaient ressentir que compassion et compréhension ; elle partait poursuivre l'amour et la liberté.
Alors ce fut sur Soltana, qu’on déposa les espoirs de la famille. Elle n’avait pas les charmes et les douceurs de sa sœur, et avait toujours été quelque peu revêche, récalcitrante, aux enseignements appris, mais elle était belle et saurait attirer l’œil, qu’ils croyaient. Ils ne voyaient pas dans ses yeux briller les étoiles et les cieux ; ils ne voyaient pas son être entier demander autre chose que le mariage ne pourrait jamais lui apporter ; alors quand on voulu l’offrir au prince d’Erebor, s’en fut assez. Les entraves qu’elle s’efforçait de porter par amour pour ses parents et ses sœurs se brisèrent. Elle fit serment de sang, jurant le célibat. Droite et décidée, elle prenait l’exemple de son aînée, elle prenait enfin les rênes de sa vie ; elle quittait cet échiquier de pouvoir et de gloire sur lequel elle n’avait toujours été qu’un pion parmi tous les autres. Elle abandonnait Sitara d’une étreinte et de promesses, de mots d’espoirs et de courage, pour qu’à son tour elle prenne le chemin qui était le sien. Elle ne se doutait pas encore que sa petite sœur irait rejoindre le harem, que les chaînes qu’elle associait au mariage seraient pour la dernière le velours de l’épanouissement.

Alors devant elle, le sable finit par faire place aux pavés et aux tours de Lorgol. C’était un monde nouveau, pour l’Erebienne qui n’avait pas encore quitté son duché ; mais quand elle levait les yeux au ciel, elle pouvait encore y voir ces étoiles, les mêmes qu’elle voyait depuis chez elle. Elle avait appris à reconnaître les constellations, elle s’était toujours intéressée à la façon qu’avait les nomades d’y lire leur chemin pour ne jamais s’y perdre. Elle était loin de chez elle, mais quand elle regardait tout là-haut, juste à côté des lunes jumelles, il y avait cet assortiment d’étoiles, et elle savait que peu importe où elles étaient, ses sœurs pouvaient les voir à leur tour. Pas forcément les mêmes, mais qu'elles étaient aussi enveloppées de ce voile scintillant qui pouvait faire briller leurs espoirs. Et elle se sentait proche d'elles à nouveau, malgré tout.

Devant Acier son cœur s’était emballé. Elle avait tout abandonné, quitté, pour cet instant d’incertitudes. Rien n’était assuré, en cette matinée, et peut-être qu’elle repartirait bredouille après avoir attendu trop longtemps. Mais au fond d’elle, elle savait, en regardant ces majestueuses bêtes, que sa destinée était sur le dos de l’une d’elles. Et quand elle avait vu Acier, ses plumes claires tachetées, avant même que leur regard ne se croisent, elle avait compris que ce serait lui. Et le griffon avait tourné un œil vers elle, incliné très légèrement la tête, et dans son esprit une multitude d’images et de sensations avaient déferlées à une folle vitesse. Là-haut dans la nuit, au travers des cieux sombres et scintillants. Cette immensité brillante. L’infini des dunes perçue des hauteurs. Le monde, si petit. Son même regard, à elle, déterminé.

Sérieuse et disciplinée, la cadette, alors qu’elle avait poursuivi les cinq années de formation à la Caserne. C’était plus difficile qu’elle se l’était imaginé, alors que depuis le sol elle voyait parfois tout là-haut les griffons voler. Les cuisses en sang, les muscles meurtris, le corps couvert de bleus et d’éraflures ; jamais elle n’avait abandonné, malgré la frustration de l'apprentissage plus long et plus ardue qu'elle ne l'aurait souhaité. Elle aurait aimé être douée immédiatement, impatiente de pouvoir voler et de pouvoir être capable de faire tout ce qu'il fallait. Soltana n'avait jamais été très patiente, et ces années d'entrainement furent un travail sur elle-même. Mais ensemble, ils avaient appris, elle et Acier, à ne former plus qu’un, à se comprendre et à synchroniser leurs mouvements. Alors elle pouvait finalement danser, cette danse brutale qui se jouait dans les airs où la musique était celle du vent et les cliquetis rythmiques ceux des pièces de son armure. Les jeux de pieds appris à contrecœur petite lui était maintenant utile, pour conserver son équilibre. Elle était gracieuse et envoûtante, autrement que comment ses parents auraient préféré qu’elle soit, mais elle l’était tout de même. Elle avait appris à dompter le vent et le grand vide, elle était devenue Voltigeuse, acrobate des étoiles.

Il aurait été coutume qu’elle rejoigne l’escadron d’Erebor, mais celui de Valkyrion manquait alors cruellement de recrues et la jeune femme qu’elle devenait avait alors accepté d’intégrer les terres glaciales pour voltiger au-dessus des vallées de glace. Curieuse de découvrir le monde davantage, aussi, mais y voyant surtout une occasion de peut-être progresser rapidement. Le duché du savoir était loin de ses vallées de sable, et quand bien même qu'elle aurait préférée retourner en Erebor, les Kyréens partageaient un peu plus ses valeurs que la diversité qu'elle pouvait croiser à Lorgol.

Durant les années qui suivirent, Soltana grandit et appris. Elle devint une bonne guerrière, et une équipière plus que fiable. Le sabre qu’elle avait appris à manier était devenu tout autant une extension d’elle-même qu’Acier l’était aussi. Sous la direction de leur capitaine, Hjalmar d’Evalkyr, elle pouvait pleinement s’épanouir. L’homme exigeant pouvait trouver chez la jeune femme une recrue appliquée et sérieuse, qui se complaisait à exceller sous les attentes élevées auxquelles ils étaient tous soumis. Elle était fière, de gagner sa confiance et de prouver ses talents, fière qu’on lui confie des missions délicates, elle qui était encore toute jeune.

Et si les vallées du sable venaient à lui manquer, si ses sœurs si loin faisaient pleurer un peu son cœur, elle pouvait se réjouir des nouvelles de ces dernières. De Saraj qui semblait heureuse, qui lui parlait de ses filles et de son fils dans les parchemins qu'elle lui faisait parvenir. De Sitara qui semblait faire sa place au sein du harem. Elle était heureuse pour ses sœurs, heureuse pour le bonheur qu'elles ressentaient, un bonheur qu'elle ne rejoignait pas pour autant. Leurs univers semblaient si différent, à présent. Et bien qu'elle les aimait de tout son cœur, elle se sentait s'éloigner d'elles, alors que la femme qu'elle devenait se complaisait toujours autant de la compagnie de son griffon sans chercher les attaches d'une famille. Son destin était différent, mais elle se sentait s'éloigner d'elles alors qu'elle était la seule des soeurs qui ne semblait pas trouver son épanouissement au sein du couple.
Malgré tout, elle avait su se construire une petite vie en Valkyrion. Celle qui pouvait au premier abord sembler un peu dure d'approche face à son caractère si stricte et rigide, réservée et bien souvent fermée quand on ne partageait pas ses opinions, avait su s'y tisser quelques liens ; quelques petites amitiés, avec ses collègues Voltigeurs ou quelques Kyréens ou Kyréennes, et aussi de petites histoires de coeur ; non pas de réelles relations sinon quelques moments partagés pour réchauffer les froides nuits qu'on y vivait.

Le Tournoi des Trois Opales lui avait permis de revoir Sitara et de rencontrer son neveu le prince Qasim pour la première fois. Elle est fière de voir sa sœur aux côtés de la plus haute noblesse, fière qu'à présent le nom des Kamar rime avec autre chose que trahison, mais elle sait aussi que le harem peut être dangereux, et elle craint un peu pour sa sœur et son neveu.

Quand la guerre éclate au début de l’an 1002, elle regrette alors de ne pas voler pour Erebor et de pouvoir défendre son duché. Elle ne peut que s’enquérir des nouvelles, et se contenter des images transmises par Acier depuis l’esprit collectif des griffons. Soltana n’ira pas au front, dépêchée avec quelques autres Voltigeurs pour assurer la défense de la cité impériale, alors nommée Major de la division d’Ibelin dans la foulée. Ce n’est pas où elle aurait préféré être, et elle se sent un peu inutile si loin des conflits bien qu’elle reconnaisse la confiance de son Capitaine en la mettant en charge de la défense de la cité impériale et en lui donnant ces nouvelles responsabilités.

Quand le Sablier fut activé, Soltana fut transportée dans sa trame alternée. Les vingt premières années de sa vie sont un calque de sa réelle existence, mais alors qu’elle se présente dans l’auditorium pour la sélection des griffons, elle attend longuement. Et au terme de ce qui lui semble une éternité, elle doit bien se rendre à l’évidence, aucun griffon ne l’a choisie. Ses rêves se brisent, mais elle ne peut pas se résoudre à retourner chez elle pour suivre la destinée que ses parents auraient voulue pour elle. Elle intègre l’académie où elle poursuit un cursus d’astronomie. Elle deviendra par la suite professeure et ne retournera jamais en Erebor. Quand elle s’éveille, elle se retrouve enceinte de plusieurs mois, et se voit contrainte de gérer l’absence d’Acier et cette maternité qu’elle n’avait même jamais envisagé. Elle choisira de se souvenir, pour pouvoir confronter Acier de retour dans la réalité, mais son griffon n’a pas souvenir de cette autre univers où il ne l’a jamais choisi…

Fin juillet suivant, c’est dans la nuit qu’elle est subitement réveillée, alors appelée en renfort quand les flammes se déclenchent dans la caserne des Voltigeurs de Svaljärd et au palais ducal lors de la fête de Lughnasadh. Elle y était alors présente, dépêchée pour escorter la famille impériale. Rapidement elle rejoint le chaos accompagnés de quelques autres Voltigeurs et c’est aux côtés de la Rose qu’elle combat non sans peine les sentinelles. Quand le calme s’impose à nouveau, c’est de lourdes pertes qu’ils essuient. L’impératrice décédée, l’empereur blessé. Sans compter les morts, tous les morts, et les dégâts. Soltana n’avait pas été au front au début de la guerre entre Ibélène et Faërie, et pour la première fois elle assiste vraiment au chaos destructeur de celle-ci. Sauf que cette fois, ce n’est pas même la guerre, mais une autre menace, l’Ordre. Soltana est ambigüe face à cette organisation ; autant souhaite-t-elle le retour des savoirs perdus, autant préfèrerait-elle que ce ne soit que cela et que les magies ne soient pas impliquée. Et il a aussi leur procédés, cette façon de semer le chaos pour atteindre leurs objectifs qu'elle n'approuve pas pour autant. Le retour au calme est dur, et l’ambiance lourde dans la capitale impériale alors que le futur semble incertain.
Ce n’est pas les semaines suivantes qui rassurent alors qu’un mal étrange s’ajoute à la guerre qui se poursuit. Les mages ne sont pas des plus nombreux en Valkyrion, aussi se croient-ils aux premiers abords épargnés de l'épidémie. Soltana n’a jamais été fervente de la magie, et encore moins partisane du retour des magies bannies, et si elle voit cette maladie comme un signe de ses convictions, elle ne peut s’empêcher de se questionner sur ceux qui sont derrière tout cela.

Et puis il y a la Chasse. La Chasse qu’on libère, la Chasse qui se présente et qui emporte avec elle la Rose, la Rose qu’elle avait toujours soutenue, mais dont elle ne comprend pas le départ.
Et il y a ce nom qui parvient à ses oreilles. Sitara d’Erebor qui était l’écrin du pion blanc. C’est d’abord une grande fierté, malgré la tristesse et l’incompréhension face à la fin de la Rose, qui s’empare de Soltana en apprenant que sa sœur faisait partie de cette organisation. Mais elle fait vite de déchanter quand elle apprend que le pion blanc aurait pris possession de Sitara et se serait enfui. Détruite, effondrée. Elle qui croyait en la Rose se voit à présent trahi par cette dernière qui lui vole une sœur. Elle ne veut pas croire avoir perdu sa sœur, nourrissant l’espoir malsain qu’elle pourrait être retrouvée et qu’elle serait toujours là, Sitara. Mais elle sait, au fond d’elle, que quand bien même qu’ils retrouveraient l’esprit de Johan d’Outrevent, que ce serait le corps de Sitara qu’on retrouverait, que ce ne serait plus sa sœur. Et elle est furieuse, quand elle apprend le couronnement de Shéhérazade ; mais elle sait bien, l’Erebienne, comment le harem fonctionne, et que pourrait-elle y faire, la Voltigeuse des glaces? À présent elle craint encore davantage pour la vie et la sécurité de son neveu.

Les mois qui suivront, à défaut de panser les blessures de la perte de sa sœur, lui feront oublier un peu cette douleur. La trêve qui a lieu n’est que répit partiel alors qu’ils craignent tous la Chasse à présent. La mort de l’empereur après le décès de sa femme plonge l’empire, et particulièrement Valkyrion, dans une sombre période. Il y a Octave, qui est voué à le remplacer, mais la jeune femme ne peut que nourrir quelques doutes sur les capacités de ce garçon encore si jeune. Elle n’était pas à proprement parler présente pour le couronnement. Affectée à la sécurité de la cité, c’était hors des murs du palais qu’elle avait assuré les patrouilles et la quiétude du peuple et de toute la noblesse qui s’était déplacé. Mais comment rester aveugle et sourd à tout ce qui s’y était passé?
Elle avait dû ravaler la douleur de la perte de sa sœur pour aller présenter ses respects et ses félicitations à la nouvelle sultane, mais elle n’avait pu empêcher son esprit, quelquefois, dans quelques regards rapides, de se méprendre et de voir Sitara à sa place. Son cœur s’était serré, avant qu’elle ne s’oblige à se raisonner. Elle aurait aimé que Qasim les accompagne, le revoir un peu, s’assurer qu’il était encore en sécurité. Elle ne savait pas alors qu’elle le pourrait plus rapidement qu’elle le pensait.
Le refus d’Anthim de prêter serment à Octave l’a surpris, mais au fond d’elle elle soutenait la prise de position de son sultan. Elle n’eut pas le temps de se questionner sur ce qu’il adviendrait d’elle et de ses consœurs Erebiennes à présent que la nouvelle leur parvenait de l’assassinat du nouvel empereur. Mais c’est son retour à la vie au lendemain des mains même de la Chasse qui la choqua le plus. La vision de la mort qu’elle avait était celle ancrée au sein du peuple erebien ; la mort était quelque chose de sacré à laquelle on ne touchait pas et d’où surtout on ne revenait pas. Ce n’était plus Octave qui gouverne à présent Ibelène, mais quelque chose d’inhumain ou quelconque magie obscure.

Presque soulagée, alors, de quitter cet empire qu’elle ne reconnaissait plus ; où on cherchait à faire accepter la magie et où on acceptait de se faire diriger par un homme revenu du royaume des morts. Le retour en Erebor était agréable, bien que chargé des souvenirs douloureux de sa sœur disparue. Elle abandonnait son rôle de Major non sans amertume, ignorant encore l’immense confiance que lui porterait son sultan en la nommant maréchale quelques temps après.

La chaleur était agréable, bienvenue et oubliée presque après toutes ces années dans les froids incessants du duché du savoir. Et les étoiles étaient si belles, le ciel un voile scintillant comme nulle part ailleurs. Soltana était retournée voir Siraj, aussi, et ensemble elles avaient pleuré Sitara avant de se partager quelques espoirs d’un nouvel Erebor qui pourrait à présent briller maintenant libéré des carcans de l’empire. Elle était retournée à Vivedune, alors demandée par le sultan lui même. Elle avait été d’abord surprise qu’on lui offre le poste de maréchale d’Erebor, mais bien évidemment plus qu’honorée et fière de la confiance qu’on lui portait, à elle qui n’avait pourtant jamais même volé pour le duché du sable auparavant. On ne refusait pas un tel honneur, une telle confiance qu’on se voyait donner ; alors bien évidemment que Soltana avait accepté. Elle savait la grande responsabilité qu’un tel poste portait, et elle savait aussi que cela signifiait peut-être moins de temps de vol. Elle était jeune, encore, beaucoup plus jeune qu’il n’était coutume pour être promue à un tel poste, mais l’Erebienne avait toujours été d’un grand sérieux et d’une grande discipline dans ses apprentissages et ses années de travail. Elle avait beaucoup appris en observant son capitaine, en devenant Major par la suite quand la guerre avait éclatée. Elle avait confiance en ses capacités, bien que ces responsabilités seraient nouvelles. Mais surtout, depuis la disparition de sa sœur, elle avait encore plus à protéger. Il y avait Saraj, quelque part dans les dunes, il y avait les enfants de Sitara. Il y avait ce peuple, le sien qu’elle avait délaissé le temps de sa formation et de ces années à voler au-dessus des vallées de glace ; ce peuple qu’elle n’avait jamais oublié et ces gens qu’elle avait toujours considérés les siens.

Mais elle avait l’ambition que le vol d’Erebor rayonne de son efficacité et des capacités de ses Voltigeurs. Qu’il n’ait rien à envier à ceux de l’empire Ibéen.

Il ne fut pas long que déjà l’aide des Voltigeurs soit demandée dans une opération délicate et cruciale. Quelle idée, de réveiller les morts ainsi ! Profanation immense, et maintenant leurs ancêtres et leurs disparus qui s’éloignaient vers ils ne savaient trop où. Ce fut là la première mission que Soltana organisa en poste de Maréchale, dépêchant une escorte de Voltigeurs pour encadrer les agents de la Confrérie envoyés pour ramener les défunts dans leur vallée sacrée. Avec quelques dégâts, tout fini par rentrer dans l’ordre, mais l’utilisation de la magie du Sang pour éveiller leurs morts laisse encore Soltana prise d’un sentiment glacial. On ne joue pas ainsi avec la vie, et cela ne fait que davantage accentuer sa position face aux magies anciennement bannies.

Les temps se calment un peu suite à cela en Erebor. La nouvelle Maréchale prend tranquillement ses aises dans ce poste et ces responsabilités qu’elle découvre, et elle apprend à faire confiance à ses Voltigeurs, à ses frères et sœurs des dunes. Mais les temps troubles sont toujours là, et le confort du soleil et du sable et du retour à la maison ne peut pas masquer les déchirements et l’escalade d’évènements qui se poursuivent dans tout Arven. Ils sont seuls, à présent.

Et Erebor devra être fort et puissant.
Et le vol d’Erebor devra tout autant l’être.






CHRONOLOGIE


23 avril 967 ♦️ Naissance de Saraj
16 décembre 969 ♦️ Naissance de Soltana
08 juillet 971 ♦️ Naissance de Sitara
XX juillet 989 ♦️ Soltana quitte sa famille et les dunes de son enfance pour retrouver Lorgol et poursuivre ses rêves
XX août 989 ♦️ Elle est choisit par Acier et commence l'entrainement de Voltigeuse
XX juin 994 ♦️ Soltana est officiellement Voltigeuse et rejoint l'escadron de Valkyrion
06 décembre 1000 ♦️ Naissance de son neveu, le prince Qasim & couronnement de sa soeur Sitara comme sultane
30 janvier 1002 ♦️ Soltana est nommée Major de la division d'Ibelin
01 juin 1002 ♦️ Naissance de son neveu et sa nièce, les jumeaux Qasid et Qamra
XX avril 1003 ♦️ Suite à la sécession d'Erebor, elle quitte Valkyrion pour retourner dans ses dunes natales
04 juin 1003 ♦️ Soltana devient Maréchale d'Erebor



La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Elle ne peut que se sentir faible et vulnérable face à cette menace qu'elle ne peut combattre. La Voltigeuse qui n'a jamais eu peur d'affronter les dangers sait toutefois que contre celui-ci elle ne pourrait rien et qu'il serait vain de tenter. Elle déplore surtout la liberté volée de profiter sans crainte de la nuit. Quand elle regarde encore les étoiles le soir venu, elle ne peut s'empêcher de rester attentive aux bruits des cavaliers qui pourraient venir la dérober. Mais c'est surtout pour Acier qu'elle a le plus peur. Elle a vu la douleur de Siricco, et même si elle sait que cavaler au sein de la Chasse n'est pas destin définitif, elle souhaiterait ardemment éviter cette douleur à ce griffon qui est sien.

Octave d'Ibélène mène à présent la Chasse Sauvage. Le trône impérial ibéen est désormais vacant ; la rumeur prétend que des négociations sont en cours entre le duc Guillaume et la princesse Sixtine en vue d'un mariage. Que penses-tu de tout cela ?
• Les morts ne reviennent pas à la vie. Malgré les années passées loin d'Erebor, la jeune femme n'a rien perdu des croyances de son son peuple. Dès son retour du royaume de Sithis, le jeune empereur était voué à un sombre destin. Elle n'a pas été surprise d'apprendre qu'il fut réclamé par la Chasse, mais cela est tout autre pour les négociations de mariage entre la princesse Sixtine et le duc Guillaume. Elle a bonne opinion de la princesse et avait espoir de ce qu'elle pourrait accomplir. Elle ne comprend pas qu'elle puisse considérer le mariage à un duc Bélliférien. Par dessus tout cela, elle présent de sombres mouvements pour l'empire d'Ibélène, et est heureuse d'être de retour dans un Erebor qui s'en éloigne.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol aura toujours pour elle cette consonance de liberté. C'est là qu'elle s'est rendue quand elle décidé de prendre en main sa destinée, là qu'Acier l'a choisie et qu'ensemble ils ont appris à ne plus former qu'un. Et aujourd'hui, avec la sécession d'Erebor, ce n'est que là qu'elle peut espérer revoir les amitiés qu'elle a su se forger au cours des longues années à voler pour Valkyrion. Erebor et ses dunes et son ciel étoilé sera toujours chez elle ; mais Lorgol aura toujours ce goût de liberté si particulier.







Dans la vie, je m'appelle Erika et j'ai 27 ans. J'ai découvert le forum via un duc qui est un peu trop heureux de se remarier et un vieillard à qui on laisse même pas le droit d'avoir une retraite tranquille :laa: et voici ce que j'en pense : rendu ici vous savez déjà que vous êtes pris avec moi :miguel:.




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Je suis : Prince héritier de Faërie ; mage de l'Automne (diseur de vérité), élève Chevaucheur de la dragonne Agonie, reine du Vol de Jade

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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Lun 17 Déc - 15:49



[Dreamzz] présente

Antonin
de Faërie

Marcus Vanco

« Lorsque le coeur s'abstient de mensonge, la justice triomphe »

Antonin est un jeune homme pour qui la justice est une valeur cardinale.  Généreux de lui-même en raison d'un attachement ferme à l'honneur, il entretient un côté altruiste, toujours prêt à aider son prochain sans rien exiger en retour.  Honnête, il supporte mal la dualité de certaines personnes et c'est pour cette raison qu'il a choisi le domaine de la Vérité lorsque vint le temps d'entrer à l'Académie de la Magie et du Savoir, se jurant de ne jamais trahir sa promesse de ne point mentir.  Fidèle à sa parole sur laquelle il ne revient jamais avec une obstination parfois désespérante, il est aussi également très loyal envers ses amis, mais surtout envers sa famille.  Il la supporte toujours de toutes ses forces envers et contre tous.

Garçon plutôt sérieux, il s'applique dans tout ce qu'il fait.  Poussé par un perfectionnisme exagéré et une détermination de fer, Antonin essaie et recommence jusqu'à ce qu'il atteigne ses objectifs.  Bien qu'il aie un tempérament parfois un peu rêveur, lui qui craint de prendre des responsabilités et de changer ses habitudes, il se fait violence pour avancer.  En prenant le moins de risques possibles.  Il sait ce qu'il doit aux siens et c'est ce sens du devoir qui le pousse à toujours vouloir aller plus loin, à dépasser ses limites, quitte à s'en rendre malade.

Mais malgré tout ce qu'il exige de lui, tous les efforts qu'il met pour devenir l'adulte qu'on attend de lui qu'il soit, Antonin reste l'enfant si facilement impressionnable qu'il était par le passé.  Manquant totalement d'assurance et de confiance en ses capacités, il se force constamment.  La pression ne tombe jamais de ses épaules.  Et celle-ci le submerge facilement.  Un peu de désordre dans ses affaires suffit à le faire se sentir oppressé et les ranger avec ses tendances un peu maniaques, lui qui calcule même l'angle de ses livres sur sa table, lui fait un bien immense.

Ce manque criant de confiance en soi aurait laissé à croire le contraire, mais Antonin a un côté plutôt séducteur.  Bien que coincé et timide aux sujets plus flamboyants en ce qui concerne l'amour courtois, il est d'un naturel charmant devant ses dames, preux chevalier galant toujours prêt à poser sa cape pour permettre à une dame de traverser une flaque d'eau.



©️️ Lemon Tart
Il était si haut.  Le coeur lui battait à la chamade et il n'avait jamais rien vécu d'aussi excitant de sa vie.  Submergé par les émotions, il poussa un long cri d'extase.  Il volait.  Haut dans le ciel.  Les nuages étaient à portée de main.  Puis il baissa les yeux et le sol le rappela à lui dans une chute brusque qui aurait pu très mal finir si Agonie ne l'avait pas rattrapé.  Il se promit de ne plus jamais lâcher sa dragonne une fois en vol, quoi qu'il arrive.



©️️ Dalila
Âge : 22 ans
Date et lieu de naissance : 4 février 981, à la Rive (Outrevent)
Statut/profession : Prince héritier de Faërie ; mage de l'Automne (diseur de vérité), élève Chevaucheur de la dragonne Agonie, reine du Vol de Jade
Allégeance : Gustave de Faërie
Dieux tutélaires : Né sous Aura, Antonin adresse également ses prières à Levor
Groupe principal : Les hérauts du renouveau
Groupes secondaires : Noblesse / Chevaucheurs / Mages


Ses yeux s'ouvrirent sur le monde, un monde qui n'était pas encore entaché par les horreurs de la guerre, ou plutôt un monde où une trêve millénaire en occultait les dernières traces en-dehors des souvenirs.  Un monde que seules des prunelles d'enfant pouvaient encore voir avant que l'âge adulte ne vienne tout souiller.  Car en ce monde, il était venu à voir le jour sous une certaine violence.  Secret de Polichinelle, Antonin de la Rive, né de l'union de Gustave et Lauriane de la Rive, aurait pu ne jamais voir le jour.  Lauriane, alors seulement âgée de dix-sept ans, n'était certes pas préparée aux aléas de la maternité, et si tout à fait petit, le bambin ne pouvait réellement prendre pleinement conscience des lacunes de sa mère, il grandirait pour les découvrir.  Les siennes qui étaient tout autant celles de son père.

Le bébé n'était pas seulement l'héritier de la Rive, petite baronnie outreventoise, mais également la raison qui avait unie Gustave du Ponant, noble de petite facture à l'ambition dévorante, à Lauriane de la Rive.  Un mariage de convenance, car bien malgré elle, la future baronne avait fauté.  Elle avait commis une erreur irréparable dont elle devait assumer les conséquences.  La toute première étant cette union matrimoniale et la seconde ce petit nourrisson vagissant à qui un grand futur se dévoilerait un jour.

Si encore bébé naissant, Antonin n'avait nul moyen de percevoir rien de la froideur entretenue entre ses parents, en vieillissant, du haut de ses trois pommes, alors qu'il commençait à trotter aisément sur ses deux jambes dodues, peut-être a-t-il surpris quelque distance entre eux.  Aujourd'hui, tout ceci n'est qu'un vague souvenir auquel il pense bien rarement.  Après tout, il était encore bien jeune quand les relations entre ses parents se sont améliorées et que son enfance solitaire s'est enrichie de la présence de sa soeur, Armandine.

Dès qu'elle fut assez grande pour trotter avec lui, la petite soeur d'Antonin devint sa compagne de jeu favorite.  Ayant à coeur son rôle de grand frère, il prenait garde que leurs jeux soient accessibles à la fillette encore toute potelée qu'elle était.  Il ralentissait son pas pour qu'elle puisse rester à sa hauteur et près de lui, il veillait à ce qu'elle ne tombe pas.  Par ses titres, Armandine n'était pas encore une princesse, mais dans le coeur d'Antonin, elle était particulièrement précieuse.  Quand elle eut l'âge d'avoir sa propre dinette, il acceptait gracieusement ses invitations à prendre le thé dans ses jolies petites tasses qu'elle remplissait d'eau à servir avec des biscuits qu'il allait lui chercher en secret à la cuisine.  Ils étaient heureux.  Et parfois, quand haut dans le ciel le petit garçon voyait passer un dragon, il rêvait d'un jour devenir un grand mage et de rejoindre lui aussi le rang des Chevaucheurs pour protéger Outrevent et Faërie des dangers.  Naïvement, il songeait à ces jours à l'Académie et l'arrivée d'Armandine à ses côtés, quand elle le rejoindrait pour être à son tour formée en tant que mage.  À ce moment-là, il lui montrerait tout ce que lui-même aurait appris par le passé, l'aiderait à se faire à la vie à l'Académie.  Il ne songeait que peu aux années de séparation qui précéderaient la réalisation de ce rêve.

Bien que fils de baron, l'enfance d'Antonin ne se passa pas seulement à jouer avec sa petite soeur.  Alors que celle-ci était encore très jeune, ses premiers précepteurs se succédèrent pour lui apprendre à lire, à écrire, à compter.  Il avait des cours d'histoire sur Faërie, sur Arven.  Il apprenait les rudiments de la géographie.  Bien qu'encore très jeune, il s'appliquait beaucoup dans ses études.  D'abord pour apprendre à différencier les différentes lettres de l'alphabet, puis tranquillement apprendre à lire des mots et des phrases.  Son écriture était brouillonne, il éprouvait  des peines à reproduire les symboles qu'on lui enseignait, mais quand il sortait et qu'Armandine n'était pas avec lui pour partager ses jeux, il continuait sans relâche à tracer avec un bout de bois dans le sol les différentes lettres qu'il avait apprises.  Dès l'enfance, il était appliqué et déterminé à réussir.  Il deviendrait un homme un jour, un homme à la hauteur des espérances de son père qui a toujours été un modèle pour lui.

Quelques mois après son douzième anniversaire, alors que l'adolescence commençait à prendre ses droits sur lui, transformant sa voix en quelque chose d'étranger à lui-même, attablé devant parchemins et livres d'études qu'on lui avait offerts, Antonin étudiait avec sérieux.  Son tracé à la plume n'était plus aussi tremblant, plus aussi cabossé et les lettres prenaient une élégance toute masculine.  Il avait bien travaillé.  Plus tard, il saurait devenir le digne héritier des terres de son père.  Concentré, il sursauta lorsque Armandine vint toquer à la porte.  La fenêtre s'ouvrit sous le poids d'une bourrasque de vent et souffla la mèche de la bougie.  Bien qu'il ne ventait pas - pour une fois - quelques instants plus tôt, l'adolescent ne s'en formalisa pas et ferma tout simplement la fenêtre avant de s'occuper de sa soeur : tous deux étaient habitués aux vents hurlants d'Outrevent, ce n'était pas quelque chose d'exceptionnel.

Le phénomène se reproduisit quelquefois sans qu'Antonin ne remarque jamais rien de la magie qui s'était éveillée en lui.  Jusqu'au jour où la flamme de la chandelle s'éteignit dans un souffle sans que la fenêtre ne soit ouverte.  Et alors que la pièce baignait dans l'obscurité, une lumière s'éclaira dans les yeux de l'Outreventois : il était mage!  Les entretiens pour l'Académie étaient déjà terminés, la nouvelle année d'études était commencée.  Toutefois, l'espoir de devenir quelque chose de plus que le baron de la Rive s'était allumé dans son esprit.  Il se présenterait aux prochains entretiens pour tenter d'apprendre à maîtriser cette magie qui deviendrait peu à peu la sienne.

L'année passa par moment rapidement, par d'autres plutôt lentement, mais vint le jour tant attendu.  Il prit le portail en direction de l'Académie, prêt à relever tous les défis.  Vif d'esprit et très décidé à être admis, il cacha toute l'intimidation qu'il ressentait de se retrouver devant les examinateurs.  Ses premiers pas entre les murs de la grande école l'avaient fait se sentir petit, très petit.  La splendeur des lieux n'avait rien à voir avec la demeure familiale où il avait grandi.  Seul et effrayé, il avait craint de ne pas trouver sa place, de faire une erreur en se présentant, mais il en avait rêvé pendant des mois.  Il n'était pas question de rebrousser chemin.  Il ne ferait pas honte à son père en fuyant comme un poltron.  Il irait la tête haute droit devant lui et ne reviendrait qu'après avoir tout tenté pour obtenir ce qu'il désirait.  Il serait l'artisan de la réalisation de ses rêves ou de leur échec.

Détermination et conviction, c'était ce qui avait convaincu les examinateurs de la place d'Antonin sur les bancs de l'Académie.  Il serait un élève assidu et ne se détournerait pas de son but.  Rapidement, il choisit sa voie.  Vérité.  Antonin pour qui l'honneur et la droiture comptaient ne choisissait pas la voie facile, le domaine en question demandait une rigueur très forte, mais lui qui tenait beaucoup aux principes avec lesquels il avait grandi savait que c'était celle qui lui convenait le mieux.  Il se plongea dans ses études avec diligence, recevant les éloges de ses professeurs pour son travail assidu.

Ses études se déroulèrent sans de plus grave incident que la découverte de la magie qui avait réclamée sa soeur Armandine.  Il était arrivé plusieurs fois à Antonin d'imaginer que sa benjamine le rejoindrait un jour à l'Académie, mais ce jour ne viendrait jamais.  Éveillée à la magie du sang, Armandine n'avait pas sa place entre ces murs de pierres empreints de magie.  Si aux premiers abords le jeune homme qu'il devenait alors se sentit effrayé, même révulsé, n'osant croire cette lettre qui lui annonçait la nouvelle, il prit rapidement sur lui-même.  Magie maudite ou non, il s'agissait de sa soeur et elle avait besoin de lui.  Honneur en tout point.  Était-il excusable qu'un homme renie l'un des siens parce que c'était plus facile?  Il eut envie Antonin, l'idée lui traversa l'esprit que la famille ne devrait plus que compter que trois personnes.  Il était jeune, il avait peur.  Que leur ferait-on si on savait qu'ils élevaient une mage du sang?  Ce qui le convainquit finalement du bien fondé de protéger sa soeur, ce n'était pas les liens du sang qu'ils partageaient mais bien son sens de la justice.  Jamais Armandine n'aurait choisi d'elle-même d'être porteuse d'une magie interdite.  Était-il juste de la punir pour quelque chose qu'elle ne pouvait contrôler?  En lui-même, Antonin savait qu'il avait raison et il se jura de devenir plus fort.  Depuis, ses convictions sont encore plus arrêtées.  Il oeuvrerait pour le bien des gens qui comme sa soeur étaient privés de leur liberté à tort.

Le premier pas vers ce nouveau chemin qu'il s'était tracé fut de troquer ses plumes d'étudiants pour quelque chose de plus grand : il lui fallait désormais des ailes et celle de Gustave ne suffiraient plus à le porter.  Il devait voler encore plus haut et pour ce faire, il s'avança, tremblant et incertain, vers la Caserne de Flammes, prêt à tenter sa chance pour rejoindre les Chevaucheurs.  Il n'était pas le seul candidat.  Il a vu le visage défait de ceux qu'aucun dragon ne réclamait comme leur.  Ses inquiétudes et incertitudes s'intensifièrent.  Qu'est-ce qui lui faisait croire qu'un noble seigneur des cieux voudrait de lui pour partenaire?  Sa magie, lui qui l'avait choisie sans hésiter, serait-elle vraiment utile à un Chevaucheur?  Elle le détrompa sur ses craintes.

Agonie.

Si en se présentant à la Caserne, Antonin espérait lier son destin à celui d'un des dragons, il ne s'attendait pas à être choisi par nulle autre qu'une reine.  Ses écailles vertes scintillantes étaient bien pâles face au poids de l'esprit ancien qui désormais lui murmurait directement dans sa tête ses pensées.  Les premiers temps, la présence de la dragonne était envahissante pour l'adolescent qui apprenait lentement mais sûrement à lui ouvrir son coeur.  Celui-ci était noir de toutes les peurs qu'il avait nourries à travers les années et si les voir être agitées l'effrayait au départ, que les perquisitions curieuses de la Reine de Jade dès qu'il était plus détendu le rendait nerveux, avec le temps Agonie devint un support indispensable dans la conquête de son avenir.  Il avait trouvé en elle une âme soeur, un être à qui s'ouvrir, avec qui tout partager.  Pourtant, la coexistence avec la dragonne n'avait rien de simple.  Parfois joueuse et encline aux remarques si puériles, elle pouvait aussi se montrer implacable.  Ils se trouvaient peu à peu l'un l'autre au fil des entraînements et bien malgré leurs joutes mentales, ils s'attachaient de plus en plus.

Les choses ne restèrent pas aussi calmes longtemps.  Antonin avait 19 ans, il n'était plus un enfant.  Si certaines choses n'avaient pas besoin de lui être dévoilées quand il était plus jeune, il était en âge maintenant de comprendre.  De comprendre et de soutenir son père qui désirait retrouver ce qui lui revenait de droit.  Les années qui couvrirent la formation de Chevaucheur d'Antonin furent aussi passées à organiser la prise de pouvoir de Gustave qui pouvait prétendre au titre d'empereur en raison de sa naissance, lui qui était l'aîné de la famille impériale, relégué à l'oubli parce qu'il était né homme.  La mort de Chrysolde remplacée par Chimène devenait un tremplin pour arriver à ses fins.

C'est au couronnement de l'impératrice Chimène, un an après la mort de son aînée que Gustave tenta par l'Ordalie de prendre sa place sur le trône impérial.  Déjoué dans ses plans, la famille de la Rive dut se cacher et se terrer.  Antonin y compris.  Malgré son attachement pour Agonie, sa détermination à devenir un Chevaucheur d'excellence, son devoir allait d'abord à sa famille et à sa sécurité.  Comme un pleutre, il se terra.  Parce que c'était ce qu'il devait faire.

Pouvait-il se pardonner d'avoir laissée sa dragonne derrière lui?  Non.  Il la regrettait tous les jours, il cherchait son contact, malgré le mur qu'elle lui imposait, elle qui le boudait de l'avoir abandonnée.  La tentation de se laisser abattre était forte parfois.  Il avait envie de broyer du noir, d'attendre que les choses ne redeviennent normales.  Mais elles ne le seraient plus jamais et il devait l'accepter.  Avancer.  Continuer.  C'était ce qu'elle aurait voulu, même ce qu'elle voulait sûrement malgré sa bouderie.  On ne néglige pas une reine comme ça.  Il comprenait Antonin.  Il l'attendrait.  Il attendrait qu'elle revienne à lui.  En attendant il ne devait toutefois pas se relâcher.  Gustave n'avait pas abandonné ses ambitions et lui en tant que fils se devait de se préparer à le soutenir.  Sans relâche, Antonin se préparait à devenir celui qu'on attendait qu'il soit : le prince héritier de la couronne de Faërie.  Lui qui ne l'avait qu'effleurée alors qu'il n'était encore qu'enfant, il se mit à étudier la politique, à apprendre la diplomatie.  À devenir plus fort encore qu'il ne l'était déjà.  Depuis trois ans, il se reposait complètement sur son lien avec la dragonne pour grandir.  Elle l'avait supportée dans les moments difficiles.  Elle l'avait poussé vers l'avant avec sa sagesse accumulée au cours des siècles.  Il devait se surpasser pour lui montrer qu'elle pouvait dépendre de lui elle aussi.  Pour montrer à son père qu'il était digne d'être son fils.  Et pour se prouver à lui-même  qu'il valait mieux que ce qu'il croyait.

Quand Gustave évinça Chimène, ce fut fini.  Il le savait déjà depuis longtemps qu'il ne volerait plus derrière les ailes d'Agonie comme autrefois.  Le ciel ne leur appartenait plus.  Il avait laissé cette conscience d'un futur loin de la Caserne de Flammes s'effacer dans un coin de son esprit.  Il avait peur de lui faire face et maintenant qu'il vivait au palais impérial d'Alfaë, il ne pouvait plus faire semblant de ne pas savoir.  Alors pour combler le vide laissé par Agonie, il se plongea corps et âme dans l'apprentissage du prince parfait.  S'il ne pouvait devenir le Chevaucheur de légende dont il avait rêvé, le jour où il prendrait le flambeau de son père, il se montrerait à la hauteur grâce à son travail acharné.

Il s'habituait à la vie au palais, mais pas à l'absence, ni au vide.  Ni à la pression.  Jamais assez parfait.  Jamais assez rapide.  Jamais suffisant.  Il se le répétait constamment.  Jamais assez rien.  Le soir, lorsque la journée s'achevait, sachant Agonie en vol avec un autre Chevaucheur, il ne supportait plus d'être lui-même.  Et c'est comme ça qu'il commença.  Il avait entendu parler comme tout le monde des spiritueux des Cielsombrois.  On disait qu'une petite dose suffisait à soulager de tous les soucis.  C'est ainsi qu'il tomba dans le cercle vicieux des drogues.  Il n'en prenait qu'un peu Antonin, il connaissait le danger de telles substances, il se croyait être capable de résister, mais il se prit lui-même au piège.  Ça non plus, ce n'était jamais assez.  Plus il en prenait, plus il en avait besoin.  Plus, toujours plus.

Lorsqu'il se réveilla lors de la réalité alternée, le 27 avril, il crut à un mauvais  rêve, mais plus encore à sa descente aux enfers.  La drogue avait-elle complètement changée son monde?  Connu pour être un prince indolent, amoureux d'une certaine Cassiopée, il fut pris au dépourvu lorsqu'il dut venir en aide à une mage du nom d'Ilse.  Lui qui avait été toujours si travaillant se retrouvait dans la peau d'un homme qui n'avait jamais rien fait de mieux que de se complaire dans l'opulence de sa position.  Au retour à la normale, confus de l'expérience, Antonin décida toutefois d'en conserver le souvenir pour ne jamais oublier où la paresse pourrait le mener.  Pour se prouver à lui-même que toute la pression qu'il se mettait avait raison d'être, qu'elle portait ses fruits.  Si un temps cette expérience le tint éloigné des spécialités cielsombroises, le besoin viscéral revint vite.  Trop vite.

Si les mois suivants furent durs pour Ibélène, ils restèrent un moment cléments pour Antonin, bien qu'il se reconnaissait dans les traits de son cousin, encore si jeune pour devoir assumer les devoir de son père alors que sa mère venait tout juste de rejoindre le royaume de Sithis.  S'il ne rencontra pas de difficultés personnelles, de nouvelles peurs s'insinuèrent et empoisonnèrent le sang coulant dans ses veines.  Il tremblait Antonin.  Que ferait-il si Gustave était subitement emporté par le dieu sans visage?  Il avait travaillé fort, il s'était démené pour ne pas devenir ce garçon qu'il avait entrevu dans cette autre réalité, ce rêve un peu fou, mais il le savait.  Il le savait très bien qu'il n'arrivait pas encore à la cheville de son père et qu'il avait encore beaucoup à apprendre avant d'oser espérer pouvoir prendre sa place.

Il n'avait que 21 ans Antonin, mais il était temps pour lui aussi de penser à se marier.  Il prenait son devoir au sérieux.  Ça et un léger différend avec le comte de Rivepierre le poussait à agir en ce sens.  Au début d'août, il convoqua Gabrielle de la Volte à Alfaë.  Néanmoins, un terrible fléau s'abattit sur les mages retardant la visite.  Une épidémie magique s'était répandue sur le continent, clouant au lit tous les mages par la fièvre.  Comme les autres, Antonin fut prit de délires, délires qui ne prirent fin qu'une fois que des convois organisés par la Rose Écarlate ne se procure un antidote après avoir fait route jusqu'à Roc-Épine, convois auxquels avait participé la princesse cibellane à qui il commença à faire la cour dès leur rencontre.

Encore jeune, l'enfant d'Outrevent ne connaissait encore rien aux jeux de l'amour.  Il s'ingénia pour trouver des cadeaux, plus resplendissants les uns que les autres pour séduire cette femme.  Il n'était pas amoureux, mais il respectait la tradition cibellane.  Il désirait lui montrer que même s'il était question d'un mariage de raison, il ne l'enchaînerait pas.  Et... il ne pouvait s'empêcher de constater qu'elle était jolie et intelligente, Gabrielle.  Comme pour beaucoup, jusqu'alors elle n'avait été pour lui que l'ombre de sa soeur aînée, la duchesse de Cibella, mais alors qu'il apprenait à la connaître, il découvrit qu'elle était plus que cela.  Le coeur encore pur, incertain de ses sentiments pour la princesse, mais convaincu qu'il avait sa chance de bonheur auprès d'elle, même s'ils ne développaient jamais de sentiments amoureux l'un pour l'autre, il lui demanda sa main le 21 décembre 1002, scellant ainsi leur destin à tous les deux dans ces moments troubles.  La Chasse Sauvage, la mort d'Augustus et la trêve, tout cela était bien loin quand il se perdait, les joues rosissantes, dans le regard de Gabrielle.



La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• De la peur.  Une peur bleue, malsaine qui me ronge dans mes débats intérieurs.  Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour qu'une telle force soit libérée en Arven?  Et comment pourrons-nous nous en protéger?  Une entité que les rumeurs allient à la Rose Écarlate et sa disparition, une menace qu'on ne saurait anéantir.  Le devoir me pousse à vouloir chercher le moyen de mettre fin à pareille cavalcade qui chaque nuit prend une vie, mais la terreur que cela m'inspire me pousse à prendre la fuite, à me dérober.  Si ce n'était d'Agonie, je n'aurais pas la force de supporter ce poids accablant sur mes épaules.  C'est la froideur de son raisonnement qui seule parvient à me calmer dans mes moments de panique, ceux où je ne sais plus quelle est ma valeur, quand je ne crois plus en moi.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Il m'est difficile d'avoir un avis léger sur la situation actuelle, entre devoir et conviction.  Les différents entre Faërie et Ibélène ne datent pas d'aujourd'hui et malgré la paix qui a duré pendant des siècles, cette guerre n'était qu'endormie et en latence toutes ces années.  L'empire faë est ma patrie, mon sang et mon devoir.  Et si la guerre est ce qu'il faut pour que Faërie brille de tout son éclat, pour protéger ceux qui y vivent, il m'incombe de la supporter autant qu'il m'est possible de le faire.  Pour la gloire de Faërie, pour son honneur.  Cependant, lorsque cette guerre sera enfin terminée, je pourrai enfin pousser un soupir de soulagement.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Mes premiers pas dans la ville aux Mille Tours furent incertains.  Lorgol n'avait rien à voir avec la Rive où je suis né et où j'ai grandi.  Ses hautes tours penchées sur les rues pavées m'apparurent alors comme insurmontables, leur sommet griffait le ciel.  Avais-je vraiment ma place parmi elles, sous leur regard perçant?  Non, j'étais fait pour voler, pour aller toucher ce ciel qu'elles ne pourraient jamais atteindre, perché sur le dos d'Agonie qui avait vu en moi plus que je n'y avais jamais rien vu moi-même.  Aujourd'hui, j'éprouve un sentiment de nostalgie pour cette ville où je n'ai que si peu eu l'occasion de me rendre, entre mes études pour devenir mage, puis mes entraînements à la caserne de flammes.  Le devoir et les responsabilités avant tout, mais Lorgol incarne désormais pour moi un symbole de liberté, me rappelle à cette époque désormais révolue où le poids de l'avenir de Faërie ne reposait pas sur mes épaules.  Alors, je n'aurais jamais cru qu'un jour sa vie et son mélange culturel parfois si déstabilisant me manqueraient.







Dans la vie, je m'appelle Marie de Chine et j'ai 24 ans. J'ai découvert le forum via mon armoire qui déborde et voici ce que j'en pense : que je suis là pour vous embêter encore plus.
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




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Antonin de Faërie

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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Lun 17 Déc - 16:20


Shark présente

Bartholomé
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Eric Bana

« Je suis comme un océan transformé en lac et qui aurait la nostalgie de ses marées, de ses vagues et de ses tempêtes. » Geneviève Dormann

obstiné - érudit - franc - caractériel - aimable - jaloux - impétueux - généreux - vaillant - présomptueux
Il tient de la mer et de l’océan dit-on. Celle qui peut se montrer si calme et si douce, et se transformer en un instant en ces tempêtes porteuses de violence et de fureur. Alors soit la mer vous brise, et c’est d’une haine profonde que vous la détestez, soit ses berceuses vous charment juste assez pour en oublier ses éclats. Et c’est cela, qui fait de Bartholomé ce duc somme toute respecté.



par Mari-Jane


Il se surprend, parfois, à regarder cette jeune femme blonde avec affection et attirance, comme s'il ne reconnaîtrait pas même Jehanne tellement il la traite comme un fantôme entre les murs du palais. Il sait qu'il aurait pu l'aimer, si tout avait été différent. Mais elle se retourne et il revoit cette nuit, et le voile de rancœur balaye toute douceur qui aurait pu être.



par Cérès
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Dieux tutélaires : Placé sous Messaïon à la naissance, il prie aussi Osir pour sa fille, Atal pour ses frères des mers et la flotte de son duché, ainsi que Mirta, pour toute ces femmes, pour Geneviève, mais certainement pas pour Jehanne.
Groupe principal : Les hérauts du renouveau.
Groupes secondaires : Noblesse


Il la regarde.

Celle qu’il a un jour regardée avec envie. Alors que ses yeux la cherchaient dans une salle bondée, suivant du regard cette tête blonde aux boucles dansantes, se créant des obligations qui les amèneraient tous deux à se croiser, ne serait-ce que pour lui adresser un sourire ou quelques mots. Celle pour qui son corps avait frissonné, ses lèvres brûlant de rencontrer les siennes. Et quand elle prononçait son nom c’était alors la plus douce des mélodies. Un jour bien lointain, un souvenir qui n’avait plus du tout la même consonance aujourd’hui.

Celle qu’il avait par la suite détestée, répugnée. Alors qu’il évitait seulement même de poser son regard sur le sien, les nausées de haine et de dégoût traversant son corps tout entier. Il devait contrôler sa rage, la violence qui voulait prendre forme dans ses poings, quand il venait la retrouver dans sa chambre, partager ses draps non pas dans des étreintes passionnées mais dans l’unique objectif d’avoir un héritier. Et son mutisme obstiné, l’insulte ajoutée.

Mais une fille était née. Et sur la mère de sa progéniture son regard passa de la haine à l’indifférence. Invisible, inutile, pas même les cris qui sortirent des lèvres de sa femme lors de cet accouchement difficile en vinrent à l’émouvoir. Elle était cette présence obligée au palais, ces chaînes qui le contraignaient à rester sur la terre, mais il avait à présent le plein loisir de l’oublier. Le seul devoir qu’elle se devait d’accomplir était là, entre ses bras ; alors il s’en éloigna, plus encore qu’il ne l’était déjà.

Ce n’était pas la vie à laquelle il avait aspirée, mais après tout, qui aspire à se retrouver piégé dans un mariage où époux se détestent et se méprisent?

. . .

Oh il était bien le fils de son père ce Bartholomé. Un père mort trop jeune, emporté par les flots, mais dont le décès tragique en plein de cœur de l’océan ne réussit pas à noyer l’envie viscérale qui tenaillait le duc de rejoindre la mer. Son enfance fut bercée par les vagues, à défaut de l’être par les bras d’une mère qui, soudainement prise de toutes parts par les nouvelles responsabilités qui tombèrent sur elle, ne joua le rôle que d’une ombre planante sur leur éducation. Entouré de nourrices et de tuteurs en tous genres, Bartholomé grandit collé sur son frère, cette seule famille qu’il avait vraiment. Les deux gamins évoluèrent au rythme des jeux et des leçons, et alors qu’ils vieillissaient les aventures firent place aux confidences. Ils étaient proches, les frères, et à ce jour encore Bartholomé vous dirait qu’ils le sont toujours, même si la réponse pourrait différer venant de Bertin…

Et les années passèrent et les enfants grandirent. Le jeune duc d’Ansemer était encadré au carré par une pléiade de tuteurs et de professeurs divers. En digne Outreventoise, sa mère la duchesse s’assurait que son éducation frôle la perfection ; il apprenait l’histoire de son duché mais aussi celle d’Arven au complet, la politique tant intérieure qu’extérieure, les bonnes manières et les convenances. Absent du tableau ces notions de la marine, ces récits des mers et des océans, ces contes magiques sur ces vivenefs enchantées. Seules ces histoires tristes et tragiques où les marins ne revenaient jamais, engloutis par les flots ou tués par les pirates. Était-ce là la tactique de sa mère afin de le rendre sourd à l'appel du large? De bien piètres précautions qui, au contraire, ne firent que grandir l’intérêt de Bartholomé pour cet interdit. Chaque matin aux aurores, il observait de sa fenêtre qui donnait sur le large les divers navires lever l’ancre et s’éloigner dans la brume. Et le soir à la lueur de la chandelle il étudiait ces ouvrages dérobés dans la bibliothèque : l’histoire des mers d’Ansemer, les légendes des vivenefs, les stratégies de défense maritimes. Mais les recueils qu’il préférait par-dessous tout étaient ces petits carnets de cuir manuscrits de la plume de son père. Il y découvrait cet homme qu’il n’avait pas vraiment connu, et il vivait la vie à bord d’un navire au fil de ces pages tâchées du sel de l’océan.

Et il rêvait à son tour de quitter la terre ferme.

Ce jour vint alors qu’il avait dix-sept ans. Non par l’approbation de sa mère qui ne cessa de jouer la sourde oreille malgré ses plaintes et ses réclamations. En mer tu n’es duc de rien du tout, Bartholomé. Et elle n’avait pas tort. Alors c’est en prétendant n’être rien du tout que Bartholomé s’engagea un matin sur le premier navire en départ. Les cheveux coupés, le visage barbouillé, les soies troquées pour de la toile, il se fit engager comme mousse et prit le large. Au palais on ne s’aperçut de son départ que trop tard, quand le vent avait soulevé les voiles et que déjà le jeune duc était occupé à récurer les planches.

Est-ce qu’à bord on se rendit compte de sa véritable identité? Peut-être. Mais personne n’osa en dire mot ; il était bien plus simple de jouer à l’aveugle et de prétendre qu’il n’en était rien. Le long voyage qu’entreprenait le navire était l’un de ceux qui avait été long à planifier, et personne à bord n’avait envie de tourner les voiles pour ramener au bercail un gamin en pleine crise identitaire. Peut-être étaient-ils aussi tous secrètement du même avis ; un duc d’Ansemer n’était véritablement duc qu’après avoir traversé les fureurs de la mer et s’être mérité le respect des marins. De mousse il passa à novice puis c’est finalement matelot qu’il foula à nouveau les quais de Port-Liberté trois longues années plus tard.

Il avait changé, plus que sa mère l’aurait aimé. Il était devenu un homme, il avait goûté la mer, et était tombé amoureux des courbes de ses vagues tout comme de ses colères fracassantes ; ainsi que des femmes, celles qu'il découvrit d'abord en ces longs mois d'hivernage passés dans l'Archipel, puis de toutes les autres, qu’importe leurs origines. Le jeune duc enchaîna ainsi les expéditions les années qui suivirent ; fort heureux de laisser la gouverne de son duché à sa très chère mère et de faire ses armes en mer. Il monta tranquillement en grade à bord, gagnant le respect de ces marins qui étaient en vérité son peuple ; à leurs yeux il devenait tranquillement leur duc, prenant finalement la place de Bruce, un homme qui avait su prendre son respect sur terre comme sur mer.
Il vécut les années qui s’ensuivirent partagé entre les bras houleux des océans et ceux envoûtants des femmes desquelles il tombait constamment amoureux. Son frère était loin, parti pour Lorgol poursuivre des études, sa mère toujours cette rigide duchesse dont jamais réellement il ne se rapprocha. Il avait vingt-sept années quand la duchesse lui céda la gouverne du duché. Elle avait ainsi l’espoir d’éloigner le jeune homme des navires et de le forcer à se consacrer d’avantages à la politique ansemarienne qu’il devrait inévitablement incarner. Mais Bartholomé, sitôt couronné, s’empressa de la nommer régente. Ansemer était à lui à présent, mais l’appel du large ne pouvait être mis sous silence. Ses voyages se raccourcirent cependant d’année en année, alors que la poigne du duc sur le pouvoir de sa couronne se fit de plus en plus grande. Les décisions qu’il avait laissées entre les mains de sa mère sans plus s’en soucier étaient chose du passé ; Ansemer devait être mené par un Ansemarien, il s’en rendait compte à présent, et malgré les années passées en ces terres côtières, sa mère restait une Outreventoise. Alors petit à petit il reprit sa place sur la terre ferme, si près des vagues mais bien ancré à terre en le palais ducal de Port-Liberté.

Oh qu’elles étaient belles ces années de jeunesse et de liberté. Le temps partagé entre les périples en mer et le quotidien de la cour ansemarienne. Les tempêtes et les doléances ; les découvertes et les festins ; la solitude de la mer et l’effervescence de la cour ; les baisers des femmes et les courbes de leurs seins. Il avait le temps, qu’il répondait à ses conseillers et à sa mère, le duc, alors qu’ils le pressaient tous de se marier. Il y avait tant de lèvres à goûter, tant de mots doux à être échangés, tant de corps à caresser, que le jour où il prendrait femme pouvait attendre. Bartholomé n’avait pas prévu se marier, pourtant, quelqu’un, autre part, en avait décidé autrement.

Elle était belle, Jehanne. La jolie blonde et la jolie brune - son amie de toujours, Geneviève, qui avait presque ravi le coeur du duc à quelques reprises - inséparables, qui avaient su attirer les regards alors qu’elles traversaient les couloirs et les jardins, l’éclat de leurs rires une mélodie envoûtante. Bartholomé l’avait bien remarquée, durant cette année qu’elle passa à la cour, et chaque fois qu’il posait pied à terre et apercevait cette tête blonde bouclée, il ne pouvait empêcher son corps de s’emballer. Il rêvait de ses seins, de la courbe de ses hanches qui semblaient donner sur l’esquisse de fesses rebondies. Il pouvait imaginer la douceur de sa peau, le goût de fleurs de la Lagrane, si différent du goût de sel des femmes d’Ansemer.
Quand un soir on lui glissa un bout de papier sur lequel quelques mots calligraphiés tout en courbes et en souplesse, son destin était scellé. Après les baisers et les étreintes, après le désir et la chaleur ; la fureur et l’horreur, la haine et le mépris. Un piège si bien ficelé que Bartholomé se retrouva contraint d’accepter épouser Jehanne ; là, à cet instant, tout juste rhabillé, sa promise encore nue dans les draps tachés, et son bourreau jubilant.
La colère qui l’habitait fût alors d’autant plus forte qu’elle se fracassa aux réjouissances de sa mère et de ses conseillers. Étaient-ils ainsi tous de connivence, architectes de ce piège dans lequel il était tombé, à présent prisonnier de ce mariage qu’il n’avait jamais désiré? Car le mariage eut bel et bien lieu. Malgré le silence de Jehanne. Malgré la froideur des deux époux. Elle était à présent Jehanne d’Ansemer, duchesse, sa femme. Et lui était un homme marié.

Les beaux jours au palais étaient alors chose du passé. Point de période lune de miel pour les nouveaux époux ; c’était plutôt une morosité froide, glaciale, qui semblait envenimer l’air. La moindre petite chose poussait le duc dans des excès et des colères, et la présence même de Jehanne suffisait à le fâcher. La pauvre subissait alors ses regards de haine et de rancoeur, et les assauts de son corps contre le sien, loin des douces caresses de cette seule nuit bien singulière. Il aurait volontiers oublié la Lagrane dans un coin reclus du palais, mais il ne pouvait se le permettre. Il lui fallait un héritier, et c’était d’autant plus important maintenant qu’au grand jamais il ne voudrait laisser la couronne à cette femme, la sienne, à laquelle il ne faisait aucunement confiance.

Mais rien. Pas de nausées annonciatrices, pas de ventre qui doucement s'arrondit. Pas d’héritier pour la couronne ansemarienne. Que la haine qui lentement se mue en ennui.

Alors il s’évade, le duc. En mer et dans les bras de compagnes, de courtisanes. Et une année passe, puis deux, trois, et quatre. Il faut finalement cinq longues années pour que le ventre de la blonde daigne se parer de courbes. Le début du mois de mars 996 est joyeux, alors que le palais est en fête, célébrant cette héritière qui s’est tant fait attendre. Bertille d’Ansemer voit le jour, ses pleurs font échos aux cris de sa mère qui mettra longtemps à se remettre d’un accouchement difficile. Mais même en cet instant, Bartholomé n’a pas le moindre égard pour sa femme ; elle aurait pu décéder des complications de cet accouchement que son bonheur aurait été intact. Seule sa fille compte à présent.

Son attitude face à sa femme se change alors en indifférence. Ce n’est certes guère mieux que la haine et la rancoeur, et c’est à des années lumières de l’amour et de la douceur. Mais elle a fait ce qu’elle devait faire, accomplie son devoir d’épouse, mis au monde une héritiere pour la couronne ; et Bartholomé n’a pas l’intention de s’en encombrer plus qu’il n’est nécessaire. Elle est certes toujours là, présence presque constante au palais, ou à son bras, lors de ces événements qui exigent certaines convenances. Mais les autres femmes se font plus présentes, et le duc ne se soucie presque plus de les cacher. Il n’a que faire de la réputation que cela lui donne, les moeurs en Ansemer sont plus légères et il sait qu’il garde le soutien de son peuple, des marins, qui eux-mêmes ont souvent d’autres femmes loin sur les flots, dans les îles de l’Archipel. Alors il se permet.
Il retrouve la compagnie de Geneviève, l’amie de Jehanne devenue Compagne en bonne et due forme. Et quelque temps seulement après qu’elle accède au rôle de Dame de Port-Liberté, Bartholomé commence à s’afficher publiquement en sa compagnie ; d’abord lors de ces réceptions privées, et maintenant, après en avoir fait sa maîtresse favorite, il va même jusqu’à la préférer à sa femme lors de ces événements plus officiels.

Et les jours passent en Ansemer ; Bertille grandit, Berangère d’Ansemer décède, Bertin refuse le poste de Capitaine de vol d’Ansemer pour se rapprocher de sa famille, et Bartholomé, bien que contrarié du refus de son cadet, est heureux de retrouver son frère au sein des murs du palais.

Et la paix tranquille qui vivait en Arven se brise.

Le décès de l’impératrice Chrysolde de Faërie affaiblit grandement l’empire. Et quand est finalement annoncé que c’est la jeune Chimène qui accédera au trône, Bartholomé ne se cache pas d’affirmer qu’il n’a pas confiance en cet enfant qui n’a jamais été formée pour porter telle couronne. Il ne s’est pas présenté, fin janvier de l’an 1001, à Alfaë, alors que la jeune femme invite tout Arven fêter son vingt-cinquième anniversaire ; pourtant il était là, le jour du couronnement, lui présentant dignement la Traîne, malgré un regard froid qui en disait long. Mais son silence était calculé, parce que dans l’ombre il savait. Il savait pour Gustave, et il avait accepté le soutenir. Mais les plans ne sont pas ceux promis, et au terme c’est tout de même Chimène qui se voit nouvelle impératrice.
Ses relations avec ses confrères des autres duchés sont ainsi quelque peu tendues dans les mois qui suivent. Il a finalement accepté avec beaucoup de réticence le règne de la jeune femme, mais il ne cache pas ses doutes, ses reproches. Pourtant il sait que Ansemer ne peut exister seul, qu’il a besoin de ses voisins.
Le Tournoi des Trois Opales est une vraie farce. Forcé de s’y rendre pour conserver ces liens si fragiles entre duchés faës, il aurait cent fois préféré être ailleurs qu’en Bellifère. Et les événements qui suivent lui donnent raison, alors qu’ils sont menacés, que même Jehanne y est attaquée. Il quitte dès qu’il en a l’occasion.
Lors de la Samhain, Bartholomé prête allégeance à Gustave, le soutenant encore comme il avait promis le faire lors de la tentative avortée d’invoquer l’Ordalie. Il sait que le nouvel empereur est avide de puissance et que la guerre ne lui fait pas peur, mais il est prêt, le duc ; la Trêve qui a gardé dans un calme notoire le continent n’a pas été sans conséquences, et le monde est prêt à changer. Ansemer est prêt, qu’il croit, bien naïvement. Il sait que le duché n’est pas si bien armé, si bien préparé, que ses semblables. Mais il est plus éloigné des frontières qui divisent les empires, et cela leur laissera du temps. Ansemer se doit de redevenir une puissance, et avec Gustave au front il en voit peut-être l’opportunité.

Le début de la guerre semble être à leur avantage, les portails ayant aidés aux Chevaucheurs à faire de plus rapides percées en Ibélène. Mais le printemps arrive et Ansemer essuie une attaque de son ennemi de toujours, les pirates. La grande force de ses escadrons étant aux frontières pour la guerre, Bohémont ressort de cette attaque dans un état désastreux, et surtout, la Relique a disparue. Bartholomé ne peut que féliciter ses Chevaucheurs du zèle avec lequel ils se sont mis à l’oeuvre pour protéger son peuple, mais les pirates ont une fois de plus démontré à quel point ils sont une nuisance pour le duché, et la tête de beaucoup est mise à prix.
Les malheurs s'enchaînent, alors qu’un mal cible tous les mages. Ansemer se retrouve grandement touché, et son peuple mettra un temps à se remettre même une fois les antidotes administrés. Le duc reçoit la nouvelle de la mort de l’impératrice ibéenne, Catarine, avec un mélange d’émotions. Il ne peut qu’être ébranlé par le cruel sort qui fut réservé à cette ancienne princesse faë. Toutefois, de façon pratique, son décès est bien reçu, alors que cette dernière semblait s’être si bien adaptée à son nouvel empire qu’elle ne se cachait pas se sentir plus Ibéenne que Faë. Plus rien ne semblait à présent les lier à leur empire voisin, plus aucun obstacle à cette guerre qui pourrait peut-être bien les voir maîtres de tout Arven.
La libération de la Chasse qui s'ensuit n’est en rien pour aider les humeurs. La trêve hivernale annoncée par la suite est nécessaire. Faërie a perdu l’avance gagnée plus tôt, et si elle veut reprendre le pouvoir ses forces auront bien besoin de cette période de repos. Pour Bartholomé, c’est aussi un temps précieux pour essayer de bien cerner leurs options et les manques à gagner. Il a d’ailleurs mis en place un Conseil du Peuple, pour se rapprocher des petites gens, mieux comprendre ce qu’ils ont à dire. Il se rend compte que ses ambitions de puissance pour Ansemer ne pourront se faire sans le soutien des Ansemariens.
Le couronnement d’Octave le laisse perplexe. Oh, il est heureux de la résultante ; de ces duchés ibéens qui semblent se déchirer entre eux, affaiblissant ainsi leur empire sans que Faërie n’aie même à sacrifier des hommes au combat. Mais sa résurrection est inexplicable, mystérieuse, inquiétante même. Est-ce réellement Octave, ou bien une illusion? Les morts peuvent-ils à présent revenir à la vie?

Il est temps pour Ansemer de se lier avec ses voisins, d’étendre son pouvoir sur les mers. Bartholomé se fiche bien de la fin de la Rose Écarlate, mais la Chasse l’inquiète plus. Il se rend compte qu’il faut solidifier son duché avant qu’il ne soit trop tard, car s’il part, que restera-t-il? Une fille beaucoup trop jeune pour le remplacer, une femme dont il n’a nullement confiance et qui ne daigne plus prononcer mot, un frère qui se refuse à prendre des responsabilités.
Il fut un temps où Ansemer était gouverné par des familles fortes et unis. Il aime sa fille et son frère de tout son coeur, mais il sait que ce ne serait suffisant.

Il était cloué à terre en Arven, autant en profiter. Rendre à Ansemer la gloire de son passé.

Dans la trame alternée, Bartholomé a suivi les traces de son père. Il s’est marié, mais à Geneviève cette fois. Elle lui donna un fils, dans l’année qui suivit leurs épousailles, qu’ils prénommèrent Bacchus. Il continua ses longs périples en mer, laissant la gouverne du duché à sa femme, sans crainte, alors qu’il voguait sur les flots. L’enfant avait tout juste cinq ans quand le navire sur lequel il était sombra dans les foudres d’une tempête ; Bartholomé était allé rejoindre son père dans les bras de Messaïon. En avril 1002, quand l’Ordre fit fonctionner le Sablier, Bartholomé était ainsi depuis longtemps décédé. Son fils, Bacchus d’Ansemer, était duc. Le gamin encore trop jeune, la régence était assurée par Geneviève, soutenue de Bertin.





07 juillet 961 : Bartholomé voit le jour au palais ducal d'Ansemer.
02 avril 966 : Son frère Bertin voit le jour au palais ducal d'Ansemer.
XX avril 966 : Le duc d'Ansemer, Bruce, leur père, quitte Port-Liberté pour un voyage en mer.
12 juillet 966 : Bruce d'Ansemer décède en mer. Bartholomé d'Ansemer devient duc à son tour. Sa mère, Berangère, assure la régence.
XX octobre 978 : Dissimulant son identité, Bartholomé s'engage comme mousse sur le premier navire en partance.
XX aout 981 : Bartholomé refait port à Port-Liberté et retourne rejoindre le palais ducal et sa mère la duchesse.
XX septembre 988 : Sa mère lui lègue la gouverne du trône ducal. Il la nomme lui-même régente afin de continuer de parcourir les mers.
10 octobre 990 : Bartholomé épouse Jehanne de l'Ancre-Fleurie, noble lagrane.
07 mars 996 : Naissance de Bertille d'Ansemer, princesse héritière d'Ansemer.
XX janvier 998 : Décès de Berangère d’Ansemer.
01 juillet 1001 : Bartholomé soutient Gustave de la Rive alors qu'il interrompt le couronnement de Chimère et invoque l'Ordalie de Diamant.
03 novembre 1001 : Bartholomé prête allégeance à Gustave de Faërie.
26 mars 1002 : Bohémont est attaqué par les pirates de l'Audacia lors des festivités annuelles. La relique disparaît.
Août & septembre 1002 : L’épidémie qui touche tous les mages affecte grandement Ansemer.
XX octobre 1002 : Première séance du Conseil du Peuple formé au cours des mois précédents.


La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Il craint cette menace contre laquelle personne ne semble pouvoir offrir résistance. Il s’empêche d’aller en mer pour ne pas laisser la régence du duché à Jehanne, Bertille étant beaucoup trop jeune encore, mais il n’y a pas moyen de fuir la Chasse, et il craint le sort d’Ansemer s’il venait à être emporté par celle-ci. Ne suffit que de regarder Bellifère, et le coup-d’état si vite orchestré pour remplacer le couple ducal disparut. Il aime son frère d’amour, mais il ne croit pas que Bertin saurait retenir la couronne en leur nom, après tout il n’a jamais vraiment mis pieds en mer et les Ansemariens n’accepteraient peut-être pas d’être gouvernés par un enfant de la terre qui n’a jamais connu les tempêtes des océans.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• La guerre a jusqu’ici beaucoup épargné Ansemer, passablement éloigné des frontières qui divisent les deux empires. Mais cela ne saurait durer si elle tend à se poursuivre et s’éterniser. Il sait que s’ils ne reprennent pas rapidement l’avance qu’ils avaient gagnés avant l'épidémie, viendra le moment où les premiers domaines tout à l’est seront touchés. Et Ansemer a trop longtemps privilégié ses berges au détriment des terres, qui ne sauront tenir bien longtemps sans l’aide de leurs voisins. Bartholomé, soutenant le nouvel empereur Gustave de Faërie depuis le début, y voit l’occasion pour son duché de reprendre sa position de puissance qu’ils avaient naguère, d’autant plus que le retour des Mages de Sang en Arven pourrait leur permettre d’étendre leur flotte avec la créations de majestueuses vivenefs et d’ainsi devenir une puissance maritime qui ne craindrait ni les pirates ni les vaisseaux de guerre belliffériens.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Si ce n’était des pirates qui y font port, il pourrait peut-être apprécier d’avantage Lorgol. Mais il sait qu’ils sont là, ceux-là même qui ravagent ses villages côtiers et attaquent sa flotte de navires marchands. Il sait qu’ici ils revendent sans scrupule toute la marchandise dérobée, et qu’en ces terres de paix contre eux il ne peut rien.







Dans la vie, je m'appelle Erika et j'ai 26 ans. J'ai découvert le forum via une armoire qui commence à se remplir et voici ce que j'en pense : j'ai pas été capable de résister, c'est vôtre faute :laa: .




Récapitulatif

Bartholomé d'Ansemer

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Eric Bana
♦️ Compte principal : Non

♦️ Noblesse : Duc / Ansemer


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dialogues en #006666



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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Lun 17 Déc - 20:26



Lorilis présente

Octave
d'Ibélène

ft. Douglas Booth

« La musique est mon seul sourire. »

♪ Timide, il n’ose pas s’imposer dans ce rôle de prince héritier qui lui sied si mal.
♪ Cultivé, son amour des arts et de la musique lui a permis de se développer une culture artistique très poussée : il connaît de nombreux contes, légendes, poèmes, chants, morceaux et artistes de tout Arven et de toutes les époques.
♪ Rêveur, il n’est pas rare de le voir tourner la tête en direction de la fenêtre et se perdre dans la contemplation des nuages au beau milieu d’une conversation.
♪ Dissipé, il est incapable de se concentrer bien longtemps : son attention finit toujours par diminuer et être captée par totalement autre chose.
♪ Calme, il ne s’énerve que rarement, préférant discuter que se battre.
♪ Maladroit, il a du mal à s’exprimer autrement que par sa musique, et il n’est pas très habile de ses mains pour faire autre chose que de la mandoline.
♪ Discret, il déteste être au centre de l’attention. Il n’aime pas s’exprimer en public, et préfère de loin observer en silence ce qui se déroule autour de lui.
♪ Prudent, il n’aime pas foncer tête baissée dans les ennuis sans réfléchir, et cherche toujours à bien comprendre chacune des conséquences de ses actes. Et quand le danger lui paraît bien trop grand, il préfère s’abstenir.
♪ Courtois, il est très serviable avec la gent féminine, dont il n’est d’ailleurs pas totalement insensible aux charmes.
♪ Généreux, il aime faire plaisir aux personnes qu’il rencontre et les rendre heureuses par le biais de sa musique principalement.
♪ Tête en l'air, il lui arrive souvent d'oublier de transmettre un message ou de faire quelque chose d'important.
♪ Envieux envers tous ceux qui n'ont pas de grandes responsabilités, il aimerait permuter sa place avec eux et pouvoir échapper à sa vie.



©️️ Insuline
Se relevant d’une révérence improvisée sous les applaudissements de son public d’un soir, le regard d’Octave a croisé celui d’une jeune femme à la silhouette familière. Son sourire s’est figé quand il a reconnu sa cadette, toute aussi clandestine que lui dans une taverne où ils n’ont rien à faire seuls au milieu de la nuit. Mais leurs secrets étaient bien gardés : aucun des deux ne pouvait trahir l’autre sans se trahir en même temps. Ils n’en ont jamais reparlé, mais Octave est bien content de savoir que même sa sœur, princesse parfaite en apparence, ne l’est pas tant finalement.



©️️ deucalions
darcy
Âge : 25 ans
Date et lieu de naissance : 14 février 977, à Ibelin, en Valkyrion
Statut/profession : Prince héritier d'Ibélène
Allégeance : Ibélène
Dieux tutélaires : né sous Alder, il lui préfère en secret Aïda, la Muse, depuis bien longtemps.
Groupe principal : Les gardiens de la tradition
Groupes secondaires : Noblesse


Mon grand-père était un homme valeureux. Un guerrier de Bellifère, un conquérant, un sauveur. Comme ses aïeux avant lui, et comme mon père après lui. Il a fait taire la menace de guerre de succession qui risquait de détruire Ibélène de l’intérieur en s’emparant du trône impérial, il y a de cela cinquante ans. Bien sûr, certains ont douté, au début, de cet homme issu du peuple. Car même si la renommée des Poing-d’Acier n'était plus à faire et leurs exploits militaires sus de tous, ils craignaient de voir arriver au pouvoir un homme dur et belliqueux, et qui envenimerait la situation précaire de l’Empire. Il n’en fut rien. Achille Poing-d’Acier s’est installé sur le trône, et y a imposé sa lignée en devenant un empereur fort, droit, juste et impartial. Finalement, plus personne n’a jugé utile de contester sa légitimité. Et lors de sa mort, c’est son fils Augustus qui a pris sa place. Et ce sera la mienne dans quelques mois.

Je ne serai jamais à la hauteur.

Je le sais bien. Il est inutile de se voiler la face. Je ne suis pas fait pour être empereur. Je ne suis pas de la trempe de mon père, de mon grand-père ou de tous mes ancêtres. Je n’ai pas ce qu’il faut pour être un bon empereur. Je n’ai qu’à me regarder dans la glace pour le constater. Je suis trop doux, trop délicat pour cela. Et ce n’est pas que je me dénigre volontairement ou que je n’ai aucune confiance en moi. C’est simplement du réalisme.

Je me souviens. Enfant, j’étais très fier s’appartenir à cette famille, que je connaissais à travers les histoires que ma gouvernante me racontait. Mais Augustus d’Ibélène, mon propre père, m’intimidait. Il était si fort, si impressionnant, et je me sentais tellement petit à côté de lui. Tout le monde me répétait que je serais comme lui, un jour. Un empereur puissant et respecté, un dirigeant digne de sa lignée, un homme admiré pour son courage et ses valeurs. Mais pour moi, l’accès au trône était quelque chose de particulièrement flou et lointain, en je ne m’en préoccupais pas plus que cela. Je préférais de loin jouer avec Sixtine.

Ma petite sœur… Nous étions si proches, pendant l’enfance. Je me rappelle nos explorations des couloirs interminables du palais, nos parties de cache-cache pour échapper à la surveillance de notre gouvernante, de nos fous rires et de nos peines. C’était moi le grand frère, et tout le monde répétait que c’était mon rôle que de la protéger contre les dangers du monde, jusqu’au jour de son mariage. En réalité, je crois que c’est plutôt elle qui me protégeait. J’étais bien moins aventureux qu’elle, un peu plus timoré aussi, sans doute. Mais je la suivais dans ses jeux avec plaisir. Nous avons été complices et inséparables, frère et sœur indissociables.

Mais tout cela s’est estompé, avec le temps.

Les années nous ont séparés. Petit à petit, nous avons grandi. Et là où elle se montrait toujours plus forte, vive d’esprit et ambitieuse, je gardais ma timidité, ma discrétion et ma candeur d’enfant. En plus de cela, on commençait à me parler de plus en plus sérieusement du trône, de l’empire, de mon rôle d’héritier. Que je devais devenir plus fort, plus instruit, plus princier. Mais je me désintéressais totalement de ces sujets, pourtant si importants. J’ai rapidement compris que cette vie n’était pas faite pour moi, et que je ne voulais pas vraiment monter sur le trône. Ma fierté enfantine s’arrêtait là, et je ne me sentais pas capable de tenir ce rôle un jour, moi aussi. Par contre, Sixtine… Je crois qu’elle déplorait mon attitude, comme elle doit la déplorer encore aujourd’hui. Elle ne comprenait pas que je puisse me comporter ainsi, alors qu’elle-même rêvait d’être à ma place. Je la lui aurais laissée volontiers, mais je savais que tout ne marchait pas comme ça. Un puîné n’a jamais hérité de la couronne, en Ibélène, elle le savait aussi bien que moi. De mon côté, je ne comprenais pas comment elle pouvait refuser de voir la liberté partielle dont elle disposait, et qu’elle perdrait si elle était à ma place. Et cela nous a éloignés, alors que nos chemins prenaient une route qu’aucun des deux ne voulions.

J’ai reçu l’éducation digne d’un prince, qui devait un jour me conduire sur les traces de mon père. Je me souviens de mes premières leçons de philosophie, d’histoire, de politique et d’escrime. Un véritable enfer. Tout ce que j’apprenais, je ne le retenais pas. De tout cela, rien ne m’intéressait. Pourtant, un véritable empereur se doit de maîtriser tous ces sujets, comme se plaisaient à me répéter en boucle mes professeurs. Mais rien n’y faisait. Invariablement, et ce même si je faisais des efforts pour rester concentré sur les enjeux politiques des tensions entre Sombreciel et Erebor ou sur le principe de droit et de morale, mon regard finissait par se perdre dans la contemplation du paysage enneigé ou des nuages à travers la fenêtre. Et même les leçons d’escrime ou de chevalerie me laissaient indifférent. J’étais un bien piètre bretteur, et un très mauvais cavalier. Ni les gentillesses, ni les menaces de mes précepteurs, ni les regards outrés ou furieux de Sixtine n’y faisaient. Et je crois que peu à peu, ils ont tous perdu patience. Et peu à peu, eux comme moi avons compris que jamais je ne serai ce que tous attendaient de moi. Alors, mes professeurs ont abandonnés, peu à peu, et m’on laissé faire ce que j’aimais.

La musique, ma seule passion. Il m’est difficile de savoir à quel moment j’ai voulu devenir musicien. Tout petit, déjà, lors des bals et des soirées, je passais mon temps assis près des bardes et des ménestrels à les écouter jouer et chanter des histoires merveilleuses avec leurs instruments. Je répétais sans cesse à ma gouvernante que je serai un grand musicien, une fois adulte. Et si elle s’en amusait au début, mettant cette envie sur le compte de mon jeune âge, je crois qu’elle s’inquiétait de plus an plus, au fil des mois et des années. Je ne comprenais pas pourquoi. Pour moi, j’étais libre d’agir comme je le voulais. J’étais le futur empereur, après tout. Mais elle n’était pas de cet avis. Et un jour, elle a fini par me dire que ce n’était pas convenable pour un empereur que de devenir ménestrel, ou quoi que ce soit d’autre dans le genre. Je ne l’ai pas écoutée. Quand j’ai été assez grand pour pouvoir agir sans avoir besoin d’elle, je me suis procuré une mandoline. Je me souviens avoir passé de longues heures dans ma chambre à m’entraîner. Bien sûr, mon père n’aurait jamais voulu que j’aie un professeur de musique. Alors j’ai appris seul, en observant les ménestrels, en regardant leurs doigts s’agiter sur les cordes. Et j’ai appris vite, bien plus vite que toutes ces leçons interminables et inintéressantes de géographie et de droit, jusqu’à savoir parfaitement maîtriser plusieurs instruments.

J’aurais voulu partager ma passion avec les autres. J’ai d’abord essayé de montrer à la Cour ce que je savais faire. Lors d’une réception, j’ai osé demander à la jeune ménestrelle présente de me prêter sa mandoline, juste le temps d’un morceau. Elle a accepté, et j’ai eu la bêtise de jouer devant les nobles présents – devant mes parents, aussi, un morceau de ma composition. J’ai été applaudi, sur le moment. Mais très vite, ma joie s’est estompée. Et rapidement, les commentaires désobligeants ont suivi. Et toute la Cour a compris que les espoirs que l’on avait placés en moi seraient sûrement vains. Après tout, je m’étais montré sous mon vrai jour à tous : leur futur dirigeant serait un rêveur mélomane. Après Achille et Augustus, qui voudrait d’un tel empereur ?

Alors, j’ai gardé mon talent pour moi, du moins au début. Mais je voulais le partager, c’était plus fort que moi. La musique est faite pour être partagée, c’est dans son essence même. Elle est faite pour toucher les gens. Elle joue avec les émotions, et elle les partage. C’était une évidence, pour moi. Je voulais toucher le plus de monde possible. Mais cela, en restant seul dans sa chambre, c’était impossible. Alors, j’ai eu une idée folle. Si la Cour ne pouvait apprécier mon talent parce que j’étais le prince, alors peut-être que le peuple aimerait ma musique parce qu’il ne me connaît pas.

Alors, un soir, j’ai osé. Je suis sorti de ma chambre, je me suis glissé hors du palais, ma mandoline accrochée dans le dos, et je suis parti à la conquête des tavernes d’Ibelin. Ma seule conquête, qui m’amenait la seule gloire que j’espérais : celle d’être écouté, enfin, et de se sentir vivant, plus vivant que jamais. L’on m’a questionné sur mon identité. Mais j’y ai toujours répondu évasivement, disant que j’étais un ménestrel doté d’un talent dont ma famille ne voulait pas et que je m’étais récemment installé à Ibelin pour vivre ma vie comme je l’entendais. Ce n’était pas entièrement faux, après tout. J’aurais aimé rester dans les tavernes et les auberges, louer une chambre parmi le peuple et ne plus jamais en repartir. Mais je n’ai jamais osé. J’étais prince, et je ne pouvais l’oublier aussi facilement. Que je le veuille ou non, le Destin me préparait au trône. Alors, au bout de quelques morceaux, je souriais, récupérais l’argent que certains pensaient utile de me donner, puis je m’éclipsais de la taverne. Avant de rentrer au palais, je faisais un détour par les quartiers les plus pauvres. Je frappais à une porte au hasard, et je donnais l’intégralité de mes gains à la mère fatiguée ou à l’enfant affamé qui m’ouvrait. Je n’avais que faire de cet argent, surplus inutile et négligeable par rapport à tout ce que je possédais. Mais il pouvait illuminer un visage. Et rendre quelqu’un heureux, ça n’a pas de prix. C’est aussi cela que je recherche, avec la musique. Rendre les gens heureux. N’est-ce pas louable, comme objectif ?

Ainsi, j’ai multiplié ces sorties nocturnes, de plus en plus, à chaque fois que j’en avais l’envie ou l’occasion, et ce même loin d’Ibelin, comme lors de mes rares passages à Lorgol, à Svaljärd ou ailleurs. Je ne pouvais m’empêcher de sortir partager ma musique. J’avais l’impression de pouvoir vivre ma vie comme je l’entendais, loin du trône, de la Cour et de ses manières, loin du pouvoir que je haïssais tant. Je fermais les yeux sur les conséquences. Je me disais que de toute façon, ma montée sur le trône ne sera que lointaine, et que j’aurais le temps d’ici là de me décider à avouer à mon père que je ne me sentais pas fait pour cela, ou bien d’assumer mon rôle de prince héritier.

Cependant, mon père était bien décidé à me diriger vers cette seconde voie. Il me jugeait, et avec raison, pas assez homme, pas assez prince. Il voulait que je m’endurcisse, que je laisse tomber ma musique pour me concentrer sur mon devoir. J’ai été horrifié d’apprendre qu’il voulait m’envoyer à la Cour du duc d’Erebor. Pour m’endurcir, il m’avait dit. Il ne voulait pas que j’arrive sur le trône aussi faible que ma tante à la même époque, dans l’empire voisin. Le court règne de Chimène avait été un désastre, et il refusait que le mien ne connaisse le même sort.  

Mais la guerre est arrivée, et a contrecarré ses plans. Je ne suis pas parti. Au final, j’aurais peut-être préféré. Mais Augustus m’a fait endosser de force ce rôle que je détestais tant. J’ai dû seconder mon père, assister à tous les conseils, toutes les rencontres avec les généraux, les ducs, le Maréchal de Serre. Je n’avais jamais passé autant de temps avec lui, mais j’aurais préféré que cela se fasse dans un autre cadre, dans une autre vie.

Une autre vie, un autre printemps. Je me suis réveillé quelque part en Cibella, accompagné d’une magnifique jeune femme à la voix d’or. Elle m’a appris que ma mère était morte et que mon père enchaînait les conquêtes féminines, et que j’avais trouvé le courage de m’enfuir pour devenir ménestrel. Nous nous étions rencontrés un jour pour ne plus jamais nous quitter. Je me souviens de tout dans les moindres détails. J’ai été libre, au moins quelques jours, de vivre ma vie. Puis la réalité est revenue. Mes rêves de musique et de liberté ne quittaient pas mon esprit, maintenant que j’y avais goûté. Et j’ai failli trouver le courage de dire vraiment à mon père ce que j’avais en tête, quitte à le mettre en colère et à me bannir d’Ibélène. Mais je n’en ai pas eu le temps.

Les attentats de Svaljärd ont détruit ma famille, mes rêves et mes rares et secrets projets. Ma mère, Catarine, est morte. Mon père est tombé dans le coma dont il ne se relèverait pas. J’ai ressenti un vide immense, et un chagrin monstre. Ils étaient un couple impérial parfait. Ils ont voulu nous inculquer, à Sixtine et moi, leurs valeurs, leur manière de gouverner. Ils voulaient que je sois un bon empereur. Je ne peux même pas décrire à quel point je me sens coupable de les avoir déçus. Je n’étais pas digne d’être leur fils. Et pourtant, je ne pouvais qu’essayer d’assumer ma responsabilité, et prendre le relais de mon père. Prendre la tête du Conseil que je n’avais fait qu’observer, prendre la parole en public, les diriger. Tout ce que je détestais.

Mais je n’étais pas seul. Je me souviens du jour où l’on a incinéré notre mère. Je marchais en tête du cortège, le regard droit, le port princier. Je ne pleurais pas. Je me devais d’être fort, d’être le prince que l’on attendait, au moins une fois dans ma vie.

Quand Sixtine m’a pris la main sans crier gare, j’ai sursauté. Je ne m’y attendais pas. On ne s’était pas adressé la parole, et encore moins touchés, depuis un temps infini. Mais ce jour était étrange. Alors j’ai refermé ma main sur la sienne. Je n’ai pas osé tourner la tête vers elle. Mais sa seule main dans la mienne me suffisait à comprendre que nous étions les mêmes. Deux orphelins démunis face à la perte de leurs parents. Un frère et une sœur venus dire adieu à leur mère.

Je crois que ce geste, pourtant si discret, a été le renouveau de tout. Nous nous sommes rapprochés, unis dans notre malheur. Nous ne nous connaissions plus, et pourtant nous nous sommes mutuellement soutenus. Elle m’a été d’une aide précieuse, et a repris à merveille le rôle que tenait notre mère avant elle. Et même si elle est encore dure avec moi, si elle ne m'a pas non plus tout pardonné, nous avons fait front ensemble.

C’est ensemble, encore, que nous avons fait face au décès de mon père. Ce décès, qui scellait encore plus mon destin, sans retour en arrière possible. En plus d’avoir perdu mon père, j’avais perdu tout espoir de voir la vie reprendre comme avant. Quatre mois plus tard, à la fin de la trêve proclamée par l’empereur de Faërie, je serai couronné empereur.

A l’heure où j’écris ces lignes, un mois s’est écoulé depuis la mort d’Augustus. Un mois, qui m’a semblé à la fois une seconde et une éternité. Un mois durant lequel je ne suis pas sorti une seule fois le soir pour jouer dans les tavernes, par respect pour mon père. En sa mémoire, j’ai voulu me comporter comme un prince véritable le ferait. Pour lui. Pour Ibélène, aussi. Mais cela me manque. Mes doigts me démangent de n’avoir tenu aucun instrument depuis des jours. Alors, ce soir, j’ai décidé d’y retourner. Au moins une fois, une dernière fois, avant le jour fatidique de mon couronnement. Et après… Nous aviserons.


Le petit prince se relit rapidement, soupire, enferme à double-tour le parchemin dans le tiroir de son petit bureau et sort de sa chambre, après avoir saisi sa mandoline. Oui, il avisera plus tard. Quand il s’en sentira capable. Pour l’heure, c’est la musique, qui compte. Son seul plaisir, son seul sourire.



La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Quel homme serait assez fou pour ne pas craindre la Chasse ? Bien sûr, que j'en ai peur. J'ai peur pour moi, pour tous les Ibéens, et pour Sixtine. Malgré nos différends, elle est la seule famille qu'il me reste, et j'ai besoin d'elle. Si elle venait à disparaître, je serais seul, et je ne suis pas certain de lui survivre longtemps.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• La guerre... J'y ai assisté en coulisses, en secondant mon père aux Conseils, puis en prenant sa place. Je sais que je ne l'aime pas. Je n'entends rien aux tactiques militaires, je ne comprends pas non plus son intérêt. Les deux Empires doivent-ils vraiment se mesurer l'un à l'autre ? J'ai autant de sang Faë que de sang Ibéen dans les veines, de par respectivement ma mère et mon père. Je suis peut-être naïf de le croire, mais je pense qu'une autre issue aurait été possible. Aussi, je redoute la fin de la trêve, qui marquera la reprise des combats et mon couronnement.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol est un rêve lointain. Je m'y suis rendu quelques rares fois, et j'aurais tellement aimé y rester. Capitale des peuples libres, elle m'appelle. J'aimerais tant me perdre dans ses ruelles et ses tavernes, et oublier jusqu'à mon identité de prince et mon rôle d'héritier. Mais je n'ai jamais osé. Et maintenant que l'étau de la couronne se resserre autour de moi, je crois que je regrette de ne pas avoir eu le courage nécessaire à la réalisation mon rêve.




Dans la vie, je m'appelle Audrey et j'ai 16 ans. J'ai découvert le forum via l'autre blonde et la jolie madame et voici ce que j'en pense : Je ne sais pas ce que je fais, tuez-moi :stare:




Récapitulatif

Octave d'Ibélène

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Douglas Booth
♦️ Compte principal : Non

♦️ Noblesse : Futur empereur / Ibélène


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Je suis : Gouvernante des princesses erebiennes, dame de compagnie de Shéhérazade d'Erebor
(ex duchesse d'Ansemer)

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J'ai fait allégeance à : Erebor
Mes autres visages: Gauthier ; Martial ; Amarante ; Meldred
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Mar 18 Déc - 13:10



[SaturdayProphet] présente

Jehanne
d'Ansemer

Sarah Gadon

« Dans ce silence, gisait l'acceptation du destin, l'idée qu'on déguste la vie tout autant qu'on l'endure. On prend sa part, on profite, on jouit puis on meurt.[...] Seul l'homme l'oublie.»

désordonnée - patiente - secrète -
protectrice - trop rigoureuse - futée - très méfiante - discrète -
effacée - généreuse - menteuse  - passive

- Menteuse : Arranger la vérité, étrangement, ne l'a jamais gênée. C'était toujours mieux pour garder les secrets. Toute vérité n'est pas bonne à dire, de plus, et pour garder ceux que l'on aime, il est bon de faire des entorses à la stricte réalité que l'on raconte. Jamais Jehanne ne recule devant un mensonge, s'il peut l'aider. D'autres emploient des méthodes autrement plus pernicieuses et viles, elle ne peut que se targuer de dissimuler des faits sous une couche de faussetés.

- Passive : Elle n'est pas une battante, Jehanne, elle ne l'a jamais été. Elle subit plus qu'elle n'ordonne. Elle est toujours au second plan, et, quand les évènements lui tombent dessus, elle encaisse. Elle ne se bat pas, mais attend que les choses tournent en sa faveur ou défaveur. Pareil, quand la tristesse ou l'attente la prennent, elle est de ceux qui se laissent aller à leur sort, ne tentant pas de s'en sortir, résignés à endurer jusqu'à ce qu'on les aide.

- Désordonnée : Elle n'a jamais eu le sens de l'ordre, même toute petite. Feuillets de musique rangés au milieu de ses livres, plumes perdues au fil des ans, elle égare souvent les choses. Ou, plus exactement, elle les range là où elle sera sûre de les retrouver, et les autres les déplacent. Fort heureusement pour elle, ce manque flagrant d'ordre dans ses affaires ne lui a jamais causé de tort... Pour l'instant.

+ Patiente : Jehanne sait prendre le temps. Demain ou aujourd'hui, ça n'a pas d'importance, tant qu'elle atteint son but. De cette patience découle un trait plus mineur qu'est sa prudence : elle ne se jettera pas tête baissée dans le premier rebondissement venu. Non, d'un naturel posé, elle observe les choses se dérouler et sait quand intervenir. Sa patience, également, lui permet d'endurer bon nombre de choses : les anciens assauts amoureux, douloureux, sans plaisir et chargés d'un ennui palpable du duc. Le bruit de la pluie fouettant les carreaux de ses appartements en pleine nuit. L'attente interminable de nouvelles qu'elle n'attendait plus.

- Secrète : Les choses sont bien meilleures avec une part de secret. Jehanne garde en elle tout ce que a trait à ses sentiments et à son être. Elle n'aime pas en dévoiler plus que nécessaire, et, même quand c'est nécessaire, elle a du mal à se séparer des informations. Elle est extrêmement difficile à cerner, pour cela : il faut savoir regarder au delà de son apparence retirée et calme, chercher à percer la couverture, pour libérer tout ce qu'elle est, réellement. Bien peu, par ailleurs, peuvent se targuer de la connaître en détails, et encore moins de savoir tout d'elle.

+ Protectrice : Jehanne ferait tout pour ceux qu'elle aime, ou pour se protéger elle-même. Quoi qu'il arrive, la sécurité avant tout. Il s'agit de s'assurer un avenir, une vie, la certitude de pouvoir continuer à avancer. Réfléchie et intelligente, elle ne fait jamais rien sur un coup de tête si elle n'est pas sûre que les gens qui la suivent seront en sûreté.

- Rigoureuse : Observatrice et méticuleuse, mais un peu trop. Elle a un léger culte du minuscule, un sens du détail bien trop poussé, qui virerait presque à l'obsession si elle ne se contrôlait pas. C'est en parfaite contradiction avec le désordre ambiant qui règne dans ses appartements, mais si l'aspect général, le manque d'ordre, lui importe peu, les petits détails déplacés la mettent de mauvaise humeur. Un vase mal placé, une fenêtre pas entièrement ouverte, un oreiller légèrement décalé. Elle s'attardera toujours sur les petites choses avant de voir le grand dessin. Elle recherche la perfection à force de petites choses, dans son quotidien.

+ Futée : Intelligente et vive d'esprit, la duchesse n'hésite pas à mettre à profit tout ce qu'elle emmagasine dans sa mémoire. Inventive, elle sait tirer parti de chaque situation, et réussit, la plupart du temps, grâce à de petites observations, de bonnes réflexions, à tourner les choses à son avantage. Même si sa pensée ne passe pas forcément par les chemins les plus conventionnels, elle reste plus rapide et vive que celle de certaines autres personnes. Ajoutez à cela une mémoire plutôt bien entretenue, et un don certain pour l'observation des plus petits détails, ainsi qu'une certaine manie à vouloir connaître la vérité, sans pour autant chercher à la répandre.


- Méfiante : Il est plus difficile, désormais, de réussir à gagner sa confiance. Si, dans sa jeunesse, elle arrivait sans trop de mal à se laisser aller à se confier sans problème à des gens, elle s'est de plus en plus renfermée sur elle-même, n'accordant plus sa foi à personne. Les gens en qui elle avait confiance, qu'elle croyait dignes, l'avaient trahie : son père, d'abord, et Geneviève ensuite. Alors, désormais, qu'on ne la blâme pas pour ne pas aveuglément croire n'importe qui. C'est cependant ce qui rend sa foi et son amitié d'autant plus précieuses, voire son affection. Au naturel, elle doute également des intentions des gens en face d'elle, même lorsqu'elles sont claires.

+ Discrète : Jehanne a bien du mal à imposer son avis, et ce n'est pas pour rien : même sa présence est effacée. Le pas léger, le froissement singulier de ses jupes sur le sol, une respiration feutrée. Une voix morte. Cette discrétion joue souvent à son avantage : personne n'entend jamais la duchesse arriver si elle n'est annoncée, et tous, au détour d'un couloir, semblent surpris de l'y croiser.
Il s'agit d'une de ses plus grandes qualités, cependant : jamais elle ne rentre en force dans une discussion ou ne semble vouloir s'imposer sur les autres. Au contraire, elle se fond dans la masse.

- Effacée : Discrète. Trop discrète. La duchesse d'Ansemer n'est pas importante, personne ne prend la peine de se pencher sur ses remarques. Quand elle cherche à s'impliquer, personne n'écoute. Alors, depuis longtemps, elle a appris à rester en retrait. A écouter. A ne pas s'imposer sur le devant de la scène. Mais personne ne l'empêche, dans l'ombre, d'oeuvrer... Bien que cela soit inefficace.

+ Généreuse : Elle donne sans compter, Jehanne. De son temps, de ses conseils, à défaut de pouvoir distribuer l'argent des caisses du duché comme elle l'entendrait. De ses gestes, à défaut de ne pouvoir distribuer de douces paroles. Elle aide son prochain comme elle le peut, sans compter. Par exemple, lors de l'épidémie, elle a été de celles qui s'aventuraient dans les rues pour distribuer remèdes partiels et voir ceux qui avaient le plus besoin de son aide, et cela contre les avis même de ses suivantes, bien peu nombreuses. Au milieu des malades, même escortée comme il sied à son rang, elle n'était pas la duchesse, mais une simple femme désireuse de les aider.






©️️Saturday Prophet




Lorsque la nuit est tombée, seule dans sa chambre déserte, des fois, des murmures s'élèvent. Pour ne pas perdre sa langue, pour se souvenir, un peu, de sa voix. Un jour, peut-être la faire entendre à nouveau.



©️️Saturday Prophet

Âge : 32 ans
Date et lieu de naissance : 30 août 970, à l'Ancre-Fleurie en Lagrance
Statut/profession : Duchesse d'Ansemer
Allégeance : Elle ne le sait pas. Pas à Ansemer, en tout cas.
Dieux tutélaires : Bramir a désormais une place dans sa vie. Par son silence obstiné, elle l'honore de jour ; par son secret, elle place doublement sa foi en lui. Elle tente également, par ses actes de charité, de rendre hommage à Sibra.  
Enfant, elle avait d'ailleurs été placée sous sa protection.
Groupe principal : Les gardiens de la tradition
Groupes secondaires : Noblesse



I - Babillages
Beaucoup, en voyant la demeure du comte de l'Ancre-Fleurie, pourraient se questionner honnêtement sur son duché d'appartenance : aussi lagrans et magnifiques que soient les jardins, la demeure s'étendait bien près du littoral. Aussi iodé que soit l'air qui rentrait par les fenêtres grandes ouvertes, le sel et l'odeur caractéristique du large se mêlaient sans problème à celles des arbres en fleurs. Comté à la limite même de Lagrance et Ansemer. Comté double, comté versatile, sujet à de nombreux remaniements. Combien de fois avait-on du changer les actes ? Un comté double, magnifique à bien des égards... Mais de la beauté des deux terres, les habitants en prenaient également les travers.
Ce fut dans cette demeure qui se réputait tout autant du duché des fleurs que de celui des océans que, fin août 970, vint au monde une petite fille. Le soleil était déjà bien bas sur l'horizon, et embrasait l'air d'un millier de teintes ocres, quand Angélique de l'Ancre-Fleurie, épuisée, se laissa retomber sur ses oreillers, les yeux clos, alors que la chambre résonnait des cris d'un nourrisson.
Une petite fille, née juste quand il le fallait, légèrement plus petite et frêle que la moyenne. Une petite fille, l'innocence même, qui grandirait entourée de fleurs et d'embruns.

Une petite fille aimée, attendue et choyée par le comte et la comtesse. Tout deux encore jeune voyaient leur mariage se concrétiser dans la naissance d'une première fille. Nul doute qu'après elle, d'autres suivraient, ils l'espéraient. Tout comme ils espéraient, instinctivement, que cette enfant née à l'Ancre-Fleurie soit un reflet de la terre sur laquelle elle avait vu le jour.
Et si, en un sens, le futur leur prouverait qu'ils avaient raison, jamais d'autre bambin ne devait naître du couple.

La parole fut la première chose qui vint aisément à Jehanne. Petite enfant encore incertaine dans ses mouvements, elle savait bouger ses lèvres et s'émerveillait du son de sa voix. Sa nourrice s'usa la voix à lui conter, encore et encore, chaque histoire, chaque légende et chaque murmure sur Arven, seulement pour s'entendre dire : "encore... Encore une."
La beauté, le pouvoir du son. Le pouvoir de la voix.
La blonde petite respectait le silence autant que les mots.

"Comment s'appelle-t-il ? "
Une main sur un tronc, sous la lumière diffuse d'une fin de mai 976, la voix enfantine de l'héritière de l'Ancre-Fleurie résonnait. En compagnie de sa mère aux traits tirés, l'enfant arpentait les chemins sinueux entre les arbres du verger. Chacun avait sa particularité, tous étaient, aux yeux de Jehanne, plus digne de son intérêt que ce qu'elle pouvait croiser en dehors des jardins. Elle s'y sentait dans son élément, là, au milieu des teintes vertes et terre sombre, en sécurité. Elle, la blonde aux yeux d'océan, semblait trouver son confort à l'intérieur des terres, entre les arbres et les fleurs de Lagrance.
"Et lui ? Et lui ? "
Sa main sautait d'un tronc à l'autre, caresse éphémère. Amour tendre et sincère, curiosité grandissante.
"Un jour, saurais-je tous les nommer ? Et toutes les fleurs ? "

Ce n'étaient, encore, que des babillages enfantins. Mais petit à petit, au fur et à mesure que les mois passaient, et que les précepteurs remplaçaient les nourrices, les livres remplaçaient les jouets, Jehanne apprenait. Elle apprenait ces noms que, la nuit, elle se répétait en boucle pour s'endormir. La valse des fleurs comme une myriade d'étoiles au fond de son esprit, les plantes comme des centaines de mains amicales qui ne demanderaient qu'à être serrées, et, pour voûte céleste un plafond de feuilles, tissé par les plus grands des arbres de ses rêves.

II - S'effacer pour exister
Elle avait neuf ans lorsqu'elle fit la connaissance de Geneviève des Armoises, à l'occasion d'une rencontre de leur parents. Se souvenait-elle vraiment de pourquoi ? Non. Elle se souvenait avoir été intriguée par cette fillette, d'un an sa cadette, accompagnant sa mère. Elle se souvenait lui avoir adressé la parole, de sa voix mélodieuse. Lui avoir proposé de la suivre, de voir leur jardin. Pour sûr, elle ne venait pas de Lagrance - la comtesse le lui avait bien dit -, elle n'avait sans doute aucune idée de combien cet endroit était le plus agréable au monde !
"Là, ce sont nos roses... Et là... Et là... "
Discrets, les pas de Jehanne sur le sol. Discrète, sa voix, malgré l'enthousiasme qui y perçait. Tout en finesse. Discret, son rire, alors que la petite à ses côtés commençait à lui proposer de jouer sous l'oeil d'un adulte, non loin.
Elle était presque son opposée. Là où la candide blonde n'osait parler, Geneviève intervenait à grands renforts de gestes élégants et de remarques des fois approximatives. Là où la brune manquait de mots, la lagrane savait lui souffler les bons.
Il était des amitiés qui se nouaient en un souffle, et transcendaient les ans pour ne jamais se dénouer. Ou presque.

Son amour pour les plantes des jardins de sa demeure ne s'arrêta pas là. A chaque instant de libre, Jehanne cherchait à en apprendre le plus possible sur toute la flore, et son utilité. Ainsi, à dix ans était-elle capable de nommer plus de plantes qu'on ne pouvait en voir autour d'elle, ainsi que d'énumérer leurs effets en médecine. Ils restaient relativement vagues, mais elle avait pour tout ça une soif d'apprendre qui ne semblait jamais capable d'être étanchée.
Elle stupéfiait ses professeurs, à ce sujet. Son intérêt ne semblait avoir aucune limite, et grandissait avec le temps.
Plus. Elle nourrissait, secrètement, le rêve de pouvoir dédier toute sa vie à cette étude de la flore - non seulement les fleurs, mais également les mousses et herbes, en somme tout le règne végétal.

"Père ? "
Un soir de décembre 983, alors que son père est penché sur une pile de documents, la jeune venait lui porter une requête singulière. Ce n'était pas qu'elle avait peur de son père : ce noble descendant d'une lignée qui se targuait d'être aussi ancienne en Ansemer qu'en Lagrance l'impressionnait, et, par les limites qu'il lui imposait dans son éducation, lui semblait être un pilier invisible mais fondateur de son éducation. Non, elle n'en avait pas peur, car elle se remettait à lui. Mais il y avait en Rodrigue quelque chose de tumultueux, d'indompté, qui ne cherchait qu'à sortir.
"Qu'y a-t-il, Jehanne ? Un souci ? " s'enquit-il en  se redressant,jetant un oeil à la sombre nuit à l'extérieur. "Tu devrais depuis longtemps être couchée.
- Je viens vous porter une requête, père. J'aurai espéré que, à la nouvelle année scolaire, vous me laisseriez vous quitter pour...
- Non."

La violence du mot, comme une bourrasque glacée qui frapperait son visage. Elle recula un peu, mais tint bon. "Père...
- Je sais ce que tu vas dire, Jehanne. Et c'est non.
- Mon professeur, pourtant, dit que je pourrais sans problème aller étudier...
- Jehanne."
Le silence.
Le poids du silence. Comme elle pouvait haïr, ce silence, alors que le regard sombre de son père se posait sur elle. Dur. Froid. Aimant, mais froid.
"Tu as treize ans. Et tu es ma fille. "
La suite de la phrase, le non-dit, elle ne l'avait jamais su, mais elle l'avait compris.
"Va, maintenant."
Elle avait compris que ses rêves s'arrêtaient dès à présent.

Alors elle grandit, la blonde lagrane, entre les cours et la cour, où son père quelquefois l'emmenait. Le comte de l'Ancre-Fleurie était de ces hommes qui fréquentaient les réceptions mondaines, après tout, et en tiraient des enseignements valables, mais également y développaient leurs plus sombres travers.
Elle grandit, la fillette, s'épanouissant lentement, à la bordure entre Ansemer et Lagrance, refusant la vue de l'océan, n'acceptant de ne se le faire conter que par Geneviève, devenue sa plus proche amie. Son appétit pour les mots et le verbe grandit également, même s'il n'égalerait jamais son amour pour les plantes. Savoir avorté. Elle n'apprendrait pas plus.
Il n'était pas dans son esprit de combattre de plein front. La nuit, elle restait éveillée, à murmurer les mots de vieux livres retrouvés au fond de la bibliothèque - car lire restait comme parler.
Il n'était pas dans son esprit d'imposer son avis. Au fil des années, elle l'avait compris. L'enfant déjà discrète s'effaça complètement, et si ses réflexions et son esprit ne manquaient pas de charme, jamais ne parlait-elle sans y avoir été invitée.
Raffinement. Discrétion.

Au fil des années, elle commença à se sentir investie d'une mission auprès de ses gens. Elle était la fille de leur comte, après tout, et ils méritaient bien qu'elle s'occupât d'eux. Ce n'étaient que de petites visites, des attentions infimes dans les villages alentour. Vêtue simplement, lorsque le besoin s'y prêtait, elle allait faire profiter les gens de son éducation : toujours accompagnée, bien sûr, de la pointe d'une plume ou d'un stylet sur une tablette de cire, elle écrivait doléances et lettres officielles ou officieuses.
Ce n'était rien. Mais elle voulait le faire.

Et puis vinrent ses dix-huit ans. Son père avait fait des mystères, les mois précédant ce mois de mai. Lui demandant implicitement de se tenir prête, que le climat côtier était moins clément que celui qu'ils avaient sur leurs terres. Et puis la réponse était venue, un soir.
"Vous m'emmenez en Ansemer ? A la cour ? " Eberluée, la jeune aux boucles blondes ne comprenait pas. Jamais encore n'avait-elle mis le pied en Ansemer, si ce n'était aux Armoises, pour une visite de courtoisie. Elle ne connaissait pas cette cour, elle n'y connaissait personne... Enfin si.
"Notre passé est autant ansemarien que lagran, Jehanne, nous ne pouvons nous y soustraire. De plus, il m'est avis que ta présence, là-bas, sera plus qu'appréciée.. Et que tu y trouveras pour t'épanouir, naturellement."
Ce n'était qu'un plan. Un de plus, ficelé à la perfection. Elle n'en avait pas encore conscience, voilà tout. La seule chose qui lui traversa l'esprit, à ce moment précis, fut :
"Je vais revoir Geneviève."
Une joie, presque enfantine, de revoir sa meilleure amie qui déjà s'y était installée.

La cour, à Port-Liberté, était déstabilisante. Magnifique, grandiose, loin de tout ce que Jehanne avait connu. Elle qui ne s'était jamais senti d'attache avec Ansemer savait volontiers, aux côtés de son amie retrouvée, se fondre dans la masse de nobles, attirer sur elles deux des regards envieux, joueurs, alors que leurs rires résonnaient.
Magnifiques inséparables qui jamais ne devraient se faire de mal.
Mais voilà que l'orage arrivait, déjà, tumultueux et porteur de souffrances, en la personne du duc d'Ansemer, Bartholomé.

III - Alors elle se tait
Bien de sa personne, l'homme fréquentait sa propre cour lorsqu'il posait le pied à terre. La régence étant assurée par sa mère, il n'avait, globalement pas à s'en faire, et, Jehanne, du haut de sa discrétion toute à elle, ne s'attendait pas à ce qu'il la remarquât. Oh, bien sûr, il y avait de la noblesse et une forme de beauté chez ce duc. Bien sûr, il semblait passionné, attiré par le large comme beaucoup d'hommes dans le duché. Il avait dans ses yeux les tumultes des flots qui dansaient, et on sentait bien à chacun de ses pas qu'il regrettait le roulis des vagues.
Et la terrestre lagrane, qui n'avait aucun goût pour les vastes étendues d'eaux, regardait l'enfant du duché des océans naviguer au milieu d'intrigants et d'amis, distribuant petits mots, remarques affables et oeillades discrètes.
Il avait neuf ans de plus qu'elle. La vie, déjà, l'avait façonné de manières que la discrète héritière de l'Ancre-Fleurie ne pouvait imaginer, et, d'une certaine manière, celle-ci lui trouvait un certain charme. Plus d'une fois se laissa-t-elle entraîner dans une discussion avec lui, au cours de l'année qu'elle passa à la cour, et, sans doute leur relation aurait-elle pu devenir une solide amitié !
Elle aurait pu. S'il n'y avait pas eu Rodrigue et ses manigances.

Allongée sur son lit, dans la chambre exiguë de la maison d'un de ses oncles, à Port-Liberté - son père avait celle du dessus -, elle tentait péniblement de trouver le sommeil, empêtrée dans ses draps. L'air était lourd, annonciateur d'orage, et elle peinait à calmer celui qui tempêtait dans son esprit. Quand, soudain, des coups légers à sa porte. Jetant un oeil vers le ciel, par la fenêtre - sombre, les deux lunes éclairant faiblement la pièce d'une lueur réconfortante -, elle se leva. Sûrement, à cette heure-ci, ça ne pouvait être que Geneviève avec quelque histoire à lui partager.
Quelle ne fut pas sa surprise de trouver, devant elle, le duc, serrant dans sa main un petit feuillet griffonné !
"Votre Grâce ? Que faites-vous ici ?"
La réponse tenait dans un bout de papier, et dans le baiser qui lui coupa le souffle. Dans la porte qui se referma, aussi silencieusement qu'elle s'était ouverte.
Dans l'abandon, la découverte et la peur, pour moins d'une nuit. Quelques heures de félicité, de chamboulement, sans pour autant se douter de la chute.

"Jeha--"
A la limite du sommeil, la voix de son père la tira de son état, éclat glacé qui se fichait dans son coeur. Elle se redressa, le drap pudiquement relevé sur sa poitrine, ses boucles blondes devenues ressorts d'argent emmêlés sur ses épaules. Elle n'avait pas besoin de regarder à côté d'elle pour savoir que le corps s'y trouvant était encore celui du duc d'Ansemer.
"Père..."
- Dans ma propre maison ! Sous mon propre toit ! Croyez-vous, tout duc que vous êtes, que vous pouvez ainsi prendre d'innocentes jeunes filles et les forcer à vous donner leur pureté, altesse ? "
Quelque chose n'allait pas.
Ce n'était pas la fureur froide qui le prenait quand il était en colère. C'était la jubilation, qui perçait dans sa voix.
Pourquoi ?
"Vous avez déshonoré ma fille de la plus infâme des manières. Sachez que cet acte, ce crime, ne restera pas impuni. Il sera su."

Et Jehanne. Douce. Innocente Jehanne, dans la lumière des lunes qui dansaient derrière les nuages, tenta de se redresser. Pataude, perdue. Quelque chose n'allait pas, dans le tombereau de malédictions qui s'abatait sur le duc.
"Et il sera su d'ici à l'autre bout du duché. Il sera su en Lagrance, dans les rues d'Alfaë, jusqu'aux confins du duché d'Outrevent. Et j'irai même jusqu'à en référer à l'Impératrice ! Ce comportement est indigne de quelqu'un de votre rang ! "
Ce n'était pas des remontrances.
C'était une pièce.
"Père, arrêtez..."
- Tais-toi. "
Alors elle se tut.

La scène continua. Déshonneur, scandale. Honte. Et le coup final, ce à quoi elle ne s'attendait pas. Les épousailles, forcées. Oh, le regard chargé de haine et de fiel de Bartholomé d'Ansemer sur son corps encore recouvert du drap, alors qu'il accepte ! Oh, le sourire de son père, alors qu'ils se retrouvent seuls, elle déshonorée dans un drap tâché, et lui convaincu d'avoir fait la plus grande chose de sa vie !
Oh, les larmes, silencieuses, qui coulèrent sur ses joues et ses lèvres.
Oh, les sanglots.
"Ne pleure pas de t'être élevée au dessus de toutes tes espérances, ma fille."
Mais elle ne le voulait pas.
Alors elle se tut.
De ce silence qui voulait tout dire. C'était une mort, en soi, elle qui avait toujours aimé parler.
C'était une perte douloureuse, qui empoisonnerait lentement tout son être pour la faire dépérir, pour qu'il ne reste plus rien de Jehanne de l'Ancre-Fleurie, que le fantôme d'elle-même. Que tous la regrettent.
Que personne ne se souvienne.

Le mariage fut célébré le 10 octobre 990, sur le pont d'un bâtiment dont Jehanne ne voulait pas se rappeler. Elle gardait les yeux obstinément baissés, ne voulant pas croiser le regard de son époux. Elle savait ce qu'elle y lirait.
La haine. Le dégoût. La fureur de devoir, désormais, abandonner cet océan qu'il chérissait pour rester à terre.
Elle ne fut pas capable de répondre à l'officiant. Et pourtant le mariage eut lieu.
Duchesse d'Ansemer.
Jehanne d'Ansemer. Elle abandonnait, ainsi, tout ce qui avait pu faire d'elle une lagrane. Où trouverait-elle ses fleurs ? Où trouverait-elle ses plantes ? Ce mariage,  à ses yeux, était pire qu'une prison : il était sa propre condamnation à mort.
Et il y avait Geneviève, qui la fixait, alors qu'au bras de son époux ils  gagnaient les appartements nuptiaux. Sa meilleure amie au regard de glace, qui, loin de la plaindre, semblait vouloir la tuer.
Et surtout, il y avait son nouveau compagnon.
Le silence.

C'était mutisme contre rancoeur. Non-dits et regards assassins. Apathie et assauts furieux, car il le fallait. Très vite, la duchesse comprit quel était son rôle en Ansemer : aucun, si ce n'était de fournir l'héritier à la couronne ducale. Le système de la société était tel que le duc ne s'appuyait que sur ses proches conseillers, les gens en qui il avait confiance. Et, curieusement, sa femme n'en faisait pas partie.
Sa femme, qui ne décrochait pas un mot.
Sa femme, dont le ventre, non plus, ne voulait rien savoir. Silencieux, comme elle au lit alors qu'elle supportait les assauts de celui qu'un complot avait fait son époux.
Un mois. Dix. Quinze. La haine de Bartholomé s'était muée lentement en ennui, et bien qu'il tenait à accomplir son devoir conjugal, rapidement, il se lassait du corps sans réponse sous le sien, de cette femme qui avait subi la violence de leurs premiers ébats.
Et Jehanne, elle, se lassait de la vie. Désormais confinée au palais ducal et à ses alentours, elle recherchait avec passion le moindre coin de verdure, le plus petit des jardins ! Car l'ennui était tel qu'elle espérait encore qu'un miracle puisse se produire.

IV - ...


D'une certaine manière, le miracle vint, pour la sauver de cette détresse de plus en plus profonde dans laquelle elle se plongeait. Les journées se ressemblaient, les nuits aussi. Effacée, silencieuse, la nouvelle duchesse ne laissait rien passer ses lèvres. Paroles, souffles, rire. Rien ne sortait.  Elle savait être obstinée, dans sa souffrance.
Elle avait espéré, la blonde aux yeux d'océan, que sa salvation viendrait des terres. De Geneviève, qui ne lui réservait plus qu'une froide indifférence qui achevait de la briser. De son père, désormais rentré dans le duché voisin !
Pas de son beau-frère.
Il s'était présenté à elle, un soir, après quelque réception où Bartholomé avait pris soin de ne même pas accorder à celle qu'il avait épousé un regard ou un mot. Il l'avait raccompagnée, dignement, jusqu'à ses appartements, devisant d'un peu tout, et elle s'était plu à entendre sa voix, même si elle n'avait pas su lui répondre. Elle ne savait pas trop à quoi s'en tenir : irait-il rapporter à son frère, immédiatement, si elle ouvrait la bouche ?
Il l'avait laissée sur le seuil de sa porte, lui souhaitant une bonne nuit qu'elle n'avait pas pu lui retourner de vive voix.

La même chose se répéta, chaque soir, après le dîner, pendant toute la période que le prince d'Ansemer passa au palais ducal. Il prit l'habitude d'égayer la fin de journée de Jehanne de sa présence, lui racontant tout ce qu'il pouvait : histoires, anecdotes. Il savait comment amener sur le visage d'une femme un sourire et force était de constater qu'il y arrivait plus nettement que son frère.
Lentement, et naturellement, les simples discussions se transformèrent en longues entrevues dans les appartements de la duchesse, où les mots se paraient de rires retenus. Quelquefois, même, les lèvres de la blonde se desserraient pour esquisser un rire silencieux et trop vite ravalé.

Très vite, Jehanne comprit à quel point la présence du Chevaucheur lui permettait d'affronter la vie au palais. Il faisait entrer dans sa vie une lumière qu'elle n'avait jamais vue, lui faisait ressentir l'existence d'une manière jamais appréhendée... Et elle plongeait dans une profonde apathie quand il s'absentait. Bien trop souvent.
Elle comprit, un soir, alors qu'il s'apprêtait à prendre congé, l'énormité de la chose qui s'était tissée entre eux.
C'était une soirée où la pluie venait de tomber sur la capitale ducale, laissant une brume lourde entourer la cité. Un feu dans l'âtre du salon privé où ils avaient pris l'habitude de se retrouver loin d'oreilles indiscrètes crépitait, réchauffant la petite pièce. Bertin allait partir, d'un instant à l'autre, et elle resterait seule avec ce poids au fond de la poitrine. Déjà, il se levait, déjà, il allait s'éloigner.  Mû par un sentiment d'urgence, la main fine de Jehanne s'élança pour le retenir.
Surprise. Supplique, au fond de ses yeux, regard plus puissant qu'aucun mot.
Ne me laisse pas.
Toucher éphémère. Sa main se retira aussi vite qu'elle était partie, fraîche comme toujours. Mais son regard ne quittait pas le sien. Et il y avait tant dans ses yeux ! L'espoir. L'innocence. Le sentiment qui battait au fond de sa poitrine, qu'elle ne pouvait pas nommer.
Reviendras-tu ? semblait-elle demander, alors que la convenance reprenait le pas sur le brusque émoi qui l'avait saisie, et que, piteusement, elle tentait de cacher.

Et il revint. Chaque soir, s'attardant auprès d'elle après le départ de son mari quand il daignait venir la voir. Il ne s'attendait pas ce qu'elle parle, et elle lui en était reconnaissante. Souvent, leurs regards se croisaient, et alors même les mots devenaient inutiles et mouraient sur les lèvres de Bertin.
Plus le temps passait, plus leurs entrevues les menaient loin dans la nuit, et plus Jehanne avait le sentiment de revivre.
Il y eut un baiser, qu'il initia, un soir où Jehanne s'était installée à son côté. Un soir où l'orbe lumineux était sur le point de s'éteindre, signifiant la fin de leur entrevue. Un baiser qui tourna la tête de la jeune duchesse. Elle avait vingt-trois ans.
Reste.

Même lorsqu'il partait, désormais, le prince restait au centre des pensées de la femme de son frère. Et lorsqu'il venait à la cour, et que leurs yeux se croisaient, la blonde ne pouvait s'empêcher de se sentir quelque peu coupable, de ces baisers qu'ensuite il déposerait dans l'intimité de leurs rencontres. De leurs correspondances, où elle pouvait laisser libre cours à la seule voix qu'elle avait, celle du fil de sa plume.
De leur amour naissant, qu'elle n'osait pas nommer comme tel encore. Elle avait peur, méfiante encore malgré toute l'affection qu'elle lui donnait, que tout ne soit qu'une mauvaise farce orchestrée par le duc pour mieux la perdre.
Plus le temps passait, plus les barrières dont Jehanne s'entourait s'affaissaient. Elle reprenait goût à la vie, se faisant, petit à petit, à ce rôle qui était le sien. Rencontres à la cour ducale, impériale parfois. Ballet des nobles et des procédures auxquelles il fallait se soumettre, carcan étouffant auquel elle s'astreignait. Elle se devait d'être irréprochable. De donner de son temps, aussi, en des oeuvres de charité pour les plus faibles de ce duché qui ne croyait pas en elle.

En mars 996, la duchesse d'Ansemer donna naissance à une jeune princesse héritière, Bertille d'Ansemer, aux yeux aussi bleus que ceux de sa mère - une princesse des Océans, assurément -, et aux traits définitivement de la famille ducale. Personne ne soupçonna un instant que l'enfant était celui de Bertin, et non du duc.
L'accouchement avait été douloureux, et, pour la première fois en six ans, un son avait franchi les lèvres de Jehanne. Un son enroué, qui, au milieu de la douleur de son corps entrain de donner la vie, l'avait inquiétée. C'était donc cela, désormais, sa voix ? Cet filet brisé, brisé comme elle ?
Et puis la pensée s'envola dans un nouveau cri.

Suite à la naissance de cet enfant, elle n'eut plus jamais à subir la présence de celui qui était son mari au sein de sa couche. D'abord car elle eut une longue période de relevailles. Ensuite car, dans le peu d'intérêt qu'elle avait pour Bartholomé, il y avait le besoin d'un enfant.
L'enfant arrivé, elle n'était plus qu'une potiche officielle, bonne à être oubliée, exhibée quand on le demandait. Mais sinon, le duc préférait grandement s'entourer de compagnes, au vu et su de tous, allant même jusqu'à lui imposer sa meilleure amie, désormais pire ennemie !

Humiliation grandissante, que Jehanne affrontait la tête haute. Elle était patiente, la lagrane. Elle savait endurer. Et n'avait-elle pas son propre bonheur, à sa manière ?
Humiliation totale, mais Jehanne supportait. Sa revanche, en soi, passait par sa petite fille, preuve d'un amour plus fort que tout dont Bartholomé n'avait même pas conscience. Il avait adopté sa nièce, et l'adorait, malgré la différence de plus en plus notable au fur et à mesure qu'elle grandissait.
Elle prenait les traits de son père, après tout. Fort heureusement, les deux étant de la même famille, la petite était encore protégée par les rondeurs de l'enfance pour l'heure. Cette enfant sut rapprocher encore plus, si c'était possible, Jehanne et Bertin, au point que malgré la méfiance qui hantait quelquefois encore la duchesse, celle-ci se laissait aller à lui parler, lorsqu'ils étaient seuls, de sa voix quelque peu enrouée, à force de ne plus être utilisée.

Ainsi alla la vie de celle que, désormais, tous connaissaient sous le nom de Jehanne d'Ansemer, duchesse muette. Lagrane exilée au bord de l'océan, qui gardait pourtant une tendresse amicale pour le duché des fleurs. Femme d'un homme qui préférait s'afficher avec son ancienne meilleure amie, et qui n'était là que pour les évènements officiels.
Si seulement elle avait pu ne pas y être, pour une fois... En septembre 1001, à l'occasion du tournoi des Trois Opales, invitée avec son mari, elle manqua de perdre la vie, menacée par l'Ordre du Jugement. Pendant des mois, elle ne put fermer les yeux sans imaginer à nouveau l'eau remplir ses poumons, ses gestes inutiles, et les pensées qui avaient défilé derrière ses paupières. Les mots sur ses lèvres sous la surface.
Elle n'était pas pour l'Ordre, et ne l'avait jamais été. Dévouée entièrement à la famille impériale, à Chimène, elle n'approuva pas le soutien de son mari à Gustave, et ne l'approuve toujours pas. Mais il ne l'écouterait pas, de toute manière. Depuis son accession au trône impérial, et si Ansemer était bien vu du nouvel empereur, la duchesse restait grandement méfiante. Sa loyauté, ils devraient la mériter.
Et jusqu'ici, ils n'en étaient pas dignes.

La guerre frappa. Le conflit, lentement, ravagea le continent aussi sûrement qu'une maladie l'aurait fait. D'autres forces étaient à l'oeuvre, Jehanne en était consciente, derrière les combats. Et de ces forces, elle ne savait pas à quoi s'attendre. Pourrait-elle protéger convenablement sa fille ? Ansemer n'était que peu touché par la guerre, et Port-Liberté encore moins...
Mais cela ne l'empêchait pas de craindre pour l'empire, et pour les combattants au front. Et même si la cité se complaisait dans une fausse sécurité, même si Bartholomé ne laissait rien transparaître dans le peu de moments qu'il daignait accorder à sa femme, la guerre était là. Faërie s'en sortait plutôt bien, gardant un avantage certain sur les Ibéens, et, du début de l'année, mis à part une attaque pirate sur un des domaines du duché - Jehanne gardait l'oreille attentive -, elle n'avait pas eu grand-chose à craindre de plus qu'en temps de paix.
Lorsque la Trève fut officiellement brisée, la duchesse aux convictions arrêtées, songea un instant à se faire entendre. Mais qui l'écouterait, elle ? Qui l'écouterait, plaider pour la paix d'une voix qu'ils ne connaissaient pas ?
Et puis étaient venues les chaleurs de juillet et d'août... Et le mal, fulgurant, dans ce mois. Jehanne n'avait jamais vu ça. La fièvre, le délire, les suppliques dans les rues de la capitale, jusque sous ses fenêtres ! La douleur qui l'avait saisie au coeur. Elle n'avait aucun amour pour Ansemer, mais elle ne pouvait pas laisser des gens souffrir sans rien y faire.
Alors, elle avait fait le tour de la cour, accompagnée de son propre herboriste, distribuant des décoctions aux mal en point ; elle s'était aventurée dans les demeures où plusieurs malades se trouvaient, aidant à distribuer des soins ou des aides. De toute manière, la maladie ne pouvait la toucher. Et, quand le remède était arrivé, elle avait aidé à sa diffusion, sidérée d'entendre la cause du mal.
Sidérée, et dégoûtée. L'Ordre, encore et toujours.

Et puis la Chasse Sauvage se déversa sur Arven. Libérant les cauchemars, la peur et la mort plus sûrement que la guerre n'aurait pu le faire. Elle perdit une proche amie dans la libération, également. Cassandre de Faërie resterait la seule avec qui elle avait pu partager son amour des plantes, même depuis ce duché.
Les actions de l'Ordre continuaient de la révolter, de plus en plus, et de se savoir partisane silencieuse de ces manigances, de leurs jeux malsains la rendait folle de rage. La vie des innocents étaient en jeu.
La vie de sa fille était en jeu. Et, pour un pseudo-bien commun, ils relâchaient sur le continent mille terreurs.
Arven n'était plus sûr, et Jehanne, pour l'heure, priait pour voir le jour se lever. Encore une fois. Elle avait remis au placard ses rêves de départ, songeant que Port-Liberté ou Lorgol, sous la menace actuelle, étaient bien les mêmes.



Trame alternée : Intrigue 2.3
Jehanne ne s'est pas réveillée, dans cette réalité. Et pourtant, elle aurait pu y trouver une grande félicité. Une vie idyllique. Ca ne restera, pour toujours, qu'un rêve à ses yeux. Dans cette vie, jamais son erreur avec Bartholomé n'a eu lieu, jamais son père n'a trouvé le moyen de le glisser dans ses draps. En revanche, elle a su trouver, là encore, Bertin, et ensemble ils vivent une vie presque parfaite avec Bertille.  




La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Une grande peur a saisi Jehanne en apprenant cette libération. Elle qui aimait la nuit, pour les instants de paix et la chance, éventuelle, de pouvoir s'exprimer à nouveau, elle s'est condamnée au sommeil artificiel, prenant cependant toujours le soin de s'endormir après sa fille. Heureusement que la fillette a le sommeil lourd.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Jehanne est contre cette guerre, source de tensions constantes. Pendant mille ans, les empires ont su collaborer, même avec des hauts et des bas ! Cette guerre n'a jamais été utile. Elle n'est qu'un massacre de plus. La trêve reste bienvenue, pour elle, et elle souhaiterait même la voir s'étendre indéfiniment. Mais le danger rôde, bien plus vicieux que la menace d'un combat rageur entre les deux empires.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol, c'est l'inconnu et l'espoir, la promesse d'une vie meilleure et la mort d'une part d'elle-même. Lorgol, c'est le courage de partir d'un duché qui, de toute manière, ne lui est pas attaché. Lorgol, c'est abandonner, pour toujours, Ansemer. Revivre.
Lorgol, c'est si loin.





Dans la vie, je m'appelle Mathilde et j'ai 19 ans. J'ai découvert le forum via la traînée de paillettes et voici ce que j'en pense : c'est encore du déni quand on a créé le compte ? :haww: (amour sur vous).
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Jehanne d'Ansemer

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Nom de ton avatar : Sarah Gadon
♦️ Compte principal : Non

Ne conserver que les lignes remplies
♦️ Noblesse : Duchesse / Ansemer
Héritière du comté de l'Ancre-Fleurie / Ancre-Fleurie / Lagrance


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Ce n'est pas une réussite,
c'est la fin d'un échec.



JJ: cornsilk
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J'ai : 19 ans
Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

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J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Mar 18 Déc - 18:15



Skyfall présente

Agathe
de Vigdir

Elle Fanning

« Le monde ouvre ses bras pour t'accueillir ; prends sa main, et marche. »

Peureuse • Gourmande • Diligente • Futile • Coquette • Perspicace • Patiente • Indiscrète •Imaginative • Nerveuse • Attentive

Peureuse • Si les Bellifériens ont le Chêne comme emblème, tu n’en est que la feuille, petite pousse. À la moindre brise, tu trembles et menaces de t'étioler. C’est que la peur, dans ton ventre, gronde comme les dragons qui survolent le ciel de Faërie. À force de subir la colère incessante de ton père, à force de voir tes frères prendre des coups pour toi, tu en es venue à craindre ta propre ombre.

Gourmande • Tu l’ignores probablement, mais ta maman aussi serait prête à faire beaucoup pour une pâtisserie à la noisette. C’est un vice tout masculin, que tu crois, que de se faire charmer par l’estomac et les papilles. Une petite faiblesse, une honte que tu aimerais garder pour toi, mais tes yeux brillants devant les confiseries ne trompent pas.

Diligente • Lorsqu’on ordonne, tu t’exécutes, en digne Belifférienne que tu es. Si la peur fut la plus grande motivation de ton zèle, durant ta prime jeunesse, tu as appris qu’un travail bien exécuté et fait rapidement était gratifiant. Ton efficacité et ta discipline sont d’autant plus exacerbés par la présence de ton mentor, Mélusine de Sylvamir : pour la mère qu’elle représente, à tes yeux, tu ne souhaites pas la décevoir. Pour elle,  tu désires exceller.

Futile • On te dit futile, naïve, peut-être, ou alors candide. Tu crois simplement qu’un titre définit la grandeur d’une personne, que le sexe fort n’est pas qu’une expression pour enjoliver la vulgarité masculine et que le sexe faible l’est littéralement. La petite pousse que tu es a grandi dans un univers où il était normal pour une femme de ne pas trop réfléchir et de s’arrêter aux futilités du monde. Tu n’y es pour rien, et déjà, la présence de Mélusine déteint sur toi pour ouvrir tes horizons. Le chemin sera laborieux, mais tu empruntes déjà la bonne voie.

Coquette • C’est qu’on ne t’a pas permise de l’être vraiment, à Bellifère. Sobriété et austérité furent tes compagnes de quotidien. Il faut dire que tu ne connaissais pas vraiment autre chose. Le Duc de Sombreciel fut le premier à te couvrir d’autant de dorure et de parures, de confiseries et de carnet aux reliures incroyables. Même si tu t’en es d’abord offusquée jusqu’à en rougir, il faut bien avouer qu’autant de joliesse t’a impressionnée. Sauf, peut-être, cette robe échancrée…

Perspicace • Malgré ta futilité, malgré ton imagination débordante, tu es une fille intelligente. À force d’observer les gens et d’être spectatrice de ta propre vie, tu as appris à déduire adroitement des maigres informations qu’on te fournissait. Ça te permet également d’apprendre plutôt rapidement ce que l’on t’apprend.

Patiente • Longtemps, tu as patienté que maman revienne. Ensuite, tu patientais que l’on t’enlève pour te soustraire à ton père difficile. Ta passivité imposée a fait de toi une jeune fille calme apte à affronter l’adversité. N’est-ce pas ce que l’on attend d’une jeune femme, après tout?

Indiscrète • Curieuse, tu l’es. Tu te préoccupes des gens autour de toi, tout comme tu te découvres des passions pour tout et n’importe quoi. Tu aimes apprendre, tu questionnes beaucoup. Le problème, Agathe, c’est que tu peines à garder ta langue. Parfois, tu te dis que c’est parce que tu es trop petite pour la grandeur du secret découvert; il t’excède, il déborde, et tu n’as pas d’autre choix que de te confier.

Imaginative • C’est une habitude que tu as depuis que tu es toute petite. Ta vie, si lisse, si prévisible, si réconfortante par sa monotonie, t’ennuyait quelque peu. Pour te divertir, tu t’amusais à imaginer les secrets des uns et des autres, par leur mimique, par les petits détails qu’ils laissaient derrière eux, sans le vouloir, sans le savoir. Qu’est-ce que tu t’en es racontée, comme histoire!... Mais encore aujourd’hui, il t’arrive de croire encore aux scénarios tantôt crédibles, tantôt fantasques que tu imagines.

Nerveuse • Ton père n’était pas un poète. La seule métaphore qu’il n’ait jamais faite​ à ton sujet est de t’associer à l’un de ces ridicules chiens de prairies parsemant les contrées bellifériennes. Aussi nerveuse qu’eux. Petite. Risible. Si l’insulte t’a blessée et a humidifié tes yeux, il n’en demeure pas moins qu’il n’avait pas tout à fait tort, ton papa. Le climat dans lequel tu as vécu t’a imposé une nervosité perpétuelle qui s’est avérée salvatrice, tout compte fait. C’est grâce à elle que tu es constamment aux aguets, ce qui n’est pas dénué d’utilité pour les cours particuliers que t’offre ton mentor.

Attentive • Pour les menus détails tout comme pour les êtres que tu aimes, tu te montres attentive. Si tu l’étais déjà à Brumecor, tu l’es d’autant plus depuis que tu as débuté ta formation. Tes nouvelles occupations t’imposent de l’être, et le Destin fait bien les choses : tu l’es deux fois plutôt qu’une!




©️ Poison Ivy
Arnaut, son frère d’amour, son jumeau. Elle se languit de le revoir, elle désespère, Agathe. Pour le moment, elle patiente que sa relation avec sa mère grandisse suffisamment afin de lui demander une faveur. Celle de lui ramener son jumeau. Si Agathe ne peut plus retourner auprès de lui, alors, peut-être pourrait-il venir auprès d’elle, dans cette nouvelle vie…? La Belliférienne se doute qu’il s’agit là d’un petit secret à ne pas ébruiter, à l’instar de cette fameuse nuit où Arnaut partageait sa couche avec une certaine demoiselle…  



©️ Mio
Âge : 18 ans
Date et lieu de naissance : 21 novembre 984 , à Brumecor (Bellifère)
Statut/profession : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir
Allégeance : Cour des miracles ; Mélusine de Sylvamir
Dieux tutélaires : Idril a bercé son enfance et une grande partie de son adolescence. C’est toutefois en prêtant serment à la cour des miracles qu’Agathe a appris à murmurer ses prières à Isil, la voleuse.
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau
Groupes secondaires : Noblesse / Cour des Miracles


«J’ai longtemps pensé que maman était la femme de ma vie. Que si j’étais assez gentille et docile, elle reviendrait et demanderait pardon. Que si je patientais assez longtemps pour qu’on vienne m’enlever et me marier, elle viendrait se réjouir de ma pureté. Évidemment que non! Sur toute la ligne : Évidemment que non!»
Elle ne sait pas grand chose de sa naissance, Agathe. Une voisine a toutefois assisté sa jeune mère, lors de son troisième accouchement, et de cette voisine, Agathe a frôlé des sommets inégalés en indiscrétion. Quand? Il pleuvait? C’était la nuit? Maman a souffert? Qui c’est qui arrivé en premier? Pfeuh, je suis la plus petite, alors? Aubrée m’a aimée tout de suite? J’étais plus jolie qu’Arnaut? Une pluie incessante de questions pour une vieille dame un peu éreintée qui ne ne lui a offert que quelques bribes d’information. De ces confidences, la blondinette s’est fabriquée une image très romantique de sa venue au monde. Il pleuvait à boire debout, le soir de sa naissance. Grâce a dû travailler longtemps, jusqu’au matin du 21 novembre de l’an 984, pour enfin entendre Arnaut et Agathe pleurer de concert. C’est lorsqu’elle est née, précisément, que la pluie diluvienne s’est arrêtée pour laisser place à un éclat de soleil. Pendant longtemps, les jumeaux s’encourageaient mutuellement en ajoutant ici et là des détails afin de rendre leur arrivée plus vraie que nature. Ce n’est qu’un souvenir savamment fabriqué, certes, mais Agathe en est très fière et très attachée.

Tout au long de son enfance et de son adolescence, la plus jeune des Martel a cru que si sa mère les avait quittés, la faute était uniquement sienne. Elle n’aurait peut-être pas dû naître, ce matin-là. Une bien vilaine surprise. Maman s’attendait sans doute à un fils vigoureux et la honte s’est abattue sur elle en voyant qu’elle avait une autre fille, encore, toute frêle et pâle. Elle ne s’est jamais confiée sur ce mal-être, si ce n’est à Arnaut, lorsqu’elle était petite et avant que l’adolescence ne complique leur relation. Elle a tout fait, la blondinette, pour se montrer irréprochable aux yeux de son père, de racheter sa faute originelle, de préserver ses frères des coups qui ponctuaient leur quotidien. Mais ce n’était jamais assez… La ressemblance avec Grâce Martel était là, sous les yeux du paternel, et la simple vision de l’une ou l’autre de ses filles était un affront. Être une gentille Belliférienne l’a rapprochée de ses frères qui ne manquaient pas l’occasion de prouver à leur père combien ils étaient protecteur envers la cadette. À force de discrétion, à force de subir la violence verbale de son père, elle y a cru, Agathe, à ce qu’on lui racontait, au sujet des femmes et de son propre rôle.

Une vie calme, placide et lisse. Un ennui aliénant pour une fillette intelligente et imaginative comme la petite Agathe. Pour se divertir un peu, elle se permettait de se faire des histoires sur les gens qu’elle rencontrait. Une question pour toute chose. Elle récoltait les informations et les assemblaient en ragots croustillants comme d’autres jeunes filles créaient des broderies. À chacune de ces rumeurs colportées, un fil se rompait, entre les soeurs Martel. Si elles étaient fusionnelles tout le long de leur enfance, à concourir la plus jolie tresse ou se gaver de pâtisseries à leur anniversaire respectif, l’adolescence les a éloignées; l’aînée cherchant l'émancipation, la cadette s’effaçant dans le triste rôle qu’on lui avait choisi. Ce fut une enfance bercée dans la violence et la solitude.

«J’ai visité des endroits incroyables. Des endroits où la neige est abondante, des endroits où les fêtes s’étirent jusqu’à l’aube dans une décadence totalement choquante, des endroits crasseux où même une autruche n’aimerait pas se cacher la tête. Je ne sais pas encore si j’apprécie ou non cette vie, car le calme de Bellifère et la sécurité que tu me portais me manquent, mais toute cette vie, à perte de vue, me rend plus curieuse que je ne l’aurais imaginé… Elle me coupe le souffle. Je crois que j’aimerais parler à Aubrée qui doit vivre les mêmes incertitudes que moi.»
Elle était arrivée un bon soir, cette femme grande, blonde, majestueuse et impérieuse qui l’informa qu’elle quittait sur le champ la demeure familiale. Vite, avant qu’Ils ne reviennent. C’était sa maman. Aubrée semblait soulagée, alors qu’elle jetait elle-même un châle sur les épaules de sa cadette. Pour aller où…? C’était la question qu’elle désirait poser, la petite Agathe, mais les mots restaient coincés dans sa gorge ou sa poitrine. Elle ne savait plus trop. Désoeuvrée, la jeunette se laissa guider loin de tout ce qu’elle connaissait, des larmes plein les yeux et les poches vides de tous souvenirs. Ce n’était certes pas un mari, qui l’enlevait, ce soir là, mais n’était-elle pas une petite créature fragile et frêle, incapable de se défendre? Alors elle se laissa guider sans grande protestation jusqu’à ce qu’elle pose les pieds sur l’Audacia. La liberté qui entourait le bâtiment lui donna le vertige plutôt qu’une exaltation semblable à celle qui transcendait sa soeur. Discrète, elle se mêla bien peu à tous ces gens haut en couleur, préférant les observer de loin, intriguée bien malgré elle par tout ce qu’elle voyait, tout ce qu’elle n’avait jamais osé inventer, malgré son imagination débordante.

Le voyage sur l’Audacia lui donna l’impression de retenir son souffle, et ce n’est qu’en Sombreciel, ironiquement, que la toute blonde retrouva la respiration et la voix. On disait tant de chose, au sujet du Duc, que leur première rencontre la figea tout à fait et la fit se draper encore plus étroitement dans sa pudeur et sa méfiance. Tout ce qu’il disait, ce grand Duc, tout ce qu’il lui offrait, tous les compliments, les sourires, complètement tout choqua Agathe. Gâtée, couverte de présents, invitée à une danse, puis une autre, parée de bijoux scandaleusement voyants et submergée de confiseries les plus exquises… La petite pousse se demandait régulièrement comment Aubrée faisait pour sembler si à l’aise, elle. C’est à force d’amusement, d’attentions et de patience que le Duc de Sombreciel fit se produire l’inconcevable: La plus jeune et la plus guindée des Martel en vint à démontrer un certain intérêt -du moins, partiellement et jamais, au grand jamais, de vive voix- pour la vie qu’on lui imposait dans ce duché de décadence et de douce folie.

«La dame dont je suis la suivante est une grande Dame. Elle m’a offert quelque chose d’incroyable qui occupe tout à fait mes rares moments libres. Je suis la maman d’un hérisson aussi petit que la paume de ma main. Je l’ai nommé Hallebarde. À chaque fois que je l’appelle, je revois Brumecor et je pense à combien mon Arnaut me manque. Aussi, et peut-être m’en voudras-tu, l’idée d’associer une arme aussi destructrice à une si mignonne chose m’amuse beaucoup. Ne t’emporte pas… Hallebarde possède plusieurs piques qui blesseraient les prédateurs trop curieux!»

Quelques petits mois et on présenta Agathe à celle qui serait sa mentor, la scandaleusement décadente Mélusine de Severac. Beaucoup trop intimidée pour refuser la grandeur de ce qu’on lui offrait, Agathe accepta sans hésitation de devenir son apprentie, sa petite ombre. Il y avait déjà plusieurs mois, qu’on l’avait enlevée à ses frères qu’elle aimait pourtant toujours autant, et même la plus réfractaire des Bellifériennes devait se rendre à l’évidence, tôt ou tard : C’était ça, sa vie, désormais. Suivante de la Marquise de Severac aux yeux de tous, apprentie voleuse du charme, pour la Cour des Miracles. Auprès de sa Marquise, on lui apprit à évoluer au sein des hautes sphères, on lui apprit à lire, à écrire, on lui apprit le monde et la vie, on la polit avec délicatesse afin qu’elle ne détonne pas trop dans ce nouveau monde qui lui ouvrait les bras.

«C’est étrange, j’ai l’impression que ma place n’est nul part, maintenant. Je ne suis à l’aise ni auprès de la noblesse que je fréquente, ni en Bellifère qui m’a vue grandir. Me déraciner de Brumecor m’a déracinée du monde. »
Le Tournois des Trois Opales l’avait fait réfléchir. Peut-être était-ce là les prémisses d’une prise de conscience? Les premiers pas dans la voie qui serait sienne? Retourner en Bellifère l’avait inquiétée sans qu’elle n’en parle ouvertement. Si son père la voyait ainsi parée, en misérable petite trainée, il la détesterait plus intensément encore. Et ses frères… La simple idée de croiser ses frères chéris et de leur déplaire par ce qu’elle était devenue la tourmentait assez pour lui faire perdre l'appétit. Si elle avait cru pleurer à chaude larmes pour retourner auprès des siens, en foulant le sol aride de Bellifère, il n’en fut rien. La nostalgie était immense, certes, et même les câlins les plus adorables du petit Arsène n’y changeait rien, mais elle n’était plus certaine de vouloir retourner à son ancienne vie. Ce qu’elle avait vu, lorsque Mélusine de Sylvamir lui avait enfin permis d’ouvrir les yeux, lui avait plu, malgré tout.

Lorsque ses frères tentèrent de l’enlever, elle n’avait pas vraiment protesté. D’une part, il y avait la docilité qui avait bercé son enfance qui lui intimait de ne pas faire de vague, tout comme elle n’avait pas vraiment réagi lorsque sa mère était venue la chercher en secret. D’une autre part, il y avait la peur. Son père était mort. Pouvaient-ils lui faire du mal pour se venger? Arnaut n’oserait pas… Mais l’aîné, lui? Chavirée, endeuillée, la joliette peinait à trouver des mots pour comprendre la complexité de son trouble. Quelque part, là, dans son coeur, au plus profond d’elle-même, Agathe Martel ne retrouverait plus jamais sa Bellifère natale. Non pas parce que sa famille avait souffert, parce que le père, le pilier des Martel, celui qui l’avait malgré tout nourrie et laissée vivre n’était plus, mais bien parce qu’elle-même, la petite Agathe, la fragile et docile poupée, n’était plus la même.


♦️ Pendant le livre I : Élève perspicace et appliquée, elle apprend vite, Agathe Martel. D’un duché à un autre, elle suit Mélusine de Sylvamir jusqu’à ce fameux Tournoi des Trois Opales où elle sent, pour la première fois, son coeur battre de détresse pour celle qui l’a mise au monde. Avec le recul et loin de l’influence de son père et ses frères, la toute jeune Belliférienne commence peu à peu à remettre ses opinions en question. À se remettre en question. La vie qu’elle découvre la fascine de plus en plus, les gens qu’elle côtoie l’intriguent. Lentement, elle se permet de s’écouter, la jolie Agathe, afin de mieux comprendre ce qu’elle ressent et ce qu’elle désire.

♦️ Pendant le livre II : Ce fut une année chargée d'émotions pour la mignonne. Une année décisive dans sa vie : celle où elle est passée de grande enfant à jeune femme. Depuis Valkyrion jusqu'à Lorgol, elle s'est soumise peu à peu à la curiosité d'Idril, la Vierge, en acceptant les nouvelles rencontres, les situations incroyables et toutes les merveilles que la vie souhaitait bien lui offrir. Émerveillée, Agathe a pu rencontrer Malice, se lier d'amitié à une Outreventoise, se faire courtiser par un conteur reconnu et visiter le théâtre de la Cour des Miracles.

Toutefois, le Destin est bien cruel, et devant tant d'innocence et d'enchantement, il a su compenser par le sang et les larmes. Lughnasad. Agathe a vécu une tragédie qui a hanté longtemps ses rêves et qui la fait trembler encore aujourd'hui. Devant les Sentinelles assassines, elle a vu Mélusine et Hiémain endosser les voiles des Pièces de la Rose. Elle a aidé, Agathe, ce soir là, elle a gardé leur secret dans son coeur. Elle a vaincu son angoisse, sa peur et sa nervosité pour aider cette organisation millénaire. Agathe ne regrette en rien et éprouve une certaine fierté à s'être montrée si brave, ce jour-là. D'autant plus que, grâce à cette force d'âme, elle fut introduite comme Épine.

À ses dix-huit ans, Agathe se voit offrir par Mélusine et Hiémain de Sylvamir un domaine à la limite de leurs terres, en Valkyrion. Elle accepte alors de porter le nom de ces landes, désormais dame de Vigdir. Au-delà de ce présent incroyable qui lui assure un refuge, la jeunette perçoit ce geste comme un accueil officiel dans cette famille bien unique.

Lorsqu'elle a appris que la Rose s'était sacrifiée pour amenuiser les dégâts de la Chasse Sauvage, Agathe a éprouvé une bien grande peine. Elle ne compte pas renoncer et aimerait bien aider de son mieux les Épines à se reconstruire. Le temps tissera peut-être une loyauté entre la Belliférienne et cette organisation qui renaît d'une tragédie.

♦️ La roue brisée : Cadette des filles bâtardes d’Augustus d’Ibelène et d’une Compagne belliférienne, Agathe fut abandonnée dès la naissance, à l’instar de sa sœur qu’elle n’a jamais connue. Toute petite, déjà, elle s’est tournée vers l'alchimie, plus particulièrement la science des poisons. Pupille d’un alchimiste de talent, elle a trouvé refuge auprès de lui, à Roc-Épine, où elle apprend depuis quelques années déjà à distiller les célèbres Mortessence et Mortesprit.

Agathe Martel s’est réveillée le 19 avril et c’est la peur, qui l’a accueillie. Terrorisée par cet endroit qu’elle ne connaissait pas, horrifiée par le manque total de repère, la blondinette peinait à respirer, tant l’angoisse était grande. C’est Melbren qui a su la réconforter et la protéger, soulagé de ne plus être le seul à percevoir l’illusion. Ensemble, ils ont rejoint Lorgol et son camp de réfugiés. Agathe a accepté de se souvenir. Malgré la peur et les pleurs, elle désire se souvenir de la gentillesse de Melbren et qu’elle est capable, en dépit de ses craintes, d’affronter l’adversité.



La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• De la peur. De l'épouvante. Lorsque Mélusine lui a raconté ce que signifiait la Chasse Sauvage et la vulnérabilité des victimes, Agathe a retrouvé ce même sentiment de terreur que lorsque ses frères lui narraient des récits d'horreur, le soir venu. Sauf que cette fois-ci, c'est vrai. Elle a des économies, Agathe, et elle compte bien les utiliser pour endormir sa petite famille, si le besoin se fait pressant.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Lorsque Agathe a appris la nouvelle de la trêve, elle s'est empressée de serrer le petit Meldred contre son coeur afin de lui murmurer un souhait : celui que la trêve se transforme en paix, et que cette même paix berce son enfance. Elle n'est pas crédule, elle sait bien qu'il ne s'agit que d'un battement de coeur avant que la guerre ne revienne déchirer ses amis et blesser ceux qu'elle aime. La blondinette s'efforce de ne pas penser au retour de la guerre, déjà prévue, et de profiter de ce moment de repos pour pleurer les pertes et son Empereur tombé.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• La toute jeune Belliférienne a appris à apprivoiser cette ville en perpétuelle mouvement et la considère peu à peu comme sa demeure. Depuis son premier passage, à son premier été de liberté, Agathe s'est forgée des souvenirs dans l'enceinte de la Ville aux Mille Tours. Des amitiés y sont nées, une romance s'est tissée, une famille auprès des enfants des Miracles s'est créée. Si elle évite encore de traîner dans les rues lorsque le soir arrive et si elle accepte volontiers une escorte lors de ses sorties, ce n'est pas par crainte de Lorgol, mais bien par peur qu'on l'enlève pour Bellifère. Mais ça... Agathe n'est pas prête à l'avouer haut et fort.

Livre II:
 









Dans la vie, je m'appelle Mary et j'ai 30 ans. J'ai découvert le forum via une amie qui nous a malheureusement quittée vers d'autres horizons et voici ce que j'en pense : Je le dis et le redis, c'est particulièrement douillet, par ici, en plus d'être joli!  




Récapitulatif

Agathe de Vigdir

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Elle Fanning
♦️ Compte principal : Non

♦️ Noblesse : Dame / Vigdir-des-Sorbets / Valkyrion
♦️ Hiérarchie : Cour des Miracles / Apprentie
♦️ Affiliation : Épine

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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Mar 18 Déc - 20:16



[Tissou] présente

Gustave
de Faërie

Sean Bean

« Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir. »

Déterminé - Jaloux - Courageux - Ambitieux - Généreux - Médisant - Attentif - Rancunier - Fidèle - Mesquin



©️️ Zuz63


Gustave est très gourmand. Pire encore, il raffole des gâteaux à la noisette de Bellifère et s'il le pouvait, il trépignerait d'impatience à l'idée de pouvoir en manger, l'occasion étant tellement rare pour un faë de pouvoir en manger à son aise. Mais il parait que pour un empereur, ça ne se fait pas trop. Enfin, si vous ne savez pas quoi lui offrir...



©️️ fanpop
Âge : 53 ans
Date et lieu de naissance : 14 avril 950, à Alfaë (Cibella)
Statut/profession : Empereur de Faërie, Baron de la Rive
Allégeance : Lui-même, l'Ordre du Jugement
Dieux tutélaires : Levor, Nep et Aura
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau
Groupes secondaires : Noblesse



Chrysolde, Catarine, Cassandre, Chimène.

D’aussi loin qu’il se souvienne, il n’avait jamais vraiment cessé de répéter en boucle ces prénoms dans son esprit. Tout du moins, quand il en avait eu connaissance. Parce que la vie ne lui avait pas permis de les voir grandir, de vivre avec elles. Il n’avait connu que leurs prénoms, durant des années. Jusqu’à ce que certaines d’entre elles ne deviennent que des souvenirs qu’il n’avait même pas eu l’occasion de se forger.

Il n’oublierait jamais quand ceux qu’il avait cru être ses parents lui avaient dévoilé la vérité. Premier né mâle d’une famille qui n’avait que faire de lui. Il avait été écarté, parce qu’il n’était pas celui qu’il fallait. Déclaré mort même, de quoi faire grincer des dents et haïr cette famille qui aurait dû être la sienne. Et pourtant, il n’avait pas pu les détester, même pas quand il avait appris que Chrysolde allait porter cette couronne qui, dans une autre vie, aurait dû lui revenir. Il avait même pleuré ces parents qu’il n’avait jamais connus d’une certaine façon. Ou pleuré une existence qui lui avait été refusée, difficile à dire. Mais il savait que ce n’était pas leur faute à elle, même s’il l’avait jalousée quand il avait appris. Plutôt la faute d’un système qu’il fallait changer, qui ne pouvait rester en l’état.

Chrysolde, Catarine, Cassandre, Chimène.

Peut-être qu’en énonçant leur prénom un par un, à haute voix, ce serait plus facile. Les regrets finiraient enfin par le laisser en paix et il pourrait avancer sans sentir ce poids peser sur ces épaules. Mais il savait pertinemment que non, il avait déjà essayé.

Il avait aimé voyagé avant de connaître son épouse. Il avait aimé fouler ces terres sur lesquelles il aurait dû régner.

Et pourtant, il pouvait être fier de son existence. Fier de cette femme qui était la sienne, qu’il avait certes possédée contre son gré mais qui avait appris à l’aimer, qui se tenait à ses côtés depuis vingt ans déjà et qui lui avait apporté deux enfants qu’il chérissait plus que tout. Lauriane. Ce prénom avait toujours le même effet sur lui, même après toutes ces années. Bien plus doux à son oreille que celui de ses sœurs, s’il pouvait vraiment les appeler comme tel. Même si c’était leur prénom à elles qui revenaient dans son esprit lorsqu’il ne trouvait pas le sommeil.

Catarine, Cassandre, Chimène.

Un jour, peut-être aurait-il la chance de les oublier. Certaines personnes, l’âge venant, perdaient la tête. Ils étaient bénis des dieux en vérité. Oublier ce qui pouvait ronger une existence toute entière, ces regrets qui avaient jalonné une route pourtant bien chargée.

Parce que sa vie avait commencé à prendre un tournant inattendu. L’Ordre du Jugement. Libérer les magies et les savoirs perdus, cachés, ce qui effrayait. Donner à chacun la possibilité de suivre la voie qui lui venait naturellement, contre ce que la société et ce que ses lois imposaient. S’il fallait passer par la guerre pour détruire un monde trop étriqué, qui ne pourrait tolérer que sa fille puisse vivre, c’était un prix qu’il était prêt à payer.

Catarine, Cassandre, Chimène.

A mesure que les années passaient, Gustave de Rive gagnait en influence. Il apprenait, auprès de l’Ordre du Jugement, appréciant de plus en plus la compagnie de ces mages qu’on disait reniés. Jusqu’à ce que son heure arrive. Tout du moins, c’était ce qu’il avait cru. Poussé par l’Ordre, il était allé réclamer ce qui lui était dû, cette couronne qui aurait dû ceindre sa tête à sa naissance. Ce fut un échec qui ne l’empêcha pas de recommencer, lors du Tournoi des trois Opales. Là encore, les dieux ne semblaient pas en sa faveur et il lui fallut attendre encore quelques mois avant de parvenir enfin à ses fins et par trouver comment atteindre cette jeune sœur qu’il ne connaissait pas vraiment. Chimène abdiqua en novembre de la même année et elle aurait dû mourir, ce qui, à la réflexion, n’aurait été qu’un juste retour des choses s’il songeait à sa propre naissance et au sort qui lui avait été réservé. Et pourtant, il ne souhaitait pas qu’il lui arrive réellement du mal. Il voulait simplement la préserver de cette couronne bien trop lourde pour ses frêles épaules et qui, de toute façon, lui était destinée. Alors, il avait fait ce qu’il fallait pour que l’Ordre pense qu’elle était bien morte, pour la mettre en sécurité, loin de tout cela. Il avait réussi, même si tout ne s’était pas passé comme il avait pensé.

Et voilà qu’il devenait empereur. Avec sa Lauriane à ses côtés, il se sentait capable de tout, même s’il avait conscience de la lourde charge qui l’attendait, que ce soit pour faire triompher les idéaux de l’Ordre ou pour unifier un pays qui ne demandait qu’à se craqueler de part et d’autres. Alors, il avait commencé à oeuvrer. Se faisant des ennemis ça et là, parmi les gens du peuple comme les nobles, un regard toujours posé sur ses ducs, guettant la moindre de leurs réactions alors que certaines hostilités se faisaient plus franches que d’autres.

Cassandre, Chimène.

Il ne fallut que peu de temps avant que la guerre ne soit déclarée. A peine quelques semaines, quelques mois après qu’il ait posé la couronne sur sa tête. Des siècles de Trève rompus, pour un meilleur futur, il en était persuadé. C’était le meilleur moyen de bousculer les choses et l’Ordre était là pour bousculer les choses. Peut-être même un peu trop. La magie du Sang semblait comme chercher le meilleur moyen de se montrer au grand jour alors qu’il laissait sa fille se faire courtiser par l’un de ses représentants. Et, lorsque la trame du temps fut bousculée, Gustave commença à se demander si cet Ordre qui l’avait porté n’allait pas trop loin, quand bien même il n’avait aucun souvenir de ce qui lui était arrivé, comme si leur but était de semer le chaos sans qu’il n’en sorte rien de bon.

Et la guerre l’avait porté, pendant plusieurs mois, Faërie passant de victoires en défaites, perdant des territoires qu’elle avait conquis, Gustave n’ayant de cesse de se demander si c’était, au fond, la meilleure façon d’arriver à ses fins. Les évènements s’étaient bousculés, surtout en Ibélène, poussant l’empereur à proposer une trêve bienvenue pour tous ou presque, sachant pertinemment que bien des gens s’interrogeraient sur ses desseins et, surtout sur les raisons qui le poussaient à ne pas reprendre le conflit. Mais il ne pouvait pas rester les bras croisés.

Alors qu’il perdait une sœur. Puis encore une autre. C’était là sa punition alors ? De les voir disparaitre les unes après les autres sans jamais réellement pouvoir les approcher ?

Chimène.

Ne restait plus qu’un seul nom. Ne restait plus qu’une chance de pouvoir noyer les regrets pour de bon alors qu’il était en train de lier ses précieux enfants à d’autres, qu’il les regardait s’éloigner inéluctablement, peu convaincu du successeur que pourrait être son fils le moment venu. Et il était plus que temps de savoir en qui il pouvait réellement avoir confiance, de qui il devait se défier. La sécession d’Erebor avait été une leçon capitale à retenir quant à sa façon d’appréhender les choses. Son trône n’était pas assuré, ses ducs pouvaient prendre exemple sur eux. Alors il devait réfléchir avec soin du prochain mouvement, de la prochaine action à mener, sa confiance en l’Ordre commençant doucement mais surement à s’effriter alors qu’il cherchait à comprendre le but de leurs actions. Et pourtant, il continuait de partager leurs idéaux et ne voulait pas s'arrêter sur les actions d'une poignée d'hommes. Peut-être devrait-il trouver d'autres soutiens, d'autres branches au sein de l'Ordre qui ne seraient pas gangrénées et qui pourraient l'aider à poursuivre ce qu'il souhaitait voir arriver. Et cela, sans compter que le trône d’Ibélène était vide désormais. Et qu’il pourrait peut-être se forger des alliances inattendues.




CHRONOLOGIE


14 avril 950 ♦️ Naissance de Gustave, déclaré mort-né et recueilli par la famille du Ponant.
975 ♦️ Gustave fait connaissance de l’Ordre du Jugement, adhérant à leurs idéaux et à leur volonté de libérer les magies et savoirs perdus par tous les moyens possibles.
23 septembre 980 ♦️ Mariage de Gustave avec Lauriane de la Rive.
4 février 981 ♦️ Naissance d’Antonin de la Rive.
10 août 984 ♦️ Naissance d’Armandine de la Rive.
Juin 1001 ♦️ Poussé par l’Ordre du Jugement, Gustave réclame une première fois ses droits lors du couronnement de Chimène et fait appel, sans succès à l’Ordalie de Diamant. Il doit prendre la fuite avec sa famille.
Septembre 1001 ♦️ Lors du tournoi des trois opales, Gustave essaie, sans succès d’enlever Chimène et de l’arracher au trône.
Novembre 1001 ♦️ Gustave réussit enfin à s’emparer du trône et oblige les nobles faës à lui prêter allégeance, tout en s’arrangeant pour que Chimène passe pour morte auprès de l’Ordre du Jugement.
26 janvier 1002 ♦️ La guerre est officiellement déclarée avec Ibélène
Mai 1002 ♦️ La roue du temps est brisée. Gustave se rêve empereur depuis toujours mais, au vu de ce qu’il entend dire par la suite sur l’Ordre, se demande s’ils ne sont pas en train d’aller trop loin.
15 octobre 1002 ♦️ Chimène « revient à la vie » et abdique en faveur de Gustave qui lui rend son titre de princesse impériale.
6 décembre 1002 ♦️ Suite à la mort d’Augustus d’Ibélène, Gustave propose une trêve hivernale qu’il n’a toujours pas rompue.
10 janvier 1003 ♦️ Annonce des fiançailles d’Antonin avec Gabrielle de la Volte.
23 septembre 1003 ♦️ Mariage d’Armandine avec Tristan d’Amar.




La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• De l'inquiétude évidemment. Personne n'est à l'abri. Absolument personne. Et si, pour l'heure, seule la famille impériale d'Ibélène a été touchée, rien ne dit qu'elle ne viendra pas toucher sa propre famille. Et comment se défendre face à cette menace ? Ce sentiment d'impuissance que ressent Gustave n'est toutefois rien face à la colère d'avoir vu la Chasse être libérée. C'est bien trop dangereux, bien trop radical et personne n'a aucune emprise dessus. Même si le seul point positif est d'avoir vu la Rose se sacrifier face à eux.

Octave d'Ibélène mène à présent la Chasse Sauvage. Le trône impérial ibéen est désormais vacant ; la rumeur prétend que des négociations sont en cours entre le duc Guillaume et la princesse Sixtine en vue d'un mariage. Que penses-tu de tout cela ?
• C'est une opportunité comme jamais Gustave n'aurait pensé en voir une. Tant de choses peuvent changer, il peut y avoir tellement de bouleversements en Ibélène que, s'il sait où appuyer, cela pourrait être passablement bénéfique pour Faërie mais également pour la cause qu'il sert. La guerre n'a jusqu'à présent pas prouvé sa réelle utilité. Alors peut-être que la disparition du tout nouvel empereur pourrait avoir son poids dans la balance. Reste encore à savoir comment utiliser ce chamboulement et, surtout, à espérer que la Chasse ne vienne pas toquer à sa porte.
Quant au mariage de cette nièce... là encore, tout peut changer et les cartes être redistribuées.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol a toujours laissé Gustave passablement dubitatif. Cette ville où Magie et Savoir cohabite a un potentiel qui mériterait d'être utilisé. Pour autant, elle est l'abri de brigands, de voleurs, d'assassins et de pirates. Parfois, il se demande comment la ville fait pour tenir. Il n'a nulle envie d'y mettre les pieds mais la contrôler devrait être dans ses objectifs. Si tant est que la choses est possible.
Pour autant, cette poudrière pourrait finir par devenir une menace si rien n'est fait pour y restaurer un semblant d'ordre. Trop de liberté, surtout si elle n'est pas utilisée à bon escient, ne peut jamais être bon pour personne, encore moins pour les principaux intéressés.






Dans la vie, je m'appelle Laetitia et j'ai XX ans. J'ai découvert le forum via mes autres personnalités et voici ce que j'en pense : je vous le dis dès que j'y ai réfléchi (c'est bien ça comme réponse).
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.




Récapitulatif

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♦️ Noblesse : Empereur de Faërie - Baron de la Rive
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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Mer 19 Déc - 20:45



[Shinies] présente

Manaël
l'Ardence

Manu Bennett

« Comme le chaos, le succès est une échelle. Et l’échelle est réelle. La gravir, c’est tout ce qu’il y a. »

Qualités : Curieux, perfectionniste, charmeur, engagé, confiant, ambitieux, observateur, efficace et souriant.

Défauts : Envieux, cupide (avide), orgueilleux, égoïste, familier, rancunier, gourmand et exigeant.



©️️ Arté
« Je fais corps avec la Magie. La Magie est avec moi. »
Pourquoi répètes-tu cela avant un travail ?
Avait fini par demander la dragonne au sein de sa tête après un an de pensées partagées. Elle avait même ajouté à sa question une suggestion. Elle était en effet convaincue qu'il était plus judicieux de remplacer 'La Magie' par 'Tempérance' parce qu’après tout elle l'avait choisi lui, uniquement lui, et qu'il était Chevaucheur, dans le ciel, grâce à elle. Un débat s'était alors développé à lui en donner la migraine.
C'est un de ces souvenirs qu'il n'oubliera pas et qu'il racontera volontiers à qui veut l'entendre et rire avec lui.



©️️ Wanheda
Âge : 43 ans
Date et lieu de naissance : 8 mars 960, à Labour, au sud-sud-est de Cibella
Statut/profession : Ancien Chevaucheur devenu mage protecteur/d'escorte à la suite de la mort de son dragon.
Allégeance : À lui-même.
Dieux tutélaires : Placé sous la tutelle d'Obedia à la naissance, Manaël a souvent voué ses prières à Aura avant de les diriger vers Valda en devenant Chevaucheur. S'étant senti abandonné voir trahi à la mort de son dragon, il a cessé de vouer ses prières à cette dernière. Travaillant dans la protection, il prie à présent Sibra, la dévouée, patronne des Protecteurs et des Gardes du corps.
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau ; la liberté par le chaos.
Groupes secondaires : Peuple / Mages





Labour & le Barrage des Olivettes


Labour est à mon cœur ce qu'est la Volte aux autres. Mes mains sont celles d'un oliveron quand les vôtres sont bien d'autres choses. Mon corps scintille et sent l'huile d'olive, je suis à vous, goûtez et laissez vous aller à la dérive.                                                       
Maël de l'Olivette

960 - 971
Située au sud-sud-est de Cibella, Labour figure septième dans la liste des villes les plus peuplées de son duché. Et sixième parmi les plus belles, mais première dans le cœur de ses habitants. À plat sur son terrain, l'on distingue au loin, vers l'est, la frontière montagneuse des Erebiens. À six journées de marche d'Erebor, à trois de Lagrance, Labour est la ville de passage idéale pour bien des Lagrans montant vers Lorgol ainsi que le lieu de bien des marchands et d'échanges. En passant par les produits bruts à ceux plus élaborés, l'on y retrouve de tout ; olives, huiles, petit et grand gris, houblon, bière, grenouilles, plumes, gibiers, canard et foi, mais également du blé, de l'orge, du coton et du lin comme en tous lieux du duché, chacun y trouve son bonheur. Labour, magnifique Labour, est entourée de multiples champs. Elle est également bordée au nord et au sud par des étangs, mais aussi par des petites forêts du côté ouest.

À une heure au sud de la ville, derrière quelques collines, se trouve le Barrage des Olivettes. À un quart de là, toujours plus au sud, se trouve un regroupement de maisons à deux étages appartenant à quelques familles vivant de l'oléiculture. À chacun son rôle et pour chacune des étapes, une femme pour diriger d'une poigne de fer et mener à bien ce commerce fructueux de Labour à La Volte et à Alfaë. Ainsi, la famille de l'Olivette se charge de la plantation, les Lanoire et Vertechair de la cueillette et les l'Ardence se charge de la conception de l'huile qui laisse un petit goût de piquant surprenant au bout de la langue. Il n'y a aucune noblesse de sang dans ces quatre familles, mais noble est le parfait travail qu'ils font. Et ils sont les premiers à clamer la perfection de ce dernier et à vendre les mérites de la qualité de leur production ainsi que le goût unique de l'huile qu'ils en tirent.

« Les meilleures olives et la meilleure huile, c'est nous qui les et la produisons. Nous seuls - à nos quatre familles réunies et ce depuis bien des décennies. »

Manaël est né à Labour lors d'une journée de printemps soufflée par les vents chauds en provenance d'Erebor. En pleine transaction, lui est venu l'envie de naître plus tôt et c'est ce qu'il fit en pointant le nez presque en plein marché. Il a grandi au sein de ce regroupement de maisons à une heure quart de là, bordé par des histoires de noir et de vert, au son des cigales de l'été et du goût de l'olive retrouvé en tous les plats.

Tendre est la chair de l'olive, mais loin de l'être est le travail qui l’accompagne ! Et si les l'Ardence disposent d'un moulin et de pressoirs, la tâche est bien physique et de muscles sont fait les hommes de cette famille. Manaël est l'exemple typique de ces hommes bien bâtis par le travail et doré par le soleil qui parcourent les terres cibellanes. Et pourtant, malgré ce physique et cette joie de vivre et de manger en famille, son chemin s'est détourné de l'olive à l'adolescence. Détourné oui, mais pas complètement, car Manaël n'a jamais manqué d’assaisonner ses repas d'huile d'olive et d'acheter des olives fraîches dès que l'occasion se présentait les années passants. Il retournait même à Labour, au Barrage des Olivettes pour s'y baigner et/ou dans sa famille quand il le pouvait pour prêter mains fortes.


Evoliens:
 


L'Académie des Merveilles & la Confiture lagrane


Un adolescent sérieux, trop sérieux, si perfectionniste et orgueilleux comme on pouvait s'attendre d'un Cibellan, la curiosité en plus. Et charmeur également. Je le vois encore quelques années plus tard, et avant son départ, se disputer avec un Lagran pour les faveurs d'une demoiselle. À se dire meilleur, l'un comme l'autre. À deux ils arrivaient à résumer les tensions qui existent entre Lagrance et Cibella.     
                                                
Un professeur de l'Académie

972 - 977
Comme d'autres éléments de sa famille, Manaël s'est révélé être un enfant d'Aura. Et comme ces derniers, aujourd'hui aidant de leur magie dans la culture de l'olive, le garçon s'en est allé à douze ans à l'Académie faire ses études et apprendre à maîtriser ce don.

Toujours sérieux dans son apprentissage, il était apprécié de ses professeurs, un peu moins de certains élèves, les garçons principalement, devant qui il pavanait, cranait même. Qu'ils étaient faciles ces cours, qu'il était facile d'apprendre à maîtriser la magie, que ce n'était pas étonnant puisqu'il était cibellan. Il leur cachait bien, sous ses airs, qu'il s’entraînait dès qu'il en avait l'occasion, qu'il passait son temps à la bibliothèque à lire tous les livres possibles afin d'étaler ses connaissances en classe comme si c'était tout naturel d'en savoir autant. Sans doute qu'à cette période, le dicton qui le représentait le plus était ce dernier, dernier qu'un certain Lagran ne s'était pas gêné de lui cracher à la figure.

« La connaissance c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale. »

Lagran qui devint vite son pire ennemi, ennemi adolescent, plus une personne à battre par un talent évident. Par un talent qu'il était doté tout naturellement encore puisqu'il était cibellan, évidemment. Le Lagran au nom de fleur était tout son contraire, vivant, ouvert, bien maniéré avec les autres sauf avec lui, allez savoir pourquoi ! À chaque remarques méprisantes qu'il faisait à Manaël, ce dernier se chargeait bien de lui rétorquer que tout ce qui sortait de sa bouche n'était que tissu de mensonges, ce à quoi l'autre répondait qu'il ne mentait guère, que comme tout Lagran, il était simplement observateur et qu'il lui faisait une fleur en lui faisant remarquer l’évidence.

Les deux ne s'entendaient donc point, sauf sur la musique et encore ! Entendre le Lagran dire qu'il avait une belle voix et qu'il chantait bien autant qu’il jouait habilement du flûteau quand il se taisait avait le don de perdre Manaël. Était-ce un énième mensonge ou était-il sérieux ? Était-ce une moquerie sous entendue ? À force de disputes, il ne savait pas, ne savait plus et il en était de même quand il sortait un rare compliment au Lagran qui n'y voyait que ironie plutôt que sincérité.

Et ainsi quelques années passèrent en querelles et rivalités tant en apprentissage qu'en amour avant qu'il ne découvre sa voie. Parcourant la bibliothèque, il finit par se mettre à rêver de liberté, mais également de chevaucher les cieux et de regarder le monde d'en haut. Toujours plus haut. Une vision du monde digne de Cibella. Et Manaël mit fin à ses études à l'Académie après cinq ans pour se diriger vers la Caserne de Flamme avec une grande attente et des espoirs pleins les yeux. Et le Lagran le suivit...


Evoliens:
 


Tempérance & les Cendres du Désespoir


Ta peau semble couverte d'huile, jeune Cibellan. Et tes yeux ressemblent à deux olives noires. J'ai l'envie de te goûter, mais m’abstiendrai de peur d'avoir une indigestion car ta tête semble aussi grosse et ronde que ne l'est sans doute le moulin d'où tu viens.     
                                                
Tempérance

978 - 991
Et le Lagran échoua là où Manaël perdrait un jour également cette destinée qu'il convoitait tant.

D'aucun dragon se présentant devant la fleur lagrane, Tempérance se présenta à lui. Âgée de sept cents vingt-cinq ans, aussi écarlate que la rose, elle l'avait choisi lui, Cibellan de dix-sept ans.

Et avec Tempérance, il chevaucha les cieux. Il pavana encore, un peu moins – elle avait le don de trouver les mots qu'il fallait pour le faire descendre de son nuage -, mais quand même. Et il finit par se démarquer assez pour devenir major à ses vingt-huit ans. Que de fierté, son orgueil en prit un coup. D'un duché où la femme règne en maître, il avait fini par avoir un poste assez haut. Et il était déterminé, avec l'aide de Tempérance, à gravir les échelons de la gloire. Il deviendrait capitaine et qui sait peut-être encore ! Le Maréchal de Flamme viendrait à le remarquer sans aucun doute ! Qu'il en était convaincu, de faire un malheur, de briller à jamais et jusqu'à la porte du royaume de Sithis.

Qu'il en était tellement convaincu, qu'il en oublia que tout pouvait s'arrêter du jour au lendemain, que la chance pouvait tourner et le malheur s'acharner. Car il s'acharna. Ô comme il s'acharna salement, basculant de tout à rien.

À peine trois ans plus tard, auréolé de gloire à ses yeux, déjà bien ancré à son poste et dans sa position, qu’il cru chuter des cieux comme avait dû tomber la première écaille de son dragon. De sa Tempérance. Il était loin d'être tempéré, il était dévasté. Anéanti. Et d'une, puis l'autre, de la souffrance encore et toujours, pour elle, pour lui.

La fièvre écailleuse. Fatalité effroyable qui le saisit. Comme des entrailles et des tripes qui sortent d'un ventre déchiré, ses larmes s'écoulèrent et sa colère avec. Elle ne méritait pas ça. Il ne méritait pas ça. Ils ne méritaient pas ça.

« Valda, pourquoi me punis-tu de la sorte ? Pourquoi nous punir ? Est-ce d'en avoir trop dit ? Est-ce d'en avoir trop fait ou au contraire pas assez ? Ton enfant te demande pourquoi ?  Pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Parce que c'est l'impression qu'il eu à cet instant là, davantage quand Tempérance dû s'isoler. Davantage quand on ne lui laissa pas le choix que celui d'abandonner son poste, ses hommes et la Chevauche. Et le pire fut cette coupure soudaine, nette, alors qu'il restait avec la dragonne.

« Aussi brève fut notre aventure je ne regrette rien de celle-ci. Ne regrette donc rien non plus, Manaël. Et ne baisse pas les bras, cela ne te ressemblerait pas, cela serait effrayant même. Plus encore que tes chevilles enflées. »

Et sa voix se tût et sa voix disparue dans le néant absolu. Tempérance s'en était allée avec ses écailles tombées au fil du mois. Tempérance et sa couleur écarlate, qui doucement avait disparu dans un grand feu de dragon, mourut. De ses cendres restantes, Manaël en recueilli une poignée qu'il laissa s'écouler de ses doigts. Fidèle à Tempérance, il ne chercha pas nouer un lien quelconque avec les dragons et refusa l'idée de devenir instructeur comme on lui eut suggéré. C'est également à cette période qu'il arrêta de prier Valda, préférant tourner sa colère et ses plaintes à Syned.


Evoliens:
 


Creska & l'Archéologue Touche-à-tout.


L'as-tu offensé ? Non parce que, je sais que tu as tendance à dire que je pense de trop ou pour deux voire pour trois, mais si tu veux mon avis, il te regarde comme un prédateur. On dirait qu'il va te manger. Et je sais de quoi je parle !     
                                                
Creska, l'épervier

991 - 999
Âgé de trente et un ans, il était retourné à l'Académie, l'esprit vide, abandonné et à la limite de se sentir rejeté par Aura et la magie après la trahison éprouvé par Valda. De sa bouche et de son flûteau quelque peu délaissé ne sortaient alors que mélancolie. Pour autant, il n’avait pas renoncé malgré le vide laissé par Tempérance en son cœur. Oh bien sûr il ne volerait plus, ne serait plus Chevaucheur, mais la sagesse du dragon l'avait touché énormément. Et loin de se laisser abattre, ayant plus d’un atout dans sa poche, il s'était remis aux études avec sérieux et avait perfectionné son art jusqu'à obtenir son diplôme de spécialisation en destruction - projectiles à l'âge de trente-quatre ans.

C'est d'ailleurs durant ses études et par sa curiosité à en apprendre davantage qu'il se retrouva à épouser le mode de pensée de l'Ordre – tout du moins ce qu'il en avait saisi selon lui. D'une prise de position ferme sur les magies et savoirs bannis, avide de découvrir ces derniers et de voir Arven s'ouvrir à l'ancien et au nouveau, il finit par nourrir l’envie de rentrer en contact avec un membre de l’Ordre du Jugement et de faire partie de leurs agents.

Bien décidé à rester debout, à être actif et à se démarquer au plus vite, Manaël s'en retourna à Cibella où au sein de la Guilde des Mages s’ouvrit à lui une panoplie d’offres correspondant à son profil. Choisissant méticuleusement, se faisant sa place, il parcouru ainsi Faërie en privilégiant l'escorte et la protection - se montrant implacable, intraitable et cruel face à la menace (des bandits de chemin par exemple) venant à croiser sa route, leurs routes, car il était rarement l’unique protecteur.

Il accompagna presque quatre années durant le même homme, un certain archéologue cielsombrois réputé de l'Académie ; Raël l'Obstiné. Son nom lui allait comme un gant, car obstiné il était à tout découvrir de l'empire faë comme obstiné il était, visiblement, à mettre un Cibellan dans son lit. Chose qu'il ne réalisa au final que dans la trame alternée où ils étaient amants. Manaël lui doit d'avoir comblé sa solitude, car c'est lors d'un voyage l'ayant mené en Lagrance qu'il rencontra Creska, son âme sœur, son Familier, son épervier.

« Qui se ressemble s’assemble dit-on. Personnellement, je trouve ça insultant compte tenu du fait que je te trouve monstrueusement déplumé - comme tout humain. Et dire que vous, les sans plumes, avez le toupet de prétendre au ciel  en montant des écailleux.  Pfeu, ça revient au même que de s’accoupler avec une tortue. Tu as déjà vu une tortue ? »

Loin d'être Tempérance, Creska avait l'art d'inonder ses pensées pour deux si pas pour trois, railleuse, moqueuse, gourmande, prédatrice, observatrice, ils faisaient la paire et la font toujours. C'est également durant cette période de voyage, qu'il fut contraint de reconnaître (à moins que ce ne soit Creska qui le lui souffla) qu'il était fort cupide puisqu'à la moindre richesse dévoilée venait ce désir de se l'approprier.

Petit fils de l'olive, voilà qu'il était devenu homme ambitieux, avide et cupide. Désireux qu'il était de viser la perfection dans son travail et pour obtenir ce qu'il désirait, Manaël joua davantage de ses charmes et devint l'amant au fil des années de quelques femmes bien placées à travers le continent dont deux baronnes et une comtesse de Cibella. Et ce, dans l'unique but d'être gâté et de grappiller des informations en tendant l'oreille et en baladant ses yeux à gauche à droite.


Evoliens:
 


Compétition de feu & Noblesse dorée



Tu as ‘brillé’ lors de la compétition et tu as tapé dans l’oeil du prince, mais peut-être n’est ce que pitié envers le Chevaucheur que tu étais autrefois. À moins que ce ne soit une sorte de respect d’un Chevaucheur privé de son dragon à un autre.     
                                                
Compétiteur vaincu et jaloux

1000 - 1002
À quarante et un ans, libéré des avances de Raël l’Obstiné, Manaël participa à la Compétition des mages de l’été 1000 en Cibella. À l’issu de cette dernière, terminant parmi les favoris, il obtint plusieurs requêtes et termina protecteur un court instant de la baronne Laurier de Bellevue. C’est d’ailleurs grâce à cette dernière qu’il participa au bal de Chimène en janvier 1001.

« Les hommes prennent bien des femmes pour Compagnes. Je vous prends vous comme garde du corps et invité. Vous et vos muscles. Les dames glousseront et seront avides d’en savoir davantage, j’occuperai ainsi une partie de l’attention. Tout est prévu pour me démarquer, souriez simplement mon cher. »

Et la veuve s’était en effet fait remarquer. Protégée du verre par le corps de l’homme, elle avait fini par s’évanouir devant les serpents libérés. Et il avait donc fait ce dont pourquoi il était payé : l’escorter. L’escorter à l'extérieur. Contrat terminé. Veuve en état de choc.

Manaël s’était rendu par la suite à Lorgol pour prendre part aux festivités de fin mars en compagnie de son ami professeur de l’Académie ; Rodrigue Roncenoire. Cela étant, les joies du Carnaval avaient tourné court avec la disparition d’enfants. Inutile à ce niveau, le mage s’en était retourné en escortant une caravane de Lorgol jusqu’en Cibella. C’est durant ce voyage que la magie du sang se révéla - et il fut en joie d’apprendre son retour trouvant qu’aucune magie ou savoir n’aurait dû être bannis à la base ! Il en discuta longuement par courrier avec Rodrigue et tous deux partagèrent le même avis.

À la prise de pouvoir de Gustave sur Chimène, il resta silencieux, approuvant en son for intérieur qu’un homme s’illustre au devant. Cela changeait de toutes ces femmes au pouvoir. N’ayant rien contre les femmes, acceptant cette façon de vivre en Cibella, il retrouvait cela étant en la personne de l’empereur de Faërie un peu de son propre parcours à vouloir gravir les échelons.

Vint le début de la guerre et d’une Labour et ses environs dévastée avec cette dernière. Et si les familles proches s’accrochaient à leurs oliviers, leurs plants furent en bonne partie perdus. Non engagé dans un travail à ce moment là, Manaël aida ses proches à se déplacer et à se mettre à l’abri.

À la trame alternée, le protecteur s’éveilla en étant l’amant du Cielsombrois qu’il cherchait à fuir dans son autre vie. Appréciant cette complicité et cette expérience, il décida d’en garder souvenir afin que personne ne puisse jamais lui dire qu’il n’avait pas goûté à tout. Et il s’amusa de beaucoup à répondre à quelques lettres enflammées de l’homme en indiquant qu’il avait testé l’autre genre dans cette autre trame.

Juin 1002 arriva et Manaël, loin de vouloir changer ses habitudes, participa de nouveau aux festivités autour d’Aura à Alfaë. Démarqué derechef, il fut surpris quelque peu qu’une tête aussi hautement placée que celle d'Antonin de Faërie requiert ses services et sa présence. Et il n’hésita pas une seconde et accepta son nouveau poste de protecteur au Palais impérial, trouvant la position fort confortable si d’aventure l’Ordre le jugeait utile et venait à lui.


Evoliens:
 


Faiblesse & Chasse : les Nouvelles en Arven



Et profite la belle sur qui je veille, qu’elle dorme sur ses deux oreilles. Viendra peut-être la Chasse Sauvage à sa porte et la mort l’emportera sans même l’intervention de l’Ordre.     
                                                
Manaël

Et l’Épidémie se montra et comme tous mages, Manaël souffrit des mêmes symptômes. Engagé à se faire bien voir de la cour et de la famille impériale, le protecteur se porta volontaire lorsqu’il fut question d’escorte pour chercher un remède. Retenant le nom des Épines, prêt à vendre l’information au besoin, tout en s’affaiblissant davantage comme le reste du convoi il fut bien heureux de trouver remède et de retrouver son lien avec Creska.

S’il n’a pas compris le réel but de l’Ordre, il laissa le bénéfice du doute persuadé qu’il y avait une réponse logique et que même ses agents avaient  dû subir. Lui en tout cas s’en était admirablement bien sorti puisqu’à peine quelques semaines écoulées qu’Antonin de Faërie lui confiait la charge de protéger Gabrielle de la Volte des assassins de l’Ordre. Quelle surprise. Quelle étrange situation aussi. Naturellement, il fit son travail de protecteur à merveille et à la perfection, il avait une réputation à tenir après tout. Sans doute fusse là la première fois où il se trouva à penser que ce n’était pas plus mal qu’il ne soit jamais entré en contact avec l’Ordre auparavant.  Et si l’Ordre venait à croiser sa route, suffirait alors de  quelques mots et il n’hésiterait pas à révéler bien des choses. N’est pas espion qui veut, et il ne l’est pas, mais avec sa position même un aveugle trouverait ce qu’il cherche se disait-il. Quant à l’assassinat qui pèse sur la princesse, Ordre ou non, Manaël est décidé à faire son métier et à rester dans les bonnes grâces des têtes couronnées, visant la hauteur pour mieux servir un jour prochain.

Le jour des Anciens arriva et Manaël accompagna Gabrielle à l’Académie Et comme protecteur Et comme ancien étudiant. Assuré de la protection et avec l'aval de la princesse (et des autres protecteurs), l'homme parti saluer un professeur. Éclipsé un bref instant, assommé brièvement lors de la chute d'un lustre, il avait finit ainsi par se retrouver séparé d’elle en compagnie de Rodrigue et Raël. Et si le premier fut d’une grande aide pour se retrouver dans l’Académie afin de la rejoindre au plus vite, le second ne perdit pas un instant ses objectifs de vue.

« L’épreuve est longue et ardue, mais la récompense vaudra tous mes efforts. Je goûterais à ce que vous avez goûtez de moi. »

Indiqua t-il devant l’incompréhension du Lagran et le déni total, vu la situation c’était normal, dont il faisait part, lui-même, Cibellan. Ce n’était ni le lieu ni l’instant !

Survivant à l’horreur il retrouva soulagé plus tard la princesse, décidé à ne plus la lâcher d’une semelle… encore que sa mort aurait réjouit l’Ordre il en était certain. Elle n’aurait d’ailleurs surpris personne vu les victimes de cette nuit là, sa mort aurait trouvé une explication facile. Par contre, sa disparition aurait entaché sa réputation car après tout, qui voudrait d’un protecteur incapable de protéger ?

Goûtant à la trêve il continua de servir de protecteur. Et lorsque Gabrielle l’invita à prendre nouvelles de sa famille, il refusa poliment de quitter son devoir, se limitant à des lettres. Il prendrait quelques jours plus tard. Après tout il n’était pas seul à surveiller les arrières de la belle.

Pour autant que son ambition d’atteindre des sommets, de découvrir des merveilles, de parcourir les landes du continent et d’être utile en s'immisçant jusqu’aux plus grands fut exhaussée, sa faim de rentrer en contact avec l’Ordre resta et reste encore inassouvie depuis.


Evoliens:
 





La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• De la crainte et de la curiosité. Manaël sait la dangerosité de la Chasse Sauvage pour avoir été témoin de sa libération lors du Jour des Anciens. Il reconnaît sa puissance et il déteste savoir qu’aussi fort soit-il à ses yeux il ne pourra faire que peu de chose (si pas rien) face à cette dernière. Il espère que le fléau et la mort qu’elle transporte se détourneront de lui et de ses proches, mais sait par expérience qu’on ne peut échapper à tout. Il envisage déjà le pire et est prêt à se relever à tout moment. La Chasse Sauvage amène également un tas de questions sur ses origines tout comme sur l’implication de la Rose Écarlate.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• En tant que protecteur et escorte, Manaël sait. C’est triste, mais certains vivent de l’insécurité et du chaos des autres. C’est un fait. C’est une calamité et une bénédiction. Plus personnellement et malgré tout, il a viré au rouge lorsque cette dernière a ravagé Labour et atteint le Barrage des Olivettes. Qu’ils se battent pour une couronne ou autre, oui, tant qu’il a du travail et qu’il peut briller peu lui chaut, mais qu’ils le fassent ailleurs ! Avec tout ça, c’est pas demain la veille qu’il pourra de nouveau arpenter le continent. Une chance néanmoins, cette dernière n'engendre pas moins de travail de protection et ce malgré la Chasse qui rôde au dehors librement.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Il l’épouse; Lorgol. La liberté, la diversité, ce mélange de connaissances et d'expériences qui grouille sous son nez, Sibra qu’il aime ça. Il va cela dit sans dire qu’il ne se promène pas sans tenir sa bourse contre lui lorsqu’il vagabonde dans la Ville Basse par exemple. Pour le reste, il s’émerveille, même si cela ne vaudra jamais la beauté d’Alfaë ou de La Volte. Cibella reste plus majestueuse, c’est certain, mais Lorgol a un petit charme indéniable.







Dans la vie, je m'appelle Lindsay et j'ai 30 ans. J'ai découvert le forum via moi-même à présent, mais avant ça par jade et Mystique :coeur: et voici ce que j'en pense : C'est toujours aussi génial et j'en suis à tenter le troisième compte avec plein de questions. Si ça c'est pas une preuve d'amour. Puis je suis une déesse reconnue maintenant !
 :haww:  :arrow:
.
Pour les inventés : Je vous autorise à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé - et à faire ce que vous voulez de lui en plus.  :eheh:  Mais pourquoi suppression :keuwa: Y a pas. :stare:




Récapitulatif

Manaël l'Ardence

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♦️ Magie : Été / Destruction / Projectiles
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♦️ Dragon : Tempérance / Rubis / Féminin / 731 (décédée de la fièvre écailleuse)


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Je suis : Princesse héritière de Cibella, mage du Printemps ; baronne du Ru-d'Argent

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J'ai fait allégeance à : Cibella et la Rose Écarlate
Mes autres visages: Astarté des Sables • Agathe Martel • Sifaï Sinhaj
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Mer 19 Déc - 22:48



Skyfall présente

Gabrielle
de la Volte

Sarah Bolger

« Le droit chemin est aisément reconnaissable, c'est celui qu'on hésite à emprunter. »

Peu assurée • Rêveuse • Compatissante • Franche • Sensible • Susceptible • Loyale • Impressionnable • Réfléchie • Serviable • Coquette • Indécise • Espiègle



©️ Shiya
Amoureuse des mots et du romantisme y étant lié, la petite princesse a débuté une correspondance avec une dizaine de ses enseignants et compagnons d’étude, lors de son passage à l’Académie. Si l’activité lui servait à chasser l’ennui lors de la belle saison, loin de l’Académie, elle a su traverser les ans et les événements et perdurer encore aujourd’hui. Généreuse de son temps et de son affection, Gabrielle s’efforce de préserver chacun de ses liens qu’elle considère unique.



©️ Dreacon
Âge : 28 ans
Date et lieu de naissance : 12 mars 974, à la Volte (Cibella)
Statut/profession : Princesse héritière de Cibella; Mage du Printemps (portails) ; Baronne du Ru d’Argent ; Épine
Allégeance : Cibella ; Faërie ; Épines
Dieux tutélaires : Née sous la tutelle d’Aura, Gabrielle accorde également ses prières au Destin afin qu’il l’aide dans ses choix.
Groupe principal : Les gardiens de la Tradition
Groupes secondaires : Noblesse / Mages



« Mes racines sont profondes, elles remontent l’Histoire de Cibella. Elles sont là, tenaces, semblables à la mandragore, reliant de génération en génération les femmes de ma lignée. On murmure que nous étions présentes lorsqu’elles ont tenté de rejoindre les cieux en fondant La Volte. Plus haut. Toujours. Rejoindre l’aigle et le corbeau. On chuchote que la première famille matriarcale de ce continent était la nôtre. Nous étions les premières à comprendre l’importance de la lignée, et que cette lignée n’était possible que par les femmes. L’excellence de nos duchesses force le respect et la prospérité. De mémoire, elles n’étaient qu’aisance à gouverner. Gaëtane perpétue la tradition. Perfection et excellence. »


« Gaëtane de la Volte était ma sœur. Nous habitions le même paysage. La même magie et le même printemps. Nous aurions pu mettre nos royaumes en commun : la même magie et le même printemps. J’étais la plus petite, elle aurait pu m’apprendre tant de jolies choses, à percevoir les nuances de ce paysage, à sonder la profondeur de nos racines. Elle appelait la magie, et la magie arrivait. Elle invoquait le respect, et la confiance de Cibella se manifestait. J’aimais ma soeur avec férocité. Non seulement je l’adorais, mais je souhaitais ardemment me voir dans le reflet de ses yeux clairs. Je voulais son approbation, son admiration, son attention. Je voulais être elle, et à défaut de ne pas pouvoir l’être, je voulais être près d’elle. De ces rêves de petite fille, Gaëtane ne m’en accorda aucun. »

Elle courait, elle courait plus vite, encore, sentant ses boucles chatoyantes dégringoler sur ses joues rondes. De sa coiffure de jolie princesse, il ne restait que quelques rubans orangés miraculeusement retenus. Gabrielle était envieuse, perchée sur le petit banc ouvragé, accoudée au rebord de la fenêtre et minois entre ses mains potelées. Elle arrivait à voir sa grande soeur, de là-haut, s’éloigner du palais ducal vers une destination encore bien mystérieuse pour une petite demoiselle de son âge: l’Académie. Qu’est-ce que c’était impressionnant! Tout ce que Gaëtane faisait l’était, après tout. C’est les yeux plein d’étoiles, heureuse de l’admirer un peu plus longtemps mais un peu triste de son départ, que la cadette suivait des yeux son aînée. C’était la première fois qu’elle allait quitter le nid, et elle allait le faire pour si longtemps! Oh, Gabrielle avait bien quémandé des visites régulières mais Gaëtane les avait négligées d’un haussement d’épaules, beaucoup trop affairée à ses préparatifs. Elle avait persisté, et persisté encore, tirant la manche ou s’agenouillant devant cette étrange boîte ronde à chapeau, jusqu’à ce qu’on la chasse définitivement. Il ne fallait pas distraire à ce point sa soeur, alors qu’elle préparait son entrée à l’Académie!

Des visites, il y en avait eu peu. Et des lettres, il y en avait eu moins encore. Ce fut les premiers élans de tristesse que ressentit Gabrielle pour son aînée. De ses longues lettres, de ses interminables descriptions de l’Académie, de ses souhaits, de ses rêves, de sa volonté d’exceller, il n’y avait jamais un mot pour sa cadette, ni aucun conseil avisé pour lorsque son heure sonnera, à elle aussi. De ses visites, si brèves, dans la saison étouffante de l’été, il n’y avait jamais un moment à partager avec elle. Esseulée et chagrinée, la seconde fillette de la Volte culpabilisait de se sentir ainsi rejetée alors que Gaëtane se préparait à un avenir bien grand. Quant à Gabin… Eh bien… Unique garçon d’une famille cibellane, il ne fut pas étonnant de le voir dans l’ombre et adoré par son père. Seule, elle l’était, la petite princesse de Cibella, délaissée par son aînée et leur mère, rejetée de cette liaison paternelle d’un père à son fils. Pour chasser l’ennui, alors que les regards étaient posés avec admiration sur l’aînée, Gabrielle s’était mise en tête d’arpenter et de découvrir les moindres recoins du palais ducal jusqu’à le connaître par coeur. De cette traque incroyable, elle y découvrit des pièces secrètes et oubliées, de génération en génération, des recoins connus d’elle seule. Ce fut longtemps un refuge pour l’enfant esseulée qu’elle était.


Onze ans. Douze ans. On s’inquiétait. Elle ne saignait pas, la délicate Gabrielle. Gaëtane était une enfant précoce en tout point, et son entrée à l’Académie s’était effectuée rapidement. Gabrielle était plus lente, plus fragile. Agacée de sentir les regards lourds sur elle, lasse d’être comparée une fois de plus à cette soeur distante jusqu’à ce volet si intime de sa vie, Gabrielle s’était retranchée dans l’une des cours intérieures du palais ducal afin d’y pleurer son désarroi et d’y cracher son mécontentement. Elle tournait en rond, poings sur ses hanches fines, se parlant pour elle seule avec une frustration péniblement contenue. Sur ses joues, sa rancoeur toute destinée à son aînée. Les ressemblances à Gaëtane qu’on lui trouvait ne la flattaient plus depuis quelques années déjà, et les comparaisons pour les départager la blessaient plus cruellement encore. Pouvait-elle, par pitié, être considérée pour ce qu’elle était, ni plus, ni moins? Pouvait-on cesser, un instant, le temps d’une respiration ou d’un battement de cils, de tenter de la superposer à son aînée? Elle ne serait jamais Gaëtane. Jamais. Son coeur était trop grand, sa joie trop vive, sa tristesse trop profonde et sa colère trop marquée pour être cette soeur distante et rigide. Sa vie. Son cheminement. Son corps. À douze ans, Gabrielle n’en pouvait déjà plus d’être la prolongation de son aînée, d’y être liée, à cette Autre qui ne la voyait pas. Les sanglots s’étaient mués en gémissements rageux, son désarroi, en courroux.

De toute cette colère, de tous ces sentiments qui tourbillonnaient en elle et la malmenaient, l’inespéré arriva. Sous ses pas déterminés, le sol semblait réagir à cette fureur. Un pas, un faible grondement. Un deuxième pas, un léger tremblement. Un troisième pas... Et Gabrielle s’arrêta totalement, les yeux grands et la joie chassant tout ressentiment dans son coeur. Un séisme! Son séisme! Une main sur ses lèvres ouvertes, elle se laissant submerger entièrement par les éclats de bonheur. Des larmes, encore, toujours, de joie sincère. Elle allait pouvoir choisir. Elle allait pouvoir s’éloigner de ces regards scrutateurs et devenir quelqu’un, devenir une personne entière en abandonnant son rôle de petite ombre.


« L’Académie était faite pour être aimée et admirée. Je l’aimais et l’admirais. Tant de beauté, tant de savoir et de magie, en un seul endroit, qui m’ouvrait ses portes! Moi qui avait parcouru le palais de mon enfance de pied en cap avec plaisir et curiosité, il me semblait impossible de tout connaître, de tout voir de ce lieu merveilleux. Je regrette parfois ces premiers instants où tout découvrir m’émerveillait, où je croyais encore pouvoir être perçue pour ce que j’étais. J’avais cru, à tort, que l’Académie me permettrait de trouver ma propre voie et de confronter le regard des autres à mes choix, à ce que j’étais ou désirais être. Au fil de mes études, les miens ne voyaient plus seulement la princesse effacée. Ils voyaient désormais ma magie; puissant et impressionnant don que celui des portails. Pourquoi ne voyaient-ils que mes ornements, mes titres et ma magie, sans me voir moi, la femme, Gabrielle? »

Lorsqu’elle quitta le palais ducal de Cibella par ce même chemin qu’avait emprunté Gaëtane, plusieurs années auparavant, Gabrielle avait regardé par-dessus son épaule. Son aînée l’observait-elle, de l’une des tours, les deux mains au menton, comme elle-même l’avait fait, jadis? Sans réellement s’en assurer, Gabrielle savait instinctivement que non. Gabin le ferait, lui. Son adorable petit frère devait être là, quelque part, caché mais désireux de faire le galant pour elle, la grande soeur trop émotive. Elle leva la main, les yeux humides d’émotion, vers ce palais qu’elle quittait, pour ce petit frère qui, peut-être, la regardait filer à son tour, envieux de fouler lui aussi le chemin le menant vers l’Académie. Gabrielle s’efforça d’oublier son chagrin et de se recouvrir de cette fébrilité nouvelle qu’apportaient les possibilités et nouveautés de l’Académie.

Elle avait hésité, éternelle indécise, du chemin qu’elle devait emprunter, désormais qu’elle était intégrée à l’Académie. La lévitation pour s’envoler comme les oiseaux qu’elle appréciait tant, tout en haut des tours de la Volte? Le séisme pour mieux défendre les siens, lorsque viendra l’heure où elle dirigera ses propres terres? De tous ces choix, Gabrielle emprunta la voie des portails. Tout son cheminement, toutes ses expériences tendront vers cette finalité, celle de déchirer la réalité pour imposer la liberté. La liberté absolue. Aller là où elle le désirait, sans être encombrée par ses apparats de princesse, sans que l’on puisse la comparer aux entraves de son aînée. Libre de ses mouvements, comme les oiseaux. Une précieuse liberté qu’elle pouvait également offrir.

Les années filèrent à un rythme effréné. Les souvenirs furent riches, entre les murs de l’Académie. Des amitiés, un premier baiser, chaste et pur, au détour d’un couloir, des rires, de la considération pour cette magie qu’elle maniait adroitement, mais également pour ce qu’elle était, au-delà de ce titre d’héritière. Du moins, Gabrielle l’espérait de tout coeur. Lorsque l’été arrivait, elle quittait Lorgol, le coeur lourd, pour La Volte où sa relation avec sa famille la blessait toujours un peu plus, toujours plus profondément. Ce n’est que vers la fin de son second cycle qu’elle fut approchée, la toute jeune princesse. Peut-être était-ce pour son amitié avec plusieurs étudiants du domaine du savoir, aveugle aux différences entre eux et elle, mage? Peut-être était-ce tout simplement grâce à sa proximité avec son enseignant, épine de la Rose, et la grande confiance qu’il accordait à cette étudiante franche et sensible? Ou bien était-ce par calcul pour les portails si utiles de l’outremarcheuse ou de son statut de princesse, soeur de la duchesse de Cibella? Toujours est-il qu’il l’approcha, ce professeur, et que Gabrielle accepta solennellement de soutenir cette cause à laquelle elle croyait.


« Livien. Dois-je souligner le désarroi qui fut mien en apprenant le décès de Livien de la Volte? Ce fut une crise. Une crise terrible. Si ma douleur était vive de perdre l’un des rares à partager une complicité bien discrète au palais ducal, je ne pouvais qu’imaginer la perte que vivait ma sœur. J’ai cru, entêtée et naïve, que cette douleur commune aurait pu nous rapprocher, aînée et cadette. Une déception. Une de plus. J’essuyais non seulement le départ d’un cœur trop grand, trop bon, qui disparut beaucoup trop tôt, si loin des paysages insoumis du duché qui l’avait vu naître, mais également toutes possibilités de réconciliation avec Gaëtane. »

Elle n’irait plus. Sa présence aux bals nombreux était soigneusement maintenue, ses sourires délicats et gourmands laissaient croire à une fratrie soudée, mais il n’en était rien. Gabrielle avait définitivement verrouillé la porte de ses appartements. Elle ne reviendrait plus, si ce n’était des événements mondains où sa présence était obligatoire en raison de son titre. Ce fut le départ de Livien qui la motiva à prendre cette décision. Assez. Assez de cette froideur et de cette distance cruelle que Gaëtane lui imposait. Assez. Assez de ces demandes incessantes pour un portail. Assez. Assez. Ce n’était ni de la colère, ni de l’amertume. Il ne s’agissait que de lassitude. Elle avait tellement tenté, tellement espéré, la petite princesse. Elle avait rêvé sa soeur, comme d’autres rêvent de richesse ou de gloire. De ce rêve brisé, elle avait fait son deuil. Gaëtane ne voulait pas d’elle, soit. Elle se retirerait.

Elle était en âge, Gabrielle, largement, et les partis intéressants se multipliaient au rythme des rumeurs. Toujours aussi délicate de ménager les sentiments des uns et des autres, toujours aussi indécise et peu sûre d’elle, la princesse se laissa désirer en espérant que le choix s’impose de lui-même. Toutefois, lorsque le nom de Lionel fut murmuré, la jeune femme laissa transparaître son trouble. Il était le seul, jusqu’à présent, à souhaiter la connaître elle et ne pas la laisser dans son ombre. Et peut-être… Peut-être l’accepterait-il comme épouse même si elle renonçait à sa magie?


♦️ Pendant le livre I : Discrète, recluse au Ru d’Argent, Gabrielle suit malgré tout les mouvements en Faërie. Chimène était trop douce, trop tendre pour le rôle que l’on attendait d’elle, la petite princesse le sait. Elle la comprenait, l’impératrice évincée. Peut-être l’arrivée au pouvoir de Gustave apportera quelque chose de bénéfique, après les tumultes de cette dernière année? Gabrielle hésite à se réjouir ou à regretter.

♦️ Roue brisée :Gabrielle se réveilla en sursaut, sans repère, au tout début du mois de mai. Que faisait-elle donc là…? Il lui fallut un temps pour comprendre qu’il ne s’agissait aucunement d’une illusion et que la situation était beaucoup plus complexe qu’une supercherie. Elle, nouvellement mariée à un Castiel bien abîmé... Incroyable. Alors elle s’était faite discrète, Gabrielle, tant par habitude que pour esquiver l’âme malade de son soi-disant époux. Ici et là, au palais ducal, on parlait du départ d’une autre épouse. L’idée germa bien rapidement et, pour une rare fois, la décision fut prise sans délai : Elle devait rejoindre Lorgol. Si la Rose était au vent de quelque chose, elle devait savoir, elle aussi, et offrir son aide. Là-bas, aucune trace de l’existence de la Rose Écarlate. Ni de son professeur, son mentor, qui l’avait recrutée. Comme plusieurs autres, Gabrielle s’est retrouvée au camp de réfugiés à patienter et à chercher à comprendre, en vain.

♦️ Pendant le livre II : Que de changement pour la jeune princesse qui affectionne tant la quiétude! Les prétendants se sont pressés, peu à peu, devant cette main qui ne semble attendre qu'un mariage profitable. Ils sont nombreux, très, et Gabrielle peine à prendre une décision. Et si elle se trompait...? Lionel de Rivepierre, en tête de liste, s'est vu régresser sous de biens vilaines rumeurs et confidences, alors que le prince héritier, Antonin de Faërie, s'est ajouté à ses prétendants. Mandatée par la Rose Écarlate pour accompagner un convoi de mages malades en direction de Roc-Épine, la loyale Cibellane a répondu à l'appel et a mené à bien cette mission jusqu'au remède convoité. Si les remerciements sincères de la Rose lui ont été offerts, des menaces de mort de la part de l'Ordre du Jugement jettent désormais une ombre sa survie.

Elle était là, lorsque la Chasse Sauvage fut libérée. Elle a eu peur. Pour les siens, pour les petits, pour les professeurs et les convives. Les pertes la font encore frémir et l'Épine se questionne quant au lien entre la Rose dissoute et cette Chasse. Si cette Rose en qui elle avait une loyauté absolue était en mesure d'affaiblir la Chasse Sauvage par son sacrifice, qu'est-ce que cela peut sous-entendre? De nombreux mystères entourent cette soirée, et Gabrielle aimerait bien en savoir plus. Son allégeance demeure envers les Épines, mais la jeune Cibellane se questionne malgré tout et se montre prudente.



La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• C'est une peur profonde et viscérale qu'elle éprouve envers la Chasse Sauvage. Elle a vu les chiens hurler et déchiqueter des innocents. Elle a entendu les Cavaliers partirent de l'Académie. Elle sait ce qu'implique la libération de la Chasse Sauvage pour avoir été aux premières loges. Les cauchemars la hantent toujours et elle espère que les épines arriveront à trouver une solution pour préserver les innocents d'une fin atroce.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• La clémence de son Empereur est grande et Gabrielle l'admire d'imposer une trêve pour respecter l'immensité de ce qu'Arven a perdu, qu'il soit allié ou ennemi de Faërie. Elle espère de tout coeur, un peu naïvement peut-être, que cette trêve fera réfléchir autant Faërie qu'Ibélène à l'atrocité d'une guerre qui n'aurait peut-être pas lieu d'être... Est-ce réellement l'unique moyen dont disposent les hommes pour arriver à leurs fins? Gabrielle se permet d'en douter.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Dès qu’elle y a mis pied, elle était impressionnée, la petite princesse. Si les tours semblaient rivaliser avec celles de la Volte afin de rejoindre les cieux, l’ambiance était toute autre. Ici, magie et savoir cohabitaient dans un étrange chaos où chacun, toutefois, y trouvait son compte. Toute cette liberté, elle ne la possédait pas à la Volte. Lorgol est une ville dangereuse, une ville difficile, mais elle n’en demeure pas moins spéciale aux yeux de la Cibellane.

Livre II:
 





Dans la vie, je m'appelle Mary et j'ai 30 ans. J'ai découvert le forum via une ancienne version de Melsant et voici ce que j'en pense : je commence à fortifier mon nid; bientôt je vais être indélogeable!
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Gabrielle de la Volte

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Sarah Bolger
♦️ Compte principal : Non

♦️ Noblesse : Princesse héritière et baronne / Ru-d'Argent / Cibella
♦️ Magie : Printemps / Outremarche / Portail
♦️ Familier : Silvère / Mésange / Masculin
♦️ Affiliation : Épine



Gabrielle de la Volte et Lionel de Rivepierre

Le Façonneur de Rêves

ou La jeune femme à la perle

5 juillet 1002



Il n’était aucunement question d’un rendez-vous galant. Du moins, Gabrielle tentait de s’en convaincre depuis désormais deux jours afin d’apaiser la nervosité qui s’emparait de son malheureux petit coeur. Elle ne recevait pas seulement le comte de Rivepierre, ni le Capitaine du vol d’Outrevent, ni même l’ami fidèle du duc Liam, non. De tous ces titres, elle ne retenait que Lionel, le prétendant. Le Façonneur de rêves. Le Donneur de vivenef. Il l’avait surprise par sa volonté à entrer dans cette danse effrénée. Sa toute jeune suivante n’avait de cesse de lui décrire les dernières rumeurs et murmures concernant cet imprévisible chevaucheur aux bouclettes réputées. Tous étaient intrigués d’un pareil parti; plusieurs rêvaient pour elle ces présents d’exception et quelques rares et étranges oiseaux chantaient qu’il cachait là quelque chose de tragique. Elle secouait la tête, les yeux au ciel et le sourire amusé, bien que quelque part au fond d’elle, elle se demandait si une maladie fulgurante ne le pressait pas d’avoir une soudaine descendance. Lionel et Gabrielle. Non, non… La petite princesse souriait, mutine, pour mieux corriger sa demoiselle de compagnie. Gabrielle et Lionel. Peut-être.

Il avait annoncé sa venue avec mille courtoisie et civilités qui la charmaient tout autant qu’elles l’amusaient. Deux enfants timides et maladroits, dissimulés derrière les règles de l’amour courtois, voilà ce qu’ils étaient. Ils s’entêtaient à jouer le jeu de l’amour afin d’en simuler les prémices fragiles d’un sentiment naissant qu’ils savaient pourtant faux. Mariage de raison. Mais après chacune de leur rencontre, toujours trop brèves, toujours trop loin d’un semblant d’intimité, ils se promettaient des retrouvailles prochaines. Il n’avait jamais manqué à sa parole, enfant de l’honneur.

On avait rehaussé son interminable chevelure en un chignon complexe et stylisé afin qu’elle ne souffre pas trop de la chaleur accablante. Gabrielle souffrait atrocement. Comment se faisait-il que malgré sa vie entière en Cibella, elle ne soit aucunement en mesure de s’habituer à la chaleur étouffante de l’été ou encore à la morsure de l’hiver? Il lui semblait que Gaëtane, elle, supportait mieux… Son invité serait sans doute mal à l’aise de cette chaleur, tout autant que de ses robes légères qu’elle portait souvent pour supporter la belle saison. Une robe décente, voilà ce qu’elle allait porter pour lui, en ce fameux jour de leur rencontre. Une robe décente en pleine vague de chaleur. Voyez combien votre présence m’est importante, Lionel.

Elle avait trouvé refuge dans ses jardins; il aurait été inconvenant de le recevoir dans le petit ou le grand salon avec une si jolie journée! Ici, comme partout en Cibella, la nature se pliait aux exigences et caprices de l’homme. Les arbres très haut semblaient n’être présents que pour magnifier le paysage ou encore apporter des spectres d’ombre sur les quelques bancs dispersés, la fontaine était disposée précisément au centre d’un jeu de symétrie de haies et de fleurs, les plantes et arbustes avaient sans doute été choisis avec soin pour que leurs couleurs s’harmonisent. C’était un joli jardin, et, en son centre, sous un pavillon élancé, Gabrielle y patientait. Non loin, un élémentaire de vent tourbillonnait. Elle avait cédé. Chaleur accablante n’allait certainement pas la faire recevoir en nage l’un de ses prétendants…! Elle ne survivrait pas à un regard moqueur, si peu assurée qu’elle était.

La Cibellane se redressa à son approche sous le bruissement léger des volants de sa robe de soie, lorsqu’on l'introduisit auprès d’elle. Après s’être inclinée légèrement devant lui, elle fit un signe discret de la main pour presser le départ sa suivante qui traînait un peu trop le pas. Sans doute souhaitait-elle capter quelques éclats de cette conversation à venir. Une lueur d’amusement dans les yeux, Gabrielle les fit gros tout en trahissant son attachement profond pour la jeunette. Cette dernière inclina le visage pour cacher son sourire puis fuya à petits pas pressés. Enfin..! Enfin, elle posa son regard céruléen sur lui, sur ce soudain prétendant, sur le Façonneur de rêves, et lui offrit un sourire des plus charmants ainsi que sa main à baiser.

- Votre voyage fut sans encombre, j’ose l’espérer? Me voilà bien chagrine, moi qui espérais douceur et fraîcheur pour notre rendez-vous.

Devait-elle glisser sa main à son bras? Oui. Non… Oui. Elle eut une pensée pour la discrétion légendaire des Outreventois, quant à ce genre de délicatesse, alors que son instinct tout entier lui intimait de le faire, de ne pas trahir ses sentiments et ses envies. À force d'hésitation, les quelques secondes passèrent. Le moment s’étiola. Elle regretta. Elle aurait dû..!

- Une amie a eu la délicatesse de nous rafraîchir de quelques sorbets lagrans. Peut-être préfériez-vous un peu de vin, Lionel?

Malgré ses doutes et ses indécisions, elle était sincèrement heureuse de le voir là, devant elle. Le visage levé vers lui - si grand… Si grand! - elle lui offrit un nouveau sourire empreint de sincérité. D’un geste de la main, Gabrielle lui proposa de prendre place autour de la table où deux chaises voisines les attendaient. Au moins, elle n’aurait pas à hésiter sur le choix des sièges, ayant préalablement réglé ce petit problème logistique.


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J'ai : 34 ans
Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

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Mes autres visages: Quitterie ♦ Ljöta ♦ Rejwaïde ♦ Faustine ♦ Pénélope ♦ Shéhérazade ♦ Chasteté
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Jeu 20 Déc - 1:12



Aura· présente

Pénélope
de Bellancre
née Pennia Mac Lir

Sophia Myles

« Si les singes avaient le talent des perroquets, on pourrait en faire des ministres. »

raffinée - égoïste - minutieuse - sans tact - sincère - rancunière - franche - susceptible - spontanée - imprévisible



©️ Fassophy
Dans la chambre de Pennia à l'Académie, il y a un placard dont la porte reste close. A l'intérieur, deux étagères : celle du haut pour Aurore, celle du bas pour Astrée. Elle y range les petits objets que Sélène lui a envoyés au fil des années, dans une boîte bleue marine comme le ciel la nuit pour Astrée ; et bleu pastel comme le ciel d'azur des Chevaucheurs pour Aurore. Ces boîtes renferment des mèches de cheveux, des babioles qu'elles fabriquaient petites... Sur les étagères, Pennia entasse tout ce qu'elle aimerait offrir à ses filles un jour. Ce placard renferme tout le trésor d'amour maternel qu'elle n'a jamais pu leur donner...



©️ Dolly
Âge : 33 ans
Date et lieu de naissance : 12 mai 968, sur l'île Fauve dans l'Archipel
Statut/profession : Enchanteresse de l'Automne à l'Académie, spécialisée en tissage de rêve
Allégeance : Les Épines, L'Académie, Le Pavillon Noir
Dieux tutélaires : Atal (par son père), Asma (par sa mère), Aura (à l'adolescence).
Groupe principal : Les Gardiens de la Tradition
Groupes secondaires : Noblesse, Mages



L’histoire commence au cœur de l’Archipel, le soir du quatorzième jour d’août, en l’an du Destin 964. Aux dernières lueurs du crépuscule, les vagues rejetèrent sur l’une des plages de l’île Fauve une figure de proue arrachée à son navire, un homme accroché désespérément à ses membres de bois. Un capitaine naufragé, d’une vivenef détruite par le courroux de Messaïon : tel était Basile de Bellancre, fils cadet du puissant marquis du même nom, capitaine de la Perle Noire. Les habitants du rivage, accueillants comme le sont les Îliens, prirent soin du rescapé et de sa compagne de bois. L’île Fauve était loin de tout, et au fil des mois l’homme se résigna : le secours ne viendrait pas. Il était jeune encore, se lia aux femmes de la région ; l’une d’elles était plus accorte que les autres, et il se bâtit une nouvelle existence à ses côtés, au foyer où elle vivait en compagnie de sa soeur et de plusieurs de leurs conjoints.  Elle s’appelait Maura, elle était sculpteuse, dans le bois et dans l’os, et c’est elle qui porta son enfant.

Pennia naquit le 12 mai 968, blonde comme ces Ansemariennes mêlées de sang cibellan, enfant rieuse et intelligente, toujours curieuse. Son père ne profita guère de son enfant, toutefois : deux mois après sa naissance, il quittait les rivages de l’île Fauve sur les planches d’un bâtiment pirate jeté là par la tempête, sans un regard en arrière pour Maura et leur bébé blond. Il se fit déposer à Lorgol, et de là regagna Bellancre dont il avait disparu depuis quatre ans. Son père l’accueillit à bras ouverts et l’y maria en mars 969 à Bertine de Forceflot qui se fit un devoir de lui donner un héritier.

Cinq en tout : un par an quasiment, cinq beaux garçons ; mais tout bascula en juin 976. Une épidémie fulgurante balaya Ansemer et une partie de Faërie, fauchant une grande partie de la population – Bellancre compta parmi les domaines les plus touchés, et Basile ne revint de traversée que pour trouver son père accablé de chagrin, soutenu par sa belle-sœur… seuls survivants du mal qui avait emporté son frère, Bertine, et toute la jeune génération. Rapidement, la veuve éplorée suivit son époux dans la tombe, et Basile contracta le mal à son tour – il fut sauvé, mais les mages guérisseurs l’informèrent qu’il n’aurait jamais plus d’enfant. Ce fut le coup de trop pour le vieux marquis qui s’en alla rejoindre les autres auprès de Sithis…

Resté seul, Basile prit une décision délicate… et le chemin des îles, au gouvernail de la vivenef achetée avec la fortune familiale. Mages et soldats en couvraient le pont, et Maura n’eut d’autre choix que de livrer la fillette pour laquelle son ancien amant était venu ; et de retour sur le continent en novembre 976, Basile fit attester de leur lien filial, établissant la sauvageonne des îles comme sa fille naturelle et seule héritière. Elle avait huit ans, la petite Pennia qui rêvait de devenir bergère de dragons des mers ; et allait passer quatre années difficiles.

En effet, déterminé à faire de la barbare de l’Archipel une parfaite fille à marier, Basile la cloîtra fermement à Bellancre, et entreprit de faire entrer dans son esprit épris de liberté tout ce qu’une demoiselle de bonne famille devrait savoir. D’un naturel complaisant, souhaitant lui faire plaisir, la petite s’y plia de bonne grâce, apprenant à lire, écrire et se tenir. Jamais assez bien au goût de l’exigeant marquis, mais elle y mit tout son cœur – et lorsque sa magie de l’Automne s’éveilla au printemps de l’année 980, elle obtint facilement permission de tenter l’entrée à l’Académie. Elle avait fini par souffrir de ce monde étriqué dans lequel son père la tenait recluse ; et l’idée de s’en aller goûter la liberté à Lorgol la séduisait. Elle plaida sa cause avec pertinence, évoqua l’ambition de réussir aussi bien que son père, de le rendre fier… avec un zeste d’hypocrisie et d’opportunisme qu’elle avait appris en même temps que tout le reste.

Grand prestige que d’avoir une fille mage, n’est-ce pas ? Basile consentit. En juin, elle passa et réussit son entretien d’entrée à l’Académie, qu’elle intégra en septembre dans le domaine du rêve. Fort des relations familiales et de la réputation élogieuse de Bellancre, se délestant au passage d’une confortable donation au bénéfice de l’Académie, Basile fit installer sa fille dans une chambre personnelle, qui ne tarda pas à ressembler aux plages de l’île Fauve au fil des mois. C’est là qu’elle trouva, un matin, un magnifique ara aux plumes bouffantes, qui répondait au nom d’Elsir, et se caractérisait par un franc-parler aux limites de la grossièreté quand il daignait s’adresser au commun des mortels. Trois années avaient passé – l’adolescente gauche de douze ans était petit à petit devenue plus délicate, plus féminine, et les mœurs îliennes de tolérance extrême et de cordialité l’avaient rendue populaire.

Elle n’avait pas prévu, toutefois, de tomber enceinte dans sa quinzième année. Décembre s’en était venu, en l’an 983 – et dans les frimas de l’hiver rigoureux des Terres du Nord, Pennia s’égara parfois entre les draps d’un Kyréen sérieux et droit, qui lui avait fait la cour la plus discrète jamais vue – ou inaperçue – de mémoire d’archiviste. Advint ce qu’il devait advenir entre un fils de Valkyrion robuste et bien portant, et une fille de l’Archipel solide et fertile : le ventre de Pennia commença à s’arrondir en avril, et Basile reprit chez lui sa fille pour cacher sa honte, la prétextant malade. Il avait des plans pour elle, l’orgueilleux Ansemarien - aussi ne fit-il pas mystère du funeste destin que connaîtrait le petit bâtard dès sa venue au monde. Il n’allait pas laisser ses projets de mariage prestigieux s’envoler en fumée juste parce son Îlienne de fille se révélait aussi libre de moeurs que sa mère…

Pennia comprit rapidement les noires intentions de son père, et prit contact avec celle qui fut sa protectrice à l’Académie : Sélène, jeune Ansemarienne de quelques années son aînée, tatoueuse émérite. Elle qui avait étudié l’anesthésie pour employer sa magie guérisseuse au service de l’activité familiale de tatouage s’était reconvertie en accoucheuse après son tout récent mariage. En effet, son époux astronome Léandre l’emmenait avec lui s’installer en Outrevent, et le tatouage n’étant pas particulièrement prisé chez les nobles gens, Sélène prit sur elle et abdiqua sa passion. Avec l’aide des quelques servantes de la maison familiale, Pennia fit savoir à son amie le grand péril qui la guettait ; puis, à la mi-août, profita d’une absence de son père pour affaires et rejoignit l’antenne de la Guilde des Mages de Port-Liberté, usant de son statut d’élève de l’Académie pour bénéficier gratuitement d’un transport à Souffleciel.

Elle accoucha là, non pas d’un bébé mais de deux : deux filles, si délicates et fragiles. La première, Astrée, vint au monde au plus noir de la nuit, en ce moment de paix suprême où les étoiles brillent au firmament et où l’univers entier est silencieux ; Aurore la suivit au point du jour, en cet instant d’allégresse où le monde se réjouit de revoir le soleil et où la nature toute entière chante son euphorie de vivre encore. La naissance fut pénible pour Pennia, jeune encore même si ses seize ans étaient matures, et c’est rapidement qu’elle conclut de confier ses bébés à qui saurait les élever convenablement. Elle laissa ses deux filles aux bons soins de Léandre et Sélène quand septembre arriva, et reprit la route de l’Académie la tête haute. Elle informa Basile que personne ne saurait jamais pour sa grossesse ; et se replongea assidûment dans les études. Son Kyréen n’était plus là : son cursus terminé, il s’en était retourné dans ses landes gelées, et jamais plus elle ne devait recevoir de ses nouvelles. Il emportait avec lui une plume d’Elsir, et le bon souvenir d’une fille de l’Archipel qui le porterait toujours en elle, dans un recoin clandestin de sa psyché.

C’est juste avant le début de  l’année scolaire qu’elle eut l’immense surprise d’être sollicitée par ses professeurs, en juin, pour servir d’interprète au cours de l’entretien d’entrée d’un jeune Îlien qui baragouinait le parler courant avec un accent épouvantable… et qui s’avéra être Rackham, son cousin, l’un des nombreux rejetons de la tante qui logeait au même foyer que sa mère, lorsque Pennia était enfant. C’est avec grande joie qu’elle traduisit l’échange dans les deux sens, étoffant les réponses souvent brutes de son illettré parent pour les formuler avec un peu plus de… raffinement. Cet été-là, elle le passa entièrement avec lui, à faire entrer dans sa caboche têtue une quantité de vocabulaire et de tournures communes qui lui seraient utiles pour la rentrée. Joie dans son coeur d’avoir près d’elle un sien cousin, presque petit frère ! Elle avait hâte de lui partager ce qu’elle avait appris, même s’il avait choisi une autre Saison qu’elle. Elle ne lui souffla jamais mot de son lourd secret…

Les années passèrent - en juin 985, Pennia empocha son diplôme de premier cycle. En septembre, elle entama un cursus de spécialisation en tissage ; et apprit comment fabriquer des rêves en bouteille. Elle excellait dans cette discipline : imaginative et rigoureuse, elle ne laissait rien au hasard et savait ciseler le moindre détail, qu’il s’agisse d’agréables rêveries légères à savourer tout éveillé, ou de cauchemars intenses réservés aux pires ennemis des acheteurs. En décembre 986, une importante nouvelle arriva de Bellancre : Basile avait expiré à la suite d’une mauvaise bronchite qui avait mal tourné, Pennia était désormais marquise. Cela ne lui tourna pas la tête : elle continua sa spécialisation avec détermination, et empocha son diplôme en juin 987.

Pennia avait dix-neuf ans, et se sauva vers l’Archipel dès qu’elle le put, revoir sa mère et ses cousines et tous ceux qui vivaient à son foyer de naissance, sur son île regrettée. Elle y passa trois ans de quiétude, emplit sa mémoire des paysages sublimes de l’Archipel, et de la poésie sauvage de l’île Fauve. Puis elle reprit le chemin d’Ansemer, s’installa à Bellancre, et s’attela sérieusement à faire fructifier son domaine. Elle intégra les Épines pour mettre à disposition de la Rose ses considérables ressources financières et aider autant que possible au maintien de la paix sur le continent. Elle apprit avec ravissement la nouvelle de l’entrée de Rackham parmi les cadets des Chevaucheurs en juin 991, et sachant bien qu’il était inutile de lui écrire, engagea les services d’une Outreparleuse pour l’inviter à venir séjourner à Bellancre autant qu’il lui plairait. En parallèle, elle se fit une petite réputation à l’échelle du duché, distillant des rêves en bouteille d’une qualité exemplaire ; et en 996, lorsque Rackham quitta les Terres du Nord pour rejoindre son affectation en Ansemer, elle prit le chemin inverse et retourna à Lorgol où l’Académie la sollicitait pour la formation d’un élève spécialisé dans le même domaine qu’elle. Elle avait vingt-huit ans, et effectuait alors ses premiers pas dans le monde de l’enseignement.

Elle eut le choc de découvrir, parmi les élèves de première année, la frimousse blonde de l’une de ses filles. Sélène l’avait bien prévenue de l’éveil de l’Hiver chez Aurore, dans cette frénésie épistolaire ininterrompue depuis presque dix ans entre la mère de naissance et la mère adoptive, mais Pennia n’était pas vraiment prête à la voir arpenter les couloirs de l’Académie. Elle se tint en retrait, la très digne Pénélope de Bellancre, observant de loin et avec grande curiosité cette brindille outreventoise qu’elle aimait sans la connaître autrement que par les lettres de son amie. L’année suivante, ce fut au tour d’Astrée de faire son entrée parmi les étudiants du Savoir, et Pennia put dès lors s’amuser à chercher les différences entre ses deux filles. Même si Aurore avait sa légère préférence, elle n’en aima pas moins Astrée de tout son coeur, dans le secret de son âme.

L’enseignement était véritablement la voie de Pennia. Bellancre se gérait aisément depuis l’Académie et les Outremarcheurs permettaient un gain de temps considérable, aussi put-elle se consacrer pleinement à ses élèves, toujours déconcertés de voir une femme aussi bien éduquée dotée d’un Familier aussi tapageur et grossier. Quel contraste en effet, entre l’apparence soignée de la mage et le plumage aux couleurs criardes de son Familier, constamment ébouriffé, entre le langage châtié de la marquise et les baragouinages du volatile soupe au lait ! Les racines îliennes de Pennia n’étaient jamais tapies très loin sous la surface toutefois, et les frondeurs apprirent à filer droit, les volées de reproches proférées en îlien, d’un calme proverbial mais d’une froideur cinglantes, furent bientôt craintes dans toute l’Académie.

Les années passèrent encore. A la rentrée de l’an 1000, le professeur qui avait formé Pennia prit sa retraite - et c’est à elle que l’on offrit sa succession, au poste d’Enchanteresse de l’Automne. Les responsabilités étaient bien plus lourdes, mais la trentaine entamée portait une profonde sérénité et la mage se plia à une organisation rigoureuse qui lui permit d’être aussi efficace dans sa gestion des cours de l’Automne que dans celle de Bellancre.

L’année suivante vit le départ d’Aurore pour la Caserne de Flamme - Pénélope était là, dans l’assemblée des observateurs, lorsqu’une jeune dragonne un peu fofolle vint la réclamer. Sucre était de l’Améthyste, cela conviendrait sûrement très bien à Aurore ; aussi Pennia ne se fit-elle pas de souci outre-mesure pour sa Chevaucheuse de fille. Ce qui la préoccupa, bien plus que tout le reste, ce furent les événements tragique de l’année 1001 : même si elle avait bien commencé avec la nomination de Rackham en tant que Capitaine du Vol d’Ansemer, la funeste suite perturba la sérénité de Pennia. Ces mages du Sang, d’abord jetèrent un vent de suspicion sur l’Académie quand l’Ordre du Jugement prit de l’ascendant sur le continent ; puis ce fut l’accession de Gustave au trône faë qui précipita Arven dans la guerre au début de l’année 1002.

Bellancre est protégée, mais Pennia s’inquiète : pour Astrée encore élève, pour Aurore susceptible d’être mobilisée sur le front, pour Rackham constamment en danger. Pour tous ses élèves, que l’Ordre cherche insidieusement à recruter parmi ses rangs. Elle regrette, parfois, de n’avoir pas connu la vie simple à laquelle sa naissance sur l’île Fauve la destinait ; mais elle ne renie pas les exploits accomplis, le chemin parcouru, ni les choix qu’elle a pu faire au fil des années. Son seul regret est de n’avoir point d’héritier pour Bellancre, vouant le domaine à la déshérence ; mais qui sait ? Un jour, peut-être...

Pendant le Livre II :
TRAME ALTERNÉE (Intrigue 2.3 La Roue Brisée)
→ Pénélope s'est éveillée le 2 avril dans la trame alternée, marquise de Bellancre mais plus professeur. Des serviteurs lui ont parlé de son mari et de ses filles, vivant dans l'Archipel ; et elle a aussitôt envoyé l'une de ses vivenefs les chercher.
Elle s'est rendue à Lorgol pour les retrouver, mais est morte une fois sur place, dévorée dans les canaux de la Ville Basse par un crocodile affamé.
Elle a choisi d'oublier ce qui s'était passé, et a donc un blanc de deux mois dans sa mémoire une fois de retour dans la vie réelle.

Elle a eu la joie d'assister cet été au mariage de Rackham avec l'une de ses Chevaucheuses, et a fait don au jeune couple de l'île des Deux-Ancres, florissant port contrebandier au large d'Ansemer.
Elle a été malade pendant l'épidémie magique et s'est péniblement remise sur pied, pour avoir le plaisir de retrouver Matvei parmi les professeurs de l'Académie et renouer contact avec lui.
Elle était présente lorsque la Chasse Sauvage s'est libérée et que la Rose s'est dissoute. Très inquiète, blessée par un chien lors de la bataille, elle panse ses blessures et reprend les cours rapidement après le Jour des Anciens, pour continuer d'assurer un cadre stable à ses élèves. La trêve va sûrement lui donner l'opportunité de participer à la réorganisation des Épines.




Questions du Livre II:
 

La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Pénélope en éprouve une grande inquiétude. Elle connaissait l'élève qui a été happée pour mener la Chasse et se trouve fort peinée de la savoir au-delà de toute possibilité de rédemption. La disparition de la Rose l'attriste et elle s'interroge sur l'avenir du continent.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Pénélope n'a de farouche loyauté que pour l'Archipel, et Bellancre est très loin du front. Elle est heureuse toutefois que les conflits s'apaisent : peut-être la paix est-elle encore envisageable ?

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Elle l'aime, sa Lorgol. Bien différente de Bellancre où elle est avant tout la marquise et la châtelaine, elle peut se fondre dans les ruelles et devenir quelqu'un d'autre l'espace d'une soirée, laissant Pénélope sur les marches de marbre de l'Académie et redevenant Pennia au parler rocailleux.








Dans la vie, je m'appelle Aura· et j'ai 29 ans. J'ai découvert le forum via mon armoire suédoise qui déboooorde, je comprends pas, y'avait le gros cul de Braise posé devant le tiroir pourtant :argh: et voici ce que j'en pense : et de sept, aidez-moi.
Pour les inventés : J'autorise mes filles à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Pénélope de Bellancre

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Sophia Myles
♦️ Compte principal : Non

♦️ Noblesse : Marquise / Bellancre / Ansemer
♦️ Magie : Automne / Rêve / Tissage
♦️ Familier : Elsir / Perroquet / Mâle
♦️ Hiérarchie : Académie / Enchanteresse de l'Automne
♦️ Affiliation : Épine


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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Jeu 20 Déc - 21:22


[SaturdayProphet] présente

Amarante
de Nacarat

Elise Eberle

« Détruire ce que l'on aime, toujours, de peur d'en souffrir. Préférer être responsable du désastre plutôt que de le subir.»

Réfléchie - Esthète - Discrète - Raffinée - Habile avec les mots – Affectueuse – Imaginative – Patiente –

Tendance fataliste – Dissimulatrice – Angoissée – Narcissique – Opportuniste – Butée – Insomniaque – Tête en l’air -



©️SaturdayProphet
Elle ne porte plus de blanc depuis l'âge de sept ans, hormis occasions spéciales - et encore. Comment voulez-vous que ses tenues restent propres lorsque l'on passe son temps à jouer avec les couleurs ? Elle n'a pas pour vocation de faire de ses robes une toile.



©️️ Saturday Prophet
Âge : 23 ans
Date et lieu de naissance : 13 février 980, Nacarat, baronnie lagrane près de la frontière cibellane
Statut/profession : Peintre
Allégeance : A l'art avant toute chose, à Lagrance dans une moindre mesure
Dieux tutélaires : Placée à la naissance sous la protection d'Alior, et si elle continue de lui porter ses prières, Asma a désormais une place prédominante dans sa vie. Aly, pour ses cheveux. Et puis, bien sûr, le Destin.
Groupe principal : Les Hérauts du renouveau
Groupes secondaires :Noblesse/Savants


I • Peindre la vérité 980 - 992
La beauté, pure et simple. C’était par leur amour pour les belles choses, pour l’esthétisme rigoureux dont ils faisaient preuve, que les barons de Nacarat avaient su se faire quelque peu connaître : sur ces terres colorées de Lagrance, dont les fleurs oscillaient entre un pale orange rosé et un riche vert, l’harmonie était reine, mêlée au règne végétal.
Qu’il s’agisse des habitations ou des jardins, le talent de l’endroit était précisément de faire croire à une œuvre d’art où que l’on posât les yeux. Curieuse bizarrerie ou magnificence, c'était en tout cas un décor des plus singuliers dont les connaisseurs parlaient avec amusement.

La baronnie était majoritairement connue, cependant, pour sa production et son exportation. C’était à Nacarat que l’on produisait les toiles de tout Arven, du moins les plus résistantes, celles sur lesquelles les artistes de demain peignaient les dirigeants d’aujourd’hui, sur lesquelles les scènes les plus belles étaient fixées pour l’éternité. C’était à Nacarat, également, que les talents se rencontraient. Là où il y avait des toiles et un décor prompt à être immortalisé, là où la beauté et l’esthétisme étaient érigés en mantra, là se retrouvaient forcément une poignée de gens avides de pouvoir la coucher sur la toile.
Ainsi, l’amitié et l’hospitalité des barons de l’endroit étaient connues et sues des artistes en devenir, et certains se faisaient un plaisir de venir y séjourner.

C’est ici qu’Amarante vit le jour. Dans un monde où, dès qu’elle ouvrit ses grands yeux d’un doux brun-vert sur les alentours, elle serait jugée sur qui elle était. Deuxième fille du baron, troisième enfant, elle aurait deux petits frères qui la suivrait cinq ans plus tard.

De tous, cependant, elle serait sans doute celle qui était la plus réceptive à l’environnement qui l’entourait. Son aîné, Aurelio, de sept ans plus âgé qu’elle, l’aima immédiatement, de cet amour inconditionnel qui ne s’expliquait pas entre un frère et une sœur. Destiné à reprendre la baronnie, il était curieusement peu attentif à la beauté environnante. Il avait le goût des convenances et des choses qui existaient déjà.
« Lio, regarde. »
D’une petite main impérieuse, une enfant de sept ans avait tiré sur la main de son frère, qui tentait sans grand talent de se concentrer sur un tableau amené par l’un des nombreux artistes qui entretenaient avec leurs parents une amitié… Disons-le, mutuellement fructueuse. « Regarde, la dame au fond du tableau. »

Regard brun suspect de l’aîné qui coule sur la vague forme humaine affalée au fond, sur laquelle un rai de lumière passait à travers un lourd feuillage. Il ne l’avait même pas vue. La majesté des arbres l’entourant et de la clairière où un autre corps était présenté à l’œil du spectateur, sans doute.
« Oui. Et ?
- Elle ressemble à maman. Mais… Mais c’est pas elle. Elle a les yeux froids.
- Ce n’est qu’une peinture, Amarante. »
La petite secoua la tête, tendant le doigt sans pour autant accepter de toucher la toile. Une révérence silencieuse. « Là. C’est le visage de Maman. Mais ses yeux… Ses yeux, on dirait que ce sont pas les siens. Tu le vois ? »
Il voyait vaguement un visage.
« Oui, Ama. »
« C’est triste. Elle a des jolis yeux maman. Des jolis yeux qui aiment le beau. Là… Là, elle aime rien. C’est la vérité du tableau. »
La vérité du tableau. Elle ne savait pas encore, Amarante, mais elle le comprendrait plus tard : l’artiste qui avait peint cette toile avait été, dans sa jeunesse, éconduit par la baronne. Il en avait gardé une profonde rancœur.
Aussi l’avait-il représentée ainsi, point central mais en retrait, souvenir de fond aux yeux gelés. Elle n’aimait pas, rien ni personne. Amarante l’avait compris, instinctivement.

C’était un talent inné, que ses précepteurs ne manquèrent pas de faire remarquer. Si son analyse littéraire, pour le peu qu’elle pratiquait, laissait franchement à désirer, une sorte de transe semblait la prendre à chaque fois qu’on lui demandait pour un tableau. Elle savait.
Elle savait juste. Elle reconnaissait la beauté, sous toutes ses formes, l’harmonie des courbes et l’abrupt esthétisme du vide et des brisures. Elle grandissait, comme ça.

Parallèlement à ça, Amarante se mit très tôt à dessiner et à griffonner. Dès qu’elle fut en mesure de tenir une de ces craies utilisées sur le papier pour les esquisses, elle se mit à dessiner. Dessiner le monde, confus d’abord, puis de plus en plus détaillé. Dessiner pour créer, non, recréer le réel qu’elle voyait. Son trait se fit de plus en plus précis au fil des années.
Lorsqu’à ses neuf ans, sa sœur Acanthe manifesta sa magie – leur mère étant elle-même une mage de l’Hiver, saison que sa fille partageait –, Amarante lui offrit son tout premier portrait. Et peut-être l’adolescente de douze ans ne se reconnut-elle pas totalement dans les traits du crayonné. Peut-être l’avait-elle jeté en arrivant à l’Académie.
Pour la rousse qu’était sa sœur, ce fut une révélation. Dessiner le monde ne lui suffisait plus : il lui fallait dessiner les peuples, pour faire ressortir le réel, elle qui vivait dans un monde où il était tellement contrôlé. Pour fixer, sur le papier ou sur la toile, les infinies possibilités de l’existence.
Sa sœur partie, et sa révélation fermement ancrée dans son esprit, Amarante en fit part à son frère. Il avait toujours été l’un de ses plus proches confidents, et, si en grandissant elle comprenait bien qu’il n’avait pas pour les arts et la beauté la même dévotion qu’elle et se destinait à une gestion du domaine, elle pouvait trouver en lui une oreille attentive.
Il l'écoutait, son frère. Il l'écoutait lui parler des tableaux qui ornaient les murs de Nacarat, lui raconter qu'elle voulait peindre la vérité.
Jamais elle ne disait de qui était la vérité. C’était inutile. La vérité, comme le réel, avait de multiples visages. Au fil du temps, elle avait appris à le comprendre.
Elle lui expliquait. Lui expliquait que pour elle, le réel se trouvait dans les gens plus que dans l’environnement. On peut toujours dominer la nature. Mais ce qu’on renvoie, nous, inconsciemment, c’est plus dur. Ca finit par ressortir.

Pas un instant, alors qu’elle grandissait, ne se demanda-t-elle pourquoi cette recherche de l’humain plus que du paysage. Pas un instant ne chercha-t-elle à comprendre les dessous de cette fascination méthodique pour l’être. Peindre lui suffisait.
Alors elle peindrait.

Onze ans. Le premier voyage à Lorgol. Un portail emprunté, la main serrée dans celle de son frère ainé. « Ca lui fera plaisir, qu’on aille la voir. Et puis, la tour de Nacarat est près de l'arrivée des transports pour l'Académie. Elle pourra nous rejoindre facilement. »

Dédales de rues magnifiques, de couleurs épanouies et de vie. De personnes. Bouche bée, la rousse regardait de tous les côtés, attrapant ici et là un visage singulier, une coiffure révélatrice, une robe dansante. Dans les rues de la Ville-Haute, Amarante sentait son art naissant vouloir prendre forme. Lorgol était ce paysage monstrueusement humain dans lequel elle voulait évoluer. Le peu de temps qu’elle y passa, quelques jours à peine, firent naître en elle une envie qu’elle ne saurait totalement décrire.
Lorgol était un être, à part entière. Et dans ses tours qui s’élançaient vers le ciel, elle avait vu plus de beauté que dans les arrangements minutieux et méticuleux de ses jardins, là-bas, en Lagrance.
Au cours des trois années qui suivirent, de ses onze à ses quatorze ans, donc, elle y retournerait chaque printemps. Une sorte de moquerie, pour cette beauté à laquelle on la forçait de plus en plus à se contraindre.

II • La beauté du hasard et le secret de l'existence 992-999


Son éducation se poursuivait, en effet. Une éducation que sa mère, esthète parmi les esthètes et tenante du titre de la baronnie, parsemait de connaissances rigoureuses sur ce qui était beau… Ou ne l’était pas. Sur les convenances de la beauté. La manière dont ses cheveux aux mèches folles devaient être parés pour encadrer ce visage aux tâches de rousseur un peu trop rond « Il ne s’agirait pas que le tout soit disgracieux, Amarante. ».  Il ne s’agissait pas que les gens voient à Nacarat quelque chose qui aurait laissé à penser que les tenants du titre soient incapables de gérer leur fille comme ils géraient leur domaine. Le pli de ses robes, la manière dont le drapé devait tomber lorsqu’elle s’asseyait, afin que le tout donnât une impression de fluidité. Les couleurs qu’elle se devait de garder harmonieuses, en toute circonstances.

La jeune rousse commençait à haïr la beauté qu’on lui présentait.  A haïr qu’on lui refusât de peindre comme bon lui semblait, qu’on lui suggérât de s’entraîner en peignant les cours et les étangs, la nature et le vide. Les lèvres serrées, mordues à l’infini, la jeune noble artiste dans l’âme s’y contraignait, pourtant.
Mentir, elle savait faire. Et les croquis qui en résultaient étaient assez faux pour ravir le public familial.
« Tu as un réel don, Amarante. » Que les gens s’extasiaient sur les barbouillages verdâtres sans vie du lac du coin la laissaient de marbre.
Sourire vide. Peinture sans sens. « Merci. » Mentir. Juste assez pour qu’ils y croient. Ainsi allait la vie, pas vrai ? Mentir, ça ne la dérangeait pas. Les autres le faisaient bien tout le temps.

« C’est vrai, tu sais, Ama. C’est magnifique. »
Aurelio. Doux, pur, intelligent Aurelio.
Assise à l’extérieur, sous les étoiles, le soir précédant l’anniversaire de celui-ci, ils parlaient. Ils parlaient comme ils avaient toujours parlé, dans des murmures qui se perdaient au milieu des feuilles agitées par la brise de juin.
« Ca ne m’étonne pas que tu dises ça, Lio. » Une mèche entre les doigts, elle regardait les lunes voilées teinter ses cheveux ocre d’argent. « T’es comme eux.
- Je te remercie.
- Ne sois pas vexé. Vous aimez la beauté, mais vous ne savez la trouver que dans le réconfort du connu. Dans des techniques qui ont été prouvées, dans l’assurance de la magnificence. Dans la mort. »
Le regard sombre de son frère se posa sur elle, les lèvres pincées. Elle ne semblait pas se rendre compte de ce qu’elle avançait. De ce qu’elle rejetait. Elle était trop calme.
« La mort ?
- La mort de l’imagination. Il n’y a rien de vivant, dans ce que vous voulez que je peigne. Du conventionnel, oui. C’est une preuve de vide. Pas de vérité. »
Aurelio la fixait. Et elle continuait, du haut de ses quatorze ans, à parler de cet art trop grand qu’elle-même n’arrivait pas à appréhender dans son entièreté.

« Je ne sais même pas par où commencer. Tout ça… » Elle eut un vague geste de la main, qui aurait pu englober toute la baronnie façonnée aux désirs des conventions du magnifique. « Tout, c’est laid. Parce qu’ils cherchent à obtenir cette beauté. Elle se retrouve de partout.
- Mais si elle est de partout, pourquoi les paysages ne te conviennent pas ?
- Parce que la vision que vous m’en demandez n’est pas ce que je vois. »
Elle se tut, alors.
Elle ne dirait rien de plus, bien qu’Aurelio la poussât, cherchant encore et toujours.

A l’été de ses quinze ans, et avec la bénédiction mitigée de ses parents – comment aurait-il pu en être autrement ? L'art était un Savoir, et même en ces temps de paix, la fracture entre l'inné et l'acquis était toujours marquée –, elle portailla jusqu’à l’Académie pour y passer l’examen d’entrée. De la volonté plein le cœur et les idées claires, sous ses ondulations rousses rejetées en arrière pour dégager son visage.
« Pourquoi ? »

La question l’avait frappée. Elle était envoyée, pleine de curiosité et d’une sagesse qu’elle ne pouvait pas comprendre encore. Les mots derrière cette interrogation, elle les comprenait. Pourquoi une Faë viendrait demander un savoir ? Pourquoi l’art ? Pourquoi maintenant ?
Une inspiration.

« Parce que l’art est en toute chose, et qu’il faut pouvoir l’appréhender. Parce que quand on le voit, il faut savoir regarder pour en prendre pleinement conscience. Parce que notre histoire passe par ce vecteur visuel aussi bien que par les écrits. Les tableaux, les sculptures, toute forme véhicule des sentiments, les sensations du passé et de l’être qui les a enfermés là.
Tous les sacrifices qu’un artiste peut avoir fait se ressentent dans chaque coup de pinceau sur la toile, dans la manière dont un sculpteur décide de donner le premier coup dans son bloc de marbre.
La difficulté réside et résidera toujours dans l’interprétation : ne pas laisser le présent s’insinuer dans ce que l’auteur a ressenti.
Parce qu’aujourd’hui, en face de vous, je ne me présente pas en tant que peintre, mais en tant qu’élève qui ne désire qu’apprendre, pour mieux appréhender ce qui nous entoure. »

Sourire. Elle était certaine.
« Parce que demain, d’autres artistes verront le jour, d’un talent nouveau, et que je veux voir notre monde aussi bien par leurs yeux que par les miens. »
Le regard de l’examinateur, clair, presque blanc, était indéchiffrable. Elle ne le savait pas encore, mais c’était ce regard qu’elle côtoierait pendant six ans.  Un regard qui jamais ne se laisserait apprivoiser.

La tour de Nacarat, tour de sa famille, sans doute plus modeste que d'autres alentour, l'accueillit. Elle aurait pu loger à l'Académie, bien sûr, mais il y avait quelque chose qui la fascinait dans l'architecture de Lorgol qu'elle voulait absolument vivre. Elle ne le regretterait pas, même devant la merveille qu'était l'Académie.


Les cours à l’Académie la passionnaient. Tout, des techniques à l’histoire, en passant par les toiles, les pigments, l’importance de la pierre et les différentes symboliques dans les gravures, tout la plongeait dans une sorte de transe. Elle apprenait, et au fur et à mesure, son esprit s’éclaircissait.
Les vérités cachées derrière les tableaux venaient plus aisément, et les siens, également, semblaient de plus en plus vivants. Parce qu’elle n’avait jamais abandonné, pas un seul instant, de dessiner.
Il lui arrivait, quelquefois, de stopper un élève dans un couloir pour lui demander un croquis. Pas longtemps, juste quelques dizaines de minutes. Homme, femme, quelquefois un professeur à la sortie des cours : elle étudiait la technique, et elle voulait l’appliquer. S’améliorer. Puis elle repartait en le remerciant.
Quelques jours plus tard, il n’était pas rare qu’un parchemin encré se trouve à la porte de la chambre de la personne dessinée, voire un panneau de bois. Des portraits.
L’humain, plus que tout, renfermait les vérités. Il s’agissait juste de les révéler.  

III • Muse 999-1000

Chaque artiste avait une muse. Certains passaient des années, des décennies et des vies sans jamais la rencontrer : aveugles à la réelle beauté, enfermés dans un monde qu’ils s’estimaient imparfait, ils avançaient sans voir la magnificence des imperfections qui le peuplait. Ils se plaignaient, éternels insatisfaits. Ils ne comprenaient pas la beauté de la pierre fissurée, se complaisaient à repousser les aspérités non-conventionnelles. Ils ne comprenaient pas, car leur perception artistique ne s’était pas ouverte.

Chaque artiste avait une muse, une personne qu’Asma avait secrètement bénie pour attirer le regard du sculpteur ou du peintre. Pour les badauds, pour les autres, elle n’avait rien d’extraordinaire et était même souvent d’une affligeante banalité. Mais pour celui à qui elle était destinée…
« Je ne peux pas te peindre. »

Les mots résonnaient, dans l’atelier de la tour. Installée dans l’angle d’une fenêtre qui donnait sur une artère principale de Lorgol, Amarante regardait la lumière jouer dans les cheveux tressés d'Océane. Ils n’étaient pas d’or, non, pas plus qu’ils n’étaient d’un vulgaire brun-jaune. Ils n’étaient pas de ce spectre de couleurs que les mortels pouvaient appréhender. La voir dans la lumière, songea la rousse, c’était comme de tenter de comprendre l’origine des teintes mêmes.

« Ne dis pas de bêtises. Tu l’as déjà fait, non ? Des portraits, c’est même pour ça que l’on te connaît, à l’Académie. » La voix était tendre, presque amusée. « Pourquoi moi non, et les autres oui ? »
« Parce que toi, je ne peux pas. »
Les lèvres ourlées de rose sombre s’entrouvrirent, se tordirent en un pauvre sourire qui ne laissait passer que de la désolation.
« Je ne peux pas, parce que toutes les couleurs sont fades par rapport à celles qui te font vivre. Que les courbes de ta silhouette sur la toile seront aussi abruptes que des falaises, et n’auront de courbes que le nom. Que le tissu qui t’habille en ce moment, là, sera bien la seule chose représentée fidèlement car elle n’est pas toi. » L’inspiration était là, elle tentait d’affleurer. Ses doigts trouvèrent les mèches qui s’échappaient de ses cheveux roux relevés, et ils s’appliquèrent à les torturer. « Je veux te peindre, je le voudrais tellement. Mais ta beauté n’est pas de celle que les mortels possèdent. Tu mérites l’immortalité. Tu mérites mieux qu’un tableau. »

Son regard se posa dans le sien, voilé de cette impression qu’elle touchait au but. « Tout ton être est une œuvre d’art, Océane. Je ne saurai jamais rendre hommage à ta perfection. Donc c’est non. »

Etait-elle son amante ? Personne n’aurait su le dire, même si cela se murmurait dans les rues de Lorgol. Amarante le démentait avec véhémence, mais le fait était là : Océane, sa muse, était quelqu’un pour elle. Quelqu’un qui peuplait ses nuits, au point de lui faire halluciner sa présence. Quelqu’un en qui elle avait confiance, qu’elle connaissait sans avoir besoin de la questionner : lorsque la rousse lagrane posait ses yeux sur elle, elle avait la conviction intime de la comprendre. Quelqu’un qu’elle tenait en adoration, en amitié profonde, qui exacerbait son talent tout en la bridant dans sa créativité. Oh, si seulement elle avait pu lui offrir ce tableau qu’elle réclamait !

Etait-elle son amante ? Non, pas aux yeux du monde. Parce qu’Amarante n’était pas prête. L’atelier se paraît d’allures de nid d’amour, quand la tour était désertée. Amarante se donnait corps et âme à l’incarnation de son art, à une perfection qu’elle chérissait dans toute son impossibilité. Elle l’aimait, tellement. Elle aimait la personne plus que l’œuvre qu’elle ne réaliserait jamais. Elle l’aimait, sans jamais le dire. Elle ne lui disait jamais non plus, leurs étreintes et leurs baisers étant bien suffisants.
Elle l’aimait, et cet amour rendait l’artiste folle. Ce n’était pas comme ça que le monde marchait ; ses parents, bien qu’ouverts d’esprit, lui avaient bien fait comprendre qu’une femme n’avait, pour une autre, qu’au pire une tendre amitié. De l’amitié, et non pas cet amour profond qui enflammait ses sens d’adolescente de dix-neuf ans et qui lentement la dévorait.
A bien y repenser, c'était étrange pour des gens qui fréquentaient les cercles les plus libres de la société lagrane de porter en eux une part aussi forte d'homophobie. Mais Amarante supposait que leur intransigeance par rapport à la beauté qu'ils se devaient d'afficher se reflétait aussi dans leurs moeurs. Ou peut-être était-ce, aussi, la proximité de la frontière cibellane.

« Je vais te peindre. »
Assise au bord de son lit, la lumière des lunes entrant par la fenêtre grande ouverte en ce mois de juin, la fille de Nacarat poursuivit, à l’attention de son amante sobrement vêtue de son drap :
« Je vais te peindre, parce que… » Parce que ton corps si souvent caressé mérite la postérité, les caresses d’un pinceau plus que celles de mes mains. Parce que tu me détruits à exister, comme ça, à t’offrir à moi sans que je ne puisse clamer au monde que l’Art existe sous forme humaine. Parce que je ne dors plus de peur que tu ne sois qu’un rêve et que le monde ne redevienne comme avant, succession de visages sans vie.
Parce que je t’aime, à vouloir te perdre.

« … Parce que. »

Le tableau ne lui avait pris qu’un mois et demi. Un mois à ne pas sortir de son atelier, des vacances à brosser ce premier portrait. Un mois à la voir, aussi souvent que possible, à se rassasier de sa beauté et de son existence sans jamais la toucher pourtant. Un mois à l’empêcher de voir ce qu’elle devenait.
Un dernier mois.
Dans la chaleur de juillet 999, le 24 très exactement, Amarante révéla sa dernière œuvre. Ils étaient six, à l’admirer. Raphaël Clairobscur, maître informel de la jeune fille, professeur sans doute trop attaché à l’art de celle-ci, peintre qui avait eu l’honneur de s’approcher des créations de la jeune lors de ses trois première années d'études, et qui désormais la guidait dans son cursus de spécialisation. Le frère de celle-ci, Aurelio. Océane, bien entendu. Et puis trois autres personnes, ses amis de formation, proches, si proches d’elle qu’elle ne s’étonnait même pas qu’ils aient peur du résultat.
Ils étaient six, à attendre qu’elle leur révélât le tableau.

« Je tenais à vous remercier d’être venus, aujourd’hui. Il est toujours difficile de soumettre une œuvre à la critique, et encore plus de l’offrir au public. » Hochements de tête. Raphaël haussa un sourcil. « Pas ici. Parce que je sais ce que j’ai peint, que j’ai vu la véritable nature du monde… Et qu’aujourd’hui, je l’offre aux autres. »

Le tissu qui protégeait le tableau tomba, révélant Océane. Vêtue sobrement d’une robe de soie noire, qui laissait deviner son corps, elle se tenait là, vivante, ses cheveux lâches voletant dans un vent fictif. Son visage souriait, empreint d’une sérénité tranquille, la sérénité de celle qui sait qu’elle a sur le monde une emprise que les autres n’avaient pas. Il y avait de l’amour, dans la manière dont elle avait été peinte, de la tendresse dans la fidèle reproduction.
Et puis, le tableau prenait tout son sens. Ce n’était pas l’amante d’Amarante, qui se trouvait ici, sur la toile.
L’être parfait, au centre du tableau, détruisait ses alentours. L’arrière-plan était un tourbillon désordonné, paysage détruit, incompréhensible et pourtant parfaitement reconnaissable. Le désordre. Le chaos. Un tourbillon d’existences mélangées, et une vie réduite à néant.
Devant eux, sur la toile, se tenait Crisinthe, fière et altière. Heureuse du chaos qu’elle provoquait.
Heureuse, et se complaisant, dans la destruction totale de l’univers de la rousse.
Tous les artistes avaient une muse.
Et elles finissaient, toujours, par les détruire.

Pour Amarante, c’était la seule conception possible de l’amour. Un amour chaotique et destructeur, qui lui laissait en bouche un arrière-goût d’interdit et de peur. Un sentiment adoré et craint, qu’elle réprouvait en vain. Sa destruction qui nourrissait son imagination. Et ça, les gens présents l’avaient bien compris.
Même Elle.

Elle disparut dans la nature, les yeux plein de larmes, après avoir craché toute sa haine et sa honte au visage d’Amarante. La jeune fille entamerait alors la dernière année de son cycle de spécialisation.

Clairobscur la confronta à son art, par ailleurs, alors qu’un autre jour d’études touchait à sa fin. Le tableau était là. Il avait élu domicile dans les quartiers de Raphaël à l’Académie. Il disait qu’il le gardait pour que le souvenir ne vienne pas la hanter, au début, puis ensuite pour se souvenir d’elle jusqu’à ce qu’elle fasse un choix.
Face au tableau, assis sur une chaise, la voix calme du maître s’était élevée. Dehors, par la fenêtre, le ciel paisible se teintait d’ocre.
« Que vois-tu ?
- Je vois la colère. Je vois Crisinthe, entourée de chaos, destructrice, magnifique et tentatrice. Je vois ce que j’ai peint, je la vois Elle, je vois la nuit qui tombe sur un monde rempli de discorde… »
Raphael lui posa une main sur l’épaule, pour l’interrompre.
« J’y vois ta détresse, Amarante. Elle entoure tout ce tableau, et c’en est l’essence même. J’y vois ta peur, tout ce que tu as sciemment abandonné pour cette peinture. Tu savais qu’elle reflèterait tout l’amour que tu lui portais, et qu’elle serait ce miroir de ton âme. »
Les larmes aux yeux, pâle comme les étoiles qui chutaient autour de Crisinthe, elle tenta de se justifier. « Il fallait que ça arrive.
- Je ne vois pas de raison. Ce n’est rien que de la détresse. Je ne peux pas t’aider à te comprendre. »
Le silence accompagnait des larmes sur les joues de la jeune fille.
« C’est un magnifique tableau. » furent les derniers mots de Raphaël, alors qu’il la regardait tenter de ne pas s’effondrer. Il fallait que ça arrive. L’acceptation, toute entière, que l’amour n’était pour elle que souffrance et rejet. Qu’elle ne pouvait l’accepter entièrement, ou devait y mettre un terme.

IV • Peindre sa vérité 1000-1003

Jamais elle ne se l’avouerait. L’an mil fut pour elle une année relativement calme, à l’Académie. Depuis l’intérieur des murs sécuritaires, aux côtés de son maître, elle entendit les nouvelles. L’assassinat de l’impératrice et de sa famille, comme une nouvelle glacée qui la paralyserait. Elle avait pour les dirigeants un respect bien à elle. Ils étaient inspirants, pour ceux qui n’avaient pas le pouvoir d’attirer l’inspiration à eux.
Elle imagina la mort, plusieurs fois. Elle tenta de coller dans ses carnets un dessin, quelque chose qui la refléterait. Fascinée. Apeurée.
A la fin, les pages n’étaient que nuits sans lune. Elle obtint son diplôme à la fin de l'année scolaire, quittant avec regret les tours pour Lagrance.
Elle avait dans ses sacs des carnets et des carnets de ses rues et de ses habitants, tous plus vrais au fur et à mesure que les pages passaient.

Jamais elle ne se l’avouerait. Au cœur des salons tenus par ses parents, où se rencontraient ces peintres illustres et où, certains, regardaient avec appréciation esquisses et toiles qu’elle avait offert à sa famille, elle ne disait rien sur ces femmes élégantes aux goûts sûrs. Elle ne disait rien sur les mots charmeurs qui glissaient, innocents, de leur part ou de la sienne.
Jamais elle ne se l’avouerait, lorsque discrètes dans le secret des jardins, leurs lèvres se joignaient. Le cœur battant à tout rompre, des rires chuchotés, et toujours ce pincement dans l’esprit. Ce n’est que temporaire. Voué à mourir. Voué à l’échec.

Les gens n’avaient pas besoin de savoir. Et si les ragots couraient vite en Lagrance, avec les bonnes relations, vous pouviez tourner à votre avantage ceux-ci. Son homosexualité ne serait pas révélée, elle ne le laisserait pas savoir aux autres. Ses quelques amies promettaient le silence, et, si des mots sur elle fuitaient, elle savait les contrer.
Son frère écoutait, et elle contrait. Un talent partagé, pour protéger leurs intérêts communs : il ne s’agissait pas que Nacarat s’attire une réputation des plus étranges.
Lors de la seconde moitié de l’an mil, elle se réadapta à la vie dans la petite baronnie où elle avait vu le jour. Se réadapta, évitant avec adresse les questions et les prétendants qui, lentement, commençaient à affluer.
Sa sœur désormais mariée, et dans l’attente d’un enfant, vivait sur Lorgol. « Si jamais tu ressens le besoin d’y revenir. » lui avait-elle offert.

Pour l’heure, ça allait. Quelques-uns de ses tableaux firent parler d’elle. On ne cherchait pas à se l’arracher, mais elle eut la chance de voyager à travers son duché de naissance. Portraits de famille, visages nobles qui marqueraient la postérité. Petit à petit, son art, criant de vérité, s’installait dans les demeures qui voulaient d’elle.
Mais Lagrance voulait du beau. Lagrance voulait les paysages, autant que l’Humanité figée sur une toile. Alors, suivant les conseils de son maître, elle s’était remise à peindre sans hommes. Sa peinture… Sa peinture était quelque chose. Chaque couleur éclatait, attirait l’œil sans jamais être criarde. Elle avait un sens du détail extrêmement poussé, et tout, en ses toiles, était détail. Car le détail devenait vivant.
Et elle ne pouvait, ne pourrait jamais, peindre la mort. Elle ne voulait que la vie.

Et puis vint 1001. Elle fêta ses 21 ans, parcourant Lagrance au gré des demandes. Ecoutant les remous extérieurs, les échos de ses amis restés à Lorgol. Les chuchotis qui se perdaient et pourtant perduraient à propos de Chimène. Elle n’avait presque pas de doute, à son propos. Presque.
En tout cas, lorsqu’apparait son frère disparu, et que les mages du Sang arrivent avec lui, définitivement, son attention se tourna vers eux. Pour une magie qu’elle ne comprenait pas, mais qui effrayait. La plus humaine et terrifiante des magies. Elle en avait peur, oui, tout autant qu’elle était intriguée.
Et arriva l’été. L’été brûlant, où même les couleurs en viennent à s’enflammer. Dans les chaleurs et les tensions montantes, Lorgol l’appelait, Amarante. Lorgol l’appelait, la suppliait de ramener son art dans ces rues où elle se sentait plus à l’aise. Loin de Nacarat. Loin des symétries et des beautés, mais entre les tours. Au cœur de l’humain, là où tous se mêlaient dans une esthétique improbable.

Elle partit en juillet 1001. Aidée de ses parents, ainsi que de ce que ses premières commandes lui avaient apporté, elle réussit à s'installer plus définitivement à Lorgol, s'installant dans un atelier  tout près de la tour de Nacarat.
Elle ne reviendrait pas en Lagrance avant un long moment. Lorgol lui offrait une clientèle, la chance de se faire connaître en-dehors de ce duché qu’elle aimait pourtant ! La chance, peut-être, d’aller peindre plus que les barons gras qui voulaient que leurs cheveux pleins de pellicules soient à jamais figés sur les murs de leur maison. La chance de connaître l’extérieur.
A Lorgol, elle s’installa. Définitivement. Il lui restait tout à faire, tout à gagner : son nom, sa renommée.
Et elle ne baisserait pas les bras.

Elle vécut la prise de pouvoir réelle de Gustave comme un chamboulement bénéfique. Elle n’était pas inquiète plus que ça. Il y avait quelque chose qu’elle jugeait juste, dans ses revendications.

Elle restait faë, dans son cœur. Même depuis Lorgol. Même en ne voulant pas repartir, habituée à cette vie dans la ville aux Mille Tours. Brillante, sulfureuse par instants, magnifique.  Même la guerre, début 1002, ne parvenait pas à la briser totalement.
Amarante s’en souviendrait. Elle était dans sa chambre, ce matin-là, à observer les hautes tours de la noblesse par sa fenêtre. A crayonner, puis appuyer d’encre, la manière dont le soleil et ses ombres dansaient sur les pierres.
Elle se souviendrait avoir pensé que tout était gris, ce matin de fin janvier.

Lorgol était bien sombre, et grise, en 1002. La rousse discrète n’était pas de celles qui avaient de quoi se battre. Elle était de ceux qui relataient les faits. Qui les emprisonnaient pour les montrer au futur. Alors elle avait emprisonné les passants de la Ville Haute. Un par un. Des esquisses rapides, pour la joie dans leurs yeux, pour la peur dans leur démarche, pour la façon dont leurs mains se tordaient d’appréhension… Pour, plus tard, les retrouver et leur dire ‘voici qui vous étiez. Ne vous oubliez pas.’
Ne vous oubliez pas… même entre avril et mai. Même lorsque le monde semblait s’être scindé en deux.
En parallèle, certains, avec la guerre, voulaient s’oublier dans un luxe illusoire. Même à Lorgol, elle trouvait pour peindre le visage d’une comtesse pour le futur, la famille d’un baron, ou même cet échevin esseulé et légèrement paranoïaque – qui ne le serait pas ? – qui l’avait empêchée d’empoigner le moindre pinceau avant de les avoir tous fait tester pour vérifier qu’ils n’étaient pas des armes.

La rousse de 22 ans était justement dans la pleine réalisation de son portrait quand la maladie frappa. Heureusement, elle-même ne fut pas touchée. Sa sœur, par contre, Acanthe, la prit de plein fouet. Elle se relevait à peine de son accouchement – enfant qui ne survivrait pas plus de quelques jours – et, sans doute avait-elle déjà perdu la volonté d’exister. Son époux la soutint, tentant de la raisonner.
Jusqu’à ce que le coma la frappe, elle ne s’arrêta pas d’employer sa magie. Jusqu’à ce que la mort ne l’emporte, en septembre, elle était mage.

Elle avait été têtue, sa sœur. Jusqu’au bout. Amarante lui reconnaissait au moins ça. La peine ne partirait jamais, mais au moins la partageait-elle avec l’époux en deuil de celle-ci qui, en deux mois, avait enterré son fils et sa femme.
De quoi rendre fou un homme. Allumer au fond de ces yeux l’étincelle de désespoir et, en même temps, la certitude de la vie.
Il fit un magnifique tableau.

Ce fut partiellement car elle était encore en deuil qu’Amarante ne se rendit pas au Jour des Anciens. Ce fut à cause de cela qu’elle resta dans sa chambre, sans se douter un instant de ce qui se jouait. La disparition de la Rose Ecarlate lui provoqua un pincement au cœur… Mais elle l’oublia bien vite, devant l’horreur qui venait de se déverser sur Arven. Devant la désolation qui arrivait.
Devant la Chasse.

1003 était arrivé. Apportant avec lui une trêve hivernale, la mort d’un empereur – heureusement pas le sien – et de sombres histoires. Lorgol, de grise, deviendrait presque noire. Les oreilles ouvertes, la peintre survivait, de peintures en portraits, faisant valoir son diplôme de savante lorsqu’il le fallait auprès des Ibéens réticents à engager une Lagrane. Elle survivait.
Son art, un jour, serait reconnu dans tout Arven.
Etrangement, elle ne cherchait pas plus que ça à s'appuyer sur le soutien que ses parents, évitant presque Nacarat dont elle occupait cependant la tour. Depuis la mort d'Acanthe, et son âge avançant, son célibat commençait à faire tâche à leurs yeux. Aussi, les éviter le plus possible lui semblait la chose la plus naturelle à faire.

Elle suivit d’une oreille attentive le couronnement d’Octave. Fascinée par ce que l’on en disait, son envie de voyager commença à naître. Elle irait. Elle voulait le voir de ses propres yeux, cet empereur ennemi, à peine sorti de l’adolescence … Et de la mort. Elle voulait le figer dans sa vérité. Pour le futur. Elle voulait voir sa soeur, rescapée de la Chasse. Elle voulait tellement de choses, pour offrir la vérité par ses yeux à la postérité.

Amarante avait des rêves.
Des choses irréalisables. C’était pour ça qu’elle peignait. C’était pour ça qu’elle vivait.

Trame alternée

Dans la trame alternée, Amarante a été violée à ses seize ans par un artiste de passage à Nacarat, qui l’a ensuite soustraite à ses parents sous prétexte d’en faire sa muse.
De ce viol, elle en gardera une soif de vengeance qui la poussera à le mener au suicide…. Et à se faire reconnaître par la Confrérie. Elle est depuis trois ans assassin du Choix. Elle ne s'éveillera pas dans cette réalité.





La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Peur et fascination mêlées. Elle est curieuse, Amarante, mais elle sait que cette horreur qui cavale dans les cieux pourrait la tuer. Cependant, elle voudrait en faire la représentation la plus fidèle possible – tout en sachant que c’est impossible. Ou l’est-ce vraiment ? Certains l’ont vue, en Ibélène.
La Chasse est le fléau de leur temps, et elle veut que la postérité se souvienne de leur présence en l’an 1003. Elle veut que l’art immortalise cette menace.

Il y a un mort-vivant sur le trône d'Ibélène : l'empereur Octave a été tué, puis ressuscité. Que t'inspire ce genre de magie ; et que penses-tu d'Octave suite à cela ?
• Amarante voudrait le voir de ses propres yeux, cet homme revenu du royaume de Sithis. Cela se voit-il ? Quand il vous regarde, ses yeux sont-ils allumés par cette lueur qui habite les cadavres ? Quand il vous parle, son ton est-il aussi plat qu’un homme sur le point de rendre l’âme ? Octave est un miracle, provoqué par une magie désastreuse. Elle veut le découvrir.  

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol est sa terre, plus que Nacarat ne le sera jamais. La Ville Haute l’a accueillie pour sa formation, et bien avant. Depuis toute jeune elle se balade librement dans ces rues magnifiques. Lorgol est une personne qu’elle veut peindre, qu’elle veut découvrir et qu’elle ne cesse d’adorer, en silence. Elle ne saurait vivre loin d’elle.





Dans la vie, je m'appelle Mathilde et j'ai 20 ans. J'ai découvert le forum via un hypocondriaque ex-duc, une muette en cloque et le plus chevelu des assassins et voici ce que j'en pense : ... Je suis pas dans le déni pour celle-là ! (elle l'est) (c'totalement différent) Je vous aime tout plein tout fort :haww: .
Pour les inventés : Je vous autorise à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Amarante de Nacarat

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Nom de ton avatar: Elise Eberle
♦️ Compte principal : Non

Ne conserver que les lignes remplies
♦️ Noblesse : Fille de la baronne de Nacarat / Nacarat / Lagrance
♦️ Savoir : Pensée / Arts / Peinture



_________________

Elle ne perd jamais de vue le coeur de la cible : créer. Se survivre à soi-même, et vaincre sa propre mort. L'oeil rivé au but, elle vise l'immortalité.




Ama parle en #912B3B
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J'ai : 34 ans
Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Quitterie ♦ Ljöta ♦ Rejwaïde ♦ Faustine ♦ Pénélope ♦ Shéhérazade ♦ Chasteté
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Jeu 20 Déc - 21:52


Aura· présente

Shéhérazade
Khamsin

Emeraude Toubia

« L'oiseau en cage rêve de liberté, sans oser risquer de s'y briser les ailes »

QUALITÉS ▬ maternelle (avec ses enfants, mais aussi avec ceux des autres) ♦️ protectrice (qu'il s'agisse de ses alliées comme de ses servantes et inférieurs) ♦️ déterminée (on ne recule jamais devant l'adversité chez les Khamsin) ♦️ loyale (parole donnée vaut force de loi, Joseï en soit témoin) ♦️ érudite (elle a passé les dix dernières années à apprendre la politique et l'économie dans les traités de la bibliothèque du palais) ♦️ patiente (elle sait attendre son heure et faire le dos rond le temps que le chaos passe) ♦️ intuitive (elle comprend instinctivement les choses et les gens).
DÉFAUTS ▬ impitoyable (tout mal causé exige pleine contrepartie, qu'il soit intentionnel ou pas) ♦️ méfiante (elle a grandi dans la certitude que la confiance s'accorde avec le plus extrême discernement) ♦️ rancunière (un tort causé ne sera jamais oublié, jamais !) ♦️ dispersée (elle fait souvent plusieurs choses à la fois et se mélange parfois un peu les pinceaux) ♦️ désordonnée (ses appartements au harem sont un charmant chaos que les servantes parviennent péniblement à domestiquer) ♦️ manipulatrice (elle n'hésite pas à tirer parti des informations qu'elle détient pour orienter les événements en sa faveur)  ♦️ sournoise (elle aime agir discrètement et faire peur à ses ennemis, se délectant de les tenir à sa merci).



©️️ Lemon Tart
Les femmes du harem se différencient les unes des autres par leurs multiples talents : l'une danse, la seconde chante, la troisième joue d'un instrument, la quatrième dessine, la cinquième sculpte... Shéhérazade, elle, tatoue. Elle sait orner la peau de motifs raffinés et délicats qui lui valent une popularité plus ou moins prudente auprès des autres locataires des lieux.



©️️ edistale
Âge : 28 ans
Date et lieu de naissance : 20 juin 974, dans la vallée des Soupirs (Erebor, près de la frontière cielsombroise).
Statut/profession : Première épouse du harem ducal de Vivedune, concubine, mère du premier prince Mansour.
Allégeance : Anthim, duc d'Erebor
Dieux tutélaires : Mnémosie, l'Archiviste, car elle est née dans le clan qui veille les morts ▬ Maari, la Mère, depuis la naissance de son premier enfant ▬ Sibra, la Dévouée, pour préserver ceux qui tombent sous sa tutelle ▬ Javaï, l'Essor, pour préserver la fragile paix du harem.
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau, car Erebor doit briller à nouveau.
Groupes secondaires : Peuple.


▬ 969 (13 mai)
Shahryar naît dans la chaleur du printemps erebien, au creux de l’une des vallées funéraires du duché. Son père, Soliman, est l’émir Khamsin : tout-puissant chef du clan, fils solide du roc, il règne sur les tribus qui le composent. Sa mère, Elenah, est une Kamar sensuelle et flamboyante, parfaite fille des dunes au tempérament de flamme. L’enfant est accueilli avec la liesse caractéristique des Erebiens lorsque l’héritier d’une ancienne famille voit le jour et sa naissance est interprétée comme un heureux auspice, bien qu’il soit né sous un augure lié aux domaines de la mort.

▬ 974 (20 juin)
Le couple de l’émir bat de l’aile, mais un deuxième enfant leur naît. Cette fois, il s’agit d’une fille toute fine et gracile, née un peu avant terme. Son aîné prend très à cœur la protection de la nouvelle-née à qui les chamans ont prédit un augure lié au prestige du sultanat. Soliman ne s’implique pas dans la vie de sa fille, préférant concentrer ses ambitions d’excellence sur son fils. Shéhérazade passe donc ses deux premières années dans les jupes des femmes de la tribu, sa mère n’excellant guère dans la fibre maternelle, sous la vigilance de Shahryar qui prend très au sérieux ses responsabilités de frère aîné.

▬ 976 (21 décembre)
Shéhérazade a deux ans et demi, et Shahryar sept ans et demi, lorsque leurs parents sont conviés à Vivedune avec les autres émirs et émiras du duché pour rencontrer le sultan et la sultane. Les autres dirigeants du continent sont présents : le couple impérial ainsi que les ducs et duchesses d’Ibélène se sont déplacés, et l’émira Elenah Khamsin rencontre alors Eudes, duc de Sombreciel. Shahryar et Shéhérazade, qui avaient vu leurs parents partir ensemble à la tête d’une somptueuse caravane chargées de richesses des semaines plus tôt, voient leur père revenir seul avec sa troupe armée. Elenah s’est enfuie avec Eudes, sans attendre le terme de son mariage avec Soliman, au grand dam du premier concerné.
Le sultan Charif est sollicité par Soliman qui souffle le feu et la tempête de se voir ainsi humilié, à la fois par un Cielsombrois qui ose lui ravir son bien, mais également par son épouse qui le trahit sans un seul regret. Cependant, ses appels à la guerre restent vains : le sultan ne tient pas à entrer en guerre avec son voisin, et l’émir Khamsin n’a d’autre choix que de rentrer dans ses vallées ruminer l’humiliation.
Il reporte sa rancœur sur ses enfants, qu’il rabroue constamment, levant occasionnellement la main sur Shéhérazade lorsqu’elle trouve sur son chemin, afin de lui enseigner le respect dû aux siens pour qu’elle ne suive pas l’exemple de sa mère. Dès lors, Shahryar s’arrange toujours pour escorter sa sœur et intercepter les coups – le respect que le fils vouait à son père commence à s’effriter. Shéhérazade est encore trop jeune pour comprendre ce qui se passe.

▬ 977 (30 décembre)
Tout l’empire bruisse de la nouvelle : un héritier est né à Eudes de Sombreflamme et à sa duchesse Hélène. La naissance du petit prince Castiel plonge Soliman dans une rage noire – il use de son autorité d’émir pour lancer une vague de rapines et de pillages sanglants le long de la frontière, dans les domaines cielsombrois frontaliers, agissant sous l’identité de bandits des sables et tentant de déclencher l’escalade des conflits. Les efforts diplomatiques des conseillers des deux trônes parviennent à éviter la dégradation des rapports entre les deux duchés au-delà du point de non-retour. La couronne erebienne verse des compensations en fleurons aux domaines victimes des raids.
À partir de là, Soliman s’éloigne de ses enfants et mène une vie orientée vers la vengeance. Shahryar et Shéhérazade grandissent au contact de leurs cousins, oncles et tantes. C’est Shahryar qui prend le temps d’expliquer à Shéhérazade qu’ils ont désormais un petit frère, loin, très loin d’eux – un petit frère qui a la même maman, mais pas le même papa. Au début, ce petit frère absent échappe quelque peu à la compréhension de la petite ; puis, au fil que les années passent, et que les enfants continuent à célébrer discrètement tous les deux l’anniversaire de leur demi-frère ensemble chaque année, elle commence à comprendre tout ce que cela implique.

▬ 983 (3 mars)
Elenah meurt en Sombreciel, des suites d’une overdose. C’est Shahryar, encore une fois, qui explique en détail les choses à sa sœur, lui rappelant que leur mère a le droit d’être présente dans le souvenir de ses enfants, même si elle s’en est allée loin. La fureur de Soliman ne connaît plus de limite : la maudite qui lui a infligé si cruelle humiliation lui a définitivement échappé, et il intensifie les raids de représailles, s’avançant parfois un peu hors des frontières. Il reste prudent, n’en mène que deux ou trois par année, mais ce sont des expéditions mortelles qui voient les hommes du clan, revenir chargés de butin. Shéhérazade a neuf ans, et se trouve désormais parfaitement en âge de comprendre tout ce qui se passe. Shahryar l’a toujours protégée de son mieux, mais a toujours pris soin de lui expliquer le fonctionnement des êtres et des choses, éveillant l’appétit intellectuel de la fillette et façonnant son intelligence curieuse. C’est après la mort d’Elenah qu’il décide également d’apprendre à lire à sa sœur – lui-même l’a appris des années plus tôt auprès de ses cousins plus âgés. Il y a peu de livres au sein du clan ; mais tracer des lettres dans le sable est tout aussi efficace, et l’adolescent veille à prendre sa sœur à part régulièrement pour lui enseigner les subtilités de l’écrit, comme un jeu qui leur serait propre.

▬ 986 (11 août)
Depuis quelques temps déjà, Shahryar a passé ses rites de guerrier et accompagne les raids frontaliers, tâchant de protéger les innocentes victimes de la violence de son père. Shéhérazade a douze ans – le mois suivant son premier sang, alors que la voilà officiellement résidente de la tente des femmes, son frère lui rapporte le cœur d’un espion venu s’aventurer trop près de la vallée. Il prend le temps de lui expliquer en détail le rite de Sin, cette coutume caractéristique de la Garde Thaumaturge qui dévore les cœurs de ses adversaires abattus, encore gorgés de sang – avant de partager avec elle celui qu’il vient de récolter. Shéhérazade est honorée de se voir admise au rang de camarade d’armes par son frère qu’elle idolâtre, et accepte dès ce jour les quelques bouchées de ses trophées qu’il rapporte de ses patrouilles.

▬ 992 (23 juin)
Charif finit par envoyer sèchement paître Soliman qui continue à récriminer et appelle à la guerre avec. Il le somme de cesser de semer le trouble à la frontière et exige réparation pour les milliers de fleurons dépensés depuis des années pour couvrir ses méfaits. Historiquement, c’est une des seules fois où un sultan se retourne contre un de ses chefs de clan, et l’émir en conçoit à nouveau une humiliation cuisante. Soliman décide de partir en guerre contre son duc pour le renverser et commence à féderer le clan Khamsin.
Cela fait quelques mois que Shéhérazade a remarqué une évolution étrange du regard que Shahryar porte sur elle. Comme la majorité des Erebiennes, son instinct sûr dans le domaine lui souffle que le célibat de son frère a peut-être un lien avec le regret au fond de ses yeux lorsqu’il les pose sur elle. Elle ne lui en souffle pas mot, confiante dans sa jeunesse et certaine que cela lui passera.

▬ 992 (2 septembre)
Shahryar a désormais vingt-trois ans et ne peut cautionner la rébellion ouverte de son père. Résolu devant l’impuissance des anciens du clan qui ne peuvent que manifester leur désaccord mais se trouvent liés à Soliman par serment, il prend les choses en main et abat son père dans l’enceinte de la tribu. C’est avec sa sœur qu’il partage encore une fois le cœur de son père, et c’est ensemble qu’ils prennent toute une série de décisions pour assurer le futur de la tribu qui est à deux doigts de la sécession.

▬ 992 (4 novembre)
Shahryar escorte sa sœur à la capitale – Shéhérazade répond à son augure de naissance en s’offrant comme concubine au sultan Charif, prête à intégrer le harem ducal. Or, lorsqu’ils arrivent sur place, le sultan est mort depuis quelques semaines… Résolue à faire ce qu’il faut pour ramener la paix, Shéhérazade maintient sa décision et intègre donc le harem de son successeur, le duc Anthim, dont elle devient le toute première concubine.
Shahryar répond également à son augure de naissance en intégrant en tant qu’apprenti la Confrérie Noire, dont il a choisi l’Aspect de la Corde.

▬ 993 (8 octobre)
Naissance de Satya, la Vérité, première fille d’Anthim et Shéhérazade.

▬ 995 (11 mai)
Naissance de Sejal, Eau Douce, deuxième fille d’Anthim et Shéhérazade.
Sitara Kamar, lointaine cousine de feue Elenah, entre au harem. Elle prend rapidement la place de favorite qui était celle de Shéhérazade jusque-là – elle la laisse faire sans ciller, bien consciente de la dure loi du harem. À partir de cette période, elle obtient d’Anthim la permission de se rendre la nuit dans la bibliothèque du palais lorsqu’il ne la réclame pas près de lui, pour y emprunter romans et poèmes – et quelques ouvrages juridiques et politiques qui développent son intellect déjà affûté.

▬ 997 (4 janvier)
Naissance de Shanti, la Paix, troisième fille d’Anthim et Shéhérazade.

▬ 998 (16 août)
Naissance de Surya, le Soleil, quatrième fille d’Anthim et Shéhérazade.

▬ 999 (20 juin)
Naissance de Svati, l’Étoile, cinquième fille d’Anthim et Shéhérazade, le jour de l’anniversaire de sa mère qui a désormais vingt-cinq ans.

▬ 1000 (décembre)
Naissance de Qasim, premier fils d’Anthim et Sitara, dauphin de la couronne, dont la mère est couronnée sultane. Les intrigues de harem enflent et tout l’endroit bouillonne d’une énergie malsaine. L’endroit était relativement contrôlable tant qu’aucune des nombreuses épouses d’Anthim, arrivées au fil des années, n’avait ceint la couronne. L’ambiance se dégrade notablement et Shéhérazade redouble de vigilance, usant de son statut de première arrivée associé à la réputation de son nom pour calmer les esprits et tempérer les ardeurs.

▬ 1001 (1er juillet)
Anthim apprend que sa demi-sœur Alméïde a rendu visite au duc Castiel sans le lui dire. Il éprouve une fureur intense, l’épanche en partie auprès de Sitara qui gère le gros de la crise ; mais le harem résonne des échos de sa colère des jours durant. Shéhérazade, très enceinte de son sixième enfant, s’entretient avec la princesse à l’occasion d’une visite pré-natale, curieuse d’en apprendre plus sur Castiel pour lequel elle continue d’allumer une bougie commémorative à chaque anniversaire, dans le secret de ses confortables appartements du harem.  

▬ 1001 (18 septembre)
Naissance de Mansour, premier fils d’Anthim et Shéhérazade, premier prince de la couronne ducale, dont la mère devient première épouse du harem. La montée de statut de Shéhérazade la place juste au-dessous de Sitara qu’elle appuie, soutient et défend avec acharnement, déterminée à préserver sa délicate sultane de la haine des autres femmes du harem.

▬ 1001 (courant novembre)
À la suite de rumeurs étranges prétendant Alméïde enceinte des œuvres de Castiel, Shéhérazade essuie la fin d’une crise de colère intense de son souverain, lequel s’est précédemment déjà exprimé dans le boudoir de la sultane. Au cours de leur correspondance régulière, Shahryar et Shéhézarade échangent leurs points de vue sur le sujet et en concluent qu’ils sont bien curieux de voir jusqu’où la moitié de sang erebien de leur demi-frère va le pousser.

▬ 1002 (21 janvier)
Shéhérazade est victime d'une tentative d'empoisonnement qui échoue. Mansour manque s'en trouver victime également. La première épouse obtient d'Anthim un eunuque goûteur pour tester tous leurs plats.

▬ 1002 (du 9 janvier au 6 février)
Le projet d’épousailles entre Alméïde et le duc de Bellifère échoue lamentablement. Shéhérazade se réjouit pour la princesse qu’elle apprécie, mais s’inquiète des conséquences sur l’humeur d’Anthim. L’ambiance au harem empire de semaine en semaine, car l’existence d’un premier prince menace la sécurité du dauphin. La première épouse s’en inquiète vivement et s’en ouvre à la sultane, l’informant des différentes approches dont elle a été l’objet, visant à tuer Qasim et renverser Sitara.

▬ 1002 (7 février)
L’annonce des fiançailles d’Alméïde à Castiel secoue tout Erebor. Au harem, les rumeurs bruissent follement : l’on peine à comprendre que le sultan, si fier et rigoureux, tolère que sa sœur bien-aimée se voie reléguée au rang de deuxième épouse, car Castiel a déjà une duchesse : Madeleine, princesse de Bellifère. Shéhérazade adresse un courrier de félicitations à celle qui deviendra doublement sa belle-sœur.

▬ 1002 (20 février)
Une tentative d’assassinat contre Mansour est déjouée par la vigilance de sa sœur aînée Satya. Shéhérazade massacre l’importun en lui défonçant le visage avec l’assise d’un siège, avant de supplier son époux de remettre de l’ordre dans le harem.

▬ 1002 (avril et mai ♦️ Intrigue 2.3 La Roue Brisée)
Shéhérazade n’a jamais rejoint le harem du sultan Anwar – elle vit toujours au sein de son clan, exerçant son art de tatoueuse avec un soin et une excellence qui lui valent l’admiration des siens. L’on vient de loin pour acheter ses services, et elle s’est construit une solide réputation qui lui valent l’approbation des anciens du clan. Stérile, elle s’est mariée trois fois sans donner suite à ses unions : à la place, elle élève les orphelins avec l’appui de son frère. Elle ne s’est jamais éveillée dans cette trame et n’en garde aucun souvenir une fois revenue à la réalité.

▬ 1002 (10 juin)
Naissance des jumeaux Qasiq et Qamra, deuxième fils et première fille d’Anthim et Sitara, respectivement deuxième prince et princesse.
Les intrigues s’intensifient encore au harem.

▬ 1002 (1er août)
La nouvelle de la mort de l’impératrice Catarine parvient jusqu’au harem. Choquée, Shéhérazade se met à éprouver des doutes : et si l’Ordre était parvenu à s’infiltrer au sein du harem ? Elle redouble de vigilance et surveille étroitement les dernières filles arrivées, veillant à la sécurité de ses propres enfants, mais aussi de ceux des autres.

▬ 1002 (28 septembre)
L’épidémie étrange qui a ravagé les terres d’Arven touche à sa fin. Au harem, seule une servante a été atteinte – Shéhérazade l’a promptement dénoncée pour qu’elle soit rapidement prise en charge. Pas de mages au sein du harem ducal, que nenni ! L’ambiance des lieux s’est encore assombrie. Chacune se méfie de sa voisine ; et Shéhérazade, qui a obtenu d’Anthim un appartement un peu à l’écart, veillé par des sigisbées dignes de la plus grande confiance, s’y installe avec ses cinq filles et son fils, encore si fragile et vulnérable. La mort dans l’âme, elle se résigne à cesser ses visites sous haute garde à la bibliothèque ducale, le temps que les choses se calment.

Pendant le Livre II : À la fin de l'année, la nouvelle de la fuite de la sultane Sitara sous l'influence du Pion Blanc de la Rose Écarlate a secoué le harem. Tous les regards se sont tournés vers Shéhérazade qui se sent soudain affreusement vulnérable.



Questions du Livre II:
 

La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• En Erebienne accomplie, Shéhérazade connaît les légendes de son peuple et les histoires d'avant la Trêve. Elle sait combien son peuple a régressé, et envisage cette nouvelle liberté comme une opportunité à saisir.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Si les Voltigeurs et soldats d'Erebor peuvent revenir prendre un repos bien mérité, Shéhérazade en sera soulagée. Elle s'inquiète principalement pour son clan, dans les vallées funéraires très exposées à la frontière.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Shéhérazade n'a jamais mis les pieds à Lorgol. Du continent, elle ne connait que les vallées funéraires d'Erebor veillées par son clan, la majestueuse mer des dunes qu'elle contemple depuis ses fenêtres, l'intérieur du harem où elle passe l'intégralité de ses journées, et la grande bibliothèque du palais où elle est parfois admise pour se fournir en lecture, intégralement voilée, étroitement gardée et escortée d'une vingtaine de guerriers. Un jour, peut-être verra-t-elle la capitale des peuples libres ; pour le moment, le joyau des Terres du Nord n'est qu'un endroit de merveilles dont l'on parle dans les histoires le soir.



Dans la vie, je m'appelle Laurène et j'ai 29 ans. J'ai découvert le forum via une armoire bien remplie et voici ce que j'en pense : succomber à ses pulsions est le premier pas sur le chemin de la raison. :sisi:
Pour les inventés : Je ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Shéhérazade Khamsin

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Emeraude Toubia
♦️ Compte principal : Non

♦️ Hiérarchie : Harem d'Erebor / Première épouse (sisi ça compte ! :porte:)


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Je suis : baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, dame de Séverac, Voleuse de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Jeu 20 Déc - 22:54



Aura· présente

Chasteté
Mille-Saveurs
dite « la Gourmande »

Rebecca Mader

« La gourmandise n'est pas qu'une affaire de table. »

QUALITÉS : joviale, loyale, protectrice, déterminée, créative
DÉFAUTS : gourmande, orgueilleuse, envieuse, cupide, jalouse



©️️ Lemon Tart
Le surnom de Chasteté lui vient de son habitude de mêler toutes sortes d'enrichissements culinaires à ses pratiques rémunérées. En digne fille de Bellifère, elle entend bien conjuguer autant que possible les plaisirs charnels et l'art gastronomique !



©️️ Sisyph
Âge : 37 ans
Date et lieu de naissance : 11 février 966, à Hacheclair (Bellifère)
Statut/profession : Compagne, Madame de Bellifère ; Épine
Allégeance : La Guilde des Compagnes ; feue la Rose Écarlate ; Sa Grâce la duchesse douairière Ermengarde ; Sa Grâce la duchesse Séverine en exil où qu'elle soit, reveneeeeez.
Dieux tutélaires : Née sous Rya, comme le veut la tradition familiale ♦️ Vouée à Alder lorsque l'envie d'apprendre a envahi son âme, puis à Mirta lorsque sa vocation lui est devenue tangible ♦️ Elle prie aujourd'hui Javaï en ces temps de conflit.
Groupe principal : Les gardiens de la tradition
Groupes secondaires : Peuple / Compagnes


966 à 976
Chasteté naît à Hacheclair, dans une famille comptant déjà sept filles (Prudence, Harmonie, Modestie, Charité, Dévotion, Humilité et Tempérance). Son père, Ursius, est cuisinier au palais ducal, et sa mère, Douce, est pâtissière dans ces mêmes cuisines. Elle y grandit d'ailleurs, dans les cuisines perpétuellement baignées d'odeurs alléchantes, au contact des petites gens et des serviteurs de Sa Grâce Ermengarde. L'on tolère la petite frimousse curieuse couronnée de cheveux roux toujours en bataille, régulièrement aspergés de farine et de sucre, ou collants de miel.

Chasteté développe très tôt un appétit certain pour tout ce qui est sucré, et ne rechigne pas à apprendre quelques recettes, de plus en plus fournies au fil des ans. Elle apprécie particulièrement la confection de garniture à base de confiture et de fruits pour agrémenter les excellentes crêpes de sa mère.
À l'âge de huit ans, en 974, elle est placée comme fille de cuisine auprès de l'antenne d'Hacheclair de la Guilde des Compagnes. Ses sœurs aînées ont toutes été placées en apprentissage dans des endroits plus prestigieux, et c'est à la dernière qu'a échu le destin d'oeuvrer dans ces lieux à la réputation scandaleuse. Chasteté est encore trop jeune pour cuisiner, et on ne l'autorise plus à confectionner de desserts, mais elle transporte les plats et s'occupe du nettoyage. Elle n'est pas ravie de cette situation, mais n'a guère d'autre choix...

976 à 982
A ses dix ans, Chasteté est repérée par la toute récente Madame de Bellifère, en train d'espionner un cours de lecture dispensé aux jeunes apprenties Compagnes. Cela fait quelques temps déjà que la fille d'Ursius et de Douce espère glaner une chance de s'instruire - il paraît que les meilleurs recettes sont conservées dans l'épais livre du maître cuisinier, et la petite a donc décidé d'apprendre à lire. Manquant dramatiquement de moyens, elle a trouvé comme solution d'espionner les cours des apprenties, et s'y emploie sans savoir que son petit manège tout aussi adroit qu'audacieux a été repéré. La Madame surveille Chasteté pendant six mois, et constatant qu'elle s'obstine à grappiller des miettes de savoir autant que possible, lui propose un changement de carrière.

Chasteté a onze ans, et devient officiellement apprentie Compagne, au grand dam de ses parents qui rompent tout lien avec elle. Autant la cuisine est une profession honorable pour une femme de Bellifère ; autant le commerce du corps est impardonnable !

S'ensuivent six années de formation, en lettres, calcul, discours, poésie, musique, chant, couture... Chasteté excelle dans ses études, à la grande satisfaction de la Madame qui l'a prise sous son aile. À son plus grand plaisir, ses moments de loisir lui offrent la possibilité d'expérimenter en cuisine, œuvrant avec une autre jeune apprentie férue de cosmétiques pour inventer de manière artisanale des produits de beauté destinés à aiguiser plusieurs formes d'appétits.

982 à 996
En 982, à ses seize ans, Chasteté devient Compagne de plein droit. Sa virginité est vendue à un tarif bien plus élevé qu'il n'est coutume pour les apprenties, et les deux tiers de ce joli pécule lui revient en propre. Aisée et de bonne réputation, elle prospère à la Maison des Compagnes de Hacheclair, se faisant connaître pour sa spécialité de mêler quelques gourmandises à ses services charnels.

Dès l'âge de vingt ans, elle s'implique de grand cœur dans la formation des jeunes apprenties issues des classes sociales les plus défavorisées, cherchant à rendre les bienfaits que la Madame a fait pleuvoir sur elle. Elle tire un plaisir particulier à enseigner la lecture à celles auxquelles ce savoir élémentaire aurait été dénié si elles avaient choisi une autre voie.

996 à 1001
En 996, à ses trente ans, Chasteté est choisie par la Madame vieillissante pour l'assister dans ses taches et fonctions administratives. Elle prend en main la gestion des apprenties et des plus jeunes Compagnes, s'assurant que chacune est en sécurité dans l'exercice de sa profession. Elle demande et obtient notamment le détachement à demeure de Guerriers de la Guilde pour les protéger, et suggère d'embaucher quelques Guerrières pour garder les lieux les plus privés.

C'est également cette année-là qu'elle intègre les Épines, intéressées par les informations qu'elle est susceptible de recueillir auprès de ses clients : quelques confidences anodines, l'emplacement d'issues bien dissimulées, certaines mobilisations sortant de l'ordinaire... Chasteté développe quelques talents d'espionne périphériques et ajoute cette modeste corde à son arc.

La déclaration de guerre en janvier 1002 sonne le glas d'une période prospère, et la Madame de Bellifère se prépare à affronter les conséquences de la guerre.

1002
Pendant avril et mai 1002,un dérèglement temporel la projette dans une existence bien différente de la sienne, où c'est une carrière en cuisine qu'elle a poursuivie. Devenue seconde pâtissière au palais ducal de Bellifère, elle n'a jamais réussi à se hisser plus haut, toujours dédaignée lorqu'il était question de promotion. Lasse de toujours voir un homme lui être préféré, elle a fini par assassiner de sang-froid le chef du personnel du palais, s'estimant victime d'une grave injustice. Son utilisation du poison a été remarqué par la Sombre Mère - elle a été démarchée puis recrutée par l'un des Adeptes du Poison, réalisant une brillante carrière dans le meurtre. Elle ne s'est jamais éveillée dans cette trame, et n'en conserve aucun souvenir.

En juin 1002, après vingt-six années à ce poste, la Madame prend une retraite bien méritée et se retire sur les modestes terres que ses économies lui ont permis d'acquérir en Sombreciel.
Chasteté prend naturellement sa suite ; et pour mieux faire face à l'ampleur de ses responsabilités en ces temps de guerre, élève début juillet 1002 son amie Virginie au poste de bras droit.

Elle n'était pas présente aux tragiques événements de Lughnasadh en Valkyrion cette année-là, mais a offert l'abri de la Maison des Compagnes de Hacheclair à celles de ses consœurs kyréennes éprouvées par la tragédie et souhaitant se reposer quelques temps.

Lorsqu'une épidémie ravage le continent en août et en septembre, affectant les mages de tous bords, Chasteté et Virginie missionnées par les Épines accompagnent un convoi transportant quelques Compagnes malades jusqu'à Roc-Épine, où les alchimistes parviennent à préparer un antidote.

En octobre, la situation semble revenir à la normale ; jusqu'à ce que, fin novembre, la Chasse Sauvage ne soit libérée, et la Rose Écarlate dissoute. Revenue en urgence à Lorgol avec l'aide d'un de ces mages des portails clandestins soigneusement dissimulés par les Épines, Chasteté prend logis temporairement à la Maison des Compagnes de Lorgol. Sous couvert de recruter de nouvelles apprenties bellifériennes suite aux ravages ayant mis fin aux cours à l'Académie, leur proposant une alternative à la reprise risquée de leurs études, Chasteté tente de comprendre ce qui s'est passé.

Elle reste à Lorgol jusqu'à la nouvelle de la disparition inexplicable du duc Martial et de la duchesse Séverine au début de février. Inquiète pour la sécurité de ses ouailles, elle portaille derechef à Hacheclair et boucle tout le périmètre de la Maison, postant aux portes des gardes armés jusqu'aux dents. Le couronnement du duc Guillaume la laisse un peu perplexe, mais très résolue : elle va devoir courtiser sa faveur pour conserver la protection de la couronne sur les Compagnes de Bellifère, et continuer à engranger de substantiels revenus.



La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Chasteté ne s'effraie pas des choses contre lesquelles elle ne peut rien. Si la Chasse vient à elle, soit, son heure est venue ! La disparition de la Rose Écarlate l'effraie bien plus : elle qui a toujours cru avec ferveur dans le credo des Épines se prend à douter du combat qui a façonné sa vie d'adulte.  

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• La guerre est mauvaise pour le profit, et la cupide Chasteté ne peut s'empêcher de déplorer le manque à gagner : tous ces gens partis au front ne feront pas appel à ses services ni à ceux de ses protégées ! Protégées que les combats mettraient en danger, d'ailleurs, s'ils arrivaient jusqu'ici. Elle appelle la paix de tous ses vœux, associant fréquemment Javaï à ses prières.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol est un vent de liberté étourdissant, mais en proie à trop de vices et de crimes pour que Chasteté s'y sente pleinement à son aise. Elle se sent plus à sa place dans les rues familières de Hacheclair, dont elle maîtrise sur le bout des doigts les coutumes et les traditions.




Dans la vie, je m'appelle Laurène et j'ai 29 ans. J'ai découvert le forum via mon armoire personnelle et voici ce que j'en pense : CEY PAS UN NOUVEAU COMPTE ! J'INTERVERTIS DEUX TIROIRS ! :argh:
Pour les inventés : Je ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Chasteté Mille-Saveurs

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Ne conserver que les lignes remplies
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Les Chevaucheurs
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Je suis : Capitaine des chevaucheurs du vol d'Ansemer, mage de l'Hiver, chevaucheur de la dragonne Obsession

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : l'empire de Faërie et à son duc Bartholomé d'Ansemer
Mes autres visages: Denys ◊ Hiémain ◊ Anthim ◊ Shahryar ◊ Nicolas
Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Ven 21 Déc - 10:37



Panteraa présente

Rackham
des Deux-Ancres

Joshua Sasse

« Je ne m'enfuis pas, je vole »

curieux - intrusif - passionné - impitoyable - fier - impulsif - explorateur - sanguin - protecteur - illettré - audacieux - tricheur - courageux - maladroit - fidèle - opportuniste



©️ AGNIESZKA
On dit de Rackham qu'il a un don naturel pour la magie. Pas que ce soit particulièrement faux, mais cette remarque vient surtout du fait qu'il est parvenu a étudier la magie à l'Académie sans avoir jamais su ni lire ni écrire. Forcément, force de pratique et de conviction, il est parvenu au niveau qu'il occupe aujourd'hui sans jamais avoir ouvert un seul grimoire. Aujourd'hui, il en va toujours ainsi. S'il sait lire, c'est seulement vaguement et très difficilement... quant-à l'écriture, surtout ne lui demandez pas, il ne saurait même pas écrire son nom. En fait, c'est un parfait analphabète assumé.



©️ darkhuntress
Âge : 31 ans
Date et lieu de naissance : 23 aout 971, né sur l'île de l'Anse dans l'Archipel
Statut/profession : Chevaucheur de la dragonne Obsession (Améthyste), capitaine du vol d'Ansemer, mage de l'Hiver (élémentaire)
Allégeance : Il est fidèle à l'Empire de Faërie et à son duc, Bartholomé d'Ansemer.
Dieux tutélaires : Même si ce n'est pas forcément coutume sur l'Archipel, Rackham a été placé à sa naissance sous la protection de Messaïon. Il continue de le prier, mais il s'est voué aussi à Valda.
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau
Groupes secondaires : Peuple / Chevaucheurs / Mages


L’Archipel. C’est pas un coin qui plait à beaucoup de personne. Pour les gens du continent, c’est même terriblement hostile, empli de barbares assoiffés de sang, incultes, idiots et sans aucun sens des véritables valeurs telles que l’honneur, la fierté et le courage. En somme, le lieu préféré des pirates, qui trainent avec eux une réputation aussi fausse que tenace, et qui a bien vite déteint sur les habitants natifs de l’Archipel. Les îliens ne sont  pas très cultivés, il faut l’avouer. Ou du moins leur culture ne s’étend pas jusqu’aux connaissances des gens du continent. Ils ne sont pas très éduqués non plus, et trouver un natif capable de lire ou écrire tient du miracle. Pour autant, ça ne les empêche pas de vivre heureux, dans leur insouciance du monde extérieur, ni d’être sympathiques et particulièrement ouvert d’esprit. La compagnie des pirates ne les a jamais dérangée et celles des autres non plus (même si les autres sont rares). Ils apportent des nouvelles du lointain et des pièces rares, l’échange est naturel et les choses se passent bien. Et ce n’est pas parce que les îliens ne savent pas lire ou écrire, ne connaissent rien à la Magie et au Savoir ni ne s’intéresse que peu à Arven qu’ils doivent être catégorisés comme des barbares violents et imbéciles.

Rackham a vite cessé d’arguer le contraire aux gens du continent. Pour lui, l’Archipel n’est pas une part de sa vie dont il a honte, et bien au contraire, c’est avec mélancolie et plaisir qu’il se souvient de son enfance sur le sable chaud des îles. On peut dire de lui qu’il est un peu métis le Rackham. Sa mère est îlienne de naissance. Son père cependant est du continent, et c’est de lui qu’il tient toute la particularité de son sang. Son père… c’est un peu l’homme que l’on voit une fois l’an, absent le reste du temps mais qu’on oublie pas vraiment car chacune de ses visites est mémorable. Il est le premier fils, Rackham, mais il doit à son père trois petites sœurs, un frère adoptif et des histoires merveilleuses. Ce qu’il savait du continent à cette époque, c’est son père, pirate, qui lui a raconté. Il venait d’Ansemer puis voyant que la marine ne convenait pas à ses attentes, il s’est engagé dans la piraterie, jusqu’à atterrir sur l’Île de l’Anse où est né Rackham. En somme, pas grand chose a dire, mais le passé à toujours ce goût d’aventure qui manque un peu. Ce qui aujourd’hui lui manque surtout, ce sont les dragons des mers. S’il tient une chose de sa mère, c’est sa passion pour ces créatures et cette attention toute particulière qu’il pouvait leur porter. Elle avait un lien spécial avec eux, sa maman, un lien qu’il n’a jamais connu et ne connaitra sans doute jamais. Mais ça n’empêchait pas le jeune garçon de s’émerveiller en les observant nager autour des récifs coralliens qui étaient leurs maisons.

Il avait environ douze ans quand le don d’Aura s’éveilla en lui. Vestige des origines de son père, il eut très vite l’envie de partir pour le continent quand celui-ci raconta à son retour quelques temps plus tard la chance qu’avaient les enfants nés comme lui d’aller à l’Académie de Lorgol. Il ne savait rien de cette ville ni des terres du nord, mais ce qu’il savait, c’était qu’il voulait voir l’horizon et partir de l’Archipel. Pas qu’il ne s’y plaisait pas, mais de son père aussi il tenait sans doute de cette soif de liberté et d’aventure. Rester n’avait pour Rackham pas beaucoup d’importance ni ne lui donnait d’espoir d’avenir satisfaisant. Et quand bien même sa mère ne cessa de lui répéter qu’il n’avait aucune chance d’être accepté ni même reçu, il n’hésita pas à s’embarquer une poignée de mois plus tard sur le navire pirate de l’Audacia, qui l’accueilli comme mousse le temps d’une longue traversée. Sans doute doit-il une faveur à son père là dessus, officier sur ce même bâtiment, qui lui ne retenait pas les rêves de son fils. Par compréhension ou parce qu’il n’était sans doute pas le meilleur père du monde, personne n'en savait trop rien. Le simple fait de partir pour le continent suffisait au jeune adolescent.

Mais on ne renie jamais vraiment ses origines, et de son père il tenait en vérité plus que sa magie, sa soif d’horizon et de liberté. Il y avait aussi cet amour de la mer, le prenant au plus profond de son être quand il posa un premier pied sur l’Audacia. Pas tout à fait à l’aise au début, il finit par s’attacher à cette étendue sans fin qu’il n’avait vu jusqu’ici pu contempler que depuis la plage de l’Île de l’Anse. Et quand il posa pied à terre au port de Lorgol pour définitivement quitter le bord, il eut comme un déchirement qui resterait gravé au fond de lui. Une coupure qu’il ressent encore profondément aujourd’hui.

Tout les manques cependant peuvent finir par se combler avec autre chose et pour Rackham, ce fut avec l’Académie. Mais quel espoir pouvait-il avoir finalement, en voyant ces autres talentueux prétendants capables de lire et écrire là où lui ne savait pas épeler son nom, parlant irréprochablement là où lui bafouillait, abordait un accent terrible et faisait encore des fautes ? Un véritable calvaire, mais il était motivé le Rackham. Venu de loin, prêt à tout pour se faire accepter, et ce n’était pas les regards méprisants et hautains des autres qui allaient l’arrêter. Et il fut finalement pris. Miracle ou cadeau des dieux, il eut sa place là où tout le monde le voyait repartir sur son île et y rester pour de bon. Son père l’avait prévenu, les îliens n’étaient pas très bien vus sur le continent. De cet état de fait, Rackham s’en est vite aperçu et l’a subit toute sa vie. Aujourd’hui encore, les regards ne trompent pas, mais depuis longtemps il s’en est accommodé. Il a changé, et s’il n’est pas comme eux, comme ces gens d’Arven, il n’est pas moins attaché à cette terre.  

Ainsi donc, âgé de treize ans, il commença un cursus élémentaire de la Magie de l’Hiver qui parcourait son sang. Difficile fut son éducation, ses lacunes pour la lecture et l’écriture se révélant comme sa plus grande faiblesse. Oh il essaya bien d’apprendre un peu, et si la lecture vint avec le temps, toujours avec une grand difficulté de compréhension et d’application, l'écriture fut abandonnée au profit d’une pratique assidue de la magie. Doué, il l’était, ce qui expliqua sans doute pourquoi au bout de cinq ans, il obtint son diplôme et un semblant de consécration. Et là s’éleva le dilemme de sa vie : rentrer ? Continuer ? Rester ? Cette dernière option était la plus enviable aux yeux de Rackham, habitué à cette vie sur le continent, appréciant autant l’Académie qui continuait de l’émerveiller que la ville des Milles Tours devenue avec le temps sa maison. Là bas, il avait l’occasion de croiser plus souvent son père, plus qu’il ne l’avait jamais vu durant toute son enfance, renouant régulièrement avec ce sentiment qui ne l’avait jamais quitté : cette soif de liberté et de l’infinie. Son meilleur palliatif à ça après l'Académie fut la découverte des dragons d’Arven, si différents de ceux de l’Archipel et de l’Île de l’Anse, parcourant non plus les abysses mais les cieux, souverains majestueux d’une étendue sans frontières. Ce fut ce nouveau rêve qui le conduisit, à la fin de son cursus, à se présenter devant les dragons, où il espérait cette fois nouer un lien avec ces créatures qu’il avait toujours apprécié, quelques soient leurs horizons.

Il ne fut pas déçu de son choix, même si la dragonne qui posa son regard sur lui arrive toujours à le surprendre, même aujourd’hui. Obsession, impitoyable dragonne au caractère puissant et particulièrement… lunatique. Il se souviendrait toujours de ce jour, devant les dragons qui l'observaient avec curiosité, ce jeune homme venu des lointaines îles au delà de la mer. Et Obsession, qui posa l’ambre de son regard sur lui avant de plonger dans sa direction, le quémandant comme sien et presque prête à mordre et attaquer quiconque approcherait. Curieuse relation, mais ils se ressemblaient assez, dans l’emportement de leur caractère et cette soif obsessionnelle qui guidait leur pas plus souvent que la raison. Après cinq ans d’entrainement au sein de la caserne, il fallut trouver un vol où l’intégrer, ce qui ne fut pas une mince affaire. A l’époque le Maréchal de Flamme, Elyo Hautmistral, considéra l’idée de l’envoyer en Ansemer, là où ses origines étaient les plus évidentes. Malgré quelques réticences du duc, une chance lui fut laissée. Et il était vrai que malgré ses origines, les convictions de Rackham étaient différentes des pirates et des îliens. Avec le temps, sa loyauté s’était ancrée sur les terres de Faërie à qui il devait sa place et sa magie. Et quand bien même les habitants avaient-ils du mal à l’accepter, c’était sans hésiter pour eux qu’il se battrait.

Au bout de quatre années de bons et loyaux services – possiblement discutables néanmoins – il fut nommé major, trompant tous les « on dits » sur ses origines par des actes reconnus et en faveur du duché qu’il s’était promit de servir. Oh il n’était pas tout à fait exempt d’erreurs, le Rackham. Sans doute quelques fois, lors de ses patrouilles, l’Audacia passant à l’horizon fut ignoré, évitant quelques attaques sur le navire et son équipage à qui il devait toujours beaucoup. Mais nulles preuves pour accuser le fier et fidèle îlien, bon commandant et protecteur avec la division sous ses ordres. Une chose est certaine, il ne s’attendait pas à grimper plus d'échelons, supposant qu'il resterait à stagner à celui qu’il occupait alors. Et ça lui suffisait bien, il avait pu prouver au moins qu’il n’était pas totalement comme les habitants du continent le voyaient. Sans compter que la chevauche le comblait pleinement, pour l’instant du moins.

C’est au début de l’année 1001 que Rackham fut envisagé pour le rôle de capitaine du vol d’Ansemer à la mort du précédent. S’il était sur la liste du Maréchal de Flamme, le premier restait Bertin d’Ansemer, frère du duc mais résolument décidé à ne pas se charger de responsabilité. Sans le nier, une forme d’opportunisme avait poussé l’îlien à accepter le rôle qu’on voulait lui confier. Et curieusement, il s’étonna que son duc n’émette aucune réserve ni une critique face à cette décision. En moins d’un an, Rackham s'imposa comme capitaine, le caractère fort et pas très facile, mais gérant relativement bien le vol d’Ansemer et accueillant les dernières nouveautés en Arven avec un pragmatisme qu’il ne se connaissait pas alors. La pseudo trahison de Bartholomé d’Ansemer vis-à-vis de Chimène de Faërie a peu changé le point de vue du chevaucheur sur son rôle ou ses missions. S’il éprouve vaguement une forme de compassion pour l’Impératrice toujours dans une situation délicate, Rackham servira toujours Faërie. Qu’elle y reste ou qu’un jour elle soit destituée.

Pendant le livre I : Spectateur du Tournoi des Trois Opales, il conseilla sur un coup de tête - et à cause du caractère pressé de la chose - de nommer Louison Aubenacre comme remplaçante expresse de Neve en tant que Championne d'Ansemer. S'il a assisté aux catastrophes qui ont suivi par la suite, il n'a pu réellement participer, protégeant son duc et sa duchesse. Lors de la Samhain fin octobre, il s'est rendu en Sombreciel pour profiter du Festival qui y a lieu tous les ans, sans se douter qu'en compagnie de Quitterie, les choses allaient très mal se passer. Responsable du voyage dans le temps de tout un groupe, il a néanmoins activement oeuvré pour rentrer à leur époque, sauvant et veillant sur Quitterie au passage. A leur retour, il s'est battu contre les agents de l'Ordre et était définitivement pour détruire le Sablier du Temps qui a failli faire bien des conneries. Il repart fissa de Sombreciel une fois les membres de l'Ordre arrêté, conscient que la guerre était à deux doigts d'être déclarée avec la montée sur le trône d'un nouvel empereur. Et ce n'est pas la venue de Viana, une de ses soeurs toute droit sortie de l'Archipel qui serait susceptible de faire dévier le capitaine de son devoir.

TRAME ALTERNÉE (Intrigue 2.3 La Roue Brisée)
→ Capitaine de l'Audacia plutôt que capitaine des chevaucheurs d'Ansemer, il n'est jamais allé à l'Académie et s'est engagé comme pirate très jeune. Rackham s'est éveillé le matin du 30 avril. Le soir même, il s'est rendu dans le camp des réfugiés pour y retrouver Quitterie, sur le point de mourir. Il n'a pas pu la sauver mais sur son lit de mort, elle lui a avoué ses sentiments pour lui. Il a fait le choix de se souvenir de sa vie dans la trame alternée.

Pendant le livre II : La guerre a fait rage en Arven et l'îlien n'y a pas échappé. Dépêché sur le front dès le lancement des hostilités en janvier 1002, Rackham, avec son ami Lionel et l'intrépide Maëlys, a découvert en Erebor de très anciens secrets, dont un autel dédié à Amaté Chemsa. S'il a aidé à récupérer un objet précieux pour l'Ordre - sans le savoir - Rackham a surtout récupéré personnellement une machette ancienne et rare qu'il ne quitte plus. Les choses ne se sont point calmées, quelques mois plus tard, puisque les pirates ont décidé de s'attaquer à Bohémont, sur les côtes Ansemariennes. Bénéficiant d'un repos bien mérité pour participer aux festivités, le capitaine d'Ansemer a dû une nouvelle fois batailler pour aider ses concitoyens. Il a cependant échoué à récupérer la relique des lieux, celle-ci tombée entre les mains de l'Ordre.
La guerre a certainement continué, mais le temps brisé par l'Ordre ne lui laisse pas le moindre souvenir de cette période. Cependant, cette expérience lui a permis de mettre des mots sur les sentiments qu'il entretenait depuis longtemps pour Quitterie, morte dans ses bras dans cette autre réalité. A leur retour, début juin, il a accouru pour la sauver sur les côtes Bellifériennes, massacrant sa famille qui l'avait enlevé. Bien que contraint de l'épouser pour respecter les coutumes du duché de la guerre, il épouse une seconde fois Quitterie, lui avouant clairement et simplement ses sentiments.
Mariés, bénéficiant d'un domaine donné par la cousine de Rackham, lui et Quitterie vivent heureux, même si l'îlien est toujours régulièrement sur le front. L'Epidémie a néanmoins changé la donne. Gravement touché par la maladie, le capitaine d'Ansemer est renvoyé à la capitale où il attendra comme les autres de recevoir un antidote. Dans les premiers à recevoir celui-ci, il ne perd pas de temps et dès qu'il est entièrement rétabli, il repart vers la frontière que les ibéens ont grignoté lors de l'épidémie.
La nouvelle de la grossesse de Quitterie fait souvent rentrer Rackham auprès de son épouse, à hauteur d'une fois par mois en raison de ses fonctions et des responsabilités qui sont les siennes. C'est pour l'une de ces occasions que tous deux se retrouvent à l'Académie pour le jour des Anciens. Mais la fête, qui commençait pourtant si bien, termina terriblement mal. De nombreux convives furent massacrés par les chiens de la Chasse Sauvage, sous les yeux de l'îlien. Blessé lui-même lors de la bataille, il n'a pas pu faire grand chose pour arrêter l'horreur, et il redoute désormais les ravages que peuvent faire les cavaliers de la Chasse.




La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Cela ne lui plaît guère, c'est certain. Pour avoir vu et combattu les chiens de la Chasse Sauvage, Rackham sait le danger qu'elle représente pour Arven et les innocents incapables de se battre. Il a eu peur, ce soir là, moins pour lui que pour ses proches, mais oui, il a eu peur. Sans compter qu'il n'a pas vraiment compris pourquoi cette chose a été libéré. La disparition de la Rose Ecarlate n'est pas non plus pour le rassurer. Comme s'ils n'avaient pas assez à faire avec la guerre...

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Ce n'est pas plus mal se dit Rackham, même s'il pense que c'est faire une faveur aux ibéens là où ils n'ont pas été aussi généreux lors de l'épidémie. Mais c'est au moins une pause bienvenue, qui lui permet de rentrer auprès de son épouse. Ceci dit, quelque soit l'issue à la fin de cette trêve, Rackham est prêt à retourner au combat.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• C'est la ville qui l'a vu grandir et devenir un homme. Il est arrivé jeune à Lorgol, plein d'espoir et d'une soif de découverte insatiable. C'est la ville de ses rêves, là où il a pris pleinement conscience de son potentiel. Oui, il aime Lorgol, il l'adore même et il y retourne dès qu'il en a l'occasion pour voir de vieux amis que ses allégeances réprouveraient grandement. Hé ! Un ancien mousse sur un navire pirate, ça ne s'oublie pas ! Surtout qu'il leur doit beaucoup.

Livre II:
 

Livre I:
 






Dans la vie, je m'appelle Biquette et j'ai 22 ans. J'ai découvert le forum via DV et voici ce que j'en pense : Regarde les autres fiches :argh:.
Pour les inventés : Je vous autorise à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Rackham des Deux-Ancres

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Joshua Sasse
♦️ Compte principal : Non

♦️ Noblesse : Seigneur / îlot des Deux-Ancres / Ansemer
♦️ Magie : Hiver / Elémentaire
♦️ Familier : Calico / Loris / Femelle
♦️ Dragon : Obsession / Améthyste / Femelle / 200 ans
♦️ Hiérarchie : Vol d'Ansemer / Capitaine
♦️ Rose Ecarlate (anciennement) : Reine Noire (991 - 994), Rackham est devenue l'écrin de la Reine Noire juste après être entré à la Caserne de Flammes en tant qu'apprenti Chevaucheur. Il avait 20 ans. Il est resté trois ans l'écrin de cette noble reine avant de délaisser la cause de la Rose pour sa formation de Chevaucheur.
(petit détail vu avec l'ancienne joueuse de Mélisende pour pas qu'on oublie : Mélisende est devenue la Reine Noire en 994, à la monté sur le trône de Castiel.)


_________________



Obsession : darkslateblue
Calico : #cc3399
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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Ven 21 Déc - 10:45



Panteraa présente

Joséphine
Siguardent

Anna Popplewell

« Un des plus grands bonheurs de cette vie, c'est l'amitié ; et l'un des bonheurs de l'amitié, c'est d'avoir à qui confier un secret. »

dévouée - vaniteuse - discrète - aime les ragots - débrouillarde - dépensière - maternelle – toxicomane

Grâce aux Séverac avec qui elle a grandi, Joséphine a aiguisé son caractère plus que son propre rang ne lui permettait. Aussi démesurée dans ses sentiments que l’est Mélusine et aussi dévouée aux siens comme l’est Mélisende, la meilleure amie des jumelles a de qui tenir. La dévotion et l’amour, c’est ce qui fait les grands piliers de son existence et de son caractère, principalement pour la famille Séverac mais aussi pour tous ceux de la Cour des Miracles qu’elle considère comme des frères ou des sœurs. Aimante, toujours prête à rendre service, elle est généreuse et ne compte guère les sous quand il s’agit de faire plaisir. Attentive aux autres, elle s’inquiète souvent bien plus pour eux que pour elle.

Pour autant, même vouée aux autres, elle a son petit caractère la Joséphine. Si elle est discrète, ça ne l’empêche pas de tout retenir et d’être peut être un peu rancunière. Sa discrétion n’a d’égale que son amour pour les ragots, qu’ils soient vrais ou faux, même si elle doué pour soutirer de ses sourires discrets la vérité. Débrouillarde, un peu joueuse, aimant le paraître et les faux semblants, c’est une demoiselle capable de s’avancer sans crainte entre les ruelles de la ville basse, sautillant de pavés en pavés avec habilité et grâce, éclatante de sourire caché sous un charmant masque qui n’est en rien de la timidité. Habituée à gérer les affaires des jumelles à Lorgol en tant qu’intendante de leurs tours, c’est une personne débrouillarde qui connaît la ville des Milles Tours comme sa poche, et sait qui contacter en cas de besoin. Paradoxalement, sa bonne tenue et son doux caractère sont contrebalancé par un terrible défaut typiquement cielsombrois. Elle a beau avoir été élevé par les Séverac, Joséphine sait apprécier les drogues de son duché natal, peut être parfois un peu trop.



©️ Lemontart


A bien y songer, c’est depuis toujours que Joséphine s’est prise d’affection pour toutes personnes plus jeune qu’elle. Maternelle dans l’âme, elle a toujours chouchouté avec excès les enfants, et ce même lorsqu’elle était encore jeune. Les petits frères des jumelles, Melbren et Castiel n’y ont pas échappé, et ils ne sont pas les seuls à avoir profité de son affection sans limite et sa générosité vertueuse – quoiqu’un peu irréfléchie. Mais en amour, on ne compte pas. Quelle n’est pas son impatience, quand elle regarde sa Mélusine enceinte, attendant avec hâte de pouvoir câliner et adorer l’enfant de sa meilleure amie qu’elle va pouvoir couver sans cesse. Pour autant, elle n’a pas spécialement envie d’en avoir pour elle – pas encore du moins. Elle est heureuse Joséphine, à se rendre utile pour ceux qu’elle aime. Et elles sont nombreuses, ces petites têtes blondes qui attisent son amour.



©️ Love
Âge : 32 ans
Date et lieu de naissance : Elle a vu le jour le 2 septembre 971, au domaine de Séverac en Sombreciel
Statut/profession : Joséphine est beaucoup de chose. Avant tout, une dame de compagnie attentionnée et aimante envers les deux dames qu'elle sert de tout son coeur : Mélusine et Mélisende de Séverac. En suivant cette première, elle s'est faite espionne de la Cour des Miracles, elle qui est bien discrète et à le privilège de pouvoir se rendre à bien des Cours ducales.
Allégeance : Aux jumelles Séverac et même à la famille Séverac. A Castiel, le duc de Sombreciel. Et bien entendu au Fils des Ombres.
Dieux tutélaires : Sans grande surprise, c'est sous Mirta qu'est née Joséphine. Fille de Sombreciel, elle se voue toujours avec passion à la déesse tutélaire de son duché. Elle a aussi offert ses croyances à Isil, déesse de la Cour des Miracles, et à Alior, maitresse des espions. Enfin, pour son amour inconditionnel des enfants, elle adresse ses prières aussi bien à Maari qu'à Osir.
Groupe principal : Les Gardiens de la Tradition
Groupes secondaires : Peuple / Cour des Miracles


D’aussi loin qu’elle se souvienne, Joséphine a toujours été entourée des jumelles. Dès son enfance, Mélisende et Mélusine ont été pour elle un phare, une étoile dans la nuit, une source d’inspiration et plus encore : sa famille. Si elle a toujours considéré les Séverac comme les dépositaires de son affection, les jumelles elles ont toujours eu une place bien à part dans son cœur. Peut-être est-ce parce qu’à l’âge de trois ans à peine, elle trainait déjà dans leurs petites jupes, courant avec elles dans les jardins du domaine paisible de Séverac, riant, jouant et vivant comme si elle était aussi noble que ces deux petites demoiselles. Elle les connaît par cœur, Joséphine. Mélisende et Mélusine, si différentes au delà du masque si semblable de leur apparence. Et qu’importe leurs différences, car elle les aime toutes deux d’un amour sincère.

Sa mère, couturière, avait déjà beaucoup d’affection pour les deux petites friponnes de sa maitresse, la comtesse de Séverac. Combien de fois a-t-elle cédé aux caprices des jumelles pour une robe scintillante de princesse ? Alors en confiant sa fille à Ismalia et ses filles, elle savait que Joséphine, de deux ans leur cadette serait entre de bonnes mains. Jamais elle n’a eu à se plaindre de cette vie, car c’est la seule qu’elle a connue et pour rien au monde elle n’en aurait changé. Une poupée adorable pour deux charmantes petites terreurs, une confidente sincère et présente, une amie de toujours, une sœur pour ainsi dire. Toute son enfance, elle grandit en profitant de l’éducation des jumelles, s’élevant ainsi au delà d’une condition que sa naissance aurait pu lui imposer. Mais les Séverac avaient toujours vu en sa mère une dame de confiance, et il en fut de même pour Joséphine quand elle grandit. Adolescente sage, canalisant avec Mélisende la fougue de Mélusine, elle démontra pourtant à ses heures un caractère aussi enflammé et emporté que celle-ci, dans les colères surtout. Toujours à veiller sur ses deux amis, elle finit par les suivre dans leurs désirs d’escapade à dix-sept ans seulement.

C’est auprès de Mélisende, sa douce et sage Mélisende, qu’elle demeura en premier lieu, suivant ses traces à Lorgol et dans ses voyages en Erebor. Détentrice du plus terrible secret de la jumelle, Joséphine s’est toujours gardée de révéler les horreurs qu’avait connues sa malheureuse amie, la soutenant de toute son affection pendant cette horrible épreuve. Mère sans l’avoir désirée, contrainte à une étreinte charnelle forcée. En dépit de tout l’amour qu’elle pouvait avoir pour Mélusine et la douleur de cacher un tel secret à la jumelle même de Mélisende, Joséphine a pendant toutes ces années gardée silence. Et si elle ne reparle jamais de ce qui est arrivé, elle ne cesse d’y penser lorsqu’elle croise les fruits de cette union criminelle. Il est pourtant mignon, ce petit Arsène qui ressemble tant aux jumelles. Mais il est difficile pour l’amie sincère qu’elle est de garder plus longtemps ce mensonge auprès de Mélusine qui dépose peu à peu son affection sur ce petit garçon dont elle ignore tout. Oh oui, si difficile…

Surtout qu’elle lui doit tant aussi, à Mélusine. C’est elle qui l’a guidé dans les rues de Lorgol, lui montrant les merveilles de la Ville Basse et la faisant tomber amoureuse des pavés de la Cour des Miracles. A dix-neuf ans, elle passa les épreuves, se fit espionne au sein de la guilde, décidée à suivre cette route qui était parfaite pour elle et qui lui permettait de rester auprès de ses deux précieuses amies. Elle l’a bien vu, à cette époque, que Mélusine avait changée elle aussi. Hélas, elle n’avait pu se montrer présente pour elle comme elle l’avait été pour Mélisende. La nouvelle avait couru pourtant dans tout Arven, remontant jusqu’aux oreilles de Joséphine, comme quoi la belle marquise de Sinsarelle, fille des Séverac s’était faite éconduire par le duc de Lagrance lui même. De là à penser que Mélusine en aurait eu le cœur brisé… elle ne connaissait pas toute l’histoire Joséphine, et n’a jamais poussé son amie à lui révéler ce qu’elle n’avait pas envie de dire. Mais elle resta à ses côtés, espionne habille de la Cour des Miracles, possédant des laisser-passer grâce aux jumelles à la noblesse reconnue partout en Arven.

Elle a eut beaucoup à faire ces dernières années, Joséphine. Habituée à suivre Mélisende, autant pour la soutenir que pour la protéger – même si elle n’en avait certainement pas besoin – elle eut à charge de veiller sur les tours de ses maitresses à Lorgol, ainsi que celle des Séverac, telle une intendante reconnue. Une tâche dont elle se sentit très fière, puisqu’elle démontrait de la confiance qu’avaient les jumelles et sa famille en elle. Plus que jamais, Lorgol était devenue sa seconde maison. Elle savait se débrouiller autant dans la Ville Haute que la Ville Basse, et avec les années, elle est devenue si familière de la ville qu’elle pouvait presque prétendre connaître tous les recoins. Elle a voyagé pourtant, grâce à Mélisende. Mais hormis Sombreciel, nul lieu n’a jamais autant plu à Joséphine que la capitale des peuples libres, où elle se sent chez elle, entourée des enfants orphelins de la Ville Basse et des habitants de la Cour des Miracles.

Quoique malgré tout cette attachement qu’elle développa au fil des ans pour les autres, jamais rien ne rompit ni n’affaiblit le lien qui l’unissait aux jumelles. C’est sa Mélusine qui eut, au cours de l’année 1000 et 1001, besoin d’elle. Le cœur à nouveau en miette, si solitaire et si triste de l’abandon d’un homme qu’elle avait visiblement aimé. Hiémain qu’elle connaissait aussi, Joséphine, et qui avait du partir pour des affaires de famille. Elle n’était pas là pourtant, quand sa Mélusine se décide à partir à l’assaut de cet homme pour le conquérir à la manière très… Cielsombroise. Et si les évènements s’enchainèrent très rapidement, la seule constatation que pouvait avoir Joséphine, c’était celle du bonheur qui illuminait les très de son amie. Et quels ne furent pas sa surprise et son bonheur de découvrir Mélusine enceinte. Enceinte oui ! Et mariée ensuite ! Si vites sont allées les choses, et ce qui rassure au moins Joséphine, c’est de savoir que tous les Séverac se porte bien, malgré le malheur qui tend de plus en plus à noyer Arven. Sur chacun d’eux elle essaie de veiller, peut être parfois trop, mais c’est ce qui la rassure. Car c’est aussi sa famille. Et l’on protège sa famille, chez les Séverac.

TRAME ALTERNÉE (Intrigue 2.3 La Roue Brisée)
→ Joséphine ne s'est jamais éveillée dans la trame alternée. Elle a vécu comme l'Oracle de la Confrérie Noire, soeur estimée et bien aimée du duc de Sombreciel et épouse très absente de Mayeul de Vifesprit. Elle n'a donc aucunement conscience de cette réalité alternée.

Pendant le livre II : Joséphine déteste la guerre et s'inquiète férocement pour sa famille. L'attaque sur Erebor l'a profondément secouée car elle a cru perdre Mélisende en entendant la nouvelle de la destruction de Chamaar. Heureusement, il n'en fut rien. Elle même était d'ailleurs en Erebor au moment des faits, puisqu'elle a infiltré le musée des Savoirs Perdus pour le compte de la Cour des Miracles. Elle retournera rapidement à Lorgol ensuite pour faire son rapport. Accompagnant toujours Mélusine, elle en ville quand celle-ci accoucha de Meldred et veilla avec patience et inquiétude sur sa chère amie alitée après ledit accouchement. Elle a bien cru la perdre, elle aussi. La suivant jusqu'en Valkyrion, elle a assisté impuissante à la Lughnasadh, tendant de protéger bec et ongle les enfants de sa chère Mélusine (Meldred et Arsène). Malheureusement, ceux-ci lui ont échappé lorsque Arsène s'est enfuit en emportant le bébé pour retourner auprès de Mélusine et disparaitre avec elle à Lorgol. Abandonnée par sa meilleure amie en Valkyrion, Joséphine n'est cependant pas restée à rien faire et est venue en aide aux malades de l'épidémie. Elle a surtout veillé sur Melbren et l'a même suivi, avec Maximilien, jusqu'à Euphoria une fois les choses arrangées. Elle est très heureuse du mariage de son cher Castiel avec Madeleine et de la venue au monde de la petite Odette qu'elle se plaît à chérir affectueusement. Ses pensées cependant ne quittent pas Mélusine ou Mélisende qu'elle n'a pas eu l'occasion de revoir depuis des mois. Elle s'inquiète toujours terriblement pour elles deux, surtout depuis qu'elles sont à Lorgol et que la Chasse Sauvage a été libéré là bas...




La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• La disparition de la Rose attriste Joséphine et la libération de la Chasse Sauvage lui fait peur. Elle qui ne désir que la protection des siens et un semblant de paix, elle sait qu'avec cette menace libre en Arven, ses espoirs deviennent vains. Une fois encore, l'Ordre a prouvé qu'il s'inquiétait peu de faire des morts sur son passage.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• C'est une aubaine, pense-t-elle, car même si la frontière n'est pas totalement vidée de ses combattants, nombreux sont ceux à pouvoir rentrer chez eux et retrouver un peu le repos. Joséphine n'aime pas vraiment cette guerre qui menace ceux qu'elle aime, et elle préfèrerait que la paix revienne en ce monde.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• Lorgol, c'est sa maison et la Cour des Miracles, c'est une partie de sa grande famille. Difficile pour Joséphine de dire du mal de la ville où elle a passé tant d'années et où tout ce qu'elle aime s'y rejoint. Elle connait la ville par coeur, que ce soit la Ville Haute ou la Ville Basse. Et dans aucune de ces rues elle ne se sent mal ni effrayée. Sereine et habituée, elle déambule là bas sans peur. La cité lui manque et elle songe à y retourner.

Livre II:
 

Livre I:
 







Dans la vie, je m'appelle Biquette et j'ai 22 ans. J'ai découvert le forum via Dragonvale et voici ce que j'en pense : Déjà dit !




Récapitulatif

Joséphine Siguardent

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Anna Popplewell
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Je suis : Assassin de la Confrérie Noire et Adepte de la Corde

Feuille de personnage
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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Ven 21 Déc - 10:50




Panteraa présente

Shahryar
Khamsin

Riz Ahmed

« Ma main, guidée par la voie du sang »

Loyal - Solitaire - Franc - Taciturne - Déterminé - Tempétueux - Observateur - Rancunier - Généreux - Extrême - Impitoyable - Méticuleux - Méfiant - Modeste - Violent - Persévérant - Rusé



©️️ Balto
Le rite de Sin, traditionnel dans son clan, implique de manger le coeur de son adversaire. Bien que fervent pratiquant de cette coutume, Shahryar n'aime pas vraiment la viande. Le goût lui déplait et bien souvent, il préfère se contenter de plats où l'on n'en trouve pas. Ses préférences culinaires vont principalement vers les fruits frais que l'on trouve en Lagrance et qu'il prend un grand plaisir à déguster depuis qu'il se trouve à Lorgol.



©️️ pakistani.pk
Âge : 34 ans
Date et lieu de naissance : Le 13 mai 969, dans la vallée des Soupirs en Erebor, non loin de la frontière cielsombroise
Statut/profession : Assassin de la Confrérie Noire et Adepte de la Corde
Allégeance : La Confrérie Noire, Solal, Ecoutant de la Corde et Anthim, duc d'Erebor
Dieux tutélaires : Shahryar est né sous la tutelle de Levor le Droit, pour rester fidèle à tous ses serments. Mais Lida et Sithis sont les dieux qu'il prie vraiment aujourd'hui.
Groupe principal : Les Hérauts du Renouveau
Groupes secondaires :Peuple - Confrérie Noire



Le clan Khamsin a toujours été défini comme l’un des plus étranges d’Erebor. Suivant des traditions ancestrales peu communes, ses enfants sont vus à la fois comme des barbares sans âme et des protecteurs de la mort. Le mystère l’a toujours entouré, comme il entoure les nombreuses tribus qui marchent sous sa bannière. Il était et est toujours le clan qui veille sur les nécropoles, et sa proximité avec les défunts a toujours su éveiller les légendes sur le nom Khamsin. L’une des coutumes les plus connues et valant au clan une solide réputation sanguinaire est celle du rite de Sin. Pour les étrangers, il ne s’agit que d’un bête et sauvage cannibalisme : des hommes et des femmes capables de se dévorer entre eux, offrant aux dieux leur chair et leur vie ! Mais pour les Khamsin, cela allait bien au-delà d’un simple rituel que les yeux profanes identifiaient comme primitif et barbare. La véritable signification, tout aussi bestiale était-elle, ne demandait aux pratiquants que de dévorer le cœur de l'adversaire, s’il était jugé digne, méritant et valeureux. D’un tel acte découlait un mélange des essences, du sang au sang, pour puiser en l’autre l’énergie donnée dans la mort. Ainsi allait et venait cette croyance au sein du clan, respectée par certains, négligée par d’autres et jamais réellement éclaircie aux yeux des étrangers.

Extrait de l'ouvrage "Les mystères du désert", par Tarik Sadaqa, an 448.

(16 juin 974)

« Mère ! Regardez ! »

Mais la femme appelée ne regarda pas. Elle ne regardait jamais. Toujours tourné vers l’horizon, le regard sombre de cette fille farouche des dunes, si jeune et si belle, ne s'encombrait jamais de sentiment envers la chair de sa chair. Au mieux parfois lui adressait-elle un amusement léger. Mais le plus souvent, c’était un genre de mépris presque dégoûté. Elenah Khamsin n’avait jamais été une bonne mère. Ni à cette époque, ni plus tard lorsque l’amour ferait flamber son mariage et sa vie. Elle ne vivait que pour la passion et le désir, sans un regard pour la progéniture que ses devoirs exigeaient qu’elle mette au monde. Qu’elle s’en occupe ensuite ? Ce n’était pas son problème.

Et ce n’était pas non plus celui de Soliman, le père, grand et puissant seigneur de tout le clan Khamsin, émir de son duc, chef de ses tribus. Trop occupé à veiller sur le clan entier, il en avait oublié l'existence d’enfants nés de sa chair, quand bien même un héritier lui avait été gracieusement offert par les dieux. Mais il n’était pas de son devoir de se charger de l’éducation des marmots en bas âge, bien d’autres tâches lui incombaient.

« Mère ! »

Appela une fois encore cette voix d’enfant, quémandeuse de grâce et d’un peu d’intérêt de la part de celle qui l’avait mis au monde. Il était encore petit Shahryar, à cette époque. Il n’avait pas encore compris le dégoût de sa mère et cherchait à bien faire. Plus tard, avec les années, il finirait par cesser de chercher dans les yeux d’Elenah l’amour qu’il lui avait toujours manifesté du haut de ses cinq ans. Et même si parfois il arrivait à cette femme issue des Kamar de faire preuve de gentillesse et douceur envers lui, la rareté de ces moments s’est perdue dans sa mémoire d’enfant.

« Mère… » La petite voix suppliante, sortie de la moue triste d’un petit garçon avait fini par faire tourner les yeux de cette femme vers lui. Le noir intense de ses pupilles n’était pas sans rappeler ceux de son fils, juste devant elle, haut comme trois pommes et déjà si insistant.

« Oui Shahryar ? »
Ni marque d’affection, ni surnom mignon pour s’adresser à son enfant.

« J’ai fabriqué ça pour le bébé. Quand naîtra mon petit frère ou ma petite sœur ? »

Enthousiaste, Shahryar, petit garçon de cinq ans, fils d’Elenah et Soliman, avait lancé un regard au ventre proéminent de sa mère, bientôt au terme. Il ignorait encore quand elle accoucherait et seule l’impatience le dévorait de jour en jour depuis que la nouvelle lui avait été annoncée. Il espérait que la venue de ce nouvel enfant permettrait à son père et sa mère de cesser leurs régulières disputes et redonnerait au couple leur passion d’antan. Et puis ce serait l’occasion d’avoir un nouveau compagnon de jeu ! Ses cousins avec qui il avait grandi étaient certes toujours partants pour s’aventurer avec lui dans quelques jeux amusants, mais il voulait aussi être grand frère. Il voulait être comme son cousin Sinbad, à peine plus âgé que lui, qui avait déjà plusieurs petites sœurs à surveiller. Il s’était promis maintes fois qu’il serait toujours là pour celui ou celle qui viendrait le rejoindre dans la famille ! Promesse de Khamsin. Promesse d’enfant.

« Bientôt. Je la sens déjà bouger, décidée à sortir. Elle est pressée, trop peut-être. » C’est ce qu’avaient dit les sages femmes du clan, inquiètes à l’idée que l’enfant ne sorte trop vite de la matrice protectrice de sa mère, et que la faiblesse ne l’emporte dans son premier souffle de vie. Elenah elle, ne semblait pas réellement s’en inquiéter, et l’air détaché qu’elle arborait n’était qu’une preuve de plus de l’absence d’amour maternel en elle. L’enfant, lui, vit son sourire s’élargir de plus belle et la joie exploser dans son cœur.

« Elle ? Ce sera une petite sœur, mère ?! » Oh comme il était heureux. Une petite sœur à protéger !

« C’est ce que disent les augures. »

Et les augures n’avaient pas menti. Quelques jours plus tard, Elenah donna le jour à une petite fille, sortie avant le terme prévu, chétive mais pleine de vie à qui l’on prédit un avenir riche et prestigieux, là où lui avait été voué à la naissance au domaine de la mort. A cette petite fille, on lui donna le nom de Shéhérazade. Et au premier regard, Shahryar sut que jamais Ô grand jamais sa promesse d’enfant ne serait brisée. Au premier regard, il sut qu’il l’aimait.

***

Il cria sa rage au coeur du palais doré
Il y hurla à l’affront, devant le maître incontesté.

Il demanda à ce que sa vengeance soit accordée
Du sang des traîtres il voulait se repaître
Il pria son Roi de faire déferler
Sur Sombreciel la colère des erebiens à naître.

Il croyait obtenir son dû, mais son sultan lui refusa tout ce qu’il voulut.


Extrait du poème “L’ire de Soliman”, par le poète erebien Hassan Sinhaj


(an 976)

Lorsqu’était revenu le convoi des Khamsin de la grande fête du palais de Vivedune, la joie du départ avait laissé place à une colère sourde et une haine palpable. A peine une poignée d’heures après que Soliman se soit rendu dans la tente des anciens pour déverser son venin, le clan entier commença à sentir naître en lui un puissant sentiment de revanche. Dans chaque regard, l’étincelle farouche de la vengeance, sur chaque bouche, des mots mordants insultant celui et celle qui venait de les humilier. Et dans cette effervescence montante, jamais Shahryar ne retrouva sa mère. Elle qui aurait dû être au bras du père n’était jamais parue à ses côtés ce jour là. La petite main de Shéhérazade dans la sienne, la guidant au travers des gens gueulant leur colère, il finit par comprendre, lui si jeune encore, que jamais Elenah ne reviendrait par ici.

« La mort eut été préférable pour elle ! » « Elle ne mérite plus qu’on la considère de notre sang ! » « Que Mnémosie nous fasse oublier son souvenir maudit ! »

Tels étaient les mots que les enfants d’Elenah entendirent, décriant la femme qui n’avait jamais été une mère, crachant sur celle qui avait trahie la parole de son mariage en brisant celui-ci. Le contrat était pourtant clair, limité dans le temps, et il restait moins d’une année au couple Khamsin, avant que chacun puisse reprendre son chemin. Mais Elenah brisa ses vœux, humiliant son époux devant le sultan lui même, devant Erebor au complet, et même Ibélène à bien y penser. Là bas, dans le palais aux mille voiles tendus de Vivedune, Elenah avait fui en pleine fête, suivant le brasier de passion née de son amour destructeur pour un homme tout aussi chaotique : Eudes de Sombreflamme, duc de Sombreciel. Sans un regard pour sa vie passée, Elenah a disparu, laissant son époux Soliman seul au cœur du palais.

« Il s’est plaint au duc, mais le sultan Charif n’a pas écouté. Entendez-vous, Shahryar et Shéhérazade, votre père n’a eu droit qu’au mépris de notre roi ! »

Au mépris et à la moquerie, mais surtout au désir de ne pas envenimer les choses avec son voisin cielsombrois, qui fit de la femme volée son épouse et sa duchesse bien aimée. Charif n’avait pas le désir de déclarer la guerre à Eudes, alors il refusa à son émir toute demande de vengeance.

Une sombre erreur qui planta une première graine de discorde. Car les Erebiens n’oubliaient pas l’humiliation. Ils n’oubliaient jamais ce genre d’affront.

« Oubliez votre mère. Oubliez qu’elle a jamais existé. Dites vous que la mort l’a emportée. C’est le mieux à faire. »

Avait alors dit Soliman à ses enfants le lendemain, le regard plus sombre et courroucé que jamais. Pour la première fois de sa vie, Shahryar vit dans les yeux de son père un sentiment qui s’apparentait à de la haine. Une haine qui était certes adressée à Elenah, mais qui retombait inévitablement sur ses enfants. Il comprit plus tard que toute sa colère, réprimée au fond de ses prunelles, venait du fait que lui et Shéhérazade portaient en eux le sang de la traitresse. Et qu’une telle tare ne saurait être pardonnée chez ses héritiers. Le peu d’amour que Soliman avait alors eu pour ses enfants disparut complètement ce jour là, comme disparaissent les traces dans le sable du désert.

***

Quelle duchesse flamboyante et brillante pour Sombreciel ! Il y avait bien longtemps qu’un de Sombreflamme n’avait pas volé à Erebor une aussi belle épouse et manqué de déclencher une aussi dangereuse guerre ! Belle Hélène, ta vie nous a fait vibrer mais ta mort nous expose tous au danger, car égoïste que tu es, tu as emporté avec toi notre duc et nous laisses juste un bébé.

Poète obscure cielsombrois, après la mort d’Hélène de Sombreflamme en mars 983


(an 983)

« Tu devrais le tracer plutôt comme ça Shéhérazade. Regarde. »

Le tout jeune adolescent de quatorze ans qu’était Shahryar prit le bâton qu’il avait posé sur le sable un peu plus tôt et commença à esquisser au sol des symboles complexes qui ressemblaient à des lettres. La petite fille de neuf ans, plus petite que lui mais très curieuse, observait avec attention le moindre de ses mouvements et analysait avec maturité la courbe des dessins qui se formait sur le sable. Quand Shahryar eut terminé, il reposa une fois encore son bâton et invita sa petite sœur à recommencer.

« Allez, je te regarde. Essaie d’écrire ton prénom comme je te l’ai montré. »

Et Shéhérazade traça avec habilité. Elle apprenait vite, plus que lui à dire vrai. Elle avait une curiosité vive dans le regard et un esprit rapide qui aimait comprendre. Elle avait cette soif de savoir qui seyait si bien aux fils et filles d’Erebor. Depuis quelques temps déjà, Shahryar apprenait à sa sœur à écrire. Ce n’était pas vraiment une chose que l’on favorisait au sein du clan, puisque ce n’était pas nécessaire pour apprendre à vivre en communauté et rendre service à celle-ci. Puisqu’il était un homme, son oncle, qui l’avait élevé après la fuite d’Elenah, avait accédé à sa demande, des années plus tôt, d’apprendre à lire et écrire pour pouvoir ensuite conter à Shéhérazade les plus belles histoires de leur clan, gravées sur les parois des vallées funéraires qui appartenaient depuis des siècles aux Khamsin. Et puis, quand elle fut en âge de demander la même chose, leur oncle refusa à Shéhérazade ce privilège. Mais pas Shahryar. Depuis toujours, il veillait sur cette petite sœur plus fragile que lui mais pas moins courageuse, tentant de la faire bénéficier des mêmes privilèges que lui avait, empêchant la main de leur père si tyrannique de s’en prendre à cette petite fille qui ressemblait pour lui bien trop à cette femme qui l’avait humilié.

Sept années s’étaient écoulées depuis ce temps. Sept longues années, durant lesquelles la vengeance de Soliman n’avait cessé de prendre de l’ampleur. Beaucoup pensaient, parmi les autres clans, que son ire serait passagère, qu’une autre femme deviendrait son épouse et lui donnerait d’autres enfants, une nouvelle félicité. Mais il n’en fut rien, et pendant sept ans, Soliman garda sa haine bien profondément ancrée dans son cœur. Il fallait dire aussi que la naissance d’un héritier pour Sombreciel un an après la défection d’Elenah aviva plus que jamais le sentiment d’injustice et l'opprobre jetés sur son nom. Pour Shahryar et Shéhérazade, c’était un frère qu’ils ne connaîtraient jamais et qui curieusement laissait un vide dans leur cœur. Ce fut quelque peu compliqué pour le grand frère d’expliquer à la petite sœur toute cette affaire, mais comme lui, Shéhérazade n'entretient jamais la haine de leur père à l’encontre de leur mère. Oh bien sûr, jamais Elenah ne fut pour eux une vraie maman, mais elle n’en restait pas moins celle qui les avait portés dans son ventre et leur avait donné la vie. L’oublier n’était pas permis.

« Tu sais Shéhé… la mort de mère n’a pas calmé la rancœur de père. »

C’était vrai, la nouvelle n’avait pas manqué de faire le tour du clan, rappelant à celui-ci de sombres et obscurs sentiments. N’était-ce pas triste pourtant ? Car Shahryar savait que jamais Elenah ne reviendrait, morte ou vivante, sur les terres qui l’avaient vue naître, et que son corps serait brulé plutôt qu’uni à jamais avec les nécropoles qu’ils gardaient. Une bien belle ironie pour une ancienne Khamsin. Elle était morte à la manière des Cielsombrois, goûtant à l’ivresse totale jusqu’à en dépasser les limites de son propre corps. Celui-ci n’avait pu le supporter et l’avait lâchée. Une vie flamboyante qui avait été de courte durée et qui avait emporté dans son sillage la vie de son aimé. Car dans sa folle tristesse, Eudes s’était donné la mort pour rejoindre sa duchesse.

Terrible coup du sort.

Mais une conclusion qui n’avait pas plu à Soliman. Car ainsi, sa vengeance lui échappait totalement : la traîtresse était morte sans qu’il puisse la faire payer. Une nouvelle humiliation qu’il compensa en faisant lever le clan contre Sombreciel. Depuis la naissance de Castiel déjà, de nombreuses attaques avaient été perpétrées par les Khamsin à la frontière cielsombroise, dissimulées sous le couvert d’actes de bandits de grands chemins. La mort d’Elenah ne fit qu’enflammer un peu plus ces massacres inutiles, qui s’ils rendaient riches le clan de bien des trésors ne faisait que l’enfoncer un peu plus dans un cercle vicieux de haine et de rancœur. A bientôt quinze ans, Shahryar comprenait que de tels agissements n’avaient rien de juste. Une simple barbarie de plus.

***

(an 986)

Les rapines aux abords de Sombreciel, qui n’étaient à l’origine qu’un bas moyen de vengeance, se transformèrent peu à peu en de véritables attaques d’une violence gratuite. Il était réputé que la rancœur des Erebiens était tenace, et force était de constater que Soliman en était un parfait exemple. Ni la mort de sa traîtresse d’épouse ni les mises en garde de son sultan ne l’arrêtèrent. Âgé de dix-sept ans, Shahryar fut lui aussi sollicité pour prendre part à ces massacres qui n’avaient pas de raison d’être. Jusqu’ici tenu de veiller sur le clan et empêcher les étrangers de fouler leur terre sacrée, il fut bien des fois convié à prendre part aux chevauchées jusqu’à la frontière cielsombroise. Pas une fois il ne refusa la demande de son père, mais jamais il n’engagea son cœur et son bras dans ce massacre. Tant bien que mal, il fit son possible pour sauver des victimes innocentes des attaques de ses frères de clan, ordonnant la fuite ou usant de son autorité auprès des siens pour empêcher des enfants d’être massacrés sous les sabots de leurs montures. Comme tout Erebien, Shahryar n’aimait guère les étrangers et ne pouvait prétendre apprécier les Cielsombrois qui lui avaient volé sa mère, mais comment pouvait-on cautionner une telle barbarie qui n’existait que pour satisfaire la soif d’un homme devenu ivre de vengeance ?

« Plus nous avançons et plus nous nous éloignons de ce que nous sommes Sinbad. Les Khamsin sont les gardiens des morts, pas les bourreaux des vivants.
-Je le sais Shahryar, mais comment pouvons nous aller contre les ordres de ton père ? Il est notre émir, le chef du clan et les anciens qui le soutiennent ont fait vœu de loyauté envers lui. Personne ne peut s’opposer à lui et beaucoup partagent cette colère qu’il distille. »


Oh combien il savait une telle chose. Le pouvoir de son père et son influence sur le clan était puissante. Il savait comment éveiller la colère des siens et l’utiliser comme une arme pour son seul bénéfice. Il y avait bien longtemps que le chef des Khamsin ne songeait plus au devenir du clan mais à sa seule ambition personnelle. Et c’était bien parce que les anciens du clan étaient des hommes loyaux et vrais que Soliman demeurait encore à cette place, quand bien même beaucoup voyaient aussi la folie dans son regard.

« Notre clan souffre plus que mon père ne veut le voir.
-Il ne le voit pas, cousin. Il ne le voit pas comme toi et moi le voyons. »


Sinbad avait raison et il était bien l’un des seuls du clan actuellement à essayer d’œuvrer avec lui contre le chef pour sauver les innocents. Plus qu’un cousin, Sinbad était devenu comme son frère, plus grand que lui certes, mais c’était ensemble qu’ils veillaient l’un sur l’autre et sur les membres de leur fratrie plus jeune. Parfois, ils se demandaient ensemble s’il n’existait pas un moyen de mettre fin à cette folie, mais bien souvent, la solution se révélait d’une augure bien sombre.

(novembre 990 - mars 991)

La course effrénée de son cheval commença seulement à ralentir quand la neige de Sombreciel ne fut plus un obstacle à l’effort. Depuis une bonne heure, Shahryar avait franchie la frontière entre Ibélène et Faërie, passant du duché de l’Esprit à celui des Jardins. Loin d’en faire une promenade de santé, c’était la nécessité qui l’avait obligé à passer dans l’empire de la Magie. Une fois encore comme c’était le cas depuis plus de quatre ans déjà, Shahryar avait pris part à l’une des attaques sur la frontière cielsombroise. L’opposition n’avait jamais été conséquente, les gardes de Sombreciel n’étaient pas réputés pour être de fins combattants, mais cette fois là fut différente. Il aurait dû se douter que la colère de Charif à l’encontre de son émir finirait bien par devenir dangereuse, car il avait certainement œuvré pour faire venir les troupes d’élites de l’empire chargée de faire cesser le banditisme entre les duchés. Tous autant qu’ils étaient, ils avaient été surpris par la présence du corps de Voltigeurs qui décima leur groupe. S’ils furent nombreux à pouvoir retourner en Erebor et se cacher en terrain sauf, Shahryar et quelques autres hommes n’eurent pas cette chance et durent fuir sur les terres de Sombreciel jusqu’en Lagrance. Une fois la frontière passée, les Voltigeurs ne pouvaient plus s’en prendre à eux, mais des étrangers ibéens peut-être connus comme des bandits n’auraient pas longtemps le statut de réfugié ici bas.

« Fuis Shahryar ! Nous allons les retenir ! »

C’étaient les derniers mots qu’avaient dit les hommes fuyant à ses côtés, bien avant qu’il n’ait la chance de traverser la frontière. C’était certainement grâce à eux que le prince des Khamsin avait pu passer sain et sauf, mais complètement seul et blessé. Si de prime abord ladite blessure n’avait pas semblé grave, la longue chevauchée et le manque de repos aggravèrent son cas. Perdu en Lagrance, il n’avait pas la moindre chance de retrouver Erebor vivant, et il le savait. Qui, parmi ces gens qu’il ne connaissait pas chercheraient à aider un étranger erebien qui n’avait rien à faire sur ces terres ? Il voyait déjà venir sa dernière heure lorsqu’il chuta de cheval pour rencontrer le sol meuble mais froid des terres lagranes. Ce qu’il se passa ensuite, il ne s’en souvient pas vraiment. Il sait seulement qu’à son réveil, la chaleur l’avait doucement entouré et que ses forces lui étaient peu à peu revenues.

« Vous avez eu de la chance que l’on vous trouve monsieur, et que le seigneur du comté accepte de vous venir en aide. »

Lui avait dit un matin une jeune femme à la peau blanche et aux cheveux très blonds, des yeux bleus l’observant avec curiosité et des lèvres mutines roses. Un physique si différent des femmes de son clan et d’Erebor tout entier. Un physique qu’il se surprit maintes fois à observer et détailler, n’offrant bien souvent comme réponse à ses interlocuteurs qu’un profond silence. S’il n’avait jamais été très bavard, Shahryar l’était encore moins avec des étrangers. Quand bien même était-il lui même l’intrus sur ces terres.

« Vous refusez de nous parler mon garçon ? »

Avait demandé un jour un homme qui souvent lui rendait visite. Toujours dans l’ombre, rarement à montrer son visage, son ton n’en était pas moins resté calme et bienveillant, et dans ses multiples tentatives de le faire parler, Shahryar dut finir par avouer que celui qu’on lui présenta comme le Comte de Blanc-Lys n’était pas un mauvais homme. C’est qu’on encensait rarement les Faës, en Erebor, souvent dépeins comme des ennemis bons à être tués…

« Je ne sais quoi vous dire. Je suppose qu’un merci n’est pas de trop. »

Le franc-parler des Erebiens qui vibrait dans sa voix à l’époque était si peu tolérant, si peu ouvert. Même s’il refusait de voir des innocents périr sous les coups de son père, jamais Shahryar n’avait été réellement ouvert à l’encontre de ceux qui n’étaient pas nés comme lui sur les terres sacrées de son duché. Telle était la façon dont il avait été élevé. Et pourtant… pourtant, les nombreux mois qu’il passa dans le duché de Lagrance, protégé à Blanc-Lys, parvinrent peu à peu à lui ouvrir les yeux. Gauvain de Blanc-Lys avait non seulement accepté ses remerciements mais l’avait invité à séjourner plus longtemps chez lui, curieux de cet Erebien venu de si loin, et soucieux de le voir repartir trop tôt, alors que l’hiver n’allait pas tarder à tomber sur Arven. Tous savaient que traverser Erebor et ses montagnes à cette période de l’année était bien trop dangereux.

Alors cinq mois durant, le prince de Khamsin résida au cœur du comté de Blanc-Lys. S’il fut réticent à toute forme d’approche de la part des autres au début, il dut bien reconnaître que les Lagrans avaient été généreux et bienveillants envers lui. Si différents des farouches et solaires Erebiens de son duché, mais pas désagréables. Pas des ennemis. Sans doute est-ce cette expérience, loin des siens, qui apprit à Shahryar à voir au delà du monde qui jusqu’ici avait été le sien. Désireux d’en apprendre plus, il avait fini par lui même s’ouvrir à cette culture, craignant autant la magie qui coulait dans leurs veines qu’il en était intrigué.

« Si un jour, vos pas ou ceux des vôtres vous portent jusqu’en Erebor… sachez que les Khamsin vous seront amis. »

Telle était la promesse qu’avait fait Shahryar à l’homme qui l’avait sauvé. Une promesse qu’il comptait bien tenir, en remerciement de sa vie épargnée.

***

(an 992, septembre)

L’heure était venue pour Soliman de payer pour ses crimes. Après le refus catégorique et implacable du sultan Charif pour soutenir son émir dans sa vendetta contre Sombreciel, le seigneur et maître du clan Khamsin, humilié jusqu’à l’os, avait décidé de se rebeller contre son roi. Dès cet instant, il avait prouvé à son fils et aux anciens du clan qu’il était définitivement perdu. Chacun savait combien il était dangereux et impensable de s’opposer aux ordres du sultan, et rassembler le clan entier pour marcher vers Vivedune, c’était lui promettre l'annihilation. Rien ne semblait pouvoir faire reculer Soliman dans sa folie vengeresse désormais. Ni la mort d’Elenah, ni la presque mort de son héritier, ni les ordres du duc…

« Il va nous mener à la perte ! S’il continue comme ça, c’est le clan tout entier qui en pâtira ! Nous serons massacrés pour avoir suivi un fou dans ses désirs de revanche ! »

Il avait hurlé sa frustration devant les anciens du clan, les réunissant à chaque nouvelle lune pour constater l’ampleur des dégâts. Pas un n’était en désaccord avec lui… mais aucun n’était en mesure d’agir avec lui. Car un serment de loyauté les liait toujours à Soliman. Un serment les empêchant d’agir de manière juste. De sauver le clan. De sauver des milliers de vies…

« Puisque vous ne pouvez agir, alors j’agirai. »

S’il le devait, il tuerait son père. Car c’était la seule chose juste et sensée à faire. Si personne ici n’était capable de se salir les mains pour le faire, alors il agirait. Il serait le bras armé qui ôterait la vie à cet homme devenu un ennemi.

« Je vais le tuer ma sœur. Je tuerai notre père, pour le bien de tous. Seras-tu avec moi ? Me suivras-tu ? »

Elle l’avait suivi, sa chère et tendre Shéhérazade qu’il ne regardait parfois plus seulement comme une sœur. Elle l’avait accompagné, l’avait vu défier leur père en duel et gagner à la loyale, n’offrant à aucun moment son sang au sable du désert et aux rocs des montagnes.

« Ton sang ne mérite pas de souiller notre terre, traître ! »

Ce sont là les derniers mots que Shahryar adressa à son père, les mains bien fermement serrées autour du cou de celui-ci, coupant toute entrée d’air dans ses poumons. Pendant de longues minutes, il l’observa se débattre. Pendant ce qui semblait être une éternité, il le vit perdre toutes couleurs puis peu à peu cesser de gigoter. Quand il fut sûr et certain que le cœur ne battait plus, il invita Shéhérazade à approcher, elle qui s’était mêlée à l’assemblée venue observer le duel et témoigner de la passation de pouvoir du père au fils. Tels étaient les Khamsin, barbares et violents dans leur méthode, mais juste et loyaux dans leur cœur. Et la seule loyauté pour eux, fils des dunes, appartenait à Erebor, au sultan.

« Avec toi ma sœur, je partage ce trophée qui nous revient de droit. »

Et d’un coup précis, Shahryar avait entaillé le buste inerte de son père, déchiré la chair sans peine et extrait de la cage thoracique un cœur encore chaud, dégoulinant de sang. Pas un instant dégoûté, il porta l’organe à sa bouche pour en dévorer un morceau, avant de tendre à Shéhérazade celui-ci qui fit exactement pareil. Ainsi avait terminé Soliman, émir du clan Khamsin, né en fidèle serviteur d’Erebor et mort en traître devant son peuple entier.

***

Un roi, il était sur le trône sculpté
Dans des halls de pierre aux nombreux piliers,
Avec le toit doré et le sol argent
La porte de runes de pouvoir ornée

Du soleil, des étoiles et de la lune la lumière
Dans de lumineuses lampes de cristal taillées,
Jamais par les nuages ou l'ombre de la nuit estompée,
Brûlait là à jamais, brillante et claire


Chant des Khamsin

(an 992, novembre)

« Es-tu vraiment certaine de ta décision ? »

Shéhérazade n’avait pas répondu, mais dans son regard, Shahryar y avait lu une farouche détermination. Elle ferait ce qui doit être fait, si cela pouvait aider le clan. Soliman mort, la folie vengeresse des Khamsin s’était peu à peu calmée. Mais un lourd sentiment d’inquiétude planait dans chacun des esprits, car l’ancien chef du clan avait failli les mener à leur perte. La colère de Charif n’était pas éteinte pour autant et c’était bien pour cette raison que Shahryar, nouvel émir des Khamsin, et sa sœur Shéhérazade, marchaient en direction de Vivedune avec leur délégation, pour y faire entrer leur princesse au harem ducal. Un honneur qui avait des airs d’offrandes pour un pardon. Et si Shahryar savait qu’il fallait le faire pour retrouver la confiance du sultan, y abandonner sa sœur et la perdre ne l’enchantait guère. Il tenait à elle plus qu’à n’importe qui, elle était depuis toujours cette petite moitié qui vibrait dans son cœur et qui depuis quelques années déjà devenait plus qu’une simple sœur à ses yeux. Il réprouvait cette propre réaction en lui, la détestait tout autant qu’il l’acceptait, sans jamais laisser à sa sœur l’occasion de comprendre pourquoi parfois, dans la tendresse de ses regards, il la voyait comme une femme. Il aimait Shéhérazade, mais savait combien c’était mal et combien il devait forcer son cœur à calmer cet amour intolérable. La laisser partir, pour le bien de tous et même du sien, était certainement la meilleure chose à faire.

C’est lorsqu’ils arrivèrent à Vivedune que l’annonce de la mort de Charif parvint jusqu’à leurs oreilles. Ainsi, son premier fils, Anthim, venait tout juste de prendre la succession, bouleversant quelque peu les plans des Khamsin. Jusqu’à ce que celui-ci accepte que Shéhérazade devienne la première épouse de son tout nouveau harem et scelle ainsi une alliance nouvelle avec le clan des Thaumaturges. Devant ce nouveau duc, sans crainte et avec l’aval de tout son clan, Shahryar s’était agenouillé, prononçant ses vœux d’allégeance éternelle au sultan d’Erebor, s’excusant de l’attitude de son père devenu fou et promettant de réparer les erreurs commises dans le passé. Le pardon avait été accordé aux Khamsin, évitant une guerre interne et surtout des morts inutiles.

C’est dans les appartements qu’on lui avait donnés au palais que le nouvel émir des Khamsin fit, quelques jours plus tard, une bien étrange rencontre. Au cœur de la nuit l’attendait un homme, caché dans les ombres, et qui se présenta à lui comme un émissaire de la Confrérie Noire. La surprise n’avait nullement marqué Shahryar qui, le matin même avait trouvé dans ses affaires le message couvert d’une main noire, symbole de Lida. Un augure mortelle, ou une offre surprenante…

Ce sont les premiers mots de l’homme qui lui ont fait comprendre quelle était l’issue de cette rencontre :

« La Sombre Mère a susurré à l’oreille de notre Oracle que ta foi l’avait appelée et que ta vengeance avait résonné jusqu’à elle.
-Il n’y avait pas de vengeance dans mon acte.
-Ah vraiment ? N’as-tu fait ça que par plaisir ?
-Peut-être. Mais surtout par nécessité. Mon clan allait à sa perte si je ne tuais pas ce fou. C’était la juste chose à faire. Je n’ai aucun regret, il ne méritait que ce destin là. Si c’était à refaire, je recommencerais.
-La Sombre Mère a eu raison de m’envoyer jusqu’à toi, Shahryar. Ne voudrais-tu pas apporter cette justice à d’autres ? Être la main vengeresse pour ceux qui n’ont pas la possibilité de le faire eux même ? »


La surprise laissa Shahryar bien silencieux. L’offre était très tentante, elle l’attirait au plus profond de lui. Seuls ceux de son clan connaissaient l’augure qui lui avait été attribué à sa naissance : lié à la mort, d’une façon ou d’une autre.

« Sache que la Confrérie Noire t’accueillera à bras ouvert comme l’un de ses frères, si jamais tu acceptes. C’est une offre que je ne ferai qu’une fois. »

C’était une décision qui demandait réflexion. Le temps pourtant n’était pas donné à ceux qui avaient la chance ou la malchance de rencontrer les enfants de Lida.

« Ce n’est pas que je ne veux pas mais tout mon clan compte sur moi, je suis leur émir, leur chef.
-Et n’y a-t-il pas quelqu’un de mieux disposé que toi pour reprendre ce rôle ? »


Il y avait peut-être bien quelqu’un. Quelqu’un qui s’imposa naturellement à l’esprit de Shahryar et qui était bien mieux placé que lui pour gouverner le clan. Ce rôle qu’il avait pris à son père, la nécessité l’avait obligé à accepter, mais le prince des Khamsin savait qu’au fond, ce n’était pas ce destin là qui voulait, ce n’était pas ce destin là qu'il voulait. Il y avait cette flamme qui brulait depuis trop longtemps dans son cœur, cette flamme qui allait devenir brasier s’il acceptait de se joindre à la Confrérie et à cette offre qu’il n’avait jamais pensé recevoir. Mais c’était un signe. Un signe qu’il attendait et ne pouvait refuser.

« Laissez moi le temps de préparer mon départ. Je dois bien cela aux miens.
-Très bien. Je t’attendrai seulement une nuit de plus. »


Une nuit, ce n’était rien. Une nuit, c’était un sursis bien court, pour une décision qui lui dévorait le cœur et les entrailles. Refuser lui brulait les lèvres et accepter lui plombait l’âme. Il savait pourtant la route qu’il finirait par emprunter. Tout ce qu’il voulait, c’était que les choses soient bien faites. Dès le lendemain, il fit venir à lui son estimé cousin, son plus proche ami, son presque frère. En peu de temps, Sinbad sut lire dans le regard de Shahryar que quelque chose avait changé. Sans même dire un mot, Sinbad avait deviné quelque chose.

« Toi, tu as pris une lourde décision, n’est-ce pas ? » L’absence de réponse lui fit reprendre. « Dis moi laquelle, Shahryar.
-Je vais partir, Sinbad. Je dois partir.
-Où ?! Tu comptes abandonner le clan ? Il a besoin de son émir… il… »
Un long soupir traversa les lèvres de l’Erebien, il ne s’attendait pas à une telle nouvelle et laissa transparaitre toute son inquiétude dans le regard. « Dis moi la vérité. Notre clan ne peut souffrir d’une nouvelle perte comme celle-ci.
-Ecoute moi. Je te donne ma place. Je rends mon titre, il est tien. Je fais de toi l’émir des Khamsin, et ta lignée sera celle des nouveaux chefs du clan.
-Pourquoi ? Pourquoi fais-tu cela ?
-Nous avons chacun une route à prendre. La mienne n’est plus en direction des nôtres. »
Il s’était alors approché de son cousin, prenant sa main dans la sienne pour y glisser un bout de parchemin. Ce parchemin marqué du sceau de la Confrérie Noire. « Tu… tu diras au clan que j’ai choisi l’exil. Que pour excuser l’attitude de mon père, il vaut mieux que je parte.
-Ne reviendras-tu donc jamais ? »


Il ne répondit pas à cette question, mais les années suivantes prouveraient qu’il reviendrait, quelques fois, sur les terres de sa naissance. Mais les siens ne devaient pas savoir pourquoi il partait. Le secret ne pouvait être éventé, lui qui n’était encore qu’un maigre fil sur la toile du tisseur. Mais tous deux avaient une destinée à suivre, et Shahryar croyait fermement en celle qui l’appelait. Celle qui brûlait en lui depuis toujours et qu’il attendait. Sinbad était fait pour être le nouvel émir.

Devant le sultan Anthim, Shahryar céda tous ses droits à son cousin, faisant de lui le nouveau maître incontesté des Khamsin.

Et dès que le jour prit fin, il disparut de Vivedune.

***

Dans cette aube sanglante
Je laverai mon âme
Pour appeler l’esprit de la vengeance
Pour renier ma sagesse pour ma colère
Pour briser le cri du fou silencieux
Et pour être le fils du destin.


(992 – 1000)

Les trois années qui suivirent cette décision marquèrent l’apprentissage de Shahryar au sein de la Confrérie Noire. Déjà bon combattant et au fait de certaines techniques, il termina très tôt cet entrainement et fut rapidement intronisé assassin de la Corde. Son maître, Solal, devint un exemple pour le jeune Erebien, rendu bien loin de chez lui, au cœur de la cité de Lorgol. Si avec son maître il eut l’occasion de retourner de nombreuses fois dans son duché de naissance, il apprit néanmoins à connaître cette ville si différente de tout ce qu’il avait jamais connu, et se mêler à ces cultures à des lieues de la sienne. Devenu plus tolérant, à sa manière, envers les Faës après ses quelques mois passés en Lagrance, Shahryar se mêla à bien des gens, principalement auprès de cette nouvelle famille qu’était la Confrérie Noire. Il avait toujours eu la sensation de faire partie d’un tout, même en Erebor auprès de son clan, mais en rejoignant les Lames de la Confrérie, il s’était rendu compte qu’il avait rejoint quelque chose de plus fort et de plus juste, correspondant pleinement à ce désir qui avait toujours brulé en lui : une justice qui répondait aux prières de ceux qui n’avaient pas le moyen de l’appliquer eux mêmes.

Efficace et rapide dans sa tâche, loin de s’amuser à la torture des victimes mais dévorant malgré tout les cœurs de celles-ci, Shahryar fut rapidement promu au rang d’Adepte de la Corde en l’an 999, à la demande de son Ecoutant Solal. Acceptant cet honneur, il assista son ancien maître dans ses tâches de veilleur de jour à la tour de la Confrérie de Lorgol. Ne goûtant plus réellement à l’espoir de revoir un jour Shéhérazade, enfermée au harem ducal et ne donnant au sultan que des filles, il continuait malgré tout d’entretenir le contact avec elle, échangeant de longues lettres. Il s’amusa à apprendre les noms de ses nièces par cœur, apprécia lire chacune de leurs petites affaires et leurs problèmes, et pesta de ne pouvoir leur venir en aide dans ce piège de harpie qu’était en train de devenir le palais du harem. Comme c’était déjà le cas à l’époque du sultan Charif…

« Menace donc de leur dévorer le cœur, très chère sœur, je suis certain que la réputation des Khamsin finira par éveiller leur instinct de survie. Elles qui ignorent ce que représentent vraiment nos coutumes, elles prendront peur.  […] »

Lui avait-il écrit plusieurs fois, conseillant de jouer sur le mystère de leur clan pour effrayer ces femmes trop stupides pour maintenir un cadre sain dans ce qui était leur demeure.

C’est au cours de l’an 1000, qu’arriva le plus tragique crime que connut la Confrérie Noire. L’Oracle fut assassiné par la couronne de Faërie, et les Lames, pour beaucoup, massacrées dans leur propre sanctuaire. Parti en mission à cette période là, le retour fut pour Shahryar d’une violence inouïe, découvrant ses frères et sœurs, morts pour certains, humiliés et blessés pour d’autres. La vengeance fut terrible pour les instigateurs de ce meurtre odieux, et la sentence tomba comme un couperet sur leur nuque fragile. La famille Impériale de Faërie, l’impératrice et l’empereur, leurs enfants, mais aussi la sœur du duc d’Outrevent, pour faire payer à ce dernier son implication profonde dans l’assassinat de l’Oracle de la Confrérie. S’il ne participa pas activement à la mort de ces illustres personnes, Shahryar observa sans brocher son maitre extraire la vie des enfants impériaux. Sans la moindre once de pitié, il observa ce spectacle aussi tragique qu’inspirant, goutant avec appréciation à cette vengeance amplement méritée. L’Oracle et leurs frères et sœurs massacrés méritaient bien ces meurtres, quand bien même brisaient-ils la balance de l’équilibre en Arven.

(1001 – 1002)

Sans Oracle, la Confrérie Noire resta longtemps sans bouger, incapable de récupérer de la bouche de la Sombre Mère les contrats qui lui étaient envoyés. Restant dans cette attente fébrile, Shahryar put néanmoins observer les curieux événements qui arrivèrent à Lorgol ou dans le reste d’Arven, sans y prendre part activement. C’est seulement en septembre 1001, lors du Tournoi des Trois Opales, que l’Erebien reprit de l’activité, en même temps que la Confrérie Noire. Enfin, la Sombre Mère avait décidé de s’adresser à ses Ecoutants pour transmettre les ordres. Une chose tant attendue par les fils et filles de la Main Noire, restés trop longtemps dans l’ombre.

Pourtant, lorsque la guerre fut déclarée à l’aube de l’an 1002, Shahryar hésita longuement à briser son exil et retourner en Erebor, venir en aide au clan Khamsin, touché par les attaques faës proches de la frontière. Il n’en fit rien hélas, mais son cœur pleura fortement toutes ces pertes au sein de son duché.

Réveillant en lui des sentiments depuis très longtemps enfouis, le temps brisé par l’Ordre du Jugement perturba grandement Shahryar qui se souvient encore de toutes ces choses vécues par lui, sans être totalement lui. Au cœur d’Erebor, il s’était éveillé dans la vallée des Soupirs de son clan, aux côtés de sa sœur. Sa sœur avec qui il entretenait visiblement des relations qui n’avaient guère l’air de choquer le reste de la tribu. Comme si tout ceci était normal. Elle n’avait jamais été envoyée au harem, aucune rébellion n’avait été menée par Soliman et jamais Shahryar n’avait eu besoin de le tuer. Dans cette autre vie, il avait suivi le destin d’émir de son clan, jamais marié et amoureux fou de sa sœur, sans honte ni regrets. Des remords par contre, Shahryar en eut beaucoup au retour de cette vie tortueuse, ne pouvant oublier ces instants vécus aux côtés de sa sœur qu’il n’avait vue depuis plus de dix ans…

C’est cet événement qui le décida finalement à retourner en Erebor librement, en juin 1002. Obtenant de Solal l’autorisation de retourner voir son clan, il put renouer le contact avec eux pendant de longues semaines, retrouvant dans ses racines une nouvelle flamme que les derniers événements avaient manqué d’éteindre. C’est auprès des Khamsin d’ailleurs qu’il entra un peu plus en contact avec quelques familiers de l’Ordre du Jugement. S’il n’en avait entendu parler jusqu’ici que comme des fous s’en prenant aux innocents de manière barbare, il dût reconnaître que les arguments des membres de son clan n’étaient pas sans logique ni fondement. Elevé en Erebor, membre du très mystérieux clan des thaumaturges, Shahryar savait qu’au plus profond de son duché, des choses anciennes et puissantes se cachaient certainement. S’il ne se laissa pas entièrement convaincre par ceux de son clan qu’il soupçonnait être de mèche avec l’Ordre, il n’effaça pas de sa mémoire ce désir lentement mais surement éveillé en lui, typiquement erebien : retrouver les Savoirs qui faisaient autrefois la grandeur de leur peuple.

Quelques semaines plus tard, il repartit du duché du Sable et du Roc, pile quand l’Epidémie se manifesta dans tout Arven. Shahryar ne développa aucune affection particulière pour les mages, qu’ils soient faës ou ibéens, touchés par la maladie, à l’exception peut-être de ses frères et sœurs de la Confrérie Noire qui comptaient dans ses rangs quelques enfants bénis d’Aura. Peu furent réellement en grand danger, mais le remède arriva à point nommé.

Pendant le livre II : Bien qu'il n'ait pas assisté au jour des Anciens et à la libération de la Chasse Sauvage, Shahryar n'a pas manqué d'avoir vent du massacre perpétré à l'Académie. Il ne se sent nullement touché par la disparition de la Rose et plutôt curieusement, les actes de l'Ordre l'interpèlent de plus en plus.




La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Moins de la peur que de la curiosité a vrai dire. La mort, la Confrérie Noire l'apporte aussi à sa manière, comme symbole de Justice et de Vérité. Cette Chasse Sauvage apporte la libération et le chaos, volant sur son passage des vies que Shahryar ne suppose peut-être pas totalement innocentes.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• La guerre le touche, bien évidemment, puisque Erebor a subi de lourde perte lors des conflits. Néanmoins, il ne pense pas que cette trêve changera quoique ce soit et que l'issue sera une reprise des combats. A moins que chacun se décide à pardonner, mais les actes de chacun ne semblent pas aller dans cette direction. En tout cas, pas aux yeux de Shahryar.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• C'est une ville agréable, il doit le reconnaître. Mais Shahryar n'a jamais pu considérer la cité aux Mille Tours comme sa maison, c'est Erebor, gravé à jamais dans son coeur qui reste et demeurera son foyer. Néanmoins, il a appris à y vivre sereinement, à s'habituer aux nombreuses cultures qu'on y croise et aux multiples forces qui règnent en ville. Cela reste une cité où il se plait à habiter, malgré le froid qui, même avec les années, continue de lui ronger le corps jusqu'aux os.

Livre II:
 





Dans la vie, je m'appelle Camille mais tout le monde m'appelle Biquette et j'ai 22 ans. J'ai découvert le forum via je suis un meuble ici :sisi: et voici ce que j'en pense : VOUS ATTENDEZ QUOI POUR FLOODER ? FLOOD A BIQUETTE *ON*.
Pour les inventés : Je vous autorise/ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Shahryar Khamsin

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Riz Ahmed
♦️ Compte principal : Non

♦️ Hiérarchie : Confrérie Noire / Adepte de la Corde





Shahryar Khamsin et Victorine Hallebarde

C'est un grand honneur

23 octobre 1002



Silencieusement, Shahryar observa le pigeon voyageur qu’il venait de relâcher disparaître dans le ciel. L’aube pointait doucement le bout de son nez sur la cité aux Mille Tours et l’assassin venait tout juste de répondre à un message qu’on lui avait envoyé quelques jours plus tôt. D’aucuns lui auraient sans doute dit qu’user de la magie était plus rapide et plus sécurisé, mais s’il n’avait rien contre les enfants d’Aura, l’Erebien préférait sans hésitation les méthodes ibéennes, qui n’avaient que rarement failli. Sa tâche matinale effectuée, il retourna bien rapidement à la tour de la Confrérie Noire où l’attendaient certainement quelques affaires. Mais avant toute chose, il tenait à voir quelqu’un.

Ce n’était pas tous les jours après tout qu’un nouvel Adepte, qu’importe son secteur, soit nommé par un Ecoutant. Aux dernières nouvelles, il avait vite appris que Lia, Maîtresse de l’Aspect de la Lame, avait fait de Victorine sa nouvelle Adepte, et d’une certaine manière, l’Erebien tenait à lui adresser ses félicitations. Ce qui était assez rare pour le souligner, lui qui n’était pas réputé pour être le plus bavard ou le plus sociable au sein des assassins. Certes toujours présent, répondant promptement aux tâches qui l’incombaient, il était su et connu que Shahryar était taciturne et silencieux, et surtout pas forcément toujours de la plus aimable des compagnies. Et s’il ne connaissait pas intimement la Belliférienne tout juste promue au rang d’Adepte, il lui était assez familier pour lui adresser quelques mots d’encouragement dans ce rôle aussi honorable que complexe.

Avec l’aube, il espérait donc la croiser juste avant qu’elle ne termine son service, et par chance, cela ne manqua pas. L’attendant non loin de sa chambre, il put la rencontrer avant qu’elle ne s’y engouffre et disparaisse pour le reste de la journée.

« Victorine. »


La salua-t-il de cette voix sombre et grave qui le caractérisait tant, chaude comme le sable d’Erebor mais distante comme ses montagnes. Un instant, il détailla la jeune femme qu’il avait déjà vuz un bon nombre de fois dans la tour. Elle était comme lui une habitante des lieux, au contraire de certaines autres Lames qui ne venaient ici que pour prendre leurs missions et retourner aux antennes de leurs villes, éparpillées un peu partout en Arven. Après une légère pause où il en profita pour s’approcher un peu, il précisa les raisons de cette interruption.

« J’ai appris la nouvelle. Des félicitations sont de mise, bravo pour ta nomination. » Il adressa un léger sourire à la jeune femme. « La tâche ne te semble pas trop effrayante ? » Il ne sous-entendait pas qu’elle n’était pas à la hauteur de celle-ci ou que c’était trop pour elle, bien au contraire. Mais il savait, pour être lui même Adepte, que l’honneur pouvait parfois peser lourdement sur les épaules. Parfois, il se demandait ce qu’il pouvait en être des Ecoutants, dont la tâche était hautement supérieure à la leur.


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Message Sujet: Re: Recodage Livre IV ♦ Sujet de sauvegarde des fiches à refaire   Jeu 27 Déc - 20:59



[Shereen] présente

Merle
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Joseph Fiennes

« Give those you love wings to fly, roots to return and a reason to stay. »

Protecteur - Fanatique - Fidèle - Susceptible - Adroit - Baratineur - Dévoué - Excessif - Souriant - Séducteur  - Charismatique - Maniaque



©️ Schizophrenic
Ne dit-on pas que les enfants sont l'avenir ? Si tel est le cas, comment peut-on les laisser ainsi, sans personne sur qui compter, sans soutien et sans espoir ? Ce n'est pas bien. Ce n'est pas juste. Ce n'est pas moral. Alors lui, il est là. Lui, il les aime et les protège. Quoiqu'il en coûte.



©️ Shereen
Âge : 47 ans
Date et lieu de naissance :  20 mai 955, sur les routes d’Ansemer
Statut/profession : Voleur, maître du Charme
Allégeance :Au Fils des Ombres
Dieux tutélaires :Isil et Trelor
Groupe principal : Les hérauts du renouveau
Groupes secondaires :Peuple / Cour des Miracles




Je pourrais parler du sable, qui s'introduit dans chaque interstice non protégé et qui vous brûle la gorge et les yeux, et des oasis luxurieux d'Erebor. Ou bien encore me souvenir des plages et des falaises, avec le bruit des vagues s'écrasant contre elles, du parfum des embruns qui flottent partout en Ansemer. J'ai encore l'odeur des fruits et et des fleurs de Lagrance qui me vient quand je ferme les yeux. Et la neige qui vous aveugle et le froid qui vous saisit au plus profond des terres de Valkyrion. Pourtant...

Pourtant, je me retrouve les yeux écarquillés, à sans cesse tourner sur moi-même, comme si de nouveaux détails, de nouvelles découvertes pouvaient apparaître comme par magie à chaque seconde qui passe dans cette cité aux mille ruelles. Et c'est sans doute possible ici. Les musiciens y jouent sans cesse, avec autant de virtuosité que les aigrefins soulagent des bourses les passants inconscients, et partout des enfants. Certains devant avoir une dizaine d'années comme moi, d'autres plus jeunes, bien trop jeunes pour courir ainsi dans ces ruelles, comme s'ils étaient seuls dans cette immense cité.
Je presse le pas, courant presque pour rejoindre maman et la caravane, souriant de plus belle en la voyant se tourner vers moi et me tendre les bras. Elle m'entraîne avec elle et nous rejoignons les quelques danseurs situés au milieu des troubadours.

C'est ainsi que tout devrait tout le temps se passer, entre rires et amour, entre protection et amusement. Mais je sais que je suis un privilégié. J'ai beau ne pas avoir ce que la plupart appellent une maison, j'ai beau être sans cesse sur les routes, j'ai plus de chance que la majorité de ses va-nu-pieds et autres mendiants abandonnés. Je suis entouré et protégé. J'ai une famille.

******

Je lui vante les beautés de l'architecture de Lagrance, lui murmure quelques mots sur les parfums et les fleurs qui ne rivalisent guère avec sa douceur et sa beauté, je ne fais qu'effleurer du bout des doigts son cou dans un geste audacieux. Et je la vois rougir et lancer des regards autour de nous alors même que j'arriverais presque à lire en elle comme dans un livre ouvert. Bien évidemment, je lui parle de mon travail, des connaissances que j'ai accumulé au travers mes voyages, de la difficulté de se faire une place et un nom dans cette ville alors que l'on ne connait personne, et que l'on est personne. Et j'ai un sourire en coin en croisant son regard. Elle a l'air tellement innocente que c'en serait presque un crime je l'avoue. Mais elle ne l'est point tant que cela, pas de cette façon, pas alors qu'elle me regarde avec ses yeux-là. Malgré tout, je me sentirais presque coupable de lui mentir ainsi, de lui vendre ainsi mon désir de me faire une place en tant qu'architecte, rêve impossible à atteindre pour le pauvre être que je suis.
Mais pas pour elle. Elle est riche, elle a les moyens. Rien que ses boucles d'oreilles doivent valoir une petite fortune. Pourtant, j'espère plus que de simplement pouvoir les lui retirer. Ne suis-je pas en train de parvenir à la convaincre d'investir en ce fabuleux jeune homme au destin éblouissant pour peu qu'on lui laisse sa chance ? Oui, je l'ai dit, je me sentirais presque coupable. Presque.
Je souris et attrape une mèche de cheveux avec laquelle je commence à jouer. Et c'est elle qui me propose de l'accompagner chez elle, pour parler affaires, c'est elle qui la première va voler mes lèvres ce soir-là.

J'effleure son dos avec douceur, avant de l'embrasser sur l'épaule quand elle bouge, sans se réveiller. Je me rhabille et fais le tour de la pièce, récupérant la somme qu'elle a voulu me confier. Et ces si jolies boucles d'oreilles assorties au collier déjà dans ma poche. Oh, elle va me détester, mais je doute qu'elle se souvienne véritablement de moi. Et puis, que pourrait-elle faire ? Ne m'a-t-elle pas invité chez elle en m'offrant une confortable somme d'argent ? Peu importe, je serais déjà loin quand elle se réveillera.

Je sors et je m'arrête quelques mètres plus loin, alors que je le vois. Lui, je le connais, de loin, de nom, de renommée. Maître voleur de ce qu'on dit. Il me fait signe d'approcher, nonchalamment appuyé contre un muret, avant de se redresser quand je fais mine d'hésiter. Je soupire, et m'approche de lui avec un sourire innocent, les mains enfoncés dans les poches. S'il pense pouvoir me voler mon propre butin, tout maître qu'il soit, il se trompe lourdement. Mais non. Il me jauge et finit par rire alors qu'il m'enjoint à lui raconter, avant de s'en retourner à la Cour, s'assurant que je reste sagement dans son sillage, murmurant quelques paroles que je ne comprends que plus tard. Moi, apprenti ?
Les épreuves du Solstice avaient eu lieu quelques jours plus tôt, et me jouer d'eux a été aussi facile que de séduire la demoiselle, ou presque... Et à priori, cela lui avait suffisamment plu pour qu'il songe à moi en tant qu'apprenti.

******

Je lève l'index pour attirer leur attention, avant de faire un geste de la main. Je retiens un sourire alors que je vois presque tous les regard suivre le mouvement. Quelques-uns regardent ailleurs, encore trop jeunes et inattentifs pour s'y intéresser vraiment, et d'autres, peu nombreux, me regardent moi et essaient de voir. De comprendre. Ceux-la, je les cale dans un coin de mon esprit pour plus tard, car ils ne sont pas nombreux ceux qui, tout enfants qu'ils soient, ont déjà le réflexe de prêter attention à tout l'ensemble, ceux qui savent que bien souvent la gestuelle large et les intonations cachent davantage que ce que l'on veut montrer. Bien évidemment, en l'occurrence, c'est la simple envie de leur montrer un tour de magie qui me place face à eux.

Ils n'ont pas grand chose et la plupart ne connaissent rien d'autres que les ruelles et les caches de la Cour. La plupart savent comment couper le cordon d'une bourse, mais ils sont aussi encore trop petits pour être vraiment doués. Trop jeunes en vérité pour être là et pour y être seuls. Le bon côté, c'est qu'ils sont aussi trop jeunes pour ne pas croire, pour ne pas espérer, pour ne pas encore rêver. Et puis, ils ne sont pas vraiment seuls, il y a toujours quelqu'un pour s'en occuper... un peu... De temps en temps.

Et surtout, moi, je suis là. Ils le savent. Ils viennent me trouver pour parler, pour se confier, pour avoir une chance, pour rire, ou pour pleurer sur mon épaule. Qu'importe la raison, je suis là depuis bien trop longtemps maintenant pour que quiconque puisse ignorer ma tendresse ou ma patience à leur égard. J'arrive à les distraire de leur vie quotidienne et à leur changer les idées. J'ai toujours de quoi prendre soin d'eux. Car s'il est vrai que d'autres s'en occupent, ce n'est ni permanent ni suffisant. Alors, je suis là, toujours, pour eux.

Et je fais apparaître devant eux quelques bibelots en bois et nombre de bonbons. Comme par magie. Ce n'en est pas réellement évidemment, je suis doué de mes mains, mais pas pour la magie. Uniquement pour délester les honnêtes gens et faire quelques tours devant des enfants ébahis. Ou avec les dames effectivement.
Les enfants sourient et s'écrient, me demandent comment j'ai fait, avant de se précipiter pour avoir une sucrerie. Je ris en passant à leur côté, faisant un clin d’œil aux deux ou trois qui froncent les sourcils en essayant de se rappeler des mouvements.

Et, en toute honnêteté, qu'importe d'où ils viennent et qui ils sont. Ce ne sont que des enfants. Des enfants de la Cour. Mes enfants.

******

Je soupire et me passe une main dans les cheveux. Sans doute se trouve-t-il plus malin mais il se trompe. Le grand stratège, l'arrogant et intolérant second... J'inspire lentement. Se poser en observateur est une chose que je peux comprendre. Mais laisser la guerre empirer et embraser tout le continent en est une autre. Oui, je sais bien que cela nous est favorable et que les petites mains peuvent d'autant plus facilement faire leur office. Malgré tout... si cette guerre se propage et arrive jusqu'ici, que se passera-t-il ? Les Filles et les Fils de la Cour ne sont pas des guerriers. Oui, un certain nombre d'entre eux sauront s'en sortir, parce qu'ils sont rapides, adroits et courageux. Mais les autres ? Si les combats, si quoique ce soit se passait à la Cour... la plupart ne sauraient se protéger. Le Conseil est là pour ça non ? Le Fils des Ombres veille sur nous tous et nous, nous veillons sur les Enfants des Miracles. C'est comme ça que ça marche...
Lorgol est neutre, fort heureusement, mais qui sait ce qu'il pourrait se passer malgré tout. N'est-ce pas notre rôle de protéger ces enfants ?

Et voilà comment je me retrouve à envisager d'accepter la proposition de la femme qui me fait face. Et si elle me sourit, si j'arrive néanmoins à la faire rougir et minauder, elle ne m'a pas abordé en ce sens. Oui, parce que c'est bien elle qui est venue vers moi. Cela arrive parfois, mais en général, je choisis malgré tout. Alors je l'observe et enregistre les détails, les intonations et les informations. Celles qu'elle transmet comme celles qu'elle omet, qui sont ma foi tout aussi, si ce n'est plus, importantes. Je suis Maître au Conseil, place enviée et convoitée, et je suis plus que bien placé pour obtenir et fournir des renseignements et murmures.
Mais si je les rejoints, si j'accepte d’œuvrer avec eux, ce n'est pas pour eux, pas réellement. Si je les aide, c'est pour les miens. Et pour moi accessoirement... Si cela m'aide en plus à évincer Tyr et à, pourquoi pas, prendre sa place...
Qu'Isil m'en soit témoin, je ferais mon possible pour protéger cette famille. Même si pour cela je dois collaborer avec l'Ordre du Jugement.

TRAME ALTERNÉE (Intrigue 2.3 La Roue Brisée)
→ Dans la famille de Merle, on voyage depuis des générations. Sa caravane de gitans est spécialisée dans un commerce bien particulier : celui de la traite des enfants. En effet, ils kidnappent et revendent tous les bambins mal surveillés qu'ils croisent sur le chemin. Ce commerce lucratif a fait de lui un homme riche : il envisage d'ailleurs d'étendre son champ d'activité pour y ajouter des rançons et du chantage.
→ Je ne sais pas ce qui est le pire. Avoir fait quelque chose d'aussi horrible ou m'en souvenir. Quoique je préfère savoir malgré tout, même si cela me brise le cœur.
Je me suis réveillé à Lorgol, chez moi ou presque, le 30 avril, en croisant les mômes. Les miens. Mes petits voleurs. Et tout est revenu quand je me suis tourné vers ceux qui m'accompagnaient, qui n'ont guère compris l'engouement des enfants à mon sujet d'ailleurs. Et Grâce m'a expliqué. Et ça m'a rendu malade, alors que je me rendais compte que ça aurait pu être eux. Que peu importe au final, j'avais enlevé et fait tuer des enfants. Pour les revendre donc, comme ma famille le faisait depuis longtemps, devenant riche à ne plus savoir qu'en faire.
Et j'ai beau me dire que c'est fini, que jamais je ne ferais une telle chose en réalité... Tout ce que je vois, ce qui me hante, ce sont les visages de ces gosses, de celui moribond que j'ai négligemment poussé du pied, de leurs regards perdus et horrifiés...

Pendant le livre II :
→ Merle a accompagné le convoi à Roc Epines, alors que la maladie frappait mages, chevaucheurs et autres sans distinction, annulant la magie chez quiconque la possédait. Il a cru perdre nombre d'entre eux, mais fort heureusement, grande était la force en lui, car il a su convaincre le patriarche de leur bonne foi, tous ont reçu un remède et se sont remis. Il a entendu de nombreuses confidences, entre délires et pertes de conscience, qu'il garde pour lui évidemment.
Entre ça et la trame alternée, Merle est un peu perdu, voulant protéger les siens, ses enfants, sa famille, malgré ce léger mais persistant sentiment de ne pas être à la hauteur face à la magie.




Questions livre II:
 

La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• J’ai vu certains des ravages qu’elle a commis. J’ai vu l’Académie, alors que des corps la parsemaient encore et que du sang encore frais marquait les murs et la cour. Personne ne sait rien et ne peux nous en apprendre davantage, personne ne sait ni comment ni pourquoi elle choisit ses victimes. Forcément que j’ai peur et que je m’inquiète. Comment ne pas l’être ? Je ferai tout mon possible pour protéger les miens, ma famille, même si je me sens encore une fois particulièrement inutile face à tout cela. Qu’importe s’il m’arrive quelque chose en vérité, si tant est que j’arrive à protéger la Cour… Quand bien même, je préfèrerais évidemment rester entier.

Une trêve hivernale a été déclarée entre Ibélène et Faërie. Comment ton personnage voit-il la guerre entre les deux empires ?
• Je suis assez partagé sur le sujet. D’un côté qui dit guerre, dit chaos et troubles, ce qui est plutôt bon pour les affaires en général, que ce soit pour la revente d’informations ou les vols purs et simples. D’un autre côté, même si Lorgol est épargnée de par sa position, je ne peux qu’espérer que cette trêve perdure. Si jamais la guerre venait jusqu’ici, si elle touchait la ville et les Enfants des miracles, ce serait dramatique. Mais comme dit, jusqu’à présent la neutralité de la cité est intacte et préserve ses habitants, et c’est bien le principal.

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• J'en suis tombé amoureux alors que je n'avais pas 10 ans. J'ai visité en long, en large et en travers tous les royaumes de ce continent, j'ai vu des merveilles naturelles incroyables, des trésors d'architectures magnifiques et j'ai rencontré des personnes fabuleuses partout en Arven. Mais c'est à Lorgol que mon cœur est resté attaché, dès le premier jour. J'aime l'ambiance qui s'en dégage, la douceur et la beauté des Tours qui s'élancent vers le ciel, les rires et les soupirs perçus à chaque coin de rue. Et les enfants, courant en tous sens, suspendus autant à vos mots qu'à vos bottes... ou à votre bourse. C'est chez moi. La Cour est ma maison et ceux qui y vivent sont les miens, ma famille. Pour rien au monde je ne changerais cela.






Dans la vie, je m'appelle Shereen et j'ai deux gosses et je fais des études... ça vous embrouille hein ?
J'ai découvert le forum via plein de monde, Yuli pour ne nommer qu'elle /o/ et voici ce que j'en pense : je vous le dis dès que j'y ai réfléchi, parce qu'y a trop à liiiire.



Récapitulatif

Merle Consent

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Joseph Fiennes
♦️ Compte principal : Oui

Ne conserver que les lignes remplies
♦️ Hiérarchie : Cour des Miracles / Maître du Charme
♦️ Affiliation : Ordre du Jugement

_________________



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