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 Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre

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La Fatalité
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Message Sujet: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyVen 9 Fév - 22:51




Chroniques d'Arven

Intrigue 3.2

De Plume et de Serre

29 mars 1003



Intrigue animée par Danette



L'empereur est mort, vive l'empereur. Les menaces pèsent sur Ibélène et si la trêve apporte un soulagement bienvenu, tous se demandent ce qu'il adviendra après les quatre mois accordés, surtout si l'empire ibéen n'est pas capable d'opposer un front uni. Déjà, les dents grincent face à la prise de pouvoir de Guillaume de Brumecor, et l'on craint que l'unité d'Ibélène ne se délite. Octave sera-t-il le rassembleur, l'homme providentiel ?

Rien n'est moins sûr. Mais Augustus était un homme de poigne, un empereur apprécié, et chacun se doit d'accorder un minimum de crédit à son fils. A moins que l'on espère le voir s'écrouler rapidement. Quelle qu'en soit la raison, chacun a répondu à l'invitation du couronnement d'Octave : ducs et nobles, riches marchands et artisans adulés par les cours ducales, tous sont attendus à Ibelin le 29 mars, soit quelques jours avant la fin de la trêve. La menace de l'Ordre plane, la Chasse Sauvage fait trembler les Ibéens, mais il est nécessaire de se rassembler pour célébrer le début d'un monde nouveau. Car chacun le sait : critiqué ou apprécié, Octave sera l'avènement d'une ère nouvelle.

Tremble-t-il, le futur empereur ? Craint-il un sort funeste ? Entend-t-il les ragots, les rumeurs, qui tournent autour de lui ?
L'absence de sa sœur Sixtine déchaîne les passions et il se chuchote même que le jeune Octave n'y serait pas étranger. Disparus, aussi, le duc et la duchesse de Bellifère. Octave tendra-t-il la main à Guillaume de Brumecor, nouvellement couronné duc  ? Tant de rumeurs, tant d'incertitudes, tant de critiques aussi…

Mais malgré le deuil, l'inquiétude et les disparitions, le temps est à la fête à Ibelin. La ville s'est parée de ses plus belles couleurs, et la présence multiple de Voltigeurs et de gardes ducaux donne un certain sentiment de sécurité. Si l'allégresse n'est pas aussi présente que ce que l'on peut attendre, si les visages sont encore marqués par l'inquiétude, chacun essaye d'oublier, pour une journée, ses tourments. C'est jour de joie, en Ibélène : l'empereur Octave va prendre place sur le trône !





Premier Tour

Consignes



IRL : du vendredi 9 février au vendredi 16 février (18h).
IRP : le 29 mars 1003, milieu de matinée.

• Ce topic concerne les personnages inscrits à l’intrigue au préalable. Si ce n’est pas le cas, un petit MP à la Fatalité et vous serez les bienvenus ! Je vous rappelle que malgré la trêve, les Faës ne sont pas admis en Ibélène. Les mages ibéens ont tout intérêt à se montrer discret, Valkyrion étant un duché particulièrement hostile à la magie.

• Le tour couvre l'arrivée des délégations ducales et de la noblesse, leur installation dans la ville et leur introduction dans le palais impérial. La cérémonie de couronnement n'a pas encore débutée. N'oubliez pas que sans portails, le voyage a été long, et que sur la route il n'y a pas grand-chose à faire, si ce n'est colporter des ragots.

• Ibelin est décorée pour l'occasion et même si l'on sent une certaine tension, tout est fait pour accueillir et enchanter les visiteurs. Crieurs des rues, jongleurs et bardes peuplent la cité, et les tissus colorés égayent un peu l'austérité de la ville.

• Les patrouilles de gardes ducaux sont nombreuses, et les Voltigeurs montent la garde depuis le ciel. Le couronnement se fera sous haute surveillance, Valkyrion gardant encore la cicatrice des événements survenus à Svaljärd il y a quelques mois.

• Tous ne peuvent loger au palais impérial, c'est pourquoi des demeures temporaires ont été installées dans la cité impériale. Les auberges sont pleines et il est également possible de loger chez des amis ou chez la famille éloignée.

• L'atmosphère est toujours tendue, notamment avec la peur, omniprésente, de l'irruption de la Chasse Sauvage. Les nouvelles vont vite, on sait qu'elle a déjà emporté de nombreuses personnes. La perspective de la fin de la trêve est également dans tous les esprits.

• Coucou, la limite de mots est toujours là ! 700 mots maximum par message, pas un de plus, sinon je mords !  :laa: A titre exceptionnel, votre premier message, et uniquement lui, peut compter jusqu'à 1 000 mots.

• Pensez à indiquer votre nombre de mots en utilisant impérativement ce site et le résumé de vos actions sous balises spoiler.

En avant, dragonnets! :roc:





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Dernière édition par La Fatalité le Sam 31 Mar - 22:10, édité 1 fois
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Shéhérazade d'Erebor
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyDim 11 Fév - 12:57

Sa première visite officielle !
Ballotée dans le palanquin qui la transporte vers la cité impériale, Shéhérazade se remémore la confusion qui secoue sa vie depuis la mi-février. Couronnée sultane le 14, elle a eu une grosse dizaine de jours à peine pour se remettre du colossal changement dans sa vie – sa sortie du harem, Mansour étroitement serré entre ses bras et ses cinq sœurs cramponnées chacune au voile de son sari ; son emménagement dans la suite de la sultane ; les innombrables missives de félicitations, et même quelques cadeaux en provenance des lieux les plus proches de Vivedune. Dix jours, un peu plus – et tant à faire, en prévision du voyage diplomatique prévu le mois suivant pour assister au couronnement du très jeune prince Octave en succession de son père. Dix jours, pour attendre les représentants des clans et de Roc-Épine, qui se joindront au cortège pour parcourir la longue route les séparant d'Ibelin.

Alors, vaillamment, Shéhérazade a réduit ses heures de sommeil pour ingurgiter le maximum d’informations possible dans sa mémoire affûtée : les règles de l’étiquette, envers les seigneurs impériaux d’abord, mais également envers les autres ducs et duchesse d’Ibélène ; surtout en l’absence du couple ducal belliférien. Son remplacement par un général aux dents longues la semaine suivante a beaucoup secoué la sphère politique ibéenne, et le sourcil froncé d’Anthim à cette nouvelle n’a pas semblé particulièrement engageant. Ils en parleront sûrement, de sultan à sultane, plus tard. Lorsqu’ils auront eu la possibilité de le rencontrer en personne.

Parmi les informations apprises par cœur, la géographie kyréenne pour mieux suivre l’itinéraire, les spécialités du duché, ses coutumes et tout un dossier explicatif sur ces curieuses femmes guerrières au nom imprononçable. Shéhérazade a également consulté les renseignements accumulés sur les familles ducales de Valkyrion et de Sombreciel ; ainsi que tout ce qui était disponible sur la curieuse disparition de la princesse Sixtine. Tout en se faisant réaliser en presque urgence des saris adaptés au froid rigoureux des glaciers, après avoir convoqué à ses côtés la charmante Astarté – et en vidant soigneusement le harem de ses occupantes les plus teigneuses, avec l’aval de son royal époux. C’est ainsi qu’à l’avant-veille du départ, une cohorte de concubines a retrouvé la liberté avec quelques-unes des filles d’Anthim, retournées à leurs tribus respectives avec les remerciements du sultan pour « des années de loyaux services » et un gros tas d’or, ainsi qu’une invitation à l’un de leurs frères ou cousins pour intégrer les sigisbées à la place. Normalement, pas d’ego froissé – et au harem vidé des trois quarts de ses occupantes, ne restent que cinq concubines de longue date, choisies personnellement par Anthim dont elles sont les préférées. Ainsi qu’une légion de guerrières Sadaqa, le clan d’Anthim, venues veiller sur les enfants de Sitara et de Shéhérazade, que la nouvelle sultane a dû se résigner à laisser derrière elle.

« Une bonne chose de faite ! Les enfants seront plus en sécurité ainsi, et elles devraient être plus tranquilles sans les harpies pour leur pourrir la vie. » Shéhérazade a chuchoté les derniers mots en levant les yeux au ciel, devisant allègrement avec Astarté qui partage son palanquin depuis le début du voyage il y a un bon mois. C’est la jolie joaillière qui l’a aidée à enfiler des saris de plus en plus épais au fur et à mesure que la température fraîchissait, qui a coiffé simplement mais élégamment les longues mèches de sa chevelure sombre, et fixé dessus la couronne de sultane avec des épingles spécialisées réalisées à cet effet. En retour, la gitane a reçu toutes les confidences de sa souveraine, ainsi qu’une légion de potins pouvant alimenter les rumeurs entre les dunes pendant environ six ans. Tout y est passé : les anecdotes d’années passées au harem, son enfance dans les vallées funéraires, sa joie de retrouver sa famille depuis sa sortie du harem, sa peur terrifiée du vaste monde extérieur, sa détermination farouche d’être une bonne souveraine – tout, sauf Anthim. La personne du sultan est sacrée, et la sultane se garde bien de tout commentaire sur son époux – qu’elle couvrirait sûrement d’éloges, le cas échéant, tant son attachement pour lui est sincère et profond.

Quelques jours plus tôt, n’a-t-il pas souri avec indulgence au moment de s’établir pour la nuit dans l’un des établissements jalonnant le chemin, lorsque Shéhérazade a enfoncé les mains dans la neige avec fascination, émerveillée de voir tomber les flocons si légers ? Elle a ri de bon cœur malgré le froid, la sultane, et passé toute la journée du lendemain à partager son enthousiasme avec sa compagne des sables.

Et voilà aujourd’hui que la capitale ibéenne apparaît au bout de la route. Enfouies sous un monticule de fourrures dans leur palanquin, transporté par des robustes chevaux qui ont remplacé les chameaux à la frontière, les deux femmes glissent le nez entre les épais voiles qui protègent la cabine du froid et contemplent la vue. « Parle-moi encore du palais, Astarté ! » demande Shéhérazade à mi-voix, comme une enfant, tout aussi impatiente d’arriver enfin qu’effrayée de devoir affronter le regard de ses pairs.

Spoiler:
 



Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre TitreSheherazade1

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyDim 11 Fév - 13:57

Que le voyage peut sembler long, dans le froid et la neige, à avancer parmi les congères gelées de Valkyrion. Un voyage qui aurait semblé bien plus long, sans la compagnie de son époux à ses côtés, et des personnes qui les accompagnent tout au long du chemin vers le couronnement. Alméïde peine encore à croire qu'elle est enfin mariée – les jours qui ont suivi la cérémonie ont été une bulle de bonheur dans laquelle elle s'est réfugiée, pratiquement incapable de quitter les bras de son époux et de descendre de son nuage. Plus d'attente, plus d'interdits, plus cette distance qui leur faisait obstacle ; rien que sa présence, ses baisers et ses étreintes, ses mots doux chuchotés à son oreille et ses rires qui lui réchauffent le coeur. Les jours suivants sont plus flous pourtant, plus sombres aussi pour certains, alors qu'elle apprend ce qui est arrivé à sa soeur. Pas qu'à sa soeur d'ailleurs, puisque les nouvelles de la disparition de la princesse Sixtine courent à travers tout l'empire, tout comme celle du couple ducal de Bellifère. Entre bonnes et mauvaises nouvelles, elle oscille, félicitant un jour sa belle-soeur pour sa nouvelle position auprès d'Anthim, redoutant le jour suivant ce qu'il adviendra de l'empire suite à ce coup d'état au coeur du duché de la guerre et au remue-ménage qui s'en suit. Difficile, dans ces conditions, de s'accoutumer à sa place au palais – palais pris dans un tourbillon de préparatifs pour leur départ à Ibelin.

Ils finissent tout de même par se mettre en route et c'est le froid glacé de Valkyrion qui les accueille. Un froid qu'ils s'évertuent à chasser le soir, et à chaque halte qu'ils font. Alméïde profite de chacun de ces instants, elle les chérit comme jamais, après des mois d'attente difficile. Elle aime son époux, tant et tellement, aussi fort que le jour où elle a accepté sa demande, plus encore peut-être. Désormais, nul besoin de ce précieux médaillon pour partager leurs pensées, leurs rires et leurs murmures suffisent, alors qu'ils chevauchent côte à côte.

Il y a parfois quelques ombres pourtant, des souvenirs vieux d'un an qui reviennent la hanter, à mesure que la date de son anniversaire approche. Des ombres chassées par les paroles de Melbren ou de Castiel, prêts à veiller parfois la nuit, malgré la menace de la Chasse, pour l'aider à combattre les cauchemars et les insomnies.

Des semaines vives en émotions donc, depuis que son mariage a été célébré, mais il tarde tout de même à Alméïde de parvenir à Ibelin, où elle sait qu'elle retrouvera son frère et Shéhérazade, une perspective qui lui réchauffe le coeur. Ils ne sont pas encore au palais, lorsqu'elle y parvient avec son époux, son beau-frère et toute leur escorte, mais elle prend son mal en patience. Elle supporte avec dignité les quelques regards curieux – parfois outrés – de ceux qui dévisagent avec attention la seconde épouse du duc de Sombreciel, elle salue les hauts dignitaires et les nobles déjà présents, elle passe un peu de temps auprès de Madeleine et de la princesse héritière, désireuse de mieux la connaître à présent qu'elles sont enfin réunies et qu'elles ne sont guère occupées par mille-et-un préparatif.

Un après-midi, elle rejoint Castiel dans sa suite, où il est accompagné de Melbren. Elle salue le jeune baron et s'approche de son époux pour embrasser sa tempe. « Madeleine est allée coucher Odette. Que diriez-vous d'une balade aux alentours du palais, quand elle nous aura rejoint ? » Il fait froid, mais pas plus que d'habitude pour Ibelin. Même, il semble que le ciel soit plutôt dégagé pour une fois.


Spoiler:
 


dialogues • mediumvioletred




I'd give anything to hear you say it one more time, that the universe was made just to be seen by my eyes.


Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Dim 11 Fév - 20:56, édité 3 fois
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Les Voltigeurs
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Bastien Aigrépine
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyDim 11 Fév - 17:35

Inspirant, le torse bombé, j'essuie une poussière invisible de mon épaule, souhaitant rester aussi impeccable que possible, alors que je regarde autour de moi, partagé entre une admiration devant le faste déployé, que je cache au mieux évidemment, et une jalousie que je ne reconnaitrai jamais, même sous la torture. Je sens la présence d'Ortie, qui m'envoie des images de tas de pièces d'or et je hoche la tête avec une grimace. Oh que oui, c'est exactement ce que je voudrais. Enfin, ce n'est pas d'actualité visiblement et, pour l'heure, je me contente de regarder, essayant de grappiller des informations qui pourraient m'être utiles. Il faut dire que les racontars vont bon train depuis que nous sommes arrivés à la cité impériale. Mais ce n'est pas tout les jours qu'on couronne un nouvel Empereur. Il semblerait que ce soit un honneur auquel j'ai la chance d'assister alors, je prends une mine de circonstance, sentant les regards passer sur moi sans vraiment s'y attarder. Je devrais peut-être m'en offusquer mais je suis plutôt occupé à me demander si je ne vais pas mourir d'ennui. Ce qui serait positif, je serais au sommet de ma beauté après tout.

Je lève les yeux, admirant le plafond un instant et croisant les bras derrière le dos, prenant un air aussi avenant que possible alors qu'à quelques pas de moi se trouvent deux jeunes donzelles, au charmant minois, qui font visiblement des messes basses. Elles ont la mine concentrée et je me rapproche d'un pas silencieux, surtout en comparaison du brouhaha ambiant, non sans un bref regard en direction des Séverac, toujours aussi bien entourés.

"Tu as vu sa robe ? Elle est beaucoup trop près du corps ! Je serais elle, je n'aurais jamais osé sortir..." ... "Oh et puis, tu as entendu parler des vraies raisons qui ont poussé Anthim d'Erebor à amener la "talentueuse"..." La jeune femme lève les mains comme pour exagérer les termes utilisés. "... Astarté ? Il parait que c'est le seul moyen de contenter son épouse." L'autre pouffe de rire alors que la première reprend, le regard malicieux. "Et ces Voltigeurs-là, tu les as vu ? Il parait que le Maréchal a peur des femmes, c'est pour ça qu'il les déteste !" L'autre fronce les sourcils avant de désigner une silhouette qui m'est familière. "Mais elle est tellement élégante celle-là, tu ne trouves pas ? Une femme comme on en fait pas souvent..." Je toussote, me penchant en avant, la tête entre les deux jeunes femmes, en soufflant, sur le même ton qu'elle. "... mais pour ça il faudrait être sûr que ce soit une femme... j'ai entendu dire certaines choses sur sa... nature..." Elles sursautent toutes les deux alors que je leur décoche un clin d'oeil avec mon sourire en coin habituel, celui qui a le mérite de m'attirer des gifles ou des gloussements. Fort heureusement, c'est la deuxième option qui l'emporte, il aurait été gênant de me prendre deux claques en écho dès mon arrivée ici tout de même. Mais elles me jettent un regard qui se veut choqué. Et tout autant curieux. L'une d'elle m'assène même une tape sur le bras. "Ne dites pas n'importe quoi ! Difficile de faire plus féminine !" Je hausse une épaule, avant de souffler, toujours sur le même ton. "Je sais ce que j'ai vu. Et ça expliquerait la peur du Maréchal des femmes. Vous n'auriez pas peur vous, si vous souleviez un jupon et trouviez... autre chose que prévu ?" Je prends mon air le plus innocent, alors qu'elles semblent hésiter sur la véracité de mes dires. "Ce n'est pas pour rien que ce n'est pas une femme comme les autres... vous ne croyez pas ? Elle est loin d'être aussi féminine que vous en tout cas." Je me penche légèrement, dans une révérence qui se voudrait moqueuse si elles me connaissaient mais, les dieux soient remerciés, ce n'est pas le cas. Finalement, je vais peut-être réussir à m'amuser.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyDim 11 Fév - 18:11

Frida. Cela faisait une éternité que je ne l'avais pas vu. Elle était rayonnante, et elle me souriait. Je boitais jusqu'à elle, et me réfugiait dans ses bras. Sa peau était toujours aussi douce, ses cheveux toujours aussi éclatants. Je la serrais contre moi, tandis qu'elle me murmurait que je lui avais manqué. Blottit contre elle, je me laissais envouter par son odeur, bercé par sa voix. Puis, son ton changea. Je relevais la tête, croisant son regard inquiet. Elle caressa ma joue, et me demanda d'être prudent. Je penchais la tête et allais lui demander pourquoi un tel conseil. J'ouvris la bouche et...

Et je me réveillais en sursaut. Assis sur ma selle, je m'étais endormi, et je n'étais pas tombé de mon cheval, un vrai miracle. Je tournais la tête. Rolf se tenait prêt de moi, lui aussi sur son cheval. C'était lui qui m'avait réveillé. Il me lança un regard indifférent, et, sans un mot, me désigna le palais impérial, qui pointait à l'horizon. Nous étions presque arrivé. Je le remerciais, et me retournais pour voir comment allait Rudolf. Mon cadet, à ma demande, avait pu venir pour assister au couronnement avec sa famille. Ses études à l'Académie l'avaient métamorphosé. C'était maintenant un garçon sur de lui, déterminé à devenir Voltigeur, pour mon plus grand désespoir. Cela me faisait cependant plaisir de voir qu'il s'était parfaitement intégré et qu'il se plaisait à l'Académie. Il était revenu quelques jours avant notre départ, et il avait été surpris de constater que rien n'avait changé. Même sa chambre n'avait pas bougé. Tout était resté à sa place. Je l'avais vu prendre son petit griffon en bois, il l'avait longuement regardé, nostalgique. L'Académie avait fait de lui un jeune adulte et cela m'avait serré le cœur de ne plus l'entendre courir dans les couloirs en riant aux éclats, comme il le faisait il y a un ou deux ans.

Le palais se rapprochait lentement, beaucoup trop lentement à mon gout. Mais, au bout d'une après midi de cheval, il se présenta enfin à nous, dans toute sa splendeur. Nous n'avions pas la possibilité d'y loger, c'est donc pour cela que je ne m'autorisais qu'un bref passage devant la demeure impériale avant de rejoindre notre auberge. Nous étions tous fatigués du voyage et nous n'aspirions qu'à deux choses : un bain et un lit. L'auberge était bondée de monde, et je dus jouer des coudes pour demander la chambre qui nous était réservée. Une fois dans la chambre, nous laissâmes tous échapper un soupir de soulagement. Les jours qui allaient arriver n'allaient pas être de tous repos, autant profiter de cette soirée pour reprendre des forces. Je nous avais fait monter un repas et, pendant que mes fils dévoraient leur morceau de viande, je me détendais dans l'eau chaude d'un bain bien mérité. J'entendais mes garçons parler entre eux. Rudolf espérait rencontrer le Major du Vol de Valkyrion, tandis que Rolf, quant à lui, parlait de revoir Elanin. Je savais qu'elle serait présente. En tant que dame de compagnie de la princesse de Valkyrion, il était normal qu'elle accompagne celle-ci pour le couronnement de notre nouvel empereur. Pour ma part, je ne craignais qu'une seule chose : revoir le duc d'Erebor. J'avais veillé à ce qu'il reçoive une lettre d'excuse, que j'avais mis plusieurs nuits à écrire, mais je doutais d'être pardonné, et je savais que sa seule présence suffirait à me rappeler les trois semaines de captivité qu'il m'avait imposé. Je secouais la tête. Voilà une mauvaise manière de se détendre. Je soupirais et fermais les yeux.

Le lendemain arriva bien trop vite. J'étais à peine sorti du lit que Rudolf me demanda s'il pouvait accrocher une plume de griffon à son chapeau. Mes garçons étaient déjà habillés, prêt à partir. Ils avaient revêtus leurs plus beaux atours. Je me hâtais d'enfiler les miens, et, après un copieux petit déjeuner, nous primes la route du palais. Il y avait déjà beaucoup de monde, et entrer ne fut pas une tâche facile. Mais, une fois dans l'enceinte du palais impérial, je me permis enfin de laisser mon regard, une fois de plus, parcourir la magnifique façade.
Une voix familière me fit tourner la tête. Elanin nous faisait de grands signes. Comme un seul homme, Rolf, Rudolf et moi coururent à sa rencontre. Elle était resplendissante. Ses cheveux blonds brillaient comme mille soleils. Elle nous serra dans ses bras et, tandis que j'embrassais sa joue, elle nous dit qu'elle était heureuse de nous revoir. Et, attrapant les bras de ses frères, elle nous entraina dans le palais, tout en nous racontant son nouveau quotidien. Je souris, la voir aussi heureuse me faisait chaud au cœur. Nous étions tous réunis. Enfin, presque. Il ne manquait que Frida. Je tournais ma tête vers le ciel, et soupira. J'avais le pressentiment que, cette fois ci, tout allait bien se passer. Et j'espérais ne pas me tromper.

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Gauthier Coeurbois
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyDim 11 Fév - 22:23

Ibélène • Noblesse



Maximus

de Rougeheaume



Chapitre III.2 ♦️ De Plume et de Serre

Présentation



Décidément, les guerriers de Bellifère avaient des compétences hors du commun en ce qui concernait la chevauchée. Compétences que l'ambassadeur de leur duché, Maximus de Rougeheaume, ne partageaient certainement plus avec eux : si, lors de ses jeunes années, il avait pu survivre et même suivre efficacement ses congénères lors de son entraînement puis sur le champ de bataille, désormais il avait du mal à chevaucher pendant toute une journée. Et, définitivement, tenir sur une selle à un pas soutenu, de l'aurore au coucher du soleil, était pour le diplomate au corps brisé une épreuve.
Ou peut-être que ses fesses de pseudo ancien guerrier s'étaient ramollies, au fil des années. Il faudrait le vérifier, à l'occasion.
Le convoi, délégation du nouveau duc de Bellifère Guillaume de Brumecor, était parti trois semaines plus tôt d'Hacheclair. Dignitaires Bellifériens dévoués à la - nouvelle - couronne, et élite de la milice pour escorter la fine fleur du duché de Kern jusqu'au palais d'Ibelin. Trois semaines aux côtés d'anciens de l'armée, qui faisaient semblant de ne pas le reconnaître. Oh, bien sûr.
Comme un déserteur, supposait-il. Sauf qu'il était loin d'avoir déserté, le fils du comte de Rougeheaume ! Il y avait tout un monde entre partir de son plein gré pour échapper à l'armée, et tomber au fond d'un ravin ! (et manquer d'y mourir, soit dit en passant. )

Mais pour l'escorte, visiblement, il s'agissait de la même chose. D'une même faute, qui lui faisait hausser les épaules. La compagnie des nobles qui le suivaient, sur la route, lui suffisait amplement. avec eux pour discuter quand il le pouvait, l'homme parvenait à oublier les douleurs qui le hantaient : celles qui vivaient encore dans ses os, dans ses muscles. Celles de cette chute presque mortelle, comme une offrande à Nivar. Dix ans plus tard, même si ses parents et le monde le croyaient enfin guéri, il n'en était rien. Sa démarche resterait toujours quelque peu raide, son être serait définitivement endolori.
Mais un ambassadeur n'avait pas besoin des compétences physiques du guerrier qu'il avait été : il avait besoin de sa rigueur, de sa persévérance et de sa ténacité.

Lorsqu'il arriva au sein de la cité impériale, accompagné de ce convoi de personnes d'illustre naissance - bien qu'il ne fut pas à plaindre lui-même -, il contempla avec un enthousiasme qui était bien sien - discret et presque secret - les rues de la ville alors qu'ils avancaient vers le palais.
Après des semaines de chevauchée, se séparer des membres de la traversée des plaines de Bellifère et des routes de Valkyrion pour se retrouver seul au milieu d'une chambre, à choisir une tenue pour paraître au palais... Etait une situation qui lui semblait étrangement calme et presque saugrenue.
Calme, car il ne l'était pas. Du moins, au fond de lui. Oh, en apparence, il pouvait cacher sa fébrilité et son impatience ! Mais ses yeux clairs continueraient de briller de cet éclat énergique avec audace et vivacité, sa main continuerait de s'agiter légèrement pour calmer les pensées tourbillonnantes de sa tête.
Ce n'était pas tous les jours que l'on assistait à un couronnement impérial.

Une fois vêtu de propre, et accompagné de ceux qui représentaient Bellifère -bien qu'il en fut le plus digne. Son duc ne l'avait-il pas dit ? -, une légère appréhension s'installa : c'était sa première fois seul, en tant qu'ambassadeur. La hâte et l'envie de bien faire faisaient chez lui bon ménage, et il était heureux de représenter le duché de la guerre. Mais on ne pouvait stopper la pensée vicieuse qui, tel un serpent, murmurait des horreurs à propos de ses talents de diplomate et de digne représentant de sa patrie.
Ce fut dans l'ambiance générale du palais qu'il trouva une ancre pour s'apaiser et calmer quelque peu ses peurs, ne rester guider que par sa fierté d'en être arrivé là et d'y être pour Bellifère :  il y avait quelque chose de rassurant dans le palais qui se tenait droit et fier autour d'eux, alors qu'il se préparait à se jeter dans le monde auquel il aspirait désormais.


Spoiler:
 



#5E0021
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyLun 12 Fév - 1:14

Noblesse • Savants



Apolline

de Sombrelune



Chapitre III.2 ♦️ De Plume et de Serre

Présentation



Cela fait quelques jours que la jolie Cielsombroise a pris possession d'Ibelin. Un long voyage mais qu'elle a décidé d'entamer bien avant sa famille. Pourquoi ? Profiter un peu de la capitale avant qu'elle ne soit assailli par tous ses nobles invités. Quelques jours d'avance qui lui ont offert la possibilité de retrouver certains contacts et d'aller froisser quelques draps. Elle a même fait un léger détour par Svaljärd. Le duché du froid et de la glace ne refroidit en rien le feu brûlant qui la consume. Apolline aime les promesses du froid. Rester enfermée quelques jours dans une chambre spacieuse où brûle un feu de cheminée envoûtant, dans une ambiance sensuelle qui nourrit certains plaisirs, dont son appétit vorace pour la chair, constitue un de ses passe-temps favoris. Aussi, lorsque les invitations ont atteint les portes de leur domaine, Apolline n'a pas attendu les préparatifs de ses sœurs pour fermer sa propre valise et vagabonder, une nouvelle fois, sur les routes.

Elle sommeille encore, la poétesse, dans les draps de son lit, savourant ce moment où le sommeil et l'éveil se battent pour avoir le dernier mot. A ses côtés, une forme chaude se serre un peu plus contre elle, lui arrachant un soupir de plaisir. C'est l'aube du couronnement. Une fête joyeuse en perspective, même si les derniers événements vont quelque peu obscurcir les festivités à venir. Apolline a encore quelques heures avant de se tirer du lit et commencer à se préparer pour ce soir. La forme passe un bras sur sa poitrine dénudée, descendant un poil plus bas. Son sourire s'élargit. L'éveil a des arguments bien plus convaincants que le sommeil. Avec un petit gloussement, elle se glisse une nouvelle fois sous les draps, prête à bien débuter sa journée.

Il n'est pas encore dix heures lorsqu'elle choisit finalement de se lever. Son amant d'un soir est parti après quelques heures d'extase et Apolline a finalement laissé de côté la literie confortable de cette auberge luxueuse, aux abords du palais impérial. En tant que noble de moindre importance, elle n'a pas d'appartements privés au palais et même si c'était le cas, la Cielsombroise n'abandonnerait pas le confort que lui confère les auberges de luxe. Sa liberté est ce qu'elle chérit le plus et le palais impérial, aussi grandiose soit-il, ne lui offre que des déplacements limités. Au moins ici, elle n'est pas embarquée par la frénésie du palais qui se prépare au couronnement, tout en restant au courant de tout ce qu'il peut se passer. La salle principale où elle prend parfois son petit déjeuné regorge de potins et commérages en tout genre, de quoi alimenter son goût pour les ragots. Elle en a entendu de tous les horizons. La disparition soudaine, inattendue et mystérieuse de la princesse Sixtine. Beaucoup de Kyréens pleurent leur princesse disparue tandis que d'autres chuchotent frénétiquement qu'il s'agit d'un complot ou qu'un amant est venu l'enlever. Certains prétendent qu'elle est morte et les derniers aiment raconter avec un air très important qu'elle a été enlevée par Faërie et que l'empire ne va pas tarder à exiger une rançon. Les plus intelligents, eux, sont persuadés qu'il y a un lien avec la disparition du couple ducal belliférien. Bref, les langues se délient et partagent des secrets, parfois vraiment invraisemblables. La Cielsombroise les écoute, les yeux pétillants. Même si ces disparitions l'attristent, elle pense qu'il vaut mieux en rire et voir ce que l'avenir réserve. Elle se penche vers sa voisine de table. Une petite noble qu'elle connaît bien et qui a la réputation de révéler les secrets plus vite que son propre arbre généalogique. Il est temps de s'amuser un peu. Parlant bas avec un parfait jeu d'acteur, Apolline prend le ton de celle qui a quelque chose d'important à ajouter à la discussion.

-Vous savez, j'ai entendu dire des choses et j'ai toujours été très proche de Séverine de Bellifère.

Voilà au moins un point sur lequel elle ne ment pas. Très proche, même plus que proche. Intimement proche est le terme plus juste. Quelle tristesse qu'une de ses meilleures muses soit portée disparue !

-Et vous savez à quel point Séverine est devenue proche de la princesse. Et bien j'ai entendu dire que...

Et là plusieurs têtes se penchent, les yeux avides, la bouche légèrement ouverte comme pour vraiment gober tous les mensonges qui vont sortir de celle d'Apolline.

-... que des choses étranges se préparent. Voilà déjà un moment que la princesse Sixtine a peur d'un complot envers la couronne. Normal lorsque l'on voit la situation. Elle a dit à Séverine que la duchesse Astrid elle-même s'est montrée très entreprenante, notamment avec le futur empereur. Et là le couronnement approche et la princesse Sixtine disparaît ?

La tension est tellement palpable qu'elle s'en rend visible. Apolline ricane intérieurement de son petit effet.

-Et si Astrid n'est pas aussi innocente que l'on peut croire ? Séduire le futur empereur si sensible et encore sous le choc par sa solitude définitive... pour ensuite, qui sait, placer le véritable futur empereur sur le trône. Sinon, pourquoi tous ces changements ? Ça a commencé par Bellifère et maintenant...

La voix n'est plus qu'un murmure qui meurt dans un profond silence. Puis, d'un coup, un petit cri et les murmures s'échappent, les commentaires fusent. Intérieurement, Apolline se gausse. Propager les rumeurs, un réel jeu ! Toujours ricanante, Apolline finit son petit-déjeuné. Il doit bien lui rester quelques heures encore devant elle avant de commencer à se préparer... heures passées à aider les commères à propager une rumeur issue tout droit de son imagination. D'ici quelques heures, tout le monde sera au courant. Le couronnement promet d'être follement excitant.


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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyLun 12 Fév - 15:38

Le stress était grand, l'impression a donner tout autant si pas plus. Et si Richard doutait encore qu'Octave succède aussi bien que son père, il le cachait admirablement bien. Peut-être qu'avec le temps le faible deviendrait fort. Peut-être que bien entouré et conseillé, il se montrerait à la hauteur de la sa fonction. *Richard. Table. Conviction* Oui, il était tout prêt à conseiller et plus tard à être bien plus proche s'il le fallait. En tout cas il devait bien s'accrocher à cette idée en ce jour de couronnement. Il fallait montrer un front uni malgré les tensions et les doutes.

Des semaines plus tôt, Richard s'en était allé à Lorgol sur le dos d'Adamante, s'en allant reprendre les pièces qui ferait sa tenue du jour J. Profitant de sa visite, il s'en était allé voir Tybalt qui s'en tirait admirablement bien d'avis du maître et était prometteur assez que pour passer forgeron en tout point d'ici quelques mois. C'est qu'il était doué et qu'il y mettait du sien le bougre. Alors, convaincu de son talent qui tenait du sien, Richard lui avait proposé de l'accompagner à Ibelin pour participer aux festivités et se faire remarquer. Et Tybalt avait accepté l'opportunité de se faire déjà un nom et une réputation. Preuve était de ses prouesses fleurissantes que Richard porterait un plastron moulé à la pointe dont les gravures de plumes et griffons seraient siennes. Si ça ce n'était pas l'aider à se faire voir. Offrant tenue présentable et admirablement onéreuse, il s'en était retourné comptant sur la présence de Tybalt qui viendrait logiquement par griffon d'escorte.

Et le jour du couronnement était venu, l'heure aussi et Tybalt avec. Habillé de sa plus belle et chère tenue ; un plastron merveilleusement ouvragé et gravé de plumes et de griffons, des pièces de cuir uniques et tout aussi superbes que travaillés, des jambières à la hauteur de sa position et des morceaux de tissu diapré à faire hurler et glousser en guise de cape et ceinture ; Richard faisait honneur à la Voltige, à sa fonction et à son duché à la fois par une élégance, une prestance, une classe et une masculinité évidente comme irréprochable. D'une allure fière et forte qu'Adamante approuvait, d'une importance évidente quant à sa position, il s'était aventuré au palais et avait salué quelques têtes avant de se tourner entre autre vers Hjalden pour discuter. Il était hors de question de brasser du vent avec un pot de fleur. À ceux et celles qui venaient à sa rencontre, il offrait à Tybalt un nom et une chance de les éblouir.

Il n'était pas friand, Richard, de ce genre de regroupement – justement parce qu’on y trouvait de tout et de rien, mais il était heureux de pouvoir discuter avec certains individus et tout aussi impatient de voir déjà le couronnement s'achever en sa présence. Les mesures étaient prises et il espérait grandement ne pas finir embrasé avec une tête couronnée sous la main !

« Il s'agit de l'ambassadeur, nouveau, de Bellifère. » Indiqua t-il à Tybalt à ses côtés en marchant un peu plus loin. À chaque têtes qui entraient, Richard en indiquait le nom selon si il les jugeait importantes ou non. « Le duc de Sombreciel se trouve à gauche, là. » Et il ne présenta pas les femmes. Trop de complication pour si peu.

« Castiel de Sombreflamme s'est révélé l'écrin d'un empereur, il doit avoir une personnalité- »
« Épouvantable, je prierai Valda que tu n'ai jamais affaire à lui. »
« Mais- »
« Il suffit. »
Coupa t-il tout bas, bien droit.

Continuant de présenter il fini par retrousser le nez et par fusiller du regard les petites dames d'à côté qui partageaient des rumeurs sur sa virilité et sur le complot qui se jouerait autour des Evalkyr et la couronne. Elles pouvaient par contre médire sur Grâce sans soucis. Et elles gloussèrent sous son regard carnassier. Dieux qu'elles pouvaient glousser.

« Oh, je ne serais pas contre qu'il me soulève le mien. »

Bah. Ces dindes. Pourquoi devait-il avoir entendu cela ? Il se jurait de faire passer un sale quart d'heure à l'imbécile ou aux imbéciles derrière ces rumeurs.

« De quelle Voltigeuse ou Voltigeur parlent-elles mon oncle ? » demanda le jeune d'un sourire amusé aux lèvres.
« D'une sombregerme qui ne mérite pas que l'on dépense sa salive. Oublie ces rumeurs, elles ne sont que disgrâces pour ce jour. »
« Mon oncle. » S'exécuta t-il avant de se mettre à le cogner du coude tout sauf discrètement. Le plastron était joli, mais loin d'être agréable quand on cognait dessus et Richard stoppa net son coude tout en suivant ses œillades.

Une grimace, une surprise, une honte et un scandale à la fois ; Solveig de Sovnheim se trouvait plus loin et lorsque leurs regards se croisèrent, il mit autant d'animosité que de virilité dedans – avant de se rendre compte que Tybalt la foudroyait avec tout autant d'ardeur et d'une façon bien trop similaire à la sienne.

« Arrête ça tout de suite. » Claqua t-il pour lui seul, sèchement, autoritairement, mais discrètement assez pour ne pas qu'on se retourne sur eux. « Ne dévisage pas les gens ainsi, pas lors de ce genre d’événement. Soigne ta présentation. Sois irréprochable. Ne me fais pas honte. » Ça ne s'appliquait bien sûr pas à lui et Tybalt ne s’embêta pas à le lui faire remarquer, préférant acquiescer. Et ils poursuivirent les salutations et présentations.

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Maximilien de Séverac
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyLun 12 Fév - 21:20

Le couronnement d'Octave, un évènement à ne pas manquer, pour sûr. Au grand désarroi de Maximilien qui, s'il était ravi d'y assister – en famille qui plus est, occasion rare ! – appréhendait fortement de laisser Sombreciel aux mains des conseillers du duc. Oh, il leur faisait une confiance relative, travaillant chaque jour avec eux, mais Sombreciel était son duché, son sixième enfant presque et il lui coûtait de le délaisser. Le voyage s'était au moins déroulé sans incident majeur, et le conseiller ducal avait pris tout son temps pour papouiller ses petits-enfants.

Il gardait un certain amour pour Erebor, duché natal de sa femme et d'adoption pour ses filles, mais il appréciait tout également les froides contrées kyréennes. Il a longuement chevauché aux côtés de Hiémain et d'un Arsène enchanté par l'occasion, bien qu'il ait boudé le fait de devoir laisser Clochette. Et sans vouloir l'avouer à quiconque, le comte est épuisé. Le voyage en Erebor aux côtés de Melbren a puisé dans ses réserves, et ce nouveau voyage ne lui laisse guère de répit. Il n'a plus l'âge pour ce genre de périple, il s'en rend bien compte.

L'arrivée à Ibelin est un soulagement qu'il s'efforce de ne pas montrer, se doutant bien pourtant qu'Ismalia, au minimum, n'est pas dupe. Il s'est efforcé de passer outre pourtant le comte, se concentrant sur les rumeurs qui fleurissent un peu partout, à chaque endroit dépassé. Les raisons de la disparition de Sixtine sont sur toutes les lèvres, et les théories les plus farfelues circulent. La Rose l'aurait enlevé pour en faire un écrin secret, Octave l'aurait fait assassiner, elle aurait fui avec un garde impérial qui l'aurait charmé… oh non, les rumeurs ne manquent pas. Les interrogations non plus. Le second sujet est tout autant épineux, la prise de pouvoir de Guillaume de Brumecor. Maximilien est d'ailleurs inquiet pour le futur de Bellifère, qu'Ermengarde avait réussi à transformer en partenaire commercial puissant. Les accords entre Sombreciel et le duché de la guerre étant rendus caduques, le conseiller s'inquiète également pour son propre duché. Castiel continue d'honorer sa part du marché, mais cela ne peut pas réellement durer, n'est-ce pas ? Il leur faudra parler avec Anthim d'Erebor – action que Maximilien appréhende toujours – pour essayer de deviner de quoi sera fait l'avenir.

Il a eu des raisons de s'inquiéter Maximilien, durant le trajet. Et il en a encore maintenant, alors qu'Ibelin est en fête. Une fête bien morose, en réalité, pour tout le monde. Accompagné de son épouse, une fois leurs affaires installées, le comte s'avance dans la salle prévue pour l'évènement. Melbren a reçu comme consigne, qui s'apparente plutôt à une prière, de rester aux côtés de Castiel, et Maximilien observe avec un avis mitigé la présence imposante du maréchal de serre. A la fois le patron de son fils et l'un des détracteurs de son cadet… et dire qu'être conseiller ducal lui impose de marcher sur des œufs ! Etre le patriarche de la tribu Séverac apporte également son lot de soucis.

C'est vers le nouvel ambassadeur de Bellifère que Maximilien dirige ses pas, curieux de l'homme et de son escorte. Curieux mais nullement intimidé, en réalité : le comte n'a que peu d'informations sur l'homme, ses contacts n'ayant pas disposés d'assez de temps pour y travailler, mais ce qu'il a appris l'a surpris. Et la relation du nouveau duc de Bellifère avec la fiancée de son fils aîné ne manque pas de l'interpeller, également, ce qui inclut des problèmes potentiels avec les filles de la jeune femme.

Apprends à connaître tes ennemis, dit-on. Pourquoi ne pas commencer avec l'ambassadeur d'un ennemi potentiel ? "Messire, nous n'avons pas encore eu le plaisir de nous rencontrer. Je suis Maximilien de Séverac, premier conseiller ducal de Sombreciel, et voici mon épouse Ismalia." Information bien peu intéressante pour un Belliférien, sans nul doute, mais qu'importe : sa femme n'est pas une potiche, loin de là !

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyLun 12 Fév - 22:04

Elle avait la bouche un peu sèche. Depuis décembre, elle s'était vue introduite dans de nombreux lieux qu'elle n'aurait osé fouler il n'y a pas six mois. Des manoirs et des demeures luxueuses, elle avait pu en admirer quelques uns un dans sa vie. Mais elle avait aussi parcouru le palais ducal de Valkyrion depuis. Et aujourd'hui le palais Impérial. Elle avait quitté le manoir de l'if très tôt pour rejoindre le palais et escorter la famille ducale dans la moindre sortie de leurs appartements.

Qu'importe où tombait ses yeux, le moindre objet décoratif valait largement l'armure qu'elle portait. Et pourtant. La pièce était signée par l'armurier du palais ducal de Valkyrion lui même. Elle n'avait jamais porté un équivalent de toute sa vie, chacun de ses mouvements était parfaitement fluide, chaque partie était du sur mesure. Et ici, parmi toutes ses femmes aux robes, coiffures et bijoux envoûtants, Solveig se sentait elle aussi comme une perle dans un écrin de métal hors de prix. Une perle d'une nature bien différente.
Enveloppée dans une cape de fourrure, les cheveux tressés soigneusement, la Skjaldmö avait pour l'occasion fardé ses yeux d'une bande bleu nuit pour scruter les invités au couronnement de ses yeux océans. Et cacher les profondes cernes qu'elle n'arrivait pas à faire disparaître avec ses nuits hantées par les morts, ramenée en arrière sur les champs de bataille.

Judicieusement, elle avait tiré sa cape sur son épaule droite pour dissimuler l'épée qui battait son flanc, elle pouvait donc triturer la garde, comme à son habitude, sans que personne ne s'en rende compte.

Pendant un temps, elle avait cherché à mettre un nom sur tous ces visages mais elle avait vite abandonnée.  A part les grandes figures ibéennes et quelques exceptions supplémentaires, elle était bien en peine de savoir qui était baron ou cousin éloigné d'on ne sait quelle figure emblématique. La dimension politique de cette journée ne pouvait lui échapper. Mais elle était prête à mettre sa main à couper que cette journée était bien plus que le couronnement de leur nouvel empereur. Autant d'hommes et de femmes habitués à évoluer dans les hautes sphères n'allaient pas se contenter d'attendre qu'une couronne soit déposée sur un front,applaudir gentiment et s'en aller après avoir bien mangé. Impensable. Combien de décisions importantes seraient prises aujourd'hui grâce à une opportunité aussi grande de pouvoir discuter de vives voix avec tout ce beau monde.

Un frisson la tira de ses pensées. Si elle était consciente de tout ça, Solveig s'inquiétait quand à elle d'une aussi grande concentration de puissance réunie. Le Palais devait être en ce jour l'endroit le plus gardé au monde mais elle ne pouvait s'empêcher d'être nerveuse en se remémorant les attentats de Svaljärd et toutes les catastrophes qui avaient suivi.

Cherchant à s'occuper l'esprit de façon plus plaisante, elle laissa son oreille traîner. Et fut soufflée d'entendre des rumeurs sur la duchesse qu'elle accompagnait. Inquiète elle regarda le dos frêle d'Astrid d'Evalkyr. Elle avait dû entendre elle aussi.
Elle avait déjà de quoi fort s'occuper la guerrière, mais une autre fit son chemin jusqu'à elle. Virant au blanc puis au rouge, le seul nom du Harnois lui remémora un souvenir... compliqué. La rumeur était aussi idiote que la première mais ses doutes étaient désormais confirmés. Le maréchal était aussi présent aujourd'hui pour la gloire de son empereur.

Son visage de marbre reprenant ses couleurs, ce fut pourtant ce moment là qu'elle posa son regard sur un jeune homme brun. Une grimace déjoua sa concentration. Tybalt, le neveu était présent. Alors l'oncle ne devait pas être loin. Détournant brutalement la tête dans l'espoir que ni l'un ni l'autre n'ait eu le temps de l’apercevoir, Solveig changea de direction pour obtenir la protection de la foule et se replacer fidèlement aux cotés de la duchesse. Que l'on vienne ''murmurer'' ses inepties au plus près de la famille ducale si l'on osait.  

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyMar 13 Fév - 1:37

- Tu es vraiment magnifique ! Avec ce sourire cloué sur les lèvres de sa mère, Ljära devait vraiment se dire qu’elle avait l’air un peu gaga. Comment aurait-il pu en être autrement ? Avec l’importance de la cérémonie d’aujourd’hui, Ljâra n’avait sûrement jamais eu une aussi belle robe.

Arrêtant de choyer les rubans de sa robe pour sans cesse les mettre dans de nouvelles positions, Astrid laissa les demoiselles qui l’entouraient terminer leur office. Elanin s’occupait de toute manière très bien d’elle, Astrid ne se faisait vraiment aucun souci. Ljära était aux anges. Les tenues des dames qui allaient toutes rivaliser en élégance, elle était toute excitée. Et cela égayait grandement sa maman, qui accepta néanmoins de la laisser à son enthousiasme pour s’occuper de son fils. Ludwig présentait une excitation bien moins grande… Presque inexistante en fait. Le grand sourire d’Astrid devint plus léger mais garda une douceur infinie. Depuis qu’il avait conscience de ses pouvoirs, son quotidien s’était fait bien plus angoissant… Astrid était néanmoins très fière de lui. Ce garçon de treize ans, le regard droit et sûr, pour faire honneur à la confiance de sa maman et ne pas lui montrer comme cette journée devait le terrifier.

- Tout va très bien se passer, ne t’inquiète pas.

- Oui, mère…. Mais-

Astrid ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase et le prit, doucement mais fermement, contre elle, coupant court à sa phrase. Il savait très bien qu’elle le protègerait. Ingvar qui les accompagnerait aurait d’ailleurs un œil constant sur lui, afin de décharger quelque peu Astrid. Il ne fallait pas qu’ils attirent l’attention sur eux. Le relâchant, Ludwig semblait désormais plus embarrassé qu’inquiet. Et cela lui suffisait amplement.

Elle-même était déjà prête. Ils avaient un avantage que la plupart des invités n’avaient pas. Cela faisait presque neuf fois qu’ils vivaient au palais impérial d’Ibelin. Ils n’avaient pas à subir de longues traversées avant l’événement, et avait pu se préparer avec beaucoup de tranquillité. Hjalden plus ou moins que les autres. Il était prêt depuis très tôt ce matin, afin de vérifier que le palais est parfaitement sécurité. Avec la mort de l’Empereur Augustus, la famille ducale de Valkyrion avait décidé de rester à Ibelin afin d’épauler le jeune Octave dans ses nouvelles responsabilités. Cela était bien louable mais… La pression sur les épaules d’Astrid se faisait de plus en plus intense. Et la soirée de ce soir serait le comble. Elle donnait le change pour ses enfants mais la terreur broyait chacun de ses muscles. Puisse cette journée se passer au mieux. Ce n’était pas sa première réception dans la fausse aux lions mais… Ce serait certainement l’une des plus angoissantes.

Tant de stress tiendrait bien ses pouvoirs en respect, non ?

Quelle note d’humour et d’ironie, alors qu’ils se préparaient à rejoindre les délégations arrivées. Après tout, en tant que famille ducale déjà présente, ils se devaient de ne pas arriver en dernier. Le pas de leur appartements passé, ils retrouvèrent leur propre délégation, à laquelle avait été adjointe pour l’occasion, Solveig de Sovnheim, leur nouvelle instructive des Skjadmös. Elle ne la connaissait pas beaucoup mais Ljöta ne se serait certainement pas trompé dans son choix. Aussi lui adressa-t-elle un sourire de bienvenue. Ils n’avaient guère le temps de s’attarder davantage, trouvant déjà la route vers la fausse aux lions.

Énormément de gens étaient déjà présents. Alors qu’ils venaient de trouver une bonne partie du gratin de la société, Astrid fit courir son regard avec toute la pression que cela exerçait sur elle. Son visage était resté si calme pour couvrir tout cela. Et sa petite délégation commençait déjà à se dispercer de-ci de-là. Ses enfants resteraient néanmoins près d’elle. Ljära restait contre sa robe, sa petite main dans la sienne, intimidée par tout ce monde. Quant à Ludwig, il se tenait droit et pondéré, près de sa mère.

Elle reconnut leur Maréchal de Serre, toujours fidèle à lui-même. Astrid ne le connaissait pas beaucoup, mais il était homme à avoir particulièrement à cœur la sécurité d’Ibélène. Et cela lui suffisait. Ses yeux capturèrent également l’image de Raygnar d’Ysgramor, un de leurs vassaux qu’elle admirait particulièrement pour son érudition. Il était également le père d’Elanin, qui avait dû le rejoindre. Qu’elle profite de cette occasion, elle qui devait déjà si peu voir sa famille. Elle ne reconnut personne d’autre pour le moment et… La pression fut un peu plus présente. Elle n’était pas une Duchesse particulièrement renfermée, même pas du tout, mais étrangement, c’était en ce genre d’occasion, même si elle connaissait certaines personnes, qu’elle se sentait atrocement seule.

Une petite langue de vipère vint même jusqu’à ses oreilles mais cela ne lui fit ni chaud ni froid. Ce n’était ni la première ni la dernière. Ce genre de choses était même si courante qu’Astrid n’y pensa plus la seconde suivante. A la place, elle remarqua leur nouvelle officier de Valkyrion qui était revenue près d’elle. Un sourire accueillant prit place sur ses lèvres. Elle ne la connaissait pas vraiment mais elle était contente qu’elle soit à leur côté aujourd’hui. Astrid admirait beaucoup les Skjadmös et était curieuse de cette jeune femme, aussi prit-elle la décision de se retourner vers elle. Pourquoi chercher Aldor chez Joseï quand une personne était déjà là.

- Vous plaisez-vous dans votre nouvelle fonction, Solveig ? Astrid n’était pas la Duchesse la plus formelle, sans être familière, mais elle était d’un abord facile pour à peu près tout le monde, elle qui était toujours si calme et conciliante. Faire la conversation en attendant que les choses avancent était une bonne idée. Astrid était toujours très curieuse. Vos recrues portent les promesses que vous espériez ?

Résumé :
 


Dernière édition par Astrid d'Evalkyr le Mar 27 Fév - 13:27, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyMar 13 Fév - 13:01

Tu ne pensais pas te rendre à ce couronnement, mais, une fois n'est pas coutume, Castiel est intervenu et a rendu ta présence possible. Tu sais qu'il te faudra être extrêmement prudent, mais l'opportunité en vaut la peine. Ton savoir a beau prévaloir sur ta magie, tu éprouves une étrange satisfaction à l'idée d'être mage reconnu et autorisé à fouler les terres de Valkyrion. Cela fera grincer tant de dents et cracher tellement de venin… ! Quant aux regards et autres paroles, tu aurais presque hâte. Tu es certes censé te tenir à carreaux, mais, si un affront t'est fait, tu ne te priveras pas d'y répondre. Ce n'est cependant pas la seule raison à ta satisfaction. Ta simple présence, alors que tant d'autres Ibéens mages ont dû fuir ou ont été arrêtés, est un pied de nez monumental. Peut-être que, d'une manière ou d'une autre, cela aidera à apaiser les tensions ou à ouvrir les yeux de certains. Tu n'as pas grand espoir en la matière, mais tu sais que le Destin veille en permanence.

Malgré les tensions régnant en Arven, la menace constante de la Chasse, les différents changements politiques peu rassurants, votre trajet jusqu'à Ibelin s'est passé dans un calme presque inespéré, en partie grâce à votre escorte efficace. On ne peut pas dire que le sommeil a été de qualité, mais la présence de Mélisende, d'Alméïde et de Castiel a largement compensé les désagréments. Cela t'a permis de profiter de ta sœur aînée, d'apprendre à connaître davantage ta nouvelle belle-sœur et de partager avec ton frère simplement malgré les derniers mois compliqués. Cela dit, cela a été un soulagement d'arriver à la capitale et de pouvoir déballer tes affaires. Les regards sur ta personne ont commencé, mais la protection du duc de Sombreciel a empêché momentanément que l'on vienne te chercher des noises. En privé, Valentin, qui fait partie de la domesticité qui vous accompagne, a été un soutien précieux et tu regrettes qu'il ne puisse t'accompagner lors du couronnement.

Quoiqu'un en soit, tu as été heureux de retrouver ta famille lorsqu'elle est arrivée depuis Sylvamir, escortée de Voltigeurs, connus pour certains. Tu as salué tout ce beau monde, notant les cernes sous les yeux de ton père avec inquiétude, mais aussi la mine déterminée de ta mère. Et si tu t'es un peu plus attardé en étreignant le comte de Séverac, cela ne regarde que toi.
Tu as pris plaisir à la promenade proposée par Alméïde, quelques jours avant le fameux couronnement. Son bras au tien pour laisser à Castiel et Madeleine l'occasion de se retrouver un peu, tu n'as pas manqué les regards des curieux et des mauvais, posés sur la seconde femme du duc de Sombreciel et le Savant mage osant fouler les sols kyréens. Cela ne t'a rendu que plus fier de votre groupe et n'a en rien empêché que tu passes un bon moment en si délicieuse compagnie.

***

Le jour du couronnement. Tu ne quittes pas le giron de la famille ducale cielsombroise, saluant avec respect et discrétion ceux qui croisent votre route. Il y aussi les têtes que tu reconnais. Tu salues certaines du menton car elles se trouvent trop loin ; tu adresses quelques mots à celles qui se trouvent non loin. Il reste celles que tu sais devoir éviter, dont le charmant Maréchal fait partie. Vos chemins ne sont pas encore croisés, mais cela risque d'être particulièrement intéressant.

En attendant, tu discutes tranquillement quand l'occasion se présente et laisses traîner tes oreilles aux alentours. Tu saisis parfois des mots et tu glousses pour toi-même. Les rumeurs semblent parfois tellement improbables ! Pourtant, elles se propagent. Cela se voit aux chuchotements hâtés, aux petits rires qui suivent, aux regards appuyés qui accompagnent ces confessions et qui ciblent la personne concernée. Tu imagines que quelques ragots doivent traîner à ton encontre et tu es presque curieux de les connaître. Tu pourrais peut-être même les alimenter. Ce serait fort plaisant, ma foi.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyMar 13 Fév - 17:38

Le couronnement de votre nouvel empereur est un événement que tu ne sais point comment appréhender. Tu n’as aucun souvenir de la réception de la nouvelle, mais tu te souviens de celle de la disparition de la princesse Sixtine (et celle du couple ducal de Bellifère, mais tu refuses de t’attarder à la pointe amère de culpabilité qui, surprise, a piqué ton coeur). Tu te souviens de ton impuissance, de ta rage, de ta peine, alors que tu as maudit Hypérion d’Ibélène et chacun des membres de la Rose Écarlate, pour vous avoir laissé dans une telle posture. Depuis, pourtant, tu n’as eu aucun autre choix que celui d’affronter ce qui arrivera, bon gré mal gré. Tu peux seulement avoir confiance en Octave, pour tout ce que tes homologues auront de méfiance envers le jeune homme.

Le chemin en Valkyrion a été un plaisir, malgré l’épuisement qui accompagne forcément une si longue chevauchée. Ta Mélisende, ton Melbren, ton Alméïde, tous les quatre voyageant à travers le duché du Savoir, avec Ibelin comme but ultime. Une fois à destination, tu as célébré tes retrouvailles avec les autres membres de ta famille, et plus encore ta fille chérie, ainsi que ta duchesse adorée. Tu as gratifié Madeleine de moult attentions, des plus sages aux plus intimes, heureux de retrouver sa compagnie après de longues semaines de séparation. Elle t’a narré le trajet en compagnie des Séverac, une véritable partie de plaisir, et tes inquiétudes se sont apaisées. Il aurait été fort triste qu’elle ait quelque mésentente avec ta Mélusine, marraine de votre adorable Odette… bien que tu ne vois absolument pas ce qu’elle pourrait reprocher à ta parfaite soeur. Il reste seulement celles reliées à l’entente entre tes deux épouses, à calmer. Tu as le privilège immense d’être marié à deux femmes d’exception, faites d’intelligence, de générosité et de curiosité, et tu es confiant qu’elles sauront devenir des consorts idéales, soutiens et amies l’une de l’autre.

Les responsabilités reviennent bien vite, cela dit, et le jour du couronnement déjà se dessine. Tu es là, tel un roi, tes deux épouses à tes bras. Ah, que tu es beau, à te pavaner ainsi, en faisant fi des commentaires et des regards désapprobateurs sur ta double compagnie, là où certains s’attendaient sans doute à ce que tu dédaignes ta seconde épouse ! Ta splendide Madeleine, ta séduisante Alméïde, et toi entre les deux, homme des plus comblés. Dans votre sillage, pratiquement à portée de main, ton frère Melbren, que tu es prêt à défendre bec et ongles si quiconque vient lui chercher quelques pistoles. Le Maréchal de Serre en premier lieu, et tous ces Kyréens enquiquineurs de mages en second. Tu as promis à Maximilien de veiller sur ton frère et tu le feras avec grande attention.

Tu as un objectif et tu le repères bien vite. Un objectif fort ridiculement enturbanné, mais vers lequel tu te diriges d’un pas assuré, sous les regards peu à peu alarmés des gardes chargés de la sécurité et du bon déroulement de la cérémonie à venir. « Anthim. » Seule salutation, néanmoins… cordiale. Nettement moins d’animosité qu’à l’habitude. C’est bien parce que toi, Castiel Eudes de Sombreflamme, tu es décidé à faire des efforts afin de faire perdurer un semblant d’entente entre les duchés ibéens. On ne dira pas que c’est de ta faute, s’il y a la guerre, oh que non ! Tu laisses tout le loisir à ton nouvel homologue belliférien de se mettre les pieds dans les plats - ou en l’occurrence à son ambassadeur, car ce grand opportuniste crasseux n’a même pas daigné vous gratifier de sa présence pestilentielle. Tu adresses un sourire rayonnant à ton ennemi de toujours et tu le salues d’un signe de tête… poli. « Permettez-moi de me présenter à votre duchesse et sultane, avant qu’un quelconque garde impérial tente de m’attirer autre part, sous un fallacieux prétexte », dis-tu, le regard pétillant de malice, connaissant bien toutes les tactiques employées par toutes les couronnes afin d’éviter les frictions entre les deux ennemis séculaires. Ta duchesse déjà s’incline devant la beauté erebienne aux yeux noirs, se présentant avec un sourire avenant et une grâce impeccable (comme toujours), et tu fais de même : « Castiel de Sombreflamme, duc de Sombreciel. C’est un honneur de vous rencontrer, Votre Grâce. Mon épouse Alméïde - regard de biais, amoureux, complice, à la belle - m’a dit grand bien de vous et je vous souhaite un règne serein. » En ces temps troublés, c’est tout ce que tu souhaites à Sa Grâce Shéhérazade. Un peu de paix, sur ce trône où la couronne féminine trop souvent se dispute à coups de morts vicieuses. « Le cadeau officiel de la couronne cielsombroise a été envoyé à Vivedune grâce aux bons soins de ma duchesse, mais nous tenions à vous remettre un cadeau en main propre. » Madeleine tend à la duchesse un petit ouvrage, d’une riche facture, magnifiquement relié. Recueil de poésie, pour une sultane qu’Alméïde t’a confié être portée vers l’érudition, et qui certainement aura fort à apprendre encore. Tu espères qu’Anthim ne jettera pas le présent au feu et qu’elle saura en apprécier les mots. « Vous y trouverez les poèmes les plus décents de toute l’histoire de Sombreciel. Une rareté inestimable. » Ton sourire s’étire avec joie, dans le petit rire qui accompagne ta déclaration bon enfant. Il y a aussi certainement quelques indécences légères, dans les vers, les rimes et la prose de l’ouvrage, mais c’est bien tout ce qui fait le charme de ton duché.

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Dialogues de Castiel en darkred ◊ Dialogues de Mirat (chat persan ou panthère) en indigo




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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyMer 14 Fév - 0:04

Après un long mois sur les routes, le voyage en direction d’Ibelin touchait à sa fin avec comme récompense à l’horizon les hautes et sombres tours du palais impérial, décorées pour l’occasion. On ne pouvait pourtant pas dire que le couronnement du nouvel empereur allait se dérouler sous les meilleurs auspices. Outre la réputation du prince Octave qui ne le présentait guère comme un souverain responsable et efficace, les derniers événements parvenus en Ibélène soufflait un vent de tension qui n’était pas sans rappeler celui qui avait frappé Faërie lors du couronnement impérial de Chimène plus d’un an et demi plus tôt. La disparition de la princesse Sixtine avait éveillé bien des inquiétudes au sein de l’empire, mais peut-être pas autant que celle du couple ducal de Bellifère, volatilisé à peu près au même moment. Soucieux de la nouvelle prise de pouvoir d’un certain Guillaume de Brumecor à la tête du duché de la Guerre, Anthim s’était néanmoins gardé de poser un avis définitif sur cet homme qui avait au moins repris en main une terre laissée sans souverain. Et si les accords passés avec Ermengarde et Martial devenaient désormais caducs, le sultan des sables ne pouvait en vouloir au successeur d’agir de la sorte. C’était une nouvelle occasion pour nouer de nouvelles alliances, se disait-il alors. Cela n’empêchait pas à Anthim de porter sur ce couronnement un regard mitigé, lui qui avait en Octave une confiance toute mesurée et qui ne se prétendait pas des plus solides. Le garçon avait pourtant eut mainte fois l’occasion de briller et se faire remarquer, mais jamais le duc d’Erebor ne l’avait vu enfiler le véritable habit d’empereur ou même de prince héritier.

La délégation erebienne fut la dernière des grandes délégations à entrer dans la ville en pleine effervescence, à peine quelques jours avant le lancement des festivités. Arrivé en grande pompe avec un nombre conséquent d’accompagnants, ambassadeurs des tribus, gardes et serviteurs, le duc d’Erebor et sa toute nouvelle duchesse n’avaient pas manqué de se faire remarquer par la richesse des tenues exotiques de leur terre et les nombreux présents qui seraient offerts au tout jeune empereur. Lui comme Shéhérazade brillaient par le luxe et les énormes trésors que leur donnait Erebor. Il ne serait pas dit que le sultan des sables et son épouse seraient mal présentés. Et bien que cette dernière n’était encore guère habituée à ce genre d’événement officiel et pompeux, le duc avait tout confiance en l’intelligence de Shéhérazade et sa discrétion. Il s’était fait bien des fois rassurant envers elle, la conseillant si nécessaire et l’encourageant dans ce rôle auquel elle n’avait pas été préparé. Il fallait dire que son couronnement à elle avait été quelque peu avancé aux vues des nécessités.

« Ne tremble pas ma tendre lune. Je reste à tes côtés. »

Ainsi avait-il parlé à la jeune femme lorsque le jour J ils s’étaient rendus dans la grande salle de réception où déjà nombre de convives s’étaient réunis pour converser, attendant que la cérémonie ne commence. Rumeurs et potins allaient et venaient entre les bouches et langues déliés des plus curieux, tout comme les affaires politiques ne s’arrêtaient jamais vraiment chez les plus malins ou les plus sages. Sa sultane à son bras, les bijoux de celle-ci clinquants et brillants à chacun de ses pas donnait fière et riche allure au couple ducal. Anthim lui observa pendant de longues secondes toutes ces personnes réunies, reconnaissant en la silhouette d’un jeune homme portant les couleurs de Bellifère l’ambassadeur de son duc, de toute évidence absent. Celui-ci était d’ores et déjà en discussion avec le comte de Séverac, qui n’avait pas perdu une occasion de nouer quelques bons contacts. Ou tâter le terrain, qui sait. Le duc nota aussi la présence de la duchesse Astrid, restée quelque peu en retrait. Et s’il eut l’envie de saluer cette noble dame, le silence qui peu à peu se fit dans la salle alerta suffisamment Anthim pour que son regard se tourne en direction de son homologue Cielsombrois.

« Il ne va tout de même pas oser… »

Murmure-t-il à l’intention de son épouse, d’un chuchotement rauque qui accrochait l’accent du langage des dunes. Si. Castiel osait. Il s’approchait de lui, sourire aux lèvres, élevant par son acte des tensions plus que jamais explosives. Sur son bras, le duc d’Erebor sentit le contact rassurant de son épouse qui se raffermissait. Même si la « politesse » était présente, Anthim n’appréciait pas particulièrement de voir ce chien de Cielsombrois de si près. Et surtout pas avec sa sœur à son bras, nouvellement son épouse. Pourtant, il adressa à cette dernière un regard plus doux, se rappelant de sa visite dès qu’ils étaient arrivés au palais. La seule chose qu’il acceptait d’accorder à Castiel, c’était de savoir sa sœur heureuse.

« Castiel. » Il s’efforce, comme l’avait fait son homologue, de rester relativement raisonnable et poli dans son ton. La demande faite, si elle n’avait été celle de Castiel, aurait été accueillie avec sympathie. Mais là où naturellement Anthim aurait refusé tout contact ou parole échangée avec cet homme, il fit preuve d’autant d’effort que le duc Cielsombrois en faisait. « Je vous en prie. » Les mots sont comme arrachés à ses lèvres et aucun sourire ne trahit les traits tirés de son visage, mais il ne refuse pas l’invitation de Castiel et accueille la suite sans dire un mot, observant simplement le cadeau modeste mais aimable offert par la douce et gentille duchesse Madeleine. A elle seulement, il adressa un léger salut accueillant. Puis d’un regard échangé avec sa sultane, il laissa celle-ci s’exprimer, si tant est que la timidité ne l’en empêche pas.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyMer 14 Fév - 1:56

Le museau vers le dehors, alors que sa main retenait l’un des pans du rideau du palanquin, Astarté laissait ses yeux trainer vers le galbe de la chute de reins de l’un des protecteurs. Bientôt, le froid lui ferait couvrir son corps d’épaisses fourrures. Bientôt, elle ne verrait rien d’intéressant. Alors elle en profitait, l’air de rien, sa lippe charnue légèrement mordillée pour laisser deviner le fauve en pleine chasse, derrière ses boucles noires et ses bijoux onéreux. La gitane ignorait s’il se savait épié, depuis leur départ commun, ou s’il ne s’agissait que d’un heureux hasard, mais le Sinhaj s’étirait comme un chat, langoureux. Sous sa chemise, Astarté devinait sans mal ses muscles se tendre et s’affermir. Elle s’était néanmoins arrachée à sa contemplation en sentant la présence de sa sultane à ses côtés, à observer le dehors en quête de ce qui captivait autant la joaillière.

Le sujet d’Anwar Sinhaj fut amené bien pudiquement. Alors que le froid s’installait, alors que les confidences de la sultane réchauffaient le palanquin, Astarté se dévoilait peu à peu. Il y avait eu Anwar, bien sûr, et ses yeux d’enfants. Son unique visite en Bellifère et la tentative d’enlèvement. Sa méfiance des étrangers, surtout en provenance de Bellifère. La requête de la princesse d’Erebor quant au bracelet que porterait son époux. Astarté n’avait pas insisté sur cette confidence mais espérait bien secrètement que Shéhérazade remarquerait la splendeur au poignet du jeune duc de Sombreciel. La simple idée que sa duchesse soit couverte de ses créations la réjouissait considérablement. Elle était une bonne compagne de voyage, malgré sa réserve et sa discrétion naturelle. Un sourire pour une remarque fine, un hochement de tête pour souligner l’intelligence de la duchesse d’Erebor, puis, parfois, un flot de paroles qui apaisait un doute ou occupait les voyageuses, pour quelque temps du moins.

À l’approche de la capitale, la gitane accueillit le paysage avec un sourcillement incertain. La ville lui semblait soudainement plus invitante que ce qu’elle avait espéré, et ses souvenirs ne lui renvoyaient que des façades de pierres à la couleur du chagrin. Rien d’aussi festif et joli, et malgré ses appréhensions quant au reste du monde - la splendeur d’Erebor était difficilement détrônable, dans son coeur - Astarté se rendit à l’évidence qu’Ibelin n’était pas laide du tout. Bien au contraire.

- La ville est plus joyeuse que dans mes souvenirs, Votre Grâce. Je m’y étais rendue lors d’une requête de la Guilde des Gemmes ; une évaluation d’ornements faits de perles et de nacre…

Le récit débuta, entraînant avec lui quelques anecdotes, un soupçon d’amusement et la promesse formelle que des perles pareraient les prochaines pendeloques de Shéhérazade.

Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre Divide10

Un sari somptueux, d’une teinte plus sobre que l’éclatant tissu qui drapait la sultane.
Des bijoux richissimes, en nombre moindre que la dentelle faite d’or qui ornait Shéhérazade.
Astarté ne semblait être présente que pour sublimer la sultane par sa saveur moins relevée.

C’est ainsi parée que la Sertie de Merveilles pénétra la salle de réception, dans l’ombre du couple ducal d’Erebor. Jamais, dans ses rêves les plus fous, Astarté ne s’était vu à cette place, à ce moment, en si bonne entente avec la sultane. Autour d’eux, des visages inconnus, des tenues somptueuses, des ornements inspirants et des coiffures compliquées. La beauté de ces gens rendait la pièce dont elle était captive plus agréable, plus invitante. D’instinct, la gitane avait cherché les sorties les plus près, dans l’éventualité où l'oppression de ces murs de pierres devenait trop forte.

C’est un Anthim appelé avec une froide cordialité qui ramena la petite gitane vers les salutations qui se déroulaient non loin. Si son premier réflexe avait été de fuir, de s’éloigner de ce duc cielsombrois, le visage avenant de la princesse Alméïde lui intima de rester là. Sous un silence parfait, elle guettait que le regard de l’Erebienne croise le sien, qu’elle puisse incliner la tête devant elle avec tout le respect qui s’imposait, en toute discrétion. Il y avait quelque chose d’étrange, de surréaliste, à savoir que devant elle se tenait deux écrins de ce qui avait été. De ce qui n’était plus. Eux aussi avaient espéré la paix. Eux aussi avaient combattu, ce soir-là, et sans doute plusieurs autres. Leur présence, la première fois depuis la libération de la Chasse, ancrait ses souvenirs flous et douloureux dans une réalité véridique. La silhouette de Melbren de Séverac, tout aussi en retrait qu'elle pouvait l'être, s'imposait à elle. Nulle présentation, pour le petit frère de la Marquise de Sinsarelle. La gitane lui offrit cette même inclinaison, légère et discrète, ainsi qu'un sourire fin, empreint de mystère : n'avaient-ils pas partagé un moment, eux aussi, dans les dédales de l'Académie?

Puis un livre. De tout son coeur, de tout son être, Astarté espérait ne pas être la seule à craindre de voir apparaître un petit Mirta illustré luxueux, dans le livre tendu par celle qu’elle devinait être la duchesse de Sombreciel. Un souffle retenu. Une légère tension qui disparaissait à ses épaules. Le duc Castiel n’était pas encore touché par la folie.

...Qui plus est, il affichait fièrement la splendeur ouvragé qu’elle avait serti et gravé de ses propres mains.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 3:02

Shéhérazade n’a rien perdu de l’arrivée en ville, ouvrant de grands yeux émerveillés devant cette architecture si différente. Les femmes ont la peau si pâle, les cheveux si clairs ! Les hommes ont l’air si sérieux et froid ! Et les quelques enfants qui les regardent passer, bouche bée devant la majesté bringuebalante des palanquins erebiens, sont tant enveloppés de fourrures qu’il est bien compliqué de leur donner un âge. Mais Ibelin est belle, et le nez au froid la sultane n’en perd pas une miette, murmurant un flot incessant de remarques fascinées à Astarté près d’elle.

Au palais, l’on a logé la sultane avec le sultan – autre nouveauté pour la souveraine toute neuve, bien peu habituée à partager le même espace que son royal époux. Son regard court le long des murs, cherchant comment se faire toute petite et ne pas empiéter sur sa tranquillité – mais il n’y a pas le temps pour tout cela ! Il faut vite se délester des épaisses fourrures de voyage, et Shéhérazade s’abandonne aux préparatifs du couronnement impérial. C’est dans un sari royal qu’on l’emmaillote soigneusement, avant qu’Astarté elle-même ne soit admise en son privé pour déposer l’équivalent de son poids en bijoux rutilants sur les épaules et le cou de sa duchesse, posant l’élégante tiare de sultane sur sa chevelure sombre avant de la fixer solidement en place à l’aide d’une multitude d’épingles. À ses deux poignets, pléthore de bracelets étincelants de joyaux magnifiquement taillés, des bagues d’or serties de mille pierreries à chacun de ses doigts ; même ses chevilles se mettent à tinter avant qu’on ne leur enfile de jolies babouches brodées – et soigneusement doublées, parce qu’on est en Valkyrion, tout de même, le palais est chauffé mais l’on se méfie de l’effet des courants d’air sur les petits pieds de la duchesse d’Erebor.

A présent, même le plus infime des battements de cils déclenche une cascade tintinnabulante de joyeux cliquetis métalliques, et c’est avec l’étrange sensation d’être devenue l’une de ces batteries de cuisine en service au harem que Shéhérazade rejoint Anthim, portant avec elle un nuage de ce parfum élégant donc on l’a généreusement aspergée avant de la déclarer prête à paraître. « Je suis si terrifiée. » a-t-elle le temps de murmurer à son seigneur, juste avant que les hérauts n’annoncent le duc d’Erebor et Sa Grâce la duchesse son épouse – juste avant qu’elle ne devienne le point de mire d’une multitude de regards, et qu’une sueur froide ne vienne paralyser son échine. Son sourire un peu crispé ne faillit pas toutefois – et c’est en carrant les épaules, relevant le menton dans ce geste coutumier du harem, puisant dans la fierté arrogante des Erebiens, que la sultane apeurée parvient à donner le change à l’assistance, cramponnée au bras de son époux qui la mène de seigneur en dame. Mentalement, elle prend note de chaque nom, se promettant de tirer parti de toutes ces informations – lorsqu’un calme soudain amène un silence mortel sur la salle.

Le duc de Sombreciel est en mouvement.
Il avance, vers elle – et comme les poissons figés à l’approche du requin, les invités cessent de respirer, fleurant les prémices d’un scandale.
Avorté avant d’avoir été acté – si Shéhérazade perçoit la nette crispation d’Anthim à ses côtés, elle n’en accueille pas moins Alméïde avec grand soulagement, dévisageant ce duc voisin – ce demi-frère secret ! avec la plus grande curiosité. Surprise, elle contemple l’ouvrage tendu avec perplexité – avant que son instinct ne reprenne le dessus, enclenchant les rouages de son esprit à toute vitesse. C’est un sourire sincère qui fleurit sur les lèvres de la sultane, et dans un cliquetis élégant, elle détache la main du bas d’Anthim, confiant le cadeau inattendu aux bons soins d’une de ses suivantes, enserrant dans ses mains jointes celles de Madeleine. Anthim le permet ; elle peut donc parler. « Je vous remercie de ce charmant présent – je ne manquerai pas de vous en livrer mon opinion, dès lors que je l’aurai lu. Permettez-moi de vous féliciter de vive voix pour la naissance de votre fille, d’une duchesse à une autre – puisse Maari vous combler de ses bienfaits tout autant que moi. » Un sourire plus large étend ses lèvres, et elle bénit la prévoyance d’Astarté qui a visiblement paré à toutes les éventualités. « J’ai moi-même un modeste présent à vous remettre. Pour vous, Madeleine, voici une rivière de perles pour célébrer votre maternité. Pour toi, Alméïde, ma sœur – voici une pierre de lune gravée des armes d’Erebor à fixer sur ton bracelet de mariage, pour porter sur toi le regard de Maari également. Ces deux bijoux ont été réalisés par la joaillière Astarté des Sables que voici parmi ma suite, que l’on nomme Faiseuse de Merveilles tant son art est éclatant. » Replaçant la main sur le bras d’Anthim, elle désigne Astarté de l’autre, tenant à contribuer à la réputation professionnelle flatteuse de sa nouvelle amie qui l’a si bien conseillée en cadeaux à apporter pour les nobles dames.

Pour Castiel, elle n’a rien apporté – elle se contente d’incliner gracieusement la tête un instant, après avoir offert un présent à chacune de ses épouses, sans pouvoir s’empêcher de chercher une ressemblance avec les traits de son frère Shahryar. Les yeux, peut-être ; s’il partage le teint clair de sa demi-sœur, il a clairement les yeux de son demi-frère, et le sourire de la sultane se nuance d’une pointe d’amusement tandis qu’Anthim l’entraîne dans la direction de la duchesse de Valkyrion.

Voilà qui promet d’être intéressant.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 6:42

Le palais d'Ibelin se fait réceptacle de la plus haute noblesse à la plus humble, en ce jour de couronnement. Alméïde a revêtu les atours cielsombrois offerts par son époux pour l'occasion – parmi les plus décents qu'elle a pu recevoir depuis son arrivée à Euphoria et tout à fait magnifiques, sans aucun doute. Le voile délicat qui orne sa chevelure laisse tout de même visible son visage, afin qu'elle puisse adresser ses salutations au reste des invités sans crainte que son expression ne soit dissimulée aux yeux des autres. Elle arbore d'ailleurs un air radieux, la jeune femme, au bras de son époux. Les regards curieux sont bien rapidement balayés par quelques sourires délicats et quelques paroles échangées. Alméïde se fait tout de même discrète, laissant à Madeleine et à leur époux le soin de prendre les devants ; elle était habituée à agir ainsi de toute manière, aux côtés d'Anthim, puisqu'elle n'était autrefois princesse à ses côtés qu'au coeur des dunes et des montagnes d'Erebor.

Parfaitement au courant des intentions de Castiel, elle ne met d'ailleurs guère de temps à repérer son frère et sa nouvelle sultane. Tout en avançant vers eux, elle croise le regard du comte de Séverac, avec qui elle échange un sourire poli ; elle n'oublie pas les nombreux conseils donnés à elle et à Madeleine avant le début de la réception – tout pour éviter les incidents diplomatiques. C'est pourtant sans crainte qu'elle aborde le couple ducal d'Erebor, saluant d'un signe de tête poli et d'un sourire radieux Anthim et Shéhérazade. Si l'étiquette n'avait guère d'importance, elle aurait serré son frère dans ses bras, mais la longue discussion qu'ils ont eue à leur arrivée à Ibelin a d'ores et déjà comblé cette envie.

Alors que Castiel prend poliment la parole, la dame admire un instant la parure de la sultane ; elle est radieuse dans ses atours, plus belle que jamais. Elle fera une souveraine merveilleuse, douce et forte, un soutien indéfectible pour son frère, comme toujours – comme l'était Sitara. Le pincement au coeur est douloureux, mais sa joie pour celle qui était la première à rejoindre le harem est sincère. À ses côtés, Madeleine remet le présent destiné à son homologue et Alméïde croise le regard d'Astarté à qui elle offre un sourire doux et sincère. Pour le moment, tout se déroule pour le mieux et au fond, elle est fière des efforts fournis autant par son époux que par son frère, pour éviter tout incident diplomatique. Elle n'ignore pas les regards inquiets de la domesticité ibéenne, ni les regards avides des curieux qui espèrent un esclandre. Mais ces derniers seront certainement déçus.

Alméïde accueille le présent de Shéhérazade avec reconnaissance et son regard ne tarde pas à se poser à nouveau sur la joaillère. « C'est un bijou splendide, je vous en remercie. » Un regard vers son époux, la fierté dans ses yeux. « Astarté des Sables est certainement l'artisane la plus talentueuse que je connaisse. Elle est celle qui a confectionné ton bracelet. » Celui qu'il porte à son bras, aux côtés de celui de Madeleine.

Elle adresse de nouveaux sourires chaleureux à la délégation erebienne avant que celle-ci ne s'éloigne, marquant l'histoire d'une nouvelle rencontre sombrebienne sans aucun accroc. Un exploit que beaucoup ne sauraient ignorer. Soulagée, Alméïde embrasse la salle du regard. « Que dirais-tu de tester l'efficacité de cette pierre ? J'ai repéré quelques rideaux à l'allure fort douillette, plus loin. » « Castiel ! » Le reproche est du même murmure que celui de son époux et son léger rire entendu ne l'empêche pas de rougir à cette seule idée. Il plaisante, bien sûr, ce serait impoli de s'éclipser ainsi en pleine réception en laissant seule la duchesse au coeur des invités, malgré la présence de Melbren. Enfin, il plaisante... à moitié. Alméïde croise d'ailleurs le regard de Melbren, se demandant s'il a entendu l'échange, et décide que ça n'a pas d'importance. Il serait tout à fait capable d'encourager son frère, si c'était le cas.


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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 8:28

Grâce avait assisté distraitement aux préparations du couronnement. Elle avait passé une grande partie de son temps à la caserne d’Ibelin, avec Sifaï, où chaque division avait été appelée, afin d’organiser au mieux les réjouissances – et d’essayer d’anticiper au mieux, afin que les événements de Svaljärd, encore bien présent dans les esprits, davantage encore maintenant que la princesse Sixtine avait disparu, ne se reproduisent pas. Elle s’inquiétait aussi constamment pour Reja, disparue de même. Les fuyait-elle ? Grâce avait dû prendre sur elle, pour ne pas partir à leur recherche sur le champ. Elle se souvenait des jours, des semaines, passés avec Sixtine, captives, alors qu’elles avaient été capturées pour rejoindre l’île des Amoureux du Vent. Mais elle savait pertinemment le sort qui l’attendait, si elle faisait cela – le temps d’obtenir les autorisations, la princesse aurait pu être à l’autre bout du continent, pire ! de l’Archipel, que Grâce ne pouvait pas prétendre connaître, et elle aurait subi un sort similaire à celui de Reja. Le maréchal, même pour rechercher celle qu’il aurait dû protéger, ne l’aurait pas épargnée. Qu’il aurait apprécié, la considérer comme un déserteur.

Elle n’en avait rien fait, prenant sur elle, mais elle comptait bien s’entretenir avec le maréchal. Elle s’était retenue, longtemps, de partir sur un coup de tête – pour Sifaï, ses filles, Melsant avec qui elle formait enfin officiellement un couple. Elle serait bientôt son épouse, après toutes ces années à vivre dans la peur – transformée en peur, pour Agathe et Aubrée, que leurs frères ne les récupèrent. Si elle s’efforçait de ne pas la laisser la gouverner, elle craignait que son parasite de frère, ne puisse les ramener en Bellifère, que la protection de leurs tutrices respectives ne soit guère suffisante. Elle s’était efforcée pourtant de la reléguer dans un coin de son esprit, non sans se demander si elle devrait suggérer à ses filles une union – exécrant pourtant que ce soit une solution. Seraient-elles toujours menacées ?

Elle avait pourtant évité le sujet, les jours passés, pendant les moments passés en compagnie de Melsant, des Séverac, de ses filles, se demandant toutefois si elle devait s’en entretenir avec Mélusine. Accueillerait-elle ses doutes, ses peurs ? La conseillerait-elle ? Elles étaient toutes deux nobles de naissance, mais Mélusine appartenait à une famille éminente, quand Grâce venait d’une famille désargentée, tellement belliférienne. Elle aurait presque craché ce mot avec mépris, même en pensée. Une famille qui ne jugerait jamais la liberté d’Agathe et d’Aubrée comme nécessaire. Soupirant, ce soir-là, elle avait à nouveau occulté le sujet, recueillant l’opinion de Melsant sur un sujet délicat et important. Ils avaient longuement discuté de la façon dont elle pourrait aborder son maréchal, sans être ignorée. L’idée l’avait travaillée plusieurs jours durant, avant le couronnement, malgré ses obligations.

Elle avait demandé audience auprès de la duchesse Shéhérazade, de la duchesse Madeleine, et de la princesse Alméïde de Sombreflamme, afin de leur remettre personnellement des agates, provenant de la mine qui était sienne en Erebor, qu’elle avait choisies personnellement, sélectionnant les plus belles, les plus aptes à être montées en bijoux, pour les féliciter. L’une, de l’officialisation de son union avec Anthim d’Erebor, même si elle déplorait la disparition de la sultane Sitara, se sentant coupable de ne rien faire alors qu’elle était censée protéger les femmes du sultan. La seconde, pour la naissance d’une héritière. La troisième pour son union au duc de Sombreflamme. Quel titre portait Alméïde, maintenant ? Elle la considèrerait toujours princesse, mais elle n’en avait aucune idée. Melsant saurait-il ?

Outre cela, elle s’était entraînée avec Sifaï, même si elles pourraient difficilement agir dans la salle du couronnement sans la liberté que leur conférait le fait de voler sur Corail et Simoun. Elles pourraient cependant assurer la protection des personnes présentes, s’il y en avait le besoin. Elle se tenait d’ailleurs à ses côtés, quand Grâce entendit des paroles provenant d’une voix qu’elle ne connaissait que trop bien… et si elle avait pu couper la langue de la personne à qui elle appartenait, pour ne plus jamais l’entendre, sûrement l’aurait-elle fait. Mais il semblerait que ça ne se fasse pas. Et elle devait bien reconnaître qu’hormis sa belle gueule, ça devait être un de ses seuls atouts, si ces dames tombaient sous ses charmes – les imbéciles – et redemandaient de ses baisers. S’approchant de lui, avec un sourire mielleux, elle s’adressa aux dames prenant plaisir elles aussi à colporter des rumeurs. « Mesdames, vous devriez craindre pour votre vertu, à proximité de cet homme. S’il arrive à y attenter, toutefois. Difficile de ne pas sembler plus masculine qu’un homme que l’on a visiblement… privé de ses attributs masculins ? N’entendez-vous pas sa voix qui, parfois, semble bien aigüe ? Et n’ayant pas les moyens de mettre qui que ce soit dans sa couche, sûrement se plait-il à observer les gens, à travers les portes closes. Cela me terrifie, d’imaginer qu’un être tel que lui rôde et espionne des moments intimes. Mais je ne vois que cela. Sûrement est-il envieux de mon fiancé et de sa virilité, et se plait-il à comporter de telles rumeurs. Mais vous m’excuserez, je dois m’entretenir avec le maréchal. »

Cela serait autrement plus difficile, que de remettre ce petit crétin de Bastien à sa place. S’approchant face au maréchal, pour qu’il ne manque pas de la voir, elle se fendit des respects d’usage, avant de lui adresser la parole. « Maréchal. Je souhaiterai partir, une fois tout cela terminé, à la recherche de la princesse Sixtine. Jamais elle n’aurait, volontairement, abandonné son frère, pour son couronnement. Pas dans une telle situation. » Elle la connaissait quelque peu, suites aux semaines partagées en mer, assez pour avoir compris cela.

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Dernière édition par Grâce de Sombregemme le Ven 23 Fév - 7:56, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 14:34

Avoir peur ? Mais de quoi ? La duchesse ne frémit pas sous l’insulte des murmures. Quant à son sourire, délicat dessin sur son visage, n’est en rien altéré. La critique semblait glisser sur elle comme sur les plumes d’un canard. Solveig avait vaguement conscience que l’oiseau n’était peut-être pas le spécimen le plus recommandé pour illustrer Astrid d’Evalkyr mais s’étendre sur la question était une perte de temps. De grandes qualités les canards.

Ses lèvres, comme sujettes à un automatisme un peu rouillé, hésitèrent puis rendirent un sourire sincère à celle qui s’était arrêtée en la voyant se rapprocher. La kyréenne qui était si peu friande des mondanités et des subtilités à connaitre et prévoir en la présence de la noblesse Ibéenne se sentie reconnaissante envers le Destin que ce fut une duchesse aussi douce et ouverte qui eut été un jour demandée en mariage par Hjalden d’Evalkyr. Si ses manières n’étaient pas encore au point, elle sentait qu’elle lui pardonnait sans peine leur rigidité.

« Beaucoup votre Grâce. Mais il y a tant à faire que les journées ne suffisent pas. Mes élèves sont vigoureuses et pleine de désire d’arriver au bout de leur apprentissage mais je m’inquiète encore beaucoup pour celles qu’il faudra persuader de me suivre. »

En effet lorsqu’elle était arrivée, la difficulté pour réunir les apprenties Skjaldmös touchées par la perte de leur tutrice n’avait pas été d’une trop grande difficulté. Mais la colère chez certaines l’obligeait de garder un œil vigilant sur ces guerrières presque formées tout en cherchant à concilier ses recherches pour remonter les arbres généalogiques touchés par Vigdis. Sans parler de ses menus devoirs pour organiser le manoir gracieusement mit à leur disposition par la princesse Ljöta d’Evalkyr.

« Le temps me paraissait interminable sur le front, désormais il me file entre les doigts »

Que Trelor en soit témoin. Il ne lui accordait plus que quelques malheureuses heures de sommeil. Elle ne cherchait même plus à rester dans son lit, lorsqu’elle se réveillait, elle lisait avec persévérance des livres sur les familles de Valkyrion. Elle maudissait sa lenteur, manier une épée lui semblait si simple comparé à ces volumes interminables et aux lettres tortueuses. Embarrassée, elle ne s’était jamais sentie aussi gauche que dans la bibliothèque ducale.

Du coin de l’œil, elle vit alors avec surprise et méfiance les ducs et duchesses respectivement d’Erebor et de Sombreciel se quitter. Mais aucun cri, aucun visage outragé. Solveig fit donc un pas en arrière en inclinant légèrement la tête face à Astrid pour laisser sa place au Sultan et ses proches qui s’approchaient désormais d’eux.

De nouveau à l’arrière, elle se remit à scruter la foule avec une légère pointe d’inquiétude tout en cherchant à rester attentive à la rencontre qui allait avoir lieu.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 17:13

Son regard ne s’attarde guère sur le présent offert par le couple cielsombrois, bien vite récupéré par Shéhérazade puis l’une de ses suivantes qui retourne prestement à sa place. Ses yeux croisent plutôt ceux de sa sœur, détaillant sa tenue qui n’avait rien des beautés d’Erebor. Quoi de plus normal après tout pour l’une des épouses du duc de Sombreciel ? Au moins, Anthim lisait dans son regard un bonheur qui ne s’était pas présenté depuis longtemps. Maigre consolation pour cette union qu’il ne cautionnait toujours pas. Puis quand son épouse prit la parole, il observa les échanges de présent dont il avait été prévenu plus tôt et auxquels il avait donné son accord. Ses propres cadeaux, aussi bien pour la naissance de la princesse Odette que pour le mariage d’Alméïde, avaient été envoyés depuis bien longtemps en Sombreciel. Mais avec le couronnement organisé au dernier moment pour Shéhérazade, il était normal que celle-ci ait eu l’envie de faire elle aussi un cadeau à la duchesse Madeleine et à sa belle sœur. Cela étant, Anthim ne tint pas à rester plus longtemps en la compagnie de Castiel, même si cela impliquait de laisser Alméïde en même temps. Aussi, une fois le semblant de discussion terminée, il prit congé poliment des deux dames et de son homologue détesté pour se diriger vers une personne qu’au moins il appréciait.

Déjà, des rumeurs couraient sur la pauvre Astrid. Rumeurs qui n’étaient de toute évidence que farce et bêtises proférées par des amateurs de belles paroles et de potins juteux. Mais Anthim était bien prompt à les ignorer, car il connaissait relativement bien la duchesse de Valkyrion pour savoir qu’elle n’était pas de ces femmes à comploter pour désirer plus de pouvoir. A l’approche de celle-ci, Anthim la salua d’un sourire chaleureux, non sans oublier que ces derniers mois, ils n’avaient pas eu la chance de beaucoup converser, même par lettres.

« Dame Astrid, quel plaisir de vous voir. J’espère que vous vous portez bien, ainsi que toute votre famille ? Puis-je me permettre de vous présenter la sultane Shéhérazade, duchesse d’Erebor. » Il eut un pincement au cœur, en prononçant le titre officielle de son épouse, qui il y a quelques mois revenait encore à sa chère et tendrement aimée Sitara. S’il n’en montra rien, il laissa un instant le silence se faire, donnant à Shéhérazade le temps de se présenter. « La duchesse Astrid est une personne particulièrement cultivée et intéressante. Il y a bien longtemps, chère amie, que nous n’avons eu l’occasion de discuter de nos passions. » Il eut un sourire en direction d’Astrid, se rappelant pourtant du froid qui les avait éloigné, suite à quelques paroles malencontreuses de la duchesse. Mais à ce propos, Anthim n’était pas rancunier, et seule la guerre l’avait empêché de prendre des nouvelles de la kyréenne. « Mon épouse à pour vous un cadeau je crois. »

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 18:58

La tête de Shéhérazade lui tourne un peu, après cette rencontre importante – sa présentation officielle en tant que sultane, à d’autres souverains couronnés de l’empire ! C’est un moment crucial, et la pression qu’elle sent peser sur ses épaules lui semble bien lourde. Comment Sitara parvenait-elle à affronter tout cela avec sa douceur et sa patience inaltérables ? Une vague d’admiration pour sa souveraine disparue vibre un instant dans le cœur de la fille des Khamsin, et elle adresse une prière muette à Joseï pour qu’il continue à veiller sur cette femme admirable à laquelle elle a succédé, mais qu’elle ne remplacera jamais. Où qu’elle puisse se trouver.

Du regard, elle parcourt l’assistance, s’imprégnant de la marée de visages, tâchant de mettre un nom sur ceux auxquels elle a déjà été présentée. Là-bas, du coin de l’œil, il y a cet étrange compagnon du duc de Sombreciel – il faudra qu’elle demande à Alméïde quelle est au juste la nature de leur relation. Plus loin, elle aperçoit l’un des membres de la délégation erebienne – celui dont lui a parlé Astarté en le lui désignant minutieusement depuis le haut du palanquin afin de comparer leurs opinions sur son postérieur. Elle avise avec joie les mèches blondes soigneusement disciplinées de la sigisbée de Sombregemme, guettant l’occasion de s’entretenir avec elle, pour lui montrer qu’elle porte épinglée à son sari la belle agathe qu’elle lui a offerte – mais la Voltigeuse s’entretient avec un homme renfrogné qui est certainement le Maréchal de Serre, auquel elle n’a pas encore été présentée mais dont elle connaît la description.

Elle est tirée de ses pensées lorsqu’Anthim s’arrête devant une femme élégante au regard intelligent, à laquelle il sourit avec nettement plus de chaleur qu’au duc Castiel un instant plus tôt. Voici donc la souveraine de Valkyrion ! Il les présente, et Shéhérazade salue son homologue avec un net respect, favorablement disposée envers elle par l’attitude qu’adopte son royal époux à l’encontre de ses voisins kyréens. « Dame Astrid, j’éprouve un vif plaisir à vous rencontrer. Mon époux n’a pas tari d’éloges lorsqu’il m’a vanté vos qualités, j’espère que nos échanges seront fructueux, et que vous voudrez bien me compter parmi vos amies. » Derrière elle, l’une des suivantes lui tend une petite bourse de velours, dont Shéhérazade extrait un anneau raffiné, surmonté d’une gemme de belles proportions. « Pour vous, j’ai fait réaliser cet anneau de calcédoine, afin qu’il apaise vos inquiétudes en ces temps troublés, ma dame. J’espère qu’il saura préserver votre sérénité et celle de votre foyer. »

Délicatement, elle dépose le bijou dans son étui de tissu, avant de le remettre à la duchesse de Valkyrion. Pourvu que ce présent lui plaise !

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 20:16

Tout va bien se passer.
Octave réprime un soupir, avant d’examiner pour la millième fois au moins son reflet dans le miroir. Il lisse du plat de la main un pli imaginaire sur son magnifique costume, confectionné par Liselotte Passefil spécialement pour l’occasion. Et quelle occasion ! Personne n’ignore que ce soir, il sera coiffé de la couronne d’un empereur. Autant de regards braqués sur lui, sur le moindre de ses faits et gestes. Certains l’attendent avec impatience, sans doute, le fils d’Augustus, le symbole d’un renouveau ; d’autres, beaucoup moins. Etrangement, lui-même fait plutôt partie de la deuxième catégorie. Il n’a jamais souhaité endosser ce rôle, et il n’est pas fait pour ça. Ça se lit sur son visage, ça se remarque sûrement autant qu’un Cielsombrois en Bellifère. Mais il n’a pas le choix, il le sait. Dernier membre restant de la famille impériale, il se doit d’accomplir la tâche qu’il n’est en mesure de refuser. Pour Ibélène. Pour son père. Pour Sixtine.
 
Tout va bien se passer.
Il aurait tant aimé que sa sœur soit présente. C’est le jour le plus important de sa vie, et le plus redouté, aussi. Il aurait voulu qu’elle se tienne à ses côtés, qu’elle l’épaule, qu'elle le rassure, aussi. Qu’elle fasse taire cet affreux sentiment d’impuissance et de solitude qui le ronge jusqu’à l’os. Mais elle a disparu, et les recherches n’ont jamais rien donné. Il ne sait plus s’il espère, vraiment, qu’elle ne revienne un jour. Ou qu’on la retrouve, vivante ou non. C'est looin d'être gagné, et pourtant son nom est dans de nombreux esprits, prononcés par de nombreuses personnes. On lui a répété les ragots qui se propageaient, en ville et ailleurs. Il n’a pas su quoi répondre, et a été horrifié d’entendre qu’il aurait pu volontairement nuire à sa sœur. Il n’a rien dit, espérant que tout se tasse ; et il espère que personne ne l’accusera de quelque chose dans le genre.
               
Tout va bien se passer.
Mais mille interrogations et scénarios catastrophes se pressent dans son esprit. Et si la Chasse Sauvage arrive, et attaque les invités ? Si l’Ordre commet un attentat, comme lors de Lughnasadh ? Si quelqu’un s’oppose à son couronnement, si on décide de le tuer ? Si Faërie attaque et rompt la trêve plus tôt que prévu ? Les gardes sont nombreux, et les Voltigeurs le sont tout autant. Mais si ce soir se préparait une grande catastrophe – plus grande encore que son accession au trône ? Il ne serait pas en mesure de quoi que ce soit, Octave – surtout si l’on vient s’en prendre à lui. Il inspire fortement, fait disparaître l’expression nerveuse de son visage et essaie d’adopter un masque plus serein. Ce soir, il faut qu’il soit fort et courageux. Lui, fils d’Augustus d’Ibélène, petit-fils d’Achille Poing-d’Acier, il montrera qu’il est digne de succéder à son père et son grand-père.
 
- Votre Grâce ? Tous les invités sont présents. Il ne manque plus que vous.
 
Tout va bien se passer.
Mû par une inspiration nouvelle et un léger regain d’énergie, il se détourne se son miroir et hoche la tête, en réponse à son conseiller, et s’avance pour le suivre jusqu’à la salle du couronnement. Tout est prévu. Son entrée tardive est voulue : il doit les impressionner, tous ; et son entrée doit être majestueuse, grandiose, inoubliable. Il marchera au milieu d’eux, la tête haute et le port royal. Les musiciens joueront une symphonie grandiose, de grands cierges s’allumeront et illumineront davantage la pièce. Il attirera tous les regards, ces regards qu’il déteste tant, d’ordinaire. Mais ce n’est pas lui qui a décidé : il ne fait que suivre les instructions laissées par ses conseillers, qui ont tout programmé, du moindre de ses mouvements à chacun des mots qu’il prononcera. 
 
Tout va bien se passer.
Au moment où la porte de la salle s’ouvre pour lui, où un homme annonce son entrée, où les musiciens commencent à jouer leur morceau, où devant lui son conseiller s’écarte pour le laisser entrer dans la lumière, son cœur s’arrête de battre pour quelques secondes, et un instant, il croit ne plus pouvoir commander à ses jambes d’avancer. Il a envie de faire demi-tour et de s’enfuir en courant. Mais il ne peut pas ; il faut qu’il avance, il faut qu’il les impressionne, il faut qu’il leur montre. Alors, il s’oblige à mettre un pied devant l’autre et à entrer. Il n’est pas vraiment seul ; la présence discrète de Hjördis le rassure, elle qui s’est greffée à sa suite depuis début février, les plus proches des conseillers le suivent de près et il est escorté par une bonne demi-douzaine de gardes armés. Mais il a l’impression de n’avoir jamais ressenti autant de solitude qu’à ce moment précis.
 
Et pourtant, il avance, fièrement, comme prévu. Assuré. Princier. Impérial, même. Et pourtant, à l’intérieur, son esprit bouillonne. Que doit-il faire maintenant ? Doit-il dire quelque chose ? Il a oublié. Il ne sait plus. Doit-il ouvrir la bouche, pour la refermer si plus aucun mot ne lui vient à l’esprit ? Non. Doit-il dire la première chose qui lui passe par la tête ? Non plus. Ce serait se ridiculiser devant tout le gratin d’Ibélène, et c’est la dernière chose qu’il souhaite. Alors il se contente de regarder autour de lui et de sourire, un peu crispé, un peu nerveux, avant d’aller s’asseoir avant que ses jambes ne le lâchent tout à fait. Et comme ça, il pourra attendre patiemment les instructions de ses conseillers, qui lui souffleront la suite.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 21:59

Ibélène • Noblesse



Maximus

de Rougeheaume



Chapitre III.2 ♦️ De Plume et de Serre

Présentation



Tout devait bien se passer. Du coin de l'oeil, alors qu'il devisait avec quelque noble, rencontré plus tôt - l'aisance à la parole, contrairement à ses compatriotes, permettait de nouer ce genre de relation plus aisément que les autres qui l'avaient accompagné jusqu'ici - il avait pu remarquer l'entrée de plusieurs... Personnalités, si l'on pouvait le dire comme ça. Il avait eu l'opportunité de rencontrer, plus d'une fois, de loin, des têtes couronnées : partout où Bellifère avait des relations, et dans le sillage de son père, il avait pu en découvrir. Et il s'attendait évidemment à un moment ou un autre finir à leur contact, ou tout du moins plus proche qu'il ne l'avait été par le passé.
Il avait observé, également, les mouvements des groupes. Imaginé par où certains pourraient s'éclipser, derrière qui pouvait se dissimuler un autre... Un petit jeu, dérive de son passé paranoïaque de soldat, qui occupait son esprit, à moitié dévoré par les mondanités déversées.
C'était fou combien les discussions pouvaient être vides, quelquefois. Et quand il tentait d'y mettre un peu de substance, juste pour ne pas deviser en vain sur combien l'architecture du palais d'Ibelin était des plus remarquables, la conversation dérivait... Et, de préférence, sur des ragots.
Bien entendu. Le long voyage jusqu'ici, des confins de Sombreciel, Erebor ou même Bellifère, était la première cause des rumeurs et théories farfelues qui couraient entre les groupes, ici et là.
Lui-même n'y accordait pas grande foi. Même si, il fallait l'avouer, certaines jouaient en sa faveur et celle de son duc. Notamment celles qui insinuaient que la duchesse avait perverti le duc au point de le pousser à la suivre dans un coin reculé de son duché décadent... En entraînant avec elle la princesse impériale.
Théorie absurde, mais les absents n'avaient-ils pas toujours tort ?

Il était parmi les vivants, pour l'heure. L'ambassadeur de Bellifère profita d'une accalmie, d'une conversation finissante pour se tourner vers l'entrée, là où il pouvait un peu mieux observer la situation. Et, à peine une respiration plus tard - ou deux, ne soyons pas mauvais, il se retrouvait accosté par une autre personne.
Maximus, du haut de ses presque trente ans, ébaucha un léger sourire de circonstance. Sombreciel n'était pas leur ennemi - pas encore, du moins - et il n'avait pour eux, somme toute, qu'un intérêt politique. Il savait que l'homme en face de lui avait entretenu avec l'ancienne duchesse Ermengarde une solide amitié. Ce qui avait mené aux désastreux accords qui avaient secoué le précédent duc, déjà fragile.
"Tout le plaisir est pour moi, messire, dame." répondit-il, gardant ce même sourire aux lèvres.  Pas qu'elle soit importante, à ses yeux, mais c'était l'une des premières règles qu'on lui avait rentré dans le crâne.
Ailleurs, les femmes avaient une valeur. Stupidité, à son avis. Mais il se devait de le respecter, même si ça lui laissait dans le fond de sa gorge un arrière-goût désagréable. " En effet. Maximus de Rougeheaume. " La présentation était presque trop sommaire. Mais le nom était connu, moins cependant que celui de l'homme en face de lui. "J'ai été récemment nommé en tant qu'ambassadeur de Bellifère par le duc Guillaume de Brumecor. "
Et pas uniquement pour réussir mieux que ton père, bien sûr.

Un son lui fit tourner la tête, ses traits toujours aussi détendus laissant apparaître une légère surprise alors que le futur empereur faisait son entrée. Envolée de notes et de courbettes, sur son passage. Il fallait dire que tout semblait calculé, à la seconde près, pour imposer le respect ; effet plus ou moins réussi. Le blond ressentit bien quelque chose, un peu écrasé par la majesté de la scène, mais ce sentiment fut balayé en voyant la silhouette de celui que, bientôt, l'on couronnerait.  
Et pourtant, Maximus avait foi en Octave. C'était partiellement pour cela qu'il avait bataillé pour se rendre ici, outre sa fonction d'ambassadeur.


Spoiler:
 



#5E0021


Dernière édition par Gauthier Coeurbois le Ven 16 Fév - 13:36, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyJeu 15 Fév - 22:30

Ils arrêtèrent bien vite de fixer la skjaldmö. Elle ne méritait pas d'attention de sa part, quand bien même il était curieux de savoir comment elle était arrivée ici vivante. Quelque part en lui, Richard nourrissait le désir de la savoir morte depuis l'humiliation qu'il avait essuyé sous l'effet d'une malédiction.

Son regard refaisant le tour, il reprit au jeune.

« Les Séverac, père et fils Voltigeur sont des gens bien de qui tu peux t'inspirer. » Il était un idéal difficile à atteindre après tout, le maréchal. Tybalt pouvait prendre de la graine de ci de là, tant qu'il ne se mettait pas à roucouler avec n'importe qui ou n'importe quoi. La simple image de Grâce à ce propos le fit faire une grimace. « Gardes tes distances des voleurs. » Ajouta t-il concernant le jeune Melbren dont il apercevait la silhouette.

Il invita ensuite Tybalt à aller à la rencontre de quelques personnes visiblement curieuse de sa présence et de ses liens. La curiosité pouvait amener à des conversations qui aboutissaient à des contacts efficaces après tout. Il s’apprêta à faire de même avec l'ambassadeur Belliférien déjà occupé, mais n'en eu pas l'occasion. Il n'eut d'ailleurs pas le temps d'esquisser un seul pas puisqu'une nuisance visuelle comme auditive manifesta l'envie de lui barrer la route en se plaçant devant lui. Parasite, ne voyait-elle donc pas qu'il était occupé et peu enclin (pas du tout en fait) à lui manifester de l'attention. Et dire qu'il s'était réjouit de ne pas la croiser en Erebor... quoi qu'il aurait adoré lui toucher mots, parmi les plus odieux, au sujet de la destinée macabre qui attendait sans doute la prochaine ailière qu'elle aurait dans sa vie, qu'il espérait courte naturellement.

Il attendit qu'elle s'écarte, se laissant l'envie de croire qu'elle n'ouvrirait pas sa petite bouche pour polluer l'air sous son nez, mais elle ne le fit pas. Peut-être qu'en fermant les yeux et en fronçant les sourcils, elle comprendrait qu'elle lui gâchait la vue ? Et la manifestation maudite s'adressa à lui, lui indiquant que ce n'était pas juste une erreur de trajectoire de sa part ou une hallucination perfide. Pourtant, les premiers mots qui sortirent le mirent en joie. Elle disait partir ! Un présent d'anniversaire en retard ! Mais le plaisir fut de courte durée, la réalité reprenant le pas. Il la regarda sans répondre avec l'envie irrésistible de la planter là, mais puisqu'il était question de Sixtine, il fit l'effort de gaspiller sa salive et de s'afficher plus d'une seconde en sa présence.

« Certes. Notez l'effort et l'air supérieur pour indiquer qu'il était convaincu que Sixtine n'était pas partie d'elle-même du palais. De Sombregemme. Ouhhhhh qu'il aurait voulu écorcher son nom, plutôt que d'avoir l'impression de mâcher du verre. Pensez bien que quelques moyens ont été déployés pour retrouver son altesse la princesse Sixtine. Si vous ne faites pas partie de ces Voltigeurs eh bien... c'est que l'aide est suffisante et que la vôtre n'est pas nécessaire. » Pour ne pas dire 'inutile'. Et il se serait bien arrêté là, de son regard qui regarde déjà ailleurs et d'un pas qui avance vers une autre destination, si l'image soudaine ne l'avait pas frappé de la voir sur un autre duché rechercher. « Cela étant, si l'idée d'arpenter Bellifère en long et en large ne vous effraie point, je pourrais consentir à vous greffer à la division de recherche Six. » Elle avait fuit le duché de la guerre, il n'y avait pas d'autres mots.

Et c'est sous un petit sourire mesquin qu'il attendit un instant avant de se détourner d'elle en entendant la musique sonner l'arrivée d'Octave. Augutus n'avait rien besoin de ça pour se faire remarquer, lui. Sans s'excuser ou témoigner de l'attention à la Voltigeuse, il s'éloigna d'elle, il était appelé ailleurs.

Hrp:
 
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J'ai fait allégeance à : Castiel de Sombreflamme & l'Empereur d'Ibélène
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre   Intrigue 3.2 ♦ De Plume et de Serre EmptyVen 16 Fév - 11:24

Melsant n'était pas d'un naturel angoissé, mais il ne pouvait s'empêcher d'être à l’affût en arrivant à la Cité Impériale. La compagnie de sa sœur adorée avait été fort divertissante, comme toujours et lui avait permis de passer d'excellents moments dans une période délicate de sa vie où beaucoup de choses étaient remises en cause. Il avait hésité longuement avant de se décider à prendre la lance du Cavalier avec lui. Pas pour se pavaner, mais simplement parce que cette arme avait été une fidèle compagne pendant de longs mois, même si les motivations de la Rose n'étaient pas forcément aussi clairs et limpides que tout le monde le pensait. Il savait que chaque événement qui semblait anodin s'était soldé par une catastrophe, que l'Ordre demeurait à l'affût. Un jour qui aurait du être joyeux et synonyme d'espoir n'était pas apprécié à sa juste valeur par peur de ce qu'il allait advenir. La sécurité avait été renforcée. Les Voltigeurs étaient aux aguets. Et la disparition de la Princesse Sixtine n'arrangeait rien au climat lourd et tendu qui englobait le couronnement de son frère, qui avait sur les épaules une charge trop lourde. Difficile de succéder à son auguste père. Il fallait une poigne ferme pour diriger Ibélène.

Mais ce couronnement était au moins l'occasion de revoir toute sa famille, après le second mariage de Castiel, où Melsant avait pu pouponner la petite Odette et discuter avec plaisir avec Madeleine. Si on lui avait dit il y a quelques années qu'elle deviendrait sa belle-sœur, cette jolie blonde fascinée par Soie et avec laquelle il s'était noué d'amitié... Le Destin était taquin. Comme le mariage entre Alméide et Castiel, qui lui rappelait les tensions entre Castiel et Anthim quand des rumeurs de grossesse s'étaient propagées. Il espérait que les deux ducs sauraient se tenir au couronnement. Castiel n'était pas connu pour sa diplomatie ou sa retenue. La présence de Melbren l'inquiétait également, alors que Richard était naturellement présent et ne digérait pas le vol du Griffon. Ah la famille et ses petits tracas...

D'ailleurs, son père entrait déjà en contact avec Bellifère... Forcément... Désormais le futur beau-frère de Melsant était le Duc de Bellifère, rien que ça. Un homme qu'il ne souhaitait pas fréquenter, au risque de perdre toute mesure. C'était déjà bien assez difficile avec Richard dés que le sujet de Grâce tombait sur le tapis, les opinions des deux hommes divergeant fortement. Mais les filles de Grâce n'étaient pas en sécurité avec ce rebondissement. Il faisait confiance à son père pour évaluer la situation et lui en était reconnaissant. Plus loin, la noblesse faisait des courbettes, ne donnant pas envie au Voltigeur de s'y mêler.

Le Marquis d'Automnal se rapprocha de son collègue qui semblait encore faire des siennes, se crispant en entendant des jeunes femmes discuter d'une Voltigeuse qui serait en réalité un homme. Il soupira, connaissant bien l'opinion de Bastien sur sa fiancée. Le tempérament d'Aigrépine lui avait attiré quelques coups de la part du bouillant cielsombrois, mais il appréciait cette insolence et sa camaraderie malgré tout. Son sourire s'épanouit quand Grâce apparut et se permit se remettre les pendules à l'heure. Chicaneries que tout cela, mais c'était divertissant. Suffisamment pour que Melsant frappe l'épaule de Bastien de son poing avec vigueur : « Tu n'as donc rien d'autre à faire que de cancaner ? » Apparemment pas. Grâce, elle s'était déjà éloignée vers le Maréchal pour demander à partir à la recherche de Sixtine. Il le savait car ils en avaient discuté pendant des heures. Et étant donné la brièveté de l'échange, cela ne s'était pas déroulé comme escompté, alors que Richard s'éloignait et que Grâce revenait vers eux, comme si de rien n'était. Sauf qu'il la connaissait sa Voltigeuse et il posa une main dans son dos pour lui murmurer à l'oreille : « Nous en parlerons plus tard. » Déjà, Octave arrivait.
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