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 La résurrection d'un souvenir

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Meldred de Séverac
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Message Sujet: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyJeu 2 Aoû - 13:52


Livre III, Chapitre 5 • La Joueuse de Flûte
Mélusine de Sylvamir & Meldred de Séverac

La résurrection d'un souvenir

Où se rencontrent et se redécouvrent une sœur et un frère, dans le calme et la sérénité. (Ou pas.)



• Date : 29 août 1003
• Météo (optionnel) : Il fait beau, un temps idéal pour observer des tours dites donc !
• Statut du RP : Privé et plein de drama
• Résumé : Ca fait deux semaines que, régulièrement, Meldred s’aventure seul dans la Ville Haute pour tourner autour des tours qui appartiennent à des membres de sa famille. Ceci n’est pas du tout louche, mais il reste tout de même très peu discret. Alors forcément, quand on ressemble à un rôdeur, les gens en charge des tours finissent par en avertir leurs propriétaires… Ou les personnes plus susceptibles de se rendre sur Lorgol rapidement.
• Recensement :
Code:
• [b]29 août 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4023-la-resurrection-d-un-souvenir]La résurrection d'un souvenir[/url] - [i]Mélusine de Sylvamir & Meldred de Séverac[/i]
Ca fait deux semaines que, régulièrement, Meldred s’aventure seul dans la Ville Haute pour tourner autour des tours qui appartiennent à des membres de sa famille. Ceci n’est pas du tout louche, mais il reste tout de même très peu discret. Alors forcément, quand on ressemble à un rôdeur, les gens en charge des tours finissent par en avertir leurs propriétaires… Ou les personnes plus susceptibles de se rendre sur Lorgol rapidement.




Là où la pensée a peur, la musique pense.  







Meldred parle en #99CCFF

On dit merci à Mab:
 


Dernière édition par Meldred de Séverac le Jeu 2 Aoû - 13:54, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyJeu 2 Aoû - 13:53

Non mais c’est une activité absolument normale que de rôder autour des tours de la Ville Haute. Tout du moins, c’est ce dont Meldred tente de se convaincre. Ce n’est pas qu’il a l’air d’un véritable rôdeur, en plus : déjà, il est habillé de frais, et habillé correctement, dans des vêtements d’une qualité plus que correcte, bien que d’un style quelque peu passé. Sa moustache est taillée proprement, il était – presque – coiffé… Non, il n’a en aucun cas l’air d’un être malintentionné. Ou alors il ressemble à un être malintentionné propre sur lui, ce qui n’est pas forcément la pire chose au monde.
En bandoulière, il a toujours sa sacoche de cuir, sur la lanière de laquelle il fait jouer ses doigts nerveusement. Tout va bien se passer.
Il a juste un peu peur.

Ce n’est pas uniquement parce qu’il traîne, seul, autour de la Ville Haute, que la peur le prend au ventre. Ce ne sont pas les regards méfiants, un peu dédaigneux, des nobles promeneurs qui arpentent les rues pavées qui le changent grandement du port pirate et des canaux à l’eau trouble de la Ville Basse. Ce ne sont pas, non plus, les tours qui s’élancent jusqu’à toucher le ciel, tellement hautes, tellement belles !
Ce n’est pas la solitude. Ce n’est pas de se perdre. Non, la peur, si elle reste ancrée au fond de son estomac, lui faisant des nœuds bien compliqués à défaire, c’est parce que, comme depuis une semaine ou deux, c’est aux alentours de la tour de Séverac qu’il va se perdre. Habilement, et comme si de rien n’était, il essaye d’être discret quand il s’en approche, malgré l’angoisse qui noue son ventre, malgré l’appréhension qui tord son esprit. Il n’a pas eu trop de mal à la trouver : il a pris sur lui, pour demander la direction.

Et s’il y avait quelqu’un, dedans ? La question trotte et perce l’esprit de l’Accordé, qui, discrètement, observe les fenêtres et la beauté de celle-ci. S’il y avait quelqu’un, quelqu’un qu’il n’était même pas sûr de reconnaître, quelqu’un qui lui ne le reconnaîtrait sûrement pas ? Comment réagirait-il ?
C’est une activité absolument normale que de rôder autour des tours les plus belles de Lorgol. La main droite sur le cuir tanné de sa sacoche, la gauche grimpe jusqu’à sa chemise et joue avec le médaillon d’argent où sont gravés son nom et le blason de sa famille.
J’aurais pu avoir ma place ici. La pensée fait mal, il la chasse. Il peut avoir sa place. Il n’est pas sûr qu’il y aura sa place, mais il peut essayer.

Des fois, aussi, il va traîner autour des autres tours. C’est un peu moins fréquent, mais on ne sait jamais. Les tours qu’on lui a indiquées, comme celle de Sylvamir, parce qu’il paraîtrait que sa sœur – l’une d’entre elles – y vit. Et assurément, il se pense le plus discret des hommes : qui ferait attention à lui ?
Il jette un dernier regard à la haute tour, la main serrée sur son médaillon. Ce n’est pas de la nostalgie, dans son coeur, c’est un véritable manque.
Mais là encore, il a peur. Il pourrait toquer. Il pourrait demander à voir quelqu’un, à faire avertir quelqu’un. Et ensuite ?
Le croiraient-ils ?
Probablement que non.
Alors il n’ose pas, et reste planté là.



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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyMar 2 Oct - 20:53

Oui, c’est le même homme, à n’en pas douter – penchés l’un à côté de l’autre sur les rapports en provenance de Lorgol et rédigés par les majordomes respectifs des tours de Sylvamir, de Séverac et de Sinsarelle, force est à Hiémain et Mélusine de constater que l’homme étrange rôdant aux alentours de leurs propriétés lorgoises depuis une quinzaine de jours est le même. Une note ajoutée en bas du rapport de Séverac indique que la situation est la même aux tours d’Automnal, Vivessence et Chamaar. En veut-on à la famille de la baronne ? Est-ce un étranger venu espionner pour préparer quelque mauvais coup ? De toute la fratrie, c’est Mélusine la mieux placée pour se renseigner – n’est-elle pas fille des Miracles, enfant d’Isil, amie des espions ? Hiémain étant pris par ses obligations diplomatiques, c’est à Agathe que Mélusine confie ses enfants – Arsène, Meldred et le tout petit Meljörn. « Je reviendrai avant ce soir, mignonne – en cas de besoin, n’hésite pas à faire appel à Azim et Warda. » L’intendant et la gouvernante de Sinsarelle sont d’une redoutable efficacité, et c’est avec grand plaisir que Mélusine les a retrouvés lorsque sa petite famille est venue s’installer dans la forteresse du roc. Aux jardins saccagés par l’exil des mages, certes, mais en cours de renaissance à présent que les familiers du lieu ont pu revenir, libérés par la sécession erebienne – le tout premier étant Samir, son mage des portails personnel, revenu s’installer au domaine avec son épouse et les plus jeunes de ses enfants, heureux de retrouver les lieux et la maîtresse de maison, capricieuse certes mais fort généreuse en pourboires. C’est d’un pas guilleret qu’elle franchit le portail qu’il lui a tissé, bien décidée à rendre visite à ses frères et sœurs des Miracles en le cénacle de leur Cour familière – et peut-être également s’enquérir auprès des serviteurs des tours de sa famille de tout incident éventuellement lié à leur étrange rôdeur.

Quelle n’est donc pas sa surprise, lorsqu’elle émerge dans l’antichambre de réception de la tour de Sylvamir, de s’entendre dire que l’étrange individu a été aperçu par une des filles de cuisine, il n’y a pas une heure encore, rôdant à quelque distance de la tour familiale. Mélusine a tôt fait de rassembler sa domesticité, rassemblant des détails sur cet homme inconnu ; mais au final, les braves gens de son service ne sont pas en mesure de lui dire grand-chose. L’homme est plutôt grand, propre et bien habillé – bien que portant des vêtements plutôt démodés – porte une moustache élégante mais d’un style quelque peu passé, et n’a pas fait montre de violence ni d’hostilité. Il n’a parlé à personne, n’a jamais tenté d’entrer, ni par la porte ni par des moyens détournés. Il s’est contenté de… rôder, visiblement. Discret, cet étranger, peut-être manquant d’assurance ? « Il ne semble pas malhonnête, madame, juste réservé. » « Quand je l’ai repéré et que je lui ai souri, avant-hier, il a eu l’air effrayé, madame ! » « Les intendants et servants des autres tours de votre famille ne signalent aucun trouble non plus, juste des allées et venues, madame. » « Bien, je vous remercie tous de votre vigilance – Sigmund, veillez je vous prie à transmettre ma satisfaction au reste de la maisonnée. Sigrid ? » poursuit-elle, s’adressant ensuite directement à la fort compétente intendante de son époux. « Faites-vous accompagner par deux gardes, et allez à la rencontre de ce guetteur. Dites-lui que sa présence est requise à l’intérieur – cordialement, mais fermement – puis faites-le patienter dans la bibliothèque, et postez les gardes à la porte. J’aurai le fin mot de cette histoire. »

L’impressionnante matrone sourit et s’incline, puis sort exécuter l’ordre, escortée de deux des solides gaillards que le sire de Sylvamir paie pour veiller sur sa tour et sa maisonnée. La baronne, elle, convoque ses femmes de chambre – si elle doit jouer les baronnes courroucées, autant avoir la tête de l’emploi !











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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyJeu 4 Oct - 21:56

Bon, quand on a parlé uniquement de deux tours, ce n’est pas tout à fait vrai, excusez. Disons que Meldred a également porté ses pas, au fil d’informations glanées, autour de tours que les rumeurs et les gens lui ont dit être également de sa famille. Beaucoup de noms qui ne lui disent rien, mais il s’en fiche. S’il peut seulement apercevoir quelqu’un, alors peut-être son légendaire courage se réveillera-t-il ? Enfin, légendaire courage qui n’a, tout de même, pas été le plus présent quand, quelques jours auparavant, une personne bienveillante lui a souri.
Non mais elle avait l’air gentille, sympathique presque. Du coup, Meldred a pris peur et a fui.
Légendaire courage de l’Accordé à moustache. En parlant d’Accord, il n’a pas pris son bodhran avec lui : il est sans défense…. Presque. Il peut toujours fuir.

Fuir, quand il voit devant lui deux personnes qui jettent une ombre presque menaçante. Il serre un peu plus sa main sur son médaillon, nerveusement - l’argent est glacé, contre sa chair, malgré les chaleurs relatives de Lorgol. Deux -- Non, trois.
Pour la discrétion, donc, on repassera. Avec difficulté, il déglutit. Sans leur laisser le temps de parler, il fait un pas en arrière. “Désolé. Je me suis trompé de.. Et ma présence est requise en un autre lieu, avant le soir.” Sa voix, nerveuse, cabriole sans trembler alors que son regard bleu est plein d’appréhension. On le retient, on lui indique, presque gentiment, qu’on veut le voir à l’intérieur.

Sur le moment, il ne réfléchit pas plus que cela : on veut le voir, probablement parce que, non, ça ne se fait pas de tourner de manière suspecte autour de demeures, d’autant plus lorsque les tours appartiennent à une si noble famille. Il va devoir s’expliquer. L’angoisse monte, réelle, arbre qui fleurit et emplit sa poitrine. Le croira-t-on ? Non, on ne le croira pas. Personne n’est assez fou pour le croire !
Et pourtant, alors qu’il se met en marche, silencieux avec les gardes, il a un fol espoir, minuscule étincelle bien vite balayée par la peur : la situation, il ne l’a pas sous contrôle, elle dérape, elle glisse, il ne sait pas quoi y faire !

C’est nerveux que Meldred attend. Il se tient debout, droit, la main encore crispée sur sa chaînette et sac au côté, dans la bibliothèque où on l’a mené et sommé de patienter. Il pourrait être raide comme un piquet, s’il n’avait pas cet équilibre naturel d’un enfant ayant grandi sur le pont d’une vivenef. Il y a un délié dans sa posture, une énergie tranquille qui donne l’impression que l’homme est pareil à une voile au vent, qu’il s’accorde aux éléments, tout comme sa démarche s’est adaptée naturellement au roulis. Nerveux, il se passe une main dans les cheveux, remet en place sa moustache, joint les mains et les relâche. Il ne sait pas. Peut-être s’est-il trompé. Peut-être Sylvamir n’a rien à voir avec les Séverac, avec sa famille. Arrête d’être stupide, Meldred, enfin.
Il faut avoir espoir.

N’empêche qu’il n’en mène pas large lorsqu’il entend du bruit, que la porte s’ouvre, que par automatisme les leçons de Taliésin lui reviennent. Son pied part en arrière alors que son corps s’incline, sa tête se baisse. Son coeur bat à ses oreilles - une percussion dont il ne sait pas jouer.
La révérence est polie, peut-être bien ancienne dans la manière de faire - il n’en sait rien. Il relève la tête, son regard vif cherchant le visage de la personne avec qui il va devoir s’expliquer.  Expliquer qu’il traîne autour de demeures riches dans l’espoir de pouvoir revoir des gens qui l’ont sans doute oublié, qui le pensent mort. Expliquer qu’il s’appelle Meldred de Séverac, enfant noyé, et qu’il peut le prouver.
C’est pas gagné. Il appréhende avant même de commencer à parler.



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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyMar 23 Oct - 23:38

« Ma dame, l’homme vous attend dans le petit salon. » « Merci, Sigrid, vous êtes redoutable d’efficacité ! Pouvez-vous faire en sorte que l’on nous monte à boire et à grignoter ? Je vous remercie, vous êtes une perle. » L’intendante s’éclipse en souriant, et tu virevoltes entre tes femmes de chambre, qui s’affairent à t’apprêter comme la marquise que tu es. Tu es une Séverac, une Kamar, une Sylvamir, à la fois cielsombroise, erebienne et kyréenne ; tu es noble et Voleuse, écrin et mère, et tu veux en imposer, face à cet inconnu qui tourne autour de ta famille en toute impunité. S’il s’agit encore d’un Belliférien cherchant à enlever ta chère sœur, Mirta t’en soit témoin ! Tu ne répondras plus de rien, et Castiel sera certainement enchanté de faire écarteler l’importun – même si papa n’approuverait pas forcément le recours à de telles extrémités.

C’est d’un pas conquérant que tu entres dans le salon où tes gens ont fermement prié ton visiteur forcé de t’attendre sagement – et c’est un sourcil haussé de surprise que tu contemples son profond salut, charmant de désuétude et frappant de perfection. Il s’agit là d’un geste naturel, maintes et maintes fois répété ; une marque d’élégance qui ne trompe pas la finesse de la Cielsombroise en toi. Cet homme-là est éduqué – et lorsqu’il se relève, même si ses fripes semblent démodées, tu ne peux t’empêcher de remarquer l’aristocratie de ses traits et la noblesse de son maintien.
Bon, et son improbable moustache.
Un rire nerveux t’échappe, tandis qu’il fixe sur toi le bleu de ses yeux, et tu portes une main taquine à tes lèvres pour retenir ton hilarité qui frise la goujaterie. « Je vous prie de me pardonner, et de vous relever, messire. Je ne m’attendais qu’à un vagabond en quête de larcin, point à un gentilhomme de votre tournure. » expliques-tu en souriant, décidée à faire montre des bonnes manières que ta mère t’a inculquées. Il se redresse, et tu remarques la souplesse de ses mouvements – il te fait un peu penser à Melsant, habitué à voltiger sur le dos de Soie, et qui conserve au sol un peu de la grâce qu’ils partagent dans les airs. Est-il donc Voltigeur, ton curieux visiteur ? Tu en doutes – il n’a pas la musculature des épaules que tu admires tant chez ton aîné, et son air gracile associé au léger hâle de sa peau trahissent plutôt le marin que le fils des airs. Peut-être est-ce un des matelots des quelques navires que tu possèdes ?

D’une main gracieuse, tu l’invites à s’asseoir dans l’un des fauteuils, tandis que tu t’installes sur le grand canapé confortable que tu as rembourré de multiples coussins – excellents projectiles en cas de divergence d’opinion, on t'en a déjà fait compliment, et ta chère Agathe s'est bien assurée qu'aucun n'était contondant. « Je vous en prie, prenez place. Je suis Mélusine, baronne de Sylvamir, et l’on m’a rapporté que vous rendiez souvent visite à ma tour de Sinsarelle en plus de celle de mon époux où nous sommes à présent – ainsi qu’aux tours de ma famille : Séverac, Chamaar, Automnal, Vivessence… Je ne crois pas avoir l’heur de vous connaître, messire, aussi auriez-vous l’amabilité de m’entretenir des affaires qui vous amènent à telle fréquence sur le seuil de ma parentèle ? » Tu ne t'es pas départie de ton sourire, mais tu as adopté un ton ferme et déterminé : point d'espion sous ton toit, tu sauras la vérité !











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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyMer 24 Oct - 19:07

Meldred a peur. Vraiment. Et quand même son optimisme naturel ne peut pas combattre celle-ci, c’est que la situation est grave : l’Accordé trouve toujours le bon côté, quoi qu’il fasse et quoi qu’il puisse arriver. Si la peur et l’anxiété prennent le dessus, il se bloque. Son corps commence à s’affoler, sa poitrine à lui faire un peu mal, à l’oppresser.  Il ne sait guère comment se sortir d’un mauvais pas aussi affligeant. En général, la musique le calme, mais là, il est venu sans Bob. Bob le bodhràn, dont l’origine du nom ne mérite même pas une explication - sans doute car il n’y en a pas.
Il ne s’est pas vraiment attendu, non plus, à ce que la baronne - il lui semble - se mette à pouffer devant son salut. Enfin, pouffer est faible. Est-il si ridicule ? Pourtant, Taliésin a toujours semblé fier de lui, et les autres aussi.  Il se sait agile, et ce geste, il l’a répété pendant des années. Il est perdu, l’Accordé. Se moque-t-elle de lui ? L’incompréhension se lit sur ses traits, au même titre que son appréhension. C’est vrai, quoi. Il n’a pas la sensation d’être lourdaud, ou pataud, il n’a aucunement l’impression d’être ridicule. De quoi rit-elle ?

Heureusement, elle s’explique. Il secoue la tête, les épaules suivant. Ce n’est rien, semble-t-il dire. Il contrôle du mieux qu’il le peut le tapotement de ses doigts sur ses vêtements, l’envie de se mettre à marcher de long en large pour évacuer l’angoisse et l’impatience, le besoin de bouger, de faire disparaître les étincelles dans son corps. Il peut paraître rêveur et étourdi, et il l’est, mais la peur fait monter en lui une énergie qui picote ses membres. Il se fait violence pour ne rien montrer. Mentir, il sait presque faire, sur ce point-là.

Il n’a toujours pas ouvert la bouche, et passera sans doute pour un niais - ou pour un intimidé. La solution est plus de l’ordre de la seconde - et peut-être cela flatte-t-il la femme en face de lui. Elle est maîtresse de l’endroit, tout, dans sa posture, sa démarche, la manière qu’elle a de se mouvoir le prouve. Et Meldred est l’intrus.
Sur son geste, il se dépose délicatement dans un fauteuil, non-loin. A portée d’oreilles, à portée de regard.

Elle ne peut pas manquer la vague, violente, qui assombrit son regard quand elle prononce son nom. La manière dont il semble la dévisager, dont il superpose les traits flous de l’enfant de quatre ans à ceux de la femme qu’elle est devenue. L’étonnement, presque enfantin. L’espoir qui l’est encore plus, qu’elle le reconnaisse ! La fin de sa phrase prouve que non. Mais toujours, il espère.
Il se tord un peu les mains, par automatisme. Sa bouche s’entrouvre, mais il ne sait pas comment commencer. Il l’a retrouvée.

Et si elle ne voulait pas de lui ? Si elle refusait de le croire ? Elle en impose sans en avoir l’air, l’Accordé se sent écrasé et mis en confiance en même temps. Il est confus. Il n’a pas l’habitude, et son regard posé sur lui, et ce double visage - souvenir, présent - ne l’aide pas.
“C’est une explication qui s’annonce compliquée.” finit-il par dire. Il détourne le regard. Il ne peut pas. Il ne sait pas.
“Je suis fort contrit si mes explorations ont pu vous donner du souci, ou vous inquiéter. Sachez que là n’était pas mon but. ” Une inspiration. Il espère qu’on le croira.
Il met toute sa sincérité, dans les paroles. Ca doit bien s’entendre, non ? “Je me suis aventuré dans ces régions, particulièrement, depuis quelques mois, lorsque j’en ai eu le courage, depuis que nous avons posé le pied sur le continent. La raison…”
Sa gorge se noue. Il regarde vers elle, l’air indécis, l’air inquiet - l’air d’avoir un peu d’espoir. “La raison vient avec mon nom. Et ceci, qui peut l’expliquer. ” Il détache sa chaînette d’enfant, gravée sur le médaillon, l’argent terni là où il a eu l’habitude pendant trente ans de poser ses doigts pour se calmer, et la lui tend. La chaîne glisse de ses doigts. Son identité avec. “Je m’appelle Meldred.”



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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyMar 30 Oct - 15:59

Le trouble soudain qui envahit le regard de ton visiteur à l’énoncé de tes titres est indéniable. Étonnante, cette réaction, lorsqu’il semble parfaitement savoir à qui appartiennent les tours auprès desquelles il rôde ; peut-être ne s’attendait-il tout simplement pas à se trouver confronté d’emblée à la maîtresse des lieux ? Le reflet sombre qui noie un instant son regard est déconcertant, mais tu verras bien plus tard de quoi il retourne. S’il lui prend l’envie saugrenue de t’agresser, en tout cas, il se rendra rapidement compte que tu sais te défendre ; et que les mercenaires de la Guilde des Guerriers qui attendent de l’autre côté de la porte ne sont pas là pour décorer. Rien n’indique pour l’instant qu’il nourrit de sinistres intentions à ton encontre ; aussi lui laisses-tu le bénéfice du doute pour le moment, écoutant attentivement ses explications.

Et qu’elles sont confuses !
Il atermoie et tourne autour du pot, avec mille précautions oratoires et tournures désuètes qui t’étonnent dans la bouche d’un de tes contemporains. Il n’a au plus que quelques années de moins que toi, et ce parler obsolète n’avait déjà plus cours du temps des ouvrages prisés par tes arrière-grands-parents cielsombrois, alors… ? Alors, peut-être a-t-il grandi dans un roman décadent des années 700, va savoir. Un roman décadent d’Outrevent, si tant est que cette espèce de lecture scandaleuse existe de l’autre côté du continent !

Indécision, inquiétude, hésitation.
Tout cela est criant dans son maintien et sa posture, sans mentionner son intonation prudente. Il regrette visiblement de s’être laissé prendre en flagrant délit, mais également d’espérer vaguement… quelque chose. Et cette manière de te dévisager, comme s’il attendait de toi quelque chose qu’il se sait être en droit d’obtenir… Qui est-il donc ? Ami, allié, malandrin, frère des Miracles, voisin de Séverac, ennemi de Castiel… ? Tu as beau fouiller dans ta mémoire, tu ne l’as jamais vu, tu en es convaincue ; ses traits te sont vaguement familiers, mais sans plus : il ressemble à tous ces jeunes hommes que tu as côtoyés dans ta jeunesse, sans rien de particulièrement frappant, si ce n’est cette moustache très peu cielsombroise. Fronçant légèrement les sourcils, tu attrapes d’un geste méfiant l’objet qu’il te tend, avant de tiquer quand il te révèle son nom. Tu penses bien sûr directement à ton fils, ton second même s’il est le premier que tu as porté – l’héritier de ton époux, cet enfant né dans les bras mêmes de la mort, et que tu aimes de tout ton cœur. Est-ce cela qui mène ton visiteur à ta porte, la simple coïncidence de porter le même nom que ton enfant ? S’il imagine que cela lui vaudra un quelconque avantage, il se trompe, car tu n’es pas de celles qui – et ta pensée s’arrête net, alors que tu baisses les yeux vers l’objet froid au creux de ta paume.

L’argent est terni par des années au contact de la peau qui l’a porté, le travail en est fin et délicat, le médaillon a certainement coûté un bon prix – mais ce n’est pas cela qui te saute aux yeux. Non, ce qui te glace le sang et enserre ton cœur un instant dans un étau de stupeur, c’est le blason aux armes de Séverac qui luit doucement dans le rayon du soleil. Et tu frissonnes, Mélusine de Séverac, tandis que les souvenirs terrifiés d’une enfant de quatre ans te sautent à la gorge – le sel de la mer dans tes yeux, le bras solide de Melsant qui te serre contre lui, tes mains cramponnées à Mélisende et la panique dans les yeux de ta jumelle qui reflètent si bien la tienne. Et le hurlement rauque de ta mère sur le rivage, et cette seule fois où tu as vu ton père désemparé, la souffrance gravée sur ses traits comme une brûlure au fer rouge. Et la culpabilité des années qui ont suivi, partagée avec ta sœur, d’avoir été sauvées par votre aîné au détriment du tout-petit qui venait après vous. Et l’atroce honte qui ronge et qui dévore, qui suinte et qui torture, la voilà de retour au fond du regard que tu braques sur l’étranger, avec la froideur soudain convoquée d’une femme terriblement blessée, résonnant d’un dédale de fractures et de plaies que le temps n’a fait que camoufler. La voilà, surgie de nulle part en un battement de cœur, l’impitoyable écrin du Fou Noir, façonnée par Rhéa par dix ans de coexistence, cette femme résolue et déterminée que peu savent deviner derrière ta façade faussement évaporée ; et tu te lèves d'un mouvement indigné, croisant les bras comme pour protéger ton cœur en peine, le médaillon serré dans ton poing crispé pour contenir le tremblement de tes doigts. « Messire, je ne sais quel jeu vous jouez, ni comment vous avez obtenu cet objet, mais je n’apprécie guère votre cruauté. Vous réveillez un deuil que je n’ai jamais achevé, vous me rappelez le trépas d'un être cher que je n'ai jamais pu me pardonner, et je ne comprends pas ce que ma douleur peut bien vous apporter. Expliquez-vous. »











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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyJeu 1 Nov - 13:16

Meldred est peut-être totalement fou, d’avoir fait ça. La peur paralyse tout son être, commence à le dévorer. Il en a rêvé - cauchemardé, aussi - de ce moment. De se retrouver, là, sur le continent, face à un membre de sa famille. De devoir lui annoncer sans ciller qu’il n’est pas mort, qu’il a grandi, qu’il est en vie : qui le prendrait bien , honnêtement ? Il est optimiste, le moustachu, et sans doute peu au fait des règles de la société actuelle ; il est de plus rêveur, bien trop affecté par ce que son coeur lui dicte - son coeur qui là s’emballe et a des ratés -... Mais il n’est pas stupide. Ayant vécu en mer pendant trente ans, fréquenté des femmes et des hommes qui arpentaient les océans depuis la Trève, affronté les tempêtes les plus redoutables - caché dans les bras de Maël, mais ça comptait quand même -, il sait combien les flots sont demandeurs et jaloux. Il sait que lorsqu’un corps y tombe, que le roulis des vagues le cache à la vue, alors la mer le récupère. Il sait la mort à chaque frange d’écume, quand la houle est trop forte.
Il sait que sa survie tient du miracle. De l’impossible. Que le bambin de deux ans aux mots hésitants qui a glissé loin de ses parents dans la folie furieuse de la tempête, alors que le bateau craquait n’aurait pas du exister. Qu’il aurait du mourir, là, disparaître au large et s’abîmer pour toujours. Au fond de lui, Meldred porte depuis qu’il en est conscient le poids de cette mort qui l’a frôlé - la force de la vie qui l’habite.
C’est sans doute ça, un peu, qui le rend si peureux. A tout moment, la vie ne tient qu’à un fil, à un regard, à une vague bien trop forte. A tout moment, le monde peut vous prendre à la gorge et tout détruire. Et son monde à lui est encore si fragile !

Quand il met un coup dedans, qu’il tente de l’ébranler, c’est pour mieux le consolider. La chaîne s’éloigne de lui, son regard bleu la suit. Sa soeur - sa soeur ! - ne dit rien, d’abord. L’Accordé ne peut détourner le regard. Pas maintenant. La peur fige son coeur, amène sur sa bouge un goût sale - comme du métal, comme du regret. Il voit la froideur, glaciale et il sait qu’elle a compris ce qu’il veut dire. Il sait que le deuil jamais vraiment n’a été fait - pour un enfant qui se tient devant elle, alors qu’elle se lève !
Il est tellement désolé de lui faire du mal. Il ne se redresse pas de suite, un peu sonné, beaucoup trop anxieux et heureux, paradoxalement, et blessé, et impatient, et tellement hésitant, et déterminé. Un tourbillon indistinct qui pourrait l’éloigner de son but premier. Calme.

 « C’est une forme de soulagement à cette peine que je me viens apporter, et croyez-moi que je ne suis guère venu ici pour ranimer le souvenir d’un événement ancien de trois décades sans raison. » Comment l’expliquer ?  « Je vous en prie. Laissez-moi juste l’expliquer, sans m’interrompre, sinon… Je ne sais si je saurais reprendre. » Que la force qu’il sent, désormais, de tout lui raconter, ne le quitte pas. Une fois lancé, il ne devra pas se stopper, sous peine de se retrouver à jamais incapable de le mentionner à nouveau.  « Il arrive que les océans, au plus fort de leur fureur, soient cléments, même avec les enfants. Que les dieux décident de prolonger la vie des innocents tombés à l’eau. » Les souvenirs glissent, libres, dans sa mémoire, aussi violents qu’au premier jour. Il ne la voit presque plus. Ses mains se retiennent de trembler à grand peine.
 « Lorsqu’une nef… un navire sombre, il se brise sous la force des vagues. Il ne coule pas d’une pièce. Et si l’on est encore conscient, on s’accroche à tout ce qui passe. Tout ce qui flotte. » L’eau salée l’a fait suffoquer. A rempli ses poumons. Il a presque du mal à parler. Avancer encore.
 « Les vagues vous cachent à la vue des autres, et vous emportent. Trop loin pour être sauvé par les gens qui ont pu rejoindre la grève. » Sa voix se brise. Ses yeux s’embuent.
« Trop loin pour avoir l’espérance de revenir. On survit, mais l’on est perdu aux yeux du monde. »

Pour toute explication, il lui offre un récit bancal, des yeux qui ne semblent plus la voir. Il lui offre la vérité, sans se nommer. Il n’a pas d’autre moyen de lui faire comprendre, pas sans sa magie, pas sans lui montrer. Si elle se souvient, elle aussi, elle le comprendra.
De là à le croire….



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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyLun 12 Nov - 17:05

Le cœur bat à tout rompre dans ta poitrine, et un instant l’indignation t’étouffe. Ah, si seulement Rhéa était encore là, dans cette partie creuse de ton âme qui résonne douloureusement des mille échos de son silence – si seulement Fantasme était là, au creux de tes pensées bien trop sérieuses sans le chaos qu’elle y apportait, si seulement tes amies étaient là pour soutenir ton être en détresse ! Le bras de Hiémain autour de ta taille, la paume de Maximilien sur ton épaule, les doigts d’Ismalia sur ta joue, la main de Mélisende rivée à la tienne, la chaleur familière de tes trois fils et de ta presque fille – si seulement tu n’étais pas seule, face à cet étranger venu t’arracher le cœur de la poitrine pour le piétiner sans ménagement dans la poussière !

Mais il faut te débrouiller seule, et tu puises aux racines de ton sang d’Erebienne la force de caractère rancunière qui fait la réputation de ce duché que tu aimes sans rémission, fronçant le sourcil tandis que l’orage envahit lentement ton regard, ta colère rentrée frémissant comme un murmure porteur d’une promesse sans merci dans l’air agité de la pièce. Bras croisés, le médaillon enserré au creux de ta main comme une arme, tu attends qu’il daigne s’expliquer, qu’il ose formuler explicitement ce qu’il a sous-entendu.

Et ses mots te meurtrissent – tirant sans ménagement des profondeurs de ta mémoire le souvenir du naufrage, de cette immensité glacée qui avait failli t’engloutir, tandis que cramponnées l’une à l’autre ta jumelle et toi étiez ballotées de vague en vague, crachotant l’eau salée qui vous irritait les poumons et vous brûlait les yeux, jusqu’à ce que les bras de Melsant ne viennent vous tirer de là. Ces cauchemars ensuite, pendant des années, le visage tiré de ta mère qui ne parvenait pas à oublier Meldred noyé, la culpabilité des survivants que tu partageais avec ta sœur. Et l’absence, terrible et intolérable, la cruelle punition de n’être plus que trois là où naguère vous étiez quatre. L’ambiance à la maison ne s’était allégée qu’à la naissance de Melbren – tu t’es souvent demandée si cette grossesse n’avait pas été une surprise pour tes parents, car ta mère, à cette époque, ne semblait pas particulièrement encline à avoir d’autres enfants. Mais l’enfant avait conquis ses parents dès ses premiers jours de vie, et ta sœur et toi vous étiez vouées à sa protection ; tu ne t’es dégagée partiellement de ton serment que quelques années plus tard, lorsque Castiel a rejoint ta turbulente fratrie, pour t’occuper plus exclusivement de cet autre frère que la vie vous offrait.

Et voilà à présent qu’un inconnu viendrait sous-entendre mériter également une place au sein de la famille Séverac ? Un moins-que-rien, un opportuniste, un arriviste, sorti de nulle part, comptant sur un bien mal acquis pour s’acheter rang parmi la noblesse ? Foutaises ! La colère tonne dans ta voix, à présent, tandis que tu t’énerves sur l’importun, fortement irritée qu’il n’ait toujours pas clairement énoncé l’objet de sa visite sur ton perron. « Cessez donc vos fadaises, messire, et parlez ! Expliquez-vous sans détour, avouez où vous avez pris ce médaillon, et si vous êtes honnête je vous écouterai – mais si vous tentez de vous jouer de moi, Levor m’en soit témoin, vous ne pourrez attendre de moi nulle merci ! »











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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyMer 14 Nov - 13:18

Il n’y arrive pas. Il n’arrive pas à s’exprimer et à s’expliquer convenablement. Les mots lui font défaut, l’engloutissent, l’emportent. Il se concentre pour les rendre clairs, pour ne pas mêler ceux qui n’ont plus cours à cette conversation. Des mois à discuter avec d’autres, quand il a eu le courage de descendre, lui ont permis d’élaguer et de mettre au goût du jour son vocabulaire. Mais c’est une chose que de réussir à tenir une conversation dans des conditions normales, et une autre entièrement différente que de défendre son identité, l’esprit remué par d’incessants souvenirs aussi violents. Il tente, vraiment.

Par instinct, Meldred porte la main à son cou, au médaillon, mais ses doigts ne rencontrent que le vide et s’y referment en griffant légèrement sa peau.  Ses yeux voient la douleur, la colère aussi - sans doute. Comment réagirait-il, lui, si on venait pour lui annoncer comme ça - d’une manière maladroite et si confuse ! qu’une personne se prétendait de sa famille disparue ?
Il fuirait, sans doute. Oui, c’était la solution la plus logique. Il éviterait les problèmes en la plantant là. Ce qui ne semblait pas le genre de la baronne en face de lui. Et son médaillon, entre ses doigts serrés, témoignait que non, elle non plus, n’avait rien oublié. Mais sans doute ne se souvenait-elle pas de lui, sans doute n’était-il qu’un enfant vague dans sa mémoire, aux traits lissés par les années d’inexistence et à la voix, aux manières oubliées.

Il se redresse, doucement. Les mains qui retombent, de là où il tentait vainement de se saisir de sa chaîne - enfant, il la mordillait. Il y a quelques traces de dents sur les maillons. Elles sont ouvertes, et toute sa posture clame sa peur - son espoir.
Il peut le faire. Il ne prend pas le temps de réfléchir à ses mots : la vérité. La vérité avec cet accent qui le reprend, qui tourne les sonorités différemment - à peine, mais quand même. La vérité comme une vague, comme un naufrage.

« La vérité… Je suis votre frère. »
La phrase sort. Naturellement. Nue, également. Elle semble résonner, elle semble vraie pour Meldred. Mais pour elle ? Il prend une inspiration, les yeux ne quittant pas les siens.
« Ce médaillon est le mien. Il ne m’a pas quitté depuis trente-deux ans, où que j’aille, quoi que je fasse. Je ne l’ai pas mal acquis, il est mien depuis le jour de ma naissance. Il y a trente ans, lorsque le navire s’est brisé, j’ai été emporté au loin. Je ne dois ma survie qu’à une vivenef qui m’a récupéré alors que j’allais sombrer. Croyez-moi ou niez, mais la vérité est là. Depuis trois décennies elle est ancrée dans ma mémoire, elle ne changera pas. »
Sa voix reste ferme dans un courage trouvé pour un temps qui fait étinceler son regard plongé dans le sien - mais empreinte d’une inquiétude sincère où perce la tristesse. Il prie, le brun à la moustache et aux yeux si bleus. Intérieurement, plein de ce peu de courage qu’il a, il prie qu’elle le croit.



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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyMer 21 Nov - 14:45

L’écho résonne sur cette simple phrase, et tu ne parviens pas à te convaincre qu’il dit vrai. Pas les temps qui courent, comment s’étonner qu’un opportuniste avide de richesses ne joue les imposteurs pour s’approprier une place qui n’est pas la sienne ? Serait-ce si étonnant qu’un escroc aux dents longues jette soudain son dévolu sur Séverac, son statut, sa réputation et ses liens privilégiés avec la couronne cielsombroise ? Non, tu ne veux pas croire ce qu’il te dit – parce qu’au fond de toi, il y a la petite fille qui a grandi avec au creux du cœur l’espoir inavoué que cela soit vrai, et que quelque part dans les îles sauvages de l’Archipel un petit garçon brun aux yeux clairs ne grandisse loin des siens, mais heureux et serein dans sa nouvelle vie. Combien de fois as-tu chuchoté tes espoirs fous à l’oreille de Melsant, seul de ta famille à qui tu osais t’en ouvrir ? Que peut-être… oui, peut-être, très loin de vous, le frère perdu vivait encore. Un secret partagé entre ton aîné et toi, seul confident de cette rêverie sûrement naïve mais néanmoins présente tout au long de ta vie jusqu’à aujourd’hui, sans que tu n’acceptes vraiment de le reconnaître. Et s’il disait vrai, ce moustachu qui semble tout droit sorti d’un obscur castel outreventois ? S’il disait vrai, ce serait inespéré ; mais si tu acceptes d’y croire, pour découvrir plus tard qu’il t’a baratiné à la lagrane, alors… Alors, ton cœur ne s’en remettrait pas.

Mâchoires serrées, tu le toises un long moment en silence, avant finalement de prendre une décision. « Si vous dites vrai, vous vous soumettrez à toutes les vérifications que je demande. Attendez ici et ne bougez pas de cette pièce – je vais quérir un mage qui saura me dire si vos prétentions sont avérées. » Le médaillon est toujours crispé au creux de ta main tandis que traverses à grands pas la tour familiale, avant de sauter en selle et de prendre la direction de la Ville Basse avec l’escorte de guerriers qui assure ta sécurité. Il te serait très simple d’embaucher un diseur de vérité sur l’heure, mais ce n’est pas à la Guilde des Mages que tu vas t’adresser – non, tu as besoin d’avoir confiance dans celui qui te confirmera ou pas les dires de ton visiteur, et c’est donc à l’une des boutiques cachant les entrées de la Cour des Miracles que tu laisses ton escorte, les congédiant avec l’habileté de l’habitude. Tu rentreras en portail – nul besoin de t’attendre, et tu t’élances sur les pavés de cet endroit qui sera toujours un peu chez toi. Tu n’as pas pris le temps de te changer, et ta somptueuse tenue de marquise attire bien un peu l’attention ; mais Lorgol a l’habitude de tes frasques, et tu poursuis ton chemin en saluant machinalement les fils et filles d’Isil que tu croises en route.

Arrivée à destination, dans l’une des petites échoppes soignées d’une arrière-cour du côté des Espions, tu as tôt fait d’expliquer aux mages vivant là ce que tu recherches, et l’un d’eux te suit de bon gré. La cinquantaine bonhomme, il prend placidement le portail que l’on t’ouvre une fois revenue près de la Tour des Voleurs, et qui vous dépose à deux rues de ta Tour. Tu as tôt fait d’y conduire ton homologue des Miracles : ta course a duré deux bonnes heures, mais l’homme est toujours là, te dit-on à ton arrivée. Parfait. C’est d’un pas décidé que tu entres à nouveau dans le salon – le médaillon que tu n’as pas lâché toujours crispé au creux de ton poing. Tu ne prends pas la peine de présenter ton confrère au visiteur ; nul besoin, le cercle écarlate autour de ses prunelles est suffisamment équivoque. « Voici l’individu, Serge. Faites votre office, mon ami. » demandes-tu au lecteur des lignées.

Qu’il décide, si cet inconnu t’est réellement apparenté !











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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyJeu 22 Nov - 21:51

Il se demande un instant s’il va survivre :  son coeur bat si vite, son courage se délite à la vitesse de son souffle et des secondes qui passent. Il se tient droit pourtant, le regard ancré dans le sien, la peur au ventre et l’espoir au coeur. L’Accordé sait qu’il est dans le vrai et qu’il ne ment pas. Que son esprit, pendant trois décennies, n’a pas pu affabuler et le nourrir de menteries ! L’Accord le pourrait, mais l’enfant de la Symphonie connaît l’équipage et Harmonie : eux qui vivent depuis si longtemps connaissent la valeur des souvenirs. Lui retirer les siens, en fabriquer d’autres même pour apaiser les terreurs qui l’avaient pris gamin, ce n’est pas ce qu’ils font. Préserver, protéger, oui. Conserver l’esprit de l’enfant sans rien lui enlever.
Ils connaissent l’importance de la mémoire, de la douleur qui s’ancre dans les images du passé et qui pousse à avancer. C’est grâce à eux qu’aujourd’hui Meldred peut affirmer ce qui vient de sortir de sa bouche, que vient son courage - parce qu’il sait qu’il a raison et que sinon, son monde n’aura plus de sens.
Les secondes s’écoulent. Les minutes s’effondrent. Ils ne bougent pas, chacun campé à sa place sans oser seulement dire quelque chose. Elle juge sans doute de s’il est un plaisantin, un fou, un dangereux meurtrier, de si elle peut le croire - bien sûr qu’elle le peut - ou de si elle doit le jeter dehors. Et il attend, plaçant en elle toute sa confiance et son espoir.
Lorsqu’elle finit par reprendre la parole, avant même qu’elles ne fassent sens, il sent son souffle se bloquer dans sa gorge et le sang battre à ses oreilles.
« Bien entendu. » réussit-il à lâcher, alors que déjà elle repart.
Et elle ne lui a pas rendu son médaillon.

Le courage s’enfuit, glisse en dehors de lui peu de temps après son départ. Tremblant, il s’assoit de nouveau et passe sa main parmi ses cheveux presque disciplinés dont les pointes quelquefois en viennent à rebiquer et à onduler. Est-ce qu’il est vraiment entrain de faire ce qu’il pense ? Est-il vraiment si près du but, si proche d’eux, si proches d’être celui qu’il n’a jamais que rêvé redevenir ? L’enfant enfoui au fond de lui crie leurs prénoms depuis longtemps.
Il est près, mais encore si loin. Après ça, il leur faudra réapprendre à se connaître - apprendre, car en trente ans, ils ont tellement changé. Après ça, déjà, il faudra contacter le reste de la famille. Un jour. D’une certaine manière. L’Accordé angoisse du futur en repoussant l’hypothèse stupide que, peut-être, Mélusine ne voudra pas...
Ne pas y penser.

Le temps passe. L’Accordé vacille entre peur profonde et anxiété excitée. Il ne sort pas de la pièce, mais ses doigts fouillent dans sa sacoche pour en ressortir son carnet, relire les pages qu’il connaît déjà par coeur. Celles abîmées par les ans, à l’encre délavée. Celles où fleurissent des dessins maladroits puis de plus en plus sereins et appuyés. Celles, encore vierges, qui n’attendent que de nouveaux rêves. Qui n’en verront peut-être jamais.
Le temps passe. Il finit par se mettre à jouer des doigts sur le cuir du carnet, sur le tissu de son pantalon, sur le bois d’un guéridon. Nulle magie dans le son qui ressort, mais le rythme qu’il impose sait le calmer et l’occuper. Une chanson, puis une autre.
Puis la porte s’ouvre, et à nouveau entre la maîtresse des lieux, accompagnée comme prévu.

Meldred n’a aucune réaction particulière, devant le mage du Sang - il serait mal placé pour juger, et toujours on lui a enseigné que tout porteur de magie, surtout bannie, est l’un de ses semblables. Il est intrigué, quelque peu, mais se plie sans souci à ce qu’on lui demande. Le visage pâle, derrière sa moustache.
Le sang coule, Meldred serre les dents mais ne dit rien. Il n’aime pas ça.
Un long moment. Une attente. Il doit se retenir pour ne pas demander comment ça marche, comment sa magie le sent, ce qu’il se passe. Tout. N’importe quoi. Ca le fascine autant que ça le perturbe - et les résultats l’angoissent. Pourquoi ne parle-t-il pas ? Pourquoi ce regard, surpris, équivoque, étrange, qu'on ne comprend pas ?

« Il est de votre sang. »
Les mots attendus. L’Accordé manque de s’effondrer sur le canapé, fauché par la peur accumulée que, peut-être… «Il est votre frère. » sort tout de suite après, pour appuyer la première déclaration.
Et Meldred recommence à respirer. Je l’avais dit, semble clamer ses yeux. Je suis en vie.




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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptySam 5 Jan - 21:15

Le silence s’étire et s’allonge, dans la pièce qui résonne de mille murmures informulés, dans le tumulte de tes pensées qui tournent en rond, dansant une folle sarabande sous ton front plissé par la méfiance. Il a bien pâli sous sa moustache ridicule, cet étranger surgi de nulle part, et tu ne sais s’il s’agit de l’inquiétude coupable d’un escroc sur le point d’être démasqué, ou de l’angoisse naturelle d’un frère passé pour mort pendant trente ans et brutalement projeté à nouveau dans sa sphère familiale. Le silence se prolonge, et l’air vibre de tous ces non-dits qui pèsent sur toi depuis des années : le remords d’avoir été des survivants, l’espoir que tu n’oses pas encore libérer de crainte d’être cruellement détrompée, et toutes ces choses que tu auras à faire, toutes ces démarches qu’il faudra accomplir, si ce… prétendant… s’avère sincère.

Au creux de ta main, l’estafilade pratiquée par Serge te brûle. À peu de choses près, ton cœur te brûle de la même manière, incertain de savoir ce qu’il doit choisir entre la colère et l’allégresse, épuisé de ne pas pouvoir choisir encore, de devoir se retenir – c’est si peu cielsombrois, cette tempérance forcée qui te fait grincer des dents et enfoncer les ongles dans ton autre paume ! Si seulement Rhéa était encore là, si tu avais toujours la présence débonnaire de Fantasme au fond de tes pensées pour calmer tes appréhensions – si Hiémain se tenait à ses côtés, solide comme les glaciers de Valkyrion, pour gérer ton agitation ! Mais tu es seule, face à – face à ces moustaches ridicules, face à cet homme aux traits familiers qui te terrifie.

« Il est de votre sang », dit la voix tranquille de Serge – le regard que tu tournes vers lui est proprement horrifié, et il hausse les épaules machinalement, l’air de ne pas trop savoir quoi ajouter. « Des deux lignées ? » demandes-tu dans un murmure ténu, et il hoche la tête, gravement. « Il est votre frère », précise-t-il devant ton expression égarée. Des deux lignées. De père, et de mère. Ton frère, pleinement, et pas le fruit d’une très hypothétique et fortement improbable aventure extra-conjugale de Maximilien – ou d’Ismalia, ce qui serait encore plus inconcevable. De père et de mère, ton frère – comment dire ça à tes parents ? Qui prévenir en premier, Mélisende, Melsant ? Le cacher aux petits pour le moment, à Melbren encore bien jeune, à Castiel que tu continues à couver en dépit de tout ?

Des deux lignées. Ton frère.
C’est d’une voix sans timbre que tu donnes congé au mage du Sang. « Je vous remercie, Serge. Pardonnez-moi, je ne puis vous raccompagner. » Tu sais déjà que la Cour des Miracles sera au courant avant ta famille. Tu t’en fiches pas mal, au fond. Tu ne sais pas vraiment quoi faire à présent. La porte se referme. Tu restes là, debout au centre de la pièce, quelques gouttes écarlates glissant le long de tes doigts pour éclabousser le tapis. Une myriade d’impulsions se bousculent dans tes veines, une part de toi te hurle de bouger, l’autre de ne surtout pas remuer le moindre cil. Tu voudrais rire, tu voudrais crier, tu voudrais fuir, tu voudrais t’évanouir. Le tremblement convulsif de tes doigts s’achève dans un tintement de maillons tandis que le médaillon t’échappe pour se perdre, lui aussi, dans l’épaisseur du tapis. Un instant, le monde tourne autour de toi, et tu fermes les yeux en inspirant à fond, pressant tes mains l’une contre l’autre devant toi, barbouillant de sang ta paume encore indemne. Tu ne peux pas perdre connaissance, tu n’es pas une femme fragile – tu es Mélusine, fille de Séverac, baronne de Sylvamir, marquise de Sinsarelle, Fou Noir de la Rose Écarlate ; et c’est le fantôme de Vespéral que tu sens presque vibrer sous tes doigts qui te tire de ta détresse, ravivant en toi la flamme vive qui a toujours brûlé dans les tréfonds de ton être.

Rouvrant les yeux, tu plies le genou un instant, pour ramasser le pendentif aux armes de ton père, avant de te relever et de croiser le regard si clair de l’étranger – de ton frère, par tous les dieux du Panthéon. Tu aimerais bien lui crier dessus pour savoir ce qui lui a pris trente ans pour revenir – tu voudrais le serrer contre toi à l’en étouffer. Tu optes pour le juste milieu, tendant vers lui le médaillon, paume ouverte. « Bienvenue », articules-tu péniblement, d’un ton un peu tremblant, éclairé d’un pauvre sourire. « Je suis Mélusine. »











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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyLun 7 Jan - 13:31

La sentence tombe. Meldred voit bien dans le regard du mage qu’il ne sait pas quoi dire de plus. Il voit bien qu’il ne sait pas quoi ajouter, que la sentence est irrévocable. Il est son frère, oui, bien sûr ! Et le peu de doute qu’il a eu est envolé. La douleur n’est rien, le sang qui ne coule plus ne le gêne pas. D’un air inquiet, il glisse ses yeux bleus de l’homme à sa soeur. Sa soeur bien pâle lui semble-t-il, même si elle ne vacille pas. Sa soeur, enfin, réellement, totalement, il ne s’est pas trompé, il l’a retrouvée, il ne sait pas quoi faire, la panique danse dans son coeur et il n’a pas la moindre idée de comment amorcer la suite.
Elle congédie le mage, et le silence entre eux s’installe quand se referme la porte.

Il ne sait pas ce qu’il peut arriver, l’Accordé. Debout près du canapé, sans bouger, il est incapable de tout simplement se mouvoir, à peine de respirer. Il n’a jamais imaginé aussi loin. Dans son esprit, les choses étaient encore floues quand il y pensait : des mots confus, des gestes diffus, des embrassades, des histoires sans sens, l’impression juste d’enfin retrouver sa place que depuis trente ans il recherchait.
Il est à un carrefour de son existence.
Il suffit que Mélusine prenne une décision. Qu’elle parle, qu’elle le rejette, qu’elle nie la décision. Qu’elle lui tende la main, qu’elle l’accepte, qu’elle le reconnaisse enfin - même si lui, premièrement, ne l’a pas reconnue. En se concentrant bien, il peut maintenant déceler quelques ressemblances avec l’enfant dont il a gardé un souvenir, avec l’adulte fictive qu’il s’est construit pour tenter d’imaginer leurs retrouvailles.
Il est à un carrefour de son existence, et elle aussi.

Elle est affectée, il le voit, ce serait stupide de penser qu’elle n’a rien. Il n’ose pas faire un pas vers elle - si elle ne veut pas de moi ? Il la voit fermer les yeux alors qu’il entend le médaillon glisser sur le sol dans un tintement sourd. L’existence entière de Meldred qui frappe dans un son étouffé le tapis.
Il lui fait du mal. Elle a mal. Le coeur de l’Accordé s’affole, s’affolerait presque à le blesser. Il ne veut pas qu’elle souffre - mais c’est trop tard, bien évidemment, depuis qu’il s’est révélé il était voué à la faire souffrir ! Mais ce n’est pas la rage douloureuse d’un deuil qui peine à s’effacer, cette fois. C’est autre chose, sur ses traits, une autre douleur qu’il croit décerner.
Il ne bouge pas.
Il a peur de la blesser encore.

Et là, l’espoir ! L’espoir dans son regard qui croise le sien sans qu’il ne sache y déceler une animosité particulière. L’espoir dans cette main tendue, dans ce médaillon offert et où des perles de sang glissent et gouttent - nouvel ornement. L’espoir dans ce prénom, dans ce bienvenue presque arraché. Et là, l’espoir !
Le craintif enfant de la Symphonie fait un pas vers sa soeur. Puis deux, puis trois, pour finir par la rejoindre. Il pose sa main sur la sienne, où les quelques gouttes de son propre sang se mêlent au sien. C’est le même, après tout.

« Merci. » Il referme ses doigts sur la chaîne. Il n’est pas en meilleur état qu’elle, et il pourrait presque sentir des larmes poindre dans ses yeux - sa gorge est si serrée ! « Si...» Il se retient. Il pense, pour formuler correctement, sans ces mots qui n’ont plus cours désormais. « Mélusine… » Le prénom sonne familier et étrange, dans sa gorge. Il s’en souvient. Il l’a redit, en grandissant ! Mais comme pour tout, l’accent pris au fil du temps en a modifié légèrement la sonorité. La tendresse délicate, douce et fragile qu’il y met est sincère cependant. « J’aurais voulu qu’il soit possible de revenir… Avant. »



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Mélusine de Sylvamir
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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyMar 26 Fév - 22:00

Il a la même taille que Castiel.
C’est cette pensée ridicule qui obsède ton esprit tandis qu’il s’approche pour récupérer son bien – le médaillon aux armes de Maximilien, qui barbouille ses doigts de ton sang. Le contact délicat de ta peau contre la sienne te fait frissonner de la tête aux pieds, car c’est ton sang qui coule dans ses veines également, et te débats toujours dans les filets de la stupeur qui a failli te pétrifier. Il n’en mène pas large non plus, tu peux le dire à la prudence de son approche, à ses gestes gardés, aux mille et unes précautions dont il enveloppe ses mots. Ne le serais-tu pas tout autant, si vous rôles étaient inversés ? Ô Dieux ! Combien grande est votre cruauté, de tant affliger des cœurs déjà bien éprouvés ! La surprise est bonne, il ne te viendrait jamais à l’esprit de le nier, mais tu t’inquiètes de ses répercussions inattendues. Plus particulièrement, tu t’inquiètes, pour tes parents.

« J’aurais aimé que tu nous reviennes dès le premier instant », murmures-tu en réponse, « tant Mélisende et moi nous sommes accablées de ton absence, tant Melsant s’en est rongé de reproches qu’il s’infligeait seul. Tant Mère a versé de larmes, tant Père s’est tenu responsable ; et tant Melbren a grandi dans ton souvenir. Tant Castiel en est traumatisé des eaux, même. » Un pauvre sourire vient traverser un instant ton visage, tandis que tu ramènes contre toi ta main blessée, dont les doigts tremblent convulsivement sous l’effet conjugué de la douleur de ta plaie, et du bouleversement de ton cœur. « Tu n’étais qu’un bambin, personne… Personne ne t’en voudra d’avoir tardé. Où que tu aies pu être, toutes ces années… nous ne pouvons qu’être heureux que tes pas enfin te ramènent auprès de nous. La guerre nous a causé tant de deuil, tant de tourments et de remords, tant de rêves brisés et d’espoirs massacrés… Il est doux de constater que les surprises les plus belles viennent lorsqu’on ne les attend plus. »

Ta gorge se noue, et tu ne sais pas quoi dire, soudain, à ce frère surgi de nulle part alors que tout le monde, enfin, avait fini par en porter le deuil. C’est qu’il y a tant de sujets à aborder que tu ne sais pas par lequel commencer ! Mais l’instinct te souffle que si tu l’ensevelis de noms et d’anecdotes, il n’en retiendra rien et s’enfuira certainement à toutes jambes ; là n’est pas l’objectif que tu recherches, et il faut bien admettre que la curiosité te tenaille. Tendant lentement ta main indemne vers lui, tu attrapes sa manche délicatement, pour le faire asseoir près de toi sur le grand canapé. Pour le moment, sage Mélusine, tu gardes tes mains pour toi alors que tu voudrais le serrer contre toi – ce n’est pas le moment de l’effaroucher, ce jeune… Outreventois, visiblement, à en juger par ses manières et la consonance un peu désuète de sa diction. « J’aurais tant à te dire sur nous tous qu’une journée n’y suffira jamais – est-ce que tu veux bien… me raconter, ce qui t’est arrivé, quand le navire a sombré… ? Et ce que tu es fait, ensuite… où as-tu vécu ? »











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Meldred de Séverac
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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptySam 2 Mar - 0:03

Meldred fixe Mélusine avec un mélange de peur et de fascination. Les sentiments s’entremêlent , alors qu’il n’a plus rien à prouver. Elle le croit ! Elle le croit, elle est si proche que lorsque son médaillon se retrouve au creux de ses doigts il regrette déjà ce contact éphémère. Elle est là, elle est réelle ! Il a fait un pas vers eux, un pas vers sa famille. Un pas involontaire.
Il n’est pas prêt, réalise-t-il. Il n’est pas prêt et en voyant ses yeux se poser sur lui il en prend la pleine et véritable conscience. Il n’est pas prêt, pas entièrement.

Le coeur gros, gonflé autant par l’espoir que par l’angoisse, il écoute sa sœur. Il ne dit rien, l’Accordé, mais son visage marque tour à tour la tristesse, le remords et le regret avant de céder la place un court instant à la confusion. Sur le médaillon, ses doigts à lui sont bien serrés quand ceux de son aînée tremblent à la lisière de sa vision. Ils sont blancs, presque, d’autant les garder autour de l’ornement, mais il s’y raccroche pour se convaincre que tout ça n’est pas uniquement qu’un rêve. La plaie de sa propre main est quasiment indolore, pour le moment : l’émotion efface chez lui toute forme de sensation physique.

Il ne peut pas lui avouer, encore, alors que sa voix se meure, qu’il n’a pas connu la guerre, qu’il n’a pas su qu’elle était avant qu’elle ne soit achevée. Mais à la guerre et à ces douloureuses conséquences il est loin d’être étranger, car après tout on l’a élevé ainsi : dans des souvenirs d’un combat horrible à peine achevé, dans une cavale incessante, dans les récits d’avant la Trève et de celle-ci. Et il n’a pas connu la guerre dont elle parle, peut-être, mais il sait, oh, il sait ! Combien les êtres et les coeurs sont malmenés et meurent dans ces conflits.

L’Accordé encore quelque peu sonné et tiraillé par l’excitation et l’angoisse de ne pas être celui qu’elle voulait se laisse faire. Il prend place à côté d’elle, les mains jointes devant lui, tourne la tête pour la voir et lui sourire un peu, faiblement. Meldred ne lui dira pas, bien sûr, qu’il a glané quelques informations sur eux auprès de Teagan – certaines choses resteront  tues.
« Me raconteras-tu, ensuite ? Je... Je veux tout savoir. » demande-t-il doucement avant de commencer son propre récit.« Comme je l’ai quelque peu mal posé plus tôt… Lorsque la nef a sombré, j’ai réussi à me raccrocher à un débris, assez grand pour flotter, et les vagues m’ont emporté. » Il revoit. Sa mâchoire se serre, il ne semble plus là : dans son esprit, aussi vifs qu’au premier jour, les souvenirs rejouent.
Il a voulu les conserver, malgré le mal que ça lui fait. Les angoisses qui le rongent s’en nourrissent, ses cauchemars également – mais il est buté, Meldred, et il continue de les entretenir. Pour la silhouette vague de son père qui s’éloigne de lui inéluctablement, pour la peur qui l’étreint. Pour la dernière vision des êtres qu’il a le plus aimé dans sa vie de bambin.

« Et Harmonie m’a récupéré, ensuite. L’océan s’était calmé, mais si elle ne m’avait trouvé à cet instant… J’ai repris conscience deux jours après le naufrage. Et depuis je ne l’ai pas quittée. »
Il juge utile de préciser, avant de continuer son récit : « Harmonie est la figure de proue de la Symphonie, une vivenef alors au large des côtes. C’est elle et son équipage qui m’ont récupéré. C’est sous leur tutelle que j’ai été sauvé, soigné, puis que j’ai grandi. Ce sont eux qui ont fait mon éducation. J’ai donc vécu... Sur les flots, continuellement. Ses yeux se fixent dans les siens, et son sourire tente de lui demander pardon. Il m’était difficile alors de revenir. La Symphonie n’avait pas le droit d’approcher les côtes du continent, pas plus que ceux à son bord. J’étais trop jeune, d’abord, pour partir seul vers le rivage, et ensuite, je suis moi-même tombé sous le coup de cette interdiction. »
Il ne le dit pas encore. Pas à haute voix. Il guette sa réaction, anxieux, mordillant un peu ses lèvres.



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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyVen 19 Avr - 21:46

Silencieusement, tu hoches la tête à sa première question. Tu comprends bien qu’il puisse avoir, de son côté, tout un cortège de questions restées sans réponse depuis des années, et qu’il a hâte de te poser pour savoir enfin le fin mot de l’histoire. Oui, tu lui raconteras, tout ce qu’il veut savoir ; tu répondras à chacune de ses interrogations autant qu’il te sera possible. Dès qu’il aura décidé de ce qu’il veut savoir en premier, tu te feras une joie de le lui apprendre. Tu trembles encore un peu sous le coup de l’émotion, mais une joie féroce commence à se glisser entre tes battements de cœur effrénés. Tu es la première des tiens qu’il rencontre pour de bon – la première de sa fratrie qu’il retrouve, et ton ego cielsombrois se baigne dans une félicité fortement déplacée, teintant ton sourire des prémices d’une chaleur fraternelle qui n’ose pas encore s’affirmer.

Il raconte le naufrage, et ton cœur se serre à nouveau, lorsqu’une cohorte de souvenirs s’invite dans en avoir été priée à la lisière de ta mémoire. Tu te rappelles le sel sur tes égratignures, le goût âcre de l’océan sur ta langue, la panique et le chaos autour de toi, et Mélisende comme seul repère dans ce tumulte incompréhensible pour les enfants que vous étiez alors. Cet instant affreux où finalement vos petits bras fatigués ont lâché prise, arrachées l’une à l’autre par une vague plus colossale que les autres – juste une seconde, avant que vous ne vous raccrochiez l’une à l’autre, rattrapées de justesse par Melsant qui ne vous a plus lâchées ensuite. La mine terrible de Maximilien, une fois sur le rivage, et les reproches presque hystériques d’Ismalia, fâchée qu’il l’ait sauvée, elle, et perdu Meldred.

Votre famille a mis des années à s’en relever.
Et voilà que le disparu vous revient.

Attentive, tu bois ses paroles avec une concentration presque religieuse, fronçant légèrement le sourcil au fur et à mesure qu’il avance dans son récit. Quelque chose te semble… familier, dans ce qu’il te raconte, et le pli au milieu de ton front s’accentue tandis que tu mobilises tes capacités de réflexion. « Je connais ce nom. » murmures-tu dans un souffle pensif ; et des tréfonds de ta mémoire surgit soudain la clé, émergeant de ce savoir de toute une vie légué par Rhéa à l’instant de son départ. Un frisson glacial parcourt ton échine, et ta gorge s’assèche soudain. Même si tu as remis en question depuis de longs mois les motivations réelles de la Rose Écarlate, et que tu doutes très sérieusement de l’honnêteté de ses agents, les regrets lancinants que tu captes parfois en filigrane des souvenirs de Rhéa te laissent l’impression d’une tristesse poignante. Elle éprouvait des remords, tu en as la conviction – un profond repentir, qu’elle ne partageait peut-être qu’avec… Obéron ? Et Simon, dans une moindre mesure. Le regard que tu poses sur ton visiteur – ton frère – se fait curieux, bien qu’un peu méfiant. « Symphonie, la fugitive. Oui, je connais ce nom : la vivenef des Accordés. Ainsi, tu es… ? » interroges-tu prudemment, haussant un sourcil interrogateur, laissant ta phrase en suspens.











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Meldred de Séverac
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Message Sujet: Re: La résurrection d'un souvenir   La résurrection d'un souvenir EmptyMer 1 Mai - 22:20

Devinera-t-elle sans qu’il n’ait besoin de le formuler ? Meldred en doute. Tout entier à son histoire, pris par son récit et les images et les souvenirs qui défilent en sa mémoire, il ne peut s’empêcher de se souvenir de ce qu’Isabeau a su lui confier, de l’attitude confiante des gens envers les musiciens débarqués – aussi confiante qu’ils puissent l’être face à des étrangers dont certains n’ont pas le parler ou les références au monde actuel. Il ne peut s’empêcher de songer qu’ils sont bien peu à seulement soupçonner l’équipage de mélomanes d’être ce qu’ils sont. Bien peu à songer à l’Accord.
Il ne s’attend pas à ce qu’elle sache. Il est prêt, préparé même, à lui expliquer et lui présenter plus tard celle qui a été de nombreuses années durant sa mère de substitution, à lui parler de leur cavale et de leur long périple qui aurait pu indéfiniment continuer, de ce bateau sur lequel il aurait pu perdre la vie sans le regretter.
C’est pourquoi il est soufflé quasiment quand elle ne manifeste pas autant d’incompréhension que ce à quoi il s’attendait.
Soufflé et avec ce souffle revient l’anxiété. Elle sait.

Contrairement à tant d’autres, elle sait. Dans ses yeux, dans sa posture, dans la question inachevée dont elle connaît la réponse elle sait et se méfie ! Les doigts de Meldred commencent à s’agiter. Tapotement léger des quatre de la main droite sur le dos de la gauche. Un, deux, trois. Un rythme nerveux, un battement de coeur, une mesure inconnue. Son regard clair et vif se charge, un instant, de peur – un éclair plus foncé qui traverse l’azur.
Il ne sait pas mentir, de toute manière. Et même s’il savait, il ne le ferait pas sur ce sujet – et certainement pas à Mélusine. L’enfant de la Symphonie s’empare du peu de courage qu’il a, s’appuie sur sa fierté d’appartenir à cet équipage pour répondre.

« Je suis Accordé depuis mes quatorze ans. » Il l’annonce comme on annoncerait un titre, avec l’honneur et la déférence – et le poids des responsabilités – qui roulent dans le ton de sa voix.  Il est fier de ce qu’il est. « Le choix m’a été offert, de mon plein gré j’ai accepté. Ses mains se calment, un instant. C’est grâce à l’Accord que je n’ai rien oublié de vous. Tous mes souvenirs sont intacts. » Au prix d’autres, car son esprit n’est pas illimité. Son passé si éclatant empiète sur son présent qui se délite et se fane s’il estime les moments inutiles.
La curiosité pointe alors chez le musicien. Le tutoiement ne lui vient pas aisément et semble même incongru par moments mais il se force à s’y conformer – la vouvoyer imposerait trop de distance. Il ne veut plus se séparer d’eux. Déjà son coeur qui pendant longtemps a saigné de leur absence, dont la blessure a été soigneusement entretenue par les souvenirs retenus, s’attache un peu.

Il est comme un enfant. Il le cache bien, mais il est resté un enfant. Sa tête se penche, une mèche retombe et barre son front, danse au dessus du sourcil. « Mélusine ? Que sais-tu de l’Accord ? » La question est doucement posée, emplie d’inquiétude voilée, d’une nervosité qui finit par percer. « Je… Je ne voudrais pas que tu imagines sur moi des horreurs sans sens, que... » Que tu préfères que je sois resté un souvenir, que tu préfères que je sois mort encore.



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